Champignons : les rois de la cueillette

Hôtes de nos forêts quand l’humidité automnale est au rendez-vous, bolets, cèpes, pieds de moutons et maintenant trompettes de la mort et autres girolles ravissent les promeneurs et fins gourmets de Touraine. À consommer avec grande attention !

(Photo Adobe Stock)

Le dimanche matin, le Bois des Hâtes de Saint-Avertin est bien connu pour être un terrain de jeu idéal pour les coureurs à pied et les vététistes. Mais depuis trois semaines, une autre catégorie de bipèdes a rejoint les sportifs dominicaux. Panier à la main, ils s’enfoncent dans les sous-bois, le regard panoramique.

Les cueilleurs de champignons, puisqu’il s’agit d’eux, ont investi les lieux. « On a eu des conditions idéales, explique Didier Raas, pharmacien-mycologue, membre de Botamyco 37. Pour qu’il y ait une poussée de champignons, il faut une conjonction de trois chocs : chaud-froid, sec-pluie et jour-nuit. Après l’été qu’on a connu ainsi que la sécheresse, les conditions actuelles sont idéales. »

Didier Raas est un spécialiste-passionné mais également un homme averti des risques induits par cette activité. Et quand on lui rappelle que dans les années 1970-1980, un médecin vosgien, le Dr Bastien, s’était mis en tête de démontrer que l’amanite phalloïde était moins dangereuse pour la santé qu’un hamburger un peu trop gras, il nous arrête tout de suite. « Le professeur Bastien était un original. Certes, il a voulu démontrer qu’en mettant en place des protocoles médicamenteux précis, on pouvait manger des amanites phalloïdes, mais au final il y a laissé un rein, une partie de son foie et il est mort. » Le message est passé !

« On ne peut pas trouver de bolets ou de cèpes dans nos forêts en décembre »

D’autant qu’avec la poussée d’octobre-novembre, les cas d’intoxications ont été multipliés par dix en quinze jours. Alors si les cueilleurs, via Internet, semblent mieux informés que jamais, les accidents ne disparaissent pas pour autant. Jean-Pierre, un de ces amateurs culinaires, rencontré en lisière de bois, y va lui aussi de son anecdote. « Lorsque j’étais enfant, notre voisin nous donnait une partie de sa cueillette mais ma mère ne nous les cuisinait pas avant d’avoir vérifié le lendemain que le voisin était encore bien portant. »

L’histoire fait rire Didier Raas. « Certains symptômes très graves peuvent apparaître jusqu’à douze jours après avoir mangé des champignons. Généralement, les premiers signes sont des nausées, quelques maux de ventre et puis après une accalmie et deux ou trois jours, l’enzyme du champignon attaque le foie et le rein. C’est catastrophique. »

Jean-Pierre et quelques autres en sont pour une belle peur rétroactive. Stéphane Burdin, pharmacien dans le quartier Beaujardin, voit souvent passer dans son officine des cueilleurs venus faire expertiser leur « récolte ». « C’est au cours de la 5e année de nos études que nous apprenons à les connaître. Parfois, les gens viennent me voir, en ayant mélangé par ignorance les comestibles et les toxiques. Résultat, ils me laissent tout. Le conseil à donner consiste à cueillir les champignons qu’on connaît. Et là, c’est sans risque. »

Il y a, bien sûr, un autre moyen plus rassurant de se fournir en champignons de saison. Anne, Loir-etchérienne vivant à Bourré, nous accueille devant son étal au marché des Halles, à Tours (le lendemain, elle sera à Velpeau puis au marché Saint-Paul). Elle ne vend que des champignons et bondit quand on lui parle de notre article : « Expliquez bien aux gens qu’ils ne peuvent pas trouver des bolets ou des cèpes de nos forêts au mois de décembre ou alors c’est qu’il s’agit de champignons venus des pays de l’Est et on ne sait pas où ils ont poussé. »

En effet, car si Louise Lépine, diététicienne à Tours, nous explique que « les champignons sont une excellente source de fibres, mais aussi de protéines végétales, de vitamines B et D », ce sont aussi de véritables aspirateurs à pollution. Tous les garde-fous mis en place, la cueillette suivie d’une dégustation reste toutefois un moment divin. Et gageons que les omelettes de cèpes ou de trompettes de la mort ne sont pas prêts de disparaître de nos assiettes. Ce serait dommage.

