CHU de Tours : le malaise

Après la grève, le sit-in. Le personnel du CHU de Tours semble à bout.

CHU

Ce jeudi 14 mars, un sit-in est prévu devant les différents sites du CHU de Tours. La grogne monte toujours et le mal-être est croissant.

Vendredi dernier, cinq syndicats avaient effectivement déjà appelé à la grève dans les quatre établissements (Bretonneau, Trousseau, Clocheville, l’Ermitage). Tous et toutes protestent contre la dégradation des conditions de travail.

« Mettons la pression pour imposer nos droits, pour des remplacements à la hauteur des besoins, pour que chaque agent puisse bénéficier de ses congés d’été lorsqu’il ou elle le souhaite », a notamment déclaré le syndicat SUD Santé sociaux CHU de Tours.

Une pétition, réunissant 1 200 signataires, a déjà été remise à la direction de l’hôpital. L’intersyndicale du CHRU, à l’origine de la lettre, rappelle qu’une baisse de 116 équivalents temps plein dans les effectifs non-médicaux a été notée entre 2015 et 2017.
Face à une cadence infernale, les arrêts maladie ont déjà bondi de 20 %.

La grogne monte dans les Ehpad

Le personnel de nombreuses maisons de retraite et Ehpad en a plus qu’assez. Les revendications se multiplient.

Plus de quatre semaines… Quatre semaines de lutte et de grogne dans les Ehpad de La Membrolle et Semblançay. Une partie des agents des maisons de retraite du Centre communal d’action sociale (CCAS) multiplient les coups d’action. En grève pour de meilleures conditions de travail, les salarié(e) sont reconduit le mouvement jusqu’au vendredi 24 juin inclus, avant une nouvelle assemblée générale.
Un mouvement qui n’est pas sans en rappeler d’autres : au mois de mai, c’était à l’Ehpad de Joué-lès-Tours. La semaine dernière, les agents des maisons de retraite de la Ville de Tours avaient aussi cessé le travail. Après avoir obtenu des garanties pour l’été, le personnel avait suspendu son action, promettant de faire un point en septembre. La conseillère municipale et vice-présidente du CCAS Marion Nicolay-Cabanne, elle, avait indiqué, dans les colonnes de La Nouvelle République : « Il faut rappeler que le budget est imposé par le conseil départemental et l’Agence régionale de santé. »

Mais en attendant, à Semblançay et La Membrolle, on ne cesse de dénoncer le manque de personnel et les conséquences sur les conditions de vie des résidents. Et les nerfs commencent à lâcher.

Fil Bleu : la grève se poursuivra ce mardi

Faute d’accord, la grève à Fil Bleu se poursuivra ce mardi 1er mars.

(Photo Hugues Le Guellec)
(Photo Hugues Le Guellec)

Le mouvement social continue à Fil Bleu : la poursuite de la grève a été décidée ce lundi. Des perturbations sont donc à prévoir pour ce mardi 1er mars. Il est prévu que le tramway circule toutes les 15 minutes environ, de 6 h 21 heures. Côté bus, 45 % d’entre eux circuleront. Les lignes 19, 30, 31, 32, 34, 51, 52, 53 ne circuleront pas. Les bus circuleront de 6 h 30 à 21 heures.

Ce lundi, une grosse centaine de chauffeurs Fil Bleu a d’ailleurs manifesté en distribuant des tracts aux passants.

Pour rappel, les agents de Keolis se plaignent « des conditions de travail ». Et notamment des temps de pause qu’ils estiment mal réglés entre leur arrivée à un terminus et le moment où ils doivent repartir.

[Mise à jour 29/02 18 h 16]
En guise de riposte, le collectif « Usagers Fil Bleu » a décidé de lancer un appel à la grève du côté des usagers, à partir du lundi 7 mars et ce, pendant 5 jours. Le collectif demande à ce que les passagers ne présentent pas leur titre de transport, en précisant bien que ceux-ci doivent être « en règle » et demandant « le respect des contrôleurs ».

