INRA : quand la santé va, tout va !

A l’Inra de Nouzilly, une bonne partie des recherches sont dédiées à la santé animale. Avec en corollaire, l’amélioration de la santé humaine. Explications.

TROIS QUESTIONS À

NEWS_SCIENCE_SCHOULERCATHERINE SCHOULER / CHERCHEUSE À L’UNITÉ MIXTE DE RECHERCHE INFECTIOLOGIE ET SANTÉ PUBLIQUE (INRA – UNIVERSITÉ FRANÇOIS RABELAIS)
Vous travaillez sur la collibacilose aviaire, une maladie fréquente dans les élevages de volailles. Pourriez- vous nous en dire plus ?
Cette maladie est causée par la bactérie E. Coli, hébergée dans l’intestin des oiseaux mais aussi des êtres humains. Certaines souches, chez les volailles, sont à l’origine de maladies osseuses ou de pneumonies. Chez l’homme, E. Coli est la première cause d’infections urinaires. D’où l’intérêt de mieux comprendre cette bactérie.

Quels liens existent-ils entre santé humaine et santé animale ?
Les animaux souffrent de maladies qu’ils peuvent transmettre à l’homme. Par ailleurs, les maladies infectieuses sont traitées, chez l’animal comme chez l’homme, à l’aide d’antibiotiques. Quand certaines bactéries, dans les élevages, deviennent résistantes au traitement, ce nouveau caractère risque de se transmettre à des bactéries qui attaquent l’homme. Justement, un plan national prévoit de réduire de 25 % l’usage des antibiotiques vétérinaires d’ici à 2017.

Développez-vous des alternatives ?
Oui, on utilise par exemple des phages : ce sont des virus qui détruisent les bactéries. Une autre voie s’intéresse à des molécules antimicrobiennes, produites naturellement par l’animal malade. Ce sont des pistes pour de nouveaux médicaments.

>> Au village des sciences, vous pourrez compter des colonies de bactéries, les observer au microscope, extraire l’ADN d’une banane ou vous exercer à manier une pipette

MALADIES INFECTIEUSES : ATTENTION DANGER

Combinaison intégrale, bottes, casque ventilé, respirateur, système sophistiqué de filtration d’air… Non, il ne s’agit pas de Sam Daniels, le héros campé par Dustin Hoffman dans le film catastrophe Alerte !, mais d’un simple mannequin que vous aurez l’occasion d’observer au village des sciences. Pour autant, cet équipement de protection est bien porté par des agents de l’Inra de Nouzilly, à la plate-forme d’infectiologie expérimentale.
L’objectif : étudier des maladies infectieuses ou tester de nouveaux vaccins sur de gros animaux comme la vache, le porc ou le mouton. Puisque certaines sont contagieuses ou transmissibles à l’homme, des mesures de confinement sont nécessaires. Ici, le confinement maximal est de niveau 3 (sur 4), ce qui permet de travailler sur des maladies comme la tuberculose. > Présentation du matériel de confinement et d’un équipement de protection individuel au village des sciences.

À L’HÔPITAL DES ANIMAUX

IRM, scanner et échographe : ces appareils d’imagerie médicale sont installés à la plate-forme Chirurgie et imagerie pour la recherche et l’enseignement (Cire), qui regroupe un bloc opératoire et un service d’imagerie à l’Inra de Nouzilly. Les mêmes qu’à l’hôpital Bretonneau. Et pourtant, ils sont réservés aux animaux de grande taille, comme le mouton ou le porc.
À quoi ça sert ? « Ça permet de réaliser des observations sur des animaux vivants et d’effectuer un suivi dans le temps », répond Yves Tillet, directeur de recherche à l’Inra. Des travaux ont permis de suivre l’évolution d’une maladie des ovaires sur un modèle de brebis. Aussi, la structure est ouverte à des partenaires extérieurs. Des animaux du ZooParc de Beauval sont venus passer des examens : une hyène, un kangourou et même un tigre ! > Visite commentée de la plate-forme Cire (scanner et IRM)

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Nathalie Picard

PORTFOLIO : Instants de vies migrantes

Nous avions, depuis quelques semaines, prévu de vous offrir le regard humain d’Olivier Pain, un photographe tourangeau que nous suivons depuis longtemps, sur la situation des migrants à Calais. Entre-temps, le sujet est tombé dans le flux bouillant de l’actualité. Raison de plus, alors que les mots fusent, pour lui donner toute sa chance, à ce regard simplement humain posé sur des hommes qui vivent dans une « jungle ».

Olivier Pain, photo-reporter tourangeau spécialisé dans l’immersion, a accepté de nous montrer quelques photos de son reportage réalisé dans les camps de Calais (quelques semaines avant son évacuation), Grande-Synthe et Norrent-Fontes. Depuis le début de l’année, il suit GSF, l’association humanitaire Gynécologie sans frontières. Pour lui, ses photos ne sont pas là pour apitoyer, « car la pitié veut dire qu’on est supérieur ». « Le message est que ce sont des PERSONNES réfugiées », appuie-t-il. « Ce sont des gens qui auraient pu être nos frères, nos sœurs, nos ami(e)s. »

Si les migrants détestent habituellement les médias (« ils en ont marre d’être considérés comme des animaux dans un zoo. Certains journalistes se comportent très mal », explique Olivier Pain), ils n’étaient pas réticents au travail du photo-reporter. « Parce qu’il y a une façon de regarder, d’aborder les gens. Il ne faut pas les voir comme des personnes pulvérisées. Ce sont juste des personnes avec qui on discute. Des humains. »

> Les photos d’Olivier Pain sur les camps de migrants seront exposées aux Rencontres photographiques d’Esvres, du 4 au 8 mai.

Voici un aperçu de ses photos. Le portfolio complet se trouve dans la version papier du n°202 de tmv (ou en téléchargement ICI)

 (Photo Olivier Pain)
C’est l’entrée du camp de Calais. Une partie qui, depuis, a été rasée. Des plaques électroniques forment cette oeuvre. Il y a beaucoup d’artistes chez les réfugiés. C’est l’un d’eux qui a construit ce « Welcome to the city ».  (Photo Olivier Pain)
 (Photo Olivier Pain)
Le mot peace est omniprésent au camp de Calais : tags, graffitis, oeuvres d’art… Au fond, on peut apercevoir une église, construite par les réfugiés et les humanitaires. Ici, les religions sont respectées. (Photo Olivier Pain)
 (Photo Olivier Pain)
Inondation totale au camp de Grande-Synthe. La photo parle d’elle-même : cet homme lutte contre le vent… (Photo Olivier Pain)
(Photo Olivier Pain)
Le camp est inondé, mais cela fait le bonheur de certains ! Des enfants qui jouent sont des enfants heureux. « Ils ne comprennent pas trop pourquoi ils sont là, car les parents entretiennent un mythe autour du voyage pour que les enfants vivent sans rancoeur et sans haine. Ils les protègent. » (Photo Olivier Pain)