Tours FC : et maintenant ?

En faisant un match nul (2-2) face à Cholet, le Tours FC a signé sa relégation sportive.

(Photo Romain Gibier -NR)

Le couperet est finalement tombé vendredi : en ne parvenant qu’à un match nul face à Cholet, le Tours FC est donc relégué en National 2.

Des résultats qui n’ont pas fini de faire réagir. Sur les réseaux sociaux, nombreux sont les supporters qui ont montré leur déception.

Mais le maire de Tours, Christophe Bouchet (également président de l’OM fut un temps), a également parlé, dans les colonnes de la NR, de « cauchemar » et « d’échec total », rappelant que le club n’était « pas bien installé dans son territoire », reprochant à Jean-Marc Ettori sa gestion hors-sol du Tours FC.

Avec cette descente en N2, les Tourangeaux perdraient aussi leur statut pro. Fini, donc, les recettes liées aux droits TV et le centre de formation. Reste à voir désormais comment le club se relèvera.

Et, question sur toutes les lèvres, ce que fera Jean-Marc Ettori ?
Le soir du match, il avait lancé « C’est la fin d’une histoire »… tout en qualifiant ses joueurs de « petits jeunes, de starlettes, de princesses ». Le dernier tacle ?

Yann Robin alias Cursorr : des pouces en or

Yann Robin n’est pas qu’un simple ado fan de jeux vidéos. Derrière sa fine carrure se cache un joueur redoutable : Cursorr, un des meilleurs gamers de France, la recrue de l’équipe eSport du Tours FC.

Image32GAMER PRO

Originaire de Lyon, le lycéen de 17 ans est un grand fan de jeux de football sur PlayStation. Presque tous les FIFA sont passés entre ses mains. « Au début je jouais avec des potes pour rigoler. Et puis il y a 2 ans, j’ai fais mon premier tournoi. » Surement une des meilleures idées qu’il ait eues. En octobre 2017, Cursorr a participé au Games Tours Festival et est arrivé parmi les 3 vainqueurs. À la clef, un contrat pro d’un an dans l’équipe eSport du Tours FC. Pas une première pour Yann qui avait déjà participé au championnat pro sur console pour le club de Guingamp. En avant !

PASSION FOOT

Cursorr pose sa manette et enfile ses crampons pour redevenir Yann. Depuis l’âge de 4 ans, il court (réellement) derrière le ballon. « En ligne je peux remettre la faute sur moi si je me plante. Sur le terrain c’est différent, il faut compter sur les autres. »

GAGNER AU MENTAL

Pas d’étirement des pouces ou des poignets. « Les matchs se gagnent au mental. » La concentration est la clef de la victoire. Mais pas que : « quand le jeu sort, j’y passe 35 heures par semaine, pour apprendre toutes les techniques. Après c’est de l’ordre de 15 heures. » Un vrai boulot à temps plein. Pas le temps de niaiser !

TOUT ÇA GRATIS

Le gamer n’est pas rémunéré par le Tours FC pour ses matchs. Mais il se fait peu à peu un nom dans le milieu et gagne en expérience. Il est devenu un petit génie des boutons : plusieurs finales nationales gagnées et une participation aux championnats du monde. Suuuu !

PRIORITÉ AUX ÉTUDES

Yann garde toutefois les pieds sur terre. Même avec ses entraînements quotidiens, il sait jongler entre travail et jeu et trouve le temps pour ses cours au lycée. Un bac S à passer à la fin de l’année et une place en fac de sport à décrocher, ça ne se fera pas en combinant carré croix.
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CARTON JAUNE

L’esport, c’est pas un sport de branquignoles. Pas de triche, pas de faute attribuée à un défenseur de son équipe alors que c’est un adversaire qui a touché le ballon. Les tournois se font, certes, posé dans son canap’ en chaussettes devant son écran LED super HD 4K, mais pas sans arbitrage. « On va sur un site qui nous donne l’ordre du tournoi et l’identifiant de notre adversaire. On se met d’accord entre nous, on joue le match et à la fin, on prend une capture d’écran du résultat pour l’envoyer. »

VIRTU-RÉEL

PSG, OL, Monaco… Les grands clubs de Ligue 1 ont presque tous leur équipe eSport. Et si le Tours FC (dernier de Ligue 2 pour rappel) passait en club amateur ? Il perdrait sûrement son statut pro sur FIFA aussi. Mauvaise passe pour le club. Décidément, quand ça veut pas …

 Par Malvina Raud, étudiante à l’EPJT.

