Festival Émergences : le jazz pour tous

De nouveaux artistes, des sons inédits, Émergences, c’est le festival du jazz vivant et c’est pour tout le monde.

Anne Paceo sera au programme du festival.

Émergences, c’est un festival à deux têtes. D’un côté, Le Petit Faucheux, la fameuse salle tourangelle dédiée au jazz sous toutes ses formes et, de l’autre, l’école Jazz à Tours, une référence, elle-aussi. « Nous travaillons toute l’année ensemble, confirme Renaud Baillet, programmateur du Petit Faucheux, mais le festival est vraiment le point d’orgue de notre collaboration. Tout est fait à 50/50, du financement à la programmation. »

Un festival bien né, donc et qui a deux ambitions principales. « L’idée, c’est de programmer des talents émergents, de jeunes artistes issus de la scène locale ou nationale en début de carrière et en qui nous croyons. Mais la volonté, c’est aussi de mettre à l’honneur des formes émergentes de la musique jazz, de nouvelles esthétiques portées, parfois, par de très grands noms qui savent se renouveler. »

Et l’alchimie fonctionne. À ces deux lignes de force, on peut en ajouter une troisième, que l’on sent présente à tout moment : celle de rendre le jazz accessible à tous les publics. « Il arrive encore que le jazz fasse un peu peur à certains. Nous voulons montrer que c’est une musique qui s’adresse à tous. »

C’est la raison pour laquelle, Émergences (qui fête sa majorité cette année avec sa 18e édition) se paye une petite tournée des bars (le barathon) avec des musiciens, pour beaucoup étudiants de Jazz à Tours qui viennent se confronter à un public pas forcément habitué à cette musique. C’est aussi pour cela que le festival investit des lieux nouveaux, comme le musée des Beaux-arts ou le HQ (espace de coworking et pépinière numérique boulevard Béranger) pour des concerts ouverts à tous et gratuits.

« Plus de la moitié des nos rendez-vous sont gratuits, souligne Renaud Baillet et ces formes plus intimistes, pour des spectateurs non-initiés, sont très importantes pour nous. » Émergences, comme tout festival qui se respecte, c’est aussi des temps forts. Citons- en deux. La soirée d’ouverture avec la batteuse Anne Paceo, à La Pléiade de La Riche qui vient d’être sacrée artiste de l’année aux Victoires du Jazz.

« Un jazz teinté de soul, de pop et d’électro, c’est fascinant ! », s’enflamme Renaud Baillet. À noter également, toujours au chapitre ouverture, Alternate Cake, un concert commenté pour le jeune public, le mercredi 13 novembre, à 15 h 30. « On joue et on explique la recette, nous avions beaucoup de demandes des familles. Nous voulions y répondre. »


Au programme

♦Vendredi 8 novembre
Anne Paceo Bright Shadows, à La Pléiade de La Riche, à 20 h 30. De 8 à 25 €. Samedi 9 novembre Soirée West Coast, au Petit Faucheux, à 20 h. De 8 à 16 €.

♦Dimanche 10 novembre
Artdeko à l’Hôtel Gouin, à 15 h et 18 h, gratuit. Nosax Noclar, au HQ, à 16 h 30, gratuit.

♦Mardi 12 novembre
Grand ensemble Koa, au Petit Faucheux, à 20 h. De 8 à 16 €.

♦Jeudi 14 novembre
Le Barathon, de 18 h à 22 h, à la grande ourse, le Cubrik, le Shelter et le Balkanic. Gratuit.

♦Vendredi 15 novembre
Sylvain Rifflet Troubadour + Endless, au Petit Faucheux, à 20 h. De 11 à 23 €.

>Programme complet et infos pratiques sur festivalemergences.fr

Les mimes bruyants de la Compagnie Discrète

Le duo de la Compagnie Discrète pratique un mime original, au service d’un nouveau spectacle jeune public, « Sauve mouton ».

Crédit photo : Horizon©M[Art]ha
Du « mime cartoon » : c’est ainsi qu’Adrien Fournier et Alexandre Finck nomment leur art. Une dénomination incitative destinée, notamment, à ne pas effrayer les programmateurs cultivant « une image figée et poussiéreuse du mime », forcément muet.

Loin du duo plutôt bruyant de la Compagnie Discrète. « Dans nos spectacles, il y a des bruitages, des claquements de portes, décrit Alexandre Finck. Certains disent que ce n’est pas du mime. Pour nous, c’est une forme de mime. »

Les deux acteurs trentenaires se sont rencontrés au Conservatoire de Tours, en 2009, avec, dans leurs mémoires, des Charlie Chaplin, des Jacques Tati ou encore le Baptiste Deburau des « Enfants du Paradis » de Marcel Carné (1945).

« C’est un défi »

« J’étais fan de Michel Courtemanche que je regardais petit à la télévision, ajoute Adrien Fournier. Cette envie de transmettre au-delà de la parole a toujours raisonné en moi ; c’est un défi de raconter une histoire sans paroles et sans textes. »

Après des détours artistiques personnels, le duo s’est reformé en 2014. Depuis, Adrien et Alexandre interviennent en ateliers auprès de scolaires, de professionnels ou encore d’étudiants de l’Université de Tours et ont déjà monté trois spectacles : Le son du silence, Playwar et Horizon.

Les deux acteurs travaillent actuellement à Sauve mouton, leur prochaine création. Dans ce spectacle destiné au jeune public, un bibliothécaire et un lecteur voient des livres prendre vie. Notamment Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry!

Texte : Flore Mabilleau

> Play war, le 30 novembre, à Saint-Branchs.

> Première de Sauve Mouton, le 25 janvier, à la Médiathèque d’Esvres-sur- Indre.

Concerts à tout va avec les Cousto Corp

L’association tourangelle Cousto Corp organise des concerts toute l’année en ville.

Les Cousto Corp Sarah Lajus et Clément Prieur (Photo tmv)

Marinière et bonnet rouge : deux conditions vestimentaires essentielles pour se voir offrir un verre par les Cousto Corp. Quand ? Lors de l’anniversaire de leurs deux printemps, qu’ils ne fêteront pas en fanfare, mais avec la pop psychédélique de Lulu Van Trapp et Las Aves au Temps Machine.

L’association, organisatrice de concerts à Tours – une cinquantaine en deux ans – est gérée par un jeune trio assoiffé de musique et de lives : Sarah Lajus, Garance Malval et Clément Prieur.

« Au début, nous avons monté l’association pour rendre service à des musiciens de Clermont-Ferrand qui cherchaient une date à Tours, se souvient Clément, actuellement barman au Camden et membre du label Another Record. Après la soirée, on y a pris goût, donc on a continué ! ».

Leur credo : l’indie pop, rock ou encore la pop alternative. Le trio de bénévoles fait jouer les artistes au Pale, au Canadian, à la Grande Ourse, etc. « Sur une soirée, on essaie toujours d’avoir un groupe de la scène locale », détaille Sarah, assistante dans une association médico-sociale le jour. Les musiciens sont rémunérés grâce à la participation des bars et aux spectateurs, libres de donner « de 20 centimes à 10 euros, en général », résume Clément.

Les Cousto Corp, ce sont aussi des soirées décalées trustant les bars de la vieille ville : des karaokés de la mort ou rien ne sert de chanter juste ou encore des « mix participatifs » où les pires tubes retrouvent comme par magie un public…

Texte : Flore Mabilleau


> Le 4 octobre à 19 h 45, au Temps Machine, à Joué-lès-Tours. Tarifs : 8-13 €.

 

« Pour un Christophe Maé, c’est au moins 40 personnes qui suivent la tournée »

Dans le cadre de notre numéro spécial saison culturelle 2019-2020, tmv a interrogé Julien Lavergne, à la tête d’AZ Prod, sur le fonctionnement de la structure et son rôle au sein de la culture tourangelle.

AZ Prod multiplie les spectacles au cours de l’année.

Comment se passe la venue des grosses têtes d’affiche dans une ville comme Tours ?
Dans ce type de cas, c’est-à-dire 20 % de nos dates, nous sommes prestataires pour le compte du producteur national et on s’occupe des relations avec la salle, de la billetterie, de la promo, de la presse… Ensuite, on reçoit la fiche technique et, suivant l’artiste, il faut fournir diverses prestations. Ça va des serviettes à porter dans les loges au restaurant à gérer après le spectacle, en passant par le son, la lumière… Pour un Christophe Maé, c’est au moins 40 personnes qui suivent la tournée. Mais nous, on fournit du personnel local pour aider à monter et démonter, entre 30 et 40 personnes, en général. Un spectacle de variété, ça arrive le matin, ça monte, ça répète l’après-midi, il y a le show le soir et tout est démonté dans la foulée et ça repart le soir même. Quand on a huit semi-remorques et 60 techniciens sur la route, tout doit être optimisé en terme de coût.

Et pour les 80 % restant de vos spectacles ?
On est soit co-producteurs soit producteurs en direct. Le principe, c’est que l’on prend en charge l’aspect logistique et que l’on laisse l’artistique à nos partenaires. Mais quand on est co-producteur d’un spectacle, cela signifie que l’on assume une partie du risque. Donc, on ne prend que les spectacles auxquels on croit.

Avez-vous une action sur les artistes en développement, sur la scène locale ?
Nous avons très peu de lien avec la scène locale. C’est la mission des SMAC et des structures associatives ou liées à des collectivités qui ont des subventions pour cela. Nous, on arrive plutôt après, quand le groupe a été signé par un producteur ou un tourneur. On commence aux jauges de 400 places..

Un gros spectacle, à Tours, c’est combien de spectateurs ?
Le plus gros spectacle en intérieur qui ait eu lieu à Tours, c’est celui que nous avons fait avec les Insus. 15 000 personnes au Grand Hall. Mais c’est quelque chose de vraiment exceptionnel ici. En dehors des passages de Johnny, d’un Stromae, d’un Indochine et un Noah à la grande époque, en quinze ans, on a rarement dépassé les 10 000. En revanche, on peut le noter : Tours est une ville très rock. Les Lenny Kravitz, Deep Purple et autres fonctionnent très bien ici.


> Julien Lavergne est à la tête de la société AZ Prod qu’il a fondée en 2009. La structure basée à Tours organise environ 180 spectacles par an, dans tout le Centre-Ouest de la France.
> Mais, depuis plusieurs années, AZ Prod est également producteur du spectacle du Cadre Noir de Saumur, co-producteur de la tournée Les années 80 et de tournée Age tendre qui va partir sur la route en janvier.
> AZ Prod produit aussi le nouveau spectacle équestre de Mario Luraschi.

 

Le Petit Faucheux : la petite salle qui voit grand

Trente ans que ça dure ! Et l’aventure mâtinée de jazz du Petit Faucheux n’est pas prête de s’arrêter.

(Photo archives NR)

L’aventure du Petit faucheux dure depuis plus de 30 ans. Trente ans de passion pour une musique, le jazz, qui se décline sous bien des formes et bien des couleurs.

Aujourd’hui, la petite salle de la rue Léonard de Vinci fait partie des incontournables du paysage tourangeau, au même titre par exemple, que les cinémas Studio ou de TVB.
Et, comme eux, le Petit Faucheux exporte l’image de la ville bien au-delà de ses frontières. .

« Nous sommes très reconnus au niveau national, confirme Françoise Dupas, directrice du lieu. Comme le Temps Machine, nous avons le label SMAC et sur les 90 établissements qui ont ce label en France, cinq seulement sont spécialisés dans le jazz. Et, parmi ceux-là, Le Petit faucheux est la plus importante en terme de jauge et de public. »

Pas pour une élite

Et cela place naturellement Tours parmi les places fortes du jazz en France. « Quand une tournée européenne se monte pour un artiste international et qu’il y a dix dates en Europe, dont seulement deux en France, très souvent, nous sommes une de ces deux-là. »
La force du label, mais la force de l’histoire et, surtout de la réputation globale de l’endroit. « C’est vrai que nous sommes très attentifs à l’accueil des artistes, cela participe à notre réputation et cela facilite la venue des têtes d’affiche », souligne Françoise Dupas.

Têtes d’affiche dont peuvent profiter des spectateurs tourangeaux qui ne se limitent pas aux seuls amateurs de jazz. « Il est très important pour nous de nous tourner vers d’autres publics, en co-produisant des spectacles avec d’autres, en participant à des festivals, en menant des actions auprès du jeune public et, aussi, en nous transportant dans des lieux où on ne nous attend pas forcément. »

Manière de rappeler que le jazz (mais c’est vrai aussi pour toutes les musiques, finalement) est une expression populaire, aucunement réservée à une élite d’initiés.

A Tours, la culture sans frontières

Et si on vous disait que la culture à Tours est en train de devenir un exemple au niveau national ? Eh oui, les complicités qui se tissent ici entre les acteurs en font une ville unique.

(Photo NR / Julien Pruvost)

« Une autre chanson… Oui, vous madame ! » Thomas Lebrun est planté au milieu d’une scène improvisée dans une des salles du musée des Beaux-arts.
Les spectateurs-visiteurs ont une liste de titres entre les mains et ils lancent leurs propositions à la volée. Quand un morceau est choisi, un des danseurs de la troupe s’élance et improvise sur la musique. Des danseurs contemporains, dans un musée d’art classique, devant des spectateurs de hasard : cherchez l’erreur !

Mais cet improbable brassage est tout, sauf une erreur, sauf un hasard. « Il y a quelque chose d’assez unique, je crois, qui s’est mis en place depuis quelques années à Tours, savoure Françoise Dupas, directrice du Petit Faucheux, salle mythique du jazz s’il en est. Les lieux et les artistes collaborent ensemble et s’ouvrent les uns aux autres de façon très facile. »

Des « complicités »

Car Thomas Lebrun, charismatique directeur du Centre Chorégraphique National, ne fait pas exception. Benjamin Pionnier et Jacques Vincey, qui président respectivement aux destinées du Grand Théâtre et du Théâtre Olympia ne sont pas en reste.
« Jacques a fait sa première mise en scène d’opéra l’an dernier au Grand Théâtre mais l’an prochain, il vient comme comédien, comme résident, détaille Benjamin Pionnier. Cette année également, le chœur va participer à des spectacles dans la saison du théâtre Olympia. »

La liste de ces « complicités » entre ces deux lieux phares de la culture tourangelle est longue comme le bras. Et elles ne datent pas d’hier. « Il y a eu un alignement de planètes il y a quelques années quand plusieurs personnes sont arrivées en même temps à la tête de structures importantes, avec la même vision. Des gens qui avaient envie de travailler ensemble et qui n’avaient pas le goût du pré carré », se souvient Benjamin Pionnier.

Mais lui comme beaucoup d’autres le soulignent : tout cela n’aurait pas été possible sans une réelle volonté politique. « Dès 2015, c’était dans le projet de la Ville et de l’adjointe à la culture, Christine Beuzelin que de créer cette synergie, ces passerelles entre les lieux et les esthétiques. »
Tout cela, bien sûr, pour renouveler les publics et les propositions, mais aussi pour faire rayonner la ville sur le plan culturel, au-delà de ses frontières. « Elle est connue dans le milieu professionnel, cette ouverture. Tours est donnée en exemple pour cela », assure le directeur de l’Opéra.

La naissance du CCCOD, en mars 2017, est venue sceller cette nouvelle donne. Car, dès le début, dès les premières prises de parole de son directeur Alain-Julien Laferrière, le ton était donné : le centre d’art sera un carrefour, une agora où tous les artistes de la ville, comme ceux venus de beaucoup plus loin, pourront se retrouver.
Et, de fait, depuis sa création, le CCCOD multiplie les collaborations et ne perd jamais une occasion d’ouvrir ses portes à d’autres publics.

Des gens qui ont envie de travailler ensemble

« Avant, on avait peur qu’en se mélangeant avec les autres, on perde son public, analyse Benjamin Pionnier. Un public, c’était un peu une chasse gardée. Aujourd’hui, la consommation culturelle c’est “ Je vais voir le spectacle qui me donne envie et s’il y a un lien entre deux arts, c’est encore mieux ” ».

Voilà pourquoi une chanteuse de rock comme Claire Diterzi a pu passer une année en résidence au Grand Théâtre, aventure conclue par un concert de ses chansons en version symphonique, avec le chef à la baguette et le choeur de l’Opéra sur scène.
Voilà comment les affiches du Petit Faucheux se délocalisent à Thélème ou à Malraux quand elles sont trop alléchantes, comme ce fut le cas avec Brad Mehldau en mai dernier. Et font souvent salles combles.

À Tours, la culture ouvre les fenêtres à tous les étages. Un exemple ? Autour de la programmation pointue concoctée par Marie Hindy cette saison à Malraux, viendront s’ajouter plusieurs soirées plus « grand public » : Bigard dans son show d’adieu en novembre ou le tribute à Goldman en mars 2020. « Mais Marie, moi et les autres, on fait le même métier ! insiste Julien Lavergne, le patron d’AZ Prod, qui produit ces spectacles dans la région. Notre boulot, c’est de mettre des artistes en relation avec un public. »

Il n’y a pas de bon ou de mauvais public, ni d’art a priori plus respectable qu’un autre. Pour l’avoir compris et le mettre en pratique, la culture tourangelle est en train de franchir un vrai palier. Et ce n’est que justice.

Photo NR/Guillaume Souvant

Beaux-arts : « C’est un endroit assez magique »

#VisMaVille Son métier pourrait se résumer en trois verbes : « conserver, étudier et exposer » les œuvres d’art dont il a la charge. François Blanchetière est conservateur du patrimoine au musée des Beaux-arts de Tours.

François Blanchetière est conservateur du musée des Beaux-arts de Tours depuis 2017

Le bureau de François Blanchetière se niche dans la partie gallo-romaine du musée des Beaux-arts de Tours.
Après onze années passées au musée Rodin, à Paris, le conservateur du patrimoine s’est installé, en janvier 2017, dans l’ancien palais des Archevêques, au pied de la cathédrale de Tours. Tout près des chefs-d’oeuvre : ici un petit Rembrandt, là un Rubens, pour les noms les plus connus du XVIIe.

« Un endroit assez magique, confesse-t-il. C’est un lieu que je découvre encore et qui continue de m’éblouir. »
Le bâtiment, aux origines antiques, conserve de sa superbe même s’il accuse le poids des ans. « C’est un des derniers grands musées de France à ne pas avoir été rénové », regrette-t-il.

Le travail de François Blanchetière ? À 42 ans, ce spécialiste de l’histoire de l’art est responsable de l’ensemble des sculptures, ainsi que des collections modernes et contemporaines (XIX-XXIe siècle) du musée, abritant quelques joyaux, comme une peinture de Delacroix, une Diane chasseresse de Jean-Antoine Houdon ou un Balzac drapé d’Auguste Rodin.

Ce multi diplômé (également multi tâches) doit s’assurer que les œuvres d’art souffrent le moins possible des blessures du temps ; il supervise leur restauration, les étudie afin de découvrir « d’où elles viennent, ce qu’elles racontent » et les donne à voir, via des expositions permanentes ou temporaires. Il lui arrive même de les accompagner à l’étranger. L’année dernière, il a ainsi suivi son Delacroix jusqu’à New York.

Après Balzac, Olivier Debré

La recherche, « c’est le coeur de métier », celui pour lequel ce passionné s’affaire dans les réserves, étudie des documents, scrute des archives, à Tours mais aussi ailleurs. Un temps un peu trop court à son goût. La vie d’un conservateur se passe aussi, plus prosaïquement, derrière un ordinateur, à répondre à des mails, à manager, à participer à des réunions (programmation, budget, etc.) ou encore à animer des visites.

Le conservateur a ainsi aimé commenter l’exposition « Monumental Balzac » dont il est le commissaire et qu’il a fait découvrir au public une vingtaine de fois. À l’automne 2020, c’est à Olivier Debré qu’il consacrera ses discours. François Blanchetière travaille actuellement à une exposition consacrée au peintre, à l’occasion du centenaire de sa naissance.


Texte et photos : Flore Mabilleau

Chroniques culture #années2000

[Spécial années 2000] Le DVD d’Astérix et Obélix Mission Cléopâtre, sans oublier de parler de Tom Hanks et de la trilogie du Seigneur des anneaux… C’est dans nos chroniques culture des années 2000 avec, bien sûr, la petite playlist qui va bien !

LE DVD
ASTÉRIX ET OBÉLIX : MISSION CLÉOPÂTRE
Un film pour la famille et réalisé par une bande de potes, un budget record pour l’époque (50 millions d’euros) et un succès colossal au box-office (14 millions d’entrées) : en 2002, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre ratatine tout sur son passage. Chabat est à la barre et s’entoure d’un casting phénoménal, où Jamel, Darmon, Depardieu, Clavier, Belucci et compagnie sont un show à eux tout seuls. Le résultat ? Une comédie qui plaît, fait rire (17 ans après, c’est à noter) et déploie un potentiel comique savoureux. Et tant pis si la réalisation est quelconque ou que l’humour Canal ne fonctionne pas chez tout le monde ! L’édition collector DVD offre teasers et bandes-annonces, mais vaut surtout pour le commentaire audio et les bonus cachés.
A.G.

LA TRILOGIE IMMANQUABLE
LE SEIGNEUR DES ANNEAUX

Au début des années 2000, Peter Jackson – jusque là surtout connu pour ses délires gores avec Bad Taste et Braindead – retourne le monde du cinéma avec un projet aussi ambitieux que démesuré : l’adaptation, en une trilogie, du Seigneur des anneaux. En 2001 sort La Communauté de l’anneau, incroyable retranscription de l’oeuvre de Tolkien. Boulimique de travail et ayant trouvé en Nouvelle-Zélande un plateau de tournage géant, Peter Jackson enchaînera avec Les Deux Tours (2002) et Le Retour du roi (2003). Trois films emblématiques en 3 ans. Qui dit mieux ?
A.G.

ACTOR’S STUDIO
LA DÉCENNIE TOM HANKS
Impossible de manquer la trogne de Tom Hanks pendant ces dix années. De 2000 à 2010, l’acteur enchaîne les rôles et, entre-temps, se permet également de doubler des voix (Cars, Les Simpson, etc.). Sur grand écran, il marque surtout les esprits avec son rôle dans le sublime La Ligne Verte (2000), Seul au monde (2001) et Da Vinci Code (2006). Mais une fois encore, c’est quand il est dirigé par Spielberg qu’il est le meilleur. En témoignent deux films-clés, Arrête-moi si tu peux (2003) où, en agent du FBI, il cavale derrière un Di Caprio tout aussi magistral et bien sûr en apatride émouvant coincé dans un aéroport dans Le Terminal (2004).
A.G.

LA PLAYLIST DES ANNÉES 2000

A écouter en intégralité juste ici :

Bon Jovi – It’s my life
Eminem – The Real Slim Shady
Daft Punk – One more time
Las Ketchup – Asejere
Blink 182 – The Rock show
Yannick – Ces soirées-là
Shaggy – It wasn’t me
The Offspring – Original Prankster
Lady Gaga – Poker Face
Iron Maiden – Blood Brothers
Linkin Park – Numb
O-Zone – Dragostea Din Tei
Alizée – Moi Lolita
Avril Lavigne – Complicated
Pussycat Dolls – Don’t cha
Indochine – J’ai demandé à la lune
Johnny Hallyday – Marie
Evanescence – Bring me to life
K-maro – Femme like u (celle-là, on ne l’assume pas)
Tragédie – Hey oh (celle-là non plus)
Rammstein – Links 2 3 4
Maroon 5 – This love
Britney Spears – Oops I did itagain
Sinsemilia – Tout le bonheur du monde
OutKast – Hey ya
Fatal Bazooka – Fous ta cagoule
Rihanna – Please don’t stop themusic
Justice – D.A.N.C.E
System of a down – Chop Suey !
Three days grace – I hate everything about you
BB Brunes – Dis-moi
Anastacia – I’m outta love
Robbie Williams – Rock DJ
50 Cent – Candy Shop
Sniper – Gravé dans la roche
Lenny Kravitz – I’ll be waiting

(Merci à Nicolas Testé pour les liens Youtube)

La pop culture des années 2000

[Spécial années 2000] Après nos éditions spéciales années 80 et 90, place à la décennie 2000 pour clôturer notre série ! On se replonge à l’époque d’Avatar, des pop stars et de la téléréalité.

ET SI ON FILMAIT DES INCONNUS ?

À l’étranger, tout a commencé en 1999 avec Big Brother. Il fallait bien que le phénomène de téléréalité envahisse les écrans français dans la foulée. C’est chose faite en 2001 avec Loft Story. Le concept ? Enfermer des inconnu(e)s dans un loft et les filmer 24 h sur 24. Quoi d’autre ? Rien. Si ce n’est des séquences qui feront passer leurs auteurs à la postérité, comme cette escapade coquine dans la piscine où Loana et Jean- Edouard ne jouaient pas vraiment au Scrabble®. La France est sous le charme – pourquoi ? On ne sait pas – et se délectera aussi des Secret Story, Ferme des célébrités et autres Nice People…

LES POP STARS

La fin des années 90 préparait déjà le terrain. Au début des années 2000, le girl power règne dans la musique et les artistes femmes squattent le Top 50. Les Pussycat Dolls cartonnent (photo), Fergie rayonne dans les Black Eyed Peas (Elephunk, en 2003, est un succès), Paris Hilton s’y met également en 2006 (deux ans après la sextape qui fera sa renommée)…
Les années suivantes apparaissent les pop stars fabriquées par les télécrochets (coucou les L5). Et on n’hésite pas à sexualiser les chansons (Christina Aguilera et le clip torride de Dirty). Quant à Britney Spears, après des années au firmament, finit par péter un plomb en 2007 et se rase la tête, l’air hagard, devant les paparazzis.

LES SÉRIES TV

Les années ‘90 était le paradis des séries. Mais lors de la décennie 2000, la télé nous régale aussi avec Lost, Dr House, Prison Break. HBO met le petit écran à genoux avec Les Soprano et NBC s’impose avec The Office. À tmv, on craque littéralement pour… Malcolm !

LIKE MOI

Il était d’abord réservé aux étudiants, à sa création en 2004. Mais deux ans plus tard, c’est toute la planète qui succombe à Facebook. Créé (volé, diront certains) par Mark Zuckerberg et ses camarades, le réseau social commence surtout son ascension en 2008. Il ravagera tout sur son passage dès 2010. Aujourd’hui, plus de deux milliards de personnes possèdent un compte Facebook et peuvent potentiellement poster des photos de leurs pieds à la plage. L’enfer.

LES MEILLEURS TÉLÉPHONES DU MONDE

Nokia 3210 et 3310. Deux téléphones, deux succès monstrueux et qui, désormais, sont entrés dans la pop culture. C’était l’époque où on jouait au Serpent, où on personnalisait des sonneries ridicules (mais quel style !), où on envoyait des SMS à foison (payants, certes). Et où, visiblement, Nokia avait inventé des portables indestructibles…

TOUS À POIL !

De 2000 à 2002, on se réveille au son du Mooorniiing Liiive, l’émission qui réveille tes voisins. Ce bazar télévisuel révèle Michaël Youn – visiblement adepte de la tenue d’Adam – et concurrence férocement Télématin où l’on voit forcément beaucoup moins de paires de fesses. Sur France 3, on préfère mettre à nu sa personnalité : C’est mon choix devient un incontournable du service public.

LUKE, JE NE SUIS PLUS TON PÈRE

Après 15 ans d’absence, tonton Lucas est de retour. Dans les années 2000, le papa de Star Wars continue sa prélogie entamée en 1999 avec l’épisode 1, La Menace fantôme. Le public n’a rien oublié et retourne en masse voir l’épisode 2 en 2002 et le 3 en 2005. Malgré la présence du pire personnage de la saga, Jar Jar Binks.

KING OF POP

Le 25 juin 2009, séisme dans l’industrie du disque, de la musique et dans la pop culture. Michael Jackson est retrouvé inconscient dans sa maison à Los Angeles. Transporté au Ronald Reagan UCLA Medical Center, il est déclaré mort à 14 h 26, heure locale. Il sera enterré en septembre 2009. La planète pleure le King of pop.

ET LE CINÉMA CHANGEA…

En décembre 2009, le public découvre Avatar, de James Cameron. Le budget est pharaonique (plus de 350 millions de dollars) et le succès au box-office monstrueux (241 millions de billets verts amassés en 5 jours). Mais surtout, cette fable SF-écolo révolutionne le 7e Art à coup d’effets spéciaux fous et de performance capture.

JEUX VIDÉO DE PARTOUT

Pouvoir aux jeux vidéo ! Dans les années 2000, Sony commercialise la PlayStation 2 puis la 3. Nintendo sort la DS et le Game Boy Advance. Microsoft propose la Xbox et la Xbox 360… Et pour les gamers, c’est le paradis : Counter-Strike, Spyro, World of Warcraft, Final Fantasy IX, GTA Vice City, Metal Gear Solid 2… Et Les Sims triomphent. La Poste tirera même, en 2005, trois millions de timbres à leur effigie.

CANAL, LE DÉBUT DE LA FIN

En 2004, Canal+ fête ses 20 ans. Le Grand Journal de Michel Denisot devient un rendez-vous incontournable, le SAV d’Omar et Fred nous fait hurler de rire et Yann Barthès, dans l’ombre, prépare sa révolution de l’infotainement : Le Petit journal changera la donne en 2007. Après sa période faste, l’esprit Canal aura du mal à survivre…

EMINEM : LA CONSÉCRATION

Le 23 mai 2000, Marshall Mathers – aka Eminem – sort son 3e album, The Marshall Mathers LP. Lyrics énervés, rap violent mais accessible au grand public, goût pour la provoc, esprit antipatriote et gros doigt d’honneur à la société américaine : le « rappeur blanc » dézingue tout sur son passage et va écouler plus de 40 millions d’exemplaires. Passé d’illustre inconnu à star internationale, Eminem accouchera de trois autres albums de 2002 à 2009.

 

Retrouvez nos parutions spéciales années 80 et 90 juste ici !

 

Chroniques culture #72

Cette semaine, on revient sur la série (aussi extraordinaire que prenante) Chernobyl. Toujours dans l’horreur, retrouvez la chronique du DVD Happy Birthdead 2. Enfin, on termine avec de la BD et notre coup de cœur avec le roman graphique Cher Corps.

LE ROMAN GRAPHIQUE
CHER CORPS

Quel magnifique ouvrage, que ce « Cher Corps » (éd.Delcourt) de Léa Bordier ! Adapté de la chaîne Youtube du même nom, ce recueil touchant et sincère, brut et souvent bouleversant, présente 12 témoignages de femmes sur leur rapport au corps.
Ces histoires de vie sont mises en images par 12 auteures, de Mathou à Marie Boiseau, en passant par Mirion Malle et Daphné Collignon. De fait, chaque planche est différente, de par son coup de crayon, son trait, son regard, sa couleur. Aucune histoire n’est noyée parmi les autres, toutes ressortent en laissant apparaître cette nécessité de s’aimer comme on est.

Abordant frontalement ou poétiquement l’anorexie, les cicatrices, la grossesse, la non-binarité, le surpoids ou encore le handicap, Cher Corps montre une multitude de corps, rappelant le rapport délicat que l’on peut avoir avec.

Aussi décomplexant qu’intime, ce roman graphique poignant (et si attachant) plonge dans l’intime et sublime les corps et la Femme.
Libéré et libérateur, un livre à mettre entre toutes les mains : celles de ces dames, évidemment. Mais aussi – on l’espère – celles des hommes qui seraient bien avisés d’y jeter un œil, pour (enfin) s’apercevoir de la vraie pluralité des corps.
A.G.

LES BD
DAVY MOURIER VS LA MORT

On connaissait Davy Mourier pour sa série La Petite Mort. Cette fois, l’auteur revient dans un album étonnant, où il se met en scène dans une expérience particulière : celle de devenir stagiaire thanatopracteur. Avec son trait si caractéristique, Davy Mourier illustre sans tabou ce métier si mystérieux qui consiste à donner la meilleure apparence possible aux personnes après leur décès.
C’est frontal, parfois dur, souvent doux, avec ce qu’il faut d’humour (tous les morts ont le visage de Christopher Walken) et d’émotion pour offrir un album tout en justesse. Une BD faite pour comprendre la thanatopraxie et, surtout, aborder la Mort différemment : en se sentant vivant.
A.G.

ÇA SENT L’ÉTÉ !

On commence très fort avec « Le Dernier Pharaon » (Dargaud), une aventure de Blake et Mortimer signée… François Schuiten ! Avec l’aide de Van Dormael et Gunzig au scénario, il nous livre un récit passionnant, où ésotérisme et rêverie ont la part belle.
On continue avec « El Commandante Yankee » (Dupuis) de Gani Jakupi, une histoire hyper documentée de la révolution cubaine dans laquelle Castro, le Che et ce mystérieux commandant yankee nourrissent ces 224 pages.
Que dire alors de « Le Rapport W » (Daniel Maghen), de Gaetan Nocq, qui bluffe avec son graphisme époustouflant, dans ce récit d’un officier polonais enfermé volontairement à Auschwitz pour y monter un réseau de résistance.
On respire un peu avec « Picasso s’en va-t’en guerre » (Delcourt) où Daniel Torres, le chantre espagnol de la ligne claire, nous livre un magnifique hommage à la création à travers la figure de Picasso. Follement original sur le fond et sublime sur le dessin. Le nouvel Airbone 44 « Sur nos ruines » (Casterman) de Jarbinet replonge, lui, sur le traces de la débâcle allemande et la lutte des États-Unis pour mettre la main sur les savants d’Hitler : passionnant !
Hervé Bourit

LA SÉRIE A (RE)VOIR
CHERNOBYL

Sur les sites américains de référence, comme IDMb et Rotten Tomatoes, elle écrase tout sur son passage et pulvérise la concurrence, se payant même le luxe de dépasser en notation Breaking Bad et Game of Thrones. Elle, c’est Chernobyl. Une mini-série de 5 épisodes signée HBO qui, comme son nom l’indique, revient sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Ici, oubliez tout mélodrame futile ou tout traitement hollywoodien.

Chernobyl est sobre, épuré. Au réalisme quasi-documentaire ; à l’approche anti-spectaculaire. Que ce soit en matière de qualité cinématographique, d’écriture ou de jeu d’acteurs (la paire Jared Harris / Stellan Skarsgård), tout est absolument — n’ayons pas peur des mots — parfait. Nourrie par un souci du détail obsédant, enveloppée d’une atmosphère suffocante et dotée d’une photographie terne, la série donne froid dans le dos. Elle attrape par la gorge, tord les tripes.

Tout est si terrifiant, car tout est si réel : Chernobyl ne vaudrait presque que pour la leçon historique qu’elle envoie au visage du public (avec, en filigrane, cette question : quel est le coût du mensonge ?). Une perle télévisuelle, une des meilleures séries de la décennie.
A.G.

LE DVD
HAPPY BIRTHDEAD 2 YOU

Étonnamment, alors que le premier volet nous avait semblé bien lisse et paresseux, cette suite d’Happy Birthdead a bien plus titillé notre appétit cinéphile. Toujours basé sur le même postulat de départ (coincé dans une boucle temporelle, un personnage revit sans cesse le jour de son assassinat pour trouver le meurtrier), le réalisateur Christopher Landon a cette fois la bonne idée d’y injecter une grosse dose de SF.
Dans ce mélange hybride d’Un Jour sans fin version Scream, il rajoute une pincée de Retour vers le futur. Drôle, efficace, bourré de twists débiles mais assumés : en somme un film estampillé horreur qui ne se prend pas au sérieux (et ça fait du bien).
Quant à l’édition Blu-ray, elle propose bêtisier, scènes coupées et autres petits bonus à se mettre sous la dent.
A.G.

 

Pop culture : ce qui a marqué les années 90

Game boy, musique grunge, Pog et danse macarena… La décennie ‘90 a été riche et folle pour la culture populaire. On remonte le temps pour naviguer à travers la musique, le cinéma et les jeux cultes de cette période. Nostalgie, quand tu nous tiens…

DES SÉRIES TÉLÉ EMBLÉMATIQUES

Quand on regarde dans le rétro, difficile de ne pas se souvenir de la folie Friends (1994 aux États- Unis et ‘96 chez nous), aux maillots de bain rouges (et aux fantasmes qui vont avec) d’Alerte à Malibu, à Hélène et les garçons dès 1992, ou encore Charmed, Le Miel et les abeilles, Beverly Hills 90210, Code Lisa, X-Files, Melrose Place, Urgences, Dawson, 7 à la maison, Walker Texas Ranger ou encore notre triplette préférée Sauvés par le gong / Hartley cœurs à vif / Le Prince de Bel-Air.

LES SIMPSON

Connus dès 1987, c’est surtout à partir de 1990 que les Simpson seront diffusés régulièrement. Idem en France qui succombe au charme de la famille jaune grâce à Canal+ qui prend le bébé sous le bras. Aujourd’hui, on compte plus de 660 épisodes et 30 saisons. Un record.

LES SPICE GIRLS

1996 : la Spice Mania débarque. Geri Halliwell, Victoria Adams – future madame Beckham – Emma Bunto, Mel B et Mel C écrasent l’industrie du disque et leur « girl power » retourne la planète. Le single Wannabe est un razde- marée (tête des ventes dans 37 pays). Et en quelques années, 100 millions d’albums sont vendus. Plus qu’un groupe de musique, un phénomène de société.

LE PHÉNOMÈNE BOYS BAND

Être beau, chanter en playback, savoir se déhancher et être gaulé comme un Dieu : les boys band naissent à la chaîne dans les 90’s. Worlds Apart, N’Sync, Backstreet boys, New Kids on the block côté US ou, en France, G-Squad, Alliage et évidemment 2be3. Filip, Adel et Frank cartonneront avec le célèbre « Paaartiiir un jouuur, sans retouuur ». C’est bon, vous l’avez en tête ?

ET SI ON JOUAIT ?

Un jouet électronique en forme d’oeuf et un animal de compagnie virtuel à faire grandir : lorsqu’il arrive en France en ‘97, le Tamagotchi ravage tout sur son passage. Il s’en vend 900 000 exemplaires en 3 mois et devient un incontournable des cours de récré. Sinon, on se rabat sur les Pog, des rondelles en carton illustrées qu’on entasse avant de les renverser (et les remporter) avec un « kini ». Au printemps ‘95, la France succombe : 500 millions de Pog sont vendus en un an.

LA GUERRE DES CONSOLES

Septembre ‘90, l’Europe voit débarquer le Game Boy (avant d’envoyer des mails énervés, lisez la notice originale : Game Boy est au masculin, krrkrr). Les ventes de cette console de poche s’envolent, avec plus de 120 millions d’unités. Vendue 590 francs avec 4 piles, elle occupera les gamers pendant des années à coup de Tétris et Zelda… Coup double pour Nintendo qui enquillera, en 1992 en France, avec sa mythique Super NES (1 250 francs avec deux manettes et Super Mario World). De quoi faire trembler la Mega Drive de Sony qu’elle voulait concurrencer.

NULLE PART AILLEURS

C’était LE rendez-vous à ne pas manquer. Chaque soir, le talk-show de Nulle Part Ailleurs – NPA pour les intimes – rivalise d’audace et de folie. Le duo Gildas/ De Caunes dézingue la télé, Baffie joue le sniper, les Deschiens et Groland confirment l’irrévérence de la chaîne, Jango Edwards ravage constamment le plateau, les métalleux frenchies de Treponem Pal créent le scandale en montrant une « stouquette » en direct et les icônes du rock et du metal (Nirvana, Machine Head, Sepultura, Oasis, Slayer, Smashing Pumpkins…) se pressent pour y jouer en live.

GRUNGE : TSUNAMI MUSICAL

Apparu dans l’État de Washington, le grunge – ce dérivé du rock, en plus cradingue et saturé – va rapidement tout emporter sur son passage, ne laissant aucune miette (Bon Jovi est l’un des rares à avoir survécu). Si Pearl Jam, Soundgarden et Alice in chains vendent leurs albums par palettes entières, c’est évidemment Nirvana qui va symboliser le mouvement à lui seul.
En 1991, le groupe de Kurt Cobain balance Nevermind. Un disque de 42 minutes 38, rempli de tubes et écrasant la planète entière (30 millions d’exemplaires vendus). Le chanteur-guitariste se suicidera le 5 avril 1994. Laissant orphelins des milliers de fans en chemise bûcheron, froc troué et cheveux pas coiffés.

NTM

Alors que depuis 1986, NWA règne en maître sur le gansta rap aux États-Unis, la France voit arriver NTM (acronyme pour « Fais des bisous à ta maman »), revendiquant leurs origines banlieusardes. Le duo légendaire Kool Shen / Joey Starr sortira Authentik, le premier album du groupe en ‘91. Six mois après, NTM remplira le Zénith de Paris. Invraisemblable à l’époque pour un groupe de rap. Le hip hop vient d’entrer en France par la grande porte.

LES INCONNUS

Les années 90 scellent le destin des Inconnus. Leurs sketches sont dorénavant cultes, les récompenses s’enchaînent, leurs répliques sont connues de tous : le trio populaire s’en met plein les fouilles mais éclatera en plein vol, en partie torpillé par leur ex-manager. Gags pertinents et irrévérencieux + talent d’écriture = plus grands humoristes des dernières décennies.

HEEEY MACARENA… HA !

Que celui ou celle qui n’a jamais dansé la Macarena me jette la première pierre. Sorti en ‘94, le single ne deviendra vraiment qu’un tube de l’été en ‘96. Mya Frye y collera sa choré et la planète entière dansera. Et pour dormir moins bête, sachez que le groupe qui chante la Macarena s’appelle Los del Rio. De rien.

UN TOUR PAR LA CASE CINÉ

En 1995, le néo polar triomphe. Les Seven et Usual Suspects passent par là. Tarantino casse la baraque en enchaînant Reservoir Dogs, Pulp Fiction (Palme d’or en 94) et Jackie Brown. Des oeuvres cultes (Un jour sans fin, Trainspotting, Braveheart, Le Silence des Agneaux, Matrix) s’enchaînent. Le buddy movie et ses flics cool vit ses derniers instants (la ribambelle des « Flic de Beverly Hills ») tandis que les films d’action sont au sommet (le monumental Une Journée en enfer). Mais en 1997, Titanic écrabouille tout en raflant 11 Oscars. Et devient l’un des plus gros succès ciné de tous les temps.

ATTRAPEZ-LES TOUS !

Alors que le Japon a déjà craqué depuis 3 ans, le phénomène Pokémon débarque en France en 1999. Très vite, les cartouches Rouge et Bleu pour Game Boy s’arrachent (en un an, un million de copies). Les petites bestioles, emmenées par le célèbre Pikachu, se déclineront en cartes à collectionner, en anime ou encore en mangas. Mais c’est bien les jeux vidéos qui ont marqué toute une génération.

POWER RANGERS !

Ils ont rendu dingues tous les gamins des années 90 : les Power Rangers ont vu le jour en 1993. Si la bande d’ados en costumes colorés luttant contre les forces du mal ont été vus à l’écran en août aux Etats-Unis, ils ont squatté les télés en France la même année sur TF1. Dans quelle émission ? Celle du Club Dorothée, bien sûr !

UN RICARD, ROGER !

Ricard fait un carton et s’installe dans les restaurants branchés grâce à une carafe dessinée en 1993 par Elisabeth Garouste et Mattia Bonetti.

CD DANS LA POCHE

« Si à 15 ans, on n’a pas de CD Walkman, c’est qu’on a raté sa vie. » Qui sait, Séguéla aurait pu dire ça dans les 90’s ? Car c’est à cette période que le baladeur K7 se fait évincer au profit du walkman CD. Point positif : ça a la méga-classe. Point négatif : le son sautait dès qu’on marchait trop brusquement.

> Retrouvez l’intégralité de notre numéro spécial années ’90 en téléchargeant le PDF juste ici

 

Chroniques culture #71

Beaucoup de bandes-dessinées cette semaine, avec une tripotée d’œuvres pour les amoureux d’Histoire ! On a également le EP de Suzane, regardé le DVD L’Ordre des médecins mais aussi le vinyle de Muthoni Drummer Queen.

LE DVD
L’ORDRE DES MÉDECINS

Simon, pneumologue aguerri, côtoie la maladie et la mort constamment. Mais le jour où sa mère est hospitalisée, ses certitudes s’écroulent… Ici, David Roux offre une plongée réussie dans le monde médical (photographie clinique, couleurs froides) mâtinée d’un drame humain et familial bouleversant.
Ce regard sensible et humble est transcendé par la performance sobre mais brillante de Jérémie Renier, à fleur de peau. Film dur mais émouvant, intime mais humain, L’Ordre des médecins reste tout en justesse du début à la fin. Dans sa version DVD, l’éditeur a fourni d’intéressants bonus, entre un entretien avec le réalisateur et des rencontres avec le compositeur de la musique, une philosophe de la médecine et quelques courts-métrages pour compléter le tout.
> Sortie le 4 juin

LES BD
UNE ANNÉE AVEC LES RASPBERRY – T1

On connaissait déjà le trait de Pacco via Instagram, sur lequel le dessinateur poste les aventures de sa famille Raspberry (près de 90 000 abonnés au compteur, tout de même !). Petit plaisir cartonné pour eux : l’auteur sort « Une année avec les Raspberry » (éd.Delcourt), un recueil reprenant 127 gags déjà publiés sur les réseaux, ainsi que 20 inédits.
À travers un univers fun et décalé car anachronique, Pacco esquisse une chronique préhisto-familiale où sont incorporés des éléments de notre société actuelle. Joliment illustré, ce miroir tendre d’une vie de famille lambda (ado en crise, autorité parentale, couple, etc.) mais version Pierrafeu fait sourire, voire parfois rire (la mère est LE personnage qu’on adore). Mais certains gags tombent à plat et quelques pages manquent de teneur. Une bande-dessinée qui, toutefois, apporte distraction et fraîcheur. A.G.

HISTOIRES D’HISTOIRE

On commence avec le magnifique « Le Feu de Thésée » (Humanoïdes associés) pour se balader à Athènes sur les traces du Minotaure, sublimé par le récit de Frissen et superbement illustré par Trifogli.
Avec « Xérès » (Futuropolis), Franck Miller creuse le sillon de son amour pour la Grèce Antique, nous ramenant aux temps de Darius et Alexandre, avec ce trait si particulier et cet art du récit qui vaut autant qu’une révision pour le Bac !
À ce propos, lire « La Princesse de Clèves » (Dargaud), par Claire Bouilhac et Catel Muller, c’est aussi s’offrir un petit bonus ! On passera aussi un peu de temps au Louvre avec « Les Tableaux de l’ombre » (Delcourt), merveilleuse réflexion sur l’art et la célébrité, livrée par un Jean Dytar époustouflant.
Petite pause avec « Six Coups » (Dupuis) d’Anne Claire et Jérôme Jouvray, un western jubilatoire et plein d’humour. Et cerise sur le gâteau, on dégustera « Quand tu viens me voir ? » (L’Association) où Charles Berberian livre ses croquis magnifiques et ses réflexions sensibles sur le temps qui passe et l’amour de ses proches.
Hervé Bourit

LE VINYLE DE LA SEMAINE DE RADIO CAMPUS
MUTHONI DRUMMER QUEEN – SHE

Après un premier album assez discret en 2009, la MC Kenyane frappe fort avec ce second opus. Pour cette sortie, elle s’allie au duo de beatmakers suisse GR! & Hook et la formule cartonne. L’artiste s’accapare avec aisance les codes du hip-hop aussi bien que ceux du dancehall, du R&B et de la rétro soul. Les textes sont conscients et célèbrent la beauté, la force et l’audace des femmes africaines qui sont pour beaucoup de penseurs du continent, l’avenir de celui-ci. On ne sait pas encore si Muthoni Drummer Queen est l’avenir de la scène des musiques urbaines d’Afrique mais ce qui est certain, c’est qu’elle en est le présent et semble l’assumer pleinement.
Julien Abels

ÉVÉNEMENT
EMMANUEL TELLIER AUX STUDIO

Début mars, tmv vous parlait du dernier CD en date du Tourangeau Emmanuel Tellier, La Disparition d’Everett Ruess. Eh bien, bonne nouvelle ! Le film qui accompagne l’album sera présenté le 7 juin, à 19 h 45, aux Cinémas Les Studio à Tours. À la fois film documentaire et collection de chansons, cette histoire part sur les traces d’un personnage hors norme disparu à l’âge de 20 ans dans le désert de l’Utah en 1934. Un récit rare et subtil qui explore les marges et la poussière de l’Amérique de ces années sombres de la Grande dépression.
H.B.

LE EP
SUZANE

Une jeune fille toute seule sur scène qui fait des chorés et qui joue avec ses machines ? On a déjà vu ça ces derniers temps, me direz-vous. Pas facile en effet de trouver une place entre Angèle ou Jain, mais Suzane a définitivement ce petit plus qui fait la différence. Comme on a pu le voir récemment à Bourges, avant de l’apprécier de nouveau à Avoine Zone Groove ou aux Courants à Amboise, la demoiselle emporte tout sur son passage.
Et ce premier EP pose ses chansons électro sous les meilleurs auspices. C’est frais, percutant, drôle et sérieux à la fois. De quoi bien s’incruster dans la tête et donner envie de bouger. Quatre titres, c’est vraiment trop, trop court : vivement la suite !
H.B.

Chroniques culture #70 (spécial années 80)

[Spécial années ’80] Les chroniques culture changent de couleur cette semaine. On remonte le temps, à l’époque des VHS de Retour vers le futur ou encore de la sortie du mythique Appetite for destruction des Guns N’ Roses !


LE CLIP

MICHAEL JACKSON THRILLER
2 décembre 1983. Minuit. Une bombe est lâchée sur MTV. La chaîne musicale diffuse, en exclusivité, le clip « Thriller ». Treize minutes au compteur. Une folie. À cet instant, Michael Jackson vient de révolutionner le monde du clip musical. Le King of Pop appelle John Landis en pleine nuit pour le tournage.
Connu pour avoir fait ses armes dans Le Loup-garou de Londres, le cinéaste va devoir réaliser une vidéo au budget pharaonique pour l’époque (900 000 dollars). Le reste est passé à la postérité : considéré comme le meilleur clip musical de tous les temps, avec son ambition cinématographique, Thriller est tourné en 35 mm et réunit tous les codes des films d’épouvante (le chanteur, baptisé témoin de Jéhovah, devra d’ailleurs éteindre la polémique, accusé ici d’occultisme).
Passant en boucle, avec ses pas de danse devenus mythiques, Thriller sera édité sur cassette VHS et se vendra à 9,5 millions d’exemplaires. De quoi faire ravaler leur cravate aux producteurs de Michael Jackson qui étaient contre ce clip au départ… A.G.

LE CD
GUNS’N’ROSES – APPETITE FOR DESTRUCTION

On appelle ça un coup de maître… pour un coup d’essai ! En 1987, le groupe Guns ‘N Roses envoie à la face du monde un premier album qui reste, encore de nos jours, une des pierres angulaires du hard rock. À l’époque, la bande à Axl Rose est surtout connue pour son mode de vie (picole, dope et sexe) et ses concerts déjà fous furieux.
Mais avec Appetite for destruction – titre ô combien pertinent pour eux – les Californiens prouvent qu’ils sont aussi d’immenses compositeurs. Dès les premières notes de « Welcome to the jungle » (you’re in the jungle baby, you’re gonna diiiie !), l’auditeur se fait bouffer tout cru. Tout fonctionne : la voix éraillée et criarde d’Axl, l’ossature rythmique béton de Stradlin, la science du solo et des riffs jubilatoires de Slash, ainsi que la paire Mc Kagan/Adler à la section basse/batterie.
Énergie débordante, tubes alignés comme des missiles (« It’s so easy », « Sweet child o’mine » et le monument « Paradise city »), refrains anthologiques, ton provoc’ : les Guns mettront la planète rock à genoux après ce disque. Aujourd’hui, il fait partie des albums les plus vendus au monde, avec plus de 30 millions d’exemplaires. A.G.

LE CLASSIQUE CINÉMA DES 80’s

E.T. 4,5/5
Steven Spielberg a accouché d’une flopée de titres cultes. Mais avec E.T., le cinéaste offre l’une de ses oeuvres les plus poétiques, magnifiques et doucement rêveuses. C’est également ici que l’on trouvera l’une des plus belles partitions du compositeur John Williams. Plaisir pour petits et grands, ce joli conte enchanteur et émouvant (qui n’a pas versé une larme ?) à base d’extra-terrestres a marqué toute une génération.
A.G.

LA CASSETTE VHS

Retour vers le futur
Parce qu’il n’y aura jamais rien de plus classe que d’enfourner une cassette vidéo de Retour vers le futur dans son magnétoscope (quoi ? Vous ne l’avez pas gardé ?!)…
Le film mythique de Robert Zemeckis (sorti en octobre 1985 en France) se re-re-regarde en VHS, histoire de replonger dans cette folle histoire de voyage dans le passé aux côtés de Doc et Marty. Véritable triple sur l’espace-temps, ce « Back to future » jubilatoire, punchy et abouti se savoure encore et encore. De quoi se souvenir qu’à l’époque, un dénommé Louis Skorecki, un critique ciné, écrivait dans Libé que Retour vers le futur était « nul » et « l’un des plus consternants navets qu’ait produits la bande à Spielberg ». Loupé, Louis, loupé.
A.G.

Spécial années ’80 : pop culture à tout va

[Numéro spécial années ’80] Musique, télé, cinéma, ou encore objets cultes : la décennie ‘80 était riche en inventions et a marqué toute une génération. Du walkman à Depeche Mode, en passant par Gym Tonic et des chansons inoubliables, on se rappelle « le bon vieux temps »…

ON SE FAIT UNE TOILE ?

En 1980, La Boum crève l’écran et révèle Sophie Marceau au public. Looks, danses (ouais, on maîtrisait le slow à l’époque!), musique et premières amours : tout y est. Cette comédie romantique ado restera 35 semaines à l’affiche ! Quant à la troupe du Splendid, elle monte, monte, monte. En ‘82, sort le film cultissime Le Père Noël est une ordure. Plus de 35 ans après, les télévisions continuent à le diffuser environ 2127 fois chaque Noël. Qui a dit intemporel ?

NEW WAVE ET POP MUSIC

Pendant que Madonna connaît la consécration avec son Like a Virgin en ‘84 – à 26 ans, elle est déjà multimillionnaire – et que David Bowie est à son firmament avec le magique Let’s Dance en ‘83, la new wave devient l’un des genres musicaux les plus populaires.
Depeche Mode balance à la face du monde un Just Can’t get enough qui cartonne. Les premiers succès arrivent aussi pour The Cure et Eurythmics. En France, Taxi Girl et Indochine côtoient les étoiles. La bande à Sirkis finit par s’imposer avec 3, un album qui grimpera à la 2e place du Top 20.

DES JOUETS

La peluche Kiki ? Les puces sauteuses ? La Dictée magique ? Le ressort arc-en-ciel ? Le Yoyo ? Les figurines GI Joe ? Les Maîtres de l’univers et leur château des ombres ? Les poupées Barbie ? Les collections de pin’s ou de stickers Panini ? Comme dirait Tonton Jean-Mi, « Ah, on savait s’occuper à l’époque ! ».

LE BOOM DE LA CHANSON FRANÇAISE

Aujourd’hui, ne mentez pas : dans chaque fête, peu importe votre âge et votre génération, on finit avec 3 grammes dans chaque oeil en sautillant sur les Lacs du Connemara (1981).
Nombreux sont les artistes français qui vont colorer les années ‘80 de tubes mémorables. « Born to be alive » de Patrick Hernandez (sortie en ‘79 mais qui va traverser les 80’s… et pas que !), « Un autre monde » (Téléphone), « L’Aziza » (Daniel Balavoine), « Sous les sunlights des tropiques » (Gilbert Montagné), « Quand la musique est bonne » (Jean-Jacques Goldman), « Les Démons de minuit » (Images), « Ouragan » (Stéphanie de Monaco), « C’est la ouate » (Caroline Loeb), « Besoin de rien, envie de toi » (Peter Sloane)… Les années ‘80, années de la chanson française ?

DE STAR WARS À DIRTY DANCING

Durant la décennie, alors que la production hollywoodienne explose et enquille les classiques (lire p. 20-21), la saga Star Wars s’impose définitivement en alignant coup sur coup L’Empire contre-attaque (1980) et Le Retour du Jedi (1983). Mais en 1987, le sensuel Dirty Dancing pulvérise les écrans. Et contamine toute la planète avec Bébé et Johnny, Jennifer Grey et Patrick Swayze. Et que celles et ceux qui n’ont aujourd’hui pas tenté le fameux « porté » se dénoncent.

L’ESPRIT CANAL

Fut un temps, Canal + était LA chaîne à regarder pour se marrer (eh oui). Dans les années ‘80, on parle d’« esprit canal » : les Nuls agitent l’actu, Nulle Part Ailleurs est un coup de pied dans la fourmilière, Gildas et De Caunes forment le meilleur duo de tous les temps, Coluche a carte blanche avec Coluche 1 faux, Jean-Yves Lafesse fait de la caméra cachée pas cachée, Philippe Vandel et Karl Zéro débarquent, tandis que les Guignols de l’info dézinguent la politique. Ju-bi-la-toire.

TOUT DANS LES OREILLES

Quoi de plus classe que de se balader avec un walkman ? Les baladeurs-cassette sortis par Sony s’arrachent comme des petits pains, bientôt rejoints par ceux de Panasonic et Toshiba. Un vrai bonheur (sauf lorsqu’il s’agit de rembobiner sa K7 débinée avec un crayon…).
Pour les fanas de hip-hop (et si on a envie de danser le… smurf !), on se tourne davantage vers le Ghetto-blaster, ce gros poste radiocassette porté à l’épaule. À l’époque, on se collait ces Boombox à l’oreille.

DOROTHÉE

On aurait pu l’appeler la décennie Dorothée : dans les années ‘80, Frédérique Hoschedé (oui, c’est son vrai nom, désolé) s’illustre en chantant des tubes comme Hou la menteuse (1982), Allô allô monsieur l’ordinateur (en ‘85 et 100 000 exemplaires vendus quand même) et remplit les Zénith. En ‘87, elle crée Club Dorothée. Les gamins devant leur télé se goinfreront pendant 10 ans de Bioman, Dragon Ball Z et autres Nicky Larson et Sailor Moon.

METAL POPULAIRE

Sous-genre du metal, le glamrock se jette sur la planète dès le début de la décennie ; Mötley Crüe saignant la planète avec ses tubes et ses excès. Le thrash metal se popularise – aidé par des pointures comme Metallica – tandis qu’Iron Maiden, roi de la nouvelle vague heavy metal, publie 7 albums cultes de ‘80 à ‘88 (plus de 20 millions d’exemplaires vendus pour cette période).
Le metal se popularise auprès du grand public avant de couler dans les années 90, comme tout le monde, englouti par le tsunami du grunge avec Nirvana… Il renaîtra de ses cendres plus tard.

