Le Festival Imag’In fait peau neuve

Les 28 et 29 septembre, le festival Imag’In revient. Exit le Sanitas, cette fois direction l’Île Aucard. Concerts, danse et animations : voici ce qui vous attend.

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VENDREDI : LA PREUVE PAR 10
Dixième édition et une première journée de festival avec dix groupes. Le festival Imag’In organise son vendredi sur deux scènes qui se feront face (lire interview ci-contre). La première, la « Découverte », ouvrira les hostilités avec Vieux Speedouc (18 h), jeune groupe né il y a peu où l’on retrouve Doc Pilot, mister Culture & musique bien connu des Tourangeaux.
Pour le reste ? L’artiste multi-facettes Ryal Selah et son mix de reggae et hip hop (19 h 15), mais également Sanka (20 h 45), la voix dingue de la franco-mexicaine Gyn.K (22 h 15) et Péroké (23 h 45). Sur la scène IN, le public retrouvera Damé (18 h 45), Taïwan MC (19 h 45), A2H alias Tonton Moustache, rappeur touche-àtout et éclectique au possible (21 h 15), le rap de la star Lefa (22 h 45) et Le Peuple de l’Herbe (0 h 30) qui devrait mettre une grosse, grosse ambiance !

SAMEDI : LA PREUVE PAR 10… AUSSI !
Même topo le samedi : dix groupes se succéderont sur les deux scènes.
Dès 18 h, Orphée investira la scène Découverte, suivi de Maxwell Nostar (19 h 30), la voix de velours et soul d’Imriah (21 h 15) et les excellents Tourangeaux de LVOE et leur pop indé toute douce et cotonneuse (22 h 45). De l’autre côté, sur la grande scène, Chevalien débutera à 18 h 30, avant Davodka (20 h 15) rappeur qui enquille les dates et enflamme les planches, Rémy (21 h 45), le rappeur qui monte en puissance Kikesa (23 h 30) et le duo jubilatoire de beatmakers de Tambour Battant (1 h).

DES CONCERTS MAIS PAS QUE…
Fidèle à ses habitudes, le festival Imag’In met également en place diverses animations et surtout un open mic de hip hop, le samedi de 16 h à 18 h pour se mettre en jambes, avec notamment Artillerie de salopards, Yatero ou encore Matrix Gang.

Interview de Pepiang Toufdy, organisateur et président du Festival Imag’In

Pépiang Toufdy (Photo archives tmv)
Pépiang Toufdy (Photo archives tmv)

C’est une nouvelle formule pour Imag’In qui change de lieu et passe au payant. Pouvez-vous revenir sur les raisons qui ont poussé à ça ?
C’est parti d’une envie de développer le festival au bout de 10 ans. On veut proposer du nouveau, c’est une évolution qu’on souhaite apporter. C’est un croquis de ce qu’on veut faire plus tard, en restant dans l’urbain, la connotation locale et permettre aux artistes de s’exprimer. Imag’In est une vitrine de valorisation. Pour l’Île Aucard, on trouvait ça idéal et c’est un lieu historiquement connu au niveau culturel ! C’est symbolique. Pour le côté payant, il devenait difficile de supporter la gratuité du festival. Continuer ainsi, ça aurait été mourir à petit feu. Il faut le tenir debout, qu’il soit pérenne.

Pouvez-vous expliquer l’annulation de Disiz La Peste ?
Je reviendrai là-dessus après le festival. Ça a été un coup dur. Très dur. Il a annulé un mois avant…
(NDLR : Disiz a effectivement fait faux bond à tout le monde en annulant toutes les dates de sa tournée prévues sur la fin 2018. Le rappeur a indiqué sur sa page Facebook, le 29 août : « Mon 12e album DisiZilla qui sortira le 14 septembre a un univers singulier. Pour le décliner en concert et rendre son essence palpable, il me fallait du temps. C’est pourquoi nous allons reporter les dates prévues. »

Comment se retourne-t-on dans ce cas-là ?
Il faut avoir les pieds sur Terre et se dire que le festival aura lieu. Ça arrive, c’est dur mais il n’y a pas mort d’homme. Donc nous avons choisi de le remplacer par deux artistes, car les pass 2 jours étaient déjà achetés pour certains festivaliers. Il fallait les satisfaire comme il se doit. Nous avons choisi Kikesa — qui monte beaucoup en ce moment — et A2H.

Vous avez des coups de cœur pour cette édition ?
(rires) C’est difficile ! Bon, je dirais tout de même Rémy et Lefa, un rappeur de Sexion d’Assaut. Il se démarque et a un style plus réfléchi. Côté local, il y a Chevalien ! Mais les festivaliers pourront découvrir de nombreux artistes.

Il y aura deux scènes ?
Tout à fait. Elles se feront face et personne ne se chevauche, on alterne les groupes et artistes pour que tout le monde puisse tout voir et écouter.

Une fois encore, le festival élargit son spectre avec de la danse…
Oui, c’est très important. Les deux jours sont bien remplis de ce côté. Élargir ce festival est un besoin, on passe aussi bien de la capoeira que de la danse hip hop.

INFOS PRATIQUES
> Festival Imag’In, les 28 et 29 septembre, à l’Île Aucard à Tours. Pass 1 jour : 15,80 € ; pass 2 jours : 25, 80 € ; gratuit pour les moins de 12 ans.
> Infos sur Facebook

Deep Purple à Tours : conversation avec la voix du rock

Un matin comme un autre ? Pas vraiment. Ce mardi-là, tmv a décroché son téléphone pour passer un petit coup de fil à un certain… Ian Gillan, mythique chanteur de Deep Purple ! Le groupe se produira à l’American Tours festival le 14 juillet. Allô Ian ?

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Ian Gillan, à gauche, la voix du rock. (Photo Shutterstock)

Vous connaissez le stress ? Le fameux frisson qui parcourt votre dos et la goutte de sueur qui perle à votre front pendant que vous balancez quelques jurons, car tout ne va pas comme vous voulez ?

C’est ce qui arrive ce matin-là, dans nos locaux. Il est 9 h 30. Nous sommes censés causer à Ian Gillan, l’homme au micro de Deep Purple depuis 1969. De passage au Portugal, le chanteur nous attend à l’autre bout du téléphone. Mais des soucis techniques nous empêchent de le joindre à l’heure. Argh.
Impossible de faire attendre le Londonien. Après plusieurs essais infructueux, il faut se décider à tenter via notre téléphone portable qui fait des siennes avec sa batterie. Re-argh.

Ça y est. Ian Gillan décroche le combiné. Sa voix est rocailleuse, mais douce. Le débit est parfois lent, parfois plus rapide.
Son timbre change lorsqu’il s’exclame « interesting question ! ». Il choisit ses mots, varie ses intonations. L’homme parle comme il chante. Les trois minutes de retard à notre interview n’ont visiblement pas dérangé le gentleman. « Ce n’est pas grave du tout, rassurez-vous. Comment allez-vous ? », demande-t-il de son joli accent british.
Lui se porte comme un charme. Le dernier album de Deep Purple, InFinite (sorti en 2017), a séduit le public. Succès dans les charts, chroniques dithyrambiques, et milliers d’exemplaires vendus. « C’est une période vraiment excitante », confirme Ian Gillan. D’ailleurs, le groupe, toujours aussi populaire après 50 ans (!) d’existence, enchaîne les dates.
ATF-visuel-2018-1024Deep Purple fera également une escale à Tours, le 14 juillet lors de l’American Tours Festival. Le public tourangeau peut déjà s’attendre à une tripotée de classiques : « Les gens veulent forcément entendre des hits comme Highway Star ou Smoke on the water. Lors de la dernière tournée, nous avons proposé du nouveau matériel. Mais il faut toujours des “ classiques ” comme vous dites. Il y aura aussi deux ou trois titres très récents. Oh et de toute façon, il y aura toujours des mécontents quoiqu’on fasse ! », répond Ian Gillan, en se marrant.

SMOKE ON THE WATER

À 72 ans, le Britannique continue de prendre son pied sur scène. Même quand on lui parle du tube interplanétaire Smoke on the water et son riff le plus célèbre de l’histoire du rock. On pense que la chanson, jouée depuis 1972, doit le lasser. Marre de chanter ce refrain historique, Ian ? « Eh bien non, même pas ! (rires) J’adore sa structure. Elle est relativement classique dans sa construction, mais c’est devenu iconique, symbolique. Ça fait toujours quelque chose quand je vois des gens la chanter, que ce soient des gamins ou des quinquagénaires. »
Le musicien y va alors de son anecdote : « Vous savez, un jour, Pavarotti m’a avoué qu’il était jaloux de moi ! Il m’a dit : “ Ian, toi tu peux chanter Smoke on the water cinq ou six fois et ce sera différent à chaque fois. Moi je n’ai pas le droit, ce serait inimaginable. ” »

(Photo Avis De Miranda / Shutterstock.com)
(Photo Avis De Miranda / Shutterstock.com)

Ian Gillan n’est donc pas un de ces vieux rockeurs usés par la routine ou le devoir d’enquiller le triptyque route/scène/hôtel depuis des décennies. Pour tenir le coup, le chanteur n’a pas forcément de régime particulier. « Mais c’est sûr que je fais moins la fête qu’avant ! », plaisante-t-il. « Je ne fume pas et je ne bois pas. Enfin, pas à l’extrême, hein ! Je prends parfois un petit verre de vin. »
De quoi continuer à enchaîner les concerts à un rythme soutenu. Même si, Ian Gillan l’avoue, « nous allons essayer à l’avenir de sélectionner davantage les concerts et les festivals dans lesquels nous nous produirons ».

À propos de shows, la question nous démange. Qui dit concert de nos jours dit plaie des portables. La foule est désormais branchée à son smartphone, photographiant et filmant le moment plutôt que de pleinement le vivre et profiter (mode réac’ nostalgique ON).
Vivre le concert à travers son écran ? « C’est bizarre », répond le chanteur du tac au tac. « Franchement, c’est une perte de temps. Totalement futile… Les gens parfois ne réalisent pas la chance qu’ils ont de vivre pareil instant. Bon, je ne critique pas, ça fait partie du truc, maintenant… Je n’aime pas être négatif, car c’est quelque chose qui appartient à la nouvelle génération. »

A l’ancienne, dans le bon sens du terme, mais pas coincé dans le passé. D’ailleurs, quand on lui demande ce qu’il écoute comme musique en ce moment, Ian Gillan s’enthousiasme. « Hmm, intéressant, comme question ! Quand je suis avec des amis, je les laisse choisir ! (rires) Personnellement, j’aime le blues et le flamenco. Très peu de musique contemporaine en fait. Je ne suis pas franchement dans le coup ! » Le temps passe. Les minutes défilent à une vitesse affolante.

L’heure est bientôt venue de raccrocher et de se défaire de la voix qui incarne le Pourpre profond. C’est le moment de le brancher sur la jeunesse une dernière fois. « Vous êtes l’un des chanteurs les plus influents du rock. Quels conseils donneriez-vous aux “ kids ” qui souhaitent se lancer dans une carrière de chanteur ? », demande-t-on. Ian Gillan se galvanise. « Aaah…. Utilisez votre voix, apprenez et surtout… copiez, imitez, encore et encore. Copiez chaque chanson que vous aimez et entraînez-vous dessus. Ça vous donnera l’énergie, la compréhension de la musique, la chimie. Ensuite vous pourrez vous lancer dans vos compositions et trouver votre style. C’est comme cela que ça vient. Et n’ayez pas peur du résultat. Au départ, vous n’imaginez pas à quel point mes chansons étaient atroces ! », lance-t-il dans un dernier rire. Il est temps d’aller s’échauffer au micro, non ?

Texte : Aurélien Germain
Photo : Shutterstock.com

> American Tours Festival, du 13 au 15 juillet au Parc Expo. Avec Lenny Kravitz, Imelda May, Gord Bamford, Deep Purple…
> Tarifs : Pass 3 jours à 59 €. Pass 1 jour de 35 à 45 €. 