Thierry Mathiot

Blouses Notes en danger

Baisse de subventions oblige, l’association Blouses Notes est en danger et tire le signal d’alarme.

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(Photo archives)

Le temps est à l’orage pour les associations tourangelles… Après la menace de suppressions d’emplois au sein de l’association Courteline, gérant des accueils de loisirs, c’est au tour des Blouses Notes de souffrir des baisses successives de subventions publiques.

Née en 1998, cette association donne de la voix et de la joie aux enfants en séjour à l’hôpital. Une mélodie réconfortante pour les familles qui pourrait s’éteindre après le mois d’août faute de moyens.
Il faut dire que Les Blouses notes ne font pas dans la demi-mesure. L’association fait appel à des musiciens professionnels, formés aux conditions particulières du monde hospitalier.

Au total, un budget de 30 000 € est nécessaire pour financer les 400 heures de prestations annuelles à raison de cinq interventions par mois, a confié le président Arnaud Téry à La Nouvelle République.
Une somme qu’ils ne sont plus en capacité de réunir à ce jour. Mais dans le Blues, il y a toujours une part d’espoir de réunir de nouveaux dons (déductibles d’impôts).

Théâtre : Le Volapük en danger

Fief de la Compagnie à cru, le Volapük est, grâce à l’association VPK, un lieu d’accueil pour de jeunes compagnies de théâtre. Un équilibre aujourd’hui compromis.

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Le Volapük, espace de résidence et de création artistique, est installé rue Lobin à Tours. (Photo VPK)

En 1999 naît la compagnie Théâtre à cru qui s’installe en 2006, sur le conseil de la Ville de Tours, au Volapük, un ancien atelier photo. Bientôt, Théâtre à cru invite d’autres compagnies à venir partager le lieu et deux ans plus tard, l’association VPK est créée pour gérer l’organisation des compagnies en résidence. Cela fait donc près de dix ans que le Volapük est une pépinière de création théâtrale. Mais aujourd’hui, il y a péril en la demeure.

AUX ORIGINES, THÉÂTRE À CRU

Théâtre à cru croit en un théâtre sans artifices, ce qui passe par l’absence ou la simplification des costumes et décors, ou encore par l’abattement du « quatrième mur » – le public. L’année dernière, Alexis Armengol a choisi de se replonger dans Candide, de Voltaire. Le travail de la compagnie a donné naissance à Candide, qu’allons-nous devenir ?
Parallèlement, un projet de création participative sur l’utopie a été initié avec le réseau des lycées agricoles de la région Centre-Val de Loire, qui s’intitule « Tricotons nos utopies ». Cette année, le travail se porte sur le Vilain petit canard et la résilience. Chaque fois, le processus est le même : Alexis Armengol choisit le thème, commence à nourrir le projet, produit une partie du scénario, puis les artistes dont il s’entoure l’aident à réfléchir plus avant et à aboutir à la performance finale, qui mêle souvent les disciplines – avec des musiciens ou bien la dessinatrice Shi Han Shaw, par exemple.

LA NAISSANCE DE VPK

Mais le Volapük est grand. Assez grand pour que Théâtre à cru ait la place de partager avec d’autres. Dès 2008, c’est une association nouvellement créée, VPK, qui s’occupe de sélectionner les compagnies qui seront accueillies à résidence, pendant une semaine, pour mûrir leurs projets. VPK met à la disposition des artistes, lorsqu’ils ne sont pas du coin, un appartement pouvant accueillir sept personnes et la salle pour qu’ils puissent nourrir et/ou fignoler leur projet. À la fin de leur semaine de résidence, ils peuvent, s’ils le veulent, effectuer ce que l’on appelle une « sortie de résidence », à savoir une performance en public, quand leur spectacle est assez abouti. Les places en résidence au Volapük sont chères. Avec une quarantaine de demandes par trimestre quand VPK n’a que cinq créneaux à proposer et n’accepte qu’une quinzaine de dossiers par an en tout, la concurrence est rude. Et l’endroit est d’autant plus prisé que les accueils en résidence au Volapük sont pris en charge par l’association. Ou du moins le sont-ils pour l’instant.