Pour les horaires, rendez-vous sur filbleu.fr

Education : Tempête à l’Escem

Un préavis de grève a été lancé à l’Escem pour mercredi. En attendant, la colère gronde.

Préavis de grève pour ce mercredi, la rentrée est tendue à l’Escem.
Préavis de grève pour ce mercredi, la rentrée est tendue à l’Escem.

L’Escem, l’école de commerce de Tours, Poitiers et Orléans vit une rentrée des plus incertaines. L’école a perdu son grade Master en avril 2015, ce qui lui interdit de délivrer des diplômes Grandes Écoles au-delà de 2016. Une catastrophe dans un contexte rendu déjà très tendu par la déconfirure de l’aventure FBS (la fusion des écoles de Brest, Clermont et Tours-Poitiers-Orléans).
Où en est-on aujourd’hui ? Sur le plan pédagogique, on ne sera pas loin de l’année blanche. 876 élèves sont inscrits à l’Escem, dont 490 à Tours. 380 poursuivent le programme Grande école en 3e et 4e année. Ils ont pu effectuer leur rentrée mercredi dernier, mais grâce à un accord obtenu in extremis. Le reste des effectifs est composé, pour l’essentiel, des étudiants en Bachelor. La direction annonçait cette semaine, par la voix de Roger Dutoit, (directeur général provisoire), qu’elle allait présenter à l’automne « une nouvelle offre de formations professionnalisantes, destinées à former les managers de proximité de demain, dans les domaines, par exemple, du tourisme, de l’informatique, des RH ou de la logistique. » L’objectif étant de retrouver les 1 500 à 1 800 étudiants que comptait l’Escem avant le naufrage de la fusion.

Une stratégie qui tire, de facto, un trait sur le statut Grande école de l’Escem. Mais la poursuite des enseignements est suspendue à un préavis de grève illimité déposé pour ce mercredi et, bien sûr, à la difficile réorganisation des équipes dans la perspective d’un plan social particulièrement dramatique. Car, sur le plan social, la casse sera considérable. Sur les 215 personnes employées l’année dernière, il ne devrait pas en rester plus de 60 réparties sur les trois sites. Quant au montant de la facture à régler pour les CCI investies dans le projet, elle n’est pas encore connue, mais devrait s’avérer assez salée.

Reste également à déterminer les responsabilités juridiques et les fautes éventuelles des uns et des autres dans le dossier de la gestion de FBS. Un volet de l’affaire qui est, d’ores et déjà, aux mains de la Justice. Après le départ d’Yves Broussoux, qui avait fait l’objet d’une motion de défiance de la part du personnel, un nouveau président devrait être nommé avant la fin du mois.

Travail dominical : Fnac, la colère gronde

À Tours, salariés et syndicats à la Fnac dénoncent le travail le dimanche. Un amendement de la loi Macron qui les fait fulminer.

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Vendredi, un peu partout en France, les salariés des enseignes Fnac ont débrayé. À Tours aussi les grévistes dénoncent le travail le dimanche. Raison de la colère ? L’amendement de la loi Macron autorisant les commerces de biens culturels à déroger au repos dominical. Voté par le Sénat, il stipule que « les commerces de détail de biens culturels peuvent déroger à la règle du repos dominical en attribuant le repos par roulement ». De quoi faire fulminer les syndicats.
Notamment Thierry Lizé, délégué syndical central Force Ouvrière à Tours (FO) : « Le dimanche devient un jour normal. Alexandre Bompard (directeur général de la Fnac, NDLR) va pouvoir ouvrir à la carte. Un dimanche open-bar ! » Bras de fer, donc, entre les syndicats et la direction de l’enseigne. « Leur argument premier, c’est que cela se fera grâce au volontariat… Mais c’est facile à biaiser », indique Thierry Lizé. « Ils parlent aussi de compensation financière, mais Bompard envisage des dimanches discount. Ça ne sera sûrement pas payé double. » Enfin, dernière crainte pour le magasin tourangeau : le relifting du haut de la rue Nationale. « Avec les hôtels de luxe et les touristes, on va faire joujou avec nos dimanches », prédit le délégué syndical. Sollicitée par l’AFP, la direction de la Fnac a souligné, le 29 mai, qu’il ne s’agissait pas d’un mouvement de grève. Elle a rappelé que la dernière action similaire, mi-mai, « avait mobilisé moins de 3 % de salariés ».
En attendant, une pétition a été lancée. Le texte doit toutefois passer en commission mixte paritaire, ce mercredi 3 juin, avant d’être définitivement acté. À Tours, Thierry Lizé indique que le combat n’est pas fini. « On a des alliés. C’est un mouvement d’ensemble (il fait référence aux enseignes Cultura, Gibert, etc., NDLR). Cet amendement ne doit pas passer. On sera vigilants. D’autres grèves sont possibles. »