It It Anita: « J’espère qu’on aura l’occasion de tourner un peu plus en France. »

Ne leur demandez pas pourquoi ils s’appellent comme ça. Ils ont tout un tas d’histoires à raconter autour du nom du groupe. Surtout, ils veulent laisser planer le mystère. Leur single Another canceled mission est sorti au mois d’avril. L’album, lui, est prévu pour le mois d’août.

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Au départ, It it Anita ce sont deux membres, Damien et Mike. Comment on passe d’un duo à un groupe ? 

Damien. Au début, il n’y avait même pas de chant. On était parti sur quelque chose de plus instrumental genre post rock. On ne savait pas trop où on allait. Puis il fallait faire un concert. On avait des bribes de morceaux. On a répété à deux avec une section rythmique. C’est là que les morceaux ont commencé à prendre forme. Le bassiste et le batteur ont amené leurs influences math rock et rock. Au fur et à mesure, le groupe s’est construit avec des nouveaux membres. Tout comme là, depuis que Bryan [batterie] et Elliot [basse] sont dans le groupe, il y a un côté encore plus dur qu’avant. 

J’ai l’impression que vous ne tardez pas entre deux EP. C’est dû à quoi ? Il y a une sorte d’urgence comme dans vos morceaux ? 

Mike. On fonctionne souvent à l’instinct, en faisant sûrement des erreurs mais bon…

D. Et puis on était un peu visionnaire. On sentait, déjà à cette époque, que l’industrie changeait et qu’il fallait avoir une actualité un peu constante pour exister. Surtout quand on était personne comme nous. Quand on est un groupe qui n’a pas vraiment de visibilité sur les grands médias, il faut toujours balancer de nouvelles choses. On a eu cette discussion dès le départ. On s’est dit qu’il fallait faire des albums plus courts mais plus réguliers.

M. Et puis ça revient moins cher de faire un EP plutôt qu’un album où tu es pendant trois mois en studio.

Vous sortez un album en août, deux ans après la sortie de votre dernier EP. Vous vous êtes plus investis dedans ? 

D. C’est plus pour des raisons stratégiques. En réalité, il était prévu pour octobre dernier. On devait sortir le premier single en juin dernier pour annoncer l’album qui allait suivre en octobre. Finalement, on a trouvé un label, Vicious Circle. En discutant avec eux, on s’est rendu compte qu’on ne pouvait pas le sortir si vite. Ce ne sont que des questions de stratégie, mais l’album est prêt depuis janvier.

Vous avez créé votre label il y a un peu plus de deux ans. Pourtant, aujourd’hui, vous sortez votre album sur un autre label. Pourquoi ? 

D. Au départ, la volonté de notre label, c’était de sortir notre EP Recorded by John Agnello. On avait cherché des labels qui finalement étaient un peu intéressés, mais cela ne rentrait pas dans leur planning annuel. On a créé notre propre label, mais ça reste un petit label indépendant. Il a seulement deux ans. Forcément, il n’a pas la même force de frappe qu’un label qui existe depuis vingt ou trente ans. Le fait d’avoir eu cette chance de bosser avec eux, ça nous permet aussi d’être un peu plus ancrés en France. Le fait d’avoir un label français qui a cette aura et cette importance va nous permettre d’asseoir un peu plus le groupe en France.

M. Ce qui était dur, et ce qui l’est encore je crois, c’est qu’on fait un peu une musique de niche. On est dans un petit pays, une petite région donc ce n’est pas facile. Il n’y a pas beaucoup de lieux où jouer. C’est une grosse différence avec la France je crois. Ici, tu peux faire de la musique un peu plus particulière et plus pointue, mais avoir quand même des centaines de lieux où jouer. J’espère qu’on aura l’occasion de tourner un peu plus en France.

VSSVD: « Le rap est la descendance de la chanson française »

Leur groupe s’écrit VSSVD mais prononcez-le Assad, « le lion » en arabe. Qualités littéraires et influences jazzy font de ce quintet de hip-hop acoustique une pause poétique. Présent au festival Aucard de Tours, tmv est allé à leur rencontre.

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Écrire des textes en français était important pour vous ? 

Vincent. Je suis issu d’une famille de la chanson française. Mon père est chanteur depuis plus de cinquante ans. Mon grand frère a accompagné, pendant très longtemps, Loïc Lantoine qui a été une figure de proue de la scène française. J’ai été éduqué à coup de chanson française. Pour moi, le rap est la descendance de la chanson française. Avec Romain, le pianiste, on avait la volonté d’accompagner un rappeur sur des textes en français. Je connaissais Alex [Bash] depuis longtemps, je savais qu’il avait une grande culture hip-hop. On lui a proposé d’écrire des textes et on a découvert une petite pépite.

Tu as fait des études littéraires ? 

Bash. J’ai toujours aimé écrire. Quand j’étais plus jeune, j’avais mon petit blog de poèmes. Ma mère écoutait énormément de Brassens. Après, cette écriture est venue aussi parce que Vincent m’a poussé. Au début, je ne pensais pas pouvoir réellement le faire. Je ne pensais pas en avoir l’envie. Je ne pensais pas aimer ça. Petit à petit, je me suis aperçu que ça me faisait du bien, que ça m’amusait pas mal aussi et que j’étais bon à ça.

Tu parlais de Brassens, dans votre deuxième EP, Hypertendresse, il y a le morceau La complainte du pornographe. C’est un clin d’œil à la chanson Le pornographe de Brassens ? 

B. Tout à fait. Il y a pas mal de clins d’œil à des artistes de la chanson française dans mes textes.

V. D’ailleurs, il y a une punchline de Bash qui dit « Nous, c’est Brassens qu’on aime alors embrasse-les tous ». C’est une chanson de Brassens.  Sur votre EP, une chanson interpelle : Chatila. Elle fait référence au massacre de Chatila.

C’est un morceau très dur. Pourquoi écrire sur un tel sujet ? 

B. Le film Valse avec Bachir m’a pas mal retourné. C’est une situation qui est complexe, tendue, violente. Pourtant, il y a une beauté et une poésie qui se dégage de tout ça. Je trouvais le film poétique, esthétique. J’ai tiré cette poésie du film pour en faire un morceau. Ce qui est compliqué, c’est de rendre poétique l’horreur de la situation. Et puis, globalement, je suis assez fasciné par le Liban. Historiquement, c’est un pays qui a énormément mélangé les communautés. Pour moi, un des défis du XXIe siècle est de pouvoir vivre ensemble, entre communautés.

V. Après, musicalement, on ne veut pas se revendiquer comme un groupe engagé. Ce morceau raconte juste un drame.

Vous pourriez faire des morceaux politiques ? 

V. Entre nous, on discute beaucoup de politique, mais ça ne va pas être un des critères artistiques d’Assad. On ne s’interdit pas un jour de le faire, mais pour l’instant, ce n’est pas notre objectif. Il y en a qui le font très bien, il y en a qui le font très mal. Quand c’est mal fait, c’est souvent très maladroit. On n’a pas envie de prendre ce risque là.

B. À chaque fois, on essaie de raconter une nouvelle histoire. Si on a de la poésie à tirer de tout ça, on le fait. Mais on n’a pas réellement de démarche politique. On est plus poétique que politique.

Concrete Knives : « La musique est devenue notre métier »

Ce n’est pas la cheville fracturée de Nicolas Delahaye, guitariste et chanteur de Concrete Knives, au côté de Morgane Colas, qui a empêché le groupe de monter sur la scène d’Aucard. En 2018, ils reviennent avec Our Hearts et un style toujours reconnaissable. 

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Cinq ans séparent votre premier album du second, pourquoi tant de temps ? 

Nicolas Delahaye. On est très très lent en règle générale. Mais ce n’est pas un défaut en soi. On a la liberté de faire un peu ce qu’on veut sur nos disques. On jette énormément de choses.

Morgane Colas. On ne garde que le meilleur.

N. D. Les gens attendent des choses régulières. Les normes, c’est un album tous les deux ans. Et puis je pense qu’on en avait aussi plein le cul. On a tourné trois ans non-stop. C’était éreintant. 

Il vous fallait prendre du recul. Comment expliquez-vous votre ascension ?

N. D. Avant d’aller jouer aux Trans Musicales, on avait que des démos. Le concert a été super. D’un seul coup, la musique est devenue notre métier. Ça a fait boule de neige. Les gens ont commencé à parler de nous. De fil en aiguille, il y a eu de gros festivals en 2011. On est allé à Montréal et on a rencontré le label anglais. Ça s’est enchaîné tellement vite… On enregistrait, on tournait, on enregistrait, on tournait… Ça a été dur.

Vous n’avez jamais frôlé le burn-out ?

Concrete Knives : Oh si !

M. C. On est tous devenu un peu fou. 

N. D. Ça a laissé des séquelles. 

M. C. La vie de tournée est particulière. Tu n’es jamais chez toi, tu n’as plus trop de repères. A la fin, tu ne sais plus qui tu es. 

Une de vos musiques de votre premier EP a été utilisée dans une publicité. Vous avez fait des morceaux pour le film Les Profs 2. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

M. C. Quand on joue « Brand New Start » en concert, certains reconnaissent. Mais je crois que les gens qui écoutent notre musique sont issus d’une génération qui ne regarde pas beaucoup la télévision. Pour ce qui est de la bande originale du film Les Prof 2, c’était vraiment une expérience à part. Cela nous a permis, pendant ces cinq ans, de se retrouver autour d’un projet sans prise de tête.

N. D. A ce moment-là, on était au cœur de l’écriture et de la composition de l’album qui était très complexe.

M. C. Quand on te commande quelque chose, il y a moins d’enjeux personnels et artistiques. Et puis ça rapporte de l’argent. Cela nous permet d’être producteur de notre musique. L’argent qu’on a récupéré, on l’a gardé pour les projets du groupe. Quand tu es un groupe indépendant, financièrement, la vie de musicien est très difficile. Tu ne vas pas dire non à un contrat qui te permet de continuer de faire de la musique.

Vous avez une puissance musicale mais aussi vocale lorsque tout le groupe se met à chanter. C’est presque un hymne que vous proposez. 

N. D. Ce sont les chansons populaires qu’on reprend dans les stades de foot. Dans notre musique, il y a quelque chose de très direct et spontané. Très peu de mots très peu de choses. Et puis il y a notre énergie qui nous appartient. Les gens le ressentent.

Chanter en anglais s’est tout de suite imposé à vous ? 

N. D. Je ne dis pas que je sais bien écrire en anglais mais une chose est sûre, je ne sais pas écrire en français. Je peux t’écrire trois phrases avec des rimes, mais les mettre en musique, je n’y arriverai pas.

M. C. Je ne suis pas d’accord avec toi, on a fait des choses genre « Anorak »…(rires) Non mais franchement, je suis sure que tu es capable d’écrire en français.

N. D. Ça ne m’intéresse pas. Je pense aussi que c’est par pudeur. C’est facile de se déguiser derrière l’anglais. J’ai vécu à travers le poids du français qui était très important. Dans mon histoire, elle est très forte. Dans ma famille, on fait très peu de fautes d’orthographe. La langue est quelque chose de précieux. C’est une forme de distinction. C’est peut-être pour ça que je n’y touche pas. Peut-être par crainte. Quand on a commencé, on faisait partie de cet élan de groupes européens qui chantaient en anglais. Maintenant, les choses ont changé. Artistiquement, musicalement, les gens se replient sur leur culture. À l’époque c’était différent. Je n’ai pas envie d’être nostalgique ou quoi que ce soit mais on était fier d’être français, de chanter en anglais et de tourner à l’étranger.

Thé Vanille : « Ce n’est pas juste une aventure musicale »

Qu’on ne s’y trompe pas, écouter Thé Vanille à l’heure du tea time, c’est un coup à s’ébouillanter. Le groupe tourangeau propose une plongée dans un monde parallèle où folie et maîtrise musicale sont les reines du jeu.

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Vous n’avez pas vraiment l’air de carburer à la théine pour un groupe qui s’appelle Thé Vanille ?

Valentin. On boit que de l’eau, on est des gens assez sains. (rires)

Théo. Thé Vanille c’est un peu comme « Ceci n’est pas une pipe » de Magritte. Ou encore la pochette de l’album « Contra » du groupe Vampire Weekend où il y a la photo d’une jeune fille alors que le groupe est composé que de mecs. Avec Thé Vanille, il y avait aussi cette volonté. Cela renvoie à quelque chose de léger qui est loin de ce qu’on fait réellement.