CAMÉSCOPE ET CD

En ‘83, Sony commercialise le premier caméscope au monde. Deux ans plus tard, JVC fait de même mais permet de lire la cassette enregistrée. Du côté de l’audio, le premier CD destiné au public est pressé en août 1982. En octobre, la première platine est vendue au Japon, accompagnée d’un album de Billy Joel. C’est une révolution dans le monde de la musique.
En ‘85, le « Brothers in arms » de Dire Straits – premier album entièrement numérique – contribue à démocratiser le CD. Les ventes s’affolent, le CD vient de tuer (provisoirement) le vinyle.

LA PUB : TOUT UN PROGRAMME

À l’opposé de ce qu’elles sont aujourd’hui, les publicités des 80’s n’hésitaient pas à être kitsch, fun (voire limite), bourrées de punchlines. « T’as le ticket chic » de la RATP, « Ovomaltine », l’ami Ricoré, la plus qu’étrange réclame pour « Cachou cachou Lajaunie Lajaunie, han han », le célèbre « Quand y’en a marre, y a Malabar », la garce de la Peugeot 205 et le vieux Léon pour Panzani. De nos jours, certaines pubs de l’époque ne seraient plus autorisées, car taxées de sexisme ou de racisme… Au hasard ? Les Banania et compagnie, la pub couscous Saupiquet et celle du cahier Conquérant (Maghreb et Afrique sont grossièrement caricaturés).

ON FAIT DE LA GYM (TONIC)

On pourrait résumer Gym Tonic seulement à son générique culte. Mais Véronique et Davina ont surtout embelli la télé de 1982 à 1986. Chaque dimanche, dix millions de Français sont scotchés à l’écran. Tiens, pour le plaisir, on se remet le passage de Bernard Tapie en juste au corps rouge, invité dans l’émission.

NES ET PAC-MAN

Un rond jaune avec une bouche, un labyrinthe. Simplissime, mais c’est devenu l’icône des jeux vidéo : Pac-Man, à sa sortie, bouffe tout sur son passage sans laisser de miettes. Quelques années plus tard, la console Nintendo déboule et le succès est mondial. Il s’en vendra plus de 61 millions d’unités, Mario a de quoi avoir le sourire. À ce jour, la « NES » reste la meilleure console du monde dans nos cœurs (si, si, on ne veut rien savoir !).

Chroniques culture #69

Les derniers albums de Frank Carter & The Rattlesnakes et Bad Religion, ou encore la dose de BD humoristiques : voici les chroniques culture.

LES CD


FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES – END OF SUFFERING

« End of suffering », soit « la fin de la souffrance »… L’écorché vif Frank Carter aurait-il mis ses démons intérieurs entre parenthèses ?
À en croire ce titre et la direction prise pour ce nouvel album, on serait tentés de répondre par l’affirmative ! Car ici, l’ex-chanteur de Gallows semble délaisser le punk brûlant et ravagé des débuts pour offrir un rock plus doux, plus consensuel, voire – et ce n’est pas un gros mot – plus… pop !
Pour ce troisième disque, exit l’urgence : le chanteur tatoué de la tête aux pieds offre une musique plus colorée (autant que sa pochette !) et mélodieuse. Si le côté plus calibré et moins saturé pourra surprendre, force est de constater que Frank Carter est difficile à prendre en défaut au niveau de la voix et de ses compositions finement écrites.
Un regret toutefois : End of suffering paraît en dents de scie (comparez la claque « Tyrant Lizard King » et le très moyen « Supervillain »). L’enfant terrible vient de pondre un album qui risque bien de diviser ses fans !
A.G.


BAD RELIGION – AGE OF UNREASON

Lectrice, lecteur, je ne vais pas te mentir : cela fait bien des années que je me demande ce que Bad Religion bouffe le matin.
Après 40 ans de bons et loyaux services, les vétérans du punk rock californien continuent d’avoir la pêche, la hargne et de balancer les torgnoles, que ce soit sur disque ou sur scène. Ce 17e (!) album ne déroge pas à la règle : il suffit d’enfourner la galette et de prendre son premier titre (1’50’’ au compteur) en pleine tronche comme un TGV pour s’en apercevoir.
Oui, les Ricains protestataires en ont toujours sous la pédale. Oui, la recette est éprouvée mais fonctionne toujours. Oui, Greg Graffin — chanteur et également docteur en biologie et universitaire renommé — balance ses brûlots, toujours dans un esprit contestataire et No Future.
Sous forme de grenade anti-Trump dégoupillée, armé de valeurs d’avancement, interpellant les citoyens, ce « Age of unreason » prouve que les Bad Religion ont toujours le poing levé.
A.G.


LES BD


HUMOUR À FOND !

On commence par « Open Bar » (Delcourt), ce nouvel opus de Fabcaro qui explose littéralement les zygomatiques. C’est fin, décalé, jouissif et tellement en résonance avec notre quotidien que c’en est hallucinant.
Toujours aussi subtil, Binet nous régale avec son 22e tome « Les Bidochons relancent leur couple » (Dargaud) où il y a de quoi rire entre masque au concombre et canard sextoy !
Ambiance western mais humour toujours pour ce « Walter Appleduck »(Dupuis) avec Fabcaro aussi et Fabrice Erre pour des gags avec un cowboy stagiaire complètement déjanté.
Kim Duchateau est quant à lui l’un des plus grands humoristes flamands du moment. Avec sa « Esther » (Fluide Glacial) délurée, cette première parution française mérite attention.
On a aussi adoré la fable écolo « Et nos lendemains seront radieux » (Gallimard BD) où Hervé Bourhis fait rire jaune et voir rouge. Encore plus fort, le « Ni vu, ni lu « (Delcourt) de Jean Christophe Mazurie : Une petite merveille de mécanique jubilatoire à l’excès.
On finira avec « L’Extraordinaire abécédaire de Zoé Marmelade » (Soleil) de Bianco et Pommerpuy, un chef d’oeuvre de plus à porter au crédit de la géniale collection Métamorphose!
H.B.



ECONOMIE

LE MARCHÉ DE LA SVOD EXPLOSE
Le service de vidéo à la demande se porte bien, merci pour lui. Selon le bilan du CNC, en France, ce marché de la SVOD par abonnement a doublé entre 2017 et 2018. Il a même été multiplié par six depuis 2015, pour atteindre 455 millions d’euros l’an dernier.
La majeure partie est évidemment raflée par Netflix. Dans les chiffres, 48 % des internautes déclarant avoir payé pour regarder un film ou une série ont regardé Netflix (48 %), Orange (23,6 %) ou encore MyTF1 VOD (19,5 %). Quant aux taxes mises en place en 2018, elles ont permis de récolter 9,5 millions d’euros. « C’est bien davantage que nos estimations initiales », a déclaré Maxime Boutron, directeur financier du CNC.

Le Cubrik : bar et resto culturel

On ne va pas se mentir : on a littéralement a-do-ré le Cubrik, un bar-restaurant culturel (et même plus : un lieu de vie) qui a ouvert il y a peu à deux pas de Plumereau. Notre chronique de la semaine !

Attention, coup de cœur !
Ce chouette endroit nommé Cubrik nous a tapé dans l’oeil ! Ouvert il y a 2 mois, celui qui a remplacé le Barju se définit comme un « bar et restaurant culturel ».

Au programme ? Le midi, service de restauration tradi’ avec, également, options vegan et sans gluten. Le reste de la journée, pâtisseries autour d’un verre et le soir, planchettes, bières artisanales et autres boissons.
Et le culturel dans tout ça ? Eh bien, le Cubrik met à disposition des centaines de jeux, une bibliothèque et organise expos et concerts. Rien que ça.

Pour notre part, on a choisi de glisser les pieds sous la table un jeudi midi. Déjà, mention spéciale à l’accueil tout simplement a-do-ra-ble. Mêlée à la chaleur du lieu (il y a même des Lego® incrustés dans un pilier !), cette hospitalité nous a de suite donné envie de revenir encore et encore.

Dans l’assiette, sur les bons conseils de l’équipe, on a opté pour le steak vegan. Composé d’épices, haricots rouges et champignons shiitaké, il est bourré de saveurs, très parfumé et fait son petit effet au palais.
Le tout est accompagné d’une salade verte avec graines et herbes et de succulentes frites maison et sans gluten (que régal) pour un tarif de 10,50 €.
À noter que la maison insiste pour travailler avec des producteurs locaux.

Bref, aussi bien dans l’assiette que dans sa philosophie, le Cubrik est une excellente surprise. C’est un lieu de vie culturel, une ambiance, un état d’esprit. Lors de son inauguration, il a même accueilli Édouard Baer. Avec pareil homme de goût, on ne sait pas ce qu’il vous faut de plus…

> 15 rue du Change à Tours. Dimanche et lundi de 14 h à 23 h ; mardi – mercredi de 10 h à 23 h ; jeudi, vendredi, samedi de 10 h à 1 h. Contacts : 02 47 64 26 79 ou facebook.com/cubrikcafe
> Formule midi : 15 € (entrée + plat) ou 20 € (entrée + plat + dessert).

Tours made in Japan

Depuis le 1er mai, le Japon est entré dans une nouvelle ère (Reiwa), comme à chaque fois qu’un nouvel empereur arrive sur le trône non pas de fer, mais de chrysanthème. Alors, nous, à tmv, le temps d’une semaine, on se met à l’heure du pays de Soleil levant.

POUR MANGER

Nobuki
Juste en face de la préfecture, le restaurant propose une cuisine japonaise fraîche et originale, le Japon en version gastronomique avec une carte volontairement réduite. L’endroit est un havre de zenitude et de raffinement. Tous les midis, une formule bento du jour avec soupe miso et crudités ou, pour les gourmands, le bol de sashimi, vol direct et sans escale vers Tokyo. Autour de 20 € à midi. Le soir, le vendredi uniquement.
3, rue Buffon. Tél. 02 47 05 79 79

(Photo archive tmv)

Parfum culture
Ici, vous n’êtes pas dans un restaurant, mais dans un restaurant- culturel. Vous dégustez les plats de la chef Céline Martin, d’origine taïwanaise, entouré de livres en japonais et vous pouvez assister à tout plein de soirées à thème. Dépaysant et délicieux !
63, rue Blaise Pascal. Tél. 02 47 05 13 66

Zen
De vrais sushis, préparés dans la plus pure tradition japonaise, des brochettes fines et gourmandes, Zen, c’est LE sushi bar de Tours. Comptez de 15 à 20 € par personne. Ouvert au déjeuner et au dîner, sauf dimanche et lundi.
27, rue Blaise Pascal. Tél. 02 47 66 70 84

CULTURE MANGA

Azu Manga
Comme son nom l’indique, c’est le temple du manga à Tours (ils ont aussi un magasin à Angers), neuf ou d’occasion. Grand choix également de figurines et de posters. Pour aller plus loin, vous y trouverez des guides de voyage au Japon et des romans traduits, ainsi que des mangas pour les petits. Mais aussi un coin cuisine si vous voulez passer aux fourneaux nippons. Un temple, on vous dit, un temple…
20, rue du commerce. Tél. 02 47 05 87 13

Le Japan Tours Festival
Des rencontres autour du manga avec des dessinateurs et trices, mais aussi des moments pour découvrir les traditions et la culture nippone, démonstrations de création de parfums traditionnels ou concerts, par exemple. Sans oublier le tournoi e-sport. Au Japan Festival, ça geeke à tout va ! Le tout dans une ambiance dingue avec des gens transformés en personnages de manga ou de films (le cosplay, ça s’appelle) qui se promènent partout dans le parc des expos.
Chaque année, fin février.

(Photo NR Julien Pruvost)

DES ASSOS

Amitié Saint-Cyr Japon
Il y avait une fois, dans un pays lointain, un lycée qui s’appelait Konan et qui avait décidé d’ouvrir un établissement en Touraine, à Saint-Cyr-sur-Loire, pour les enfants de familles japonaises expatriées en France. Pendant plus de vingt ans, les enfants et les parents japonais ont vécu aux côtés des habitants de cette paisible commune et des liens forts se sont créées entre eux.
Au fil des ans, ils furent plus de 600 élèves à étudier en bord de Loire. Las, le lycée finit par fermer ses portes, un triste jour de 2013. Mais comme l’histoire ne pouvait pas s’arrêter là, une association fut créée pour faire perdurer ces liens étroits et fraternels entre la commune de Saint-Cyr-sur-Loire et le Japon. Le lycée, en partant, a offert son dojo de 800 m2 à la commune et plusieurs Japonais de Konan sont restés en Touraine.
Très vite, des ateliers se sont mis en place pour découvrir la civilisation japonaise, la calligraphie, l’ikébana, l’origami ou la cuisine japonaise. Des fêtes japonaises ont été organisées, des rencontres, des conférences. Bref, Amitié Saint-Cyr-Japon est devenu un lieu d’échanges et de découverte du Japon assez unique en son genre.
Leur site:  www.amitiestcyrjapon.com

Hinodé
Hinodé, en japonais, ça signifie « lever du soleil ». Comme on peut s’en douter, le but de cette association qui est un des organisateurs du Japan Tours Festival, c’est de promouvoir la culture japonaise. Elle propose à ses adhérents des cours de japonais, de calligraphie japonaise par une maître japonaise, d’ikébana (art floral), d’origami, de dessin manga, de sumié (technique de dessin japonaise) et, bien sûr, de cuisine. Tout, donc, pour plonger la tête la première dans l’ère Reiwa !
Infos : hinode-tours.fr


C’EST QUOI CETTE HISTOIRE D’ÈRE ?

Eh oui, depuis l’an 645, le Japon change d’ère régulièrement. Au début, ça pouvait être à la suite d’une guerre ou d’un événement majeur, aujourd’hui, c’est à chaque fois qu’un nouvel empereur arrive.

Or, justement, Akihito, 85 ans, qui règne depuis 1989 a décidé de céder la place à son fils Naruhito. Le nom de la nouvelle ère, Reiwa, était attendu avec une ferveur incroyable par tout un peuple et a été révélé début avril.
Il se compose comme c’est l’usage, de deux idéogrammes et signifie, selon les interprétations « douceur propice » ou « Harmonie ordonnée ».

Chroniques culture #68

De la musique avec Shaelin, de la BD ou encore un livre autour des châteaux de la Loire : voici les chroniques culture !

LE LIVRE BD
GUIDE DES CHÂTEAUX DE LA LOIRE
Mine de rien, c’est bientôt le moment de préparer ses vacances ou les pont du mois de mai ! Et l’avantage, avec ce petit guide très bien fait, c’est qu’il mélange Histoire, culture et BD sous la houlette de Julien Moca et d’Alexandrine Cortez. Résultat : 160 pages pour découvrir 25 lieux majeurs de l’Histoire de France avec un support visuel extrêmement plaisant. À l’intérieur se trouvent plans, repères, anecdotes et bonnes adresses, illustrés par une iconographie riche.
NB : Pour aller un peu plus loin, on retrouve dans le même collection (éditions Petit à petit) le petit frère avec un ouvrage dans le même esprit, mais sur la Corse cette fois-ci.
H.B.

LE LIVRE
LA FAUX ET L’IVRAIE

L’ex-compagne du musicien Tonino di Nalli, Viviane, responsable d’une Scop agraire en Anjou, est retrouvée assassinée dans sa maison. Un policier pas très sympathique est chargé de l’enquête. Mais en creusant un peu, toutes sortes de secrets remontent à la surface : les relations (pas si sereines) entre les membres de la Scop, les magouilles d’un gros semencier et le passé de certains habitants du village.
Écrit à quatre mains, dont celles du Tourangeau Denis Soubieux, La faux et l’ivraie est un roman policier qui dépeint à la perfection le quotidien d’un milieu rural aigre-doux. Idéaux, petites jalousies et gros intérêts forment un tableau ultra réaliste qui ne réussira pourtant pas à nous dégoûter du vert et du grand air.
E.S.
> Monique Debruxelles et Denis Soubieux, éd. Le lys bleu, 238 p., 19,20 €

LE EP
SHÆLIN – THE AJNA

Spiritualité, interculturalité et métissage sont les trois maîtres mots de SHÆLIN, un groupe tourangeau qui nous avait déjà tapé dans l’oeil l’an dernier avec deux singles maîtrisés et prometteurs. Le coup d’essai se transforme en réussite avec The Anja, un EP « feel good » à souhait, ensoleillé, où neo-soul, RnB et jazz (voire hip hop sur « Baby I need to know ») s’entremêlent pour un rendu énergique, sensuel et chaleureux. Les voix, mélangées, donnent beaucoup d’épaisseur et de force aux compositions. Une musique aussi douce qu’envoûtante, un petit album qui devrait en faire voyager plus d’un(e).
A.G.

LES BD

Le nouveau Timothé Le Boucher, « Le Patient » (Glénat), tient toutes les promesses, ce jeune auteur étant déjà passé maître dans l’art du suspense et de la narration. 296 pages de pur délice qui le propulsent dans le firmament de la planète BD.
Avec « Un putain de salopard » (Rue de Sèvres), le duo Régis Loisel au scénario et Olivier Pont au dessin nous livre une belle histoire d’aventure dans la jungle amazonienne avec ce qu’il faut d’OEdipe pour maintenir le suspense jusqu’au tome 2 !
François Morel et Pascal Rabaté s’y sont mis à deux aussi pour concocter « C’est aujourd’hui que je vous aime » (Les Arènes ). On y retrouve cette ambiance nostalgique et pleine d’humour subtil que l’on adore tant chez eux, dans une histoire d’amour délicate et bien troussée.
On a toujours eu une tendresse particulière pour l’oeuvre de Didier Tronchet qui, avec ce « Robinson père et fils » (Delcourt), offre l’un de ses ouvrages les plus personnels sur sa relation filiale, une tranche de vie savoureuse et tendre.
Pour finir, dans « Bug » (Casterman), Enki Bilal livre un final époustouflant, avec un dessin toujours aussi stratosphérique et une histoire âpre prenant aux tripes jusqu’à la dernière ligne.
Hervé Bourit

LES CD
LES LOUANGES – LA NUIT EST UNE PANTHÈRE

Retour aux Inouïs du Printemps de Bourges : on découvre alors Vincent Roberge, alias Les Louanges, en plein aprèsmidi et on s’en prend plein la figure. Quand l’album se glisse sur la platine tard le soir, la claque est la même. Un exploit dû a des textes incroyables en anglais, français et québécois mélangés, dans un tournis verbal d’une poésie flamboyante. Ça crie, ça hurle, ça murmure, ça pleure, ça rit : c’est beau tout simplement. En fond, une musique puissante, un chef-d’oeuvre d’équilibre entre pop, chanson,électro, funk et glam. Rien ne lasse ; rien ne laisse l’auditeur au bord du sillon. Ça creuse le cerveau écoute après écoute et on lévite littéralement.
H.B.

PALACIO – D’UN OCÉAN À L’AUTRE

Présenté en ouverture du festival Jazz or Jazz d’Orléans, l’album du trio Palacio est une pépite portée par le saxophoniste Jean-Jacques Ruhlmann, le violoncelliste Alain Grange et le guitariste Oliviers Cahours. Trois musiciens d’exception réunis autour des compositions de Jean-Jacques Ruhlmann. Passionné de jazz ? Vous allez savourer cette polyphonie raffinée qui fait la part belle aux cordes et offre un souffle latino trop rare dans ce genre. Allergique au jazz ? Impossible de rester insensible à la perfection du jeu de ces trois musiciens. Et vous pourriez même devenir accro.
E.S.

LE DVD
PREMIÈRES VACANCES

Marion et Ben, deux trentenaires que tout oppose, décident de partir en vacances ensemble après s’être rencontrés sur Tinder. Le film de Patrick Cassir se la joue anti-comédie romantique ici, en dégainant des cartouches façon Very Bad Trip à la française, sous le soleil de Bulgarie. Quelques séquences font bien rire et le duo principal fait mouche (une Camille Chamoux électrique et un excellent Jonathan Cohen en grincheux psychorigide), tout comme le comique de situation. Mais entre un ensemble un peu trop convenu et une mise en scène maladroite, Premières Vacances n’est finalement pas si piquant qu’espéré. Pour sa sortie DVD, l’éditeur y a glissé un entretien avec le réalisateur et le tandem de deux acteurs tellement « cool » !
> Sortie le 8 mai
A.G.

Chroniques culture #67

Cette semaine, on retrouve le Youtubeur Nota Bene qui se transforme en… BD ! A ses côtés, Luz et Gaëlle Genillier offrent également de jolies bandes-dessinées. La chronique a également chroniqué le DVD Une Affaire de famille et le disque d’Hugo Barriol. Enfin, découvrez le vinyle de la semaine de Radio Campus.

LES BD
NOTA BENE – T1/PETITES HISTOIRES, GRANDS DESTINS !
Décidément, rien n’échappe à Benjamin Brillaud – alias Nota Bene – dans la vie ! Après sa chaîne Youtube à succès, ses Rendez-vous de l’Histoire ou encore son ouvrage sur les pires batailles de l’Histoire, le voilà croqué en… bande-dessinée ! Pour ce premier tome, monsieur s’est acoquiné avec Mathieu Mariolle pour le scénario et Christian Paty côté dessin.
Les abonné( e)s de Nota Bene (ils sont plus de 900 000 rappelons-le) ne devraient pas être déçus. Ici, on retrouve sa patte, où humour et légèreté servent des anecdotes historiques, documentées et intéressantes. Servie par le dessin agréable et très BD de Paty, cette dizaine de petites histoires permettent de naviguer à travers le temps sur 64 pages et découvrir sous un autre jour plusieurs figures. On passe ainsi des portraits de Catherine de Médicis à Pyrrhus, en passant par un Du Guesclin peut-être laid mais bien malin !
Le bonus, enfin, c’est évidemment la réalité augmentée de ce tome 1. Les lecteurs peuvent ainsi scanner la première page de chaque portrait pour tomber sur une vidéo de Nota Bene qui apparaîtra sur leur smartphone. Loin d’un gadget, surtout une vraie valeur ajoutée.
A.G.

RÊVE AMÉRICAIN OU PAS…
Notre Luz préféré frappe encore un grand coup avec ce magnifique « Hollywood menteur » (Futuropolis). Un ouvrage introspectif sur le film culte de John Huston, Les Désaxés (The Misfits en V.O), où il livre l’envers du décor hollywoodien. Soulignée par un noir et blanc âpre et viscéral, cette histoire du désenchantement se lit d’un souffle et vous colle « un sacré coup de pelle dans la figure » comme le dit si bien Virginie Despentes dans la postface.
Restons dans cette nostalgie du rêve américain avec la très belle adaptation du roman de Steinbeck par Jean-Luc Cornette de « La Perle » (Futuropolis), une fable sociale très noire et toujours d’actualité. Avec le Tome 3 des « Fantômes de Knightgrave » (Dupuis), Colman et Maltaite livrent la conclusion de cette trilogie autour du personnage emblématique de Mr Choc qui fit les beaux jours des aventures de Tif et Tondu dans le journal Spirou : au programme, dessin classieux et scénario ciselé.
On terminera enfin avec « Les Fleurs de Grand Frère » (Delcourt), où Gaëlle Genillier signe un premier roman graphique remarquable et onirique sur la différence et le mal-être.
Hervé Bourit

LE DVD
UNE AFFAIRE DE FAMILLE
On avait laissé le film d’Hirokazu Koreeda à Cannes, couronné par une Palme d’or – consécration suprême – et auréolé de critiques dithyrambiques. Cette « Affaire de famille » se retrouve depuis le 24 avril en DVD/Blu-ray (Le Pacte), l’occasion de (re)découvrir cette formidable fable sociale, aussi délicate que sensible, humaniste et poétique. Histoire d’une famille recomposée tentant de survivre par tous les moyens, cette saga intime bouleverse autant qu’elle marque. Grâce à sa chronique familiale merveilleuse et travaillée, Kore-eda offre là une vraie leçon de cinéma. Pour aller plus loin, l’édition DVD propose des bonus allant de la galerie photos à de petits entretiens avec le cinéaste. À rattraper d’urgence pour les retardataires !
A.G.

LE VINYLE DE LA SEMAINE DE RADIO CAMPUS
LITTLE SIMZ – GREY AREA
La jeune rappeuse londonienne Little Simz, de son vrai nom Simbi Ajikawo, est de retour sur la scène hip-hop avec son troisième album Grey Area – zone grise. À travers son oeuvre, elle explore, tente de s’échapper de cette zone grise et incertaine qu’est la vingtaine. Le disque s’arme principalement de guitare, de cordes, de piano et de batterie, le tout porté par le rythme et la puissance de la voix de Little Simz. « Venom », l’un des titres phares de l’album, fait force et s’inscrit dans l’actualité en mettant au centre la place de la femme dans la société. Dix titres à découvrir où Little Simz est maître de son univers.
Kate Stone

LE CD
HUGO BARRIOL – YELLOW
On se méfie en général des success story du type découvert dans le métro entre Réaumur et Sébastopol. Eh bien là, on aurait tort car dès le premier morceau, « Oh My », on décolle vraiment avec cette voix d’ange, cette guitare et ces arrangements de cuivres qui propulsent immédiatement au 7e ciel. Les 11 chansons qui suivent sont du même tonneau, soit un pop-folk lumineux sans aucune baisse de régime, servi par un chant d’exception. Reste à se laisser bercer, se prendre au jeu des arrangements tous plus soignés les uns que les autres, attendre la montée des rythmes, savourer les refrains catchy. Un de nos gros coups de cœur du mois.
H.B.

Chroniques culture #66

Gros programme, cette semaine, pour nos chroniques culture. On parle des BD immanquables, de The Dirt sur Netflix, de Stéphane Bern, mais aussi d’un Grinch grincheux et du vinyle de la semaine de Radio Campus !

SUR NETFLIX
THE DIRT
Adapter The Dirt, la mythique autobiographie du groupe Mötley Crüe à l’écran ? Les grands studios n’auraient jamais osé, tant la vie de ces fous furieux était trash. C’est donc de nouveau Netflix le messie qui se lance en sortant la bête sur sa plateforme. Les réalisateurs, eux, n’auraient jamais su toucher au matériau d’origine. Résultat (bis) ? C’est Jeff Tremaine (vu derrière la caméra des Jackass) qui a pris la chose en main. Résultat (bis encore, ouais, on sait) ? Bien qu’un poil trop elliptique, The Dirt est un biopic décomplexé, carrément valable, complètement dingue et pétri d’honnêteté.
Pour quiconque a lu le livre, c’est ici un plaisir tant le souci du détail est hallucinant : tenues, instruments, looks, mimiques, bagnoles et autres sont fidèlement reproduits. Suintant la came et l’alcool, brillamment joué, The Dirt dépeint aussi à merveille les personnalités schizo de musiciens mi-tête brûlée, mi-jeunes loups finalement paumés (donc touchants) et ravagés par une vie qu’ils brûlent par les deux bouts. Sex, drugs & rock N’ roll : jamais un biopic n’aura aussi bien suivi la devise à la lettre.
A.G.

PAUSE_ECRANS_NETFLIX

LES BD
PAUSE_ECRANS_BDDRÔLES DE DUOS !
L’événement de l’année est sans conteste « Retour à la terre » (Dargaud) de Ferri et Larcenet, dont le T6 Les Métamorphoses sort enfin après 10 ans de silence ! Ces chroniques douces amères sont de tels petits chefs-d’oeuvre d’humour, de poésie et de dérision, que cela valait le coup de patienter. Du coté de Tours, Étienne Leroux et Luc Brunschwig ont succombé aux charmes sulfureux de Conan, dont le nouvel opus « La Citadelle Ecarlate » (Glénat) est une merveille d’adaptation, entre héroïsme, érotisme, pensées philosophiques et scènes d’action.
Dans « Mes héros ont toujours été des junkies » (Delcourt), un must en matière de polar, Brubaker et Philipps offrent 80 pages nerveuses, où amour et drogue tissent d’étranges relations ! Notez aussi le nom de Christophe Alliel car il signe un récit époustouflant d’une nouvelle série, « Maïdanlove » (Grand Angle). Situé en pleine révolution ukrainienne de 2014, ce récit haletant est sublimé par un dessin incroyable.
On terminera avec « Yasmina à la patate » (Dargaud), une belle histoire de légumes, de petite fille et d’écologie signée Wauter Mannaert. Frais, drôle et dans l’air du temps.
H.B.

LES LIVRES PAUSE_ECRAN_BERN
POURQUOI SONT-ILS ENTRÉS DANS L’HISTOIRE ?
Saviez-vous que le sandwich si vite englouti tient son nom du gourmand John Montagu, comte de Sandwich ? Ou encore que Sosie était le nom d’un modeste serviteur du roi Amphitryon, roi mythique de Tirynthe ? Non ? Mais peut-être connaissiez-vous déjà les origines des mots Poubelle, de la tarte Tatin ou du Parmentier, qui tous découlent de personnages réels et d’une anecdote souvent atypique. Le confident des têtes couronnées et présentateur de Secrets d’Histoire, Stéphane Bern, a rassemblé 100 noms qui ont marqué notre Histoire, de Rudolph Diesel à Jack Daniel. Ces petits chapitres se lisent vite et facilement. On peut les picorer selon sa curiosité du moment, c’est léger et l’on apprend des choses qui nous font sourire, sans prétention.
> Aux éditions Albin Michel. Prix : 19,90 €
P.P.

ECRANS_GOURIONLES FILLES PEUVENT LE FAIRE AUSSI /
LES GARÇONS PEUVENT LE FAIRE AUSSI

Danser ? Les garçons peuvent le faire. Pleurer ? Aussi ! Et les filles ont le droit d’aimer jouer à la poupée comme aux petites voitures. Conçu en double-face, ce livre pour les enfants de 3 à 7 ans les invite à oublier les idées préconçues parfois assenées par les adultes. Le ton est léger, les illustrations sont toutes douces et permettent d’aborder un sujet important pour les aider à forger leur personnalité et suivre leurs choix.
E.S.
> Sophie Gourion, Isabelle Maroger, 48 p., 12,95 €, Gründ.

LE DVD PAUSE_ECRANs_DVD
LE GRINCH
Sorti dans nos salles en novembre dernier, ce Grinch adapté en animation constitue une bonne entrée en matière pour qui s’intéresserait à l’histoire du grincheux tout vert et tout poilu voulant voler Noël. Ici, on pense souvent à Moi, moche et méchant version fêtes de fin d’année : graphisme coloré, animation fluide, séquences rythmées… Tout concourt à faire rire les enfants et sourire les parents. On regrettera toutefois sa tendance au remplissage, due à une double intrigue parallèle un peu lourdaude. Une sortie DVD qui permettra également et surtout, outre sa tripotée de bonus, de regarder Le Grinch dans sa version originale : la voix de la bestiole grincheuse étant ici doublée par un Benedict Cumberbatch fantastique.
A.G.

PAUSE_ECRNAS_VINYLELE VINYLE DE LA SEMAINE DE RADIO CAMPUS
VENDREDI SUR MER – PREMIERS ÉMOIS
La nouvelle sensation electro-pop vient de Suisse ! Vendredi sur Mer, de son vrai nom Charline Mignot, nous offre un premier album sensuel et poétique. Son truc : scander des histoires mystérieuses sur des beats entraînants. Le disque bénéficie de la patte léchée du producteur Lewis OfMan qui apporte une grande fraîcheur au tout. Vous danserez probablement cet été sur « Encore » ou bien « Lune est l’Autre » et resterez fascinés par « La Femme à la Peau Bleue ». Dix-sept titres où l’on retrouve un univers kitsch assumé, décliné aussi dans de très beaux clips.
Yann Puron

Coup de projecteur : Fabien Mérelle

Tourangeau depuis maintenant dix ans, Fabien Mérelle a exposé ses dessins dans de nombreuses galeries à travers le monde. Il présente ses créations pour la première fois sur ses terres, au CCC OD.

NEWS_FABIEN (5)

PARCOURS

Fabien Mérelle, père de famille décontracté de 37 ans, a été élevé en région parisienne. En grandissant, il a gardé le dessin comme moyen d’expression. Étudiant aux Beaux-Arts à Paris, il a passé quatre mois déterminant à Xi’an en Chine. « J’y ai appris les rudiments des techniques chinoises à l’encre de Chine. C’est aussi depuis cette période que je laisse plus de vide dans mes dessins. À côté d’éléments à la fois très réalistes et détaillés, ces blancs permettent à celui qui les regarde d’imaginer le reste du décor », explique-t-il.
Dès la fin de ses études, il expose à Paris, entre à la Casa Velasquez à Madrid… et Tours !

ABRI

Le dessinateur s’est peu à peu approprié le territoire, notamment par la Loire, le bois flotté et les bancs de sable qui forment des îles. Son exposition, « Abri, pierre, bois, encre, papier », s’inspire ainsi de « la région qui est devenue pour moi une sorte d’abri, loin de Paris et de la tentation de se comparer aux autres artistes, et un lieu où mon grand-père s’était réfugié pendant la Seconde Guerre mondiale. »

UNE_MERELLE

PYJAMA

« J’aime être chez moi pour dessiner. Quand j’ai commencé à me représenter dans mes dessins, j’habitais à Paris. Il était 11 h et j’étais en pyjama, c’est resté et je continue à me représenter ainsi dans la chronique du quotidien d’un homme lambda, avec sa femme et ses enfants. C’est à la fois moi et pas moi, car j’ai besoin de me projeter différemment comme le faisaient Charlie Chaplin ou Buster Keaton dans les films burlesques du début XXe siècle. J’ai besoin de détourner le réel pour raconter ce qu’il y a dans ma tête. »

LÉONARD DE VINCI

Fabien Mérelle voue une grande admiration à l’artiste Léonard de Vinci. Il a donc été invité à une exposition collective du château du Rivau sur le thème de la Renaissance. Il y présente deux sculptures, « mises en relief de mes dessins ».

> Au château du Rivau jusqu’au 3 novembre. 9 rue du château, Lémeré. Tél. 02 47 95 77 47. Tarifs : 5 à 11 €.

MYTHOLOGIE NEWS_FABIEN (2)

Entrer dans le monde de Fabien Mérelle, c’est découvrir un univers à la fois très réaliste et très onirique. Par exemple, son personnage se métamorphose parfois en arbre, ses dessins d’enfants côtoient ses dessins d’adultes, les pierres lui servent de support…. Passionné du musée d’histoire naturelle de la Rochelle, il aime aussi dessiner les oiseaux, dont trois qui forment sa propre mythologie : « le faucon, représente mon grand-père italien, le merle c’est mon père et la tourterelle, n’est autre que mon grand-père français. »

Pratique :
Jusqu’au 22 septembre au CCC OD, Jardin François Ier à Tours. Galeries du second niveau. Ouvert du mercredi au dimanche, de 11 h à 18 h et le samedi jusqu’à 19 h, nocturne jeudi soir jusqu’à 20 h. Tarifs : 4 € à 7 €. Gratuit moins de 18 ans. Tél. 02 47 66 50 00 et contact@cccod.fr

Chroniques culture #65

Double dose de CD aujourd’hui, avec l’album du guitar hero Roman Rouzine, et le jazz manouche de My Favourite Swing. Sans oublier les BD de la semaine et le DVD d’Overlord !

LES CD
PAUSE_ECRANS_ROUZINEROMAN ROUZINE – HUMANS
Les plus attentifs d’entre vous (ça y’est, coup de pression) se rappellent de la trombine de monsieur Roman Rouzine, déjà apparu dans notre numéro 317. Le guitariste virtuose tourangeau y contait sa science de la musique instrumentale et des délices de la six-cordes. Voilà donc enfin Humans, un second disque où le guitariste franco-ukrainien, en plus d’exceller comme à son habitude, y apparaît plus libre. De cette liberté fraîchement acquise – Roman n’est plus obligé de prouver qu’il joue à la perfection – naît ainsi un album très cinématographique dans son approche (les ambiances sur « Aura » et la lourdeur de « Pulse » l’illustrent si bien). Quant à la durée, raisonnable (43 min), elle permet à Humans de rester dans son chemin et d’éviter l’écueil du CD indigeste.
Moins véloce mais plus dans l’émotion, Roman Rouzine allège son propos et gagne en efficacité. Il offre là un formidable voyage dans son univers musical et personnel. Et prouve qu’un guitar hero sait aussi viser en plein cœur.
A.G.

MY FAVOURITE SWING – KISS MY LIVE PAUSE_ECRANS_SWING
En 2013 déjà, nous évoquions My Favourite Swing comme « un groupe tourangeau idéal pour ambiancer un apéro au calme, dans son salon ». Rien n’a changé depuis et le jazz manouche entraînant du trio est toujours aussi savoureux. Leur swing guilleret et chaud (« Have you met Miss Jones » au hasard) se retrouve cette fois version live, avec ce concert enregistré au Festival international de guitare de Vendôme. De quoi montrer, avec ces 14 titres, que My Favourite Swing sait maîtriser la guitare à la perfection (diantre, cette envolée sur « Stomping at Decca » !) et envoyer la sauce côté rythmique. Chantant et frais : parfait pour débuter le printemps.
A.G.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
OVERLORD
Un film de guerre avec des Nazis, des zombies surhumains et des soldats américains qui ont envie d’en découdre : vous craignez le pire ? Eh bien… Pas tant que ça ! Série B parfaitement assumée dans son côté crétin, Overlord a beau être maladroit, il reste un divertissement efficace et généreux. Les amoureux du genre seront servis (second degré, personnages caricaturaux, délires régressifs…), les autres passeront leur chemin (il faut subir les incohérences, le rythme pachydermique et les misérables décors). Ce mélange de Call of Duty et Inglorious Basterds voit sa sortie en DVD / Blu-ray agrémentée de suppléments plutôt abondants. Au menu, plusieurs séquences aux titres poétiques, comme « mort-vivant », « frères d’armes » ou « la mort sous terre ».
A.G.

LES BD PAUSE_ECRANS_BD
Avec Sabre (Dargaud) Éric Feres se lance dans un roman graphique sans parole d’une beauté totale. En plein Pléistocéne, un vilain tigre livre un combat féroce contre la différence et une nature hostile. Une véritable performance graphique aux couleurs époustouflantes et l’un des chefs-d’oeuvre de l’année.
Cet art graphique, on le retrouve dés les débuts de Jean Giraud / Gir / Moebius dans Le Lac des Émeraudes (Humanoides Associés), un ouvrage où sont réédités les premiers essais du père de Blueberry. À propos de nostalgie, on se replongera dans ses émois adolescents avec le T3 de la très belle intégrale Julie Wood (Dupuis), enrichie pour l’occasion d’une aventure inédite et le dessin d’un Jean Graton à son meilleur niveau.
Infinity 8 (Rue de Sèvres) vivra son dernier épisode avec ce tome 8, sous les traits de Killoffer et de Trondheim au scénario. C’est drôle, malin et on adore ce challenge SF maîtrisé. Saluons pour finir le dernier ouvrage du Tourangeau Luc Brunschwig qui, avec Laurent Hirn au dessin, déploie dans Le Pouvoir des Innocents (Futuropolis) un art du récit magistral pour ce thriller politique passionnant.
H.B.

Chroniques culture #64

Triple dose de livres, cette semaine, dans nos chroniques. On parle aussi musique avec Emmanuel Tellier, puis BD, DVD et c’est également le retour du vinyle du mois de Radio Campus !

LES LIVRES
PAUSE_ECRANS_LIVRECACATOESLES PÉPÈTES DU CACATOÈS
Le riche Aldebert, un industriel du nord de la France, meurt brutalement. Le jour où ses trois héritiers découvrent son testament, c’est la surprise ! Ces mous du genou passionnés par tout sauf le travail ne récupéreront la fortune qu’à une condition : gagner 100 000 € en un an sous peine de quoi l’argent ira… au cacatoès ! Le postulat de base du premier roman d’Elisabeth Segard (notre estimée collègue, oui oui !) est suffisamment clair pour indiquer que ces « Pépètes du cacatoès » sera fendard et guilleret. C’est évidemment le cas tout du long de cette histoire drôle et bien ficelée, emmenée par des personnages attachants. L’ensemble, dynamique et léger, reste tout de même porté par une écriture travaillée. Quant au récit, il est aéré par les passages outre-tombe d’un Aldebert mort qui disserte en voix off.
Rappelant parfois le ton de la pièce de théâtre Le Prénom, mais aussi l’esprit d’Arto Paasilinna (ici, on reste dans le jovial, la bonne humeur et la plume badine), Les Pépètes du cacatoès est un roman « feel good » réussi. Et promis, c’est dit en toute objectivité.
A.G.

L’ÉPARPILLEUR 41MlVe1wbCL._SX309_BO1,204,203,200_
Vous ne verrez plus jamais Tours du même œil… Un flic, Raoul Pénichot, un autre, répondant au surnom de Gus, leur patron, Ferdinand Robinet, un psy, Guilbert Tacar, la pulpeuse Pénélope Lajoie, un légiste pas très attachant… Tout ce petit monde est entraîné sur les traces d’un tueur en série diabolique, à Tours et aux alentours. S’inscrivant dans la grande époque du roman de gare, l’auteur tourangeau Gregory Merleau réussit un cocktail détonant, bourré de rebondissements et d’humour noir. Un vrai festival de style et de clins d’oeil, qui se dévore d’une traite.
E.S.

CHRONIQUES DE ST-MARY UNE SECONDE CHANCE
On retrouve la jeune professeure d’histoire Madeleine Maxwell en pleine guerre de Troie, alors qu’elle était partie… à la rencontre d’Isaac Newton. Si les voyages dans le temps ont leurs bugs, l’auteure, elle, n’en a pas ! Ce troisième opus de la série conserve le ton décalé, les punchlines et le rythme effréné qui ont séduit des milliers de lecteurs. Et le twist final risque bien de les empêcher de dormir jusqu’à la lecture du tome 4. Courage, il arrive en octobre ! E.S.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
JEAN-CHRISTOPHE & WINNIE
Projet casse-gueule par essence (il s’agit d’une adaptation en prises de vues réelles), Jean-Christophe & Winnie est finalement une bonne surprise dans l’ensemble. Dans cette version 2.0 de Winnie l’Ourson, le cinéaste Marc Foster offre une aventure poétique et séduisante, grandement influencée par Paddington. Animation léchée, photographie délavée et douce mélancolie nourrissent ce film sympathique qui n’évite toutefois pas certains écueils (fin mièvre, côté lisse…). Mais le pari de la nostalgie est, lui, réussi. Pour cette édition en Blu-ray, le DVD propose quelques rares bonus sur la fabrication du long-métrage, les voix ou des séquences sur « comment Winnie et Walt sont devenus amis »…
A.G.

LE VINYLE DU MOIS DE RADIO CAMPUS PAUSE_ECRANS_VINYLE
THYLACINE – ROADS VOL.1
Après nous avoir transporté à bord du mythique train Transsibérien, l’Angevin William Rezé a cette fois suivi le chemin de la Cordillère des Andes. C’est à bord d’un studio mobile installé dans une caravane qu’il a pu enregistrer la bande originale de ce voyage. De cette aventure ressort ce disque qui nous transporte à travers les paysages montagneux argentins. On y retrouve la patte de l’artiste avec un mélange de sons organiques et électroniques, mais aussi des airs au saxophone combinés à des sonorités plus dépaysantes comme celles de charangos. Roads Vol.1 accueille en plus les voix du rappeur américain J. Medeiros ou encore de la chanteuse Clara Truco.
Yann Puron

PAUSE_ECRANS_BDLES BD
SAUVAGES !
Avoir Yann au scénario et Lereculey au dessin est déjà la promesse d’un duo de choc. Alors quand ces deux-là s’attaquent à la Préhistoire avec Avant (Dupuis), on frémit d’avance. Et ce T1 Mumu la bâtarde (photo) nous confirme tout l’humour caustique et sauvage que l’on espérait ! Avec Milady (Futuropolis), Bihel et Venayre s’amusent à déconstruire la vision de la célèbre femme fatale des Trois Mousquetaires de Dumas. Bluffant et totalement maîtrisé.
Avec le T2 de L’Herbier Sauvage (Noctambule/Soleil), Fabien Vehlman déroule de nouveaux récits socioérotiques dont les cheminements buissonniers inventent un art du récit sensuel et iconoclaste. Superbement illustré par David Prudhomme, cet ouvrage est une mine de plaisirs et de curiosités.
Quant à Castaza et Parno, ils livrent avec Nos Vies Prisonnières (Grand Angle) un beau et bon thriller contemporain sur la recherche d’identité. C’est âpre, prenant et on marche à fond dans cette histoire singulière et attachante. On termine avec une superbe réédition de 40 Days in the Desert B (Moebius Productions), un petit livre d’illustrations aux parfums cosmiques d’un Moebius, qui décidément, manque à son art.
Hervé Bourit

LE CD
EMMANUEL TELLIER
– LA DISPARITION D’EVERETT RUESS PAUSE_ECRANS_CD

Cet album doublé d’un documentaire nous emmène sur les traces de ce jeune artiste américain disparu à l’âge de 20 ans. Avec ce premier album solo, le Tourangeau Emmanuel Tellier (Another Country, Chelsea, 49 Swimming Pool…) livre une de ces histoires d’Amérique dont il a le secret. Pas d’effet de manches ici, juste de l’émotion pure et un récit intime bouleversant. Saluons donc ce projet ambitieux, fruit de quatre ans de travail et de recherche, servis par une production sobre et lumineuse.
H.B.
NB : À noter également chez la même maison de disque (December Square), la sortie du disque de Matthew Edwards & the Unfortunates, l’Anglais tombé dans l’Americana avec une classe indéniable.

Chroniques culture #63

#EPJTMV Cette semaine, ce sont les étudiant(e)s en journalisme de Tours qui se chargent des chroniques culture !

ECRANS_CD

LE CD
DU RAP SUR LES PISTES
Après trois mixtapes et un EP, le rappeur tourangeau Maxwell Nostar a sorti son premier album le 11 janvier. Intitulé « Pistes Noires », le projet est entièrement produit par le beatmaker Itam, membre du collectif Kids of Crackling. À travers 17 titres, Maxwell Nostar plonge son auditeur dans un univers sombre et réaliste. Le natif d’Eure-et-Loir se raconte sur des instrumentales boom bap accompagnées de divers instruments (piano, violons…). Sa marque de fabrique ? Des assonances, des introductions de films mais surtout des refrains chantés. Maxwell Nostar s’inscrit dans la frange des artistes underground, représentée depuis de nombreuses années par Hugo TSR. « Pistes Noires », sorti le 11 janvier, disponible sur les plateformes de streaming.
C.M.

LA BD ECRANS_BD (1)
UN AUTRE REGARD
Emma est une bédéaste amateure qui livre ses réflexions depuis près de trois ans sur des sujets sociaux et féministes à travers des dessins naïfs, postés sur son blog Emma Clit et sur Facebook, où elle compte plus de 300 000 abonnés. Un jour, elle a dessiné ce que la plupart des femmes vivent au quotidien : la charge mentale. Mais si, vous savez : le fait de devoir gérer à la fois le boulot, les enfants, les courses, le ménage, les tâches administratives et j’en passe… Son histoire, intitulée « Fallait demander » a été likée 77 000 fois, partagée 215 000 fois et commentée par 23 000 utilisateurs. Le tome 2 de sa BD « Un autre regard » est sorti en poche il y a une semaine alors on fonce l’acheter parce que 2019, c’est l’année de la meuf.
C.L.

MUSIQUE
UNE COLLABORATION ENTRE FLUME ET GORILLAZ
Dans une interview accordée à la radio Beats1, Damon Albarn, le chanteur du groupe, a expliqué avoir « travaillé avec Flume ». Une information passée inaperçue lors de la publication de l’interview courant 2018. Fort heureusement, un internaute a déniché l’information pour la partager sur Twitter. Le DJ australien et le groupe britannique ont donc collaboré à plusieurs reprises l’année dernière. Reste à savoir si le fruit de ces rencontres sera dévoilé au grand public. Pour rappel, Flume n’a plus réalisé d’album depuis 2016 et la sortie de Skin. Et nous ne sommes pas contre un retour du DJ australien dès 2019.
C.M.

SÉRIE 
À VOS ECRANS
L’année 2019 vient tout juste de débuter et deux séries phares sont déjà sous le feu des projecteurs : Game of Thrones et Peaky Blinders. La chaîne HBO a en effet diffusé le 14 janvier le teaser de la saison 8 de GOT, dans lequel les Stark (du moins ce qu’il en reste) sont réunis dans la crypte familiale. Il faudra patienter jusqu’au 14 avril pour connaître le dénouement de la série. Thomas Shelby et sa famille se sont aussi offert une publicité discrète mais efficace. La semaine dernière, la BBC a dévoilé un trailer de toutes les séries attendues sur leur plateforme. Parmi elles, les premières images de la saison 5 de Peaky Blinders, où Thomas Shelby apparaît plus fatigué que jamais. Le clan Shelby reviendra sur tous les écrans en automne 2019.
C.M.

Peaky-Blinders-Du-nouveau-sur-le-casting-de-la-saison-5-grande

LE MAG
DIEU EST FOOT
Loin des conférences de presse et des talk-shows stéréotypés, Les Cahiers du Football offre une vision critique et décalée du football. Ce site web créé en 1997 a lancé en mars 2017 une revue quadrimestrielle. Une expérience déjà réalisée de 2003 à 2009, avant qu’elle soit abandonnée suite à des difficultés financières dues en partie à la perte d’un procès contre ce bon Denis Balbir. Toujours est-il qu’aujourd’hui, Les Cahiers du football est revenu sur le devant de la scène. Le second numéro, intitulé « Numéro Dieu », vient tout juste de sortir dans les librairies. Promis, aucune polémique sur le coût d’une entrecôte en or, seulement des histoires, des interviews et des reportages sur le sport le plus populaire au monde.
C.M.

Textes : Chloé Lifante & Camille Montagu

[#EPJTMV / Cet article fait partie du numéro 321 de tmv, entièrement réalisé par les étudiant(e)s de 2e année en journalisme de Tours]

Claire Diterzi de retour à Tours

Après des années de vagabondage et aussi des années parisiennes, Claire Diterzi est de retour à Tours. C’est là qu’elle a décidé de vivre et d’installer sa compagnie. Double rencontre avec l’artiste et Benjamin Pionnier, directeur de l’Opéra de Tours, qui l’a accueillie en résidence : une évidence dans la politique d’ouverture du lieu à d’autres répertoires et d’autres publics.

Claire Diterzi travaille avec la cheffe de chœur, Sandrine Abello, de L’Arbre en Poche.
Claire Diterzi travaille avec la cheffe de chœur, Sandrine Abello, de L’Arbre en Poche.

Trois questions à… Claire Diterzi

Alors, ça y est, Claire, vous êtes de retour à Tours ?
Oui, je voulais implanter ma compagnie ici. C’est un retour dans ma ville, que j’adore et que je suis vraiment heureuse de retrouver. Je me sens comme Scarlett O’Hara qui crie « Tara, Tara ! » à la fin de Autant en emporte le vent. Moi, c’est « Tours, Tours ! », mais c’est pareil ! Ce qui compte chez elle, c’est la Terre d’où elle vient. Je me rends compte que je n’avais pas d’ancre, je suis allée au Japon avec Decouflé, j’ai voyagé partout avec mes spectacles, j’ai vécu à Paris. Et là, je comprends l’importance d’un territoire. L’autre jour, je suis allée voir la création de Thomas Lebrun au CCNT. Quelques jours plus tard, j’étais au Théâtre Olympia pour la dernière création de Vincey…

Et puis, il y a cette résidence au Grand Théâtre, qui va se prolonger avec le projet symphonique au mois d’avril…
C’est une commande de Benjamin Pionnier, c’est très important de le préciser. On s’est vus il y a deux ans, à Paris, au bar de l’Opéra Garnier. Il m’a dit « Écoute Claire, je m’occupe de l’orchestre symphonique et j’aimerais bien jouer ton répertoire ». J’ai cru avoir mal compris ! J’ai passé des mois à sélectionner des chansons qui se prêtaient à ça. Certaines, je les avais composées pour Découflé, d’autres pour le cinéma, d’autres pour un album…
J’ai engagé un arrangeur pour orchestre, Sylvain Griotto qui a écrit les partitions pour orchestre de cette quinzaine de chansons. Il y aura donc les 45 musiciens, deux choristes et moi au chant.

Conserverez-vous cette notion de théâtre musical ?
Ce qui est sûr, c’est que ce ne sera pas les chansons de Diterzi avec douze couches de violons dessus. On va jouer avec les codes. Il y aura sans doute des choses que je fais dans le spectacle Je garde le chien, où je divulgue des bribes de mon journal de création et où j’illustre ce texte d’images projetées et de chansons simplement lues. Tout ça va avec le désir de revenir au sens propre et profond de la chanson, au sens du texte.
Et puis le plaisir de chanter a cappella. En ce moment, je découvre les arrangements de Sylvain et, parfois, il y a juste un solo de harpe ou de flûte, un minimalisme qui me va bien. Et après, ça repart en vague… J’ai hâte de jouer ce spectacle !

>>Je garde le chien… Et l’orchestre // Avec l’orchestre de la Région Centre Val-de-Loire, sous la direction de Benjamin Pionnier. À Thélème, le 17 avril

DITERZI_PAGE 4

Trois questions à… Benjamin Pionnier, directeur de l’Opéra de Tours

Claire Diterzi est en résidence au Grand Théâtre, pour deux projets. Un choix qui peut surprendre a priori…
Claire Diterzi, elle est rock, elle est proche de la chanson contemporaine. Elle est, en fait, assez difficile à classer. Mais, surtout, elle a un univers qui n’est pas très éloigné de ce que l’on appelle les musiques savantes. Moi, mon univers, c’est l’orchestre, l’opéra et elle n’en n’est pas très éloignée dans la mesure où elle parle de théâtre musical. Le théâtre musical, c’est une forme d’opéra, ce n’est pas très loin de la comédie musicale ou de l’opéra comique. C’est une forme de concert avec du texte et de la musique. Dans l’Arbre en poche, par exemple, il y a un contre-ténor. C’est un mix entre des formes classiques et du rock. Claire est vraiment une artiste complète qui n’a pas de limites. De même que nous, nous essayons de pousser un peu nos limites et de brasser les publics. En plus, elle n’est pas anodine comme artiste : c’est quand même la seule chanteuse rock qui a fait la Villa Médicis.

Comment est venue l’idée d’un spectacle avec des versions symphoniques des chansons de Claire Diterzi ?
Moi, quand j’écoute les chansons de Claire, j’entends une version plus orchestrée, plus large. Elle, elle a un répertoire de chansons qui par toutes les couleurs qu’on y trouve, par sa science musicale et sa recherche d’écriture se prête complètement à l’orchestration. Et l’orchestre apporte une dimension supplémentaire. Donc moi, je le vois vraiment comme un échange artistique, au niveau des équipes et des musiciens. Et cela veut dire aussi que tous les publics peuvent se retrouver dans la démarche. Il y a un vrai travail de fond, dans la création, c’est le principe de la résidence que d’arriver à bouger les murs, comme elle le dit elle-même.

En plus, elle est Tourangelle !
Eh oui, c’est la petite gamine des quartiers nord qui est passée par le Conservatoire qui a découvert le monde sur la scène du Grand Théâtre quand elle était gamine. Maintenant qu’elle a cette reconnaissance nationale et internationale, elle boucle la boucle en revenant vivre et travailler dans sa ville. C’est une très bonne nouvelle pour Tours !

Chroniques culture #62

Le premier album d’A Void, le nouvel EP de Charly DKN ou encore l’immanquable Netflix à rattraper et la dose de BD et DVD, c’est à retrouver ici.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
LES INDESTRUCTIBLES 2
Il n’y avait que Brad Bird pour réussir à offrir une suite digne de ce nom à ce classique de l’animation. Toujours aux manettes, donc, le réalisateur signe avec Les Indestructibles 2 un spectacle familial réussi, un grand-huit riche en émotions et en rires. Visuellement, c’est toujours un bijou (quelle technicité dans les plans et le découpage !) et dans le fond, c’est toujours aussi inventif. On (re)découvre donc ce film survitaminé en version Blu-ray : déjà, pour les suppléments enrichis d’une leçon d’animation avec le cinéaste et de deux courts-métrages bonus. Ensuite pour retrouver avec plaisir bébé Jack-Jack, personnage immanquable et simplement hilarant des Indestructibles 2.
A.G.

LE CD PAUSE_ECRANS_CD
A VOID – AWKWARD AND DEVASTATED
Il y a de cela deux ans, le jeune groupe A Void nous avait tapé dans l’oeil lors de la sortie de leur EP Roses as insides. Le combo parisien — également connu pour avoir enflammé les planches anglaises — dévoile ici son premier album, Awkward and devastated. Suintant toujours l’esprit grunge, A Void a toutefois affiné son propos. Insufflant un feeling garage plus présent, un sentiment d’urgence tout en étant capable de ralentir le rythme et se faire plus mélodique (« A Rose »), le groupe offre une cohérence aux douze titres qui structurent ce disque bien écrit et rappelant parfois un Sonic Youth à voix féminine.
La voix, justement, de Camille Alexander est toujours capable d’envolées éraillées (« Éclatée » ou « Hurricane »). En face, la frappe de Marie Niemiec à la batterie épouse parfaitement la basse d’Aaron Hartmann et se répondent pour dérouler une section rythmique travaillée et bien mise en avant dans le mix. Jeune, sincère et à l’énergie contagieuse sur scène, A Void a clairement du potentiel.
A.G.

PAUSE_ECRANS_EPLE EP
CHARLY DKN – SENSES
Son premier album Symbiose était un véritable voyage. Ce nouvel EP, Senses, est en revanche est une vraie plongée. Une plongée dans le corps humain, Charly DKN explorant ici la thématique des sens du corps humain. Évidemment, le Tourangeau oeuvre toujours dans sa musique électronique qu’il chérit tant, la techno. Et sur Senses, Charly DKN réussit à proposer un ensemble qui fonctionne suivant les pulsations des émotions (c’est d’autant plus audible avec une écoute au casque sur un titre comme « Fragrance » par exemple).
Plus envoûtant que ses œuvres précédentes (« Nectar » fait même le pari d’incorporer des voix) et toujours pertinent dans son propos, Charly DKN réussit de nouveau son coup avec Senses. L’an dernier, l’artiste nous confiait vouloir « hypnotiser le public » : la mission est réussie.
A.G.