Marco Simone : portrait chinois !

Ancien attaquant virevoltant du Milan AC, du PSG ou encore de l’AS Monaco, ex-consultant sportif pour Canal + et l’Equipe Tv, Marco Simone, 47 ans est, depuis l’été dernier, l’entraîneur des bleus du Tours FC. Portait chinois de l’Italien au verbe spontané.

Marco Simone : portrait italien d'un Chinois. Euh non, portrait chinois d'un Italien.
Marco Simone : portrait italien d’un Chinois. Euh non, portrait chinois d’un Italien.

SI TU ÉTAIS UNE ÉQUIPE…

Le Real Madrid ! « Los blancos », j’ai toujours été attiré par les équipes avec des maillots blancs. Et jouer pour une telle équipe, c’est le rêve pour tous les footballeurs. J’aurais aimé porter ce maillot.

SI TU ÉTAIS UN CHANTEUR…

J’aurais aimé avoir la vie de Michael Jackson. C’était un génie !

SI TU ÉTAIS UN BUT…

Franchement, je vais dire mon plus beau but. C’était en 1992. J’étais attaquant au Milan AC avec Van Basten. On jouait contre l’AS Bari. Frank Rijkaard me fait une passe magnifique et je conclus l’action avec un geste technique extraordinaire.

SI TU ÉTAIS UN JOUEUR…

Diego Maradona ! Lui aussi était un génie. Je suis attiré par les génies. Quand on dit Maradona, tout le monde comprend. C’est l’essence du football.

SI TU ÉTAIS UNE FEMME…

Je ferais l’amour tous les jours ! C’est la vérité ! (rires)

SI TU ÉTAIS UN ENTRAÎNEUR…

Arrigo Sacchi sans hésiter. J’ai eu la chance de le connaître et d’être sous ses ordres. Dans le football, il y a de bons entraîneurs et il y a des génies. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’on l’appelait « Le Mage ».

SI TU ÉTAIS UNE OEUVRE D’ART…

L’Ultima Cena de Leonardo Da Vinci..

SI TU ÉTAIS UNE INSULTE…

Porca Puttena ! (putain de merde) Ce n’est pas tellement une insulte. À vrai dire, c’est une expression que l’humoriste italien Lino Banfi utilise beaucoup avec son accent du sud. (rires)

SI TU ÉTAIS UN ANIMAL…

Un cheval avec l’esprit d’un cochon ! (rires)

SI TU ÉTAIS UN LIVRE…

Il y a un livre que je relis souvent. C’est Le portrait de Dorian Gray, d’Oscar Wilde. On va dire que c’est le premier bouquin « intellectuel » que j’ai lu et que j’ai terminé… (rires)

SI TU ÉTAIS UN PLAT…

Une île flottante ! Le principe de l’île me parle et j’adore la crème anglaise.

SI TU ÉTAIS UN STADE…

J’aimerais être deux stadesŸ: San Siro et Santiago Bernabéu. Quand tu joues dans ces arènes, tu te sens tout petit.

SI TU ÉTAIS UN CONSULTANT SPORTIF…

J’ai beaucoup aimé travailler avec Didier Roustan. Sa manière de voir les choses, de les interpréter et de les analyser… il sort du cadre traditionnel du journaliste sportif. C’est quelqu’un que j’estime.

Par Hugo Lanoë
Photo : Thomas Chatriot

Le match Fifa 2014 – Billy vs Aly

Deux joueurs du TFC, Aly Coulibaly (U19) et Billy Ketkeophomphone, s’affrontent sur le célèbre jeu vidéo. Résumé et réactions en vidéo.

Le Bayern pour Billy, le Real Madrid pour Aly.
Le Bayern pour Billy, le Real Madrid pour Aly.