Valentin. A côté de ce groupe, on avait des projets musicaux qui étaient doux et dark. Avec Thé Vanille, il y a l’idée du côté sucré. On avait envie de faire quelque chose de plus ensoleillé, plus enjoué, énergique. Et puis il y a nos histoires. Nos personnages se sont rencontrés au petit-déjeuner, dans un motel. Nous nous sommes tous retrouvés autour d’un thé vanille. C’est autour de ce thé qu’il y a eu la fondation du groupe. 

Tu parles d’histoire, de personnages, vous vous êtes construit une sorte d’imaginaire autour de Thé Vanille ? 

Nastasia. Une mythologie. Une mythologie qu’on continue à écrire. Ces histoires sont notre principale source d’imagination. On ne voulait pas juste proposer un groupe de musique lambda qui fait du pop rock. On voulait proposer une aventure que les gens pouvaient partager avec nous. 

T. Ce n’est pas juste une aventure musicale. On a d’autres médium. On a fait ça un peu à la manière de Gorillaz. C’est un peu notre carburant à nous cette mythologie. 

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Vous avez créé le groupe en 2016. Vous vous êtes rapidement fait remarquer. 

N. Ça fait deux ans que le groupe existe, mais en réalité, on fait tous parti du monde musical tourangeau depuis un moment. On a tous eu des projets annexes. On ne sort pas de nulle part. Ça nous a permis d’être localement rapidement identifiés par les professionnels. 

T. C’est aussi grâce à notre investissement. C’est la réunion de trois têtes pensantes, motivées à 100 % par le même objectif : développer un groupe de musique. Tout était dans nos têtes. On savait dans quel ordre faire les choses. Dès le début, on a beaucoup bossé. Le set s’est fait en 3 mois et directement après, on a commencé à faire des concerts. On se voyait quatre ou cinq jours dans la semaine pour répéter. 

Qu’est-ce qui fait que le public a tout de suite adhéré ?

V. L’objectif de ce projet était de faire du live et de le faire bien. Cet engouement est aussi dû au fait que sur scène, on donne tout. C’est aussi ça que les gens retiennent. Peut-être même plus qu’autre chose. Sur Internet, on a juste un petit EP et deux trois titres. Ce n’est pas comme si on avait sorti un énorme album qui avait fait un carton. Pour l’instant, les personnes qui viennent nous voir viennent voir des choses qu’ils ont vues sur scène.

Vous avez sorti votre EP Motel Vanilla en 2017. De nouveaux projets ? 

T. On a de nouvelles compos. On espère que quelque chose sortira en 2019, mais un de nos mots d’ordre est « pas de précipitation ». On a envie que ça dure. L’idée, c’est d’aller chercher un public, de le fidéliser et de faire durer l’histoire le temps qu’elle devra durer. 

Girls in Hawaii : « Nous avons une certaine forme de pudeur »

Après quinze ans d’existence et seulement quatre albums, le groupe belge Girls in Hawaii revient avec Nocturne. On les a rencontrés avant leur passage à Aucard.

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Votre premier album est clairement influencé par plusieurs groupes comme Radiohead ou les Pixies. C’était une manière de se rassurer ? 

Antoine Wielemans. Pas vraiment. Pour nous, c’était un hommage. On écrivait à deux. On avait des influences différentes. Alors ça donne une espèce de salade folle musicale. Sur les albums qui ont suivi, on a fait plus attention. On a développé quelque chose, un truc qui nous est propre.

D’un album à l’autre, on a l’impression de redécouvrir le groupe. Vous mettez du temps entre deux disques. C’est un temps qui vous est nécessaire pour vous réinventer ? 

A.W. Certains remarquent qu’ils sont différents, heureusement. D’autres disent que c’est toujours du Girls in Hawaii. On a toujours mis beaucoup de temps entre nos disques. Les albums représentent des périodes différentes de nos vies. Quand tu passes de 25 ans à 30 ans et de 30 ans à 35 ans, dans la vie, tu vis des choses différentes. Musicalement aussi. C’est aussi l’ambition de ne pas se répéter. Quand tu travailles pendant trois ans sur la réalisation d’un disque, que tu tournes pendant deux ans, tu es un peu gavé. Ce dont tu as le plus envie, c’est de faire quelque chose d’autre. Naturellement, tu essaies de te diriger vers quelque chose que tu n’as pas encore fait.

Avec cet album, on vous sent plus calmes, plus apaisés peut-être ? 

W.Le deuxième album a été compliqué à faire parce que le premier disque avait marché. Vouloir réitérer l’exploit met la pression. Il y a eu de grands moments de tension et de stress. Ces dernières années, on a simplement refusé que la musique puisse être un monde pénible. On avait vraiment souffert de la transformation du monde magique de la musique. Après le décès de Denis [NDLR: Denis Wielemans, batteur du groupe est décédé dans un accident de voiture en 2010], il y a eu une vraie fracture. Il a fallu opérer un vrai recommencement. Il faut se dire que ce n’est que de la musique. Il faut avant tout y trouver du plaisir. Tout le processus s’en ressent.

Dans vos textes, vous abordez rarement les choses de manière frontale. Je pense au morceau «  Blue shape » qui fait référence à Aylan, l’enfant retrouvé mort sur une plage turque. Après toutes ces années Girls in Hawaii reste encore pudique ?

A.W. C’est une caractéristique qui nous décrit bien. Nous avons une certaine forme de pudeur. Souvent, on essaie de planquer le sujet. On a toujours été plus basé sur l’aspect mélodique que sur l’aspect sens profond d’un texte. On ne ressent pas non plus une légitimité à parler de sujets complexes de manière très intelligente. Cela nous influence, ça fait partie du monde dans lequel on vit. On ne peut pas s’empêcher d’écrire là-dessus. Et en même temps, on n’a pas une grande vérité à donner aux gens. Notre façon de la traduire a été de créer un morceau qui va avoir une certaine force musicale, une certaine force dans l’émotion.

La musique vous anime, mais on a également le sentiment que l’art et le visuel ont une grande place dans votre musique. Que ce soit votre pochette de disque ou votre clip sur le morceau « Indifference »…

A.W. Pour nous, ce ne sont pas des sphères séparées. Dès le début, on travaillait avec un ami photographe. Il faisait en permanence partie du processus. Une pochette de disque vraiment très travaillée, ça donne envie aux gens de découvrir notre univers, de le comprendre. C’étaientt presque des œuvres en soi. Cela se prolongeait dans les clips, mais aussi dans les projections de film qu’on faisait pendant nos concerts. Tout était un peu mêlé. À un moment, on est un peu tombé dans les travers. Le visuel prenait trop de place. On se planquait derrière. Beaucoup de personnes nous disaient qu’ils voulaient davantage nous voir en train de jouer. À un moment, on a un peu plus assumé l’idée d’être un vrai groupe de musique.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=_Nngrup5jSc[/youtube]

Moaning: « Nous démarrons notre propre culte »

Avec ses influences post-punk, shoegaze et rock indé, le trio californien Moaning signe un premier album réussi. Tmv a pu les rencontrer hier soir, quelques heures avant leur passage sur la scène d’Aucard.

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Moaning a vu le jour il y a trois ans. Auparavant, vous jouiez dans différents groupes. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Sean Solomon. Avec Pascal, nous nous sommes rencontrés lorsque nous étions ados. Au lycée, nous avons commencé à jouer de la musique ensemble. 

Pascal Stevenson. Dans cette école, nous faisions probablement parti des quelques personnes hors cadre. Nous écoutions de la musique punk, de la musique indépendante. 

S.S. Andrew nous a rejoint plus tard. Nous l’avons croisé sur la scène indé de Los Angeles. Nous avions les mêmes centres d’intérêt, alors nous nous sommes très vite entendus.

Andrew Mackelvie. Je jouais de la batterie dans une église contemporaine.

S.S. L’église nous a réunis (rires) ! Façon de parler… Contrairement à nous, il a eu une éducation religieuse. Plus tu viens d’une famille chrétienne, religieuse, plus tu as envie de te rebeller contre ça. Maintenant nous démarrons notre propre culte. 

Vos paroles sont simples et efficaces. Cela peut parfois contraster avec ta voix un peu sombre. C’est un contraste sur lequel vous jouez ? Vous cherchez à le mettre en avant ? 

S.S. Personnellement, j’ai beaucoup été influencé par un groupe, Microphones, et j’aime les groupes lourds qui ont des paroles douces. C’est compliqué de définir la musique qu’on fait, mais clairement, on joue de ce contraste. 

Et pourquoi prendre Moaning (gémissement) comme nom de groupe ?

Moaning. Ce premier album, c’est surtout le lien entre le plaisir et la souffrance. Comment est-ce que les deux se mélangent ? Nous sommes issus d’une génération où beaucoup de familles ne fonctionnent pas. Des familles sont dissoutes. L’amour peut être mal interprété. Notre nom de scène est venu de l’ambiguïté du terme. Il y a une vraie dualité. On peut gémir de plaisir, mais aussi de souffrance.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=qdNWCgnqeMY[/youtube]


Vous avez fait la première partie du groupe METZ. Comment ça s’est passé ?

M. C’était super. Nous avons fait une tournée de cinq semaines : trois en Europe et deux aux États-Unis. Nous avions déjà fait une tournée avec eux auparavant. Lorsqu’on écoute leur musique, ils ont l’air effrayants, mais en réalité, ce sont de vrais papas. 

Votre premier album, vous l’avez signé dans l’ancien label de Nirvana. Ça ne vous met pas une certaine pression sur les épaules ?

S.S. D’une certaine manière, oui. Après, cela nous donne une certaine légitimité. Et puis cela nous pousse à travailler plus, à être plus sérieux. Nirvana était mon groupe préféré lorsque j’étais enfant. C’est même pour ça que je me suis mis à jouer de la guitare. Maintenant, je me sens épanoui (rires).

Et vos futurs projets ?

M. Nous sommes en train de travailler sur notre prochain album. Ce sera un nouveau concept, un nouveau message. Tout le monde doit se tenir prêt à affronter ça. Il faut que les gens envisagent de rejoindre notre nouveau « mouvement religieux » sur lequel nous donnerons des informations plus tard !

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Printemps de Bourges : ça va bouger !

Du 24 au 29 avril, le Printemps de Bourges fête sa nouvelle édition : entre grands noms et découvertes, mais aussi avec un retour en force de la région Centre sur les planches.

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De grands noms

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on l’attendait ce Printemps ! Pas la saison, non, non (nous ne ferons pas de commentaire sur la météo…), mais celui de Bourges, pour retrouver une fois de plus cette sensation de début de saison, de commencement de cette longue liste de festivals et de concerts qui va marquer l’été.
Et cette année, le Printemps de Bourges – PDB pour les intimes – a fait très fort. Toutes les sensations de l’année sont là, de Juliette Armanet aux déjantés de Shaka Ponk, en passant par Eddy de Pretto, Orelsan, Alice Merton, Lomepal ou Bigflo et Oli, mais aussi les jeunes pousses dont on va entendre parler dans les mois qui viennent comme Corinne, Therapy Taxi, L’Impératrice ou Hollydays, pour ne citer que ceux-là.

Des découvertes… et la région en force !

Il ne faut bien sûr pas oublier la marque de fabrique du Printemps de Bourges : les Inouïs, ex- « Découvertes », et leurs multiples ramifications : chanson, hip hop, électro et rock. On suivra notamment avec attention le retour de la Région Centre disparue des radars depuis quelques années avec les Orléanais d’Angle Mort & Clignotant (passés récemment au Temps Machine) et leur techno-trap délirante, mais surtout les Tourangeaux de Péroké. Loin de se répéter, Fred Guillon et Sylvain Rousselle mêlent avec un bonheur indicible les musique traditionnelles africaines entre Addis Abeda et Lagos, à une électro dansante et festive pour un résultat qui devrait enchanter le dance floor de la mythique salle du 22.

D’autres Tourangeaux ou néo Tourangeaux se glisseront dans le programme, (mais non officiel celui-ci), comme Carine Achard, les géniaux Sybernetyks, Jekyll Wood ou Bazar et Bemols.

