Années Joué : les artistes s’emparent de la ville

Les années Joué, le festival des arts de la rue, fête cette année ses 20 ans. Pour célébrer cet anniversaire, une quarantaine de compagnies de France, de Navarre et d’Europe déboulent à Joué-les-Tours pour une centaine de représentations en 3 jours. Tmv vous livre ses 10 coups de cœur.

LE PLUS DRÔLE
« Le Petit Chapelion Rouge » de la Compagnie Switch. Ici, l’histoire du plus célèbre conte de Perrault est revisité par Jackline, façon clownesque et décalée. Jackline a préparé sa bande son et comme elle est super forte, elle va interpréter tous les personnages de l’histoire : le Petit Chapelion Rouge, Chat Grand-mère et bien sûr le Loup. C’est drôle et pour toute la famille.
Le 3 juin à 16 h 45 et le 4 à 15 h 15 à l’Espace Famille.

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LE PLUS ENFLAMMÉ
« Péplum » de la Salamandre. Des feux follets investissent l’espace de la nuit et créent une chorégraphie hypnotisante. Péplum est un ballet pyrotechnique et musical qui veut raconter l’Humanité par le prisme du feu.
Le 3 juin à minuit au gymnase.

LE PLUS COCASSE
« Mèche Courte » de la compagnie Le vent du Riatt. Avez-vous déjà assisté à une conférence pyrotechnique ? Jean- Pascal, chercheur en pyrotechnie, vous en propose une ! Assisté de Monsieur Bogdaniev, spécialiste en photographie quantique, le maladroit tente, tant bien que mal, de mener son projet à terme. C’est drôle, surprenant, voire effrayant, et aussi beau.
Les 2 et 3 juin à 21 h 45 au Parking Fleming.

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LE PLUS DÉGUISÉ
« Attention je vais éternuer » de Pic la poule. Danse, théâtre, humour, transformisme, tout se mélange dans ce spectacle facétieux adapté à tous les publics! Deux personnes répètent une chorégraphie à proximité d’une cabine d’essayage mobile. Et forcément, ils essaient tous les déguisements. A tel point qu’une femme en ressort avec la tête de Chewbacca (oui, l’ami poilu de Han Solo dans Star Wars).
Le 2 juin à 19 h, le 3 à 18 h et le 4 à 16 h 45 au Parking Collège.

LE PLUS IMPRESSIONNANT
« …Sodade… » du Cirque rouages. On a l’impression de vivre un rêve éveillé guidé par la voix envoûtante d’une chanteuse et les notes pincées d’une contrebasse. Dans ce songe, quatre acrobates, funambules ou trapézistes évoluent, en hauteur, sur un cable tendu entre deux immenses roues. Que racontent-ils ? Les soirs de tempête, un homme exilé se rapproche du bord de mer pour réveiller de lointains souvenirs.
Le 2 et 3 juin à 22 h 45 à l’Espace Portique.
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LE PLUS ACROBATIQUE
« Leurre H » par la compagnie Escale. Des acrobates, évoluent sur terre et en hauteur, notamment sur un trapèze ballant et une « roue de la mort ». Jetés dans le présent, ils se posent des questions sur leur avenir, dans un impressionnant spectacle mêlant cirque et théâtre.
Le 2 juin à 20 h au Gymnase.

LE PLUS RYTHMÉ
« Danbor Talka, le Choc des Tambours » par Les Commandos Percu et Deabru Beltzak, en collaboration avec les associations locales Pass moi l’Cirk, Gravité Zéro et les danseurs de la MJC. Au premier coup d’oeil, on a l’impression d’être plongé dans une ambiance Mad Max avec tous ces percussionnistes à tête de mort qui frappent leurs tambours comme des furies. Et pourtant, ce spectacle rythmé évoque le choc des cultures, la nécessité de se parler, et de partager, dans un final illuminé.
Le 3 juin à 23 h 45 place Nelson-Mandela.
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LE PLUS TENDRE
« Assieds-toi comme il faut ! » par les Fouxfeuxrieux. En équilibre sur sa chaise, Jeannot, son nez rouge et son accordéon, raconte son histoire de fils, son histoire de père, avec poésie et tendresse. Tout public.
Le 3 et 4 juin à 16 h à l’Espace Famille.

