Antoine Heurteux, l’athlète boulanger

Fin août, Antoine Heurteux défendra les couleurs de la France aux 45e Olympiades internationales des métiers, à Kazan. À 21 ans, l’apprenti boulanger tourangeau consacre toute son énergie à la préparation de ces jeux Olympiques. Avec un seul but : monter sur la plus haute marche du podium.

LA GAGNE

« Je vais à Kazan pour devenir champion du monde. Si c’est pour finir 2e ou 3e, autant rester chez moi. » Antoine Heurteux donne tout pour réussir : « Il ne se passe pas une minute sans que je pense au concours, et j’en rêve même la nuit. Je ne vis quasiment que pour ça. J’ai totalement arrêté de boire de l’alcool. Quand je sors avec mes copains, je rentre tôt. C’est beaucoup de sacrifices, mais c’est quoi, deux ou trois ans dans une vie ? »

PRIX

Une fois lancé, le jeune apprenti enchaîne les formations (mentions complémentaires en boulangerie puis en pâtisserie, brevet professionnel) et les distinctions, jusqu’à devenir meilleur apprenti boulanger de France à 19 ans, puis médaille d’or aux Olympiades nationales des métiers à 20 ans. Ce dernier prix lui ouvre les portes des Olympiades internationales de Kazan, où il affrontera 19 boulangers (Chine, Corée, Finlande, Suisse, Japon…). « Pour avancer, j’ai besoin d’être sous pression en permanence. »

DÉCLIC

L’école, ce n’était pas trop son truc. « Au collège, mon professeur d’histoire m’a conseillé l’apprentissage, mais moi, ça ne me disait rien… » Après deux stages en boulangerie, qui ne lui plaisent pas, il entame malgré tout un CAP en apprentissage à la boulangerie Les Gourmets à Saint- Cyr-sur-Loire. « La première année, j’ai failli me faire virer. Je n’appréciais pas que tout le monde me dise quoi faire. Puis un jour, mon patron m’a parlé d’un concours. J’ai eu le déclic. Ça m’a donné envie de me donner à fond. »

INTENSE

Depuis son entrée officielle dans l’équipe de France en mars dernier, le jeune homme suit une formation intensive. Au programme, préparation aux épreuves (viennoiseries, pains, pièces artistiques…) et entraînement physique et mental : « Il faut être capable de réaliser des efforts physiques intenses tout en gardant sa lucidité. Par exemple, on doit enchaîner des séries de 30 secondes de pompes rapides avec 30 s d’enfilage de coquillettes sur un fil. » Le savoir-être compte aussi : « Il faut avoir un comportement exemplaire : ne pas s’énerver, être humble et digne du maillot de l’équipe de France. »

ARTISANAT

Son produit préféré ? Le pain. Plus spécialement, la baguette de tradition française. « J’ai eu la chance d’apprendre mon métier dans une entreprise artisanale, où tout est fait maison. Mon patron, Frédéric Flu, est mon modèle. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à lui. Moi aussi, dans quelques années, je transmettrai mon métier et ma passion à des jeunes. »


> En savoir plus : http://www.worldskills-france.org/

Texte : Nathalie Picard

A Tours, l’Orchestre prend l’air !

L’orchestre de la région Centre investit la Place de la Résistance, le 5 juillet à 20 h 30, pour un concert gratuit et festif, en plein air. Décryptage avec Benjamin Pionnier, l’homme à la baguette.

Benjamin Pionnier

C’est quoi, cette histoire de concert en plein air ?
C’est l’orchestre au complet avec un répertoire grand public et de grands classiques, des tubes et beaucoup de belles musiques de films. Pour citer ce qu’on adore : Star Wars, Pirates des Caraïbes, l’Âge de glace… Il y a aussi des musiques du répertoire classique, comme l’ouverture du Barbier de Séville et on terminera avec de la musique d’Amérique du sud pour danser un peu. Le tout joué par l’orchestre symphonique, en live. Une vraie fête, quoi !

Jouer dehors, avec du bruit et des gens qui s’arrêtent et repartent, ça ne vous gêne pas ?
Aller à la rencontre des publics, c’est notre mission. Il faut revenir à cette base première de la musique qui est le partage. La musique, c’est aussi un vrai spectacle populaire. C’est la fin du XIXe et le début du XXe siècle qui ont institutionnalisé le concert dit sérieux, mais le concert a toujours été une fête et un moment de rencontre entre une oeuvre et le public.
À la création de la 5e symphonie de Beethoven, par exemple, on n’entendait plus l’oeuvre. Il y avait ceux qui criaient parce qu’ils adoraient et ceux qui criaient parce qu’ils détestaient. C’est comme quand on applaudit après un solo à l’opéra : ça ne me dérange pas du tout. On applaudit quand on a envie, quand on apprécie. C’était quelque chose de fréquent au XIXe, d’applaudir au milieu des œuvres pour manifester son plaisir.

Et mélanger les répertoires, comme ça, ce n’est pas un peu péché ?
Il ne faut pas croire que c’est parce que c’est de la musique de film que c’est de la moins bonne musique. Au contraire, c’est de la musique géniale qui est super bien écrite pour l’orchestre.
John Williams, c’est un compositeur et un orchestrateur de génie. C’est de la musique contemporaine qui s’inscrit vraiment dans la continuité des grands classiques qui ont, d’ailleurs, aussi souvent servi la musique de film. Cela fait partie de notre répertoire, il ne faut pas cloisonner. La saison qui vient de s’écouler était justement dans cet esprit de grande ouverture avec les concerts Charlie Chaplin, avec les suites de John Williams pour Harry Potter, des concerts thématiques ouverts à tous…

Un concert en plein air, avec des tubes, c’est un format rock, ça !
Quand l’orchestre se déplace, c’est un gros camion plein à craquer, comme pour un groupe de rock, mais la console de son en moins ! Et vous savez, les musiques actuelles dérivent toutes des musiques classiques.
Tout cela, c’est des strates et c’est une histoire. Ce n’est pas parce qu’on est fan de rock, qu’on aime le slam ou le rap qu’on doit tirer une croix sur ce qui s’est fait avant. Au XVIIIe siècle, quand on écoutait de la musique contemporaine, on écoutait du Mozart, parce que c’était un improvisateur de génie. Baptiste Trotignon qui est en résidence chez nous l’an prochain, on va venir l’écouter pour les mêmes raisons. C’est la même chose, à une autre époque.

Céramiste jusqu’au bout des doigts

Objets détournés, vases enluminés, tasses décorées. La céramique est désormais dans toutes les maisons. À Tours, Catherine Azoulai fait partie de ces rares artisans qui travaillent encore la terre.

Le modelage est la toute premières étape à suivre pour la fabrication d’une pièce.

Dans son petit atelier situé quai Paul Bert, sur les bords de la Loire, Catherine Azoulai forme, déforme, sèche, peint et décore. Elle est céramiste.
Vêtue de son tablier badigeonné de terre et entourée de ses créations, la jeune femme garde un peu de la magie de cet artisanat ancestral.

Quand elle parle de son art, ses yeux pétillent : « J’ai toujours su au fond de moi que je voulais faire quelque chose de manuel, un métier créatif ».
Pourtant, la jeune étudiante qu’elle était ne semblait pas destinée à la céramique. Loin des tours de potiers, des fours et de son tablier, c’est d’abord sur les bancs de Panthéon-Assas qu’elle va étudier le droit. Il s’en suivra une thèse. Un parcours brillant, peut-être un peu trop.

La céramiste confectionne aussi des objets classiques. Ici, un vase de style Renaissance.

« J’ai été très bonne à l’école, alors forcément, mes parents m’ont poussée à entreprendre de longues études ». Quelques problèmes pour trouver du travail, un mari qui doit s’installer à Florence, il n’en fallait pas plus à Catherine Azoulai pour changer de vie.
Le destin fait que la ville de Toscane est réputée pour son artisanat, « des milliers d’étudiants s’y rendent pour cela ». Elle découvre l’art céramique et rencontre surtout Romano Pampaloni, un vieil artisan. Durant cinq années, l’Italien va lui apprendre cette technique.

L’artisane utilise des outils plus précis pour donner à sa pièce une forme précise.

DES PIÈCES UNIQUES

Penchée sur son tour de potier, l’artisane modèle son futur vase à sa guise. Ses mains glissent sur la pièce, la terre virevolte au rythme des tours. Le vase prend de la hauteur, puis elle le fait redescendre.
Un peu comme une magicienne. Son regard est fixe. Sans doute se rappelle-telle les gestes appris, quelques années plus tôt, en Italie.

D’ailleurs, le pays n’est jamais très loin : « J’y retourne tous les ans et mes deux enfants sont nés là-bas ». Même si elle parle d’une voix détachée, on décrypte un respect immense pour sa discipline. Et pour cause. Même après cinq ans d’apprentissage et « des heures de labeur », Catherine Azoulai n’a pas fini de découvrir certaines facettes de son métier.
« J’apprends tous les jours. Je ne considère pas ma formation terminée. Il faut apprendre à maîtriser la matière ». Elle raconte avec amusement cet après-midi où, fière du travail qu’elle avait accompli, un petit oubli avait causé la perte entière de sa pièce.

« UN ART EXIGEANT »

Les minutes passent et la conversation prend une autre dimension. Les détails s’accumulent et on se rend compte de la difficulté et de l’engagement personnel que demandent le métier.

L’artisane se remémore, avec nostalgie, une phrase prononcée par son vieux professeur : « La céramique, c’est comme le mariage. Il ne suffit pas de confectionner l’objet. Il y a aussi l’après ». L’après, c’est tout un travail de surveillance et d’attente.
« Le séchage. Il faut que la pièce soit à un certain niveau pour ne pas qu’elle sèche trop vite. C’est un art exigeant », affirme-t-elle.

Catherine Azoulai applique minutieusement les gestes qu’elle a appris pendant sa formation en Italie.

La fabrication d’une pièce suit des étapes bien précises. D’abord, le modelage. Autrement dit, le travail de la terre. « Je le fais souvent en deux fois. J’y reviens le lendemain après avoir pris un peu de recul sur ce que j’ai envie de faire » précise-t-elle. Ensuite, vient le séchage, qui peut durer parfois trois semaines.
Quand la pièce est bien sèche, elle est cuite une première fois. L’objet est émaillé, puis repassé au four. Pour finir, la décoration, plus ou moins longue selon les motifs.

Toutes ces étapes, Catherine Azoulai les réalise avec la plus grande minutie. Dans la boutique, les objets sont presque tous de style « art-déco ». Beaucoup de couleurs, des motifs soignés… « C’est la grande mode », précise l’artisane. Mais elle confectionne aujourd’hui des pièces plus classiques, une sorte de retour aux sources : « Je fabrique des vases du style Renaissance. Cela me fait du bien de renouer avec mes racines italienne. Là-bas, tout est resté très classique ».

Quand on lui demande d’essayer de définir la céramique, les mots ne viennent pas. Sur l’appellation d’« art » ou « artisanat », Catherine Azoulai est plus sûre d’elle : « La qualification d’artisanat me va très bien. ll y a une dimension créative indéniable mais aussi un côté très technique », explique-t-elle.
Son discours est fort, ses créations sont raffinées. Pourtant, elle ne se considère pas comme une artiste. « Il y a quelque chose de plus intimidant quand on se met dans la catégorie d’artiste parce que l’on se dit que l’on doit donner un message. Moi je ne me pose pas cette question du message, je crée pour créer. » La différence est peut-être là.

Artiste ou artisane, finalement peu importe, le travail est là, pour le plaisir des yeux.

Emmanuel Haddek / Photos : Ulysse Potet

Le RIIP Fest revient : le hardcore casse les clichés

Le Riip Fest revient pour faire la part belle au hardcore, un genre musical méconnu. Le festival promeut des valeurs environnementales et le respect d’autrui. Sans
langue de bois, Émile, vice-président et programmateur, casse les préjugés.

Au néophyte, comment décririez-vous le hardcore et ses valeurs ?
Le hardcore est né du mouvement punk. C’est une musique puissante, violente, intègre, dansante. Ça a du sens. Derrière le bruit, il y a une âme. Victor Hugo disait : La musique, c’est du bruit qui pense. Eh bien, le hardcore, c’est du bruit qui pense. En fait, c’est une branche proche du hip hop, aussi bien dans les codes et la danse.

Précisons quand même aux lecteurs qu’on n’y danse pas la valse non plus ! (rires)
Oui, bien sûr ! (rires) C’est un peu plus impressionnant que la danse de salon. Ce n’est pas du lindy hop évidemment.

Le Riip Fest fêtera ses 5 ans en juillet. En regardant dans le rétro, que voyez-vous ?
Pas mal de choses. Une belle évolution et des retours on ne peut plus gratifiants. On a découvert un public et un public nous a découverts. De quoi donner envie d’aller plus loin. Bref, de belles rencontres et de fortes chaleurs ! (rires) Evidemment, il y a eu des années plus fastes que d’autres, mais il y a eu un bel élan et du soutien. La preuve lors de notre 3e édition : le même jour, à Terres du Son, il y avait Gojira en face (célèbre groupe de metal français – NDLR). C’était dur, mais on a été aidés, notre post Facebook partagé même à l’étranger et 2 000 € de dons nous sont parvenus !

Le but premier du festival, c’est de soutenir la scène locale voire régionale ?
Oui ! On a environ un cinquième, un quart de programmation locale et régionale sur notre affiche. C’est important. Un festival, c’est aussi pour mettre en avant des petites pépites qui ne demandent qu’à se développer.