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Hommage à Leonard Cohen

On retiendra aussi les belles surprises que nous réservent, comme chaque année, les programmateurs. Avec, notamment, une création autour de Léonard Cohen, orchestrée par le leader des cultissimes Nits, Henk Hofstede, accompagné par l’occasion de rien moins que Rover, Jeanne Added, Dom La Nena, Rosemarie de Moriarty et bien d’autres pour saluer ce grand musicien. Cette création, l’Avalanche Quartet, risque de faire grand bruit !

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Show gratuit

On notera aussi que cette année encore, sur la grande scène gratuite de la Place Séraucourt, il y aura du beau monde en concerts, comme Théo Lawrence, Kadebostany, Gaël Faure, Palatine, mais aussi trois belles propositions le dimanche 25 avril : Lady Einstein, Pti’Sam et Brimstone, le tout orchestré par l’antenne Centre du Printemps de Bourges.

Le jeune public chouchouté

On verra également et avec plaisir le retour en force des spectacles jeune public et le lancement de soirées folk dans un nouveau lieu du festival, l’Ecole du Cirque ainsi que de belles propositions de deux soirées autour du hip hop (Lomepal !) et du reggae (Soom T !) dans ce lieu étonnant qu’est la Halle au Blé.

En résumé ?

Le Printemps de Bourges, en fait, c’est de la musique à volonté, presque 24 h/24 durant 6 jours de folie ! Musique donc, mais aussi expositions, cinéma, conférences, fanfare dans les rues, podium à tous les coins de rues, concerts dans les bars, voire en appartement, dégustation de produits locaux … L’agenda risque d’exploser littéralement pour ces 42 ans du festival…

Hervé Bourit

> Renseignements, tarifs et programmation complète sur printemps-bourges. com

Quand l’Aubrière va à « Volo »…

Volo, groupe de chanson française qui écume les scènes depuis 2005, animait fin février, son quatrième stage d’écriture de chanson à l’Aubrière de Fondettes, dans le cadre du festival Mot d’hiver. Nous nous sommes glissés parmi les stagiaires et nous avons passé quatre jours avec eux.

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Fredo entre dans la petite remise encombrée qui sert de loge à la salle de l’Aubrière, dans le bourg de Fondettes. Il a le sourire rassurant et un petit regard pour chacun. À l’autre bout de la pièce, son frère Olivier met la main aux derniers préparatifs. « Bon, les amis, on a une grosse moitié de salle, ce soir. » Puis, faisant mine de tenir une guitare entre ses mains : « On a bien les textes, les accords et tout… Le plaisir, c’est le plus important et… Bravo à tous ! »

Des applaudissements fusent et les deux frères Volo prennent dans leurs bras, un par un, les seize participants à ce quatrième stage d’écriture organisé dans le cadre du festival Mots d’hiver. S’en suit une avalanche de câlins entre les stagiaires eux-mêmes. « Bon spectacle ! » « Elle est trop belle, ta chanson », « Fais comme si tu chantais pour un copain ». Il faut faire tomber la tension, tandis que dans la salle, remplie bien plus qu’à moitié en fait, le public prend place tranquillement.

Rien de ce qui sera chanté ce soir n’existait quatre jours plus tôt. Pas la moindre note, pas le premier couplet. Et les artistes du jour, pour la plupart, ne sont pas des professionnels. Tous se sont rencontrés, le mardi même, par un matin plus que frisquet dans la bibliothèque de l’Aubrière. Ils avaient posé des guitares partout, un ukulélé, un accordéon, un violon et même un cajon, drôle de caisse en bois qui imite le son de la batterie. PAUSE_VOLO05
Les frères Volo étaient arrivés tout emmitouflés, tout le monde avait pris un café puis s’était assis un peu au hasard autour d’une grande table en U. L’un après l’autre, ils avaient dit d’où ils venaient, les chansons qu’ils aimaient, comment ils avaient l’habitude d’écrire. Emmanuel avait dit qu’il n’arrivait jamais à finir une chanson, qu’il écrivait des bouts de textes, comme ça. Léo et Tom, les jumeaux du nord avaient expliqué qu’ils jouaient souvent ensemble, qu’ils avaient un petit répertoire déjà, mais qu’ils ne savaient pas trop.

POUVOIR DE LA CRÉATION

Laëtitia avait avoué dans un sourire qu’elle avait commencé la guitare deux mois plus tôt. Il y avait aussi Chloé, Aurore, Caroline, Sandy, David, Elsa, Sandrine, Noémie, Sophie, Aurélien, Audrey… Ils venaient de Tours, de Nantes, de Montpellier, de Clermont-Ferrand… Olivier avait expliqué les règles du jeu : « Souvent, on doit écrire pour quelqu’un d’autre et sur un thème précis. Nous avons donc choisi quatre thèmes : l’amour, le quotidien, le temps qui passe et la mort. Il y a aussi quatre tranches d’âge : 16-25 ans, 25-35 ans, 35-60 ans et 60 ans et plus. Enfin, vous écrirez soit pour un homme soit pour une femme. » Quelques minutes plus tard, chacun était reparti avec ses contraintes à la recherche d’une capricieuse inspiration, quelque part dans la bibliothèque, dans les salles de répétition ou dans la petite maison à l’autre bout de la cour.

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Sophie, l’instit’ chantante avait déplié son petit cahier rouge. Elle s’était mise à griffonner en silence, prenant bien soin à ce que personne ne la remarque. Chloé s’était isolée dans la salle du haut, avec sa guitare, son ukulélé et son enregistreur numérique, Sandrine et Sandy avait chaussé leur casque. Caroline avait séché et avait cru ne pas y arriver. Et le miracle avait eu lieu. Quelques heures plus tard, Fredo dans son petit bureau d’où montait par intermittence les accords, peutêtre, du prochain album des Volo et Olivier dans la bibliothèque avaient reçu les premiers débuts, les premières bribes. Ils avaient écouté, ils avaient souri, ils avaient conseillé. Et, le jeudi matin, après plusieurs rendez-vous manqués (pas tout à fait prêts…), tout le monde avait écouté les chansons des autres, autour de la grande table en U.

Et tout le monde avait pris une sacrée claque. On se connaissait mieux déjà, pour avoir partagé des repas, des bouts de moments, des fous rires ou des couplets de Barbara, mais il restait l’intime de la création à découvrir.

CHANSON ET ÉMOTION

Chloé avait fait couler sur les joues de David de belles larmes rondes, Sophie avait ému Sandy et toute la tablée avec son hommage au fils qui n’était jamais venu. Léo l’avait fait rire avec sa visite à l’agence locale des pompes funèbres. Emmanuel avait réussi à finir sa chanson, pour une fois. Et quelle chanson… Tom avait le début d’un morceau. c’était bancal et pas fini, mais Olivier y croyait dur., Puis, au cours de la journée, on avait tout mélangé. Audrey était venue faire les choeurs chez Aurore. Caroline avait posé un violon sur la chanson de Sophie et finalement, non. Elsa avait laissé sa guitare à David et Léo était venu poser trois notes de glockenspiel dessus. Puis, on s’était retrouvés le vendredi midi. Il n’y avait plus de bribes alors. Il y avait des chansons. On leur avait donné des titres, on avait encore gommé quelques petites choses. « Je vais vous embêter un peu avec les textes », avait prévenu Fredo d’emblée.

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Ensuite, tout était allé très vite. La salle de l’Aubrière, où chacun savait qu’il avait un rendez-vous à honorer était devenue le centre du monde. Les techniciens étaient venus : son au top, lumière impec, des conditions de pros. Olivier avait tout bordé. « Tu joues assis ? Debout ? Le pupitre, tu le veux où ? Combien de micros pour les chœurs, sur ton morceau ? »
Ils avaient mis de la fumée sur la scène, tout le monde avait chanté sa chanson, dans les conditions du spectacle. Et puis, on s’était retrouvé là. À se faire des câlins dans la loge, faisant mine de ne pas entendre le murmure du public. « C’est Caro et Sophie qui attaquent », dit Fredo.

Et le noir se fait et le spectacle commence. Une des seules pros de la bande, Caro scotche les spectateurs avec sa jolie morte qui reproche à son compagnon d’avoir bâclé le décor de son enterrement. Des rires, des frissons. Les titres et les applaudissements chaleureux s’enchaînent. À la fin arrive Tom accompagné à la guitare par son frère Léo. Il avait raison d’y croire, à sa chanson en chantier, Olivier. « Youpi, Youpi, j’suis sans abris. Year, year, c’est cool d’être à la rue ! », il swingue l’ironie des temps dans une chorégraphie improbable. Il vit sa chanson. Il emporte tout. Et tout le monde revient saluer. Rideau sur les mots d’hiver. Jusqu’à l’année prochaine, sa nouvelle brassée de stagiaires et son lot de petites perles chantées.

Chroniques culture #53

Amoureux de metal de tout poil, unissez-vous : les Tourangeaux de Beyond the Styx sortent leur album qui va détruire quelques cervicales. Retrouvez aussi nos chroniques du DVD de Logan Lucky, de la BD, mais aussi une formation musicale prometteuse avec ShÄElin.

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LOGAN LUCKY
Ocean’s Eleven à la sauce redneck… C’est un peu ça, Logan Lucky. La dernière offrande de Soderbergh posait sa caméra dans l’Amérique profonde et mélangeait film de casse et comédie noire. Un braquage commis par deux frérots pas malins et à qui la vie n’a pas fait de cadeau ? L’influence des frères Coen est prégnante. Il y a du burlesque, du réalisme, du cartoonesque dans Logan Lucky. Et Soderbergh balance des pépites côté distribution : duo efficace Channing Tatum / Adam Driver, un Daniel Craig à contre-emploi et une Riley Keough solaire. Tout y est pour embarquer dans une aventure un poil foldingue mais singulière. Sa sortie Blu-ray permettra aux curieux de se délecter d’entretiens avec le casting et le réalisateur, mais aussi de scènes coupées.
A.G.

LE CD
BEYOND THE STYX – STIIGMA PAUSE_ECRANS_CD
– « Mamaaan ? Je peux aller au concert de Beyond the styx, le 23 février au Temps Machine ?
– Je ne sais pas, Jean-Eudes. Tu sais, la musique violente, tout ça… C’est dangereux.
– Allez, steuplaît. C’est leur release-party. Ils sortent leur nouvel album, Stiigma. Ça tabasse !
– Dis-donc, Jean-Eudes, ton langage ! Allez, j’accepte… Mais à une condition : n’oublie pas ton protège-dents. »
Et c’est ainsi que Jean-Eudes découvrit Stiigma, dernière offrande des Tourangeaux de Beyond the styx (BTSYX), perdant alors sa mâchoire avec cet uppercut. Car Stiigma est définitivement un album coup-de-poing. Ici, zéro temps mort. Le hardcore de BTSYX est brutal. Il frappe. Agressivité et puissance sont les maîtres-mots. Doté de riffs pachydermiques à la précision chirurgicale, BTSYX ne s’interdit pourtant pas quelques envolées mélodiques ou des incartades thrash metal (la cavalcade de « Danse Macabre »). Stiigma est impressionnant de maîtrise et se voit capable de rivaliser avec les grands noms du hardcore (merci d’ailleurs au mur du son concocté par David Potvin). Ajoutez à ça un artwork somptueux signé Ammo et vous obtenez un disque à ranger dans sa discographie, rubrique metal-qui-déchausse-les- dents-de-Jean-Eudes.
A.G.
> Sortie de l’album le 23 février chez Klonosphere.
> Concert Beyond the Styx + Holding Sand le 23 février au Temps Machine.

LE CHIFFRE
300
En millions de dollars, le contrat qu’a signé Netflix pour s’offrir les services de Ryan Murphy, le créateur de Nip/Tuck et American Horror Story.