LE PLUS ENGAGÉ
« Papers ! » de Xarxa Teatre. Le pitch : un groupe d’émigrants arrive dans un nouveau pays. Mais leurs espoirs sont très rapidement douchés par les règles et les rôles que la société leur assigne. Une tragicomédie sans mots qui veut interpeller le spectateur sur les conflits que le pouvoir et l’argent génèrent.
Le 2 juin à 23 h 45 Place Nelson-Mandela.

LE PLUS CHANSON FRANÇAISE
« Sur Un Air d’Autoroute » de la Compagnie pas par hasard. En pleine tournée musicale, Nadine et Natacha, deux choristes de disco mobile, sont abandonnées par leur patron sur un parking d’autoroute. L’occasion pour les deux femmes de réaliser enfin leur rêve secret : devenir de véritables stars ! Un duo burlesque et musical tout public.
Le 2 juin à 19 h, le 3 à 14 h et le 4 à 14 h Parking Fleming.
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Années Joué : l’art à la conquête de la rue

Chaque printemps, le festival Les années Joué accueille des artistes qui prennent plaisir à envahir les rues et à s’approprier la ville. Leur but ? Rendre l’art accessible à ceux qui n’osent pas toujours franchir la porte des lieux traditionnels.

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(Photo Auguste Jarrigeon)

Les arts de la rue, c’est cette idée de donner de la place à la création artistique pour qu’elle s’installe au cœur de l’espace public. Que chacun se réapproprie un parc, un bout de trottoir ou encore une esplanade grâce à des représentations de théâtre, de danse, de musique, de cirque, etc. En France, ce sont plus d’un millier de compagnies et d’artistes qui pratiquent les arts de la rue, un procédé plus accessible que les salles de spectacles classiques. En effet, selon les chiffres de la Fédération des arts de rue, une personne sur trois assiste chaque année à un spectacle de rue, contre seulement une personne sur cinq pour un spectacle de théâtre. Pour cause : les festivals de rue sont souvent gratuits et touchent des publics plus variés. « Pour moi, c’est une revendication de faire de l’art dans la rue, de sorte que n’importe quel passant puisse le voir. C’est là où on touche le plus de profils différents », défend Agathe, membre de la compagnie Fouxfeuxrieux, qui participera aux années Joué dans la catégorie tremplin pour son spectacle Kamin’é. Cette envie de rendre l’art accessible au plus grand nombre, à ceux qui n’ont pas pu, pas pensé ou pas osé franchir les portes des salles de spectacle, s’est largement développée au sein des institutions ces dernières décennies. Des villes comme Aurillac, Sottevillelès- Rouen ou encore Chalon-sur-Saône ont créé leurs propres festivals et sont aujourd’hui parmi les plus grands événements nationaux. Des « saisons » d’art de rue ont aussi vu le jour. « La profession s’est vraiment structurée, ce qui est indispensable pour qu’on puisse en vivre. Mais dans le même temps, cela a enlevé un peu de notre spontanéité créative », regrette Agathe.

Lors de leur passage, les artistes proposent souvent aux villes de mobiliser les habitants et de les faire participer aux spectacles. Le jour J, les artistes rencontrent leur public, créent une proximité. « Ils participent parfois directement au spectacle et ils viennent nous voir plus facilement à la fin de la représentation, nous racontent que eux aussi jouent d’un instrument, etc. », constate Quentin, artiste de rue depuis quatre ans et membre de la Compagnie du Coin qui jouera L’Espérance de St-Coin aux années Joué. Image8

Pour les années Joué, les centres sociaux de la ville ont, par exemple, en amont, créé des ateliers avec les artistes et les habitants pour préparer les lieux du festival, en construisant notamment toute la signalétique. Pour son spectacle de projection audiovisuelle sur des façades d’immeubles, la compagnie komplex kapharnaüm a utilisé des témoignages de Jocondiens. Mis en place il y a dix-neuf ans, le festival de Joué était, à l’origine, une foire. « La Mairie voulait créer un événement transversal à l’ensemble de ses activités, pour que les services travaillent ensemble au moins une fois par an sur un projet commun », explique Sandrine Fouquet, adjointe à la culture de Joué-lès-Tours. Elle a ainsi greffé, petit à petit, des compagnies d’artistes : la compagnie Off était présente dès la première édition et sera là aussi cette année. Tous les premiers week-end de juin le rendez-vous est donné et il accueille aujourd’hui entre 30 000 et 40 000 visiteurs, pour 250 artistes et techniciens.

