Touraine : nos 36 idées de sorties et bons plans pour les vacances et l’été

Pour passer un bel été, suivez nos conseils, nos bonnes idées et nos idées d’escapades. Du 100 % Touraine !

Pas envie de rester coincé(e) sur une plage dans le Sud avec des enfants qui crient et vous jettent du sable dessus ? Pas envie de partir en crise de nerfs pour savoir quoi faire et où partir en vacances ?
Et si on restait en Touraine ? Tmv vous propose une grosse trentaine de bonnes idées d’escapades pour apprécier notre belle région.

Retrouvez-les dans notre dossier spécial, paru dans le dernier numéro de tmv.

A télécharger sans modération ICI ! 

 

 

 

 

 

 

 

On a testé Le Kiosk, le restaurant éphémère aux Beaux-arts

Installé dans le jardin du Musée des Beaux-arts, Le Kiosk est un restaurant éphémère, prévu de rester là jusqu’à la mi-septembre. Il fallait forcément que l’équipe de tmv aille y faire un petit tour…

 

C’est l’un des bons plans de cet été : le Kiosk est un restaurant éphémère qui vient de poser ses valises… dans le jardin du Musée des Beaux-arts ! Cette initiative de la Ville est toute récente. Le Kiosk n’a ouvert que le 15 juin dernier, mais il compte déjà ses adeptes. Autant vous dire que les quelques tables (une vingtaine de couverts au total) sont prises d’assaut les beaux jours. Ce qui n’est pas étonnant, puisque d’une part, le cadre est on ne peut plus plaisant, et d’autre part, cet espace de restauration ne restera que jusqu’au 15 septembre.

Direction les Beaux-arts, donc ! Dans la structure couleur vert olive, Hervé Aubin et son fils Siméon s’affairent. Le papa a lâché sa carrière dans l’informatique il y a quelques années pour se lancer dans la cuisine ; il sort de l’École de la seconde chance de Thierry Marx. Le fiston est à Sciences Po Lille (« mais mon cœur est à Tours ! », lance-t-il aux clients) ; il aide son père et c’est lui qui, de bien bonne humeur, prend notre commande.

Place aux produits de Touraine

Il y a un duo de silure à la carte, mais on opte plutôt pour le curry vert de poulet, riz, brocolis et lamelles de carottes. Pour nous faire patienter, Hervé offre un sablé de parmesan avec mousse de roquette au top. On se repose tranquillement sous les arbres du jardin, sirotant un jus de pommes des Vergers de la Manse. Parce qu’ici, c’est produits de Touraine à tous les étages !

La petite famille à la tête du Kiosk travaille ses plats et a l’envie de la cuisine bien faite. C’est frais et gourmand, et nos voisin(e)s sont tout autant séduit(e)s. On a aussi aimé le fait de débarrasser soi-même sa table (oui, oui), car tout est trié. Et si l’on prend à emporter, c’est du recyclable !

Le Kiosk est donc une idée charmante dans un cadre qui l’est tout autant. De quoi nous donner envie d’y retourner en début de soirée pour les planchettes et assiettes de dégustation, avant un passage au prochain spectacle Son et lumières ?

Aurélien Germain


>Le Kiosk, resto éphémère au jardin des Beaux-arts jusqu’au 15 septembre.
L’addition : formules entrée/ plat ou plat/dessert à 12,90 €. Ou 15,90 € avec dessert. Glaces de 2,50 à 5,50 €. Café gourmand : 4,50 €.
> Possibilité de manger sur place ou prendre à emporter. Plats le midi, gourmandises l’après-midi et assiettes de dégustation en soirée, à partir de 18 h.
> Ouvert tous les jours. De 11 h à 20 h 30 (ou du moins jusqu’à la fermeture du jardin quand il y aura le spectacle Son et lumières Les Nuits Renaissance).

> Contact instagram.com/ le_kiosk_ ou par téléphone : 06 08 71 91 90 ou lekiosktours.com

Entraide Scolaire Amicale : quand les seniors jouent les tuteurs

#SolidaritéIntergénérationnelle [5/5] Les bénévoles de l’Entraide Scolaire Amicale se rendent au domicile d’un élève d’Indre-et-Loire pour l’aider. De jolis liens se créent ainsi.

Chaque semaine, 400 bénévoles de l’Entraide Scolaire Amicale se rendent chacun au domicile d’un élève d’Indre-et-Loire. Plus de la moitié de ces bénévoles sont des retraités. Du CP à la terminale, environ 400 jeunes sont donc accompagnés par cette escouade de bons samaritains, pour un soutien scolaire pas comme les autres, accessible à des familles qui n’ont pas beaucoup de moyens. L’association organise aussi des sorties culturelles en groupe.

Mais l’essentiel de l’activité, c’est cette heure hebdomadaire que chaque duo passe à travailler, à revoir les cours de la semaine… et même à envisager l’avenir, comme Antoine, responsable pour le département 37 et bénévole depuis 2011, et la jeune Sadia, qu’il accompagne depuis déjà quatre ans.

ANTOINE, 74 ANS

« Avant de prendre ma retraite, un ami m’avait dit “quand on est retraité on ne sert plus à rien”. Et j’avais conscience que j’avais eu de la chance : j’ai grandi dans une famille modeste, mais mes parents me soutenaient, me faisaient travailler à l’école, ce qui m’a permis de bien m’en sortir. En prenant ma retraite j’ai donc voulu renvoyer l’ascenseur, en aidant des jeunes, tout en étant utile. Je ne sais pas qui aide qui au final… ?

Après une carrière d’ingénieur dans l’aéronautique, j’aide surtout des lycéens en maths et en physique, et je me retrouve à répondre à des questions de philo ou de sciences éco ! Certains jeunes que j’ai accompagnés continuent à me donner des nouvelles, tous ont des belles histoires… Sadia vient d’être acceptée en fac de droit car elle souhaite devenir notaire, je suis heureux ! »

Sadia, élève de terminale

« Antoine me suit depuis que je suis en 3e. Il m’a beaucoup aidée, il y a vraiment eu un avant et un après. Ma moyenne a augmenté. Il m’a permis d’aimer les cours, de bien comprendre les consignes avant de répondre… Il corrige ce que je fais, il me parle de mes erreurs. Il m’aide à progresser ».


> Pour devenir bénévole ou obtenir des renseignements sur l’antenne de l’Entraide Scolaire Amicale proche de chez vous, rendez-vous sur https://www.entraidescolaireamicale.org/

 

Ensemble2générations : la coloc’ inattendue et intergénérationnelle

#SolidaritéIntergénérationnelle [4/5] Chacun n’est plus « jeune » ou « âgé » mais devient une personne ! Cette citation de Typhaine de Penfentenyo résume à merveille l’état d’esprit de toutes les actions de solidarité intergénérationnelle. Cette dernière est la fondatrice d’ensemble2générations, une association de cohabitation intergénérationnelle, qui dispose de 41 agences en France dont celle de Tours.

CHRISTINE MARCHAND, RESPONSABLE DE L’AGENCE ENSEMBLE2GÉNÉRATIONS À TOURS.

« Ce fut une année assez particulière, comme vous pouvez vous en douter, à cause du confinement, il y a eu beaucoup moins de cohabitations puisqu’une partie des seniors a préféré s’isoler. C’est pourquoi nous avons fait en sorte de respecter le mieux possible les gestes barrières pour ceux qui sont restés, et ainsi éviter toute transmission du virus.

La cohabitation intergénérationnelle est vraiment une source de solidarité, beaucoup d’étudiants décident de prolonger pour prendre soin des seniors et par ailleurs, quasiment la totalité des étudiants restent en contact téléphonique avec leur cohabitant

Lucie Mahy, étudiante en prépa et cohabitante à ensemble2générations.

« Lorsque j’ai été prise en prépa à Tours, je me suis renseignée sur l’association ensemble2générations, puisque les logements étudiants étaient relativement chers. J’ai pu passer un entretien avec Mme Madrid, qui est devenue par la suite, ma cohabitante et désormais bien plus, c’est un peu ma deuxième mamie. Lorsque je l’ai rencontrée pour la première fois, il y avait un peu de gêne, on ne sait pas quoi se dire.

Et depuis, le feeling est incroyable, on passe des heures à parler de tout et de rien, et c’est ce que je recherchais, je ne voulais surtout pas être seule dans mon appartement du matin au soir. Franchement c’est une expérience super enrichissante, l’année prochaine je serai encore aux côtés de Madame Madrid. Je ne peux que conseiller aux gens qui aiment l’aide à la personne de vivre ce que j’ai vécu, car c’est vraiment une routine qui responsabilise et qui aide encore plus à devenir sociable et à l’écoute des autres. »


> Pour en savoir plus :
https://ensemble2generations.fr/

 

En Selle Marcelle : des balades en triporteur pour sortir les personnes âgées de l’isolement

#SolidaritéIntergénérationnelle [2/5] Des amis tourangeaux ont lancé « En Selle Marcelle » : cette asso propose des balades en triporteur pour les personnes âgées.

En selle Marcelle : ça roule pour les personnes âgées ! Fini le fauteuil roulant ou le déambulateur, bonjour le triporteur ? En tout cas, vous devriez voir bientôt des personnes âgées se balader sur ces engins, grâce à des bénévoles aux bons mollets dans les rues de la Membrolle, Joué-lès-Tours, Chambray…

A l’origine de ce projet, on trouve six amis motivés pour apporter un peu de contact humain et de plein-air aux résidents de plusieurs Ehpad de l’agglomération tourangelle. « On s’est mis en contact avec d’autres associations qui mènent déjà ces actions dans d’autres villes : Happy-Syklett dans le Morbihan, Ami Cyclette à Morlaix qui nous ont conseillées. Le but des balades, ce n’est pas faire des dizaines de kilomètres, c’est avant tout favoriser un moment d’échange entre bénévole et résident d’Ehpad », explique Pauline Guillemin, membre de l’association En Selle Marcelle.

Lauréate du budget participatif du conseil départemental 2020, l’association devrait recevoir ces premiers triporteurs à assistance électrique courant juin. Si les personnes âgées intéressées ne manquent pas, il reste des places de cyclistes à pourvoir.

Avis aux amateurs de balades en deux-roues et de rencontres forcément enrichissantes !


> Suivez le projet sur leur page Facebook en cliquant juste ici ! 

 

Ecoles à Tours : opération rénovation (énergétique !)

La Ville de Tours prévoit un investissement de 73 millions d’euros pour la rénovation énergétique ou la reconstruction de onze écoles.

La future école Jean De La Fontaine. (© Visuel cabinet Alta, architecte Gwenaëlle Le Chapelain)

Les faits

L’école maternelle Jean de la Fontaine, à Tours, va être démolie pour être reconstruite avec une ossature en bois. Agrandie (cinq classes contre trois), elle sera également isolée avec de la paille et des bardages en bois, et un toit en zinc (voir photo du visuel architecte ci-dessus). L’orientation de l’établissement tiendra compte de l’ensoleillement et la cour devra éviter les îlots de chaleur.

D’après la municipalité, 80 % de l’espace sera consacré « au jeu et au végétal » et « 20 % au béton clair plutôt que du bitume ». Les travaux, qui doivent commencer en 2022, s’achèveront normalement en 2024. Près de 7,5 millions d’euros seront investis pour cela.

Le contexte

Cette reconstruction est l’une des grandes lignes du plan « écoles en transition » de la nouvelle majorité : 73 millions d’euros doivent être consacrés à la rénovation énergétique ou la reconstruction de onze écoles d’ici à 2027.

D’autres établissements sont concernés par ce projet global. Il s’agit de l’école élémentaire Claude-Bernard (pour une démolition et reconstruction) et de la primaire Camus-Maurois (pour l’aspect restauration et une extension). Il y aura aussi la rénovation énergétique de la primaire Gustave-Flaubert, l’élémentaire Giraudoux, la maternelle/élémentaire Arthur-Rimbaud. Mais aussi la démolition- reconstruction-extension des maternelles Marie-Curie, Kleiber, Mermoz et l’élémentaire Maryse-Bastié.

Le point de vue

Pour le maire Emmanuel Denis, cette rénovation de l’école Jean De La Fontaine est « un projet exemplaire ». L’adjoint à l’éducation, Franck Gagnaire, estime pour sa part que cette école était trop petite. « La partie élémentaire a été reconstruite en 2014, la maternelle attendait son tour. » Quant au programme global concernant les autres écoles, Emmanuel Denis a déclaré : « Cela fera onze passoires énergétiques en moins. Soit un gain de 150 t de gaz à effet de serre généré par la Ville en moins. »

Aurélien Germain

Tours : la Ville souhaite un bar-restaurant éphémère dans la cour du Musée des Beaux-arts

La Ville de Tours souhaite mettre en place « une offre de restauration accessible à tout public » dans la cour du Musée des Beaux-arts. Celui-ci serait ouvert du 1er juin au 30 septembre. Un appel d’offres a été lancé.

La cour du Musée des Beaux-arts doit accueillir un restaurant éphémère cet été. (Photo archives tmv/Julien Pruvost)

Et si on cassait la croûte dans la cour du Musée des Beaux-arts ? C’est en tout cas le souhait de la municipalité (*) qui aimerait y mettre en place un service de restauration éphémère du 1er juin au 30 septembre 2021. Un appel d’offres a d’ailleurs été lancé (vous pouvez le découvrir et candidater en cliquant ICI).

« Le prestataire proposera une offre bar proposant diverses boissons et une offre restauration, à consommer sur place et/ou à emporter », précise l’appel d’offres de la municipalité. « La Ville de Tours sera soucieuse des produits proposés et de leur provenance, ainsi que de la démarche écoresponsable de l’exposant. »

Il est par ailleurs indiqué qu’une « offre abordable en terme de prix de vente » sera demandé. Le prestataire devra fournir sa propre structure « pour assurer la prestation de restauration éphémère ».

Les candidatures peuvent être envoyées jusqu’au 3 mai, à 16 h, par lettre recommandée avec accusé de réception.

(*) Le Musée des Beaux-arts est propriété de la Ville de Tours.


> A noter également que le jardin du Musée devrait accueillir de nouveau le spectacle Son et lumières, sur le thème de la Renaissance, du 25 juin au 5 septembre prochains.

Indre-et-Loire : paroles de télétravailleurs et télétravailleuses

[2/2] Un an après, entre déconfinement, reconfinements et couvre-feu, une bonne partie des Français vit encore sur un rythme boulot-dodo, où le métro (le vélo ou l’auto) ont disparu des radars. Et pour vous, ça se passe comment le télétravail ? Tmv a eu envie de vous poser la question…

FRANCK, FORMATEUR SÉCURITÉ SNCF

« Lors du premier confinement, on était en 100 % télétravail, ce qui n’est pas simple pour assurer des formations. Mais comme les personnes ont à nouveau le droit de se déplacer pour la formation professionnelle, je suis maintenant sur mon lieu de travail quatre jours par semaine, et en télétravail le vendredi. »

LES +

J’aime bien cette répartition 4 jours/1 jour, cela permet d’être en contact avec les collègues et les stagiaires. C’est quand même plus simple pour bien faire mon travail ! Lorsque nous étions en 100 % télétravail nous avions réfléchi avec d’autres formateurs sur la manière d’assurer une formation à distance sur Teams, en maintenant l’intérêt des stagiaires, avec des travaux de groupes par exemple. Et puis il y a le temps de trajet en moins !

LES –

Si c’était tous les jours, je ne tiendrais pas ! Certes cela donne une flexibilité sur les horaires, ça m’est arrivé de travailler le soir pour faire autre chose en journée, mais le lien social me manquait trop quand j’étais 100 % en télétravail. J’ai beaucoup utilisé les réseaux sociaux pour maintenir une vie sociale, une activité, car rester toute la journée à la maison me pesait beaucoup.

(Photo illustration NR – Julien Pruvost)

Hubert, sous-directeur RH à la Caf Touraine

« Depuis 2016, les salariés dont les missions sont télétravaillables peuvent travailler en “pendulaire”, avec deux à trois jours par semaine en télétravail. Et plus récemment nous avons aussi mis en place un accord sur le travail nomade : 24 jours possibles de télétravail par an. En mars 2020 nous sommes bien sûr passés en 100 % télétravail et, depuis mai dernier, certains salariés sont revenus sur site. Aujourd’hui, on estime à moins de 40 % de nos 260 agents ceux qui sont présents dans nos locaux. »

LES +

Avant même le confinement, nos premiers bilans montraient de grands avantages sur la gestion vie privée/vie professionnelle pour la cinquantaine d’agents qui travaillaient en pendulaire, avec aussi une réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Et même si ce n’était pas l’objectif, il y a eu une hausse de leur productivité. Le passage en 100 % nous a poussé à accélérer certaines mutations avec la simplification de certaines procédures. Et cela nous a permis d’identifier plus finement les postes et les tâches qui sont télétravaillables.

LES –

Bien sûr nous avons mis un peu de temps à adapter le réseau pour que tous les agents puissent se connecter à distance. Et mettre tout le monde en télétravail a supposé des investissements : deux écrans et un casque par agent, en plus de l’unité centrale d’ordinateur et, pour ceux qui le souhaitent, une webcam ou une clé 4G et parfois un fauteuil. Si de nombreux agents apprécient le travail à distance, nous sommes attentifs à ceux qui souhaitent être sur place, car les conditions à domicile ou leur maîtrise des outils informatiques ne sont pas bonnes, ou parce qu’ils sont psychologiquement fragiles. Le télétravail ne convient pas à tout le monde.

(Photo illustration NR)

Patrick, enseignant en informatique et chef du département GEA – IUT de Tours

« Depuis mars 2020, nous sommes passés au télé-enseignement, avec les embûches que cela suppose tant pour les étudiants que pour les enseignants. Même si les enseignants ont l’habitude de travailler chez eux, pour toute la préparation des cours, donner son cours à distance ce n’est pas la même chose ! »

LES +

Cela amènera peut-être une réflexion sur l’évolution de l’enseignement supérieur. Je me demande par exemple si les cours magistraux en amphi, avec peu d’interactions, valent le coup d’être en présentiel ?

LES –

Je dresse tout de même un constat plutôt négatif de tout cela : outre les soucis d’adaptation des enseignants au tout début, qui ont dû appréhender de nouveaux outils, adapter leur pédagogie, sans compter les soucis techniques, c’est surtout l’absence d’interaction qui est déstabilisante et démotivante pour tout le monde. On fait cours face à du vide, un écran où les étudiants n’allument pas leurs caméras et sont peu réactifs. Et pour eux, c’est difficile aussi, devant leur écran toute la journée. On a d’ailleurs plus de décrochages que les années antérieures…

Propos recueillis par Maud Martinez
Photo ouverture : Jérôme Dutac – NR

Dans l’atelier de Marine Vanpoulle, la passion des fleurs locales

#VisMaVille Marine Vanpoulle est fleuriste-designeuse. Elle crée son univers propre à partir de fleurs fraîches et locales, installée dans son atelier de Will you Marine me.

Les branches des feuillages atteignent presque le plafond dans l’atelier de Will You Marine me. « Chic et brut » : le décor est planté, selon les mots de Marine Vanpoulle, jeune cheffe d’entreprise et propriétaire des lieux. Son magasin de fleurs, installé rue Berthelot à Tours, détonne par son concept innovant et la fraîcheur de son équipe, quatre jeunes femmes de moins de 30 ans.

Ici, vous n’aurez pas l’embarras du choix mais vous ressortirez avec un bouquet inspiré par la production du moment. Les fleurs sont locales, elles proviennent principalement du producteur blésois Clément fleurs et, en complément, du grossiste Rose d’or. « Les fleurs sont fraîches et de qualité. Les tulipes sont coupées la veille de l’arrivage, sont en terre, et peuvent durer jusqu’à trois semaines. »

Les bouquets chez Will You Marine, c’est un style, avec du feuillage et des fleurs non pas sélectionnées par le client mais par les fleuristes qui proposent « des bouquets à la volée, en fonction de ce qu’on a, de notre inspiration et humeur aussi. »

Chaque semaine, un bouquet surprise est confectionné et le système d’abonnement au mois séduit les clients. « Nous changeons leurs habitudes, nous aimons les surprendre », sourit Marine. Autre avantage : en travaillant à la demande, il n’y a pas de pertes. Le fait que ses fleurs soient bio et équitables n’est pas revendiqué. Tout simplement naturel pour cette jeune équipe, imprégnée de convictions écologiques. Les végétaux sont recyclés pour faire du compost.

Will You Marine Me n’est pas qu’une boutique de fleurs. C’est aussi une agence événementielle spécialisée dans l’organisation des mariages, le métier d’origine de Marine. En fait, l’idée de la boutique en click and collect est née au mois de mai de l’année dernière, « alors que le chiffre d’affaires baissait de 80 %, il a fallu rebondir », explique Marine Vanpoulle. « Marie, de La Petite Cuisine, m’a proposé de m‘installer dans son ancien restaurant de la rue Berthelot. »

Auparavant, Marine travaillait dans son atelier de Fondettes. Passionnée et hyperactive, elle a appris son métier en Australie en étant wedding planner puis wedding designer en fleurs fraîches et locales. Elle rentre à 25 ans en France, car sa Touraine d’origine lui manque, passe son CAP de fleuriste et se lance. Sa maîtrise de l’anglais lui sert aujourd’hui pour renseigner les touristes qui s’arrêtent à sa boutique. Et avec son équipe, elle adore ça et projette déjà de transformer son magasin en « Life style shop ».

Texte et photos : Aurélie Dunouau

Indre-et-Loire : paroles de télétravailleurs et télétravailleuses

[1/2] Un an après, entre déconfinement, reconfinements et couvre-feu, une bonne partie des Français vit encore sur un rythme boulot-dodo, où le métro (le vélo ou l’auto) ont disparu des radars. Et pour vous, ça se passe comment le télétravail ? Tmv a eu envie de vous poser la question…

VANESSA, CHARGÉE DE PROJETS DANS LES ASSURANCES

« Je travaille à Paris, je prenais donc le TGV de 6 h 30 ou 7 h 30 le matin et je rentrais chez moi à 21 h, sauf le vendredi qui était déjà une journée télétravaillée. Depuis mars 2020, c’est 100 % télétravail ! Tout s’est fait assez facilement car l’entreprise était équipée pour cette transition : le partage en réseau a été simple, on nous a fourni des ordinateurs portables et des écrans et on touche une allocation pour compenser nos frais d’électricité, de forfait web et les repas. »

LES +

On ne va pas se mentir : j’apprécie de me lever un peu plus tard et d’être chez moi dès 18 h ! Cela permet aussi un peu de flexibilité et, avec les collègues, on se prévoit des pauses café à distance ensemble. On a tout de même eu un rappel à l’ordre sur les horaires : certains envoyaient des mails à minuit et n’avaient plus de limites de temps de travail.

LES –

Cela dure depuis trop longtemps : au début il y a eu une vraie hausse de productivité pour tout le monde, mais la lassitude se fait sentir, la démotivation est là, le lien social me manque beaucoup. Ça manque de voir des gens et d’avoir une soupape entre le travail et la vie privée. Surtout que le temps que je ne passe plus dans le TGV, je ne peux pas l’occuper pour des activités de loisirs, puisqu’on ne peut plus rien faire.


(Photo illustration NR – Jérôme Dutac)

Alexandre, analyste programmeur

« Depuis mars 2020, je suis en 100 % télétravail, je crois que je suis retourné au bureau trois fois en un an ! Mais pour ceux qui ressentent le besoin de voir les collègues, d’être un peu sur place, on est autorisés à passer une journée par semaine dans les locaux de l’entreprise. La direction a proposé à tout le monde de prendre le nécessaire : chaise, clavier, souris, écran, pour améliorer nos conditions de travail. J’avoue que d’avoir une pièce consacrée au travail chez moi me permet de faire une vraie coupure : quand je ferme la porte, ma journée est terminée. »

LES +

Être à domicile permet un peu plus de flexibilité sur les horaires (qui étaient déjà assez flexibles en présentiel), de ne pas être interrompu toutes les dix minutes par des questions, ce qui me permet d’être plus efficace… et j’économise bien sûr en frais d’essence !

LES –

Ce petit moment dans la voiture, à écouter des podcasts pour décompresser et me changer les idées, ça me manque un peu quand même… Je crois que l’idéal ce serait d’alterner trois jours de télétravail et deux jours de présentiel, car ça fait du bien de voir du monde !


Frédérique, responsable commerciale dans le tourisme

« Je travaille en “ home office ” depuis 16 ans, c’est dans mon contrat de travail. J’ai longtemps travaillé avec un bureau dans la chambre ou dans le coin repas et aujourd’hui j’ai repris la chambre de ma fille, ce qui permet de marquer la coupure entre travail et vie privée. Le seul changement du confinement, pour moi, c’est l’absence de déplacements : j’étais en télétravail un jour par semaine, maintenant, c’est toute la semaine ! »

LES +

Pouvoir accompagner mes enfants à l’école quand ils étaient petits, faire les devoirs avec eux et finir ma journée de travail ensuite, c’est une flexibilité que j’apprécie, tout comme le fait de gagner le temps de transport. Et puis côté boulot, le fait de ne pas être interrompue fait que je suis plus efficace.

LES –

Mine de rien, cela occupe une pièce de la maison ! Et les compensations ne sont pas toutes au rendez-vous côté frais de chauffage ou d’électricité. Avec le temps, je sais qu’il faut être rigoureux dans les horaires, commencer tous les jours à la même heure, pour ne pas laisser le pro déborder sur le perso. Sans oublier une vraie pause dans la journée, pour prendre l’air, marcher, faire du vélo, c’est essentiel !

Propos recueillis par Maud Martinez
Photo ouverture : NR – Thierry Roulliaud

Plongée dans l’atelier de la chocolaterie du Pecq

#VisMaVille Sébastien Harault, chocolatier-couverturier, est responsable du site de la chocolaterie du Pecq qui fournit la célèbre boutique tourangelle La Chocolatière. Rencontre avec un passionné de la petite fève.

À quelques semaines de Pâques, l’atelier de la chocolaterie du Pecq est en ébullition. Les machines tournent à plein régime et les petites mains s’activent : broyage, conchage des fèves, fabrication de praliné, de nougatine, moulages, garnitures et montages des chocolats…

Au total, une cinquantaine de personnes travaillent alors à la fabrique de chocolat, située dans la zone industrielle de Chambray-Lès-Tours. Pâques représentant le pic d’activité, la période la plus concentrée pour les chocolatiers (20 % du chiffre d’affaires).

Pour l’occasion, Sébastien Harault, responsable du site de production et avant tout chocolatier, nous présente la dernière création : une poule de luxe, garnie comme le fameux pavé de Tours au praliné, amandes, noisettes, feuilleté croustillant. Cette poule, dessinée par Lisa, a été conçue en groupe.

Car ici, l’esprit d’équipe et de famille règne. L’épouse de Sébastien gère les boutiques tourangelles de la Chocolatière. Nombre de couples se sont constitués et le temps mélange les générations et favorise la transmission. Sébastien Harault, entré à 18 ans, aujourd’hui 39, a été formé au sein de l’entreprise par M. Polisset, une institution, puis par un MOF (Meilleur Ouvrier de France) qui lui a enseigné l’art de la couverture en chocolat.

Baignant dans le monde de la gastronomie et de l’artisanat depuis son enfance (ses parents étaient bouchers-charcutiers, son oncle et tante boulangers- pâtissiers), lorsqu’il parle de chocolat, Sébastien Harault est infatigable, comme le marathonien qu’il est. « C’est comme pour le vin ou le café, notre travail est de faire ressortir les meilleurs arômes. Les fèves de Madagascar ont des arômes de fruits rouges, celles du Pérou et d’Equateur des notes très florales. Le chocolat est magique, dans toutes ses étapes. Faire fermenter les fèves est pour moi la plus belle et importante des étapes, elle développe l’acidité et permet d’aller chercher le meilleur du cacao. »

La Chocolaterie du Pecq travaille en direct avec des coopératives bio et équitables, principalement d’Amérique latine. Sébastien s’émeut à chaque fois des rencontres sur place avec les producteurs, dans les plantations, comme au Pérou dont il garde une photo accrochée dans son bureau. Avec Haïti, le partenariat va plus loin : l’entreprise a apporté une aide financière à la coopérative au moment des ouragans.

Sébastien ne cache pas que le cacao haïtien a sa préférence, « avec des notes de réglisse et de lavande ». Gourmand, il ne manque pas l’occasion de plonger ses mains dans les sacs de fèves tout juste arrivés.

Texte et photos : Aurélie Dunouau

Drama Hot Dog : allier l’artisanal et les produits locaux

Les amoureux et amoureuses de hot dog devraient être satisfait(e)s chez Drama Hot Dog ! Un resto au concept tourangeau, avec pains boulangers et viande du boucher.

Une petite faim pour ce midi ? (Photo Drama Hot Dog)

Les habitué(e)s de la rue Constantine connaissaient, à l’époque, l’enseigne Ted’s Hot Dog située au numéro 27. Depuis la fin 2019, l’établissement a changé de nom pour Drama Hot Dog et a rouvert avec quelques nouveautés au programme. Ici, le hot dog est toujours roi, que l’on se rassure !

Mais attention, pas n’importe quels hot dog. Oubliez ceux au vieux pain rassis et à la saucisse atrophiée ; Drama Hot Dog joue la carte de l’artisanal. Au menu, viande du boucher, chips produites dans la région et pains boulangers, frais du matin, 100 % locaux. Le restaurant travaille d’ailleurs avec la Maison Nardeux, véritable gage de qualité. Autant dire que niveau pain, ça change tout. Moelleux, tout bon, tout gourmand, on donne un premier bon point.

Le deuxième bon point ira à la carte. Car Drama Hot Dog est du genre… original. Il y a certes le « classic », avec sa saucisse de poulet, ketchup, moutarde miel. Mais on peut aussi tenter le « Brooklyn » à base de poulet paprika, cheddar, oignons frits et jalapeño. Ou alors – tenez-vous bien – un hot dog au fromage à raclette et salami et son petit frère au… camembert !

Hot dog guacamole, coleslaw, moutarde miel et ketchup

Bien que tentés par la bête, on s’est finalement lancés dans la dégustation d’un « Dallas ». Situation actuelle oblige, la commande se fait à emporter, mais c’est d’une facilité déconcertante grâce au site de Drama Hot Dog (lire ci-dessous).

En tout cas, le plat tient toutes ses promesses. La garniture est conséquente, le hot dog généreux. L’ensemble guacamole, coleslaw, moutarde miel et ketchup se conjugue vraiment bien. Les oignons frits ont également tout à fait leur place (surtout dans notre estomac). Rien d’insipide, ni d’industriel, ouf !

Même retour pour madame qui aura plutôt opté pour le « Veggie », hot dog végétarien qu’elle a beaucoup apprécié. Concept tourangeau, Drama Hot Dog a donc fait un pari atypique, celui du hot dog artisanal à la sauce tourangelle. Mais c’est un pari réussi.

Aurélien Germain


> 27 rue Constantine, à Tours. @Drama Hot-Dog sur Facebook ou instagram.com/drama.hotdog. Contact : 09 54 17 71 81.

> Comment commander ? La vente à emporter est possible en se connectant sur dramahotdog.byclickeat.fr Vous remplissez votre panier puis choisissez l’horaire (tout au long de la journée et ce, jusqu’à 21 h). Livraison également possible par Uber et Deliveroo.

L’addition : de 5 à 7 € pour un hot dog, voire 8,50 € pour une signature comme la nouveauté camembert. Il existe aussi des menus (hot dog + boisson + gourmandise) de 8,50 € pour un classique à 11,50 €. Viande halal et possibilité de hot dog végétarien.

 

Nos 5 petits plaisirs de printemps (avec un peu de verdure !)

[1/2] Les beaux jours pointent le bout de leur nez et, même si l’ogre Covid continue à nous pourrir la vie, il n’est pas question de renoncer à profiter de l’arrivée du printemps. La rédaction de tmv vous a préparé une
sélection de 10 petites idées, 10 petits bonheurs tout simples et doux. Voici la première partie de notre dossier !

1. Se promener dans les jardins de Villandry

Autre havre de paix en Touraine, les jardins de Villandry rouvrent au public en ce printemps, le 1er avril précisément et ça, c’est une chouette nouvelle. Quel plaisir de se promener, en famille, entre copains ou seul, au sein du jardin d’ornement, du jardin du soleil, du jardin d’eau, du potager, de l’orangerie et le labyrinthe.

Les jardins du chef, Laurent Portuguez et de son équipe, sont remarquables, conçus au cordeau et dans le respect de la nature. Petite info, il publie d’ailleurs ses conseils avisés pour jardiner au fil des saisons, sur le site internet du château de Villandry. Une mine d’infos utiles !

> Rendez-vous à partir du 1er avril pour la réouverture des jardins, tous les jours de 10 h à 17 h 30. Le château, quant à lui, reste fermé à la visite. Entrée pour les jardins : 7,50 € ; moins de 18 ans : 5 €. Gratuit pour les moins de 8 ans.

2. Jardiner au potager

Activité phare de ce début de printemps, le jardinage. Tandis que les semis de tomates et de courges poussent patiemment à l’abri, les jardiniers préparent le terrain. Aération des sols, mise en place d’une couverture de compost, ajout de terreau, paillage, installation d’un nichoir à insectes… C’est aussi la bonne période pour planter fleurs (capucines, soucis, coquelicots…) et vivaces (anémones, dahlias,…), diviser les fleurs et arbustes en place ainsi que tailler les rosiers.

Vous pouvez également semer dès à présent des radis, des oignons, de l’ail, des petits pois, des haricots verts, des poireaux ou encore des carottes pour les déguster dès le mois de mai. Bref, le jardin est l’endroit parfait pour se ressourcer avec la douceur du printemps, sans les fortes chaleurs, tout en faisant un peu d’exercice. What else ?

(Photo archives NR)

3. Planter des légumes et des fruitiers en ville

Si vous n’avez pas la chance d’avoir un bout de jardin, il existe d’autres solutions. Le collectif les Jardinières masquées, né pendant le confinement à Tours, propose régulièrement de semer légumes et fruitiers en ville, principalement au jardin de Strasbourg, sur l’île Balzac et au parc de la Gloriette. La philosophie est simple : planter dans les espaces délaissés de la ville pour proposer de la nourriture gratuite et saine. Ce collectif réunit des bénévoles engagés autour de valeurs écologiques mais aussi les habitants des quartiers concernés et souhaite s’ouvrir au plus grand nombre. Rejoignez-les !

Autre bonne idée, pour les étudiants, au campus Grandmont, un jardin participatif vient d’être relancé. Une initiative du jardin de l’Association pour la protection de la nature et de l’environnement (APNE). Aromatiques et arbres fruitiers sont pour l’instant en place. L’université fournit les graines, les outils et la rémunération de l’animatrice des ateliers.

> Contacts : jardinieres.masquees@protonmail.com et asso.apne@gmail.com

4. Fêter les plantes à la Bourdaisière

Lueur en vue, tout n’est pas annulé ! Le château de la Bourdaisière, niché à Montlouissur- Loire, maintient sa traditionnelle fête des plantes et du printemps. Les festivités se déroulent du 3 au 5 avril, en journée et ce jusqu’au couvre-feu, à 19 h, donc. De nombreux exposants vous proposeront des plants et autres graines afin de préparer votre jardin. Les stars du week-end seront évidemment les plants de tomates issus du Conservatoire national de la tomate de la Bourdaisière. Rouge, rose, bleue, verte noire, vous aurez l’embarras du choix.

Plus insolite : vous pourrez ramener la poule de vos rêves parmi la collection de volailles présentes. Puisque ce sera Pâques, les enfants ne seront pas oubliés, une grande chasse aux oeufs dans la forêt aura lieu les matins. Pour les grands, il y aura même une buvette, paraît-il…

> Places limitées. Renseignements au 02 47 45 16 31. Entrée : 7,50 € (Tarif réduit 5,50 €)

5. Faire son marché

Chaque ville, chaque village, propose un trésor simple et accessible : le marché ! Saviez- vous que le plus important de la région se situe à Amboise, avec près de 200 commerçants présents le dimanche ? Au printemps, les étals fleurissent de couleurs, de saveurs et de légumes primeurs : pomme de terre nouvelle, ail et oignons nouveaux, roquette, asperge, artichaut, radis, petit pois… Les produits de saison sont tout simplement frais, croquants et délicieux !

D’ailleurs, ça nous donne envie de nous préparer une salade de roquette- mozzarella avec un filet d’huile d’olive suivi d’un risotto aux asperges vertes. Bon appétit !

Textes : Maud Martinez

Immobilier : pour une visite Covid-compatible

Après les trois mois de fermeture complète au printemps 2020 et un confinement allégé en octobre-novembre, les agents immobiliers sont au taquet pour vous proposer des visites adaptées. Mais vous aussi allez devoir changer quelques habitudes. Suivez le guide !

Avant la visite : je suis dans les starting-blocks

Vous avez flâné tout l’été sur les sites immobiliers, et quand la bise (et le couvre-feu) furent venus, vous vous êtes trouvés fort dépourvus : pas beaucoup de biens qui correspondent à vos critères, et peu de bonnes affaires. Vous avez trouvé une maison/un appartement qui pourrait convenir, mais attention : vous ne serez pas les seuls sur le coup ! « Nous avons vu une annonce paraître un samedi, nous avons appelé tout de suite pour visiter le lundi suivant. Nous avons fait une offre un peu au-dessus du prix dès la première visite, mais nous n’étions pas les seuls et le vendeur a préféré un dossier plus solide côté financement », racontent Mickaël et son conjoint.

⇒Notre conseil : Je bétonne mon dossier auprès de mon banquier, pour savoir exactement quel budget j’ai à disposition. J’ai l’accord de prêt et tous mes papiers avec moi pour faire une offre dès la première visite s’il le faut. J’ai mon stylo personnel pour tout signer sans attraper le covid, et mon justaucorps à portée de main s’il faut catcher dans la boue pour départager les acquéreurs potentiels. Oui, je suis prêt à tout.

Pendant la visite : du virtuel au réel

Vous avez fait une visite virtuelle, en navigant sur le site web de votre agence immobilière, ou en direct avec un agent qui se balade pour vous avec son téléphone dans le logement de vos rêves. Vous concrétisez en passant à la visite réelle, en chair et en os… mais pas n’importe comment : « On est équipés en sur-chaussures et en masques, pour nous et nos clients, on a des bombes désinfectantes multi-surfaces, nous aérons le logement avant et après la visite, nous désinfectons les clés, le client est invité à ne rien toucher, même pas les poignées de porte », explique Benjamin Chauveau au sujet du protocole Century 21.

⇒Notre conseil : Profitez de ce moment pour vivre vos rêves de grandeur. Avancez tel un prince ou une princesse de pièce en pièce alors qu’on ouvre les portes et placards à votre demande. Tout ceci sans oublier de faire abstraction du masque et des sur-chaussures, pour vous concentrer sur une question : vous sentez-vous à la maison ?

Après la visite : dématérialisation à fond

Vous en êtes sûrs, chéri(e) est d’accord, même le chien à qui vous avez montré des photos est séduit : c’est là que vous voulez vivre. Ni une ni deux, vous dégainez vos papiers (car vous avez suivi notre premier conseil) et vous faites une offre… dématérialisée.

« La dématérialisation des documents administratifs avaient déjà commencé, et elle s’est accélérée avec la covid. Signature de baux locatifs, de mandats, d’offres ou de compromis de vente se font à distance, ce qui nous fait gagner du temps puisqu’on n’a plus la difficulté de trouver un créneau qui correspond aux 3 ou 4 personnes concernées, et on évite bien sûr les risques de contamination covid-19 en étant tous rassemblés dans un bureau », raconte Bertrand Fontaine de Nestenn Saint-Avertin.

⇒Notre conseil : C’est à distance mais ça reste du sérieux, donc ne prenez rien à la légère et lisez tous les documents (y compris les toutes petites lignes) avant de les signer. Et travaillez votre signature électronique, on ne veut pas du hiéroglyphe que vous faites au livreur de vos achats internet. Signer pour acheter, ça mérite mieux qu’un gribouillis.

Dans le quotidien d’Hélène Aubert, réflexologue

#VisMaVille Hélène Aubert évoluait dans l’industrie pharmaceutique. En devenant réflexologue, elle a basculé dans la médecine douce. Une reconversion qu’elle ne regrette pas.

La fenêtre du cabinet d’Hélène Aubert, situé dans une belle bâtisse jocondienne, à deux pas du manoir de Chérisy, s’ouvre sur des arbres majestueux et les chants des oiseaux. Un cadre reposant en miroir à la pratique apaisante de la réflexologie.

Hélène Aubert est réflexologue plantaire, pratique qui s’applique également aux mains, aux oreilles et au crâne. Depuis 7 ans qu’elle exerce dans son « havre de paix », cette rousse douce et pétillante dit avoir trouvé un sens à sa vie : apporter un mieux-être aux autres. Une reconversion qu’elle ne regrette pas.

Auparavant chef de projet en recherche et développement dans l’industrie pharmaceutique en région parisienne, elle avait besoin de se sentir plus utile. Elle déménage en Touraine et s’occupe alors de ses enfants en bas âge, se demandant comment les soigner « sans leur donner des médicaments à outrance. »

Scientifique de formation, docteur en immunologie

Cette scientifique de formation, docteur en immunologie, se tourne alors vers la réflexologie, adoptant les pratiques de la médecine énergétique chinoise. « La médecine douce aborde la personne dans son ensemble et fait le lien entre les émotions et le corps. Je ne sépare jamais les deux. Durant la séance, je prends le temps d’écouter la personne et de soigner ses douleurs physiques et émotionnelles par le toucher. On transmet énormément d’informations au corps par le toucher. On ressent les tensions, les blocages énergétiques et les relâchements. »

Concrètement, il s’agit d’apporter des points de pression au niveau des différentes zones du pied. Et cela ne s’improvise pas. Hélène Aubert précise : « Ce n’est pas du massage ! Il m’a fallu beaucoup de pratique pour ressentir et transmettre. On stimule des zones en lien avec les problématiques de la personne. On va à la cause des symptômes pour aller la réguler. »

Problèmes de sommeil ou de stress

Généralement, il suffit de trois à quatre séances pour régler des problèmes de sommeil, de digestion, de stress, de douleur…. « quand ils ne sont pas profonds et ancrés depuis trop longtemps », précise la professionnelle. Le cabinet d’Hélène Aubert ne désemplit pas, entre les séances à son cabinet, au domicile des patients et aux hôpitaux Bretonneau et Trousseau, elle se sent désormais « utile ».

Sa mission d’apporter un mieux-être physique et émotionnel semble plus que jamais d’actualité au moment où l’isolement et les incertitudes provoquent stress, dépressions mais aussi burn out. « Il est vrai que la demande augmente progressivement depuis que j’exerce et qu’aujourd’hui les apports de la réflexologie prennent tout leur sens : améliorer la qualité du sommeil, apaiser et donner un regain de vitalité, prendre du recul et rendre les choses plus légères, notamment pour les personnes âgées. »

A.D.

[3/3] Spécial immobilier : et en métropole ? (parce qu’il n’y a pas que Tours dans la vie !)

[Partie 3] Bohème ? Solo ou famille ? Gros budget ou petit porte-monnaie ? Voici notre tour du propriétaire TMV, pour la métropole, de Saint-Avertin à Saint-Cyr en passant par Joué-lès-Tours.

JOUÉ-LÈS-TOURS
AUX JOCONDIENS

Même si vous n’êtes pas originaire de Joué-lès-Tours, vous y serez bien accueillis, n’ayez pas peur. Mais côté achats/ventes immobilières, la clientèle se compose pour une bonne part de Jocondiens qui passent de la location à l’achat. Pour Karim Behinda (Century 21), « le choix du quartier n’est plus essentiel. Il y a tellement peu de biens que les critères ont changé : peu importe qu’on soit à La Marbellière, Vallée Violette ou dans d’autres secteurs, ou que le logement soit exposé Nord, s’il y a des maisons à visiter les gens se déplacent ! ».

Il n’est pas rare que des acheteurs qui visaient Chambray-lès-Tours ou Saint-Avertin n’hésitent plus à élargir la recherche à Joué. Cette clientèle qui vise de belles maisons n’est pas la même que les primo-accédants, qui trouvent eux aussi leur bonheur : avec moins de 100 000 € on peut trouver un T3 ! Voilà, on y est : les gens vont enfin comprendre qu’à deux pas de Tours, avec le Temps Machine, les restos, les cafés de quartier, le lac des Bretonnières ou le Parc de la Rabière, la patinoire ou la piscine, Joué-lès-Tours est une ville sympa qui bouge !

LA RICHE
N’EST PLUS À DES ANNÉES-LUMIÈRES

« Les gens se rendent compte qu’habiter dans le quartier de la mairie de La Riche, ce n’est pas si loin de Tours », explique Stéphane Martres (Fuchsia Immobilier). Grâce à des prix compétitifs, la ville attire un grand nombre de jeunes acquéreurs qui font là leur premier achat. Pour les maisons, plus on s’éloigne de Tours et du centre-ville de La Riche, direction Saint-Genouph, plus les prix baissent. La faute au manque de lignes de bus et de commerces de ce côté du périph’.

Quant aux appartements, pas de difficulté liée au quartier : « c’est le prix qui fait le marché ». Des prix qui peuvent varier : sur les immeubles récents situés derrière la mairie, on est aux alentours de 2 800-3000 € du m2 (FAI) pour une soixantaine de mètres carrés, alors que les immeubles plus anciens du centre-ville pourront tomber à 2 100-2 200 €. Un T3 de 60 m2 derrière la mairie vous coûtera 185 000 €, alors qu’un 45 m2 des années 1960 à La Parmentière/Botanique a été récemment vendu 110 000 €. Les deux secteurs à surveiller : le long de la nouvelle ligne de tramway, et la future ZAC Plessis-Botanique et ses immeubles tout neufs !

SAINT-AVERTIN OU SAINT-CYR-SUR-LOIRE
POUR LES TOP BUDGETS

Évitons tout malentendu : « top budget » au sens « gros budget », hein. Ces communes réputées chères depuis longtemps le sont toujours. « Les cadres CSP+ constituent la majeure partie de notre clientèle. Ils s’intéressent aux Prébendes et aux Halles à Tours, ou à Saint-Cyr et Saint-Avertin quand ils souhaitent un peu plus de verdure » selon Bertrand Fontaine (agence Nestenn).

Le centre-bourg, l’Ormeau, Robert Schumann, les Onze Arpents sont toujours demandés à Saint-Avertin, car proches de Tours en voiture ou en bus. Selon notre interlocuteur, si vous n’avez « que » 200 000 €, il faudra vous contenter d’une mini-maison avec maxi travaux, ou aller voir un peu plus loin, du côté de Larçay, Véretz ou Azay-sur-Cher. Et si vous êtes investisseur, il va falloir vous dépêcher pour profiter du programme neuf éligible à la loi Pinel, qui se construit rue de Grandmont, avec des appartements à partir de 164 000 € pour le T1bis, jusqu’à 447 000 € pour les T4 de 100 m2. Avis aux amateurs.

Maud Martinez

[2/3] Spécial immobilier : le debrief, quartier par quartier, à Tours Nord et Sud

[Partie 2] Bohème ? Solo ou famille ? Gros budget ou petit porte-monnaie ? Voici notre tour du propriétaire TMV, quartier par quartier à Tours Nord et Tours Sud.

LA TRANCHÉE
C’EST LE CENTRE

Pour Christophe Artiga, « la Tranchée et sa place avec ses commerces, ou le secteur Coty, animé par son marché et sur la ligne de tramway, sont demandés, car ils sont dynamiques et proche du centre-ville de Tours ». Le secteur fait d’ailleurs partie des plus chers de Tours-Nord, avec le quai Paul-Bert et le sud de Saint-Symphorien, autour de l’avenue du Maréchal-Juin jusqu’à l’avenue de la République. Et voyons le bon côté des choses : si vous grimpez à pied, vous aurez de beaux fessiers pour l’été.

VERS LE TRAMWAY
ET AU-DELÀ

Difficile pour Romain Nègre (Century 21) de donner des prix-types pour Tours-Nord : « Toutes les maisons sont différentes, dans des états distincts, dans un même quartier vous pouvez donc avoir des prix très variés ! ». On peut tout de même s’intéresser aux « maisons du maire » ou « pavillons Royer » construits à l’époque du maire du même nom dans le secteur avenue Danemark/avenue de Jemmapes/rue Daniel Mayer : 210 000 € en moyenne pour loger sa petite famille. Cela reste une moyenne : dernièrement une maison de 4 chambres avec 500 m2 de terrain s’est ainsi vendue à 185 000 €. En tous cas, pour ce spécialiste du secteur, un premier achat sera possible à partir de 100 000 €, au bas mot, mais plutôt entre 100 et 140 000 € pour un appartement T2

LES DEUX-LIONS
SI PROCHE ET (PAS) SI LOIN

Ça semble être le bout du monde, alors qu’on est à 15 minutes en tram du centre-ville. Et pas d’excuse pour ne pas se remettre au sport avec la piscine ou le parc et le lac de la Bergeonnerie. Allez, on ne va pas se mentir : on préfèrerait qu’il y ait un tabac-presse et une petite boulangerie. Mais avec sa nouvelle école primaire, le quartier essaie de s’équiper pour accueillir les familles qui font le choix d’un cadre de vie sympa. Cinéma, bowling, centre commercial, les activités ne manquent pas.

Par contre les maisons sont rares (seulement 9 % du parc immobilier) : il faudra miser sur un appartement. Un T3 récent de 72 m2 avec garage pour 182 000 €, on ne dit pas non.

GRANDMONT
PARADIS DES INVESTISSEURS

« L’université de Tours attend plus de 20 000 étudiants dans les années qui viennent : beaucoup d’investisseurs l’anticipent et investissent, notamment dans des appartements pour les mettre en colocation. » Karim Behinda, de Century 21 Joué-lès-Tours, souligne aussi l’attrait de la future ligne de tramway, qui dynamise déjà le secteur boulevard de Chinon, l’avenue du Grand Sud et parc de Grandmont. Il y a ainsi vendu un T5 de 4 chambres pour 170 000 €, pour une future colocation étudiante.

FONTAINES, BERGEONNERIE
ON OUBLIE ?

« Les Fontaines traînent une réputation moyenne, alors qu’on y trouve de très beaux bâtiments sur les bords du Cher, avec un petit centre commercial qui offre tout à portée de main », explique Benjamin Chauveau. Récemment il y a ainsi vendu un appartement T4 de 80 m2 avec parking, cave et balcon pour 145 000 €.

À La Bergeonnerie, au-dessus du parc de la Gloriette, c’est le calme plat, faute de biens sur le marché. Là encore, le mélange entre logements sociaux et immeubles de propriétaires n’est pas toujours bien connu, alors que le cadre est sympa : des petits écureuils qui vous saluent le matin, nous, on veut bien !

[1/3] Spécial immobilier : le debrief quartier par quartier à Tours Centre

[Partie 1] Bohème ? Solo ou famille ? Gros budget ou petit porte-monnaie ? Voici notre tour du propriétaire TMV, quartier par quartier à Tours Centre.

