Mikrokosmos & Meredith Monk, Santa Cruz : Are You Experienced ?

Doc Pilot vous embarque dans son voyage culturel de la semaine.

Jesus Christ fashion barbe
Jesus Christ fashion barbe

Rue de Buffon le hasard de la circulation et d’un feu rouge de colère ; je tombe nez à nez avec le Taureau-réservoir de Jean-Marc Vuillaume installé dans la vitrine de l’antiquaire : l’homme vrai donne vie au rebut et à l’inanimé… Le Florilège Vocal de Tours est une institution, et ce vendredi en l’Opéra de Tours il nous gâte avec la rencontre entre Mikrokosmos et Meredith Monk. Je connais la dame par ses enregistrements sur ECM, une utilisation de la voix totalement novatrice, une vie consacrée à repousser les limites de la chair et du vent, une alliance universelle et avant-gardiste exprimée dans cette collaboration avec le chœur de solistes à la notoriété planétaire. A 72 ans l’artiste reste le moteur de son concept, la directrice absolue de l’interprétation de ses œuvres, une sélection allant de 1969 à 2005, un « florilège » vocal des XXe et XXIe siècles. Un Loïc Pierre passionné introduit le propos, nous invite au voyage, donne du sens à l’expérience, intense. Nous sommes face et dans le chef d’œuvre, la présence de la créatrice en bonus et la sensation de vivre un instant privilégié, l’art choral étendu des origines au futur dans ce Retour à la Terre : une expérience à oser, tenter, intégrer et déguster.
Il faut le dire, seule la production indé ose la survie discographique, à croire l’omniprésente gratuité de la musique un frein à la volonté des décideurs à investir dans cet objet ; Santa Cruz le groupe de Rennes semble l’avoir compris dix ans avant l’heure, optant pour une totale liberté de choix et de production… Ils sont en concert ce soir dans la grande salle du Temps Machine, pas sur la scène non, mais au centre de la salle et installée en un cercle fermé autour duquel nous nous installons à notre convenance, debout, assis, couchés, à l’indienne autour du feu de camp virtuel de leur musique humaine, utile et régénératrice. Pour une heure nous sommes de leur tribu, en relecture totale et décomplexée du folk américain, embarqués, rassurés, heureux d’avoir pu participer à cette expérience… Il me revient le souvenir de Dark Dark Dark au même endroit, et cette sensation de bonheur et d’apaisement rencontrée à l’écoute des gens vrais. J’ai acheté un disque de Santa Cruz qui depuis chez moi passe en boucle…
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=P302dxG7f9I[/youtube]
Au Temps Machine en deuxième partie de soirée il y avait ce groupe de Caen au nom impossible et craquant : Jesus Christ Fashion Barbe. Là nous sommes face à de la musique électrique, physique, technique, voire diabolique, l’opposé total au groupe précédent et c’est du pur bonheur de se laisser aller dans ce melting-pot d’influences : Smith, Joy Division, talking Heads, Byrds, King crimson ( hé oui), Eno, Jefferson Airplane… Bien sur je parle de groupes d’une autre génération, et eux sont tout simplement dans leur temps, pur produit culturel et émotionnel d’une époque où 50 ans d’expériences se culbutent, décantent pour laisser le meilleur et la Cream. Le bassiste use de sa Rickenbacker d’une manière très soliste, sorte de mélange entre Lemmy et Chris Squire ; il y a des mélodies, des harmonies vocales à la Crosby and co, du beau et de la technique. Si ce groupe ne devient pas connu dans les deux ans, je me laisse pousser la barbe !!! En Vitiloire, nous osons d’autres expériences, le verre en main optons pour une visite guidée des Coteaux du Layon : c’est très psychédélique…
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=ZGCbtLIK1GE[/youtube]
En route pour Chédigny pour Le Festival des Roses, du Dylan dans l’habitacle… Dans les rues bondées Jacques Moury Beauchamps et Jorg Petersmann balancent du blues racine à l’ancienne, sans amplification. Plus loin, Jean-Luc Capozzo souffle du bugle sur un orgue de Barbarie, les anciens de Bel Air font dans le jazz cool… Et oui, moi les roses je préfère les écouter, et puis c’est au bras d’une jolie rose que je déambule dans cette campagne, alors même la Pierre de Ronsard ne me fait guère d’effet… Au soir, c’est éclate devant le petit écran un verre de Fronton à la main (ben ouè) : Toulon gagne et j’applaudis, un peu de mon cœur étant resté depuis longtemps au pied du Mont Faron.

Comment profiter du VitiLoire ?

Tours accueille de nouveau VitiLoire les 25 et 26 mai. Voici comment profiter au mieux de cette belle vitrine des vins de Loire.

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Comment ça marche ?
Venez les mains dans les poches. Il suffit d’acheter un verre à vin à l’entrée (coût : 5 €) qui vous donnera accès à la dégustation chez 130 vignerons présents lors de ce VitiLoire. Des fontaines à eau seront disposées un peu partout pour vous rincer non seulement la bouche, mais aussi votre verre entre deux vins.
Doit-on recracher le vin ?
Rassurez-vous, ce n’est, bien évidemment, pas obligatoire. Les vrais goûteurs recracheront élégamment le nectar dans un crachoir (les amateurs, déjà moins). Pour les fins connaisseurs, on déguste avec le palais et la langue ; c’est pour cela qu’ils n’avalent pas. Si l’on ingurgite chaque fois son verre de vin, autant dire que les effets de l’alcool changeront quelque peu notre perception, au bout d’un moment…
Est-on obligé d’acheter ?
Évidemment, non. Le principe de VitiLoire est de mettre l’accent sur la dégustation. Les vignerons seront là pour vous aiguiller. Mais l’achat est tout à fait possible : une simple bouteille ou même plusieurs caisses. Dans ce cas, un service de grooms est disponible sur le site pour vous aider à transporter vos achats jusqu’à votre véhicule.
Faut-il prévoir à manger pour une dégustation ?
Comme chaque année, le Village gourmand proposera une restauration sur la place de la Gare, avec des produits du terroir (rillons, rillettes, foie gras, fromage…). Alors certes, vous pouvez prévoir quelques petits morceaux de pain et de fromage à manger, mais n’oubliez pas qu’il s’agit d’une dégustation. Trop d’amuse-bouches peuvent tuer le goût.
Dans quel ordre faut-il déguster ?
En général, on préfère commencer par les vins les plus jeunes, pour finir par les plus vieux. La piste la plus commune est de débuter par les vins effervescents, puis les blancs et les rouges, et enfin les liquoreux et moelleux.
VitiLoire, samedi 25 mai, de 10 h à 19 h, et dimanche 26 mai, de 10 h à 18 h. Infos sur www.vitiloire.tours.fr