CaptureLa Ville n’a pas l’intention de s’arrêter là. « Après la cinquième édition, la question de savoir si on restait amateurs ou si on passait pro a été posée. On a opté pour la seconde option », se souvient Olivier Catin, directeur du festival en charge de la programmation, membre de l’équipe depuis la création du festival. Ce fut la première grande étape. Chaque année, Olivier Catin parcourt la France pour trouver de nouveaux spectacles, de nouveaux talents. « Depuis plusieurs éditions, on sent un réel effort dans la programmation, les troupes ne sont plus seulement locales, elles viennent de tout l’Hexagone et d’ailleurs. Ce n’est pas Aurillac évidemment mais ça pourrait en suivre le chemin », observe Hélène Bourdon, chargée de production pour la Compagnie du Coin. Le service culturel aimerait d’ailleurs développer encore un peu plus l’aspect international, afin que plus de programmateurs nationaux et internationaux viennent repérer les artistes.

Les arts de la rue, un secteur qui se porte bien ? Pas si simple. « Agathe et moi on ne fait effectivement que des arts de rue et nous arrivons à en vivre », explique Thomas, membre de la compagnie Fouxfeuxrieux. « Mais ce n’est jamais évident. Nous sommes dans le même cas que les autres artistes : globalement les contrats sont moins nombreux, des dates sont annulées et les programmations restreintes. Le régime des intermittents est souvent attaqué et le secteur est fragilisé depuis la crise », analyse-t-il. En période de disette, il n’est en effet pas rare que la ligne culture des budgets municipaux affiche quelques ratures. Et l’imaginaire collectif a parfois du mal à évoluer : « Certains croient encore que l’artiste est quelqu’un qui vit d’amour et d’eau fraîche. Nous sommes des professionnels, nous créons des spectacles que nous vendons pour pouvoir en vivre », rappelle Hélène Bourdon. Du côté de Joué-lès-Tours en tout cas, le message est plutôt clair : la mairie a décidé d’augmenter de 50 000€ le budget du festival, pour arriver à la somme totale de 350 000€ dont 210 000 € consacré à l’artistique.

> Festival Les années Joué, du vendredi 3 juin à 18 h 30 jusqu’au dimanche 5 juin à 20 h. Rue de Verdun à Joué-lès-Tours (arrêt de tram Rotière ou Rabière). Entrée gratuite.
> Toute la programmation sur anneesjoue.fr

Next week : l’actu du 1er au 6 juin

L’actu à ne pas louper du 1er au 6 juin, à Tours, aux alentours et ailleurs en France.

MERCREDI

NUMÉROS INTEMPESTIFS. C’est à compter du 1er juin que l’on pourra s’opposer au démarchage téléphonique, sur fixe et mobile, grâce à Bloctel. Ce service, gratuit, permettra de s’inscrire sur une liste rouge après avoir inscrit son ou ses numéro(s) sur bloctel. gouv.fr Il faudra attendre un mois pour ne plus recevoir les appels commerciaux qui nous donnent parfois envie de couler notre téléphone dans les toilettes. Le gouvernement a assuré que cela marcherait…

CANADA. C’est aussi le 1er juin que les sinistrés de l’incendie qui a ravagé la ville de Fort McMurray devraient pouvoir rentrer chez eux. « Sur une base volontaire », ils regagneront leur habitation si celle-ci a été épargnée. Début mai, de gigantesques feux avaient poussé les quelque 90 000 habitants à quitter cette ville de la province d’Alberta.

VENDREDI

TOURS. Fêter la Touraine, sa gastronomie et son art de vivre… mais tout en blanc ! C’est ce que propose chaque année ce grand Dîner blanc. Le prochain aura donc lieu le 3 juin à 19 h 30. « Nous nous donnerons rendez-vous au dernier moment, pour ensuite découvrir le lieu final de notre destination », précise la page Facebook de l’événement. L’an dernier, 300 convives s’étaient réunies place Jean-Jaurès. L’organisation avait reçu… 2 200 demandes (la soirée étant uniquement sur invitation ou cooptation).
> facebook.com/dinerblanctours

 

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JOUÉ-LÈS-TOURS. Début des années Joué le 3 juin ! Jusqu’au 5 juin, la ville vivra au rythme des spectacles et des animations, entre théâtre, danse, marionnettes, déambulation ou encore acrobaties.
> Plan du festival (partout en ville !) et programme complet sur anneesjoue.fr

SAMEDI

DEUX ROUES. Samedi 4 juin, c’est la Fête du vélo. À Tours aussi, puisqu’une bourse aux deux roues d’occasion est organisée. De 10 h à 13 h, dépôt des vélos à vendred ; de 14 h à 17 place à la vente ! Le tout, place Anatole- France, à Tours.