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L’asso VPK s’occupe de sélectionner les compagnies qui seront accueillies à résidence. (Photo VPK)

VPK RECHERCHE MÉCÈNE

Car VPK est bailleur du lieu et Théâtre à cru participe aux charges proportionnellement à son occupation (à l’année, le bâtiment coûte 30 000 €) vivent principalement de subventions. Or cette année, VPK, qui est en pleine restructuration pour rendre sa structure plus pérenne économiquement, n’a pas reçu le soutien de la DRAC pour l’année 2017. C’est en ce moment un déficit de 5 000 € (pour un budget annuel de 50 000 €) que l’association doit combler pour pouvoir sauver l’emploi de sa coordinatrice, salariée à temps partiel, et l’association elle-même.

La situation étant urgente, VPK profitera de sa soirée d’ouverture de saison, le 6 octobre prochain, pour exposer sa situation et tenter de trouver les fonds manquants. Car ces 5 000 € sont le seul moyen de maintenir les activités de l’association pour 2018 ainsi que l’emploi de sa seule salariée. Si pour l’instant cette dernière choisit de rester « optimiste » et « d’y croire », il n’y a cependant aucun moyen d’être sûr que le Volapük sera toujours là pour accueillir les compagnies sélectionnées pour les résidences de l’année prochaine.
En effet, la Théâtre à cru et VPK se partagent le loyer et les factures des locaux et sans leurs deux participations, impossible de garder le Volapük à flots. Théâtre à cru peut déménager, mais la situation n’est pas si simple pour VPK ; sans le Volapük, l’association n’a plus vraiment de raison d’être. La transition est en marche, bien sûr, et le projet 2018 avec des modifications dans le programme des résidences sera exposé le 6 octobre.

Les responsables « recherchent des solutions sur leur modèle économique et réfléchissent à une participation aux charges de la part des compagnies qui viendront en résidence » dès 2018 pour aider l’association à subvenir à ses besoins. Cependant, cela ne suffira pas. Il existe bien sûr d’autres lieux de résidences, mais la demande étant bien plus forte que l’offre, la fermeture du Volapük serait une perte catastrophique pour le développement du théâtre dans la région, notamment pour les jeunes compagnies — celles qui ont le plus de difficultés à trouver subventions et lieux de travail. Il faut sauver le Volapük.

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La Minoterie, répétition des Vilains Petits Canards ?, cliché pris par Alexis Armengol, en avril dernier à Dijon. (Photo Théâtre à Cru)

CLM

L’asso Blouses Notes est en danger

On tire la sonnette d’alarme : l’association Blouses Notes, qui redonne un peu le sourire aux enfants hospitalisés, est en danger.

(Photo d'archives NR) L'association Blouses Notes est en péril.
(Photo d’archives NR) L’association Blouses Notes est en péril.

Blouses Notes a le blues… Cela fait bientôt 20 ans que les musiciens de l’association tourangelle apporte un peu de bonheur dans les chambres des enfants hospitalisés à Clocheville. Sauf qu’après tant de temps, et à l’aube de leur anniversaire, les Blouses Notes sont en péril. Un avenir en danger, dû à un déficit de 11 800 € (un CD a été édité et distribué gratuitement à tous les enfants, ainsi qu’une plaquette de communication)… mais aussi à une baisse des subventions publiques.
Pour la première fois, la recherche d’argent est devenue difficile. Et le budget nécessaire atteint les 30 000 €. Impossible de tenir le rythme et de survivre. Et l’équipe se sent délaissée.

Pour l’instant, l’association ne peut poursuivre son activité que jusqu’à la fin du mois d’octobre. Les Blouses Notes espèrent recueillir des aides pour, au moins, continuer jusqu’à l’an prochain. Que cela vienne de donateurs, de mécènes ou de philanthropes…

> Site de l’asso : blousesnotes.fr

Paul Brunault : « prévenir l’addiction »

Paul Brunault est psychiatre et addictologue à l’hôpital Bretonneau. Il répond à nos questions sur la digital detox et les accros au numérique.

Pascal Brunault, addictologue à Bretonneau
Paul Brunault, addictologue à Bretonneau

L’addiction au numérique : qu’est-ce que c’est ?
Il existe deux types d’addiction : avec ou sans drogue. Il s’agit donc de la seconde. Ce qui est particulier dans ce type d’addiction, c’est que la personne n’est pas dépendante au digital en tant que tel mais plutôt à l’expérience agréable permise par les outils numériques. Internet est un média plus qu’un objet d’addiction. Par exemple, une personne dépendante des jeux en ligne va utiliser massivement Internet.