LES BD PAUSE_ECRANS_BD
MYSTÈRES & BULLES (DE GOMME)
Dire que l’on adoré la nouvelle série Renaissance (Dargaud) d’Emem au dessin et de Fred Duval au scénario, serait un euphémisme. Avec ce Tome 1 « Les Déracinés », ils se lancent le défi d’une nouvelle série de SF qui devrait en séduire plus d’un, grâce à sa richesse et son inventivité. Jung, lui, nous plonge avec « Babybox » (Noctambule/soleil) dans un conte sur une quête identitaire dans une Corée du sud aux contours oniriques et au graphisme époustouflant.
Magie et merveilleux, ce aussi sont les caractéristiques de « La Boîte à musique » (Dupuis), la très belle série de Carbonne et de Gué qui proposent déjà le volume 2 de cette histoire mêlant fantastique et poésie avec maestria. On finira par le tome 13 et dernier de la série « XIII MYSTERY » où Jean Van Hamme crée l’événement en reprenant le scénario avec la complicité de Olivier Grenson au dessin autour du personnage culte Judith Warner. Le résultat est un petit chef d’oeuvre et on se dit que le mystère de la série devrait encore perdurer encore longtemps !
Hervé Bourit

A (RE)DÉCOUVRIR SUR NETFLIX
THE HAUNTING OF HILL HOUSE
De mémoire de sériephile, on n’avait pas connu pareil plaisir depuis bien longtemps… Production originale Netflix, The Haunting of Hill House est une libre adaptation du roman La Maison hantée (Shirley Jackson) dont avait d’ailleurs découlé le film La Maison du diable (Robert Wise, 1963). Ici, dans cette histoire d’une famille endeuillée et traumatisée par leur ancienne demeure hantée, le réalisateur Mike Flanagan construit son récit à coup de flashback et les met en parallèle avec le quotidien qu’endurent aujourd’hui les protagonistes.
Totale réussite de A à Z, The Haunting of Hill House maquille son fonds horrifique et d’épouvante derrière un drame psychologique et familial. Tour à tour flippant, angoissant, émouvant, mélancolique, ce petit bijou rafraîchit le genre codifié de la maison hantée. Les thèmes de la mort et des traumas sont traités à la perfection et prouvent que les fantômes ne sont pas forcément ceux que l’on cache sous un lit. Stephen King s’est dit grand fan de la série. Il n’y a pas mieux comme gage de qualité.
A.G.

PAUSE_ECRANS_SERIE

La Clef : l’impro comme terrain de jeu

Pour fêter ses vingt ans, la compagnie La Clef organise ce weekend un festival d’improvisation à Chambray-lès-Tours. Rencontre avec sa responsable artistique, Valérie Lesage.

NEWS_IMPRO_ITW_VALERIE

Il y a 20 ans naissait la compagnie La Clef. C’était en 1998… …
grâce à la Coupe du monde de football ! Nous étions quelques comédiens issus de la ligue d’improvisation française à Paris, missionnés par une structure de Seine- Saint-Denis pour animer un grand espace au pied du Stade de France. Nous avons créé un monde où tout était rond, comme le ballon, et monté un spectacle pour des collégiens. Il fallait créer une structure pour mener ce projet, et c’est ainsi qu’est née la compagnie La Clef. Je suis arrivée sur Tours en 2001, et la compagnie s’est progressivement installée en Touraine, où elle est active depuis 2006.

Pourquoi « La Clef » ?
C comme compagnie, E comme événement et F comme formation. Quant au L, nous n’avons jamais trouvé de mot qui nous corresponde. Vous pourriez lancer un jeu concours auprès de vos lecteurs ?

Le premier spectacle tourangeau de la compagnie ?
C’est le catch-impro. Nous nous sommes approprié la dramaturgie du catch : les commentateurs, les agents de sécurité… Dès le hall d’entrée, le spectacle commence : le public, reçu par le service de sécurité et les agents d’accueil, est invité à écrire les thèmes de son choix sur des papiers. En parallèle, les commentateurs chauffent la salle, et un DJ fait monter la température. Lorsque les deux duos d’improvisateurs entrent en scène, on pioche au hasard un thème dans l’urne. Le décompte commence immédiatement : 5 – 4 – 3… Et l’improvisation démarre, sans préparation ni réflexion. Je joue souvent le rôle d’arbitre : il est là pour se faire huer, récupérer les énergies négatives du public afin que les comédiens jouent plus confortablement. C’est une réussite : nous entamons la 12e saison du spectacle. Au sein de la compagnie, il y a les spectacles, mais aussi les stages, les ateliers, les formations, les événements en entreprise…

L’impro, c’est pour tout le monde ?
Oui, aucun pré-requis n’est nécessaire. En 25 ans d’enseignement, je n’ai jamais rencontré quelqu’un incapable d’improviser. Par contre, certains ne s’autorisent pas à le faire. Pourtant, on s’amuse beaucoup : en état d’improvisation, tout devient prétexte au jeu, on retombe tous en enfance. On développe aussi plein de qualités humaines : l’écoute, le respect de la parole de chacun, l’acceptation de l’autre… Alors venez découvrir l’impro. Le seul risque que vous prenez, c’est de vous amuser et de trouver du plaisir !

Propos recueillis par Nathalie Picard

LA CLEF EN CHIFFRES :
> 150 adhérents > 6 ateliers hebdomadaires : 5 pour adultes et 1 pour ados
> Un noyau dur de 6 comédiens professionnels réguliers
> 50 salariés engagés temporairement sur une année

Chroniques culture #61

Cette semaine dans nos chroniques culture, une plongée effarante dans le porno amateur avec le dernier ouvrage de Robin d’Angelo, du polar, mais aussi de la BD, le DVD de Sans un bruit et la mini PlayStation qui débarque bientôt.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
SANS UN BRUIT
Dans un monde post-apocalyptique, la population doit désormais vivre sans dire un mot, sous la menace de créatures monstrueuses qui attaquent au moindre bruit. Thriller high-concept par excellence, Sans un bruit s’était taillé un joli succès — mérité — lors de sa sortie en salles. Réjouissant et efficace, aussi audacieux que flippant, le film de et avec John Krasinski se retrouve en DVD/Blu-ray et se revoit avec plaisir, tant son côté angoissant et sa mise en scène habile plongent le spectateur dans un moment de tension. L’éditeur a eu la bonne idée de prolonger la version Blu-ray avec des suppléments abordant les coulisses de la production, les effets visuels et, bien sûr, le montage son, véritable « personnage » de Sans un bruit.
A.G.

LES LIVRES
PAUSE_ECRANS_LIVREJUDYJUDY, LOLA, SOFIA ET MOI
Une claque, un livre qui secoue, un ouvrage dur. « Judy, Lola, Sofia et moi » (éditions Goutte d’or), c’est tout ça à la fois. Durant 320 pages, le journaliste Robin d’Angelo raconte son année passée en immersion dans le monde du porno amateur français. De ce récit intime écrit à la première personne, Robin d’Angelo livre une vision hallucinante, une plongée brutale, parfois très sordide, dévoilant aussi bien les conditions dégradantes imposées aux jeunes femmes qu’un univers où le droit du travail est parfois plus que limite.
Sans tabou, sans fard, le livre dissèque ce monde où le consentement est une notion malmenée, y donne quantité de détails (l’infiltration de l’auteur est réussie et va parfois… très loin), aborde le phénomène Jacquie et Michel (pas si glorieux…) et la concurrence, révèle des témoignages glaçants (le producteur Pascal OP, une actrice totalement paumée). C’est passionnant, marquant, féroce et rude.
A.G.

FLUCTUAT NEC MERGITOURS PAUSE_ECRANS_LIVREFLUCTUAT
Il était professeur d’Histoire, il est désormais retraité… mais surtout écrivain ! Le Tourangeau Jean-Noël Delétang a repris la plume pour ce nouvel ouvrage, inti-tulé Fluctuat Nec Mergitours (éditions Le Geste), clin d’oeil à la locution latine et, bien sûr, devise de Paris. L’auteur revient ici à son style de prédilection, le polar, qu’il avait déjà adopté dans son premier ouvrage en 2017 (Trois petits Tours et puis s’en va). Emmené par deux policiers joliment dessinés, l’inspecteur Abert et son jeune collègue Karim, le livre de Delétang place son intrigue autour de la rue de la Scellerie. C’est en effet là qu’un meurtre vient déranger la paisible vie de ses résidents. Fluctuat Nec Mergitours, outre son écriture fluide, vaut surtout pour son côté tourangeau (oh, allez, soyons chauvins !) qui imprègne chaque page… jusqu’à la couverture.
A.G.

PAUSe_ECRANS_LIVREPAROLELA PAROLE DU CHACAL
Clarence Pitz vient de signer un habile « ethno-thriller » (ou thriller anthropologique) avec La Parole du chacal (éditions Le Lys Bleu) ! Transportant littéralement son lecteur au coeur du Mali, l’auteure belge a le mérite de signer un récit palpitant dans un exercice pourtant périlleux, celui du huis-clos. Axant son propos sur le peuple des Dogons, Clarence Pitz offre une histoire riche en rebondissements et en angoisse, dans laquelle elle distille une grosse dose de culture (on sent ses connaissances en anthropologie). L’écriture est affûtée, précise, et le rythme haletant. Une bonne découverte !
A.G.

Les BD PAUSE_ECRANS_BD
Avec « La Plus belle femme du monde » (La Boîte à Bulles), William Roy et Sylvain Dorange livrent un magnifique portrait de l’actrice et inventrice, Hedy Lamarr. Avec cette bio sensible et magnifiquement restituée, ils rendent un hommage poignant à cette femme libre et d’exception qui, dans un Hollywood des année 40 schizophrène et puritain, transfigura à jamais le 7e Art.
Les héros de « Double 7 » (Dargaud) nous emmènent en 1936 à Madrid, où face aux troupes de Franco s’agitent révolutionnaires de tout bord. Cette plongée sombre, héroïque et sentimentale est magnifiée par le talent des deux auteurs Yann et André Julliard.
Avec « Polaris ou la nuit de Circé » (Delcourt), on plonge avec Vehlman et De Bonneval dans une enquête policière passionnante sur fond de pratiques érotiques. Un petit chef d’oeuvre, à l’instar du T3 « Les Frontières » (Casterman) de la saga Le Reste du Monde de Jean-Christophe Chauzy. Avec ses scènes d’apocalypse et l’élan qu’il donne à ses personnages, on est littéralement bluffé par cet auteur qui mériterait plus grande reconnaissance.
Hervé Bourit

MINI PLAYSTATION
LES JEUX DÉVOILÉS
Le 3 décembre sortira la PlayStation Classic (99,99 €), version mini de sa toute première console sortie en 1994. Sony vient enfin d’annoncer les 20 jeux qui seront gravés dans son modèle retro. Il s’agit de : Battle Arena Toshinden, Cool Boarders 2, Destruction Derby, Final Fantasy VII, Grand Theft Auto, Intelligent Qube, Jumping Flash !, Metal Gear Solid, Mr. Driller, Oddworld : L’Odyssée d’Abe, Rayman, Resident Evil, Revelations : Persona, Ridge Racer Type 4, Super Puzzle Fighter II Turbo, Syphon Filter, Tekken 3, Tom Clancy’s Rainbow 6, Twisted Metal, Wild Arms.

sony-interactive-entertai-5ba204c663b93C

Festival Émergences : un marathon de jazz

Le festival Émergences c’est déjà demain ! Et c’est parti pour huit jours de jazz et de musiques du monde à travers la ville. Jeudi 15 novembre, embarquez aussidans un « barathon » organisé par Noise Gate, association de Jazz à Tours.

NEWS_ EMERGENCES_TETE
(Photo tmv)

Le festival Émergences, organisé par le Petit Faucheux et Jazz à Tours, donne carte blanche à l’association Noise Gate pour mettre en musique le Barathon. Pouvez-vous vous présenter ?
Noise Gate : Nous sommes l’association des élèves, des anciens élèves, des professeurs et des anciens professeurs de Jazz à Tours. Noise Gate existe depuis une dizaine d’années maintenant. C’est la deuxième année qu’on organise le Barathon, toujours de façon assez autonome. On s’occupe également le reste de l’année de concerts avec les élèves de Jazz à Tours et de soirées avec Le Petit Faucheux comme lors de l’Open Jam. Nous sommes un noyau fixe de six personnes accompagné d’un comité d’administration et de bénévoles.

« Barathon », c’est un mélange entre les mots « bar » et « marathon ». Expliquez-nous le principe ?
C’est un événement qui existe depuis pas mal d’années. Le temps d’une soirée, l’idée est de se balader de bar en bar en centre-ville et d’assister à différents concerts dans des lieux conviviaux. On essaye de changer les partenaires au fil des éditions pour faire découvrir de nouveaux endroits. Ce sont des lieux avec une activité culturelle à l’année.

Quand se déroule-t-il cette année ?
Nous proposons quatre concerts gratuits jeudi 15 novembre, un dans chaque bar, de 18 h à 22 h. On part de la rue du Grand marché et on s’avance en ligne droite vers la rue du Commerce et la rue Colbert. Chaque prestation dure environ 45 minutes pour que le public ait le temps de se déplacer et d’assister, s’il le souhaite, à tous les concerts. Mais certains n’en feront qu’un et resteront boire un verre avec les musiciens, d’autres prendront le convoi en route en passant par hasard devant. L’idée c’est aussi de faire découvrir le jazz et la musique du monde à ceux qui ne viennent pas forcément dans des salles de concerts.

Comment avez-vous préparé cette programmation ?
Ce sont tous des talents locaux, dont au moins un membre fait ou a fait partie de Jazz à Tours comme professeur ou élève. Guillaume Haddad, ancien élève pianiste, connaît bien le vivier musical local et nous a proposé une liste de musiciens jazz et musiques du monde. Nous travaillons sur ce projet depuis un an et demi et nous avons gardé nos coups de cœur dans cette sélection.

NEWS_ EMERGENCES_baraton
Barathon 2017 (Crédit Coing Tete)
NEWS_ EMERGENCES_tinky
Tinkty Boom

Pouvez-vous nous décrire les concerts à venir ?
On va monter en intensité dans la soirée, au fil des concerts. On commence à 18 h, par un bar cosy, le Bistro 64, rue du Grand Marché, avec le Duo Garcia. Ce sont deux frères qui s’inspirent des musiques de l’Afghanistan, de la Turquie, du Maroc et de l’Andalousie. Ensuite, direction le Winchester, rue du Commerce, à 19 h, avec Pottok on The Sofa. Là on sera plus sur de la chanson pop, jazz et bossa, à travers trois voix de chanteuses qui interprètent leurs titres en espagnol, anglais et français. Ce sont trois sœurs qui ont baigné dans la musique dès leur plus jeune âge et sont toutes passées par Jazz à Tours. L’une d’elle y est d’ailleurs encore.
On continue à La Réserve, rue Colbert, à 20 h, avec Tinkty Boom. C’est cette fois-ci vraiment jazz, ça swingue comme dans les années 30 et 40. Le trio tient son nom d’une expression du saxophoniste Lester Young qui a inventé ce terme pour caractériser la sobriété, la fluidité et l’efficacité du swing souhaité dans le jeu des batteurs qui l’accompagnent.
Et enfin, à 21 h, on termine au Spot, nouveau bar installé au 124 rue Colbert. On y a invité Troisième démarque. Ce trio, dont deux des membres viennent tout juste de sortir de Jazz à Tours, crée une musique écrite et improvisée aux influences jazz et modernes. Ils s’emparent des sons chauds et veloutés de la « west coast » des années 50 pour dérouler un jazz dans la lignée des trios acoustiques de Jimmy Giuffre.

Qu’est-ce-que l’organisation de ce Barathon apporte à Noise Gate ?
Noise Gate : C’est un moyen d’acquérir des connaissances dans la production, la programmation, l’administratif et la technique. On apprend aussi à aller vers les gens et à communiquer, que ce soit vers des artistes ou des lieux de diffusion. Les élèves bénévoles apprennent par la même occasion ces notions et nous pouvons échanger nos connaissances entre nous, notamment au niveau technique. On essaye d’impacter un maximum les élèves dans l’organisation de ces concerts car ça fait partie de la formation au métier. Noise Gate est un immense réseau, une fourmilière où se rencontrent les élèves et professeurs et où naissent des formations musicales.
Le Petit Faucheux : Cette association connaît bien le réseau de musiciens locaux, avec des groupes que parfois on ne connaît pas car les musiciens sont jeunes. Ils apportent ainsi leurs connaissances et leur sensibilité à ce festival, c’est pour ça qu’on les a choisis.

@ www.festivalemergences.fr

————————————————————————————————————————————————————————————

Des invités de marque au festival

Le jazz va réchauffer l’ambiance à Tours, du 8 au 16 novembre. Cette année, deux événements phares marquent le festival Émergences.

> OSLO
Le premier événement à ne pas manquer se déroule jeudi 8 novembre. C’est le concert de l’Orchestre national de jazz Olivier Benoit. « Après Paris, Berlin et Rome, Oslo est le dernier programme de l’orchestre et il nous a beaucoup plu », révèle le programmateur du Petit Faucheux, Renaud Baillet. « Il y a un côté plus pop, une place plus importante laissée à la voix. Et c’est assez exceptionnel de les voir passer chez nous ! » Une écriture aux confins du jazz, de la musique répétitive, minimaliste et du rock, qui s’inspire de la singularité architecturale de cette capitale du nord de l’Europe, à la fois moderne et traditionnelle.
À 20 h, jeudi 8 novembre, au Petit Faucheux. Tarifs : de 8 € à 16 €

> JAZZ MÉTISSÉ
Second moment fort du festival, la venue de Jowee Omicil, vendredi 9 novembre. « Ce jeune saxophoniste qui monte a vécu à Haïti et au Québec, il a aussi voyagé dans le monde entier et s’est installé en France, énumère Renaud Baillet. Il vient présenter son nouvel album Love Matters! impregné des musiques du monde. » Ce « virtuose » sait jouer de tous les instruments à vent, « c’est spectaculaire » encense le programmateur conquis. Son quartet est composé d’un piano, d’une basse, d’une batterie et de lui, Jowee Omicil, qui joue de tout le reste : selon les morceaux on le retrouve au saxo, à la clarinette, à la flûte, à la trompette ou au chant. Une musique « joyeuse, dansante et populaire ».
À 20 h 30, vendredi 9 novembre à La Pléiade, La Riche. Tarifs : de 8 € à 14 €.

> C’EST GRATUIT !
En dehors du Barathon, deux autres concerts sont proposés aussi gratuitement pendant le festival, l’après-midi du samedi 10 novembre, dans des lieux de concerts originaux. Élodie Pasquier Solo à l’Hôtel Gouin à 16 h, présente des compositions et improvisations à la clarinette. Ensuite, à 17 h 30, le même jour, au HQ, espace de coworking impasse du Palais à Tours, le duo constitué de Laura Perrudin, harpiste et Thibault Florent, guitariste, propose une ambiance rappelant certaines musiques électroniques.

> POUR FINIR EN BEAUTÉ
Ultra Light Blazer clôture la semaine, vendredi 16 novembre. « C’est un mélange entre hip hop et jazz monté par Jonas Muel – saxophoniste et compositeur – et Edash Quata – MC et auteur de textes – », décrit le programmateur. Pour accompagner le flow du rappeur et le saxo, Mathieu Debordes aux claviers, Guillaume Marin à la basse et Julien Serié à la batterie. À 20 h, au Petit Faucheux. Tarifs : de 8 € à 16 €

Capture copie

 

Un Tourangeau en Egypte / 2e message

#2 / L’artiste Mathieu Dufois habite et travaille à Tours. Le CCCOD a décidé de l’envoyer en résidence de création dans le désert égyptien du Fayoum. Il ne sait pas lui-même quels chemins va prendre son travail là-bas, ni ce qu’il va en ramener pour la future expo prévue au CCCOD. Nous avons eu envie de le suivre dans sa résidence. Cartes postales…

Capture

Le 22 octobre 2018

Des nouvelles de ma résidence en Egypte avec cette vue imprenable qui s’étend sur tout l’horizon englobant le village et le lac Qârûn, berceau de l’oasis du Fayoum. Je descends régulièrement pour m’en approcher et observer au loin le désert.

Ce paysage lointain et inaccessible me renvoi l’image d’un faux décor, d’un trompe-l’œil, par sa platitude et l’absence de mouvement. Une peinture murale où les ombres des nuages planants viennent se projeter et dessiner de longues formes étirées sur la surface vierge des dunes. C’est pour moi, un pur moment de cinéma, où un film en devenir tente de prendre forme dans un endroit où tout est à imaginer, inventer et construire.

Faire naitre un film d’animation dans un désert ; les premières ombres sont là…

>> Retrouvez sa première carte juste ici ! <<

Chroniques culture #60

Une grosse dose de BD, le DVD de Jurassic World Fallen Kingdom ou encore le livre Till Victory et la citation de la semaine : voici les chroniques culture.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
JURASSIC WORLD : FALLEN KINGDOM
À l’époque, il nous en avait coûté de donner un minuscule 2/5 à Jurassic World. Il faut dire qu’en tant que fans, cette suite nous avait laissé un goût amer, l’ensemble se voyant torpillé par la vacuité de son scénario, ses personnages transparents et sa resucée de certaines scènes des autres opus. Le film de Bayona mérite toutefois une seconde lecture, notamment pour sa première moitié stimulante, nourrie de riches idées de mise en scène et ses prouesses visuelles. Sa sortie en Bluray propose également une section bonus pachydermique : séquences- plateau, making of multiples, effets spéciaux expliqués ou encore journaux de bord de l’équipe. Là, en revanche, on signe tout de suite !
A.G.

LE LIVRE PAUSE_ECRANS_LIVRE
TILL VICTORY : LETTRES DE SOLDATS ALLIÉS
Il aura fallu bien des années de réflexion et de travail pour que Clément Horvath, un Tourangeau de 30 ans, donne naissance à son projet fou : Dans Till Victory, ce passionné y dévoile des centaines de courriers uniques de soldats, écrits au front. Donnant un autre visage à la Seconde Guerre mondiale, Clément Horvath lève le voile sur ces hommes, des êtres humains avant d’être combattants, offrant alors une multitude de portraits captivants. Avec sa richesse iconographique et dans les lettres qu’il déterre, Till Victory ratisse large et exploite un spectre géographique impressionnant (Français, Canadiens, voire Néo-Zélandais sont cités). Accessible à tous, écrit au présent pour une plus grande immersion, ce livre en forme d’incroyable objet de mémoire (lire tmv n°308) est un petit trésor en soi.
A.G.
> 376 pages, aux éditions Ouest-France. Prix conseillé : 32 €.

PAUSE_ECRAN_BDLES BD
LE MONDE DES RÊVES
Longtemps, Jean-Claude Denis s’est caché derrière son héros de papier Luc Leroi. Mais depuis peu, et c’est encore le cas ici avec ce très beau « La Terreur des hauteurs » (Futuropolis), il se met en scène avec la pudeur qui le caractérise. Pas facile en effet d’aborder un sujet comme le vertige ou la peur du vide ! Lui le fait avec une sensibilité incroyable et de beaux moments d’humour sur 144 pages. Sensible, Bruno Heitz l’est tout autant, comme en témoigne « C’est pas du polar… mais ça craint quand même » (Gallimard). Un récit où il nous plonge dans un Paris des années 50 avec ce vaudeville à la sauce polar et son écriture onirique truculente. Comment matérialiser les peurs enfantines pour mieux les apprivoiser ? C’est le pari de Loïc Clément et Anne Montel qui, avec « Chroniques de l’Île Perdue » (Soleil), illuminent la collection Métamorphose avec ce récit magnifique autour de deux jeunes frères. On terminera avec la sublime adaptation de « Dr Jekyll et Mr Hyde » (Sarbacane), illustrée de main de maître par Maurizio A.C.Quarello, récit intemporel sur le bien et le mal, et le réel et le fantasmé.
H.B.

Capture

Chroniques culture #59

Grosse ration de BD, coffret DVD de Kaamelott ou encore metal et pop côté disques : voici les chroniques culture de la semaine.

PAUSE_ECRANS_DVDLE COFFRET DVD
KAAMELOTT L’INTÉGRALE
L’annonce de la sortie, pour la première fois en coffret Blu-ray, de l’intégrale de la série Kaamelott a causé quelques sursauts au coeur chez les fans ! Il faut dire que la Bête contient pas moins de 13 galettes où s’entassent plus de 400 épisodes pour un total de 2 227 minutes de répliques cultes (sans compter 743 minutes de bonus !). Créée par Alexandre Astier, la série se découvre ou se revoit donc dans une intégrale qui a en plus le mérite de proposer une palanquée de suppléments, à l’instar de bêtisiers, mais aussi d’images du Kaamelott Opening interprété par l’Orchestre national de Lyon, sans oublier des illustrations originales de Nicolas Bory. Un immanquable ? C’est pas faux.
A.G.

LES BD
QUE D’HISTOIRE !  PAUSE_ECRANS_BD
La BD et l ‘Histoire ont toujours fait bon ménage. On saluera donc comme il se doit le superbe travail de Thomas Gilbert avec « Les Filles de Salem » (Dargaud). Il nous plonge en plein XVIIe siècle dans ce village du Massachusetts, dont l ’histoire inspirée de faits réels n’est pas sans trouver l’écho dans notre société actuelle où l’obscurantisme et la remise en cause des rapports entre les sexes reviennent en force.
Et puis, du 10 au 14 octobre, se tiendront à Blois les 21es Rendez-Vous de l ’Histoire (RDVH) où la BD tient une belle place avec exposition, remise de prix et bien sûr rencontres avec différents auteurs. On y croisera, entre autres, Liberge, Mordillat et Prieur, auteurs de la série « Le Suaire » (Futuropolis) dont le deuxième tome « Turin 1898 » lève quelques mystères sur cette relique christique. Le trait y est toujours aussi magnifique et les intrigues ficelées avec soin. On y retrouvera aussi Python et Simsolo. Avec « Marie Antoinette » (Glénat), ils livrent en deux tomes une fresque sensible et prenante sur le personnage. On finira sur une note plus légère en pleine Préhistoire avec le T7 de « Silex in the city » (Dargaud) où un Jul, présent lui aussi aux RDVH et toujours en pleine forme, enchaîne calembours et situations ubuesques.
Hervé Bourit

PAUSE_ECRANS_EPLE EP
EUGÉNIE – EUGÉNIE
Comment a-t-on pu passer à côté de cette chouette pépite de pop acidulée parue à la mi-septembre ? Le premier EP d’Eugénie, musicienne autodidacte remarquée à l’époque par son single « Puis Danse », est une franche réussite. Frais, rythmé, diablement bien écrit, le disque prouve que la voix de la jeune chanteuse n’a rien perdu de sa superbe : on pense à un doux mélange entre Lorde et Vanessa Paradis, tantôt mélancolique, tantôt mutin. L’interprète explore toujours son univers électro-pop, n’hésite pas à passer du français à l’anglais avec une aisance remarquable et un parfait équilibre. Vivement l’album !
A.G.

LE CD PAUSE_ECRANS_CD
BEARTOOTH – DISEASE
Une voix douce, une mélodie posée sur une guitare acoustique. Les vingt premières secondes de l’album Disease de Beartooth… n’annoncent pas la couleur ! Car soudain, c’est l’explosion. Le morceau d’ouverture Greatness or death, accrocheur à souhait, fait l’effet d’une éruption volcanique. Dopé par un mur du son, une force de frappe jubilatoire à la batterie, et des riffs ultra acérés, ce premier titre place la barre très haut. On retiendra bien évidemment le talent de Caleb Shomo, toujours aussi impressionnant au micro, capable d’enchaîner envolées à la Foo Fighters (on retrouve d’ailleurs leur producteur, Nick Rasculinecz, aux manettes) et hargne folle.
Pourtant, tout au long de ce troisième album, Beartooth – décrit comme l’un des meilleurs groupes de metalcore – va souffler le chaud et le froid. Alternant le gnan-gnan pas bien folichon (« Disease »), voire des chansons recyclées et poussives (« Believe ») et l’énergie pure et dure (« Fire », « Bad Listener » ou encore le survolté « Used and abused »), les Américains proposent un ensemble en demi-teinte, un poil trop contrasté en regard de ses précédentes et admirables sorties.
A.G.

PAUSE_ECRANS_PROPULSONPROPUL’SON : APPEL A CANDIDATURES
Musicien(ne)s, c’est à vous ! La Fraca-Ma et son réseau ont lancé la 13e édition de Propul’Son, dispositif de repérage et d’accompagnement d’artistes et groupes musicaux de la Région Centre Val-de-Loire. Depuis 2004, de nombreux projets en ont bénéficié, à l’instar de Nesseria, Ropoporose, Thé Vanille ou encore Chevalien. Les critères de sélection se font d’après l’esthétique et le genre musical (reggae, punk, rock, électro, hip-hop…), l’expérience scénique, la motivation ou encore l’innovation artistique.
Pour candidater, direction propulson.com

Vous avez jusqu’au 21 octobre pour déposer votre dossier !

Reportage : la rentrée au cœur de la Boîte à livres

Ça sent l’encre, le papier et les rêves, on y trouve des milliers de pages et les espoirs de centaines de romanciers qui espèrent toucher les lecteurs. Née en 1946, La Boîte à livres vit toujours au rythme des rentrées littéraires.

Marie a vu le rayon Art de vivre et Pratique suivre les évolutions de la société.
Marie a vu le rayon Art de vivre et Pratique suivre les évolutions de la société.

Il est 10 h. La grille, rue Nationale, vient de se lever et La Boîte à livres est silencieuse mais à l’arrière du magasin, une demi-tonne de livres a déjà été livrée. Pierre et Manu, les responsables de « l’arrivage », ouvrent chaque carton, les ouvrages sont vérifiés, enregistrés, puis rangés dans des bacs. Chaque libraire a le sien, il y trouve les commandes passées par les clients, les réassorts demandés et les nouveautés livrées par les éditeurs.

Tous les libraires sont passés par l’arrivage. « C’est essentiel », explique Marie-Noëlle qui travaille à la Boîte à livres depuis plus de quinze ans.
Chargée de la communication, elle organise entre autres les rencontres avec les auteurs. Le carnet d’invitations de septembre fait rêver : Gaëlle Nohant, Éric Fottorino, Boualem Sansal, Tiffany Tavernier et Adrien Bosc seront là. La Boîte à livres est considérée par le circuit du livre comme une librairie de niveau 1, les plus importantes. Avec 34 salariés, dont trois apprentis, et un fond de 65 000 titres (120 000 au moment de Noël), elle est dans le top 25 des librairies indépendantes en France. Plusieurs fois par an, les diffuseurs (Hachette, Sodis, Harmonia Mundi…) envoient leurs représentants, catalogues d’éditeurs sous le bras, présenter les nouveautés. À eux de convaincre le libraire d’acheter le dernier Angot ou le nouveau Lévy.

À l’arrivage, Pierre et Manu vérifient le bon état de chaque livre puis les scannent.
À l’arrivage, Pierre et Manu vérifient le bon état de chaque livre puis les scannent.

Cette année, une centaine de nouveaux romanciers tentent leur chance à l’occasion de la rentrée littéraire. Les éditeurs imposent certains titres, ce sont les « offices ». En fonction des goûts de leur clientèle, les libraires en commandent un certain nombre d’exemplaires : « Amélie Nothomb a ses fidèles, nous en commandons plusieurs dizaines, explique Joël Hafkin, le directeur. Parfois, un livre discret s’envole au bout de quelques semaines grâce au bouche-à-oreille ; ça été le cas pour En attendant Bojangles. Les libraires surveillent les demandes et commanderont alors de nouveaux exemplaires au fur et à mesure. »

Les invendus peuvent être renvoyés au bout de trois mois à un an ; entre temps, le stock mobilise beaucoup de trésorerie et d’énergie. Au rayon jeunesse, Jean-Christophe, représentant pour plusieurs éditeurs, montre à Véronique les nouveautés pour Noël. Sa valise est pleine de « maquettes », des livres-échantillons. Une couverture argentée nous fait de l’oeil. En vingt ans, Véronique a vu le secteur exploser. Trois libraires se partagent d’ailleurs l’espace enfants, qui va du livre en peluche pour les bébés au roman young adult.

« SI ON NE FAIT PAS VIVRE LA LIBRAIRIE, ON MEURT »

L’édition n’échappe pas aux tendances. « Il y a eu la vague des livres de cuisine vegan, des livres de chefs et maintenant, ce sont les ouvrages pratiques pour cuisiner maison vite et bien », explique Marie, responsable du rayon gastronomie, pratique et développement personnel, pour lequel la demande est exponentielle.
Si elle conseille les clients, elle transmet aussi aux représentants les demandes des lecteurs. « Par exemple, les livres de cuisine trop grands ne fonctionnent plus, les gens ont de moins en moins de place pour les stocker. » Au sous-sol, le rayon BD a grandi ; Céline, sa gardienne, lui a greffé les mangas et une sélection uchronie.

Claire, responsable du rayon polar, accroche des notes sur ses livres « coups de coeur ».
Claire, responsable du rayon polar, accroche des notes sur ses livres « coups de coeur ».

Midi. Une dame traverse la librairie au pas de course jusqu’au rayon des polars ; elle profite de sa pause déjeuner pour venir voir les nouveautés. Elle avoue être « droguée aux livres, j’en lis au moins trois par semaine. » Elle ne lit que sur papier, explique avoir besoin de toucher les couvertures, feuilleter les pages, pour faire son choix. « Catherine adore les thrillers, sourit Claire, la responsable du rayon. Comme je n’ai pas le temps de tout lire, elle me donne son avis sur certains romans. »

À l’étage, le petit salon de thé accueille quelques clients le temps de grignoter une quiche maison. Pour résister au géant en ligne, les librairies doivent se montrer imaginatives. Si la venue des auteurs stars fait toujours son effet, elles organisent aussi des ateliers, des débats, participent à des salons spécialisés. Au sous-sol, Michel, qui veille sur le rayon Essais et Histoire, prépare le stand de la librairie pour les Rendez-vous de l’Histoire. La Boîte à livres est aussi présente lors des séminaires gastronomie de l’IEHCA et propose une sélection d’ouvrages d’art au CCCOD.

Pour Joël Hafkin, qui a des idées plein la tête, il faut toujours avancer. « Si on ne fait pas vivre la librairie, on meurt. Pas d’agrandissement pour l’instant, mais nous venons de créer un rayon littérature en langues étrangères et nous préparons deux beaux projets pour 2019. »

A Tours de Bulles : la diversité de la BD

A Tours de Bulles revient à Tours pour sa 14e édition. Au menu : bande-dessinée à gogo, dédicaces d’auteurs, expos, conférences et autres animations. Interview de Philippe Septier, directeur du festival de BD.

Philippe Septier, président du festival A Tours de Bulles.
Philippe Septier, président du festival A Tours de Bulles. (photo tmv)

Le festival A Tours de Bulles a su se faire une place dans la rentrée culturelle tourangelle. Revenons sur ses origines.
Avant A Tours de Bulles, nous avions un autre festival qui se déroulait chaque vendredi 13. Mais ça n’était jamais au même moment et, parfois, il y en avait plusieurs par an : difficile de continuer. C’était au-dessus de nos forces (rires) ! Quand une nouvelle équipe s’est formée, on a décidé de faire ça annuellement. D’abord, cela se passait en juin et place Plumereau. Puis nous sommes partis à la salle Ockeghem et avons maintenant envahi la place Châteauneuf ! (sourire) On essaye de proposer un festival convivial et accueillant. On travaille également beaucoup sur l’accueil des personnes en situation de handicap. Tout le monde se mélange ici. C’est la BD pour tous et le moment de découvrir la diversité de la bande-dessinée en passant un bon moment.

 

Pourquoi avoir choisi le thème « famille » cette année ?
C’est en référence à l’album de notre invitée d’honneur, Chadia Loueslati. Une sélection de planches de son roman graphique et autobiographique « Famille nombreuse » sera exposée.

 

Il y a des nouveautés pour cette édition… 2018
Oui, avec la Tour d’Ivoire des mômes. On a eu l’idée de proposer à la Quinzaine du livre jeunesse de choisir quatre album et que le public jeune puisse voter. Le dépouillement aura lieu dimanche midi et le vainqueur sera annoncé à ce moment-là. La deuxième nouveauté est le retour du concert dessiné de fin de festival. Le groupe L’Affaire Capucine s’associera à un bédéiste. C’est l’ADN du festival en fait : la BD a des liens avec plein de choses, musique, peinture, Histoire, etc. A Tours de Bulles est pluridisciplinaire, on montre que la bande-dessinée est quelque chose de plus large et plus riche qu’il n’y paraît.

 

Quels sont vos artistes coups de cœur cette année ?
C’est toujours difficile ! (rires) Je pense à Jean Dytar, auteur de Florida, un album magnifique, un vrai pavé sur la conquête de la Louisiane. Graphiquement, c’est superbe et historiquement, il y a un contenu. Il sera en conférence le samedi. Mais j’aime aussi Jean Barbaud, Janski…

 

Jean Barbaud sera présent. Il est l’artisan de « Il était une fois l’Homme », quelque chose qui réunit toutes les générations. Cela reflète parfaitement l’esprit du festival non ?
Oui, oui. C’est un festival familial, convivial, de 7 à 77 ans comme la BD. Même au-delà… (sourire) Il y a des albums plus durs et difficiles, d’autres plus légers, nous mélangeons les genres. C’est pour tout le monde.

 

Vous imposez-vous certaines restrictions dans vos sélections ?
Ah un Marsault, par exemple ja-mais ! (dessinateur controversé pour ses idées travaillant avec la maison d’édition Ring – NDLR) Sinon, on ne s’impose pas trop de limites. Vous savez, on a parfois fait de la BD érotique – jamais pornographique – ou politique, avec des albums sur les luttes sociales. Le but d’A Tours de Bulles est de montrer la variété de la BD.

 

(Photo A Tours de Bulles)
(Photo A Tours de Bulles)

Quel est votre rapport à la bande-dessinée ?
J’ai commencé avec les magazines Tintin et Spirou tout petit. J’étais un gros collectionneur avant. Mais désormais, en tant qu’organisateur de festival, j’ai un peu plus de distance avec l’objet livre en lui-même. Chez moi, je dois avoir environ 2 000 albums. Et j’en lis beaucoup à la bibliothèque. D’être dans l’association m’a permis de découvrir des genres que je ne connaissais pas forcément. Aujourd’hui, mon style de prédilection est la BD qui raconte des histoires, du vécu.

 

La BD est aujourd’hui de plus en plus adaptée au cinéma. Comment l’expliquer ?
C’est simple : ce sont des bonnes histoires ! Greg disait qu’il fallait trois choses pour faire une BD : une histoire, une histoire et une histoire. Au cinéma, on peut avoir un film magnifique avec des acteurs super, mais s’ennuyer au bout de dix minutes. La BD est d’une richesse scénaristique folle. C’est un média qui permet davantage d’imagination et de possibilités.

 

Idem : le marché de la BD se porte plutôt bien dans le secteur éditorial. Pourquoi ?
Les ventes, oui. Mais c’est plus compliqué que ça. Dans le monde des auteurs, peu en vivent. Beaucoup abandonnent, d’autres se tournent vers l’illustration, certains se regroupent pour trouver des moyens et organiser des actions. Il y a peu d’auteurs dépassant le SMIC… C’est pour ça qu’on aime mettre en avant les jeunes à A Tours de Bulles.

 

Les autrices sont plutôt rares dans les festivals BD. Mais vous leur faites la part belle et elles sont nombreuses à A Tours de Bulles.
C’est clairement une volonté affichée. La profession se féminise et c’est une excellente chose. Il faut faire sortir la BD de l’image d’une bande de mecs qui travaillent pour une bande de mecs. Certaines autrices font des choses formidables.

 

Et vous n’avez pas attendu le mouvement #MeToo pour les mettre en valeur…
Exactement. On a essayé de forcer les choses ! (sourire) On assume parfaitement. J’avais vraiment l’impression qu’elles n’existaient pas dans les festivals.

 

Après cette 14e édition, c’est quoi l’avenir pour vous ?
La 15e ! (rires) On y réfléchit et on aimerait que ce soit une édition améliorée. Déjà en poursuivant notre ancrage local et sa dimension humaine. On n’a de toute façon pas vocation à devenir plus gros, nos moyens sont limités (tous sont bénévoles et le festival est gratuit – NDLR). Je veux travailler avec des gens de Tours. Pourquoi pas le Bateau Ivre ? Côté contenu, j’ai envie de faire venir quelques grands noms de l’étranger.

 Propos recueillis par Aurélien Germain

> Les 15 et 16 septembre, place Châteauneuf. Gratuit. Infos et programme sur atoursdebulles.fr

 

Chroniques culture #57

De la BD complètement déjantée, de la BD (bis) plutôt nature, des gens tout nus, un départ dans Walking Dead et le DVD de Revenge : voici les chroniques culture de la semaine.

LES BDS
PAUSE_ECRANS_BD2>LES SURVIVANTS DE LA RÉVOLTE FINALE DE L’APOCALYPSE…
Bon. Il est vrai qu’on ne s’attend pas à un instant de poésie quand on lit le titre « Les survivants de la révolte finale de l’apocalypse : l’ultime prophétie de la sorbetière perdue » (qui fera plus long?) ! Et c’est tant mieux, car c’est exactement ce que l’on attend de cet album déjanté, délire cartoonesque (éditions Delcourt) signé Allan Barte. Dans cet univers post-apocalyptique coloré, l’auteur entraîne Shalindra et sa bande dans une pseudo-rebellion qui va entraîner une belle pagaille. Le trait est naïf, quasi enfantin, renforçant alors l’irrévérence de la BD (certaines scènes ne sont pas si innocentes que ça), lorgnant parfois vers l’humour noir. Un savoureux mélange de Hunger Games et de Mad Max foutraque et désopilant, version wtf, où l’on croise des clowns, des anti-héros, un type en slip en cuir et un singe qui tabasse les gens avec ses cymbales. Oui, rien que ça.
A.G.

>TRÈS NATURE… PAUSE_ECRANS_BD
Avec The End (éditions Rue de Sèvres), ZEP, le dessinateur de Titeuf, nous livre de nouveau un album très personnel. Ce célèbre morceau des Doors sert de toile de fond à un superbe conte écolo, mâtiné de thriller, qu’on lit la mâchoire pendante jusqu’au bout. Car ZEP met ici en scène des personnages, certes, mais aussi des arbres dotés d’intelligence et de langage propre, le tout dans une ambiance de fin du monde très réussie.
L’écologie est vraiment devenue un objet qui fait sens comme en témoigne également le Tome 1 de Retour sur Aldébaran (Dargaud). Toujours signé par l’immense Léo, qui a redonné ses lettres de noblesse à une SF humaniste et généreuse où la nature est omniprésente, ce retour est une franche réussite.
On terminera avec le tome 11 du Bouncer, L’ Échine du dragon (Glénat) où Boucq nous livre un western dantesque aux paysages sublimes dans une nature exaltée.
Hervé Bourit

SÉRIE TV
TOUS À POIL !
Le 7 juin, la chaîne OCS diffusera Nu, sa nouvelle série d’anticipation interdite aux moins de 16 ans. Olivier Fox y filme la France de 2026, où la nudité est devenue obligatoire. Le pays est apaisé, jusqu’au jour où un jeune garçon habillé est retrouvé tué. Lucie (Malya Roman) et Franck (Satya Dusaugey) vont alors mener l’enquête. Problème : Franck sort tout juste du coma et ne connaît pas la vie tout nu. Il doit alors s’habituer au regard des autres. Il va sans dire que les comédien(ne)s jouent très dénudés dans la série…

nu-photo-1011510

THE WALKING DEAD
UNE STAR SUR LE DÉPART ?
Rien d’officiel, mais d’après le magazine Collider, Andrew Lincoln — Rick dans The Walking Dead — s’apprêterait à quitter la série. Il ne devrait jouer que dans quelques épisodes de la saison 9, avant un départ définitif. Est-ce parce que le tournage se déroule à Atlanta et que l’acteur vit à Londres ? La raison n’a pas été dévoilée. En tout cas, cela devrait être une bonne nouvelle pour Norman Reedus (Daryl) qui pourrait ainsi renégocier son contrat pour devenir tête de la série et empocher… 20 millions de dollars par saison.

LE DVD PAUSE_ECRANS_DVD
REVENGE
Trois hommes mariés, dont l’un est venu avec sa jeune maîtresse, se retrouvent un soir. Mais tout bascule et la jeune femme finit gravement blessée. Elle va alors tout faire pour se venger… Malgré un postulat de départ vu et revu et un genre ultrabalisé du « revenge movie », le film de Coralie Fargeat réussit à se démarquer par sa mise en scène maîtrisée, une photographie aussi brûlante que son héroïne et son esthétique pop. Revenge dérive vers le brûlot féministe : une provoc’ brutale et gore (quel final !), prouvant que les séries B françaises en ont dans le ciboulot. Musclé, violent, excessif, Revenge s’imagine comme le Balance ton porc filmique version sanguinolente.
A.G.

L’art et la science, complices de longue date

N’opposez plus les cartésiens aux créatifs, les arts et les sciences ont évolué ensemble depuis des années. Et ce ne sont pas les projets qui se déroulent à Tours qui vous diront le contraire.

Capture
Collage photo tmv (Photos Julien Pruvost + EZ3kiel)

L’art est-il moins nécessaire que la science ? Vous avez quatre heures. Allez, comme on est sympa à tmv et que le bac approche, on vous aide à réviser la philo. Car pendant que Parcoursup, Roland Garros et même Zidane tirent la couverture à eux, le monde artistique bouillonne à Tours. La Compagnie Off, emblématique des arts de la rue, se prépare à partir au Burning Man, les Petites machines poétiques d’EZ3kiel reviennent pour une dernière danse au Château du Plessis et le musée des Beaux-Arts a inauguré Sculpturoscope, une exposition réalisée par des laboratoires de recherche.

Trois projets, trois façons de voir l’art, mais tous, à différents degrés, liés aux nouvelles technologies et à l’innovation. Ce n’est pas nouveau me direz-vous ? Et vous aurez raison. Léonard de Vinci étudiait déjà toutes les sciences possibles pour réaliser ses œuvres à la perfection.
« Il n’utilisait pas seulement les techniques de perspectives, cet ingénieur militaire s’intéressait aussi à la physique, à l’anatomie, à la géologie ou encore à la théologie, pour comprendre tous les phénomènes qui composaient son tableau », explique Pascal Brioist professeur au Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR) à Tours. « La photo a aussi été une révolution en terme d’image, explique le conservateur du musée des Beaux-Arts de Tours, François Blanchetière. On a craint qu’elle supplante la peinture car elle représentait mieux la réalité, mais la peinture a su évoluer et se détacher de la représentation du réel. »

DOSSIER ART_SCULPTUROSCOPE5
L’expo Sculpturoscope (Photo Julien Pruvost)

Pour lui, la 3D est aussi en train de changer les choses, sauf que tout va plus vite qu’à l’époque de la première Boîte noire. « La 3D permet de passer du virtuel au réel, sans pour autant supplanter la création et la présentation de l’oeuvre originale », insiste-t-il. C’est justement ce que l’exposition Sculpturoscope explore.
Les chercheurs du CESR et le Laboratoire d’informatique fondamentale et appliquée de Tours (LIFAT) ont travaillé ensemble pour faire changer le regard porté sur les sculptures de la Vierge à l’Enfant, si communes et pourtant méconnues du public. Ils ont travaillé avec des scanners pour récolter des données nouvelles, des imprimantes 3D pour créer des statues à toucher ou encore des capteurs de mouvements pour une scénographie nouvelle. Le visiteur passif devient alors un visiteur actif et créateur.

C’est aussi l’idée qu’a eu il y a déjà neuf ans, le groupe tourangeau Ez3kiel, à travers le travail de Yann Nguema. Cet artiste couteau-suisse, passionné d’image, de musique et d’informatique, avait eu l’idée de promouvoir l’album « Naphtaline », dans un projet donnant la possibilité aux spectateurs de créer leur propre mélodie. Dix machines à la patine ancienne ont ensuite mis en valeur ces logiciels interactifs, agrémentées des technologies de pointe à l’époque (écrans tactiles, capteurs sensoriels) apportant une magie qui perdure aujourd’hui.

Mais contrairement à une « Joconde » qui reste quasi-immuable des siècles plus tard, cette forme d’art vieillit très vite. « C’est de plus en plus difficile de les réparer, ce sera leur dernière exposition, explique l’artiste qui travaille déjà sur de nouveaux projets présentés au Maif social Club à Paris. J’utilise des blocs de verre comme des écrans augmentés sur lesquels j’intègre des images interactives en 3D », résume l’artiste de 44 ans qui s’est inspiré du mapping qu’il réalise depuis quelques années.

DOSSIER ART_EZ3KIEL2

Et l’art vivant dans tout ça ? Lui aussi s’est enrichi des techniques de projection vidéo, à l’image des créations chorégraphiques d’Adrien Mondot et de Claire Bardainne. Les danseurs semblent se mouvoir dans des vagues de pixels, tantôt tourbillon tantôt vapeur.

À Tours, la Compagnie Off a utilisé une seule fois au cours de ses spectacles ce genre de techniques, dans ses Paraboles pour écouter « l’immensément lointain ». Cette année, la compagnie relève un nouveau défi technique en partant pour le désert de Black Rock au Nevada. Elle renouvelle son spectacle de Roues de couleurs grâce à des leds qui devront changer d’intensité, de rythme et de teintes selon la musique. Une compagnie « de la vieille école » qui continue à croire que l’art doit provoquer et rassembler les foules avant tout. « On a démarré dans les années 80 avec des grandes scènes, des acrobates… », rappelle le directeur artistique Philippe Freslon, qui constate que ces grandes formations sont plus difficiles à créer et à diffuser.

« On trouve des jeunes compagnies qui proposent du multimédia, des balades au casque, je ne dis pas que ça ne doit pas exister mais je trouve que l’aspect de rébellion n’existe plus. Les formes sont plus aseptisées, neutres, gentils, dit-il avant de conclure. Chez nous, tout est poussé et tiré par des garçons de piste, l’effort est constructif de l’état dans lequel se trouve le spectateur. » Des liens humains qu’aucune science ne pourra remplacer.

A 19 ans, elle monte sa comédie musicale sur Peter Pan

Elle n’a même pas 20 ans mais monte déjà une comédie musicale toute seule, de A à Z. La jeune Tourangelle Florence Maury présentera son spectacle Neverland, l’opéra rock en juin. Une relecture du mythe de Peter Pan !

NEWS_OPERAROCK

Florence Maury a 19 ans. Des projets plein la tête et la musique dans la peau. Un côté rêveur, aussi. Ce n’est donc peut-être pas un hasard si la jeune Tourangelle a décidé de reprendre l’histoire de Peter Pan à sa sauce en se lançant dans un projet titanesque : monter sa propre comédie musicale intitulée Neverland, l’opéra rock.

morgane role de Wendy« J’ai écrit ma première chanson sur ce thème il y a 4 ans, retrace Florence, rencontrée autour d’un café noisette. Je n’ai pas vu le dessin-animé Disney, mais j’aimais le côté féerique du conte, son univers me fascine. Alors je me suis simplement dit : tiens, et si je faisais une comédie musicale ? »
Son large sourire barre son visage poupin. Pour raconter son projet, Florence est accompagnée d’Audrey, une des danseuses et comédiennes à l’affiche de Neverland, et de Sarah Maury, sa maman visiblement fière d’elle, qui l’épaule depuis les débuts et l’aide. « Et qui ramène les pizzas pendant les répet’ ! », s’amusent les filles.

Florence a tout fait de A à Z. C’est une autodidacte. « Je connais les codes de la comédie musicale. J’ai donc rédigé dans mon coin les dialogues, les chansons, imaginé les décors et les costumes, etc. », raconte-t-elle. « Et elle était si jeune quand tout a commencé », souligne sa mère. Il faut dire que Florence est tombée dans la marmite toute petite : une famille de musiciens – « on baigne dans le son et lumières depuis 25 ans », dit sa maman – , fille d’une costumière et d’un compositeur, elle a fait ses premières auditions pour la Tosca à l’Opéra de Tours à l’âge de 8 ans. Sélectionnée parmi 180 personnes, elle avait alors effectué « cinq représentations et joué avec des pros ».
Celle qui a multiplié les figurations dans La Scénoféerie de Semblançay depuis son enfance est désormais en fac de musicologie à Tours, après avoir fait un tour au lycée avec option théâtre. De quoi avoir quelques cordes à son arc pour sa comédie musicale…

PROUVER QUE LES JEUNES BOUGENT

Il en a fallu, des heures de travail, pour y parvenir. Accompagnée par Nicolas Bouleux, chorégraphe, et Sophie Bercier à la mise en scène, Florence a vraiment tenu à modifier l’esprit de l’histoire de Peter Pan. Changer le point de vue, comme elle aime à dire. Ici, ce sont les pirates qui sauveront les enfants.
Les gentils deviennent les méchants ; les méchants deviennent les gentils… Florence exhibe alors un épais classeur : elle nous montre le script, les paroles des chansons, les déplacements à penser sur scène. Minutie et ordre. « Même si tout le monde est bénévole dans la troupe, on veut vraiment être pros le 30 juin, lors de notre représentation à La Pléiade. » Surtout que la fine équipe a récolté de très bons retours, le 29 mars, lors d’une session de rodage salle Thélème. Le show n’était pas encore fignolé, mais c’était une première devant un public. Bien différent des répétitions trois fois par semaine dans leur local à Grandmont depuis septembre.
« La salle était vraiment surprise. Ça nous a motivés et ça aide évidemment à avancer », assure Audrey.affiche réseaux

Une stimulation bienvenue pour la jeune troupe de 20 personnes. Parce que leur âge (de 18 à 25 ans), sans être un frein, est parfois source de doutes : « C’est aussi l’objectif de cette comédie musicale : on aimerait montrer que les jeunes peuvent faire des choses très belles quand on leur fait confiance. Ils peuvent se bouger pour réussir ! », s’enthousiasme Florence.
Visiblement, elle n’est pas la seule à le penser. Le projet, porté par la jeune femme avec la bénédiction de sa famille, a été présenté à l’association Au Suivant de La Riche qui a été « scotché ». Résultat ? Au Suivant a accepté de le produire.

Florence met également toutes les chances de son côté. Un album de la comédie musicale devrait sortir dans la foulée. Et pour la représentation physique de Neverland fin juin, elle a envoyé des invitations à foison, même du côté de la capitale et d’émissions comme The Voice. Du culot, comme elle dit, mais qu’elle assume, car « ça ne coûte rien d’essayer. Et puis, pour une fois, pourquoi ce ne serait pas une comédie musicale qui part de province vers Paris ? », s’interroge Florence. C’est donc la dernière ligne droite pour Neverland, l’opéra rock.

La pression monte. Le 30 juin, jour-J, approche à grands pas. Florence, Audrey, Clémence, Adrien, Théo et les autres fouleront les planches et présenteront leur comédie musicale, leur « gros challenge ». Un show de deux heures avec entracte qu’ils espèrent bien présenter à d’autres reprises. « Ce serait vraiment dommage d’avoir autant travaillé pour ne faire qu’une représentation. Le but est de faire plusieurs dates ! ». Les places partent d’ailleurs rapidement (pensez donc à réserver…).
De quoi ravir Florence… qui n’est toutefois pas prête de se reposer sur ses lauriers. L’histoire de l’Étoile bleue, cette ancienne maison close tourangelle abritant maintenant la Jeune chambre économique, lui a donné des idées. La preuve : elle est déjà en train de plancher sur un nouveau scénario autour du sujet.

> Neverland l’opéra rock : samedi 30 juin à 20 h 30, à La Pléiade de La Riche. Tarifs : 6 € (réduit) ou 8 € (plein). Résas sur helloasso.com/associations/au-suivant/evenements/neverland-l-opera-rock
> facebook.com/CieNeverland

→ALLER PLUS LOIN :
PETER PAN AU FÉMININ

Florence Maury, qui prendra le rôle de Clochette, raconte : « Il nous fallait un Peter Pan évidemment. Mais peu de garçons ont postulé. Lors d’une audition, une comédienne, Clémence Mauve, avait vraiment un physique, un bagout, une façon de parler. Ça nous a interpellés. Clémence a donc pris quelques cours de chant supplémentaires pour prendre le rôle. Eh oui, Peter Pan est une fille ! (rires) »

Chroniques culture #56

Aujourd’hui, on s’intéresse à la Casa de Papel, au nouvel album d’Oliba International, au Hellfest, mais aussi au palmarès des villes grognons… A votre avis, Tours est-elle râleuse ?

PAUSE_ECRANs_CDLE CD
OLIBA INTERNATIONAL
Quel objet étonnant, que ce disque éponyme d’Oliba International ! Lancé à Tours il y a 3 ans, ce quintet mélange allègrement ses inspirations jazzy à des rythmiques et des jeux de guitares issus de musiques africaines, comme le benga et le sébène congolais. En résulte une mixture aussi colorée qu’exotique. Mais surtout, de cette polyphonie, on retient un côté dansant plutôt contagieux et cela, même si certains morceaux peuvent avoisiner les 11 minutes (« Losanges », notamment). Pas de voix ici, seuls les instruments parlent. Mais ça ne nous empêche pas de chanter avec eux !
A.G.
> Sortie le 27 avril.

ÉTUDE & SMS PAUSE_ECRANS_ETUDE
MUSIQUE LE PALMARÈS DES VILLES GROGNONS
Une étude menée par l’application Mood Messenger, imaginée par Caléa, a réalisé un drôle de palmarès. Elle a pu déterminer le classement des métropoles les plus grognons de France. Sans surprise (gnark), c’est Paris qui arrive en tête des villes les plus râleuses de l’Hexagone. Suivent ensuite Clermont-Ferrand (2e), Brest (3e), Nancy (4e) et Le Mans (5e). La Ville de Tours, elle, figure à la… quinzième place, ouf. Si la chose prête à sourire, la méthodologie de l’enquête nous laisse tout de même un peu dubitatifs. En effet, l’étude a été possible en comptabilisant les petits smileys furax — les emoticones — envoyés par SMS par les milliers d’utilisateurs de l’appli. De quoi nous rappeler que l’application en question est donc capable de lire tous nos messages pour savoir ça…
A.G.