PRÉBENDES, HALLES, CATHÉDRALE
TOUJOURS LES PLUS CHERS

Depuis qu’on est bébé (ou presque), on entend dire que les Prébendes et son joli parc, les Halles et son grand marché ou la Cathédrale et ses rues pavées sont les quartiers les plus chers de Tours. Au Monopoly, difficile d’y acheter un hôtel… Pareil dans la vraie vie ! Parmi les ventes récentes de l’agence Artiga Immobilier, on compte ainsi un T2 de 33 m2 sur Vieux-Tours/Les Halles pour 130 000 € net vendeur, soit environ 3 900 € du m2. Bon, bien sûr, les petites surfaces ont souvent un prix du m2 plus élevé que les grandes, mais quoiqu’on en dise, ça fait une belle somme.

Aux Prébendes, la même agence a vendu un appartement de 81 m2 pour 256 000 € FAI. Pour ce quartier, rien ne change : « Cela restera toujours un quartier attractif car c’est très résidentiel, très vert grâce au jardin, on peut s’y balader tranquillement en famille » pour Benjamin Chauveau de Century 21, qui précise que dans l’hypercentre (de Michelet à la Loire), « on a dépassé 3 500 € du m2, on atteint parfois 4 000 € ». Si vous avez 500 000 à 600 000 € au moins, vous pourrez espérer une maison de ville dans l’hypercentre. Sinon, passez votre chemin, car l’hypercentre, c’est hyper cher.

STRASBOURG OU FEBVOTTE
À NE PAS NÉGLIGER

Y’a pas que Velpeau dans la vie ! Êtes-vous déjà allés vous balader un dimanche matin sur le marché de la place Rabelais ? Avez-vous joué avec vos enfants sur les pelouses de la place de Strasbourg ? Avouez : c’est pas mal non plus ! Et on ne va pas se mentir, l’autre avantage c’est que les prix y sont plus accessibles que dans l’hypercentre de Tours.

« Dès qu’on dépasse la place de la Liberté, les prix commencent à baisser, précise Benjamin Chauveau, dont l’agence est place Michelet. À Febvotte ou Maryse Bastié on peut ainsi espérer un T2 dans une fourchette 120 à 130 000 €. » Le même appartement peut valoir 170 à 180 000 € dans l’hypercentre, donc à ce prix-là, on prend le vélo ou le bus pour se déplacer et on investit dans l’immobilier.

À VELPEAU
IL FAIT TOUJOURS BEAU

« C’est un petit village », « j’adore l’ambiance », « on connaît tout le monde ». Si vous avez entendu ces phrases, c’est que vous aussi, vous avez des amis qui habitent le quartier Velpeau. Il faut dire que l’endroit a tout pour plaire : un beau marché le dimanche et le jeudi matin, des commerces qui pullulent sur la place Velpeau et alentours, et on est à deux pas de la gare SNCF. Idéal pour les fameux Parisiens qui choisissent l’option télétravail + TGV !

Résultat des courses, les prix de l’immobilier dans le quartier ont flambé ces dernières années, et ça continue. Et comme partout ailleurs, les biens sont de plus en plus rares. En mai-juin 2020, on y a vendu une maison T4 de 85 m2 à 275 000 €, ou un T2 de 45 m2 à 120 000 €, et depuis les prix ont encore monté. Notre recommandation : ne pas hésiter à traverser l’autoroute pour atterrir dans le Vieux Saint-Pierre-des-Corps, avec ses maisonnettes et sa gare TGV à proximité. Mais faites-le sans tarder car les prix là aussi commencent à grimper !

BEAUJARDIN
C’EST POURTANT BIEN !

Bizarrement, Beaujardin est un peu boudé des acheteurs. Pourtant il y a un beau marché bio le samedi matin, une place où les enfants jouent après l’école. Tiens, l’école Raspail justement, est à deux pas. Est-ce la proximité des barres d’immeubles du quartier Rochepinard ou du Sanitas ? Ou les 25 minutes à pied pour rejoindre la gare de Tours ? Toujours est-il que le quartier n’a pas encore vu ses prix trop augmenter : on y trouve donc encore des petites maisons ou appartements à prix sympas.

Dans les ventes de mai-juin 2020, on trouve ainsi un appartement T3 de 46 m2 pour 135 000 €, une maison T5 de 104 m2 sur 218 m2 de terrain pour 182 000 €, ou une maison T4 de 95 m2 sur 145 m2 de terrain pour 225 000 €… Ça fait rêver !

SANITAS, RIVES DU CHER…
LES MAL-AIMÉS

(Photo : Hugues Le Guellec)

Dites à un Tourangeau « j’achète à côté du Sanitas », observez son visage. Passé ce moment de franche rigolade en le voyant se décomposer, analysons la situation : « Tout ce qui est en périphérie du Sanitas est compliqué à vendre à des Tourangeaux, car le quartier a une mauvaise réputation depuis des décennies. Mais les gens qui viennent d’autres villes achètent, car ils ont moins d’a priori et saisissent l’opportunité de prix plus attractifs, à deux pas du centre-ville grâce aux bus et tramway » pour Benjamin Chauveau.

Même discours pour les Rives du Cher, où les tours proches de la place de Verdun restent pourtant attractives : un appartement de 81 m2 y a récemment été vendu pour 142 000 €. Une bouchée de pain comparé au centre-ville, alors que bus et tramway permettent de s’y rendre en dix minutes, tandis qu’on profite du lac de la Bergeonnerie et de la piscine du Lac à proximité.

Maud Martinez

Du « co-piétonnage 100 % féminin » pour éviter le harcèlement de rue

Quatre étudiantes tourangelles ont lancé un groupe Facebook pour organiser le co-piétonnage entre femmes et, ainsi, lutter contre le harcèlement de rue. Une appli doit suivre.

Co-piétonner pour éviter le harcèlement de rue, c’est l’idée de quatre étudiantes de Tours. (Photo illustration NR – Julien Pruvost)

Les faits

« Groupe de co-piétonnage 100 % féminin sur Tours. Partagez votre trajet à travers une publication et d’autres filles pourront peutêtre rentrer avec vous. » La présentation est succincte, le message est clair. Ce groupe privé Facebook, nommé « Co-pietonnage Tours Not Alone », est administré par quatre étudiantes tourangelles. Manuela Boré, Inès Pilot, Maureen Poullié et Assetou Coulibaly gèrent ainsi, depuis décembre, plus de 164 membres (à l’heure où nous rédigeons) qui peuvent co-piétonner à Tours et, ainsi, être rassurées lors de leurs trajets nocturnes ou quotidiens.
Les profils sont vérifiés, afin d’éviter de mauvaises surprises.

Et l’année prochaine annonce un gros projet pour ces étudiantes qui doivent sortir, au printemps 2022, l’application NotAlone, afin de « mettre en relation les femmes qui ne se sentent pas en sécurité dans la rue », comme elles l’ont indiqué dans les colonnes de La Nouvelle République.

Géolocalisées, les intéressées pourront donc effectuer leurs trajets à plusieurs. Le projet est soutenu par Pépite Centre- Val de Loire, dans le cadre du concours Créa-Campus.

Le contexte

Le but affiché est de « réduire le sentiment d’insécurité des femmes dans la rue ». Que ce soit des mots, des attaques, du harcèlement sexuel, etc. Dans un micro-trottoir réalisé par les quatre étudiantes et publié sur la page Facebook de leur future appli (1), on constate que le harcèlement de rue a malheureusement touché de près ou de loin la totalité des femmes interrogées. Les quartiers des Tanneurs et de la gare sont d’ailleurs particulièrement craints.

En France, d’après un sondage Ipsos, 81 % des femmes ont déjà été victimes de harcèlement sexuel dans les lieux publics.

Les enjeux

Inès, Maureen, Assetou et Manuela souhaitent d’abord concentrer leur appli au niveau local, sur Tours. Si tout se passe bien, elles espèrent que leur dispositif pourra ensuite être développé au niveau national.

Aurélien Germain

(1) facebook.com/cNotAlone et instagram.com/cnotalone

CCNT : la prochaine création de Thomas Lebrun sélectionnée pour le prix international Fedora

La pièce de Thomas Lebrun, directeur du Centre chorégraphique national de Tours, est retenue dans la « shortlist » du Prix Fedora, une compétition internationale. Et le public peut voter !

La pièce de Thomas Lebrun est décrite comme un « marathon de sensations et de styles » sur le site du Prix Fedora. (Photo Frédéric Iovino)

« Mille et une danses (pour 2021) », c’est le petit nom de la prochaine création de Thomas Lebrun, le directeur du Centre chorégraphique national de Tours (CCNT). Et elle vient d’être sélectionnée pour un concours international, celui du Prix Fedora (*), dans la catégorie « Ballet », alors que seules… deux compagnies françaises y sont représentées !

Tours fait donc figure d’exception aux côtés de Toulouse, retenue pour sa pièce Les Saltimbanques, du Ballet du Capitole.

Alors on danse… et on vote !

La compétition, quant à elle, a débuté par une campagne de vote en ligne qui se finira le 26 février. L’heure est donc au clic ! Car le CCNT invite bien évidemment ses fans et le grand public à voter pour la création de Thomas Lebrun. (Vous pouvez le faire en cliquant JUSTE ICI !)
Une phase délibérative du jury se tiendra par la suite. A l’heure où nous rédigeons ces lignes, la pièce de Thomas Lebrun était située en 2e position avec plus de 450 votes.

Le chorégraphe présentera ensuite son œuvre au Festival Montpellier Danse qui doit se tenir – on croise les doigts bien sûr – en juin. Avant de finir devant le public tourangeau la saison prochaine.

A vous de cliquer !


(*) Fedora, kezako ? Il s’agit « d’une plateforme européenne à visée philanthropique qui tient cette compétition tous les ans », précise-t-on du côté du CCNT.

Chroniques culture : Wardruna, Sébastien Guérive, le plein de BD et de romans

LE CD
WARDRUNA – KVITRAVN

« Kvitravn » signifie « corbeau blanc ». Le corbeau, symbole d’importance chez les peuples nordiques et vikings, un messager, un lien entre les mondes. C’est cet animal que les Norvégiens de Wardruna ont décidé de mettre en avant dans cet album qui s’apparente à une ode à la Nature et qui, disons-le de suite, est d’une beauté extraordinaire.

 

Il y a, ici, ces instruments anciens qui bercent des paroles portées par les légendes, des chœurs confinant au sublime et qui nous emmènent à travers les fjords et les forêts du nord. La sonorité organique de l’album parvient aussi à mettre en avant ces touches chamaniques qui offrent, parfois, une expérience quasi-méditative. Ce disque, plus accessible que le reste de la discographie du groupe, est pur, tout simplement. En ces temps de pandémie, retournez à la Nature. Envolez-vous avec Wardruna. Écoutez Kvitravn.
Aurélien Germain

LA SELECTION BD

Le Spirou de Christian Durieux, « Pacific Palace » (éditions Dupuis), est un véritable bijou, un huis-clos où le polar se dispute à une romance avec intrigues politiques à la clé. Il y a bien longtemps que l’on n’avait pas vu notre groom préféré aussi attachant.
Dans « Ma voisine est indonésienne » (Delcourt), Emmanuel Lemaire nous livre le portrait attachant de ce grand pays méconnu à travers un portrait fantasque et plein d’humour.
On restera dans un pays voisin avec le magnifique « Esprits et créatures du Japon » (Soleil), où Benjamin Lacombe fait des merveilles avec ses illustrations !
Et puis le voyage, cela peut être aussi celui de « Photo de Famille » (Bamboo), où Armelle et Sti nous emmènent dans une tribu recomposée extrêmement drôle.
Finissons dans un tout autre registre, avec l’œuvre de Frans Mensink, « Drônes de filles » (Tabou), qui se révèle être l’un des auteurs… érotiques les plus doués de sa génération !
Hervé Bourit

LES ROMANS
LËD, DE CARYL FÉREY

Direction le Nord extrême, au-delà du cercle polaire, en Sibérie, pour ce nouveau roman noir mené une fois de plus de main de maître par Caryl Férey. Dans un univers dantesque, où règnent le froid et la nuit, Caryl Férey nous prouve sa maîtrise sans faille, pour nous prendre par la main et nous entraîner au fond de l’abîme. « Lëd » est un nouveau petit chef d’oeuvre qui, après vous avoir glacé les os, vous réchauffera le coeur… Ou l’inverse !
H.B.
> Paru aux éditions Les Arènes, 528 pages.

GNOMON, DE NICK HARKAWAY

La collection Albin Michel Imaginaire s’enrichit en ce début d’année, avec la sortie du très attendu tome 1 de « Gnomon », signé Nick Harkaway. Dans ce roman tentaculaire (parfois même un peu trop) et un poil complexe, l’auteur accouche d’un récit dystopique sur une Angleterre repliée sur elle-même, où la population est plus que surveillée et suivie numériquement.

Surveillance globale au programme donc (tiens, pas si imaginaire…), avec politique, science-fiction et intelligence artificielle se liant entre elles. Et, Harkaway étant le fils de John Le Carré, autant dire que l’écriture ne souffre d’aucun manquement ; « Gnomon » se lit et se déguste.
A.G.

LE SINGLE
OMEGA II – SÉBASTIEN GUÉRIVE

Auditrice, auditeur, prends donc ton casque ! Car c’est bien grâce à lui que l’écoute de la ballade offerte par Sébastien Guérive n’en sera que plus forte et plus profonde. Ce single Omega II – en plus d’être doté d’un magnifique clip – est un véritable voyage sonore. Qui prend aux tripes et possède une force visuelle assez folle.
Le Nantais offre alors une expérience musicale minimaliste mais pleine d’ambiance, rapprochant ainsi sa musique de la forme d’une B.O de film. De quoi patienter avec la sortie du nouvel album, Omega Point, prévu le 19 mars !
A.G.

STREAMING
DISNEY+ SE DÉVOILE

C’est bientôt le top départ pour la branche « adultes » de la plateforme Disney+. Baptisée Star, elle permettra, à partir du 23 février, de regarder un tas de séries comme Scrubs, 24 heures chrono, Lost, Buffy ou encore Alias.
Sont également prévus plus de 230 films : Logan, Alien, Die Hard, Titanic, Deadpool, Good Morning Vietnam, La Mouche, L’Odyssée de Pi, The Door, The X-Files : le film… Une diversification bienvenue, certes, mais qui s’accompagnera d’une hausse de l’abonnement, passant à 8,99 € par mois.
A.G

Culture en danger : des photos pour mettre en lumière la détresse des acteurs culturels

En ces temps de crise sanitaire, le photographe Romain Gibier a lancé un projet sur la culture en danger, secteur à l’arrêt forcé depuis des mois avec, derrière, des dizaines et des dizaines de métiers… Voici quelques-uns de ses clichés.

« Je veux montrer que la culture existe encore… » Romain Gibier soupire. S’il est photographe de métier, il est également artiste de spectacle, avec quinze années au compteur en compagnie. Alors il parle « d’effondrement ». Vraiment. Partout, des salles fermées et un monde à l’arrêt. « Avec cette crise, on ne se rend pas compte que la culture, c’est une centaine de métiers touchés derrière. »

C’est pour cela qu’il a lancé ce projet photo, où il rencontre des artistes – pour la plupart de Touraine, mais aussi du Mans – et les immortalise « avec leurs vraies tenues » et montre ainsi « chaque corps de métier, pour remettre la problématique en lumière ». Et nombreux sont ceux à passer devant l’objectif : conteur, directeur de musée, effeuilleuse burlesque, danseurs, chanteuse, programmateur culturel, colleur d’affiches ou encore clown et guide-conférencier… Avec, à chaque fois, une mise en scène pensée à deux : Romain et le ou la professionnelle en question.

Un S.O.S, un cri d’alerte en direction du grand public. « D’ici peu, ces photos seront affichées sur le Bateau ivre. L’idée est aussi d’avoir des salles culturelles qui nous suivent. Il faut que l’on se soutienne tous et toutes », rappelle Romain Gibier. Avis aux intéressé(e)s…

> facebook.com/ romaingibierphotographe

⇒ Une aide financière pour soutenir le projet et l’impression dans divers lieux peut également être apportée.

Texte : Aurélien Germain / Photos : Romain Gibier


Retrouvez d’autres photos dans notre numéro 379 (également disponible sur la rubrique PDF de notre site ou en téléchargement ICI)

Un petit tour par le « coffee bike » La Bicyclerie

#VisMaVille José et Amélie Galindo tiennent en tandem la Bicyclerie, place de la Victoire à Tours, lieu bien connu des amoureux du vélo et des bons cafés.

« Ce n’est ni un magasin de vélo, ni un café, mais plutôt la combinaison des deux », annonce José Galindo, le propriétaire des lieux. Et il y tient à ne pas réduire sa boutique à la vente de vélos ni à leur réparation. Tout comme sa femme, Amélie, avec qui il a monté ce projet voilà trois ans.

Car pour cet ancien chargé de communication et cette éducatrice spécialisée, l’état d’esprit du lieu compte tout autant. Voire plus. Ils ont voulu en faire une boutique chaleureuse, où les gens du quartier et les voyageurs de passage papotent autour de jus de fruits ou de bières bio.

« Ce n’est pas qu’une expérience artisanale et commerciale, elle est aussi humaine. Nous sommes à côté de la Loire à vélo. Ainsi, nous faisons de belles rencontres avec des voyageurs du monde entier. C’est fou de voir tous ces jeunes faire de longues distances à vélo, ces femmes seules ou même un monsieur qui est parti depuis cinq ans ! »

Ce concept de vélo-café, importé d’Orléans, les a séduits et fait ses preuves. « Il arrive que des habitués viennent juste prendre un café », sourit Amélie, qui s’occupe à mi-temps du bar et de la restauration du jeudi au samedi, lorsqu’elle ne travaille pas aux côtés des jeunes. Les produits locaux et bio ont la part belle, ils font travailler le Cafecito d’à côté, une copine traiteur pour les tartines et un producteur de Vouvray, juste à côté de chez eux, à Chançay.

Seule entorse aux circuits courts, une bière espagnole, qui rappelle les origines de José. Ils ont obtenu la licence bar et restauration juste avant le confinement, seules les boissons à emporter fonctionnent pour le moment mais, dès que possible, la restauration du midi reprendra.

Le BMX et ses bosses c’est le loisir de José. « J’ai toujours fait du vélo et plus spécialement du BMX, parfois en compétition. » S’il en vend parfois à la boutique, ainsi que quelques vélos électriques, ce sont plutôt les vélos de ville et les « gravel », des vélos de route qui roulent bien sur les chemins, qui ont la cote. « Nous vendons principalement du neuf, mais aussi un peu d’occasion. Et de ce côté-là, les carnets de commande sont pleins. Ça nous frustre, car nous nous sommes aussi installés sur cette place pour que les gens puissent essayer les vélos avant d’acheter ! »

La situation est similaire chez leurs collègues, dopés aussi par la prime de la Ville de Tours à l’achat. Quant à l’atelier réparation, le scénario se répète : la prime de 50 euros de l’Etat fait que les vélos en réparation s’accumulent. « Nous en avons une vingtaine en ce moment. » José a fort à faire, épaulé cette semaine par son jeune stagiaire. Heureusement il y a des pauses cafés !

Textes et photos : Aurélie Dunouau

Il y a 50 ans, l’année culte du rock

Quel est le point commun entre Led Zeppelin, The Doors, John Lennon ou encore David Bowie ? Tous ont sorti un album légendaire en 1971. 2021 fêtera donc les 50 ans d’une tripotée de disques toujours considérés comme mythiques… L’anniversaire d’une année dorée pour le rock’n’roll.

11 janvier 1971. Les disquaires américains sont assaillis : l’album posthume de Janis Joplin, décédée par overdose trois mois auparavant, vient de sortir. « Pearl » – comme le surnom de la chanteuse – s’apprête à squatter les charts pendant longtemps.

Ce disque de la Mama Cosmique atterrit vite à la première place en Australie, au Canada, en Norvège ou encore aux États- Unis, où il restera en haut du podium de nombreuses semaines. Janis Joplin, qui a rejoint le Club des 27, aura accouché d’un ultime rejeton que le magazine Rolling Stone classera parmi les plus grands albums de tous les temps…

Cette année-là, c’est celle qui va s’imposer comme « l’année dorée du rock », d’après le terme du spécialiste de la musique rock britannique David Hepworth. Car en 1971, comme si tous les musicien(ne)s s’étaient passé le mot, on enquille les albums brillants à tout-va. Et qui brillent encore cinquante plus tard.

Pendant masculin aussi torturé que Janis Joplin, Jim Morrison sort en avril 1971 l’excellent « L.A Woman » avec les Doors. Un chant du cygne, là encore, puisque le poète maudit sera retrouvé mort quelques mois plus tard.

37 millions de copies du IV de Led Zep’

Outre-Manche, les rockeurs britanniques sont également décidés à pousser les potards au max. Le 8 novembre 1971, Led Zeppelin envoie à la face du monde son « IV ». Gravées sur ce disque mythique, les pépites Black Dog, Rock and Roll ou encore le succès interplanétaire Stairway to heaven qui propulsera le groupe au firmament. À ce jour, « IV » reste l’un des albums les plus vendus au monde, avec 37 millions de copies écoulées.

À Londres toujours, les Who cartonnent avec « Who’s next ». Et Pink Floyd vient de sortir « Meddle ». Enregistré aux célèbres Abbey Road Studios, fief des Beatles, l’album constitue – encore 50 ans après – l’un des meilleurs du groupe, ne serait-ce que par son titre-fleuve Echoes et ses 23 minutes au compteur. « Meddle », comme pièce maîtresse expérimentale, sera la transition parfaite avant le cultissime « The Dark side of the moon » (1973).

Quant aux Britanniques maléfiques de Black Sabbath, ils continuent d’évoluer en proposant « Masters of Reality ». Le son est toujours aussi lourd (le guitariste Tommy Iommi, amputé de deux phalanges, a l’habitude de détendre ses cordes pour avoir moins mal), mais ce troisième album enfumé (la consommation de marijuana durant l’enregistrement est stratosphérique) impose définitivement Black Sab’ comme les maîtres de la scène metal.

Du rock… mais pas que !

Mais tout n’est pas qu’une affaire de gros rock qui tâche. En 1971, dans un registre plus calme, John Lennon sort « Imagine » et son titre d’ouverture éponyme qui reste toujours l’un des hymnes pacifistes les plus connus au monde, repris par une palanquée d’artistes… et qui a même été diffusé le 11 septembre 2001 par l’ensemble des radios américaines.

David Bowie, lui, prend le virage pop et connaît le succès avec son « Hunky Dory ». Marvin Gaye marche sur le toit du monde en sortant un « What’s going on » mythique, tandis que le « Madman across the water » (malgré son infâme pochette) d’Elton John reste toujours pertinent aujourd’hui. Yes apprivoise au mieux son rock progressif avec « The Yes Album », Phil Collins arrive comme batteur dans Genesis sur « Nursery Cryme » et Santana offre, sur « III », un de ses classiques avec Toussaint l’Ouverture.

Reste un album un peu particulier qui finira de secouer 1971 : « The Cry of love », de Jimi Hendrix, le guitariste, décédé en 1970, n’ayant pas eu l’occasion d’apporter la touche finale à cet album. Un disque posthume, lui encore. Et lui aussi essentiel.

Aurélien Germain

La Langue des signes française, une langue à part… entière !

La Langue des Signes Française n’est pas un langage « faute de mieux », mais bien une langue. Longtemps interdite, reconnue officiellement par une loi française de 2005, elle a fait son entrée en option du baccalauréat en 2008. Une histoire longue et complexe, pour une langue d’une richesse insoupçonnée que l’interprète Amélie Hédin, de l’agence Tours2Mains, nous aide à comprendre.

On parle de LSF, Langue des Signes Française : chaque pays a donc sa langue des signes ?

Oui, et de ce que j’en sais, le vocabulaire varie d’un pays à l’autre, mais des similitudes existent dans la syntaxe (la construction des phrases). Deux sourds de pays différents ne mettront ainsi que deux ou trois jours à communiquer assez aisément ensemble. Il existe par ailleurs une langue des signes internationale, qui est utilisée dans des événements internationaux essentiellement.

Apprendre la LSF, est-ce très différent de l’apprentissage de l’espagnol, de l’anglais… ?

C’est comme pour toute langue : on peut avoir des facilités… ou non ! En ce qui me concerne, j’ai eu plus de facilités avec la LSF (et avec l’allemand) qu’avec l’espagnol ou l’anglais, mais cela ne s’explique pas. J’ai été séduite par cette langue et j’ai tout de suite eu de bons contacts avec la communauté sourde. Cela a joué sur mon amour de la langue, que j’ai apprise de manière intensive après une licence de lettres, avant un master d’interprétariat français-LSF.

Qui dit langue dit grammaire, conjugaison, vocabulaire : la différence est grande entre français et LSF ?

Les avis divergent sur la grammaire : certains disent que la langue des signes a une grammaire très figée, avec en premier le « où/quand/qui/comment », puis le développement, et à la fin de la phrase l’action, le verbe. D’autres trouvent que la LSF est assez souple et que la grammaire est aléatoire, avec plusieurs manières d’organiser les informations dans la phrase.

Mais quoiqu’on pense, la grammaire n’est pas la même en LSF et en langue française. Et on n’interprète pas mot à mot : on interprète du sens, comme pour toute langue. Vous n’interprétez pas « il pleut des cordes » au sens littéral en LSF, ni dans les autres langues, tout comme des expressions en LSF verront leur sens interprété en français. Sans oublier les expressions du visage et l’intensité des mouvements, qui sont l’équivalent de l’intonation pour la langue des signes.

Un sourd qui lit et écrit en français et s’exprime en LSF est donc en situation de bilinguisme ?

C’est comme si on vous demandait d’écrire en anglais et de parler en allemand, car la langue des signes française est bien une langue à part entière !

Propos recueillis par Maud Martinez

Sourds et malentendants : et si on les écoutait ?

Invisibles, les sourds et malentendants ? S’ils sont discrets du fait d’un handicap qui n’est pas décelable au premier coup d’œil, ils ont pourtant beaucoup à nous dire ! Avec la langue des signes française, nous pénétrons dans un nouveau monde. Suivez le guide !

Collège Léonard de Vinci. Des ados papotent dans la salle de classe. Shifa « parle avec les mains », en langue des signes française (LSF). Paul-Idriss s’adresse à nous oralement, et signe avec ses camarades. À eux deux, ils reflètent en partie la diversité du monde des sourds. Shifa est en effet sourde profonde, tandis que Paul-Idriss dispose d’appareillages lui permettant d’entendre le monde qui l’entoure, ce qui l’aide à « oraliser » : à utiliser sa voix pour parler.

Les treize élèves de l’Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire et ceux suivis par l’IRECOV dans ce collège reflètent les progrès de l’institution scolaire dans l’intégration des publics sourds et malentendants. « Ils suivent une partie de leurs cours dans la salle ULIS, ils ont des cours de LSF, et reçoivent le reste des enseignements dans leur classe de référence, avec un(e) interprète en LSF si les familles l’ont demandé », explique Cindy Thareau, coordinatrice du dispositif.

« Ma fille oralise, mais elle préfère utiliser la LSF »

Derrière l’éducation qui s’améliore, et avec elle des perspectives professionnelles qui s’élargissent, les familles sont en effet des moteurs. C’est à leur obstination qu’on doit l’arrivée du bilinguisme en langue des signes au collège il y a quatre ans et au lycée Vaucanson depuis l’an dernier.

Mais le choix de la LSF ne va pas forcément de soi, comme en témoigne Marie-Michèle, maman d’une ado diagnostiquée à 18 mois : « Notre fille a été opérée, son implant cochléaire lui permet d’entendre partiellement. Au début je voulais à tout prix qu’elle parle, c’était aussi l’avis des médecins. Mais quand on ne comprend pas son propre enfant, la LSF s’impose. Aujourd’hui ma fille oralise, mais elle préfère utiliser la LSF, car c’est dans cette langue qu’elle comprend et apprend le mieux. »

Pour certains sourds, la découverte de cette langue est ainsi un soulagement. Anne-Claire Prigent est de ceux-là. Appareillée dès la petite enfance, elle a reçu une éducation dite « oraliste » : « Grâce à l’orthophonie, on apprend à articuler en copiant ce qu’on voit, et je lis sur les lèvres. »

Enfance et adolescence se déroulent donc dans le monde des entendants. « Puis avec la LSF, j’ai rencontré des sourds et découvert un monde auquel j’appartenais sans le connaître ! ». Dans sa vie professionnelle de contrôleuse de gestion, elle n’hésite plus à faire appel à un interprète pour les réunions, quand les visages trop nombreux ne lui permettent pas de suivre les conversations.

Jeux de mains…

Oraliser pour être « normal » à tout prix ? C’est l’idée que le monde entendant a imposé aux sourds pendant près d’un siècle. Alors que la France a été pionnière dans l’éducation des sourds et la création d’une langue des signes avec l’abbé de l’Epée au XVIIIe siècle, le Congrès de Milan de 1880 a ruiné ces efforts en interdisant la langue des signes, considérée comme un obstacle à l’oralité. « Mon mari a connu l’époque où on attachait les mains des sourds pour les empêcher de signer ! ».

Devenue sourde à l’adolescence, Mireille Lecoustre a conservé l’usage de la parole à raison d’orthophonie et de théâtre, qu’elle enseigne avec la Compagnie du Bonheur. Elle n’en est pas moins engagée : « La LSF est notre langue naturelle, et le handicap est avant tout social ! Les “ sourdingues ”, ce sont les sourds qui devenaient fous car ils ne pouvaient pas s’exprimer. »

Un pôle santé pour personnes sourdes ?

Pour elle, le milieu médical a donc un rôle important à jouer, en étoffant ses connaissances sur la vie des sourds, pour renseigner au mieux les parents, leur laisser le choix, et ne pas opposer appareillage auditif et LSF. Pour Pascal Carré, président de l’Association Expression Tours, l’enjeu est aussi dans l’accueil des patients : « J’ai été emmené seul aux urgences pour un AVC, et pendant plusieurs heures, je ne savais pas ce qui m’arrivait. Ma souffrance, c’était de ne pas pouvoir communiquer. »

Suite à cette expérience, Pascal rêverait donc de créer un pôle santé pour personnes sourdes, ou au moins un accueil pour sourds à l’hôpital. Maintenant que l’éducation est possible en LSF, encore faut-il que les services quotidiens et la culture soient accessibles. Et pour cela, une solution : écouter ce que les sourds ont à dire !

Texte : Maud Martinez / Photos : Adobe Stock

Aide à l’achat de vélos : quel est le bilan ?

Entre octobre et décembre, la Ville de Tours avait mis en place une opération d’aide à l’achat de vélos. Un succès pour la municipalité, un « mésusage de l’argent public » pour l’opposition.

1 464 vélos ont été financés grâce au dispositif mis en place par la Ville. (Photo archives NR Hugues Le Guellec)

Les faits

Remontons d’abord le temps ! Retour au début du mois d’octobre 2020 : la Ville de Tours met alors en place une aide à l’achat de vélos. Jusque fin décembre, la municipalité décide de rembourser jusqu’à 50 % de la facture pour l’achat de tout vélo neuf ou d’occasion gravé, sous certaines conditions.

Quelques semaines après la fin de l’opération, le maire et son équipe ont communiqué sur les résultats. Pour eux, le bilan est satisfaisant et ce coup de pouce a permis l’achat de 1 464 vélos grâce à la Ville. On apprend également que les habitants de Tours-Nord ont bien profité de la chose, puisqu’ils représentent 28 % des personnes qui ont sollicité cette aide. Le centre de Tours concentre la partie la plus importante des acheteurs. Enfin, l’adjointe Armelle Gallot-Lavallée a précisé qu’on notait dans les résultats 80 % de vélos mécaniques achetés, contre 20 % d’électriques.

Les enjeux

« Ça a très bien fonctionné », précise Emmanuel Denis qui rappelle qu’il s’agissait là d’inciter « à utiliser le vélo pour les déplacements au quotidien ». L’objectif n’était donc pas de financer des biclous juste pour le plaisir de se balader, mais aussi et surtout de former « des vélotafeurs », du nom de cette communauté qui privilégie les modes de transports doux pour aller travailler.

Le contexte

Cette opportunité était inscrite dans un timing précis. L’opération est désormais bel et bien terminée. Toutefois, Emmanuel Denis a laissé comprendre que ce genre d’aide financière pourrait peut-être recommencer au cours de son mandat (pas en 2021 en tout cas).

Le point de vue

Avec ces plus de 1 400 vélos, c’est donc évidemment un succès pour la municipalité. L’enveloppe de départ prévue, soit 50 000 €, a cependant été largement dépassée, puisqu’elle a grimpé à 318 582 €.

Aucun danger pour les finances communales, mais l’opposition – par la voix des Progressistes – s’est émue de ce « mésusage de l’argent public dans une période où toute l’attention de la municipalité devrait porter sur les plus fragilisés par la pandémie ». Pour eux, le dépassement du budget aurait pu être davantage dédié « aux pratiques cyclables émergentes, tel le vélo- cargo ».

Les bonnes idées pour un Noël solidaire (2/2)

[2/2] Suite de nos bons plans et bonnes idées pour un Noël solidaire : nous ne sommes pas seuls, certains ont besoin d’aide et nous pouvons forcément aider, chacun à notre échelle.

ÂGÉS ET ISOLÉS : COMMENT LES AIDER ?

Les Petits Frères des Pauvres organisent toute l’année des activités pour maintenir le lien avec des personnes âgées isolées. Noël est bien sûr une période-clé : à l’heure où de nombreux habitants se retrouvent en famille, d’autres ressentent encore plus la solitude. Habituellement, les Petits Frères des Pauvres de Tours organisent un repas festif, qui reste pour l’instant entre parenthèses, Covid oblige. Mais les bénévoles sont les bienvenus pour venir soutenir ces actions. Pour les fêtes, et plus si affinités.

Récemment, l’association a notamment invité les enfants à dessiner des petites cartes de Noël qui seront distribuées aux personnes isolées (lire notre article ICI)

www.petitsfreresdespauvres.fr, et antenne de Tours : 02 47 37 91 70.


UN PEU D’ART POUR LA BONNE CAUSE

La boutique de créateurs Nanza s’associe à l’association tourangelle Foussini Bougou Développement tout au long du mois de décembre. Les fruits de la vente des œuvres d’art exposées iront à cette association qui travaille pour le développement d’un village malien. Et sur les murs de Nanza, il y a du beau monde ! Grégory Cortecero, Elisabeth Guiot, Felix Oyoua et quelques autres participent à ce « vide-atelier » pas comme les autres.

>Nanza, 61 rue Blaise-Pascal, Tours – www.nanza.fr


UN CALENDRIER DE L’AVENT INVERSÉ

C’est Utopia 56, une association œuvrant quotidiennement au soutien des mineurs isolés étrangers à Tours, qui réitère l’opération. Le concept est très simple : il consiste à mettre chaque jour de côté un petit cadeau (gourmandise, produit d’hygiène, petit objet utile, vêtement, etc.) puis de porter le tout aux locaux de l’association (70, rue d’Entraigues). Les calendriers seront distribués aux jeunes pour Noël et feront, c’est certain, des heureux !

> (lire également notre article sur l’opération ICI)


UNE BD POUR LA LIBERTÉ DE LA PRESSE

Chaque année, l’ONG Reporters Sans Frontières publie un ouvrage dont les fonds permettront de financer ses actions de défense des journalistes et de la presse à travers le monde. Et on est chanceux : cette année, c’est Riad Sattouf qui s’y colle ! Le principe de l’album est simple : 100 dessins et croquis commentés par l’auteur, depuis ses débuts jusqu’au succès de L’Arabe du futur. En bonus, quelques textes par d’autres soutiens de RSF, pour un cadeau passionnant à lire.

>Riad Sattouf, 100 dessins pour la liberté de la presse, Reporters Sans Frontières, 9,90 € sur le site boutique.rsf.org


HOP LE SAPIN !

Pas besoin de chercher bien loin pour faire sa B.A. : en achetant le sac à sapin à 5 € à peine, vous aidez Handicap International, tout en vous facilitant la vie pour remballer l’arbre après Noël. Et cette année, on trouve aussi des pochettes cadeaux Handicap International, pour une B.A. de plus.

Les bonnes idées pour un Noël solidaire (1/2)

(1/2) Bon, cette année, on ne va pas se mentir, on ne va pas prendre quelqu’un par la main, car ce n’est pas très « covid ». Mais le cœur y est, tout comme notre bonne volonté ! Alors pour ce Noël 2020 qui arrive au terme d’une année vraiment compliquée pour tout le monde, cultivons cette petite graine qui a germé au printemps : nous ne sommes pas seuls, certains ont besoin d’aide et nous pouvons forcément aider, chacun à notre échelle.

DES PLACES « SUSPENDUES » À L’OPÉRA

Vous connaissez peut-être le « café suspendu » ? Un généreux buveur de kawa paye deux cafés, pour que le suivant soit offert à une personne dans le besoin. Eh bien l’Opéra de Tours instaure la « place suspendue », pour les concerts et opéras ainsi que pour des sessions jeune public, sur le même principe : on paye une place en plus de la sienne et l’association Cultures du Cœur la donnera à une personne en difficulté. De la culture en cadeau, rien de plus beau !
>Disponible au guichet de l’opéra à partir du 16 décembre pour la saison 2021. Contact au 02 47 60 20 20 et theatre-billetterie@ville-tours.fr


LE PÈRE NOËL EST… VERT !

Photo archives tmv)

En tout cas, celui du Secours Populaire ! Les actions habituelles sont forcément un peu chamboulées, mais qui sait ? Peut-être ferez-vous emballer vos cadeaux par les bénévoles, et vous les croiserez sans doute sur des marchés et animations de Noël, pour des collectes de jouets.

À suivre sur www.spf37.org


L’EFFET 3 EN 1

Voici comment faire des cadeaux avec triple effet solidaire : rendez-vous dans des lieux comme la Ressourcerie, Active, ou Emmaüs Touraine et trouvez-y votre bonheur parmi la multitude de vêtements, de meubles, de livres, d’objets décos ou d’électro-ménager.
Bienfait n°1 : on aide nos associations, qui viennent en aide aux plus démunis. Bienfait n°2 : on file un coup d’pouce à la planète en évitant la surconsommation. Bienfait n°3 : notre porte-monnaie ne souffre pas trop de l’opération !

>Ressourcerie la Charpentière, 153 rue Saint-François, à Tours. Active 153 rue Saint-François et 155 rue Edouard-Vaillant, Tours. Emmaüs Touraine : liste des points de vente sur emmaus-touraine.org


ARTISANS DU MONDE…

Voilà une histoire qui ne date pas d’hier, puisque le réseau Artisans du Monde est né en 1974. Et le principe n’a pas changé : pratiquer un commerce équitable, pour permettre aux producteurs du monde entier, partenaires de l’association, de diffuser leurs créations à juste prix. Décoration, ustensiles de cuisine, mobilier, alimentation… Les propositions sont variées, et l’accueil des bénévoles toujours sympathique.

>Artisans du monde, 67 rue Colbert, à Tours, lundi après-midi, et du mardi au dimanche 10 h 30-13 h 30 et 14 h 30-18 h 30 en décembre.


…ET ARTISANS D’ICI

N’oublions pas de soutenir nos artisans locaux ! Les créateurs et artisans d’art sont nombreux à compter sur les fêtes de fin d’année pour présenter au public le fruit de plusieurs mois de travail. Luminaires, pièces textiles, savons, bougies, sculptures, petit mobilier… La métropole tourangelle a la chance de pouvoir compter sur de multiples talents, à retrouver dans plusieurs boutiques de créateurs, comme à Tours l’Échoppe Éphémère (Galerie nationale), le 10 Lavoisier (rue Lavoisier), Petites Séries (rue Constantine) ou la Manufacture à Joué-lès-Tours par exemple.


 

Indre-et-Loire : des « boîtes de Noël » pour les plus démunis

En Touraine, les Couturières masquées et le collectif Main dans la main 37 notamment proposent de remplir des boîtes à chaussures avec écharpes, bonnets, produits cosmétiques, livres et petits mots doux. Celles-ci seront distribuées aux gens dans la rue et aux plus démunis.

Prenez une boîte à chaussures. Glissez-y « un truc bon, un truc chaud, un divertissement, un produit cosmétique et un mot doux ». Emballez la boîte, précisez si elle est destinée à un homme ou une femme (ou unisexe bien sûr) et… c’est parti !

Cette chouette initiative a essaimé un peu partout en France. La Touraine n’y échappe pas. Chez nous, les Couturières masquées et le collectif Main dans la main 37 invitent aussi les Tourangeaux à réaliser ces « boîtes de Noël » qui seront ensuite distribuées aux sans-abris et aux personnes démunies identifiées par les associations locales.

Echarpe, chocolats et jeu de cartes

Concrètement, que pouvez-vous mettre dans ces boîtes ? Pour le « truc chaud », cela peut être un bonnet, une écharpe, des gants, des chaussettes. Côté « truc bon », pensez aux gâteaux, compote et chocolats, par exemple. Pour que les personnes à la rue puissent trouver un peu de loisir, vous pouvez déposer, dans ces boîtes, un jeu de cartes, un magazine ou même un livre !
Enfin, côté hygiène, pensez au dentifrice, à un stick à lèvres ou des serviettes hygiéniques, mouchoirs, etc.

Le tout, avec un petit mot doux pour les fêtes de Noël ! Vous pouvez également rajouter un petit quelque chose pour les animaux.

Main dans la main 37 recense aussi les points de collecte sur sa page Facebook. (Photo Main dans la main 37)

Des points de collecte

Différents points de collecte sont installés partout en Touraine : Montbazon, Veigné, Ballan-Miré, Joué-lès-Tours, Cormery, Saint-Cyr-sur-Loire…

A Tours, il est possible de les déposer à l’Etape 84, Auchan Tours-Nord, ou encore à Au Tours du Vrac. La liste s’agrandit jour après jour. Vous pouvez la retrouver en détail en suivant la page Facebook de Main dans la Main 37 et sa publication des points de collecte en cliquant ICI !


Texte : Aurélien Germain
Photo d’ouverture : Les Couturières masquées 37

 

Cinq châteaux de la Loire introduits dans le jeu vidéo Fortnite

La Région Centre-Val de Loire s’est associée avec la web TV tourangelle Solary pour le « Centre-Val de Loire Fortnite Tour ». Cinq châteaux de la Loire ont été reproduits dans le jeu Fortnite. De quoi mêler culture, patrimoine et jeu vidéo.

D’un côté, Fortnite, jeu en ligne ultra-populaire (plus de 250 millions de joueurs, rien que ça, oui oui). De l’autre côté, les châteaux de la Loire, joyau du patrimoine régional. Et une envie du Conseil régional : créer un événement associant culture et jeu vidéo.

Résultat ? La Région Centre-Val de Loire a annoncé s’être acoquinée avec la web TV tourangelle Solary, pour proposer le Centre-Val de Loire Fortnite Tour. « Le principe ? Cinq châteaux de la Loire ont été reproduits au sein du célèbre jeu vidéo Fortnite », précise le Conseil régional. « Les joueurs ont ainsi l’opportunité d’explorer ces monuments historiques en version virtuelle, en s’affrontant sur un parcours de vitesse. »

Ainsi, les gamers – en mode « créatif » dans Fortnite – pourront découvrir les châteaux de Chambord, de la Valette, d’Amboise, du Clos Lucé et de Chaumont-sur-Loire et auront des défis à relever pour édifier leurs châteaux. Les parties seront diffusées sur la plateforme Twitch.

La compétition se déroulera en cinq parties. Les meilleurs joueurs pourront gagner divers lots offerts par la Région.

Pour le Conseil régional, « c’est l’occasion pour les joueurs d’en apprendre plus sur ces châteaux qui font la renommée de notre région, dans une ambiance ludique ». Pour le youtubeur tourangeau Nota Bene – qui participera en racontant les lieux – « c’est de la visite de patrimoine auprès d’un public qui, potentiellement, ne connaît pas tout ça », ainsi qu’il l’a posté sur Twitter. « Je trouve ça super cool d’amener l’Histoire au public de Fortnite par ce genre de projets, c’est fun et inattendu ! »

Voici le programme qui vous attend :

  • 4 décembre, 20 h  Château de Chambord
  • 11 décembre, 20 h Château de la Valette
  • 18 décembre, 20 h Château royal d’Amboise
  • 8 janvier 2021, 20 h Domaine régional de Chaumont-sur-Loire
  • 15 janvier 2021, 20 h Grande finale au Clos-Lucé

Envie de participer à l’événement ? Suivez ce lien pour obtenir toutes les informations et précisions. 

 

L’Echoppe éphémère et ses créateurs se mettent au Click and collect pour Noël

Cela fait douze ans que l’Echoppe éphémère et ses artisans s’installent quelque part à Tours pour mettre en avant la création made in Région Centre. Covid et confinement oblige, la boutique s’est mise au Click and collect.

Cette année, l’Echoppe éphémère doit se mettre au Click and collect (photo Echoppe Ephémère)

C’est devenu, à force, une tradition : depuis plus de douze ans, l’Echoppe éphémère s’installe de mi-novembre à fin décembre dans le centre de Tours. Des artisans locaux y proposent leurs créations, pour que les Tourangeaux trouvent leur bonheur côté cadeaux de Noël originaux et faits en Touraine.

Mais cette année, « l’ouverture au 72 rue Nationale à Tours a été différée pour cause de situation sanitaire », précise la boutique dans un communiqué. « Toutefois, les 27 créateurs de cette session se tiennent près à ouvrir au public dès que ce sera possible et en attendant, ont mis en place un site internet avec un Click & Collect et comptent sur la volonté des Tourangeaux d’acheter ou de s’offrir des cadeaux locaux, originaux et de qualité pour soutenir la création made in Région Centre Val de Loire. »

En furetant sur cette boutique en ligne, on découvre ainsi une composition végétale sous globe, des boucles d’oreilles, des savons, des tableaux, ou encore des collants sérigraphiés et des ardoises en forme de chat…

Pour commander, il suffit cette fois de se rendre sur le site internet (en cliquant juste ici !) et passer commande. Celles-ci sont à retirer les mercredis et samedis de 10 h à 13 h ou sur rendez-vous à la boutique Petites séries, au 5 rue Constantine.

Tours : une tombola pour financer des casques de réalité virtuelle aux enfants hospitalisés

Une tombola virtuelle a été lancée par le Fonds de dotation du CHRU de Tours. Le projet « La réalité virtuelle fait son entrée à Clocheville » a pour objectif de mieux prendre en charge la douleur chez les enfants hospitalisés.

Les casques de réalité virtuelle devraient ravir les enfants (Photo illustration / Image par Prashant Sharma de Pixabay)

C’est un événement caritatif 100 % virtuel qui va se dérouler jusqu’au 1er décembre : le Fonds de dotation du CHRU de Tours organise en effet sa première tombola d’hiver via Internet. Le but ? Offrir, grâce aux fonds récoltés, « des casques de réalité virtuelle pour les enfants hospitalisés à l’hôpital Clocheville, afin de lutter contre la douleur », précise-t-on dans un communiqué.

Le projet, nommé « La réalité virtuelle fait son entrée à Clocheville », a été initié par les services pédiatriques de l’hôpital. « Afin d’éviter le recours à des médicaments, les équipes souhaitent acquérir des casques de réalité virtuelle. Ces casques permettront de plonger les enfants dans un univers totalement immersif, virtuel et sonore, permettant d’atténuer la douleur en détournant l’attention du cerveau », nous explique-t-on.

5 € le billet de tombola et des lots

Si les résultats sont probants, ce complément thérapeutique pourrait être déployé ensuite à l’ensemble des services pédiatriques.

Il est donc possible, durant tout le mois, d’acheter des tickets de tombola. Près de 3 000 sont mis en vente, à 5 €, sur la plateforme Hello Asso. (voir ci- dessous ou en cliquant ici).

Le tirage au sort sera effectué sur la page Facebook du Fonds de dotation, le 1er décembre. Sont notamment à gagner des lots comme des coffrets gourmands, une  télé, un tipi pour les enfants, une soirée-concert au château d’Artigny, des jeux de société…
A.G.


> Pour acheter votre billet de tombola, c’est par ici ! 
> Pour découvrir la liste complète des lots : www.fondsdedotation-chru-tours.fr

 

Anne-Laure Rouxel et la danse hawaïenne pour femmes enceintes

Anne-Laure Rouxel est danseuse chorégraphe. Depuis cette année, elle propose des ateliers de danse hawaïenne, gratuits pour les femmes enceintes suivies à l’hôpital de Tours.

D’emblée, Anne-Laure Rouxel dresse le décor. « On commence par se masser le dos, le ventre, on respire. Imaginez-vous à Hawaï, sur le sable, on cueille la jolie fleur et on la met dans ses cheveux, on se pare d’un collier de fleurs autour de la tête puis sur la poitrine tout en respirant son parfum. Nous voilà prêtes ! »

Du fond sonore jaillissent les vagues. Les bassins d’Anne-Laure et de son élève du jour, Clarisse, ondulent peu à peu. Une ambiance douce et chaleureuse les entoure.

Nous sommes à l’atelier de danse hawaïenne que propose la chorégraphe tous les mercredis pour les femmes enceintes suivies au CHRU de Tours. Crise sanitaire oblige, il est délocalisé au studio du Petit Morier et comme il vient tout juste d’être mis en place, il n’y a pas foule ce matin. Mais gageons que bientôt le cours d’Anne-Laure Rouxel affichera complet. Car la danse hawaïenne est source de multiples bienfaits pour les femmes enceintes.

« Le travail que je propose, le hula prénatal, vise à mieux connaître son corps, mieux sentir ses appuis, mieux développer sa respiration, étirer sa colonne vertébrale et découvrir l’ensemble des mouvements du bassin. Les femmes qui le pratiquent savourent cette détente pendant le cours puis cela résonne en elles dans leur quotidien. Quelque part aussi, cela les prépare à l’accouchement, en les amenant vers plus de mobilité et en développant leurs appuis. »

Formée à la danse hawaïenne à Paris et dans le pays des origines par une maître danseuse devenue sa meilleure amie, Anne-Laure est précurseur en France de cette pratique auprès des femmes enceintes. Elle est heureuse de l’intérêt porté par le professeur Perrotin, chef du service gynécologie de l’hôpital, pour ces ateliers pour les femmes enceintes mais aussi les sages-femmes. Les cours ont démarré en janvier, juste avant le confinement. Elles étaient six femmes enceintes à participer et pour Anne-Laure, « elles ne sont pas six, mais douze, leur bébé en elles danse aussi ! ».

Elle aime les liens qui se créent avec ces personnes et rien ne la réjouit plus de voir qu’une de ses élèves, aide à domicile dont le corps est abîmé par le poids des personnes âgées qu’elle soulève, s’est éveillée à la danse. Le sourire en prime. Car Anne-Laure est persuadée que « la danse et la musique répondent à un besoin ontologique et social. La sensation des mouvements de bassin qui singularise cette danse est très douce et ondulante. Et puis c’est une danse qui ancre dans le sol, la terre ».

À la fin du cours, Clarisse, enceinte de son troisième enfant, semble approuver. Elle qui avait « le bassin en vrac » en arrivant au cours de hula prénatal, ressort une heure plus tard apaisée. Après avoir dansé et chanté, le temps d’une échappée à Hawaï.