Vous avez une particularité : celle de sensibiliser à la cause environnementale…
Cela a toujours été une belle valeur de notre festival. Notre équipe de sécurité – je n’aime pas trop ce terme, car tout se passe toujours bien ! (rires) – fait des maraudes pour sensibiliser le public au tri des déchets notamment. Des poubelles spéciales sont mises en place pour tout ce qui est verre, tout-venant, carton… On était conscients de cet enjeu bien avant le succès d’Europe Ecologie ! Et c’est un message souvent véhiculé dans le metal et hardcore. C’est important de sensibiliser, d’autant que nous sommes nombreux dans l’équipe de l’association à être travailleurs sociaux. De quoi permettre aussi de véhiculer une autre image, loin des stéréotypes difficiles à faire tomber : on nous voit encore comme des égorgeurs de chèvre ou des hooligans.

Le Riip Fest, c’est aussi pour casser les préjugés donc ?
Complètement. Venez partager avec nous ! C’est un moment interculturel et intergénérationnel. Beaucoup de gens sont bourrés de préjugés. Les médias n’aident pas, ils désinforment plus qu’ils n’informent. Alors que nombreuses sont les personnes nous ayant dit : « Mais qu’est-ce qu’ils sont bien éduqués et polis, les festivaliers ! »

Vous dites vouloir sensibiliser « au droit à la différence et au respect d’autrui ». 
Le droit à la différence passe par la diversité des genres musicaux qui ne sont pas à la radio. En France, on prône le droit à la liberté, mais encore faut-il avoir vraiment le choix. Combien de métalleux sont associés à des exclus sociaux à cause de leur look atypique ? Moi, ça m’interroge en tant qu’éducateur spécialisé ! Arrêtons d’avoir peur de l’autre et de la différence. On peut être percé et tatoué et être intégré. En 2018, un mec en costard est arrivé au Riip Fest. J’ai eu peur que ce soit un inspecteur de la SACEM ! (rires) En fait, il sortait simplement du travail et aimait la musique hardcore !

Le hardcore est connu pour ses préceptes vegan et végétariens. Ça vous touche au Riip Fest ?
Oh je le vois de très près, je suis végétarien depuis 8 ans. Il y a effectivement une restauration végé au Riip Fest. Les festivaliers aiment nos produits végétariens, car ils sont faits et préparés par des végétariens. On fait aussi du vegan, mais c’est important de laisser le choix, donc il y a aussi de la viande. Mais… il y aura aussi des hot dog vegan (sourires). Un omnivore pourra goûter aux deux extrêmes. Ce n’est pas un effet de mode chez nous.

Comment ça se passe avec la municipalité et les élus locaux ?
Bien. On est tolérés par les élus. On a un soutien matériel. Ce qui est déjà, en soi, de la tolérance. Donc respect. On aimerait des gestes plus importants, bien sûr, mais ça demande du temps et de l’échange. La salle Oésia nous a bien accueillis. On est tranquilles. À l’époque, on était à l’Espace Gentiana à Tours. C’est fini, mais on aimerait faire un « Winter Riip » là-bas, un festival pour l’hiver.

Vous vous positionnez comment vis-à-vis des médias régionaux ? Le hardcore est mis de côté, non ?
Sincèrement, on est même ignorés. Les gens ne savent pas qu’on existe ! C’est le prolongement du fait qu’il n’existe pas de culture rock en France. Donc pourquoi il y en aurait pour le hardcore ? On est comme des Gaulois à se battre contre les Romains.

Ça vous énerve ?
Oui complètement. Je suis arrivé à Tours en 2002. A l’époque, ça bougeait, il y avait des concerts punk dans divers endroits. Là, c’est compliqué. C’est inquiétant quand on sait les pressions sur les lieux de diffusion.

Au Riip Fest, quel est le public ?
Je dirais que c’est du 20-40 ans. Les hommes sont plus importants, mais il y a aussi pas mal de femmes. Bien plus qu’on ne le pense ! D’ailleurs, à chaque fois, elles disent que tout se passe à merveille ici. Elles n’ont aucun souci, même si elles sont en mini-short et brassière. Et c’est malheureusement loin d’être la même chose ailleurs… Sinon, deux tiers du public est extérieur à la Région Centre.

Parlons chiffres… Quel est le budget du festival ? Et à combien on évalue les cachets ?
Le budget est de 20 000 €. Tout fonctionne grâce aux festivaliers, puisqu’on n’a pas de subventions. Au niveau du cachet, un groupe situé en bas de l’affiche sera surtout défrayé. Mais pour un gros artiste, il faut compter trois zéros.

Parfois, vous vous sentez seuls avec l’asso et le festival vis-à-vis des politiques culturelles de Tours et son agglo ?
Oh oui. S’il n’y a pas, dans la politique locale, une personne indirectement passionnée, il n’y a aucune chance qu’on soit soutenus. On se bat contre des courants d’air. La tâche est dense, mais pas impossible.

Propos recueillis par Aurélien Germain / Photos : Maxime Hillairaud 


> RIIP FEST, les 12 et 13 juillet, salle Oésia à Notre-Dame d’Oé. Tarifs : Pass 2 jours : 30 € (résa) ou de 20 à 25 € la journée (résa). Site internet /  Event Faceboook 
> Avec Nasty, Back Down, Arkangel, Brutality Will Prevail, Verbal Kint et bien d’autres.

Fermeture de classe : Le collège Léonard de Vinci se mobilise

Une classe de 6e doit être supprimée au collège Vinci à Tours. Les enseignants protestent.

Collège Léonard de Vinci / Google Maps

Lundi 1er juillet au matin, devant le collège Léonard de Vinci à Tours, une vingtaine d’enseignants et de parents d’élèves se sont rassemblés.

Ils protestaient contre la fermeture d’une classe de 6e prévue à la rentrée prochaine de septembre. Un courrier a été transmis à l’inspection d’académie d’Indre-et- Loire, rappelant l’inquiétude grandissante quant au projet de fermeture d’une des 5 classes actuelles par le rectorat.

Dans les colonnes de la NR, Didier Jalans, prof d’histoire-géographie, a indiqué : « Si l’académie maintient son projet, nous aurions des effectifs supérieurs à 30 élèves par classe, avec plusieurs traducteurs ou accompagnants (AESH) dans des salles qui ne sont pas prévues pour cela. »
Le collège accueille effectivement de nombreux élèves sourds ou malentendants.

Un représentant du rectorat devait recevoir les parents et enseignants en colère, mardi 2 juillet.

[MISE A JOUR 04/07/2019 : Les enseignants ont finalement obtenu gain de cause. Le directeur académique renonce à fermer une des 5 classes

Interview : Manuel Benguigui pour son roman Un Bon rabbin

Le 19 juin, Manuel Benguigui était à la Boîte à Livres pour recevoir, en présence du jury, le Prix du roman tmv pour « Un bon rabbin », paru au Mercure de France. Rencontre à livre ouvert et à bâtons rompus.

Comment êtes-vous venu à l’écriture ?
J’ai commencé à vouloir écrire vers l’âge de 18 ans et j’ai commencé à écrire vraiment passé mes 20 ans. Et pendant une dizaine d’années, je me suis beaucoup regardé écrire. Je n’étais pas assez exigeant envers moi-même et tout ce que je faisais était comme gravé dans le marbre. À partir de l’âge de 30 ans, j’ai eu beaucoup plus d’exigences et d’assiduité au travail. J’ai appris à modifier et à jeter, ce que je ne faisais pas avant. Et, à partir de ce moment-là, mon travail a commencé à se métamorphoser en récits plus complets, plus aboutis.

Et pourquoi le roman, plus qu’une autre forme d’écriture ?
J’ai toujours eu le goût du narratif, de l’histoire. Ce que j’aime, c’est arriver par le roman, à plier le monde. Le principe du roman, c’est que l’auteur se transforme en un démiurge absolu. On fait ce que l’on veut avec le monde. Et cela ouvre des portes à tout ce qu’il y a dans mon esprit.

Ce roman a pour cadre la religion juive. Aurait-il pu, tout aussi bien, se jouer dans une communauté catholique ?
Oui, j’aurais pu décrire les mêmes choses avec un curé. Cela fonctionne aussi. C’est d’ailleurs, quand on le lit bien, un roman qui est presque plus chrétien que juif. On peut considérer que Chlomo se sacrifie pour sauver Jacob.
Or, la notion de sacrifice, elle est beaucoup plus chrétienne que juive. Il est d’ailleurs arrivé que je sente, plus ou moins clairement, que le contexte de ce roman, mon nom, mon origine, que tout cela faisait une boucle qui me cantonnait à un quelque chose de fermé, un roman communautaire. Alors que vraiment, le roman communautaire, ça ne m’intéresse pas du tout. La question de l’identité, oui. Mais pas l’identité telle qu’on la définit souvent aujourd’hui : une religion, une origine… Pour moi, la vraie question identitaire, c’est : « Qui suis-je vraiment en tant qu’être humain ? »

Avant de partir dans l’écriture, saviez-vous où le chemin allait vous conduire ?
Ça m’ennuierait que le chemin soit déjà tout tracé et de ne plus avoir qu’à l’illustrer. Le plus souvent, quand je commence une histoire, j’ai le point final. La dernière scène de ce roman, je l’ai eue très tôt. En revanche, le reste du chemin s’élabore au fil de l’écriture. Je sais où je vais, mais je ne sais pas comment je vais y aller. Parfois, je butte sur un événement par lequel j’ai décidé de passer. Alors soit je change d’événement, soit je me débrouille pour que ça colle dans le récit.

Ce roman, finalement, parle du Bien et du Mal. Pourquoi avoir choisi de vous frotter à ce thème éternel de la littérature ?
Je ne travaille jamais en me disant que je vais parler de tel ou tel thème. Ca ne marche pas, en général. Ca donnerait un essai et je n’ai pas envie d’écrire un essai.
J’écris une histoire et, au bout d’un moment, je me rends compte que certains thèmes ressortent d’eux-mêmes. La question de la morale m’intéresse, bien sûr, mais à aucun moment je n’avais envisagé d’écrire une intrigue pour illustrer un thème. Mais pour autant, pour qu’un roman fonctionne, il faut que le lecteur y trouve un peu plus que la simple histoire qui est racontée.

Un bon rabbin, jusque dans son titre, est un roman ironique et drôle. pourquoi ce choix d’un récit à ce point teinté d’humour ?
J’ai du mal à écrire quelque chose qui soit totalement dénué d’humour. Par exemple, j’ai beaucoup de mal avec les gens qui ne comprennent pas le second degré. Ce n’est pas complet s’il n’y a pas d’humour, c’est dommage. Dire que l’on ne peut pas exprimer des choses fortes et vraies avec de l’humour, cela m’atterre littéralement.
On peut faire usage de l’humour comme on fait usage d’un autre élément de rhétorique, d’une figure de style. C’est dans la palette et j’ai vraiment du mal à ne pas l’utiliser. Longtemps, je me suis questionné : peut-on vraiment être pris au sérieux s’il y a des moments drôles dans un texte ? Car souvent, on a tendance à considérer qu’un grand livre ne peut pas être drôle. Mais peu à peu, je m’affranchis de cette idée que l’humour n’est pas compatible avec le littéraire et ce n’est pas toujours facile à faire accepter.

Place au « Lol Project »

David Ken est en train de construire la plus grande galerie d’éclats de rire du monde. Il a également posé son studio itinérant à l’Ehpad de l’Hermitage.

 

Après avoir passé plusieurs années à photographier des mannequins pour les plus grands magazines, David Ken a décidé de revenir à l’essentiel et de nouer un peu plus de lien avec ses modèles.

En 2009, ce photographe a dit adieu au papier glacé pour démarrer un projet ambitieux mais brillant : le Lol project. Il s’est lancé dans un tour de France des hôpitaux et des Ehpad pour y photographier patients et soignants et leur redonner le sourire à travers ses clichés.

Résultat, David Ken est en train de construire la plus grande galerie d’éclats de rire du monde, pour le plus grand bonheur de ses modèles. En dix ans, il a rassemblé presque 19 000 photographies.

Un travail titanesque. Vendredi dernier, le photographe a installé son studio itinérant à l’Ehpad de l’Hermitage, à Tours. Une cinquantaine de résidents et de membres du personnel se sont succédé devant l’objectif.
Un moment d’échange entre l’artiste, les résidents, et le personnel de l’Ehpad.
De quoi redonner le sourire à tout ce petit monde, et pour de bon.

> www.lolproject.com

Retrouvez notre numéro spécial Fête de la musique 2019

Tmv publie un numéro spécial Fête de la musique cette semaine.

Ce vendredi 21 juin, les rues de Tours seront placées sous le signe de la Fête de la musique. Pour cette nouvelle édition, Tmv réitère son exercice annuel : voici donc le programme en long, en large et en travers de tous les groupes, artistes et scènes de la journée et de la soirée.

Ce travail a été rendu possible grâce au listing fourni par la Direction des affaires culturelles à la mairie de Tours qui s’occupe, chaque année, de répertorier les musicien(ne)s qui joueront.

Demandez le programme !

Vous pouvez dès à présent télécharger notre numéro spécial JUSTE ICI afin de vous faire une idée et préparer votre programme tout en musique !

« Unigo » : une application pour aider les malades et leurs familles

Trois tourangelles ont mis au point un agenda partagé qui permet aux malades de bénéficier d’une aide en permanence et aux aidants de pouvoir souffler un peu. Le projet vient d’être récompensé par le prix Créa Campus.