MUSIQUE 

L'arbre Hellfest (Photo Aurélien Germain)
 (Photo Aurélien Germain)

TMV BIENTÔT AU HELLFEST
Dans deux mois, le Hellfest ouvrira ses portes pour sa 13e édition. Comme chaque année, un journaliste de tmv sera présent sur place, afin de ramener photos et reportage de ce festival metal hors-normes, parmi les plus connus au monde. N’oubliez pas de faire un tour sur tmvtours.fr au mois de juin (le Hellfest se déroulera du 22 au 24 juin, à Clisson, près de Nantes) pour en profiter. Cette année, et pour la troisième fois consécutive, le festival a affiché complet 9 mois avant le début des hostilités, sans même avoir divulgué un seul nom de sa programmation. En octobre dernier, les 55 000 pass 3 jours ont été vendus en une petite… trentaine d’heures !

PAUSE_ECRANS_BDLA BD
CAVALERIE ROUGE
Pas de panique, les chars soviétiques ne sont pas (encore) sur les Champs-Élysées ! Ici, on est plutôt en 1926 , avec l’adaptation de ce chef-d’oeuvre de la littérature russe écrit par Isaac Babel. Ce recueil de récits révolutionnaires, écrits alors qu’il était correspondant de guerre dans l’Armée Rouge, lui valurent d’être torturé puis fusillé ; l’ouvrage fut même longtemps interdit.
C’est donc une réelle découverte que de relire un des plus grands écrivains russes du XXe siècle, magnifiquement adapté par Jean-Pierre Pecau. Mis en image de manière originale par le dessinateur serbe Milovic Djordje (Éditions Soleil), le graphisme nous entraîne à la fois au cœur de l’action et dans l’intimité des sentiments du héros. Est-ce l’âme russe qui nous fait cet effet ? Car on tient là un livre passionnant et passionné.
H.B.

LA PHRASE
« De la musique aux slogans, des costumes aux décors, chaque image comprend des messages subliminaux. » Ömer Turan, présentateur turc de la chaîne pro-gouvernementale AkitTV, estime que la série La Casa de Papel pousse les jeunes Turcs « au terrorisme et à l’assassinat politique ».

LE CHIFFRE

10

En milliards de dollars, le cap que vient de franchir Steven Spielberg avec tous ses films au box-office. Ce n’était encore jamais arrivé à aucun réalisateur.

PAUSE_ECRANS_CHIFFRE bis

Jekyll Wood : 1er album pour l’homme-orchestre tourangeau

Il est un groupe à lui tout seul, un homme orchestre « new generation ». Le Tourangeau Jekyll Wood sortira enfin, le 27 avril, son premier album tant attendu. Rencontre avec un musicien multifonctions.

NEWS_JEKYLLWOOD

Cela fait un bout de temps que vous existez sur la scène tourangelle. Comment votre aventure dans la musique a débuté ?
Tout a commencé en 2012. Au début du projet Jekyll Wood, je ne connaissais pas grand monde sur Tours (il est arrivé à Tours il y a 8 ans – NDLR). Mais je voulais à tout prix être sur scène. Je me suis donc entouré d’une loop station, un appareil permettant d’enregistrer des boucles musicales et donner l’impression d’être plusieurs musiciens. En 2-3 mois, j’avais réalisé un set complet. Puis j’ai été aidé par le Coup de boost de Tous en scène, le coup de coeur de Terres du Son, la rencontre avec Nico, mon ingénieur du son. J’ai ainsi pu enregistrer un EP et monter mon label Time is out pour être indépendant.

Comment expliquer votre succès ?
Parce que je suis extrêmement sympathique ! (rires) Non plus sérieusement, il y a plusieurs paramètres : le fait de jouer en solo, ma loop station, le côté performance… Ma musique est assez pop et « easy-listening ». En plus de ça, j’ai fait beaucoup de concerts. Plus de 200…

Le côté débrouille et homme orchestre, ça vient d’où ? De l’enfance ?
Oui, je pense. Je suis enfant unique. Gamin, je faisais beaucoup de choses tout seul. J’étais fan de Mc Gyver, je construisais des trucs. Quand je compose maintenant, je fais ça dans mon coin. Il y a beaucoup de mon enfance dans tout ça. J’ai commencé la guitare grâce à mon père. À 4 ans, j’étais déjà sur scène avec lui. Il aura fallu 5 ans pour accoucher de ce premier album, Who you are.

Pourquoi tant de temps ?
Le temps de me trouver… Je suis perfectionniste et Nico également, alors bon… (rires) Qui plus est, j’ai joué en trio il y a 2-3 ans, c’était une période floue suite à quoi je me suis recentré sur le solo. Je travaille aussi à mi-temps à côté et l’enregistrement a duré un an. Ça a donc été long.

Pour vous aider dans tout ça et cet album, vous avez lancé une campagne Ulule qui a cartonné puisque sur les 3 000 € demandés, vous en avez récolté plus de 5 000 à cette heure (l’interview a été réalisée le 10 avril-NDLR). Une surprise ?
On espérait atteindre l’objectif bien sûr, mais c’est allé tellement vite ! (sourires) Ça nous a motivés pour la suite et ça va aider pour la fabrication, la diffusion… Espérons que ça continue, il nous reste quelques jours !

Comment décririez-vous ce disque ? UNE_JEKYLL 2
Je voulais quelque chose de dynamique, de rock, pop, moderne mais éclectique. Je… Rah, je ne sais pas, en fait c’est dur ! (rires) Il y a des sonorités vintage, c’est parfois pêchu, parfois posé. Mais la base, c’est pop-rock-électro. Je m’inspire de mes propres réflexions, des Red Hot Chili Peppers, Muse, Hocus Pocus, de la folk, je transforme tout pour en faire du Jekyll Wood !

J’y ai perçu un esprit blues. Ce n’est pas perceptible musicalement, mais plutôt dans le feeling…
(enthousiaste) Mais carrément ! C’est une musique qui m’a tellement influencé, ça m’a bercé toute ma jeunesse ! Oh la la, les Blues Brothers, par exemple… Ce n’est effectivement pas perceptible, mais l’esprit est là.

On parlait de groupes tout à l’heure… Justement, les sonorités anglo-saxonnes de cet album sont vraiment réussies, tant musicalement qu’au niveau des paroles : vous avez un bon accent anglais. Ce qui n’est pas toujours le cas avec les artistes français…
Alors ça, c’est drôle, car une amie d’amie a dit hier que mon accent était vraiment limite ! (rires) Bon, ça concernait un vieux morceau, pas le nouvel album. Bref… j’ai beaucoup écouté de musique anglo-saxonne, oui. Encore aujourd’hui, je ne fais quasiment que ça, j’y suis sensible. Alors je travaille continuellement dessus. Dans la musique, l’accent anglais passe plus facilement. Mais un jour, j’aimerais composer quelque chose en français. C’est une jolie langue et je pourrais mettre en avant les paroles.

Votre plaisir musical du moment, c’est quoi ?
J’écoute beaucoup de choses. Question difficile… Je dirais Local Natives. C’est assez pop indé, j’aime beaucoup. J’adore General Elektriks, je m’en veux de les avoir loupés au Temps Machine il y a peu ! Du côté de la scène tourangelle, il y a deux groupes que j’aime particulièrement : LVOE et Thé Vanille. J’aimerais les voir en concert.

Il y a l’album, certes… Mais l’actu au niveau des concerts, c’est quoi ?
Il y aura notamment une date locale au Temps Machine, le 1er juin, ce qui va être génial. Il y aura aussi un passage au Printemps de Bourges le 27 avril, un showcase le 18 mai au Cultura de Tours…

Vous avez réécouté l’album depuis son enregistrement ou maintenant, c’est : on le met de côté et repos ?
Alors je ne l’ai pas réécouté depuis le mastering, il y a un mois ! Et puis depuis peu… eh bien, j’ai le CD promo dans ma voiture. Et il me plaît plutôt pas mal ! (rires).

Propos recueillis par Aurélien Germain

CHRONIQUE

PAUSE_ECRANS_CDJEKYLL WOOD – WHO YOU ARE
Il aura fallu patienter cinq longues années pour goûter enfin à ce premier album de Jekyll Wood. Connu pour ses prestations scéniques béton (alors que monsieur est seul sur les planches), le Tourangeau propose ici 12 titres qu’il a écrits, composés et interprétés seul. Très musical dans ses arrangements (beat box, clavier, harmonica, guitares et un gros travail sur les voix) et accessible, Who You Are mélange ses accents rock et électro à une dose de pop et de folk.

Quant aux couches de guitare, instrument de prédilection de Jekyll Wood, elles alternent savamment entre les rythmiques dansantes et sautillantes (l’excellent « Dance Again ») et les instants plus doux, conférant parfois à l’ensemble un côté mélancolique intéressant.

> Sortie le 27 avril.

A.G.

Musée du compagnonnage : le vrai du faux

Désormais caché derrière une palissade en haut de la rue Nationale, le musée du compagnonnage continue d’accueillir des milliers de visiteurs, curieux de découvrir les créations des artisans de tous les corps de métiers et ce, depuis cinquante ans. Petite révision avant visite…

NEWS_compagnons

Il n’y a eu qu’un seul directeur depuis son ouverture.
FAUX.
En 1968, à Pâques, le Tourangeau Roger Lecotté fait revivre le premier musée compagnonnique qui avait existé de 1911 à 1955 au sein du musée des Beaux-Arts. Au fil des années, il sauva de l’oubli des centaines d’objets dans l’ancien dortoir des moines de l’église Saint-Julien. Deux ans après sa mort en 1991, Laurent Bastard, diplômé d’histoire et de droit, baigné dans le monde du compagnonnage depuis l’enfance, reprend le flambeau. Il a animé le musée et l’a grandement ouvert aux familles pendant vingt-cinq ans. Il prendra sa retraite en juillet, qui le succédera ? Mystère.

Gilbert Montagné a visité les expositions.
VRAI.
Le personnel du musée lui a fait toucher certaines oeuvres. D’autres stars sont aussi venues admirer les chefs-d’oeuvre : Mick Jagger, Michel Drucker, le président François Mitterrand lors d’une visite officielle en 1986. Il y a eu aussi le syndicaliste George Seguy et l’actrice et danseuse Leslie Caron.

Les compagnons ont inventé le système des mutuelles.
VRAI.
L’un des objets les plus anciens du musée est un coffre en bois de compagnons ferblantiers de Marseille (1778). À l’époque, les artisans y mettaient une partie de leur salaire pour aider l’un d’entre eux quand il tombait par exemple d’un échafaudage. Ça pouvait aussi servir en cas de grève pour demander l’augmentation des salaires. Les prémices du syndicat dès le XVIIe siècle. La solidarité reste d’ailleurs une des valeurs importantes du compagnonnage.

L’Histoire raconte que les compagnons ont toujours été exemplaires dans leur comportement.
FAUX.
Bien que le compagnonnage ait été inscrit au patrimoine immatériel de l’Unesco en 2010, les compagnons n’ont pas toujours été des enfants de chœur. « Jusqu’au XIXe siècle, les journaux relatent, en France, des faits de violence et des arrestations dans les rues liés à des rixes entre bandes rivales de jeunes compagnons », raconte le directeur du musée Laurent Bastard.

NEWS_compagnons (2)

Il y a une référence à Charlie Hebdo dans le musée.
VRAI.
Peu de personnes la remarquent mais elle est visible sur un vitrail créé en 2017. C’est une allégorie de l’élévation de l’esprit par la méditation et le travail. Le bas de l’oeuvre, symbolisant le mal, reprend le tableau de Picasso « Guernica » et la Une de Charlie Hebdo un an après les attentats, « L’assassin court toujours ». Les oeuvres des compagnons sont remplies de détails, ouvrez l’oeil !

Un compagnon a caché un pistolet dans une clé.
VRAI.
C’est un travail réalisé par deux jeunes de 21 et 23 ans pendant leur Tour de France. L’un d’entre eux à réalisé la clé renfermant le pistolet et l’autre, sur plan et à distance, a réalisé la serrure correspondante.

MUSÉE DU COMPAGNONNAGE > 8, rue Nationale à Tours. Tél. 02 47 21 62 20, www.museecompagnonnage.fr > Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h (du 16 sept. au 15 juin) et tous les jours l’été. Tarifs : 5, 80 €, 4 € (enfants de plus de 12 ans et étudiants, personnes de plus de 65 ans, enseignants). Gratuit pour les enfants de moins de 12 ans et demandeurs d’emploi.
> Dimanche 15 avril, visite thématique pour les 50 ans du musée, à 15 h (1 h 30). Tarif : 5,80 €.

Omar Sosa, Cubain du monde

Jeudi 12 avril, c’est une star de la musique afro-cubaine qui débarque à Tours pour un concert à la salle Thélème organisé par Le Petit Faucheux. Entre deux avions, le pianiste Omar Sosa a accepté de répondre aux questions de Francis Genest, musicien lui-aussi, Tourangeau et spécialiste de la musique cubaine. Echanges croisés.

NEWS_SOSA 02

Depuis son premier album, « Free Roots » sorti en 1997, Omar Sosa n’a cessé de surprendre par son inventivité, à l’image des multiples facettes de son univers musical : jazz, musique classique, musiques cubaines, hip-hop… le tout sans ostentation et avec, encore et toujours, l’Afrique et l’humanisme en toile de fond. Diplômé de l’Institut Supérieur des Arts de La Havane, il saupoudre ses compositions et improvisations de citations subtilement effleurées, saluant au passage Debussy, Thelonious Monk, ou différents pans de sa culture cubaine. Pratiquant de la santería afro-cubaine il est fils d’Obatala, divinité symbole de sagesse et de pureté qui nettoie les chemins de la vie avec une queue de cheval. C’est sa deuxième visite à Tours.

Omar, comment s’est passée cette tournée américaine avec le joueur de kora sénégalais Seckou Keita et le percussionniste vénézuélien Gustavo Ovalles ?
Génial ! Je suis amoureux de ce projet, c’est incroyable de voir les réactions du public à cette musique du monde, partout où on l’a jouée. Cette création ne se nomme pas « Transparent Water » par hasard, c’est une musique plutôt contemplative, en connexion avec la nature, la simplicité de la vie, le partage… Qu’y a-t-il de plus important que l’eau ? L’eau est un problème pour une grande partie de l’humanité et, symboliquement, le fait qu’elle soit transparente signifie qu’on peut la boire, c’est vital !

Parle-nous de la formation « Cuarteto Afro-Cubano » avec laquelle tu vas jouer à la salle Thélème… NEWS_SOSA 03
C’est une rencontre musicale et humaine très importante, avec encore une fois les connexions entre Cuba et l’Afrique : des musiciens de Camaguey, la ville cubaine où je suis né, et un bassiste du Mozambique. Comme un groupe de frères qui mettent leur talent au service de mes compositions, le rêve ! L’intitulé du groupe révèle une partie de ce que vous allez entendre, un jazz avec beaucoup de références à la musique afro-cubaine !

Cette quête de tes racines africaines semble vraiment être au centre de ta démarche musicale…
C’est fondamental ! L’afro-cubanité est la base de toute mon inspiration, un moyen de chercher la lumière, la paix, de mettre de l’harmonie et de la sincérité quelque soit la musique jouée.

Tu es fils d’Obatala dans la santería afro-cubaine, quelle est l’importance de cette spiritualité dans ta vie, dans ta musique ?
Obatala est le symbole de la pureté, et la mission de l’artiste est de traduire ce message de paix, de démontrer que l’unité est possible : c’est la politique qui amène les conflits ! La spiritualité n’est pas une question de religion, tout le monde peut la percevoir, elle est partout autour de nous : le feu, l’air, l’eau, les oiseaux, la nature. L’art doit servir cette conscience, aider à faire le tri entre les énergies positives et négatives.

NEWS_SOSA 01

Retournes-tu jouer à Cuba de temps en temps ?
Non , malheureusement, il y a bien longtemps que je n’y suis pas allé, je n’ai pas de soutien pour aller jouer là-bas. Je te parlais tout à l’heure de la politique, du pouvoir, qui créent des problèmes et vont à l’encontre de la fraternité… Et les conséquences sont les problèmes actuels de racisme, de sensationnalisme ! Je vis entre les États-Unis et la Catalogne, il n’y a qu’à voir les indépendantistes catalans : dès qu’on pense différemment on se fait traiter de fasciste !

Tu as une formation de percussionniste, continues-tu à travailler ce domaine ?
Pas vraiment, je joue de temps en temps du vibraphone ou du marimba mais pas de percussions traditionnelles comme les tambours batá afro-cubains. Le piano est ma vie ! Tu as beaucoup joué avec Anga Diaz, incroyable percussionniste cubain décédé en 2006 à l’age de 46 ans.

Écoutes-tu la musique de ses filles qui font une belle carrière avec le duo Ibeyi ?
Oui bien sûr, elles ont hérité de la force de leur mère et de l’esprit de leur père… Leur chemin sera magnifique si elles parviennent à rester humbles, et pourquoi ne pas jouer ensemble un jour ?

FRANCIS GENEST, CUBAIN DE TOURS

Francis est musicien, percussionniste spécialisé dans la musique latine et le jazz. Une adolescence en Polynésie, une grand-mère uruguayenne et un goût plus que prononcé pour les voyages, il n’en fallait pas plus pour qu’il se retrouve à Cuba, dans les meilleures familles de Son pour apprendre tous les secrets de cette musique ensoleillée. Aujourd’hui, il trimballe par monts et par vaux le son de la Havane dans la plus pure tradition du genre avec sa formation, le Trio Canto. Francis a rencontré Omar Sosa à la fin des années 90, lors du premier passage du pianiste à Tours, à l’initiative, déjà, du Petit Faucheux. « On m’avait demandé de faire l’interprète, comme je le fais souvent avec les musiciens cubains qui viennent en Touraine. Finalement, Omar, ses musiciens et l’équipe du Petit Faucheux, tout le monde était venu manger chez moi. On avait le boeuf, la rumba cubaine. C’était vraiment très sympa », se souvient- il.

>>Ses prochaines dates : 20 avril, au Grand Café, à Ecueillé (36), avec Trio Canto / 13 mai, à Semblançay, avec la Comparsita (groupe de carnaval cubain) / 21 juin, à Vouvray dans le cadre du festival ARTeCISSE, en duo avec Christelle Grôjean / 23 juin, à Azay-sur-Cher, avec le Trio Canto.

Chroniques culture #54

De Stranger Things au rock enfumé de Earthless, en passant par le nouveau tome de la BD Infinity, voilà nos chroniques culture de la semaine.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
BAD MOMS 2
Si le premier volet de Bad Moms savait se montrer caustique avec son côté poil-à-gratter, le second laissait en revanche de marbre. Récit de trois mères de famille au bout du rouleau, enguirlandées par leurs mamans respectives à Noël, Bad Moms 2 a toujours cet humour potache mais amuse moins. Peu de surprises au programme dans cette comédie néanmoins divertissante, emmenée par un casting principal savoureux (Mila Kunis, Kristen Bell et Kathryn Hahn s’éclatent) et des seconds rôles truculents. Pour sa sortie DVD (le 2 avril), pas grand-chose à se mettre sous la dent : l’éditeur a mis le pied sur le frein avec des bonus rachitiques (un bêtisier et des scènes additionnelles pour un résultat d’à peine… dix minutes).
A.G.

LE CD  PAUSE_ECRANS_CD
EARTHLESS – BLACK HEAVEN
Quel voyage que ce Black Heaven, nouvel album des Californiens de Earthless ! Ce trip psychédélique est une savante mixture où Led Zeppelin copulerait gaiement avec Black Sabbath, le tout saupoudré d’un soupçon d’Hendrix. Digérant au mieux leurs influences, Earthless envoie son propre space rock survolté, mené par des musiciens aussi talentueux qu’affamés. On pense notamment au travail monstrueux abattu par Isaiah Mitchell : le guitariste tronçonne ses riffs par paquet de 100, avant de partir dans d’interminables soli… tout en chantant ses parties avec le groove d’un Ozzy Osbourne (Black Sab’) et des modulations qu’on croirait parfois sorties tout droit d’un vieux vinyle des 70’s. Un disque planant, enfumé et psyché, une fièvre électrique. Simplement excellent.
A.G. .

LE LIVRE
PETIT ÉLEVAGE FAMILIAL BIO
Anne Denis pratique l’élevage depuis une trentaine d’années dans une propriété de 3 hectares. Âne, cheval, moutons, volailles forment l’essentiel de son cheptel. Et c’est justement le sujet de son ouvrage, Petit élevage familial bio (éditions Terre Vivante), véritable manuel ludique qui aide les intéressés pour se lancer dans l’élevage bio.
Cherchant à déterminer vos atouts et vos ressources, l’ouvrage se concentre ensuite des fiches consacrées aux animaux à élever. C’est là que le livre d’Anne Denis est le plus intéressant, car il décrypte en profondeur et de manière simple et efficace les savoirs utiles : portrait de la bête, la race à choisir, ou encore le logement requis, l’hygiène, les soins et l’alimentation… Bien construit, nourri d’illustrations et parfaitement agencé, un manuel qui devrait bien préparer les éleveurs de demain.
A.G

LA BD
INFINITY 8 — ET RIEN POUR FINIR
C’est presque la fin de l’aventure, avec ce tome 7 du projet éditorial (Éditions Rue de Sèvres) ludique et innovant qui consiste à repartir de zéro à chaque album. Cette fois, comme héroïne, une petite fille à laquelle Boulet au dessin et l’inévitable Trondheim au scénario font subir mille et une péripéties. Et que l’on soit amateur ou non de science-fiction, on marche encore à tous les coups ! Livre, série, film, tout peut recommencer même si les héros sont morts. Ce serait génial dans la vraie vie ? Alors pourquoi ne pas se prendre au jeu et oublier le cartésianisme qui nous anime encore trop souvent ? Quand en plus, l’humour, le suspense et le petit fond social-politique sont mélangés avec talent, on se dit que cet Infinity 8 va se terminer en apothéose. Vite, vite la suite !
Hervé Bourit

LE CHIFFRE
1

Stranger Things est la série la plus regardée sur Netflix en France. Sur la 2e marche du podium, on retrouve Jessica Jones, puis Orange is the new black.
PAUSE_ECRANS_CHIFFRE

La face cachée du musée des Beaux-Arts

Les Tourangeaux croient tout connaître du musée des Beaux-Arts. Mais derrière l’élégante façade classique, un autre monde se cache. Nous l’avons visité.

REPORTAGE_OUVERTURE_1

Mardi, le musée est fermé mais Éric Garin, notre guide particulier nous attend. Diplômé en histoire de l’art et conférencier, Éric travaille au musée depuis 2002. Dire qu’il est passionné par le lieu est faible, il en parle avec une telle verve qu’on lui conseillerait de lancer sa chaîne YouTube. Succès assuré !

Éric connaît le bâtiment et beaucoup de ses secrets, mais nous explique-t-il, cette histoire est pleine de trous : les archives ont été brûlées en 1792 sur le parvis de la cathédrale, ce qui en restait sera achevé par les bombardements de 1940. Depuis, il tente de reconstituer la longue histoire du palais des évêques de Tours. Nous entrons d’abord dans le souterrain qui nous plonge dans le passé gallo-romain de la ville. Le palais épiscopal s’appuie contre le rempart du IVe siècle ; la société de consommation n’étant pas encore née, ses constructeurs l’ont bâti avec des pierres récupérées à droite et à gauche.

Eric, le guide !
Eric, le guide !

On peut ainsi reconnaître un tronçon de colonne ou le fronton de temple gallo-romain. Le mur semble fait de bric et de broc mais il résiste depuis quinze siècles, malgré quelques fissures. Si cette galerie est ouverte à la visite une fois par mois, la cave reste cachée au public. Les Allemands la transformèrent en bunker et y installèrent leur central téléphonique pendant la Seconde Guerre.

« D’autres parties du bâtiment ont subi des reconversions un peu rock’n’roll », nous explique Éric en quittant les catacombes. Ainsi, les cuisines n’abritent plus de marmites ni de cochons rôtis mais l’atelier d’encadrement. Même surprise dans la chapelle privée des évêques. Commandée à Louis de Galembert vers 1865, c’est une belle vitrine de l’art religieux tourangeau. Les vitraux sont signés de la célèbre manufacture Lobin, le plafond en coupole présente des mosaïques dorées à la mode byzantine, très en vogue à la fin du XIXe siècle, et les portraits des premiers prélats de Tours : Baldus, Volsinus, Perpetus (notre préféré, parce qu’il a l’air gentil).
La pièce héberge aujourd’hui la collection de dessins, conservés dans de grands cartons noirs. Éric souligne : « Nous avons plus de 5 000 dessins, des Boucher, des Werner, des Delacroix… »

17 000 pièces dans les réserves

Le musée regorge de trésors cachés de toutes les époques, dont beaucoup ne sont jamais exposés, faute de place. Plus de 17 000 pièces dorment dans les réserves : argenterie, faïences, fauteuils, commodes, tableaux, sculptures, lustres, horloges, vases et même une armure japonaise.
Les Beaux-arts fournissent d’ailleurs la préfecture ou les services de l’État en meubles et objets de décoration. La majorité des collections sont conservées dans les nouvelles réserves à Chambray mais quelques pièces sont encore entreposées dans la salle du synode, qui attend d’être rénovée pour être rouverte au public. Cette pièce bordée de colonnes accueillit les États généraux du royaume en 1468 et 1484. Sa hauteur sous plafond permet d’y accrocher des tableaux monumentaux et d’y organiser des concerts. Il fait bon, dans la chapelle colorée et lumineuse mais pas question de rester traîner à feuilleter les croquis et les sanguines.

PORTFOLIO_GRENIER_2

Nous retraversons le bâtiment, découvrons un escalier dérobé caché dans le plancher puis Éric ouvre une petite porte et nous quittons les coulisses pour déboucher dans une salle du musée, juste dans le dos d’un petit tableau carré enchâssé dans une niche. C’est un Rembrandt, l’un des joyaux du musée. À peine le temps de le photographier et d’admirer une grisaille accrochée à sa droite, notre guide nous entraîne jusqu’au grenier. Là, sous la charpente du XIIe siècle, des rangées de cadres dorés attendent leur heure. « Restez bien sur les solives, nous prévient Éric. Un gardien s’est tué en passant à travers le plancher. »

PORTFOLIO_SALLES_3Les statues oubliées nous regardent marcher sur les poutres comme des enfants de 5 ans en cours de gym. Tout est silencieux. La vue sur le jardin est magnifique. Presque quatre heures déjà que nous explorons les lieux. Même si notre rêve serait de passer la nuit au musée, il faut partir. Au-détour d’un couloir, nous apercevons un échafaudage : Catherine Pinvert, la régisseuse, et deux employés des services techniques de la Ville s’affairent à réinstaller des oeuvres. Il faut compter une à deux journées de travail par salle pour leur rendre leur visage originel après une exposition temporaire.
À l’inverse, au rez-de-chaussée, les techniciens et les organisateurs préparent l’exposition Sculpturoscope, réalisée en partenariat avec le Centre d’études supérieures de la Renaissance (CESR) et le Laboratoire d’Informatique Fondamentale et Appliquée de Tours (LIFAT). La majesté de la salle Richelieu nous arrête une dernière fois. Les peintures de batailles, la table massive, les bustes antiques… Il nous semble entendre le son du canon et le claquement des bottes du Cardinal. Travailler au musée, c’est baigner dans cette ambiance hors du temps, naviguer entre la collection de primitifs italiens et les installations de Calder exposées au dernier étage.

Éric, qui a longtemps travaillé sur le bureau de Georges Courteline himself, aime ce voyage incessant. « Tout est intéressant. Même les périodes dites de régression ou le style “ pompier ”. C’est tellement humain ! Quand l’homme disparaît, la peinture, la sculpture, l’architecture, sont ce qui nous reste et qui nous raconte son histoire. »

> Le musée est ouvert tous les jours, de 9 h à 12 h 45 et de 14 h à 18 h. Fermé le mardi.

Texte : Elisabeth Segard
Photos : Julien Pruvost

> > Retrouvez notre portfolio intégral dans le numéro 288 de tmv < < 

PORTFOLIO_GRENIER_4

Quand l’Aubrière va à « Volo »…

Volo, groupe de chanson française qui écume les scènes depuis 2005, animait fin février, son quatrième stage d’écriture de chanson à l’Aubrière de Fondettes, dans le cadre du festival Mot d’hiver. Nous nous sommes glissés parmi les stagiaires et nous avons passé quatre jours avec eux.

PAUSE_VOLO03

Fredo entre dans la petite remise encombrée qui sert de loge à la salle de l’Aubrière, dans le bourg de Fondettes. Il a le sourire rassurant et un petit regard pour chacun. À l’autre bout de la pièce, son frère Olivier met la main aux derniers préparatifs. « Bon, les amis, on a une grosse moitié de salle, ce soir. » Puis, faisant mine de tenir une guitare entre ses mains : « On a bien les textes, les accords et tout… Le plaisir, c’est le plus important et… Bravo à tous ! »

Des applaudissements fusent et les deux frères Volo prennent dans leurs bras, un par un, les seize participants à ce quatrième stage d’écriture organisé dans le cadre du festival Mots d’hiver. S’en suit une avalanche de câlins entre les stagiaires eux-mêmes. « Bon spectacle ! » « Elle est trop belle, ta chanson », « Fais comme si tu chantais pour un copain ». Il faut faire tomber la tension, tandis que dans la salle, remplie bien plus qu’à moitié en fait, le public prend place tranquillement.

Rien de ce qui sera chanté ce soir n’existait quatre jours plus tôt. Pas la moindre note, pas le premier couplet. Et les artistes du jour, pour la plupart, ne sont pas des professionnels. Tous se sont rencontrés, le mardi même, par un matin plus que frisquet dans la bibliothèque de l’Aubrière. Ils avaient posé des guitares partout, un ukulélé, un accordéon, un violon et même un cajon, drôle de caisse en bois qui imite le son de la batterie. PAUSE_VOLO05
Les frères Volo étaient arrivés tout emmitouflés, tout le monde avait pris un café puis s’était assis un peu au hasard autour d’une grande table en U. L’un après l’autre, ils avaient dit d’où ils venaient, les chansons qu’ils aimaient, comment ils avaient l’habitude d’écrire. Emmanuel avait dit qu’il n’arrivait jamais à finir une chanson, qu’il écrivait des bouts de textes, comme ça. Léo et Tom, les jumeaux du nord avaient expliqué qu’ils jouaient souvent ensemble, qu’ils avaient un petit répertoire déjà, mais qu’ils ne savaient pas trop.

POUVOIR DE LA CRÉATION

Laëtitia avait avoué dans un sourire qu’elle avait commencé la guitare deux mois plus tôt. Il y avait aussi Chloé, Aurore, Caroline, Sandy, David, Elsa, Sandrine, Noémie, Sophie, Aurélien, Audrey… Ils venaient de Tours, de Nantes, de Montpellier, de Clermont-Ferrand… Olivier avait expliqué les règles du jeu : « Souvent, on doit écrire pour quelqu’un d’autre et sur un thème précis. Nous avons donc choisi quatre thèmes : l’amour, le quotidien, le temps qui passe et la mort. Il y a aussi quatre tranches d’âge : 16-25 ans, 25-35 ans, 35-60 ans et 60 ans et plus. Enfin, vous écrirez soit pour un homme soit pour une femme. » Quelques minutes plus tard, chacun était reparti avec ses contraintes à la recherche d’une capricieuse inspiration, quelque part dans la bibliothèque, dans les salles de répétition ou dans la petite maison à l’autre bout de la cour.

PAUSE_VOLO28

Sophie, l’instit’ chantante avait déplié son petit cahier rouge. Elle s’était mise à griffonner en silence, prenant bien soin à ce que personne ne la remarque. Chloé s’était isolée dans la salle du haut, avec sa guitare, son ukulélé et son enregistreur numérique, Sandrine et Sandy avait chaussé leur casque. Caroline avait séché et avait cru ne pas y arriver. Et le miracle avait eu lieu. Quelques heures plus tard, Fredo dans son petit bureau d’où montait par intermittence les accords, peutêtre, du prochain album des Volo et Olivier dans la bibliothèque avaient reçu les premiers débuts, les premières bribes. Ils avaient écouté, ils avaient souri, ils avaient conseillé. Et, le jeudi matin, après plusieurs rendez-vous manqués (pas tout à fait prêts…), tout le monde avait écouté les chansons des autres, autour de la grande table en U.

Et tout le monde avait pris une sacrée claque. On se connaissait mieux déjà, pour avoir partagé des repas, des bouts de moments, des fous rires ou des couplets de Barbara, mais il restait l’intime de la création à découvrir.

CHANSON ET ÉMOTION

Chloé avait fait couler sur les joues de David de belles larmes rondes, Sophie avait ému Sandy et toute la tablée avec son hommage au fils qui n’était jamais venu. Léo l’avait fait rire avec sa visite à l’agence locale des pompes funèbres. Emmanuel avait réussi à finir sa chanson, pour une fois. Et quelle chanson… Tom avait le début d’un morceau. c’était bancal et pas fini, mais Olivier y croyait dur., Puis, au cours de la journée, on avait tout mélangé. Audrey était venue faire les choeurs chez Aurore. Caroline avait posé un violon sur la chanson de Sophie et finalement, non. Elsa avait laissé sa guitare à David et Léo était venu poser trois notes de glockenspiel dessus. Puis, on s’était retrouvés le vendredi midi. Il n’y avait plus de bribes alors. Il y avait des chansons. On leur avait donné des titres, on avait encore gommé quelques petites choses. « Je vais vous embêter un peu avec les textes », avait prévenu Fredo d’emblée.

PAUSE_VOLO25

Ensuite, tout était allé très vite. La salle de l’Aubrière, où chacun savait qu’il avait un rendez-vous à honorer était devenue le centre du monde. Les techniciens étaient venus : son au top, lumière impec, des conditions de pros. Olivier avait tout bordé. « Tu joues assis ? Debout ? Le pupitre, tu le veux où ? Combien de micros pour les chœurs, sur ton morceau ? »
Ils avaient mis de la fumée sur la scène, tout le monde avait chanté sa chanson, dans les conditions du spectacle. Et puis, on s’était retrouvé là. À se faire des câlins dans la loge, faisant mine de ne pas entendre le murmure du public. « C’est Caro et Sophie qui attaquent », dit Fredo.

Et le noir se fait et le spectacle commence. Une des seules pros de la bande, Caro scotche les spectateurs avec sa jolie morte qui reproche à son compagnon d’avoir bâclé le décor de son enterrement. Des rires, des frissons. Les titres et les applaudissements chaleureux s’enchaînent. À la fin arrive Tom accompagné à la guitare par son frère Léo. Il avait raison d’y croire, à sa chanson en chantier, Olivier. « Youpi, Youpi, j’suis sans abris. Year, year, c’est cool d’être à la rue ! », il swingue l’ironie des temps dans une chorégraphie improbable. Il vit sa chanson. Il emporte tout. Et tout le monde revient saluer. Rideau sur les mots d’hiver. Jusqu’à l’année prochaine, sa nouvelle brassée de stagiaires et son lot de petites perles chantées.

Chroniques culture #53

Amoureux de metal de tout poil, unissez-vous : les Tourangeaux de Beyond the Styx sortent leur album qui va détruire quelques cervicales. Retrouvez aussi nos chroniques du DVD de Logan Lucky, de la BD, mais aussi une formation musicale prometteuse avec ShÄElin.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
LOGAN LUCKY
Ocean’s Eleven à la sauce redneck… C’est un peu ça, Logan Lucky. La dernière offrande de Soderbergh posait sa caméra dans l’Amérique profonde et mélangeait film de casse et comédie noire. Un braquage commis par deux frérots pas malins et à qui la vie n’a pas fait de cadeau ? L’influence des frères Coen est prégnante. Il y a du burlesque, du réalisme, du cartoonesque dans Logan Lucky. Et Soderbergh balance des pépites côté distribution : duo efficace Channing Tatum / Adam Driver, un Daniel Craig à contre-emploi et une Riley Keough solaire. Tout y est pour embarquer dans une aventure un poil foldingue mais singulière. Sa sortie Blu-ray permettra aux curieux de se délecter d’entretiens avec le casting et le réalisateur, mais aussi de scènes coupées.
A.G.

LE CD
BEYOND THE STYX – STIIGMA PAUSE_ECRANS_CD
– « Mamaaan ? Je peux aller au concert de Beyond the styx, le 23 février au Temps Machine ?
– Je ne sais pas, Jean-Eudes. Tu sais, la musique violente, tout ça… C’est dangereux.
– Allez, steuplaît. C’est leur release-party. Ils sortent leur nouvel album, Stiigma. Ça tabasse !
– Dis-donc, Jean-Eudes, ton langage ! Allez, j’accepte… Mais à une condition : n’oublie pas ton protège-dents. »
Et c’est ainsi que Jean-Eudes découvrit Stiigma, dernière offrande des Tourangeaux de Beyond the styx (BTSYX), perdant alors sa mâchoire avec cet uppercut. Car Stiigma est définitivement un album coup-de-poing. Ici, zéro temps mort. Le hardcore de BTSYX est brutal. Il frappe. Agressivité et puissance sont les maîtres-mots. Doté de riffs pachydermiques à la précision chirurgicale, BTSYX ne s’interdit pourtant pas quelques envolées mélodiques ou des incartades thrash metal (la cavalcade de « Danse Macabre »). Stiigma est impressionnant de maîtrise et se voit capable de rivaliser avec les grands noms du hardcore (merci d’ailleurs au mur du son concocté par David Potvin). Ajoutez à ça un artwork somptueux signé Ammo et vous obtenez un disque à ranger dans sa discographie, rubrique metal-qui-déchausse-les- dents-de-Jean-Eudes.
A.G.
> Sortie de l’album le 23 février chez Klonosphere.
> Concert Beyond the Styx + Holding Sand le 23 février au Temps Machine.

LE CHIFFRE
300
En millions de dollars, le contrat qu’a signé Netflix pour s’offrir les services de Ryan Murphy, le créateur de Nip/Tuck et American Horror Story.

PAUSE_ECRANS_BDLES BDs
PSYCHÉ !?
Si on a salué le retour du psychédélisme en musique ces dernières années, il semblerait que la BD s’y soit mise également. Témoin, ce magnifique Essence (éditions Futuropolis) signé Benjamin Flao au dessin et Fred Bernard au scénario, qui nous emmène au volant d’une Ford Mustang dans un voyage onirique et mystérieux. Soulignée par des couleurs complètement démentes, cette quête improbable et très poétique est un petit chef d’oeuvre de récit que l’on verrait bien adapté par Terry Gillian.
Moins fou mais plus sensuel, The Dream (éditions Dupuis) lorgne lui sur un monde de fantasmes, le récit se passant dans les bas fonds des cabarets de Broadway. Dans un récit choc de Jean Dufaux, doté d’un côté noir, où érotisme et recherche de célébrité s’entremêlent, les images de Guillem March, dessinateur surdoué, sont à couper le souffle. Véritable révélation avec sa reprise de Cat Woman, il donne là libre court à un dessin totalement fou, sulfureux et démentiel qui vous happe dès les premières cases pour ne plus vous lâcher. Psyché on vous disait !
Hervé Bourit

LA DÉCOUVERTE MUSICALE
SHÄELIN  PAUSE_ECRANS_ZIK
Leur premier (et excellent) single Miracles faisait déjà preuve d’une maturité surprenante. Avec leur deuxième, Power of love, les ShÄElin font couple double et montrent de nouveau leur savoir en la matière. C’est-à-dire en proposant un mélange hybride entre neo-soul, RnB, le tout saupoudré de touches gospel et hip-hop. Ce « crew » tourangeau centralise donc ses influences pour accoucher d’une musique pleine d’énergie, où les voix de velours se mêlent aux rythmiques sensuelles et chaleureuses, voire mystiques. Leur premier EP The Anja est en préparation. Autant dire qu’on a hâte d’écouter le résultat : ShÄElin est une formation bien prometteuse.
A.G.
>facebook.com/shaelincrew

Chroniques culture #52

Faites votre choix entre une sélection de BDs, le DVD de Capitaine Superslip et un documentaire aussi passionnant que marquant signé Netflix : Voyeur.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
CAPITAINE SUPERSLIP
En octobre dernier, cette adaptation de la BD américaine à succès avait étonné. Estampillée Dreamworks, cette production d’animation n’hésitait pas à assumer son côté cartoonesque aussi bien dans l’approche que le design. La recette prenait, notamment grâce à une touche absurde et une rafale de vannes bébêtes. Avec sa sortie en Bluray, occasion est donnée de découvrir la face (ou la fesse, ouarf) cachée de ce superhéros en slip, via des suppléments déjantés à l’esprit comics, mais aussi des scènes inédites et une séquence sur le monde de Dreamworks. À l’époque, on pensait le film détendu du slip. Avec cette deuxième lecture, c’est toujours le cas. Ouf !
A.G.

SUR NETFLIX
VOYEUR
Une fois de plus, la plateforme Netflix a accouché d’un petit bijou. Réalisé par Myles Kane et Josh Koury, « Voyeur » retrace l’histoire du tristement célèbre Gerald Foos, propriétaire d’un motel qui avait semé le trouble aux États-Unis, celui-ci ayant espionné durant des dizaines d’années les clients de son établissement, caché dans le grenier.
Le fait-divers avait poussé Gay Talese, légende du journalisme, à rédiger un livre sur le sujet. Le documentaire, aussi glaçant que passionnant, est une extraordinaire plongée dans un vice… partagé. Foos, pervers fanfaron à la psychologie trouble, face à Talese, écrivain investigateur qui n’a pas hésité à venir « tester » l’installation de l’homme, assistant par exemple à une scène de sexe. L’ambiguïté entre un auteur et son sujet est alors doublement mise en valeur. Redoutable, efficace, perturbant, Voyeur est électrisant. À la fin, le spectateur aura gommé tout manichéisme. En se demandant qui est le plus voyeur des deux ? L’hôtelier ou le journaliste ? Et surtout… qui vampirise qui ?
A.G.
PAUSE_ECRANS_DOCU

LES BDs
>LES AUTRES PAUSE_ECRANS_BD1
Connue par sa populaire série L’Ostie d’chat, la Québecoise Iris Boudreau propose ici Les Autres (éd. Delcourt), récit du quotidien de quatre jeunes ados loin d’être sportifs ou populaires. Non, Jeremy, Frank, Charlie et Jacque-o sont juste « normaux ». Et ça, Iris le dépeint avec justesse, sans forcer le trait ou tailler au marteau-piqueur leurs personnalités et l’âge difficile de l’adolescence. Néanmoins, Les Autres a beau être un album à tendance humoristique, on sourit un peu mais on peine à rire franchement des situations esquissées au long des pages. Le dessin, simple, sert en revanche habilement un texte qu’on aurait toutefois aimé un peu plus désopilant.
A.G.

PAUSE_ECRANS_BD 2>SÉLECTION HORS CHAMPS
Le 9e Art n’en finit pas de nous surprendre ! Prenez un grand critique et scénariste comme Benoît Peeters : lui, gastronome averti ? Qui l’eut crû ! Fan de cuisine au point de se livrer, avec la superbe mise en scène d’Aurore Aurita, avec Comme un chef (éd. Casterman) à une autobiographie culinaire savoureuse. Il s’y révèle touchant et maniaque ; le voir s’escrimer à refaire l’escalope de saumon à l’oseille de Paul Bocuse est un pur régal ! Quant à Jeanne Puchol, on est heureux de retrouver son trait si particulier pour une histoire d’amitié trahie à la naissance des radios libres : Interférences (éd. Dargaud), réalisé sur une scénario de Laurent Galandon, est une belle chronique de ces années de cache-cache avec le pouvoir giscardien pour la libération des ondes. On finit avec Cinq branches de coton noir (éd. Dupuis) de Sente et Cuzor et leur histoire de guerre racontée avec une grâce et un talent incroyables.
Hervé Bourit

Chroniques culture #51

Les chroniques culture sont de retour avec, cette semaine, les albums de Mat Bastard et KillASon, mais aussi le plein de BD, un DVD flippant et bien sûr, le vinyle du mois de Radio Campus.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
ÇA
Le clown maléfique Grippe-Sou est de retour ! Pas dans les égouts, mais bien dans votre salon, puisque Ça – succès planétaire de 2017 – se retrouve sur les platines DVD et Blu-ray. Adaptation fidèle et angoissante du livre éponyme (celui-ci reste néanmoins indétrônable), le film de Muschietti est aussi efficace que réussi, porté par une direction artistique fabuleuse. Et ce, malgré quelques menus défauts, comme un humour un peu trop envahissant et un côté un poil sage comparé au roman. On attend donc beaucoup des scènes coupées présentes dans l’édition Blu-ray, mais aussi des divers suppléments, tels que le quotidien des jeunes acteurs sur le tournage et surtout un entretien avec le Maître de l’horreur himself : mister Stephen King !
A.G.

LES BD’S
SPÉCIAL WESTERN
Le western est de retour dans le monde des bulles ! Surtout quand on voit que Yves Swolfs, qui avait abandonné le genre après Durango, revient avec une magnifique série Lonesome (éd. du Lombard) dont le tome 1 est un pur régal. Herman signe aussi un magnifique tome 2 de sa série Duke (Le Lombard) avec cette patte si particulière. Et que dire du retour du Bouncer, dont le T10 (Glénat) est cette fois scénarisé par Boucq. Dans le génial Mondo Reverso3, de Bertail et Le Goufflec (Fluide Glacial), les femmes ont pris la place des hommes et vice versa (c’est très drôle !). On finit avec deux immanquables : Undertaker, de Dorisson et Meyer (Dargaud), et Sauvage, de Yann et Meynet (Casterman). Sortez votre Stetson : c’est de nouveau tendance !
Hervé Bourit

PAUSE_ECRANS_CD1LES CD’S

KILLASON – STW 2
Dire que ce nouvel EP de KillASon, STW 2, est une méchante claque serait un doux euphémisme. Ici, le jeune rappeur poitevin, d’une maturité hallucinante, a affiné son propos, tant musical que conceptuel. Tout transpire l’envie de bien faire, le perfectionnisme et l’aboutissement stylistique. Alors, certes, nous n’avons personnellement pas forcément accroché aux tonalités pop de l’ouverture « Free ». Mais quand déboule sans prévenir « Blow », c’est l’uppercut. Cette deuxième plage est clairement l’un des meilleurs titres hip-hop entendus ces dernières années. Le reste est du même acabit : flow implacable et impeccable, accent anglais parfait (fait suffisamment rare pour être souligné), présence monstrueuse et des beats excellents. Très, très prometteur. A.G.

MAT BASTARD – LOOV  PAUSE_ECRANS_CD2
On l’a connu pour son rôle de leader dans Skip the use. On l’a adoré dans le punk-ska de Carving (ah, nostalgie…). Le chanteur Mat Bastard se la joue maintenant solo avec ce projet, dans lequel sa voix si caractéristique fait toujours autant d’étincelles. Les amoureux de Skip the Use ne seront pas déçus du voyage avec Loov : la mixture rock, teintée de pop et mâtinée de touches disco, est toujours là, rappelant donc les glorieuses heures de STU. Percutant, éclectique (en témoigne l’étonnant « Grave of broken dreams »), mélangeant ses influences et groupes passés, Mat Bastard propose un disque homogène qui devrait faire son petit effet sur les planches. Et cela tombe bien, Mat Bastard sera sur la scène du Chato’Do à Blois, le 1er février… A.G.

PAUSE_ECRANS_VINYLELE VINYLE DU MOIS DE RADIO CAMPUS
HABIBI FUNK – AN ECLECTIC SELECTION OF MUSIC FROM ARAB WORLD
Qu’elle est rafraîchissante cette nouvelle compilation du label Habibi Funk, label spécialisé dans les musiques du monde arabe. Comme son nom l’indique, cette sélection polyvalente nous permet de (re)découvrir ce qui se passait des années 60 aux années 80 du Maghreb au Machrek. Comme en France, il y eut tout un cortège de clones des icônes nord-américaines ; mais surtout cette compilation nous démontre les ponts qui ont toujours existé entre le Moyen-Orient et notre Occident.
F.Q.
> 22,50 € / habibifunkrecords.bandcamp.com

« Allotropiques est un festival mutant ! »

Jusqu’au 4 février, la deuxième édition du festival Allotropiques se tient dans des lieux inattendus de l’agglo. Des concerts à la Piscine du lac, à la bibliothèque ou encore au Point Haut sont au programme. Marie-Line Calvo, programmatrice enthousiaste du Temps Machine et de Terres du Son, nous en dit plus.

Capdeeture

Quel bilan tirez-vous de la première édition d’Allotropiques, un festival organisé par le Temps Machine ?
Tout s’est fait plutôt rapidement, mais nous sommes satisfaits de la fréquentation. Il y a eu plus de mille personnes sur les deux jours, entre les concerts et les ateliers. Le public a lui aussi été content et surpris de tous ces lieux investis, comme à Mame par exemple. Mais c’était assez difficile pour les spectateurs, puisque plusieurs artistes jouaient en simultané. Cette année, c’est différent, la programmation est plus étalée.

CaptrrureAllotropiques investit des lieux atypiques et inattendus. Pourquoi ?
C’est un festival porté par le Temps Machine qui souhaite s’étendre dans l’agglo et s’implanter. Donc jouer dans différents lieux – un peu partout et pas que sur Tours – est intéressant. D’année en année, nous souhaitons avoir plus de partenaires. C’est un festival mutant qui prend plusieurs formes. Ainsi, les festivaliers connaissent une expérience unique. Allotropiques est un autre terrain de jeu, ce ne sera jamais de la routine. On surprend le public !

C’est un festival encore en rodage ?
Oui, mais on veut vraiment s’implanter. L’important est que les gens viennent, s’éclatent et vivent une expérience.

A-t-il été difficile d’obtenir certains lieux ?
Je pense par exemple à l’Hôtel Goüin ou la Piscine du lac… Bizarrement, cela a été très rapide avec la piscine. Ils étaient enchantés ! Ils sont séduits par l’idée de croiser différents publics. Certains nageront et verront un concert ! Un concert en maillot en fait… (rires) Cela a été assez « sport » à boucler, mais quel soulagement et quel bonheur d’avoir pu investir le maximum d’espaces.

Cela ne risque pas d’être trop difficile pour l’acoustique et les résonances à la piscine ?
Non, ça ira, car on est davantage sur un ensemble machine/ synthé. Il n’y aura donc pas de problème pour l’acoustique.

Et l’Hôtel Goüin, alors ? Un lieu délicat à avoir ?
Eh bien, pas du tout ! Pierre-Alexandre, l’un des responsables, est hyper ouvert. Le but d’Allotropiques, c’est aussi le côté fun et le fait de se faire plaisir. La programmation à l’Hôtel Goüin sort des cerveaux rigolos de l’équipe du Temps Machine ! Il y aura par exemple un piano cocktail là-bas. Deux Boules Vanille jouera au deuxième étage et le troisième étage accueillera une silent party avec deux DJs. Il y aura même une tiny disco : une micro-discothèque où l’on pourra être à trois maximum ! (rires) C’est un état d’esprit qu’on aimerait beaucoup développer pour la suite.

Comment décririez-vous la programmation ?
Il y a pas mal de coups de cœur. J’avais envie de proposer cela sur le festival, tout en ayant beaucoup demandé l’avis de l’équipe du Temps Machine au préalable. Le mois de février est compliqué, puisque les groupes et artistes effectuent moins de tournées.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=vDb4RakK1DU[/youtube]

Comme l’an dernier, on a l’impression qu’Allotropiques est un pari osé : pas de grosse tête d’affiche, mais plutôt jouer sur la découverte…
Hmm, non. C’est subjectif, ça… Il y a par exemple Polo & Pan en formation un peu plus importante (le groupe s’est rajouté pour la soirée au Temps Machine le 2 février – NDLR). Bon, il est vrai que le but est tout de même de faire découvrir des artistes qu’on a aimés et qui nous ressemblent. C’est ce qu’on écoute au quotidien.

Personnellement, quels sont vos coups de cœur ?
Chassol ! C’est un pianiste érudit, un super musicien, impressionnant. Il peut accompagner des images, il s’agit d’une sorte de ciné concert, c’est une fusion incroyable. C’est un peu mon chouchou… Enfin, il n’y a que des chouchous ! (rires) Je pense également à Deux Boules Vanille, Cabaret Contemporain… Chloé, idem : elle est une figure du monde électronique et cofondatrice d’un label. Pour son dernier album, elle a pris des musiciens complètement atypiques en collaborant notamment avec Ben Shemie de Suuns. À Allotropiques, ce sera un live inédit, avec une scénographie dingue et d’immenses accordéons en papier, sur lesquels seront projetées des images. Le fil rouge de tout ça, en fait, c’est la performance.

Vous êtes relativement nouvelle sur Tours (*)… Comment percevez-vous la vie culturelle ici ?
Tours est une ville hyper dynamique. Ce qui m’étonne un peu plus, c’est le problème de la mobilité : tout se passe majoritairement dans l’hyper-centre. Franchement, on dit même « Tours NORD », alors imaginez pour Joué-lès-Tours, c’est le bout du monde ! (rires) Plus sérieusement, je trouve que la vie associative et culturelle tourangelle est assez hallucinante, c’est vraiment chouette.

Pour en revenir à Allotropiques, combien de personnes espérez-vous durant le festival ?  
(du tac au tac) 3 000 ! Non, je rigole ! (rires) Il faut être raisonnable. On aimerait faire au moins la moitié de la jauge pour les grosses soirées. Je reste persuadée qu’il faudra du temps pour s’implanter. On espère attiser la curiosité. Allotropiques est un bon outil de communication pour faire découvrir la musique que l’on défend et qu’on aime.

Et quel public est visé ?
Sur la programmation, on vise un public qui vient faire la fête, veut être émerveillé et découvrir des choses. Il y aura aussi des spectacles enfant, tout public et pour toute la famille. Je pense notamment à la journée de clôture au Prieuré Saint-Cosme et son petit bonus : une dégustation d’huîtres ! L’idéal serait que tout le monde se mélange à Allotropiques et se prenne une claque musicale à un moment ou un autre.

Propos recueillis par Aurélien Germain

(*) Originaire de Perpignan, puis après avoir passé quatre ans à Paris, Marie-Line Calvo est arrivée début septembre au sein de l’ASSO qui gère le Temps Machine. Elle a pris le relais d’Hugues Barbotin pour la programmation.

>> Infos sur le site officiel
>> Possibilité d’acheter un pass complet, valable toute la durée du festival pour toutes les soirées et concerts payants au prix de 28 € (sauf pour le spectacle jeune public Poucette).

Bateau ivre : c’est reparti !

Les travaux vont démarrer au Bateau Ivre. La salle dévoilera bientôt son nouveau visage.

bateau ivre

Carole Lebrun, présidente de la SCIC Ohé, et Franck Mouget, membre fondateur du collectif, ont donné le premier tour de clé pour ouvrir la salle du Bateau Ivre, à Tours. La semaine dernière, la société coopérative d’intérêt collectif a officiellement signé, chez le notaire, le rachat du lieu à la Semivit (ancien propriétaire) pour 270 000 €.
Les travaux, eux, sont estimés à 400 000 €.

Et ils devraient complètement transformer l’endroit. C’est l’architecte Stéphane Martin, qui a par exemple réalisé la Pléiade à La Riche, qui s’occupera de donner un nouveau visage au Bateau Ivre. Sont notamment prévus une réfection du sol, une accessibilité totale aux personnes à mobilité réduite, de nouveaux sièges, une scène modulable…

Décrit par Franck Mouget comme « un lieu de rencontre », le Bateau Ivre nouvelle version possédera une jauge de 600 places et accueillera un café culturel.
Samedi 20 janvier, à 15 h, la salle sera exceptionnellement ouverte pour une vente aux enchères d’oeuvres d’art. Idéal pour se mettre à flots.

Chroniques culture #50

Piratage de Plus belle la vie, BD coquines ou encore vinyle du mois de Radio Campus et le livre d’Un Faux Graphiste : voilà les chroniques culture de la semaine.

PAUSE_ECRANS_VINYLELE VINYLE DU MOIS DE RADIO CAMPUS
SLY5THAVE – THE INVISIBLE MAN…
Reprendre avec un grand orchestre au complet la plupart des succès de Dr Dre, c’est quand même une drôle d’idée. En faire un album issu d’un concert caritatif pour la construction d’une école de musique à Compton, auquel assiste le rappeur, là ça relève d’une idée de génie ! C’est le tour de force qu’a réussi Sly5thAve alias Sylvester Onyejiaka , avec des invités tels que le claviériste primé aux Grammys Cory Henry, Quantic et bien d’autres… Le cocktail, issu du mélange de musique classique, jazz, funk et hiphop est détonant, avec de superbes arrangements où l’on retrouve toute l’ambiance des samples d’origine, Funkadelic, Bootsy Collins, Mc Callum… mais pas celui d’Aznavour !
J.J.
>The Invisible Man : An Orchestral Tribute To Dr.Dre sur tru-thoughts.co.uk / double LP.

À LA TV
UNE SÉRIE SUR DUPONT DE LIGONNÈS
Le réalisateur et scénariste Pierre Aknine est en train de travailler sur une mini-série sur l’affaire Dupont de Ligonnès. D’après Télé Loisirs, c’est la chaîne M6 qui est intéressée pour le projet. Quatre épisodes de 52 minutes seraient dans les tuyaux. L’affaire Dupont de Ligonnès est toujours d’actualité, puisqu’à ce jour, le secret n’a toujours pas été percé : le 21 avril 2011, cinq membres de la famille avaient été retrouvés assassinés. Le père, suspect, n’a jamais été retrouvé.

LE LIVRE PAUSE_ECRANS_LIVRE
UN FAUX LIVRE – UN FAUX GRAPHISTE
« Un Faux Graphiste a toujours voulu faire de la BD, mais n’a jamais été foutu d’apprendre à dessiner. Ce jeune incapable a donc trouvé un moyen bien à lui d’accéder au panthéon éternel des petits Mickeys : le pillage. » La biographie de l’auteur Un Faux Graphiste est à l’image de son ouvrage Un Faux livre : 100 % second degré. Allez, millième degré, même. Car dans ce recueil délicieux, l’humour noir règne en maître. Le cerveau de ce pastiche, spécialiste déjà bien connu des réseaux sociaux, propose ici 128 pages de loufoquerie. À la fois déjanté, décalé, voire ubuesque, Un Faux Livre détourne gravures, BD rétro et autres comics et les torpillent savamment. C’est drôle, bête et méchant…. donc diablement jouissif.
A.G.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
I WISH – FAITES UN VŒU
Une lycéenne souvent moquée trouve un jour une boîte à musique qui exauce tous ses vœux les plus fous. Problème – et pas des moindres – les personnes de son entourage meurent à chaque souhait. Malgré un pitch sympa pour ce genre de petite production horrifique, I Wish n’est en fait qu’un recyclage bébête de films d’épouvante. Cliché ambulant, il ne propose rien de neuf et se vautre dans la paresse. Zéro angoisse, écriture pauvrette et prévisible, I wish ne méritait même pas de ressortie DVD / Blu-ray. D’ailleurs, la galette est proposée ici sans suppléments ni bonus. Creux jusqu’au bout.
A.G.