LUNDI

TÉLÉ. La toute récente émission d’Arthur, L’Hebdo Show, diffusée le vendredi soir, sera programmée quotidiennement sur TF1 à partir du 6 juin. Baptisée 5 à 7 avec Arthur, elle occupera le gros créneau du 17 h – 19 h. Jusqu’à présent, le programme réunissait près de 2 millions de fidèles tous les vendredis soirs. Une case qui devrait être récupérée par Alessandra Sublet et son talk-show « Action ou vérité ».

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De UND au Années Joué via Les Éphémérides Décalées

Qui dit lundi, dit chronique pilot. Le doc revient avec un paquet de concerts et de culture sous le bras… et même un CD à découvrir !

UND au Théâtre Olympia

Nathalie Dessay (Photo vidéo doc pilot)
Nathalie Dessay (Photo vidéo doc pilot)

Nathalie Dessay, bien sur, dans le rôle, l’incarnation vocale, mais surtout une actrice de la trempe des grandes tragédiennes pour exprimer la force du bel agneau en l’attente de son boucher, l’omniprésence du drame sans possibilité d’endiguer l’angoisse, le destin tragique de ceux qui durent comprendre avant l’heure l’impossibilité d’échapper à la chute et à la déchéance. Rarement vu et entendu une si parfaite expression de cette injustice universelle vécue par les victimes de génocides, identifiée ici dans la Shoah mais directement transposable pour d’autres peuples, d’autres temps ou d’autres terres.
De la Saint-Barthélémy au Rwanda, toujours cet état au delà de la classe sociale, au-delà de la raison, au-delà de la force d’exister, de résister, d’envisager l’avenir. Dans une mise en scène de Jacques Vincey difficile à exprimer par des mots, l’attente et l’angoisse s’installent avec la certitude d’une « happy end » impossible. L’accompagnement musical d’Alexandre Meyer joué en live habille d’impacts et de malaises un univers de glaces en fusion, et la scène de peur « pisse sur elle ». Une réussite globale et utile, une leçon de vie et de mort.

Les Éphémérides Décalées en Arcades Institute

Philippe du Janerand en lecture jouée de textes écrits par l’historienne dramaturge Typhaine de Toury et la joie d’ainsi dépasser l’histoire reliée à Tours et diverses dates et événements habilement exposés pour générer la curiosité, le rire et le partage. Dans un Arcades Institute bondé, nous voyageons sur 2 000 ans d’Histoire, avec des points forts dans une scène sur Calder, une autre sur Henri III et celle sur une hypothétique remise des « Étienne » aux saints les plus méritants, dans un possible concours de l’an 400.
La plume de l’auteure est imparable, habile, subtilement travaillée pour mélanger des sources identifiées d’événements importants à une liberté délirante dans la forme et parfois même dans le fond. De la bonne matière pour l’excellent acteur qu’est Philippe du Janerand.

Les Parpaings à Montjoyeux

Parpaing (Photo vidéo doc pilot)
Parpaing (Photo vidéo doc pilot)

Rock’n’roll au bar le Montjoyeux, avec l’une des plus anciennes formations tourangelles dans le style, une bande de vieux restés jeunes, motivés par l’électricité et la joie, fédérateurs d’une génération venue assister à la messe du punk et du reggae décalé. Le concert de ce groupe devient alors l’alibi à des retrouvailles ; il crée ainsi du lien, du souvenir, de l’échange, et c’est bien : c’est rock et populaire.