Intermittents du spectacle : « Nous sommes pour le dialogue »

A l’approche des festivals de l’été, la colère gronde chez les intermittents du spectacle. Françoise Dupas est directrice du Petit Faucheux et déléguée régionale du Syndicat des musiques actuelles (SMA). Engagée dans le combat des intermittents, elle en explique les raisons.

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Pouvez-vous faire un point sur la situation ?
Depuis la réforme de 2003, le régime spécifique de l’intermittence est retouché sans réponse satisfaisante. Nous sommes pour une réforme, nous savons qu’il faut faire des efforts. Mais il n’y a aucune négociation sérieuse et, tant du côté du patronat que des salariés, les forces en présence autour de la table à l’Unedic ne représentent pas le secteur culturel. Nous sommes pour le dialogue, mais le gouvernement donne des signaux négatifs et contradictoires. Le rapport de 2013 de Jean-Patrick Gille, député et médiateur, est excellent mais ses préconisations sont restées au fond d’un tiroir.
Quid des festivals cet été ?
Intermittents, permanents, employeurs, nous sommes tous main dans la main, c’est une situation exceptionnelle, un ras-le-bol général. Il est question de la culture en France, de la société que nous voulons. Menacer les festivals est le seul moyen que nous avons d’être entendus. Mais mobilisation ne veut pas dire annulation, ce peut être une sensibilisation du public et des pouvoirs publics. À Tours, lors du festival Tours d’Horizons du CCNT, comme à Orléans pendant l’Orléans Jazz festival, les équipes techniques et artistiques discutent et décident ensemble du mode d’action.
Que pensez-vous de l’idée de limiter le salaire des stars ?
C’est une proposition dans le cinéma, pourquoi pas ? Nous voulons plus de partage, de solidarité. On dénonce les parachutes dorés, alors il faut être logique.

Rythmes scolaires : semaine de mobilisation

La Coordination des écoles appelle à plusieurs actions contre la réforme et dénonce des ratés. La mairie se défend.

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Un boycott, des manifs, une occupation. La Coordination des écoles de Tours (CIET) prévoit plusieurs actions ces prochaines semaines pour marquer son mécontentement face aux nouveaux rythmes scolaires. En écho à une action nationale d’autres collectifs de parents, une opération « classes vides » se déroule ainsi mercredi 13 novembre à Tours. Le lendemain, le CIET rejoindra trois syndicats, minoritaires dans l’Education nationale, qui ont appelé à une grève et à des manifestations dans tout le pays.
Sabrina Hamadi, représentante de la coordination à l’école Boutard, égrène les griefs. « Les enfants sont plus fatigués, il y a des problèmes d’hygiène, de logistique, avec seulement un tiers des animateurs promis », énumère-t-elle. La mère de famille met en avant des activités réduites (une ou deux) pendant la pause méridienne et une hausse des incidents (hospitalisations), sans toutefois les chiffrer. La Coordination des écoles note également un manque d’Atsem (Agent spécialisé des écoles maternelles) dans plusieurs écoles maternelles tourangelles.
Expérimentation
De son côté, la mairie martèle son mot d’ordre : l’expérimentation. Dans La Nouvelle République, Régine Charvet-Pello a déclaré tester « le dispositif sur une année, soit cinq périodes », rappelant que la forme définitive sera adoptée pour l’année scolaire 2014-2015. Le CIET s’indigne d’une telle lecture. « C’est maintenant qu’il faut agir, sinon, il ne va rien se passer », s’agace Sabrina Hamadi.
Quant aux problèmes soulevés par le collectif, Régine Charvet-Pello répond : « La sieste ? On ne note pas plus de fatigue que l’an dernier à pareille époque ». Elle a aussi déminé le point sur les études surveillées, critiquées pour leur manque d’encadrement. « 112 sont opérationnelles. Et s’il faut en ouvrir de nouvelles, la Ville répond toujours aux besoins », a-t-elle continué. Au niveau national, le Ministère a assuré que la réforme ne posait aucune difficulté dans 93,5% des 3 223 communes.

