La pollution : danger numéro 1

A quelques jours de la journée sans véhicules motorisés à Tours, ce dimanche, on fait le point avec l’association Lig’Air qui nous parle pollution de l’air.

Carole Flambard est chargée de communication à Lig’Air. L’association créée en France en 1996, effectue depuis 1999 des mesures précises sur l’état de l’air dans notre ville.

« Si globalement, l’état de l’air s’améliore depuis vingt ans sur Tours, explique t-elle, n’allez surtout pas croire que tout va bien. La pollution à cause des particules fines est réelle et, plusieurs jours par an, nous sommes proches voire au-delà des normes recommandées. C’est très simple, si vous me demandez un conseil, je vous dirais qu’il ne faut pas rouler en trottinette ou à vélo aux périodes de pointe des voitures. »

Le constat est clair. Les particules fines, qui adorent voyager, et nous arrivent parfois d’Europe de l’Est, ont une capacité à trouver des terrains propices pour stagner chez nous comme ailleurs. Et n’allez pas croire qu’en hiver, c’est mieux !
« Les anticyclones hivernaux permettent aux particules de se poser et de s’agglomérer », ajoute-t-on à Lig’Air.

Dangereux pour les sportifs aussi

Alors faudrait-il rouler avec des masques sur le nez et la bouche pour se protéger ?
« Nous enregistrons la présence de particules dont la taille est dix ou vingt fois inférieure à celle d’un cheveu, insiste Carole Flambard. Ce sont des poussières qui, lorsqu’elles sont respirées en plein effort par un enfant de moins de sept ans, une personne âgée, ou un sportif, sont très dangereuses. Elles passent très rapidement dans le sang et les organes. Il n’y a pas grand-chose à faire. Pour les éviter, il faut les fuir. »

Quid des épisodes de canicule, comme ceux que nous avons connus cet été ? « Le danger concerne alors l’ozone présent dans l’atmosphère. Sous l’effet de la chaleur, l’ozone s’oxyde et devient un polluant extrêmement dangereux. Un jogger ou un cycliste qui fait un gros effort, un soir vers 19 heures, après une journée de canicule, prend des risques pour sa santé. Picotements aux poumons, larmoiements sont des signes à prendre très au sérieux. »
Th. M.

Grossesses à risques : un centre pour mieux prévenir

Un centre pour mieux prévenir des grossesses à risques : c’est bientôt possible à Tours, grâce à un nouveau centre.

L’évaluation au centre sera prise en charge et remboursée par la Sécurité sociale. (Photo Shutterstock)
L’évaluation au centre sera prise en charge et remboursée par la
Sécurité sociale. (Photo Shutterstock)

PreGnanT.SEE… Comme « pregnancy » (grossesse, en anglais). Aucun mot de code, là-dedans. Simplement le nom d’un centre qui risque fort de faire bouger les choses. Son petit nom complet ? Prévention des risques de la grossesse dès le premier trimestre – Sécurisation et évaluation. Ouf ! Naissance programmée le 4 mai, au CHRU de Tours. Un joli bébé, le deuxième centre de ce type en France, pour mieux évaluer les différents risques concernant la grossesse dès le premier trimestre.

« L’objectif, c’est d’identifier les risques », confirme Franck Perrotin, chef de service gynécologie obstétrique, à l’origine de la création du centre. « On distinguera deux groupes : le premier, les femmes enceintes pour qui tout va bien. On pourra donc privilégier la levée de la médicalisation, favoriser le bien-être de la patiente, être moins intrusif… Et le deuxième groupe, celles des grossesses à risque. Pour en faire un dépistage plus précoce » Rassurer, adapter, orienter.
Concrètement, les femmes enceintes prendront d’abord rendez-vous (au 02 47 47 36 41, NDLR). Rendez-vous qui devra avoir lieu entre 11 et 14 semaines d’aménorrhée. « La patiente viendra ensuite au centre une petite demi-journée. Il y aura une consultation avec une sage-femme : questions, échographie complète, bilan biologique. Après, on fera un rendu du risque existant. On veut faire une quantification : mettre un pourcentage sur le risque, mieux chiffrer », précise Franck Perrotin.

Au total, une équipe composée de deux médecins (un échographiste et un gynécologue), trois sages-femmes, une secrétaire et une infirmière. Le centre, lui, sera ouvert tous les matins à partir de septembre. En attendant, de mai à septembre, il ne le sera que trois par semaine. « On va voir… On espère que ça va bien fonctionner », indique Franck Perrotin. Avant de rappeler : « Il n’est pas nécessaire d’accoucher chez nous par la suite. On accepte bien évidemment tout le monde ! »

Aurélien Germain

Inondations : quel risque pour Tours ?

En 2015, l’État lance une grande enquête publique, la dernière phase de la révision du Plan de Prévision des Risques d’inondations (PPRI). François Louault, président de l’association Aquavit et géographe tourangeau spécialisé dans l’hydrologie, fait le point.

Inondations à Tours
Contrairement aux idées reçues, la menace de crues importantes viendrait du Cher.

C’est quoi cette révision du PPRI ?
[François Louault, président de l’association Aquavit et géographe tourangeau spécialisé dans l’hydrologie] : Depuis deux ans, il y a eu un travail sur cartes et en laboratoire pour simuler les crues dans les conditions actuelles. Les résultats montrent qu’en cas de crue historique, basée sur celle de 1856, le niveau d’eau serait plus important aujourd’hui. Les digues, qui protègent Tours, résisteraient mieux. En revanche, certains ponts ne résisteraient pas au débit de la Loire. Pareil sur le Cher, le Pont Saint-Sauveur et celui du tram, en cas de crues très importantes, ne tiendraient pas.

Quels sont les risques de vivre une crue centennale à Tours ?
Je suis certain que je n’en vivrai pas d’aussi importantes que celle de 1856 dans ma vie. En revanche, je m’attends à voir le Cher déborder de manière catastrophique. Tous les experts locaux s’accordent pour dire qu’il y a une faiblesse sur ce point.

Quelle est la réaction des élus locaux faces à ces risques ?
Ils sont inconscients et juridiquement exposés. En cas de catastrophe, même si l’État a sa responsabilité, ce seront eux qui seront jugés. Regardez la tournure que prend le procès Xynthia. Leur maître mot, c’est « résilience » : la résistance d’un bâtiment et la capacité d’une ville de rebondir après une crue. C’est du pipeau. Une crue historique à Tours et les villes alentours ne fera pas de victimes. En revanche, il n’y aura plus de gaz, d’électricité, de communication et de traitement des eaux. Ce n’est pas comme dans le midi de la France où en deux heures le niveau d’eau baisse. À Tours, qui est une ville sanctuarisée, elle resterait des dizaines de jours.

Propos recueillis par B.R.