Comment identifier une addiction ?
Premièrement, il existe le critère dit de perte de contrôle. Lorsqu’on envisage de rester une heure sur l’ordinateur et que finalement on y reste cinq heures sans pouvoir s’en empêcher, c’est une envie irrépressible. Ensuite, la dépendance physique se traduit par un état anxieux, stressé ou irritable et par une augmentation progressive des doses pour avoir le même effet. Au départ, j’ai besoin de trente minutes par jour sur Facebook, puis pour me procurer le même plaisir, j’y reste une heure, puis deux…
Une addiction entraîne aussi des conséquences personnelles et sociales, lorsque l’activité emmène la personne à s’isoler. Un autre critère est celui de l’utilisation à risque. Il est moins appliqué dans les addictions sans drogue, mais il existe. Notamment au volant, lorsqu’une personne ressent le besoin de consulter son téléphone et qu’il y a donc un risque d’accident. Finalement, la question du temps passé devant un écran ne suffit pas pour diagnostiquer une addiction. Quelqu’un peut y passer beaucoup de temps sans que cela n’entraîne de dommages. L’addiction est présente lorsqu’une personne voudrait s’arrêter mais qu’elle n’y parvient plus.

Que pensez-vous des digital detox ?
Ce qui est intéressant dans la digital detox, c’est de rompre avec ses pratiques et prendre du recul sur celles-ci. Ça peut aider une personne à prendre conscience de son degré d’usage et de son besoin à utiliser les outils numériques. En revanche, après une cure, une dimension importante à prendre en compte est le retour dans le monde réel.

Quelles sont les conséquences des innovations numériques ?
Plus un objet est proche, plus il y a risque d’addiction. Prenons l’exemple du portable, effectivement il y avait moins de risque d’addiction avec le téléphone fixe ! Désormais, on peut emmener notre téléphone partout avec nous. La société rend ce type d’addiction particulier, car les nouvelles technologies sont omniprésentes, utiles et désormais indispensables. Finalement, on entre dans une normalité en utilisant les appareils numériques. L’enjeu n’est pas de s’en passer totalement mais de développer la prévention à l’addiction.

Le guide du parfait festivalier

La saison des festivals approche à grands pas.
On entre dans la danse et on fait le topo sur ce qui va rythmer la Touraine ces prochains mois. Histoire de passer l’été en musique comme il se doit.

Festivals sur le gril

CartocriseL’été approche, la saison des barbecues qui arrive fait saliver nos papilles, quand nos oreilles bourdonnent : la série des festivals est lancée. Quel rapport dites-vous ? Toute l’année, les organisateurs recherchent les plus belles viandes à présenter à leur public affamé. Mais les festivals pourraient bien partir en fumée. Emeline Jersol, médiatrice culturelle, tient depuis le début de l’année un registre des structures culturelles fermées ou des festivals annulés en France, en 2015. Hébergée par la plateforme Openstreetmap, sa « cartocrise » recensait le jour de son lancement, en janvier, une quarantaine de points. Aujourd’hui, il y en a près de 200. La raison ? Les coupes budgétaires pratiquées par les collectivités locales ou régionales, en lien avec la baisse des dotations de l’État, moins 11 milliards d’euros sur trois ans.

Dans ce contexte, plusieurs villes décident de faire des économies en diminuant leur budget alloué à la culture. Un constat fait notamment lorsque les villes ont connu l’alternance après les élections municipales de 2014. Tous les domaines sont touchés : danse, arts plastiques, arts de rue, littérature ou théâtre… Ainsi localement, à Joué-lès-Tours, le collectif Râ théâtre a annulé la seconde édition de son festival « Auteur(e)s à jouer », prévu en avril dernier. Entre 2014 et 2015, l’association a dû faire face à une baisse de 56,7 % de la subvention municipale qui leur était attribuée.
Et les festivals musicaux ne sont pas en reste. Dans la région, le festival M comme musique, à Châteauroux, a mis la clé sous la porte après douze années d’existence. « Nous aurons tout tenté mais en vain et finalement mieux vaut en finir une bonne fois pour toute que de mourir à petit feu », regrettaient les organisateurs. Sale temps pour les festivals et pourtant, l’été approche. Heureusement, une belle brochette d’entre eux n’ont pas encore été piqués. Sous les cendres encore chaudes, il reste une minuscule braise. L’été approche, la saison des festivals est lancée et à tmv, on espère de tout cœur qu’ils ne finiront pas avariés.
(D’ailleurs, retrouvez ICI l’interview des organisateurs du Festival Faune Sonore)