SNCF : attention à la grève jeudi !

Attention à la grève, ce jeudi : de nombreux Tourangeaux qui prennent le train seront touchés. On fait le point sur les perturbations.

La grève des cheminots devrait être particulièrement suivie, ce jeudi 13 juin, sur la ligne TGV Tours-Paris : au programme, deux TGV le matin (au lieu de six) et trois le soir (au lieu de six…)
 
Selon l’association des abonnés TGV Tours-Paris, plusieurs milliers de Tourangeaux ne pourront pas rejoindre leur lieu de travail sur la capitale. « Environ 2 000 Tourangeaux qui resteront sur les quais à Tours ou à Saint-Pierre-des-Corps », estime l’association.
La grève (un appel des syndicats hostiles à un projet de réforme ferroviaire) perturbera le trafic de mercredi 20 h à vendredi 8 h du matin. Pour le reste des lignes, on attend 4 trains sur 10 (TGV et TER) en moyenne.
 
Pour savoir si votre train circule : rendez-vous ici 
 
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Michelin : 730 emplois supprimés

L’annonce du bibendum a provoqué la colère des salariés de Joué-les-Tours.

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« On savait que la situation ne pouvait pas durer très longtemps. Mais de là à imaginer que 700 postes allaient être supprimés ! » José est amer. Dépité. Monteur sur moules depuis 33 ans à l’usine Michelin de Joué-lès-Tours, il réagit à l’annonce du groupe de fermer l’usine au premier semestre 2015 et de supprimer 730 emplois.
Le site de la ville produit des pneumatiques pour poids lourds depuis 1961 et compte 900 employés. Un lieu emblématique. « Notre patrimoine », raconte Michel, horticulteur, sur le marché de la Vallée Violette. Trop cher à maintenir pour sa taille répond la direction.
Environ 200 ouvriers resteraient à Joué, affectés à des activités de semi-finis (tissus métalliques et membranes en caoutchouc) sur un nouveau site. « 250 autres salariés pourraient bénéficier d’un aménagement de fin de carrière », a précisé Michelin lundi. Le constructeur a ajouté que les 500 salariés restants se verraient proposer un reclassement sur un autre site en France. Face aux critiques, le groupe se défend en rappelant qu’il compte investir 800 millions d’euros et créer 500 postes sur l’Hexagone, notamment à La Roche-sur-Yon (Vendée).
+ 7,4% de bénéfices en 2012
Du côté de la CGT, on ne perçoit pas une équation aussi simple. « Nous estimons qu’environ 300 personnes pourraient être licenciées et ne pourront pas bouger, parce que les conjoints ont un travail dans l’agglomération de Tours… », calcule le syndicat. Remontée, une centaine d’ouvriers a commencé un débrayage, lundi, dès 5 h du matin pour mettre la pression sur Michelin.
En attendant le comité central d’entreprise jeudi 13 juin, les salariés ont reçu le soutien du maire PS, Philippe Le Breton. « La direction de Clermont-Ferrand doit nous démontrer la pertinence de son choix… », a-t-il déclaré. Le député socialiste, Laurent Baumel, a promis de travailler « avec combativité » pour trouver des solutions. Et remarque la bonne situation d’un groupe qui a plutôt bien résisté à la crise de l’automobile. Si le bibendum a annoncé un chiffre d’affaires en baisse de 8,1 % au premier semestre 2013, ses bénéfices avaient gonflé de 7,4 % sur l’année 2012.