Il a l’air décontracté, à la cool. Claquettes aux pieds, Aly Coulibaly est calé au fond du canapé, au centre d’entraînement du Tours FC. « Je suis confiant pour le match, je pronostique une victoire 3-1 », déclare le milieu défensif de l’équipe des U19 (moins de 19 ans). Il ne parle pas de la rencontre du week-end, mais de celle sur Fifa 2014. Le jeune homme a accepté de défier un pro du TFC et adepte du jeu : Billy Ketkeophomphone. « Attention, moi je suis nul », prévient modestement ce dernier en débarquant dans le salon.
L’ailier joue quasiment à l’extérieur. Plusieurs coéquipiers d’Aly sont venus supporter leur poulain. « Il va gagner », assure Bingourou Kamara. Le jeu est culte pour des millions de joueurs. Et touche les premiers intéressés. « Il y en a qui y passent des nuits », balance un U19. Chez les pros, quelques joueurs tâtent régulièrement la manette. « On se fait parfois des soirées avec Christian Kouakou, Julien Cetout, Andy Delort… », raconte Ketkeo. Aly prend le Real Madrid « pour l’attaque ». Ketkeo choisit le Bayern Munich. Il souhaite « conserver le ballon et essayer de passer par les côtés avec Robben et Ribéry ».
« Ca va plus vite sur un terrain »
ça chambre !

D’entrée de match, il applique son plan à la lettre, fait tourner le ballon habilement, percute sur les ailes. Aly ne voit pas le jour. « Billy, c’est un bluffeur », chambre Ibrahim, surpris de voir son pote en difficulté. « On ne voit pas le Aly habituel, il a la pression », complète Bingourou. Au bout de 20 minutes, le joueur des U19 se réveille avec deux frappes non cadrées. À la mi-temps, l’analyse est limpide. « C’est un match fermé, on s’observe », juge Ketkeo.
Ailier chez les pros, il écarte naturellement sur les côtés sur Fifa. « Mais sur console, on tente plus de gestes techniques, des frappes de loin. On a plus le temps. Sur un terrain, ça va plus vite », poursuit-il. Lui, c’est sûr, va plus vite qu’Aly. Suite à un débordement, il ouvre le score à la 70e, grâce à « un but de raccroc » de Ribéry. Aly ne s’en relèvera pas, malgré une grosse occasion dans les arrêts de jeu. « On ne l’entend plus », raille ses potes. Il aimerait une revanche. Saïf, son coéquipier, se charge de le venger, et inflige un 3-0 à Ketkeo en seulement dix minutes.


Les réactions des deux joueurs en vidéo
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Le jeu
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FIFA est une des séries les plus attendues de l’année par les gamers fans de sport. Considérée comme la référence des jeux vidéo de football, la simulation d’EA sports a supplanté son rival PES (édité par Konami) depuis quatre à cinq ans. Fifa est désormais jugé « plus fluide, plus réaliste » comme l’indique Ketkeo. Le mode jeu en ligne est très prisé, multipliant les possibilités de rencontre.
Les équipes fétiches
Pour Aly, c’est le Real Madrid. Il s’est quand même fait chambrer pour avoir aligné Karim Benzema comme titulaire… Billy est plutôt « Bayern, ou Arsenal. Les équipes qui jouent au ballon. Barcelone aussi, mais un peu moins, j’ai plus de mal à jouer avec. ».
Les U19
L’équipe est pour l’instant en tête du groupe C du championnat national des U19, avec 10 victoires en 14 matches. Ils détiennent aussi la meilleure défense (13 buts encaissés seulement).

Qui es-tu Ketkeophomphone ?

Comptant parmi les révélations du début de saison du TFC, l’ailier au nom imprononçable possède une trajectoire complexe.