Neuf festivals régionaux

Notre sélection pour une tournée des festoches sans trop bouger…

DOSS_VIGNETTE1POTAGER ÉLECTRONIQUE
Le potager de la Gloriette devient terreau artistique. Organisé par l’association Les Hommes Verts, ce festival donnera la banane au milieu des courgettes. À l’entrée, vos euros seront échangés en Pioux, monnaie officielle du festival. À Tours, les 26 et 27 juin. Entrée libre.

LES KAMPAGN’ARTS DOSS_VIGNETTE2
Perturbé par la pluie l’an dernier, on leur souhaite (et chante) tout le bonheur du monde… Comme Sinsemilia, au programme. Des artistes locaux sont aussi attendus et des animations seront proposées : graffitis, arts de rue, jeu de bois… À Saint-Paterne Racan, le 27 juin. 10 € le pass.

DOSS_VIGNETTE3LES COURANTS
Au programme de cette 14e édition : rock, punk, world, dub, reggae, yiddish et tzigane. Le festival fait tomber la chemise avec la venue de Zebda, entre autres. Quatre groupes locaux se partageront la scène au cours d’une soirée tremplin. À Amboise, les 3 et 4 juillet. 24 € le pass.

AMERICAN TOURS FESTIVALDOSS_VIGNETTE4
Le Parc des expositions prendra des airs d’Amérique avec ces trois jours dédiés à la culture U.S. On y va pour les concerts rock et country mais aussi parce qu’on rêve de se marier comme à Las Vegas. Si, si, ce sera possible… À Tours, du 3 au 5 juillet. 30 € le pass.

DOSS_VIGNETTE5AVOINE ZONE GROOVE
Anciennement Avoine Zone Blues, le festival ouvre son répertoire. La programmation promet toujours des découvertes blues mais évolue, notamment avec la venue de Julien Clerc. Deux tremplins sont proposés aux jeunes groupes. À Avoine, du 3 au 5 juillet. 60 € le pass.

TERRES DU SON DOSS_VIGNETTE6
Staline, Lénine et Khrouchtchev à Tours ? Oui, oui. Ou plutôt Sylvester Staline, John Lénine et DJ Croute Chef du groupe français Soviet Suprem, qui sortira son premier album en septembre. Ils partagent l’affiche avec Fauve, The Dø ou encore Asa. À Monts, du 10 au 12 juillet. 70 € le pass.

DOSS_VIGNETTE7YZEURES’N’ROCK
Il souffle sa 10e bougie. En cadeaux : Groundation, Le Peuple de l’Herbe, Broussaï, Skawax, Shaka Ponk, Yaniss Odua, High tone, Aldawa et Manston. S’il bat son record d’affluence (8 500 personnes), ce sera la cerise sur le gâteau. À Yzeures-sur-Creuse, les 31 juillet et 1er août. 30 € le pass.

COSMOPOLITE DOSS_VIGNETTE8
On y retrouvera des groupes tourangeaux qui tournent maintenant dans toute la France. Les Voleurs de Swing présenteront leur style déjanté inspiré de la musique tzigane. Bankal et Miscellaneous de Chill Bump rapperont dans la langue de Shakespeare. À Artannes, les 15 et 16 août. 23 € le pass.

DOSS_VIGNETTE9MFEST
On dit oui car c’est le seul festival metal du coin. Avec un petit budget, il réunit une grosse affiche parmi laquelle Belphegor, Anaal Nathrakh ou encore HateSphere. En bonus, Fleshgod Apocalypse, une exclusivité sur un festival français. À Rouziers-de-Touraine, les 4 et 5 septembre. 35 € le pass.

Mini-quiz (réponses en fin de page !)