Aurélie Dunouau


> Ateliers de danse femmes enceintes, mode d’emploi

Le temps de la crise sanitaire, ces ateliers gratuits se déroulent au Studio de danse Le Petit Morier (81 boulevard Jean-Royer, à Tours), les mercredis de 10 h 45 à 11 h 45. L’inscription se fait auprès de l’équipe d’accueil de la maternité, au Centre Olympe de Gouges du CHRU. Anne-Laure Rouxel est auteure d’un guide pratique et poétique pour un accouchement physiologique : Bougez votre bassin ! Elle sera à la librairie La Boîte à Livres, le jeudi 29 octobre, à 19 h 30.

Olivia N’Ganga, la réalisatrice des fictions dansées

Avec Électron Libre, son cinquième court-métrage réalisé avec Mikaël Dinic, Olivia N’Ganga met en scène le chorégraphe Abderzak Houmi.

Olivia N’Ganga et Abderzak Houmi (Photo Electron Libre – DR)

C’est une routine immuable : chaque jour, un biologiste enfile blouse et gants pour s’atteler à son microscope. Subrepticement, jour après jour, sons et chorégraphies hip-hop s’invitent comme par magie dans le quotidien millimétré de ce scientifique.

« Le démon de la danse va s’emparer de lui », s’exclame Olivia N’Ganga, la co-réalisatrice, avec Mikaël Dinic, d’Électron Libre, ce court-métrage qui sera diffusé dans l’émission Renversant de France 3 Centre Val de Loire*, puis sur TVTours et BIPTV.

« Je m’inspire de la vie et de la personnalité des premiers rôles »

L’acteur principal de cette fiction dansée ? Le danseur et chorégraphe Abderzak Houmi, fondateur de la compagnie X-Press installée à Joué-lès-Tours. La réalisatrice, ancienne du Conservatoire de Tours, de l’école de commerce (Escem) ou encore du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris, co-réalise ici son cinquième court-métrage de fiction. Des histoires qui, depuis 2017, ont la particularité d’évoquer des sujets de société en s’appuyant sur le vécu des acteurs principaux et … sur la danse.

« Je m’inspire de la vie et de la personnalité des premiers rôles pour créer un scénario original », détaille Olivia N’Ganga. Avec Itinéraire Etc, elle met en scène avec humour Thomas Lebrun, chorégraphe et directeur du Centre Chorégraphique national de Tours, dans une parodie de lui-même. Dans Électron Libre, elle évoque par le prisme d’un scénario de science-fiction, les études scientifiques d’Abderzak Houmi, qui plongera dans le bain de la danse en autodidacte, à 18 ans, avant, très rapidement, d’en faire son métier.

Mais auparavant, jusqu’en 2017, Olivia N’Ganga a travaillé pour d’autres caméras, en exerçant, durant sept ans, le métier de journaliste, notamment pour France 3. L’occasion de voir éclore sa passion du terrain et son goût pour les formats longs.

En 2014, Olivia N’Ganga a d’ailleurs co-réalisé Son rêve à lui, un documentaire ponctué d’interviews de l’Etoile Patrick Dupond, racontant l’histoire de deux apprentis danseurs et d’un professionnel du prestigieux Opéra de Paris. Pour filmer la danse, toujours.

Flore Mabilleau


> *Diffusion le 21 octobre vers 23 h dans Renversant, sur France 3 Val de Loire.

 

 

Savourons le Val de Loire : les produits locaux à l’honneur

Avec l’opération « Savourons le Val de Loire », les producteurs locaux viennent à votre rencontre pour vous faire découvrir les richesses de nos terroirs du 12 au 18 octobre.

Avis aux épicuriens tourangeaux : l’opération « Savourons le Val de Loire » revient pour la 10e année consécutive ! Du 12 au 18 octobre 2020, les producteurs adhérents de l’association Projets pour le Val de Loire mettront en avant leurs produits dans vos supermarchés, épiceries et autres magasins habituels.

Pour Laura Bizet, membre du comité organisateur, l’objectif de l’opération est multiple : « Nous nous inscrivons dans un engagement économique, mais aussi écologique en favorisant le circuit court. Savourons le Val de Loire est aussi là pour aider les producteurs à se mettre en relation avec des professionnels du secteur (industrie agroalimentaire, restaurants, cantines, réseau de magasins…) à travers un rendez-vous professionnel qui s’ajoute aux opérations pour le grand public. »

Dégustations, rencontres et échanges

Pour les 70 adhérents de l’association organisatrice, la semaine « Savourons le Val de Loire » sera donc l’occasion de se faire connaître de tous les publics, professionnels comme particuliers.

Pour rencontrer ces derniers, les producteurs s’installeront dans des espaces dédiés à Savourons le Val de Loire dans les supermarchés, hypermarchés mais aussi boutiques et épiceries qui seront de la partie. Présentation de produits, dégustations, et surtout rencontres et échanges seront au rendez-vous.

Et au cas où vous hésiteriez encore à faire vos curieux, sachez que toute la semaine un jeu-concours sera proposé, avec à la clé des dîners gastronomiques aux Hautes Roches de Rochecorbon et dans les restaurants sélectionnés par La Touraine Gourmande Cuisine en Loir-et-Cher.

Luc Blanvillain : « Mon roman est parti du fantasme d’être débarrassé de son téléphone »

Luc Blanvillain a remporté le Prix du roman tmv pour Le Répondeur, où un auteur célèbre, afin d’être tranquille, confie sa vie à un imitateur qui doit se faire passer pour lui au téléphone. Entretien avec cet écrivain passé par Tours, une interview réussie après être tombé deux fois sur… son répondeur !

Vous venez donc, avec Le Répondeur (Quidam éditeur), de remporter le Prix du roman tmv. Un vrai coup de coeur pour le jury ! Un écrivain connu, Chozène, y embauche un imitateur pas connu pour qu’il lui serve de « répondeur », décroche au téléphone à sa place, devienne sa voix et se fasse passer pour lui. D’où est venue cette idée fofolle ?

(rires) C’est parti du fantasme de ne plus avoir à téléphoner, d’être débarrassé de son téléphone et de sa vie. De se libérer de la tyrannie de la communication. Un scénario improbable, je sais. J’ai connu l’époque où on n’était pas forcément joignable… J’ai cette nostalgie de la tranquillité absolue et mesure à quel point les sollicitations téléphoniques peuvent être intrusives. J’aime beaucoup la comédie, alors je voulais partir d’une situation incongrue. Le roman commence comme un comique de situation puis, peu à peu, va vers quelque chose de plus intime et moins drôle, car finalement, mon personnage prend la vie d’un autre.

Ce roman est aussi très « cinématographique », il pourrait parfaitement être adapté en film…

Eh bien, les droits ont déjà été achetés par une boîte de production ! J’aime écrire par scène, que chaque chapitre soit une unité. Comme dans un scénario. Là, théâtre et cinéma sont des références. Tout comme la comédie. Le Répondeur est un livre visuel et auditif.

Dans votre roman, Chozène a un rapport plus que délicat et difficile avec son téléphone portable. Il déteste ça. Et vous, quelle est votre relation avec l’objet ?

Vous l’avez vu, je suis un peu comme lui ! (rires) [Au moment de l’interview par téléphone, nous sommes en effet tombés deux fois sur… son répondeur ! NDLR] J’aime parler en face ou par écrit. Le téléphone… c’est quelque chose d’étrange, non ? On n’a que la voix. On me reproche de ne pas assez téléphoner. Et je n’aime pas les visio non plus. Donc oui, il y a un peu de moi dans le personnage de Chozène ! (rires)

La maîtrise du récit fait qu’on se demande constamment si le personnage de Baptiste, l’imitateur, va se faire attraper. Il y a une sorte de suspense, de stress pour le lecteur. Au cours de l’écriture, saviez-vous où le chemin allait vous conduire ?

Oui, j’avais besoin que ce soit précis. J’ai écrit Le Répondeur en plusieurs moments. Malgré les pauses, je devais savoir où ça allait. Le rythme en comédie est vital. Je voulais installer un suspense, mais en restant dans des enchaînements pas trop invraisemblables.

Vous vouliez dénoncer également cette étrange « communication » entre les gens aujourd’hui ?

Non, pas dénoncer. Mais plutôt explorer. Explorer ce que sont ces nouvelles formes de communication et ce qu’elles impliquent. Ce côté « immédiateté ».

Quels sont les retours que vous avez eus ?

Ce qui revient, c’est souvent le côté comique et humoristique. Mais je n’ai pas écrit dans le but de faire des gags. On m’a également dit être étonné par l’originalité du livre. C’est incongru, certes, mais bon, vous savez, le téléphone a acquis une importance folle de nos jours. Ça semble presque un intouchable. Enfin – mais je ne veux pas paraître ostentatoire – on m’a parlé du soin apporté à l’écriture.

C’est amusant que vous disiez ça, car une membre de notre jury a émis une petite critique, celle – je cite – de « l’utilisation incroyable de mots que peu de gens comprennent, comme soufisme, l’érubescence, l’essence de la mimesis », etc. Vous avez une plume compréhensible de tous, évidemment, mais parfois un vocabulaire recherché…

J’adore les mots, il y a un sens, une musique. Ce sont, il est vrai, des mots curieux. Mais j’aime leur donner une chance d’exister. Plus jeune, quand j’ai lu Jules Verne, je n’ai compris que le tiers ! (rires) Il y a un fétichisme intéressant des mots. Mais attention, je ne veux pas être pédant, je souhaite simplement convoquer un vocabulaire baroque.

Vous avez fait vos études à Tours. Quel souvenir gardez- vous de notre ville ?

J’ai effectivement fait une partie de mes études de lettres à Tours, avant d’être nommé prof en Normandie puis en Bretagne. Je reviens souvent en Touraine, j’y ai ma famille. C’est un lieu que j’adore, j’ai passé beaucoup de temps à marcher en ville. Ado, j’allais aux cinémas Studio. Tours possède plusieurs géographies. J’habitais à Tours Sud, quartier Montjoyeux, près d’un bois. J’ai des souvenirs urbains du centre et il y avait Tours-Nord… une zone plus étrange pour moi, avec quelques amis, mais c’était l’inconnu ! (rires)

Propos recueillis par Aurélien Germain / crédit photo : Quidam éditeur
(Partenaires du Prix du roman tmv : Kéolis, Crédit Mutuel, Oceania Hotels, La Boîte à livres.)


Consommer local : nos petites adresses qui font du bien !

Cette semaine dans tmv, retrouvez notre dossier fourni en bonnes adresses pour consommer local et en circuit court.

Avec le confinement, le consommer local s’est développé tous azimuts, pour vous permettre de consommer au plus près : livraisons, drive et marchés chez les agriculteurs se sont ajoutés aux magasins de producteurs et autres épiceries qui peuplaient déjà la région.

Et oh surprise ! Nous sommes beaucoup à avoir découvert qu’on trouvait presque tous nos produits du quotidien à côté de la maison. Légumes, fruits, huiles, pâtes, conserves, produits pour l’hygiène ou la maison… L’offre est telle qu’il nous a fallu faire des choix. Les plus récents, les plus originaux ou les incontournables, à compléter en gardant les yeux ouverts pour faire vos emplettes en mode local et pas banal !

RETROUVEZ NOTRE DOSSIER ET NOS BONNES ADRESSES POUR CONSOMMER LOCAL ET EN CIRCUIT COURT DANS LE N°373 DE TMV OU EN TELECHARGEMENT (cliquez ici)!

Pont Wilson à Tours : 20 % de cyclistes en plus

Deux mois après la fermeture du Pont Wilson aux voitures, la circulation des vélos y augmenté de 20 % par rapport à septembre 2019.

Les voitures sur le Pont Wilson ? C’est désormais fini ! (Photo archives NR – Julien Pruvost)

Les faits

La fermeture du Pont Wilson aux voitures, le 13 août dernier, avait fait grand bruit. Mais aujourd’hui, la municipalité a visiblement le sourire : en septembre 2020, 66 746 cyclistes ont emprunté ce pont, soit une hausse de 20 % par rapport au même mois en 2019 (55 506 adeptes du deux-roues). Le mois dernier, ce sont donc, en moyenne, 2 224 vélos qui l’ont traversé, contre 1 850 un an auparavant.

Au total, sur les quatre différents ponts de Loire, on comptabilise près de 150 000 cyclistes ! Plus précisément, 148 265, contre 135 821 en septembre 2019. Un chiffre en hausse de 9 %, d’après les données consultables par tous sur le site data.tours-metropole.fr

Le contexte

La nouvelle municipalité a souhaité mettre l’accent sur les mobilités douces et le vélo notamment. L’expérimentation sur le Pont Wilson doit courir jusqu’en janvier. Mais le maire Emmanuel Denis a « bon espoir qu’on puisse transformer cette piste temporaire en piste définitive », comme il l’a indiqué à nos confrères de la Nouvelle République.

Parallèlement à cela, la Ville envisage une aide à l’achat de vélo (un dispositif qui a fait débat lors du dernier conseil municipal) et ce, à partir de la mi-octobre.

Enfin, les travaux de réfection du mail du boulevard Heurteloup prévoient également la matérialisation, au sol, de traits pour séparer l’espace dédié aux piétons et celui dédié aux vélos. Un couloir de quatre mètres est prévu pour les premiers, un de trois mètres pour les seconds. En attendant ces travaux importants, il est à noter que la circulation sur le mail pourra ponctuellement être déviée provisoirement.

Le point de vue

Sur les réseaux sociaux notamment, certains doutent que la dynamique se poursuive avec l’arrivée des jours pluvieux ou du froid. L’ex-adjoint Jérôme Tebaldi a aussi affiché plusieurs fois son scepticisme et ses interrogations.

Mais pour sa part, Emmanuel Denis dit ne « pas être surpris par ces chiffres. Quand on met en place des vrais parcours sécurisés, les Tourangelles et Tourangeaux les investissent. Le Pont Wilson, ça peut être une sorte de déclic pour la bascule de la voiture vers le vélo ».

A.G.

Beat Matazz, l’as de la batterie digitale et champion de « finger drumming »

Beat Matazz, alias Marco Pillitteri, vient de remporter la médaille de bronze d’un championnat européen de « Finger Drumming » soit de batterie digitale.

Sur Instagram, ses 2 500 followers l’observent chaque semaine se laisser joyeusement posséder par sa musique. Dans son étroit studio home made, Marco Pillitteri se filme pianotant en virtuose sur un drôle d’instrument de musique, plus proche de l’ordinateur que de la grosse caisse.

« Je suis passionné de composition électronique et dans un délire assez geek », reconnaît le musicien âgé de 32 ans. Son nom de scène ? Beat Matazz.

C’est en « tambourinant » avec maestria sur sa boîte à rythmes rose aux boutons blancs que ce batteur, rappeur et compositeur, a remporté la médaille de bronze d’un championnat européen de Finger Drumming, soit de batterie digitale en version française. Un podium décroché grâce à une composition hip-hop à base sur de samples de la 5e symphonie de Beethoven et de sons créés grâce à un synthétiseur analogique japonais des années 70.

« Je suis sûr d’être à ma place »

Déjà, en 2018, pour sa première participation à un battle, après 10 années d’entraînement seul dans sa chambre, le musicien avait braqué la première place. Pourquoi se lancer dans ces compétitions où se réunit le gratin du beatmaking ? « Je ne sais pas vraiment pourquoi je le fais, mais lorsque je suis là-bas, je suis sûr d’être à ma place, de faire partie d’une tribu », sourit-il. « Plus je m’entraîne, plus je maîtrise mon art qui demande un gros niveau de technicité et de concentration. Il faut avoir la précision d’un pianiste et l’énergie d’un batteur. »

Live Finger Drumming Beatmaking Performance – Beethoven + Beat Matazz = Beathoven

JE VIENS D'ETRE SELECTIONNÉ pour le Championnat du Monde de #FingerDrumming avec ce beat vidéo 🌎 8 Finalistes, 1 Vainqueur ⚡️J-5⚡️Samples Imposés : Beethoven, ici c'est la Symphonie N°6 Pastorale.Live Stream le Vendredi 21 Aout Je vous donne RDV Vendredi 21 Aout 2020 sur le compte Twitch de Sample Music Festival pour me soutenir jusqu'au podium ♥️ ❤️ A très vite#Berlin #fingerdrumming #handmadebeatz #pinkmpc #Loveforthemusic

Posted by Beat Matazz on Monday, August 17, 2020

C’est d’ailleurs par là que l’artiste, installé aujourd’hui à Vallères, a débuté, à 6 ans, à l’école de musique de Saint-Cyr-sur-Loire. « Tout ce que j’ai appris à la batterie, je m’en sers et le transforme à la machine », observe-t-il.

Aux Beaux-arts de Bourges, puis de Nantes, Beat Matazz a ensuite laissé libre cours à son goût pour l’expérimentation sonore dans des créations musicales, en trio avec sa machine et… des bâtiments. « C’est durant cette période que j’ai commencé à créer de la musique à partir d’échantillons », se souvient-il.

Le musicien professionnel, influencé par l’artiste de hip-hop américain Flying Lotus, s’investit aujourd’hui de front dans cinq projets et groupes différents de blues, percussions de rue, jazz/ hip-hop, etc. « C’est la musique live qui me fait vibrer, c’est dans le show que je m’épanouis », souffle-t-il. Un plaisir communicatif qui séduit jusqu’à 5 000 internautes par vidéo postée.

Flore Mabilleau

> Pour le suivre sur Instagram @beatmatazz.

 

Coverama : la mémoire de la musique tourangelle en pochettes d’albums

Retracer 10 ans d’histoire musicale tourangelle à travers des dizaines de pochettes d’albums ? C’est le pari du projet Coverama.

Coverama, c’est le petit nom d’un projet solidaire en faveur de la scène locale tourangelle. Ce livre réunit 50 pochettes d’artistes tourangeaux et couvre 10 ans de musique en Touraine.

Tout juste imprimé, l’ouvrage n’est édité qu’à 500 exemplaires, numérotés manuellement. Les bénéfices seront redistribués, via les dispositifs régionaux Coup D’Boost, Suprême LTM et Téléscope, aux artistes et musicien(ne) s locaux, durement impactés durant la pandémie de Covid,

Pour présenter ce projet, une journée-événement est prévue au Temps Machine, le 26 septembre avec speed-meeting, table ronde, vernissage et concerts.
A.G.


Le programme en détail de la journée du 26/09:
14 h-17 h : SPEED-MEETING « Conseil et ressource » Ouvert aux groupes. Entrée libre.
Adhérents de la Fraca-Ma présents : Le Temps Machine, Jazz À Tours, Tous en Scène Musiques Actuelles, Rockomotives Festival – Figures Libres et Les Formations d’Issoudun.
17 h : TABLE RONDE « La culture en période de Co-vid, quel horizon ? » Organisée par nos confrères de 37 degrés en présence des intervenants de la Fraca-Ma et d’autres invité(e)s.
18 h : VERNISSAGE de l’expo « COVERAMA, une histoire de la musique tourangelle en pochette »
19 h : CONCERTS
– Raphaël Guattari – Pop / Chanson (Le Temps Machine)
– Les Pompiers – Jazz / Électro (Jazz À Tours)
– Moonback Stage – Rock / Jazz (Tous en Scène)

Chroniques culture : BD, Yin Yin en vinyle, découverte tourangelle et cuisine créative

Ne changeons pas les bonnes habitudes : on fait le plein de BD cette semaine, mais on y rajoute un livre de recettes fort original, tout en écoutant Panem et Yin Yin.

LES BD DE LA SEMAINE

Le Tourangeau Étienne Le Roux, aidé par Brunschwig et Chevallier, se lance dans une nouvelle saga avec « Les Frères Rubinstein » (Delcourt), retraçant une belle histoire de fratrie juive, des corons du nord aux cabarets new yorkais.
Avec « Ellis Island » (Grand Angle), Charlot et Miras brossent un portait saisissant de l’immigration du début du XXe siècle.
Avec « La Dernière rose de l’été » (Sarbacane), Lucas Harari offre un second roman graphique époustouflant, un polar hitchcockien de toute beauté.
Autre chef d’œuvre, la magnifique relecture par Frank Pé du « Little Némo » (Dupuis) de Winsor McCay, dans un format d’une liberté folle.
H.B.

Le vinyle de LA SEMAINE DE Radio Campus
YIN YIN – HAW PHIN

Le duo néerlandais qui nous avait fait plaisir avec son premier album a sorti un 45 tours cet été. Ce titre, Haw Phin (sur Bongo Joe Records), a été écrit pendant le confinement. Il reprend l’expression « Haw Pin! » (« restez forts ») que l’on pouvait lire sur de nombreuses fenêtres à Maastricht. Le résultat est une petite sucrerie fondante à l’oreille. Un morceau aux connotations aquatiques, dans la continuité des inspirations asiatiques des musiques de Yin Yin, qui invite à la contemplation introspective et à la détente.

Le single
PANEM – ZEITGEIST/ABSOLUTE MONOPOLY

Né il y a à peine 2 ans, Panem est un groupe tourangeau qui a déjà une sacrée maturité et la science du son. Il suffit, pour s’en convaincre, d’écouter son single Zeitgeist/Absolute Monopoly : la production cristalline rend hommage à la musique proposée par Marie Moreau, Emeline Fougeray, Mogan Cornebert et Yacine Aït Amer. Les différentes voix s’entremêlent sur une nappe d’indie rock. Pour accompagner la sortie du titre, Panem s’est fendu d’un clip, tout en noir et blanc, tourné à Tours (dont une séquence au Pale !).
À découvrir dès à présent sur facebook. com/panemrocks.
A.G.

Le livre
FESTINS

Ou comment la cuisine peut inspirer et cultiver notre créativité ! C’est ce que c’est dit le spécialiste du design graphique Guillaume Lamarre (éditions Pyramid). À travers le portrait de neuf grands chefs, dont Claire Habchi et Julien Alvarez, il s’amuse à voir comment s’établissent les liens entre cuisine et inventivité, comment naît la création de leurs plats, le tout agrémenté de recettes folles et originales. Un livre pétillant, où l’audace et l’imagination servent des portraits de créateurs attachants et hors-norme.
H.B.

Laurence Dréano expose à Saint-Cyr : « Je sculpte des femmes qui portent le monde »

L’artiste tourangelle Laurence Dréano expose cinq années de création et de sculptures de femmes aux formes voluptueuses.

Laurence Dréano exposera à Saint-Cyr-sur-Loire (Photo Flore Mabilleau)

Depuis quand n’avez-vous pas exposé ?

C’est ma première exposition majeure depuis le confinement et je l’attends avec impatience ! Cette exposition – pour laquelle on m’a donné carte blanche – est prévue depuis deux ans. Je vais montrer plus de 50 œuvres, représentant 5 années de création, avec des petits formats – comme mes créations en verre de Murano – des grands formats, dont une sculpture inédite de 3,70 m qui s’appelle Retrouvailles.
Mon livre Aquarelles et Conversations qui rassemble les aquarelles que j’ai peintes chaque jour durant le confinement, ainsi que des textes, sera aussi dévoilé. J’ai beaucoup travaillé la mise en scène de cette exposition. Les visiteurs pourront notamment découvrir une salle immersive de mon univers, grâce à une fresque de vidéo mapping.

Quel est le fil conducteur de cette exposition ?

C’est toujours l’idéalisme, l’élan, l’accueil, l’optimisme, toutes ces valeurs considérées comme désuètes et fleur bleue. Mais mon discours a aussi un côté féministe. Depuis mes débuts il y a 15 ans, je sculpte des femmes qui portent le monde. Elles sont maternelles, légères, mais aussi fortes !
J’ai travaillé sur Olympe de Gouges pour la maternité du CHU de Tours. J’ai réalisé L’Insoumise, en 2014, dans le cadre d’un programme de résidence sur les droits des femmes à Notre-Dame-d’Oé, j’ai travaillé sur un poème d’Andrée Chedid défendant la liberté… Cette nouvelle exposition s’appelle Les sens i Elles, fruit du questionnement sur ce qu’est notre essentiel, après cette période de confinement, et sur la place des femmes dans ce monde.

On compare souvent vos sculptures aux Nanas de Niki de Saint-Phalle…

C’est une belle référence à une artiste qui a défendu les droits des femmes, même si notre travail n’est pas du tout le même, à de nombreux égards. Mon père, architecte, a fait les Beaux-arts à Paris la même année qu’elle et mes premières découvertes de la sculpture, sont les siennes, au Palais de Tokyo, où l’on entrait carrément dans ces femmes, ce qui m’a sans doute marqué. Mais son œuvre est très violente, très revendicative. Or, il n’y a aucune violence dans mes sculptures, au contraire.

Propos recueillis par Flore Mabilleau


> « Les sens i Elles », du 24 septembre au 11 octobre, au Pavillon Charles X, parc de la Perraudière à Saint-Cyr. Vente aux enchères le 25 septembre, à 18 h 30, au profit de l’Association pour la Recherche sur l’Autisme et la Prévention des Inadaptations (Arapi).

 

A vélo à Tours : en route pour la véliberté !

À l’heure où la nouvelle municipalité crée des voies cyclables et projette une aide à l’achat de vélo, rencontrons ceux qui vivent déjà la ville à vélo au quotidien, en famille ou en solo, avec un sentiment partagé : la liberté.

Vente ou réparation, le bicyclette-business a le vent en poupe ! Mais il est difficile d’évaluer dès aujourd’hui l’impact à long terme du déconfinement et des nouvelles voies cyclables sur l’évolution des mobilités douces à Tours. Voyons pourquoi certains pédalent déjà.

Pour Julien, 46 ans au compteur et presque autant à vélo, c’est de famille : « Mon père faisait du vélo, je fais du vélo. J’imagine mes trajets en fonction de cela, que ce soit pour aller travailler en ville depuis notre maison de Tours-Nord, ou aller faire la fête chez des amis à Luynes, je ne me pose même pas la question ».

(Photo Hugues Le Guellec)

En couple, avec trois enfants et autant de bicyclettes à la maison, on sort la voiture familiale seulement pour les vacances, les grosses courses ou l’entraînement de roller-hockey et son matériel encombrant. À 41 ans, Alice pédale depuis ses années collège, et aujourd’hui ses enfants ont pris le relais.

« Je ne perds pas de temps à trouver une place de parking »

Quant à elle, elle parcourt chaque jour les kilomètres qui séparent son domicile de Tours-Nord, de son travail sur les hauts de Saint-Avertin. Un exploit au regard de ses collègues, un train-train quotidien pour elle : « Je mets 35 minutes contre une vingtaine de minutes en voiture, je fais de l’exercice, je ne perds pas de temps à trouver une place de parking… Sans compter ce sentiment de liberté absolue et cet autre regard sur la ville que permet le vélo ».

Plus novice dans cette pratique, Mélaine est montée en selle il y a un an, pour un trajet Saint-Avertin – Tours centre : « J’ai hésité à me lancer car j’avais du mal à trouver un parcours sécurisé pour ce trajet quotidien. J’ai fait des tests en juillet 2019, et depuis, je vais au travail comme cela, en évitant les bouchons et les problèmes de parking », qu’elle retrouve en voiture lorsqu’il pleut.

(Photo Hugues Le Guellec)

Parking, temps de trajet, autonomie, sans oublier le budget riquiqui : quatre qualités du vélo citées par nos cyclistes… et pas seulement. À 29 ans, Maxime se déplace en trottinette électrique, pour rallier le quartier Giraudeau à la gare de Tours, d’où il embarque pour Paris-Montparnasse, avant de rejoindre son bureau à Boulogne-Billancourt : « Je n’ai plus l’angoisse du vol de vélo ou les soucis du parking puisque j’ai ma trottinette avec moi dans le train ou au bureau, et je suis autonome, même en cas de grève RATP ou Fil Bleu ! ».

Une vie en rose ?

Passer d’un mode de transport à un autre est fréquent pour certains cyclistes de centre-ville : pour la famille Perrin, couple avec trois enfants, plus de voiture individuelle, mais un recours à l’autopartage Citiz de temps en temps. Idem pour Julie, 35 ans, qui avait choisi le vélo avant d’avoir le permis : « Je travaille et vis dans l’hypercentre, donc je mixe marche, vélo, autopartage pour sortir de l’agglo, et carte Fil Bleu Liberté, quand la pluie me décourage de pédaler. Mais avec le Covid, j’évite un peu les transports en ce moment ».

La vie en vélo est donc une vie en rose ? Nos témoins saluent les améliorations récentes côté voies cyclables : pont d’Arcole, pont Wilson, rue Mirabeau… mais rappellent que certains trajets sont encore peu sécurisés, comme avenue Maginot ou quartier Paul-Bert, ou peu cohérents, avec des fins de voies dangereuses (coucou le rond-point de la Victoire !).

(Photo Hugues Le Guellec)

Pour Julien, « avec un bon vélo, en roulant à son rythme, on va partout, et on grimpe la Tranchée. Hormis le choix d’une tenue vestimentaire adaptée, je ne vois pas d’inconvénient, à part l’état d’esprit des gens. Les automobilistes sont parfois agressifs, ou doublent trop près… ».

Apprendre à partager l’espace serait donc la clé, comme le défend le Collectif Cycliste 37 via son vice-président, David Sellin : « Rendre Tours cyclable, c’est un grand chantier ! Tours est une ville conçue depuis les années 1960 pour la voiture. La solution, c’est repenser la place qu’on accorde à chacun (voiture, vélo, piétons), et faire sortir les automobilistes de l’automatisme qui les pousse à utiliser leur véhicule pour des petits trajets ». On ne sait pas vous, mais nous pour la rentrée, on va tester le vélo-boulot-dodo, pour se sentir libéréééés, délivréééés…

Textes : Maud Martinez
Photos : Hugues Le Guellec (sauf photo de tête, par Julien Pruvost)

Tours : des artistes ouvrent une galerie partagée et auto-gérée

La galerie collective « Les Couleurs et les sons se répondent » a ouvert le 6 juillet à Tours. Un repère d’artistes qui exposeront toute l’année. Et c’est ouvert sept jours sur sept !

« Les couleurs et les sons se répondent » ? C’est le petit nom d’une nouvelle galerie d’art qui vient d’ouvrir dans le Vieux Tours. Particularité : celle-ci est partagée et auto-gérée. C’est « une galerie d’artistes où tout est possible », d’après l’annonce faite par Diagonale, duo de plasticiens réunissant Juliette Gassies et Frédéric Dumain, à l’initiative du projet.

Pour l’occasion, Juliette Gassies et Frédéric Dumain se sont entourés de cinq artistes : Chrystèle Saint-Amaux, Jean Pierre Loizeau, Yveline Bouquard, Laurence Hauss et Aurélia Vissian. Toutes et tous seront présent(e)s à tour de rôle dans la galerie.

Merci Baudelaire !

Jusqu’à présent, les locaux étaient occupés par la galerie Lyeuxcommuns. L’art imprègne donc toujours les lieux avec cette nouvelle galerie, dont le nom est une référence directe à l’immense Baudelaire. Il s’agit en effet « d’une citation extraite du poème Correspondances ». Le duo Gassies-Dumain souhaitait que le nom « évoque la possible association d’univers artistiques variés ».

Et ici, l’art ne s’arrête jamais. Les Couleurs et les sons est effectivement ouverte… sept jours sur sept ! Aucune excuse pour ne pas prendre le temps de découvrir cette nouvelle pépite tourangelle… A un moment où la culture a besoin de (sur)vivre plus que jamais, après les épreuves qu’elle a affrontées.


> Les Couleurs et les sons se répondent, galerie située au 27 rue Etienne-Marcel, à Tours. Ouverture : tous les jours, de 11 h à 19 h. A retrouver sur Facebook : https://www.facebook.com/lescouleursetlessons/

 

Aurélien Germain
Photos : Aurélie Dunouau

Confinement : les 6 infos positives à se mettre sous la dent #5

En Touraine, dans le monde, ou en France, petite revue de presse des bonnes nouvelles, dans une période pas franchement très souriante…

Tours : Toukan Toukän sort un clip participatif et « girl power »

Et c’est reparti pour un tour avec les Tourangeaux de Toukan Toukän ! Le duo a sorti un clip participatif (et de confinement bien sûr) pour leur morceau Take Control. Pour votre dose de « girl power » (et de pop bien énergique), c’est à voir ici :

Le stationnement à Tours gratuit jusqu’à la fin du mois

Il était gratuit depuis le début du confinement. Le stationnement le sera encore tout le mois de mai, comme l’a annoncé le maire de Tours, Christophe Bouchet, dans une vidéo. « On va permettre à la vie de se relancer dans la cité », a déclaré l’édile. En revanche, c’est une mesure provisoire. Le stationnement redeviendra payant dès le mois de juin.

Indre-et-Loire : baisse du nombre de cas en réanimation

A ce jour (article rédigé le 30/04), on compte 33 cas en réanimation dans le département. Un chiffre en baisse. Le nombre de personnes guéries et rentrées à domicile (près de 200) continue, lui, d’augmenter.

Corée du Sud : pour la première fois, aucun nouveau cas enregistré

Dans le monde, on retient le cas de la Corée du Sud qui, ce jeudi, a annoncé n’avoir enregistré aucun cas de transmission du coronavirus. Et ce, pour la première fois, depuis que la maladie est apparue dans ce pays il y a 70 jours.

Le Hellfest récolte plus de 75 000 € pour le CHU de Nantes

On vous en parlait il y a quelques jours (à lire juste ici), le festival de metal Hellfest a décidé d’ouvrir une cagnotte en ligne à destination du Fonds de dotation du CHU de Nantes pour les soutenir. Une vingtaine de jours plus tard, 75 500 € ont été récoltés !

Par ailleurs, le Hellfest a également lancé, aujourd’hui, la vente de masques barrières aux couleurs du festival. Plus de 10 000 ont déjà été vendus, sachant que le pack de 3 masques coûte 15 €. Les bénéfices seront reversés à ce même fonds de dotation du CHU.

Protège ton soignant : quand les artistes se mobilisent

Booba, Orelsan, BigFlo & Oli, Soprano, Vladimir Cauchemar… La liste des artistes soutenant l’association Protège ton soignant ne cesse de s’allonger. Le projet consiste à offrir des objets personnels pour une grande tombola Stars Solidaires qui se poursuivra jusqu’au 8 mai.

Vous pouvez par exemple remporter une journée avec le musicien M, un maillot dédicacé de Zinedine Zidane, une journée de tournage avec Guillaume Canet, des vêtements signés de Joey Starr et d’autres lots, tout en faisant une bonne action.

> A découvrir sur le site Stars Solidaires

 

 

#Dramareve : quand le Théâtre Olympia fait des films avec vos rêves

Avec #Dramareve, chaque jeudi, le comédien Hugo Kuchel met en scène les rêves des internautes pour en faire de mini-films sur le compte Instagram du Théâtre Olympia (CDN Tours). Car la création tourangelle ne dort jamais !

Le principe de #Dramareve, c’est que les gens vous envoient leurs rêves et les comédien(ne)s du Théâtre Olympia en font des films chaque jeudi. Comment est venue cette idée en plein confinement ?
Hugo Kuchel : Tout mon travail part toujours des rêves. Là, effectivement, on est un peu enfermés, alors que c’est le monde qui nous permet de créer. Comme on ne voit pas grand-chose, je me suis demandé : que voient les gens ?
J’avais déjà fait un spectacle à partir des rêves de mes comédiens : ils l’écrivaient et glissaient le papier dans une boîte. J’en avais écrit un canevas pour une pièce assez improvisée d’une heure quinze. Avec #Dramareve, la formule est un peu différente. L’internaute fait la démarche d’écrire son rêve, je le reçois directement puis j’utilise ça comme une petite histoire. Je n’utilise pas forcément tout le rêve, car parfois, c’est vraiment farfelu ! (rires)

Comment se passe le process de travail et de création ? En confinement, ça ne doit pas être facile j’imagine…
C’est un peu compliqué, oui. Je suis seul pour l’écriture, donc ça va. Mais déjà pour le tournage, on utilise des outils qu’on ne connaît pas trop, comme Adobe Rush sur téléphone portable. Toutefois, les scénarios sont courts, donc facilement réalisables. On en fait des films de 2 à 3 minutes max. Concernant l’équipe, il y a cinq comédien(ne)s confinés à des endroits différents. J’envoie le scénario aux équipes de confinés en fait ! C’est une très courte pièce de théâtre finalement.

« On s’inspire des gens »

Est-ce qu’on pourrait assimiler ça à du théâtre participatif, d’une certaine manière ?
Mmh, je ne sais pas trop. C’est du théâtre inspiratif, on s’inspire des gens, des rêves. Ils nous donnent de la matière brute. C’est à moi, ensuite, de moudre tout ça, tout comme les comédiens. C’est du théâtre participatif à distance ! (rires)

Faire des films avec les rêves des gens, c’est un moyen justement de les faire eux-mêmes rêver ? D’échapper au quotidien difficile ?
J’espère. C’est un peu le but de ces acteurs, car on fait également, avec le Théâtre Olympia, des lectures au téléphone. (NDLR : pendant le confinement, les jeunes comédiens du Théâtre O peuvent vous appeler pour réciter quelques bribes de poésie, de théâtre, etc.) Et c’est très bien, c’est donner un souffle, un espace détente pendant quelques minutes. Avec #Dramareve, on voit son rêve d’une autre manière.

Parlons d’ailleurs deux minutes de ces fameuses lectures téléphoniques. Comment ça se passe ?
Ça marche bien ! C’est étrange, car on ne voit pas les personnes, mais on est tout aussi près d’elles. C’est une démarche intime de création. On peut leur parler, elles nous inspirent. On leur propose un texte, il y a un échange, on sent vraiment toutes les réactions même au téléphone ! On perçoit la façon d’écouter de notre interlocuteur, ce qui la touche. Il y a ce côté intime. Et le public est varié : il y a des gens dans le monde du théâtre bien sûr, mais pas que, loin de là. Avec plein d’âges différents, et une grande majorité de femmes.

« On ne donne pas l’identité du rêveur »

Revenons à #Dramareve. Vous ne faites ça que sur Instagram. Pourquoi ce format ?
C’est intéressant d’utiliser Instagram. Il y a ce « truc » de messagerie et de post dans le même principe ; ça fonctionne pas mal. Mais après, oui, pourquoi ne pas diversifier le support ?

Est-ce un projet éphémère ou appelé à rester quelque part, sur une plateforme vidéo par exemple ?
J’adapte ces scénarios, comme s’il était possible de les publier après. Les personnages ne sont pas définis par des acteurs. Il y a possibilité de publier, car c’est adaptable. Donc au niveau vidéo, j’aimerais que cela soit compilé, sur la plateforme du théâtre par exemple. J’ai proposé l’idée au Théâtre O…

Y a-t-il des choses que vous vous interdisez, des restrictions, des rêves que vous refusez ou qui vous bloquent ?
Je ne crois pas, non. D’autant qu’on ne donne pas l’origine du rêve. Si la personne le souhaite, elle peut évidemment laisser un commentaire. Mais on ne donnera pas l’identité du rêveur. C’est personnel et ça peut être trop intime. Donc non, pas de restrictions et d’interdits. En revanche, certains sont plus difficiles à écrire que d’autres. Certains sont bien plus clairs. Des fois, il ne me faut qu’une seule image qui m’inspire et hop, j’écris.

Propos recueillis par Aurélien Germain


> Le Théâtre O poursuit son programme spécial confinement sur les réseau sociaux : lundi, journal de création / mardi, paroles de spectateurs / mercredi, journal de confinement / jeudi, #Dramareve / vendredi, captation / samedi, entracte 2.0 / dimanche, le saviez-vous ? 

 

Tout ce qui danse, un projet créatif pour tous grâce au CCNT

En période de confinement, le Centre chorégraphique national de Tours (CCNT) fait participer le public avec Tout ce qui danse, un groupe Facebook, où les membres partagent des créations et des gestes artistiques personnels en rapport à la danse.

Le Centre chorégraphique national de Tours (CCNT) a lancé un projet créatif et artistique, ouvert à tous, intitulé Tout ce qui danse. Dans ce groupe Facebook, « nous vous invitons à animer votre créativité et à dynamiser votre fibre artistique », indique le CCNT.

Les amateurs de danse peuvent ainsi partager leurs idées et leurs sensations par une photo, un texte, une image, sur le thème Tout ce qui danse.. Uniques restrictions : pas de film ou de vidéo et, évidemment, de créations dont vous n’êtes pas l’auteur ! L’objectif est de « proposer l’instant, l’éphémère et la vitalité de la danse autrement ».

Ainsi, depuis plusieurs jours, amateurs ou professionnels, petits et grands, postent leurs créations sur ce groupe comptant déjà plus de 260 membres. Et c’est une véritable bouffée d’air frais et d’inventivité en ces temps de confinement.

A noter que certaines réalisations seront également présentées dans le prochain programme de saison du CCNT.

Danse à deux… Llofriu. Palafrugell. Girona.

Posted by Deborah Torres Garguilo on Friday, April 10, 2020

Pour rejoindre le groupe Tout ce qui danse du CCNT, c’est par ici :

https://www.facebook.com/groups/644440979449677/

En toute légèreté Collage papier sur moussePerrine HernandezTours, Indre-et-Loire

Posted by Perrine Johnson on Thursday, April 2, 2020

> En raison des dernières annonces gouvernementales, le CCNT se voit contraint d’annuler ses prochains temps forts, notamment SPOT #Roulez jeunesse et le festival Tours d’Horizons.

A.G.

Visières 3D, étudiants en musicologie, radio associative : zoom sur 3 initiatives sympas et locales

Un collectif tourangeau qui fabrique des visières en 3D pour les soignants, des étudiants en musicologie au téléphone pour rompre l’isolement ou encore une radio locale qui tient le cap…

Le collectif Makers 37 fabrique des visières 3D pour les soignants

Cela fait à peine trois semaines que le collectif tourangeau s’est monté. Et pourtant… « Non, vous ne rêvez pas… 2 180, c’est le nombre de visières distribuées dans nos points de distribution. Autant de personnes protégées par des équipements imprimés en Touraine ! », s’enthousiasme Makers 37 sur sa page Facebook.
La communauté s’est montée très rapidement sur Tours. Leur objectif est de « fournir des protections aux soignants, en imprimant en 3D des pièces pour faire des visières de protection et des masques à filtres et à oxygène, à partir de masques Décathlon ».
Photo crédit Makers37
Toute leur organisation est bénévole et les visières sont distribuées gratuitement.
Les professionnels intéressés peuvent remplir un formulaire pour passer commande : https://frama.link/CommandeVisieres

Des étudiants en musicologie au téléphone pour rompre l’isolement

Le projet, solidaire, s’appelle « Correspondants musicaux »: des étudiant(e)s en musicologie de l’Université de Tours ont décidé de partager leur passion pour la musique par téléphone ou par visio avec des personnes isolées, comme le précise le communiqué.

L’initiative se fait sous la houlette d’Olivier Carrillo, responsable Master MEEF 2nd degré du département musicologie de la Fac. Pour lui, « ils apprennent à ne plus être de simples étudiants, mais des citoyens ».

(Photo crédit Université de Tours)

Les étudiant(e)s en musicologie participant au projet assurent que les personnes isolées sont âgées de 10 à 90 ans, le plus jeune étant un petit garçon hospitalisé à Clocheville, en raison de son cancer.

Double effet de ces « Correspondants musicaux » ? Les étudiant(e)s se sentent utiles et, en face, les personnes privées de toute relation sociale trouvent un réconfort et peuvent tisser du lien. Et puis de toute façon, la musique adoucit les mœurs, n’est-ce pas ?

> Plus d’infos : https://sites.google.com/view/correspondants-de-guerre/accueil

La radio associative et locale Antigone continue et se réinvente

En période de confinement, la radio tourangelle Antigone se mobilise et n’a évidemment pas envie de lâcher ses auditeurs ! « C’est ainsi que, depuis un mois, Radio Antigone s’est réinventée avec très peu de moyens », écrivent Antoine Ricard, président, et Bérénice Moudurier, vice-présidente, dans un communiqué.

Deux heures d’antenne, en direct, sont encore proposées avec l’émission La Case du soir, diffusée toute la semaine de 17 h 30 à 19 h 30 (et le week-end de 18 h à 19 h).
Vous y trouverez notamment infos musicales, playlist électro rock, dès 17 h 30, puis des infos locales et internationales à 18 h, avant un talk à 18 h 30, avec des infos culture, sport, numériques ou encore société, animé par une bande de chroniqueurs.

Confinement : les 7 infos positives à se mettre sous la dent #3

Dans le monde, en France ou bien en Touraine, petite revue de presse des bonnes nouvelles, dans une période pas franchement très souriante…

Etude : les océans pourraient se rétablir d’ici à 2050

On le sait tous, la vie marine est menacée (on remercie l’homme au passage pour sa capacité à tout détruire), tout comme les récifs coralliens bien mal en point, risquant de disparaître dans les prochaines décennies.

Mais une étude publiée dans Nature vient de redonner un peu de baume au cœur : d’après des chercheurs, la vie marine pourrait être restaurée dans les trente prochaines années.

 « Nous sommes à un point où nous pouvons choisir entre l’héritage d’un océan résilient et dynamique ou un océan irréversiblement perturbé », explique Carlos Duarte, coauteur de l’étude, qui a rassemblé des chercheurs issus de 16 universités de par le monde.

Pour les chercheurs, il existe des preuves de la résilience remarquable de la biodiversité marine, dont le retour… des baleines à bosse au large de l’Australie !

Selon eux, les mesures de protection seraient certes coûteuses (un milliard de dollars par an), mais elles apporteraient des bénéfices dix fois supérieurs. Si l’on agit maintenant, c’est encore possible !

Indre-et-Loire : ralentissement de l’épidémie ?

Pour la première fois depuis le début de l’épidémie de coronavirus, le nombre de personnes hospitalisées en Indre-et-Loire, ainsi qu’en réanimation ou soins intensifs, a baissé dans le département.

Par ailleurs, on constate qu’il y a une petite hausse du nombre de personnes guéries et rentrées chez elles (de 55 à 64).

Aucun nouveau décès lié au Covid-19 n’a été remonté des structures médico-sociales du département

On compte toutefois 115 décès dans toute la Région Centre (+8 en 24 h) et un décès supplémentaire en Indre-et-Loire (18 au total depuis le 1er mars)

Indre-et-Loire :166 personnes hospitalisées, 53 en réanimation.18 décès depuis le 1/0364 personnes guéries, rentrées chez elles

Posted by TMV on Monday, April 6, 2020

Les youtubeurs récoltent 400 000 € pour les hôpitaux

On en parlait la semaine dernière sur tmvtours.fr : deux youtubeurs, McFly & Carlito, ont lancé le Maradon, un marathon vidéo caritatif durant toute une journée.
Finalement, grâce aux internautes, ils ont réussi à récolter plus de 400 000 euros pour aider les hôpitaux et le personnel soignant.

 

Tours : Nouvel album pour VLAP

Les Tourangeaux de Vlap viennent de sortir, le 3 avril dernier, leur nouvel EP intitulé Kiwi Shot. Pour une dose de pop groovée, c’est juste ici :

> Ecoute sur Bandcamp 

> Ecoute sur Spotify

L’attestation de déplacement est (enfin) numérique

Bien des Français s’étaient plaints de ne pouvoir présenter une version numérique de l’attestation dérogatoire de déplacement. C’est désormais chose faite depuis ce lundi 6 avril.

Le formulaire est disponible sur le site du ministère de l’Intérieur  « Après avoir rempli les informations sur un formulaire en ligne, un fichier .PDF est généré apposé d’un QR Code comprenant l’ensemble des données du formulaire, ainsi que la date et l’heure de génération du document. Ce fichier doit être présenté lors du contrôle sur smartphone ou tablette », précise le gouvernement.

On va économiser du papier !

 

 

 

 

 

 

Tours : le plein de bonnes idées avec le Théâtre O

Décidément, l’équipe du Théâtre Olympia – CDN de Tours ne chôme pas pendant le confinement. Elle multiplie donc les initiatives et les bonnes idées. Notamment – on se répète – ce formidable projet, pour lequel les comédien(ne)s de l’ensemble artistique peuvent vous appeler au téléphoner pour vous livrer quelques bribes de poésie ou de théâtre (inscriptions juste ici)

Mais le Théâtre O s’inquiète aussi de savoir comment vous allez : vous pouvez donc leur répondre en commentaire, en story Instagram, en MP ou autrement, que vous soyez en pleine forme ou un peu débordés. Vos réponses seront publiées en story :

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COMMENT ÇA VA ? C’est dimanche, il fait beau, et on s’est dit que c’était le moment, après bientôt trois semaines de confinement, de vous demander de vos nouvelles. Alors, comment allez-vous ? Comment ça va, toi ? Vous êtes joyeu.ses, fatigué.e.s, exalté.e.s, en colère, enthousiastes ou débordé.e.s., répondez-nous en commentaire, en story (n’oubliez pas de nous mentionner (@theatreolympia_tours), en MP, ou de toute autre manière. Nous publierons vos réponses en story. Vous pouvez aussi juste profiter du soleil par la fenêtre… Prenez soin de vous ! Dans le petit film, vous retrouvez quelques membres de l’équipe du T° : secrétaire, directeur, comédien.ne.s, attaché.e.s aux relations avec les publics, à accueil, à sécurité, à la production, à la diffusion, directrice des productions… @learoselauretoto @garancedegos @jacquesvincey @mariehelenepy85 @hugokuchel @tamaralipszyc @mtz.camille @antoineatours @kellyangevine @tony_trompette @thomas_christin

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Disney+ débarque en France mardi !

C’est ce mardi 7 avril que Disney veut conquérir la France avec Disney+, sa plateforme de vidéo à la demande. Face au géant Netflix, la firme devrait gagner bien des abonnés en période de confinement.

L’équipe de tmv a pu avoir accès au contenu en avant-première : croyez-nous, Disney+ risque bien de faire quelques heureux… (chut, on n’a le droit de rien dire… #teasing)

Bonus : la petite vidéo du CHU de Tours… en musique !

Les youtubeurs McFly et Carlito lancent un « Maradon » pour aider les hôpitaux et récoltent des dizaines de milliers d’euros

Très connus sur Youtube et les réseaux sociaux, McFly et Carlito proposent aujourd’hui une journée live pour aider les soignants. En une matinée, près de 80 000 € ont déjà été récoltés.

 

« Jeudi on sera toute la journée en live pour réunir des dons afin d’acheter du matériel médical et paramédical pour les hôpitaux, préparer des repas pour les soignants et acheter des tablettes numériques pour que les patients en Ehpad puissent communiquer avec leurs proches.  » C’est ce qu’a annoncé le youtubeur Carlito (Raphaël Carlier de son vrai nom) sur les réseaux sociaux.

Avec son compère McFly, ils proposent ce 2 avril, sur leur chaîne Youtube (5,5 millions d’abonnés au compteur), une journée live, où différents musiciens se succéderont : de M à Christine and the queens, en passant par Pomme ou des comédiens (Edouard Baer, Guillaume Canet) et des humoristes et youtubeurs (Mister V, Léna Situations…)

Les sommes récoltées iront au Fonds d’aide d’urgence Covid 19, lancé par la Fédération hospitalière de France avec la Fondation des hôpitaux de Paris – Hôpitaux de France.

80 000 € en une matinée

En 20 minutes de direct, les youtubeurs avaient déjà récolté 10 000 €. D’autant que, pour rajouter un peu de fun au projet, il existe des paliers pour les dons (Carlito et McFly devront par exemple manger une gousse à d’ail à 10 000 € ; se faire une crête à 100 000 € ou encore faire l’ascension du Mont Blanc à 500 000 € !)