LES BDs PAUSE_ECRANS_BD
HÉROS DE EROS
On s’est dit qu’au coeur de l’hiver, une petite sélection pour se réchauffer serait la bienvenue ! Alors lire 264 pages du maître de l’érotisme italien, LIBERATORE est un pur régal, surtout que ce « Petites morts » (Éditions Glénat) propose énormément d’inédits. Avec Libres ! (Éditions Delcourt), OVIDIE et la dessinatrice DIGLEE offrent un superbe manifeste pour s’affranchir de tous ces diktats sexuels. Quant à Giovannisissima (Éditions de la Musardine) de Giovanna CASSOTO, il n’est pas à mettre entre toute les mains, mais il est l’oeuvre d’une des auteures majeures du genre dans un milieu encore macho. Le meilleur pour la fin avec la publication des planches pour Playboy par ALTUNA (Éditions Perspective Art), un des diamants cachés de la BD érotique enfin accessible au grand public.
Hervé Bourit

La phrase
« Christine Angot, c’est une enfant de choeur à côté de Zemmour et Naulleau. »
Laurent Ruquier. Dans une interview, l’animateur s’est également confié sur une éventuelle fin d’On n’est pas couché.

Le chiffre
500 000
En moyenne, le nombre de fois qu’un épisode de Plus Belle la vie est téléchargé illégalement. Comme quoi…

Théâtre : vivez « L’Expérience » !

La compagnie tourangelle Les 3 soeurs présente sa nouvelle création : L’Expérience. Un spectacle conçu sur-mesure pour l’espace culturel La Parenthèse à Ballan-Miré.

Image3
C’est promis, l’avis du public sera pris en compte.

Godot est là. Venu du futur pour annoncer un message d’importance capitale : l’humanité est en danger. Ces trois émissaires – Lycos, Electra et Atari – réussiront-ils à conjurer le sort ? Leur mission : accueillir un homme augmenté, sur lequel repose désormais l’avenir de l’humanité. Sera-t-il à la hauteur ? « S’il échoue, l’humanité est perdue », annonce Electra. Suspense…

Sur l’histoire, vous n’en saurez pas plus. C’est que les deux créatrices du spectacle, Elsa Adroguer et Sonia Fernandez Velasco, de la compagnie tourangelle Les 3 sœurs, tiennent à garder le mystère. Tout juste distillent-elles quelques informations : « Le public sera aux manettes et son avis comptera, un peu comme dans les livres dont vous êtes le héros. » Avec en prime, une « expérience sensorielle », proposée dans le cadre d’un parcours théâtral multimédia. « C’est un concept singulier à découvrir le jour-J », résument les deux comédiennes. La grande première sera le samedi 2 décembre. Au programme : l’épisode 1 d’une nouvelle forme théâtrale.

Image2
Les émissaires de Godot accueillent l’homme augmenté.

Pour le créer, la compagnie a bénéficié de quatre jours de résidence à La Parenthèse à Ballan-Miré. Ouvert depuis un an, cet espace culturel communautaire comprend une salle de spectacle de 300 places ainsi qu’une médiathèque dotée d’un bel équipement multimédia, avec un espace dédié aux jeux vidéos. « Nous disposons d’ordinateurs reliés à la fibre, de tablettes, de 8 postes de jeux avec 16 consoles dernière génération… », liste Sandrine Janvier, chargée de mission à la culture à la ville de Ballan-Miré.

Cet espace, la compagnie Les 3 sœurs l’a pleinement investi. « Nous ne souhaitions pas créer un spectacle, puis le vendre à divers programmateurs. La marque de fabrique de notre compagnie, c’est le sur-mesure, précise Elsa Adroger. Nous inscrivons notre création dans la dynamique du lieu. » À La Parenthèse, « c’est l’envie de promouvoir ce nouvel espace et de rassembler ses différents publics. ».
Le challenge relevé par la compagnie ? Réunir les fans de jeux vidéos, les amateurs de théâtre, les lecteurs… Autre spécificité : le projet s’est construit avec l’équipe de La Parenthèse : informaticien, jeunes en service civique, chargés de mission, régisseur… « Notre concept intègre le lieu et les personnes, poursuivent les comédiennes. Nous avons proposé aux agents de s’investir dans le spectacle. La création s’enrichit ainsi de leurs compétences. »

Image5
Quand les codes de la science-fiction rencontrent ceux du théâtre de boulevard

L’équipe s’est mobilisée au-delà d’un accueil classique de résidence d’artistes : dans la préparation du spectacle, le développement d’outils spécifiques, le soir de la représentation… « C’est un partenariat étroit. Nous sommes quasiment dans l’esprit d’une coproduction, ajoute Sandrine Janvier. Par ailleurs, j’apprécie particulièrement la transversalité du projet. » Une transversalité qui se retrouve dans l’écriture. « Nous avons mélangé les codes de la science-fiction et du théâtre de boulevard. Nous avons travaillé sur l’image. Ça donne un objet hybride, un peu à notre sauce », décrit Sonia Fernandez Velasco.
Un objet non identifié ? En tout cas, cette forme originale est l’occasion de relier l’expression artistique et l’utilisation des nouvelles technologies. Mais ce n’est pas tout. Elle présente un autre objectif : servir le fond. Car le spectacle traite des émotions et de l’empathie, cette capacité à se mettre à la place de l’autre, à percevoir ce qu’il ressent. « Comment les émotions des uns et des autres interagissent ? C’est un sujet qui nous tient à cœur. Il nous pose question au quotidien », remarque Elsa Adroguer.

Un projet du troisième type, donc, que ses créatrices aimeraient décliner, sur d’autres thèmes à La Parenthèse ou dans d’autres lieux. L’histoire ne fait que commencer.

Par Nathalie Picard

En savoir plus :

L’Expérience – Épisode 1.
Parcours théâtral multimédia. Piloté, écrit et mis en scène par Elsa Adroguer et Sonia Fernandez Velasco (compagnie Les 3 soeurs) avec Elsa Adroguer, Sonia Fernandez Velasco, Julien Pillot, Mikaël Teyssié et la participation des agents de la Parenthèse. Soutien logistique et humain de La Charpente et de la compagnie Oculus.
> Samedi 2 décembre à 20 h 30, à La Parenthèse, 14 boulevard Léo Lagrange à Ballan-Miré. Durée : 1 h 40. Tout public (à partir de 6-7 ans). Tarifs : 6 €/4 €/3 €.
> Renseignements : service culturel au 02 47 68 99 90. service.culturel@mairieballan-mire.fr ou sur la billetterie en ligne.

Image4
L’homme augmenté sera-t-il à la hauteur ?

Chasse au trésor culturelle à Tours

Ayez l’oeil ! D’octobre à mars, des étudiantes tourangelles cacheront CD, livres et DVD dans des lieux de la Ville pour une chasse au trésor culturelle.

(Photo Facebook Explor'à Tours)
(Photo Facebook Explor’à Tours)

Une chasse au trésor culturelle dans les rues de Tours, voilà le concept d’Explor’à Tours, un projet étudiant tout juste lancé par quatre élèves en 2e année d’info-com à l’IUT.

« L’idée de base était de proposer la culture à tous, tout en faisant découvrir des lieux à Tours », résume Lena. Gaëlle, Esther et Amandine et elle déposent donc 3 lots chaque mois, quelque part en ville. Un CD, un DVD et un livre sont ainsi dispatchés dans des endroits qu’il est possible de deviner, grâce aux indices divulgués sur leurs réseaux sociaux (*).

Ce projet a pu voir le jour grâce à différents partenaires, comme O’CD, la librairie Libre et Riche, Copy Show, l’IUT et Asso Point Com. Ainsi que la Ville de tours qui a, bien évidemment, autorisé le projet.

« La culture est chère, surtout pour les étudiants » qui restent leur cible principale, même si le jeu est évidemment « ouvert à tout le monde », rappelle Lena. Que les retardataires se rassurent : la chasse au trésor ne fait que commencer. Elle durera jusque mars 2018.

(*) Indices sur : facebook.com/ExploaTours ou @Explor_a_Tours sur Twitter

18813451_342796566137750_2844396148799789015_n

Chroniques culture #49

Cette semaine, tmv vous propose le DVD de The Jane Doe Identity, la revue Distorsion, la BD La Fabrique des corps et le vinyle du mois de Radio Campus.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
THE JANE DOE IDENTITY
L’ami Andre Øvredal avait été remarqué il y a 7 ans avec Troll Hunter. Exit les créatures des neiges, place au huis-clos angoissant dans une morgue. Le réalisateur axe ici son récit sur un triangle entre un père, son fils et un cadavre, lors d’une autopsie qui vire au cauchemar. The Jane Doe Identity est ce genre de petit plaisir simple qui, outre quelques jumpscares prévisibles, parvient à instaurer une atmosphère aussi claustro qu’oppressante. Conforme aux codes de la production d’horreur, le film reste soigné et maîtrisé. Reste une édition DVD décevante, le blu-ray n’offrant qu’un bonus bien maigrelet d’une vingtaine de minutes.
A.G.

LE VINYLE DU MOIS DE RADIO CAMPUS PAUSE_ECRANS_VINYLE
CHRONIXX – CHRONOLOGY
Chronixx est un acteur important de la nouvelle génération d’artistes Reggae Newroots « conscients ». Sa première mixtape en 2012, Start a Fyah, mixée par Walshy Fire de Major Lazer, lui a permis de se faire connaître. Puis son EP Dread & Terrible, sorti en 2014 pour lequel il a fait la promotion sur de nombreuses scènes, lui a permis d’être reconnu internationalement. Aujourd’hui, avec son album Chronology, il confirme son style, le reggae, avec brio.
A.R.
> Album vinyle : 31,30 €.

PAUSE_ECRANS_CDLE CD
IBEYI – ASH
La sublime intro, I Carried this for years, donne le ton. Dans Ash, second album des jumelles d’Ibeyi, l’accent est mis sur ces voix enlacées. Sans barrières (bien difficile de définir le style du duo), Ibeyi explore les genres, y ajoute de la poésie, du tribal, et de la beauté. Car Ash est assurément d’une élégance rare de bout en bout, excepté cette faute de goût sur Me Voy et son autotune vomitif. Pour le reste, les choeurs soulèvent les voix douces, l’harmonie vocale porte cet album qui fait l’effet d’une bougie qui se consume : on se repose devant, dans un état de quasi-hypnose, jusqu’à la fin. Un instant de douceur, d’apaisement.
A.G.

LA REVUE PAUSE_ECRANS_LIVRE
DISTORSION – INFERNAL
Foutraque, destroy, passionné… Les adjectifs pour qualifier et décrire cet OVNI ne manquent pas. Pour ce 4e opus, Distorsion donne de nouveau un grand coup de pied dans la fourmilière. Cette revue apocalyptique, à l’esprit et à la maquette punk, farfouille les entrailles du monde « underground », voyage de la musique au cinéma bis, en passant par l’étrange, le bizarre, le 100 % politiquement incorrect. Cette fois, Distorsion aborde la thématique « Infernal ». Sur 144 pages, Disto – pour les intimes – défriche et ratisse large en traitant de l’Enfer au sens large du terme. On passe ainsi d’un reportage photos sur La Porte des enfers au Japon, à l’interview de Masterton (maître de la littérature fantastique), tout en faisant un détour par le black metal chrétien et les peintures des immenses Bosch et Bruegel. Passionnant.
A.G.
> distore.tv ou dans les librairies courageuses

PAUSE_ECRANS_BDLA BD
LA FABRIQUE DES CORPS
C’est à une passionnante histoire du corps et de ses transformations que nous invite l’auteure Héloïse Chochois. Des Égyptiens à Ambroise Paré, des premières prothèses aux membres bioniques, c’est l’un des plus stupéfiants défis de la médecine à travers les âges qui nous est conté dans ce superbe ouvrage très bien documenté et à la lecture ludique et fascinante. Grâce à son trait simple et ses textes pédagogiques, l’aventure scientifique montre la force de la BD à traiter de tous les sujets, même les plus intimes. À l’heure de l’humain augmenté et de la génétique reine, jusqu’où l’Homme est-il prêt à aller ?
Hervé Bourit
NB.– Héloïse Chochois sera présente, comme beaucoup de ses collègues (Gibrat, Servais, Davodeau…), aux Rendez-vous de l’Histoire de Blois du 4 au 8 octobre.

15

En millions de dollars, le budget alloué pour chaque épisode de la saison 8 de Game of Thrones. Soit 90 millions pour les 6 épisodes.

24 heures au Petit Faucheux, l’antre du jazz

Pour ses 30 ans, le Petit faucheux s’est offert le regard de la photographe Géraldine Aresteanu. Elle y est restée du vendredi 12 mai, 6 h, au lendemain matin, 6 h.

Image1
6H. Au lever du jour, la fée du logis Aude Falgairette (également musicienne) ouvre la porte la première. Pièce par pièce, elle fait sortir les lieux des ténèbres.

Image8
9H. Un café ? Isabelle Boulanger, chargée du développement culturel prépare l’indispensable potion magique pour démarrer la journée.

Image9
10H. La salle de spectacle dort encore, l’endroit est calme et serein, même si tout le monde est déjà sur le pont pour préparer le concert du soir.

Image12
14H. On dort peu quand on travaille au Petit faucheux. Mais parfois, on se fait surprendre par Morphée.

Image13
18H. Les techniciens opèrent un dernier numéro d’équilibriste avant l’arrivée des artistes pour les mettre en lumière.

Image14
19H. Les bénévoles arrivent avec les courses pour le repas des artistes. Lucille Richard et Louise Aimé sont rodées.

… Pour voir la suite du portfolio, n’hésitez pas à lire notre dernier numéro (n°268) !

LA PHOTOGRAPHE : Géraldine Aresteanu
Photographe entre Orléans et Tours, Géraldine Aresteanu réalise depuis 2014 des reportages pendant lesquels elle raconte en 100 photos toute la journée d’une personne. Et depuis peu, elle s’imprègne aussi pendant 24 h (pas une minute de moins) d’un lieu. « Je trouvais que je ne passais pas assez de temps avec les gens, grand max’ une heure. Là, je suis tout le temps avec eux, je les suis comme une glu. Je dors chez eux, avec eux parfois, ils finissent par l’oublier, s’habituer », raconte-t-elle.
Le pianiste de jazz Jacky Terrasson, le circassien Yoann Bourgeois ou encore le chanteur de cabaret Jérôme Marin sont passés par-là. La direction du Petit faucheux entend parler de ce projet grâce à la graphiste des lieux et passe commande pour une exposition qui marquera les 30 ans des lieux.

Du vendredi 12 mai, 6 h 15 au samedi 13 mai, Géraldine a donc suivi les faits et gestes des travailleurs qui traversent ce lieu mythique. Le Petit faucheux est seulement le second lieu qu’elle photographie de la sorte, après le Moulin Rouge. Espérons qu’il ait une aussi longue vie !
> Exposition visible du jeudi 5 octobre au 21 décembre, dans le hall d’accueil du Petit faucheux, du mercredi au vendredi, de 13 h à 19 h et les jours de concerts à partir de 13 h.
> Et sur : www.24h.geraldinearesteanu.com

3 questions à…
SYLVAIN MOUSSET, PRÉSIDENT DU PETIT FAUCHEUX

QU’EST-CE QU’ON PEUT RETENIR POUR LES 30 ANS DU PETIT FAUCHEUX ?
Pour les 25 ans, nous avions réalisé un travail sur l’histoire du lieu, résumé dans un livre. Pour les 30 ans, nous pouvons dire que nous avons gardé beaucoup de continuité dans le jazz et la musique improvisée. Il y a des choses très fortes et qui durent comme le blues et le jazz de la Nouvelle Orléans, mais nous essayons aussi d’être attentifs à comment cette tradition se perpétue et se transforme.

EN QUOI LE JAZZ S’EST TRANSFORMÉ ?
Le jazz a intégré différents styles de musique comme le rock, le hard rock, le metal, l’électro, la musique contemporaine et même digéré le rap. Nous essayons donc de travailler dans ce champ esthétique et d’en être le reflet. Il y a aussi aujourd’hui un niveau technique des nouveaux musiciens qui est plus élevé qu’avant et ils n’ont pas une culture uniquement jazz. Nous les soutenons dans leur création. Avant, nous étions jazz, jazz, jazz, désormais, on travaille avec le Centre chorégraphique national de Tours autour de l’impro et des écrivains ou scénaristes viennent en résidence.

LE PETIT FAUCHEUX S’EST LUI AUSSI OUVERT ?
Nous faisons venir les gens et nous allons vers eux à travers des actions culturelles. Nous accueillons une centaine de concerts mais le lieu est ouvert beaucoup plus tout au long de l’année pour accueillir les répétitions, les créations, les enfants du chœur du Petit faucheux… On développe aussi le panel du public avec un travail en accord avec les écoles primaires, les collèges et lycées, sans oublier la petite enfance, la prison de Tours, ou encore l’hôpital Clocheville.

Capture

L’Espace Malraux soigne les genres

À Joué-lès-Tours, l’espace Malraux s’évertue à proposer à ses aficionados une programmation à la fois grand public, diversifiée et exigeante. Deux programmatrices sont chargées de déceler ces perles rares.

(Photo NR/Sébastien Bussière)
(Photo NR/Sébastien Bussière)

Pour sa 26e saison, l’espace Malraux ne change pas ses habitudes. Au programme, des artistes largement reconnus comme François Morel ou Michel Jonasz, des humoristes populaires comme Jarry ou Olivier de Benoist, des pointures internationales comme le bassiste Marcus Miller ou le batteur Tony Allen…
La plupart de ces figures incontournables font en fait partie de la programmation « commerciale » du lieu, validée par la Ville et pour laquelle des tourneurs privés louent la salle.

« DIVERTIR LES GENS, MAIS INTELLIGEMMENT »

Mais comme chaque année, cette clinquante sélection sera contrebalancée d’événements un peu moins mainstream. Pour cela, deux orfèvres opèrent dans l’ombre. Il s’agit des programmatrices de l’espace Malraux : Pascale Davy et Marie Hindy, respectivement en charge des spectacles pour le jeune public et de ceux pour tous les âges. « On fonctionne un peu comme un cinéma d’art et essai, explique cette dernière. Notre volonté, c’est de divertir les gens, mais intelligemment. On propose des spectacles connus dans le milieu du spectacle vivant, tout en variant les formes, du théâtre à la danse en passant par le nouveau cirque, les clowns… Parfois, ces formes se mélangent, comme dans le Cabaret extraordinaire, programmé au mois de janvier, qui mélangera du cirque avec la performance d’un duo piano-chanson. »

Pour préparer sa saison, Marie Hindy parcourt le pays à la recherche de l’oeuvre idéale, à la jonction entre « une sensibilité artistique, un budget et un calendrier ». De scène nationale en scène nationale, du festival d’Avignon aux grandes salles parisiennes, elle s’appuie également sur un réseau de programmateurs dont elle s’inspire au travers de multiples échanges. Il en résulte des collaborations avec d’autres structures comme le théâtre Olympia ou le Centre chorégraphique national de Tours, des représentations acclamées par les professionnels comme la pièce Edmond (le 24 novembre) d’Alexis Michalik, lauréate de cinq Molières, mais aussi des coups de cœur locaux comme Kids (le 19 octobre) de Fabrice Melquiot, joué par la compagnie tourangelle L’Arc électrique. Le pitch ? Une mise en scène de marionnettes hyper-réalistes représentant onze orphelins livrés à eux-mêmes au lendemain du siège de Sarajevo.

Une exigence permanente pour l’Espace Malraux donc, en adéquation avec le standing de cette salle de 1 000 places, une des plus grosses du département.

B.L.

Théâtre : Le Volapük en danger

Fief de la Compagnie à cru, le Volapük est, grâce à l’association VPK, un lieu d’accueil pour de jeunes compagnies de théâtre. Un équilibre aujourd’hui compromis.

Image34
Le Volapük, espace de résidence et de création artistique, est installé rue Lobin à Tours. (Photo VPK)

En 1999 naît la compagnie Théâtre à cru qui s’installe en 2006, sur le conseil de la Ville de Tours, au Volapük, un ancien atelier photo. Bientôt, Théâtre à cru invite d’autres compagnies à venir partager le lieu et deux ans plus tard, l’association VPK est créée pour gérer l’organisation des compagnies en résidence. Cela fait donc près de dix ans que le Volapük est une pépinière de création théâtrale. Mais aujourd’hui, il y a péril en la demeure.

AUX ORIGINES, THÉÂTRE À CRU

Théâtre à cru croit en un théâtre sans artifices, ce qui passe par l’absence ou la simplification des costumes et décors, ou encore par l’abattement du « quatrième mur » – le public. L’année dernière, Alexis Armengol a choisi de se replonger dans Candide, de Voltaire. Le travail de la compagnie a donné naissance à Candide, qu’allons-nous devenir ?
Parallèlement, un projet de création participative sur l’utopie a été initié avec le réseau des lycées agricoles de la région Centre-Val de Loire, qui s’intitule « Tricotons nos utopies ». Cette année, le travail se porte sur le Vilain petit canard et la résilience. Chaque fois, le processus est le même : Alexis Armengol choisit le thème, commence à nourrir le projet, produit une partie du scénario, puis les artistes dont il s’entoure l’aident à réfléchir plus avant et à aboutir à la performance finale, qui mêle souvent les disciplines – avec des musiciens ou bien la dessinatrice Shi Han Shaw, par exemple.

LA NAISSANCE DE VPK

Mais le Volapük est grand. Assez grand pour que Théâtre à cru ait la place de partager avec d’autres. Dès 2008, c’est une association nouvellement créée, VPK, qui s’occupe de sélectionner les compagnies qui seront accueillies à résidence, pendant une semaine, pour mûrir leurs projets. VPK met à la disposition des artistes, lorsqu’ils ne sont pas du coin, un appartement pouvant accueillir sept personnes et la salle pour qu’ils puissent nourrir et/ou fignoler leur projet. À la fin de leur semaine de résidence, ils peuvent, s’ils le veulent, effectuer ce que l’on appelle une « sortie de résidence », à savoir une performance en public, quand leur spectacle est assez abouti. Les places en résidence au Volapük sont chères. Avec une quarantaine de demandes par trimestre quand VPK n’a que cinq créneaux à proposer et n’accepte qu’une quinzaine de dossiers par an en tout, la concurrence est rude. Et l’endroit est d’autant plus prisé que les accueils en résidence au Volapük sont pris en charge par l’association. Ou du moins le sont-ils pour l’instant.

Image31
L’asso VPK s’occupe de sélectionner les compagnies qui seront accueillies à résidence. (Photo VPK)

VPK RECHERCHE MÉCÈNE

Car VPK est bailleur du lieu et Théâtre à cru participe aux charges proportionnellement à son occupation (à l’année, le bâtiment coûte 30 000 €) vivent principalement de subventions. Or cette année, VPK, qui est en pleine restructuration pour rendre sa structure plus pérenne économiquement, n’a pas reçu le soutien de la DRAC pour l’année 2017. C’est en ce moment un déficit de 5 000 € (pour un budget annuel de 50 000 €) que l’association doit combler pour pouvoir sauver l’emploi de sa coordinatrice, salariée à temps partiel, et l’association elle-même.

La situation étant urgente, VPK profitera de sa soirée d’ouverture de saison, le 6 octobre prochain, pour exposer sa situation et tenter de trouver les fonds manquants. Car ces 5 000 € sont le seul moyen de maintenir les activités de l’association pour 2018 ainsi que l’emploi de sa seule salariée. Si pour l’instant cette dernière choisit de rester « optimiste » et « d’y croire », il n’y a cependant aucun moyen d’être sûr que le Volapük sera toujours là pour accueillir les compagnies sélectionnées pour les résidences de l’année prochaine.
En effet, la Théâtre à cru et VPK se partagent le loyer et les factures des locaux et sans leurs deux participations, impossible de garder le Volapük à flots. Théâtre à cru peut déménager, mais la situation n’est pas si simple pour VPK ; sans le Volapük, l’association n’a plus vraiment de raison d’être. La transition est en marche, bien sûr, et le projet 2018 avec des modifications dans le programme des résidences sera exposé le 6 octobre.

Les responsables « recherchent des solutions sur leur modèle économique et réfléchissent à une participation aux charges de la part des compagnies qui viendront en résidence » dès 2018 pour aider l’association à subvenir à ses besoins. Cependant, cela ne suffira pas. Il existe bien sûr d’autres lieux de résidences, mais la demande étant bien plus forte que l’offre, la fermeture du Volapük serait une perte catastrophique pour le développement du théâtre dans la région, notamment pour les jeunes compagnies — celles qui ont le plus de difficultés à trouver subventions et lieux de travail. Il faut sauver le Volapük.

Image33
La Minoterie, répétition des Vilains Petits Canards ?, cliché pris par Alexis Armengol, en avril dernier à Dijon. (Photo Théâtre à Cru)

CLM

Goat Cheese : Punk’s not dead à Tours !

Non, le punk n’est pas mort. Il est même plus vivant que jamais grâce à Goat Cheese. Depuis 7 ans, cette association promeut les artistes locaux (mais pas que !) et met en lumière un univers musical qui ne demande qu’à sortir de l’ombre. Interview à la sauce punk rock avec Brice, le boss de Goat Cheese.

PAP_GOATCHEESE1
Uncommon Men From Mars a joué à Tours grâce à Goat Cheese.

L’association s’appelle Goat Cheese (fromage de chèvre – NDLR) : c’est parce qu’elle est née à Sainte- Maure ? On fait les présentations ?
Goat Cheese est un groupe de punk rock français, effectivement originaire de Sainte-Maure-de-Touraine. On a créé l’association en 2010 pour organiser des concerts sur Tours, car on trouvait intéressant, pour prétendre trouver des dates avec le groupe, de connaître l’envers du décor et d’en organiser nous-mêmes. Depuis quelques années, le groupe n’existe plus, mais l’asso, elle, est encore active.

Vous avez dépassé les 100 événements. Quel regard portes-tu sur le chemin parcouru par l’asso ? 
On a organisé notre premier concert au Black Hawk (ex-Winchester) le 13 novembre 2010, avec Poésie Zéro et Personne, devant une petite dizaine de personnes. En 7 ans, on a accueilli près de 400 groupes, dont un bon tiers étranger, dans une trentaine de lieux de la ville. Aujourd’hui, on organise toujours des concerts DIY (« Do It Yourself », soit « fais-le toi-même », NDLR) dans les bars. Rien n’a vraiment changé, mis à part qu’on a quelques copains en plus aux quatre coins de la planète, et un peu plus de spectateurs aux concerts.

Vous organisez très souvent au Canadian Café. Comment s’est fait ce lien avec ce bar ?
«Le Cana» est effectivement un QG du punk rock tourangeau depuis 10 ans. C’est un lieu accueillant et qui nous fait plutôt confiance, mais on a plaisir à organiser dans plein d’autres lieux comme le Buck Mulligan’s, Kaa, Shelter, Bar à Mines, La Barque, Le Balkanic… Franck, le gérant du Canadian Café, est champion de magie professionnel et ça, c’est une vraie valeur ajoutée qui laisse des souvenirs impérissables aux groupes en tournée.

Comment se porte la scène punk tourangelle ? 12322606_1137971212909300_7141275755350522603_o
À vue de nez, une centaine de personnes gravite autour du punk rock. Ça parait peu, mais ce sont des gens hyper investis par leur présence et leur soutien, soit en tant que musiciens, organisateurs ou spectateurs assidus. La ville regorge de bons groupes punk, thrash, hardcore… mais on espère bien voir arriver quelques jeunes pousses reprendre le flambeau, quand on sera rincés et trop vieux pour organiser les concerts ! Côté lieux, on n’est pas à plaindre, comparé à certaines villes voisines, mais on peut déplorer l’absence d’un lieu-concert associatif et militant qui nous permettrait de voir le punk au-delà du spectre de la musique et de la bière.

Comment fonctionne la programmation pour Goat Cheese ? Tu fonctionnes au coup de cœur ?
C’est moi qui m’occupe de la prog’, mais toute l’asso est force de proposition. Il n’y a rien de sorcier, je réponds a des propositions de booking émanant de groupes ou de tourneurs, et quand ça me plaît et que j’y vois une perspective de bonne soirée, j’y vais ! Je pratique cette activité par passion, sur mon temps libre, sans considération de rendement ni de rentabilité.

J’en avais déjà parlé à des assos comme RIIP, MFest, etc. Pour tout ce qui est metal et punk, les groupes sont contraints de jouer dans des petits bars, et rarement dans de « vraies » salles. Comment analyser ça ?
Je pense qu’il manque à la ville un juste milieu entre le rade un peu miteux, et la jauge trop importante de salles comme le Temps Machine, qui serait la plupart du temps difficile à remplir pour nos programmations. La perspective du retour du Bateau Ivre est plutôt réjouissante et l’asso est d’ailleurs sociétaire, mais ça ne suffira pas à contenter tous les groupes et acteurs associatifs tourangeaux. C’est pourquoi il est important de se battre pour pérenniser nos cafés concerts, qui sont malheureusement souvent confrontés à des fermetures ou des interdictions de concerts à cause de normes anti-bruit trop sévères. Dans l’absolu, les petites jauges des cafés concerts sont celles qui correspondent le mieux à notre programmation. Nous ne sommes pas confrontés aux mêmes enjeux techniques et financiers que les copains du MFest et du Riip, qui programment des soirées beaucoup plus ambitieuses qui nécessitent de « vrais » lieux adaptés.

Quel public trouvez-vous à vos concerts ?
On a un public de tous âges, de tous sexes, de Tours et environs, bienveillant, non violent, non sexiste… c’est une chance. Je trouve assez intéressant de brasser les esthétiques pour faire se rencontrer des publics d’horizons différents le temps d’une soirée. On pratique les concerts à prix libre, mais on laisse toujours rentrer les gens même s’ils sont fauchés… Le finalité est que tout le monde passe une bonne soirée.

Rest In Fest - 05 Juillet 2015
Rest In Fest – 05 Juillet 2015

Un Je-ne-sais-quoi, Wolfpack asso, Dirty Guys Rock… Ce sont des collègues ? Comment se passent vos relations ?
Il y a aussi le Collectif MLP, Cocktail Pueblo, qui font les choses globalement pour les mêmes raisons, avec la même passion, et parfois avec les mêmes galères… On est pas mal en lien, notamment pour l’événement annuel Tours 2 Bars, qui a lieu ce week-end dans huit cafés-concerts du centre ville. C’est samedi 23 septembre à partir de 15 h !

Il y a un paquet de concerts prévus jusqu’à Noël pour Goat Cheese. As-tu des petites préférences ?
Je suis hyper content de faire revenir Forest Pooky le 26 novembre, qui pour moi est l’une des plus belles voix folk punk, et d’en profiter pour diffuser le film de David Basso, Diesel, qui dresse le tableau du mouvement punk rock des années 1990 à nos jours. ça se passera au Winchester. Côté punk rock, je programme un paquet de groupes de la nouvelle scène londonienne power pop / punk qui rafraîchissent un peu le paysage, notamment Happy Accidents, le 8 octobre au Canadian Café, avec le premier concert des Tourangeaux de Strawberry Seas. J’ai bien hâte aussi de découvrir la pop électronique des Rennais de Fragments, le 07 décembre, et la new wave / post punk des canadiens de Mundy’s Bay le 3 novembre.

> Plus d’infos sur goatcheese.fr

Propos recueillis par Aurélien Germain

Photos : Goat Cheese

Chroniques culture #48

Cette semaine, on vous parle du retour en demi-teinte des Queens of the stone age, de la BD Afterz, de l’été catastrophique au ciné, et d’une petite annonce zombiesque… !

PAUSE_ECRANS_CD1LE CD
QUEENS OF THE STONE AGE – VILLAINS
L’annonce a inquiété les fans de la première heure : Mark Ronson pour produire le nouveau Queens of the stone age (QOTSA pour les intimes) ? Kékidit pardon ? Le producteur-collaborateur de Bruno Mars, Adele et Lady Gaga pour épauler ce septième disque de la bande à Josh Homme et de son rock poussiéreux ? Outch.
Alors disons-le tout de go : ce Villains, loin de pactiser avec le Diable, a de quoi déstabiliser. Insuffler une telle dose de pop et de claviers électro dans la musique rugueuse rend QOTSA plus abordable à tous, certes. Mais ce qu’il gagne en accessibilité, le groupe le perd dans son accroche. Car force est de constater que ce Villains est loin de percuter autant qu’un Songs for the Deaf, leur fait de gloire, brûlot de rock ravageur et hypnotique. « On cherche à semer le trouble sur Villains », a dit le leader Josh Homme. Ça, c’est sûr ! On ne tape pas du pied, on tapote. Et si le travail sur les ambiances est diablement réussi (l’intro de Fortress), on attend LE feu d’artifice… Mais seules les étincelles sont là. Loin d’être mauvais évidemment, l’album est toutefois trop disparate : il suffit de comparer le mollasson Domestic Animals ou le soporifique Un-reborn again au génial Head like a haunted house. En dents de scie, frustrant, sexy sans être trop sale, un poil trop lisse et dansable, ce Villains n’est peut-être tout simplement pas assez vilain pour les Queens of the stone age.
A.G.

LE DVD
LES GARDIENS DE LA GALAXIE 2 PAUSE_ECRANS_DVD
Véritable coup de pied dans la fourmilière parfois ronflante de Marvel, ce 2e opus des Gardiens de la Galaxie est une réussite de bout en bout. Aussi généreux que barré, aussi fun qu’intimiste, le film de James Gunn est de nouveau un petit bijou, dans lequel les moments cultes s’enchaînent (la séquence d’ouverture monstrueuse, la scène de la flèche de Yondu, etc.). Jouissive et survoltée, cette pépite est à revoir en Blu-ray qui, outre sa bien vilaine jaquette, offre de nombreux bonus, comme les coulisses du film, les effets visuels et même un bêtisier. Un DVD à obtenir d’urgence, ne serait-ce que pour son personnage le plus mignon de tous les temps : Baby Groot !
A.G.

AU CINÉMA 
ÉTÉ POURRI, BOX OFFICE FLINGUÉ
« Le pire été de la décennie pour le box-office américain », titrait récemment le magazine Les Inrocks. Ouragan Harvey, combat Mayweather/McConnor, mais aussi – il faut se l’avouer – des sorties pas franchement excitantes dans l’ensemble ont torpillé les derniers week-ends du mois d’août aux États-Unis. De quoi sonner le glas d’une période estivale catastrophique pour le cinéma américain. Pour preuve, le dernier week-end a été enregistré comme le pire en terme de fréquentation depuis… 15 ans !
A.G.
PAUSE_ECRANS_ETE POURRI

PAUSE_ECRANS_BDLA BD
AFTERZ
Avec, entre autres, son héros iconique Monsieur Jean et ses portraits très réussis de bobos, Charles Berberian reste un observateur attentif et tendre de notre époque. Avec un système de strips verticaux assez original, il décline ici les affres et les angoisses de deux jeunes Parisiennes, d’un chien et d’une galerie de personnages a la fois drôles et perdus. Comment en effet vivre à travers le prisme des réseaux sociaux et du paraître ? Comment rencontrer l’âme soeur dans un univers de plus en plus virtuel ? Comment ne pas sombrer dans la vacuité et l’ennui au bout de ces nuits sans sommeil et de ces « after » pathétiques ? Voilà quelques unes des questions donnant lieu à de beaux moments d’humour et de poésie.
Hervé Bourit

Capture

Imag’In : « La culture doit être accessible à tous »

Pepiang Toufdy, fondateur d’Imag’In, revient sur les valeurs insufflées par son festival et rappelle de nouveau l’importance du vivre-ensemble.

(Photo tmv)
(Photo archives tmv)

C’est déjà la 9e édition pour Imag’In. Comment vois-tu le chemin parcouru jusqu’à maintenant ?
C’est une longue histoire ! On a construit quelque chose sereinement, même si ça n’a pas toujours été évident. Il y a forcément toujours des diffi cultés. Mais le pari est gagné. On a tout donné à chaque édition et il y a constamment nos valeurs derrière tout ça. Le public est là, c’est un beau projet. Bref, on en retire une grande fi erté et c’est important pour tenir le cap et garder espoir. Imag’In est un projet passionnant et porteur, c’est un combat.

Tu parlais de valeurs. Quelles sont-elles ?
Il y a le partage, déjà. La culture doit être accessible à tous. La solidarité, aussi : on doit tous s’accepter malgré nos différences, dans un environnement de confiance. Imag’In, c’est une ambiance « cool », peu importe d’où on vient.

Plus globalement, que penses-tu qu’Imag’In ait apporté au Sanitas ?
En s’y installant, on a sensibilisé les gens. On veut montrer que tout n’est pas perdu, même si la vie est parfois dure. En faisant venir un public extérieur, on montre que la culture peut amortir les a priori parfois négatifs qu’un quartier peut subir. En ce sens, on participe au lien social.

Est-ce qu’il y a une « famille » Imag’In désormais ?
Oui, bien sûr. C’est une famille culturelle, beaucoup de gens adhèrent au projet. Il y a par exemple certains artistes qui ne prennent pas de cachet sur cette date, car ils aiment le festival. Ça me touche ! On s’entraide et on se soutient. Imag’In est un festival alternatif, il y a un combat derrière : il faut exister.

C’est un festival gratuit. Comment survivre ?
C’est dur. C’est pour cela que je parle de combat… Il y a 5 000 € du subventions sur tout le festival. 5 000 €, ça ne paye même pas la société de sonorisation et la scène mobile. Derrière un festival, il y a toute une logistique, la technique, la communication… Certains partenaires privés nous aident, mais la survie est difficile. On réfléchit pour la 10e édition : il faudra garder nos actions culturelles, mais aussi développer quelque chose pour que l’asso Prod’Cité (organisatrice d’Imag’In – NDLR) s’émancipe.

Cette année, il y a encore un large choix côté concerts. As-tu des coups de cœur ?
Il y en a deux : Lehmanns Brothers déjà. Ils possèdent une fraîcheur funk folle ! Je les ai découverts alors que la programmation était quasi bouclée ! Ma collègue les avait déjà vus et elle m’en a parlé. Il y a vraiment un truc avec ce groupe ! Mon deuxième coup de cœur, c’est bien sûr les groupes du tremplin Imag’In (INK et The Lunatiks – NDLR), car c’est une première. Il y a un noyau énorme d’artistes dans le département, mais ils ne sont pas forcément visibles. Là, on repère des groupes locaux et on les programme !

On parle de ces lauréats du tremplin, mais jouent aussi des Tourangeaux déjà établis – je pense notamment à Nivek – c’est donc une volonté farouche, pour toi, de mettre en valeur les artistes du coin ?
Bien sûr ! L’objectif initial d’Imag’In était de valoriser les groupes du département. Les têtes d’affiche, c’est pour la popularité, mais les groupes locaux, c’est le cœur du festival. Il faut rassembler tout le monde pour un instant de partage.

Propos recueillis par Aurélien Germain

Chroniques culture #47

Les chroniques culture sont de retour. Double dose de BD au programme, avec aussi le vinyle du mois de Radio Campus, les gros salaires à Hollywood, et une série… sans images !

(Photo © Ben Pruchnie/Getty Images)
Emma Stone (Photo © Ben Pruchnie/Getty Images)

CINÉMA
GROS SALAIRES
Chaque année, le magazine Forbes dévoile son traditionnel classement des actrices et acteurs les mieux payés au monde. Du côté des femmes, c’est Emma Stone, 28 ans, qui devient la comédienne au plus gros salaire, puisqu’elle a récolté 26 millions de dollars pour la saison 2016-2017. Elle détrône Jennifer Aniston et ses 25,5 millions et Jennifer Lawrence (24 millions). Suivent Melissa Mc Carthy (18 millions) et Mila Kunis (15,5 millions).
Pour les hommes, Mark Wahlberg truste la première place avec ses 68 millions de dollars. À la deuxième marche du podium se trouve Dwayne Johnson (65 millions), puis Vin Diesel (54,5 millions). Ensuite, on trouve Adam Sandler (50,5 millions) et Jackie Chan (49 millions). De gros chiffres… avec de grosses disparités ? Côté égalité salariale hommes/femmes, Hollywood aussi a encore des efforts à faire…
A.G.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
FAST & FURIOUS 8
Stupide et régressif, mais pourtant diablement jubilatoire… Voilà comment se résumerait ce huitième volet de Fast & Furious, le bébé de Vin Diesel. Dans un déluge de cascades hallucinantes et de folles poursuites, ce segment de la saga offre un divertissement (qui a dit plaisir coupable ?) énergique et efficace. Exit l’intrigue paresseuse et la bêtise du film, on se concentre plutôt sur l’action : Fast & Furious 8 va à mille à l’heure et c’est tant mieux pour les fans. Pour l’édition DVD, on se tournera davantage vers le Blu-ray qui propose une palanquée de suppléments, notamment une séquence sur les cascades et une version longue des combats.
A.G.

LE VINYLE DU MOIS DE RADIO CAMPUS All-Amerikkkan-Bada-Double-Vinyle-Gatefold-Inclus-photos-exclusives-et-coupon-MP3
JOEY BADA$$ – ALL AMERIKKKAN BADA$$
On se souvient de l’entrée fracassante de Joey dans le rap US en 2012 , avec le désormais classique 1999, révélant déjà son flow carré et un bon goût indéniable dans le choix des sons. Depuis, il a mûri, développé une belle voix et pris son temps pour son deuxième album, bien aidé par de beaux featuring et les superbes productions de Kirk Knight de l’équipe Pro Era. Joey sait être conscient dans ses thèmes, You don’t love me miss America, ou le furax Rockabye Baby, pas tendre avec l’administration américaine actuelle. Totalement d’actualité (les trois K du titre…), cet album se révèle comme étant le témoin d’une époque charnière et tourmentée pour sa communauté, bien loin de la soupe version Migos !
J.J.

LES BDs
PAUSE_ECRANS_BD1>JOUR J – LE PRINCE DES TÉNÈBRES (VOL. 1 & 2)
Et si les attentats du 11 Septembre avaient pu être évités ? Et si un agent du FBI avait eu l’intuition que Ben Laden préparait une attaque d’envergure contre les États- Unis ? Avec des « si », on refait le monde. C’est ce que font d’ailleurs Duval, Pécau et Kordey dans cette trilogie BD intitulée Jour J – Le Prince des ténèbres.
Cette rétro-fiction parvient à dérouler une analyse rétro-historique très pertinente. Nourries du trait reconnaissable d’Igor Kordey, les planches alternent entre dialogues, action et grandes cases dessinées à la frontière du plan cinématographique. Rythmé, malin et intéressant, Jour J – Le Prince des ténèbres est une découverte qui se dévore. Les deux premiers volets du triptyque sont déjà parus. Pour le 3e opus, il faudra en revanche attendre le mois de novembre…
A.G.

>LES NOUVELLES AVENTURES DE LAPINOT PAUSE_ECRANS_BD2
Commencer cette nouvelle saison avec une BD dont le titre est Un monde un peu meilleur et fêter en même temps le retour de l’iconique Lapinot ? Avouez que c’est de bon augure ! On ne vous redira pas que Lewis Trondheim est un génie et que son lapin intelligent et sensible lui sert à mettre un doigt sur toutes les tares et dérives de notre société.. Après 13 ans d’absence, notre héros se confronte donc aux applis intrusives de nos portables, aux chaînes d’infos en continu anxiogènes, sans oublier quand même un peu d’espoir, une bonne dose d’amitié et surtout un humour ravageur. LA BD de la rentrée sans aucun conteste !
Hervé Bourit

À LA TV
CALLS, PREMIÈRE SÉRIE SANS IMAGES
Diffuser une fiction télé sans images, il fallait oser. Canal+ relève le défi cet automne avec Calls ; cette série de dix épisodes de dix minutes, uniquement sonores, a été créée par Timothée Hochet, un web cinéaste né sur Youtube. « À travers la boîte noire d’un avion, les cassettes d’un magnétophone, les messages laissés sur un répondeur ou des appels à Police secours… plusieurs histoires qui mêlent l’étrange, l’angoisse, l’amour et parfois l’inexplicable », promet Canal+. Malgré une narration trop brouillonne, Calls est un bijou de montage. Elle a aussi le mérite de rappeler que la série est un genre à part entière. Et qu’elle est, comme d’autres réalisations visuelles, capable de surprendre.
E.S.

Capture

Ils vont vous consoler de la rentrée (ou pas)

La rentrée de septembre, c’est dur dur. Tmv vous propose un panorama de l’école vue à travers la musique, le cinéma ou encore la littérature. De France Gall aux Pink Floyd, en passant par Ducobu et La Guerre des boutons.

L’ÉCOLE ? CE SACRÉ CHARLEMAGNE… OU PAS !

« Qui a eu cette idée folle, un jour d’inventer l’école ? C’est… ce…sacré Charlemagne. » Vous l’avez probablement chantée au moins une fois dans votre vie : la chanson Sacré Charlemagne, de France Gall, est sortie en 1964. Gros carton de la période yé-yé, elle contribue à répandre une idée reçue née des dizaines d’années auparavant. Charlemagne a inventé l’école ? Pas franchement.

Explications : fut un temps, lorsque Kev Adams et Justin Bieber n’existaient pas (le bon vieux temps), Égyptiens, Grecs et Romains allaient déjà à l’école. L’enseignement, certes pas comme on le conçoit aujourd’hui, a donc cours depuis l’Antiquité. En Grèce, par exemple, l’écolier y accédait dès 7 ans pour apprendre le calcul et l’écriture. Les petits Romains, eux, s’instruisaient sur la place publique. Contrairement à ce que d’aucuns imaginent, le Moyen Âge aussi a poursuivi l’apprentissage en école. Sauf que cela était réservé aux privilégiés…

Venons-en donc à notre ami Charlemagne. C’est en 789 que ce coquinou, qui ne sait d’ailleurs pas écrire, intervient. Cette année-là, il fait publier un capitulaire modifiant le rôle du clergé et pose alors les bases de l’école obligatoire pour tous et accessible au plus grand nombre (Jules Ferry, en 1881, fignolera l’école de la République, telle qu’on la connaît maintenant). Des établissements sont ouverts dans les campagnes et les monastères. Charlemagne veut que son peuple soit cultivé et éduqué, il vient de donner une nouvelle vie à l’école.
Son oeuvre, finalement ? Simplement la propagation de l’instruction. Une idée pas si folle, n’est-ce pas France Gall ?

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=Rkx3dTwqEtk[/youtube]

DUCOBU, LE HÉROS ZÉRO

NEWS_DOSS_DUCOBU« Quelle belle cueillette nous fîmes : quelques hyménomycètes, des hypholomes, des helvelles, des polypores versicoles… » ÇA, c’est la dictée atroce qui – running gag oblige – revient dans tous les tomes de la bande dessinée L’Élève Ducobu, signée Godi et Zidrou. La dictée donc, bête noire d’un paquet d’entre nous, à l’époque où nos petits derrières douillets squattaient les bancs à échardes de l’école (comment ça, on exagère ?).
La hantise, aussi, du fameux Ducobu, roi des cancres et héros de cette excellente BD. L’élève, vêtu de son éternel pull à rayures, enquille les zéros et rivalise d’idées pour tricher et copier. Sa voisine de classe, c’est Léonie Gratin. Elle enchaîne les 10/10, est parfaite en tout, même en matière principale : lécher les bottes de Monsieur Latouche, l’instit’ insupportable et sadique (mais il y a forcément un tout petit mini-coeur sous son uniforme terne, voyons). Bref, L’Élève Ducobu, ce sont 23 albums, plus de 2 millions d’exemplaires vendus, et surtout l’occasion, en 48 pages, de replonger dans l’ambiance de l’école et de rappeler des souvenirs à certain(e)s. Cancre ou bon élève, vous étiez quoi, vous ?

> Mais on oublie : l’adaptation cinématographique. Le film Ducobu, sorti en 2011, se la joue comédie sympathique, mais n’arrive pas à la cheville de son modèle dessiné. Si les tout jeunes Vincent Claude et Juliette Chappey, adorables comme tout, font le job dans leurs rôles respectifs de Ducobu et Léonie, le reste tombe à plat (coucou Élie Semoun en professeur Latouche) et les gags, ronflants, ne parleront qu’aux 7-10 ans. Pour le reste, la sentence du conseil de classe est tombée : peut mieux faire.

PARCE QUE DES FOIS, L’ÉCOLE C’EST BIEN…

Le regretté Robin Williams y tient l’un de ses plus grands et plus beaux rôles : celui de John Keating. Dans Le Cercle des poètes disparus, il joue cet étrange mais fascinant professeur de lettres anglaises. Refuser l’ordre établi et bouleverser son mode de pensée via la poésie, voilà le mot d’ordre. Ce film, réalisé par Peter Weir, basé sur un enseignant anti-conformiste, est intimiste et touchant. Les dialogues sont savoureux (« C’est dans ses rêves que l’homme trouve la liberté. Cela fut, est et restera toujours la vérité. »).
Un film beau. Tout simplement.

NEWS_DOSS_CERCLE

ANOTHER BRICK IN THE WALL II : RÉVOLTE À L’ÉCOLE NEWS_DOSS_PINKFLOYD

L’école, ce n’est pas votre truc ? L’autorité scolaire encore moins ? Alors, mettez un petit Another Brick in the Wall (part II) et poussez les potards au maximum. Cette chanson contestataire par excellence a secoué la planète en 1979. Pink Floyd vient de sortir son mythique The Wall et la « partie 2 » résonnera dans les cages à miel de milliers de jeunes des dizaines d’années après. Pendant près de 4 minutes, Roger Waters y déroule sa vision de l’enseignement. Le musicien ayant toujours détesté l’école conventionnelle et ses professeurs, il torpille l’ensemble dans une chanson devenue culte et fusille la rigidité des règles scolaires, ainsi que les châtiments corporels qui sévissaient dans l’enseignement en Grande-Bretagne dans les années 50.
Un « We don’t need no education » hypnotique, un cri de marche « Hey Teacher ! Leave them kids alone », un rythme inattendu de la part du groupe (l’idée du tempo, dansant et limite disco, avait été soufflé par leur producteur), un second couplet marquant et marqué par une chorale d’enfants (leur son a été gonflé par 12 à l’enregistrement !), des bruits de cour de récré et un prof qui crie… Tout concourt à faire d’Another Brick in the wall Part II un hymne légendaire, LA « protest song ».

> Pour dormir moins bête : en 1980, la chanson a été utilisée par 100 000 étudiants noirs d’Afrique du Sud en grève, qui protestaient contre l’Apartheid sévissant dans les écoles. En réaction, le gouvernement l’a interdite. Motif ? Incitation à l’émeute et chanson « jugée préjudiciable à la sécurité de l’État ».

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=HrxX9TBj2zY[/youtube]

PUNK À LA RÉCRÉ

Quoi de mieux qu’un petit Rock’n’roll high school, des Ramones ? Cette chanson punk, enregistrée pour le film flop du même nom (sorti en France sous le titre Le Lycée des Cancres…), est un hymne pour les « anti-bahut ». Le mot d’ordre ? On s’en fout, on serait bien mieux ailleurs qu’à l’école. Il suffit de traduire les paroles. Petit extrait : « J’en ai rien à faire de l’Histoire / je veux juste me faire quelques gonzesses / je déteste les profs et le principal. » De véritables poètes.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=c5vh0QHUA1w[/youtube]

BRASSENS ET LE TITRE INÉDIT

La chanson s’appelle La Maîtresse d’école. Vous aurez beau chercher dans les tréfonds de YouTube, vous ne trouverez jamais l’originale de Georges Brassens. C’est l’un de ses derniers textes, un titre inédit qui a cependant été repris par une palanquée de chanteurs, Le Forestier en tête.
Et quel dommage de n’avoir jamais pu écouter l’extraordinaire Brassens scander ces vers délicieux, où il raconte ses premiers émois amoureux avec sa jolie maîtresse d’école aux méthodes pédagogiques plutôt… originales, le premier de la classe ayant droit à « un baiser libertin, un patin » ! Délicieusement poétique et bourré d’humour.

NEWS_DOSS_BRASSENS

POUR LES COQUINOUS (ET UN POIL REBELLES)

En 1984, le guitar-hero Eddie Van Halen publie Hot for teacher (ceux qui ont séché les cours d’anglais en 4e iront sur Google pour la traduction). Dans cette chanson aux paroles potaches/lubriques/coquines (ne rayez pas la mention inutile), Van Halen raconte à quel point il fantasme sur sa prof. Le clip, éloquent à souhait, finit d’illustrer un titre rock et énergique qui prouve que certains ont tout de même bien été contents d’aller en cours…

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=LetJHQ_V05o[/youtube]

> L’anecdote qui tue : en 2012, un étudiant à l’Université d’Oakland, visiblement fan de sa prof (et de Van Halen), a été renvoyé pour avoir écrit une thèse intitulée « Hot for teacher ». Il a donc décidé de poursuivre l’école en justice, réclamant en même temps 2,2 millions de dollars. Le juge a rejeté sa plainte.

> Si vous êtes plus Eddy Mitchell qu’Eddie Van Halen : les plus réservés opteront pour sa chanson Ma Maîtresse d’école. Moins libidineux que Hot for teacher, mimi et poétique, le Schmoll, comme on le surnomme, y raconte son enfance à l’école, où « quelqu’un possédait [s]on coeur » : sa « maîtresse aux yeux si doux » dont il était fou. Moh !

POUR LES ÉNERVÉS DE LA RENTRÉE

> Côté musique, Back to school de Deftones (l’un des fondateurs du nu metal) devrait permettre à certain(e)s de crier un bon coup avant la rentrée. La chanson, insolente comme il faut, est une vaste moquerie vis-à-vis de l’enseignement scolaire vu ici comme une machine à concevoir des gens tout bien, tout beaux.
> Michel Sardou, un punk avant l’heure ? En 1972, Michou enregistre Le Surveillant général, pamphlet bien énervé contre les internats. Un titre dans lequel son ancien surveillant général justement en prend pour son grade : « Je n’oublierai jamais le regard de vipère / Que m’avait lancé ce vieux rat » (et bim) balance Sardou qui, lui, ne pensait qu’aux jeunes femmes. Quelques années plus tard, dans Les Deux écoles, il s’en prend à l’école libre. Idem avec Le Bac G, où il démolit ce « bac à bon marché dans un lycée poubelle », sans débouchés. À croire que l’artiste n’a pas franchement aimé sa scolarité et l’école. L’ironie de la vie veut que maintenant, les soirées étudiantes se finissent généralement avec Les Lacs du Connemaaaarraaaa, beuglé avec deux grammes dans chaque œil.

> Côté ciné, méfiez-vous des jolies filles. La preuve avec la sublime Megan Fox dans le film Jennifer’s Body. Personne ne résiste à cette beauté fatale au lycée ? Pas de bol, la demoiselle est en fait possédée par un démon et se transforme en mangeuse d’hommes. Littéralement. Bon ap’ !
> La vie n’est pas rose pour Carrie. Elle va même devenir rouge, lorsqu’elle se fait renverser un seau de sang de porc dessus lors du bal du lycée. Il faut dire que la jeune Carrie est la tête de turc des filles du collège. Mais lorsque ses pouvoirs surnaturels se déclenchent, plus personne ne fait le malin (à part le diable). Carrie, le roman du maître Stephen King, est époustouflant. Son adaptation ciné par Brian de Palma est extraordinaire. À vous de choisir !

[Retrouvez l’intégralité de notre dossier dans le numéro 263 de tmv]

Fête de la musique : notre numéro spécial

C’est devenu une habitude : chaque année, tmv réalisé un numéro spécial Fête de la musique. Vous y retrouverez une cartographie, ainsi que le programme détaillé.

TMV_37_2017-06-21_P01-3-3-001

Comme chaque année, tmv épluche tous les groupes et formations qui passent à la Fête de la musique de Tours, ce 21 juin.

Vous pouvez dès à présent télécharger notre numéro spécial avec tout le programme détaillé et la carte où se trouvent tous les concerts en SUIVANT CE LIEN !

MERCI LA DRAC !
C’est la Direction des affaires culturelles de la Ville de
Tours qui a coordonné la Fête de la musique : elle s’est
occupée de vous recenser (grâce à la fine équipe, tmv peut
parler de vous via les listings que la Drac nous a fournis).
Elle aide aussi à apporter un soutien logistique,
communicationnel et trouver un emplacement. Pensez-y l’an
prochain !
>Contact : fetedelamusique@ville-tours.fr

Hellfest 2017 : c’était chaud chaud !

Comme chaque année, tmv est allé faire un tour à Clisson, au Hellfest, gigantesque festival metal aux 160 groupes et véritable paradis du métalleux. Sous la canicule (et – record – 350 000 litres de bière vendus en 3 jour !), on a secoué notre tignasse, chanté, souri et pris un pied monumental.

Image9
Welcome to Hell ! (Photo tmv)

La chaleur de l’Enfer, le paradis de la musique. Cette année, le Hellfest aura connu l’une de ses éditions les plus chaudes depuis sa création. Une fournaise, dans laquelle les amplis ont craché pendant trois jours non-stop, où la température a même grimpé jusqu’à 35°C le dimanche. Un plaisir pour l’auteur de ces lignes, lui qui est du genre à se transformer en glace vanille-fraise-et-un-peu-chocolat-svp (oui, l’image fait fantasmer, je sais).

Il n’empêche : malgré ce show très chaud, le Hellfest a encore atomisé le petit village de Clisson (6 000 âmes en temps normal). Public bouillant, 160 groupes, six scènes, organisation au top, et ambiance de folie : un plaisir total. Avec 165 000 entrées payantes en trois jours, un budget de 19 millions d’euros et 3 500 bénévoles, le Hellfest a confirmé sa place de premier de la classe au niveau des festivals metal.

Présents le samedi et le dimanche, on en a profité pour décerner quelques prix…

Image36
Horreur : le festivalier du Hellfest n’est qu’une brute sanguinaire et satanique !!! (Photo tmv)

Prix de la tête d’affiche qui fait yeah

Forcément, un AEROSMITH en tête d’affiche, sur la scène principale, un samedi soir, pour leur tournée d’adieu (bon, Scorpions dit ça aussi depuis deux siècles…), ça ramène du monde. Le site était bondé, les dinosaures du rock – c’est un compliment — ont envoyé la purée. Ce « Dream On » éructé et audible à plusieurs kilomètres était de toute beauté. Entre mythe et curiosité, Aerosmith a de nouveau séduit. La moustache de Steven Tyler, moins.