PAUSE_ECRANS_BDLES BDs
PSYCHÉ !?
Si on a salué le retour du psychédélisme en musique ces dernières années, il semblerait que la BD s’y soit mise également. Témoin, ce magnifique Essence (éditions Futuropolis) signé Benjamin Flao au dessin et Fred Bernard au scénario, qui nous emmène au volant d’une Ford Mustang dans un voyage onirique et mystérieux. Soulignée par des couleurs complètement démentes, cette quête improbable et très poétique est un petit chef d’oeuvre de récit que l’on verrait bien adapté par Terry Gillian.
Moins fou mais plus sensuel, The Dream (éditions Dupuis) lorgne lui sur un monde de fantasmes, le récit se passant dans les bas fonds des cabarets de Broadway. Dans un récit choc de Jean Dufaux, doté d’un côté noir, où érotisme et recherche de célébrité s’entremêlent, les images de Guillem March, dessinateur surdoué, sont à couper le souffle. Véritable révélation avec sa reprise de Cat Woman, il donne là libre court à un dessin totalement fou, sulfureux et démentiel qui vous happe dès les premières cases pour ne plus vous lâcher. Psyché on vous disait !
Hervé Bourit

LA DÉCOUVERTE MUSICALE
SHÄELIN  PAUSE_ECRANS_ZIK
Leur premier (et excellent) single Miracles faisait déjà preuve d’une maturité surprenante. Avec leur deuxième, Power of love, les ShÄElin font couple double et montrent de nouveau leur savoir en la matière. C’est-à-dire en proposant un mélange hybride entre neo-soul, RnB, le tout saupoudré de touches gospel et hip-hop. Ce « crew » tourangeau centralise donc ses influences pour accoucher d’une musique pleine d’énergie, où les voix de velours se mêlent aux rythmiques sensuelles et chaleureuses, voire mystiques. Leur premier EP The Anja est en préparation. Autant dire qu’on a hâte d’écouter le résultat : ShÄElin est une formation bien prometteuse.
A.G.
>facebook.com/shaelincrew

TOP 4 : Phoenix

Le groupe français Phoenix vient tout juste de sortir son nouvel album Ti amo. L’occasion de retracer leur carrière en quatre dates.

1991

Thomas Mars, Deck d’Arcy et Christian Mazzalai jouaient de la musique ensemble au lycée, à Versailles. Le frère de Christian abandonne son groupe Darlin’ (créateurs de Daft Punk) pour les rejoindre en 1995.
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2000

Phoenix lance leur premier album United, rock, électro et funk. Leurs titres sont diffusés en Europe jusqu’aux États-Unis. If I ever feel better rencontre un franc succès et les place sur le devant de la scène.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=jJp3kVelU3c[/youtube]

2009

Trois albums plus tard, Phoenix sort Wolfgang Amadeus Phoenix. Le groupe fait le tour des plateaux de télévision internationaux et devient le premier groupe à se produire au Madison Square Garden.

2017

Après la sortie de l’album Brankrupt !, aux sonorités asiatiques, le groupe s’est tourné vers l’Italie avec Ti amo, dont les deux frères sont originaires. Une tournée internationale est en cours !
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Ink : le rock « encré » dans la peau

Vainqueur du tremplin musical pour le festival Imag’In, le groupe tourangeau Ink va faire du bruit ! Rencontre avec des musiciens dont on risque d’entendre parler cette année.

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Ils ont fait l’effet d’une bombe lors du tremplin Imag’In. Un concert tonitruant aux 3 Orfèvres. Une montée en puissance avant l’explosion musicale. Doc Pilot, chroniqueur et figure de la culture tourangelle, l’a dit lui-même : « Je ne sais pas s’ils ont gagné le tremplin ; je m’en fous. Mais je sais que dans l’année à venir, il faudra compter avec Ink ».

Le tremplin, en effet, ils l’ont gagné. Et oui, Ink va faire parler de lui. Parce que sa musique est riche, complexe mais accrocheuse. Parce que leur section rythmique est béton. Surtout, ces jeunes Tourangeaux (entre 21 et 26 ans !) sont humbles et exigeants avec eux-mêmes. « Bien sûr qu’on aimerait passer professionnels. Mais il faut beaucoup travailler pour y arriver. Il y a des centaines de groupes à Tours, c’est dur de percer », indique Arthur, l’un des deux guitaristes avec Léo.

À la basse, Edwige, en tandem de luxe avec le batteur Jonas, et enfin Luc derrière le micro. Tous ont déjà joué dans d’autres formations et se sont rencontrés à l’école Jazz à Tours. « Léo cherchait des musiciens pour un projet hip-hop/rock. On a commencé à jouer ensemble fin 2015. On venait tous d’horizons différents et c’est naturellement que la musique de Ink est née. Au final, il n’y avait pas de rap ! »
Quand on demande, justement, de définir leur style, la réponse fuse dans un rire : « Wow, c’est dur ça ! » Lors de leur concert aux 3 O’, le set avait débuté comme du pop rock gentil et mélodique, à la Red Hot Chili Peppers, avant de finir, lors du dernier morceau, dans un déluge de rythmes énervés et bondissants façon Rage Against the Machine. « On s’inscrit clairement dans les années 90 avec cette notion du riff. C’est un mélange de tout ce qu’on écoute », explique Luc. Pour Edwige, « en fait, on ne fait pas du “ rock rock ”, mais de la musique dérangée ».

Dérangée, mais pas dérangeante. « On joue avec la manière dont le public réagit, avec son confort. Il faut le bousculer sans le perdre », traduit Luc. Le groupe a même pensé à enrober sa musique d’un concept. Les paroles des chansons sont les extraits « du journal intime d’un serialkiller », décrypte le chanteur. D’où ces concerts en crescendo. « La musique doit retranscrire les émotions. On ne se contente pas d’enchaîner simplement les morceaux », précisent Jonas et Edwige.

Un concept cohérent qu’ils veulent peaufiner. L’idée est « de faire plus qu’un concert. On aimerait réaliser des transitions entre les morceaux, avec des flash-infos de journalistes qui permettraient de mieux comprendre l’histoire. » Ink veut aussi « tourner le plus possible », sourit Léo. Manger de la scène, cracher les décibels. « L’idéal serait de sortir notre CD pour 2018. Quitte à être patients… », ajoute Jonas. Bref, pas de EP avant un vrai album. Histoire d’être fin prêts le jour J. Et, en attendant, travailler encore et encore.

À NOTER

> En concert le 7 mai, au café comptoir Colette’s, 57 quai Paul-Bert, à Tours.

> A retrouver sur facebook.com/inkmusicband

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=vTxzTN66DAI[/youtube]

Culture, tendances & web #32

Combien gagne Céline Dion pour un concert à Vegas ? Que vaut le DVD de Green Room ? Et le roman graphique qui se la joue Abba ? Toutes les réponses sont ici.

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GREEN ROOM
Un groupe de punk, une tournée désastreuse, un dernier concert au fin fond d’un rade pourri squatté par des néo-nazis. Le pitch de Green Room est dévastateur. Encensé par la critique lors de sa sortie (plutôt confidentielle), le film de Jérémy Saulnier s’offre une seconde vie avec cette édition DVD. Huis-clos cruel et anxiogène au possible, Green Room est une petite bombe qui joue la carte du suspense à fond, mâtiné de quelques touches gores pour appuyer le propos. C’est sale et visqueux. Et dire que la sortie DVD propose le « director’s cut » non censuré… Outch !
A.G.

MUSIQUE & ART
PINK FLOYD, EXPO GÉANTE
L’an prochain, c’est au Victoria and Albert Museum de Londres qu’il faudra être. Une exposition gigantesque sur Pink Floyd sera présentée. Le groupe mythique la décrit comme « un voyage en immersion, multisensoriel et théâtral à travers le monde extraordinaire de Pink Floyd ». Cette rétrospective, nourrie de plus de 350 objets et d’un show laser, se tiendra du 13 mai au 1er octobre 2017.
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LA BD PAUSe_ECRANS_BD
ABBA CHERCHE FRIDA
Bourré de référence au mythique groupe ABBA, ce roman graphique au ton sobre et aux couleurs acidulées est l’oeuvre de Maarten Vande Wiele. Au travers la vie d’une jeune chanteuse qui a intégré un groupe de reprises d’ABBA, c’est à un parcours intime et à une réflexion toute en douceur, que nous invite cet illustrateur très doué, conteur redoutable. On s’attache vite au personnage, à ses amours, son quotidien, aux réflexions sur la vie et sur la notion de succès. Ces 182 pages se lisent d’un trait ! Et ce pop book, incontournable, ne cesse de jouer en nous une petite musique qui fait tilt à chaque instant.
Hervé Bourit

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CAVALE – CAVALE (EP)
« Gangsta grunge » Cette étiquette, le groupe Cavale l’affiche et la revendique fièrement. Tout au long de cet EP éponyme, la fusion se fait ressentir : le phrasé rap s’équilibre avec une basse vrombissante, une guitare orientée rock, le tout saupoudré d’une batterie à la frappe sèche. L’intérêt de Cavale est qu’il sait se montrer aussi bien mélancolique (« Détaché ») que, parfois, plus incisif et énervé (« L’Addition », sans conteste le meilleur titre de l’album). La guitare aurait peut-être mérité un poil plus d’ampleur dans le mix, mais on retient de Cavale une découverte qui devrait aussi faire son effet sur les planches.
A.G.
> En écoute sur cavaleband.bandcamp.com ou facebook.com/cavalemusicband

SÉRIE TV
STRANGER THINGS DE RETOUR
Succès monstre oblige, il fallait bien que Netflix commande une deuxième saison de la série Stranger Things. Celle-ci comptera neuf épisodes (contre huit cette année) et se situerait durant l’automne 1984. Rendez-vous est déjà fixé à l’été 2017 pour sa diffusion.

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Top 4 : pas touche au micro !

AC/DC jouera à Marseille ce 13 mai. Problème : son chanteur culte a été remplacé – au grand dam des fans – par celui des Guns’n’Roses. Retour sur 4 groupes rock qui ont changé de leader pour le meilleur ou pour le pire.

PINK FLOYD

En 68, Syd Barrett carbure au LSD, en oublie les concerts et devient une loque. Les Pink Floyd décident de le virer pour le remplacer par un certain David Gilmour, en 69. En 73, le Dark Side of the moon se vendra à… 50 millions d’exemplaires. Plutôt un bon choix, non ?

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IRON MAIDEN

En 81, Paul di’Anno est viré, car trop drogué. Il est remplacé par Bruce Dickinson (= succès) qui quittera le groupe en 93. Blaze Bayley le suit (= cata). Donc Bruce reviendra 6 ans après (= re-succès). A ce jour, Maiden a vendu 100 millions d’albums. CQFD.

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BLACK SABBATH

Pendant 10 ans de concerts, le  chanteur culte et complètement zinzin Ozzy Osbourne avale les kilomètres. Et les drogues. Trop camé (encore ?!), le Madman doit quitter Black Sab’ en 79. Dio le remplace, renouant avec le succès. Ozzy reviendra finalement. C’est qui l’patron ?

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QUEEN

Lors du décès de Freddie Mercury en 1991, à l’âge de 45 ans, c’est un des plus grands groupes du monde qui meurt. Les différents projets estampillés « Queen + » s’enchaînent tristement. En 2012, Queen prend Adam Lambert au micro. Mais nous, on pleure encore.

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Tobassi, vent de fraicheur musicale à Tours

#EPJTMV À Tours, le Jazz a bonne presse grâce au groupe Tobassi. Cinq passionnés de musique – 19 à 45 ans – nous font découvrir, grâce à leur premier album, un ensemble de morceaux aux différentes influences. On aime et on vous en parle.

Bonne ambiance et passion pour la musique régne au sein de Tobassi. Photo : Simon Soubieux
Bonne ambiance et passion pour la musique régne au sein de Tobassi. Photo : Simon Soubieux

Pierre, Jean-Marc, Yohan, William et Giovanni forment un jeune groupe de musique tourangeau : Tobassi. Depuis sa naissance en 2013, l’effectif a un peu tourné mais l’esprit est toujours là : vivre leur musique, l’aimer et la partager. Cet été, ils ont eu l’occasion de se faire inviter par le festival Terres du son en juin, et jouer devant des centaines de personnes. Yohan, le batteur, en garde un bon souvenir même s’il l’admet : « En notoriété, on n’a pas gagné tant que ça. En tout cas, Tobassi est connu à Tours. »

En galère de dates

De Michael Brecker aux Pink Floyd en passant par John Coltrane, ils ont tous des goûts musicaux différents mais se retrouvent sur un style en particulier : la fusion. En clair, ils pratiquent le Jazz et la Soul. En mai dernier, les cinq lurons ont sorti leur premier album « Tobassi ». A la clé, onze pistes. A l’intérieur, jazz, soul, rap et même slam.