Sarah et Lou ont remporté, avec leur amie Christine, le prix Créa Campus.
Photo : NR

Communication et entraide. Ces deux mots peuvent résumer à eux seuls l’application « Unigo » mise au point par Lou, en licence de droit, Sarah et Christine, étudiantes à l’IUT de Tours. Avec l’objectif de venir en aide à leurs aînés, les trois amies ont crée un agenda partagé qui permet d’améliorer la communication entre aidants, malades, et bénévoles.

Concrètement, si un aidant souhaite disposer d’un peu de temps-libre il n’aura qu’à le signaler sur l’application et un bénévole se proposera pour le remplacer. À l’inverse, les bénévoles eux, pourront inscrire leurs disponibilités. Avant de se lancer dans ce projet, les trois amies sont parties d’un constat : la plupart des associations de malades sont peu familiarisées au numérique. Impossible donc de connaître leurs besoins immédiats.

Même si leur plateforme est encore en chantier, Lou, Sarah et Christine ont été couronnées du prix Créa Campus, qui récompense les projets innovants des jeunes étudiants.

Emmanuel Haddek

Basket : retrouvez notre supplément spécial UTBM

Dix pages spéciales UTBM sont à découvrir dans le numéro 338 de tmv !

Et pourquoi donc un supplément rien que sur l’UTBM, je vous prie ? Outre le fait que tmv est drôlement fier et content de figurer au nombre des 193 partenaires du club. D’abord et avant tout, parce qu’on a passé une superbe saison à le suivre en N1.

Alors oui, évidemment, ce premier exercice à ce niveau ne s’est pas conclu par une deuxième montée consécutive (quel supplément on vous aurait sorti sinon !) Alors oui, bien sûr, on aurait aimé pouvoir vibrer à Monconseil pour un match de 1/2 finale de play-off mais la rencontre un peu compliquée face à Rueil nous en a privés. Et oui, c’est vrai, il y a eu quelques petits ratés dans le moteur certains soirs à Monconseil ou ailleurs.

Mais nous, ce que nous retenons, c’est le chemin. Pour son entrée en N1, l’UTBM a fait mieux que marquer les esprits. L’équipe, surtout dans une fin de saison tonitruante où elle a enchaîné les succès, a montré qu’il fallait compter avec elle, non seulement qu’elle avait sa place à ce niveau, mais qu’elle était aussi taillée pour grimper encore d’un étage. Elle a pris date. Cette saison, c’est une pierre à l’édifice, une marche solide pour s’appuyer et continuer à construire.

Pourquoi un supplément ? Parce, depuis le début, on aime le projet. Rebâtir une équipe de basket de haut niveau à Tours, pour nous, c’est oui. Et surtout comme ça. Avec ce professionnalisme et cette détermination. L’UTBM, était déjà un grand club, même quand elle évoluait en N2, dans ses structures, dans son fonctionnement, dans son attitude. Tellement portée vers son objectif, la Pro B, le haut niveau, qu’elle se comportait déjà comme si elle y était.

Pourquoi un supplément ? Parce que cet esprit, cette conviction, c’est ce qui renverse les montagnes. Qu’il s’agisse de basket, d’un autre sport ou de tout autre chose. Et nous, on aime bien quand Tours voit les choses en grand.

> Le supplément 10 pages UTBM est à retrouver dans le numéro 338 de tmv. A TÉLÉCHARGER JUSTE ICI

 

Xavier Stubbe : chanson à textes pour enfants

Xavier Stubbe ne fait pas de la chanson pour enfant. Il fait des chansons, pour des enfants, nuance ! Il sort un nouveau et superbe livre CD et sera en concert le 26 juin au Petit Faucheux. Rencontre.

(Photo crédit xavierstubbe.com)

SON TRAVAIL

Ce que je fais, c’est de la chanson à texte pour les enfants. Ils ont des points de vue sur tout et souvent très intéressants. Et puis, ce sont eux qui vont se retrouver, demain, face à tous les problèmes d’aujourd’hui. Et donc, c’est intéressant d’aiguiser leur curiosité, leur réflexion, dès le départ.
Mais, aux concerts, toute la famille est là et les parents peuvent prendre du plaisir aussi avec les chansons, les recevoir à un autre niveau. Et quand elles ouvrent des débats après le spectacle, là, je me régale !

LES NOUVELLES CHANSONS

Il y a toujours quelques chansons très légères, comme Atchoum ou Ils sont où, parce c’est bien qu’il y en ait, mais il y a aussi beaucoup de chansons qui traitent de sujets très actuels. Tata 5G, par exemple, me permet de parler des écrans, en portant l’attention sur une Tata qui est tout le temps connectée, ça permet de dire des choses sans donner trop de leçons…
De nombreux thèmes très dans l’air du temps sont aussi abordés dans En 2050, Tous différents, ou On marche sur la tête, qui a donné son titre à l’album.

Illustration CHARLOTTE VOLTA

LES ILLUSTRATIONS DU LIVRE

Elle sont signées de Charlotte Volta, qui est originaire d’Orléans et qui fait à la fois de l’illustration et de la création de vêtements… J’aime beaucoup sa sensibilité et elle a amené cette touche poétique et féminine qui me plait beaucoup.
Pour les enfants qui sont un peu plus jeunes, ça les ramène à un objet qu’ils connaissent et qui est beau et les illustrations aident à la compréhension. Elles permettent de mieux saisir les paroles, elles incitent à écouter les textes. Chaque planche est une histoire différente.

LA TOURNÉE

On sera trois sur scène, Benoît Lavollée au vibraphone et clavier qui sera dans un « vibravion » avec les claviers cachés dans les ailes. Mathieu Hénault, à la batterie et drum machine et moi au chant et à la guitare et ukulélé. Et le décor nous permettra de rentrer vraiment dans l’univers visuel de l’album.
Sur scène, il y aura, par exemple, une tour de quatre mètres de haut comme sur la pochette de l’album avec quelques fenêtres qui vont s’allumer à certains moments.

AU DÉBUT

J’ai une formation de musicien intervenant à l’école. Je faisais des ateliers pédagogiques de chansons avec les enfants quand la Sacem a lancé le programme La fabrique à chansons. Et, du coup, plutôt que de faire ça dans mon coin, je m’y suis inscrit.
Et j’ai eu la chance de gagner le concours avec les enfants. Je fais encore quelques ateliers dans des classes de la région, mais assez peu en fait, je n’ai pas le temps de participer à plus de un ou deux projets par an. La scène me prend beaucoup de temps : je donne environ 70 concerts par an.

LE TRUC À NE PAS LUI DIRE

Pour les enfants, ça ira bien.

> En concert le 26 juin au Petit Faucheux. Plus d’infos ici ! 

 

Prix du roman tmv : et le gagnant est…

Le sixième prix du roman tmv a été décerné à Manuel Benguigui, pour Un bon rabbin, paru au Mercure de France. Le discours, de Fabrice Caro (Gallimard) obtient un Prix spécial du jury, auquel participaient trois de nos lecteurs.

Un conte moral, pas très moral, un concentré d’humour un peu noir quand même, une écriture au cordeau et un sens du non-conformisme qui fait plaisir à lire.

Voilà, résumé à gros traits, ce qui a fait la différence lors de la délibération de remise du sixième prix du roman tmv, dans un salon ouaté de l’Hôtel de l’Univers, mercredi 5 juin, à l’heure du déjeuner.

Un bon rabbin, troisième roman de Manuel Benguigui plonge le lecteur dans le quotidien d’une groupusculaire communauté juive qui fréquente avec une assiduité absolue, une pauvre synagogue menacée de délabrement.
Chlomo, le rabbin respecté, veille sur ce petit monde avec une bienveillance apaisée. Jusqu’au jour où un Jacob dont on ignore tout, vient lui demander les clés du lieu de culte pour pouvoir venir prier dans la solitude des premières heures du jour.
Intrigué, l’homme de foi finit par accepter. Venir en aide à cette âme perdue entraînera le rabbin loin, très loin des rivages de la morale commune.

Bref et dense, sous ses airs de ne pas y toucher, le nouveau Prix du roman tmv est de ces textes qui s’impriment dans l’esprit du lecteur. Il est truffé de références taquines et de clins d’oeil malicieux. Une très belle découverte.

Sans oublier…

Egalement très apprécié du jury, Le discours, de Fabrice Caro, que l’on connaît surtout pour la bande-dessinée Zaï, zaï, zaï, zaï, est distingué d’un prix Spécial. Du point de départ, le personnage principal est sollicité par son futur beau-frère pour prononcer un discours lors du mariage de sa sœur, l’auteur tire une suite de scénettes très drôles.
Il passe en revue les turpitudes de l’amour, les souvenirs d’enfance et les relations familiales souvent compliquées.

⇒RENDEZ-VOUS
Manuel Benguigui viendra recevoir le Prix du roman tmv le mercredi 19 juin, à 10 h 30, à la librairie La Boîte à Livres. Il rencontrera les membres du jury et tous les lecteurs de tmv.
On vous attend !

Sang : trois jours pour donner

La Journée mondiale des donneurs de sang aura lieu cette semaine. L’occasion d’y participer durant 3 jours à Tours, afin de reconstituer les réserves,

Cette semaine aura lieu la Journée Mondiale des donneurs de sang. Et Tours ne déroge pas à la règle : durant trois jours, il sera possible d’y participer. Le rendez-vous est donné au HQ, impasse du Palais, à deux pas de la place Jean-Jaurès.

Il sera donc possible de donner son sang le jeudi 13 juin, de 13 h à 18 h ; le vendredi 14 juin de 13 h à 19 h et le samedi 15 juin, de 13 h à 18 h.

Et il y a urgence. En effet, dans un communiqué, l’organisation rappelle : « Après les nombreux jours fériés du mois de mai (…), l’Etablissement français du sang lance un appel à la mobilisation générale. Les réserves de sang sont basses et la situation est très fragile. »

Pour l’EFS, et à l’approche des vacances d’été, le mois de juin est donc « un moment clé pour reconstituer les réserves ». Lors d’un don du sang, il suffit de prendre une heure pour sauver trois vies.


> Au HQ, du 13 au 15 juin, tout l’après-midi.

La cuisine pour 100 potes, à la sauce Aucard

Aucard de Tours, outre la musique, c’est aussi et surtout une équipe de bénévoles qui oeuvre… même en cuisine ! D’où la sortie de leur livre « Popote ‘N’ Roll, la cuisine pour 100 potes », à acheter sur le site du festival cette année.

A Aucard, le show se fait aussi dans les casseroles. Une quinzaine de bénévoles s’activent durant une semaine, de 9 h à minuit, pour nourrir les musiciens, les techniciens, les chanteurs et toute l’équipe du festival.

« On prépare 100 repas tous les midi, 250 le soir et tout est fait maison, y compris la chantilly », explique Cécile, aux fourneaux d’Aucard depuis 1995.

Mais comment font-ils ?! « Beaucoup d’organisation et des recettes testées et éprouvées par les bénévoles avant le festival », sourit Céline.
Soupe de petits pois à la menthe, gâteau à la betterave ou cheese cake salé : l’équipe des « toqués d’Aucard » a la bonne idée de partager cette année quarante de ces recettes dans un livre collectif, La Cuisine pour 100 potes.

100 % conçues par l’équipe, toutes ces recettes peuvent être multipliées ou divisées par deux pour des cousinades, des fêtes d’été ou des mariages. Et bien sûr, le livre intègre une play liste spéciale Aucard, à écouter en cuisinant !


> Popote ‘N’ Roll, La Cuisine pour 100 potes, 12 €, en vente sur le festival Aucard

 

Un tour au marché : Beaujardin le bio (5/6)

(Série 5/6) Depuis 40 ans tout pile, le marché bio s’installe sur une longue allée de la place Beaujardin, à Tours. Certains commerçants sont là depuis le début, d’autres viennent d’arriver, mais tous ont une passion en commun : le sain et le partage.

Il a toute une histoire, le marché bio de Beaujardin. Et, pour la connaître, il suffit de demander à Michel.
Michel, il vend du vin et des légumes (un peu de vin et quelques légumes) tout au début de l’allée réservée au bio, tous les samedis matins, dans ce quartier calme de la ville.

Et ça fait quarante ans que ça dure. « Moi je faisais du vin et ma femme était maraîchère. Et tous les deux en bio, depuis le début », explique-t-il le regard frisotant sous la gapette. « Il y avait des commerçants ambulant bio, mais ils étaient dispersés. Moi à Saint-Paul, un autre à Rabelais, un troisième ailleurs. Alors, les consommateurs nous ont demandé si on ne pouvait pas se réunir pour créer un marché unique et que en bio. »

 

RETOUR EN 1979

Quelques réunions plus tard, la petite troupe, une dizaine de commerçants et les représentants des consommateurs, ont un projet ficelé qu’ils présentent à la mairie. On tergiverse un peu et, finalement, on s’aperçoit que le petit marché du samedi cœur du village de Beaujardin dispose d’une allée vide qui pourrait faire l’affaire. Nous sommes le 16 juin 1979.
« Moi, j’ai raté le premier marché bio ici : j’avais un mariage. Mais dès la semaine suivante, j’étais là ! »

Évidemment, les choses ont bien changé depuis, à commencer par le regard du grand public sur l’activité bio. « À l’époque, on n’était pas des marginaux, mais quasi, quand on faisait du bio ! ». Il est heureux, ça se voit, Michel, que le vent ait ainsi tourné et que le bio soit enfin dans l’air du temps. Il est à la retraite, maintenant et sa production de vin comme celle de légumes a été divisée par cinq. Mais il est toujours là, avec ses tiges d’ail nouveau, ses asperges et son bourgueil 2014. « Moi, mes vignes, elles n’ont jamais vu une goutte de désherbant ! », s’amuse t-il.

