4 000 km à la force des bras

Avez-vous croisé, la semaine dernière, un trentenaire installé sur un curieux vélo ? De passage à Tours, ce Biélorusse handicapé moteur nous a raconté comment il avance sur le chemin de son rêve. Une belle leçon de vie.

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a un sacré coup de pédale. Alexandre Avdevich enfile les kilomètres : pas moins d’une centaine par étape. Et pourtant, il pédale avec les mains. Assis sur un siège noir à quelques centimètres du sol, il garde les jambes allongées tandis que ses bras redoublent d’efforts. Une sacrée performance physique. D’autant que le jeune sportif est parti de Minsk, la capitale de la Biélorussie, le 1er juillet dernier. Et qu’il lui reste, au bas mot, un bon mois de périple. Sa destination ? Porto. C’est là-bas qu’il compte rejoindre l’océan. Et réaliser ainsi son rêve le plus cher. Un rêve qu’il aurait pu croire inaccessible, lui qui est devenu paraplégique en 2011 suite à un terrible accident de moto.
Sa nouvelle condition de personne handicapée l’amène alors à s’interroger : « Je vis à Lida, une ville de 100 000 habitants qui compte 3 000 personnes en fauteuil roulant. Et pourtant, je ne les vois nulle part. En Biélorussie, il est très difficile de se déplacer en fauteuil roulant. Où sont ces gens ? Comment vivent-ils ? »

En 2013, il décide de donner une place à ces invisibles : il crée un centre adapté, avec une salle de sport et une piscine où les personnes en fauteuil peuvent venir s’exercer gratuitement. « Pratiquer chaque jour est indispensable. Le problème, c’est que la rééducation à l’hôpital, très chère, est inaccessible à la majorité des Biélorusses, regrette le trentenaire. Avec une centaine d’euros d’aide par mois, les personnes en fauteuil roulant n’ont pas les moyens de se payer les soins et le matériel nécessaires, comme une voiture, un fauteuil… Pourtant, elles en auraient besoin pour vivre bien. »

Aussi, la plupart ne travaillent pas car l’environnement n’est pas adapté. Et la moindre sortie devient un vrai parcours du combattant. Mais Alexandre Avdevich n’est pas du genre à baisser les bras. Jamais à court d’idées, il décide de donner la parole aux personnes handicapées grâce à sa chaîne YouTube « Invalife ». Il partage l’expérience de ceux qui réussissent à travailler. Il raconte, aussi, comment il a accompagné plusieurs proches dans la réalisation de leur rêve. Faire du quad, aller à un concert de rock, voir un spectacle de cirque…
Pour cet optimiste, rien n’est impossible. « Aujourd’hui, c’est mon rêve que je réalise : rejoindre l’océan à Porto. » Derrière lui flottent les fanions des pays qu’il a déjà traversés : Lituanie, Suède, Pays-Bas, Allemagne… 4 000 kilomètres pour transmettre un message : « Ne te contente pas d’essayer, fais-le ! »

Portrait par Nathalie Picard

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Porto, sans modération

Renommée pour son vin et pour son club de foot, Porto vous enivre aussi par ses balades le long du Douro et ses monuments historiques.

ESCAPADE_LEAD
1. La quartier de la Cathédrale
Première surprise pour les touristes : le monument est une cathédrale-forteresse, contrairement à ce que l’on voit en France. Elle date du XIIe siècle, quand la ville a été fondée et est située sur une petite colline. Il offre donc une belle vue sur les Douro et les berges Ribeira. Les amoureux d’architecture peuvent visiter le palais épiscopal, juste à côté de la cathédrale.
2. Ribeira et ses berges
Pour flâner en journée le long des quais. Ou faire la fête toute la nuit. On trouve d’un côté des restaurants pour manger des tripes à la mode de Porto, la spécialité locale, et des habitations très colorées. De l’autre, les caves de Porto pour goûter les meilleurs millésimes. Les deux berges sont reliées par le pont Dom Luis, construit par Théophile Seyrig, un disciple de Gustave Eiffel. Vous noterez la grande ressemblance avec la Tour !
3. Le quartier Baixa
Au nord-est de la cathédrale, le quartier est élégant et plus sobre que Ribeira. Il garde des traces d’architecture française. Si vous n’avez pas abusé du Porto, montez les 240 marches de la Tour de Clercs, qui culmine à 76 mètres. Un arrêt à la gare Sao Bento est ensuite indispensable pour admirer les azulejos, des carreaux de faïence décorés, représentant des scènes de l’histoire portugaise. Enfin, la librairie Lello est une des plus belles d’Europe, avec un intérieur en bois sculpté doré et une jolie verrière.
4. Le marché Bolhoe
Des odeurs, du bruit, de la foule. Un marché datant de 1839, implanté dans un superbe bâtiment néo-classique depuis le début du XXe siècle. On trouve de tout : des légumes, des fleurs, des vêtements… et, bien sûr, du poisson. Le véritable spectacle, c’est de regarder et d’écouter les poissonnières crier sur chaque étal. Attention à vos oreilles.
5. La plage à Espinho
Pour profiter des plages, il est conseillé de sortir de Porto. Pas de panique, vous pouvez rejoindre celle d’Espinho en 30 minutes depuis le centre-ville, et en métro, s’il vous plaît ! Un coin peinard, pour laisser vos gamins participer à un tournoi de volley-ball, une des nombreuses animations organisées chaque jour durant l’été.
6. Le Majestic
Le plus vieux café de la ville de Porto, bâti en 1921, et connu dans tout le pays. Inspiré par une architecture française, le café a gardé toutes les traces de la Belle époque. Vous trouverez des serveurs très classes au milieu des murs en marbre, des chandeliers et des nombreux miroirs. L’endroit est souvent utilisé pour des décors de films.


PETITE HISTOIRE DU VIN
Le vin de Porto est issu des vignobles situés en terres intérieures (Alto Douro). Il tire son nom de son port d’exportation. Le vin était auparavant acheminé par le fleuve et était vieilli dans les fûts à Porto, où se trouvent toujours toutes les caves. Musée du vin de Porto.  Rua de Monchique, 45 – 52 4050-394. Porto.
OÙ FAIRE DU SHOPPING ?
ESCAPADE_SHOPPINGLe centre commercial Norte Shopping est réputé pour être l’un des plus modernes du pays. Le paradis des acheteurs compulsifs. Et de ceux qui veulent juste ramener un petit souvenir. Boutiques de luxe, vêtements, supermarchés, restaurants et même un cinéma ouvert jusqu’à… 3 h du matin.
 
 
 
NOTRE GUIDE
ESCAPADE_GUIDEJORGE CARVALHO
47 ans, président de l’association Soleil du Portugal à Joué-lès-Tours. Arrivé à 4 ans en France, il retourne tous les étés à Porto, sa ville natale.