Au moment où nous rédigeons ces lignes (à 13 h), le Maradon a récolté plus de 80 000 € !

Tours : la municipalité publie un annuaire en ligne des commerçants livrant à domicile

En un clic, les Tourangeaux peuvent désormais trouver une charcuterie, un magasin bio ou encore une épicerie en vrac qui livre à domicile.

(Capture d’écran tours.fr)

La Ville de Tours a annoncé le lancement d’un annuaire des commerçants effectuant des livraisons à domicile.

Publié sur le site de la Ville (à retrouver ici), cette annuaire en ligne concerne les secteurs alimentaires et horticoles de Tours qui essayent de poursuivre leurs activités en période de quarantaine.

En un clic, l’internaute peut trouver épicerie en vrac, boucherie, fromager ou encore caviste et magasin bio.

Les intéressé(e)s peuvent également se référencer en remplissant un formulaire disponible sur le site.

Confinement : 5 infos positives à se mettre sous la dent

Les comédien(ne)s du Théâtre Olympia qui vous appellent pour réciter un peu de poésie, un hôtelier au grand cœur ou encore un peu d’espoir au CHU : parce que l’info est plutôt tristoune en ce moment, voici quelques nouvelles un peu plus souriantes…

1. Les comédien(ne)s du Théâtre Olympia au téléphone rien que pour vous !

Depuis plus d’une semaine, l’équipe du Théâtre Olympia se mobilise, à distance. Après la mise en place d’une plateforme numérique, voici une bonne nouvelle supplémentaire : les comédien(ne)s de l’ensemble artistique « peuvent vous appeler au téléphone pour vous livrer quelques bribes de poésie, de littérature ou de théâtre qui leur sont chères », annonce l’équipe.

On compte notamment dans les rangs : Thomas Christin, Garance Degos, Hugo Kuchel, Tamara Lipszyc et Diane Pasquet. Ces membres du JTRC (Jeune Théâtre en Région Centre) vous téléphoneront dès la semaine prochaine, entre 17 h et 20 h.

> Pour tenter l’expérience, il suffit de remplir un formulaire et prendre rendez-vous sur le site :  https://cdntours.fr/lectures-telephoniques

 

(Photo Facebook CDNT)

2. Tours : un hôtelier prête ses chambres au personnel soignant

Plus de 146 000 partages, 1 400 commentaires et 4 300 likes : depuis le 23 mars, l’annonce de Cyril Dodin sur Facebook n’est pas passée inaperçue ! L’homme est le gérant de l’Hôtel Mondial, à Tours, et a décidé de prêter gratuitement ses 20 chambres au personnel soignant qui le désirait.

L’hôtelier précise qu’il ne fait pas de ménage dans les chambres pour cause de confinement.

Salut. J'ai un hôtel avec 20 chambres de disponibles sur Tours centre. Si quelqu'un du personnel soignant à besoin d'…

Posted by Cyril Dodin on Monday, March 23, 2020

3. CHU : Les bénéfices du confinement se font sentir ?

Le Coronavirus continue de se propager dans la Région Centre (645 cas ce vendredi 27 mars, dont 123 en Indre-et-Loire). Mais le CHRU de Tours a indiqué, dans les colonnes de la Nouvelle République, que « les bénéfices du confinement se font sentir plus tôt » dans le département que dans le Grand Est.

Il y est aussi précisé que la montée en puissance était « maitrisée » par le Centre hospitalier et qu’il n’y avait pour le moment pas d’embouteillage en réanimation. « Nous ne sommes pas du tout en dépassement de capacité », précise Pauline Bernard, secrétaire générale du CHRU de Tours. On croise les doigts !

4. Des mini-cours gratuits d’anglais pour les collégiens

« Avis aux collégiens tourangeaux, élèves de 6e et de 5e ! », alerte l’école de langues English sur Loire dans un message transmis à notre rédaction. La fine équipe propose effectivement des mini-cours gratuits d’anglais, en ligne puisque confinement oblige, sous forme de questionnaires avec dix phrases à traduire. Les corrections seront commentées le lendemain par email.

Vous devez avoir l’accord d’un adulte avant de participer. La même chose arrive prochainement pour les collégien(ne)s de 4e et 3e.

> Plus d’infos sur leur page Facebook. 

5. Un polar en temps réel !

L’auteur tourangeau Jérémy Bouquin a trouvé que c’était « le moment de feuilletonner ». Ainsi, il a lancé un projet bien sympathique : celui de nous entraîner dans un polar en temps réel.

Créé spécialement pour le Confi-blog de la Bouinotte (à retrouver juste ici), ce feuilleton-polar propose au lecteur, un épisode chaque jour. Les curieux pourront également trouver le titre eux-mêmes !

Quand Charly débarque à Bouge le château en plein confinement, ce n'est certainement pas pour faire du tourisme….Feuilleton berrichon : épisode 3

Posted by Jrmy Bouquin on Thursday, March 26, 2020

 

 

 

 

 

 

Sélection#2 : le top 10 des clips qui filent la pêche

Des clips qui font sourire et des chansons qui font du bien : du fameux Skibidi à la BO de Grease, en passant par du punk sautillant, Tmv a préparé un petit top 10 de vidéos musicales qui vous feront passer le temps tout en douceur pendant le confinement.

1. LITTLE BIG – Skibidi

Quel paradoxe ! La chanson est ridicule, mais terriblement addictive. Le clip est un WTF complet qu’on le regarde sourire aux lèvres. Les Russes de Little Big ont réussi à accoucher d’une chanson loufoque, au refrain impossible à s’enlever de la tête… et à une « chorégraphie » pour le moins… étonnante mais quasi-hypnotique.

2. The Offspring – Pretty fly for a white guy

Succès commercial monstre en 1998, lors de sa sortie, ce titre de The Offspring nous ramène en adolescence, un skate sous le bras et l’insouciance en prime.

3. O. JOHN & J. TRAVOLTA – You’re the one that I want

Un film culte – Grease – un duo charmant et iconique (Olivia Newton John et John Travolta sont parfaits), une vidéo qui donne envie de ressortir son tee-shirt moulant pour exhiber les pectoraux (que l’on n’a pas) et danser, tout en chantant ce refrain tubesque à souhait.

4. QUEEN – Don’t stop me now

Un tube et un hymne à la joie. D’après la science, c’est d’ailleurs la chanson qui rend le plus heureux au monde. Pour ce faire, les chercheurs ont travaillé sur une équation mathématique : le titre requiert une combinaison de paroles positives, un tempo de 150 battements par minute et une série de notes en mode majeur. Tout ce que possède Don’t stop me now. Bravo Queen, t’es le king !

5. THE MONKEES – I’m a believer

Parce que c’est pop, parce que c’est bon, parce que ça file la pêche et le sourire.

6. MARK RONSON feat. Bruno Mars – Uptown funk

Oublions un instant que Mark Ronson fut accusé de plagiat pour ce succès interplanétaire. Et contentons-nous de remuer nos jolis postérieurs (oui, ils sont jolis malgré les bonbons enfournés durant le confinement) sur ce titre au ton joyeux et à la mélodie imparable.

7. IVY LEVAN – Hot Damn

Un clip chiadé, tout en noir et blanc, cartoonesque, où la chanteuse Ivy Levan n’a jamais été aussi sublime et solaire, dézinguant du méchant au fil de la chanson.

8. GOLDFINGER – Superman

Pas de clip ici, mais vous verrez que la rythmique entêtante et ce concentré de pop-punk sautillant mâtiné de ska va vous donner envie de vous trémousser. Les anciens fans du jeu Tony Hawk’s Pro Skater sauront de quoi on parle…

9. IRON REAGAN – Miserable Failure

Ils s’autoproclament « pauvres ratés » : le groupe de metal Iron Reagan, dans son clip, prend la rue d’assaut, ainsi que les supermarchés et la bibliothèque. Qui a dit que les métalleux n’avaient pas d’humour ?

10. EMINEM – Without me

Comme d’habitude, c’est millième degré et grosse louche de sarcasme à tout va pour le rappeur. Parodie et moquerie sont les deux mamelles de ce clip d’Eminem, plus en forme que jamais. Et comme Without me donne un bon coup de fouet…

BONUS

HENRI DES dans un festival… metal !

Euh quoi, qu’ouïs-je, pardon ? Oui, vous avez bien lu. Le chanteur pour enfants Henri Dès était programmé, l’an dernier, au festival de metal Motocultor. Et ça donne quoi, des gros métalleux barbus et chevelus devant la performance du compositeur de « Ohé le bateau » ? Eh bien ça donne ça :

« Disney est un mastodonte qui investit dans les licences, ce qui dope sa force de frappe. »

Ce devait être le 24 mars, mais sous la pression, Disney lancera sa plateforme de vidéo à la demande Disney+ en France le 7 avril. On a passé un coup de fil à Simon Riaux, rédacteur en chef d’Ecran Large, pour parler de ce nouveau géant face à Netflix… en pleine période de confinement !

Interview de Simon Riaux, rédacteur en chef du site internet dédié au cinéma Écran Large et chroniqueur sur l’émission de Canal+ Le Cercle.

Quelle est la grande force de Disney+ face à ses concurrents, notamment Netflix ?
Il y a un truc qu’on oublie souvent, c’est que Disney mène une politique « Disney vault », c’est-à-dire que le films Disney ne sont jamais tous disponibles en même temps. Ils font de l’exceptionnel.

[NDLR :  Le Disney Vault est une technique marketing utilisée
depuis les débuts où l’on propose de nouvelles projections des films par tranche de dix ans. Bref, des contenus rendus disponibles seulement un temps, puis mis en pause « dans un coffre » donc introuvables, puis réédités. En salle, en DVD ou en Blu-ray par exemple. ]

Disney+ révolutionne ça, car leur catalogue géant sera complet et disponible en permanence. Et c’est pour les familles. Là, il te suffira de mettre tes gamins devant Disney+ et hop… Il y a aussi cette image de marque « secure » de Disney, c’est family-friendly. Il n’y a rien à craindre côté contenu.

The Mandalorian, de l’univers Star Wars, et son fameux baby Yoda seront sur Disney+ (photo Disney+)

En ayant racheté par exemple les studios Fox en 2019, Disney possède-t-il une plus grande force de frappe face à Netflix ?
C’est dur à dire. Il ne faut pas oublier que Netflix a quand même de l’avance et une grosse base clientèle. Fox possède l’un des plus gros catalogues d’Hollywood, c’est bourré de classiques. C’est énorme, il y a Alien, Predator, une quantité de franchises. Avatar aussi, maintenant, c’est Disney. Sans compter les Simpson, X-Files, Titanic, etc. Disney, en achetant la Fox, ABC, Marvel et compagnie, achète aussi des marques. Disney est un mastodonte qui investit dans les licences, ce qui dope sa force de frappe.

Peut-on réellement parler de bataille entre les géants de la SVOD ?
Absolument. Et ça ne fait que commencer. Il y a eu Apple – bon, qui a tout de même foiré son lancement – il y a Netflix et Disney+ qui vont se regarder dans le blanc des yeux, il y a HBOMax de la Warner. Ça va être compliqué. Je pense que Disney a un statut légèrement différent qui fait qu’il n’est pas dans la même logique que les autres. Eux se feront la guerre et s’affronteront, Disney produira en interne. Il risque d’y avoir des morts.

Les géants de la SVOD (Photo adobe stock)

Comment vois-tu l’arrivée de Disney+ en tant que journaliste ciné et en tant que spectateur ?
Je vois Disney+ comme un des seuls à avoir une telle capacité de communication, de gestion de l’ambition. Disney a fait de Marvel un empire. Et Disney fabrique une image de marque positive, il a la capacité de se mettre en ordre de marche. Je suis curieux, je pense qu’ils vont nous surprendre.

Disney est quand même le premier à avoir compris que le public voulait des marques et des licences. Leur offre est très concurrentielle. Mais il y a un enjeu dont on parle moins : l’expérience utilisateur. Pourquoi Netflix cartonne ? Car leur interface est top, on s’y sent bien, ça ne plante pas, il n’y a pas de bugs, c’est solide. Disney est conscient de ça et ils ont les moyens financiers et techniques pour y parvenir.

Le marché de la SVOD n’est-il finalement pas trop encombré maintenant ?
C’est dur à dire. Ce n’est pas un marché qui est arrivé à maturité. Il est trop tôt pour le dire. Ça s’apparenterait à un travail de Nostradamus ! Et là, vu l’actu, le confinement va jouer un rôle hyper important, dans le rôle du marché, du cinéma. Mais je pense qu’il y a largement de la place pour Netflix et Disney+ en même temps.

Fox détenait les Simpson. Etant passé dans le giron de Disney, c’est donc désormais Disney+ qui pourra diffuser les 30 saisons de la série animée.

On parle souvent de ces plateformes qui, justement, portent un coup dur au cinéma, voire le tuent. Tu es d’accord avec cette assertion ?
Le problème avec cette phrase, c’est que OUI il y a concurrence, mais c’est « inquantifiable ». Les plateformes donnent cette impression du moins cher, en offrant un service de qualité, on ne peut pas dire le contraire. Mais ça ne détruit pas le cinéma. Certains films sur Netflix n’auraient jamais eu de public en salle. La VOD fait du mal au cinéma, certes, mais bien moins que la piraterie.

Enfin, dernière question plus personnelle : as-tu pu voir The Mandalorian ? Et qu’en as-tu pensé ?
Oui ! Bon… C’est probablement le Star Wars le plus simpliste et le moins audacieux qu’ait produit Disney. C’est très très bien fait, évidemment, mais derrière, on a l’impression que les mecs se sont dit : « Oula, ne tente rien pour ne pas énerver les fans. » Mais ça illustre parfaitement une chose actuelle, c’est que maintenant, le public veut des choses qu’il connaît, des doudous.

Propos recueillis par Aurélien Germain


> 26,8 : C’est, en millions, le nombre d’abonné(e)s que revendiquait déjà
Disney+ aux États-Unis, au mois de février. Soit trois mois seulement après son démarrage. L’entreprise en espère entre 60 et 90 millions d’ici à 2024.
> 4 : Le nombre de flux en simultané dont disposera Disney+. Sept profils différents pourront être configurés. Il sera possible de télécharger
en illimité sur dix appareils, avec recommandations personnalisées.

Disney+ sera disponible à partir du 7 avril 2020 (le lancement devait se faire le 24 mars). Abonnement à partir de 6,99 € par mois.

 

Le Hellfest fête sa 15e édition (et on y sera évidemment !)

19, 20 et 21 juin : notez bien ces dates, ce sont celles de la 15e édition du Hellfest, à Clisson, près de Nantes. Et comme toujours, la rédac’ de Tmv y fera un tour pour vous ramener des souvenirs.

J-100 !

L’an dernier, il avait fallu moins de 2 heures pour que les 55 000 pass 3 jours pour le Hellfest soient vendus. Pour cette édition 2020, cela aura été encore plus… rapide ! Quant aux pass 1 jour, mis en vente il y a quelques semaines, ils se sont envolés en 15 minutes (et même 5 pour la place du dimanche).

Comme chaque année, le festival de metal situé à Clisson a fait fort ! Et comme chaque année, la rédac’ de TMV va venir secouer sa tignasse durant trois jours au Hellfest. Vous retrouverez (le temps qu’on se remette de nos émotions, bien sûr, et de nos 72 heures sans sommeil) un compte-rendu des concerts, de l’ambiance, ainsi que photos et vidéos dans notre « live report » qui sera publié ici-même vers la fin juin.

(Photo archives TMV)

En attendant, on rappelle que la Grand-messe métallique a prévu du lourd pour sa 15e édition :
VENDREDI : on pourra compter sur DEFTONES, INCUBUS, et THE OFFSPRING en haut de l’affiche pour un petit retour en adolescence.  Mais on ira surtout se dépoussiérer les esgourdes sur le black metal de MAYHEM, le gros death old school d’OBITUARY, avant de plonger dans le doom pachydermique et psyché d’ELECTRIC WIZARD.
On fera aussi un tour à MASTODON, BODY COUNT (qui devrait provoquer un sacré raz-de-marée) et les SUICIDAL TENDENCIES.

SAMEDI : les « vieux » groupes ne sont pas morts. La preuve, puisque DEEP PURPLE tient une place de choix sur cette journée avec SOCIAL DISTORTION. Côté tête d’affiche, place à FAITH NO MORE ! On attend évidemment énormément de la doublette WARDRUNA et THE HU (un groupe qui mélange sonorités metal et musique traditionnelle mongole pour un rendu absolument gé-nial !).
Pour le fun, AIRBOURNE et STEEL PANTHER devraient faire couler quelques litres de bière (et de gens tout nus pour le second !).

DIMANCHE : pour finir en beauté, KORN et SYSTEM OF A DOWN clôtureront la soirée (oui, oui, retour dans les années 90-2000 !), épaulés de JUDAS PRIEST qui fêtera ses 50 ans d’existence (et bim le coup de vieux). Impossible également de louper la cérémonie spéciale prévue par WATAIN, le romantisme de DYING FETUS, la grosse surprise TWIN TEMPLE (on vous laisse découvrir ça sur youtube…) ou encore le très costaud JINJER qui cartonne un peu partout dans le monde en ce moment.

On se donne donc rendez-vous du 19 au 21 juin prochains pour fêter comme il se doit l’été et la musique… et le gros metal qui dégouline !


> A noter que, le 29 avril, une warm-up Hellfest se déroulera au Temps Machine avec le concert de Benighted, Shaârgot et les locaux de Töter Fisch ! 

Cliquez sur l’affiche pour l’agrandir

 

Abdou, l’écrivain public du Sanitas

Abderrahmane Marzouki n’est pas un écrivain classique. Il est écrivain public. Sa mission : aider les personnes en difficulté à remplir des documents administratifs et tisser aussi du lien social.

 

Tout le monde ici l’appelle Abdou. Au centre social Pluriel(le)s, dans le quartier du Sanitas, il occupe un tout petit bureau surchauffé par les bouches d’aération du sol et tapi de papiers en tout genre. Coupures de presse, affiches, livres, ornent son antre.

« Souvent on me dit qu’il y a du désordre. Ce n’est pas faux mais c’est fait exprès. Car j’ai plein de choses à communiquer aux gens. » Abdou est ainsi : généreux et curieux. Son bureau est en effet un joyeux mélange entre ses centres d’intérêts : l’écrivain public qu’il est, l’homme militant aux convictions écologiques qui le nourrit.

Il reçoit autour d’un thé ou café bio et de dattes pour sucrer. La confiance s’établit immédiatement avec ceux qu’il reçoit. Ce jour-là, un jeune homme vient lui demander de l’aide pour remplir un papier consécutif à un arrêt de travail dû à un accident. Abdou, petite voix basse et douce rassurante, le guide, patiemment, lui glissant au passage des conseils en écriture.

Un côté social central

« Attention, je ne suis pas un dactylo, précise Abdou. La difficulté rencontrée bien souvent par les gens c’est de prendre son temps pour écrire distinctement, il y a des confusions de lettres. L’idée est de les orienter vers l’apprentissage de l’écriture et de la lecture. Mon travail est de les aider pour écrire des imprimés CERFA, administratifs le plus souvent mais aussi des recours. Mon second rôle est de les orienter vers les bonnes structures. »

Le côté social est en effet central, particulièrement ici au Sanitas où Abdou, bien implanté, « tisse des liens pour eux, essaie d’ajouter à leur carnet d’adresses des personnes de confiance. Je suis arabophone alors ça facilite les choses dans le quartier. » Lui qui a démarré dans l’insertion des jeunes porte depuis 2004 le titre d’« écrivain public pour l’accès au droit. »

À sa connaissance, le seul à temps plein dans le département, même si certains exercent quelques heures dans d’autres centres sociaux. Claire, retraitée de la mairie l’épaule 2 heures par semaine : « Il y aurait autant d’heures que de disponibilités », plaisante-t-il. Le bouche à oreille fonctionne. »

Pourtant, écrivain public demeure un métier méconnu, presque confidentiel. Pour preuve, « Macron l’a cité comme un métier nouveau qu’il faut développer ! » Abdou en sourit, en briscard de l’écriture au service des autres depuis tant d’années. La semaine dernière, il a d’ailleurs reçu ce joli compliment « Quand vous écrivez quelque chose, ça réussit, vous avez la main heureuse. »

Aurélie Dunouau

Bruissements d’Elles : la création féminine se sent pousser des « elles »

Bruissements d’Elles, le festival dédié à la création au féminin, revient ! Au menu ? Événements, expos, rencontres et films dans une dizaine de lieux culturels de Touraine. Rendez-vous du 4 au 25 mars.

POUR LA PETITE HISTOIRE

Et si on remontait le temps ? Retour en 1998. Outre-Atlantique, Les Monologues du Vagin, la pièce écrite par Eve Ensler, s’apprête à conquérir le monde. Pilier du féminisme, cette création impertinente, maline, drôle et sérieuse, donne enfin la parole aux femmes. Et à leur vagin, mot ridiculement tabou depuis des lustres. Le succès est fulgurant. La France succombera également au charme.

Et alors que la pièce secoue la planète, la Touraine bruisse d’un vent de liberté : la création au féminin, elle se retrouvera incarnée dans la foulée par Bruissements d’elles, un festival « né du désir d’affirmation et d’émancipation des femmes œuvrant en tous secteurs de la création ». Plusieurs villes se réunissent autour d’une programmation qui veut mettre en valeur l’histoire des femmes, à travers la musique, la danse, l’humour ou encore le théâtre.
Deux mots d’ordre : qualité et variété. Au service d’un festival féministe (aussi) et féminin (beaucoup).

Vingt-et-une bougies

Cette année, Bruissements d’elles célèbre donc sa 21e édition. Côté organisation, on espère de nouveau un succès : « C’était quasi-complet l’an dernier. Là, nous attendons plus de 4 000 personnes, voire un peu plus, se réjouit Cécile Dujardin, du Point Cédille pour la coordination de la communication. Bruissements d’Elles est devenu un label. Nous n’avons que de très bons retours. Et maintenant, les gens n’hésitent pas à assister à plusieurs spectacles. »

On ne change pas une équipe qui gagne, on continue sur le même principe : chaque structure choisit sa programmation, avec en ligne de mire, faire entendre les femmes artistes. Le tout dans 15 lieux culturels tourangeaux, à travers 10 spectacles, 6 concerts, 4 expositions et 3 séances de cinéma.

Spectacles et théâtre : doublé gagnant

Le choix est cornélien parmi tous les spectacles prévus !

-Le cœur de la rédac’ penche d’abord pour « Nous sommes les petites filles des sorcières que vous n’avez pas pu brûler ! ». Derrière ce titre aux allures de poing levé, l’auteure Christine Delmotte retrace 4 moments-clés de l’Histoire des femmes, des Suffragettes au droit à l’avortement, en passant par la jeune pakistanaise Malala et les Femen ukrainiennes (6 mars à Oésia).

Nous sommes les petites filles des sorcières… (Photo Lara Bongaerts)

-Impossible également de résister à « Un coeur simple » : acclamée par la critique, la pièce de théâtre emmenée par Isabelle Andréani investira les planches de l’Escale, à Saint-Cyr (13 mars). Tirée de Trois Contes, cette nouvelle de Flaubert redessine les relations sociales codées du XIXe siècle, via la figure de la servante Félicité.

Concerts : notre top 3

Dur, dur de choisir parmi les 10 concerts prévus à Bruissements d’elles.
-Mais difficile toutefois de ne pas mettre en lumière Pauline Dupuy qui sera sur la scène de la Grange de Luynes pour Contrebrassens, revisitant avec sa contrebasse les chansons autour des femmes écrites par l’immense Brassens (6 mars).

-En second, plaçons la venue de Suzane à La Parenthèse de Ballan-Miré (14 mars). Nominée aux Victoires de la musique 2020, la « conteuse d’histoires vraies sur fond d’électro », ainsi qu’elle se définit, devrait faire salle comble.

Mayra Andrade (Photo © Ojoz)

-Enfin, coup de cœur pour Mayra Andrade : c’est l’Espace Malraux qui accueillera la chanteuse capverdienne et son énergie solaire, le temps d’un concert à Joué-lès-Tours (24 mars).

Expos : la preuve par 4

Bruissements d’elles accueillera quatre artistes qui exposeront durant le mois : la peintre Cathy Belle avec ses « Fragments d’elle » à Azay (du 29 février au 21 mars) ; Olivia Rolde et ses peintures tantôt verdoyantes, tantôt brûlantes à La Riche (du 6 au 28 mars) ; la Tourangelle Gil KD et ses superbes oeuvres baignant dans la culture urbaine (du 14 mars au 12 avril à Langeais – voir photo) et la plasticienne et scénographe Danielle Marchal à Luynes (du 11 au 28 mars). Toutes les expos sont gratuites !

Gil KD

Cinéma : Gloire à Agnès Varda

Quoi de mieux, côté cinéma, de rendre hommage à la grande Agnès Varda ? Un an après sa mort, Bruissements d’elles tournera ses thématiques autour des films de cette documentariste accomplie punkette dans l’âme (et dans la coupe de cheveux!). L’ombre de Varda la militante féministe planera au-dessus de La Pléiade avec Visages, Villages (10 mars), de La Grande avec Jacquot de Nantes (12 mars) et à Langeais avec Les Plages d’Agnès (17 mars).

Aurélien Germain

> Du 4 au 25 mars, dans 15 lieux culturels de Tours et son agglo.
> Programme complet, tarifs et billetterie en ligne sur bruissementsdelles.fr > À suivre également : « Festival Bruissements d’elles » sur Facebook

Amour : quand le big love est un big business

Les sites de rencontres ? Un vrai labyrinthe, où l’on s’en prend au porte-monnaie et à l’amour-propre des célibataires. Car sur le web ou dans la « vraie » vie, le coeur à prendre est un client. Embarquement immédiat dans le monde des pros de l’amour.

Les portions individuelles concurrencent allègrement les plats familiaux dans les rayons du supermarché, signe que le célibat est désormais un vrai marché. Célibataires, veufs et divorcés représentent en effet plus de 50 % de la population adulte de plus de 15 ans selon l’INSEE.

Or, quoi de mieux pour attirer les célibataires dans les filets de son commerce, que de leur proposer de rencontrer l’âme sœur ? Le site français de rencontres en ligne Meetic a ouvert la voie en 2001, dans un secteur aujourd’hui concurrentiel et segmenté. En 2019, on comptait ainsi plus d’une centaine de sites et applications en France.

Des généralistes Tinder ou Adopteunmec jusqu’aux plus spécialisés (religion, âge, secteur professionnel, extraconjugal…), le refrain est le même : dis-moi qui tu es, et je te dirais qui aimer… à condition d’ouvrir ton porte-monnaie ! Car si on s’inscrit gratuitement, l’accès à toutes les options est souvent payant.

Un beau pactole

Appâté par la possibilité d’une rencontre (d’un soir ou d’une vie), un quart des français a déjà tenté l’expérience. La seule garantie, c’est un beau pactole pour les entrepreneurs concernés. Au premier trimestre 2019, Tinder devenait ainsi l’application la plus rentable de l’histoire, avec 230 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Thierry, Tourangeau de 31 ans, fait partie des déçus d’internet : « Je payais 29 euros par mois sur le site, mais être devant mon écran ne m’aidait pas à sortir de ma réserve. Et j’avais peur de tomber sur des faux profils. » Il a donc opté pour une soirée pour célibataires, « plus conviviale que le virtuel ».

Aux commandes des soirées Air Célibat créées fin 2019 à Tours et Nantes, on retrouve William Nicolas, 32 ans. Pour le jeune entrepreneur, le succès est au rendez-vous, mais ce n’est pas un hasard : « J’ai mené une étude de marché, évalué le nombre de célibataires sur Tours-agglo, le nombre d’inscrits sur les sites de rencontres, testé autour de moi le concept, et j’adapte ma communication en fonction des profils déjà inscrits à la soirée ».

« Remettre au goût du jour le bal d’autrefois »

Lieu insolite, accueil personnalisé, jeux variés, apéro dînatoire et musique jusqu’au bout de la nuit : pour trente euros, William cherche à offrir une soirée qui sort de l’ordinaire à sa soixantaine de convives. Avec un objectif : « remettre au goût du jour le bal d’autrefois, pour aider les gens à se rencontrer. »

La rencontre « à l’ancienne », c’est aussi la spécialité de Patrice Huby, directeur de l’agence matrimoniale Fidelio Tours depuis vingt-deux ans. « Avant l’apparition des sites, notre travail était simple : les clients nous contactaient, et nous organisions les rencontres. Aujourd’hui, nous devons proposer plus, pour des personnes de tous âges qui sont déçues (voire abîmées) par leur expérience sur le web, ou qui ne souhaitent pas y avoir recours. »

On s’abonne donc pour un suivi au long cours. Patrice Huby aide son client à se poser les bonnes questions, en fonction de son passé amoureux et de son caractère, avant de l’aiguiller vers la bonne personne. Dernier couple marquant en date ? Une femme de 84 ans et son nouvel amoureux de 92 printemps, car il n’y a pas d’âge pour s’aimer… ni pour se marier.

Cahier des charges et marché

Et là aussi, des professionnels s’invitent à la noce. Depuis une quinzaine d’années, les wedding planners se chargent d’organiser ce grand jour. En Touraine, Noémie s’est lancée en 2016 avec son agence Mona Lisa. Son but : « trouver l’équilibre entre les envies des clients et leur budget, et après avoir établi avec eux un cahier des charges, je m’occupe de tout pour qu’ils profitent à fond de leur journée ! ».

Pour Pauline, mariée en 2019, le recours à une pro a permis de simplifier la logistique et de soulager tout le monde : « Nous ne voulions pas mettre à contribution nos proches, pour que tous vivent l’événement sans stress. » Rendons-nous à l’évidence : des mots comme « cahier des charges » ou « marché » ne sont pas romantiques, car l’amour est un enjeu commercial, n’en déplaise aux fleurs bleues. Mais cultivez cette petite étincelle en vous, qui déjoue toujours les lois du marché ! (cœur avec les doigts).

Maud Martinez

L’artiste Pio croque la vie comme ses dessins

Les galeries d’art tourangelles exposent souvent des noms bien connus dans le milieu mais parfois, aussi, lancent des petits nouveaux, aux parcours singuliers. Pio en fait partie. Autodidacte, le dessin n’est pas son métier mais sa passion. Le jour, elle travaille dans un club de rugby. La nuit, elle dessine. Son trait est frais et réjouissant tout comme sa personne. Rencontre.

Elle est de la nouvelle génération d’artistes, celle qui se lance sur les réseaux sociaux. Instagram et Facebook l’ont fait connaître auprès du public et du monde de l’art tourangeau. Qu’elle s’en souvienne, elle a toujours dessiné. « J’ai fait des arts plastiques au lycée mais je n’ai pas poursuivi car ce n’était pas un métier pour ma mère. »

Aucune frustration pour autant, Pio est du genre positif et si elle s’occupe de comptabilité et de secrétariat au sein de l’US Tours rugby, elle s’épanouit totalement dans ce milieu sportif. « J’ai besoin de voir du monde ».

Une artiste pas seule dans son monde et la tête sur les épaules. La nuit, elle développe son univers créatif et poétique, lorsque sa fille de 7 ans dort enfin. En fait, Pio s’est vraiment remise au dessin il y a deux ans, avec sa fille, qui tente parfois de l’aider sur ses œuvres mais « se voit opposer un refus à son grand désespoir », s’amuse-t-elle, la voix douce. « C’était comme s’il me manquait un truc avant dans ma vie et que j’avais enfin réussi à exploiter mon grain de folie. »

Un stage à l’atelier Célavie et ses premières œuvres se retrouvent sur les murs d’un magasin de tapisserie, SOFA. Puis son frère, musicien, mixait au Citizen, dans le vieux Tours et voilà ses œuvres affichées dans ses lieux d’expos alternatifs.

Prise de risque gagnante

« Et de fil en aiguille, c’est le mélange des rencontres. Pour moi, la Boîte noire est la référence artistique à Tours du point de vue de l’originalité des œuvres et de son large éventail. C’était là que je voulais exposer. J’y traînais souvent pour voir ce qu’il s’y passait et puis, un jour, j’ai osé demander à Agathe comment on faisait pour exposer chez elle. J’y suis allée au coup de poker. »

Une prise de risque gagnante. Elle vient d’y être exposée pour les Petits formats de janvier. Des œuvres « qui tournent toujours autour d’un personnage, avec la thématique de l’enfant, de la femme et de l’oiseau. Je suis dans l’expression intuitive. » Un mélange d’encre de Chine et d’aquarelles « aux textures aériennes ».

Le côté élitiste de l’art ne lui parle pas. « Je suis ouverte et je veux partager mon plaisir. Il y a plein de fois où je me suis baladée dans les galeries et je ne pouvais pas m’offrir les œuvres, trop chères. Je trouve ça dommage. L’art ne doit pas être réservé à une catégorie. » Son parcours singulier le prouve. « Je n’ai pas fait les Beaux-arts, je ne viens pas d’une famille d’artiste, cela ne m’a pas empêchée d’aller vers ça. »

En ce moment, Pio entame une pause dans ses dessins et cherche l’inspiration dans les galeries parisiennes où elle furette ses yeux curieux.

A.D.

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Quand les galeries veulent mettre l’art à portée de tous

Une nouvelle génération de petits galeristes tente de dépoussiérer leur image et de faire partager l’art à tous.

À Tours, elles se comptent sur les doigts de la main, les galeries d’art contemporain qui exposent quasi en permanence des artistes. Veyssière, Le lieu Commun, la Galerie 21, la chapelle Sainte-Anne et puis les deux phares qui ont pignon sur rue, à l’est, Olivier Rousseau, du côté de la cathédrale et à l’ouest, la Boîte Noire, du côté de la place de la Victoire.

Ces deux galeries n’ont pas dix ans et font bouger la place tourangelle. À l’image de leurs deux gérants, aux parcours et aux styles bien différents. D’un côté, Agathe Place, de la Boîte Noire, qui a ouvert son « bébé » rue du Grand-Marché en 2012 après une solide expérience déjà en tant que galeriste à Tours.

Du coup, les artistes éclectiques qu’elle expose « sont devenus la famille », tels Laurent Bouro, M. Plume, Magalie Bucher… Elle se repose sur ces derniers comme fonds d’exposition permanent et va « glaner des moins connus et des coups de cœur ».

« Combien de fois ai-je eu des gens qui rentraient tout en s’excusant de ne rien y connaître »

Agathe Place a voulu donner une dimension humaine à son lieu en misant sur la « simplicité de l’accueil ». « Combien de fois ai-je eu des gens qui rentraient tout en s’excusant de ne rien y connaître ! Ou des jeunes qui n’osent pas car ils ne peuvent pas acheter. Je leur réponds que ce n’est pas du tout un problème. Mon but est de démocratiser l’art, faire que les gens n’aient plus peur de rentrer dans une galerie. »

Un métier passion qu’elle essaie de faire partager à ses visiteurs, en renouvelant souvent ses expos (une par mois) et en proposant des Petits Formats, à petits prix. « Je rends ainsi l’acquisition d’une oeuvre unique accessible à tous. C’est une légende de croire qu’en galerie c’est plus cher qu’ailleurs, ici on pratique des prix ateliers. »

Autre manière de démocratiser l’art et sa diffusion : la communication et les réseaux sociaux. « On fait un vernissage par mois, le rythme est hyper soutenu. Il faut souvent faire des événements, montrer qu’on est dynamique. C’est important pour fidéliser et rencontrer de nouvelles personnes. Les réseaux sociaux ont une force incroyable ; avec Instagram, on peut déjà montrer des images pour inciter les gens à se déplacer », explique Agathe Place.

Le pouvoir des réseaux sociaux

Son confrère, Olivier Rousseau confirme la force de la communication pour des galeristes d’aujourd’hui. Lui-même est un ancien communicant reconverti dans l’art. « Les affiches, flyers, réseaux sociaux et mailings autour des expositions font partie du travail. J’essaie de toucher des jeunes urbains, c’est une envie et un objectif pour moi. »

Dans sa galerie où la peinture est la raison d’être, aux côtés de dessins, de gravures et de l’art sacré, Olivier Rousseau joue la carte de l’ouverture. « L’entrée est libre, je souhaite que les gens prennent du plaisir ; je monte des expos pour partager des envies, un goût et montrer des œuvres. Le but est de faire venir du monde sans que cela ne devienne une croisade. »

Et le succès est au rendez-vous : « De plus en plus de gens viennent et ce qui me tient à cœur c’est quand les gens regardent la vitrine puis osent rentrer, j’ai conscience que ce n’est pas toujours évident. Cela fait partie de mon métier de décomplexer, désacraliser le rapport à l’art. » Olivier Rousseau et Agathe Place revendiquent tous deux l’essence de leur métier : vendre des œuvres, savoir les exposer et surtout les expliquer. Ce qui fait leur différence avec l’exposition d’oeuvres qui essaiment partout en ville, dans les bars restos, magasins,… Mais plus qu’une opposition, la complémentarité s’affiche.

Les galeristes s’adaptent puisqu’eux-mêmes travaillent avec ces lieux d’exposition alternatifs. Agathe Place avec le SmÄak et le restaurant le QG. Olivier Rousseau juge qu’ « il y a très peu de galeries à Tours et beaucoup d’artistes qualifiés donc c’est difficile de trouver un lieu et tant mieux si ces lieux peuvent leur mettre le pied à l’étrier ».

Lui-même prête des œuvres au Coffee Shop et au Bibliovore de la rue Colbert. Au restaurant La Petite Cuisine, rue Voltaire, Marie Paulay, la cheffe, expose depuis le début des artistes, Caroline Bartal et Aurélia Vissian actuellement. Plus qu’une déco, c’est une véritable harmonie qui se crée avec son restaurant.

Mettre en avant les artistes locaux

Pour Marie Paulay, « c’est une chance, j’ai un lieu beau, sobre et spacieux qui permet d’exposer. L’idée est de mettre en avant des artistes locaux, de les faire découvrir à des gens qui ne vont pas aux vernissages dans les galeries mais aussi de faire vivre le restaurant. Il faut que les tableaux soient à l’unisson de la cuisine, qu’ils se marient avec le lieu tout en étant source d’inspiration pour moi. »

Et qui sait, peut-être que les clients de Marie, après un premier coup de cœur artistique, oseront ensuite franchir la porte des galeries, chez Olivier, Agathe et les autres pépites tourangelles.

Aurélie Dunouau

Pass’Sport pour l’emploi : la réinsertion grâce au sport

L’association Pass’Sport pour l’emploi, imaginée notamment par Thierry Marx, va ouvrir sa première antenne régionale en Indre-et-Loire. Objectif ? Réinsérer les personnes dans le monde du travail grâce au sport.

Une antenne ouvrira à Tours. (Crédit photo : sport-pour-l-emploi.com)

Les faits

Le sport, vecteur de performance, d’esprit d’équipe et de bien-être… Et le biais idéal pour réinsérer celles et ceux qui se sont éloignés de l’emploi ou qui sont en dérive scolaire. C’est de cette idée que sont partis Thierry Marx (chef cuisinier) et Benoît Campargue (champion de judo) pour lancer Pass’Sport pour l’emploi.

« Cette école de formation à but social, humain et éducatif permet aux personnes de retrouver un emploi pérenne à l’issue de la formation grâce aux partenariats d’entreprises que nous avons développés », explique l’association. Au menu ? Un programme de 12 semaines avec sport le matin et formation au métier l’après-midi.

L’association a décidé d’implanter une antenne régionale en Indre-et-Loire, à Tours plus précisément, pour cette année 2020. La première promotion devrait voir le jour fin avril. Des entreprises tourangelles ont déjà été retenues comme partenaires, notamment dans le secteur de la sécurité.

Le contexte

Cette implantation de Pass’Sport pour l’emploi à Tours s’est faite suite à un échange avec l’association ID Cités Touraine, comme l’a précisé la directrice de la structure, Lydia Bouchardon, à nos confrères de 37°. À Paris, l’association existe déjà depuis février 2017. Elle a permis à 103 personnes de retrouver un travail en CDI.

Les enjeux

L’antenne régionale veut favoriser le retour à l’emploi en Indre-et-Loire et compte sur son « concept » pour s’adresser à tout le monde. En effet, Pass’Sport pour l’emploi vise toutes les personnes âgées de 18 à 63 ans, des simples jeunes sortis du système scolaire aux moins jeunes éloignés du monde de l’emploi.
Le fait que la formation soit gratuite devrait en outre parler au plus grand nombre. Cette « innovation sociale et solidaire » met en avant son taux de réussite de 100 %.

Le point de vue

L’antenne régionale devrait donc également réussir son pari en Touraine. Lors de la présentation à Tours, le co-fondateur Benoît Campargue a rappelé que les personnes sortant de cette formation au bout de 12 semaines en étaient « transformées » et avaient retrouvé « confiance et collaboration ». La phase de recherche des candidat( e)s va maintenant commencer. Il faudra s’armer de motivation !

Aurélien Germain

Stephen King : le roi de la flippe

Il est le maître du fantastique depuis près d’un demi-siècle. À l’occasion de la sortie de son nouveau roman le 29 janvier (qu’on a pu lire en avant-première pour vous en parler dès à présent !), tmv revient en quelques anecdotes sur Stephen King, 72 ans, toutes ses dents et toujours aussi terrifiant.

Carrie : de la poubelle… au succès !

1972. Stephen Edwin King n’a que 25 ans. Diplômé de l’université, marié, jeune papa, il n’a qu’une idée en tête : devenir écrivain. À ses côtés, sa femme Tabitha. La petite famille a du mal à joindre les deux bouts. King est loin d’être un roi, il envoie des dizaines d’écrits, mais les éditeurs brisent ses rêves et envoient tout valser.

Les mois passent dans cet appartement miteux et Stephen King entreprend la rédaction de Carrie, l’histoire d’une ado souffre-douleur dotée de pouvoirs de télékinésie sur fond de maman bigote un tantinet fanatique. Doutant de leur qualité, Stephen King jette les 3 premières pages à la poubelle ! Son épouse récupère son manuscrit, le lit. Une révélation.

Carrie sera adapté au cinéma par Brian de Palma, avec le succès que l’on sait…

Tabitha prend soin de nettoyer les mégots de cigarette qui salissent le futur best-seller. Et encourage son mari à continuer. La suite appartient à l’histoire : le livre est envoyé à Doubleday, l’éditeur accepte, l’avance sur les droits est ridicule… mais quelques mois après, les droits en livre de poche sont vendus. Stephen King, au téléphone avec son éditeur, entend la somme de 4 000 dollars. Mais non. Il s’agit bien de 400 000 $. « Mes jambes ont flanché, je me suis assis par terre », racontera plus tard l’auteur, lors d’un passage à Paris en 2013. « Je voulais acheter un cadeau à ma femme, parce que c’est elle qui avait sauvé ce livre. »
Mais en ce dimanche, seul le drugstore est ouvert. « Du coup, je lui ai pris un sèche-cheveux ! (rires) »

Drogues, alcool et mauvais souvenirs

Stephen King naît le 21 septembre 1947. Deux ans après, son père quitte le domicile… et ne reviendra jamais. À 4 ans, King voit un de ses amis se faire écraser par un train sous ses yeux. Son enfance, il la passe « souvent malheureux et différent », comme il le raconte dans un entretien à Playboy.

Il est gros, pas très agile. Le sport à l’école est une plaie. À l’adolescence, il sent en lui « de la violence, comme si je voulais m’en prendre au monde ». Une rage qu’il contient tandis qu’il griffonne ses premiers écrits, admirateur de Lovecraft.

Mais avec ses premiers succès viendra la déchéance. Ses addictions l’attendent tapies dans l’ombre comme le croque-mitaine : dans les années 60, King carbure au LSD, au peyotl et à la mescaline. Les trips s’enchaînent. Plus tard, il plonge dans la picole. Beaucoup. Et dans la drogue. Beaucoup. L’auteur carbure à la coke (Misery n’est-il pas un livre sur la cocaïne ?). Tapisse le tout avec des médocs. Tout ça, en cachette et pendant huit ans, au point de ne pas se rappeler certains de ses livres. C’est une nouvelle fois sa femme qui le tirera de là et le forcera à tout arrêter.

Mais de quoi a peur Stephen King ?

Stephen King, digne héritier d’Edgar Allan Poe et influencé par Richard Matheson, est un auteur terrifiant. Avec ses intrigues bien ficelées, son sens du détail, de la description (il suffit de lire un huis-clos comme Jessie), des personnages ultra-travaillés, il EST un conteur. L’auteur révèle aussi les peurs et les névroses contemporaines.

Mais le King de la flippe a-t-il la trouille de quelque chose ? « Je ne peux pas dormir sans qu’une lumière soit allumée dans la chambre », a-t-il confié. Oui on sait, ça brise le mythe. Terrifié par l’avion et les choses qui rampent, l’écrivain triskaïdékaphobe est également peu à l’aise avec le chiffre 13. Mais pire que tout ? C’est de la retraite ou de perdre la boule que King a le plus peur !


L’INSTITUT : CHRONIQUE DU NOUVEAU ROMAN DE STEPHEN KING

« Bienvenue à l’Institut. Quand les enfants y entrent, ils n’en sortent plus. »
Dans son nouveau roman – à paraître le 29 janvier (éditions Albin Michel) – le lecteur suit Luke, un jeune surdoué kidnappé chez lui par des intrus. Il se réveille à l’Institut, dans une chambre qui ressemble à la sienne… mais qui ne l’est pas du tout. Dans cet établissement, se trouvent d’autres enfants dotés de pouvoirs de télékinésie ou de télépathie. Toute la journée, ils passent des batteries de tests horribles et peuvent gagner des jetons pour se nourrir. La directrice, en attendant, ne cesse de leur promettre qu’ils rentreront bientôt chez eux. Sauf que personne n’a réussi à s’échapper d’ici…

Avec son récit mastoc, Stephen King réunit tous ses thèmes de prédilection en une sorte de best of convoquant tour à tour Charlie ou Ça : il y a cette trame chorale avec des gamins bien particuliers toujours aussi attachants, leur amitié, il y a son obsession de la télékinésie, du paranormal plongé dans le normal, il y a cette méfiance du gouvernement et cette peur de l’injustice.

Au total, 608 pages qui, comme d’habitude, prennent à la gorge. King possède toujours cet art de la description, du récit. Il conte et raconte. Ses monstres à lui sont les adultes. Ce n’est pas de l’horreur bête et méchante, c’est du stress que King nous inflige en intraveineuse, comme à ses petits personnages. L’Institut ne constitue pas un livre-révolution en soi, loin de là, mais un bon cru, à mettre en parallèle avec le contexte actuel et politique des États-Unis…


Dossier réalisé par Aurélien Germain, à retrouver en intégralité dans le numéro 362 de tmv (à télécharger sur tmvtours.fr)

Redécouvrir la nature avec Couleurs Sauvages

L’association Couleurs Sauvages, basée à La Riche près de Tours, propose des activités pour sensibiliser la Touraine aux grandes problématiques environnementales locales. Des actions et des ateliers sont notamment proposés aux jeunes, jusqu’à 18 ans.

Avec 427 interventions pour sensibiliser plus de 9 200 personnes en 2019, l’association Couleurs Sauvages a mené de nombreuses opérations. Les trois quarts d’entre elles, concernent les jeunes entre 0 et 18 ans.

Créée en 2004, l’association a pour but de valoriser le patrimoine naturel de la région Centre- Val de Loire. Elle organise des animations en pleine nature, tout en soutenant les initiatives écologiques.

« Nous éduquons à l’environnement en stimulant l’imaginaire, le sensoriel et le ludique », explique Nathalie Blanc, éducatrice à l’environnement et coordinatrice de l’association. « Nous aiguisons la sensibilité de ces jeunes à des thèmes comme la faune, la flore, l’eau, l’air, le sol, les énergies, les modes de consommation… ».

Intervenir auprès des scolaires

Le but ? Montrer aux jeunes que la nature est belle et porteuse de bien-être. Positive, l’éducatrice nature estime que beaucoup de jeunes sont très intéressés par la cause environnementale. « On ne peut pas dire qu’ils ne comprennent pas ce qu’il se passe », précise-t-elle. Elle explique avoir rencontré un public « hyper motivé » et « prêt à faire beaucoup pour agir en faveur de la nature ».

Si Couleurs Sauvages intervient souvent dans les écoles primaires et les collèges, elle ne souhaite pas exclure les adultes : « On ne peut pas mettre le sauvetage de la planète seulement sur les épaules des jeunes, c’est l’affaire de tous ».

L’association met ainsi en place des sorties natures, des ateliers et des stages destinés à tout âge. Pour s’organiser et agir efficacement, l’association est présente au sein du réseau régional pour l’éducation à l’environnement : Graine Centre-Val de Loire. Ce regroupement permet aux éducateurs de travailler conjointement et de pouvoir élargir leur champ d’action dans la région. Au niveau local, elle fait également partie du Réseau d’éducation à l’environnement d’Indre-et-Loire (REE 37). Celui-ci regroupe des associations œuvrant pour la cause environnementale dans le département.

« À Tours, la population est en partie sensibilisée, cependant, nous sommes bien conscients que chacun fait ce qu’il peut en fonction de ses moyens », déclare-t-elle. Ainsi, Couleurs Sauvages tente de rassembler, chaque année, des financements auprès de la région et de la métropole afin de proposer « un maximum d’actions gratuites » en fonction de la demande.


Textes : Rachel Herman et Amel Zaki / étudiantes à l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT)
Photo : Association Couleurs Sauvages

Biodivercity, l’apiculture… urbaine !

#EPJTMV La disparition des abeilles est une problématique environnementale préoccupante. Anne Desnos et Laurie Dufrenne sont apicultrices au sein de l’association Biodivercity qui propose des ateliers de sensibilisation à la vie de la ruche.

« Je vous propose d’aller chercher les tenues, nous allons aller sur le rucher. » Ce vendredi 17 janvier, Anne Desnos et Laurie Dufrenne animent le « Club Api » de l’association Biodivercity.

Dans le domaine du Château de Taillé à Fondettes, l’association possèdent sept ruches dont les salariés s’occupent toute l’année. Le « Club Api » se réunit une fois par mois pour former à l’apiculture une poignée de volontaires.

La mission du groupe aujourd’hui : bricolage d’hiver et visite des ruches pour vérifier que les abeilles vont bien. Sur le chemin, Laurie explique : « Pendant la période hivernale, les abeilles sortent peu. Elles sont en période d’hibernation et consomment leurs réserves dans la ruche. »

Ne pas déranger les butineuses

Laurie est apicultrice depuis dix ans. Elle a commencé sa formation sur le terrain en Allemagne, en production biologique de miel. Elle s’est rapidement tournée vers les associations jusqu’à intégrer Biodivercity en 2014. Ce qu’elle aime le plus, surtout dans « ce contexte de difficulté pour l’environnement, c’est sensibiliser et faire connaître le rôle de l’abeille dans l’environnement ».

Concernant les ruches, les deux animatrices insistent sur la nécessité de ne pas déranger les butineuses et de ne pas ouvrir les ruches si ce n’est pas nécessaire. Le parcours d’Anne Desnos jusqu’à l’apiculture est différent. Elle a intégré l’association en 2017 pour un service civique et ne l’a pas quittée depuis. « Je me suis formée sur le tas, à Biodivercity », confie-t-elle.