Il y en a d’autres, des compagnons de cette époque le long de cette allée où chaque station mérite le détour. Le marchand de pommes d’à-côté, qui fait aussi des patates, des jus de fruits et des confitures. Et puis Bruno, un peu plus loin, qui est jeune, mais qui a repris la place de son oncle qui faisait, lui aussi, partie de la bande du départ. Katia et Alwan, couple d’origine libanaise, vient tous les samedis, ou presque, faire remplir ses bouteilles de lait frais.
« On a une ferme à côté de chez nous, à Joué-lès-Tours, mais il ne sont pas en bio alors, on vient ici depuis presque trente ans. » En face de lui, depuis une trentaine d’années, Jean-Paul fait du pain, avec des farines anciennes, dont certaines viennent de chez Bruno-d’en-face, justement. « Le pain, c’est le dernier aliment auquel on s’est intéressé pour le bio.

Ça a commencé avec le vin, le fromage ensuite, les légumes… Et pourtant, le gluten contenu dans les farines anciennes est beaucoup moins agressif et moins nocif que celui que l’on trouve dans les farines industrielles. Les bactéries mangent les principes actifs et ça change tout dans l’alimentation. »

La preuve qu’il n’en rajoute pas Jean-Paul : il est 10 h et il lui reste deux pain à l’épeautre à vendre sur un étal de trois mètres de long. « Je me suis un peu fait dévaliser, ce matin », confirme t-il. Mais il n’y a pas que des vétérans du bio le samedi à Beaujardin. Magalie et Samuel, éleveurs de porcs et de bovins à Courcoué (Sud-Touraine) ne sont là que depuis un an. Ils font aussi des légumes secs, des farines spéciales et des huiles. Le tout emballé ou, de préférence, en vrac. Leur ferme, la Ti’bio d’aire, commence à se faire un nom dans le milieu.

DU BON ET DU BIO

Claire, également, fait ses premières armes sur le marché Beaujardin depuis le début de l’année. Elle, son credo, c’est la pâtisserie bio. Pour ses oeufs, elle se fournit chez ses voisins de marché, qui sont aussi ses voisins dans la vie, quelque part dans le Loir-et-Cher.

La famille Habert fait de l’élevage de volaille et s’occupe aussi de la transformation des produits. « Tout ce que vous voyez-là, les rillettes, les saucisses, les pâtés, les brochettes, tout sauf le miel, nous le fabriquons nous-mêmes. Et nous maîtrisons aussi toute la chaîne, puisque nous cultivons en bio les aliments de nos bêtes », explique Denis, fils de la maison et patron du jour sur le stand.

Encore un peu plus loin, en face de Michel et de son incollable mémoire, Takayoshi fait frire ses Okonomi Yaki, des galettes de chou aux algues et aux oignons frais de printemps, une recette originaire d’Osaka, comme lui. C’est tout le Japon, parfum en tête, qui s’installe tranquillement sur la place du marché.
Son fiston nous fait goûter ses Daifuku Mochi, un délice au thé vert et à la confiture de haricot rouge. C’est un ancien employé du lycée Konan, le lycée japonais de Saint-Cyr, Takayoshi.

 

« Quand je suis arrivé en France, j’ai voulu fabriquer mon miso, comme je l’ai toujours fait et comme ma grand-mère avant moi. Mais impossible de trouver le koji, ingrédient indispensable de la recette du miso. Alors, je l’ai fabriqué moi-même. » Autant vous dire que si vous cherchez du vrai miso comme au Japon, tout en sachant ce qu’il y a dedans, vous êtes à la bonne adresse. Preuve, s’il en était besoin, que le bon et le bio, ça marche avec tous les aliments et toutes les cuisines.


> Retrouvez les autres épisodes de notre série Un Tour au marché juste ici <

Autrement Dit : le festival autour du handicap

Le Festival autour du handicap, Autrement Dit, fait sa deuxième édition ! Concerts et spectacles accessibles en langue des signes sont prévus. Avec également Michel Jonasz, LEJ et Lofofora à l’affiche.

Philippe Croizon y donnera également une conférence.

« Un festival pas comme les autres, autour du handicap et accessible à tous » : voilà le credo du Festival Autrement Dit qui s’installera à Montlouis-sur- Loire les 1er et 2 juin.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour sa 2e édition, la fine équipe a vu grand !
À l’affiche ? Rien de moins que le trio vocal LEJ et Michel Jonasz ! Sans oublier une tripotée d’autres noms alléchants pour un déroulé éclectique : Lofofora, Collectif 13, Jekyll Wood, ou encore ZBMF avec Manu de Tryo, etc., ainsi que des conférences comme celle de Philippe Croizon.

Adapté à tous, Autrement Dit veut rassembler tout le monde puisque les concerts seront traduits en langue des signes et soustitrés. Une signalétique adaptée sera également installée, tout comme des dispositifs de compensation des handicaps spécifiques.

Quant aux décors et infrastructures, ils ont été réalisés ou réparés par des personnes en situation de handicap.

> Les 1er et 2 juin, à l’Espace Ligéria de Montlouis. Ouvert dès 14 h.
> Tarif : 16 €/jour. En préventes, 14 € ou 26 € le pass 2 jours.

Un tour au marché : Velpeau (4/6)

(Série 4/6) Cœur d’un quartier réputé pour son esprit village, la place Velpeau accueille deux marchés hebdomadaires. En route pour celui du jeudi, moins connu que son grand frère du dimanche, mais plein de pépites !

L’odeur de poulet rôti flotte jusqu’au bout de la rue de La Fuye et nous signale que les commerçants sont déjà bien installés sur la place Velpeau. Il est 9 h, il pleut et les clients se font rares.

Dans son camion, le fromager en profite pour passer ses commandes : de la mozarella, de la burrata, du saint-nectaire… Les huit sortes de gouda nous font de l’oeil dans sa vitrine.
Blotti sous leur parapluie, un couple de clients vient lui apporter un café.

Pas de doute, les adeptes du marché du jeudi sont des habitués. Des têtes grises, une jeune maman avec sa poussette, qui nous avoue préférer ce jour-là, plus calme que le dimanche matin. Plusieurs commerçants viennent les deux jours.

C’est le cas de Karine, maraîchère à Fondettes. Six matins par semaine, son mari et elle se partagent les marchés, l’après-midi, c’est préparation des cageots et travail à l’exploitation. À 10 h 30, les tables où elle présentait ses premières fraises sont déjà presque vides.
« Des malvina. Ensuite, j’aurai des anabelles jusqu’à fin octobre. » Une cliente soupire, elle en a marre du céleri-rave, Karine rigole : « C’est ça avec les saisons ! Allez, un peu de patience, c’est la fin des légumes d’hiver ! » « On parle beaucoup d’environnement, souligne Aurélien, et les gens qui font leur marché y sont souvent bien plus sensibles. » Il propose la consigne pour ses pots de confiture et les clients les ramènent de bon cœur.

Lui aussi est producteur mais dans le produit laitier. Sa femme a repris la ferme familiale des Grands Villepins, à Montreuil-de- Touraine et il tient les stands : Velpeau le jeudi, Amboise les vendredis et dimanche. Il y vend des fromages (de vache ! Oui, ça existe en Touraine), des yaourts, du beurre fermier et de la crème. Et des confitures maison, pour accompagner le tout.

« Ici, c’est plutôt pour nous faire connaître des Tourangeaux. On vend beaucoup plus à Amboise. » « J’ai vu le marché rétrécir au fil du temps, soupire Eric, le fleuriste. On se serre, pour ne pas laisser de trous mais il y a quelques années, le marché du jeudi allait jusqu’au bout de la place. » Le marché du jeudi garde tout de même de beaux restes. On y trouve un poissonnier, un charcutier, un traiteur asiatique, deux camelots, un fleuriste, sans compter les primeurs, les fromagers… L
’odeur de poulet rôti est couverte par celle des plumes brûlées d’une main experte par le volailler. Le ciel s’est dégagé et la queue s’est allongée devant son camion.
Un étal présente exclusivement des légumes bio. La vendeuse vient du Puy-Notre-Dame, à côté de Saumur, et un peu désolée, explique à un client : « Ce sera la dernière fois la semaine prochaine. Mon patron arrête les marchés de semaine, ça ne rapporte plus assez. »

Son voisin, secoue la tête : les jeunes ne cuisinent plus, c’est pour ça que les marchés souffrent. Le fleuriste, qui travaille depuis toujours sur les marchés, fait tous ceux de la ville, tient chaque samedi un grand stand à l’entrée du marché aux fleurs du boulevard Bérenger, confirme : « Les marchés de semaine ne sont plus adaptés aux horaires des gens. Est-ce qu’on peut trouver un moyen de faire venir les jeunes ? Je ne sais pas. La ville a essayé de lancer un marché le mardi soir aux Deux-Lions mais ça n’a pas pris. Le dimanche, par contre, ça reste une promenade et les gens sont contents d’avoir de l’animation près de chez eux. »

« LE PLACEMENT, ÇA NE SE FAIT PAS N’IMPORTE COMMENT »

Jean-Luc approuve. La semaine, il couvre tout juste ses frais. Alors pourquoi continuer ? « Parce que j’aime ça ! On ne gagne pas beaucoup, mais on est libre, on est solidaire, on se donne toujours le coup de main si un camion tombe en panne ou s’il y a besoin d’aller chercher une bricole. » Il travaillait dans la grande distribution avant de devenir marchand de primeurs. « J’ai aidé un copain qui vendait ses pommes, ça m’a plu et je me suis dit : pourquoi ne pas tenter ? »

Il se lance pour un essai de six mois, renouvelle l’expérience. Dix ans désormais qu’il monte et démonte ses tables et ses grands parasols bleus et blancs sur le goudron. « Le premier hiver, quand tu vends des patates ou des navets, qu’il fait froid, c’est rude, avoue-t-il. Il faut faire venir le client ! C’est plus facile avec les tomates, » dit-il en montrant de jolies tomates-grappes jaunes dénichées au marché de gros.

Dans son petit camion La Cabane Enchantée, Nadège propose des débats, des ateliers de
yoga ou d’éveil sensoriel pour les enfants, les parents et les professionnels de la petite enfance.

Pendant que nous discutons, Louis, le placier-receveur de la Ville, encaisse les paiements. Ils sont huit agents municipaux à se partager ce travail, six jours sur sept, dans les différents quartiers. Et le métier est plus complexe qu’il n’y paraît.
« Le placement, ça ne se fait pas n’importe comment, explique Louis. Les bouchers, c’est dos au soleil, les primeurs, au contraire, face au soleil et les poissonniers, sur l’extérieur, pour permettre l’écoulement de l’eau… »

À 13 h, le marché n’est pas terminé. Si les maraîchers remballent, les employés de la ville arrivent pour nettoyer. « Beaucoup de monde travaille autour du marché, rappelle Louis. Le matin tôt et la veille, la voirie et la police municipale passent pour installer les plots ou dégager les voitures mal garées, le gardien de marché vient tirer les câbles électriques, et après, bien sûr, le service de nettoyage ! En maintenant tous ses marchés, la ville est presque dans du service public. »

La Dreamhack : OK, mais c’est quoi ?

Parce qu’il n’est pas forcément facile d’y voir clair ou de tout comprendre quand on est néophyte, tmv vous explique en quelques mots ce qu’est vraiment la DreamHack, ce rendez-vous incontournable qui se tiendra à Tours cette semaine.

(Photo Julien Pruvost)

C’EST QUOI ?

La DreamHack, c’est un rendez- vous pour tout fan de jeux vidéo qui soit. En fait, il s’agit d’un immense événement e-sport. Le e-sport ? Oui, le « sport électronique » : en gros, vous remplacez le ballon de foot par un jeu prévu à cet effet, comme Fortnite ou Counter Strike.
C’est une pratique où des joueurs s’affrontent sur un support électronique, essentiellement le jeu vidéo. À la DreamHack, donc, on peut assister à une sorte de compétition géante, des tournois où des cyber-athlètes se tirent la bourre sur des jeux de plate-forme, de combats, d’aventures, etc. Les Jeux Olympiques du gaming, quoi !

LE WOODSTOCK DU NUMÉRIQUE

À la DreamHack, les organisateurs aiment à rappeler qu’il s’agit d’un endroit où « la passion et le fun que procurent l’eSport jouent un rôle central ». Ce qui fait qu’au fil du temps, cet événement est devenu plus qu’un simple rendez- vous.
Fondée en 1994 dans la cafet’ d’une école suédoise, la DreamHack détient aujourd’hui le record Guinness Book du plus grand festival numérique au monde. À l’international, il y a déjà plusieurs dates prévues, comme à Montréal, Valence, Dallas ou encore Rotterdam. La France compte une étape de cette tournée qu’on appelle DreamHack World Tour : c’est de nouveau à Tours.

DEUX ZONES

À la Dreamhack de Tours, deux zones seront séparées. La « LAN Party » accueillera plus de 1 500 participants pour le plein de compétitions. Dans le Grand Hall, la « DH Open », c’est l’endroit où jouera le gratin des meilleurs joueurs professionnels. Ainsi que la « Dream Expo », où se situeront stands, tests de jeux vidéo en avant-première, partenaires, finales, etc.

JOUEURS… ET VISITEURS !