Et si la musique est leur passion, leur démarche est aussi philanthrope : même si la technique musicale compte beaucoup, rien n’est plus important que l’harmonie du groupe. Une seule fois, ils ont dû évincer un de leurs camarades en raison d’une implication jugée trop faible.

Un projet qui a bien évolué la saison passée au vu du nombre de concerts qu’ils ont donné. « Ils nous arrivaient d’avoir un voire deux concerts par mois », assure Pierre. Cette année est marquée par la galère en ce qui concerne l’obtention de dates de tournée : le groupe a dû se reconstruire après le départ d’un de leurs musiciens. Cette galère pourrait en partie s’expliquer par le manque de communication du groupe sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, même un abonné peut avoir du mal à suivre leur actualité. « C’est vrai qu’il faudrait qu’on s’améliore sur notre communication. Malheureusement on n’a pas d’actualité toutes les semaines », regrette Giovanni. Leur activité hebdomadaire se résume aux répétitions. Tous les samedis matin, ils se réunissent pendant trois heures (10 h-13 h) et travaillent leurs morceaux. En attendant leur prochain album.

Florian Gautier

Festival metal MFest : à poil les clichés !

Tmv adore les métalleux et le metal… Mais on a joué les gros lourds en posant plein de questions hyper cliché à Quentin Rusterholtz, chargé de prod’ du festival MFest. Flûte, il est resté zen, on n’a même pas réussi à le faire craquer…

L'an dernier, au MFest (Photo RMS Event)
L’an dernier, au MFest (Photo RMS Event)

Aïe, les méchants sataniques envahissent de nouveau Rouziers. Les habitants doivent en avoir marre, non ?
Tous les gens qu’on a rencontrés sont ravis, ouverts d’esprit, curieux et gentils. On fait notre truc sans déranger personne. Comme une grande messe noire secrète (rires). La communauté de communes n’a eu aucun a priori non plus, et on a le soutien de la Fraca-ma. Ils nous ont dit qu’on faisait de la culture et qui plus est, à la campagne.

Avec un public dangereux comme ça, il doit y en avoir des problèmes…
Le seul problème qu’on a eu en 5 ans, c’est quelqu’un qui s’est mis dans le fossé, alors qu’il roulait au pas sur le parking ! Le public métalleux est hyper bien élevé…

Pittbulls in the nursery, Anaal Nathrakh, Verbal Razors…
Quels sont les plus poètes de l’affiche ? (Rires) Anaal Nathrakh, car ils s’inspirent de l’écrivain Lovecraft et parlent de la société. Hatesphere, c’est davantage une ode à la bière ! Sinon, Orphaned Land (groupe israélien qui milite pour la paix israélo-palestinienne et a été nominé pour le Prix Nobel de la paix, NDLR).

Autant de bière pour un festival… Vous êtes alcooliques ou dépressifs ?
La bière est la réponse à tout : tu loupes un exam’, tu en bois une ; tu le réussis, tu en bois une. Non, franchement, on n’écoule pas tant de fûts que ça au MFest. On ne croirait pas, hein ? Le metal, c’est que du bruit ? La musique, ce n’est que du bruit. Le metal n’est pas une musicalité très accessible. Il faut aimer l’énergie, la violence. Un non-métalleux aura du mal. Cela requiert de l’attention. C’est un bruit scientifique.

De toute façon, au Mfest, il n’y a que des mecs bande de machos !
Il y a autant de filles que de mecs ! Il n’y a que dans le metal que les nanas vont clasher les garçons dans la fosse. Elles assument à fond leur look. C’est macho en apparence, mais personne n’embête les filles. Et puis, les métalleux sont des lovers ! Ce sont de vrais canards en couple.

Il y aura un « marché » au Mfest. Bah alors, on est fans de shopping ?
Carrément ! Le metal vit beaucoup grâce aux produits dérivés. Il y a des collectionneurs, des fashionistas ! On a beau avoir 50 tee-shirts noirs de groupe… on continue d’en acheter !

Non, désolé, cette année, Kendji Girac n'est pas à l'affiche...
Non, désolé, cette année, Kendji Girac n’est pas à l’affiche…

>>EN BREF

C’EST QUAND ?
La 5e édition du Mfest se tiendra les 4 et 5 septembre, à l’Espace culturel des 4 Vents, à Rouziers- de-Touraine.
Vendredi, ouverture des portes à 17 h, et le samedi, à 13 h 30. Tarifs : pass 2 jours 35 € (préventes) ou 40 € (sur place). Sinon, 25 € la journée (préventes) ou 28-30 € sur place. Le parking et le camping sont gratuits.
> Plus d’infos sur festival-mfest.com ou encore mieux, sur l’événement sur Facebook (HOP, on clique ICI !)


CÔTÉ AFFICHE

Quatorze formations, qu’elles soient internationales, hexagonales ou locales. De quoi se nettoyer les oreilles, avec : Fleshgod Apocalypse, Orphaned Land, Melechesh, Hatesphere, Pittbulls in the nursery, Adrana, AO, Anaal Nathrakh, Pleasure to kill ou encore nos chouchous tourangeaux de Verbal Razors. Sans compter les fous furieux de Crisix (oui, oui, ça va remuer du popotin), ainsi que Nesseria, Bestial Soul et Belphegor.

Perso, à tmv, avec plus de 200 concerts metal à notre actif, on peut déjà vous assurer que ça va être un sacré bazar avec Anaal Nathrakh, valeur sûre sur scène, qui se la joue en mode bulldozer (personne ne sera épargné). Ainsi qu’un petit coup de cœur à Melechesh, au black metal oriental difficile à appréhender, mais ultra-technique et carrément jubilatoire. Sans oublier les Verbal Razors : cet été, celles et ceux qui étaient dans la fosse à Aucard ont pu en ressortir avec quelques kilos en moins (et légèrement en sueur… léger…).

DES EXPOSANTS
Cette année, le Mfest market s’installera sur 200 m2. Bref, le rêve pour s’habiller, mais aussi pour acheter des disques et se renseigner sur des assos… Seront notamment présents Dolorem Records, Crève clothing, ou encore Sea Shepherd Tours (l’ONG maritime vouée à la protection des espèces marines) ou encore l’excellent (sans exagérer !) artiste The Stains of Liith. C’est d’ailleurs lui qui a réalisé l’artwork de l’affiche du MFest. Son travail est hallucinant et vous pouvez en avoir un aperçu juste ici.

1 000

Le nombre de spectateurs qui se sont déplacés, l’an dernier, sur deux jours, au Mfest. « L’ambiance était top et les groupes adorables », rappelle Quentin Rusterholtz, chargé de prod’ du festival.

>> ALLER PLUS LOIN.
Histoire d’illustrer tout ça en musique, voilà quelques clips des groupes qui passeront au MFest.
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=gkSOpmchJiM[/youtube]

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=uq8zQIP5sxY[/youtube]

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=2JNI0vd0tz8[/youtube]

J’ai testé le mandarin

Tester une nouvelle langue, quand on ne connaît ni l’alphabet, ni la langue, c’est comme se mettre à poil devant des inconnus. Il faut mettre la honte de côté et se lancer.

mandarin

Je suis venue, j’ai vu et… je n’ai pas vaincu. J’ai essayé d’apprendre le mandarin, à l’institut Confucius de La Rochelle. J’ai entendu une langue subtile mais je n’ai pas réussi à la parler. N’allez pas croire que mon anglais ressemblant à « du chinois », je partais avantagée. C’est tout le contraire ! Et question intonation, le mandarin se trouve à des années lumière des imitations grossières de Michel Leeb. Si j’avais su… j’aurais sûrement été moins excitée au moment de m’embarquer dans cette aventure. Pour moi, pardon pour la référence, c’était mon « Rendez-vous en terre inconnue ». Sauf que, heureusement, j’étais seule. Sans micro, sans caméras, ni présentateur pour recueillir mon désarroi. Me voici donc un mercredi soir en route pour la Flash (Faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines). Je pousse la porte de la salle de l’institut Confucius, aux Minimes. Les élèves sont là. Ils sont moins d’une dizaine. Le cours a déjà commencé et me voilà déjà remarquée. Je m’installe. On me parle ? J’écarquille les yeux. Un élève chuchote : « On vous a souhaité la bienvenue.» – Moi : « Ah ! D’accord. Merci ». On me file un bouquin pour suivre le cours. Je l’ouvre et tadaaam ! Les mots sont écrits en mandarin et traduits en… ANGLAIS, mon chinois à moi. L’élève à ma gauche, me demande : « C’est votre première fois ? » – Moi : « Euh, oui ». L’élève ajoute en rigolant : « Bah, bon courage ! »
Ma prof d’un jour s’appelle Yang Xi. Aujourd’hui, la leçon porte sur le voyage. Je comprends ça grâce aux dessins de la page du livre. On fait comme on peut. Premier défi : comprendre ce qui se passe autour de moi. La prof interroge les élèves. Je réprime difficilement mon envie de rire quand j’entends les premiers mots. Je ne capte rien hormis les prénoms à la fin des phrases. Les élèves répondent. Ils se renvoient les questions-réponses et moi, je suis les échanges de part et d’autre comme une spectatrice suivant du regard la balle d’un match de tennis ! Étrange sensation. Je suis là mais perdue, larguée et encore ce sont des euphémismes. Venue pour apprendre une langue orientale, me voilà totalement à l’ouest ! Seule dans ma galère, je suis épatée par mes camarades de jeu. Ils sont en 3e année d’apprentissage. On ne joue pas dans la même catégorie. Pourquoi sont-ils là ? Liliane évoque des raisons familiales : « Mon fils est marié à une Chinoise, elle ne parle pas français. Je veux pouvoir communiquer avec elle ». Marie-Jo est « allée en Chine et a désormais envie d’apprendre la langue ». Le cours s’achève sur une lecture générale. C’est le moment le plus drôle. La prof lit et nous répétons les mots écrits en phonétique. Je peux enfin me lâcher. Les élèves se marrent et moi aussi. Fin du cours. Bref, j’ai testé un cours de mandarin. Mais pour moi, c’est resté du chinois.

Holding Sand : fais péter les watts !

Un nouvel album en béton armé et de la motivation à revendre. Rencontre avec les musiciens d’Holding Sand.

Holding Sand
Holding Sand.

Ce soir-là, il vente et on gèle. Un temps à ne pas mettre un metalleux dehors. Plutôt à le coincer dans un pub, comme au Mc Cool’s, place Plum’. Trois des cinq membres d’Holding Sand sont là. Enfer et damnation : il n’y en a qu’un qui boit une bière. Le reste tourne au café. On commence à parler electro swing et bal musette, comme ça. Bon, ok, ça commence pas très rock’n’roll. Pas grave, leur musique s’en charge très bien toute seule.

