Changer la housse de couette ? Ce n’est plus une corvée !

Changer sa housse de couette, une corvée ? Benjamin Rimajou, inventeur de 33 ans, a trouvé la solution avec Hopoli et, par la même occasion, une reconversion.

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« On connaît tous la technique du fantôme, les bras tendus dans la couette… », illustre Benjamin Rimajou que l’on rencontre chez Mame, dans les locaux du FunLAB, le fab lab tourangeau.

Ce geste du quotidien peut s’avérer très fatigant lorsque l’on a quatre enfants ou que l’on doit faire tourner un gîte en pleine saison.
Et même lorsqu’il n’y a qu’une seule housse de couette à changer, on s’en fait parfois tout une montagne.

C’est donc assis dans son canapé, le 31 mars 2016, que Benjamin a trouvé une solution à cette corvée. Il avait alors tout le temps de réfléchir. Animateur radio pendant huit ans (Brest, Lille, Bayonne…), le jeune homme à la moustache dynamique, originaire de Pau, avait finalement choisi Tours en 2015 pour trouver un nouveau métier.
Bricoleur dans l’âme, il pensait se diriger vers un CAP menuiserie mais ses idées l’ont rattrapé. Ni une ni deux, il court au magasin de bricolage, achète deux pinces et deux patères qui s’accrochent sur une porte, assemble le tout… et « eurêka ! », ça fonctionne ! Les pinces viennent alors, comme une seconde paire de mains, accrocher les extrémités de la housse de couette. Une fois à l’intérieur de sa housse, la couette est à son tour bloquée par les pinces et il devient facile de tendre le tout. « J’ai tout de suite senti qu’il y avait quelque chose à exploiter », décrit l’inventeur.

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Tout juste inscrit au FunLAB, il s’y rend presque tous les jours. « Je n’avais pas d’atelier à la maison, ni les moyens de faire réaliser les prototypes par un bureau d’études. Au lieu de payer 10 000 €, j’ai déboursé 180 € seulement et passé des heures à y travailler. » Après un an et demi, 25 prototypes réalisés avec une imprimante 3D, 3 modèles en acier, un gros coup de pouce pour le design, son Hopoli (comme Hop, au lit !) est enfin prêt. Il a également déposé un brevet qu’il a lui même rédigé « avec l’aide de l’Association des inventeurs et créateurs de Touraine. J’ai dépensé 300 € au lieu de 5 000 € ».
Autodidacte jusqu’au bout, il a réalisé son site internet, les modes d’emploi et les premiers tests avec ses voisins à La Riche. Benjamin, déjà primé trois fois pour son projet, passe par un financement participatif de 10 000 € sur la plateforme Kickstarter. « Les gens peuvent acheter le Hopoli en amont et je pourrais lancer la production en juin 2018 », précise Benjamin tout sourire, qui a atteint dès la première semaine 65 % de son objectif de financement. Un Esat de Tours-Nord s’occupera également d’une grande partie de la fabrication et les pièces seront usinées en Europe.

Benjamin devrait investir un local dans six mois et créer deux emplois pour l’aider d’ici un an. Une aventure qui ne fait que commencer pour celui qui possède un carnet rempli d’idées pour nous faciliter la vie au quotidien.

>>En savoir plus sur hopoli.fr

Portrait par Pauline Phouthonnesy.

Salon des jeunes inventeurs : les Géo Trouvetou débarquent à Monts

Déjà 20 ans que le salon des jeunes inventeurs de Monts offre aux créateurs en herbe la possibilité de faire entendre leur voix et de présenter leurs projets. Pour son grand anniversaire, l’équipe lui a concocté de belles surprises.

3 QUESTIONS A…

Karine Pillet, chargée de com’ et coordinatrice du salon des jeunes inventeurs.

On fête cette année la 20e édition du salon. Vous pouvez nous en dire plus sur ses origines ?
Tout a commencé en 1997. Le conseil municipal cherchait une idée d’événement pour mettre la jeunesse à l’honneur. C’est Annick Le Goff, alors adjointe à la culture, qui a imaginé un concept autour des inventions et de la création. Dès la première année, une dizaine de projets ont été déposés. Aujourd’hui, nous avons bien grandi : 62 projets sont en compétition cette année. Concernant les prix, 6 200 € seront répartis entre les différents vainqueurs, dont 2 000 € viennent de la ville de Monts et le reste de nos 22 partenaires. Nous avons aussi un partenariat avec le concours Lépine, auquel les lauréats peuvent participer gratuitement.

Qui peut concourir au salon des jeunes innovateurs ?
Il faut avoir moins de 25 ans. Nous avons créé deux catégories : les juniors (avant le lycée) et les seniors (lycée et plus). Leur projet peut concerner une amélioration du quotidien, la robotique et les objets innovants, le développement durable, un jeu de société, etc. Quand nous annonçons l’événement nous envoyons des mails à tous les établissements de France. Donc même si, de fait, beaucoup d’équipes sont de la région Centre, nous avons des candidats de tout l’Hexagone, parfois même plus loin. Cette année nous avons des Belges et il est déjà arrivé que des Chinois ou des Roumains participent !