Prix du groupe trop rigolo

Leur entrée sur scène sur fond sonore des Looney Tunes, avec un logo mal orthographié, annonçait la couleur : les Nantais du groupe ô combien romantique ULTRA VOMIT ont balancé un set filant le sourire et la patate. Connus pour jouer la carte de l’humour en-dessous de la ceinture, adorateurs de la prose pipi-caca et adeptes de la parodie, les Ultra Vomit ont enquillé les morceaux dans une bonne humeur contagieuse (on a même fait la chenille). Capable de copier Rammstein, de faire chanter à plus de 40 000 personnes un « Je collectionne des canards », ou encore de mixer Calogéro et le groupe de metal Gojira pour accoucher de… Calojira. Régressif, mais jouissif.
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=JIszYXZRloc[/youtube]

Mention spéciale aussi à STEEL PANTHER, toujours aussi fun sur scène, en jouant sur les codes du hard/glam, chevelures moumoutes, pantalons en Spandex bien moulants, enchaînement de blagues bien salaces et morceaux cultes (« Death to all but metal »).

Prix du commentaire le plus bête (ou drôle, on hésite)

Lu sur la page Facebook d’un média : « Ce n’est pas possible de permettre ce Hellfest. Il y a même un appel au viol de vierges ! » Voilà, voilà…

Piiiirate ! (Photo tmv)
Piiiirate ! (Photo tmv)

Prix du groupe qui met une grosse claque sans prévenir

Le dimanche, à 12 h 50, pendant que la moitié des festivaliers comatait sous la chaleur, THE VINTAGE CARAVAN a débarqué sans crier gare. Si, sur album, la musique des Islandais est déjà fort accrocheuse, le trio a eu la bonne idée de jouer le tout deux fois plus vite pour l’occasion. Le Hellfest a jubilé, le rock 70s survitaminé a chauffé le public comme jamais. Une grosse, mais alors une groooosse claque.

Prix de celui qui a tout compris (mais c’est pas Free)

Le magasin Leclerc de Clisson qui, comme chaque année, se pare de couleurs hellfestiennes. Stock gargantuesque de bières (donc chiffre d’affaires qui explose), équipe au taquet et vêtue de t-shirt du festival et la fameuse ouverture devenue mythique, à retrouver ci-dessous en vidéo :

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=bMdqpWQJmtA[/youtube]

Prix du groupe qu’on n’a pas vu (et c’est tant mieux)

On ne va pas vous mentir, la présence de LINKIN PARK sur l’affiche nous a quelque peu surpris. Petit cours d’Histoire : en 2000, le groupe américain a sorti Hybrid Theory. L’album, vendu à 25 millions d’exemplaires, est devenu l’une des pierres angulaires du nu metal (=mélange de grosses guitares metal et chant parfois rappé). Ensuite, Linkin Park a peu à peu perdu son public metal pur jus et a été jusqu’à pondre, récemment, un album insipide, infâme mélasse pop – R’n’B.

Au Hellfest, tout comme au Download quelques jours avant, les Ricains n’ont pas trouvé bon d’adapter leur setlist à un festival plus extrême et, de fait, plaire aux nostalgiques. Linkin Park a donc fait l’impasse sur une grosse partie dudit album culte. Résultat : public boudeur, huées, bad buzz sur les réseaux sociaux et un groupe qui termine 20 minutes plus tôt que prévu d’après celles et ceux qui ont assisté à la débandade.

Prix des festivaliers les plus mimis

Notre coup de cœur va à Mireille et ses trois amis, leurs âges oscillant entre 69 et 73 ans. « Il n’y a pas d’âge pour s’éclater au Hellfest », nous a dit le quatuor aux cheveux blancs.
[nrm_embed]<div class= »fb-video » data-href= »https://www.facebook.com/brealofcypresshill/videos/1881452538763488/ » data-width= »500″ data-show-text= »false »><blockquote cite= »https://www.facebook.com/brealofcypresshill/videos/1881452538763488/ » class= »fb-xfbml-parse-ignore »><a href= »https://www.facebook.com/brealofcypresshill/videos/1881452538763488/ »></a><p>The maddness!! Prophets of Rage rock #hellfest in France</p>Publié par <a href= »https://www.facebook.com/brealofcypresshill/ »>B-Real of Cypress Hill</a> sur lundi 19 juin 2017</blockquote></div>[/nrm_embed]

Mention spéciale aussi au public qui a porté un festivalier en fauteuil roulant à bout de bras, pour le faire slammer sur la foule.

[nrm_embed]<blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>J’ai eu la chance de capturer l’essence et l’âme du <a href= »https://twitter.com/hashtag/Hellfest?src=hash »>#Hellfest</a> !!<a href= »https://twitter.com/hashtag/Metalheads?src=hash »>#Metalheads</a> <a href= »https://twitter.com/hashtag/TheGreatestOfAll?src=hash »>#TheGreatestOfAll</a> <a href= »https://t.co/osZhNnvi4M »>pic.twitter.com/osZhNnvi4M</a></p>&mdash; Dédo (@Dedodante) <a href= »https://twitter.com/Dedodante/status/876092241680445445″>17 juin 2017</a></blockquote> <script async src= »//platform.twitter.com/widgets.js » charset= »utf-8″></script>[/nrm_embed]

Prix du groupe le plus magique

Image38
Le groupe Wardruna (Photo tmv).

Impossible à nier : WARDRUNA était l’un des groupes les plus attendus de cette édition. Les Norvégiens, ultra-rares sur scène, pratiquent une musique magnifique, plongeant dans la mythologie nordique, un voyage à la rencontre des peuples vikings. Wardruna n’était même pas monté sur scène que le public, chaud bouillant, se mettait déjà à faire un clapping (popularisé par les Islandais lors de l’Euro 2016). Et lorsque les musiciens ont débarqué, c’était la folie. Un concert d’une heure, confinant au sublime, transcendantal et magique. L’utilisation d’instruments traditionnels, couplée à une scène baignée dans de somptueuses lumières, ainsi que la performance hallucinante des zikos a fait de Wardruna LE concert de cette édition.

Prix du mammouth qui t’écrase la tête

Oui, UFOMAMMUT, c’est de vous qu’on parle. Les Italiens pratiquent ce qu’on appelle le sludge/doom. En plus imagé, ça donne une musique pachydermique, où on a eu l’impression d’être écrasé par un mammouth, puis un autre, puis encore un autre (bébé, celui-là), avant de se faire broyer par un bulldozer, puis ratatiner par un mur du son qui nous plongerait encore plus sous terre, au cas où il nous resterait quelques bribes de cervicales. Dantesque !

Image28
Caliente au Hellfest ! (Photo tmv)

Dans le même registre, BONGRIPPER a distillé son doom enfumé (comprenez que le groupe semble aimer les cigarettes magiques qui font rire), parfaitement exécuté et hypnotique.

Prix du truc bizarre qu’on a ramené

Une piqûre étrange d’un insecte extra-terrestre qui a provoqué douleurs, rougeurs (et autres couleurs non-identifiées) tout le long de la jambe et une cheville qui a triplé de volume. Sexy.

Prix de la valeur sûre

Une fois de plus, AIRBOURNE a confirmé son statut de tuerie scénique. Son hard rock inspiré d’AC/DC sous amphet’ a renversé le Hellfest. Ça riffe, ça joue, ça tape un solo dément par chanson, merci les Australiens ! PRIMUS, cultissime, aurait dû jouer sur la scène principale : coincé dans la Valley, le trio bizarro-mythique a rempli la place comme personne. Connu pour avoir signé le générique de South Park, le « rock fusion funky » est emmené par le loufoque Les Claypool, sans conteste l’un des meilleurs bassistes sur Terre. Taré !
UGLY KID JOE, immense groupe de hard rock énervé des 90s, a mis le feu à la scène principale. Et quel plaisir de réécouter ce « Hate everything about you », chanté à gorges déployées par des milliers de fans. DELUGE, enfin, a beau taper dans le black metal sombre et hurlant, leur set était d’une violence inouïe. Carré et méchant, comme d’habitude.

Le métalleux aime faire du shopping. (Photo tmv)
Le métalleux aime faire du shopping. (Photo tmv)

Prix de l’occulte (féminin)

D’un côté, BLOOD CEREMONY a reçu un accueil dingue. Normal, me direz-vous, puisque leur heavy doom mâtiné d’influences 70s et occultes était de toute beauté. Mené par la leader Alia O’Brien, le groupe canadien a, en plus, l’intelligence de parsemer sa musique de flûte traversière, rajoutant une teinte vintage ensorcelante.

De l’autre côté, CHELSEA WOLFE, dirigé par la Californienne du même nom, aussi expérimental, brutal qu’envoûtant. D’une noirceur extrême, la musique est une plongée dans les ténèbres, un aller sans retour. Et c’était chouette !

Prix du groupe le plus original

VÔDÛN est la surprise du festival. Le groupe se décrit comme heavy-afro-psyché. Le trio a débarqué sur scène, vêtu de tenues traditionnelles africaines avant de… se lancer dans un gros trip jubilatoire, sorte de Black Sabbath excité, entraîné par une batteuse à la force de frappe monstrueuse, le tout mâtiné de percussions africaines et de rythmes endiablés.

Prix des groupes dont on doit tout de même parler

Un bravo à HIRAX qui, malgré la foule clairsemée, a brisé quelques nuques avec son vieux thrash-metal rapide comme un TGV sans les grèves. Idem pour BRIGHT CURSE qui a eu la lourde tâche d’ouvrir le festival le dimanche à 10 h 30 du matin, avec un rock stoner psyché parfaitement dosé, magnifié par le timbre surpuissant du chanteur Romain « Shaman » Daut.

On fatigue, on fatigue (Photo tmv)
On fatigue, on fatigue (Photo tmv)

Prix des groupes qu’on a un peu regardés (parce qu’on avait autre chose à faire comme boire des bières)

MONARQUE nous a cueillis à l’arrivée, le samedi à midi, avec un black metal agressif, mais un poil trop linéaire pour accrocher pleinement. IGORRR a mis les pendules à l’heure avec sa machine à tuer : terrassant le public avec leur musique explosant les codes, véritable chaos sonore épuisant mais jubilatoire. TURISAS a mis le feu sous la Temple avec un son à décorner les bœufs pour leur metal folk sautillant. Les mythiques SAXON ont envoyé leurs tubes (Wheeeels of steeeel) en prouvant par A+B que le hard rock n’a pas d’âge (Biff Byford, au chant, a 66 ans). Même s’il manquait juste le petit « truc »…

Prix du meilleur festival ?

Image24
La fameuse grande roue du Hellfest (Photo tmv)

Euh… le Hellfest, par hasard ? Malgré les réticences de rares personnes et associations qui, chaque année, tentent de faire interdire le festival, le Hellfest a de nouveau tenu toutes ses promesses. Pour notre part, on regrettera juste un site un peu trop bondé (il y a vraiment beaucoup de monde le samedi). Pour le reste : des décors somptueux (le Hellfest est en fait construit comme une « mini-ville »), une orga réglée au millimètre, une ambiance bon enfant, zéro bagarre ou problèmes et, surtout, un village de Clisson de nouveau ravi de recevoir tant de métalleux, grosses brutes barbues tatouées et violentes, adeptes de sacrifices de bébés roux les soirs de pleine lune… pour un week-end de partage et d’amour de la Musique. [et de la bière]

Et pour 2018 ?

>L’édition du Hellfest aura lieu du 22 au 24 juin 2018. Un changement de date, le tout récent Download à Paris ayant décidé de se caler sur le week-end du 15-16-17 juin (piqué les dates au Hellfest, dirons certains…).

>Inutile d’espérer Metallica. « Ça ne sera pas l’année prochaine. Ils ne feront pas les festivals, mais les stades », a indiqué Ben Barbaud, fondateur du festival. D’autant que le groupe appartient à Live Nation. Le Hellfest étant une association de loi 1901, « s’ils achètent une tournée entière, on ne pourra pas suivre », a rappelé Ben Barbaud.
Tool et System of a down font partie des grosses machines de guerre que le Hellfest rêve d’avoir. Idem pour Van Halen, mais qui est essentiellement en tournée aux États-Unis. Réponse dans quelques mois.

Textes et photos : Aurélien Germain

[nrm_embed]<iframe style= »border:none » src= »http://files.photosnack.com/iframejs/embed.html?hash=pt3l75lf1&t=1497953845″ width= »100% » height= »700″ allowfullscreen= »true » mozallowfullscreen= »true » webkitallowfullscreen= »true » ></iframe>[/nrm_embed]

Culture, tendances & web #46

Du DVD de Jackie à la série The Mist, en passant par les derniers albums de Camille et Rogers Water, voilà les chroniques culture de la semaine.

PAUSES_ECRANS_JackieLE DVD
JACKIE
Le film poignant sur Jacqueline Bouvier Kennedy (Jackie de son surnom), première dame des États-Unis de 1961 à 1963, est sorti en DVD la semaine dernière. Le film retrace la vie de Jackie après la mort de son mari, le président des États-Unis, John Fitzgerald Kennedy, mort d’une balle dans la tête. Le film est captivant jusqu’au bout et il le doit à Natalie Portman. Le personnage passe par tous ses états : le choc, la tristesse, la dépression, la remise en question, le combat et l’acceptation. Dans le célèbre tailleur rose, elle incarne une femme forte pour ses enfants et face au peuple américain, mais aussi la beauté et la prestance d’une première dame.
Ph.D.

LE VINYLE DU MOIS DE RADIO CAMPUS PAUSE_ECRANS_VINYLE
THE RHUM RUNNERS – KICK THE GONG
Si la mission d’une radio locale est notamment de valoriser la scène émergente de sa ville, avouons que notre cité tourangelle voit naître tant de projets de qualité qu’elle fait de nous des enfants gâtés ! Ici, c’est un groupe qui a les oreilles tournées vers le passé et souhaite faire vivre une musique oubliée aujourd’hui. Depuis 2012, les Rhum Runners jouent Exotica, un genre américain des années 50, plutôt instrumental, festif, chaleureux et imprégné de différentes cultures, arabes, asiatiques, latines… Avec ce nouvel album, ils proposent 13 délicieuses compositions originales. Un voyage dépaysant à travers un festival de cocktails à déguster où vous voulez, quand vous voulez et sans modération. En attendant de retrouver l’énergie du groupe sur scène, on l’apprécie déjà gravée sur disque avec, en prime, le grain du son vintage.
S. R.
> rhumrunners.wixsite.com > 45t «Harbour fever» , 3 titres – 10 € / Dispo en juillet chez Doghouse et Bone Records.

PAUSES_ECRANS_RogerWatersLES CDs
ROGER WATERS – IS THIS THE LIFE WE REALLY WANT ?
L’un des piliers des Pink Floyd vient de sortir un nouvel album solo. Le maître du show prévoit une tournée internationale pour l’occasion. À 73 ans, Roger Waters est toujours aussi engagé dans ses chansons. Le titre de son album parle d’ailleurs de lui-même. Les musiques sont ponctuées de choeurs, de dialogues, de bruits de fond et de mélodies relaxantes. Sur « Oceans Apart », la voix chevrotante et rocailleuse du sexagénaire est mêlée aux cris des oiseaux. Sur d’autres, les sons de guitare prennent parfois le pas sur sa voix. L’album offre de belles ballades et des sons toujours aussi purs qu’au temps des Pink Floyd. Mais on ne l’écoutera pas en boucle…
Ph.D.

CAMILLE – OUÏ PAUSES_ECRANS_Camille
Camille en est à son septième album en 15 années de carrière. Les titres de Ouï sont tout aussi intrigants que ses précédentes chansons. Piscine, Langue ou encore Fontaine de lait : on reconnaît sa patte et son âme d’artiste. À l’écoute, on reconnaît aussi son côté tou-jours aussi décalée et déjantée. Elle joue sur les mots et avec sa voix. Sa musique et ses textes restent fidèles à ce qu’elle a pu proposer auparavant. Il faut donc rentrer dans son monde ! On l’attend sur les scènes des festivals cet été et en tournée en France jusqu’en mars 2018. Ph.D.

SÉRIE TV
THE MIST
Tirée du roman de Stephen King, du même nom, la série sortira le 22 juin sur la chaîne Spike. Dix épisodes sont prévus. Et apparemment ça fiche les chocottes ! Les habitants d’une petite ville se retrouvent entourés et oppressés par une épaisse brume qui s’installent dans l’air. Mais pas une gentille brume qui apparaît quand on se balade le long de la mer. Non, non. Une brume qui semblerait « habitée ». Par qui, par quoi ? À découvrir. Mais on a déjà des sueurs froides en regardant le trailer.

LA BD PAUSE_ECRANS_BD
JACK COOL 1966
Alors que la célébration du cultissime Sergent Peppers des Beatles bat son plein et que le revival psychédélique semble bien parti, ce Jack Cool tombe à pic. L’histoire racontée par Jack Manini mêle à la fois les figures iconiques de l’époque à un polar subtil. De quoi faire un parfait mélange. L’histoire de freak qui écrira ensuite « Vol au-dessus d’un nid de coucou » et de sa communauté d’allumés a en effet défrayé la chronique dans les années 60, où toute l’Amérique découvrait les joies du LSD et de l’amour libre face au puritanisme et aux ligues de vertu. Bref, un terreau idéal pour planter un récit rocambolesque superbement mis en scène par un Olivier Mangin. Cinquante ans après « L’été de l’amour », ce road trip jouissif et halluciné emmène encore plus loin.
Hervé Bourit

80

C’est la durée, en minutes, du dernier épisode de la saison 7 de Game of Thrones. Les sept nouveaux épisodes seront plus longs que les précédents. La nouvelle saison sort le 16 juillet prochain.

Culture, tendances & web #45

Cette semaine, on vous parle BD (double dose !), DVD (double dose !) et CD. Voilà les chroniques culture de la semaine.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
LA LA LAND
Succès triomphal, tant critique que public, lors de sa sortie, La La Land peut désormais se revoir à foison avec cette édition DVD/Blu-ray. OEuvre aussi brillante qu’émotionnelle, le film de Chazelle a l’enthousiasme contagieux. Dépassant les frontières de la comédie musicale, lorgnant vers la réflexion sur l’art et l’artiste, La La Land arrive aussi à proposer une histoire d’amour en évitant de sombrer dans la bluette pathétique et la mièvrerie. C’est techniquement irréprochable et simplement beau. On se tournera vers le Blu-ray qui en ravira plus d’un(e), puisqu’il offre une palanquée de suppléments en guise de bonus.
A.G.

LE DVD MUSICALPAUSE_ECRANS_RAMMSTEIN
RAMMSTEIN : PARIS
Drôle d’objet que ce nouveau DVD du groupe de metal indus Rammstein. Pour capter ce concert parisien, les Teutons ont fait appel à Jonas Åkerlund, homme de pub et réalisateur suédois ayant oeuvré sur les clips de Madonna notamment. En résulte ici un « filmconcert » qui divisera les fans à coup sûr. Le montage, frénétique et épileptique, devient parfois imbuvable. Techniquement hallucinant certes, mais de quoi filer la nausée à certains (30 caméras au total !). Musicalement, en revanche, c’est du très bon. Rammstein déroule une set-list sans surprise, mais exécutée façon tank qui vous broie la mâchoire. Le tout sous un déluge de pyrotechnie extraordinaire.
A.G.

PAUSE_ECRANS_CDLE CD
THE AMAZONS – THE AMAZONS
The Amazons viennent de sortir leur premier album éponyme. Le groupe britannique, formé en 2014, propose un rock indie relativement classique. D’aucuns y verront d’ailleurs un disque trop basique dans ses constructions – il est vrai plutôt communes. Il n’empêche que The Amazons devient pleinement intéressant quand il s’extrait de ce carcan. Il suffit d’écouter le hit In my mind et ses jolies variations (notamment dans la voix) ou encore le riff de tueur qui ouvre Black Magic, sans oublier un Palace étonnant qui clôt l’album, ballade au piano qui tranche nettement avec le mur de guitares qui enveloppe les dix précédents morceaux.
A.G.

LES BDs PAUSE_ECRANS_BD1
PRENDS SOIN DE TOI
Au départ, une simple lettre coincée sous la moquette d’un nouvel appartement que l’on réaménage. Une lettre d’amour juste après un chagrin que l’on vit douloureusement. Commence alors une longue balade à la recherche du destinataire, un voyage pour oublier ou se souvenir. Grégory Mardon nous raconte une histoire bouleversante dont il a le secret. Ce carnet de route sentimental et romantique, ce périple de Paris à Marseille sur les routes de France, est une sublime carte du tendre. On regarde, fascinés, les paysages muets et les hommes bavards dans une symphonie cinématographique de génie. On en ressort essorés, bouleversés mais heureux de découvrir toute l’humanité de cet auteur hors pair.
Hervé Bourit

Image43LES CHICONS
Chaque semaine, vous retrouvez son dessin dans les pages actu de tmv : cette fois, place à la BD. Giovanni Jouzeau signe ici le tome 1 des Chicons, aux côtés de Mike Zonnenberg au scénario. Au menu, 48 pages où l’on retrouve son trait si accessible et accrocheur. Les Chicons, c’est le portrait de deux losers/glandeurs (au choix), dont le quotidien se résume à squatter un banc. Comme d’habitude, Giovanni a un sens du détail (dans les décors, les expressions, les arrières-plans) qui fait mouche, tout comme sa délicieuse galerie de personnages, entre footeux brutos, caïd du coin et… un pigeon !
A.G

 4 000

En francs suisses (= 3 700 €), l’amende d’un habitant qui a été condamné pour avoir liké des commentaires diffamants sur Facebook.

Capture

Années Joué : les artistes s’emparent de la ville

Les années Joué, le festival des arts de la rue, fête cette année ses 20 ans. Pour célébrer cet anniversaire, une quarantaine de compagnies de France, de Navarre et d’Europe déboulent à Joué-les-Tours pour une centaine de représentations en 3 jours. Tmv vous livre ses 10 coups de cœur.

LE PLUS DRÔLE
« Le Petit Chapelion Rouge » de la Compagnie Switch. Ici, l’histoire du plus célèbre conte de Perrault est revisité par Jackline, façon clownesque et décalée. Jackline a préparé sa bande son et comme elle est super forte, elle va interpréter tous les personnages de l’histoire : le Petit Chapelion Rouge, Chat Grand-mère et bien sûr le Loup. C’est drôle et pour toute la famille.
Le 3 juin à 16 h 45 et le 4 à 15 h 15 à l’Espace Famille.

Image29

LE PLUS ENFLAMMÉ
« Péplum » de la Salamandre. Des feux follets investissent l’espace de la nuit et créent une chorégraphie hypnotisante. Péplum est un ballet pyrotechnique et musical qui veut raconter l’Humanité par le prisme du feu.
Le 3 juin à minuit au gymnase.

LE PLUS COCASSE
« Mèche Courte » de la compagnie Le vent du Riatt. Avez-vous déjà assisté à une conférence pyrotechnique ? Jean- Pascal, chercheur en pyrotechnie, vous en propose une ! Assisté de Monsieur Bogdaniev, spécialiste en photographie quantique, le maladroit tente, tant bien que mal, de mener son projet à terme. C’est drôle, surprenant, voire effrayant, et aussi beau.
Les 2 et 3 juin à 21 h 45 au Parking Fleming.

Image30

LE PLUS DÉGUISÉ
« Attention je vais éternuer » de Pic la poule. Danse, théâtre, humour, transformisme, tout se mélange dans ce spectacle facétieux adapté à tous les publics! Deux personnes répètent une chorégraphie à proximité d’une cabine d’essayage mobile. Et forcément, ils essaient tous les déguisements. A tel point qu’une femme en ressort avec la tête de Chewbacca (oui, l’ami poilu de Han Solo dans Star Wars).
Le 2 juin à 19 h, le 3 à 18 h et le 4 à 16 h 45 au Parking Collège.

LE PLUS IMPRESSIONNANT
« …Sodade… » du Cirque rouages. On a l’impression de vivre un rêve éveillé guidé par la voix envoûtante d’une chanteuse et les notes pincées d’une contrebasse. Dans ce songe, quatre acrobates, funambules ou trapézistes évoluent, en hauteur, sur un cable tendu entre deux immenses roues. Que racontent-ils ? Les soirs de tempête, un homme exilé se rapproche du bord de mer pour réveiller de lointains souvenirs.
Le 2 et 3 juin à 22 h 45 à l’Espace Portique.
Image33

LE PLUS ACROBATIQUE
« Leurre H » par la compagnie Escale. Des acrobates, évoluent sur terre et en hauteur, notamment sur un trapèze ballant et une « roue de la mort ». Jetés dans le présent, ils se posent des questions sur leur avenir, dans un impressionnant spectacle mêlant cirque et théâtre.
Le 2 juin à 20 h au Gymnase.

LE PLUS RYTHMÉ
« Danbor Talka, le Choc des Tambours » par Les Commandos Percu et Deabru Beltzak, en collaboration avec les associations locales Pass moi l’Cirk, Gravité Zéro et les danseurs de la MJC. Au premier coup d’oeil, on a l’impression d’être plongé dans une ambiance Mad Max avec tous ces percussionnistes à tête de mort qui frappent leurs tambours comme des furies. Et pourtant, ce spectacle rythmé évoque le choc des cultures, la nécessité de se parler, et de partager, dans un final illuminé.
Le 3 juin à 23 h 45 place Nelson-Mandela.
Image27

LE PLUS TENDRE
« Assieds-toi comme il faut ! » par les Fouxfeuxrieux. En équilibre sur sa chaise, Jeannot, son nez rouge et son accordéon, raconte son histoire de fils, son histoire de père, avec poésie et tendresse. Tout public.
Le 3 et 4 juin à 16 h à l’Espace Famille.

LE PLUS ENGAGÉ
« Papers ! » de Xarxa Teatre. Le pitch : un groupe d’émigrants arrive dans un nouveau pays. Mais leurs espoirs sont très rapidement douchés par les règles et les rôles que la société leur assigne. Une tragicomédie sans mots qui veut interpeller le spectateur sur les conflits que le pouvoir et l’argent génèrent.
Le 2 juin à 23 h 45 Place Nelson-Mandela.

LE PLUS CHANSON FRANÇAISE
« Sur Un Air d’Autoroute » de la Compagnie pas par hasard. En pleine tournée musicale, Nadine et Natacha, deux choristes de disco mobile, sont abandonnées par leur patron sur un parking d’autoroute. L’occasion pour les deux femmes de réaliser enfin leur rêve secret : devenir de véritables stars ! Un duo burlesque et musical tout public.
Le 2 juin à 19 h, le 3 à 14 h et le 4 à 14 h Parking Fleming.
Image34

Chemiakin : parcours d’artiste à Loches

Il faut aller à Loches pour découvrir Chemiakin. L’artiste russe présente, dans six lieux différents de la ville, plusieurs aspects de son travail. Une découverte sensible et colorée, d’une oeuvre et d’un artiste profondément attachants.

Image2

Chemiakin s’habille en noir. Parce que la couleur, elle est dans ses œuvres baroques et foisonnantes quoique toujours teintées d’une pointe de désespérance slave. Chemiakin s’habille en tenue militaire. « Parce que dans les habits civils, il n’y a pas assez de poches. Il me faut des poches pour mettre mes calepins, mes appareils photos, tout ce que je ramasse. Et mes revolvers ! », ajoute-t-il en riant.

Chemiakin est fils de militaire. Son père était officier dans l’armée soviétique. Il est fils de comédienne aussi. « J’ai plusieurs influences… », résume t-il dans un sourire. De nombreuses influences, en effet et, surtout, un imaginaire inépuisable. Et, ils sont quelques-uns à le savoir, trop d’imagination, c’est embêtant quand on voit le jour à Moscou, en 1943.
Au lycée d’art de Léningrad où il entre en 1956, il ne pourra évidemment pas se fondre dans le moule du Réalisme soviétique et on le traitera de fou. Direction l’asile où l’on soigne les cas de son espèce, à l’époque. Onze ans plus tard, nullement guéri, il fonde le « le Groupe de Pétersbourg », basé sur l’étude de l’art religieux de différentes époques et de différentes cultures. Toujours pas dans la ligne… Image13

Image7En 1971, il doit quitter son pays sous la pression gouvernementale. « À cause aussi, précise-t-il, de l’Intelligentia de l’époque qui s’est comportée de façon vraiment dégueulasse (en français dans le texte, NDLR) ». En exil, certains artistes de sa génération se diluent dans la culture occidentale. Pas lui. Lui continue à tracer son sillon, à travailler. Il peint, il sculpte, il photographie, il dessine, il taille… Des milliers d’oeuvres, de toutes sortes. Après dix ans passés à Paris, il traverse l’Atlantique et plonge dans le bouillonnement new-yorkais. Il devient une figure de la dissidence russe. Il expose partout, dans le monde entier.
« J’ai dû faire plusieurs fois le tour du monde, mais je ne connais pas tous ces pays », s’amuse t-il. Il devra attendre 18 ans, en 1989, pour revoir la terre de sa jeunesse. Dans la Glasnost de Gorbachev, une vaste rétrospective lui est consacrée à Moscou. Il fait le voyage, mais il est Américain, maintenant…

Puis, en 2007, Chemiakin renoue avec la France et se pose dans ce Lochois qu’il aime tant. Lui et sa femme Sarah possèdent une propriété dans la cité médiévale. Ils rêvent qu’un jour, le lieu accueillera un Centre d’art contemporain. En attendant, Chemiakin tient sous son aile protectrice une demi-douzaine d’étudiants russes venus de l’université de Saint-Pétersbourg, de petites pousses d’artistes qu’il couve paternellement.

Image5

Devant les Caravage de Loches, il se penche avec eux sur le drapé de la robe de Marie. « Regardez ce bleu, avec la lumière qui se pose sur le tissus, il prend des teintes très différentes. Nous travaillerons demain avec du noir et uniquement du noir. Il faut que vous gardiez en tête ce que vous voyez là… » Chemiakin est un passeur aujourd’hui. Un passeur d’humanité qui se protège sous des habits noirs et des treillis militaires.
Dans une rue de Loches, sur un trottoir, il devine une forme, un caillou, une feuille, invisible de nous. Il la prend en photo, du haut de sa stature courbée. Il verra demain, un autre jour, chez lui, si un trésor s’y cache. Si cet instant d’éphémère a, comme il le préssent, quelque chose à nous dire, qu’il pourrait nous révéler.

> Chemiakin se met en scène à Loches, jusqu’au 5 novembre 2017. 

Image11

Chroniques, tendances & web #45

CD, vinyle, BD et bien d’autres : voilà la rubrique chroniques culture de la semaine.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
PASSENGERS
C’est l’occasion d’embarquer de nouveau dans ce Passengers, récit de Jim et Aurora, coincés dans un vaisseau spatial, accidentellement tirés de leur sommeil artificiel 90 ans trop tôt. Mené par l’excellent tandem Jennifer Lawrence / Chris Pratt, le film soigne ses décors à la perfection, mais patine en raison de la platitude de sa mise en scène. De ce huis-clos qui vire à la love-story cucul et mielleuse, il ne reste finalement plus grand-chose. Mais cette édition Blu-ray a le mérite de proposer une palanquée de bonus, entre scènes coupées, bêtisier et suppléments abordant le tournage, les effets visuels ou encore le casting.
A.G.

LE VINYLE DU MOIS DE RADIO CAMPUS PAUSE_ECRANS_VINYLE
VULFPECK – BEAUTIFUL GAME
Oui, ces gars là sont un peu barrés, mais c’est justement ce qui fait toute leur originalité : du «Jackson five style» au jazz funk bien tassé, en passant par la pop la plus cool du monde Vulfpeck marque les esprits. Emmenés par Jack Stratton et le génial Joe Dart à la basse, c’est déjà le troisième album de ce groupe originaire du Michigan et ancienne section rythmique de Vulf Record. Véritable régal de groove et de créativité dans leur univers, ils sont à voir d’urgence en live pour les amoureux du « beau jeu ».
J.J.
> vulfpeck.com / LP 33 T, environ 29 €.

PAUSE_ECRANS_CDLE CD
GORILLAZ – HUMANZ
Le silence aura duré sept longues années. Conçu comme « une fête de fin du monde » d’après Damon Albarn, le géniteur, le nouvel album de Gorillaz déconcerte. Foutraque au possible, Humanz en déroutera plus d’un(e), notamment lors de la première écoute. Enseveli sous une avalanche d’invités (beaucoup trop), sans pour autant être marquant, le disque perd en cohésion et en identité. Gorillaz, même s’il sait toujours être fantaisiste et éclectique, ressemble ici à un plat trop bourratif : à la sortie de ces 26 titres (en édition collector), c’est clairement l’indigestion qui guette. Un retour en demi-teinte.
A.G.

SERIE TV PAUSE_ECRANS_SERIE
GAME OF THRONES : LE SECRET
« Aucun de nous ne sait. Rien n’a été dit à personne. » Ces mots viennent d’Emilia Clarke, superstar de Game of thrones, concernant la fin de la série. « C’est un secret pour tous les acteurs, parce qu’on ne peut généralement pas nous faire confiance », a-t-elle ajouté. Seuls George RR Martin et les deux showrunners de GoT savent comment se finira la dernière et ultime saison 8, et qui sera sur le Trône de Fer. En revanche, pas question d’oublier cette poule aux oeufs d’or, une fois le final arrivé : la chaîne HBO planche actuellement sur… quatre séries dérivées de Game of thrones !

PAUSE_ECRANS_BDLA BD
HIBAKUSHA
Publié dans la collection Aire Libre de chez Dupuis, cet ouvrage tiré d’un roman poignant de Barboni est un de nos coups de coeur du printemps. Hibakusha, « Victime de la bombe atomique » en japonais, est à la fois une fable poétique et une ode graphique sublimée par le trait incandescent d’Olivier Cinna. On n’avait pas vu telle fulgurance dans le dessin depuis Yslaire ou Vicomte et une telle maîtrise des couleurs depuis Mattoti ou Gibrat, c’est dire… Quant à l’histoire, située en 1945 à Hiroshima, elle déroule la rencontre entre un Allemand travaillant pour le régime nazi et une masseuse japonaise. Cela pourrait être mièvre, mais c’est tout simplement sublime. Entre fiction et réalité historique, Barboni et Cinna maîtrisent à merveille ce lumineux haïku amoureux avec une force et une conviction formidables. Hervé Bourit

8 000

En dollars, le salaire moyen d’un stagiaire chez Facebook, d’après le dernier rapport publié par Glassdoor.

Capture

Culture, tendances & web #44

Les chroniques culture sont de retour, avec une double dose de CDs, de la BD, un livre, et la Awesome Mix Tape des Gardiens de la galaxie 2 !

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
ROGUE ONE : A STAR WARS STORY
La grosse claque cinématographique de décembre 2016 débarque enfin en DVD. Le spin-off de Star Wars, joli mélange entre dramaturgie et action époustouflante (malgré une introduction à la peine, oubliant la psychologie des personnages), est intense et brillamment mis en scène. Remarquable dans ses combats chorégraphiés à la perfection, Rogue One reste encore spectaculaire et implacable au deuxième visionnage. Il faudra se tourner vers l’édition Blu-ray spéciale qui, outre deux versions (3D et 2D), offre aussi un disque supplémentaire gorgé de bonus de plus d’une heure et, miracle, en version originale sous-titrée.
A.G.

LE LIVRE PAUSe_ECRANS_LIVRE
RAOUL EN MILIEU NATUREL
Qu’il est délicieux, l’ouvrage de Véronique P. L’auteure, dont le temps se partage entre dessin et enseignement, propose son premier album, intitulé Raoul en milieu naturel. Tout au long des 96 pages, la Tourangelle croque les scènes de la vie quotidienne d’une famille, en axant son regard sur le petit Raoul, 5 ans. Aidé par un trait élégant et un humour subtilement dosé, Véronique P. offre un livre/BD impeccable, plaisant et décomplexé. Les parents, notamment, devraient adorer en se retrouvant dans un bon nombre de situations !
A.G.

PAUSe_ECRANS_BDLA BD
LADY SIR
On ne va pas vous refaire le coup des rapports étroits entre le musique et la BD, mais il est vrai que quand tombe un livre pareil, on craque. Surtout quand on a eu la chance de voir, sur la scène du Printemps de Bourges, le tout premier concert de Lady Sir, nouveau projet musical de Gaëtan Roussel et Rachida Brakni. C’était beau à pleurer d’émotion et de beauté. Et c’est tout à l’honneur de Fred Bernard, un des meilleurs dessinateurs de sa génération (mais bien trop sous-estimé) d’avoir su se glisser auprès de ce couple hors du commun, pour révéler les coulisses de cette création. À coup d’anecdotes à propos de l’enregistrement de l’album, au travers de chansons illustrées ou de témoignages sur les acteurs de cette belle aventure, il déploie toute l’étendue de son talent d’illustrateur. Multipliant les angles et les expériences graphiques, il livre ici une belle ode à l’amitié et à la création.
H.B.

LES CDs Image1
THE DRAFTS – 2018 (EP)
Tout juste sorti du nid (le groupe s’est formé au printemps 2016), le groupe tourangeau The Drafts vient de sortir son EP deux titres. La formation pratique un rock rythmé, porté par des influences electro et, surtout, saupoudré d’une bonne dose de coldwave. On pense tour à tour à The Cure et Joy Division, mais aussi à du Depeche Mode dans les intonations de voix (qui se veut toutefois plus grave ici). The Drafts a cet agréable côté rétro, tout en insufflant quelques touches de modernité (la montée en puissance de guitares sur « Alternative Facts »). Les intéressé(e)s pourront les retrouver lors d’une release party le 19 mai, au Pale à Tours, aux côtés du groupe LVOE.
A.G.

PAUSE_ECRANS_CD2BROR GUNNAR JANSSON – AND THE GREAT UNKNOWN / PART II
Le Suédois Bror Gunnar Jansson est de retour ! Trois ans après son dernier album, le musicien revient ici avec le tout bonnement délicieux And The Great Unknown / Part II. Le one-man band scandinave propose ici sept titres baignant dans un blues universel, inventif et bourré d’inspiration. Mâtinant son blues de diverses influences et différents genres (« Edward young took his gun » est une plongée dans un western !), Gunnar Jansson offre un album sur lequel il prouve l’immensité de son talent et de son sens du rythme. Pour vous en convaincre, vous n’avez qu’à écouter le jubilatoire « The Lonesome Shack ». Blues is not dead !
A.G.

LA SOUNDTRACK PAUSE_ECRANS_SOUNDTRACK
LES GARDIENS DE LA GALAXIE 2
Awesome mix vol.2, c’est son petit nom : la bande-son du blockbuster Les Gardiens de la galaxie 2 est désormais disponible sur Internet. La bande-originale du film déroule, comme pour le premier opus, une tripotée de morceaux cool au possible. Mis à part une chanson inédite à la fin (The Sneepers, en featuring avec… David Hasselhoff d’Alerte à Malibu !), la BO balance les classiques comme des missiles : The Chain des géniaux Fletwood Mac, My Sweet lord de George Harrison ou encore Bring it on home to me du mythique Sam Cooke et Surrender des Cheap Trick.
A.G.

Dis maman, comment on fait les jeux vidéo ?

Cette semaine, la DreamHack vient investir notre ville pour faire s’affronter les meilleurs joueurs vidéo pour un prix de 100 000 dollars. À l’occasion de ce « Woodstock numérique », tmv a enquêté sur le processus de création d’un jeu vidéo, à Tours.

Image7

Quand on sait que mon expérience en la matière se limite à Tetris et Mario Kart, me faire écrire sur ce sujet peut paraître insensé. Mais j’ai accepté de relever le défi de comprendre — et de vous faire comprendre — comment on crée un jeu vidéo, sans blesser aucun ordinateur durant ce reportage. Alors quand on a une histoire en tête et l’envie de la faire vivre sous forme de jeu, par où commencer ? Que ce soit en professionnel ou pour le fun, que faut-il pour fabriquer un jeu vidéo ? « Beaucoup de pizzas et de vidéos de chats », révèle d’emblée Fabien Vidal, qui chapeaute la Ludum Dare, une compétition au cours de laquelle on tente le challenge de créer un jeu vidéo en 48 heures.

Il faut surtout un ordinateur équipé d’un logiciel d’aide à la création et plusieurs passionnés, car ce ne sont généralement pas les mêmes qui s’occupent de réaliser le scénario, l’univers visuel, les sons et le code. Puis on se met au travail. On commence par écrire le scénario et définir des règles et comportements de jeu. Étape suivante : on imagine le décor, les personnages, les objets avec lesquels ces derniers vont interagir et on commence à coder, c’està- dire créer des lignes de phrases qui vont dire au jeu comment se comporter. Prenons l’exemple de Mario Bros : quand on saute sous une pièce d’or, on la récupère et elle disparaît de l’écran.
Pour le matérialiser, il faut écrire des lignes de codes qui vont décrire ces étapes une à une. On va, en parallèle, créer une librairie avec les différents sons et objets, ainsi que les dialogues, que l’on intégrera aussi dans le jeu grâce au code — encore lui. Une autre étape est essentielle : tester le jeu pour repérer les bugs et les corriger. C’est cette partie qui prend la plupart du temps d’un concepteur. Une ligne de code est une phrase informatique avec un langage très précis, dans lequel chaque caractère est essentiel. Et les fautes qui s’y cachent sont vicieuses. Pour ceux qui manquent de patience, c’est là qu’on pense sérieusement à jeter l’ordinateur par la fenêtre.

[nrm_embed]<iframe src= »//giphy.com/embed/iKlqvP3x1MPDi » width= »480″ height= »326.47773279352225″ frameBorder= »0″ class= »giphy-embed » allowFullScreen></iframe><p><a href= »https://giphy.com/gifs/amazing-stupid-computers-iKlqvP3x1MPDi »>via GIPHY</a></p>[/nrm_embed]

Ces étapes du processus de création passionnent les concepteurs : « On est obligé de ré-imaginer le monde quand on crée un jeu vidéo, c’est fascinant », explique Fabien Vidal. Mais pour rendre la partie intéressante pour le joueur, il faut respecter un équilibre et un rythme qui peuvent être fragiles, rappelle Cécile Thévenin de My Serious Game, une entreprise tourangelle qui crée des jeux pédagogiques à but formatif pour les entreprises. Au fil des différents niveaux, le joueur doit améliorer ses compétences et la difficulté, elle, doit augmenter de manière à éviter l’ennui (si on n’avance pas) et la frustration (si le jeu n’est pas assez gratifiant).
En dehors de ces quelques règles, le champ créatif est aussi large qu’il existe de types de jeux : à Mame, fin avril, la Ludum Dare a réuni des équipes qui produisaient des jeux de société et des jeux vidéo de toutes sortes, la plupart pour le plaisir car le monde pro reste difficile à intégrer.
J’y ai croisé aussi quelques lonesome cowboys. Arthur, qui crée des installations artistiques, travaillait à un jeu assez poétique et délicat dans lequel on avance grâce à des commandes vocales. Quant à Germain, il élaborait un jeu du genre Où est Charlie qu’il aimerait publier dans les stores de smartphones. Une des équipes préparait un jeu de type Murder Party. Au code, Yohann et Cyril ; au graphisme, Antoine et Amandine ; au son, Étienne et Axel. Pour Antoine, qui a déjà travaillé sur un « gros projet » auparavant en tant qu’architecte, ce week-end est l’occasion de « revenir dans la thématique du jeu, tout en appréhendant mieux le processus de création dans son ensemble ». Quant aux bruitages, la partie d’Étienne, c’est « comme au cinéma, il s’agit de mettre l’image en relief avec le son ».

Image6

Autour d’une autre table, Henri, Guillaume, Jérémy et Edwin créaient The Love Game, un jeu un peu fou à base de vaisseau spatial dégradé et de petits animaux agressifs qui se reproduisent un peu trop vite. Pour eux, le principal intérêt de la Ludum Dare est son côté dynamisant : « Participer à cette compétition, c’est stimuler des orientations, des goûts différents, des affinités… En plus on joue à un niveau international, en mode Viking, avec des combats de nerds. Y a de la bouffe partout, c’est dégueulasse, mais tout le monde bosse à fond, c’est super motivant », résume Guillaume.
Il est vrai que pour interroger tous ces concepteurs j’ai risqué gros : ils étaient tous équipés de Nerf (des pistolets à bâtonnets de mousse) et ça volait dans tous les sens. Mais à part ça, ils étaient sévères avec eux-mêmes : si le café coulait à flots, les trente pizzas de la veille avaient disparu et il régnait une chouette ambiance.

Si vous pensiez que cet article n’était pas pour vous, j’espère que vous n’avez pas été trop expéditif — vous êtes sûrement concerné(e), peut-être sans le savoir. Car les jeux vidéo ne se jouent pas que sur console. « Tous les supports électroniques ont été détournés pour accueillir des jeux », rappelle Fabien Vidal. On parle ici des ordinateurs, bien sûr, mais aussi des téléphones, par exemple. Et ça ne date pas d’hier. Rappelez-vous du Serpent et plus récemment, de Candy Crush, qui vous parle peut-être plus que Zelda ou Assassin’s Creed. Car ces deux types de jeux n’attirent pas la même audience.
Selon une enquête IFOP réalisée en 2015 pour le Centre National du Cinéma et de l’image animée, 73,3 % des Français sont joueurs. Et si les hommes et les jeunes sont majoritaires, il faut noter que désormais 56,1 % des femmes et 35,6 % des 50-65 ans jouent. Sans parler des entreprises et des écoles de formation qui utilisent aujourd’hui le jeu comme support de travail. Comme l’indique Cécile Thévenin : « Le monde du jeu vidéo ne connaît pas la crise. »

Par Chloé Château

> Dreamhack de Tours, du 6 au 8 mai, au centre Vinci. Infos sur dreamhack.fr

Panier curieux : quand la culture est une surprise

Rencontrés à l’apéro-rédac tmv, Séverine et Merlin font partie de l’asso Viens voir à Tours qui propose des paniers surprise. Une façon originale de faire découvrir la culture tourangelle autrement.

Image1

Promouvoir la culture locale », c’est le credo de Viens voir à Tours. L’association – aussi connue sous le petit nom de VVhat – existe depuis 2015. Lancée à la base par des étudiants tourangeaux, la structure compte désormais une vingtaine de personnes, âgées de 20 à 30 ans. « On a recruté pas mal de nouvelles têtes ces derniers temps », précise Merlin qui fait partie de l’association.

Il faut dire que leurs paniers curieux cartonnent (lire tmv n°233). Le principe est simple : dans des paniers « surprise », l’équipe de VVhat glisse places de spectacle ou concert, CD, livre, créations artistiques, le tout garanti 100 % Tours. « Même le tote bag – le sac en tissu dans lequel se trouve tout ça – est illustré par un artiste du coin et sérigraphié en Touraine », soulignent Merlin et Séverine, son acolyte.
En mars dernier, par exemple, le panier curieux regroupait Le Monstre, le livre de Xavier Veilhan, des places pour le festival Super Flux, ou encore le CD de Toukan Toukan et un sac illustré par Élodie Oliveira. « Les paniers curieux sont ensuite distribués lors d’une soirée-remise. Il faut promouvoir la culture locale, mais aussi la partager », indique Séverine.

Dès lors, on comprend mieux qu’elle et Merlin soient intarissables sur le thème qui avait été abordé lors de l’apéro-rédac tmv la semaine dernière (la culture à Tours est-elle (vraiment) accessible à tous ?) : « Quand on me dit qu’il n’y a rien à faire à Tours, ça me fait sauter au plafond ! », s’exclame Séverine, avant d’ajouter : « Il y a toujours de belles découvertes à faire. La culture locale est riche, très riche, mais un peu méconnue. Cela fait neuf ans que j’habite ici, mais je découvre encore. » Pour Merlin, le panier curieux est efficace et l’offre, pertinente : « On essaye effectivement de stimuler la curiosité. »
Preuve en est : les acheteurs sont non seulement nombreux, mais aussi variés. « Concernant le profil type des acheteurs du panier curieux, nous n’en avons pas », indique Cindy, du bureau de l’association. Lors de la dernière édition, « ils étaient âgés de 18 à 70 ans. Un large public, donc ! D’autant plus que nous proposons désormais un panier jeune public, pour les enfants de 2 à 10 ans globalement ».

Il faudra un peu attendre pour voir sortir les prochains paniers de VVhat. En attendant, l’asso travaille sur un événement prévu en juin. « Il faut d’abord qu’on trouve un lieu… Mais on va faire une soirée pour se faire connaître », se réjouit Séverine. « Ce sera un moment parfait pour aller à la rencontre des gens. »

> Plus d’infos et contact sur : facebook ou viensvoiratours.fr ou par mail à what.asso@ gmail.com
> Panier curieux à 35 € ou 25 € en tarif réduit (étudiants, sans emploi, etc.)

Culture, tendances & web #43

Voilà le retour des chroniques de la semaine. Avec, au menu, les derniers HER et Johnson Concorde, mais aussi de la BD et du DVD !

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
FRIEND REQUEST
L’horreur 2.0… Avec Friend Request, un thriller un poil horrifique, Simon Verhoeven met en scène Laura, étudiante branchée dont la vie va basculer le jour où elle accepte sur Facebook la demande en amie de la très étrange Marina. Divertissant à défaut d’être flippant, Friend Request a des intentions prometteuses, mais se voit rapidement torpillé par les clichés de bas-étage. Plein de bonne volonté (ces séquences d’animation en noir & blanc, par exemple), porté par la présence d’Alycia Debnam-Carey, le film vrille malheureusement lors d’un dernier acte pathétique. Une petite série B sans prétention, mais efficace.
A.G.

LES CDS Image11
JOHNSON CONCORDE – WOOD MUSEUM
Ils n’auront pas chômé, les Tourangeaux de Johnson Concorde ! Moins d’un an après la sortie de leur album Antalanocryptovicious (toujours aussi difficile à écrire), les voilà avec un EP… acoustique ! Réarrangeant certains de leurs anciens titres, la formation tourangelle offre un disque épuré, mettant clairement en valeur le travail vocal, la mélodie et les harmonies. L’exercice n’est pas facile, mais le pari est réussi : l’exubérance habituelle se fait moindre, l’identité du groupe est pourtant toujours là. L’acoustique donne une nouvelle couleur aux compositions de Johnson Concorde. Wood Museum est une petite pause gourmande comme un gros bonbon. Idéal avant le prochain album.
A.G.

PAUSE_ECRANS_CD2HER – TAPE#2
Après le succès colossal de son premier EP (le titre Five Minutes, utilisé dans une pub Apple, a cartonné), les Rennais de Her reviennent avec un second opus qui tape de nouveau dans le mille. Irrésistible et séduisant, Tape #2 l’est assurément. Mâtinant sa pop épurée de soul et de lignes funk, Her dévoile des titres obsédants (ce « Jeanie J » magnifique !), aux refrains imparables, en y distillant autant de sensualité dans ses voix que dans ses arrangements et atmosphères. Ouvertement féministe, véritable ôde à la Femme, Her n’hésite pas non plus, cette fois, à se faire plus politique (l’engagé et politisé « Swim »). Une musique suave et enivrante. Court mais intense.
A.G.

LA BD PAUSE_ECRANS_BD
AMERICA
Avouons-le tout de suite : depuis Le Goût du Paradis, on a un faible pour les ouvrages la dessinatrice Nine Antico. Sa vision des États-Unis post Trump subjugue une fois de plus grâce à l’acuité de son propos et par la justesse de son observation. De New York à San Francisco, elle balade ses héroïnes dans un jeu de phantasmes subtil et de réalités très crues (le running gag des punaises de lit est savoureux). Elle y déroule un récit drôle et pensif, très attachant dans lequel, loin des clichés des films hollywoodiens, elle décode les us et coutumes de cette Amérique qui la fascine autant qu’elle la déroute. Ajoutez à cela des dialogues exquis et un dessin tout en pastels, et voilà un ouvrage parfait pour vous préparer au grand saut vers Big Apple cet été !
Hervé Bourit

PAUSE_ECRANS_TVA LA TV
L’ÉCHO DES SÉRIES
> Game of thrones a dévoilé un petit trailer de la saison 7. Les images sont alléchantes, mais il faudra encore attendre le 16 juillet pour découvrir la nouvelle saison.
> Coup de gueule de Norman Reedus (alias Daryl dans The Walking Dead). Dans une interview au site The Dirty, il s’est plaint des réactions de certains fans : « Quand une scène n’est pas violente, on trouve qu’il n’y en a pas assez. Mais quand il y en a beaucoup, alors il y en a trop. »
> Aucune date n’a encore été dévoilée pour le lancement de la saison 5 de Vikings. D’après le magazine Première, on pourrait les voir débarquer en novembre 2017 !

Le 4 avril, apéro-rédac de tmv !

Tmv inaugure un nouveau rendez-vous mensuel : l’apéro-rédac. Vous échangez entre vous autour d’un thème et les meilleurs moments sont publiés dans le numéro suivant.

C’EST QUOI ?

L’apéro-rédac, c’est un moment de discussion autour d’un thème, organisé par la rédaction de tmv. Tous les mois, nous lançons une nouvelle thématique et vous êtes invités à venir en discuter tous ensemble autour d’un verre (chacun paye sa choppe, soit dit en passant…). Ce n’est pas une conférence ni même une table ronde. C’est vous qui avez la parole !

REMEMBER…

Nos lecteurs les plus fidèles (les plus anciens surtout) se souviennent que l’apéro-rédac n’est pas une complète nouveauté pour tmv. Pendant les premiers mois de notre lancement, en 2011, nous avions donné rendez-vous à nos lecteurs, chaque mardi, dans un café du centre-ville. C’est un retour aux sources, en quelque sorte…

ON BOIT UN COUP, ET APRÈS ?

Histoire que nous servions à quelque chose, pendant l’apéro-rédac, nous notons vos interventions les plus marquantes et, dans le numéro de tmv qui suit, nous publions les meilleurs extraits sur une double page, pour faire ressortir l’essentiel du débat. Nous nous contentons d’apporter quelques éléments factuels.

LE 4 AVRIL, ON PARLE DE QUOI ?

« La culture à Tours est-elle (vraiment) accessible à tous ? », c’est la question autour de laquelle nous aimerions vous entendre pour ce premier apéro-rédac. L’offre culturelle, dans notre ville est abondante, mais les Tourangeaux en profitent-ils vraiment ? Que pourrait-on faire pour l’ouvrir à d’autres publics ? Comment favoriser les échanges et les pratiques amateures, également ?

À RETENIR

>> 4 avril 2017, apréo-rédac tmv sur le thème « La culture à Tours est-elle (vraiment) accessible à tous ? ». À 18 h, à la brasserie de l’Univers, place Jean-Jaurès.

[nrm_embed]<iframe src= »//giphy.com/embed/5GoVLqeAOo6PK » width= »480″ height= »374.6835443037975″ frameBorder= »0″ class= »giphy-embed » allowFullScreen></iframe><p><a href= »http://giphy.com/gifs/excited-screaming-jonah-hill-5GoVLqeAOo6PK »>via GIPHY</a></p>[/nrm_embed]

Charly DKN : la techno du Tourangeau

L’an dernier, il a retourné la scène des Îlots électroniques. Aujourd’hui, il revient avec un nouvel album sous le bras : rencontre avec Charly DKN, le Tourangeau pro de la techno.

NEWS_CHARLYDKN

Charly DKN sort tout juste d’un enregistrement live à TV Tours. Chemise foncée, petite barbe, cheveux noirs comme le jais. Il a le sourire. Dans quelques jours, son nouvel album, Symbiose, sortira après trois ans de gestation. Le musicien tourangeau de 26 ans prend un plaisir monstrueux à parler musique, création, vidéo et surtout, techno. C’est son dada, son style de prédilection. Mais attention, « la techno, ce n’est pas qu’un “boum boum’’. Ça va plus loin que ça, on est dans quelque chose d’évolutif », prévient Charly DKN. « Ce sont les machines qui parlent. »

Lui qui a commencé à 15 ans s’est rapidement spécia-lisé dans la musique électronique. Il n’accepte pas vraiment le terme de musicien. « Mais je compose », préfère dire celui qui est aussi producteur et directeur artistique du label Arpège Records. Et surtout, il « s’éclate sur scène ». L’interaction avec le public, la folie. Son show, l’an dernier, aux Îlots électroniques à Tours, en est la preuve.
« La scène, ça booste comme jamais. Il y a du stress, certes, mais surtout de l’adrénaline. Et je vois les gens danser, c’est génial. » En concert, il adore regarder, observer. Se base sur quelques visages. « Je fixe trois, quatre personnes dans le public pour voir leurs émotions. » La tornade musicale fait le reste. Il suffit de se souvenir de sa prestation lors de la Marche des fiertés à Tours : tous les chars s’étaient arrêtés. En pleine place Jean-Jaurès, il a fait vibrer 5 000 personnes. « Un orgasme musical », sourit-il. Image1

Dans ses compositions, Charly DKN dit s’inspirer « des sonorités de la vie ». En fait, il fait sa propre bande-son. « Par exemple, j’étais au ski… Il y avait un robinet qui faisait un bruit bizarre. Je l’ai enregistré et je le réutiliserai dans ma musique. Idem, à Amsterdam, j’avais pris le son d’une sonnette de vélo. Ensuite, je retravaille tout ça. »
Perfectionniste avoué, Charly DKN indique qu’il n’y a pas de barrières créatives dans sa musique. Son disque Symbiose ne s’interdit rien et se veut être un véritable voyage, un concept. Il suffit de voir ses vidéos YouTube pour s’en convaincre. « Je me suis mis à écrire des réflexions que je voulais soulever au sein de l’album, raconte- t-il. Dès que j’ai composé, ça m’a inspiré des sonorités. »

Désormais, Charly DKN n’a qu’une seule envie : exprimer son univers sur scène. « Je souhaite faire une sorte de cours de philosophie musicale, je veux hypnotiser le public. » Ses prochains concerts pourraient d’ailleurs introduire du visuel pour une pleine expérience. Et prouver une fois encore que, non, la techno ne se résume pas qu’à un simple “boum boum”.