Trois jours passés aux Années Joué

Enchaînement de temps forts pour cette bonne cuvée des Années Joué, Funambus ou l’utilisation d’un bus en support à des funambule-acteur pour une plongée dans un univers psychédélique très technique et fascinant, avant la force de la Compagnie Off dans son opéra cosmique et son hypothèse d’un big bang surréaliste ( la participation des enfants du Morier est un plus évident à la mise en scène). Grande claque avec la Cie Bitonio et son spectacle de marionnettes à taille humaine dans une dramaturgie mythologique, avec en réel produit d’appel leur bar animé, où Marcel et Alice vous servent à boire sur leurs corps de bois et de fer animés.
Total dépaysement avec la compagnie belge La charge du Rhinocéros, dans « y’a de la lumière chez le voisin », mélange de jeux d’acteurs et d’images projetées, une lanterne magique appliquée à l’instant pour un charmant scénario plein de douceur et d’humanité. Ballet de vents et de lumières avec la compagnie des quidams dans « fiers à cheval », une déambulation pour atteindre la place Nelson-Mandela où les ambiances sonores donnent matière à divers mouvements de la harde équine imagée… Final grandiose avec le Théâtre Tol, mélange d’opéra et de grande claque visuelle, avec des vélos porteurs d’acteurs musiciens soulevés dans les airs… Le manège enchanté tourne haut dans les airs : il est de chairs et de technologie mélangées, d’Ave maria et de Carmen revisitées… Et puis dans les rues l’oiseau de la compagnie Paris Benares, une belle bête fascinante et magique, La Fanfare Saugrenue et la compagnie Blaka … Dans le square, un temps fort imprévu avec « Ma vie de grenier » de Carnage Productions : plus d’une heure de comédie désopilante par un acteur haut de gamme, ou comment transformer un banal vide-greniers en un dramatique détournement psychologique poussant au rire et à la démesure : avec Bitonio, mon autre coup de cœur du festival.

Beaujardin à Gentiana

En plein soleil, premier apéro rock du festival Aucard de Tours sur l’esplanade de Gentiana avec Beaujardin, le groupe qui monte et se bonifie à chaque prestation. Néo new wave des 80’s passée à la moulinette du rock anglais du début du XXIe siècle, servie par un chanteur habité et des musiciens au service d’un style et de compositions bâties comme des hymnes. Belle reprise de Björk et grande énergie offerte au maigre public, pour ce midi à la température trop élevée pour garantir une parfaite attention.

CD LP Des Jeunes Gens Modernes vol 2 Agnes B

Volume 2 pour ce travail d’archiviste mené par Jean-Francois Sanz, en opposition à d’autres « années 80’s », avec la réunion de pépites et de groupes devenus cultes. C’est de l’Histoire mais ce n’est pas passéiste, tant la période charnière de la fin des seventies au début des eighties se révèle avec le temps une source identifiée pour nombre de groupes des années 10. A leur manière, ces « jeunes gens modernes » inventaient un style et une école sans le savoir, sans en avoir conscience, motivés parfois par l’envie de faire table rase du passé pour s’identifier comme uniques, pour d’autres installés dans ce désir à créer la bande-son de leur époque loin des codes établis… Souvent dans une démarche totalement artistique, globale dans l’accord entre un style vestimentaire, une attitude, un axe de vie, la musique en un reflet sensible d’un romantisme de la déglingue.

J’en suis persuadé : pas un des artistes présents dans cette compilation ne pensaient être encore écouté 30 ans après. L’heure n’était pas à durer, le mois suivant obligeait à se renouveler ou à mourir. Cette compilation est envahie par cette urgence instinctive…

Années joué : l’abécédaire

On s’est amusé à reconstituer l’esprit du festival qui aura lieu le 5, 6 et 7 juin avec des coups de coeur.

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A comme les acrobaties du Magic Sporting club : quatre zinzins qui pratiquent le saut de haies en échasses ou le nunjaku à base de ventouse. Des déglingos en complet de survet à voir au parking du Collère Rabière à 19 h 15 les 5 et 6 juin.

N comme n’importe quoi… Oui c’est un peu ce qu’on se dit quand on voit le duo loufoque Cissou et Filipon de la Compagnie Vils Brequins. Deux originaux qui jonglent, racontent des blagues et se baladent sur une grosse boule. Départ les 5 et 6 juin à 21 h 45 Maison de l’environnement.

N comme Nestor, le personnage muet et poétique qui va émerveiller vos enfants. Les 6 et 7 juin à 16 h et 18 h 30 à l’Espace famille.

É comme énergie. Parce qu’il en faut pour voir tous les magnifiques spectacles proposés.

E comme extraordinaire, c’est souvent ce qu’on se dit quand on voit la déambulation des Paraboles de la Compagnie off. Le 5 juin à 22 h, 22 h 45 et 00 h 15 place Nelson Mandela.

S comme synchro : quand vous verrez les percussions de la Compagnie Blaka, vous comprendrez ce qu’on dit. Look à mi-chemin entre le steam punk et le manga, les six membres vont vous en mettre plein la vue à 20 h 15 devant la médiathèque et 22 h 15 dans l’espace gastronomique. Et c’est pendant les trois jours !