« J’ai longtemps eu un projet d’animation autour de l’environnement. J’ai un lien très fort avec la nature et il est très important pour moi de le partager pour la protéger. »

Sur le rucher, les deux animatrices expliquent au groupe comment s’assurer que la ruche est en bonne santé. Il faut la peser et vérifier les réserves de nourriture. Les volontaires écoutent attentivement mais toujours dans une ambiance détendue.

Pendant cette séance, aucune n’a eu besoin de nourriture (du sucre) supplémentaire. Les deux animatrices mettent en place une approche douce de l’apiculture. Pour Laurie, « le consentement doit aussi être avec les abeilles. Il faut comprendre les abeilles et ne pas déranger les colonies nerveuses par exemple. » Elle confie, avant de partir, que grâce à ce métier, elle a « appris à avoir une certaine humilité face à l’abeille ».

Texte : Cassandre Riverain / Photos : Jeanne Gerbault, étudiantes à l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT)


> En savoir plus sur l’association Biodivercity : www.biodivercity.fr

 

Les Innocents : « Nous voulions retrouver cette complémentarité musicale »

#EPJTMV Les Innocents reviennent avec un sixième album : 6 ½. 22 ans après leur dernier passage à Tours, le groupe de pop français se produira à Joué-lès-Tours le 25 janvier prochain.

Les Innocents seront en concert à l’Espace Malraux, le 25 janvier (Crédit Yann Orhan)

Quatre Victoires de la musique, un Bus d’Acier, un disque de diamant avec Fous à lier (1992)… Les Innocents ont marqué leur génération. Lors de leur séparation en 2000, le groupe comptait quatre membres. Mais en 2013, Jean-Christophe Urbain et Jean-Philippe Nataf (tous deux chanteurs et guitaristes) ont décidé de faire renaître le groupe en revenant cette fois en duo.

« Avec Urbain, nous voulions retrouver cette complémentarité musicale qu’il y a entre nous », raconte Jean-Philippe Nataf, fondateur du groupe en 1982. Depuis leur premier grand succès en 1987 avec le single Jodie, Les Innocents restent fidèles à leurs influences. « Ceux qui nous inspiraient quand nous avions vingt ans nous inspirent encore aujourd’hui. Je pense notamment à Bob Dylan, The Clash ou Paul McCartney. »

« L’industrie musical a évolué »

Celui que l’on surnomme “Jipé” (Jean-Philippe Nataf) confie être aussi un fan de musique moderne : « J’écoute beaucoup de musique brésilienne, éthiopienne et même du rap américain ! » Ils restent, malgré tout, attachés à leur style musical de prédilection avec une direction “pop” anglo-saxonne en langue française.

« L’industrie musicale a évolué : l’offre est incroyable et la musique gratuite. Il n’y a plus la même rareté. Nous voyons le monde avec des yeux de vieux », s’amuse J-P Nataf. Même si tout a changé, eux, ont décidé de faire comme avant : « C’est comme si nous étions des pâtissiers et que nous avions fermé boutique puis rouvert. Tout est pareil, mais nous prenons encore plus de plaisir », raconte-t-il.

Une authenticité qui paye. En 35 ans de carrière, ils ont fidélisé un large public qui ne manque pas l’occasion de venir les écouter pour découvrir leurs nouvelles créations ou se remémorer des souvenirs de jeunesse. « Nous avons accompagné la vie du public dans ses joies et ses tristesses. Nous sommes dans un partage joyeux. Notre musique s’écoute avec les gens que l’on aime ».

Rachel Herman

> A 20 h 30, le 25 janvier. Espace Malraux de Joué-lès-Tours. Tarifs : de 17 € à 34 €. Billetterie : 02 47 53 61 61. Réservez rapidement.

 

On a testé un institut de beauté bio à Tours

Dans le centre de Tours, rencontre avec un institut respectueux de votre peau et de l’environnement.

Un institut entièrement bio ? C’est en tout cas ce que propose Fabienne Gabard dans son institut de beauté situé rue du Rempart à Tours. Chez Essentiel Bio Esthétique, on utilise les produits de la maison du Docteur Hauschka.

Créée il y a 53 ans, la marque allemande s’est exportée à l’international. Selon la gérante, deux mots-clés sont essentiels : « rythme et globalité ». Des produits aux soins, tout est pensé selon ce principe. Les gammes sont conçues à partir de plantes élevées en biodynamie (prise en considération de l’influence des rythmes lunaires et planétaires, NDLR). Labellisés, les produits misent sur l’autocorrection de la peau.

Fabienne Gabard dans son institut.

« Mon institut est à mon image » 

Dans son établissement, un seul mot d’ordre : utiliser uniquement des produits bio et faire des efforts pour que toute la structure soit écologique. Elle a par exemple remplacé les serviettes en coton par des serviettes en fibres qui consomment moins d’eau et d’énergie lors de leur nettoyage et de leur séchage. Des actions mises en place dans le respect des valeurs de leur fournisseur.

En effet, la marque Docteur Hauschka soutient le commerce équitable et tente de réduire son impact sur l’environnement, à l’image de ses produits en verre pour éviter le plastique. C’est ce qui a séduit Fabienne Gabard. Elle tient son goût pour le naturel et le bio de sa mère qui était, nous dit-elle, « allergique à tout ».

Elle travaille seule dans son salon : « Mon institut est à mon image » et fait ses propres choix. Celui de ne pas pratiquer l’épilation en est un. Un choix courageux puisqu’une partie importante de la clientèle est générée par l’épilation. Mais Fabienne ne veut pas céder à cette facilité et veut garder la pratique des soins de visage et de corps au cœur de son institut.

« L’être humain est un ensemble »

Véritable rituel, le soin classique – 130 € – dure deux heures et sollicite tout le corps. Bain de pieds chaud, massage des pieds, relaxation de la nuque, étirements des bras et des jambes… Des pratiques rythmiques se mêlent au soin pour en faire un moment de relaxation justifiant le prix.

Une pratique étonnante mais en accord avec la philosophie de l’établissement : « L’être humain est un ensemble ».  Fabienne vend également les produits de la gamme Docteur Hauschka. Comptez des prix classiques entre 30 et 50 € pour une crème de 100 ml. Du maquillage entièrement bio est aussi en vente (la rédaction de TMV a testé pour vous, voir la vidéo ci-dessous). Fabienne, pinceau en main, vous propose un maquillage sur mesure : « Le maquillage, c’est comme un tableau ! ». A vos palettes !

Texte: Lise Lacombe et Louise Grange / Photos et vidéo : Jeanne Gerbault – étudiantes à l’Ecole Publique de Journalisme de Tours (EPJT)

« C’est un pari risqué de devenir musicien »

#VisMaVille Tours ne manque pas de bars et de salles de concerts pour écouter de la musique. En vous y aventurant, vous pourrez sûrement y croiser Rémy, un jeune bassiste professionnel, qui fait tomber les clichés sur les musiciens bohèmes.

On va faire avec deux amis un concert d’une heure, puis les musiciens présents pourront venir jouer s’ils veulent ! », explique Rémy Rouland en sortant sa contrebasse d’une camionnette.

Ce 8 janvier, le bassiste et contrebassiste intermittent de 23 ans, à l’air timide, reprend les standards de jazz au bar Le Strapontin à Tours. Ce soir, c’est « jam session », une séance d’improvisation musicale. L’ambiance est feutrée, des jeunes côtoient des plus vieux et se détendent autour d’un verre.

Rémy Rouland fait partie des nombreux musiciens très actifs à Tours. Loin de la vie bohème, il renvoie l’image d’un professionnel rigoureux, comme le remarque Jérôme Bonvin, gérant du Strapontin : « Il est très sérieux, on n’a pas besoin de lui courir après. » Originaire du Mans, il découvre la basse à 16 ans dans un groupe de funk. Rémy Rouland arrive à Tours en 2013 pour des études en musicologie.

Sa licence en poche, il souhaite pratiquer davantage. Il entame une formation de bassiste à l’école de musique Jazz à Tours. « J’y ai rencontré beaucoup de musiciens et j’ai commencé à me perfectionner dans le jazz pour devenir professionnel », avoue-t-il.

Ce n’est pourtant pas sans appréhension qu’il s’est lancé. « C’est un pari risqué de devenir musicien. Cela demande beaucoup de travail et le résultat n’est jamais au rendez-vous lorsqu’on débute ». Rémy a pu gagner de l’expérience dans une ville où l’émulation musicale est forte. « Il y a un gros vivier de musiciens à Tours, explique Jérôme Bonvin, avec deux écoles de musique et des salles comme le Petit Faucheux. »

Une aubaine pour les jeunes musiciens, qui peuvent former des groupes, se produire dans plusieurs salles et se perfectionner. « C’est en jouant avec des musiciens différents qu’on se forge, et c’est ce que j’ai trouvé ici », confesse Rémy Rouland. De son point de vue, « Tours est l’une des villes jazz du grand Ouest, avec Nantes et Rennes ».

Que ce soit au Strapontin, au Petit Faucheux ou encore à l’Oxford pub, chaque concert ou jam rassemble une communauté tourangelle de musiciens. « Tout le monde se connaît, il n’y a que des belles personnes à Tours », dit Rémy en souriant. Ce petit monde crée une effervescence qui, selon lui, n’est pas prêt de s’arrêter : « Beaucoup de projets continuent de se mettre en place. Nous sommes des acteurs de la culture, nous avons tous quelque chose à raconter. »

Textes : Victor Dubois-Carriat / Photos : Nathan Filiol et Lucas Bouguet

À Tours, l’amour est dans les applis

#EPJTMV. À Tours aussi les jeunes cherchent l’amour. Tinder, Fruitz, OkCupid, les applications ne manquent pas. De jeunes tourangeaux parlent de leurs expériences.

Utilisez notre simulateur d’appli de rencontre pour découvrir les témoignages (cliquez sur le portable).

Caroline Frühauf et Émilie Chesné, étudiantes à l’École Publique de Journalisme de Tours (EPJT).

Cat-sitter, un job au poil

#EPJTMV Pour les jeunes la garde d’animaux contre rémunération s’est imposé comme nouveau job étudiant. Amandine Penaranda en a fait sa carrière. Elle s’est spécialisée dans le comportement des félins et a créé son entreprise Chatypique en août dernier.

Un chat qui file entre vos pattes, vous mord à la moindre caresse, griffe les enfants… C’est loin de l’image du petit chaton mignon que vous vous faisiez quand vous avez adopté Croquette.

Amandine Penaranda voit ce genre de cas tous les jours : elle est comportementaliste félins. Elle raconte : « C’était un chat qui mordait une dame et sa petite fille au niveau du visage, des épaules et du cou. Le vétérinaire n’a rien trouvé de particulier. Je n’ai pas encore terminé avec ce chat, mais je pense qu’il y a aussi une part de responsabilité des propriétaires. Dans ces cas, les chats sont souvent brusqués pour avoir des câlins ou quand les enfants jouent avec eux ».

Mais le métier plutôt singulier d’Amandine a parfois des côtés amusants. La jeune femme propose également ses services comme cat-sitter. Elle s’amuse : « Il y a un chat qui est fan des infusions de croquettes. Il adore aller à l’autre bout de la pièce chercher ses deux croquettes puis retourner les plonger dans sa gamelle d’eau avant de les manger ».

 « Je suis tombée sur ce métier par hasard »

Après plusieurs années en tant qu’assistante dentaire, Amandine Penaranda décide d’arrêter cette activité qui ne l’épanouie pas : « Dans ce métier, nous sommes très peu reconnus par la hiérarchie. »

Elle décide alors de créer son entreprise. Sa reconversion professionnelle est le fruit du hasard : « Je voulais faire un métier avec les animaux, je revenais d’un week-end au ski, j’ai regardé ce que je pouvais faire et je suis tombée sur ce métier. »

Elle s’est alors renseignée sur ce job insolite et trouve un organisme de formation, Vox Animae, qui lui permet d’apprendre à lire dans nos boules de poils. Elle éradique les urines intempestives et évite que des chats, considérés comme inadaptés, soient euthanasiés. Au quotidien, il s’agit de donner beaucoup d’amour aux chats dont elle s’occupe, mais aussi d’ « éduquer les humains ».

« Il faut de la pédagogie et un poil de psychologie pour apaiser les relations entre les chats et les propriétaires. » Une philosophie qui ne demande qu’à se développer.

 

 

Pour plus d’informations : site internet de chatypique

Manon Bernard et Emilie Chesné, étudiantes à l’École Publique de Journalisme de Tours (EPJT).

On a testé pour vous les bons plans soldes

#EPJTMV La rédaction de TMV a testé quelques bons plans pour le début des soldes. Est-il toujours possible de s’habiller sans se ruiner lorsqu’on est jeunes et fauchés ? Nous avons tenté de relever le défi de s’habiller pour moins de vingt euros.

Mercredi 8 janvier, en ce premier jour des soldes, nous allons essayer de nous vêtir de la tête aux pieds pour vingt euros ou moins. Impossible diront certains ? Mission acceptée. Direction rue nationale, les boutiques sont pour la plupart au-dessus de notre budget. Après un bref passage dans la Galerie Nationale, nous rebroussons chemin car les prix nous donnent le tournis.

Mistigriff : le temple des petits prix 

Des chaussettes à petits prix sont en vente dans le magasin Mistigriff. Crédit photo : Noémie Furling.

Un client nous conseille d’aller au magasin Mistigriff, au 90 rue des halles. L’enseigne propose des articles dégriffés à des prix variés. Une fois la porte passée, nous sommes agréablement surpris par l’accessibilité des prix. Au rez-de-chaussée, vous pouvez trouver de belles chaussures à moins de quinze euros, des jupes de toutes les couleurs à six euros, des jeans aux alentours de dix euros. Des bacs sont disposés au premier et au deuxième étages, ils proposent des chaussettes et des sous-vêtements à des prix très raisonnables. Sur un présentoir, vous pouvez acheter des bijoux fantaisie à partir d’un euro.

Une fois sortis du magasin, direction rue de Bordeaux. Le magasin Caravelle propose des jeans à prix cassés. Comptez environ 8 euros. En face, le magasin C’est deux euros est ouvert, bingo ! À l’intérieur, comme son nom l’indique, une pièce suffit pour se faire plaisir. Les choix sont tout de même minces : chaussettes, sous-vêtements et parapluie.

Une friperie branchée et bon marché 

À la friperie Kilo Shop il faut peser ses articles pour connaître le prix. Crédit photo : Noémie Furling.

Dernier stop au magasin Kilo Shop place Jean Jaurès pour ne pas rentrer bredouille. L’intérieur est branché et vintage. Le concept est simple : le client pèse ses articles sur une balance disposée au milieu du magasin, puis il paie en fonction du poids indiqué. Un système de couleur sert à distinguer les prix : le rouge équivaut à vingt euros le kilogramme, le vert à trente euros le kilogramme, le bleu à quarante euros et l’orange à soixante. De quoi rendre heureux chaque client ! Mission réussie.

Notre sentence est irrévocable : il est possible de se vêtir pour moins de vingt euros mais cela au prix de quelques sacrifices. Le temps perdu à crapahuter entre les boutiques ainsi que la qualité discutable des produits peut être un frein pour les acheteurs.

Émilie Chesné et Paul Boyer, étudiants à l’École Publique de Journalisme de Tours (EPJT).

 

 

 

 

 

Ambiance décontractée à l’auberge de jeunesse de Tours

#EPJTMV L’auberge The People Hostel, ouverte depuis octobre 2019, accueille des touristes du monde entier et met à l’honneur l’univers du cyclisme.

Rencontre avec Émilie Lebreton et Alexandre Giroux, les deux gérants à l’initiative de la nouvelle auberge de jeunesse tourangelle The People Hostel. À peine passé la porte d’entrée, le monde du cyclisme saute aux yeux. L’atmosphère se veut décalée : vélos accrochés aux murs, maillots du Tour de France encadrés… Alexandre Giroux, lui-même cycliste et fan de vélo de route, est à l’origine de la décoration.

Des clients du monde entier  

« On préfère parler d’hostel que d’auberge de jeunesse, notre modèle s’inspire de l’international », confie Émilie Lebreton. Les clients sont de diverses nationalités (Américains, Canadiens, Asiatiques). Contrairement à leurs attentes, les gérants constatent une clientèle assez variée : « Nous pensions recevoir essentiellement des « backpackers », de jeunes baroudeurs parcourant le globe. Finalement, nous accueillons des familles mais aussi des salariés qui viennent travailler à Tours. Le cadre est moins froid qu’un hôtel traditionnel. » Le bâtiment appartient à la mairie de Tours, à qui les deux jeunes gérants versent un loyer chaque mois : « En reprenant la franchise de The People Hostel, nous gardons tout de même une indépendance en ce qui concerne les choix d’agencement et de décoration. »

Alexandre Giroux (à gauche) derrière le comptoir du bar « Étape 84 ». Crédit : Lucas Bouguet.

Le vélo roi de la déco

Émilie Lebreton évoque le partenariat de l’auberge avec des artisans de vélos de route sur-mesure haut de gamme (CYFAC). Situés à trente kilomètres de Tours, ce sont les derniers constructeurs de cadres de vélos artisanaux qui existent encore en France.

Le premier jeudi du mois, c’est afterwork à The People Hostel de 19 h à minuit. Au menu : vin local et bières belges. La carte du restaurant Étape 84 – qui fait référence au numéro de la rue de Grammont – propose principalement des produits faits maison, locaux et régionaux. See you soon !

Laura Alliche et Paul Boyer, étudiants à l’École Publique de Journalisme de Tours (EPJT).

On a testé le Blend & Shaker, à Jean-Jaurès

Récemment installé place Jean-Jaurès, juste à côté du Mao, voici venu le Blend & Shaker. Un établissement au design très travaillé. Et quoi de bon dans l’assiette ? Verdict !

« Wow… ça en jette ! » Cette phrase, bien des clients franchissant la porte du Blend & Shaker l’ont prononcée. Il faut dire qu’en entrant ici, le regard se pose vite sur l’immense bar au fond qui en impose tant par sa taille que par ses dizaines et dizaines de bouteilles qui le tapissent. Le tout est éclairé par de multiples lumières donnant un effet orangé du plus bel effet. Effectivement, le Blend & Shaker « a de la gueule » comme dirait Papy Roro !

Pour le reste, ce bar-restaurant, ouvert depuis le 22 novembre, joue la carte du branchouille, du design. La salle est élégante, les couleurs sombres, de jolies lampes suspendues au plafond donnent un beau cachet à l’ensemble. Pas à dire, l’établissement a soigné son look. De quoi donner envie de siroter un cocktail ou l’un des multiples vins (carte fort intéressante au demeurant).

Bon, la beauté extérieure, tout ça tout ça, c’est bien joli. Mais la beauté intérieure ? Qu’est-ce que le Blend & Shaker a dans le ventre ? Pour le savoir, on s’est précipité à midi pile un jeudi – le resto a déjà bon nombre d’adeptes – histoire de tester la carte. Celle-ci compte une dizaine de plats, quelques tartares et salades et des entrées appétissantes (carpaccio de rillons, saumon gravlax…).

Pour les plats, comptez entre 17,90 € (le risotto aux asperges vertes) et 26 € (noix de saint-jacques), pas forcément accessible à toutes les bourses. En revanche, il existe une formule du midi à 18 €. Pour nous, ce sera un dos de cabillaud façon meunière : la pièce de poisson est imposante, la portion généreuse. C’est bien travaillé, charnu et agrémenté d’endives au lard de Colonnata. Et servi avec le sourire et l’amabilité d’une équipe aux petits oignons pour les tablées.

Le Blend & Shaker offre donc une nouvelle proposition à la place Jean-Jaurès qui, désormais, a de quoi satisfaire tous les estomacs et tous les portefeuilles. À vous de choisir !

Aurélien Germain


> Blend & Shaker : 3 avenue de Grammont, place Jean-Jaurès, à Tours. Ouvert 7j./7, midi et soir pour la restauration, et toute la journée pour la partie bar. Possibilité de bruncher le dimanche.

> Contact : 02 47 39 91 99 ou Facebook et Instagram 

> Tarifs :  La formule du jour (plat du jour + café gourmand ou + detox) à 18 €. Plat du jour seul à 14 €. Sinon, à la carte, comptez 8 à 12 € l’entrée ; de 17 à 26 € le plat. Verre de vin à partir de 5 €. Cocktail du moment detox à 7 €.

 

Noël : la recette du chef Guillaume Galliot (Le Caprice)

#RecettesDeChef Pour vos fêtes de fin d’année, nous avons demandé à plusieurs chefs tourangeaux de nous proposer une recette de Noël. Voici celle du Jocondien Guillaume Galliot, qui oeuvre désormais au Caprice à Hong Kong.

HUÎTRE FUMÉE À LA TRUFFE NOIRE

>Le chef : Guillaume Galliot – Le Caprice (***), à Hong Kong

C’est pour la cuisine du Caprice, restaurant du Four Seasons de Hong Kong, que le Jocondien Guillaume Galliot a été récompensé cette année de trois étoiles Michelin et de la médaille de la ville de Tours l’été dernier. Il a choisi une huître fumée au mont-d’or et à la truffe.
Sortez vos balances, la précision est de mise, mais en s’appliquant ces recettes sont tout à fait réalisables à la maison.

Ingrédients pour une huître :
1 huître Gillardeau
5 g de pomme de terre en dés
5 g de poireau
20 g d’échalote en dés
5 g d’émulsion de truffe
5 g de copeaux de truffe noire
20 g de jus de truffe
10 g de peau de truffe
200 ml de crème liquide
5 g de mont-d’or
Un morceau de bois de ceriser japonais pour le fumage
Beurre
Bouillon de poule

Préparation :
Dans une poêle très chaude, cuire l’huître une seconde de chaque côté avant de la fumer durant cinq minutes avec le morceau de bois de fumage dans une boîte à couvercle.
Faire cuire la pomme de terre et le poireau avec du beurre et du bouillon de poule.
Faire cuire l’échalote avec du beurre et la peau de truffe, ajouter le jus et la crème liquide, puis mixer le tout.
Mettre les dés de pomme de terre et le poireau dans la coquille d’huître, déposer l’huître par-dessus avant d’ajouter le mont-d’or.
Faire cuire une minute à four très chaud, juste pour faire fondre le fromage et ajouter l’émulsion et les copeaux de truffe juste avant de servir.


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Noël : la recette du chef Jérôme Roy (l’Opidom)

#RecettesDeChef Pour vos fêtes de fin d’année, nous avons demandé à plusieurs chefs tourangeaux de nous proposer une recette de Noël. Voici celle de Jérôme Roy, de l’Opidom.

GNOCCHI DE CHÂTAIGNES GRILLÉES, BOUILLON DE VOLAILLE AU POIVRE BLANC

>Le chef : Jérôme Roy – l’Opidom
Après un parcours international le Lochois Jérôme Roy est revenu s’installer en Touraine et plus précisément à L’Opidom, à Fondettes, dont il a repris les rênes le 7 novembre dernier. Le « chef baroudeur » nous propose une recette réconfortante et gourmande pourtant tout en légèreté qui peut être servie en entrée ou en accompagnement.

Ingrédients (pour 6 personnes) :
Pour les gnocchi :
140 g de châtaignes
Huile de cuisson Q.S
15 g de beurre frais
90 g de bouillon de volaille
20 g de parmesan râpé
20 g de farine
25 g de jaunes d’oeuf
Sel et poivre blanc du moulin

Pour la garniture :
90 g de compote de coing
1 Botte de cresson
25 g d’amandes effilées grillées
15 g de beurre noisette
50 g de parmesan

Préparation
Les gnocchi :
Faites saisir les châtaignes dans une poêle avec un filet d’huile de cuisson.
Ajoutez le beurre, salez et poivrez.
Laissez cuire 5 minutes dans le beurre mousseux.
Mixez l’ensemble au blender avec le fond de volaille puis tamisez.
Ajoutez le parmesan, la farine, les jaunes d’oeuf et travailler à la spatule.
Façonnez les gnocchi à l’aide de 2 cuillères et faites-les cuire aussitôt dans un bain d’eau bouillante salée avec un filet d’huile.
Réservez au froid.

Le bouillon:
Mélanger tous les ingrédients, portez à ébullition et laissez infuser.
Émulsionnez avec le mixer à soupe avant de servir.

Finition et dressage:
Faites griller les gnocchis à la poêle avec un filet d’huile de cuisson.
Dans une assiette creuse chaude, déposez une cuillère de compote de coing, dressez harmonieusement les gnocchis, les pousses de cresson, les amandes, le beurre noisette, la fleur de sel et râpez le parmesan.
Servez le bouillon dans une saucière à table.


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Noël : la recette de Didier Edon (Les Hautes-Roches)

#RecettesDeChef Pour vos fêtes de fin d’année, nous avons demandé à plusieurs chefs tourangeaux de nous proposer une recette de Noël. Voici celle de Didier Edon, des Hautes Roches.

LES SAINT-JACQUES DANS LEUR COQUE, « SOLEIL D’HIVER »

>Le chef : Didier Edon – Les Hautes Roches (*)
Dans la cuisine étoilée de Didier Édon nous avons pu déguster ses saint-jacques « Soleil d’hiver », un vrai festival de saveurs simples et délicieuses. Un mélange terre et mer festif et facilement adaptable selon la saison ou l’occasion.

Ingrédients :
2 à 3 Saint-Jacques par personne
15 cl d’huile d’olive
Fleur de sel, poivre du moulin

Pour le « Soleil d’Hiver » :
1 coing poché au sirop, en dés
1 pomme Golden poêlée, en cubes
50 g de jambon de canard, en dés (magret fumé)
Quelques grains de raisin
2 têtes de Shitaké (champignons) en quartiers
1 tranche de foie gras cuit en cubes
2 poires tapées « réhydratées » dans le vin de Vouvray, en morceaux

Les Saint-Jacques :
Habiller les Saint-Jacques. Les laisser attachées à leur coque, ôter le nerf sur le côté de la noix, bien les nettoyer.
Garnir la coque, autour de la noix, avec les ingrédients du « Soleil d’Hiver » : les dés de pommes poêlés, les cubes de coing, les dés de jambon de canard, les poires tapées, les grains de raisin (Les dés de foie gras seront répartis dans les coquilles au dernier moment.)
Verser un filet d’huile d’olive et 1 petit cube de beurre, saler de quelques grains de fleur de sel, puis poivrer avec un moulin.
Enfourner dans un four chaud (180°C), une à deux minutes, surveiller.
Servir bien chaud en disposant les coquilles Saint-Jacques sur un socle de gros sel légèrement humidifié, pour les maintenir « à plat » dans l’assiette.

On peut, à sa guise, composer sa garniture selon la saison, ses envies et humeurs, une région… Par exemple : Poire / Gorgonzola / Pancetta ; Foie gras (en terrine) / Magrets / un peu de truffe / poire tapée Cocos de Paimpol / Chorizo ; etc.


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Noël : la recette du chef Benoît Pasquier (Saint-Honoré)

#RecettesDeChef Pour vos fêtes de fin d’année, nous avons demandé à plusieurs chefs tourangeaux de nous proposer une recette de Noël. Voici celle de Benoît Pasquier, du Saint-Honoré.

TARTARE DE DORADE ROYALE MARINÉE AUX CHOUX ET NOISETTE

Le chef : Benoît Pasquier – Le Saint-Honoré
La recette que nous propose Benoît Pasquier, chef du St-Honoré, est une entrée fraîche composée uniquement de produits de saison, simple à réaliser et pleine de saveurs. Les noisettes torréfiées et l’huile de noisette lui donnent un côté très gourmand et l’avantage de cette recette, c’est qu’elle convient à tous les budgets, puisque n’importe quel poisson à chair blanche peut faire l’affaire. On peut également la ressortir pour le réveillon du 1er de l’an.

Ingrédients (pour 4 personnes) :
Huile de noisette La Tourangelle
2 filets de dorade royale
200 g de chou-fleur cru
100 g de chou rouge cru
50 g de noisettes grillées, concassées et torréfiées
200 g de chou romanesco cru
Poivre Cubèbe (de Terre Exotique), sel

Préparation :
Commencer par découper les choux en brunoise.
Pour la préparation de la marinade minute : dans un récipient, ajouter de l’huile de noisette et les noisettes préalablement concassées et torréfiées.
Découper les filets de dorade en petits morceaux et les ajouter à la marinade.
Dans un mortier, piler quelques grains de poivre cubèbe, les ajouter sur la dorade et saler.
Pour le dressage : à l’aide d’un emporte- pièce, déposer la brunoise de choux puis le tartare de dorade.

L’astuce de Benoît : Ajouter des fleurs comestibles comme le cosmos, de la bourrache ou encore des fanes de carotte ou de cerfeuil.


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Madeline chante pour les enfants autistes

#VisMaVille Madeline Ardouin est musicienne (son groupe est Jane is beautiful) et chanteuse. Elle s’est spécialisée dans l’expression auprès des enfants en situation de handicap. Reportage à l’hôpital Bretonneau où ses notes enchantent les enfants.

Quelques notes de ukulélé résonnent dans la toute petite salle d’activités nichée au sein du centre pédopsychiatrique de l’hôpital. Madeline Ardouin accueille en chanson et par leur prénom les trois enfants présents pour la séance.

Wellan, ravi, bat des mains, Nazim est un peu sonné par son rhume mais n’en perd pas une miette tandis que Sharif s’agite dans un coin de la salle. Ils sont tous trois atteints de troubles autistiques. Ils ont 7 ans. Depuis la rentrée, ils participent, tous les quinze jours, à une séance musicale de trente minutes avec Madeline Ardouin.

Artiste de scène avec Jane is Beautiful, elle chante et joue du ukulélé, de la guitare, du violon et du balafon auprès des tout-petits. Madeline endosse le rôle de chef d’orchestre, les enfants de musiciens. « Ce que je recherche, c’est qu’ils puissent s’exprimer et prendre du plaisir. Il n’y a pas d’objectif thérapeutique. J‘ai le luxe de pouvoir prendre le temps avec eux. Parfois, c’est abstrait et difficile, d’autres fois c’est fort et poétique. »

Improviser et s’adapter aux enfants

Le débrief après la séance avec l’équipe soignante le confirme. « On recherche la spontanéité, pas le cadre », explique Clotilde, infirmière. « C’était génial aujourd’hui, Wellan n’a jamais autant parlé. Et ta chanson sur la bulle d’eau et le poisson les a scotchés ! » Madeline improvise beaucoup, s’adaptant aux réactions des enfants. « Il faut accepter que ce ne soit pas un long fleuve tranquille. Comme ce sont des enfants fragiles, la moindre chose prend son importance. Je suis là pour les entendre et recevoir leurs propositions. Ils me touchent et je m’éclate. »

Pour en arriver là, Madeline s’est formée il y a quatre ans auprès du Centre de Formation des Musiciens Intervenants de Fondettes par un diplôme Musique et tout-petits et enfants en situation de handicap. Elle travaille à présent en crèches, auprès du centre médico pédopsychiatrique de Langeais et mène ses ateliers d’expression musicale à Bretonneau depuis un an. Avec Rémi Claire, cadre du service, elle s’est associée pour trouver des financements, aujourd’hui assurés par une fondation de lutte contre l’autisme (l’AESPHOR).

Mais cela reste « un combat » de chercher des subventions, chronophage pour une artiste. Cependant, Madeline et ses doux yeux noisettes gardent la flamme. La joie et l’évolution des enfants lui donnent l’énergie nécessaire. Elle aimerait d’ailleurs les amener voir un concert au Petit Faucheux.

Aurélie Dunouau

Bûches de Noël : le méga-test de la rédac’ (ne nous remerciez pas)

Pour son dossier culinaire de Noël, tmv s’est vraiment donné à fond, jusqu’à sélectionner pour vous les meilleures bûches du coin. Et oui, nous les avons toutes goûtées ! Petit compte-rendu de nos coups de cœur et de celles qui nous ont le plus marquées.

Bigot

Nous avons eu la chance de tester deux des nouveautés de cette année, qui nous ont séduites par leur légèreté et la profondeur des saveurs. La Forêt noire (biscuit brownie, mousse chocolat pure origine Caraïbes 66 % de cacao, mousse blanche — crème pâtissière et chantilly —, coulis griottes, cerises Amarena) nous a conquis notamment grâce à son léger cœur de mousse blanche et, pour ceux qui aiment la cerise mais pas forcément les gâteaux alcoolisés, le goût doux sans être trop prenant de la cerise.

Quant à la bûche Rubis (mousse myrtille, coulis fraise-framboise, ganache montée à la vanille, biscuit Joconde et sablé de Plougastel), elle a fait plusieurs ravis pour son mélange subtil des goûts de fruits rouges avec le cœur à la vanille. À tester absolument, cela vaut vraiment la promenade !
2 rue Nationale (place du Château), à Amboise. 5,30 € par personne.

Chartier

Parce qu’il n’y a pas que les grandes maisons tourangelles très connues, nous avons voulu ajouter une adresse réputée dans l’agglomération. Chez Chartier on aime la pâtisserie généreuse et cela se sent dans la bûche Élégance (mariage d’une mousse chocolat Guanara 70 %, crémeux chocolat lait-caramel et son croustillant praliné, le tout posé sur un biscuit moelleux chocolat) qui a séduit par son côté gourmand.

Amateurs de chocolat corsé, allez-y les yeux fermés !
88 avenue de la République, 37700 Saint- Pierre-des-Corps. 3,95 € la bûche individuelle. 4,40 € par personne pour une grande.

Maison Caffet

Bien que la bûche Merveilleuse (recette emblématique de la maison au praliné et au chocolat) ait plu à l’ensemble de la rédaction, la bûche Lumineuse (noisette, chocolat au lait, caramel Bourbon et notes de citron verts subtiles) a été la vraie agréable surprise de cette dégustation. Impeccable alliance du chocolat et de l’agrume, cette bûche a fait l’unanimité.
Les Halles, à Tours. 5,20 € la bûche individuelle, 42 € la 4-6 parts (généreuses).

Esprit Cacao

Cette année la Mûroise se transforme en bûche pour notre plus grand plaisir (biscuit moelleux au chocolat, compotée « mûroise » — mûre et framboise —, mousse au chocolat et habillage framboise) et nous prouve qu’on peut faire du gourmand et du savoureux sans lactose ni gluten. Le mélange chocolat / fruits rouges est parfaitement équilibré et l’ensemble très léger.
19 bis avenue de Grammont, à Tours. 24 € la bûche 4 parts (généreuses).

Nicolas Léger

La bûche fraîcheur (croustillant praliné noisette, biscuit amande, crémeux citron jaune, compotée cassis et crème légère à la citronnelle) ravira les amateurs de gâteaux aux fruits avec ses arômes frais mais c’est la Forêt noire (biscuit chocolat, crème légère amande, griottes au kirsch, compotée griottes, mousse au chocolat noir de Madagascar) qui nous a le plus plu. Le biscuit aéré donne à l’ensemble une légèreté inattendue.

Attention toutefois, il faut aimer les cerises au kirsch ! Pour les amateurs de goûts plus doux, la Symphonie (craquant noix de pécan, crème brûlée vanille bourbon et mousse chocolat noir 75 %) devrait faire des heureux.
59 place du Grand Marché, à Tours. 4,30 € la bûche individuelle, 6 € la part pour une grande. Forêt noire en taille unique 5-6 parts (généreuses) : 33 €.

Le plateau de fromages de Noël de Rodolphe Le Meunier

Meilleur ouvrier de France et Meilleur fromager international en 2007, Rodolphe Le Meunier, reconnu pour son talent et chouchou des Tourangeaux amateurs de bons fromages, nous a reçus dans sa cave d’affinage de La Croix-en-Touraine pour nous présenter son plateau idéal pour Noël.

« C’est un plateau abordable car on peut trouver ces fromages presque partout — les gens ne sont pas obligés de prendre les fromages chez moi, même si je serai ravi de les servir !, nous a expliqué le fromager-affineur. Il met à l’honneur le chèvre de Touraine et il y a de quoi satisfaire tous les palais. Par ailleurs, c’est un plateau équilibré : quel que soit le sens dans lequel on mange les fromages les goûts ne s’effaceront pas les uns, les autres. »
Présentation avec un ordre de dégustation conseillé (mais pas obligatoire, donc).

BÛCHETTE FUMÉE

Il s’agit d’un chèvre de type sainte-maure-de-touraine que Rodolphe Le Meunier fume lui-même dans sa toute nouvelle cave de fumage. Un goût surprenant et auquel on se fait vite avec cette exclusivité de la fromagerie des Halles (5,05 €).

DÉLICE AFFINÉ AU CHABLIS

Un air de fête avec ce fromage de type époisses mais plus doux et sucré grâce à sa méthode d’affinage (8,97 €). COMTÉ DE 30 MOIS Un fromage qui fait généralement l’unanimité. Le fait de le choisir bien affiné permet de garder un plateau bien équilibré (35,64 € / kg).

CRÉMEUX DES CITEAUX AUX TRUFFES

Une tuerie (oui, on se lâche, il n’y a pas d’autres mots). Ce crémeux aux truffes est doux, la truffe se sent bien et nombreux sont les Tourangeaux à l’avoir adopté. Nul doute qu’il sera la star de ces fêtes.

SHROPSHIRE

Un bleu anglais coloré à la graine de rocou. Eh oui ! selon Rodolphe Le Meunier, les British savent faire de très bons fromages, et toc ! Et « leurs bleus d’été sont parfaits au moment des fêtes », ajoute-t-il. (37,70 €/kg).

Mets de Noël et vins : les conseils dégustation du vigneron Frédéric Bourillon

Impossible de parler de Noël et de Touraine sans évoquer le vin. Rencontre avec le vigneron Frédéric Bourillon (médaille du mérite agricole en 2018 et en 2019 la médaille du tourisme pour son vin de vouvray), afin qu’il nous donne ses conseils de dégustation mets de Noël/vins.

Une piqûre de rappel qui ne peut faire que du bien pour éviter les impairs !

LES ENTRÉES

Le traditionnel foie gras sera toujours accompagné d’un blanc moelleux, qu’il s’agisse d’un vouvray, d’un montlouis ou d’un touraine sauvignon. On choisira en revanche un blanc demi-sec pour le saumon et les saint-jacques. Un vouvray sec puissant (comme la cuvée Indigène Bourillon-Dorléans de 2009) accompagnera merveille les langoustines, langoustes et homards.

LES PLATS

On suit bien sûr ses goûts mais avec la dinde et autres volailles, on peut choisir un blanc demi-sec puissant si l’on a choisi de piquer la peau de de lamelles de truffe. Sinon, un rouge léger, comme un gamay de Touraine, ou un rouge précoce comme un chinon ou un bourgueil de printemps. Avec les gibiers, rien d’autre qu’un rouge riche, qui ne sera pas annihilé par le goût de la viande, lui-même puissant — par exemple un côt de Touraine (chinon, touraine, cabernet) de six mois à un an minimum.

LES DESSERTS

Au dessert, on repassera au blanc, moelleux ou même pétillant (vouvray, montlouis) pour un peu plus de légèreté.

LES FROMAGES

Là encore, on laisse jouer les préférences de chacun mais Frédéric Bourillon aime partager une règle qui lui réussit assez bien en ce qui concerne les fromages de chèvre de la région : plus il est frais, plus il aura tendance à l’accompagner d’un vin rouge léger ; plus il sera fait, plus le blanc deviendra adapté d’autant plus sec que le fromage aura du coffre.

On garde un blanc demi-sec ou moelleux pour un fromage crémeux à la truffe ou même un fromage bleu doux (pour Fred Bourillon, les tanins du rouge ne vont pas bien « avec les moisis », que ce soit du bleu ou du chèvre, d’ailleurs). Les bries et camemberts sont en revanche toujours accompagnés d’un rouge, chinon ou bourgueil par exemple.

Chloé Chateau

Parlons champignons avec le chef Maximilien Bridier

Le chef du sublime restaurant La Roche Le Roy, Maximilien Bridier, nous a accueillis pour parler champignons et gastronomie. A table !

Maximilien Bridier, du restaurant La Roche Le Roy.

Quand on l’a appelé, il nous a répondu illico : « Venez au restaurant demain matin à 9 heures ! » Le sujet de l’interview nous avait ouvert les portes. Parler de champignons avec Maximilien Bridier ne nous paraissait pourtant pas si évident mais, d’entrée, ses premiers mots allaient nous rassurer.

« Merci d’écrire sur les aliments de saison. La saisonnalité comme la proximité des produits sont les clés de la qualité. » Et d’ajouter : « Les champignons, cela me replonge dans mon enfance à Blois. Avant d’apprendre à les cuisiner auprès de mes maîtres d’apprentissage, je les ai découverts en tant que jeune cueilleur en compagnie de mes grands-parents, de ma mère et de mon père. » Dans le mille !

Le grand (également par la taille) chef du restaurant La Roche Le Roy, au pied de Saint-Avertin, se souvient des paniers remplis de cèpes, de pieds de moutons, de coulemelles ou de trompettes de la mort. « Bien sûr, je ne connais pas tous les champignons mais, comme tout bon cueilleur, je sais qu’il ne faut ramasser que ceux qui nous sont familiers. »

Pour son restaurant, Maximilien Bridier s’approvisionne auprès de vendeurs professionnels, et dans les marchés réservés notamment aux restaurateurs (à Rochecorbon ou Rochepinard). La période des bolets est maintenant passée mais pas de soucis pour lui. « On en a rentré beaucoup cette année, après deux ans plus difficiles. Nous pourrons ainsi en proposer jusque fin décembre. On les a nettoyés, pochés dans de l’huile puis stérilisés. On les conserve ensuite dans cet état dans des chambres froides. »

On se régale…

Le bel automne des champignons n’est pas fini. Restent à venir notamment les trompettes de la mort, si le grand froid ne se met pas à sévir. Actuellement à la carte de La Roche le Roy, Maximilien Bridier et son équipe (15 à 18 personnes) proposent cèpes et pieds de moutons en accompagnement de pluma ibérique. Cette viande de porc espagnol, située dans l’échine noble, voit sa tendreté ainsi décuplée. Et quand le temps des champignons de forêt est passé, ceux de Paris prennent le relais.

« Nous faisons des champignons tournés, explique le chef. Cela nécessite une grosse technique pour les réaliser. Une minute par champignon, soit 1 heure 30 de travail pour 90 spécimens. » Le chef sort alors son téléphone et nous montre la photo du résultat. Les champignons délicatement striés sur le dessus ressemblent à de délicieux macarons.

« Pour ne pas qu’ils noircissent, nous les plongeons dans un jus citronné, évitant ainsi l’oxydation. » Quant à la simple omelette aux champignons, si elle ne figure pas à la carte de ce restaurant de standing, c’est pourtant avec elle que Maximilien Bridier, cette année, a dégusté ses premiers bolets. Comme à la maison !

T.M.

Champignons : les rois de la cueillette

Hôtes de nos forêts quand l’humidité automnale est au rendez-vous, bolets, cèpes, pieds de moutons et maintenant trompettes de la mort et autres girolles ravissent les promeneurs et fins gourmets de Touraine. À consommer avec grande attention !

(Photo Adobe Stock)

Le dimanche matin, le Bois des Hâtes de Saint-Avertin est bien connu pour être un terrain de jeu idéal pour les coureurs à pied et les vététistes. Mais depuis trois semaines, une autre catégorie de bipèdes a rejoint les sportifs dominicaux. Panier à la main, ils s’enfoncent dans les sous-bois, le regard panoramique.

Les cueilleurs de champignons, puisqu’il s’agit d’eux, ont investi les lieux. « On a eu des conditions idéales, explique Didier Raas, pharmacien-mycologue, membre de Botamyco 37. Pour qu’il y ait une poussée de champignons, il faut une conjonction de trois chocs : chaud-froid, sec-pluie et jour-nuit. Après l’été qu’on a connu ainsi que la sécheresse, les conditions actuelles sont idéales. »

Didier Raas est un spécialiste-passionné mais également un homme averti des risques induits par cette activité. Et quand on lui rappelle que dans les années 1970-1980, un médecin vosgien, le Dr Bastien, s’était mis en tête de démontrer que l’amanite phalloïde était moins dangereuse pour la santé qu’un hamburger un peu trop gras, il nous arrête tout de suite. « Le professeur Bastien était un original. Certes, il a voulu démontrer qu’en mettant en place des protocoles médicamenteux précis, on pouvait manger des amanites phalloïdes, mais au final il y a laissé un rein, une partie de son foie et il est mort. » Le message est passé !

« On ne peut pas trouver de bolets ou de cèpes dans nos forêts en décembre »

D’autant qu’avec la poussée d’octobre-novembre, les cas d’intoxications ont été multipliés par dix en quinze jours. Alors si les cueilleurs, via Internet, semblent mieux informés que jamais, les accidents ne disparaissent pas pour autant. Jean-Pierre, un de ces amateurs culinaires, rencontré en lisière de bois, y va lui aussi de son anecdote. « Lorsque j’étais enfant, notre voisin nous donnait une partie de sa cueillette mais ma mère ne nous les cuisinait pas avant d’avoir vérifié le lendemain que le voisin était encore bien portant. »

L’histoire fait rire Didier Raas. « Certains symptômes très graves peuvent apparaître jusqu’à douze jours après avoir mangé des champignons. Généralement, les premiers signes sont des nausées, quelques maux de ventre et puis après une accalmie et deux ou trois jours, l’enzyme du champignon attaque le foie et le rein. C’est catastrophique. »

Jean-Pierre et quelques autres en sont pour une belle peur rétroactive. Stéphane Burdin, pharmacien dans le quartier Beaujardin, voit souvent passer dans son officine des cueilleurs venus faire expertiser leur « récolte ». « C’est au cours de la 5e année de nos études que nous apprenons à les connaître. Parfois, les gens viennent me voir, en ayant mélangé par ignorance les comestibles et les toxiques. Résultat, ils me laissent tout. Le conseil à donner consiste à cueillir les champignons qu’on connaît. Et là, c’est sans risque. »

Il y a, bien sûr, un autre moyen plus rassurant de se fournir en champignons de saison. Anne, Loir-etchérienne vivant à Bourré, nous accueille devant son étal au marché des Halles, à Tours (le lendemain, elle sera à Velpeau puis au marché Saint-Paul). Elle ne vend que des champignons et bondit quand on lui parle de notre article : « Expliquez bien aux gens qu’ils ne peuvent pas trouver des bolets ou des cèpes de nos forêts au mois de décembre ou alors c’est qu’il s’agit de champignons venus des pays de l’Est et on ne sait pas où ils ont poussé. »

En effet, car si Louise Lépine, diététicienne à Tours, nous explique que « les champignons sont une excellente source de fibres, mais aussi de protéines végétales, de vitamines B et D », ce sont aussi de véritables aspirateurs à pollution. Tous les garde-fous mis en place, la cueillette suivie d’une dégustation reste toutefois un moment divin. Et gageons que les omelettes de cèpes ou de trompettes de la mort ne sont pas prêts de disparaître de nos assiettes. Ce serait dommage.

Thierry Mathiot

Alice Simpère : la « nettoyeuse » de CleanWalker Tours

Initié en septembre 2018 par le comédien Benjamin Carboni, le mouvement CleanWalker rassemble aujourd’hui des milliers de citoyens. À Tours, le mouvement est né en juillet dernier, à l’initiative d’une jeune étudiante de 21 ans, Alice Simpère. Rencontre.

Comment avez-vous lancé le mouvement Cleanwalker à Tours ?
De mon enfance à la campagne, près de Chartres, j’ai gardé un attachement fort à l’environnement. Arrivée à l’Escem, j’ai rejoint le bureau de l’humanitaire. Nous avons organisé une première Cleanwalk en mars dernier sur les quais de la Loire. Ensuite, deux jeunes m’ont demandé de les aider à en organiser une en juillet. L’événement a eu beaucoup de succès : nous étions soixante personnes réparties sur plusieurs parcours (Vieux-Tours, Sanitas, quais de la Loire). Il n’existait pas encore de cellule tourangelle du mouvement Cleanwalker, alors j’ai décidé de la lancer.

Ramasser des déchets, c’est un nouveau geste citoyen ?
Non, plein de gens le font déjà spontanément dans leur coin. L’idée, c’est de se rassembler. Ensemble, il est plus facile de transporter de lourds déchets comme des pneus. C’est plus convivial, aussi ! Et nous ne sommes jamais de trop : à chaque Cleanwalk, nous ramassons au minimum 5 sacs de déchets de 50 litres. Des prises parfois étonnantes : smartphones, pneus, chariot enfoui dans le sable, skateboard… La Cleanwalk réalisée en bord de Loire fin septembre à La Riche fut la plus impressionnante : des couches de vêtements, matelas, éviers, pots de peinture… C’est une décharge cachée.

Un peu déprimant, non ?
C’est parfois décourageant. Lorsqu’il y a trop de déchets, je les prends en photos et informe Tours Métropole. Sur les quais de Loire, près de la guinguette, nous avons passé des heures à ramasser les mégots de cigarettes. Je ne comprends pas les gens qui prennent la nature pour leur poubelle… Mais au moins, on agit, on se sent impliqué ! Il n’y a pas de petits efforts : tous les gestes comptent. Le slogan du mouvement Cleanwalker, c’est « chacun peut nettoyer sa planète ». Au total, nous avons rassemblé plus de 200 participants : des jeunes, des personnes âgées, plein d’associations… La diversité, c’est important. Nous voulons rendre la cause écologique accessible à tous.

Les jeunes ont-ils un rôle particulier à jouer ?
Bien sûr. Ils doivent se rassembler et montrer le chemin vers une société qui consomme moins et pollue moins. La jeunesse, c’est aussi la positivité : malgré tous ces rapports et ces prévisions qui font froid dans le dos, elle porte l’envie de se battre et de changer les choses.

Propos recueillis par Nathalie Picard


> Infos sur la page Facebook CleanWalker Tours

 

Nicolas Mercier, 16 ans, engagé pour la planète

Portrait de Nicolas Mercier, un jeune homme qui mène son combat pour la planète sur plusieurs fronts.

« C’est le combat de ma vie, alors je le vis à fond. » À 16 ans, Nicolas Mercier est déterminé. Son combat pour la planète, il le mène sur plusieurs fronts. D’abord, dans la rue : le jeune homme est l’un des dix élus au collège de Youth for Climate Tours, l’organe décisionnel du mouvement.

Il se souvient de la manifestation du 15 mars, la plus grosse mobilisation tourangelle des jeunes pour le climat avec 3 000 participants, puis de celles qui ont suivi en mai et septembre. « Nous protestons contre l’inaction politique et le capitalisme. »

Le lycéen, en terminale au lycée Balzac à Tours, agit également dans son établissement scolaire, où il participe à un projet environnement. L’objectif ? Installer des ruches. « Ces actions au lycée sont complémentaires », estime-t-il.

Mais l’adolescent s’engage également chez lui, au quotidien : « Aujourd’hui, je ne mange quasiment plus de viande, et je souhaiterais arrêter totalement. » Le jeune homme a convaincu ses parents d’utiliser des produits ménagers qu’il fabrique lui-même, et avec sa mère, il cultive un potager afin « d’aller vers plus d’autosuffisance ». Loin des clichés sur les jeunes fainéants et insouciants.

 

Tours : la jeunesse en action pour la planète

Face à l’urgence climatique, l’appel de Greta Thunberg a déclenché une mobilisation des jeunes sans précédent. Dans le monde, en France… et à Tours.