Le public lambda a tendance à croire que l’événement est réservé aux joueurs pros. Loin de là. Les visiteurs peuvent assister à certaines parties en live, défier la gameuse Kayane (!), tester des jeux vidéo en avant-première, jouer à certains titres lors de sessions, découvrir des stands de constructeurs et éditeurs vidéo, et – nouveauté cette année – participer à un concours de cosplay qualitatif pour la Coupe de France.
Les pass 1 jour (15 €) ou 3 jours (39€) sont disponibles sur dreamhack.com/tours

C’EST NOUVEAU CETTE ANNÉE !

SILVERGEEK : IL N’Y A PAS D’ÂGE
Pour la première fois, la DreamHack accueille le tournoi Silvergeek dédié aux seniors, en partenariat avec la Fondation Macif. Des personnes âgées (parfois de plus de 90 ans) s’affronteront dans le Grand Hall comme leurs petits derniers, pas sur League of Legends quand même, mais sur Wii Sports Bowling.
Comme quoi, il n’y a pas d’âge.

COSPLAY : HAUT EN COULEURS
En parallèle du concours Cosplay Caisse d’Épargne-Loire Centre, qualificatif pour la coupe de France de Cosplay, organisé par Sohei, l’association de la région Centre Cos’Castle sera aussi présente sur le stand, samedi et dimanche pour des animations hautes en couleurs. Le cosplay consiste à incarner des personnages issus de la culture populaire comme les dessins animés, les séries, les films, les bandes dessinées et les jeux vidéo.

> DreamHack : du 17 au 19 mai, au Parc expo de Tours. 
> Retrouvez le programme en détail, les invités et les horaires dans notre numéro spécial, n°334

Il va courir 37 semi-marathons en 37 jours !

Le top départ est lancé. Le Tourangeau Tony Lablanche va 37 semi-marathons en 37 jours. Pour la bonne cause !

Photo Facebook Respire 37

Courir 37 semi-marathons… en 37 jours ! Soit près de 780 kilomètres. C’est le défi un peu fou que s’est lancé le Tourangeau Tony Lablanche.

Son pari a débuté le samedi 11 mai et devrait donc l’entraîner jusqu’au 16 juin.

La journée, il travaillera comme si de rien n’était. Mais chaque soir à 18 h (ou 15 h 30 le dimanche), le coureur s’élancera du centre commercial de l’Heure Tranquille, aux Deux-Lions.
C’est également à cet endroit qu’on pourra le retrouver à son arrivée, lorsqu’il aura parcouru ses 21,097 km quotidiens.

Pour préparer son aventure, le sportif s’est entraîné assidûment et a été accompagné en amont par un staff médical.

En réalisant ce défi, il souhaite venir en aide à Magie à l’hôpital. En effet, chacun pourra l’accompagner lors d’une petite boucle de quelques kilomètres, accessible peu importe son niveau.
En achetant un dossard (5 à 7 €), les bénéfices iront ainsi directement à l’association. En piste !

> Aventure à suivre sur facebook.com/respire37tours

 

Un tour au marché : Amboise (3/6)

(Série 3/6) Au lendemain de la visite présidentielle sur la tombe de Léonard de Vinci, à Amboise, nous sommes allés faire un tour sur le marché de la ville, en bord de Loire. Sur ce marché historique et ombragé, on partage surtout le goût de la proximité et des bonnes choses.

« C’était quand la dernière fois qu’on l’a servi, Léonard de Vinci, y’a pas si longtemps, si ? » Stéphane, hilare, s’amuse comme un gamin derrière son magnifique étal de poissons.

C’est un historique, Stéphane. À douze ans à peine, dans les jambes de son père, il vendait des kilos de moules emballés dans du papier journal. Aujourd’hui, il commence à entrevoir l’âge de la retraite.
« C’est dans quatre ans, mais j’en parle dès maintenant. Il faut au moins ça pour trouver un repreneur… C’est dur comme métier, vous savez… » Stéphane, ancienneté oblige, a eu le droit de choisir son emplacement, parmi les premiers, au moment du déménagement du marché en bord de Loire. Tout comme Gilles, en face de lui, qui vend des volailles, des poulets surtout et des dindes, des chapons et du foie gras en saison.
« Ce sont toutes des bêtes que j’ai élevées et que j’abats spécialement avant chaque marché. »

ll vend un peu en direct, à l’exploitation, Gilles, mais ce qu’il préfère, c’est retrouver ses clients derrière son petit étal vitré dont il peut faire le tour en tendant les deux bras. « Mes parents sont arrivés sur le marché en 1956, moi j’ai repris en 93. » Soixante ans de bouche-à-oreille, y’a pas à dire : ça vous fait une réputation.

De Léonard, décidément, il est beaucoup question. Au détour d’une allée, un petit groupe ironise : « Il est pas enterré à l’église Saint-Florentin, De Vinci. C’est en plein centre-ville, Saint-Florentin ! » Sans doute quelque journaliste parisien un peu pressé et mal informé aura t-il confondu avec la chapelle Saint-Hubert, qui se trouve, elle, dans le château royal. La veille du traditionnel marché, deux présidents, français et italien, sont venus s’incliner sur la célèbre stèle à l’occasion du 500e anniversaire de la mort du génie.
Mais le ciel clair et le vent frais de ce vendredi matin ont tôt fait de balayer cette journée un peu folle où plus âme qui vive n’avait eu le droit d’arpenter à sa guise les pavés de la cité. « Autant le dimanche, les gens viennent pour la balade, ils arrivent de Tours ou de Blois ou de plus loin encore, autant le vendredi, c’est une clientèle locale, qui vient vraiment faire ses courses », explique Jean-Paul, compagnon boulanger qui voue au pain et à ses dérivés une passion communicative. « Je suis dedans depuis mes quinze ans, c’est ma vie ! », résume t-il, philosophe.

Soudain, un papy peu bavard se poste devant l’étal et lance un laconique : « Il m’en faut deux ! ». Pas besoin de précision : Jean-Paul sait deux quoi. Deux belles boules de campagne qui feront la semaine. Mais tout le monde n’a pas eu la chance de rencontrer, comme Jean-Paul, une vocation précoce. Maxime, posté de l’autre côté de l’allée fait partie de ceux qui ont changé de vie.
« Avant, j’étais commercial dans un secteur qui n’avait rien à voir. Mais je m’ennuyais, ça ne me convenait pas. Les gens de la génération d’avant, je crois, voulaient de la reconnaissance sociale, des métiers valorisant, gagner de l’argent. Pour ma génération, c’est très important d’avoir un métier qui ait du sens ».

Hélène et Romain, du Van.

Alors Maxime vend des légumes, bio et locaux pour la plupart. Il déniche des producteurs, il va les rencontrer, voir comment ils travaillent et, quand il tend une botte de carotte à un client sur le marché, ça se voit bien que ce n’est pas seulement une botte de carottes. Du sens, il en a trouvé, merci, ça va.

« IL FAUT AIMER LES GENS POUR FAIRE CE MÉTIER »

Pareil pour Corentin, un peu plus loin. Ancien apprentis dans une exploitation maraîchère de l’Indre, il donne encore le coup de main pour les marchés. « Nous, on est les seuls producteurs, bio, sur le marché d’Amboise. » En cette saison de plantation, on peut venir chercher ses plants ici et participer, du même coup, à la préservation des variétés historiques puisque 35 variétés de tomates et six de basilic sont à portée de main.
Et, de l’autre côté de l’étal, les mêmes variétés, mais prêtes à consommer celles-là. « En ce moment, nous avons les toutes premières courgettes, les mini-carottes et les fenouils nouveaux. »

À les contempler, l’âme du cuisinier se réveille. L’exploitation fournit d’ailleurs plusieurs restaurants gastronomiques de la région. Tous, clients comme commerçants, quand on leur demande ce qu’ils aiment retrouver quand ils viennent ici, chaque vendredi ou chaque dimanche de l’année, répondent d’une seule voix : le contact avec les gens ! « Il faut aimer les autres pour faire ce métier, c’est une chose que l’on a ou que l’on a pas. » résume François, en nous tendant pour qu’on y goûte une fine tranche de filet mignon séché et fumé.

« C’est plus convivial, on peut discuter avec les gens, on peut demander des conseils, des recettes… » confirme Régis bien parti pour remplir à l’en faire craquer son grand tote bag aux couleurs de la Région. « Je me tâtais pour venir ce matin, explique cette dame, un peu fatiguée, devant l’étal de sa fromagerie préférée, mais j’aime tellement vos confitures ! ». What else ?

Let’s Co, le collectif qui veut réveiller le patrimoine

Urbanisme transitoire ? Un terme sociologique barbare qui cache des projets créatifs. Le collectif Let’s Co initie le mouvement à Tours. Trois questions à Clément Pierre, son président.

Qui se cache derrière le collectif Let’s Co ?
J’ai lancé le projet dans le cadre de Pépite (Pôle Etudiant Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entreprenariat de l’université) et l’association compte une vingtaine d’adhérents. Nous avons constaté qu’il y avait de moins en moins d’endroits pour se rencontrer et partager ses savoir-faire.
Parallèlement, nous avons découvert des lieux atypiques, porteurs d’histoires, qui sont vacants parfois pendant des années. Avec Let’s Co, nous voulons les occuper pour animer les quartiers. Nous avons rencontré des jeunes mais aussi des retraités très intéressés par l’idée. Tours a la chance d’avoir la Guinguette l’été mais nous sommes persuadés que notre métropole a un potentiel énorme et que l’on peut aller plus loin.

Par quel biais ?
En initiant des moments culturels et d’échange d’expériences, c’est-à-dire en proposant des ateliers, des conférences, des concerts, des expos mais aussi des ateliers d’artistes ou des bureaux partagés, pour une journée ou plusieurs mois, selon la taille et la disponibilité du lieu. C’est ce qu’on appelle l’urbanisme transitoire.
Dans la même démarche, Let’s Co a répondu à l’appel à projet de la Ville de Tours pour investir le site du Plat d’Étain, qui répond complètement à notre objectif : investir des lieux vacants et y réunir les différents acteurs, les habitants, les collectivités locales, les associations mais aussi les promoteurs immobiliers. C’est triste de laisser sept hectares vides en pleine ville !

Comment est née l’idée d’investir le manoir de la Tour, à Saint-Cyr pour votre première expérience ?
Notre association est domiciliée à Saint-Cyr. Nous avons donc contacté la mairie pour faire connaître notre démarche. Ils nous ont fait confiance et nous ont proposé le manoir.
Les adhérents ont préparé la programmation et vont installer l’endroit pour une journée. C’est notre grande première mais elle réunit nos trois axes : culturel, avec une expo du collectif Park des étudiants des Beaux-Art de Tours et des concerts d’artistes locaux, l’échange d’expérience, Lucie, la blogueuse nantaise de Mes Petits instants qui animera des ateliers DIY pour fabriquer ses pastilles vaisselle ou sa pierre d’argile, et le savoir-faire local avec des ateliers dégustation de vin proposés par le VAN.

PRATIQUE
> Samedi 18 mai, de 11 h à 21 h, au Manoir de la Tour, 26 rue Victor Hugo, à Saint-Cyr-sur-Loire. Entrée gratuite. Ateliers, buvette, food-truck
> Concerts : 14 h 30 – 15 h 30 : The Hightimes (en mode Duo Blues) ; 16 h – 17 h 30 : DJ Christophe Classic Discofunk (Disco Funk) ; 18 h – 20 h : DJ P.93 & Voks de Muse et Ruse (House Oriental)
> Toutes les infos sur la page Facebook : facebook.com/assoletsco

Valentin Meunier : un DJ « happy » !

Valentin Meunier a gagné l’opportunité de monter sur la scène du Happy Festival, événement musical de la Happy Color, devant 5 000 personnes pour un set de 30 minutes. Rencontre avec ce DJ en herbe.

Valentin Meunier n’en est pas tout à fait à son premier essai. Âgé de 25 ans, ce jeune homme de Montbazon a déjà participé à quelques concours de DJ avant de tenter celui de l’événement Happy Color.

Même s’il court régulièrement pour se vider la tête, c’est bien pour se défouler derrière les platines de cette course familiale et colorée, qu’il a participé au tremplin organisé par tmv et l’UCPA (pas le centre de vacances… l’école de DJ de Poitiers).

« Je suis très content, j’ai un peu la pression maintenant car je n’ai jamais animé de set en public, mais je travaille en ce moment aux morceaux que je vais choisir, à leur enchaînement, pour que cela corresponde au public. Je vais aussi prendre quelques risques en proposant des choses moins connues et peut-être quelques-unes de mes créations », explique- t-il, un grand sourire aux lèvres.

Fan de la vibe hollandaise

Ce commercial de métier a en effet déjà mixé pour 1,8 million d’auditeurs mais jamais devant un vrai public. « En août dernier j’ai été sélectionné pour mixer en live sur Fun Radio, dans leurs studios à Paris, juste 15 minutes », résume-t-il.
Fan de musique, il s’est essayé plus jeune à la batterie et à la trompette, mais c’est seulement il y a trois ans qu’il s’est vraiment plongé dans le mixage et la production. « Je suis tombé sur une interview de Martin Garrix, un DJ hollandais, qui expliquait comment il créait sa musique sur son ordinateur, avec un logiciel de musique assistée par ordinateur ou MAO », raconte-t-il en sirotant son jus d’abricot.
Depuis, ce fêtard a nettement diminué ses sorties en boîte de nuit et s’est longuement instruit sur internet pour créer ses propres morceaux électro. Il y passe d’ailleurs tout son temps libre, même tard le soir, « je dors environ quatre heures par nuit », avoue-t-il.