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Il rigole encore de ce qui circule sur sa page Wikipedia. Sur son identité complète, il est écrit « Vilayphone Ketkeophomphone ». « Mais Vilayphone, c’est n’importe quoi ! Mon prénom est Billy ! », s’exclame le garçon de 23 ans. Son nom est bien l’original. La prononciation s’avère compliquée. À l’image de son parcours, jamais linéaire.
Première étape : intégrer l’Institut national de foot (INF) de Clairefontaine. « Le rêve de tout gamin qui veut faire du foot », dit Billy. Originaire du Val-de-Marne, il évolue dans le petit club de Bussy-Saint- Georges. Autrement dit : un monde d’écart par rapport aux candidats. « Les tests m’ont marqué. Je ne connaissais pas grand-monde dans le milieu », glisse-t-il. Passé les détections, il se souvient de « la difficulté » d’être séparé de sa famille. Son père, ancien chauffeur de taxi, immigré Laotien arrivé il y a une trentaine d’années, avale des kilomètres chaque week-end pour le ramener à la maison. La dernière année, le PSG s’intéresse à lui. « J’ai finalement choisi Strasbourg. Je sais qu’à Paris, c’est compliqué de percer pour les jeunes », confie-t-il.
« A chaque fois qu’il commençait à être bon, il se blessait »
La trajectoire idéale s’étiole doucement. Difficile passage au monde professionnel. « J’aurais aimé percer plus vite. Je voyais mes camarades aller en équipe première », analyse Ketkeo. La récompense intervient en novembre 2009, en Coupe de France. Premier match et premier but. Il joue plus l’année suivante, quand Strasbourg tombe en National. Le club est rétrogradé administrativement en CFA2 (5e division) la saison d’après. « Le président a fait n’importe quoi… Cela m’a poussé à partir ».
Billy subit encore au FC Sion, en Suisse. Six mois sans jouer, il patiente. « Je m’entraînais pour moi », explique-t-il. Quand le TFC débarque en janvier 2012, il « saute sur l’occasion ». À Tours, il est vite freiné. « On savait qu’il était capable. Mais à chaque fois qu’il commençait à être bon, il se blessait », regrette Bernard Blaquart.
Derrière les quatre buts de ce début de saison, Ketkeo cache une douleur personnelle. Celle d’avoir perdu une de ses filles, il y a quelques semaines. « Tous les jours, j’y pense. Et elle me donne de la force », estime-t-il. Stabilisé niveau foot, il espère surtout pouvoir aller au Laos, avec sa famille, d’ici quelques années. « Pour découvrir mes racines ». Il a approché la Fédération pour jouer avec l’équipe nationale. Et se marre : « Il y a eu un malentendu, ils voulaient me faire jouer dans un club ». Une étape qui n’aurait pas détonné dans son parcours.


SON PLAT PRÉFÉRÉ
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« Les plats de ma maman ! J’adore la soupe Khao Pun ». À base de nouilles de riz, du bouillon au lait de coco et des légumes. « Mais bon, je ne sais pas cuisiner laotien. Alors j’en profite quand je vois mes parents ! ».
DANS SES OREILLES
« Au niveau rap français, j’aime bien La Fouine. J’écoute aussi du hip-hop US, avec Wale ou Chris Brown. En ce moment, aussi pas mal Génération Goldman. J’écoute donc de tout. »
SES CHEVEUX
« J’essaye de changer tous les mois. Avoir un truc qu’on ne voit pas tous les jours, qui sort de l’ordinaire. » En ce moment, il arbore une petite touffe sur le crâne, sur des cheveux courts.
UN FILM
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« Cette année, j’ai kiffé Django. Globalement, tous les films de Tarantino, comme Pulp Fiction, ça bouge bien ! »

Vivez foot, mangez foot !

La saison est terminée. Encore faim de foot ? Foncez à la Salamandre, le restaurant du TFC.