(15 mars 2019 à Tours : 3 000 lycéens manifestaient pour le climat)

Et 1, et 2, et 3 degrés ! C’est un crime contre l’humanité ! » À Tours, le 15 mars 2019, 3 000 jeunes en grève scolaire manifestaient pour le climat. Une première à Tours ! L’objectif ? Dénoncer l’inaction des dirigeants politiques.

« L’appel de la militante suédoise Greta Thunberg a déclenché ce mouvement transnational. Les jeunes se reportent sur une personne de leur âge, figure d’apaisement et d’indignation morale », analyse Joël Cabalion, sociologue à l’université de Tours. En août 2018, l’adolescente avait commencé seule devant le Parlement suédois, sa pancarte « grève scolaire pour le climat » à la main.

La première mobilisation tourangelle était organisée par des lycéennes de Grandmont et Notre- Dame-La-Riche au sein du collectif « Pas de printemps silencieux ». Une seconde grève a suivi en mai, puis une troisième en septembre, avec un millier de lycéens et d’étudiants à chaque fois.

(Manifestation d’Extinction Rebellion, le 7 octobre à Tours)

Depuis, le collectif s’est structuré. En août dernier, il a rejoint le mouvement de jeunes Youth for Climate France (YFC) : « Nous sommes engagés pour le climat et l’écologie, contre le capitalisme et toutes les discriminations (racisme, sexisme…) », présente le lycéen Nicolas Mercier, membre de YFC Tours et chargé de la communication. Le mouvement se veut horizontal, sans hiérarchie : un collège tourangeau de 10 jeunes (tous lycéens) est élu tous les trois mois afin de prendre les décisions et d’organiser la vie du groupe.

« Nous sommes les adultes de demain, concernés et inquiets pour l’avenir »

D’autres initiatives sont nées de l’urgence écologique, avec des jeunes en première ligne à Tours. Comme ANV-Cop 21 et ses actions non-violentes (les décrochages de portraits présidentiels par exemple) ou Extinction Rebellion (XR), mouvement de désobéissance civile lancé fin 2018 au Royaume-Uni. « Il faut agir face à l’urgence », résume ChaBou (pseudo), 20 ans, membre d’XR Tours.

Le groupe a manifesté devant la métropole pour dénoncer les subventions à l’aéroport, organisé une marche funèbre devant la mairie ou éteint les enseignes lumineuses de magasins. « Ce sont des mouvements disparates, avec diverses formes de mobilisation (grèves, marches, actes de désobéissance civile…), mais aussi des points communs : l’environnement devient une cause dont s’emparent des jeunes, plutôt urbains, issus des classes supérieures », poursuit Joël Cabalion.

Selon les études du collectif de chercheurs Quantité critique, la jeunesse des classes populaires reste la grande absente. À noter cependant, l’initiative #MaCitéVaBriller, où des jeunes des quartiers se lancent le défi de nettoyer leur cité. À Joué-lès-Tours, l’association Salade tomate union, créée par des jeunes du quartier La Rabière, a relevé le challenge en septembre. Ce nouvel élan profite aussi à des associations historiques, comme la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO Touraine).

Fin septembre, elle lançait son groupe jeunes, avec 57 recrues (90 % d’étudiants). Du jamais vu ! « Cet engouement va nous permettre de démultiplier nos actions », se réjouit Baptiste Boulay, animateur et coordinateur du groupe à la LPO Touraine.

« La pensée politique est en pleine ébullition »

De quoi changer certains regards portés sur la jeunesse ? Assurément, « cela remet en cause une vision individualiste et je-m’en-foutiste des jeunes », pointe Joël Cabalion. Pour autant, certains adultes gardent un avis négatif sur leur mobilisation, n’y voyant qu’une seule motivation : sécher les cours… « Non, nous ne sommes pas une bande d’individus amorphes ! Nous sommes les adultes de demain, concernés et inquiets pour notre avenir. Nous voulons construire le futur dans le respect de la planète. Nous portons des alternatives tournées vers l’écologie et le social. Nous aussi, nous voulons réaliser nos rêves ! Et nous nous en donnerons les moyens », assure Nicolas Mercier à Youth for Climate.

Difficile de dire si ces mouvements changeront la donne. Une chose est sûre : « Ils transforment les individus. D’autant plus les jeunes, dont la pensée politique est en pleine ébullition », précise le sociologue. En tout cas, l’action continue. Lycéens et étudiants se donnent rendez-vous à la fin du mois, le 29 novembre, pour une nouvelle grève mondiale pour le climat.

Texte : Nathalie Picard / Photos : Hugues Le Guellec & Julien Pruvost NR

Au cœur du palais du fromage

#VisMaVille Hélène et François Bonnet sont un couple au travail mais aussi à la ville. Depuis quatre ans, ils gèrent ensemble leur boutique Beillevaire, du nom de la fromagerie vendéenne, avec professionnalisme et bonne humeur.

C’est souvent une histoire de famille et de racines locales dans la fromagerie. Couple ou fratrie, les fromagers des Halles tourangelles travaillent en terrain connu. D’où le pari de la maison Beillevaire, implantée en Vendée, qui a choisi deux jeunes Nantais, en 2015, pour reprendre leur enseigne de Tours.

« À l’époque, nous étions le premier couple à travailler chez Beillevaire et ce n’était pas évident de venir de l’extérieur », explique François. Après s’être rencontrés au lycée et une première expérience en vente chacun de leur côté à Nantes, leur envie de travailler ensemble a pris le dessus.

Aujourd’hui, les deux trentenaires ont fière allure derrière leur comptoir aux couleurs vertes et blanches. En deux ans et demi, ils ont redressé la boîte et pris leurs marques. Pourquoi Beillevaire, d’ailleurs ? François lève le voile : « Mes parents habitent à quelques kilomètres de sa ferme de production, en Vendée, et je passais tout le temps devant petit. On a rencontré Pascal Beillevaire et il nous a fait confiance. »

« Le beurre, c’est une tuerie ! »

Propriétaires de leur boutique, ils sont associés à Pascal Beillevaire qui leur prête son nom. « Ce qui nous plaît, enchaîne Hélène, ce sont ses produits. Il connaît personnellement tous ses producteurs. Que du lait cru, des produits fermiers, artisanaux. Nous, on aime depuis toujours manger son fromage et ses yaourts. Le beurre, c’est une tuerie ! »

150 références de fromages s’alignent actuellement dans leur vitrine parsemée de petits détails de décorations inattendues, telles un lapin en peluche, une orchidée… Une boutique à leur image, chaleureuse et vive. Car pour le jeune couple, leur rapport aux clients est « plus que génial ». « Les gens nous racontent leur vie et nous aussi. Ils connaissent nos deux filles qu’ils voient passer à la boutique, après la sortie de l’école. »

Leur organisation est tirée au cordeau, ils se relaient auprès de leurs filles de 5 ans et 21 mois. Ils assurent trouver dans cette vie leur « équilibre et liberté en travaillant ensemble ». Même s’ils ne comptent pas leurs heures et, souvent le midi, grignotent seulement deux bouts de fromage.

Du mardi au dimanche, ils sont sur le pont, ensemble ou en alternance. La mise en place se fait le mardi matin à 5 h 30 et les arrivages de produits frais les mardis et vendredis. En ce moment, les fromages à raclette au goût braisé, fermier ou ail des ours ont beaucoup de succès. Mais le fromage, « ce n’est pas qu’une question de saison », assure François.

« Il vaudrait mieux s’appuyer sur les acteurs de l’économie sociale et solidaire »

Parce que l’économie sociale et solidaire prend tout son sens dans les quartiers prioritaires, nous avons rencontré Julien Keruhel, directeur du centre social Pluriel(le)s au Sanitas à Tours. Pour que la rénovation du quartier ne se fasse pas sans ses habitants, l’association co-pilote le projet Sanitas du Futur, présenté dans l’exposition du Cré-sol « C’est quoi l’économie solidaire ? », un événement du mois de l’ESS.

Julien Keruhel

L’économie sociale et solidaire (ESS), ça vous parle ?
Bien sûr. Aujourd’hui, en France, on valorise beaucoup les start-ups, mais à mon avis, il vaudrait mieux s’appuyer sur les acteurs de l’économie sociale et solidaire, créateurs d’emplois non délocalisables, dans une recherche constante d’innovation sociale. Au centre social, même si nous n’en parlons pas chaque jour, nous vivons les principes de l’ESS au quotidien. La vocation sociale est notre ADN et notre gouvernance est vraiment démocratique : l’indépendance de notre conseil d’administration, composé de personnes d’origines et d’âges variés, la plupart issues du quartier, constitue une réelle force.

Parmi vos projets phares, il y a Sanitas du futur…
L’objectif est de redonner aux habitants du pouvoir d’agir. Leur permettre de transformer leur vie, c’est la vocation d’un centre social. Avec près de 9 000 personnes, le quartier le plus pauvre de Tours rassemble le pire comme le meilleur : la solidarité du village et la violence du ghetto. Les habitants, qui subissent méfiance et stéréotypes, sont fatigués des promesses non tenues…

Lorsqu’on organise une réunion publique, la salle est vide. Pourtant, ils ont des choses à dire. Pour leur redonner du pouvoir, du poids sur les décisions publiques, nous devons changer de méthode. Tout le monde — professionnels, élus et habitants — doit s’y mettre ! Le projet, qui rassemble l’association Pih-Poh (le chef de file), le centre social et d’autres partenaires comme des coopérateurs d’Artefacts et le Cré-sol, s’inscrit dans la rénovation du Sanitas.

Comment rencontrez-vous les personnes isolées ou désabusés, celles qui ne fréquentent jamais le centre social ?
Nous allons les voir dans la rue. Nous avons formé 20 bénévoles et 20 professionnels du quartier à l’outil « porteurs de parole ». A partir de questions affichées sur un panneau, ils animent des débats dans l’espace public. Cela passe aussi par les actions de Pih-Poh, qui propose aux habitants des chantiers participatifs de création artistique (autour du textile notamment) dans des lieux de leur vie quotidienne, et par nos « Anim’actions » : pendant l’été et les vacances, le centre social s’installe dans les parcs et les jardins du Sanitas.

Toutes ces actions nous permettent de rencontrer les habitants et de recueillir leurs paroles. Elles ont nourri le dossier que nous venons de déposer dans le cadre de l’appel à projets urbains innovants Devenir Tours. En espérant que cette fois-ci, leurs demandes seront entendues.

Propos recueillis par N. P.

L’économie sociale et solidaire au service de l’humain

Santé, culture, commerce… Dans tous les secteurs d’activité, l’économie sociale et solidaire propose une nouvelle manière d’entreprendre. Et donc de vivre.

 

Il est 8 heures. Radio Béton vous réveille. Comme tous les matins, la radio associative vous dévoile les bons plans de son agenda culturel local. Au menu du petit déjeuner, lait et beurre de la laiterie de Verneuil, coopérative agricole bien connue des Tourangeaux. Dès 9 heures, vous emmenez votre petite dernière chez le pédiatre sans oublier votre carte de mutuelle. Puis vous filez à la crèche Douce-Lune à Tours, association gérée par des parents.

Ce matin-là, vous accompagnez les petits voir les marionnettes de la compagnie Luciole spectacles. Vous profitez de votre après-midi pour faire réparer votre voiture au garage Solidarauto 37 de Jouélès- Tours, histoire de donner un coup de pouce à cette association permettant à des personnes en difficulté d’acquérir et d’entretenir leur véhicule à des tarifs solidaires. Le soir, vous emmenez votre grande au club de basket. Vous en profitez pour déposer des vêtements à Emmaüs Touraine et récupérer votre panier de légumes bio produits aux Jardins de contrat, support d’insertion professionnelle à Montreuil-en-Touraine. Sacrée journée !

Le point commun de toutes ces organisations ? Ce sont des acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS). Finalement, un peu comme Monsieur Jourdain (le personnage de Molière qui dit de la prose sans le savoir), nous vivons l’ESS au quotidien, sans vraiment nous en rendre compte.

Voilà pourquoi, chaque année en novembre, le Conseil national des chambres régionales de l’économie sociale et solidaire (CNCRESS) organise le Mois de l’ESS. Au programme dans la région : 60 événements coordonnés par la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire Centre-Val de Loire. Ateliers, projections ou expositions permettent de connaître les initiatives locales et de mieux comprendre ce mouvement.

« On fait tous de l’économie sociale et solidaire sans le savoir »

Mais au fait, de quoi s’agit-il ? Depuis la loi de 2014, cette manière d’entreprendre est reconnue et mieux définie. Les entreprises de l’ESS se rejoignent autour de 3 principes : une gouvernance démocratique, une lucrativité limité et une utilité sociale. Toutes les associations, mutuelles, coopératives et fondations en font partie, mais aussi certaines sociétés commerciales suivant ces principes.

En Touraine comme ailleurs, les coopératives ont particulièrement le vent en poupe. À Bueil-en-Touraine, l’épicerie coopérative La Chariotte est née au printemps dernier, tandis qu’à Tours, la société coopérative Ohé du bateau prépare la réouverture du Bateau ivre en 2020. « Auparavant, il y avait les méchantes entreprises et les gentilles associations. La loi sort de cette vision manichéenne : ce n’est plus seulement le statut qui compte, mais aussi le projet et les valeurs », décrypte Cyril Carteau, coordinateur du service ESS à ID 37, une association qui accompagne gratuitement les structures de l’ESS dans leurs évolutions.

Des associations tissent des liens entre paysans locaux et consommateurs. Ici, l’Amap de La Grenouillère, née en 2019 dans l’écoquartier Monconseil à Tours-Nord.

L’ESS serait-elle un monde merveilleux ? Non, la loi n’empêche pas les dérives : gouvernance faussement démocratique, salariés précaires… C’est pourquoi certains acteurs vont plus loin avec l’économie solidaire, portée à Tours par le Cré-sol (centre réseau économie solidaire).

« Cette économie naît de la rencontre humaine : des partenaires travaillent ensemble pour avoir un impact fort sur leur territoire. C’est un travail de terrain basé sur la coopération », présente la coordinatrice Alice Oeschner. Elle cite en exemple le projet Sanitas du futur, dont le Crésol a animé les réunions de partenariat. « La coopération prend du temps mais n’est pas une perte de temps. Au contraire, elle est source de sobriété », insiste la coordinatrice.

L’ESS est aussi une réponse aux enjeux écologiques. Face à l’urgence climatique, ses acteurs multiplient les initiatives. Début octobre, par exemple, c’était la semaine nationale des ressourceries. Celle de La Riche, La Charpentière, vient de fêter ses 4 ans et d’agrandir ses locaux. Cette association récupère, répare et valorise des objets apportés par les habitants. Leur donner une seconde vie permet de réduire les déchets, créer des emplois et du lien social. L’humain, encore et toujours.

Nathalie Picard

Un week-end pour les startup et l’égalité femmes-hommes

Cinquante-quatre heures pour créer une startup sur l’égalité entre les femmes et les hommes ? C’est le défi que propose le concours Startup week-end women.

Les faits

Du 15 au 17 novembre, se tiendra à Mame la première édition en Centre Val de Loire de Startup Week-end Women. En résumé, il s’agit d’un concours de 54 heures pour créer une entreprise sur l’égalité entre femmes et hommes et/ou rendant un service aux femmes répondant à un besoin particulier.

Les équipes seront mixtes. Mais seules les femmes pourront pitcher et raconter leur idée lors de la présentation, le vendredi soir. Suite à ça, les participant( e)s voteront pour les projets qui devront être travaillés le week-end : « Deux nuits et deux jours pour transformer une idée en entreprise. C’est le début de la course contre la montre ! », précise l’organisation.

Les enjeux

« Il s’agit de sensibiliser les participant(e)s à l’entrepreneuriat et aux thématiques de l’égalité entre femmes et hommes », expliquent, dans un communiqué, les organisateurs. Qui rajoutent : « N’oublions pas que rétablir l’égalité entre femmes et hommes, c’est le faire dans tous les domaines (sphère professionnelle et privée). Cela permet de rétablir un équilibre des droits dans tous les domaines. »

Le contexte

Les « Startup week-end » sont des événements créés pour promouvoir l’entrepreneuriat et faire naître des envies de création d’entreprise. Soutenus par le réseau Techstars, ils ont lieu un peu partout dans le monde. Cette édition « femmes » tombet- elle pile au bon moment ?

Encore récemment, Marlène Schiappa a annoncé dans les colonnes de La Voix du Nord que le gouvernement consacrerait en 2020 plus d’un milliard d’euros à l’égalité entre les femmes et les hommes. Soit le double par rapport à 2019 (Ce budget a toutefois créé la polémique, les associations féministes affichant leur scepticisme quant au montant avancé).

Le point de vue

En France, dans le secteur de l’innovation, 10 % des entreprises sont créées par des femmes. L’an dernier, lors de la première édition du Global Startup week-end women, à Paris, près de 2 000 femmes réparties sur 23 villes s’étaient mobilisées. De quoi encourager les initiatives. Un tel événement devrait donc avoir le mérite de casser certaines barrières bien trop tenaces dans le monde de l’entrepreneuriat.

Texte : Aurélien Germain / Photo : Adobe Stock

> Startup week-end Women, du 15 au 17 novembre à Mame, à Tours.

> Inscriptions (payantes) et informations : facebook.com/ SWWomenTours

Le Bibliovore : « La crise du livre, on ne connaît pas »

Valérie et Corentin Halley, ex-profs de lettres en Touraine, sont unis par la passion des livres. Ils ont ouvert depuis un an et demi une librairie bien particulière. Au 104 de la rue Colbert à Tours, Le Bibliovore vous propose pas loin d’un millier d’ouvrages d’occasion et en excellent état. Dans l’arrière-magasin, il y en a trois fois plus. Et tout cela, à petits prix : 3 euros pièce, 10 euros les quatre.

Valérie et Corentin Halley, du Bibliovore.

Quand on franchit la porte du Bibliovore, rue Colbert, on se sent d’emblée dans une librairie. Une vraie. Seule la petite odeur caractéristique du papier ancien nous rappelle que Corentin Halley, ex-prof de lettres et fils de bibliothécaire, a passé beaucoup de temps dans les brocantes après avoir quitté l’Éducation nationale.

Dénicheur de beaux et bons livres, ouvert à tous les genres littéraires, il a surfé dans les années 2000 sur une intuition et aujourd’hui, il a embarqué avec lui son épouse Valérie, dans une aventure passionnante. « Tout est transparent, dit-il. Nous achetons les livres aux particuliers. C’est au poids : 1 kilo, 1 euro. Et nous les revendons 3 euros à l’unité ou 10 euros les quatre. Nous mettons deux conditions à l’achat : que les livres soient en bon état et qu’ils ne soient pas datés, du genre guide des États-Unis de 1986, ou essai politique des années 90. »

Dans les rayons, pas mal de bonnes surprises et des associations originales : Frédéric Beigbeider est à portée de pages du poète Henri Bauchau, et Amélie Nothomb pourrait lever les yeux en direction de Vladimir Nabokov. « Merci d’exister, m’a dit l’autre jour une dame, ajoute Valérie Halley. C’est chouette, non ? »

Ouvert 4 jours par semaine

Durant l’heure et demie pendant laquelle je discutais avec les deux libraires, le magasin n’a pas désempli. Entre un couple venu vendre un sac de livres et reparti avec 7 euros dans la poche, un petit monsieur apportant cinq livres de jeunesse de sa fille (2 euros) et plusieurs acheteurs de tous âges, Le Bibliovore ne fait que des heureux.

Ouvert quatre jours par semaine (mercredi, vendredi, samedi et dimanche de 11 heures à 13 heures et de 15 heures à 19 heures), la librairie d’occasion se transforme le dimanche en festival du livre de poche. « J’enlève tous les ouvrages situés au centre du magasin et je les remplace par des Poche, ajoute Corentin. Nous participons aussi au festival des langues et là nous proposons des livres étrangers. »

La proximité, le réseautage grâce à une page facebook suivie par 5 000 fans, l’endroit aussi (« La rue Colbert permet de se garer en voiture pour déposer des livres mais reste largement piétonne ») expliquent aussi le succès grandissant.
« La crise du livre, on ne connaît pas. Nous ne sommes pas dans l’obligation d’exposer un catalogue d’ouvrages proposé par une maison d’édition. Et plus globalement, nous nous rendons compte que beaucoup de gens lisent, des plus jeunes au plus anciens. Je suis même très optimiste », assure Corentin.

Le « Tours » des bonnes affaires

Acheter, récupérer, échanger, prêter : les moyens de consommation n’ont jamais été aussi divers. Et certains ne manquent pas d’imagination pour trouver ce qu’ils recherchent.

Ceci n’est pas un catalogue ni une liste exhaustive. Non, c’est juste une petite balade dans notre ville, carnet ouvert, stylo à la main, afin de comprendre comment vous vous en sortez pour trouver les meilleurs plans et faire de bonnes affaires.

Vous, les étudiants aux petits budgets et de plus en plus mobilisés dans la lutte contre le gaspillage (alimentaire, vestimentaire) surfez ainsi sur les applications mobiles pour dénicher, même tardivement, un bon repas !

Renseigné par une étudiante en psycho, de vingt ans, experte dans ce genre de consommation, je débarque chez Sushi shop, place Jean-Jaurès. Alexandre et Youenn sont aux manettes. L’essentiel du service a été fait. Mais ils savent que dans quelques minutes quelqu’un va débarquer, téléphone en main, l’application Too good to go ouverte, pour récupérer un panier constitué de sushis et makis invendus qui auraient été jetés en fin de soirée.

« Ce panier, vendu 6 ou 7 euros, permet au consommateur de faire une économie de plus de 50 %. Et nous, nous ne jetons plus ou beaucoup moins. C’est une belle opération anti-gaspillage », expliquent-ils. Depuis Paris, Stéphanie, responsable de la communication de Too good to go est ravie : « En France, 8 millions de repas ont été ainsi sauvés et proposés l’an passé. Et en termes de déchets économisés, cela représente plus de 22 000 tonnes de CO2. »

À Tours, d’autres restaurants ou chaînes comme Starbucks coffee surfent également sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram) pour faire profiter des bonnes affaires en fin de service, avec de belles réductions à la clé.

Des habits au marché

L’association Active, engagée dans un programme d’insertion à travers la récupération de vêtements et la revente dans deux magasins de la ville, note également à quel point les jeunes sont de plus en plus mobilisés par les questions éthiques autour du recyclage et de l’anti-gaspillage. Arrivé au 155 rue Edouard-Vaillant, on pourrait se croire dans une boutique de fringues.

« Certes, nous permettons à des gens d’acheter à faible coût mais sachez que très souvent, nos donateurs sont aussi nos consommateurs. Quant aux plus jeunes, ils revendiquent de porter des vêtements en 2e ou 3e main afin que leur achat ait un sens », me dit-on.

 

Poursuivant mon périple, le lendemain, j’arrive au marché de Beaujardin. J’y retrouve Momo, maraîcher et vendeur depuis une dizaine d’années. Il me confirme que, même si ce n’est pas une démarche garantie à tous les coups, il n’hésite pas (comme d’autres commerçants) à donner en fin de matinée, peu de temps avant de remballer, les fruits et légumes, parfois un peu mûrs, qu’il sait ne pas pouvoir vendre. « Je fais cela depuis longtemps et je me rends compte que les gens sont de plus en plus nombreux à venir me voir… »

Si l’alimentaire et le vestimentaire sont deux gros budgets ainsi passés au tamis des bonnes affaires, nous tombons quelques heures plus tard sur Jean-Luc, amoureux, lui, des nourritures spirituelles. Habitué du jardin botanique, il n’est pas là uniquement pour apprécier l’écrin de verdure mais aussi pour récupérer un livre parmi la vingtaine d’ouvrages que compte « la boîte à livres », borne gratuite de livres d’occasion où chacun peut faire son marché.

 

Jean-Luc a récupéré un Comte de Monte-Cristo et promet d’amener un Balzac en échange, la prochaine fois. Ces bornes sont gérées par des associations (Touraine Propre-Livr’libre), des comités de quartier ou des particuliers. Regardez bien autour de vous. Sûr qu’il y en a une pas loin ! Et c’est totalement gratuit

Texte : Thierry Mathiot

Le Grand Repas revient en Touraine (et pas que)

Le 17 octobre, place à la nouvelle édition du Grand Repas en Touraine ! Objectif ? Le même menu, le même jour, partagé par tous les citoyens.

Chaque année, Le Grand Repas est un succès (Photo archives NR)

Les faits

Le Grand Repas remet le couvert cette année. Ce rendez-vous gastronomique permet à tout le monde de partager le même menu, à Tours, aux alentours et à Paris, dans plusieurs points de restauration collective. Que ce soient dans les restaurants traditionnels, les maisons de retraite, mais aussi les cantines d’entreprise, les écoles ou les hôpitaux. L’an dernier, près de 130 000 personnes avaient savouré le menu conçu sous la houlette de Rémy Giraud, chef étoilé à Onzain (41).

Le contexte

L’événement était jusqu’alors organisé via la Cité de la Gastronomie de Tours. Changement de gestion oblige, il est désormais repris par une association indépendante (« Le Grand Repas »), créée par… Emmanuel Hervé, ex-président de la Cité ! Il garde donc son « bébé » dans les bras. Tout en s’accompagnant de ses partenaires locaux originels… et de nouveaux venus.

Les enjeux

« Le Grand Repas, c’est avant tout un moment de vivre ensemble », indique l’organisation. Mais le but affiché est également de promouvoir les circuits courts et les produits de saison. Le Grand Repas souhaite en outre lutter contre le gaspillage alimentaire et éduquer au goût. Cette année, le menu sera : Mesclun de chèvre frais aux poires et vinaigrette de framboise. Puis sauté de poulet Label à la Tourangelle, quinoa d’Anjou et ses petits légumes, suivi d’une tarte Tatin aux pommes et faisselle aux herbes fraîches.

Le point de vue

Avec son rendez-vous culinaire, Emmanuel Hervé voit les choses en grand. Pour preuve, cette année, il a décidé d’étendre la couverture sur plusieurs régions françaises. Son Grand Repas se verra donc diffusé exceptionnellement en Charente- Maritime, en Haute-Saône ou encore en Champagne-Ardennes. Le tout, parrainé par Thierry Marx. Un argument et un effet boule de neige qui devraient faire rayonner l’initiative bien au-delà des frontières tourangelles.


> Le 17 octobre 2019. Infos sur legrandrepas.fr

 

Tours : un bar à chats, temple de la ronron-thérapie

Prendre son thé ou son goûter tout en câlinant un félin qui n’est pas le sien, ce sera possible en fin d’année avec l’ouverture du premier Bar à Chats de Tours.Avec l’aide de la future barmaid Ludivine
Darmon, faisons le point sur ces lieux surprenants.

Un bar. Des chats. Jusque-là, rien de bien compliqué. Et pourtant, l’initiative surprend. En lançant un financement participatif sur la plateforme en ligne kisskissbankbank pour la création d’un bar à chats tourangeau, Ludivine Darmon a ainsi suscité la curiosité des médias et du grand public.

Aujourd’hui, elle rassemble plus de 2 000 personnes sur sa page Facebook Le Bar à Chats, et a dépassé son objectif de financement participatif. Plongée dans les dernières formalités, la jeune femme de 22 ans revient sur cette aventure qui démarre bien : « J’ai toujours été passionnée par les félins et bien sûr les chats, et j’avais l’envie d’entreprendre. J’avais initié le projet en 2018, et je l’ai relancé en mars 2019 pour le mener à bien cet hiver, en ouvrant le bar dans le quartier de la Victoire. »

« On ne dérange pas un chat qui n’a pas envie de se laisser caresser »

Pour cela, Ludivine a d’ores et déjà obtenu son ACACED, l’attestation de connaissances pour les animaux de compagnie d’espèces domestiques, obligatoire pour ouvrir un établissement hébergeant des animaux. Ceux-ci seront bien traités, selon des normes déjà éprouvées : une pièce privée pour que les matous soient tranquilles, des étagères et autres recoins où ils peuvent s’amuser ou se poser, et des règles strictes pour les visiteurs. On se lave les mains avant d’entrer, et on ne dérange pas un chat qui n’a pas envie de jouer ou de se laisser caresser. Mais, pour les fans, on pourra en emporter !

« Le bar sera en quelque sorte leur famille d’accueil, puisque je compte y accueillir des chats en recherche d’adoption, via une association. Vaccinés, stérilisés, en bonne santé, ils seront bien traités, et pourront donc être adoptés. »

 

Tous les bars ne font pas ce choix. Créé à Paris en 2013, Le Café des chats, pionnier français en la matière, possède des chats à demeure. L’établissement parisien est ainsi le digne héritier des neko café taiwanais et japonais. Là-bas, le bar à chats permet surtout aux citadins d’assouvir leur envie d’animal de compagnie, frustrée par des appartements trop petits, des règlements de copropriété stricts et un rythme de vie trépidant.

À Tours, avec ou sans adoption, nul doute que la ronron-thérapie tournera à plein régime pour les amateurs de câlineries.
M.M.

SPA de Luynes : un refuge après l’abandon

Au refuge SPA de Luynes, les journées ne se ressemblent pas, mais suivent un même rythme. Chaque après-midi, les portes s’ouvrent au public, et nous en avons profité. Visite guidée.

La SPA de Luynes recueille (trop) souvent des animaux abandonnés.

« On n’abandonne pas un animal comme on jette une paire de chaussettes ! ». Naïs Venanzi, responsable du refuge SPA de Luynes, laisse échapper un cri du cœur dans l’intimité de son bureau peuplé de chats.

Après un pic d’activité cet été, le refuge héberge à l’heure actuelle environ 80 chiens et 80 chats attendant de trouver leur nouveau maître. Toute une ménagerie choyée par une équipe dévouée : quinze salariés, et une cinquantaine de bénévoles actifs, qui vont et viennent entre les bâtiments cachés au milieu des bois.

Après une matinée consacrée aux tâches administratives, aux soins vétérinaires, aux promenades et au nettoyage des locaux, le refuge a ouvert ses portes au public. Il est 14 h. Les futurs adoptants débarquent à l’improviste.

Mais pour un abandon, il faut obligatoirement prendre rendez-vous : « On n’essaie pas de dissuader le propriétaire, mais on lui donne des conseils de gestion du comportement animal, au cas où cela l’aiderait. »

Ce jour-là, les conseils n’auront pas suffi : après plusieurs entretiens téléphoniques avec l’un des onze agents animaliers, un jeune homme se présente pour abandonner son chien, devenu trop agressif avec celle qui partage sa vie. Il remplit les papiers et s’acquitte de frais de 80 €, avant d’aller pleurer dans sa voiture, à l’abri des regards indiscrets.

« Les chiens nous témoignent un amour incroyable »

Départ en EHPAD, décès, déménagement… Les causes d’abandon au comptoir sont multiples, mais concernent moins de 20 % des pensionnaires à quatre pattes que nous croisons. 80 % proviennent de la fourrière, qui prend en charge durant huit jours les animaux perdus ou abandonnés en pleine nature, avant de les confier à des associations comme la SPA.

« Dans ces cas-là, nous ignorons tout du passé de l’animal : il faut donc apprendre à le connaître, pour l’aider à écrire une nouvelle histoire avec de futurs adoptants », explique la responsable. Dans les couloirs des chenils, sur chaque porte, des ardoises témoignent de cette découverte mutuelle entre l’homme et le chien : « Farceuse. Attention : un peu craintive au début ». « Lanco. Attention aux autres chiens ».

Au fil des jours, bénévoles et salariés prennent note de la personnalité de chaque pensionnaire… et s’y attachent. Pour Emilien, bénévole devenu salarié, la fameuse « tournée de caca » du matin, avec le nettoyage des couvertures et le ramassage des déjections, n’est presque plus une corvée. « Je ne m’attendais pas à vivre ici autant de moments forts, les chiens nous témoignent un amour incroyable, cela rend presque dépendant ! ».

Nicole et Laëtitia seraient donc aussi accros ? La retraitée et la jeune femme sont entourées de chats, comme tous les jours depuis deux ans. Pierre-Martial, étudiant de 20 ans tout juste arrivé dans l’équipe, résistera-t-il à cette drogue des plus douces ? Caresser et faire jouer les chats, sortir les chiens en balade : chaque jour, ils sont une dizaine de bénévoles aux petits soins pour les résidents. Ceux-ci trouveront bientôt de nouveaux maîtres, triés sur le volet.

Car pour adopter une boule de poils, il faut montrer patte blanche. Naïs Venanzi précise : « Nous posons beaucoup de questions : le chat vivra-t-il dedans ou dehors, avec des enfants, des personnes âgées, des allergiques… ? À quel rythme le chien pourra-t-il sortir ? Quelle est la hauteur de la clôture ? Il peut nous arriver de nous déplacer au domicile, et si la famille possède déjà un animal, elle doit l’amener pour que les deux se rencontrent. »

À la manière d’une agence matrimoniale, la SPA tâche ainsi d’accorder les personnalités, pour assurer le succès de l’adoption. Dans l’un des 15 parcs de détente, le coup de foudre est confirmé entre le gros Sam et son futur maître Damien, qui vient chaque semaine depuis un mois. Le croisé labrador attend avec impatience de pouvoir repartir avec ce propriétaire qui n’a d’yeux que pour lui.

Lorsque sonnent 17 h, l’heure de la fermeture, nous rejoignons le parking sous la rumeur des aboiements. Une manière pour ces petites bêtes de signaler qu’elles attendent LA rencontre qui leur changera la vie.
Textes & photos : Maud Martinez


> Animal abandonné : qui contacter ?

Si vous repérez un animal domestique abandonné, le numéro à contacter est celui de votre police municipale, qui se chargera de le récupérer pour le mettre en fourrière. L’identification des animaux de compagnie est obligatoire en France et permettra de retrouver rapidement le propriétaire. Mais s’il ne se manifeste pas dans les huit jours, l’animal sera transféré vers une association comme la SPA.

Une chercheuse au cœur des abysses

Lauréate de la bourse L’Oréal-Unesco pour les Femmes et la science en 2014, Daniela Zeppilli est chercheuse à l’Ifremer, à Brest et ses travaux sur les nématodes marins sont reconnus dans le monde entier. Rencontre.

(Photo Gilles Martin)

Qu’allez-vous chercher dans les abysses ?
L’idée, c’est d’évaluer la diversité des grands fonds en sachant que plus on descend en profondeur, plus on trouve de petits animaux car il y a moins de nutriments disponibles. Ce sont des êtres vivants minuscules qui sont très peu connus et qui constituent pourtant la majorité des espèces vivantes. Pour vous donner une idée, en 2010, on estimait que l’on avait exploré moins de 1 % des grands fonds. Or, les eaux profondes recouvrent tout de même plus de 60 % de la surface de la planète.
Moi, je suis spécialisée dans un groupe de vers, les nématodes, qui sont les plus abondants dans les grands fonds. Je les répertorie, j’en fais la taxonomie, j’essaie de décrire comment ils interagissent dans l’écosystème, avec les animaux plus grands, mais aussi avec les bactéries.

(Photo Gilles Martin)

Et pourquoi est-ce si important de les répertorier, ces espèces minuscules ?
Parce que ces animaux sont des clés pour des molécules qui ont un grand intérêt pour l’homme. Ils sont capables de s’adapter à toutes les conditions de vie possibles et imaginables et ils connaissent déjà tous les secrets pour guérir de n’importe quelle maladie, de n’importe quel cancer. C’est en les connaissant et en les étudiant que l’on peut arriver à utiliser ces clés. On a un trésor biologique au fond de la mer que je cherche à révéler.

Pourquoi avoir fait appel à un photographe pour illustrer votre travail ?
Ce sont des petits animaux, mais ils sont magnifiques. Je me sens comme Alice au pays des merveilles. Quand je suis au microscope, je rentre dans un monde magnifique et très peu de personnes peuvent partager cette expérience avec moi. Je voulais trouver quelqu’un qui pouvait reproduire ce que je vois quand je regarde dans le microscope et qui soit capable de sortir des images avec une vision artistique et esthétique qui parle au grand public. Je voulais quelqu’un qui puisse me dire, ça c’est beau, ça c’est moche, ça ne me parle pas, ça me parle.

Quelle sont les réactions des personnes qui découvrent ces photos, en général ?
Souvent, les gens pensent que les photos sont des montages, mais non ! Ce sont vraiment ces animaux, ce sont leur tête, on n’a rien modifié.


> Daniela Zeppilli passe au moins 6 semaines par an en mer pour effectuer des prélèvements. Puis, elle étudie ces espèces inconnues, elle en fait la taxonomie et elle cherche les applications utiles pour l’homme notamment dans le domaine médical.

(Photo Gilles Martin)

En direct des abysses

Dans son studio tourangeau, Gilles Martin a photographié des espèces inconnues remontées des abysses par les chercheurs de l’Ifremer. Récit.

(Photo Gilles Martin)

Les photos que vous allez découvrir dans ce dossier ont été prises à Tours, tout en haut d’un immeuble au bord du Cher, dans le studio de Gilles Martin, entre ciel et terre. Certaines aussi (celles qui sont en noir et blanc) sont issues de longues séances entre le photographe et les scientifiques de l’Ifremer, penchés au-dessus d’un microscope électronique à balayage, dans un labo de Brest.

Gilles Martin est un photographe tourangeau, un des noms les plus connus de la photographie animalière, un des seuls, pour dire les choses simplement, qui a réussi à vivre réellement de ce drôle de métier. Mais Gilles a une spécialité, une marque de fabrique.

Depuis toujours, il s’emploie à montrer ce qui se cache dans l’invisible, le très, très petit ou le vraiment caché. Ses images de micro-photographie sur des ailes de papillons ou au plus près des insectes, par exemple, font référence dans le monde entier.

Portrait d’un polychète. (Photo Gilles Martin)

C’est à la suite d’un stage qu’il anime, justement, sur le sujet auprès de photographes désireux de découvrir ce monde inconnu que Gilles Martin est entré dans l’aventure incroyable de Pourquoi pas les Abysses ? Daniela Zeppilli étudie les nématodes, ces tout petits vers qui vivent dans les fonds marins, à toutes les profondeurs, y compris dans les plus sombres abysses et dont on ne connaît encore que 1 % des espèces.

Au microscope, la méiofaune révèle toute sa beauté. (Photo Gilles Martin)

Pour faire comprendre les enjeux de ses recherches au grand public, Daniela avait besoin du regard d’un photographe, quelqu’un capable de montrer le visage de ces espèces qui pourraient bien révolutionner la médecine et ses traitements dans les décennies qui viennent. Ce ne pouvait être que le Tourangeau Gilles Martin.

Des échantillons, jusqu’à 5 000 mètres de fond

« L’Ifremer m’a contacté pour réaliser en exclusivité l’inventaire photographique de la méiofaune et de la macrofaune des abysses (polychètes, nématodes, crustacés, échinodermes, mollusques) prélevés au cours des différentes campagnes du bateau de recherche le “ Pourquoi pas ? ”. Je reçois les espèces à photographier par la poste, explique le photographe. À Tours, je peux photographier les spécimens qui font de 0,5 à 30 mm avec mon propre matériel : un soufflet, un stéréomicroscope Zeiss et un microscope optique. »

Ampharetidae vit aux abords de sources hydrothermales. Ce ver polychète utilise ses tentacules
pour apporter de la nourriture à sa bouche. (Photo Gilles Martin)

Pour les plus petites espèces, dont certaines sont de l’ordre du micron, l’image est réalisée à l’aide d’un microscope électronique à balayage, dans l’un des laboratoires de l’Ifremer de Brest. « Pour faire ressortir les contours et protéger le spécimen, on le recouvre d’abord d’une très fine pellicule d’or. C’est ce que l’on appelle la métallisation. Ensuite, il faut trouver le bon angle de vue et chaque changement demande beaucoup de temps. Enfin, il y a un gros travail, parfois plusieurs heures pour une seule image, en post production. »

Vers Polynoidae (Polychaeta). (Photo Gilles Martin)

Après une première phase de travail de plusieurs mois, Daniela Zeppilli veut aller encore plus loin et elle propose au photographe de s’embarquer avec son équipe à bord du navire le « Pourquoi pas ? » pour une expédition de prélèvements dans les abysses marins entre l’Arctique et la France. Plusieurs semaines de navigation entre Saint-Pierre-et-Miquelon et la rade de Brest. Et encore des centaines de photographies, de reportages, cette fois, qui racontent la vie à bord de ce bateau quasi unique au monde.

Car le « Pourquoi pas ? » n’est pas un bateau comme les autres. Partagé entre l’Ifremer et l’armée, il est équipé pour permettre à des scientifiques de mener leurs recherches océanographiques avec les outils les plus complexes et les plus encombrants.

Vue d’ensemble de la petite faune abyssale (nématodes, polychètes, ostracodes, copépodes, kinorhynches). (Photo Gilles Martin)

À bord, par exemple, le Nautile, un sous-marin de poche digne des meilleurs productions hollywoodiennes, capable de plonger à 6 000 mètres et, ainsi, de couvrir 97 % des fonds marins de la planète. Pour aller chercher les bébêtes qu’elle étudie, Daniela Zeppilli envoie des carottes creuser le sable jusqu’à 5 000 mètres de fond. Imaginez la longueur et la force des câbles, songez à la puissance des poulies qui doivent ramener tout cela à la surface.

Depuis son retour à la terre ferme, Gilles Martin s’attache à faire découvrir le monde insoupçonné des abysses. « Vers l’âge de 15 ans, en traînant chez un bouquiniste, je suis tombé par hasard sur un livre intitulé Sur la piste des bêtes ignorées. Soigneusement couvert avec du papier cristal. C’était un livre de Bernard Heuvelmans, le plus connu des cryptozoologues. Il parlait de créatures mystérieuses, disparues ou inconnues, qui vivaient peut-être encore de nos jours dans des endroits reculés de notre planète. Pendant des années, les livres de Bernard Heuvelmans m’ont fait rêver. » Aujourd’hui, le photographe tourangeau en écrit quelques unes des plus belles pages.

Bactéries : Gammaprotéobactéries. Laboratoire de microscopie en fluorescence de l’ifremer de Brest (Photo Gilles Martin).

Photos : Gilles Martin photographe – tous droits réservés

Retrouvez notre portfolio dans le numéro 348 de tmv ! 

Very Bio : le bien-être sous toutes ses formes à Tours

Pour sa 3e édition, le Very Bio élargit sa palette d’exposants et d’activités pour deux journées consacrées au Bio et au Bien-être, les 28 et 29 septembre à Tours.

« Pourquoi Very Bio ? Parce que le salon s’adresse à des personnes qui s’intéressent au bien-être, au sens large du terme : le corps avec les soins variés, les massages, l’alimentation, mais aussi tout ce qui relève du spirituel, et le bien-être chez soi, pour se sentir bien dans son environnement. »
Pour Sophie Ehrhardt, spécialiste de l’organisation intérieure avec sa société Ordolys, participer au salon Bio & Bien-être ces samedi 28 et dimanche 29 septembre allait donc de soi.

Il en va de même pour les 71 exposants réunis ce week-end au Palais des Congrès, pour une 3e édition du salon Very Bio qui s’intéresse au bien-être sous toutes ses formes.

On y retrouve les thématiques incontournables du secteur : un marché bio et gourmand, des spécialistes de santé et soin du corps avec des pratiques classiques comme le shiatsu, les conseils diététiques, la relaxation ou les produits cosmétiques naturels, et d’autres propositions moins courantes (le magnétisme ou la thérapie par les arbres par exemple).

Mais le salon du Bio & du Bien-être voit large. Des associations environnementales, des agences de voyages qui sortent des sentiers battus et des spécialistes mode et déco seront donc également de la partie. Les organisateurs ont aussi prévu quelques nouveautés.

Tout d’abord, un nombre de conférences et ateliers en augmentation, avec près de 30 rendez-vous au cours du week-end. Atelier fabrication de dentifrice, découverte du voyage solidaire, les plantes sauvages dans la santé… Le panel est varié !
S’y ajoutent pour la première fois six « conférences d’experts » : Daniel Ballesteros, Julie Bourges, Au vert avec Lili, Lionel Levy, Slow Cosmétique et Corinne Collin Bellet prendront la parole dans l’auditorium du Palais des Congrès. Si vous cherchiez une sortie sympa qui ne vous fera pas culpabiliser, vous savez donc où vous rendre ce week-end, car c’est bien connu : y’a pas de mal à se faire du bien !

Maud Martinez


> Infos pratiques : sam. 28 et dim. 29 septembre de 10 h à 19 h au Palais des Congrès de Tours. Tarif 3 à 5€/adulte. Gratuit – 16 ans.

> www.verybio.fr

Ces Tourangeaux qui ont coupé le moteur

Finie la voiture (trop polluante), adieu les transports en commun (pas assez pratiques). La ligne droite est, pour eux, le plus sûr moyen d’arriver à l’heure ! A quelques jours d’un nouveau dimanche sans voitures à Tours, rencontre avec qui ont lâché les véhicules motorisés.

Oui, j’avoue : je suis arrivé avec des idées toutes faites. Je sais, ce n’est pas terrible… Mais avant de m’y mettre, je me disais que la trottinette électrique c’était surtout pour les bobos voulant faire « djeuns », que le vélo électrique c’était pour les retraités à court de forme, que les hoverboards ne séduisaient que les nostalgiques de Marty McFly (Retour vers le futur, pour ceux qui ne suivent pas) et que le skateboard, c’était casse-gueule.

Car faut vous dire que même quand j’étais jeune et en forme, je n’ai jamais réussi à rester plus de deux minutes sur des rollers sans finir sur le derrière.
En vrai, j’étais mal embarqué.

Mais ça, c’était avant. Avant de rencontrer Dimitri, Valentin, Grégory et Bérénice. Ces quatre-là m’ont raconté comment ils échappaient aux bouchons. C’est simple, ils ont même (re)trouvé le plaisir d’aller au taf ou au lycée.

À chacun, j’ai demandé de me faire la pub pour leur moyen de transport préféré. Et pour les départager, je suis allé voir la police municipale de Tours. Attention, je n’ai pas cafté mais j’ai bien compris que certains faisaient des trucs pas très réglo. Du moins en centre-ville. Dimitri a 28 ans. Il habite à Saint-Cyr et travaille à Tours-Sud, zone commerciale. Vous voyez le trajet : plongée vers le quai Paul-Bert, pont Wilson, rue Nationale, avenue de Grammont, côte de l’Alouette, Route du Grand Sud.

« Ça me fait 12 km en vélo électrique. Quand je prenais la voiture, c’était 20 km par la rocade (sortie Joué, etc.) ou 14 km par l’autoroute avec le péage en plus (90 centimes). Maintenant je mets 28 minutes. Réglé comme du papier à musique. En voiture, je mettais 35 minutes. Avec un vélo normal, c’était 30 minutes mais vous imaginez dans quel état j’arrivais. Aujourd’hui, c’est comme si j’avais fait 20 minutes de balade à pied pour venir au boulot. Je me suis testé avec un cardio, je ne dépasse pas les 90 pulsations/minute. Du coup, j’arrive hyper zen. »
Les vélos électriques (700-1 700 euros) n’ont pas séduit 338 000 Français en 2018 par hasard.

Sur ma trottinette…

Avec Valentin, je passe à la trottinette. À 32 ans, c’est le type même du grand gaillard qui s’y est mis pour aller au boulot. Deux acheteurs sur trois l’utilisent pour cette raison. Si pour le vélo électrique, hommes et femmes se partagent les achats, la trottinette (100-700 euros), elle, est masculine à 80 %.

« J’ai une autonomie de 25 km avec trois paliers de vitesse (7-8 km/h, 10/15 km/h, 20/25 km/h). C’est assez pour faire mon aller-retour entre Tours et Joué, précise-t-il. J’utilise les pistes cyclables. Je mets un casque mais ce n’est pas obligatoire. J’en ai parlé avec mon assurance. La législation est encore floue. »

Pour Grégory, la quarantaine, spécialiste de longboard (vous savez, ce grand skate rendu célèbre par une pub pour un opérateur télécom montrant trois filles descendant une route au petit matin), sa planche (60-600 euros) est avant tout un moyen de tran… sport.
Mais quand on l’écoute, pas seulement. « On est sept sur Tours à faire du skate de descente. C’est un sport grisant mais très codifié, sécurisé. On peut atteindre 80, voire 100 km/heure. Les protections sont obligatoires (casques, gants). J’utilise aussi mon longboard en balade ; parfois je traverse la ville, la rue Nationale. Normalement on n’a pas le droit de circuler en skate en ville. C’est interdit car l’utilisateur ne fait pas corps avec la planche. Les risques de détérioration du mobilier urbain et de blessures d’autres piétons si le skate vous échappe, sont réels. »

Appelée en renfort pour évoquer la sécurité, la police municipale de Tours valide ce que Grégory nous dit. La rue Nationale, sur les rails, depuis Jean-Jau est interdite à la circulation des skates mais aussi des trottinettes et vélos, qu’ils soient électriques ou pas.
« Il y a une tolérance », me glisse-t-on avant d’ajouter : « On fait de la pédagogie mais certains récalcitrants ont dû être verbalisés… » Bérénice, qui va au collège Rameau, n’a pas entendu parler de cela. À 14 ans, elle utilise un hoverboard, cadeau de Noël, il y a deux ans.

C’était alors à la mode. « J’en ai pris soin, dit-elle. C’est fragile mais comme j’habite dans le quartier Montjoyeux, je l’utilise sur ce court trajet. J’ai vite trouvé ma stabilité. Mon père, lui, n’est pas très à l’aise avec. »
Normal car Bérénice pratique les rollers depuis l’âge six ans. Ça l’aide.
Thierry Mathiot


Un centre-ville sans voitures

> Un mois après avoir tenté l’expérience, Tours remet cela ce dimanche 29 septembre. Et ce sera encore le cas le 27 octobre et le 24 novembre. 19 points de contrôles leur donnent accès au coeur de Tours de 10 heures à 18 h.

Docuférence : L’innovation fait son show

Un documentaire et un conférencier qui se répondent en direct, une forme innovante pour parler d’innovation et prolonger l’esprit de Léonard. Explication avec Karl Baumé, consultant et animateur de la Docuférence.

Comment est née cette idée d’une docuférence sur l’innovation ?
L’idée a germé dans la tête d’Anne Prat la présidente, entre autres, de Pôle Nord Entreprises. Elle a vu les 500 ans de la mort de Léonard comme une occasion de s’adresser aux entreprises en leur montrant ce qu’un homme comme Léonard était capable de faire d’un point de vue artistique, bien sûr, mais aussi d’un point de vue entrepreneurial et sur le plan de l’innovation.
L’idée était de montrer aux entreprises qu’elles avaient toutes les capacités, aujourd’hui, pour innover.

Innover, est-ce la seule chance pour les entreprises de s’en sortir ?
L’innovation est un levier indispensable. L’accélération des changements autour de nous, très liés au numérique, fait qu’il n’y a plus de période de stabilité pour les entreprises. Elles sont prises dans un tourbillon d’avancées qu’elles maîtrisent plus ou moins et c’est encore plus vrai pour les PME. Mais l’innovation fait souvent peur. On voit les désagréments que cela va engendrer mais on ne voit pas immédiatement ni la finalité ni les gains que l’on va en tirer à terme.