NEWS_DKN_ALBUM> Album Symbiose, le 24 mars.
Infos sur charlydkn.com et facebook.com/CHARLYDKN
> En concert au Red Club de Tours, le 14 avril.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=KlluwF9QqWQ[/youtube]

Bateau Ivre : histoire d’un sauvetage en 5 dates

Ce jeudi 16 mars, une assemblée générale se tient pour faire le point sur la situation du Bateau Ivre. En cinq dates, tmv revient sur l’histoire d’un sauvetage.

bateau ivre

1982 : MISE À L’EAU

Gisèle Vallée et Joël Le Breton, couple amoureux de culture, transforment un petit local du quartier Blanqui en salle de spectacle, mais très vite, les fins de soirées au Bateau Ivre, rue Eugène-Durand, dérangent le voisinage. Le navire change alors de port pour s’installer dans l’ancienne salle de cinéma du 146 rue Edouard-Vaillant, en 1987, avec Gisèle à son commandement. La capacité d’accueil est triplée, passant à 300 marins amateurs de musiques et de théâtre.

2010 : AVARIE DE MOTEUR

Les années passent mais les artistes ne se ressemblent pas. En 28 ans, le Bateau Ivre a fait voguer 1 500 groupes et 250 compagnies. On se souviendra du ressac qu’ont provoqué Miossec, Les Wampas, l’As de Trèfle, IAM ou encore Arthur H. En octobre 2010, la salle ferme ses portes mais le collectif Ohé du Bateau ! est créé pour sauver le navire, préparant le départ de sa propriétaire Gisèle Vaillant en décembre. Un total de 130 000 € de promesses de dons est récolté mais cela ne suffi t pas. Un an plus tard, le trois-mâts est racheté par la Société d’économie mixte de la Ville de Tours (Semivit) pour stopper toute velléité des promoteurs. Seul hic, le collectif et la Semivit ne sont pas d’accords sur le prix de la location.

2013 : REMORQUAGE EN MUSIQUE

Une première Distillation Culturelle est organisée gratuitement en octobre 2013. Tout un week-end, des artistes en tout genre donnent une cinquantaine de spectacles devant le Bateau Ivre. La fresque actuelle est réalisée à ce moment-là par 18 plasticiens. La population se mobilise de plus en plus nombreuse à chaque mobilisation et la lutte continue pour trouver un accord avec la Semivit.

2016 : TOUS CAPITAINES DU NAVIRE

La Semivit donne finalement jusqu’au 15 avril 2016 au collectif Ohé du Bateau ! pour racheter la salle à hauteur de 600 000 €. Une première souscription est lancée en février en proposant aux citoyens et entreprises de devenir sociétaires, en achetant une des 6 000 parts de 100 €. Le 24 juin, la Semivit accepte la proposition d’achat de 270.000 € et le 17 octobre le collectif historique Ohé du Bateau ! se transforme en SCIC Oh ! (Société coopérative d’intérêt collectif). Elle est forte de 263 200 € grâce au capital apporté de 1 567 sociétaires et des 100 000 € promis de la Région. Il signe le compromis de vente le 8 décembre dernier.

2017 : UN NOUVEAU NOM ?

La première assemblée générale de la coopérative culturelle SCIC se tient ce jeudi 16 mars, à 18 h 30, à la salle Thélème de la faculté des Tanneurs. À l’ordre du jour un point sur la situation du Bateau Ivre ! (vente, travaux, finances), l’élection de cinq derniers administrateurs de la SCIC Oh ! et le nom de la future salle qui pourrait changer ou rester le même. La réouverture du navire est envisagée fi n 2017, après des travaux de désamiantage, d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite…

Texte : Pauline PHOUTHONNESY / Photo : Hughes LE GUELLEC

Didier Girauldon : « Le théâtre est un engagement citoyen »

Hyperactif, Didier Girauldon l’est à 100 % : à 36 ans (37 le 17 mars !), le Tourangeau est metteur en scène et directeur artistique de la compagnie Jabberwock depuis 2011, mais avec ses nombreuses casquettes, multiplie les projets et les emmène partout dans le monde. Entretien avec un amoureux du théâtre.

Image8
(Photo Claire Dietrich)

Vous avez fait votre formation à Tours, mais êtes ensuite parti au Royal Holloway à Londres. Pourquoi ?
J’étais étudiant en anglais à la fac de Tours qui proposait par ailleurs du théâtre en anglais. Il y avait un échange Erasmus avec le Royal Holloway, mais qui ne fonctionnait pas vraiment. L’université anglaise jugeait les étudiants français pas assez « intéressants ». J’ai proposé au Conservatoire de refaire une demande. J’avais le niveau suffisant dans cette langue. Puis l’échange avec eux a réouvert. Là-bas, il y avait quatre théâtres, 200 élèves, une offre incroyable de cours. C’était un passage obligé ! Ça a changé plein de choses pour moi. J’ai pu faire de nombreuses rencontres et y travailler.

Comment en êtes-vous venu à créer la compagnie tourangelle Jabberwock ?
De 2001 à 2011, j’ai codirigé le collectif Les Gueuribands. C’était une troupe iconoclaste. Mais il y avait plusieurs porteurs de projets différents. Les propositions théâtrales aidant, nous avons tous et toutes construit notre propre bateau ! Avec la compagnie Jabberwock, je me suis recentré sur mes envies. J’ai pu rassembler les choses sur lesquelles je travaillais. Je me suis lancé dans l’aventure et au même moment, j’ai pris la direction du théâtre universitaire. Vous savez, la recherche théâtrale n’a de sens que si elle est partagée. Avec Anaïs Andos (chargée de médiation culturelle à la compagnie, NDLR), on essaye de travailler avec des artistes français et étrangers et, à chaque fois, qu’ils s’investissent à Tours et dans la Région.

(Photo Sylvia Galmot)
(Photo Sylvia Galmot)

Vous avez voyagé un peu partout. Scandinavie, États-Unis, Canada… Y a-t-il des lieux particulièrement marquants ?
Oui ! L’Angleterre en premier lieu. Lorsque je suis sorti du Conservatoire, je me posais beaucoup de questions, j’avais des idées reçues sur le métier. Londres est une ville multiculturelle. J’aurais pu y rester ! Ils ont une approche physique et chorégraphique du théâtre. Il y a aussi eu la Scandinavie de 2004 à 2007. Avant, il y avait eu Mario Gonzalez… Un jour, par hasard, j’ai assisté à l’un de ses spectacles. C’était… waouw ! On est pris à partie, bousculés… Je suis devenu son assistant par la suite, d’ailleurs. Ah et je pourrais aussi citer l’Italie. Je suis parti travailler sur une comédie musicale à Florence, alors que je ne parlais pas du tout italien (rires) ! Ils ont une approche plus légère et divertissante. Sinon, citons aussi Tours bien sûr, avec l’expérience du théâtre universitaire, les États-Unis…

Vous avez aussi un lien très fort avec l’auteur québecois Marc-Antoine Cyr, non ?
C’est un coup de foudre amical et artistique. Une vraie aventure. Tout ça est très collaboratif, c’est un aspect important pour moi. Preuve en est avec ma collaboration avec Constance Larrieu, pour la recherche théâtrale La Fonction de l’orgasme. (représentation à Tours le 8 mars/ lire ci-dessous)

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=axUZzmPXdzg[/youtube]

Vous êtes metteur en scène, interprète, enseignant, multipliez les projets, etc. Vous diriez que vous êtes plutôt boulimique de travail ou hyperactif ?
Hmm… Il faut distinguer les deux. Là, j’apprends à rétrograder. J’ai toujours beaucoup travaillé et pu choisir. Je suis chanceux. Au début, je devais faire médecine… et aussi journalisme, tenez ! Mais le théâtre est arrivé. Pendant dix ans, je me suis fixé la règle de ne rien refuser. Je voulais tout tester. Maintenant, je soutiens l’effort, tout en gardant un niveau d’exigence. Je suis hyperactif, mais pas boulimique. Enfin, je ne suis plus boulimique !

En regardant votre CV, j’ai l’impression que le local est très important pour vous. Vous semblez hyper attaché à Tours.
Je suis effectivement très attaché à cette ville. J’y ai vécu pendant 27 ans. Maintenant, j’habite à Paris, mais reviens à Tours toutes les semaines pour la compagnie notamment. Actuellement, mon logement de fonction est à Paris, mais mon coeur est à Tours (rires) ! Et puis c’est important que je soie ici pour la compagnie, mais aussi quand j’enseigne au Conservatoire.

Vous êtes jeune, mais avez enquillé les projets. Qu’est-ce qu’il vous reste à faire, à découvrir ?
Tout ! Développer un projet prend du temps vous savez. Mais en 2016, j’ai participé à trois créations qui n’étaient pas prévues au programme. Il faut savoir saisir les opportunités. Je souhaiterais continuer à développer les collaborations, les découvertes, les tournées à l’étranger. Je postule aussi pour des résidences et aimerais me plonger dans le monde de l’opéra.

Est-ce qu’on peut dire que le metteur en scène est un peu l’homme de l’ombre, l’homme dans l’ombre ?
(hésitation) Bonne question… Oui et non. C’est sûr qu’un metteur en scène n’est pas comme un interprète qui est au centre de l’intérêt. La fonction peut être plus solitaire. Personnellement, je veux développer la compagnie Jabberwock dans la région, pérenniser l’équipe : donc je ne suis pas dans l’ombre, car on se bat vraiment pour défendre nos projets. Le théâtre est un engagement citoyen, de partage et d’éducation populaire.

> La Fonction de l’orgasme : recherche théâtrale mise en scène par Constance Larrieu et Didier Girauldon. Représentation à Tours le mercredi 8 mars, à 20 h 30, salle Thélème. Durée : 1 h 15.
> Tarifs : 12 € (plein), 9 € (UTL), 6 € (réduit), 4 € (PCE). Réservations : ticketfac.univ-tours.fr

[mise à jour : le spectacle de ce 8 mars est COMPLET]

Culture, tendances & web #42

Cette semaine, on vous parle de la nouvelle BD de LUZ, mais aussi du dernier album de Franck Carter & The Rattlesnakes. Sans oublier Johnny Depp et sa somme astronomique dépensée en vin, mais aussi le retour d’Il était une fois la vie.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
BRIDGET JONES BABY
C’est qu’on l’appréhendait, ce troisième volet des aventures de Bridget Jones. Ouf de soulagement : surpassant le 2e opus (ce n’était pas bien difficile…), Bridget Jones Baby se la joue triangle amoureux bien particulier et offre une comédie romantique aux dialogues ciselés et aux blagues qui font mouche. Reste tout de même le jeu faiblard et transparent de Renée Zellweger qui ne convainc guère ici. La version DVD permettra aux cinéphiles de piocher dans quelques bonus qui méritent un poil d’attention : notamment une fin alternative et, pour le reste, l’habituel bêtisier, les scènes coupées et un making of.
A.G.

LE CD PAUSE_ECRANS_CD
FRANCK CARTER & THE RATTLESNAKES – MODERN RUIN
Chez nos amis british, Franck Carter (ex-Gallows) et sa bande cartonnent. En France, le succès est encore un peu timide, mais ce nouvel album pourrait changer la donne. Piochant dans un rock alternatif aux grosses guitares et au chant mélodique, Franck Carter & The Rattlesnakes offre ici un disque versatile, propret (un peu trop) tout en y ajoutant quelques touches punk bien senties. Consensuel dans sa première partie, Modern Ruin se lâche ensuite mais sans jamais totalement atteindre les hautes attentes qu’on avait de lui. Il en reste tout de même un album accessible sous des airs teigneux.
A.G.

TV
IL ÉTAIT UNE FOIS LA VIE, DE RETOUR
Dans les années 80, c’était THE moment : la série animée éducative « Il était une fois… la vie » (et son générique entêtant) reviendra en version restaurée et HD sur France 4, à partir du mois de mars. La maison de production Hello Maestro l’a annoncé sur son compte Facebook, en présentant les coulisses de cette seconde vie. Cette série, composée de 26 épisodes, expliquait aux enfants à l’époque, avec différentes métaphores (et un peu d’humour), le fonctionnement du corps humain.
A.G.

PAUSE_ECRANS_TV

MUSIQUE
STUPEFLIP STUPÉFIANT
Le groupe n’avait demandé que 40 000 € pour réaliser son prochain album. Finalement, la campagne de financement participatif des musiciens de Stupeflip a amassé plus de 420 000 € ! Plus de 10 000 contributeurs se sont manifestés. Ce nouveau disque, intitulé The Antidote, doit sortir le 3 mars 2017.
A.G.
PAUSE_ECRANS_MUSIQUE

PAUSE_ECRANS_BDLA BD
PUPPY
Absent la mort dans l’âme du Festival d’Angoulême (et d’autres), LUZ n’en continue pas moins de s’exprimer à travers sa meilleur arme contre la connerie humaine : le dessin. Dans cette nouvelle BD, son trait est plein de mouvement, de fulgurances et empreint d’une esthétique entre Tim Burton et les comics strips US des années 50. Cette histoire sans paroles d’un petit chiot zombie qui se réveille en plein cimetière d’animaux vaut son pesant de croquettes. Avec son noir et blanc magnifique, des gags grotesques ou touchants, LUZ parvient sur 160 pages à tenir en haleine et faire sourire. Avec cet exercice de style, il s’affirme aussi comme un dessinateur aventureux et poétique dans un ultime pied de nez et une magnifique ode à la vie.
Hervé Bourit

Capture

Culture, tendances & web #41

Cette semaine, côté chroniques, on vous propose la BD hebdomadaire, mais aussi une double dose de CDs, la bonne nouvelle Mauvais Genre et le vinyle du mois de Radio Campus.

PAUSE_ECRANS_CD1LES CDS
LOMBOY – SOUTH PACIFIC
Mené par l’artiste Tanta Frinta, Lomboy vient de sortir son premier EP. Avec sa pop mâtinée d’effets 60s, japonisants et de références cinématographiques, Lomboy accouche d’une musique synthétique, mais étonnante. Capable d’ailleurs d’insuffler des sonorités hawaïennes (Same Way), comme de passer à un son jazzy et sensuel (Hello Hello), avec aussi le risque de paraître parfois en demi-teinte (South Pacific et ses effets de pitch un poil agaçants). Un petit EP correct qui devrait notamment plaire aux amoureux de Air et consorts.
A.G.

PIERRE & BASTIEN – MUSIQUE GRECQUE PAUSE_ECRANS_CD2
Troisième album pour le trio parisien de Pierre & Bastien. Avec Musique Grecque (sorti sur le label SDZ), Pierre & Bastien balance un punk rock minimaliste, influencé par Metal Urbain ou encore Dogs. Les paroles, à la fois intimes et engagées, sont parfois très fines malgré leur apparente simplicité. Il n’empêche que malgré d’indéniables qualités (un disque sans chichis, c’est toujours rafraîchissant !), l’album a tendance à rapidement tourner en rond vu la construction de ses chansons, et devient répétitif sur la durée.
A.G.

PAUSE_ECRANS_VINYLELE VINYLE DU MOIS DE RADIO CAMPUS 
RUBIN STEINER – VIVE L’ÉLECTRICITÉ DE LA PENSÉE HUMAINE
L’incontournable musicien tourangeau nous souhaite la bonne année avec son nouvel album solo. Ce dernier propose d’oublier toutes les horreurs de l’année dernière, de lever les yeux au ciel et de danser sans penser au lendemain. Pour y parvenir, rien de tel que cette techno sans prétention, tournée vers l’espace et nourrie de la grande curiosité de son auteur pour la littérature de science-fiction, et la musique lunaire. Alors si vous avez un coup de mou, acceptez cette invitation à vivre. Relativisez, à l’échelle du Cosmos, tout est plus petit.
S.R.
> Vinyle double LP 18 €, label : Platinum Records (platinumrds.com/fr/store)

LA BD PAUSE_ECRANS_BD
AU BOUT DU FLEUVE
Très attaché au continent africain, qu’il a déjà mis en image à de multiples reprises, Jean-Denis Pendanx signe là son premier album complet avec cette histoire attachante. Celle de Kemi, orphelin parti à la recherche de son frère jumeau dans un périple qui l’emmène du Benin au delta du Niger. Un voyage autant initiatique que géographique, où les esprits de la forêt croisent les ravages d’une exploitation éhontée de la misère. On est littéralement happés par ce mélange étourdissant, entre cette quête éperdue et cette réalité crasse, le tout sublimé par un dessin d’une intensité rare. Et que dire de ces ambiances de forêts, de villes, de fleuves magnifiées par des couleurs directes qui font de ce voyage un de nos coups de coeur du début d’année.
Hervé Bourit

FESTIVAL CINÉMA
MAUVAIS GENRE REVIENT
La bonne nouvelle a réjoui les cinéphiles de Tours et des environs ! Après quelques doutes émis l’an dernier, le festival de cinéma Mauvais Genre, initié par l’inénarrable Gary Constant, reviendra bel et bien cette année. Rendez-vous est donné les vendredi 16, samedi 17 et dimanche 18 avril 2017, au Méga CGR de Tours Centre. Pour cette « année de transition », comme l’a rappelé l’organisation, trois grosses soirées seront organisées, dont la mythique Nuit interdite. Les réalisateurs français ou étrangers intéressés peuvent d’ailleurs dès à présent soumettre leurs films, en s’adressant à info@festivalmauvaisgenre.com
A.G.

Culture, tendances & web #40

Côté chroniques, on commence l’année en beauté avec le DVD de Fronteras, la BD Vectorama ou encore le livre d’une auteure originaire de Tours.

PAUSE_ECRANS_BDLA BD
VECTORAMA
Le premier bébé de cette nouvelle année mesure 30 cm sur 30 cm et pèse 3 kg ! C’est qu’il en faut de l’espace et de la matière pour contenir et exprimer tout le talent d’Arthur De Pins, le créateur de Péchés Mignons et de Zombilénium. C’est donc une superbe monographie que les éditions Soleil donnent à lire. Le résultat est impressionnant tant par l’inédite technique de l’auteur que son génie à transformer tout ce qu’il touche en or ! On souhaite une belle année à son papa, mais aussi à tous les lecteurs de la rubrique BD de tmv qui commence 2017 avec ce véritable feu d’artifice visuel et graphique.
Hervé Bourit

LE DVD PAUSE_ECRANS_DVD
FRONTERAS
Clandestinité et homosexualité sont les deux thèmes abordés dans Fronteras. Le film de Mikel Rueda les utilisent habilement en les transposant au monde adolescent. Ici, deux histoires se rejoignent, se croisent, s’enlacent. Celle d’Ibra, ado marocain en instance d’expulsion, et celle de Rafa, un jeune lambda. Les deux vont devenir amis. Puis bien plus… D’une simplicité extrême, Fronteras sait trouver un ton juste tout du long. C’est parfois un peu brouillon, parfois maladroit, mais le binôme formé par ces acteurs non-professionnels, ainsi que la grande sensibilité du cinéaste, font de ce Fronteras un film beau, tout simplement. À (re)découvrir d’urgence, à travers cette édition DVD collector, dotée de suppléments et d’un livret.
A.G.

PAUSE_ECRANS_LIVRELE LIVRE
VOS ABSENCES – FATINE EL ASRI
C’est l’histoire de Leïla, une femme qui, depuis sa plus jeune enfance, ne connaît que des tragédies. Mais à travers ces 182 pages, c’est surtout le portrait d’une femme qui se bat même si elle souffre que brosse Fatine el Asri, auteure originaire de Tours. Vos Absences, un exutoire pour l’écrivain ? Le chagrin, la souffrance, la mort côtoient effectivement le positif, la réussite, la volonté de s’en sortir. Nourri par un humour subtil, le roman réussit à faire disparaître le drame derrière l’émotion. Les courtes citations introduisant chacun des chapitres, permettent, elles, un instant de réflexion toujours bienvenu.
> Aux éditions Edilivre.
A.G.

JEUX VIDÉO PAUSE_ECRANS_JEUVIDEO
LES MEILLEURES VENTES
La plateforme Steam (le plus important vendeur de jeux vidéo dématérialisés sur PC) a divulgué la liste des 100 jeux vidéo les mieux vendus en 2016. Dans la catégorie « platine », on trouve notamment Grand Theft Auto V, Total War : warhammer, ou encore Dark Souls III. La catégorie « or » voit Call of Duty : black ops III, Doom et Rainbow Six Siege très rentables. La catégorie « argent » rappelle le succès de Civilization V, Farcry Primal et Watch Dogs 2. Enfin, pour la catégorie « bronze », on retrouve Les Sims 3, Street Fighter 5, Farming Simulator 17 et NBA 2K17…

Culture, tendances & web #39

#EPJTMV Il y aura de quoi lire, cette semaine, dans nos chroniques culture ! Entre de la BD et trois livres, on n’a tout de même pas oublié votre dose de musique et de films…

Pause_ECRANS_BD_luckylukeLA BD
LUCKY LUKE, LA TERRE PROMISE
Le cowboy solitaire est de retour en librairie. La Terre promise, publié aux éditions Lucky Comics, est le premier album des aventures de Lucky Luke écrit par Jul, l’auteur de Silex and the City. Magnifiquement dessinée par Achdé, cette bande dessinée nous transporte avec nostalgie dans le Far West et l’humour des albums de Goscinny et Morris. Dans ce tome, sorti le 4 novembre, Lucky Luke accepte d’accompagner, à travers l’Ouest américain, une famille de migrants européens et juifs. Une balade qui ne sera pas de tout repos… L’histoire est vivante et dynamique. Quant au thème du judaïsme, il est abordé avec un humour intelligent.
S.A.

LE DVD PAUSE_ECRANS_DVD
SUICIDE SQUAD
Une fois n’est pas coutume, ce sont les méchants qui ont le beau rôle ! Dans Suicide Squad, une ribambelle de crapules aux pouvoirs hors-normes vont devoir s’allier contre une menace inconnue. Le fameux Joker fait un retour remarqué sur grand écran. Si les critiques étaient divisées à sa sortie, on ne peut que saluer l’initiative de mettre comme héros des sales vilains ! Le DVD sort le 3 décembre. Pour les plus accros à l’univers DC Comics, une version en 3D est même disponible.
M.C-V.

LES CDs
PAUSE_ECRANS_CD1OLIVIA RUIZ – A NOS CORPS-AIMANTS
Quatre ans après son dernier opus, c’est avec plaisir que nous retrouvons Olivia Ruiz, de retour sur la scène musicale. Son cinquième album, À nos corps-aimants, est dans les bacs depuis le 18 novembre. La chanteuse de 36 ans nous offre douze titres totalement décomplexés, avec une voix toujours aussi douce et envoûtante, qui évoque le plaisir féminin. « On m’a déjà dit que c’est un album pour faire l’amour », s’est exprimée Olivia Ruiz, en interview sur France 2. Dès la première chanson Mon corps, mon amour, la couleur est annoncée : « Pas un credo plus que l’envie, je baise donc je suis », chante-t-elle. Caliente.
S.A.

THE WEEKND – STARBOY
Les mélomanes se souviennent sans doute de ce Canadien à la chevelure totalement hirsute. Mais si ! Il a forcément animé vos soirées avec Can’t feel my face, lors de l’été 2015. Pour cette fin d’année, fini l’extravagance capillaire et le RnB, place à l’électro-pop. Il y a même un (gros) grain de sel français, avec la collaboration de Daft Punk sur deux titres de l’album. The Weeknd a opté pour une atmosphère sonore plus « dark », tout en restant aussi groovy. Quant au clip de False alarm, il est à visionner d’urgence, avec une vue à la première personne digne de GTA !
M.C-V.
PAUSE_ECRANS_CD2

LES LIVRES
ABD AL MALIK – CAMUS, L’ART OU LA RÉVOLTE  PAUSE_ECRANS_LIVRE1
Voici une oeuvre singulière. Le rappeur et écrivain Abd Al-Malik rend hommage à l’auteur de L’Etranger, à travers un ouvrage biographique. Le postulat de départ pourrait être étrange : Abd Al Malik n’a jamais connu Camus de son vivant. Cela n’empêche pas le rappeur d’expliquer l’importance de cette figure littéraire dans sa jeunesse. Camus, découvert à douze ans par Abd Al Malik dans son HLM de Strasbourg, a été la source d’inspiration de sa carrière. Ce livre rend hommage à l’homme de lettres et démontre bien que la volonté de créer permet de dépasser les codes sociaux.
M.C-V.

PAUSE_ECRANS_LIVRE2STEPHEN KING – LE BAZAR DES MAUVAIS RÊVES
Le maître de l’horreur a encore frappé ! Après Fin de ronde publié en juin, Stephen King se replace au premier rang des librairies. Avec un recueil de vingt nouvelles inédites en France, autant dire que ça sera la fête de l’épouvante en cette fin d’année. Une voiture carnivore, un journaliste qui a le pouvoir d’emmener ses lecteurs au terreau rien qu’en écrivant. Pas de doute, King reste le roi du jeu de la peur. On appréciera les brefs textes introductifs avant chaque récit, qui permettent de comprendre la logique d’écriture de l’auteur.
M.C-V.

MICKAËL LAUNAY -LE GRAND ROMAN DES MATHS, DE LA PRÉHISTOIRE À NOS JOURS PAUSE_ECRANS_LIVRE3
Il paraît que la plupart des gens aiment les maths sans le savoir… Dans son dernier essai publié chez Flammarion, Mickaël Launay raconte l’histoire des mathématiques, depuis la préhistoire. Pour lui, elles sont belles, poétiques, surprenantes, jubilatoires et captivantes. Rien que ça. L’auteur s’adresse à ceux « qui n’y ont jamais rien compris », qui sont fâchés avec cette science. L’heure serait-elle enfin à la réconciliation ?
S.A.

[#EPJTMV / Cet article fait partie du numéro 235 de tmv, entièrement réalisé par les étudiant(e)s de 2e année en journalisme de Tours]

Zofia Rydet au Château de Tours

De 1978 à 1990, Zofia Rydet a photographié les hommes et les femmes de Pologne. Une expo à voir au Château de Tours.

Zofia Rydet
série « Répertoire sociologique » / Zofia Rydet Courtesy Fondation Zofia Rydet. © Musée d’Art Moderne, Varsovie, Pologne

Dans les grandes salles du château, l’effet est saisissant : des dizaines de photos noir et blanc se serrent sur les murs, collées les unes aux autres. Comme un immense film négatif. Ou comme des papillons épinglés dans une boîte. De 1978 à 1990, Zofia Rydet a photographié les hommes et les femmes de Pologne, leur maison, leurs rituels, aussi, prise d’une espèce d’angoisse à l’idée que tout disparaisse un jour.
Plus de 20 000 photos, classées selon des typologies très personnelles. Sa démarche sociologique rappelle celle de Nicolas Muller mais la ressemblance s’arrête là.

Les photos de Zofia Rydet sont sombres, laides, cliniques. Comme l’explique l’un des deux commissaires de l’exposition, Sebastian Cichocki, « Zofia était un terroriste de la photo : elle entrait chez les gens, leur disait qu’elle devait faire une photo d’eux, là, tout de suite. » Une exposition à voir, non pour sa beauté mais pour toutes les réflexions qu’elle porte : la photo est-elle toujours un art ou peut-elle être un médium scientifique ?

 > Zofia Rydet, Répertoire, 1978-1990, jusqu’au 28 mai 2017. Château de Tours.

Salons de Choiseul : en route pour le savoir !

Les 17 et 18 novembre, la 4e édition des Salons de Choiseul revient, après avoir été annulée l’an dernier suite aux attentats. Le thème ? Les mobilités. Le credo ? Une cinquantaine de conférences « pour comprendre le monde » et surtout, pas ennuyeuses (si, si, on vous jure). Tmv vous donne son top 12. En voiture !

Image2

JEUDI

9 h 30
ROUTES, DÉROUTES ET DÉTOURS : ÉLOGE DE L’AUTONOMADIE
Avec : Franck Michel, anthropologue, cofondateur de lacroiseedesroutes. com, une plateforme culturelle « de partage au tour du voyage à l’esprit farouchement nomade ». Bref, ici, on s’en fiche des kilomètres : l’important, c’est « le sens du voyage » et son « essence philosophique ».
Et après ? Lisez le sublime Sur la route de Jack Kerouac, fondateur de la beat generation. Ne confondez pas avec Sur ma route de Black M. Pitié.

VIRUS ÉMERGENTS : LA RÉALITÉ ET LES FANTASMES
Avec : Alain Goudeau, 65 ans, Professeur des universités et praticien hospitalier. À 25 ans, il avait intégré l’équipe du professeur Maupas, avec qui il a mis au point le vaccin contre l’hépatite B. Dix ans plus tard, il était chef du service bactériologie virologie du CHU de Tours. Le genre de CV qui calme.
Et après ? Les hypocondriaques en oublieront leur gel antiseptique.

13 h 30
LE FESTIVAL HELLFEST, LIEU DE PÈLERINAGE ET ENJEU DE MOBILITÉ DU PUBLIC METAL
Avec : Corentin Charbonnier, docteur en anthropologie. Vous avez déjà aperçu ce Tourangeau chevelu dans tmv, puisqu’il a été interviewé dans nos pages. Le jeune homme a beau être fan de metal, il pose un regard sociologique remarquable sur ce style musical et son festival culte. Sa thèse sur le sujet va d’ailleurs être éditée prochainement.
Et après ? Vous verrez le metal d’une autre manière. Au point que vous nous suivrez, l’an prochain, au Hellfest, à secouer vos cheveux, boire des bières et vous enfiler 160 groupes romantiques comme Cannibal Corpse.

LAWRENCE D’ARABIE
Avec : Christian Destremeau, historien et spécialiste des questions d’espionnage et du Moyen-Orient.
Et après ? (Re)découvrez le film du même nom, un chef-d’oeuvre du cinéma. Vous pourrez frimer en société (ou fondre pour les beaux yeux de Peter O’Toole qui n’ont strictement rien à voir avec les Salons de Choiseul, on est d’accord).

14 h 30
CHARLES MARTEL ET LA BATAILLE DE POITIERS
Avec : William Blanc, doctorant en histoire médiévale et membre de l’asso d’histoire populaire Gollard(s). Sa conférence est sous-titrée De l’histoire au mythe identitaire.
Et après ? Prenez des notes et armezvous pour faire face aux argumentations bien souvent ignorantes des milieux identitaires (hum hum) qui ont récupéré le personnage.

VENDREDI

11 h 30
WINTER IS COMING…
Avec :Hugo Clemot, docteur en philo notamment. Ce prof à Paul-Louis Courier abordera le thème de la passagèreté dans Game of Thrones. Et on sait tous et toutes à quel point les personnages peuvent vite passer dans la série culte. Ou trépasser, au choix.
Et après ? Refaites-vous l’intégrale de GoT. Le premier qui spoile s’en prend une.

RUMEURS, LÉGENDES URBAINES ET THÉORIES DU COMPLOT…
Avec : Julien Giry, docteur en science po, qui s’interrogera sur les caractéristiques, fonctions et diffusions des croyances contemporaines.
Et après ? Vous arrêterez peut-être vos posts Facebook sur « Elvis n’est pas mort, il vit en fait sur une île avec Hitler et ses potes illuminati parce que sur les dollars y a une pyramide et un oeil bizarroïde qui prévoyait les attentats du 11-Septembre ».

13 h 30
LES EINSATZGRUPPEN : LES COMMANDOS DE LA MORT NAZIS
Avec : Michaël Prazan, écrivain engagé et réalisateur de nombreux documentaires et passionné d’histoire contemporaine. Son père a été caché pendant la guerre quand il était enfant, unique rescapé d’une famille de douze enfants déportée à Auschwitz. Et après ? Vous pouvez vous replonger dans son dernier docu, Das Reich, une division SS en France, dispo sur arte.tv en VOD.

14 h 30
LES INVASIONS BARBARES SONT-ELLES RESPONSABLES DE LA FIN DE L’EMPIRE ROMAIN EN OCCIDENT ?
Avec :Sylvain Janniard. Ce maître de conférences en Histoire romaine (à Tours) sait de quoi il parle. Il a travaillé sur l’armée romaine dans l’Antiquité tardive. Ça va castagner sévère (et être passionnant) !
Et après ? Vous ne lirez plus jamais les aventures d’Astérix de la même façon. Comment ça, rien à voir ?

YOUTUBE ET L’ESSOR DE LA CULTURE POPULAIRE AUPRÈS DES JEUNES PAUSE_ECRANS_LIVRE1
Avec : Benjamin Brillaud, le m’sieur Youtube de la chaîne Nota Bene. Un carton sur le web, puisqu’il s’agit d’Histoire vulgarisée, accessible à tous, et racontée de manière intéressante (oubliez l’avalanche de dates de votre prof de lycée tant détesté). En plus, c’est une conférence « carte blanche tmv ». Parce qu’on aime s’incruster.
Et après ? Vous ne verrez plus l’Histoire pareil. Vous ferez une cure de Nota Bene (3 fois par semaine, avec un chocolat chaud). Surtout, vous verrez à quel point l’accès à la culture est hyper important. Et que le web libère la création auprès des jeunes. Oui, vous !

15 h 30
LE VOYAGE DES RELIGIONS
Avec : Odon Vallet. Vous le voyez constamment invité sur les télés nationales quand il s’agit de causer religion. L’enseignant à la Sorbonne et à l’université Paris-VII sera présent à Tours.
Et après ? Lisez l’une de ses trentaines de publications si vous n’avez pas eu votre dose. Ou bien suivez le compte @JesusOfficiel sur Twitter, parce que c’est un vrai voyage à travers le WTF et le (très) très drôle.

LE JAZZ, PREMIÈRE MUSIQUE MONDIALISÉE
Avec : Alexis Heropoulos. Professeur d’Histoire du jazz et d’analyse au département de jazz du conservatoire de Tours, il a aussi joué dans de nombreux groupes (Eclecpileptic, au hasard). Autant dire que monsieur est calé et plutôt béton sur le sujet.
Et après ? Swinguez sur du Duke Ellington ou repassez-vous le mythique L’Aventure du jazz, réalisé par Louis Panassié. Tranquilou dans le canapé.

>>Les 17 et 18 novembre, au lycée Choiseul. Gratuit !
>> Places à réserver sur lessalonsdechoiseul.wordpress.com (on se presse, ça part vite !). Un coup d’oeil aussi sur facebook.com/LesSalonsDeChoiseul pour voir l’évolution des places. Entre la rédaction de cet article et la parution de tmv, il est bien évidemment possible que certaines conférences susmentionnées affichent complet.
>> >> Jeudi 17 : les salons en direct sur Radio Béton 93.6 !

Image1

Le panier culturel se décline

Grâce à Viens voir à Tours, il y avait déjà les paniers culturels pleins de surprises. Désormais, l’association propose le même concept… mais pour le jeune public !

(Photo viensvoiratours)
(Photo viensvoiratours)

Tmv vous en parlait l’an dernier : l’association Viens voir à Tours (Vvhat) avait lancé les paniers culturels. Un véritable succès : inspirés des Amap de fruits et légumes, ces « paniers » permettaient de consommer la culture différemment. Et surtout mettait le local en valeur.

Désormais, l’asso a élargi son initiative au jeune public. Ainsi, et jusqu’au 24 novembre, il est possible d’acheter un panier dont le contenu reste secret jusqu’à sa distribution. Tout au plus savons- nous qu’il y aura, à l’intérieur, deux places de spectacle (pour un enfant et un accompagnateur), un livre et un jouet fait main.

Vvhat veut ainsi s’adresser aux enfants à partir de 3 mois et leurs parents. Ce n’est que le 3 décembre que le panier sera distribué, lors d’un après-midi au Bar Bidule avec un spectacle en prime. Ce panier jeune public « est une volonté de l’équipe de valoriser la culture autour de la jeunesse. Que ce soit autour de nos jeunes curieux que par les artistes qui nous entourent », indique Alexander Berardi, de l’association.

> Panier culturel jeune à 25 €. Jusqu’au 24 novembre sur viensvoiratours.fr

Culture, tendances & web #38

Beaucoup de lecture au programme de nos chroniques cette semaine ! Des livres et de la BD à tout va, mais on n’en oublie pas la musique, ainsi que la petite phrase magique de Bayrou.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
TARZAN
Gros blockbuster tellement propre et aseptisé qu’il en perd en authenticité, ce Tarzan new generation, emballé par David Yates, mise avant tout sur la nostalgie et sa générosité. Mais dans sa débauche d’effets spéciaux, le cinéaste en oublie le plus important : le récit. Tarzan reste divertissant, mais pas si mémorable, ni même aidé par un casting 4 étoiles pourtant bien transparent. On accroche peu à Alexander Skargsgård, un peu fade en Tarzan. Et même la solaire Margot Robbie et l’immense Christoph Waltz semblent en roue libre. Comme quoi l’esbroufe d’effets numériques ne fait pas tout.
A.G.

LA BD PAUSE_ECRANS_bD
LE MONDE MAGIQUE DE LA BANDE DESSINÉE
Avec ce recueil de dessins parus dans le magazine DBD, Philippe Vuillemin frappe très fort. Aucun des travers et de l’actualité du petit monde du 9e Art n’échappe à son oeil et il s’en donne à coeur joie pour dézinguer tout ce qu’il se passe à portée de son humour caustique et ravageur. Mais loin de n’être qu’une entreprise de destruction et de sarcasme, on sent aussi l’amour de l’auteur pour cet univers qu’il connaît sur le bout de ses crayons. Pour preuve ? Ces hommages appuyés, à tous ces auteurs qu’il admire et à ce milieu dont il est un des piliers majeurs depuis de nombreuses années.
Hervé Bourit

PAUSE_ECRANS_CD1LE CD
HOPE SANDOVAL & THE WARM INVENTIONS – UNTIL THE HUNTER
Le timbre est hypnotisant. La voix, de velours. Hope Sandoval, l’ancienne Mazzy Star, est tout simplement magique sur Until the hunter. Accompagnée de Colm Ó Cíosóig, elle pose de sublimes ballades, aériennes, mélancoliques, douces. On plane souvent à l’écoute de ce disque. Les yeux se ferment, la beauté nous enveloppe. Hope Sandoval transporte littéralement. Dans toute cette délicatesse, certains titres sont de véritables instants de poésie. Par exemple, The Hiking song, magnifié par ses arpèges entêtants et ses violoncelles, véritable merveille. Un petit bijou, tout en sensibilité. A.G.

CINÉMA
ANNÉE DORÉE POUR DISNEY
L’année 2016 aura été en or pour Disney. La firme a annoncé que ses recettes mondiales au box-office étaient de 5,85 milliards de dollars. Un poil plus que l’an dernier (5, 84 milliards). Il faut dire que le studio de Mickey a tapé juste en squattant le podium grâce à ses succès comme Le Livre de la jungle, Le Monde de Dory, Zootopie et Captain America Civil War. Nul doute que Disney dépassera largement ces 5,85 milliards puisque, à deux mois de la fin de l’année, il leur reste encore à dégoupiller Vaiana (le 30 novembre en France) et Rogue One : A Star Wars story (14 décembre)…
PAUSE_ECRANS_BOXOFFICE

LES LIVRES
PAUSE_ECRANS_LIVRE1NOTA BENE – LES PIRES BATAILLES DE L’HISTOIRE
Après avoir fait ses preuves sur le web avec sa chaîne YouTube Nota Bene, Benjamin Brillaud se lance dans la version papier. Ici, l’autodidacte fanatique d’Histoire se penche sur 15 batailles désespérées, incongrues, à l’issue souvent inattendue. Tyr contre l’empire macédonien, Zanzibar, Pont-Saint-Louis ou encore Marathon : Benjamin Brillaud parcourt les siècles et pose, avec simplicité, un regard pédagogique bienvenu. De vulgarisation historique il est toujours d’actualité. Mais la mine d’informations et de petits anecdotes élèvent le propos. Digeste, récréatif et surtout très intéressant, un ouvrage à mettre (vraiment !) entre toutes les mains…
A.G.

LA SÉNILITÉ DE VLADIMIR P. PAUSE_ECRAN_LIVRE
Dans un futur proche, reclus dans une luxueuse datcha, l’octogénaire Vladimir P. délire, s’imaginant encore président, entouré vingt-quatre heures sur vingt-quatre par une kyrielle de domestiques corrompus. Seul Nikolaï Ilitch, son infirmier, ne profite pas de lui. Michael Honig, l’auteur, pourtant Australien, a su écrire « à la russe ». Un tour de force exceptionnel. Comme Le Pingouin, d’Andreï Kourkov, La Sénilité de Vladimir P. nous fait entrer dans un monde corrompu au point qu’on frise la folie. Et derrière l’uchronie, pointe une autre réflexion : tout homme, quels que furent ses actes et son passé, mérite d’être traité avec dignité.
E.S.

PAUSE_ECRANS_LIVRE3LES 20 PLUS GROS BIDES DE LA PRESSE FRANÇAISE
Morts-nés ou éphémères : ici, Guillaume Fischer s’intéresse aux journaux qui, soit ne sont finalement jamais parus, soit ont été tués au bout d’à peine deux ans. Au milieu d’une multitude de témoignages et d’anecdotes, l’auteur décrypte finement l’évolution de ces journaux sur une trentaine d’années. On aurait souhaité davantage d’illustrations, mais le livre de Guillaume Fischer remplit tout de même sa mission : loin de n’être destiné qu’aux journalistes, l’ouvrage intéressera aussi les curieux/ses du monde des médias et d’une facette méconnue de l’histoire de la presse écrite.
A.G

Capture

Culture, tendances & web #36

Beaucoup de lecture, cette semaine, pour nos chroniques culture. De la BD, du livre enquête et du roman sont au programme. Sans oublier la musique et la série télé immanquable ce mois-ci !

PAUSE_ECRANS_BDLA BD
ANDY ET GINA
Il ne fallait pas moins qu’une superbe intégrale, enrichie de planches et d’illustrations inédites, pour rendre un hommage mérité a Andy et Gina qui nous ont fait hurler de rire ces dernières années dans les pages de Fluide Glacial. Un magazine où leur papa, le dessinateur tourangeau Relon, s’est fait une place au soleil grâce à son humour caustique. Ce magnifique pavé promet des heures de franche rigolade, avec un frère et une soeur, aussi antinomiques qu’inséparables, devant se coltiner une famille un peu… spéciale ! Tout est dans le mélange des genres entre rêves les plus fous et bêtises les plus gores, qui font de cette série un OVNI humoristique de haut vol à classer entre Tim Burton et la Famille Adams sur fond d’AC/DC.
Hervé Bourit

LA SÉRIE TV PAUSE_ECRAN_ROBOT
MISTER ROBOT, SAISON 2
Le hacker le plus névrosé du petit écran est de retour. Depuis le 24 octobre, France Télévisions diffuse la deuxième saison de Mister Robot. Son héros, Elliott, informaticien de génie, est une version geek de Decker. Comme Decker, il est solitaire, inapte a communiquer avec autrui, il utilise ses connaissances (fort développées) et son métier pour jouer les justiciers nocturnes et éliminer les brebis galeuses de la société. Il constitue aussi son petit cimetière personnel de trophés. Mais ici, pas de sang : les codes et le data sont les armes. On peut reprocher à Mister Robot un rythme très lent et des intrigues un peu tirées par les cheveux mais sa photo, son montage et sa bande son méritent qu’on suive ce deuxième tome. Juste pour le plaisir de prendre le temps.
E. S.

PAUSE_CD_CORBELLE CD
CÉCILE CORBEL – VAGABONDE
Difficile de décrire le travail de Cécile Corbel, un OVNI musical qui trace sa route depuis dix ans. Formée à la harpe celtique, elle a instauré une musique onirique mais structurée, nourrie de ballades bretonnes, d’influences baroques et même sépharades. Une délicatesse et une originalité récompensée par un disque d’or et une Victoire de la musique au Japon. Vagabonde, son nouvel album, est une nouvelle pépite et elle y ose des expérimentations musicales inédites. Dans La Fille sans nom, sa voix cristalline se mêle au timbre chaud de Faada Freddy sur des rythmes entraînants. Waterfalls, très rythmé, a des accents folk magnifiques. Un moment hors du temps à savourer sans modération. E. S.

LES LIVRES 
LE DISPARU- ANNE-SOPHIE MARTIN PAUSE_LIVRE
Il a juste disparu. Il laisse derrière lui cinq cadavres et des dettes. Des mails et des lettres aussi. Cinq ans après le massacre de sa famille, Xavier Dupont de Ligonnès reste introuvable. Anne-Sophie Martin, journaliste et scénariste spécialiste des faitsdivers, a remonté le fil des écrits de Ligonnès pour suivre son voyage en enfer. Elle rappelle les paroles de Côme Garcin, procureur de Nantes, un an après la tuerie : « On se demande toujours comment une personne bascule du côté du mal ». Dans Le Disparu, c’est ce mystère-là qu’Anne- Sophie Martin tente de percer, rappelant que les monstres naissent bien souvent de leurs fragilités. Écrite à la troisième personne, cette enquête nous fait pourtant entrer dans la tête du fugitif le plus célèbre de France.
E. S.

PAUSE_LIVRE_COMMECOMME SI J’ÉTAIS SEUL – MARCO MAGINI
Si vous cherchez une bluette, passez votre chemin : Marco Magini publie un texte à trois voix sur le massacre de Srebenica. Dirk, un casque bleu, Drazen, un homme engagé dans l’armée serbe et Roméo, un juge espagnol du tribunal pénal international racontent chacun le massacre et leur implication. Inspiré d’une histoire vraie, ce livre prend à la gorge. L’écriture, très forte, simple et profonde, sans effets de style, nous embarque dans des vies cassées.
E.S.

Culture, tendances & web #35

Au programme de nos chroniques, un chouette EP d’un Tourangeau, mais aussi la double dose de BD, un livre touchant (Les Valises) et l’intégrale du cultissime Malcolm !

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
MALCOLM – L’INTÉGRALE
Vingt-deux DVD, rien que ça. Sept saisons, un coffret et une liste faramineuse de bonus : l’intégrale de Malcolm (99 €) renaît dans une nouvelle édition inédite et numérotée (attention, 5 000 exemplaires mis en vente dès le 18 octobre !). Au programme, les 151 épisodes de la série mythique qui se voit ici agrémentée d’un album photo cartonné de 20 pages aux couleurs de la famille. Une mine d’or pour les fans (mais pas que) qui retrouveront aussi divers suppléments comme la version intégrale de l’épisode pilote, des making-of, des entretiens avec le créateur ou encore un listing des faux-raccords, des scènes coupées et des spots promos. Collector !
A.G.

LE LIVRE PAUSE_ECRANS_LIVRE
LES VALISES
Les Valises, c’est une histoire d’amour… Non, en fait, c’est l’histoire d’une ado, un peu paumée, en quête d’identité. Enfin… c’est plutôt sur la Shoah et l’héritage douloureux que Sarah, jeune lycéenne orléanaise de 15 ans, porte sans le savoir. Sans le savoir parce que le livre aborde aussi les non-dits, les secrets familiaux trop lourds à cacher. Bref, en réalité, Les Valises, c’est un savant mélange de tout ça, captivant, touchant, inattendu, entre premier amour parfait, famille d’accueil compréhensive et bouleversements intérieurs. Pour son premier roman, Sève Laurent-Fajal dévoile une écriture délicate et percutante que les jeunes lecteurs, à partir de 14 ans, devraient apprécier.
J.B.

LES CD
PAUSE_ECRANS_CD1ANTO – RIEN QUE DES MOTS
Dans sa biographie, ce Tourangeau se dit « grand amoureux de la langue française ». Et c’est ce qui frappe en premier, à l’écoute de ce joli sept titres d’ANTO. Ici, les mots sont mûrs, réfléchis. Beaux, tout simplement. ANTO joue avec le langage, les métaphores. Rien que des mots, le titre de son album (tiens donc), propose de la chanson à textes malins. Inspiré par Bertrand Cantat notamment (cette texture de la voix et ces intonations !), ANTO accouche ici d’un EP remarquable, étonnant et diversifié. Il suffit d’écouter le très beau et mélancolique Jeter La Balle pour s’en convaincre.
>Sur antotoutseul.bandcamp.com/releases ou facebook.com/Antotoutseul
A.G.

NOFX – FIRST DITCH EFFORT PAUSE_ECRANS_CD2
Ils écument les scènes depuis plus de 30 ans. Comptant parmi les vétérans du punk rock californien, les NOFX viennent de pondre First Ditch effort. Un treizième effort surprenant, tant il risque de paraître déroutant et en demi-teinte à la première écoute. Beaucoup plus personnel (il suffit d’écouter Fat Mike se livrer sur son addiction à la drogue), ce nouvel album emprunte de nouveaux chemins sans toutefois jamais renier ses premières amours. Le punk mâtiné de pop est toujours là. Ses envolées mélodiques aussi. Mais First Ditch effort est bien plus sombre et émotionnel. Une sorte de cri de l’intérieur de la part d’un NOFX qui n’a jamais été aussi déconcertant. Ou courageux…
A.G.

LES BD
PAUSE_ECRANS_BD1LES POMPIERS – FEUX DÉPART
Et de seize tomes pour la série des Pompiers, signée Cazenove et Stédo. Dans Feux départ, le lecteur partage 24 heures d’une journée de ces soldats du feu. Rien de très drôle a priori ? Pourtant, cette bande-dessinée multiplie les situations cocasses et délirantes. Comme à son habitude, Les Pompiers fonctionne sous le modèle une planche = un gag, le tout boosté par un rythme effréné. Si le trait de Stédo est d’une efficacité redoutable (les caricatures sont réussies), le scénario de Cazenove balance quelques vannes bien senties. Mais ce même humour présent depuis les débuts de la BD pourra lasser ceux qui espéraient du neuf ici.
A.G.

LITTLE NEMO IN BEDELAND  PAUSE_ECRANS_BD2
Derrière une superbe couverture de ZEP, on tombe sur un très bel entretien entre le papa de Titeuf et le dessinateur Franck Pe à propos, bien sûr, du célèbre héros de Winsor McCay. Car le Little Nemo de ce précurseur de la BD américaine reste un incontournable du 9e Art. C’était donc d’une évidence folle qu’il serve de fil conducteur à cet ouvrage dirigé de main de maître par le dessinateur tourangeau Eric Derian, aussi patron de l’école Brassard/Delcourt. Un beau recueil, qui réunit la fine fleur de la première promotion de cette école de BD parisienne, dont les élèves ont fait preuve d’une imagination débordante. Nemo s’y retrouve en effet dans des situations oniriques et poétiques qui laissent augurer d’un bel avenir à cette brochette de talents.
Hervé Bourit.

Culture, tendances & web #33

Cette semaine, tmv a beaucoup lu ! Une double dose de BD, un sublime livre sur la ville de Tours, mais aussi des ouvrages divers et variés. Bonne lecture !

PAUSE_ECRANS_LIVREPHOTOLE LIVRE PHOTO
TOURS, DES CHEMINS ET DES HOMMES
C’est un sublime ouvrage qui vient de paraître. Tours, des chemins et des hommes est une promenade passionnante : entre les textes de Benoît Piraudeau et les photos de Chanel Koehl et Guillaume Le Baube, il donne à voir une ville lettrée, musicale, gourmande, architecturale. Accessible à tous, bourré de petites informations historiques et d’anecdotes, ce très beau livre se distingue aussi par un ensemble photographique absolument extraordinaire. Esthétique et de toute beauté, déjà, mais surtout immanquable pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur Tours… ou qui, tout simplement, aiment leur ville.
A.G.
> 24 €. éditions Sutton, avec Ville de Tours.

LES BDs
LES FONDUS DES VINS DE LOIRE PAUSE_ECRANS_BD2
Après avoir écumé les quatre coins de la France, il fallait bien que la série des Fondus du vin pose ses cases dans notre jolie région. Ce septième volet, nourri du trait simple d’Olivier Saive, propose 48 pages de gags, comiques sans être hilarants non plus, mais qui sont une mine d’informations. Scénarisée par le duo Cazenove-Richez, la BD distille des dizaines de renseignements sur la technique du vin, les appellations et cépages, ainsi que les qualités des vins de Touraine, de la Loire, du Centre, de l’Anjou et du pays nantais. Une sympathique découverte, aussi ludique que divertissante.
A.G.

PAUSE_ECRANS_BD1JOSEPHINE BAKER
Déjà auteur de biographies dessinées remarquables, le duo Catel Muller (dessin) – José Louis Bocquet (récit) récidive avec ce superbe pavé de 568 pages. Il n’en fallait pas moins, car quand on s’attaque à un personnage aussi riche que Joséphine Baker, on est pris dans un tourbillon inextinguible. Celle qui débarqua à Paris à l’âge de 20 ans fut tour à tour militante anti-ségrégationiste, résistante, mère adoptive. Tout cela en parallèle de sa carrière d’artiste de music-hall qui fit chavirer la planète ! Une grande, très grande Dame, qui méritait bien qu’on lui rende enfin l’hommage qu’elle méritait. Et c’est au 9e Art de le faire d’une façon généreuse et vraiment touchante pour ce qui est un de nos gros coups de coeur de cette saison.
Hervé Bourit

LES LIVRES
LA RUE EST MON ROYAUME PAUSE_LIVRE
Le titre est révélateur. La Rue est mon royaume est une ode à ces « ombres de la rue », comme l’auteure, Bénédicte Froger-Deslis, l’écrit si bien. Dans ce livre de 430 pages, elle y raconte la vie, le quotidien, l’avancée d’une « clodette », une femme de la rue. Hiver comme été, elle est là. Qu’on la regarde ou qu’on l’ignore. Sombre mais paradoxalement lumineux, le roman permet de découvrir la rue, la ville et tout simplement la vie sous un autre prisme. Les descriptions admirablement bien menées et les dialogues percutants parachèvent un ouvrage captivant.
A.G.

Image26ENTRE SCALPEL & CISEAU
C’est un parcours singulier qui est présenté ici. Dans Scalpel & ciseau, Jean-Jacques Santini y mêle habilement son amour pour l’art — peinture et sculpture en tête — et sa passion de la médecine qu’il a exercée, notamment au CHRU de Tours. Véritable tête pensante de la neuro-chirurgie et professeur d’anatomie, Santini fouille ses souvenirs, se rappelle, explique et raconte. Entrecoupé de séquences purement visuelles (quel effort fourni pour le travail de photos ! Le livre fait le lien entre le sculpteur et le chirurgien. Une double lecture intéressante.
A.G.

LE CHIFFRE
13
Le nombre de jours d’affilée que durera le marathon Simpson : la chaîne américaine FFX a annoncé qu’elle diffuserait les 600 épisodes de la famille jaune du 24 novembre au 13 décembre. C’est ce qu’on appelle un « binge watching »…

Festival Imag’in : la preuve par 6 au Sanitas

Ce week-end, le Festival Imag’In revient. Désormais incontournable dans le paysage culturel tourangeau et au Sanitas, voilà la preuve en six points qu’Imag’In est un immanquable qui permet notamment au quartier de s’épanouir.

imag'in

Pour découvrir les assos de la ville

« Nous souhaitions développer l’aspect village, cette année. Beaucoup plus d’associations seront présentes et feront de l’animation et des actions », indique Pepiang Toufdy, maître à penser d’Imag’In. Le fondateur du festival fait venir une dizaine d’assos tourangelles. Le Bureau info jeunesse, la Maison de l’Europe, le planning familial, Arcades Institute, le Centre social Pluriel(le)s ou encore Uniscité, la compagnie PihPoh et la Fraca-Ma seront là. Le Bus d’Icart viendra aussi faire un tour, tout comme les radios 37 et Campus.
> Samedi, de 10 h à 18 h.

Se faire la dose de concerts (gratuits)

Beat Matazz (Photo tmv)
Beat Matazz sera aussi de la partie ! (Photo tmv)

C’est un des piliers d’Imag’In. Proposer des rencontres musicales gratuites en plein Sanitas. Cette année, le programme est chargé : Gonzague, Beat Matazz, Hostyle, Doclap, Padawin, Janski Beeeats, Hippocampe fou et, pour finir, la grosse tête d’affiche Big Red. Deux scènes, huit artistes, et des concerts qui s’enchaînent sans répit de 18 h 45 à 1 h du matin.

Pour faire un max de découvertes

Un des buts d’Imag’In est « de rassembler tout le monde » au Sanitas. C’est pour cela que, dès vendredi 17 h 30, la fanfare La Vaginale, de la fac de médecine de Tours, déambulera dans le quartier pour lancer le festival, avant d’enchaîner avec une scène talents. Un moment pour promouvoir les artistes émergents, de Margaux Anastasia à Abdou, en passant par Addis, Maxwell et d’autres. Le lendemain (10 h), ce sera déambulation avec Tarace Boulba, plus de 20 ans au compteur, qui souhaite rendre accessible la pratique de la musique gratuite à tous.
Pour le reste du samedi, comptez sur Bollywood in Tours (16 h) et la capoeira (16 h 45) pour un petit voyage. Sans oublier une carte blanche à la compagnie Phoeon.X (17 h 30), immanquable, puisque sa dernière création mélange danseurs valides et d’autres en situation de handicap.

S’initier au graffiti…

… et à sa culture. Vendredi, les ateliers Imag’In permettront de découvrir le graf’ et tout ce qui gravite autour : rapport à la loi, mouvement hip-hop, techniques gestuelles. Les œuvres devraient être valorisées le samedi, sur la place Saint-Paul.
(inscriptions : com.prodcite@gmail.com)

Pépiang Toufdy (Photo tmv)
Pepiang Toufdy est le fondateur du festival Imag in. (Photo tmv)

Pour devenir musicien d’un jour

Marre de chanter seul sous la douche avec le pommeau en guise de micro ? Dur dur de jouer de la guitare avec pour seul public le chien (empaillé) de mamie ? Le Festival Imag’In a pensé aux artistes de demain en installant une scène ouverte à tou(te)s, privilégiant le chant sous toutes ses formes. « Mais on pourra aussi ramener son instrument, se brancher comme on veut et jouer », précise Pepiang Toufdy. L’idéal pour pousser les jeunes (mais pas que !) à s’exprimer d’une manière différente.
>Samedi, de 10 h à 14 h.

La photo pour montrer son quartier

« Un concours photos est organisé le vendredi, pour lequel les jeunes devront ramener 5 photos qui seront ensuite exposées. Le but est de montrer son quartier(*)», résume Pepiang Toufdy. Permettre à ces jeunes d’exposer le regard qu’ils portent sur leur environnement, leur lieu de vie, c’est aussi une autre façon « de les rendre responsables et de permettre leur épanouissement ». Bref, la philosophie même d’Imag’In.
(*) Cette opération, qui se déroulera de 10 h 30 à 13 h et de 14 h à 17 h, pourrait d’ailleurs bien donner lieu à une publication prochaine dans tmv sous forme de portfolio !

> Festival Imag’In, les 9 et 10 septembre, place Saint-Paul au Sanitas (en vélo, en tram ou en bus !). Gratuit.
> facebook.com/imagin.festival

Culture, tendances & web #31

Côté chroniques de cette semaine, on vous présente deux ouvrages immanquables : Distorsion et La Déconfiture. Les musicien(ne)s, eux, iront poser leurs oreilles sur l’EP de Mangrove !