1/ Qui a reçu le Festival award 2014 dans la catégorie « grand festival » ?
a. Les Vieilles Charrues b. Le Hellfest c. Beauregard

2/ À qui sont reversés les bénéfices de Solidays ?
a. À des assos de lutte contre le racisme b. Aux restos du cœur c. À des assos de lutte contre le sida

3/ Où peut-on assister à un festival de musique ancienne et baroque ?
a. À Saint-Michel b. À Saint-Louis c. À Saint-Lô

4/ Classez ces festivals de metal par ordre d’apparition :
a. Raismes Fest b. Motocultor Festival c. Rock your brain fest

5/ Quels artistes étaient présents pour la 1re édition du Printemps de Bourges ?
a. Jacques Higelin, Les Frères Jacques b. Jacques Higelin, Renaud c. Jacques Higelin, Magic System

6/ Où se sont exportées les Francofolies en 1995 ?
a. En Belgique et aux Pays-Bas b. En Espagne et au Portugal c. En Argentine et au Chili

 

Le kit des festivaliers ! Garanti sans clichés (ou pas)

Au Hellfest, on sait s'habiller pratique (Photo tmv)
Au Hellfest, on sait s’habiller pratique (Photo tmv)

√Le sac à dos du métalleux
Apportez avec vous votre meilleure amie. Une belle blonde, ou plutôt une quinzaine… La bière est ce qui réhydrate le mieux le métalleux mais pensez quand même à prendre une bouteille d’eau, on ne sait jamais. Surtout que votre meilleure amie peut vite devenir votre pire ennemie. Pour les matins difficiles, prévoyez un tube d’aspirine, toujours fidèle, lui. Et il y a encore une chose que vous ne contrôlerez pas (outre vos cheveux pendant un headbanging) : la météo. Toujours prendre un sweat à capuche, c’est mieux qu’un parapluie pour ne pas gêner les gens derrière et risquer de s’attirer les foudres d’une bande de blackeux.

√Le sac à dos du hippie
She loves you yeah yeah yeah… Embarquez votre vinyle, choppé chez votre disquaire préféré, dont vous êtes le plus fier. Les Beatles, Bob Dylan ou Jimi Hendrix, à vous de voir. Côté fringues, laissez parler l’amoureux de la nature qui est en vous : chapeau de paille et chemises à fleurs (fabriquées à partir de matériaux naturels de préférence). Si votre sac à dos est trop petit, oubliez les vêtements, ça se fait chez les hippies. Et laissez tomber la toile de tente qui prend de la place, un bon duvet suffira : la nuit à la belle étoile, même pas peur. Enfin prévoyez un livre de philo pour méditer entre deux concerts et un peu d’herbe pour que le temps paraisse moins long.

√Le sac à dos du rappeur
Casquette à l’envers, ou sur le côté, pour le swag. Prenez-en une panoplie. On n’ira pas vérifier si vous avez changé de slip pendant les trois jours, mais de casquette en revanche… Apportez aussi votre tee-shirt à l’effigie de Tupac, parce qu’on a beau ne pas se rendre à l’enterrement de sa vieille tante, on n’oublie pas le boss. Pensez au stylo et au bout de papier pour écrire vos meilleures punchlines. Sinon votre téléphone fera l’affaire. Et sera bien utile pour retrouver vos potes partis aux toilettes.

√Les indispensables de tous les festoches
Des bouchons d’oreilles, pour ne pas finir sourd. Et un pince-nez, pour ne pas mourir asphyxié. Prenez aussi des chewing-gum : après trois sandwiches au pâté, douze bières et cinq vomis, ça peut servir. Enfin, le programme : multifonctions, on l’embarque dans son sac d’abord pour les horaires. Mais on s’en sert aussi comme GPS grâce au plan du site. Et comme éventail en cas de grosse chaleur.

 

Réponses au quiz
1/ b. C’est de la culture générale. Si, si, on vous assure.
2/ c. Vous le saviez ? Bien joué.
3/ a. Vous vous coucherez moins bête ce soir.
4/ a, b, c. Parce qu’on est gentil, c’était déjà dans l’ordre : 1998, 2007 et 2013.
5/ a. C’était en 1977. On y était aussi… ou pas.
6/ c. Vous ne le saviez pas ? Nous non plus.

Ingrédients cosmétiques : santé en danger ?

Les PEG, les silicones et l’alcool sont dangereux pour la santé. Vrai ou faux ?