De manière un peu pragmatique, à quoi sert ce salon, quel est son but ?
À veiller à ce que les jeunes qui ont des idées aient un lieu pour les valoriser. Le salon des jeunes inventeurs et créateurs est aussi un tremplin professionnel, notamment pour ceux qui se mettent ensuite à leur compte. Plusieurs ont eu cette chance. Nous sommes aussi en lien avec la fédération Entreprendre pour apprendre (EPA), qui propose de créer des mini entreprises dans l’enseignement (de 8 à 25 ans). Les élèves créent des objets, souvent grâce aux imprimantes 3D, et notre salon leur permet de sortir du cadre strictement scolaire pour qu’ils commercialisent leurs idées de produits. Et ça marche.

ILS ONT DÉJÀ GAGNÉ…

Image111997 ET 1999 / LUDOVIC CHOPINEAU
Il fut le premier Lauréat du salon des jeunes inventeurs et créateurs grâce à son laser musical, permettant aux personnes handicapées-moteur de jouer de la musique sans avoir besoin de toucher l’instrument, grâce à un rayon laser projeté dessus (par exemple en le fixant comme une lampe frontale). En 1999, il remporte un deuxième prix pour son invention le Téléfeu, un combiné téléphonique relié à un détecteur de fumée qui appelle directement les secours en cas d’incendie. Il a alors 13 ans et cette victoire le conduit au concours Lépine à Paris, où il remporte le 1er prix dans la catégorie jeunes inventeurs. « J’avais eu ces deux idées en regardant des reportages à la télévison », confie-t-il. Après son diplôme à l’école Polytechnique de Tours, il devient ingénieur et travaille aujourd’hui pour une grande société de développement informatique.

2014 / GUILLAUME ROLLAND Image13
Même pas 20 ans, mais déjà repéré par Google grâce à qui il a pu monter sa start-up. Tout a commencé à Monts, en 2014, alors qu’il avait à peine 18 ans. Gros dormeur, Guillaume a eu l’idée d’inventer le réveil olfactif, qui vous tire du lit en douceur grâce à une bonne odeur de café, de menthe, de toast ou même de plage ensoleillée. On ne sait pas vraiment comment il fait tout ça mais ça marche : il est le vainqueur du prix des jeunes inventeurs à Monts, puis médaillé d’or du concours international Lépine et premier finaliste français du prix Google science fair. Rien que ça. La machine sera en vente en magasin en France dès cet été et 2 800 commandes ont déjà été passées.

Image142013 / KARINE NICIER 
La jeune designeuse a cherché à créer des objets qui s’adaptent à notre espace et à nos besoins. Un jour, alors qu’elle dîne avec ses parents, elle casse involontairement une chaise et se rend compte que dans cette position le dossier permettrait d’en faire un banc. L’idée est lancée mais il lui faudra trois ans pour réaliser son prototype (conception d’une maquette, étude de marché, etc.). À 25 ans, quasiment 26, elle tente le salon des jeunes inventeurs et remporte le premier prix. Cela lui vaudra une sélection au concours Lépine à Paris, où elle remporte la médaille de bronze dans la catégorie concours international en 2014. La jeune femme cherche actuellement des financements pour commercialiser son concept, dont elle a décliné plusieurs versions.

LES INVENTIONS WTF

L’équipe de tmv a eu accès à la liste complète des inventions proposées depuis 1997 et on vous a répertorié les plus improbables. C’est cadeau, bisou.

#Sadique Une gratteuse de banco qui, sur les tickets gagnants, gratte automatiquement la partie “nul si découvert”.

#Simplification Le skate-shoes, une planche de skate avec chaussures intégrées, comme ça si on tombe on est toujours dessus. Moins pratique pour les flip quand même…

#Non Le vélo-mer, sorte de scooter des mers qui fonctionne comme un vélo avec des pédales reliées à des palmes pour le faire avancer. Parce qu’on aime quand c’est pratique.

#Mignon Le parachute à Doudou. Bon d’accord ça ne sert à rien mais rien que d’entendre votre enfant dire “regarde Patapon il vole” suffira.

#AyezPitié Un jeu de société intitulé “la course à l’emploi”, pour découvrir plein de métiers tout beaux tout bien. Oui mais non, on fait déjà ça toute notre vie alors laissez-nous passer notre enfance tranquille.

#PuerMoins Satisockchen : derrière ce nom barbare, un emballage donnant un parfum aux chaussettes. En vente dans toutes les auberges de jeunesse.

>>Le Salon des jeunes inventeurs et créateurs de Monts aura lieu les 28 et 29 mai. 
>>INFOS ICI