Plus qu’enchaîner les tubes pour une soirée, ce que Valentin aime c’est créer ses propres musiques. « En partant de rien, j’ajoute sur mon logiciel différentes pistes pour chaque instrument et la voix, j’arrange chaque son et je règle le tout pour que ça soit harmonieux », décrit ce technicien. Dans sa chambre, plongé dans le noir avec des spots lumineux pour se mettre dans l’ambiance, il mixe des sons électro dont les « boom boom » donnent envie de danser.

Valentin est en effet un grand fan de « la vibe hollandaise », les DJ Lucas and Steeve, Mike Williams, Brooks mais aussi de Kugns, jeune prodige français. Il rêverait un jour de faire, lui aussi, le tour des grands festivals pour mixer ses créations. Il commencera le 19 mai, par le Happy Festival.

Tout savoir sur la Happy Color de Tours : c’est par ICI

 

Duck Race : « Les bénéfices seront reversés à trois associations »

Dans un mois, une « Duck Race » qui permettra d’aider trois associations prendra place aux abords du château de Chenonceau. L’un des organisateurs nous en dit plus.

3 QUESTIONS A…
CARL THIERCELIN, PORTEUR DU PROJET

Carl Thiercelin, à gauche.

Qu’est-ce qu’une Duck Race ?
La Duck Race est une course de canards de bain sur le Cher, sorte de tombola, dont les bénéfices seront entièrement reversés à trois associations que nous avons choisies. C’est une idée que nous avons eue à l’occasion d’un des rassemblements de l’association Le Gang. Basée à Amboise, elle rassemble environs 45 responsables d’entreprises, artisans et professions libérales. Le Gang a ainsi pour but d’échanger et de s’entraider, mais aussi de trouver des fonds pour venir en aide aux autres. En plus des trois associations bénéficiaires, entre 1 € et 2 € par ticket seront également remis aux associations qui revendent des canards pour la course.

Comme se déroule cette course originale ?
En collaboration avec les plus de 80 associations partenaires, nous vendons des canards au prix de 5 € chacun, jusqu’au dimanche 9 juin 14 h, jour de l’événement. Juste après, les canards « adoptés » seront jetés d’une fenêtre de la galerie du château de Chenonceau pour parcourir environ 800 m sur le Cher. Les premiers canards qui arriveront au village, installé en aval, à Civray-de-Touraine, feront gagner une quarantaine de lots à leur propriétaire, dont des week-ends insolites, des repas dans des restaurants gastronomiques de la région ou des places pour des parcs d’attractions. Le premier canard qui passera la ligne d’arrivée gagnera quant à lui une voiture ! Toute la journée, il y aura aussi dans ce « village » des animations et un espace restauration et buvette.

Comment adopter un canard ?
Il y a plusieurs options. On peut aller directement sur le site de l’événement et les commander en ligne ou, également sur notre site internet, soutenir une des associations partenaires en choisissant d’adopter 1 à 20 canards. Enfin, un stand devant le château de Chenonceau est ouvert tous les jours. Il ne faut pas traîner car le nombre de canards est limité.

En savoir plus sur les associations soutenues par la Duck Race 

 

Duck Race : des canards qui ont du cœur

Dans un mois, des milliers de canards de bain vont envahir le Cher aux abords du château de Chenonceau. Une « Duck Race » qui permettra d’aider trois associations.

SAUVONS PAULINE

« Sauvons Pauline », c’est le nom de l’association qui soutient une jeune femme atteinte d’une maladie dégénérative nommée syndrome de Rasmussen.
Cette maladie auto-immune et inflammatoire entraîne une atrophie progressive de l’hémisphère gauche du cerveau de Pauline. Cela a pour conséquence « de très nombreuses crises d’épilepsie, jusqu’à 200 par jour, ainsi qu’une paraplégie et la perte, entre autres, de la parole ou de la mémoire à court terme », explique l’association.

Âgée aujourd’hui de 24 ans, Pauline a découvert à l’âge de 20 ans qu’elle était atteinte de cette maladie très rare. Elle était alors en première année de master à l’Espe (École supérieure du professorat et de l’éducation) de Tours. Pauline doit suivre un traitement lourd et onéreux en France et au Canada, « où le 1er cas porteur de cette maladie a été découvert par le Dr Théodore Brown Rasmussen, qui exerçait à l’hôpital neurologique de Montréal », explique son compagnon Théo, qui la soutient au quotidien avec sa famille.

Grâce à une première cagnotte en ligne, Pauline avait ainsi pu suivre un traitement au laser basse intensité au Canada en mai dernier. « Il n’y a que 50 cas répertoriés au monde dont 10 en France. L’argent récolté par la Duck Race permettra de participer à la location de l’appareil laser dont elle a besoin pour ses traitements, qui coûte 600 € par mois », explique Carl Thiercelin, organisateur de la course.

Les abords du château de Chenonceau vont voir quelques canards débarquer !

LA MAISON DES PARENTS

Comme une bulle dans l’hôpital. La Maison des parents de Clocheville a été créée en 1995, en partie grâce aux pièces jaunes (elle a été inaugurée par Bernadette Chirac).

Elle accueille des familles de personnes hospitalisées, dont une majorité de parents, de tous les hôpitaux et cliniques de la région, à des tarifs très modérés fixés en fonction des revenus. « Des gens qui habitent loin peuvent ainsi disposer d’une chambre et d’un espace de restauration sur place », décrivent les bénévoles qui s’occupent de faire tourner cette maison eux-mêmes.
Ils sont ainsi une trentaine à se relayer pour s’occuper de la réception, des chambres et des trois repas servis par jour, une organisation associative unique — avec la Maison des parents d’Orléans — pour ce type d’établissement. Des salariés réalisent toutefois le ménage et la préparation des repas.

Mais le travail des bénévoles ne s’arrête pas à l’aspect pratique. Ils sont aussi là pour écouter les parents inquiets, rassurer les proches et les encourager dans ces moments difficiles. Au maximum, 60 personnes peuvent être hébergées à la Maison des Parents, réparties dans 30 chambres. Mais il y a en moyenne 45 personnes en continu, pour des durées variables de quelques jours à quelques mois.
Selon sa présidente Chantal Desaguiller, « les dons issus de la Duck Race permettront d’investir pour le fonctionnement de la maison, dans le mobilier ou le remplacement du chauffe-eau par exemple. »

UNE ÉCOLE-CENTRE POUR LES ENFANTS AUTISTES

Le projet de Christophe Villemain, maire de Mosnes, serait d’adosser aux travaux de l’école publique existante un centre pilote pour les enfants autistes.

Afin que chacun des enfants accueillis puisse y découvrir et apprendre des méthodes innovantes pour l’aider à progresser. Parmi les moyens utilisés : la musicothérapie, les contacts avec les animaux dont l’équithérapie ou les jeux avec des couleurs dans l’art-thérapie.
En fonction de sa propre personnalité et de son degré d’autisme, chaque enfant va ainsi pouvoir trouver les techniques qui lui conviennent, mais aussi en éliminer certaines qui ne lui correspondent pas à ce moment-là de sa vie. « Les enfants resteraient un certain temps pour définir ce dont ils ont besoin, une à trois semaines en moyenne », décrit le maire de Mosnes.

Un établissement unique en France qui travaillera en lien avec l’actuel Centre de recherche sur l’autisme de l’hôpital Bretonneau à Tours. Le nouveau bâtiment pourra accueillir 80 enfants dans la partie école primaire publique et 50 enfants autistes jusqu’à 11 ans, de la région et d’ailleurs.
Ce lieu, « mixte » à l’heure des repas et des récréations, aura aussi pour vocation d’aider les parents d’enfants autistes en proposant des formations et des informations sur les diverses méthodes existantes.

Pour financer ce projet, dix concerts dans dix cathédrales et églises ont été donnés dans la région Centre et à Rennes. Les parrains de cette action nommée « Une musique, un sourire » étaient Francis Perrin, qui se bat pour son fils autiste Louis, et l’actrice Véronique Jannot. « Au total, 700.000 enfants en France sont autistes mais seulement 10 % utilisent la bonne méthode d’apprentissage », explique Christophe Villemain, qui a même été contacté par la Nouvelle-Zélande pour un projet similaire.

Le maire (qui ne se représentera pas en 2020), voudrait que les travaux commencent au début de l’année prochaine. Un chantier en bonne voie. « Il manque un million d’euros pour finaliser le projet », précise le porteur de projet ravi d’être soutenu par la Duck Race.

PRATIQUE
Dimanche 9 juin, journée d’animations à Civray-de-Touraine, de 10 h à 17 h. Lâcher de canards à 14 h de la galerie de Chenonceau.
> Plus d’informations sur chenonceau.adopteuncanard.com

⇒ Retrouvez l’interview des organisateurs juste ici !

Env’Air : Une appli pour mieux respirer

L’application a été mise en place par un kinésithérapeute et l’association L’Espace du souffle à Tours.

Il y avait le partenaire minceur, il y a maintenant le partenaire respiration Env’Air.

Son objectif ? Encourager la pratique sportive régulière chez des patients atteints de pathologies chroniques respiratoires, en fonction de la pollution de l’environnement.
Ces activités sont essentielles pour ces personnes qui ne respirent pas toujours facilement.

Mise en place par le kinésithérapeuthe Matthieu Brémond avec l’association L’Espace du souffle de Tours, cette application croise ainsi les données de qualité de l’air collectée par la Région et l’état de santé du patient, afin qu’il puisse choisir le moment, le lieu et l’intensité de l’effort de ses sorties.

Les réponses au questionnaire d’auto-évaluation peuvent aussi permettre un suivi plus précis de la personne et le signalement de tout signe préoccupant. « Il aura fallu quatre ans de travail, dont une année de test », décrit La Nouvelle République, pour terminer cet outil gratuit.

> Application Env’Air : envair.fr

Tours made in Japan

Depuis le 1er mai, le Japon est entré dans une nouvelle ère (Reiwa), comme à chaque fois qu’un nouvel empereur arrive sur le trône non pas de fer, mais de chrysanthème. Alors, nous, à tmv, le temps d’une semaine, on se met à l’heure du pays de Soleil levant.

POUR MANGER

Nobuki
Juste en face de la préfecture, le restaurant propose une cuisine japonaise fraîche et originale, le Japon en version gastronomique avec une carte volontairement réduite. L’endroit est un havre de zenitude et de raffinement. Tous les midis, une formule bento du jour avec soupe miso et crudités ou, pour les gourmands, le bol de sashimi, vol direct et sans escale vers Tokyo. Autour de 20 € à midi. Le soir, le vendredi uniquement.
3, rue Buffon. Tél. 02 47 05 79 79

(Photo archive tmv)

Parfum culture
Ici, vous n’êtes pas dans un restaurant, mais dans un restaurant- culturel. Vous dégustez les plats de la chef Céline Martin, d’origine taïwanaise, entouré de livres en japonais et vous pouvez assister à tout plein de soirées à thème. Dépaysant et délicieux !
63, rue Blaise Pascal. Tél. 02 47 05 13 66

Zen
De vrais sushis, préparés dans la plus pure tradition japonaise, des brochettes fines et gourmandes, Zen, c’est LE sushi bar de Tours. Comptez de 15 à 20 € par personne. Ouvert au déjeuner et au dîner, sauf dimanche et lundi.
27, rue Blaise Pascal. Tél. 02 47 66 70 84

CULTURE MANGA

Azu Manga
Comme son nom l’indique, c’est le temple du manga à Tours (ils ont aussi un magasin à Angers), neuf ou d’occasion. Grand choix également de figurines et de posters. Pour aller plus loin, vous y trouverez des guides de voyage au Japon et des romans traduits, ainsi que des mangas pour les petits. Mais aussi un coin cuisine si vous voulez passer aux fourneaux nippons. Un temple, on vous dit, un temple…
20, rue du commerce. Tél. 02 47 05 87 13

Le Japan Tours Festival
Des rencontres autour du manga avec des dessinateurs et trices, mais aussi des moments pour découvrir les traditions et la culture nippone, démonstrations de création de parfums traditionnels ou concerts, par exemple. Sans oublier le tournoi e-sport. Au Japan Festival, ça geeke à tout va ! Le tout dans une ambiance dingue avec des gens transformés en personnages de manga ou de films (le cosplay, ça s’appelle) qui se promènent partout dans le parc des expos.
Chaque année, fin février.

(Photo NR Julien Pruvost)

DES ASSOS

Amitié Saint-Cyr Japon
Il y avait une fois, dans un pays lointain, un lycée qui s’appelait Konan et qui avait décidé d’ouvrir un établissement en Touraine, à Saint-Cyr-sur-Loire, pour les enfants de familles japonaises expatriées en France. Pendant plus de vingt ans, les enfants et les parents japonais ont vécu aux côtés des habitants de cette paisible commune et des liens forts se sont créées entre eux.
Au fil des ans, ils furent plus de 600 élèves à étudier en bord de Loire. Las, le lycée finit par fermer ses portes, un triste jour de 2013. Mais comme l’histoire ne pouvait pas s’arrêter là, une association fut créée pour faire perdurer ces liens étroits et fraternels entre la commune de Saint-Cyr-sur-Loire et le Japon. Le lycée, en partant, a offert son dojo de 800 m2 à la commune et plusieurs Japonais de Konan sont restés en Touraine.
Très vite, des ateliers se sont mis en place pour découvrir la civilisation japonaise, la calligraphie, l’ikébana, l’origami ou la cuisine japonaise. Des fêtes japonaises ont été organisées, des rencontres, des conférences. Bref, Amitié Saint-Cyr-Japon est devenu un lieu d’échanges et de découverte du Japon assez unique en son genre.
Leur site:  www.amitiestcyrjapon.com

Hinodé
Hinodé, en japonais, ça signifie « lever du soleil ». Comme on peut s’en douter, le but de cette association qui est un des organisateurs du Japan Tours Festival, c’est de promouvoir la culture japonaise. Elle propose à ses adhérents des cours de japonais, de calligraphie japonaise par une maître japonaise, d’ikébana (art floral), d’origami, de dessin manga, de sumié (technique de dessin japonaise) et, bien sûr, de cuisine. Tout, donc, pour plonger la tête la première dans l’ère Reiwa !
Infos : hinode-tours.fr


C’EST QUOI CETTE HISTOIRE D’ÈRE ?