Depuis la controverse sur les parabens, l’industrie cosmétique a mauvaise presse. Le point sur les ingrédients cosmétiques qui font parler d’eux.

Les silicones sont toxiques.
FAUX. Certains sont occultants et empêchent la peau ou les cheveux de respirer et d’absorber les actifs mais rien de dangereux pour la santé, ils sont neutres. En gros, c’est comme si on vous posait un film cellophane sur le nez, ils peuvent donc favoriser l’apparition de boutons. Pour la planète, et l’eau en particulier, c’est beurk, parce que 1) ils ne se dégradent pas, 2) leur fabrication est polluante.

Les PEG, c’est dangereux.
FAUX. Mais leur fabrication est très polluante. On les trouve dans les émulsions, les gels douche… En grosses quantités, ils peuvent être irritants.

Un bon shampoing doit mousser
FAUX. Les shampoings qui moussent peu, contiennent des tensioactifs plus doux. Le Sodium lauryl sulfate et le Sodium laureth sulfate font beaucoup de mousse mais irritent la peau et les yeux. À fuir.

L’alcool est mauvais pour la santé (de ma peau).
VRAI & FAUX. Il peut assécher la peau mais les fabricants corrigent cet effet indésirable avec des agents hydratants : huiles, glycérine, cires. Il reste un excellent conservateur naturel. Les dermatologues préconisent de ne pas dépasser une proportion de 20 % d’alcool dans les lotions toniques.

La paraffine, c’est naturel.
VRAI. La paraffine liquide est un distillat du pétrole. Beaucoup de marques jouent sur les mots et mentionnent : huile minérale. La paraffine n’apporte aucun actif intéressant pour la peau. Mieux vaut utiliser des huiles végétales et du beurre de karité ou de cacao, qui protègent la peau de la déshydratation tout en lui apportant des vitamines.

 

Stelda

Intermittents du spectacle : « Nous sommes pour le dialogue »

A l’approche des festivals de l’été, la colère gronde chez les intermittents du spectacle. Françoise Dupas est directrice du Petit Faucheux et déléguée régionale du Syndicat des musiques actuelles (SMA). Engagée dans le combat des intermittents, elle en explique les raisons.

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Pouvez-vous faire un point sur la situation ?
Depuis la réforme de 2003, le régime spécifique de l’intermittence est retouché sans réponse satisfaisante. Nous sommes pour une réforme, nous savons qu’il faut faire des efforts. Mais il n’y a aucune négociation sérieuse et, tant du côté du patronat que des salariés, les forces en présence autour de la table à l’Unedic ne représentent pas le secteur culturel. Nous sommes pour le dialogue, mais le gouvernement donne des signaux négatifs et contradictoires. Le rapport de 2013 de Jean-Patrick Gille, député et médiateur, est excellent mais ses préconisations sont restées au fond d’un tiroir.
Quid des festivals cet été ?
Intermittents, permanents, employeurs, nous sommes tous main dans la main, c’est une situation exceptionnelle, un ras-le-bol général. Il est question de la culture en France, de la société que nous voulons. Menacer les festivals est le seul moyen que nous avons d’être entendus. Mais mobilisation ne veut pas dire annulation, ce peut être une sensibilisation du public et des pouvoirs publics. À Tours, lors du festival Tours d’Horizons du CCNT, comme à Orléans pendant l’Orléans Jazz festival, les équipes techniques et artistiques discutent et décident ensemble du mode d’action.
Que pensez-vous de l’idée de limiter le salaire des stars ?
C’est une proposition dans le cinéma, pourquoi pas ? Nous voulons plus de partage, de solidarité. On dénonce les parachutes dorés, alors il faut être logique.

Deep web : "Le Auchan du black market"

Damien Bancal, fondateur du site zataz et spécialiste en cyberdélinquance, parle du deep web, du côté juridique et sécurité…

 DOSS_PAP2_ITWDamien Bancal est journaliste fondateur du site zataz.com, spécialiste en cyberdélinquance et sécurité. 

Pouvez-vous présenter votre travail avec le site zataz ?
Je suis journaliste, spécialisé en cybercrime et cybersécurité. Je me suis lancé là-dedans il y a 25 ans. J’ai fondé zataz pour dire : s’informer, c’est déjà se sécuriser. J’aborde aussi les méthodes utilisées par les pirates. On est toujours un utilisateur lambda, toujours débutant… Tout évolue vite, mais il ne faut pas céder à la parano non plus.