Car Holding Sand, c’est un mélange de rock et de metal. Du « post-hardcore », pour les pointilleux qui ont le doigt branché dans l’ampli. « C’est hybride. Entre mélodique et bourrin. Ça gueule, mais ça chante aussi. Il y a de grosses guitares et du violoncelle ! », décrit Clément, le chanteur. Oui, vous avez bien lu. Sur leur dernier (et excellent) album, A Life Worth Memoirs, le groupe tourangeau s’est acoquiné avec les locales, et toutes douces, Boys in lilies. Un détail, mais cela résume parfaitement Holding Sand : taper là où on ne s’y attend pas. Idem quand on leur parle de la place de leur bassiste Coralie. « Boh, on ne fait même pas la différence. On ne la met pas en avant, juste parce que c’est une fille. Elle peut peut-être souffrir d’un milieu un peu macho, mais c’est une dure. Elle est même plus masculine que nous ! (rires) »

Créé en 2007, le groupe a bourlingué. Enregistrant trois Eps, un album et écumant les scènes. « En 2010, on a tourné comme des malades », sourit Franck, le guitariste. Ils s’enquillent les premières parties de Mass Hysteria, Aqme et même Fishbone ! Les Tourangeaux entrent, en juillet 2014, en studio avec Francis Caste, à Paris. Un producteur célèbre qui transforme les albums en mur du son, façon parpaing dans les dents. « On a enregistré ce deuxième album en 14 jours non-stop. Bon, on a dû faire du couch-surfing chez des inconnus, car on n’avait plus un rond… », rigole Clément.
Leur album, pro jusqu’au bout des cordes, devrait désormais faire des ravages sur les planches. Mais c’est un milieu difficile. « Le souci, ce n’est pas que les programmateurs de la région n’aiment pas le metal. C’est qu’ils n’écoutent même pas. Notre but est de jouer un peu partout. On refuse rarement les dates ! »

Aurélien Germain

LE GROUPE
Holding Sand se compose de Franck Grison et Cyril Faichaud (guitares), Clément Horvath (chant), Coralie Fumard (basse) et Quentin Dabouis (batterie). Ils joueront aussi à La Belle Rouge, le 24 avril, avec Klone et Beyond the styx. Ainsi qu’à Paris, le 5 mai, au Buzz.
>> facebook.com/holdingsand

SI VOUS ÉTIEZ…
On a joué au questionnaire de Proust avec Holding Sand. Peutêtre qu’on n’aurait pas dû.
Un plat > « Du Mc Do ! C’est lourd, gras, mais plein de saveurs (rires). Et aussi parce qu’on y passe notre temps, quand on tourne. »
Un animal > « Un chaton géant qui lance des lasers avec les yeux. »
Un film > « La Cité de la peur, pour ses blagues pipi-caca. »
Un objet > « L’album d’Holding Sand ! Ou non : un livre de Proust. Non, une madeleine de prout ! (éclat de rire général) »

√ LA CHRONIQUE DE L’ALBUM

A Life worth memoirs – HOLDING SAND

 Sur la pochette du deuxième album des Tourangeaux d’Holding Sand, il y a ce visage. Dur, mais impénétrable. Un regard sombre qui nous fixe. Sombre, cette galette l’est assurément. A Life worth memoirs, concept-album, raconte l’histoire d’un homme imbu de lui-même, allant jusqu’à délaisser ses proches. Malade, il finit par mourir en réalisant que la Terre ne tourne pas autour de lui. Interrogeant sur la valeur de la vie, le disque s’articule autour de trois axes : la vie, la maladie, la mort. Une histoire racontée avec brio (au final, le message est positif) et collant parfaitement aux ambiances instaurées par Holding Sand.
C’est là l’un des gros points forts du groupe : éviter les clichés inhérents à un style ultra-balisé (le post-hardcore), en dégainant des armes étonnantes. Pour preuve ? Des riffs ultra-lourds, inventifs et plombants à la Glassjaw certes (l’influence se fait sentir tout au long), mais aussi des atmosphères rehaussées de trompettes (!) ou encore des violoncelles des excellentes Boys in lilies, combo officiant dans des sphères totalement étrangères au metal d’Holding Sand.
Tour à tour sombre, mélancolique, violent et planant, A Life worth memoirs mêle habilement batterie survitaminée et gros riffs. La basse écrasante et l’excellente production, signée Francis Caste, renforcent les titres les plus bourrins (cette double croche de « Hellbent », boum !). Le travail sur les arrangements – étonnamment réussis et subtils – et les voix élève le disque et réussit à merveille l’exercice pourtant délicat du concept album. Chapeau.

Sortie le 23 février.

√ CLIP : Hell-Bent
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=4_bzWeiq5XA[/youtube]

√ DOCUMENTAIRE et STUDIO REPORT : 
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=nOND205a_5A[/youtube]

Un monde möö-möö avec Moodoïd !

Sortez vos télescopes ! L’ovni Moodoïd débarque, armé de sa pop psyché et colorée.

(Photo Fiona Torre)
Moodoïd débarque en concert au Temps Machine.

Une sorte de matière molle et “ modelable ”. Un souvenir, une émotion qu’on pourrait déformer avec les doigts. » Ces mots, choisis par Pablo Padovani pour décrire Moodoïd, projet dont il est à l’origine, peuvent paraître obscurs. Ils reflètent pourtant bien la vision artistique du jeune compositeur. Tout droit sorti de l’imaginaire fertile de ce dernier, le Monde Möö (le nom du premier album de Moodoïd paru il y a quelques mois) est « un monde paresseux où l’on vit presque toujours allongé. On y trouve des paysages, des clubs pour danser, beaucoup de nourriture et pas mal de luxure… c’est une sorte de jardin d’Eden pop avec du rose et du bleu. »

Pablo Padovani n’est toutefois pas seul lorsqu’il ouvre les portes de cet univers fantastique. En studio, il évoque sa « famille musicale ». « J’aime à imaginer le studio dans lequel je travaille comme une sorte d’auberge espagnole dans laquelle se croisent tous les gens avec qui j’ai déjà fait de la musique. » Sur scène, c’est un autre genre de famille, une armada de chromosomes XX, puisque le jeune homme est accompagné par quatre musiciennes. « Je trouve ça assez atypique d’être noyé dans les femmes sur scène, sourit-il. J’ai mis environ un an et demi pour toutes les trouver, grâce au bouche-à-oreille, à des sites de rencontres pour musiciens, à des soirées communes dans des appartements… Elles ont toutes une vraie personnalité. On fait plein de découvertes ensemble et ça me plait vraiment de partager ces aventures avec elles. »

C’est donc avec sa garde rapprochée que Pablo Padovani apparaît le soir des concerts de Moodoïd, sous une apparence qui peut surprendre, mais qui reste en adéquation avec l’univers du groupe. « La scène doit être un lieu d’exagération et de poésie selon moi. Les costumes sont là pour ça. Et puis ça nous donne une identité singulière. Ce qui change en fonction des soirées, c’est plutôt notre manière de jouer. Parfois ça sera plutôt rock, direct, parfois beaucoup plus doux… “Mood” signifie humeur en anglais. Je suppose que notre musique se transforme en fonction de nos humeurs. » À vous d’être « in the mood » for Moodoïd.

Bastien Lion

EN BREF
>L’ÉVÉNEMENT
Moodoïd sera sur la scène du Temps Machine ce samedi 8 novembre avec, en première partie Aquaserge (voir ci-dessous). Le concert débutera vers 20 h 30. Tarifs de 8 à 15 €. Plus d’infos sur letempsmachine.com

>INFLUENCES
Ancien étudiant en cinéma, Pablo Padovani, également réalisateur des clips de Moodoïd, n’hésite pas à mettre en avant l’apport du septième art (mais pas que) quand vient l’heure d’évoquer les inspirations. « J’aime les artistes avec des univers très atypiques comme Roy Andersson, un réalisateur suédois absolument génial, Wes Anderson… Parfois, j’en viens presque à concevoir la musique sous un angle cinématographique. Et sinon, je suis très rock progressif, avec des groupes comme Soft Machine, Robert Wyatt, Gong… Et je suis surtout un très grand fan de Frank Zappa. »

>AQUASERGE
Également à l’affiche vendredi soir, en compagnie, donc, de Moodoïd, les musiciens d’Aquaserge sont aussi des proches de Pablo Padovani. « J’ai grandi avec ces gens, ils m’ont beaucoup appris. Je suis un peu le petit frère. Ce sont des musiciens hors pair. Je l’avoue : je suis fan ! » La pop psyché, ça crée des liens !
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=amoy1kcJnV4[/youtube]

Tobassi, jazz savoureux

Le groupe de musique tourangeau au nom camerounais mitonne un jazz plein d’entrain. Ils seront de passage à Montlouis.

SORTIR_CULTURE_PAP
Quand on les rencontre au pub Le Pale, on hésite à leur demander leurs cartes d’identité. Difficile de croire que la moitié des membres du groupe vient juste d’obtenir son bac. À 18 ans, leur amour, c’est le swing, les rythmes de Richard Bona, Electro Deluxe, Roy Hargrove. Et la liste est loin d’être exhaustive. Jonathan Achille, Louis Chevé-Melzer, Pierre Thomas- Fredon, William Brocherioux et Yohan Fourrier jouaient ensemble au lycée Paul-Louis Courrier. Avec Giovanni Thevenin, ils forment Tobassi en février 2014. Pour Pierre Thomas-Fredon, « Le jazz est une musique si ouverte qu’on peut tout y incorporer. Ici, chacun apporte le son qu’il aime, on compose et on arrange ensemble ». Influences métal, gospel ou classique, le groupe fait infuser les genres avec une facilité étonnante. Tobassi remporte un tremplin en mai puis les organisateurs d u festival Jazz en Touraine leur proposent une scène.
Le succès les a surpris mais il n’y a pas de hasard : Tobassi joue une musique que chacun peut s’approprier. Les notes fondent dans l’oreille et le tempo pétille comme des bulles : un jazz qui se boit comme du Vouvray, (presque) sans fin. La voix de Giovanni Thevenin y est pour beaucoup. « Je ne suis pas un vrai chanteur de jazz, se défend-il. Je viens du gospel. » Les puristes y trouveront peut-être à redire, mais cet été, lors de son premier concert à la guinguette, Tobassi a conquis les Tourangeaux. Les six musiciens sont tombés dans le jazz quand ils étaient petits. S’ils admettent que cette formation particulière est leur « bébé », chacun poursuit des projets personnels. « Même si cela complique l’organisation des répétions, on tient tous à garder une vie indépendante, elle nourrit notre inspiration. Sans ça, on tournerait en rond, on s’enfermerait », explique William Brocherioux. Pas encore d’album et seulement deux morceaux disponibles en ligne : il faut se déplacer pour les écouter. C’est tant mieux : Tobassi est un groupe qui respire avec le public et que l’on peine à imaginer confiné dans un studio.
Le groupe Tobassi sera en concert mercredi 17 septembre, à 19 h 30, sur la scène du Village gourmand de Jazz en Touraine, à Montlouis. Entrée libre.

Call U.S Legion : l'interview

A l’occasion de la Fête de la musique, on a rencontré le leader du groupe Call U.S Legion. Un groupe de metal qui s’apprête à faire un set… acoustique !

(Photo Noélie Anna)
(Photo Noélie Anna)


Call U.S Legion ou Call us Legion ? Et d’ailleurs, ça vient d’où, ce nom ?

C’est un peu les deux ! Cela vient d’une référence biblique, Saint-Marc plus exactement. Une rencontre avec le Sheïtan. Il y a aussi une référence à l’impérialisme américain, d’où le U.S. Le but, c’est de mettre tout ce que j’aime ensemble, sans pour autant faire de patchwork. J’ai vécu la folie de la fusion dans les années ’90, hein… (rires)

Le groupe, c’est qui alors ?  
Il y a Adrien à la guitare et aux chœurs, Nicolas à la basse, Marc à la guitare et au chant et moi-même, Charles, guitare chant et machines. Ca va de 23 à 39 ans… Certaines viennent de Tours, d’autres de Paris. On peut aussi rajouter Shaq pour l’artwork et Noélie pour nos photos ! On est tous ouverts d’esprit, c’est un groupe transgénérationnel. On fait notre musique, celle qu’on veut entendre.

Vous parlez pas mal du rapport à la machine, au virtuel et cela se ressent aussi dans le logo, son design. D’où vient cette inspiration ?  
Déjà, je suis un gros geek ! (rires) J’aime les sons un peu crados, 8-bit, les confronter au côté naturel des instruments pour cette idée de dualité. Car ça correspond au monde ! On laisse les gens juger, l’album a un degré de lecture. Le but, c’est que les auditeurs fassent l’effort de lire, de piger le côté surréaliste.

Bon, pour la Fête de la musique, pourquoi faire un set acoustique alors que vous êtes un groupe de metal ?  
Le bassiste n’est pas là et le guitariste vient d’apprendre qu’il était papa. Pour la Fête de la musique à Tours, on ne sera donc que deux : deux guitares et du chant. Avec des versions adaptées de nos morceaux.  Justement, vos morceaux sont très travaillés, grandiloquents, prog’…

Pas trop peur de perdre ça en acoustique ?  
Non, au contraire, il y aura plus de place, d’air. Un morceau doit se résumer à quelque chose de simple. On détourne le regard par la complexité, là ce sera une invitation au voyage.