Eh oui, depuis l’an 645, le Japon change d’ère régulièrement. Au début, ça pouvait être à la suite d’une guerre ou d’un événement majeur, aujourd’hui, c’est à chaque fois qu’un nouvel empereur arrive.

Or, justement, Akihito, 85 ans, qui règne depuis 1989 a décidé de céder la place à son fils Naruhito. Le nom de la nouvelle ère, Reiwa, était attendu avec une ferveur incroyable par tout un peuple et a été révélé début avril.
Il se compose comme c’est l’usage, de deux idéogrammes et signifie, selon les interprétations « douceur propice » ou « Harmonie ordonnée ».

Un tour au marché : les Halles (2/6)

(Série 2/6) Comme la semaine passée, tmv a pris son panier (et son parapluie) pour continuer à sillonner les marchés de Touraine à la rencontre de ses habitués et de ses commerçants. Pour cette seconde virée, mercredi, direction le carreau des Halles. Moment gourmand pendant lequel les marchands nous ont livré leurs astuces de cuisine

Les marchés se suivent mais ne se ressemblent pas. Après Strasbourg sous un grand soleil, tmv se lance dans les nombreuses allées du Carreau des Halles.

Ce mercredi matin, il fait gris, les doudounes et les parapluies sont de sortie, tout comme les mamies et les papys. Situé en plein centre-ville, l’un des plus vieux marchés de Tours – mis en place en 1833 – se trouve à proximité des bijoux de notre patrimoine. Si on lève les yeux au-dessus des tonnelles, on peut par exemple apercevoir la coupole de la basilique Saint-Martin et l’on reste toujours un peu admiratif devant les tours de l’Horloge et Charlemagne. Les habitués sauront nous confier que « le mercredi il y a moins de monde que le samedi, quand il y a aussi des musiciens », mais au moins, on peut circuler et s’arrêter pour discuter dans ces allées serrées.

À deux pas des Halles Centrales et de ses produits d’exception, les producteurs locaux et revendeurs en tout genre du Carreau complètent cette offre en proposant notamment beaucoup de fruits et légumes. Entre les étals, le pas y est un peu plus pressé que pendant les vacances, de jeunes actifs croisent les plus anciens. Quelques restaurateurs ou traiteurs du coin viennent également « voir les nouveautés » et passent leurs commandes aux maraîchers.

C’ÉTAIT MIEUX AVANT ?

« Je suis là tous les mercredis et les samedis, depuis 40 ans, raconte un client devant des volailles de Saint-Patern-de- Racan. Avant, j’étais traiteur à Tours et je venais chercher mes légumes ici. Maintenant, je continue à m’y promener pour moi et pour le côté convivial de l’endroit. Mais l’ambiance n’est plus la même. C’était dans le temps plus chaleureux, on achetait du pain et du fromage et on le mangeait à plusieurs au café du coin avant de rentrer. Aujourd’hui, les rapports sont plus froids, les gens ne se connaissent pas et beaucoup de petits commerçants ont dû fermer avec l’évolution des normes d’hygiène : certains ne pouvaient pas se payer de vitrine réfrigérée. » Et c’est aussi soudainement qu’il est arrivé, que ce monsieur grisonnant repartira, téléphone au bout du bras.

Pour continuer dans le « c’était mieux avant », je m’adresse à une productrice de légumes, le dos courbé par le poids des années, présente au marché du carreau des Halles depuis 1974, soit 45 ans !
« Les gens ne consomment plus pareil, voilà, voilà. Avant, ils venaient acheter en quantité, de grosses bottes de poireaux par exemple. Maintenant, c’est un ou deux pour la soupe. Mais on s’adapte, je continue à venir, je suis installée à moins de 10 km d’ici, j’aime le contact avec les gens, voilà, voilà… », répond-elle souriante et muette sur son nom. Il est déjà 11 h 15, les primeurs ne chôment pas devant des clients qui attendent, dans la grisaille, les clémentines du Portugal ou le premier melon de l’année qui réchaufferont leur journée. Pas vraiment le temps de discuter avec tmv cette fois-ci, le client d’abord.

SE BALADER ET SE DONNER FAIM

De toute façon, la star ici, c’est le produit. Et en ce moment, les vedettes des étals, ce sont les asperges ! Blanches, vertes ou violettes, elles nous en font voir de toutes les couleurs.
Elles sont arrivées il y a environ trois semaines, un peu en avance, et termineront leur tournée locale mi-juin. Ici, un maraîcher conseille de consommer les vertes en plat chaud, en accompagnement d’une omelette ; et les blanches, en entrée, tiède ou froide. Là, Frédéric insiste sur l’importance d’éplucher les asperges blanches et violettes et de séparer la tête du corps pour la cuisson.

« Les asperges violettes sont plus sucrées. On peut faire revenir les têtes avec un peu d’ail et une noix de beurre à la poêle, puis cuire le corps dans l’eau bouillante salée vingt minutes. Servies avec une vinaigrette assaisonnée au safran, c’est top », explique-t-il en faisant saliver à côté de lui, Coralie, revendeuse d’asperges de Loudun (Vienne). « Les asperges vertes on ne les épluche pas. Au four, avec un filet d’huile de tournesol et du parmesan au dernier moment, c’est un régal pour accompagner viande ou poisson », explique de son côté le responsable de la SARL de Rigny à Descartes.
Il sert ainsi sur le marché des chefs cuisiniers comme Jacky Dallais de La Promenade au Petit-Pressigny ou encore Le Rond de Serviette à Tours. Et en dessert, la fromagère Claire Breton propose – juste après le fromage de chèvre, sa salade et quelques noix – de la faisselle. Ce lait caillé de chèvre accompagne très bien les premières fraises avec un soupçon de sucre. « La faisselle peut aussi se manger en entrée avec des radis et des fines herbes », ajoute-t-elle.

Finalement, cuisinier confirmé ou simple gourmand, sur ce marché, personne n’est laissé sur le Carreau !

 

Brad Mehldau : serial pianiste

L’Américain Brad Mehldau, pianiste virtuose et influent, foulera les planches de l’Espace Malraux en formation trio le 7 mai. Portrait d’un jazzman atypique, capable de toucher un large public et qui n’hésite pas à découvrir d’autres territoires.

(Photo Elizabeth_Leitzell)

MERCI COLTRANE

Né en 1970, en Floride, c’est à 6 ans que le petit Brad commence à tapoter sur son piano. S’il travaillera son répertoire classique jusqu’à 14 ans, c’est à 12 ans qu’a lieu le déclic.
Dans un camp de vacances à Merrywood, un de ses copains de chambrée dégaine une cassette de My Favorite Things, de John Coltrane. La découverte est une véritable claque, « une initiation, une cérémonie ». « Quand je suis ressorti du dortoir, je n’étais plus le même », écrira-t-il dans son essai publié en 2010 et intitulé « Coltrane, Jimi Hendrix, Beethoven et Dieu ».

SOLO, DUO, TRIO

Le pianiste expérimente. Il teste tout. Brad Mehldau s’est essayé à la discipline du solo. Il a même tenté l’aventure du duo, exercice plutôt rare. Mais il joue aussi et surtout en trio – lancé en 1996 – et il y excelle. À ses côtés, le contrebassiste Larry Grenadier et le batteur Jeff Ballard, ses vieux compères. Des compagnons de route, des comparses de prédilection qui n’ont pas changé. En solo, en duo, en trio, dans la compo ou dans l’impro, Mehldau réussit tout avec brio.

Brad Mehldau en trio (Elizabeth_Leitzell)

UN JAZZMAN ROCKEUR

Brad Mehldau est reconnu pour être capable de passer du jazz au rock. Gamin, il dévorait des disques de pop et de rock progressif.
Aujourd’hui, son répertoire est large. Outre le jazz, il ne s’interdit pas de jouer des morceaux des Beatles, de Radiohead ou encore de Nick Drake, en se réappropriant leurs thèmes avec une facilité déconcertante.
Il suffit de filer sur Youtube et jeter un œil (et une oreille) sur son passage à Vienne en 2010 pour se délecter de sa reprise du Dream Brother, de Jeff Buckley. Ou encore quand il reprend le mythique Hey Joe de Jimi Hendrix et… Smells like teen spirit de Nirvana !
En 2010, dans Libé, Brad Mehldau clamait : « Que la vie serait triste sans rock ‘n’ roll ! » On valide.

SE FAIRE UN FILM

Le musicien n’hésite pas à sortir de sa zone de confort. Il a participé à des musiques de films. Cet « artisan du clavier », ainsi qu’il se surnomme, a ainsi jeté ses notes dans les longs-métrages Eyes Wide Shut, Space Cowboys, Ma Femme est une actrice…

ET EN VRAC

On peut dire de Brad Mehldau qu’il a tourné un peu partout, régulièrement invité dans les plus grands festivals de jazz du monde. On peut également dire qu’il est fan de poésie, amoureux de philosophie, qu’il a joué avec Charlie Haden et Joshua Redman, qu’il a enregistré son premier album en ‘95, qu’il s’est même frotté à du Bach, qu’il a reçu le prestigieux Prix Miles Davis à Montréal en 2006, que Pink Floyd a eu un grand impact sur lui, qu’en 2014 il avait eu un immense coup de coeur pour un groupe de… death metal !

> Brad Mehldau Trio, le mardi 7 mai à 20 h 30 à l’Espace Malraux. Organisé par le Petit Faucheux. Tarifs : de 18 à 35 €.
> bradmehldau.com et facebook.com/BradMehldau

 

Un mois en portant ses déchets sur soi

Deux Tourangeaux veulent sensibiliser le public à la problématique des déchets. Ils en porteront donc… sur eux pendant un mois !

Photo Facebook/poubellelavieledefi

Garder tous ses déchets sur soi pendant un mois ? C’est le défi que vont relever deux Tourangeaux, à partir du 1er mai.

Baptiste Dubanchet et Davy Cosson ont eu cette idée en s’inspirant de l’Américain Rob Greenfield, un militant écologiste.
Le but affiché ? Éveiller les consciences à la problématique des déchets par le jeu.

Ainsi, durant tout le mois de mai, ils garderont sur eux tous les déchets qu’ils produisent : « L’un produisant autant de déchets que la moyenne nationale, l’autre en “zéro déchet“. » Une combinaison spéciale a été fabriquée, où de larges poches béantes accueilleront leurs détritus quotidiens. Davy devrait la porter 3 à 5 h par jour.
Il se pourrait même que vous croisiez ce Transformers version poubelle dans la rue, puisque les compères ont l’intention de porter cette tenue pour parfois faire les courses ou prendre le tram !

En attendant, une présentation publique du projet aura lieu ce 2 mai à 19 h 30, au magasin Sur La Branche.

A suivre sur facebook. com/poubellelavieledefi

Un tour au marché : Lakanal-Strasbourg (1/6)

[Série 1/6] Le temps est idéal pour faire son marché. Tmv a donc pris son plus beau panier et parcouru quelques unes des nombreuses allées colorées de Touraine, tentant de capter l’ambiance et l’identité de six marchés parmi la dizaine existante. Premier arrêt, jeudi, dans le quartier Lakanal-Strasbourg.

 

Comme chaque jeudi, c’est jour de marché sur la place goudronnée. Plusieurs chariots de course, quelques poussettes et une ou deux cannes convergent vers les étals.
« Est-ce que je t’ai dit Michel que j’allais marier mon fils ? », lance une cliente à son maraîcher. « Bonne journée madame, à bientôt », peut-on aussi entendre en écho au traditionnel, « et avec ceci ? ».

Avant 9 h 30 voire 10 h, on croise surtout les habitués, armés de leur panier ou de leurs cabas. Les irréductibles du marché Strasbourg. Des retraités ou travailleurs matinaux qui veulent être certains de trouver tous les produits de leur liste griffonnée rapidement sur un morceau de carton.

À L’OMBRE DES PLATANES

Chaque semaine, ils reviennent à l’ombre des platanes choisir leurs fromages, attendre dans l’interminable file chez le boucher ou discuter autour d’un café. On les appelle par leur nom ou leur prénom et ils connaissent ceux des commerçants par cœur, comme cette dame de 90 ans qui ne louperait ce rendez-vous hebdomadaire seulement si sa santé l’y obligeait.

Ce joyeux brouhaha de conversations et de rires se mêle à la voix discrète de feu Daniel Balavoine, émanant des enceintes du crémier. Dans les allées, vers 11 h, les poussettes et les draisiennes commencent à arriver pour animer un peu le marché.
Les odeurs réconfortantes de l’enfance émanent alors des étals, comme ces senteurs de fleurs qui contrastent avec celles des poulets rôtis.