En tant que spécialiste, comment pourriez-vous définir le deep web. Qui peut-on y trouver ?
C’est tout ce qui n’est pas référencé par les moteurs de recherche. Google et tout cela, ce n’est que 10, 15 %… Tout le reste, ce sont ces Internets qu’on ne contrôle pas. Le deep web, c’est aussi ce qui fait qu’Internet fonctionne. Mais il y a aussi toute cette part d’illicite, l’illégal, l’utilisation d’un système pour être invisible. Tout ce qui est vente de drogue, d’armes, ce n’est qu’une infime population sur le web. Le deep web permet d’être plus discret.

Le deep web, eaux troubles du Net… Mais on suppose qu’ il doit aussi y avoir des pêcheurs malintionnés niveau sécurité…
C’est obligé ! L’accès aux infos non-légales est leur jeu. Il y a des données qui peuvent être interceptées et revendues. Récemment, 110 millions clients ont été impactés aux États-Unis. Un pirate du deep web va les cacher puis les revendre un peu plus tard.

Comment ?
Il fait sa promo sur des forums privés non accessibles par les moteurs de recherche. C’est le Auchan du black-market ! Ensuite, il balance des échantillons… Par exemple, mille données bancaires. Les intéressés se diront :  »Ah, il a une base de données intéressantes ! » Une donnée bancaire peut atteindre 20 à 50 $. Imaginez quand il en a 100 000…

On parle souvent de Tor pour le deep web. Est-il infaillible ?
Non. C’est un système de chiffrement intéressant, pour la protection des données etc. Mais il a déjà été détourné, alors qu’on pensait que c’était 100 % safe (sécurisé, NDLR). Le FBI a fait tomber des gens, car il avait infiltré Tor. Le 100 % sécurisé n’existe pas !

Se lancer sur le deep web reste risqué…
Oui, c’est pour cela qu’il faut sécuriser, entretenir une hygiène numérique, des antivirus et un ordinateur mis à jour, pour corriger les failles. On surfe où on veut, mais on réfléchit et on se pose des questions. Il n’y a pas de cadeaux. On joue avec des gens plus dangereux que nous…

L’anonymat sur le deep web est un leurre ?
On rend juste plus difficile le fait d’être remonté et de savoir qui fait quoi. C’est une perpétuelle chasse, même si les pirates auront toujours une avance.

Mais alors, un pro de l’informatique peut-il être intouchable quand il surfe sur ce web caché ?
Ce n’est qu’une question de temps et de moyens. S’il réfléchit, on mettra plus de temps pour le retrouver. Je connais des gens qui se promènent sous différentes identités. Mais il est possible de surfer de façon transparente, oui.

Le « web opaque », c’est pareil que le deep web ?
Oui… Tout ça, ce n’est que du vocabulaire marketing, pour faire peur. C’est aussi un grand débat. Pour moi, le deep web contient le web opaque.

Comment le FBI fonctionne et travaille sur le deep web ? 
C’est une infiltration numérique. Ils se font passer pour quelqu’un d’autre. Par exemple, une petite fille pour les pédophiles ou quelqu’un qui veut acheter des données bancaires. Comme en vrai ! Mais soyons honnête, c’est plus facile sur la toile. Et d’ailleurs, depuis décembre, une section de gendarmes a été mise en place en France pour contrôler tout ça.

Y a-t-il des côtés positifs au deep web ?
Bien sûr ! C’est cela qui fait fonctionner tous nos sites et l’Internet. Si je n’ai pas envie de mettre mes photos de vacances sur Facebook, je peux les mettre sur le deep web, uniquement pour mes amis.

Si je fais une grosse bêtise sur le deep web, mais hors de France… Je risque tout de même ?
Il peut y avoir plainte, puisqu’il y a des prérogatives internationales. Il y a trois semaines, un pirate roumain a été ramené à Montpellier pour fraude à la carte bancaire, alors qu’il faisait ça de Roumanie. Il a pris quatre ans ferme.

Propos recueillis par Aurélien Germain

>> Vous voulez en savoir plus sur le deep web ? Lisez notre reportage.