C’est aussi un moyen de toucher plus de monde…
Exactement, d’être plus accessible, on se concentre sur les émotions. Mais on ne sera pas forcément moins énervés ! Ce sera peut-être plus viscéral. Là, c’était l’occasion de le faire. C’est une sorte de petit défi, on a tout préparé en une semaine ! Donc on n’a pas la trouille, on sera là pour le plaisir. On jouera entre 30 minutes et trois quarts d’heure.

Quelles ont été tes influences ?
On a toujours été prog’ par défaut. Pour ma part, mes influences vont de Sleepytime Gorilla Museum à Mastodon. Mais aussi les influences littéraires, artistiques, la peinture, etc. J’ai le fantasme de l’art total. Et j’aime marier les contraires. Call U.S Legion est un oxymore.

Rendez-vous vers 22 h, devant les Joulins, place du même nom à Tours !
Propos recueillis par Aurélien Germain
Pour écouter :
http://www.noomiz.com/calluslegion
Et sur Facebook :
https://www.facebook.com/calluslegion

Fête de la Musique : Le programme

La fête de la musique c’est samedi ! On a sélectionné pour vous les concerts à ne pas manquer !

Samedi, c’est le 21 juin. Et comme chaque année depuis 32 ans, c’est non seulement le premier jour de l’été mais surtout celui de la Fête de la musique. Comme on est assez fan de notre scène locale, on a compilé l’ensemble des lieux où se dérouleront les concerts dans la carte ci-dessous. N’hésitez pas à cliquer sur les icônes pour plus d’infos sur les artistes présents ! Et pour plus de confort de lecture, vous pouvez aussi télécharger la version numérique de notre numéro 136, spécialement consacré à la Fête de la musique.

TMV - Fête de la Musique
Orange = Multi-styles / Bleu ciel = Rock / Noir = Metal / Vert = Electro / Rose = Classique – Chœurs /Blanc = Musique religieuse // Les cœurs indiquent les choix de la rédaction, les P les parkings du centre-ville et les croix les secours.

Spécial Imag'in (1) : portrait d'Assad

Entre jazz et rap français, ce groupe tourangeau va secouer la planète hip-hop le 14 juin, au festival Imag’in.

(Photo Jérôme NGUY)
(Photo Jérôme NGUY)

Rencontre au Balkanic café, rue Colbert : Alex et Vincent sirotent leur verre tranquillement. Le rappeur et le contrebassiste attendent le reste du groupe, qui finalement sera retenu à Jazz à Tours. C’est leur première rencontre avec la presse. Les deux musiciens, d’une vingtaine d’années, enchaînent les réponses avec un professionnalisme impressionnant. Comme s’ils étaient déjà rodés. Comme s’ils avaient tout prévu.

Ce sérieux, c’est le même qui se retrouve dans leurs morceaux. Ceux qu’ils composent depuis un an. Chaque note est maîtrisée, chaque mot pesé. Hip-hop scientifique. Jazz arithmétique. Fusion naturelle : comme si le hip-hop assumait complètement ses origines, revenait à sa source.
On pense alors à The Roots pour la virtualité, à Blackalicious pour sa puissance, aux débuts de Mc Solaar pour le cool. Difficile cependant de leur coller une étiquette, les loustics n’en font qu’à leur tête, brouillent les pistes, parlent de vacances au ski, d’ambiance de trottoirs, de camping, de filles un peu trop rêveuses. Violence introvertie, elle se ressent dans les rares dissonances, étouffée, exprimée à demimot. Beat box, saxo, clavier, contrebasse…

Sur scène, Assad détonne, éclate les codes du rap actuel sans en faire un étendard, un objet de différenciation. On pense encore, cherche les références. On croit reconnaître des accents poétiques du Gibraltar d’Abd el Malik. Les mots d’Alex flottent à la surface du flot nacré d’une ligne de saxophone. Modeste, ses textes sont déclamés à force d’images. « Nous fonctionnons ensemble, explique Vincent, le contrebassiste. C’est assez fréquent qu’Alex écrit pendant une répétition, quand on cherche une mélodie. » Copains depuis leurs années lycée, à Angers, la plupart des membres d’Assad sont venus ici pour Jazz à Tours. Soucieux de tout maîtirser, Assad vantent la débrouille, le fait-maison. En septembre prochain, ils vont sortir leur premier EP, Sabrina : six chansons qui oscillent entre douceur de vivre, petites galères. Tranches de vécu, fables urbaines : retenez bien leur nom. Assad est en train de déferler sur Tours.

Retrouvez aussi sur notre site le programme du festival et une interview de l’organisateur

Caïman Philippines, le groupe qui a les crocs

Ce jeune groupe de pop funky n’a qu’un seule envie : vous faire danser. Rencontre avant leur passage au Temps Machine, ce 7 mai.

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Make your brain like paradise. Le titre de leur dernier EP annonce la couleur. Ces quatre musiciens versent dans la fête, la « sexy music », celle qui fait remuer les têtes, bouger les hanches. Ils n’ont pas vraiment d’autre ambition, sauf celle de devenir un jour un groupe qui compte. Sur scène, pas de guitare mais des grosses lignes de synthé et de basse. Leur nom s’affiche dans les salles de concert du coin comme une formule énigmatique qui ne laisse pas présager de leur musique dansante. « On regarde beaucoup de documentaires animaliers. On est tombé un jour sur les crocodiles des Philippines. Caïman ça sonnait mieux », explique avec un léger accent espagnol Daniel. C’est le batteur du groupe. Il est seul pendant l’interview, les autres n’ont pas pu venir. Il rigole : « Je vais donc me transformer en Yves, Quentin ou Joseph au fur et à mesure. » Dans le clip de F.A.S.T., les quatre copains apparaissent avec des têtes d’Anubis cubistes, anonymes. Besoin de cacher son individualité ? Les Caïman Philippines fonctionnent comme une famille. Trois de ses membres vivent d’ailleurs dans une colocation en Touraine. Le quatrième, Yves, est prof de musique dans le Nord. « Mais il devrait nous rejoindre à Tours, bientôt », précise Daniel.
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=iq_77m4rO9Q[/youtube]
On pourrait dire qu’ils viennent d’Angers. Ou alors de Paris, de l’Équateur ou du Gabon. Ou alors, leur coller tout simplement l’étiquette de groupe tourangeau. Mais aucune n’adhère vraiment à leur peau. À l’image de leurs influences, les Caïman Philippines naviguent dans des eaux mondiales. Éclectiques, électriques, funky. Ils viennent de nulle part, de partout, passent de la funk à la pop ou au hip-hop en un claquement de doigt. Ce sont des gars de leur génération, sans barrière musicale. Ils dessinent leurs frontières à eux. Pas politisés, ils évoluent dans la musique à l’instinct. Mais attention, ils savent très bien ce qu’ils veulent, maîtrisent leur communication. Ce sont des pros du Do It Yourself, de la débrouille. Les Caïman Philippines demandent de l’aide aux bonnes personnes, untel pour leur clip, un autre pour l’enregistrement de leur EP. Dernièrement, ils ont récolté presque 6 000 euros grâce au crowdfunding. L’argent devrait leur permettre de presser un vinyle, de démarcher d’autres concerts, de grandir.
TERRES DU SON
C’est un des projets les plus excitants pour ce groupe : pour le Festival Terres du son, ils joueront dans le château de Candé autour de l’orgue Skinner. C’est un instrument unique au monde (classé monument historique) : Yves, organiste d’origine, se prêtera au jeu. Les Caïman Philippines donneront des concerts en petit comité le temps du festival, à l’intérieur du château donc.
 

Fête de la musique : plus que quelques jours pour s'inscrire !

Il vous reste encore quelques jours pour inscrire votre groupe à la Fête de la musique à Tours…

Pour la Fête de la musique 2014 à Tours, le recensement des initiatives et des porteurs de projets se déroulera jusqu’au 9 mai !
Musiciens amateurs, professionnels, assos, institutions, etc. peuvent se proposer.
Pour ce faire, direction CE LIEN pour remplir la fiche de recensement. La Maison des associations culturelles de Tours (Mact) se chargera de vous recontacter. Go !
A noter que pour cette édition 2014, la Direction des Affaires Culturelles souhaite apporter son soutien à toute initiative qui pourrait concerner les secteurs de Tours nord et Tours sud. N’hésitez pas pour toute initiative ou projet allant en ce sens.
Bonne Fête de la musique ! En plus, tmv est partenaire… Alors, on vous y voit ?
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Musique. BOYS IN LILIES, un premier EP somptueux made in Tours

Tours regorge de talents, c’est bien connu. La preuve par quatre, avec BOYS IN LILIES qui sortent leur premier EP « Hatching ». Une réussite !

Souvenez-vous, avant la Fête de la musique 2013, votre Tmv adoré avait choisi comme coup de coeur BOYS IN LILIES (mais si, ICI). Un groupe de voix en or (avec Nastasia, Laure, Marylou et Kevin) sorti tout droit de Tours. Eh bien, magie de l’été : leur EP 5 titres vient tout juste de sortir (disponible ICI).
REVIEW
Autant le dire tout de suite, « Hatching » de BOYS IN LILIES est un OVNI inclassable, nourri de cinq pépites composées avec un professionnalisme rare.
Le mini-album débute sur « Ode to the sailors », avec son intro onirique, étrange, qui pourrait faire la B.O parfaite d’un film. « Ode aux marins »  (en français !) vous plonge dans un univers teinté de bleu, naviguant dans des eaux profondes, avec des bruitages intrigants, avant de laisser place à une musique tout en douceur. Et là, une voix magique. Berçante. De la soie sonore. C’est séduisant. Et tout simplement beau.
Le reste est du même acabit. Le deuxième titre, « Runaway », change de monde, mais est probablement le meilleur titre de cet EP. Envoûtant, rêveur, avec un accent en anglais impressionnant pour un groupe frenchie (enfin !). Trois voix qui se complètent et s’enchevêtrent pour un mélange étrange : on imagine une petite danse dans notre tête, tandis que notre corps reste immobile. Et toujours cette impression d’être bien, porté par des voix mélodieuses et magnifiques.
« The Bird » est empreint d’une mélancolie juste et vous transporte loin ; « Echoes » est doux, lent et berce l’auditeur, tandis que « Raindrops » réussit le pari de mêler habilement une couche sonore très travaillée et un assemblage de voix plein de charme.a3106806103_10
Au final, l’EP « Hatching » est un concentré de douce mélancolie, un Spleen baudelairien magique et somptueux, qui transporte son auditeur grâce à trois voix absolument magiques et une musique simple mais qui s’accorde parfaitement. Une vraie surprise ; un EP à l’image de sa pochette : une poésie en couleurs. A écouter sans modération…
Aurélien Germain.
EP en écoute ici : http://www.lelectrophone.fr/tous-les-disques/hatching-ep1
Facebook Boys in Lilies : https://www.facebook.com/BoysInLilies
Style : dream pop, musique électronique, voix, inclassable, folk
INTERVIEW DISPO ICI

FÊTE DE LA MUSIQUE : Appel aux musiciens !

Pour notre numéro spécial fête de la musique, on fait appel aux musiciens ! Dites-nous tout sur votre passage à Tours !!

Vous là ! Oui, vous, guitaristes, chanteurs et chanteuses, DJ, rappeurs, musiciens de tout poil,  de la pop à l’électro, en passant par la dubstep, la chanson française, le jazz ou le métal, ce message est pour vous. Vous faites partie d’un groupe amateur et vous vous produisez pour la Fête de la musique ? Faites-nous passer l’info, nous la publierons dans notre numéro spécial « Fête de la musique », qui paraîtra le 19 juin.
 
Comment faire ? Envoyez-un un mail à redac@tmvmag.fr avant le 12 juin.
Indiquez le nom du groupe, le style musical, l’heure et le lieu du concert. N’hésitez pas à ajouter une petite description du groupe et à nous communiquer un numéro de téléphone (qui ne sera pas publié). Et, si possible, une photo de bonne qualité !
 
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