Parmi la trentaine de commerçants présents sur cette place, il y a Jérôme et son épicerie qu’on qualifiera de fine, même s’il est trop modeste pour l’avouer. Olives, fruits secs ou confits, épices, thés et tartinades… Ces saveurs exotiques ont du succès (autant que l’humour de son vendeur) si l’on en croit l’affluence devant son camion.

Arrivé en 2006, il ne fait pas partie des plus anciens du marché, à l’instar de Thierry Soriano, présent depuis 35 ans place Strasbourg. Chaque semaine, ce dernier expose ses volailles de la Sarthe, de l’Orne et de la Mayenne. « C’est un marché convivial, qui n’a pas changé », explique-t-il en réponse à Christiane, cliente retraitée, qui a l’impression qu’au contraire, il se dynamise et s’agrandit.
Les clients « de toujours » ou « les occasionnels » semblent toutefois s’accorder sur le fait que ce marché familial propose vraiment de tout — de la salade au Porto — et que les commerçants demeurent de précieux conseillers et des oreilles attentives. Il faut dire que certains ont de la bouteille. 

Philippe et Christine Masson, poissonniers de père en fils, sont eux aussi arrivés il y a plus de trois décennies. Sur la glace, des araignées, du homard, de la sole ou du turbot, mais surtout, du lieu jaune pêché à la ligne comme « c’est la pleine saison ! », précise le poissonnier en levant ses filets. Des produits sortis de l’eau dans la nuit même, par de petits pêcheurs de la Turballe et du Croisic.

« LES DERNIERS PÂTÉS DE PÂQUES DE MA CARRIÈRE »

« On est plusieurs à se suivre depuis des années », sourit ainsi Pierrette quelques allées plus loin, derrière son étalage de charcuterie aux couleurs de Pierrette et Modeste, Aux fins gourmets.

« Ce sont mes derniers pâtés de Pâques », confie-t-elle avec « fanfan », sa vendeuse, « la retraite, c’est pour la fin de l’année ! » Bientôt, on ne dégustera plus ses rillettes et ses rillons maison ni son jambon blanc : « on en vendait jusqu’à 60 kg par semaine », estiment les deux femmes.

Mais la relève est là place Strasbourg. Surtout pendant les vacances. Alanis, 17 ans, travaille sur les marchés depuis ses 15 ans et vend ses fraises avec le sourire, le téléphone dans la poche et les écouteurs apparents.
« Ce n’est même pas que j’aime faire les marchés, c’est que je suis née dedans. Ma tante Julie et ma mère viennent ici depuis plus de vingt ans et quand je suis née, elles m’ont emmenée avec elles, me posant dans un parc derrière le stand », raconte celle qui retournera en cours à la fin des vacances.

À peine plus âgé, Baptiste Delaunay, est un jeune primeur de 20 ans, installé à son compte depuis quatre mois sous le nom de Le Coudray Primeur. Fils de boulanger, il n’a pas baigné dans cet univers mais veut s’accrocher. « Je travaille avec des producteurs locaux et bientôt je veux produire aussi des champignons », décrit-il devant ses carottes jaunes et ses asperges blanches.

Mais la relève, c’est aussi Claire Turpin de Aux Pains etc (retour de congés le 9 mai) arrivée il y a un an sur la place Strasbourg. Farine bio, levain naturel, cuisson au feu de bois font la particularité de ses pains traditionnels ou aux plantes de saison. Une de ses clientes avoue aussi craquer pour ses fougasses et tmv pour ses biscuits. Et vous, qu’attendez-vous pour aller rencontrer ces producteurs locaux et déguster ces produits de qualité ?

Printemps de Bourges : le bilan

Quand il ne parle pas bande-dessinée, notre chroniqueur BD s’en va traîner du côté du Printemps de Bourges. Il en ramené quelques souvenirs.

Vous vous en doutez : pas facile de résumer 6 jours de folie au Printemps de Bourges, car il nous faudrait bien un Tmv entier pour tout vous raconter de cette 43e édition qui s’est déroulée du 16 au 21 avril dernier.

Commençons donc sur le plan factuel avec, déjà, un chiffre. Plus de 200 000 festivaliers sont venus voir 127 artistes en In et plus de 350 concerts en Off ! Le tout, devant plus de 3 500 professionnels et 400 journalistes venus du monde entier.

Derrière ces chiffres qui donnent le tournis, on a pu savourer de magnifiques créations comme celle sur l’hommage à Jacques Higelin avec tous ses enfants et ses prestigieux invités ou de notre Tourangelle préférée, Claire DITERZI, avec l’Orchestre Symphonique de Tours sous la direction de Benjamin PIONNIER. Des moments plein d’émotions qui resteront gravés dans les mémoires.

Le Tourangeau Ephèbe n’a pas déçu.

On aura aussi passé beaucoup de temps devant les Inouïs, dont les différentes sélections et propositions nous auront bluffés une fois de plus. Le grand vainqueur cette année est la magnifique  SILLY BOY BLUE, mais également DIESE et CALLING MARIAN que le jury présidé par Sandra Nkake n’a pas su ou voulu départager.

On gardera quand même à l’esprit les prestations d’HERVE ou des LOUANGES. Le Tourangeau EPHEBE n’a franchement pas démérité : on le reverra très vite à Aucard et Terres du son.

Pêle mêle, il nous restera les images fortes de CANINE au Grand théâtre et son show chanté/dansé futuriste, COLUMBINE en apesanteur dans une Halle au Blé blindée a craquer, Michèle BLADES et ELISAPIE ou le novo folk dans toute sa splendeur dans un Auditorium magnifique. Aussi à noter, une séquence nostalgie avec un Guy CHADWICK déroulant tous les tubes de HOUSE OF LOVE sous un chapiteau de cirque usine à nostalgie improbable, Clara LUCIANI impériale avec un final de concert « La Baie/La Grenade » dans un Palais d’Auron en feu…

On a également aimé la belle prestation d’Aloïse SAUVAGE, avant de la retrouver pour papoter en toute décontraction pendant que sa maman vendait des tee-shirts à ses fans. Que dire également de DOPE SAINT JUDE, PONGO  et de KIDDY SMILE (sinon que l’on sera au premier rang pour leurs passages à Aucard? Et des furieux  IDLES, dont le chanteur – juste avant de monter sur scène – se fait recoller la mâchoire à la super glu par son manager qui lui crie « Show Time Man » !!!

Voilà c’était Bourges 2019 en quelques images et quelques phrases. Rendez-vous du 21 au 26 avril 2020 pour la prochaine édition. On y sera !

 

Review : Hervé Bourit

Luc Langevin : illusion et téléportation

Luc Langevin, maître québécois de l’illusion, débarque à Tours le 2 mai prochain pour son nouveau spectacle. Tmv a parlé magie, sciences et téléportation avec lui. Rencontre.

(Photo crédit Maxime Hébert)

Plus jeune, vous étiez intéressé par les sciences physiques. Et vous avez une formation en biophotonique (utilisation de la lumière pour modifier des objets biologiques – NDLR). Est-ce que cela a eu une influence sur votre travail ? 
Absolument et de plusieurs façons. Attention, ça va être long ! (rires) J’ai attrapé cette passion pour la science à 12 ans. Et tout jeune déjà, je souhaitais être illusionniste. Mes parents n’étaient pas forcément d’accord et voulaient que je fasse des études plus sérieuses. J’avais de bonnes notes en maths, j’aime comprendre et j’aime la science. J’étais donc frustré par certains tours de magie, car je cherchais à les comprendre. À 17 ans, j’ai commencé à mélanger phénomènes scientifiques et tours basés sur la magie.
À 21 ans, je parlais science en même temps : j’abordais le sujet de la gravité pour être plus crédible et que mes tours soient moins infantilisant. Je ne voulais pas jouer le truc du « poudre de perlimpinpin » et compagnie. Puis à 24 ans, mon producteur télé à Montréal m’a lancé dans une aventure où je réalisais des tours dans la rue. Et j’ai insisté sur ma signature scientifique. D’ailleurs, mon surnom dans l’émission Diversion (sur TF1 avec Arthur – NDLR) est Le Scientifique. Je ne suis pas contre la magie pour enfants hein… Mais le côté lapin qui sort du chapeau, ce n’est pas moi. D’où l’appellation « illusionniste ».

Transition toute trouvée à ma question : vous vous présentez comme créateur d’illusion. Le terme magicien vous dérange ? 
Non, ça ne me gêne pas. Mais dans l’imaginaire collectif, il a encore une connotation un peu ringarde. Dans un de mes premiers numéros diffusés, je sortais d’une télévision. Je suis un créateur d’illusion.

En France, on vous a découvert aux côtés de Gus et Viktor Vincent dans les émissions d’Arthur. Comment s’est faite la rencontre ? 
En 2016. Cela faisait 3, 4 ans que j’essayais de percer en France. J’ai démarché pas mal de télés avec mon producteur, mais pas grand monde ne voulait de magie à cette époque. On a donc produit notre propre contenu sur YouTube. L’une des vidéos, où je réalisais un tour avec Rayane Bensetti, est devenue virale et compte plus de 3,6 millions de vues. Arthur est tombé dessus ; il voulait dépoussiérer l’image de la magie, la rendre plus moderne. Il a pris le risque.

Vous possédez énormément de numéros. Où trouver tant d’inspiration ? 
Le plus dur est de se renouveler. J’ai tourné pendant 10 ans au Canada. Avec le succès, j’étais devenu une machine à créer des numéros : j’en ai fait plus de 400 à la télé. Après, j’ai commencé à davantage les travailler, y mettre plus d’histoire. J’en suis à 500 désormais. Mais j’ai également acheté des tours à des magiciens – ça se fait souvent – que j’ai modifiés à ma sauce et avec ma signature.

L’illusion, c’est aussi et surtout de la diversion. Un illusionniste doit-il être beau parleur ?
Alors ça, c’est une question intéressante ! (rires) Il y a différentes façons de détourner l’attention. Être beau parleur peut aider, oui… (sourire) Il faut du charisme, de l’aisance, capter le regard. Mais aussi de la rapidité. L’humour également peut être une bonne façon de détourner l’attention. Après – je m’égare de la question là – je dois dire que l’humour est une question culturelle. On réagit différemment entre le Québec et la France.

Les Français sont plus fermés ? 
Non, ils cherchent beaucoup à comprendre. Un peu comme savoir comment sont faits les effets spéciaux au cinéma ! Les Français sont sensibles à la poésie d’un numéro, au sous-texte, à la symbolique. Je travaille beaucoup dessus.

(Photo crédit Maxime Hébert)

Vous préférez le close-up et sa magie de proximité ? Ou les gros numéros hollywoodiens sur scène ? 
J’aime les deux. Le close-up ne coûte pas cher ! (rires) J’aime l’échange avec les personnes que ça implique. Mais la scène, j’adore aussi… La réaction de 1 000 personnes, c’est fou. En revanche, le défi est différent. Pour le close-up, il faut être très précis et à l’écoute.

Le prestidigitateur Michel Cailloux était votre idole…
J’ai eu l’immense honneur de le rencontrer. C’était quelques jours avant son décès… (en 2012 – NDLR). J’ai encore des frissons rien que d’en parler. J’ai reçu un appel d’un numéro que je ne connaissais pas. En décrochant, j’ai immédiatement reconnu sa voix. Il m’a félicité pour mes spectacles et je lui ai dit que je lui devais quasiment tout. C’est lui qui a fait usage de la poudre de perlimpinpin ! Il a eu une grosse influence sur moi. On a beaucoup parlé, notamment sur les textes ; c’était un auteur.

Et enfin, la question promo ! Le 2 mai, vous serez à Tours pour votre spectacle « Maintenant, demain ». À quoi s’attendre ? 
(rires) C’est un spectacle loin d’être conventionnel ! Là, si vous n’avez jamais vu de magie, vous serez conquis. On est bluffés, on rit, il y a de la poésie, des histoires, un propos conducteur : ce sont douze illusions à travers un fil conducteur, où je raconte qu’à 30 ans, j’avais déjà réalisé tous mes rêves d’enfant… mais on ne connaît jamais l’avenir. C’est un moment pour toute la famille, je fais même monter un enfant sur scène. Et il y a bien sûr le numéro final, dont tout le monde parle, où quelqu’un du public se retrouve téléporté ! Je dis même aux gens qu’ils peuvent filmer eux-mêmes une fois dans la boîte. Au final, ils ne savent quand même pas comment a pu se faire la téléportation.


> Luc Langevin, le 2 mai à 20 h, au Palais des congrès Vinci de Tours. À partir de 35 €.

Un accueil unique pour les femmes victimes de violences

Les femmes victimes de violences pourront désormais être aidées et accompagnées dans un centre unique. Il sera inauguré ce jeudi 25 avril.

 

Un espace d’accueil unique pour les femmes victimes de violences sera inauguré ce jeudi 25 avril (d’après une information révélée par nos collègues d’info-tours. fr).

Ouvert 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, il se situera au niveau des bureaux du Médipôle de SOS Médecins à Tours. Le docteur Paul Phu et le député Philippe Chalumeau ont initié ce projet.

Concrètement, il s’agira d’un espace d’accueil et d’écoute à destination des femmes victimes de violences physiques et sexuelles. Elles pourront ainsi être prises en charge, orientées ou encore aidées, que ce soit dans les démarches, le parcours médical et psychologique, voire juridique.

Outre le côté médical et social, les femmes pourront également bénéficier d’un accompagnement et d’un rendez-vous au commissariat ultra-rapide.
Les faits seraient alors immédiatement signalés au procureur.

En 2018, en Indre-et-Loire, près de 2 000 plaintes pour des violences faites aux femmes ont été déposées. Un bond de… 20 %.