J comme Jonas Diaboliste, le jongleur complètement dingue de la Compagnie du Grand hôtel. Le gars débarque dans son triporteur et sort des tours que vous n’avez jamais vus. Les 6 et 7 juin, à 16 et 19 h 15 au Parking Collège Rabière.

O comme options infinies : oui la machine à marcher de la Compagnie Fer à Coudre est modulable. The Walking machine project a son stand ouvert à partir de 20 h 30 à l’Espace gastronomique pendant les trois jours.

U comme les ultimes moments de la sœur d’Antigone. La pièce Sœur de… met en scène la seule survivante de la tragédie d’Antigone. Poignant. À 21 h 15 Salle Jacques-Brel les 5 et 6 juin.

E comme expérience de cinéma. Une Cerise noire propose d’assister à un tournage de film en noir et blanc, sauf que vous voyez tout ce qui se passe sur le plateau. Complètement bluffant. Le 6 juin à 22 h 30 au Gymnase.

 

PRATIQUE Les années Joué se déroulent pendant trois jours partout dans la ville de Joué-lès-Tours à partir de vendredi 5 juin et tout le weekend. Tous les spectacles sont bien sûr gratuits. La mairie de Joué vient même de mettre en place un site web dédié pour que vous puissiez vous y retrouver dans le programme. Plus d’infos et programmation sur anneesjoue.fr

LES ATELIERS La grande majorité des spectacles est vivement conseillée aux enfants. Mais si vous voulez d’autres idées pour les amuser aux Années joué, le festival met en place, cette année, des ateliers animés par le service jeunesse. Jeux d’illusion, graph’, coloriage numérisé, photophore… Vous aurez le choix. À l’espace famille.

ON ADORE Oui, parce qu’on avait envie de le mettre un peu avant, on vous conseille d’aller voir la déambulation magique, aérienne de la compagnie belge Theater Tol. C’est beau, féérique et très impressionnant.

Nos coups de coeur des Années Joué

On a sélectionné pour vous cinq spectacles à ne louper sous aucun prétexte ce week-end, à Joué !

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Tambours et poupées
Pour le côté gigantesque de ce spectacle de rue pur jus. Attendez-vous à voir des poupées géantes déambuler dans les rues au rythmes de tambours battants. C’est super impressionnant.
Samedi, à 19 h 30. Départ de l’ancien office de tourisme. À partir de 21 h 30, les poupées rejoindront les tambours devant le palais des sports Marcel- Cerdan.
Un classique
Ce n’est pas la première fois que le Cirque hirsute est de passage aux Années Joué. On adore leur côté bric et broc. Cette année, ils présenteront leur blues de la Mancha, un spectacle à base de caravane, de musique, de moulin à vent et de cochons nains. Ça promet d’être complètement déjanté. Et rêveur. Et fou. Et beau…
Le samedi, à 18 h et le dimanche 17 h, à l’école Marie-Curie.
Le coup du dragon
Et si on vous disait que vous pourrez aller voir un dragon géant aux Années Joué ? Incroyable, non ? La compagnie Malabar a réussi à créer une machine gigantesque et donner vie à cet animal mythique. Le spectacle sera à base de cirque, d’opéra-rock, tout ça pendant une parade qui va vous couper le souffle. Pour le plaisir des petits, mais aussi des grands.
Le vendredi, à 22 h 15, départ du palais des sports Marcel-Cerdan.
L’Odyssée
Parce qu’aux Années Joué, il y a aussi du théâtre, on vous invite à voir la pièce de la compagnie Krizo théâtre. Ils vont vous raconter l’histoire d’Ulysse d’une drôle de manière… Deux acteurs sur scène, quelques bouts de ficelle et vous voilà embarqué dans l’aventure.
Le vendredi, à 19 h 45, le samedi, à 17 h et le dimanche, à 14 h 30. À l’école Marie-Curie.
Une conférence
Thierry Tchang-Tchong a fait parler de lui il n’y a pas très longtemps pour sa traversée du désert. Il a fait un voyage de Dunkerque à Marseille en laissant derrière lui une trace de sable… Le metteur en scène lira plusieurs de ses textes mais parlera aussi de sa pratique, de ses envies et de son art.
Le dimanche, à 16 h, sur les terrasses de l’Amarante.

++ Pour consulter le programme complet, c’est par ici.