Ce que dit cette docuférence, c’est que l’innovateur, il est peut-être déjà dans nos équipes et qu’il faut le faire émerger…
On part, nous, du principe que nous sommes tous, à notre niveau, des Léonard. On a tous une compétence, une qualité particulière. Le schéma habituel dans une entreprise, c’est que celui ou celle qui dirige est légitime parce qu’il sait. La plupart des chefs d’entreprise que nous rencontrons sont, à la base, des super-spécialistes de leur métier.
Les compétences complémentaires, on peut aller les chercher à l’extérieur, mais aussi dans l’équipe et de manière insoupçonnée. Kévin, le petit stagiaire, c’est peut-être un champion des réseaux sociaux !

Quels sont les freins à l’innovation ?
On se met nous-mêmes nos œillères en se disant, “je fais ce que je sais faire” ou “on a toujours fait comme ça” ou encore “je n’en suis pas capable”. On entretient cette croyance limitante parce qu’on est pris dans le quotidien et que l’on a souvent le nez dans le guidon.
On n’a pas le temps de prendre cette respiration nécessaire pour se dire “où est-ce que j’emmène mon équipe ?” Si on ne se permet pas de rêver et d’être curieux, on passe à côté de l’innovation.

Propos recueillis par Matthieu Pays


> Docuférence, le 25 septembre, à L’Escale, Saint-Cyr-sur-Loire, 18 h 30, suivie d’un cocktail. 21 € (gratuit pour les étudiants)

Costaud et agile grâce au street workout !

Entre gymnastique et musculation, ce nouveau sport fait des émules au lac de Tours où un groupe de mordus a convaincu la municipalité d’investir dans le projet.

Si vous êtes un habitué du lac de la Bergeonnerie, jogger, marcheur, nageur ou cycliste, vous ne pouvez pas les rater.

Les aficionados du street workout sont là tôt le matin, parfois le midi, souvent le soir et même quand il fait très chaud. À côté de la piscine, au grand air, dans un espace qui leur est réservé, ils ont fait installer par la mairie une structure composée de barres fixes, à différentes hauteurs, barres parallèles, espalier et autre banc de musculation, le tout sur un sol rempli de copeaux destinés à amortir les chutes.

Mains gantées pour mieux s’accrocher, ils se soulèvent, bondissent par-dessus les barres, ou enchaînent des figures qui font penser à la gymnastique.

Retour à l’Est

Le street workout (littéralement « entraînement de rue ») semble tout droit sorti des quartiers populaires des grandes villes des États-Unis. Et pourtant, c’est dans les pays de l’Est de l’Europe (Russie, Lituanie, Lettonie) que le sport s’est codifié. Le premier Championnat du monde s’est déroulé à Riga, en 2011.
Et l’an passé, c’est un Français Yohan Bounegab, surnommé « San Gohan », qui est devenu champion du monde.

Originaire de banlieue parisienne, le jeune athlète de 21 ans vit aujourd’hui à Marseille où il fait profiter les mômes de son expérience. Il nous explique comment le street workout a changé sa vie et pourrait bien changer la vôtre !

Pour quelle raison me conseilleriez-vous de me mettre au street workout ?
Yohan Bounegab : c’est un sport, une attitude, un état d’esprit mais avant tout un mix entre gymnastique et musculation. Comme le travail s’effectue au poids du corps, cela permet d’affiner sa taille, de se muscler du haut, tout en gardant une grande agilité. Ce sport trouve ses racines dans les rues des quartiers de New York, où au milieu des années 2000, les jeunes se sont mis à utiliser tout ce qu’ils trouvaient pour s’exercer… comme des bancs, des poteaux et même des jeux pour enfants. Et puis, ça a rebondi presque aussitôt dans les pays de l’Est de l’Europe, où la gymnastique est un sport très développé. À la musculation et à la force, les gymnastes ont ajouté la rapidité et l’agilité, voire l’acrobatie.

Comment cette discipline est-elle arrivée en France ?
Y.B. : il y a dix ans, lors de l’émission télé, La France a un incroyable talent (M6), un groupe d’athlètes s’est produit, faisant une démonstration qui a connu un beau succès, repris sur YouTube. J’étais gamin et je me suis dit : ‘’Je veux faire ça !’’ Je m’y suis mis sérieusement à 16 ans. Il y a deux sortes de street workout : le free style et le street lifting. Le premier, que je pratique, joue sur la force, l’agilité et aussi la musicalité. L’autre privilégie les tractions et le travail au poids du corps.

En cinq ans, vous êtes devenu champion du monde…
Y.B. : ça a été très vite. Je suis d’abord devenu champion de France et, il y a deux ans, lors d’une démonstration en Espagne, on m’a demandé d’affronter le champion du monde en titre, un Russe. Sur une battle de 9 minutes, nous devions enchaîner un maximum de techniques et je l’ai battu. Quelques mois plus tard, je devenais champion du monde à Moscou. Nous étions 20 en lice pour deux minutes de compétition chacun. Cette année, se déroulait une Coupe du monde à Stuttgart (Allemagne) et non un championnat du monde. J’ai pris la 2e place.

Sur quels critères, le classement se forge-t-il ?
Y.B. : les notes tiennent compte de cinq critères : force, agilité, continuité du mouvement, créativité et force. Mais il y a, pour l’heure, deux fédérations qui ont une manière différente de noter. C’est le point qui ne nous a pas permis de finaliser un dossier pour devenir discipline olympique à Paris en 2024. Mais en 2028, j’ai bon espoir que l’on puisse au moins concourir pour devenir discipline olympique.

Tout le monde peut-il pratiquer ?
Y.B. : le street workout, c’est une grande famille. Les classes sociales sont gommées quand je m’entraîne avec le fils du roi de Dubaï. Plein de sportifs d’autres disciplines pratiquent mais, plus banalement, n’importe qui peut venir, hommes et femmes. Une charte oblige au respect, et à l’entraide quand quelqu’un a besoin d’être soulevé ou dirigé.

Th. M.

Livreur Uber Eats : « Les gens nous appellent quand c’est galère de sortir »

#VisMaVille Depuis cet été, Nima* travaille pour la plateforme Uber Eats en tant que livreur de repas à domicile. L’objectif pour cet étudiant sportif ? Augmenter ses revenus en pédalant, même si l’été, les commandes se font plutôt rares.

Assis sur une marche, dans une ruelle du Vieux Tours, Nima* attend sa commande aux côtés d’une dizaine d’autres livreurs.
Baskets aux pieds, vélo prêt à démarrer, le jeune homme âgé d’à peine 20 ans, prend son mal en patience, son téléphone portable incrusté dans la main.

C’est ce smartphone qui lui indiquera le restaurant où il devra, ni une ni deux, aller chercher un repas pour ensuite le livrer.

Cet été, cet étudiant des Tanneurs a débuté son travail pour Uber Eats. Boursier, animateur durant les vacances, ce sportif positif a trouvé grâce à ce job le moyen « de se faire un billet à tout moment ».
Contrairement à nombre de ses collègues, pour qui la livraison à domicile est un travail vital, à l’année, parfois 7 jours sur 7, c’est un plus pour Nima. « J’ai créé mon statut d’auto- entrepreneur, je travaille pour Uber Eats quand j’ai le temps », explique-t-il simplement.

« Pour être livreur, il faut un bon vélo ; moi, on m’en a prêté un, tout comme le sac Uber Eats, pour lequel j’aurais dû laisser une caution de 120 €. Je suis en mode dépannage ! » plaisante-til. En un clic, une fois connecté, le jeune homme est géolocalisé et peut dès lors être sollicité à tout moment.

Ou pas. Car les temps d’attente pour ces travailleurs précaires, dont le nombre augmente, sont parfois très longs. « Les gens nous appellent plutôt quand c’est galère de sortir, analyse Nima. Comme par exemple, en hiver, lorsqu’il fait trop froid ou qu’il pleut… ».
Sans compter que l’algorithme qui dispatche les commandes à ces coursiers reste un vrai mystère. « Si je ne me connecte pas durant deux jours, mes commandes baissent » souffle d’ailleurs l’un d’entre eux.

Ses horaires ? « En attendant la rentrée, je travaille de 11 à 14 heures et le soir de 19 h à minuit, détaille-t-il. Si cela marche bien, je peux continuer jusqu’à 2 heures. Si cela ne marche pas, je peux rentrer vers 22 heures ». Chaque course lui rapporte en moyenne 5 €, soit 2,50 € minimum par commande, à quoi s’ajoutent 1,30 € par kilomètre parcouru (aller) et 1 € à la livraison.
« Une soirée, je n’ai eu que des commandes en haut de la Tranchée, se souvient-il. À la fin, j’ai poussé mon vélo. Je n’en pouvais plus. »

Les mauvais jours, les commandes et le nombre d’euros gagnés se comptent sur les doigts d’une main.

*Le prénom a été modifié

Flore Mabilleau

Tmv Tours change de look !

Qui dit rentrée dit nouvelle formule. Tmv Tours s’offre un petit relifting et change de visage.

Eh bien voilà, c’est fait. On a tout changé dans tmv !

Au début, ça fait bizarre, un peu comme quand on emménage dans un nouvel appartement mais, en même temps, ça fait drôlement du bien.

Alors, pour résumer (mais vous verrez tout ça par vous-mêmes), nous vous offrons deux nouveaux rendez-vous chaque semaine : un dossier sur un sujet fort de l’actualité et Vis ma ville, le quotidien d’un Tourangeau en texte et en images.

Mais il y a aussi la Feel Good Page, qui vous offrira 5 minutes de fraîcheur dans ce monde de brutes et Ma ville en sport qui vous permettra de ne rien louper des exploits des équipes tourangelles et de suivre toutes les tendances du sport loisir.
Dans chaque rubrique, un invité, la lumière à tous les étages et tout le confort moderne !

Bienvenue chez vous et bonne lecture !
RENDEZ-VOUS LE 28 AOÛT POUR DÉCOUVRIR TOUT CELA. 

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Antoine Heurteux, l’athlète boulanger

Fin août, Antoine Heurteux défendra les couleurs de la France aux 45e Olympiades internationales des métiers, à Kazan. À 21 ans, l’apprenti boulanger tourangeau consacre toute son énergie à la préparation de ces jeux Olympiques. Avec un seul but : monter sur la plus haute marche du podium.

LA GAGNE

« Je vais à Kazan pour devenir champion du monde. Si c’est pour finir 2e ou 3e, autant rester chez moi. » Antoine Heurteux donne tout pour réussir : « Il ne se passe pas une minute sans que je pense au concours, et j’en rêve même la nuit. Je ne vis quasiment que pour ça. J’ai totalement arrêté de boire de l’alcool. Quand je sors avec mes copains, je rentre tôt. C’est beaucoup de sacrifices, mais c’est quoi, deux ou trois ans dans une vie ? »

PRIX

Une fois lancé, le jeune apprenti enchaîne les formations (mentions complémentaires en boulangerie puis en pâtisserie, brevet professionnel) et les distinctions, jusqu’à devenir meilleur apprenti boulanger de France à 19 ans, puis médaille d’or aux Olympiades nationales des métiers à 20 ans. Ce dernier prix lui ouvre les portes des Olympiades internationales de Kazan, où il affrontera 19 boulangers (Chine, Corée, Finlande, Suisse, Japon…). « Pour avancer, j’ai besoin d’être sous pression en permanence. »

DÉCLIC

L’école, ce n’était pas trop son truc. « Au collège, mon professeur d’histoire m’a conseillé l’apprentissage, mais moi, ça ne me disait rien… » Après deux stages en boulangerie, qui ne lui plaisent pas, il entame malgré tout un CAP en apprentissage à la boulangerie Les Gourmets à Saint- Cyr-sur-Loire. « La première année, j’ai failli me faire virer. Je n’appréciais pas que tout le monde me dise quoi faire. Puis un jour, mon patron m’a parlé d’un concours. J’ai eu le déclic. Ça m’a donné envie de me donner à fond. »

INTENSE

Depuis son entrée officielle dans l’équipe de France en mars dernier, le jeune homme suit une formation intensive. Au programme, préparation aux épreuves (viennoiseries, pains, pièces artistiques…) et entraînement physique et mental : « Il faut être capable de réaliser des efforts physiques intenses tout en gardant sa lucidité. Par exemple, on doit enchaîner des séries de 30 secondes de pompes rapides avec 30 s d’enfilage de coquillettes sur un fil. » Le savoir-être compte aussi : « Il faut avoir un comportement exemplaire : ne pas s’énerver, être humble et digne du maillot de l’équipe de France. »

ARTISANAT

Son produit préféré ? Le pain. Plus spécialement, la baguette de tradition française. « J’ai eu la chance d’apprendre mon métier dans une entreprise artisanale, où tout est fait maison. Mon patron, Frédéric Flu, est mon modèle. Si j’en suis là aujourd’hui, c’est grâce à lui. Moi aussi, dans quelques années, je transmettrai mon métier et ma passion à des jeunes. »


> En savoir plus : http://www.worldskills-france.org/

Texte : Nathalie Picard

Céramiste jusqu’au bout des doigts

Objets détournés, vases enluminés, tasses décorées. La céramique est désormais dans toutes les maisons. À Tours, Catherine Azoulai fait partie de ces rares artisans qui travaillent encore la terre.

Le modelage est la toute premières étape à suivre pour la fabrication d’une pièce.

Dans son petit atelier situé quai Paul Bert, sur les bords de la Loire, Catherine Azoulai forme, déforme, sèche, peint et décore. Elle est céramiste.
Vêtue de son tablier badigeonné de terre et entourée de ses créations, la jeune femme garde un peu de la magie de cet artisanat ancestral.

Quand elle parle de son art, ses yeux pétillent : « J’ai toujours su au fond de moi que je voulais faire quelque chose de manuel, un métier créatif ».
Pourtant, la jeune étudiante qu’elle était ne semblait pas destinée à la céramique. Loin des tours de potiers, des fours et de son tablier, c’est d’abord sur les bancs de Panthéon-Assas qu’elle va étudier le droit. Il s’en suivra une thèse. Un parcours brillant, peut-être un peu trop.

La céramiste confectionne aussi des objets classiques. Ici, un vase de style Renaissance.

« J’ai été très bonne à l’école, alors forcément, mes parents m’ont poussée à entreprendre de longues études ». Quelques problèmes pour trouver du travail, un mari qui doit s’installer à Florence, il n’en fallait pas plus à Catherine Azoulai pour changer de vie.
Le destin fait que la ville de Toscane est réputée pour son artisanat, « des milliers d’étudiants s’y rendent pour cela ». Elle découvre l’art céramique et rencontre surtout Romano Pampaloni, un vieil artisan. Durant cinq années, l’Italien va lui apprendre cette technique.

L’artisane utilise des outils plus précis pour donner à sa pièce une forme précise.

DES PIÈCES UNIQUES

Penchée sur son tour de potier, l’artisane modèle son futur vase à sa guise. Ses mains glissent sur la pièce, la terre virevolte au rythme des tours. Le vase prend de la hauteur, puis elle le fait redescendre.
Un peu comme une magicienne. Son regard est fixe. Sans doute se rappelle-telle les gestes appris, quelques années plus tôt, en Italie.

D’ailleurs, le pays n’est jamais très loin : « J’y retourne tous les ans et mes deux enfants sont nés là-bas ». Même si elle parle d’une voix détachée, on décrypte un respect immense pour sa discipline. Et pour cause. Même après cinq ans d’apprentissage et « des heures de labeur », Catherine Azoulai n’a pas fini de découvrir certaines facettes de son métier.
« J’apprends tous les jours. Je ne considère pas ma formation terminée. Il faut apprendre à maîtriser la matière ». Elle raconte avec amusement cet après-midi où, fière du travail qu’elle avait accompli, un petit oubli avait causé la perte entière de sa pièce.

« UN ART EXIGEANT »

Les minutes passent et la conversation prend une autre dimension. Les détails s’accumulent et on se rend compte de la difficulté et de l’engagement personnel que demandent le métier.

L’artisane se remémore, avec nostalgie, une phrase prononcée par son vieux professeur : « La céramique, c’est comme le mariage. Il ne suffit pas de confectionner l’objet. Il y a aussi l’après ». L’après, c’est tout un travail de surveillance et d’attente.
« Le séchage. Il faut que la pièce soit à un certain niveau pour ne pas qu’elle sèche trop vite. C’est un art exigeant », affirme-t-elle.

Catherine Azoulai applique minutieusement les gestes qu’elle a appris pendant sa formation en Italie.

La fabrication d’une pièce suit des étapes bien précises. D’abord, le modelage. Autrement dit, le travail de la terre. « Je le fais souvent en deux fois. J’y reviens le lendemain après avoir pris un peu de recul sur ce que j’ai envie de faire » précise-t-elle. Ensuite, vient le séchage, qui peut durer parfois trois semaines.
Quand la pièce est bien sèche, elle est cuite une première fois. L’objet est émaillé, puis repassé au four. Pour finir, la décoration, plus ou moins longue selon les motifs.

Toutes ces étapes, Catherine Azoulai les réalise avec la plus grande minutie. Dans la boutique, les objets sont presque tous de style « art-déco ». Beaucoup de couleurs, des motifs soignés… « C’est la grande mode », précise l’artisane. Mais elle confectionne aujourd’hui des pièces plus classiques, une sorte de retour aux sources : « Je fabrique des vases du style Renaissance. Cela me fait du bien de renouer avec mes racines italienne. Là-bas, tout est resté très classique ».

Quand on lui demande d’essayer de définir la céramique, les mots ne viennent pas. Sur l’appellation d’« art » ou « artisanat », Catherine Azoulai est plus sûre d’elle : « La qualification d’artisanat me va très bien. ll y a une dimension créative indéniable mais aussi un côté très technique », explique-t-elle.
Son discours est fort, ses créations sont raffinées. Pourtant, elle ne se considère pas comme une artiste. « Il y a quelque chose de plus intimidant quand on se met dans la catégorie d’artiste parce que l’on se dit que l’on doit donner un message. Moi je ne me pose pas cette question du message, je crée pour créer. » La différence est peut-être là.

Artiste ou artisane, finalement peu importe, le travail est là, pour le plaisir des yeux.

Emmanuel Haddek / Photos : Ulysse Potet

Dans l’ambiance des années 2000

[Spécial années 2000] Une époque marquée par moult bouleversements, où les emos se plaignaient sur Skyblog, où l’on portait une jupe sur son pantalon et où l’on pouvait enfin regarder des vidéos de chat sur Youtube. Ambiance, ambiance.

QUELLE MODE !

Jupes sur pantalon, top monobretelle ou triangle, jean taille basse, piercing au nombril apparent et string qui dépasse : les années 2000 ont vu passer un peu tout et n’importe quoi. Impossible d’oublier, également, la folie des casquettes Von Dutch (qui, soit dit en passant, coûtaient un bras), le tee-shirt Playboy, la mode des pantacourts, lunettes à verres colorés, sac baguette et jogging à velours ou une cravate pour les filles si on veut se la jouer Avril Lavigne.
La mode étant un éternel recommencement, c’est également en 2000 qu’on a vu de nouveau arriver les pantalons pattes d’eph.

ET LÀ, C’EST LE DRAME…

Les années 2000 auront enfanté deux monstres : le tatouage tribal au creux des reins et la Tecktonik. Il n’y a rien d’autre à dire, c’est suffisamment douloureux de l’écrire.

ENFANCE HEUREUSE

Souvenirs, souvenirs : les ados écoutaient de la musique sur leur MP3, écrivaient dans leur carnet Diddl, planquaient leurs dizaines de CD dans un étui, jouaient aux cartes Pokémon, avant de filer devant la trilogie du samedi sur M6 et s’enfiler des Charmed, Smallville et compagnie. La petite sœur squattait Adibou sur l’ordi alors que le petit frère redécouvrait les joies du yo-yo plus moderne et stylisé. De quoi s’occuper avant de sortir avec ses… chaussures à roulettes !

SKYBLOG (HONTEUX)

On y raconte sa vie, on s’y dévoile avant tous les autres réseaux sociaux et les « trolls » d’Internet existent déjà pour commenter vos publications et vous insulter anonymement : en 2002, Skyblog est une révolution dans les espaces de libre expression.
Près de 20 ans après, Skyblog fait maintenant office d’archives de la honte. Remontez le temps, vous aurez une chance de retrouver une photo de vous en 2004, quand vous étiez un emo à méchouille, maquillage noir et dépressif.

TECHNOLOGIE

Dans les années 2000, on achète des CD (si, si, on vous jure). Voire… des CD deux titres, car ces singles s’arrachent. On peut même les écouter sur l’ordinateur : les PC sont devenus plus puissants, l’ADSL se vulgarise et Internet est plus rapide. Le wi-fi se généralise, tout comme les cartes SD et le téléchargement illégal. En 2007, le premier iPhone arrive sur le marché et dans les salons, on s’équipe de la TNT dès 2005.

ÇA ROULE

Le skate poursuit son ascension dans les années 2000, boosté par le succès des jeux Tony Hawk Pro Sk8er. Et forcément, il faut avoir le style qui va avec : les riders portent de gros baggys avec de si grandes poches qu’on peut y cacher un pack de 12. Le caleçon doit être visible et on rajoute un teeshirt floqué d’un logo de marque de skate ; ça colle parfaitement à son sac à dos Eastpak pour aller en cours. Et aux pattes ? Les Vans, incontournables ou de gros paquebots comme les Etnies. Les filles, quant à elles, chaussent les fameuses Buffalo à flammes !

ON VA TOUS MOURIR

Oui, parce qu’à l’époque, on pensait que la fin du monde allait tous nous décimer. Loupé.

WIKIPÉDIA, SAUVE-MOI

Les collégiens et lycéens des années 2000 (et les autres aussi) ont vu Dieu arriver sur Terre le 15 janvier 2001 : c’est la naissance de… Wikipédia (bruit de foule en délire). Wiki le sauveur, Wiki le tout-puissant. Wiki le copier-coller pour nos exposés en classe.

DE MYSPACE À MSN

L’être humain va découvrir qu’il est capable de se faire des amis virtuels et de parler à des gens sans les voir. Tandis que Facebook grimpe (lire pages précédentes), Twitter fait son nid.
En face, on se connecte sur Myspace pour écouter de la musique, montrer sa trombine et discuter avec la planète entière. On se branche aussi à Tubededentifrice pour noter le physique des gens (et draguer un max). La communication changera définitivement en 2005 avec MSN et son Windows live messenger : on tchate toute la nuit avec sa bande de potes (et on les « wizz » pour les agacer), on s’envoie des photos, on branche sa cam… En 2009, plus de 330 millions d’utilisateurs sont actifs.

YOUTUBE ET DAILYMOTION

En 2005, Youtube apparaît le jour de la Saint-Valentin. Lancé par trois ex-employés de Paypal, il est un joli cadeau pour les amoureux de vidéos qui vont désormais pouvoir en poster ou en visionner gratuitement.
La première mise en ligne se fera le 23 avril, à 20 h 27, avec l’un des fondateurs, Jawed Karim, commentant sa visite au zoo de San Diego. En 2009, un milliard de vidéos sont vues chaque jour. Son pendant français, Dailymotion, souvent relégué au second plan, est également apparu en 2005. Un mois après Youtube !

 

Hellfest 2019 : un marathon d’enfer

« On est bénis des Dieux… » Ben Barbaud, le big boss du Hellfest, avait le sourire pour cette nouvelle édition ensoleillée et caliente du festival ! Plus de 180 000 personnes sur 3 jours très chauds, 156 groupes, du metal et de la bonne humeur : le Hellfest a encore brillé pour sa 14e édition. On y était. Instant souvenirs après avoir peu dormi…

Un tour sous le mur d’eau pour se rafraîchir ! (photo tmv)

1) Encore des records

> Moins de 2 heures. C’est le temps qu’il aura fallu pour écouler les 55 000 pass 3 jours, lors de leur mise en vente.

> 25 millions d’euros : le budget du Hellfest (toujours organisé par une association de loi 1901!). C’est le plus gros de France.

> 215 € : le prix d’un pass 3 jours.

> 27 millions d’euros : le chiffre d’affaires du Hellfest

> 70 : le nombre de nationalités présentes lors du festival

Dragon n’est pas une nationalité (photo tmv)

> 7 500 : la population de Clisson, la ville accueillant le Hellfest. Ben Barbaud, directeur du festival, a rappelé :   » Il n’y a plus un habitant qui n’aime pas les festivaliers alors qu’il y a 14 ans, il n’y avait pas grand nombre à nous pifrer. Il y a une vraie histoire d’amour entre les Clissonnais et les festivaliers.  »

> 15 000 litres : la consommation de muscadet durant les 3 jours

> 400 000 litres de bière écoulés l’an dernier. Va-t-on casser le record en 2019 ? Vivement les chiffres…

(Photo tmv)

2) La polémique Manowar

(Manowar a laissé des traces… Photo tmv)

Ce n’est qu’un Manorevoir… Le vendredi, MANOWAR, la tête d’affiche, a tout simplement quitté le site du festival le jour même, à quelques heures de son show. Bim. La nouvelle a refroidi de nombreux festivaliers, dont certains qui venaient spécialement… d’Amérique du Sud !

Pas contents mais connus pour être des divas, les slips en cuir (on parle de Manowar hein) sont restés flous quant aux raisons, laissant croire que l’organisation les avait empêchés de proposer l’énorme show qu’ils avaient promis (Rammstein, Iron Maiden ou Aerosmith n’ont pourtant jamais râlé les années précédentes, mais soit). Le directeur du Hellfest, quant à lui, est resté tout aussi flou, parlant de désaccords contractuels.

Désormais, Manowar se fait allumer sur les réseaux sociaux et les rumeurs courent de partout : le groupe aurait voulu faire ses balances avec une chorale sur un horaire déjà pris, ou dépasser la limite sonore autorisée en France, il aurait râlé à propos de la taille de la scène…
Au final, l’histoire se réglera probablement au tribunal. Rock ‘n’ roll…

3) Le « Disneyland » des metalleux : plein les yeux !

Espace restauration (Photo tmv)

Visuellement, il est impossible de ne pas être subjugué par les infrastructures magnifiques du Hellfest.
Imaginez la chose : sur une vingtaine d’hectares, trônent six scènes différentes, une grande roue, une statue géante en l’honneur de Lemmy de Motörhead, une horloge géante (ainsi qu’une main gigantesque faisant le signe du metal), une forêt « muscadet », ou encore un hélicoptère crashé dans un espace pour se rafraîchir et un espace VIP/Presse avec fontaine de faux sang et bar en ossature…

Aussi dingue que sublime, aussi grandiloquent qu’hallucinant : un travail d’orfèvre !

On vous a déjà parlé des murs d’eau géants ! (Photo tmv)

4) Pouvoir aux « vieux » !

On ne va pas se mentir, les vieux groupes en ont encore sous la pédale. Cette année, on s’est pris une bien bonne claque avec KISS – sur qui on ne misait pas un kopek – et leur concert ahurissant. Potards poussés au max, les amplis du Bisou ont craché sec. Et la bande à Gene Simmons a fait le show : débauche d’effets visuels, confettis, vomi de faux sang, pyrotechnie et… survol de la foule en tyrolienne !

Et les autres « anciens » n’ont pas démérité : ZZ TOP a fait pousser la barbe des festivaliers en une heure chrono, le temps de balancer ses tubes jouissifs. Quant à LYNYRD SKYNYRD, il a fait ses adieux devant une foule impressionnante. Le rock sudiste du gang floridien n’a rien perdu de sa superbe. Surtout quand il envoie un « Simple Man » beau à pleurer ou un « Sweet Home Alabama » ! Et que dire de ce rappel qu’on n’attendait pas (le groupe ayant dépassé son créneau) constitué de « Free Bird » et son solo mythique : ju-bi-la-toi-re. Après avoir entendu ce titre en live, croyez-moi que l’auteur de ces lignes peut mourir tranquille !

5) Les adieux

Slayer sur scène. Un goût d’enfer. (Photo tmv)

L’édition 2019 du Hellfest a également été marquée par le dernier concert des Américains de SLAYER. Les rois incontestés du thrash metal signaient là leur ultime passage français, pour cette tournée d’adieux. Set list monstrueuse (« Disciple », « Season in the abyss », « Hell Awaits », « Gemini », « Evil has no boundaries », « Angel of death », etc.), hargne dingue, concert brutal à souhait, scène envahie par une immense toile aux couleurs de l’Enfer et des rideaux de flammes…

Slayer a offert l’un de ses meilleurs concerts et tire sa révérence de manière sublime.

Slayer ? C’était le feu. (Photo tmv)

6) Ultra Vomit : la France brille (et rit)

Le Hellfest avait choisi cette année de mettre en place un vendredi spécial scène française sur la Mainstage. De KLONE à MASS HYSTERIA en passant par les énormes GOJIRA. Mais c’est ULTRA VOMIT qui, une nouvelle fois, a enflammé les milliers de métalleux. Jouant à domicile, les Nantais ont balancé leur metal parodique hilarant, dévoilant une Maïté peinturlurée en chanteuse de black metal, faisant venir une chorale gospel et un Jésus en maillot de foot qui distribue des hosties derrière une scène où apparaît un immense logo Jésus, façon ACDC. Sans oublier, bien sûr, la venue d’un faux Calogero (sur leur titre « Calojira ») qui aura berné tout le monde !

(Capture d’écran Arte concert / Ultra Vomit)

7) Metal maori et alerte aux fous

Dimanche, 10 h 30 du matin, la tête enfarinée, l’oeil bovin et l’haleine chargée de relents de la bière de la veille, on se dirige vers la Mainstage pour jeter une oreille sur ALIEN WEAPONRY. Bon, le nom est laid, le logo tout autant. Et pourtant sur scène, ces Néo-Zélandais vont mettre la torgnole matinale grâce à du metal maori ! Sur de gros riffs rappelant les Soulfly et Sepultura époque « Roots », les jeunôts alternent des chants maoris, traditionnels ou metal. Chouette !

Dans la foulée, on a assisté à INSANITY ALERT. Sur scène, ces Tyroliens (oui, oui) sont déchaînés. Oeuvrant dans le thrash crossover, les riffs s’enchaînent, rapides et véloces, tranchants et imbibés de bière et d’herbe qui fait rire. Heavy Kevy, le chanteur, balance vanne sur vanne et semble complètement torché alors qu’il n’est qu’onze heures du mat’. Dégaînant une pancarte avec la photo de David Guetta, il hurle « Pourquoi David Guetta est encore vivant ?? ». Derrière, sont diffusés des messages comme « Je m’appelle Mireille ». Pourquoi ? On ne sait pas. Mais les Autrichiens ont filé le sourire à tout le monde ce matin-là.

(Photo tmv)

8) Folie, émotion et vikings

Qui d’autre a-t-on vu ? Les tarés de PUNISH YOURSELF (prenez de la grosse techno hardcore et mélangez avec un mur du son punk et metal), le « super-groupe » DEADLAND RITUAL (avec le bassiste de Black Sabbath !), ou encore l’instant émotion avec EAGLES OF DEATH METAL. Le groupe connu pour les tristes raisons que l’on sait, était de retour sur les terres françaises après avoir été banni suite aux paroles polémiques du chanteur après l’attentat. Le Californien arborait cette fois un badge « Life for Paris », du nom de l’asso des victimes et s’est fendu d’un « je vous aime » en français.

Revocation (Photo tmv)

Le dimanche, on a aussi aimé le thrash monumental de DEATH ANGEL, le death-thrash ultra technique mais un peu m’as-tu-vu de REVOCATION (des musiciens qui ne se prennent pas pour des manches, ouarf), le black metal grec et poisseux de LUCIFER’S CHILD, le death culte d’IMMOLATION ou de VLTIMAS (regroupant des musiciens de Mayhem, Cryptopsy et Morbid Angel !).

Les frenchies de Punish Yourself (Photo tmv)

Enfin, petit bonus avec SKALD, la nouvelle sensation de la scène musicale viking. Avec costumes et instruments traditionnels (lyre, talharpa, etc.), ces Français pratiquent une musique nordique, envoûtante, percutante, au lyrisme prononcé, piochant ses influences dans la mythologie scandinave, le vieux norrois, les légendes islandaises. À en voir l’immense foule massée pour les voir, Skald a confirmé que son ascension était loin, très loin d’être terminée.

Céline, une festivalière du Hellfest (Photo tmv)

9) Les deux claques du festival

Il aura suffit d’assister au concert terrifiant de CULT OF LUNA pour se prendre l’une des plus grosses baffes du week-end. Show dantesque, jeu de lumières confinant au sublime, voix surpuissante, transcendée par un mur du son et… deux batteries ! L’effet est fou et la musique pachydermique des Suédois aura fini notre samedi en beauté.

Retenons aussi EMPEROR, dimanche, qui nous a autant écrasé qu’un bulldozer croisé avec un mammouth :musique froide, technique, complexe, épique, aux envolées explosives ou symphoniques, les pionniers du black metal norvégien ont brillé.

Le soleil se couche sur le camping du Hellfest

10) L’événement Tool pour finir

Autant dire qu’après 12 ans d’absence en France, la venue du groupe légendaire TOOL était plus qu’attendue, le dimanche à 0 h 30. D’autant que le Hellfest essayait d’avoir la formation depuis bien des années.

Au final, du grand spectacle, des écrans géants enveloppant la scène de mini-films psyché et envoûtants. Envoûtant, comme la voix de Maynard James Keenan, véritable OVNI, pépite maniant les variations comme personne. Musique dense, intellectuelle, mélodieuse et mélodique, aussi mystérieuse que le groupe en lui-même. Un instant rare, un instant magique. Idéal pour finir un week-end extraordinaire.

Le prochain Hellfest aura lieu du 19 au 21 juin 2020.

Textes et photos : Aurélien Germain

Années ’90 : ce qui a disparu

[Spécial années 90] Bon, cette fois-ci, à moins d’être mineur, il y a peu de chances que vous n’ayez pas connu cette décennie. Certains objets restent toutefois aujourd’hui introuvables et quelques personnalités nous ont quittés à tout jamais.

LE FRANC EST TOMBÉ

Cette monnaie a été utilisée en France jusqu’en 2002. Un processus de remplacement par l’euro qui avait commencé dès le 1er janvier 1999. Vous souvenez-vous de ces pièces grises de 10 ou 5 francs avec lesquelles on payait la boulangère, mais aussi des billets rouges de 100 balles ? C’est la fin d’une ère pour le franc français, qui datait de 1795, et le début des conversions compliquées aboutissant toujours à un « c’était moins cher avant l’euro ! »

LES SUPERMARCHÉS

Le magasin Mammouth, celui qui « écrase les prix », a été racheté en 1996 par le groupe Auchan. Peu à peu ces supermarchés ont ensuite fermé jusqu’au dernier en 2009. Continent, « Tout pour l’achat gagnant », est un autre hypermarché qui a disparu entre 1999 et 2000, racheté par le groupe Carrefour.
Néanmoins, il en existe toujours au Portugal sous le nom « Continente ». Avis aux nostalgiques.

POLITIQUE

La Tchécoslovaquie a disparu en 1993. Ce pays d’Europe centrale réunissait l’actuelle République tchèque et la Slovaquie. Un divorce assez raisonnable.

REMBOBINE !

Ah le bon vieux magnétoscope et ses cassettes VHS ! Pour regarder les derniers dessins-animés Disney ou le film Sister Act emprunté au vidéo-club, il fallait absolument détenir cet appareil qui avalait goulûment le bloc de pellicule noir. « Qui a encore oublié de rembobiner la cassette ? », pouvait-on souvent entendre râler.

Dans les années 90, près de 25 millions de films ont été loués en vidéo-club et le dernier fabricant de magnétoscopes dans le monde, Funai Electric, a cessé sa production en 2016.

ALLÔ ?

Mais qui collectionnait les cartes téléphoniques ? Dans les années 90, pour un coup de fil discret ou à l’extérieur de la maison, il y avait toujours une cabine téléphonique pour nous sauver la mise. Depuis le 31 décembre 2018, toutes ces cabines (qui nous ont aussi protégés de la pluie), ont été démontées en France. On en comptait 300 000 dans les années 90.

VIDÉO GAG

Vidéo Gag… Un florilège de gamelles, filmées et envoyées par des amateurs, et retransmises sur une musique entraînante, c’était le principe de cette émission qui a été diffusée sur TF1 de 1990 à 2008. Le record d’audience aurait été atteint en 1998 avec près de 10,7 millions de téléspectateurs. C’était aussi le temps de Culture Pub, du Millionnaire, des séries Code Quantum, Melrose Place ou encore l’émission La Cuisine des Mousquetaires avec Maïté et son anguille encore vivante.

LES BONBONS DE L’ENFANCE

Que sont devenus Les couilles de mammouth, immenses globes de sucre à lécher jusqu’à épuisement, ou encore les Push Pop, des sucettes qui ressemblaient à des sabres laser, et les Roll’up ou Hubba Bubba Bubble Tap, ce rouleau d’un mètre de chewing-gum à partager (ou pas) ?

CE QU’ON NE REGRETTERA (SANS DOUTE) PAS

On vous parlait dans notre retour dans les années 80 de la coupe mulet, mais dans les 90’s il y avait encore la « queue de rat ». Ces mèches qui pendaient dans la nuque des garçons se sont heureusement envolées. Parmi les choses qu’on ne reverra plus (jusqu’à la prochaine mode) : la doudoune Chevignon, le strass sur la dent, les sourcils ultra fins, les pendentifs dauphins et les tétines en plastique faisant office de bijoux, les ras-de-cous ou bracelets en plastique imitation tatouage, les barrettes papillons…

Certaines marques de vêtement ont d’ailleurs purement et simplement disparu : les premières marques de streetwear Dia, Com8, 2 High créées par des rappeurs. En revanche BullRot et Airness existent toujours. On n’oubliera pas non plus Fido Dido, petit personnage aux traits fins et à la mèche souple qui ornait les t-shirts de l’époque.

DE LÀ-HAUT

La décennie 90 marque aussi la disparition parfois brutale de nombreuses célébrités dont celle de Léo Ferré le 14 juillet 1993 en Italie à l’âge de 76 ans. Gianni Versace, le couturier italien a été tué le 15 juillet 1997 à Miami Beach, sur les marches de sa villa. Et enfin, on ne peut oublier Lady Di et son accident de la route tragique à Paris, qui lui coûta la vie le 31 août 1997.

> Retrouvez l’intégralité de notre numéro spécial années ’90 en téléchargeant le PDF juste ici

 

Années ’90 : ambiance, ambiance…

[Spécial années 90] C’était l’époque où l’on se débrouillait sans Wikipédia, où l’on avait des styles disons… différents et où on pouvait danser aussi bien sur du Larusso que du Vincent Lagaf’. Retour sur l’ambiance qui berçait les 90’s… Ah, et dédicace aux Kevin !

FOLIE VESTIMENTAIRE

Rappelez-vous du fameux baggy, pantalon XXL qui faisait de vous quelqu’un de « cool et stylé » (spoiler : en fait ce n’était pas le cas), des robes courtes avec collant en laine et le célèbre choker, ce collier au ras du cou pour les filles quand elles ne rajoutaient pas un petit coup de frosted lipstick, le rouge à lèvres qui donne un effet marron glacé.

On se battait aussi pour avoir son pull coloré LC Waikiki, orné du fameux chimpanzé et de son logo trop classe. Les fans de streetwear étaient davantage tournés vers le blouson Schott et le sweat Champion. Avec, aux panards, les mythiques Nike Air Max One.
Sinon, on piquait le style des acteurs de Sauvés par le gong (photo) ou on osait le tout-flashy. Bref, il y a eu de tout dans les 90’s. Et même des couleurs qui auraient dû être interdites par la fashion police.

FOLIE VESTIMENTAIRE (BIS)

Mais les 90’s, c’est aussi l’explosion des ventes de Doc Martens (au milieu de la décennie, 50 % des modèles sont achetés par les femmes). On s’affuble de lunettes rondes, de vestes en jean trop larges, on glane des tee-shirts aux imprimés Fido Dido.

Pour le bas, le jean taille haute (ah ce modèle Levi’s 501…) est obligatoire. On n’hésite pas à mettre sa casquette sur le côté ou porter un béret Kangol, parce que ça colle bien aux baskets à plateforme (ou avec notre jogging comme Mel C des Spice Girls). Les adeptes du grunge se contentent d’un blue jeans déchiré aux genoux avec une chemise à carreaux.

Vers la fin de la décennie, on se lâche : crop top, mini-jupe plissée, piercing au nombril bien visible (merci Britney) et chouchou dans les cheveux. Le string connaît ses heures de gloire et devient une pièce emblématique de la lingerie. Il attendra les années 2000 pour dépasser du pantalon. Argh.

LES PHOTOS ? LA PLAIE !

Prendre des photos avec son appareil photo jetable ? Trop cool ! Attendre des plombes pour qu’elles soient développées et s’apercevoir qu’elles sont toutes ratées ? Moins cool.

AH, LA MÉMOIRE…

Oui, parce que dans les années ‘90, il fallait apprendre les codes de jeu vidéo par cœur qu’on grapillait dans des magazines spécialisés (et qu’on squattait au bureau de tabac).

LE DÉMINEUR

Qui n’a jamais joué au démineur sur son ordinateur ? Personne. Qui a déjà compris les règles au lieu de cliquer à l’aveugle et se prendre une bombe en 3 secondes ? Personne.

INTERNET À (TRÈS) BAS DÉBIT

En 1995, Lionel-cyber-Jospin est un rebelle. Il clame que le Minitel « est limité technologiquement ». Et pan ! Avec le web, Internet commence à toucher le grand public.
Pour le reste, on est dans le rudimentaire. Wikipédia ? Oubliez. À l’époque, une info se trouvait sur les CD-rom « Encarta », des encyclopédies numériques. À la fin des 90s, Caramail est l’un des portails les plus populaires en France et on chatte avec des inconnus (vous savez, Emma du 37 qui était probablement Roger du PMU).

On se connecte à Lycos, on télécharge – le cœur tremblant – sur Napster, on personnalise son lecteur Winamp, AOL ne s’est pas encore pris le krach dans la tête. Et les internautes carburent au bruit insupportable du modem 56k ou du bruit de démarrage de Windows 95…

POUR CONTACTER LES POTOS

« Tatoo, votre tribu garde le contact avec vous ! » La tribu, justement, utilisait les bipers Tatoo pour communiquer des petits mots. L’autre concurrent de poche ? Le Tam-Tam : plus pro, plus technologique (3 lignes de textes !) et plus cher. Sinon, vous n’aviez qu’à écrire le numéro de téléphone fixe de vos amis sur un bout de papier et le glisser… dans votre portefeuille à scratch !

ON SAVAIT CHANTER (ET LE RIDICULE NE TUAIT PAS)

Bah ouais, les 90’s c’était ça : on pouvait chanter le plus que douteux « La Zoubida » de Lagaf’ avant de s’époumonner sur « Tu m’oublieras » de Larusso, avant de se déhancher sur du Britney Spears (et accessoirement, laisser son bidon à l’air comme elle), tandis que Jordy matraquait les ondes avec son « Dur, dur d’être un bébé ».

> Retrouvez l’intégralité de notre numéro spécial années ’90 en téléchargeant le PDF juste ici

 

 

La cuisine pour 100 potes, à la sauce Aucard

Aucard de Tours, outre la musique, c’est aussi et surtout une équipe de bénévoles qui oeuvre… même en cuisine ! D’où la sortie de leur livre « Popote ‘N’ Roll, la cuisine pour 100 potes », à acheter sur le site du festival cette année.

A Aucard, le show se fait aussi dans les casseroles. Une quinzaine de bénévoles s’activent durant une semaine, de 9 h à minuit, pour nourrir les musiciens, les techniciens, les chanteurs et toute l’équipe du festival.

« On prépare 100 repas tous les midi, 250 le soir et tout est fait maison, y compris la chantilly », explique Cécile, aux fourneaux d’Aucard depuis 1995.

Mais comment font-ils ?! « Beaucoup d’organisation et des recettes testées et éprouvées par les bénévoles avant le festival », sourit Céline.
Soupe de petits pois à la menthe, gâteau à la betterave ou cheese cake salé : l’équipe des « toqués d’Aucard » a la bonne idée de partager cette année quarante de ces recettes dans un livre collectif, La Cuisine pour 100 potes.

100 % conçues par l’équipe, toutes ces recettes peuvent être multipliées ou divisées par deux pour des cousinades, des fêtes d’été ou des mariages. Et bien sûr, le livre intègre une play liste spéciale Aucard, à écouter en cuisinant !


> Popote ‘N’ Roll, La Cuisine pour 100 potes, 12 €, en vente sur le festival Aucard

 

J’ai testé pour vous… le bar à sieste

Après les bars à eau, les bars à chats, les bars à oxygène… Voici le bar à sieste à deux pas de la Place Plum’ et bien sûr, on a voulu tester.

POUR LE TRAVAIL

Je connaissais Centre One pour y avoir fait des séances de cryothérapie et d’autres de boxe. Quand j’ai appris qu’il s’y installait un bar à sieste, j’ai évidemment voulu tester.
Et quand j’ai dit aux gens : « Je peux pas, cet après-midi je vais faire une sieste pour le travail », ils ont trouvé que j’avais un travail cool. De mon côté, je m’inquiétais de devoir dormir entourée d’autres gens, mais le bar venant d’être lancé, j’étais toute seule. Cela dit, il y a de grands rideaux qui séparent les différents lits, situés à l’étage du local de Centre One, à l’abri de la cacophonie de la place et même du bruit du reste de la salle de sport.

LIT CHAUFFANT

Jérémy Ouanna m’installe en me donnant un masque rafraîchissant pour les yeux et un casque sans fil VR diffusant différents morceaux de musique relaxante.

Je choisis les vagues ; j’apprécie la fraîcheur du masque, mais je mets quelques instants à m’adapter au casque car je ne peux pas me coucher sur le côté. Après avoir cessé de gigoter comme une anguille pour trouver la bonne position, j’ai enfin pu apprécier la détente de l’endroit et du moment. Le lit chauffant, le plaid, la cheminée… Pas de petite voix disant « tu pourrais faire le ménage, ou bien cet article, ou encore ceci, ou cela… »

Le fait d’être à distance de mon bureau me permet de me détendre très rapidement et même de m’assoupir au bout d’un moment à écouter les vagues. Tout est bien sûr optionnel : on n’est pas obligé de faire chauffer le matelas, on peut apporter son propre casque et sa musique (ou ne pas en mettre du tout), opter pour un matelas à picots Champ de fleurs… L
e but est de profiter de son moment tranquille dans une bulle cosy et c’est bien ce que je fais. Je suis étonnée de réussir à me détendre dans un lieu public mais l’espace est tellement cocooning et l’équipe aux petits soins (et j’avais visiblement vraiment besoin d’une bonne sieste !) que mes appréhensions se sont évanouies.

ÎLOT DE CALME

Une bonne demi-heure plus tard, Jérémy vient me réveiller. J’ai un peu de mal à me rappeler où je suis et ce que je fais là, mais je pense à lui demander comment il a eu cette idée.
« Quand j’étais pompier de Paris, j’étais adepte de la micro-sieste, m’a avoué l’ancien champion de France de boxe. J’en faisais souvent pour récupérer, car ce n’était pas toujours évident avec le rythme. En attendant le train, je me suis souvent dit que j’aurais payé pour m’isoler du bruit. Et c’est un peu ça Place Plum’ aussi, avec le bruit parfois. Le but est d’offrir un îlot de calme. »
Pari réussi.

Testé par Chloé Chateau

Centre One, 34 rue de la Paix, à Tours. Bar à sieste disponible de 11 h à 17 h, tous les jours d’ouverture. 20 min : 7 € (ou 44 € les 8 séances) ; 30 min : 10 € (ou 64 € les 8 séances) et 1 heure : 14 € (ou 89 € les 8 séances).
> Réservations possibles.

 

Foulette : La révolution des culottes !

Camille et Maëva Collinet, deux Tourangelles de 23 et 21 ans, ont un projet : elles chinent des foulards pour en fabriquer… des culottes ! Foulette, leur marque de lingerie, se veut écoresponsable et anti-gaspi. Bref, faire du neuf avec du vieux.

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Camille et Maëva Collinet lancent Foulette : et si on créait des culottes à partir de foulards ? (Photo tmv)

Avec Foulette, vous voulez créer des culottes à partir de foulards. Apparemment, l’idée vous est venue un dimanche matin, après avoir refait le monde ! Racontez-nous…
Camille : Oui, ça s’est vraiment passé comme ça. On a toujours écouté des podcasts d’entrepreneurs. On rêvait toutes les deux de lancer une marque qui ait un impact positif.
Maëva : En plus de ça, on adore voyager, on avait envie de créer… Et j’ai déjà travaillé dans la lingerie.
C : L’idée est donc venue comme ça, un dimanche. On était très intéressées par la réutilisation, l’upcycling (c’est-à-dire le « surcyclage », une sorte de recyclage par le haut – NDLR). Et le foulard est une matière qui nous plaît.
M : Camille me disait toujours de noter les idées quand on en a…
C : Alors on en a parlé et de là est né Foulette. On chine des foulards aux motifs différents pour les transformer et en faire des culottes uniques. Cela évite la surproduction, le gaspillage et limite au maximum l’impact écologique. On fait du neuf avec du vieux.

Vous souhaitez limiter cet impact écologique car il y a un gros problème de surconsommation dans la mode selon vous ?
C : Oui. C’est la deuxième industrie la plus polluante au monde, elle a des effets néfastes. On utilise des milliers de litres d’eau pour fabriquer ne serait-ce qu’un seul tee shirt ! Sans compter tous les produits chimiques qui polluent les sols, etc.
M : Les gens sont sensibilisés à la protection de la planète, au mieux-consommer, au bio, etc. Mais beaucoup moins au problème posé par l’industrie du vêtement. On s’est donc dit qu’il serait bien de proposer une marque écoresponsable.
C : On veut tout de même que Foulette reste une marque tendance. Avec une belle image.
M : Nos foulards font des culottes uniques qui raconteront une histoire. Les foulards de belle qualité qu’on aura chinés connaîtront donc une nouvelle vie.

50964936_732955403747537_65456340973125632_nPourquoi avoir choisi de prendre des foulards pour faire vos culottes ? Le tissu est-il meilleur ?
M : Le foulard est souvent fait avec de belles matières, comme par exemple la soie. C’est doux au toucher, c’est beau visuellement, les motifs sont originaux. Pour l’instant, on a différents prototypes qu’on finalise. Quand tout sera prêt, il y aura des culottes de tailles S, M et L. Notre premier modèle a été réalisé il y a un mois, mais je le répète, c’est un prototype qu’on veut encore perfectionner. J’ai le souci du détail ! (rires)
C : Quand tout sera prêt, on vendra les culottes au prix de 50 €. Car c’est fait main et c’est du made in France. Chaque pièce sera unique et plutôt haut de gamme. D’où le tarif. On vise une clientèle soucieuse de l’environnement, qui aime les choses tendances et peuvent mettre un certain budget pour ça.

Sur votre site, vous écrivez qu’en France, aucune marque de lingerie féminine ne réutilise de tissus existants. Comment l’expliquez-vous ?
C : Il y a une marque pour hommes, Les Damoiseaux, qui pratique l’upcycling et reste un concept alternatif. Mais pour la lingerie féminine, ça n’existe pas.
M : La lingerie pour femmes a encore ce côté « raffiné ». On n’ose pas changer nos habitudes, on n’achète pas de lingerie de seconde main, on croit que ça donnera un côté ringard ou sale, ou je ne sais pas quoi… Mais nous, ça ne nous fait pas peur ! (rires) Notre produit sera joli, attrayant, confort. Le tissu est lavé et on utilise du coton bio pour le fond de culotte. Ce ne sera pas la culotte de grand-mère ! Ce sera comme neuf !