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Ballon, bières et bouffe. Le triptyque rêvé des accrocs du ballon rond prend forme à la Salamandre, le nouveau restaurant du Tours FC, depuis le 2 avril dernier. L’endroit jouxte les terrains des jeunes du centre de formation, visibles depuis l’intérieur grâce à une large baie vitrée. Ici, on joue en Ligue 1 de la restauration.
Le terrain de jeu est propre, coloré. Des fauteuils mauves, verts, associés à des sets de table rayés. Les courbes apparaissent arrondies, comme celles d’un ballon. Élégance. « On a cherché à se démarquer de l’univers foot. Par exemple, il n’y a pas de photos de l’équipe », précise Kathy, serveuse. D’emblée, le client est marqué à la culotte. « On s’adresse à tout le monde. Il y a des dirigeants du club, des partenaires, des parents des jeunes du centre, des membres du tennis club d’Indre-et-Loire situé à côté », résume Kathy. Abordable pour ceux qui ne savent plus trop ce qu’il reste dans leur portefeuille, à l’instar du TFC. La formule de base (12,90 € pour un plat et un dessert) coûte moins cher qu’une place en loge.
Le lien avec le club apparaît également dans le nom de l’enseigne, gérée par le groupe Casino. « La salamandre est présente sur le logo du club et c’est aussi un appareil de cuisine », continue Kathy. Avec de la chance, les fans pourront croiser les joueurs du club, quand ils seront revenus de vacances. « Benjamin Leroy est déjà venu manger », relève la serveuse avec fierté.
Une fois le repas terminé, on peut jouer la troisième mi-temps avec un dernier coup à boire avant de rentrer s’étirer le ventre. Pas d’inquiétude, il n’y aura pas de contrôle antidopage au sein du restaurant, puisque les toilettes sont situées à l’accueil du siège du club, quelques mètres plus loin.
Restaurant-brasserie La Salamandre, 2 rue Ladoumègue à Tours. Du lundi au vendredi, de 11h45 à 14h30. Les soirs et le week-end sur réservation. 02.47.05.24.67.


DANS L’ASSIETTE
UNE ENTRÉE
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Les rondelles chaudes de fromage de chèvre ressemblent à des ballons. Bel échauffement !
UN PLAT
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Une brochette d’onglet de boeuf, avec un joli soufflé de pommes de terre. Superbe lucarne !
UN DESSERT
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Un petit gâteau au chocolat, ça ne vous empêchera pas d’aller sur le terrain le dimanche matin. On ne lâche rien dans les arrêts de jeu.

Zeidler, chef d’orchestre du TFC

Ancien prof de français, ex-entraîneur adjoint d’Hoffenheim, Peter Zeidler est le coach du Tours FC depuis le début de la saison. Rencontre.

Ancien prof de français, ex-entraîneur adjoint d’Hoffenheim, Peter Zeidler est le coach du Tours FC. Rencontre.

(Photo dr)

Vous avez été prof pendant vingt ans. Entraîner une équipe de foot, est-ce si différent ?

 Entraîner une équipe professionnelle, ce n’est pas très loin d’un projet éducatif. Les joueurs comme les élèves, sont jugés chaque semaine. Il y a la vie du groupe. C’est un aspect essentiel et qui me plaît. Par exemple, il faut faire avec le problème de la concurrence, la gestion des remplaçants.

Vous sortez aussi d’une aventure sportive insolite à Hoffenheim…

Oui, j’étais entraîneur-adjoint à Hoffenheim, je dirigeais les séances. Derrière nous, il y avait un milliardaire qui avait grandi dans ce petit village de 3 500 habitants, qui y avait joué au foot et qui avait décidé d’investir dans l’équipe locale. Il l’a dotée d’un centre d’entraînement qui est peut-être le plus moderne d’Europe et même d’un stade ! Je suis arrivé quand l’équipe était en D 2. J’avais fait le choix, avant d’y aller, de quitter la fonction publique et mon poste d’enseignant de français et d’éducation physique, ce qui n’était pas forcément un choix facile. Puis, nous sommes très vite montés en Bundesliga. Nous avons été champions d’automne et nous rêvions d’Europe. C’était vraiment un rêve que je réalisais.

À Tours, comment gérez-vous la pression ?

On le sait bien : on gagne le vendredi, ce que l’on fait, c’est super ; on perd, c’est nul. La pression
existe toujours mais, pour moi, elle est positive, elle me motive. En fait, je trouve ici ce que je n’avais pas à l’Hoffenheim. Moi, ce qui m’intéresse, c’est la construction de quelque chose, le projet humain et sportif.

Si vous deviez donner trois mots pour vous définir, quels seraient-ils ?

La passion, l’enthousiasme et le plaisir.

Dans le salon de Peter Zeidler