Capture
Capture d’écran du compte Instagram de Foulette.

Financièrement, comment vous vous en sortez ?
C : On va faire une campagne de financement participatif pour lancer la marque. L’idéal serait de lancer ce crowdfunding cet été, une fois que nos modèles de culottes seront parfaitement finalisés. C’est également pour voir si les gens sont intéressés par notre concept et par Foulette.
M : Le crowdfunding sera un crash-test ! Pour le reste, on a quelques dépenses. Ça nous coûte un peu d’argent pour acheter, par exemple, les élastiques, les étiquettes… Mais bon, on ne le voit pas comme un travail – on a toutes les deux un métier à côté – mais surtout comme une passion.

Aujourd’hui, où en êtes-vous dans votre projet alors ? (l’interview a été réalisée le 14 mars – NDLR)
C : Les premiers prototypes sont faits et on souhaite encore, comme on le disait, tout fignoler. L’image de la marque est installée, l’identité visuelle, forte et cohérente, également. On essaye de réunir une communauté, notamment sur les réseaux sociaux. On a eu pas mal de retours positifs !

Il y a un peu d’appréhension à se lancer dans l’aventure, quand même ?
M : Oui, il y a forcément un peu de pression. On ne veut pas que ça tombe à l’eau. On croit vraiment à notre idée. Et qui sait, si ça fonctionne bien, pourquoi pas faire aussi des soutiens-gorge fabriqués à partir de foulards ?

> Avancement du projet à suivre sur :
foulette.fr
instagram.com/foulettefrance
facebook.com/foulettefrance

Maison Boinet : L’art de la ceinture

Pendant la Fashion Week de Paris, Maison Boinet a exposé ses créations aux Tuileries. Des produits de luxe, nés à quelques kilomètres au nord de Tours.

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Valérie contrôle la finition de chaque minaudière : c’est le bichonnage.

Bienvenue à Château-Renault, chez l’un des derniers fabricants français de ceintures. C’est un accessoires que tout le monde porte mais que l’on oublie, il peut pourtant être très original, voire carrément couture. De l’extérieur, rien ne fait rêver une modeuse : la manufacture Maison Boinet est installée au milieu d’une petite zone industrielle.

Il faut se glisser dans une grande pièce annexe de l’usine pour entrer dans le monde des photos de mode et du luxe. Des corsets en cuir vernis et des ceintures pailletées sont présentés sur des étagères en faux marbre.
« C’est notre petit studio photo, explique Ewelina, responsable de la communication. Nous faisons le maximum de choses en interne, pour être plus souples, plus rapides mais aussi pour intégrer les salariés à chaque étape. C’est important de savoir ce qui se passe après, une fois les pièces fabriquées. »

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Lucie, à l’emballage, l’une des dernières arrivées chez Maison Boinet.

La petite PME a été réveillée il y a dix ans par le groupe familial Vigin qui l’a rachetée et confiée à Bruno Jourd’hui. Le directeur imagine les collections et joue les VRP sur les salons de luxe. Après Pitti Uomo, la grande messe internationale de la mode masculine, mi-janvier, les ceintures made in Touraine s’affichaient début mars au salon Première classe, à l’occasion de la Fashion week.

UNE MANUFACTURE FAMILIALE

À 160 ans, la Maison Boinet s’est aussi offert une nouvelle jeunesse en ouvrant sa boutique en ligne, un saut nécessaire pour l’entreprise qui utilise encore des machines centenaires mais imagine des corsets en vinyle fluo. Avec ses 36 salariées et ses 4 stagiaires, elle reste une manufacture familiale. Tout le monde se connaît, certaines ouvrières travaillent ici depuis plus de trente ans.

Comme Isabelle, qui contrôle la qualité de chaque peau, l’une des rares femmes à occuper ce poste plutôt physique : les peaux de vachette sont lourdes. Elle entoure à la craie chaque défaut du cuir, même invisible pour un néophyte, avant de dessiner les bandes qui seront découpées puis encollées dans une machine, à la colle à l’eau. La teinture des tranches nécessite jusqu’à sept passages, les finitions se font à la main. Il faut ensuite poser les boucles, les œillets… La plupart des ouvrières sont polyvalentes et passent d’un poste à l’autre, comme Brigitte. Aujourd’hui à la couture des pochettes Origami en vinyle de la collection Eté, elle saute du perçage à la pareuse.

Cette organisation évite aux ouvrières la monotonie mais permet aussi à la manufacture d’être plus souple. « Nous avons travaillé avec des intérimaires en période de coups de feu, mais c’était compliqué. Certains manquaient de soin », explique Ewelina.

DES PIÈCES UNIQUES

La qualité. Le maître-mot de la petite usine, labellisée Entreprise du patrimoine vivant. Car Boinet est façonnier pour plusieurs marques haut de gamme et fabrique des pièces uniques pour de grands couturiers. Elle vend également ses propres créations au Bon Marché, à Paris mais aussi dans des magasins de luxe à Tokyo, Séoul, Singapour…

Monique, chargée de la qualité, contrôle la conformité de chaque pièce : couleur, finition, « main » – la souplesse et l’épaisseur de la ceinture finie – et les estampilles, avant leur emballage. Les ceintures doivent être soigneusement protégés pour ne pas s’abîmer pendant le transport : les boucles, emballées trop serrées, peuvent marquer le cuir.

Chaque pièce est marquée à chaud, en argenté ou en doré : taille, matières, nom de la marque… et bien sûr, « made in France »
Chaque pièce est marquée à chaud, en argenté ou en doré : taille, matières, nom de la marque… et bien sûr, « made in France »

Spécialiste de la ceinture depuis 1858, Maison Boinet s’attaque au marché de la maroquinerie depuis deux ans, avec prudence, car le sac à main nécessite un savoir-faire complexe, très différent. Amandine est l’une des deux maquettistes chargées des prototypes. Arrivée à l’usine par hasard il y a six ans, elle ne savait alors même pas qu’il restait des fabricants de ceintures en France, avoue-t-elle en riant.

(capture Insta Maison Boinet)
(capture Insta Maison Boinet)

Son habileté et son intérêt pour la création ont poussé la direction à lui confier ce poste particulier. D’après un dessin technique fourni par le styliste, elle coud un premier sac, dont les proportions et les finitions seront réévaluées selon sa « prise en main ». La création fonctionne encore de façon empirique : rien de tel que le regard, le toucher, pour voir ce qui fonctionne. Elle note également le temps de coupe et de montage, pour évaluer le coût de production final.

Chaque pièce possède sa fiche détaillée : le prix du cuir utilisé, des fils, de la bouclerie, du temps de main-d’oeuvre mais aussi de l’emballage… un euro d’écart, sur une pièce fabriquée 10 000 fois, peut coûter cher à l’entreprise ou trop augmenter le prix public. Tout est calculé. Par souci d’économie mais aussi pour ne pas gâcher.

C’est ainsi que la ligne de bracelets en cuir hyper chic est née en 2012 : la maison voulait valoriser des chutes de cuir. Vous avez dit upcycling ?

Les nouvelles tendances du thé

Deuxième boisson la plus bue au monde après l’eau, le thé séduit chaque année de plus en plus de consommateurs, avec leurs attentes spécifiques. Quelles sont-elles et comment les marques y répondent-elles ?

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De ce côté du monde, le thé n’est plus réservé aux Anglais et aux mamies et les nouveaux consommateurs ont leurs exigences. Tmv a fait un tour en ville et plusieurs thèmes reviennent invariablement, comme la santé, raison pour laquelle on passe aujourd’hui au thé ou à l’infusion. D’où une augmentation de la demande de thé vert « qui a pris une ampleur énorme », selon Benjamin Guillien, responsable chez Palais des thés. Richard Fromentau, responsable de la Maison Lhôte, ajoute que pour ceux qui cherchent à éviter la théine, les rooibos et carcadets (infusion à base d’hibiscus) sont très en vogue.

Logiquement, puisqu’il s’agit de prendre soin de sa santé, les consommateurs recherchent aussi du bio et de l’éthique, selon Clémentine Lenglart, responsable chez Maison Gramm. Les maisons productrices ont bien analysé ces demandes. Palais des thés affiche désormais le « label bio », qui permet de vendre en vrac les thés bios (auparavant pré-conditionnés) ainsi que le label « Safe tea » (chaque lot est testé afin de s’assurer qu’il respecte les critères qualité de la marque).

Chez Dammann Frères, les lots de thé d’origines sont également analysés « pour s’assurer de leur conformité aux réglementations, mais aussi pour contrôler la qualité visuelle et gustative des produits et proposer des créations originales et équilibrées ». C’est justement ce qu’attendent les consommateurs : si le bio et l’éthique sont importants, tout comme un emballage attirant (ce n’est pas pour rien que les marques rivalisent de créativité pour les fêtes), la priorité va encore à un bon rapport qualité/prix et à des parfums et mélanges originaux, notamment de saisons.
Ainsi, Dammann Frères crée une vingtaine de nouvelles recettes (dont cinq se trouvent d’ailleurs dans leur coffret automnal « Parfums de saison »).

Ces nouveaux arômes sont également utiles pour faire face à d’autres problèmes : en effet, depuis 2016, le durcissement des lois européennes a « conduit à une quasi-pénurie des thés fumés en Europe », affirme Palais des thés. Dammann confirme et explique : c’est le processus du fumage qui rend le thé impropre à passer les tests. D’où la création d’arômes pour recréer ces saveurs fumées, chères à bien des consommateurs.

Enfin, on note que la dégustation change de visage et le thé sort de la tasse. Les consommateurs cherchent des produits qui leur font du bien (et vont parfois jusqu’à demander en boutique « un thé pour le foie, contre le cholestérol, pour maigrir… alors que nous ne sommes ni médecins, ni nutritionnistes », s’étonne Benjamin Guillien) mais aussi à utiliser le thé autrement.
Il se boit à tous les repas et peut s’associer avec toutes sortes de mets, y compris le fromage, ou bien être intégré dans les plats. Pour répondre à cette curiosité, Palais des thés a d’ailleurs sorti un coffret Ma cuisine au thé avec un livret de recettes. Il semblerait que le petit-déjeuner et l’afternoon tea n’aient désormais plus le monopole du thé.

Par Chloé Chateau

>> Retrouvez également nos petits savoirs sur le thé <<

Il faut sauver la lingerie Indiscrète

À Chauvigny, dans la Vienne, un atelier de fabrication de lingerie se bat pour sauver ses emplois et son savoir-faire. Car Indiscrète a une particularité : s’adapter à toutes les morphologies.

(Photo NR)
(Photo NR)

Avec près de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, le slip et la chaussette pèsent lourd en France. La lingerie dite « à la française » est aussi réputée à l’étranger que nos parfums ou nos gâteaux mais contrairement à la pâtisserie et à la cosmétique, les marques de lingerie haut de gamme ont fait leurs cartons depuis longtemps : direction la Tunisie, la Chine, l’Inde, le Maroc, la Turquie… des pays où les ouvrières sont dix fois moins payées et où les cadences peuvent être deux fois plus élevées.
Chantelle, Simone Pérèle, Lejaby, Aubade, Darjeeling, Etam, ont fermé leurs ateliers français depuis des années. Parmi les marques qui pèsent, seul Dim fabrique encore ses collants dans l’Hexagone.

C’est ainsi qu’est née la marque Indiscrète, dans la Vienne. En 2010, Aubade délocalisait toute sa fabrication et laissait plus de cent ouvrières poitevines sur le carreau. Didier Degrand, le responsable de la production, s’associe alors à Cristelle Bois et Béatrice Mongella. Les trois ex-cadres d’Aubade réunissent leurs indemnités de licenciement et relancent un atelier de fabrication à Chauvigny.
Ils réussissent à ré-embaucher une vingtaine de couturières et reçoivent le label Entreprise du Patrimoine vivant. Mais le modèle est fragile, la concurrence est rude.

En France, une pièce de lingerie achetée sur 500 est made in France, souligne la FIMIF. Il faut 30 à 40 pièces et une heure de travail pour assembler un soutien-gorge dans les règles de l’art. Et quand la main-d’oeuvre représente 50 % du coût d’un sous-vêtement fabriqué en France, elle pèse environ 5 % en Asie ou en Afrique.

Le 24 juillet 2018, Indiscrète est placée en redressement : l’un de ses donneurs d’ordre a mis la clé sous la porte, en laissant une grosse ardoise, c’est la goutte d’eau qui coule la trésorerie fragile d’Indiscrète.
Deux semaines plus tard, Didier Degrand craque et se suicide dans l’usine. Les médias nationaux s’inquiètent alors du destin de cette petite fabrique, l’une des dernières corseteries françaises.

Aujourd’hui, le meilleur moyen d’aider les deux associées de Didier Degrand, les 22 couturières et les 120 conseillères de vente d’Indiscrète, c’est de participer à leur cagnotte solidaire et d’acheter une culotte en dentelle, parce que la magie d’Indiscrète, c’est aussi ça : habiller toutes les femmes, du 85 au 120, du A au F, du 36 au 58 et propose aussi du sur-mesure. Une rareté à préserver.

> La boutique en ligne : lingerie-indiscrete. com

> Le site de la fédération du Made in France, qui publie des enquêtes et des guides sur le sujet : fimif.fr

Une créatrice de mode de Touraine à la Fashion Week de Vancouver

Chantelle Lecourt partage son temps entre Tours et Manthelan, dans le Sud Touraine. À 21 ans, cette jeune créatrice et styliste a créé sa marque, fait du sur-mesure et a été contactée par la Fashion Week de Vancouver. Mi-septembre, elle s’y envolera pour présenter ses tenues !

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Chantelle Lecourt partage son temps entre Tours et Manthelan. (Photo tmv)

Quand elle parle, Chantelle Lecourt a des étoiles plein les yeux. Le sourire vissé aux lèvres. Constamment. Le rendez-vous ne ressemble même pas à une interview. Plutôt à une longue conversation d’une heure, où la jeune femme se raconte et transmet à son interlocuteur son amour pour la mode, la création, le stylisme.

Cela peut paraître cliché d’écrire ça, mais Chantelle est tombée dedans quand elle était petite. Ses deux arrièresgrands- mères étaient passionnées de couture. « L’une d’elle travaillait chez Guerlain et l’autre m’a appris les bases. Enfant, je découpais les habits de ma mère, je dessinais énormément », retrace-t-elle.

Une des tenues réalisées par Chantelle Lecourt. (Photo instagram.com/chantellelecourt)
Une des tenues réalisées par Chantelle Lecourt. (Photo instagram.com/chantellelecourt)

Le collège ne la fera pas dévier d’un iota. « J’avais déjà l’idée de réaliser ma collection et de me lancer dans ce milieu. En plus, à l’école, je brillais en arts plastiques et ça m’intéressait beaucoup. Le reste, bon… », dit Chantelle, malicieuse.

Ensuite, désireuse de « maîtriser tous les aspects », elle se dirige vers un lycée professionnel tourangeau où elle se spécialise dans la couture, puis atterrit au CFAM de Saint-Cyr-sur-Loire (lire tmv nos 215 et 272), le Centre de formation aux arts de la mode. Après les premières créations, les premiers retours professionnels. Ses tenues tapent dans l’oeil de Brigitte Sicard qui l’invite à son défilé caritatif, avec plus de 1 500 personnes réunies au Vinci.

Les contacts s’enchaînent, Chantelle se fait un nom. En 2018, elle décide donc de créer sa marque « Channy », comme le surnom que lui a donné son papa après un voyage en Australie. Maintenant, la créatrice de mode – elle fait tout de A à Z – développe ses projets et travaille dans un atelier situé dans une ferme à Manthelan, dans le Sud du département, où vivent ses parents. Et elle effectue régulièrement des allers-retours à Tours, où elle souhaite bientôt s’implanter durablement.

D’INSTA’ AU CANADA

Avant, un autre voyage l’attend, plus long celui-ci ! Le 16 septembre, elle s’envolera pour Vancouver, au Canada. Ses créations ont plu aux organisateurs de la Fashion Week : « Ils m’ont repérée sur Instagram car ils aimaient mon travail. Je n’étais pas bien réveillée quand j’ai lu leur mail. Je me suis dit : “ Mais qu’est-ce qu’il se passe ?! ” », se souvient Chantelle. Mais impossible de rater ça. Rapidement, elle lance une campagne de financement participatif pour réunir les fonds qui l’aideront à parcourir les 8 000 km. La cagnotte a été atteinte. Le rêve peut commencer.

Ci-contre : L’une des créations de Chantelle Lecourt, portée par Laura. (Photo Channy)
L’une des créations de Chantelle Lecourt, portée par Laura. (Photo Channy)

Parce que là-bas, public, influenceurs, pros et célébrités seront présents. Elle pourra leur présenter la douzaine de tenues qu’elle a réalisées. « Dix pour femmes et deux pour hommes. C’est une collection printemps-été 2019, dans les tons noir, blanc et or, avec une tonalité bleue. Les couleurs à la mode, je m’en fiche. Là, le bleu est ma couleur préférée et l’aspect métallique est pour le rock’n roll. »
C’est une des marques de fabrique de Channy : « Rock mais féminin. Mon style est déstructuré, décalé, asymétrique. Je travaille le cuir et le mélange à de la soie. »

À Vancouver, ses tenues seront portées par des mannequins de la Fashion Week, mais également, lors du final, par Laura et Jean-Baptiste, les deux égéries et ami(e)s de Chantelle. « Je sais que c’est un monde difficile », confie-t-elle, avouant que la pression et le stress montent.
Mais pas de quoi la faire vriller. En l’observant, la Tourangelle semble être une femme forte. Qui sait ce qu’elle veut et où elle va. Perfectionniste et décidée. Lancer sa propre marque au lieu de travailler pour un couturier ? « J’aurais pu, mais non. Je suis contente de ce que je fais, il y a du mérite, je travaille pour moi. C’est audacieux, je sais. » Travailler au fin fond de la campagne plutôt qu’en ville, un frein ? « Au contraire, ça m’a aidée, ça interpelle les gens ! »

30176743_1886054261435900_139368091_o-1531209510De toute façon, elle aime le calme. Ça l’aide à se concentrer sur ses créations haut de gamme. Des tenues qui peuvent prendre 30 à 35 h de travail pour une grosse pièce. Tout est fait sur mesure et unique. Chantelle se déplace pour parler avec ses clientes. Elle prend les mesures, effectue les croquis sur planches puis fabrique. Son regard est quand même tourné vers 2019. Son projet serait de passer à 40 tenues « pour créer mon propre défilé ».

À long terme, l’objectif de Chantelle est d’avoir sa maison de couture où elle formerait une équipe de modélistes pour sa marque. « Avec, toujours, une fabrication française : je pourrais m’associer avec des artisans du coin. C’est peut-être plus cher, mais c’est un savoir-faire artisanal qu’il faut transmettre », souffle-t-elle, elle qui « adore notre région ».
Sa présence à la Fashion Week de Vancouver devrait en tout cas l’aider et servir de tremplin. Elle reviendra en Touraine fin septembre, quelques jours avant son anniversaire en octobre. Un joli cadeau…

> Liens et contact : site / facebook / instagram

La bonne idée du frigo solidaire !

Deux Tourangelles de 15 ans veulent lutter contre le gaspillage alimentaire. Elles lancent un Frigo solidaire, un réfrigérateur en libre-service pas comme les autres, afin d’aider les plus démunis.

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Au lieu de jeter, donnez ! C’est, en substance, le message que veulent faire passer Constance Herault et Sara Halimi, deux élèves de 15 ans du lycée Sainte-Ursule.
Elles viennent d’adopter le concept de Frigo solidaire. Le principe est simple : placer un frigo chez un commerçant, dans lequel chacun peut déposer ou retirer de quoi manger. Une manière de lutter contre le gaspillage alimentaire, tout en tissant du lien social et en œuvrant pour la solidarité locale (1).

Au départ, l’idée leur a été impulsée par Natoo, une youtubeuse. « J’ai vu sa vidéo le 10 janvier », commence Constance. Cinq minutes trente durant lesquelles cette « influenceuse » du web dit s’engager dans la belle cause des Frigos solidaires et appelle à en faire autant. Résultat ? Plus de 2,2 millions de clics et des milliers de jeunes qui tombent amoureux du concept. Dont Constance, elle qui baigne dans l’humanitaire depuis quelque temps déjà. « J’avais fait mon stage de 3e à la Croix-Rouge. Un jour, j’ai rencontré un homme de 50 ans et sa maman très âgée qui avaient tellement faim… Ça m’a fendu le cœur. »
Le frigo en libre-service sera le prolongement de son engagement. La jeune fille contacte son amie Sara. « Elle était partante aussi. On a donc commencé à démarcher les commerçants à Plumereau, rue Colbert et place du Monstre », retrace Constance. NEWS_FRIGO_ENC

Les deux copines passent cinq heures à écumer les restaurants et exposer leur démarche. Mais pas grand-monde ne se montre intéressé. « C’était très dur. Je pense qu’on n’a pas assez bien présenté la chose. Il y a des autocollants sur les frigos solidaires. Du coup, certains ont peur que cela renvoie une mauvaise image », regrette-t-elle. Le salut viendra du grand-père de Constance qui l’aiguille vers Jean-Pierre Peynot, chef du Mastroquet. « Il était ravi de l’idée. De plus, il est dans une lancée caritative, puisqu’il fait partie du Rotary et une partie de sa terrasse est non utilisée. C’était l’idéal ! »

C’est donc ce restaurant des Halles, place Gaston-Paillhou, qui accueillera le frigo solidaire de Constance et Sara. Les particuliers, tout comme le gérant, pourront le remplir (voir conditions page 16). Celles et ceux qui en ont besoin viendront se servir… En espérant qu’il n’y ait pas d’abus ! « On compte tout de même sur le sens civique des gens », souffle Constance.

UNE CAGNOTTE POUR PARTICIPER

Preuve que le concept séduit, deux étudiantes tourangelles de l’Esten Sup’édition, Diane Ataya et Emmanuelle Cortes, se sont greffées au projet en tant que chargées de communication pour les deux jeunes lycéennes. Là encore, c’est la vidéo de Natoo qui a été le déclic. « Diane l’a partagée, ça nous a plu à toutes les deux, indique Emmanuelle. On voulait aussi le faire, mais après quelques recherches, on s’est aperçues que Sara et Constance avaient déjà commencé. Il a fallu contacter le lycée Sainte-Ursule pour obtenir leurs adresses mail et remonter jusqu’à elles, afin de leur faire part de notre envie d’aider. »

CaptureLes lycéennes sur-motivées ont également été soutenues par la pastorale de Sainte-Ursule, dirigée par Mme Ricouard, ainsi que leurs professeurs et le principal de l’établissement. « Les élèves, eux, trouvent ça bien et ils ont été nombreux à partager et parler de l’initiative. Personne n’a été réticent », ajoute Constance, ravie de voir que cela parle autant aux jeunes. Beaucoup sont d’ailleurs prêts à effectuer des rondes pour vérifier l’état du frigo.

Avec tout cela, le solide projet est donc bien avancé. Mais il reste une dernière étape avant son installation définitive. Pour permettre la construction, la mise en place et la livraison du frigo notamment, il faut atteindre l’objectif de la cagnotte (1) de 1 300 €. Une somme qui sera intégralement reversée à l’association Les Frigos solidaires qui cherche à étendre le concept partout en France.
À l’heure où ces lignes sont écrites, près de 1 100 € ont déjà été collectés ! Une fois la cagnotte terminée, l’aventure pourra enfin débuter. Et le Frigo solidaire de Constance et Sara ouvrira ses portes à Tours.

Aurélien Germain

[Mise à jour 15/03 12 h 54] Edit : l’objectif de la cagnotte vient d’être atteint ! Merci aux donateurs !

(1) En mai 2016, un frigo partagé avait déjà été inauguré au café associatif La Barque. Il avait été mis en place par Disco Soupe Tours.

(2) Cagnotte sur helloasso.com

>> Contacts Tours : sara.halimi@laposte.net et ataya.diane@gmail.com

[Mise à jour 13/04] Edit : le frigo solidaire est désormais disponible au Mastroquet. Le lancement a été fait le jeudi 12 avril au soir !

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Sara et Constance, les deux lycéennes à l’origine du projet.

Mer Made, l’appel de la crevette

Stelda nous fait découvrir une petite marque de déco tourangelle, Mer made, 100 % locale et éthique.

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Choisir la mer comme thème décoratif, c’est vu et revu. Et pourtant…
Les deux fondateurs tourangeaux de Mer Made réussissent à nous surprendre et à nous embarquer. Marie Lonqueu est couturière et costumière, Quentin Rivière est graphiste et illustrateur. À quatre mains (ou peut-être quatre nageoires…), ils ont créé un univers plein d’humour, un peu enfantin mais qui fait tomber en amour les grands.

Mention spéciale à leurs crevettes, rondes et rouges, posées comme des virgules sur des coussins, à leurs crabes qui caracolent sur des torchons et aux portes-conteneurs en bois qui rappellent les jouets de nos grands-parents.

Marie et Quentin aiment la mer mais s’inquiètent aussi de la terre ; ils ont donc choisi de travailler des matériaux chinés ou des matières écologiques : encres à base d’eau, lin enduits, coton bio. Ils fabriquent une partie de leurs produits et sous-traitent le reste à des entreprises locales ou de travail adapté. Une démarche cohérente. Jolie preuve qu’une entreprise peut faire beau et éthique.

>> Le site : ateliermermade.com/

Stelda

« La ronronthérapie peut nous aider »

Anti-stress, accélérateur de cicatrisation osseuse, bienfaits psychologiques… Le ronronnement des chats ferait des merveilles. Véronique Aïache, auteure et spécialiste en ronronthérapie, nous en dit plus dans une interview au poil.

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Vous êtes spécialiste en ronronthérapie. Pouvez-vous expliquer de quoi il s’agit ?
Il y a une phrase qui résume parfaitement cela : c’est l’art de se faire du bien au contact d’un chat. Le mot « ronronthérapie » est inventé, pas officialisé. J’avais par exemple repris ce terme en 2009 pour mon premier ouvrage sur ces chats qui nous guérissent. J’avais baptisé mon livre ainsi, car j’avais lu un article sur un vétérinaire toulousain, Jean-Yves Gauchet, qui s’y intéressait. Il y a une explication scientifique sur le ronronnement, cela procure un impact sur la santé. Le ronronnement, ce sont des ondes sonores et vibrantes que le chat émet s’il est bien ou non – il peut d’ailleurs le faire s’il va mourir.
En tout cas, cela fabrique des hormones du bonheur transmises au cerveau. Quand le chat se sent bien, il ronronne et se sent encore mieux. Au contraire, s’il se sent mal, cela lui permettra de secréter de la sérotonine. Il y a auto-médication. Le chat est son propre médecin. Et ce qui marche sur lui marche sur nous. Quand on entend ses vibrations, notre cerveau libère des hormones. C’est un antistress qui fonctionne, car on a en nous une telle dose de stress… L’humain fabrique alors de la cortisone, a des pics qui vont baisser ensuite de niveau. Au contact du chat, il régule cette cortisone.

J’ai cru comprendre qu’au départ, vous étiez pourtant plutôt chiens ! Mais l’arrivée d’une certaine Plume a tout changé…
Oui ! (rires) J’ai eu un chien, un petit caniche, pendant 14 ans. L’amour de ma vie. Je n’étais pas sensible aux chats. Je n’aimais pas trop ça au début. Je les trouvais un peu ingrats. Et puis un jour, ma fille en a voulu un pour ses 8 ans en promettant de s’en occuper. Évidemment… j’ai fini par le faire ! (rires) Plume m’a eue. Elle a su s’imposer à moi avec élégance et délicatesse. Je ne pouvais que m’émouvoir devant ses grands yeux verts. J’ai fini par que les chats n’étaient pas si ingrats. Ils sont fascinants, ne se livrent pas d’un bloc. Ils ont une logique, un art de vivre, un mysticisme.

Comment avez-vous effectué vos recherches sur les bienfaits du ronronnement ?
Grâce à Internet, des ouvrages et via une revue de Jean-Yves Gauchet. Je me suis aussi intéressée à une étude américaine qui a constaté qu’à fracture égale, un chat cicatrisait trois fois plus vite qu’un chien. Pourquoi ? À cause de la vibration du ronronnement qui aide à la cicatrisation osseuse ! Une technique qui a été adaptée à des appareils de kinésithérapeute pour les patients. C’est donc intéressant pour les scientifiques. En revanche, on ne sait toujours pas si le ronronnement vient de la gorge ou du nez…

Dans votre livre L’Art de la quiétude (*), vous revenez sur la fascination du chat à travers les âges, notamment chez les Égyptiens. Mais aussi sur sa capacité à se souvenir de l’essentiel, de ne pas s’inquiéter du lendemain, etc. Alors le chat est-il un animal malin ou intelligent ? Voire humain ?
Non, surtout pas humain ! (rires) Aucun animal ne l’est. La question est intéressante, mais difficile… Est-ce de l’intelligence ? Mmh… Peut-être du sens philosophique. Le chat est plus sage qu’intelligent. Je dirais que le chat a une intelligence existentielle.

C’est un animal souvent perçu comme ingrat ou égoïste… NEWS_CHAT_ENCADRE
Oui, car les gens ne comprennent pas qu’il s’agit surtout d’indépendance. Ce n’est pas de l’ingratitude. S’il est bien, le chat reviendra toujours. S’il sent un conflit dans la maison, il peut partir.

La zoothérapie a ses adeptes. La ronronthérapie peut-elle s’y intégrer ?
Complètement. Par exemple, la zoothérapie fait de plus en plus souvent intervenir des chevaux et des dauphins avec les enfants autistes. Elle est aussi indiquée pour les difficultés mentales. Alors oui, la ronronthérapie peut aider également. Certains services de gériatrie ont mis des chats avec des patients atteints d’Alzheimer. Les félins ont permis de les reconnecter à la réalité et ralentir la maladie, car ils sont doux et calmes.

On parlait du ronronnement comme puissant antistress. Quelles sont ses autres vertus ?
Il y en a tellement… Il suffit de caler sa respiration sur un ronronnement pour lâcher prise. Antistress, cicatrisation osseuse, mais aussi d’autres : en vivant avec un chat, on a 30 % de chances de moins de faire un AVC. Puisque le chat détend et détresse, votre tension artérielle se régule. Le chat boosterait aussi le système immunitaire. On a aussi vu que le ronronnement était perçu par l’enfant in utero : il fera moins de terreurs nocturnes plus tard.

Y a-t-il des races de chat dont le ronronnement apaise plus que d’autres ?
Non. C’est juste que certains chats ronronnent moins que d’autres.

Concernant votre ouvrage L’Art de la quiétude, ce n’est pas qu’un simple ouvrage sur la ronronthérapie et les chats. J’ai trouvé qu’il avait un côté « philo ». Vous êtes d’accord avec ça ?
Oui totalement et merci beaucoup pour votre remarque. C’était mon envie ! Je voulais amener la lecture à un niveau différent, à un degré de réflexion existentielle à travers la figure du chat. Et cela passe par le biais de la philosophie. Il ne fallait pas plomber le contenu pour autant. Je tenais à rester abordable sans diverger constamment.

C’est drôle, car vous parlez de philosophie, un terme qui étymologiquement signifie « amour de la sagesse ». Or vous disiez en début d’interview que le chat, c’est la sagesse…
Mais tout à fait ! La boucle est bouclée. Le chat est un grand sage !

Propos recueillis par Aurélien Germain

Lougage : Louer des habits le temps d’un voyage

Louer une valise pré-remplie pour les vacances ou un week-end, avec accessoires et vêtements de créateurs ? C’est ce que propose Lougage, une start-up lancée par l’entrepreneuse tourangelle Marine Deck. Un concept dans l’air du temps.

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Marine Deck

Marine Deck le dit clairement : « la location est un nouveau mode de consommation sur lequel on devra de plus en plus compter ». Cette Tourangelle de 25 ans l’a très bien compris. Après des débuts à Paris, elle est revenue s’installer dans sa Touraine natale il y a deux mois, pour y faire prospérer Lougage.

Lougage est son bébé, son protégé. Une start-up « au concept unique et innovant », s’enthousiasme Marine. Le principe ? Les clientes filent sur son site et peuvent louer à l’unité ou une sélection de pièces tendance de créateurs, spécialisés dans les voyages et les loisirs. Elles composent elles-mêmes leur valise pour la durée de leur choix.
Au menu ? Des tenues de ski ou d’été, des robes, des chapeaux, des manteaux et bien d’autres, mais aussi des accessoires et des bijoux. Une fois la valise composée, celle-ci est livrée à la cliente et le pressing est inclus. De quoi éviter le stress de la valise avant le départ, aborder la mode différemment… et de consommer responsable, évitant par ailleurs de stocker des habits qu’on ne met plus. Aujourd’hui, 35 créateurs français travaillent avec Marine. Depuis juin 2017, plus de 150 personnes ont adopté le système.

LE PLAISIR DE L’ÉPHÉMÈRE

Marine nous accueille dans son appartement lumineux situé dans un quartier tranquille de Tours. C’est ici que vit aussi Lougage. Ou plutôt, carbure. À tel point que la jeune femme a pris deux stagiaires sous son aile (qui travaillent dur dur pendant notre interview !).
Dans son dressing, les vêtements sont rangés dans des dizaines de box étiquetés. Lavés, repassés et prêts à « se faire louer ». Chic, habillée avec style, l’oeil rieur, Marine déroule le fil de son histoire. Ce qui l’a poussée à se lancer dans cette aventure ? « J’ai toujours été adepte de la location de vêtements. Quand j’étais à l’IUT, je louais des sacs à main. On s’est d’ailleurs moqué de moi avec ça. Mais ils ne comprenaient pas que c’était un nouveau mode de consommation, de service. »

Son goût du voyage sera le déclic : « Il y a ce côté éphémère quand on prend des tenues pour partir en vacances, c’est peu rentable. » Lougage germe tout doucement. Celle qui a enchaîné des études en GEA à Tours, puis un Bachelor à Paris et un Master Insec en marketing stratégique, lâche alors son job en 2016 et dit non à un CDI chez Chronopost. Le soutien de sa maman sera décisif.
Marine, aujourd’hui, « ne regrette absolument rien ». Elle a fait ce qu’elle rêvait : combiner sa passion pour la mode et pour les voyages.

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Capture d’écran du site de location Lougage

En voyant la collection proposée par Lougage, le choix semble large. « J’ai sélectionné des créateurs inspirés du voyage et mono-produit. Il y a aussi des choses “ instagrammables ”, comme les serviettes rondes, qu’on a envie de prendre en photo pendant ses vacances et poster sur Instagram. » En parlant photo, l’un des cartons de Lougage est d’ailleurs la location de petits Polaroïd®, fournis avec une avance de dix feuilles. « Les accessoires représentent 50 % des commandes sur le site », ajoute Marine.

Dans sa lancée, Marine ne manque pas de projets. Notamment en visant de nouvelles cibles, « comme la clientèle des DOM qui vient quelques jours en métropole ». Avec, toujours en ligne de mire, un état d’esprit, une philosophie différente de la consommation. « Les gens veulent de moins en moins acheter et on loue de plus en plus, même des voitures. Ce n’est plus qu’une question d’argent, c’est également une autre génération. »

> lougage-paris.com
> facebook.com/lougageparis

> Location à l’unité sans minimum de commande (avec livraison aller-retour inclus + pressing + assurance petits dégâts). De 5 à 50 € la pièce. Valise gratuite dès 80 € de location. Tailles du 34 au 42.

La Ressourcerie, une fourmilière humaine

Imaginez un lieu où chacun pourrait venir bricoler, lire ou encore coudre librement avec tout le matériel nécessaire à disposition. Un endroit où au moindre problème, il y aura toujours quelqu’un de bon conseil pour vous aider et montrer que vous êtes capable de le faire. Et bien tout cela existe à la ressourcerie de La Riche. #EPJTMV

La ressourcerie, située à La Riche, ne désemplit pas de bénévoles et de clients. Photo : Alizée Touami
La ressourcerie, située à La Riche, ne désemplit pas de bénévoles et de clients. Photo : Alizée Touami

« La ressourcerie œuvre dans le réemploi, la restauration et la réparation d’objets. » Sophie Robin, fondatrice de la boutique au printemps 2015, met de côté un téléphone mural en bakélite tout juste donné. Très prisé par les acheteurs, il sera transformé en luminaire après un long débat entre les bénévoles (qui se nomment valoristes) sur son avenir. La discussion fait la force, elle intervient aussi pour fixer les prix des objets vendus à la boutique. « Les dons ne sont pas anonymes. Nous prenons le nom des donneurs car nous souhaitons qu’ils nous racontent l’histoire de leur objet ».

L’association La ressourcerie La Charpentière a vu le jour en 2014, avant le lancement du magasin. Elle porte en elle l’éducation populaire, notamment avec les habitants du quartier. « Les 378 adhérents viennent de toute la Touraine, affirme Sophie Robin. L’association compte aussi quatre salariés en CDI, un service civique et souvent des stagiaires. » Un détail mais pas des moindres, l’adhésion est à prix libre, comme les livres vendus.

Des grafitis, des bacs de compostage, l'extérieur de la ressourceriez est aussi atypique que l'association. Photo : Alizée Touami
Des grafitis, des bacs de compostage, l’extérieur de la ressourceriez est aussi atypique que l’association. Photo : Alizée Touami.

Le lien social, avant tout

 Blanc, froid et industriel, l’extérieur du bâtiment de la rue Marcel Dassault à La Riche ne dit rien de l’intérieur coloré et vivant. Des graffitis, réalisés en chantier participatif, ornent l’entrée de la ressourcerie. Un composteur et des bacs potagers pour les habitants forment une petite cour. La boutique côtoie les ateliers. L’espace est restreint mais tout est rangé. « Nous vendons des objets en ligne, aux enchères sur ebay ou des meubles encombrants sur Le bon coin », explique une adhérente. Une fois par mois, un grand déstockage est organisé pour éviter que les objets ne s’entassent.

Située à proximité de deux quartiers populaires, à la limite de Tours et de la Riche, non loin de la faculté de médecine et de la voie rapide, la ressourcerie est un lieu de brassage social. « Ici les valoristes viennent de tous les milieux et de tous les horizons professionnels.», indique Sophie Robin.

L’une des forces de la ressourcerie se trouve dans l’entraide. Si tous les outils sont mis à disposition, la technique, elle, s’apprend grâce aux conseils de chacun.  « Ici, il y aura toujours quelqu’un pour vous aider », confie … en service civique à La Charpentière depuis octobre.

Comme dans une fourmilière, les bénévoles s’activent. Chacun connaît son rôle. Sur les pancartes colorées, il est inscrit : « Des ateliers outillés et équipés par et pour les habitants. » Avec l’aide de partenaires comme le Conseil régional ou des entreprises, la Charpentière a pu se doter d’outils. « Nous sommes en plein dans l’économie de la fonctionnalité, un objet sert à plusieurs personnes », se réjouit la fondatrice.

Les bénévoles peuvent réparer eux-mêmes leurs objets ou venir en restaurer. « Ils n’ont pas toujours la possibilité de faire du bruit chez eux et ne disposent ni de la place ni des outils nécessaires », confie Sophie. Elle aime observer ce petit monde s’activer, à côté de la mascotte Charp. « Ce singe représente la malice et les savoirs faire », glisse-t-elle.

Ponctuels ou réguliers, les ateliers font l’âme de la ressourcerie. Toutes sortes de fabrications y sont réalisées, de la confection d’instrument de musique au relooking de meubles. D’une année sur l’autre, le projet grimpe d’un étage dans le bâtiment et s’aménage au fur et à mesure.  Alors que les ateliers bricolage ont fait leur place au rez-de-chaussée, la couture et l’électronique se tiennent en haut de l’escalier en bois. Avec un premier niveau saturé, le deuxième étage permet le stockage. Le dernier étage est loué à deux artisanes.

"Nom de la dame" profite de l'atelier relooking de meuble pour donner une seconde vie a un plateau. Photo : Alizée Touami.
Une bénévole profite de l’atelier relooking de meuble pour donner une seconde vie a un plateau. Photo : Alizée Touami.

 Lutte contre les déchets et l’obsolescence programmée

Les donneurs se sont multipliés très vite mais la ressourcerie s’est mise à trier. « Parfois, on nous prend pour une déchetterie ou on nous apporte des objets dégueulasses… » peste la fondatrice. La remise en circulation des objets destinés à être jetés est constamment travaillée. « Malheureusement, c’est rien comparé à la quantité de déchets », déplore Sophie.

Les biens détournés, restaurés ou réparés nécessitent un travail de longue haleine. Une part des dons doit être jetée lorsque l’intervention est impossible. La ressourcerie s’emploie dans le recyclage. Dans un coin exigu, Sophie Robin pointe les matières recyclées. « Nous recyclons le métal et le papier mais nous cherchons une solution pour le plastique car c’est plus compliqué. »

Le développement incessant de la ressourcerie ne tient pas qu’à l’énergie de ses acteurs. « Les financeurs comme les pouvoirs publics ou les entreprises sont essentiels », souligne Sophie Robin. Avec la naissance d’autres ressourceries, la grande ambition de la fondatrice de la Charpentière est de créer un circuit touristique entre celles-ci. « Nous ne sommes toutefois pas prêts de concurrencer le vin ou les châteaux » sourit-elle.

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La ressourcerie la Charpentière, 2 bis, rue Marcel Dassault, La Riche. Ouvert les mercredis, vendredis et samedis après-midi. Téléphone : 09 51 04 54 19.

 Valériane Gouban et Charles Lemercier

Apprendre l’anglais en musique

Des difficultés avec l’anglais dans la vie professionnelle, une expatriation dans un pays anglophone, la candidature à une classe bilingue… Voilà les raisons qui incitent les parents à pousser la porte d’English for Kids, selon Pascale Merchin, la fondatrice. Créé en 2009, l’atelier propose des cours d’éveil pour les enfants en utilisant la musique mais aussi des cours de danse classique ou jazz en anglais.

Chaque semaine, le cours commence avec la météo. Photo : Lorenza Pensa
Chaque semaine, le cours commence avec la météo. Photo : Lorenza Pensa

Sensibilisée à l’anglais plus jeune par des comptines, son goût pour les langues a mené Pascale Merchin à des études en Angleterre et aux États-Unis puis au métier d’interprète. Après des expériences en tant que jeune fille au pair et éducatrice, elle choisit de développer sa propre structure. Un atelier qui propose un éveil à l’anglais pour les enfants.  « C’est une langue musicale et chantante, j’ai voulu en faire quelque chose de ludique. » Convaincue de l’utilité de l’anglais aujourd’hui, elle veut aussi aider les enfants à être à l’aise en cours à l’école.

Alors avant de débuter l’anglais tardivement en primaire dans une classe de plus de vingt élèves en moyenne, elle propose une initiation à l’anglais par la musique et le jeu. En utilisant la pédagogie active, l’enfant est mis dans une situation d’apprentissage de l’anglais similaire à du français.

L’anglais par le jeu

Apprendre l’anglais, c’est parfois une envie des enfants, d’abord. Intrigués par une musique, un camarade qui s’exprime différemment ou un voyage, ils sont demandeurs auprès des parents. Agathe Guénand, maman d’un petit Enguerrand, se rappelle qu’il était très volontaire lorsqu’elle elle l’a à inscrit à l’atelier, il y a 3 ans. « Je savais que les connexions dans le cerveau se font très jeune. Le but n’était pas qu’il soit bilingue mais qu’il intériorise la musicalité de la langue ». Aujourd’hui, la musique qu’ils écoutent dans la voiture c’est en anglais ! Le petit garçon demande la traduction de chaque nouveau mot qu’il apprend.

Ce mercredi, c’est sa soeur Apollonie, 19 mois, qui participe au cours accompagnée de sa maman. Jusqu’à l’âge de 3 ans, les enfants participent au cours accompagnés. « Happy New Year » entonnent les parents en entrant. Amanda, la maîtresse du jour est anglaise et mariée avec un Français. « Je ne choisis que des anglophones diplômés de l’enseignement supérieur ancrés ici en France. Je cherche la fiabilité », explique Pascale Merchin.

Son but ? Que les enfants apprennent l’anglais « sans s’en rendre compte » !

Le mot magique pour récupérer un objet ? "Thank you"
Le mot magique pour récupérer un objet ? « Thank you »

La mission semble réussie lorsque les enfants rejoignent les copains du mercredi. Chacun retrouve sa place autour de la table jaune avec une petite chaise sur fond « The wheels on the bus go round and round, round and round », une chanson enfantine anglaise. (Les roues du bus tournent rond, NDLR) Les parents ou grand-parents s’installent derrière eux sur une petite chaise rouge. Les jouets disposés sur la table sont autant de raisons d’apprendre les animaux et les couleurs. « That’s right it’s a cat ! » sourit Amanda en montrant le chat. Et les parents de répéter : « It’s a cat ! »

Avant de passer au rituel de la météo, il faut ranger la table. Pour ça, l’enseignante utilise une fois encore la musique. Parents et enfants reprennent la chanson en choeur « Clean up, clean up, everybody… » (On nettoie, on nettoie, tout le monde, NDLR)

La météo est sonore et visuelle. Amanda mime le soleil puis la pluie déclenchant les sourires des enfants. Des plus timides à ceux qui anticipent déjà en se levant, tout le monde participe et appose son étiquette au mur. Après les cartes représentant la pluie et la neige vient le beau temps et son soleil. Tout le monde applaudit. « Good job ! » dit Amanda pour féliciter les enfants.

Un parcours pédagogique en trois salles

Puis, c’est l’heure de changer de salle. La créatrice du concept a imaginé « un parcours pédagogique ». A l’ âge où ils ne tiennent pas longtemps en place, les enfants sont ravis de bouger régulièrement. La nouvelle activité est une chanson : « The ball is under the bus » (La balle est sous le bus, NDLR). L’occasion de se familiariser aux mots pour parler des transports. L’enseignante montre une fois encore ses talents d’actrice. Elle reste aussi pleine d’enthousiasme malgré les “maman je veux ce jouet”’ et autres bébés déconcentrés.

Les paroles de la chanson sont simples et permettent aux parents de chanter puis aux enfants à force de répétitions pendant quelques semaines avant que le thème ne change à nouveau.

Une maman ne peut s’empêcher de souffler à son enfant « ça veut dire rouge » à l’annonce du mot red. On a alors le sentiment qu’elle se rassure. Les enfants semblent assimiler le mot en voyant l’objet sans avoir besoin de la traduction. Chez English for Kids, Thank you c’est le mot magique. Si le français revient parfois se glisser dans une conversation, les enfants semblent en alerte à chaque mot anglais prononcé. “ Ce qui est important c’est la musique de la langue même si ils ne comprennent pas tout », insiste Pascale Merchin.

Prochaine étape : développer le nouveau cours de danse en anglais qui permettra aux enfants de pratiquer leur loisir préféré dans la langue de Shakespeare, of course !

Emma Gouaille

Renseignements et inscriptions au 06 63 19 72 18 ou sur www.english-for-kids.fr, de 12 mois à 10 ans, tarifs de 14 euros à 22 euros, 20 euros l’heure de danse ou d’arts créatifs.

Bien choisir son tatoueur, tout un art

Old school, newschool, polynésien, dot, lettrage…Tous ces noms correspondent à des styles pratiqués par les tatoueurs tourangeaux. Entre artistes spécialisés ou polyvalents, à Tours, les amateurs de tatoos ont l’embarras du choix. Pour ne pas se perdre, voici quelques conseils simples pour bien choisir son tatoueur. #EPJTMV

Alexis est venu se faire tatouer la date de naissance de son frère chez Gody Art Tattoo. Une adresse conseillée par son frère. Photo : Tiffany Fillon

Feuilleter les books

Tous les tatoueurs de la ville vous le diront : avant de se lancer, il vaut mieux passer dans plusieurs boutiques pour regarder les books. L’occasion de se rendre compte de la diversité des styles. Certains n’hésitent pas à recommander un concurrent plus spécialisé. C’est ce qu’explique Grifter le gérant de Ray Tattoo, un salon davantage spécialisé dans le réalisme: “Si un client désire un tatouage “japonais tradi” je vais l’envoyer chez Coco Bongo. S’il veut du lettrage, je vais plutôt lui conseiller le Cabinet noir.”

Jetez aussi un coup d’oeil sur les pages Facebook des tatoueurs. Ils y postent des photos qui ne reflètent pas toujours la totalité de leur travail. Raphaël Bihermand du Cabinet Noir conseille de passer du temps avec le tatoueur pour voir s’il vous correspond. Entre le tatoueur et vous, le feeling doit bien passer. Même si se faire tatouer est rarement une partie de plaisir à cause de la douleur, vous vous sentirez en confiance et serez plus détendu.

Bien choisir la zone à tatouer

N’oubliez pas que le tatouage, c’est d’abord une plaie. Romuald Noulin, tatoueur et gérant de l’atelier Epiderm’ink précise que “la douleur ressentie lorsque l’on se fait tatouer est propre à chaque personne”. Mais si vous ne voulez pas souffrir énormément, Romuald Noulin préconise d’éviter les “zones intérieures du corps, comme l’intérieur des cuisses ou l’intérieur des bras.” Ces régions du corps sont sensibles et la peau y est fine. Dans tous les cas, demandez conseil à votre tatoueur.

Un artiste sérieux n’acceptera pas de vous tatouer n’importe où. C’est un professionnel qui connaît bien son métier. Faites lui confiance ! Sur les réseaux sociaux, la mode est aux tatouages sur les doigts. Le gérant de Ray Tattoo le déconseille à ses clients. “Ce genre de motif vieillit mal. Il nécessite des retouches qui coûtent cher.”, détaille-t-il.

La formation hygiène et salubrité est obligatoire lorsque l'on veut ouvrir un salon de tatouage. Photo : Tiffany Fillon
La formation hygiène et salubrité est obligatoire lorsque l’on veut ouvrir un salon de tatouage. Photo : Tiffany Fillon

Les règles d’hygiène

Bien choisir son tatoueur implique aussi de s’assurer qu’il respecte les normes d’hygiène. Tout tatoueur doit avoir suivi une formation hygiène et salubrité dans un établissement habilité. Un document écrit qui atteste de cette formation doit être affiché dans les locaux. Regardez aussi si une pièce est exclusivement dédiée à la pratique du tatouage et si elle est propre. “Il est primordial de bien nettoyer la salle”, précise Dadoo de Body Custom. Le tatoueur doit aussi utiliser du matériel à usage unique et stérile ou bien stérilisé avant chaque utilisation. Il doit aussi vous désinfecter la peau avant le tatouage, se laver les mains, porter des gants et ne pas porter de bijoux.

Le ministère de la Santé déconseille fortement “les tatoueurs et les perceurs ambulants tels qu’on en trouve sur les plages ou les teknivals”.

Pour découvrir les tatoueurs tourangeaux et choisir celui qui vous correspond le mieux, cliquez sur notre carte interactive qui précise les spécialités, nom des tatoueurs et horaires de chacun.

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