LE CD
MANGROVE – PARATI (EP)
Non, l’été n’est pas fini et c’est tant mieux : pour une dose supplémentaire de chaleur, faites donc une cure de Mangrove, avec son premier EP intitulé Parati. Ce trio tourangeau de hip-hop, formé en 2015, réunit les membres Otto Rivers, Heartbox et Fresh Manicut. Avec ce rap évasif et presque susurré, Mangrove fait voyager, se la joue décontracté, distille son groove efficace et lascif sous un soleil brûlant. La plume, elle, est redoutable : les paroles, travaillées et aiguisées, sont d’une poésie et d’une technique rares. Une production locale qui fait du bien et prouve, une nouvelle fois, que la Touraine est une terre de talents cachés.
A.G.
> En écoute sur mangrove-musique.bandcamp.com

LE LIVRE 
DISTORSION – VENTRE
Les volumes 1 et 2 ont cartonné, il était donc évident que les fous furieux de Distorsion reviennent avec un troisième opus. Autour de la thématique du ventre (mais pas que), ce brûlot explore les mondes, du cinéma bis à la musique, en passant par la BD. Explosant constamment sa maquette, superbement mis en page, torpillant les conventions et la bien-pensance, Distorsion aborde sur 144 pages des sujets à l’esprit punk : rencontre avec des exorcistes, reportage sur le metal au Sri-Lanka, zoom sur les parodies de Tintin ou les supplices sur les entrailles à travers les âges… C’est 100 % apocalyptique, politiquement incorrect et diablement déjanté.
A.G.
> Sur distore.tv ou dans les librairies (qui osent)

LA BD
LA DÉCONFITURE
Avec cette histoire prévue en deux parties, l’ex-Tourangeau Pascal Rabaté revient à ce qu’il sait faire de mieux : nous prendre par la main et nous emmener mine de rien dans une histoire avec une facilité déconcertante qui vous entraîne et vous subjugue immédiatement. Elle n’est pourtant pas gaie cette débâcle de l’armée française en juin 1940, à travers l’histoire de ce bidasse balloté par un quotidien où plus aucun repère ne subsiste. Cette déconfiture, un titre imparable, sobre et cru, nous fait vivre cette époque avec une sensibilité rare. L’ouvrage de cette rentrée. Pas moins.
Hervé Bourit

LE DVD 
LE LIVRE DE LA JUNGLE
Relecture du mythique Livre de la jungle, le film de Jon Favreau est aussi séduisant que le serpent Kaa. Véritable prouesse technique et bijou visuel tourné en prises de vue réelles, cette jolie oeuvre est bourrée d’émotions et d’énergie. Pour sa sortie en Blu-ray, l’éditeur a incorporé quelques bonus, comme un making-of et deux mini-reportages, ainsi qu’un commentaire audio du réalisateur. De quoi (re)découvrir une production spectaculaire et réussie aussi bien dans son esthétisme que dans sa narration.
A.G.

TV
LA CHAÎNE 23 FAIT PEAU NEUVE
C’est ce qu’on appelle booster ses programmes. La chaîne 23 de la TNT a décidé de gonfler son offre pour la rentrée. Il sera donc possible, par exemple, de regarder des matches de football en clair et en prime. Preuve en est : le 16 septembre, elle diffusera Chelsea-Liverpool. Pour le reste, la 23 a aussi voulu élargir son spectre d’émissions (des directs, de la politique, etc.) et de séries en acquérant notamment Orange is the new black, produit phare de Netflix.

Culture, tendances & web #30

Dernières chroniques culture et web avant les vacances ! On parle tour à tour de Scarecrow, d’un papa bien rigolo, de la guitare de Prince ou encore des rééditions Blu-ray des Dents de la mer 2, 3 et 4 !

PAUSE_ECRANS_CDLE CD
SCARECROW – THE LAST
Les mélanges de styles, beaucoup s’y sont cassés les dents. Scarecrow n’est pas de ceux-là. Les Toulousains, qui ont récemment multiplié les dates outre-Atlantique, arrivent avec brio à faire copuler blues et hip-hop, dans une orgie de slide-guitares, de samples, de phrasés rappés. Avec ce nouveau disque, Scarecrow accouche d’un concept album sans changer de formule. La fusion de constructions sonores hybrides est toujours aussi habile. Le travail sur les ambiances, lui, est remarquable (certaines chansons se poseraient parfaitement sur la bande-son d’un Tarantino). Surprenant, nourri de paroles intelligentes, groovy et innovant, ce The Last finit d’assoir la formidable réputation d’un groupe qui est définitivement à suivre.
A.G.

INSTAGRAM
SELFIE DAD SUPERSTAR
En une semaine, ce papa a fait le tour des médias. Chris Burr Martin en avait assez que sa fille poste des selfies sur Instagram. Au lieu de la punir, il a préféré lui « piquer la honte » en publiant, à son tour, des photos parodiques dans lesquelles il imite, au détail près, sa fille : tatouage, bouche en cul de poule, habits, maquillage… Tout y passe. Et c’est génial.
> instagram.com/therealburrmartin
PAUSE_ECRANS_INSTAGRAM

FACEBOOK
CAMOUFLET POUR LES MÉDIAS
Hourra pour les photos de bébés qui font leur première crotte et les photos de vos jambes façon Knacki à la plage. Facebook a décidé de modifier son algorithme de classement de contenus : ainsi, il mettra davantage en valeur ce que publient vos amis proches ou votre famille dans votre fil d’actualité. Au détriment, donc, des contenus postés par les sites d’actualité ou des personnalités. Facebook a déjà prévenu les médias que le trafic de leur page risquerait de décliner.

LA BD PAUSE_ECRANS_BD
L’HERBIER SAUVAGE
Avec ce livre socio-érotique illustré par Chloé Cruchaudet, Fabien Vehlmann nous donne à lire des témoignages, expériences ou souvenirs d’hommes et de femmes qui se livrent et se racontent sans inhibition. Dans une veine naturaliste, il effeuille sans voyeurisme ni jugement et donne à lire un ovni livresque à ne pas mettre dans toute les mains. Jamais une expérience de cette sorte n’avait été tentée et le résultat est bluffant. Entre littérature et sociologie, ces chemins buissonniers sont une photographie sensible et lumineuse des sentiments humains.
Hervé Bourit

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
LES DENTS DE LA MER 2/3/4
Jusqu’à maintenant, la saga culte des Dents de la mer n’avait vu que son premier film faire l’objet d’une édition Blu-ray chez Universal. L’éditeur a donc décidé de faire subir le même sort – et c’est tant mieux – aux épisodes 2, 3 et 4. Le choix du fan se portera en premier lieu sur Les Dents de la Mer 2, le seul bénéficiant d’une partie bonus : scènes coupées, making-of et documentaires (portrait de l’acteur Keith Gordon ou encore zoom sur le compositeur mythique John Williams), storyboards et bandes-annonces. Les autres éditions (volumes 3 et 4) restent maigrelettes avec, certes, une piste DTS-HD Master Audio 2.0 pour dézinguer quelques oreilles, mais zéro supplément. Dommage, d’autant que ces deux films ne sont pas les plus inoubliables qu’ait porté la saga…
A. G.

Capture

Culture, tendances & web #29

Zootopie sort enfin en DVD ! Et en même temps, les Red Hot proposent un album en demi-teinte. Gramatik, lui, balance toute sa discographie sur le web.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
ZOOTOPIE
En début d’année, Disney signait l’un des films d’animation les plus remarquables. Ce Zootopie, aussi tordant qu’intelligent, parvenait à raconter notre société à travers un récit malin, prenant place dans un monde post chaîne-alimentaire, où toutes les espèces animales cohabitent. Graphisme époustouflant, de toute beauté (ce travail sur les décors !), cette pépite pleine d’esprit est enfin à retrouver en DVD. On ne saura trop vous conseiller de vous jeter sur l’édition Blu-ray, remplie de bonus. La partie suppléments est effectivement très riche malgré son découpage commun (scènes coupées, genèse du film, composition de la musique, etc.).
A.G.

LA BD Image6
LE CONTREPIED DE FOÉ
Voilà un livre qui a le mérite de dévoiler une des faces les plus obscures du ballon rond. Petit pavé dans la mare des bonnes intentions, Le Contrepied de Foé emmène dans le monde sombre de ces recruteurs sans foi ni loi qui vendent du rêve a de pauvres gamins en leur faisant miroiter des merveilles. C’est ce qui arrive à deux jeunes garçons camerounais qui vont se laisser embarquer dans une belle escroquerie. Servie par un dessin efficace signé Damien Vidal, l’histoire de Laurent Galandon a le mérite de ne pas tomber dans les clichés. Il n’empêche, ce néocolonialisme interpelle. Que ces pratiques destructrices puissent être mises en valeur de manière si subtile mériterait un… ballon d’or.
Hervé Bourit

PAUSE_ECRANS_CD1LE CD
RED HOT CHILI PEPPERS – THE GETAWAY
Qu’on aime ou qu’on déteste, force est de constater que les Red Hot ont la peau dure. Trente ans de carrière, des tops et des flops, et cet onzième album sorti 5 ans après un I’m with you en demi-teinte. Alors oui, avec The Getaway, les RHCP ont encore adouci leur propos. Oui, leur rock flirte dangereusement avec la pop. Le guitariste John Frusciante n’est plus là, la force mélodique est donc amoindrie. Si certains passages tombent à plat, le reste est relativement intéressant, à condition de s’offrir plusieurs écoutes pour en saisir toutes les subtilités. Loin des majestueux Californication ou Blood sugar sex magick, mais un disque plus grave, posé et intime.
A.G

LE SINGLE 
ARCHIVE – DRIVING IN NAILS
Les princes du trip hop ont dévoilé un nouveau clip Driving in nails. Sorte de mise en bouche au dixième album The False Fondation dont la sortie est prévue le 7 octobre prochain. Le collectif anglais propose un nouveau titre, long (plus de six minutes) et expérimental avec très peu de parties vocales : le chanteur répète uniquement « driving in nails » en boucle. Le clip, à coup d’images subliminales de cercueils, de crânes humains et de radiographies, convoque mélodies lancinantes et rythmiques effrénées. Le dernier disque paru en 2015, Restriction était déjà sophistiqué et mélomane, on attend la suite avec impatience.
V.G

MUSIQUE PAUSE_ECRANS_DIOSCLOSURE
SON DE CLUB
Disclosure revient avec un nouvel EP Moog for Love. Trois titres sont maintenant en écoute sur Deezer, Spotify et consorts. Sans surprise, la nouvelle livraison des frères Lawrence est un son de club. Très house et sur-gavé aux voice coders, on s’ennuie un peu.

BEAU GESTE
Gramatik, le beatmaker slovène n’a plus à craindre le téléchargement illégal. Il a rendu toute sa discographie disponible gratuitement sur son site officiel. Ce dernier expliquait en 2014 sur Reddit, qu’il était fervent défenseur de la gratuité. Pour soutenir son label Lowtemp, ceux qui le souhaitent peuvent faire un don.

SÉRIE
LA FIN POUR VINYL
Vinyl, la série chouchou produite par HBO, portée par Martin Scorcese et Mick Jagger n’aura pas duré bien longtemps… Les audiences étant en berne, la chaîne américaine a décidé de ne pas la reconduire pour une deuxième saison, malgré l’annonce qui avait été faite en février.

Le Bateau ivre de nouveau à flot !

Ouf, le collectif Ohé du bateau respire enfin. Le Bateau ivre est prêt pour une nouvelle aventure.

12573825_1113148615392582_8477467951869950312_n

« Bravo à nous tous. Un énorme merci aux 1 700 premiers sociétaires qui ont permis au collectif de devenir propriétaire de la salle de spectacle le Bateau ivre à Tours. L’aventure de la coopérative culturelle SCIC Ohé ne fait que commencer… » Ohé du bateau ne cachait pas sa joie, il y a quelques jours, sur sa page Facebook. La Semivit, propriétaire des murs dont l’actionnaire principal est la mairie, a accepté de vendre la mythique salle pour 270 000 € au collectif.
Un naufrage évité dans ce feuilleton épineux politico-culturel (et qui dure depuis 2010 !).

Mais maintenant, il faudra remettre à flot le navire. Après la signature de l’acte de vente, viendra le temps des travaux et la question de leur financement, ainsi que de la mise en conformité de la salle. Ohé du bateau dispose d’un peu de réserves financières, certes, mais il a aussi une motivation en béton armé et de bonnes idées. Ambitieux, mais pas impossible, donc. D’autant que Le Bateau ivre, incontournable de la vie culturelle tourangelle, a déjà bravé la tempête et n’a pas dit son dernier mot.

[nrm_embed]<blockquote class= »twitter-tweet » data-lang= »fr »><p lang= »fr » dir= »ltr »>La Semivit <a href= »https://twitter.com/villedetours »>@villedetours</a> <a href= »https://twitter.com/hashtag/tours?src=hash »>#tours</a> vend le Bateau Ivre au profit d’Ohé du Bateau pour 270 000€ <a href= »https://t.co/sSbZfm54ZP »>pic.twitter.com/sSbZfm54ZP</a></p>&mdash; Marina Lagelle (@marinalagelle) <a href= »https://twitter.com/marinalagelle/status/746267369178284032″>24 juin 2016</a></blockquote> <script async src= »//platform.twitter.com/widgets.js » charset= »utf-8″></script>[/nrm_embed]

Culture, tendances & web #28

On vous a dégoté deux chouettes albums pour cette série des chroniques culture. Sans oublier de la BD, le DVD de Steve Jobs ou encore Microsoft qui se lance dans la marijuana…

LE DVD
STEVE JOBS
D’abord distribué en exclusivité temporaire sur l’Itunes store (sans rire ?), le film de Danny Boyle, Steve Jobs, est désormais disponible en DVD Blu-ray dans une édition tristement maigrichonne. Les fanatiques du papa d’Apple se contenteront donc du long-métrage seul. À savoir un biopic malin construit en trois actes (tous basés sur les fameuses « key notes » de Jobs), dépeignant parfaitement Steve Jobs comme il était : génie visionnaire mais cruel et au coeur de glace. Dans le rôle principal, un fantastique et terrifiant Michael Fassbender, permettant ainsi au film d’exister sans tomber dans la bête hagiographie.
A.G.

LES CDS
WEAVES – WEAVES PAUSE_ECRANS_CD1
Premier disque pour les Canadiens de Weaves et leur indie rock qui n’hésite pas à lorgner du côté de la noise ou de la pop. Ensoleillé et sautillant, cet album éponyme est une bouffée d’air frais : l’énergie débordante et la voix survitaminée de Jasmyn Burke permettent d’accrocher l’auditeur sans le lâcher. Un résultat magnifié par le mixage confié à Alex Newport (At the Drive in) et le mastering à John Greenham (Death Grips). En revanche, si certains chansons sont clairement des tubes en puissance (Coo Coo au hasard), d’autres ont tendance à tellement jouer la carte de l’étrangeté et des rythmes en désordre, qu’elles en perdent vite de l’intérêt.
A.G.

PAUSE_ECRANS_CD2A VOID – ROSES AS INSIDES
Soyons clair : A Void fait partie de ces (très) jeunes groupes qui ont l’art de séduire, petite torgnole musicale balançant la sauce les potards à fond, sans souci du qu’en dira-t-on. Combo parisien dont la moyenne d’âge se situe autour des 20 ans, A Void transpire l’énergie punk, le je m’en-foutisme grunge, influencé par Nirvana et Sonic Youth. Capable d’alterner les tempos rapides et lents, enquillant voix mélodieuses et cassées (Camille, la chanteuse, offre une chouette performance), offrant un gros son (on aurait d’ailleurs aimé des guitares plus baveuses et sales pour ce genre de musique), A Void présente un premier EP qui donne encore plus envie d’assister à leurs concerts réputés déjantés.
A.G.
> Dispo sur facebook.com/avoidinyou

LE LIVRE PAUSE_ECRANS_LIVRE
COUREURS DE BLUES
Avant de vous lancer dans le marathon de Tours, faites d’abord un détour par ce sympathique Coureurs de blues. Roman signé du Tourangeau Jacques Teyssandier, l’ouvrage relate — à travers la passion de la course à pied — la relation entre une jeune dépressive et un sexagénaire désabusé : amour ou amitié ? Les frontières sont parfois floues. Coureur de blues, dans un style fluide (le livre pourrait se lire d’une traite) sans être linéaire, met tour à tour en valeur la Touraine, les 10 & 20 km de Tours, ainsi que son fameux marathon. Une agréable lecture pour se mettre en jambes avant septembre.
A.G.

PAUSE_ECRANS_BDLA BD
L’INVERSION DE LA COURBE DES SENTIMENTS
Avec près d’une cinquantaine d’album à son actif, Jean-Philippe Peyraud est un auteur talentueux qui compte malgré sa discrétion. Avec cette superbe bédénovella, on tient là un de ses ouvrages qui font date dans la carrière d’un auteur. Il faut dire que ce roman graphique, qui passe du comique au drame, est un véritable tourbillon et un superbe condensé des sentiments amoureux. Dans cette valse sans fin, servie par un graphisme sans faille, cette chronique douce-amère sait rendre comme jamais la vie, celle de tous les jours mais aussi celle dont on rêve au plus profond de soi. Jamais mièvre, jamais gratuit, ce conte moderne à l’écriture subtile est définitivement notre livre de l’été.
Hervé Bourit

TECHNOLOGIE
MICROSOFT ET LE CANNABIS
Récemment légalisée dans certains États, la vente (juteuse) de marijuana aux États-Unis semble intéresser Microsoft. La firme a annoncé s’être alliée à Kind Financial, une start-up californienne, pour bénéficier d’une technologie pouvant suivre précisément les ventes de graines de cannabis aux autorités locales (ce qui empêche par exemple de les écouler au marché noir). Cette plate-forme de Kind Financial était déjà utilisée par les autorités locales et les agences de régulation pour la réglementation et la surveillance des ventes de cannabis.

RADIO
DES AUDIENCES TRUQUÉES ?
Un scandale inédit ? Cinq groupes (Skyrock, NRJ Group, NextRadioTV, Les Indés Radio et Lagardère Active) ont accusé Fun Radio de « pratiques déloyales et frauduleuses » et d’avoir manipulé ses audiences. Récemment, l’animateur- clé de Fun Radio Bruno Guillon a parlé de « manipulation incroyable et absurde ». La station a décidé de porter plainte pour diffamation.

Culture, web & tendances #27

Pour les chroniques culture et tendances web de la semaine, place au DVD de Deadpool, au CD d’Haxis ou encore du plan B de Bolloré. Outch !

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
DEADPOOL
Après avoir cartonné au box-office, le fameux Deadpool débarque en DVD Bluray. L’anti-héros made in Marvel avait botté un paquet de fesses, lors de sa sortie ciné : gros délire jubilatoire, trip régressif bourré de WTF, méga majeur tendu à la face d’un monde biberonné aux blockbusters édulcorés, Deadpool faisait vraiment du bien. Même si — n’en doutons pas — il reste un produit tout de même bien calculé (eh oh, c’est la Fox qui co-produit). Il n’empêche : c’est un plaisir de retrouver l’édition DVD qui propose plus de 2 h de bonus, notamment avec un bêtisier et des scènes inédites. De quoi patienter avant sa suite prévue pour 2017…
A.G.

LA BD PAUSE_ECRANS_BD
LE JOURNAL D’AURORE
Si la BD a beaucoup donné au cinéma, la littérature reste une mine d’or pour les adaptations BD. Alors quand on possède un fonds aussi important que celui de l’École des Loisirs, il y a de petites merveilles à adapter. C’est le cas de ce roman de Marie Desplechin que la dessinatrice Agnès Maupré a su parfaitement retranscrire. Il faut dire que son héroïne Aurore est l’archétype de l’ado du XXIe siècle, plongée dans tous les affres de son âge (parents, école, copines, amour…). Au travers des petites péripéties de la vie courante, subies plus que vécues, on la découvre tour à tour boudeuse, rêveuse et surtout très très ado ! Ajoutez un humour caustique et une finesse d’écriture : c’est frais et vivant et ça fait vraiment du bien.
Hervé Bourit

PAUSE_ECRANS_CD1LES CDS
HAXIS – CITY LIGHTS
Haxis, projet tourangeau estampillé « electro trash », est de retour avec un nouvel EP intitulé City Lights. Dans des sonorités 80s agréables, Haxis présente cinq titres mêlant électronique, voix planantes, agrémenté de quelques guitares. Faisant le récit d’un personnage qui arpente une ville plongée dans la nuit, City Lights vit totalement son histoire au travers d’une musique habilement structurée. On aurait toutefois aimé une présence plus massive des guitares tant le mélange est réussi (le titre éponyme ou encore Glide), Haxis parvenant effectivement à incorporer les accords de Richard Chuat, guitariste connu du groupe de metal Kronos. Une jolie découverte.
A.G.

MITSKI MIYAWAKI – PUBERTY 2 PAUSE_ECRANS_CD2
Encensée par la critique outre-Atlantique (et pas que), la chanteuse et musicienne américaine Mitski Miyawaki sort son 4e album. Ce Puberty 2 a beau posséder un grain indie-rock, il n’en reste pas moins impossible à classer : l’album, très dense, varié et ambitieux, ouvre son rock à différents styles, différentes vibes. Se laisse porter par le vent, allant là où la songwriteuse de génie veut aller. En résulte un disque extrêmement intéressant et troussé avec brio. Cependant, les nombreuses ruptures de ton et de styles tendent à déstabiliser – agacer, diront certains. Mais avec ses (à peine) 31 minutes, Puberty 2 est une bouffée d’air frais.
A.G.

INSTAGRAM
CALORIES ET CULPABILITÉ
Prêt(e) à culpabiliser un petit coup ? Le compte Instagram Calorie Brands transforme les logos des marques en nombre de calories. Ainsi, le logo du pot de Nutella® se transforme en 4 520 calories, celui d’un mini Babybel® en 70 calories ou encore une bouteille de vodka en 1 625 calories. Oui, ça en fiche un coup. Pleurez, maintenant.
> instagram.com/caloriebrands

PAUSE_ECRANS_INSTAGRAM

A LA TV
LE PLAN B DE BOLLORÉ
« Le grand Saigneur », comme on le surnomme, a encore frappé : Vincent Bolloré, le big boss de Canal+, a annoncé quelques nouvelles mesures. S’il n’est pas question de fermer Canal +, Vincent Bolloré a toutefois annoncé que les programmes en clair ne représenteraient plus « qu’une à deux heures par jour maximum contre six ou sept aujourd’hui ». À prévoir aussi, une nouvelle grille tarifaire des abonnements, la volonté de doubler l’audience de D8 (qui appartient au groupe) ou encore le déploiement de la vidéo à la demande, sans pour autant toucher au cinéma.

SUR LE WEB
LA PETITE VIE DES RÉSEAUX SOCIAUX
> Que ce soit sur PC, MAC ou smartphone, il est désormais possible de répondre aux messages Facebook par une vidéo. Le réseau social espère redonner un peu envie aux utilisateurs de partager des contenus, une tendance à la baisse ces derniers temps.
> Près de 32 millions d’identifiants Twitter ont été piratés et mis en vente. Cinq millions de Russes ont été touchés. Le mois dernier, 65 millions de mots de passe Tumblr et MySpace avaient été hackés et revendus.
> Snapchat continue de progresser. Avec 58,6 millions d’utilisateurs rien qu’aux États-Unis, le réseau devance Twitter et Pinterest.

Capture

Prix du roman : Petits & grands plaisirs

C’est une Rachel Khan ravie de se voir distinguée pour la première fois, chez elle, à Tours, qui est venue recevoir le Prix du roman tmv à la Boîte à Livres. Avec les membres du jury, elle a passé un long moment à parler de son roman, en toute liberté…

Rachel Khan, Prix du Roman tmv 2016 pour Les grandes et les petites choses (Éditions Anne Carrière). (Photo Hugues Le Guellec)
Rachel Khan, Prix du Roman tmv 2016 pour Les grandes et les petites
choses (Éditions Anne Carrière). (Photo Hugues Le Guellec)

Comment vous l’avez écrit, ce livre ?
J’y ai pensé pendant pas mal de temps et, à un moment donné, j’ai dit Go ! À partir de là, je l’ai écrit en un mois. Je ne me suis plus arrêtée. C’était un peu radical, mais je ne pouvais pas faire autrement. Je voulais que le rythme du livre soit celui d’une course. Je voulais que le lecteur court vraiment en le lisant et qu’il reste toujours dans ce rythme-là.

C’est un roman qui peut vraiment plaire à des jeunes gens : le style est direct et nous plonge dans l’action. C’était votre volonté ?
Oui, j’ai pensé à eux tout le temps, aux jeunes. C’était important pour moi, surtout dans ces périodes compliquées où on leur raconte toujours les mêmes choses. Je ne voulais pas d’effets de style. J’ai sabré pas mal de phrases pour ne pas être dans le descriptif mais toujours dans le sensoriel. Ça rejoint mon travail de comédienne : travailler avec les sens.

C’est un livre qui a une forte musicalité, aussi…
J’ai toujours été baignée dans beaucoup de musiques. La musique classique puis, après, la musique de mon père, le hip-hop, le jazz… Je voulais que chaque personnage corresponde à des notes qui, à la fin, soient en harmonie. Une note, c’est très simple et c’est la diversité des notes qui fait qu’il y a harmonie ou pas. Alors, j’ai joué avec le son des mots. J’ai grandi avec des couleurs différentes dans l’oreille. Entre les accents Yiddsh de ma mère et les accents de l’Afrique de Ouest de mon père, les accents anglophones par dessus tout ça, cela donnait des sonorités vraiment variées. Je voulais qu’on les retrouve dans le livre.

Les Grandes et les petites choses, n’est-ce pas, avant tout, un roman de transmission ?
C’est peut-être lié à la crise de la quarantaine ! Mais oui, c’était une nécessité à un moment donné de ma vie de dire en une seule oeuvre l’essentiel pour mes enfants et, dans le même temps, de rendre hommage à mes parents tant qu’ils sont encore là.

C’est un des grands thèmes du livre, ça. Le brassage des cultures, des différences…
Dans la manière dont les choses sont présentées, et notamment au cours de cette année 2015 terrible, on stigmatise beaucoup et on a l’impression que les gens ne se parlent pas. Que d’un côté il y a les noirs, de l’autre les blancs, les catholiques, les musulmans, les juifs… Alors que non.. Tout le monde se parle, pour de vrai. Je crois vraiment que les histoires d’origines, c’est un alibi. La vraie histoire, elle n’est pas là du tout. En chacun de nous, il y a des histoires qui sont toutes très singulières et qui, en même temps sont très communes. Nous sommes semblables sur 99 % de ce que nous sommes. C’est sur le 1 % restant que l’on stigmatise, les différences.

Des événements très graves et des choses plus légères sont traitées sur le même plan dans votre roman. Pourquoi ce choix ?
Parce que, parfois, dans nos vies quotidiennes, un souci qui n’est pas du tout grave peut prendre des proportions inouïes. On se fait en permanence sa propre hiérarchie des problèmes. En fait, on passe une vie à trouver sa place. C’est ça le vrai thème du livre. Mais pOur moi, au fond, c’est une célébration de la vie. D’ailleurs, durant tout le temps de l’écriture, ce livre devait s’appeler Champagne ! Mais l’éditeur avait peur que les libraires se trompent et croient commander un livre sur le vin.

Diriez-vous qu’il y a une dimension politique dans votre roman ?
Oui. C’est un livre politique, en vrai. Mais politique contre les thèses. Pour laisser à chacun la possibilité de se faire son propre chemin de pensée. Et aussi parce que c’est un livre qui se passe il y a vingt ans, à la naissance de mon fils. À cette époque, il y avait déjà Les graines de problèmes que nous subissons aujourd’hui. Après les attentats de Saint-Michel, les choses étaient déjà là.

1540-1L’HISTOIRE

Les grandes et les petites choses raconte l’histoire de Nina. Elle a 18 ans et vit entre son grand-père juif polonais, tailleur de costumes pour hommes, sa mère, son père gambien et son frère cadet David. L’appartement est un capharnaüm joyeux dont la jeune femme s’évade en pratiquant, en secret, l’athlétisme de haut niveau.

Culture, tendances & web #26

Cette semaine, on parle du nouvel album du prodige Max Jury, de la BD qui vous envoie en l’air et du gros tout nu de Friends !

PAUSE_ECRANS_BDLA BD
L’AVIATEUR
La BD d’aventure reste un genre spécifique avec des codes bien précis. Ici, un décor de rêve (l’Afrique de l’Est) au paysage vierge et la nature suffisamment sauvage et imprévisible pour en faire une héroïne à part entière. Ensuite, un pitch bien senti : l’histoire d’un jeune garçon de 17 ans qui découvre la joie du pilotage, les délices de l’amour et de l’engagement pour son pays l’Allemagne, au fin fond d’une brousse où la colonisation et l’évangélisation bat son plein. Enfin, un trio d’auteurs : Jean-Charles Kraehn, Chrys Millien et Erik Arnoux. C’est luxuriant, plein de rebondissements et les amateurs d’exotisme, d’aviation et d’aventure devraient y trouver leur compte. Un des récits les plus réussis de l’année.
Hervé Bourit

LE DVD PAUSE_ECRANS_DVD
SPOTLIGHT
En janvier, tmv proclamait Spotlight film du mois. Le temps a passé, mais ce petit bijou reste toujours aussi fascinant. Décrivant avec minutie l’enquête journalistique du Boston Globe qui a fait éclater au grand jour, en 2002, un vaste scandale de prêtres pédophiles, faits qui avaient été étouffés par la police, les politiques et les hommes de pouvoir. Il est bien dommage que cette édition DVD ne propose rien en supplément pour pareil sujet. On se contentera donc de (re)voir cette pépite, magistralement interprétée, entre portrait glaçant d’une ville qui a vu l’Eglise catholique vaciller et ode au journalisme, au vrai.
A.G.

ETUDE
HALTE AU SEXISME
D’après Le Figaro, Axelle Lemaire (secrétaire d’Etat chargée du numérique) a réuni plusieurs représentants du jeu vidéo, fin mai, afin de s’attaquer au sexisme dans ce secteur. Le gouvernement réfléchirait à plusieurs mesures, comme la création d’un label ou des aides accordées aux jeux vidéo « donnant une image positive de la femme ».

PAUSE_ECRANS_CD1LE CD
MAX JURY – MAX JURY
« Prodige de la pop », « jeune apôtre de la country sensible », « jeune premier »… On a un peu tout lu sur Max Jury, 23 ans. Un jeune gars tout frêle, tout mignon, sorti de l’Amérique profonde, du fin fond de l’Iowa. Et en enfournant ce premier album éponyme, un constat s’impose rapidement : oui, Max Jury a un sens inné de la chanson qui fait mouche. Mélangeant habilement son Spleen à sa voix d’ange, passant du piano aux cordes sans gêne ni souci. Tout en délicatesse, maniant parfaitement la science du refrain, Max Jury se laisse emporter par ses influences (gospel, soul, pop, country) tout au long d’un album plutôt surprenant.
A.G.

FRIENDS PAUSE_ECRANS_FRIENDS
LE GROS TOUT NU ENFIN CONNU
Todd Van Luling, journaliste au Huffington Post américain, a réalisé une loooongue enquête pour retrouver qui se cachait derrière… le « gros tout nu », personnage culte de la série Friends. Son nom et son visage n’ayant jamais été divulgués, Todd Van Luling a donc interrogé producteurs et agences de casting, tout en essayant les portraits-robots. Au final, il s’avère que le figurant s’appelle Jon Haugen (donc non, ce n’était pas le concierge de la série). Ce gros tout nu a révélé que la Warner, productrice du show, l’avait obligé à rester « caché » pour alimenter le mystère.

Quand le Temps Machine débarque au Grand Théâtre

Le Temps Machine s’exporte au Grand Théâtre. Et fait venir deux pointures du genre…

MISE A JOUR 9/06 !!! Communiqué / report

Nous sommes au regret de vous informer que le concert prévu ce dimanche de Ballaké Sissoko et Vincent Segal sur la scène du Grand Théâtre est reporté. Hospitalisé et opéré en urgence la semaine dernière, Ballaké Sissoko ne pourra finalement pas se produire ce dimanche. Nous espérions que son état s’améliore rapidement et lui permette de maintenir ce concert. La date du report est fixée au Samedi 22 Octobre 2016. Les billets restent valables pour cette date.

Pour les spectateurs souhaitant effectuer un remboursement, merci de vous rapprocher du Temps Machine : 02 47 48 90 60 – contact@letempsmachine.com

L’équipe du Temps Machine

*****

« L’idée est venue d’une volonté d’ouverture du Temps Machine et, qui plus est, de collaborer avec des acteurs locaux. » Vincent Maïda, responsable comm’ de la salle, jubile : le 12 juin, le Temps Machine ira au Grand Théâtre de Tours pour le concert de Ballake Sissoko et Vincent Segal. « Il fallait un grand confort d’écoute pour cette musique. Ce lieu était donc parfait : c’est magnifique, les conditions sont optimales et on y est assis », ajoute Vincent Maïda.

La venue du duo de musiciens, qui avait d’ailleurs remporté en 2010 un prix aux Victoires du Jazz, a été possible « parce que le directeur intérimaire du Grand Théâtre a un peu la même vision que nous ». Une nouvelle collaboration amenée à faire des petits ? Du côté du Temps Machine, on est 100 % pour ! « On espère refaire ce genre d’initiatives. Proposer des concerts hors les murs, c’est une première pour nous. Il faut que ça continue. »

> Le 12 juin à 19 h, Ballake Sissoko & Vincent Segal, au Grand Théâtre. De 17 à 24 €.

Années Joué : l’art à la conquête de la rue

Chaque printemps, le festival Les années Joué accueille des artistes qui prennent plaisir à envahir les rues et à s’approprier la ville. Leur but ? Rendre l’art accessible à ceux qui n’osent pas toujours franchir la porte des lieux traditionnels.

Image9
(Photo Auguste Jarrigeon)

Les arts de la rue, c’est cette idée de donner de la place à la création artistique pour qu’elle s’installe au cœur de l’espace public. Que chacun se réapproprie un parc, un bout de trottoir ou encore une esplanade grâce à des représentations de théâtre, de danse, de musique, de cirque, etc. En France, ce sont plus d’un millier de compagnies et d’artistes qui pratiquent les arts de la rue, un procédé plus accessible que les salles de spectacles classiques. En effet, selon les chiffres de la Fédération des arts de rue, une personne sur trois assiste chaque année à un spectacle de rue, contre seulement une personne sur cinq pour un spectacle de théâtre. Pour cause : les festivals de rue sont souvent gratuits et touchent des publics plus variés. « Pour moi, c’est une revendication de faire de l’art dans la rue, de sorte que n’importe quel passant puisse le voir. C’est là où on touche le plus de profils différents », défend Agathe, membre de la compagnie Fouxfeuxrieux, qui participera aux années Joué dans la catégorie tremplin pour son spectacle Kamin’é. Cette envie de rendre l’art accessible au plus grand nombre, à ceux qui n’ont pas pu, pas pensé ou pas osé franchir les portes des salles de spectacle, s’est largement développée au sein des institutions ces dernières décennies. Des villes comme Aurillac, Sottevillelès- Rouen ou encore Chalon-sur-Saône ont créé leurs propres festivals et sont aujourd’hui parmi les plus grands événements nationaux. Des « saisons » d’art de rue ont aussi vu le jour. « La profession s’est vraiment structurée, ce qui est indispensable pour qu’on puisse en vivre. Mais dans le même temps, cela a enlevé un peu de notre spontanéité créative », regrette Agathe.

Lors de leur passage, les artistes proposent souvent aux villes de mobiliser les habitants et de les faire participer aux spectacles. Le jour J, les artistes rencontrent leur public, créent une proximité. « Ils participent parfois directement au spectacle et ils viennent nous voir plus facilement à la fin de la représentation, nous racontent que eux aussi jouent d’un instrument, etc. », constate Quentin, artiste de rue depuis quatre ans et membre de la Compagnie du Coin qui jouera L’Espérance de St-Coin aux années Joué. Image8

Pour les années Joué, les centres sociaux de la ville ont, par exemple, en amont, créé des ateliers avec les artistes et les habitants pour préparer les lieux du festival, en construisant notamment toute la signalétique. Pour son spectacle de projection audiovisuelle sur des façades d’immeubles, la compagnie komplex kapharnaüm a utilisé des témoignages de Jocondiens. Mis en place il y a dix-neuf ans, le festival de Joué était, à l’origine, une foire. « La Mairie voulait créer un événement transversal à l’ensemble de ses activités, pour que les services travaillent ensemble au moins une fois par an sur un projet commun », explique Sandrine Fouquet, adjointe à la culture de Joué-lès-Tours. Elle a ainsi greffé, petit à petit, des compagnies d’artistes : la compagnie Off était présente dès la première édition et sera là aussi cette année. Tous les premiers week-end de juin le rendez-vous est donné et il accueille aujourd’hui entre 30 000 et 40 000 visiteurs, pour 250 artistes et techniciens.

CaptureLa Ville n’a pas l’intention de s’arrêter là. « Après la cinquième édition, la question de savoir si on restait amateurs ou si on passait pro a été posée. On a opté pour la seconde option », se souvient Olivier Catin, directeur du festival en charge de la programmation, membre de l’équipe depuis la création du festival. Ce fut la première grande étape. Chaque année, Olivier Catin parcourt la France pour trouver de nouveaux spectacles, de nouveaux talents. « Depuis plusieurs éditions, on sent un réel effort dans la programmation, les troupes ne sont plus seulement locales, elles viennent de tout l’Hexagone et d’ailleurs. Ce n’est pas Aurillac évidemment mais ça pourrait en suivre le chemin », observe Hélène Bourdon, chargée de production pour la Compagnie du Coin. Le service culturel aimerait d’ailleurs développer encore un peu plus l’aspect international, afin que plus de programmateurs nationaux et internationaux viennent repérer les artistes.

Les arts de la rue, un secteur qui se porte bien ? Pas si simple. « Agathe et moi on ne fait effectivement que des arts de rue et nous arrivons à en vivre », explique Thomas, membre de la compagnie Fouxfeuxrieux. « Mais ce n’est jamais évident. Nous sommes dans le même cas que les autres artistes : globalement les contrats sont moins nombreux, des dates sont annulées et les programmations restreintes. Le régime des intermittents est souvent attaqué et le secteur est fragilisé depuis la crise », analyse-t-il. En période de disette, il n’est en effet pas rare que la ligne culture des budgets municipaux affiche quelques ratures. Et l’imaginaire collectif a parfois du mal à évoluer : « Certains croient encore que l’artiste est quelqu’un qui vit d’amour et d’eau fraîche. Nous sommes des professionnels, nous créons des spectacles que nous vendons pour pouvoir en vivre », rappelle Hélène Bourdon. Du côté de Joué-lès-Tours en tout cas, le message est plutôt clair : la mairie a décidé d’augmenter de 50 000€ le budget du festival, pour arriver à la somme totale de 350 000€ dont 210 000 € consacré à l’artistique.

> Festival Les années Joué, du vendredi 3 juin à 18 h 30 jusqu’au dimanche 5 juin à 20 h. Rue de Verdun à Joué-lès-Tours (arrêt de tram Rotière ou Rabière). Entrée gratuite.
> Toute la programmation sur anneesjoue.fr

Culture, tendances & web #25

Cette semaine, on parle séries, BD et DVD. Du très bon au très mauvais : voilà les chroniques culture et tendances web du moment.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
LA 5E VAGUE
Bon, soyons clair, ce 5e Vague – énième adaptation de roman estampillé « young adult » – est à réserver aux fanatiques de la jolie Chloë Grace Moretz ou aux afficionados du genre. Car le film (une ado tente de retrouver son petit frère alors que des envahisseurs s’attaquent à la Terre en vagues successives) a beau commencer par un chouette premier acte façon film catastrophe, il dérive ensuite vers une romance niaise et larmoyante. Il y aura peut-être de quoi se rattraper avec un lot de bonus pas inintéressants, entre scènes coupées, bêtisier ou petites séquences comme les coulisses et un guide de survie. De quoi sauver un film dégoulinant de bons sentiments.
A. G.

LA BD PAUSE_ECRANS_BD
NUAGES ET PLUIE
Ce n’est pas la première fois que le dessinateur Philippe Dupuy et sa compagne et scénariste Loo Hui Phnag collaborent. Mais c’est sans doute le premier ouvrage où leur complicité est d’une telle évidence. Avec cette histoire très sensuelle et très onirique de vampires dans l’Indochine des années 20, ils nous livrent une histoire au rythme hypnotique. Aux côtés de Werner, ancien soldat allemand égaré au Laos qui trouve du travail dans une étrange manufacture, on découvre peu à peu une jeune femme mystérieuse qui ne sort que la nuit… Le reste se déroule dans une ambiance où imaginaire, rêves et fantasmes se télescopent dans une réalité très crue. C’est beau et étrange à la fois !
Hervé Bourit

PAUSE_ECRANS_CD1LE CD
DJ KOZE (PAMPA VOL. 1)
Le producteur allemand DJ Koze se rappelle au bon souvenir des amateurs de musique électronique avec cette compilation d’inédits, signés sur l’un des meilleurs labels allemands du moment, Pampa Records. Les deux CD de ce premier volet présentent des productions des artistes « historiques » du label (comme Rajko Müller, alias Isolée, avec – sans surprise – l’une des meilleures contributions). Parmi les signatures plus récentes mais non moins talentueuses, on retrouve Mount Kimbie, Jamie xx ou encore Gold Panda. Les artistes moins connus ne devraient pas tarder à accéder à la notoriété de leurs glorieux aînés (notamment Acid Pauli). Pour ceux qui pensent que la musique électronique est répétitive et ennuyeuse, c’est l’occasion de changer d’avis !
Jean-Philippe Kempf

À LA TV PAUSE_ECRANS_SERIES
L’ACTU DES SÉRIES
> Norman Reedus (Daryl dans The Walking Dead) a prévenu, dans une interview sur Entertainment weekly radio : « Croyez-moi, quand je vous dis que ça vaut le coup d’attendre. Je pense que la planète entière va probablement exploser, c’est tellement fort ! » La saison 7 est attendue pour l’automne.
> Joaquin Guzman, alias El Chapo le célèbre baron de la drogue mexicain arrêté il y a peu, a tenu à prévenir Netflix et la chaîne History : hors de question de réaliser une série sur son personnage. Sinon, le narcotrafiquant les attaquera en justice.
> La série Limitless n’aura pas de 2e saison. Elle a été annulée par la chaîne CBS.
> Un classement des séries les plus suivies de l’année a été réalisé. En 1re position, on retrouve The Walking Dead, puis Empire, suivi de Game of Thrones en 3e position (étonnant !). Ce top se base sur les 18-49 ans, aux États-Unis, mais en audiences live… qui ne comptabilisent donc pas les rattrapages, les redif et le streaming.

ÉTUDE
SEXISME ET MISOGYNIE
Un think tank britannique a réalisé une étude concernant les insultes sexistes sur Twitter. Il s’avère que 50 % des messages misogynes publiés sur Twitter proviennent… de femmes et la plupart du temps, très jeunes. Un résultat obtenu suite à un travail sur trois semaines qui a passé en revue – grâce à un algorithme – deux insultes fréquemment utilisées, « slut » et « whore » (« sal… » et « pu… ») sur près de 10 000 tweets.

Capture

Culture, tendances & web #24

Des gros sous-sous pour James Bond au piratage de LinkedIN, en passant par les chroniques de la compil’ Aucard et de la BD érotique : voilà le programme.

PAUSE_ECRANS_BDLA BD
JULIA
Dans le monde du 9e Art, la BD érotique représente un continent à elle toute seule. Si le genre compte des auteurs phares, comme Manara ou Serpieri, il existe aussi des structures dynamiques comme Dynamite qui nous ressort des tiroirs un des chefs-d’oeuvre du genre. Avec son personnage Julie, devenue Julia au fil de ses aventures, le dessinateur Olson n’a rien à envier aux plus grands. Certes, on y retrouve toutes les figures imposées de ce style qui s’adresse à un public adulte averti. Mais le trait incroyable de cet auteur, qui se bonifie de pages en pages, et les multiples rebondissements subis par l’héroïne parviennent à dépasser les carcans du genre. Un résultat plutôt bluffant !
Hervé Bourit

LE DVD PAUSE_ECRANS_DVD
LES 8 SALOPARDS
Western à huis-clos étouffant, la dernière offrande de Tarantino avait divisé à sa sortie. En cause, l’overdose provoquée par un Quentinou qui s’auto-parodiait (dialogues exquis à rallonge, surenchère dans le gore…). Le film possédait toutefois une photographie de toute beauté (tourné en 70 mm, CQFD) et de nombreuses séquences jubilatoires. Les fans du réalisateur pourront donc se régaler avec cette version blu-ray qui a la bonne idée de proposer, en suppléments, un entretien avec le cinéaste et les comédiens, une présentation du procédé 70 mm par Samuel L.Jackson et un bonus moins indispensable sur l’avant-première parisienne.
A. G.

Image27LE CD 
COMPILATION AUCARD DE TOURS
Aucard revient bientôt à Tours pour sa 31e édition (lire p.8) ! À cette occasion, Radio Béton a sorti une petite compile bien dodue avec ses 16 titres, tous de groupes prévus au festival cette année. Les habitués de Radio Béton reconnaîtront la plupart. Le néophyte, lui, se régalera de la grosse claque infligée par Sapiens Sapiens ou du rap sans concession de notre Nivek local. Fidèle à son esprit hétéroclite, le rock côtoie ici l’electro et le punk, en même temps que Debout sur le zinc se fait enchaîner direct par un Francky goes to Pointe-a-Pitre délicieusement ensoleillé. Une compilation idéale à se mettre sous la dent (ou dans les oreilles, suivant vos goûts) avant d’aller se trémousser à Aucard.
> Compile à gagner sur Radio Béton et à Aucard avec « des jeux démoniaques » dixit l’orga !
A.G.

SUPERGROUPE PAUSE_ECRANS_MUSIQUE
ON A LA RAGE
Prophets of Rage, c’est le nom du nouveau supergroupe qui devrait faire causer très prochainement. Si les internautes ont d’abord crû à une reformation de Rage against the machine (dont nous), il s’agirait en fait, d’après Billboard, d’un projet réunissant une partie du groupe culte certes… mais sans son chanteur, et accompagné aussi des membres de Public Enemy et Cypress Hill. Bref, une troupe bien énervée et engagée quand on connaît les loustics, à l’heure où les révoltes sociales se font entendre. Timing parfait !

AU CINÉ
CIAO JAMES BOND
La production lui a proposé 88,5 millions de dollars… mais ça n’a pas suffit. Daniel Craig a refusé la proposition en or de la MGM après avoir passé quatre films à interpréter James Bond. Un rôle qui l’a eu à l’usure, avait-il déclaré. En attendant, c’est Tom Hiddleston (vu dans Avengers et High Rise) qui a fait trembler les cinéphiles… et parieurs ! Après sa rencontre avec la productrice de la saga, l’acteur a affolé les compteurs. Le porte-parole de Coral, un site de paris en ligne, a indiqué au Telegraph : « Les sommes gigantesques investies sur Tom Hiddleston nous ont forcés à arrêter les paris. »

Capture

Aucard de Tours en un quart de seconde

Tonton Roger ne comprend pas votre amour pour Aucard ? Mamie Pierrette a du mal à imaginer le bien que ça fait quand vous secouez votre tignasse et remuez du popotin au fameux festival ? Voilà quelques infos à ressortir, histoire de briller au repas de famille.

La teuf avec les Wampas.
La teuf avec les Wampas.

PLUS D’UNE CENTAINE DE BÉNÉVOLES

« On a 150 bénévoles, contre 600 pour Terres du Son par exemple. Ce qui fait que, du coup, tout le monde cohabite à Aucard : bénévoles et artistes mangent ensemble. C’est vraiment une bonne ambiance », rappelle Enzo, le big boss responsable de la prog’ du festival.

PETIT EST DEVENU GRAND

On prend la machine à remonter le temps : nous sommes le 21 juin 1986. Lana Del Rey fête ses un an (et pan, le coup de vieux), Coluche est mort deux jours plus tôt, le groupe Téléphone s’est séparé 2 mois auparavant, la mode est aux choucroutes sur la tête. Bref, tout va mal. Fort heureusement, Aucard lance sa 1re édition. Au menu ? 12 groupes, pendant 12 h, pour un budget de 12 000 francs.
L’Île Aucard accueille les concerts mais au fil du temps, les festivaliers affluent. De plus en plus nombreux. Aucard devra donc déménager. Maintenant, la Gloriette et le festoche semble indissociables. Le succès, aussi.

LIBERTÉ J’ÉCRIS TON NOM

On sait, on sait : Aucard, c’est un mélange de concerts, de découvertes, tout ça tout ça. Mais ce qui plaît, surtout, pendant ces cinq jours, c’est un état d’esprit propre à Radio Béton et plus globalement à Aucard. Bref, un vent libertaire tout simplement, aussi bien dans la musique que dans l’ambiance.
Un esprit de contestation aussi, comme à Béton qui se retrouve tant dans la colonne vertébrale du festival (l’an dernier, le thème était Ni Dieu, ni maître…) que dans la prog’ (oubliez les gros groupes commerciaux, racoleurs et qui copulent un peu trop avec le playback). Et quand on y pense, le festival Aucard est né en 1986, suite à une interdiction d’émettre de Radio Béton. Liberté et contestation, qu’on vous dit.

MOT D’ORDRE : DIVERSITÉ

On le disait : à Aucard, vous pouvez zapper les grosses variétoches un peu mièvres. Ici, le leitmotiv, c’est de proposer une diversité musicale et même au niveau des têtes d’affiche. Le festival a pu voir passer, au cours des années, Tryo, Ez3kiel, Les Ogres de Barback, Guerilla Poubelle ou encore Atari Teenage Riot. Pour l’anecdote, ces derniers avaient d’ailleurs voulu une certaine marque d’eau avec zéro nitrate, une loge individuelle excentrée sans aucune fumée de cigarette. Ça vous la coupe ? Non ? Tant pis, c’est cadeau.

LE MONDE EST FOU

Aucard, c’est l’occasion de faire la fête pendant 5 jours. C’est aussi la possibilité d’assister à des choses plutôt… étonnantes. En 1999, le musicien Jean- Louis 2000 a débarqué en hélico. Un périmètre de sécurité est installé, le public, lui, n’est au courant de rien. Jean-Louis 2000 descend sur le site, escorté par des gardes du corps et une infirmière. Il fend la foule, monte sur scène et balance du Boney M. Normal.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=dSZemAeJftI[/youtube]

Culture, tendances & web #23

Double dose de CD, avec Rob Zombie et Soan, de la BD, du DVD avec Creed ou encore un bad buzz bien moisi : voilà l’heure des chroniques culture et tendances web.

LES CDS
Image8SOAN – RETOURNÉ VIVRE
Après avoir joué sur son image de rebelle (participer à La Nouvelle  star, on a connu plus punk mais bon), c’est désormais la rédemption qui prime pour Soan : avec Retourné vivre, l’écorché vif revient après 3 ans d’absence, une fois ses soucis réglés. Entièrement  financé par le crowdfunding, ce 4 e  album offre 16 titres, alternant  entre le joyeux et le mélancolique. Soan malmène son auditeur en  proposant une variété impressionnante (trop ?) dans les styles.  Dommage que, malgré l’intensité de ses sublimes textes (« Un  verre sur deux » est de toute beauté), certains titres soient gâchés  par l’horrible articulation du musicien…
A.G.

ROB ZOMBIE – THE ELECTRIC… Image9
Davantage occupé par ses films d’horreur (géniaux, au  demeurant), sieur Rob Zombie est finalement revenu en studio  pour enregistrer The Electric Warlock Acid Witch Satanic Orgy  Celebration Dispenser (oui, il n’y avait pas plus long). Avec cette  pépite taillée dans un mur du son, Rob Zombie propose ce qu’il  sait faire de mieux : un metal rock horrifique testostéroné, saupoudré de grosses machines electro et de samples de films des années  40-50. Direct mais trop court (31 minutes au compteur), pêchu  mais plombé par deux interludes, ce Electric Warlock reste tout de  même un gros bâton de dynamite faisant péter les décibels.
A.G.

LA BD
Image6CHOC : LES FANTÔMES DE KNIGHTGRAVE
Déjà le deuxième tome pour cette  série où le duo Colman (scénario)  et Maltaite (dessin) font de nouveau  merveille. La tâche était pourtant rude  de se confronter à ce personnage  emblématique des mythiques aventures de Tif & Tondu. Mais le résultat  est une pure merveille due à la construction scénaristique flamboyante,  mais aussi au dessin trop longtemps  sous-évalué d’un Eric Maltaite. Ce  polar sombre, truffé de flashbacks,  rempli de gags, saturé de rebondissements est une œuvre jouissive. Inutile  de  dire que l’on attend le dénouement  de ce triptyque avec impatience.
Hervé Bourit

MUSIQUE
(BAD)BUZZ SORDIDE… 
Un coup marketing… Le groupe YACHT, va  peut-être voir son buzz se retourner contre lui.  Le 9 mai, YACHT, dévasté, prévient ses fans  sur Facebook que leur sex-tape a été piratée et  dévoilée sur Internet. Pour prendre les devants, le  groupe annonce s’approprier la vidéo en la revendant 5 $ sur une section de leur site. Mais les  fans se retrouvent face à une page web bardée  de bugs. Deux jours plus tard, YACHT avoue :  « Si vous avez essayé d’acheter la vidéo, votre  carte n’a jamais été débitée (…) Nous souhaitions  explorer explorer les croisements entre l’intimité, les médias et la célébrité. »  La plupart des  fans, eux, n’ont pas franchement apprécié. Tout  comme les assos de protection de victimes de  revenge porn.
Image7

PIRATAGE GoT
HBO PASSE À L’ATTAQUE
Game of Thrones a beau être la série la plus  aimée de l’univers (si, si) et la plus regardée, elle  est aussi la plus piratée. La chaîne HBO a donc  décidé de contre-attaquer en faisant appel à IP  Echelon, une société qui leur permettra d’identifier les adresses IP des méchants pirates, puis de  les traquer via leur fournisseur d’accès à Internet…  avant de les poursuivre. Bref, pas vraiment de  quoi inquiéter, les Fournisseurs d’accès internet  (FAI) de nombreux pays n’étant pas obligés de  fournir ces données…

CINEMA
LE DOUBLAGE QUI PASSE MAL
C’est le 22 juin que sortira le prochain Disney/ Pixar, Le Monde de Dory. Mais le doublage de  cette suite du Monde de Nemo a provoqué la  colère d’un paquet d’internautes. En cause ?  La présence de Kev Adams (pour le rôle d’un…  beluga !) et la youtubeuse EnjoyPhoenix. Beau- coup estiment que le respect pour le métier de  doubleur professionnel est jeté aux oubliettes.  Comme quoi, il faut toujours voir les films en VO…

Image12

LE DVDImage13
CREED
Pari casse-gueule, mais réussi, ce spin- off sur le rejeton d’Apollo Creed (ancien  adversaire de Rocky) a été la surprise de  ce début d’année. Débarquant en DVD/ Blu-ray, le film de Ryan Coogler est à revoir  dans son salon : exit toute nostalgie pesante,  Creed est un récit initiatique, avec un savant  dosage entre combats, entraînements et  instants mélo. Stallone, touchant, excelle ;  Michael B.Jordan, sobre, attire tous les  regards. L’éditeur ayant rempli les bonus  de petites séquences de 20 minutes et de  scènes coupées, c’est donc le moment de  retourner au rayon DVD de son magasin…
A.G.

Capture

Culture, tendances & web #22

Nouvelle salve de chroniques culture et les tendances du moment, avec Game of Thrones, l’album de Seratones ou encore les salaires mirobolants des stagiaires chez Snapchat et compagnie.

PAUSe_ECRANS_BDLA BD
LA PAROLE DU MUET
On savait Laurent Galandon fou de cinéma, mais quand il nous raconte les aventures de ce jeune apprenti cinéaste entre le Schpountz et Cinéma Paradiso, on est complètement bluffé. Il faut dire que Frédéric Blier son dessinateur s’y entend à merveille pour récréer l’ambiance des studios de cinéma et l’atmosphère très particulière de ce milieu. Son dessin fluide et semi-réaliste donne un relief bien particulier sonnant particulièrement juste notamment dans les scènes de tournage. Ajoutez à cela une mystérieuse inconnue, des séquences un peu pimentées et de très bon gags : un ouvrage plutôt plaisant qui ravira les amateurs d’histoires bien ficelées.
Hervé Bourit

LE CD PAUSE_ECRANS_CD
SERATONES – GET GONE
Le dernier bébé de l’écurie Fat Possum (le label des Black Keys et de Bob Log III) était déjà réputé pour ses prestations scéniques du tonnerre. Et ce n’est pas avec ce nouvel album, intitulé Get Gone, que la Bête va se calmer. Leur garage-rock, aussi chaud que leur Louisiane d’origine, n’hésite pas à s’acoquiner avec des touches bluesy ou soul, aidé par les variations de voix hallucinantes d’AJ Haynes, souvent qualifiée de « Janis Joplin afro ». Alternant titres survitaminés et d’autres plus langoureux, Seratones parvient à trouver un juste équilibre dans l’intensité de cette petite pépite d’à peine 40 minutes. Un album qui sent le Sud, le vrai. Ambitieux et réussi.
A.G.
> Sortie le 6 mai

HIGH TECH
(TRÈS) RICHES STAGIAIRES
Rodney Folz, étudiant à Berkeley, a réalisé une étude sur les offres de stage proposées par les entreprises high-tech pour l’été 2016. On y apprend par exemple qu’un(e) stagiaire chez Snapchat touchera 10 000 $ par mois. Chez Google, il prendra 6 600 $/mois ou 8 000 chez Facebook. Amazon offre une paie de 6 000 $ pour leurs stagiaires, tandis que Twitter vise les 8 400 $. Sans compter que tous ces salaires sont hors-primes, bonus et aides au logement… Banco.

PAUSE_ECRAN_HIGH

SÉRIE TV
MARSEILLE : FUTURE CATA ?
Ce 5 mai, la saison 1 de Marseille sera dévoilée sur Netflix, avant de voir les deux premiers épisodes débarquer sur TF1 le 12 mai. Cette série 100 % frenchy était l’un des événements télé de 2016, sauf que ce House of cards version Côte d’Azur s’est littéralement fait dézinguer par la critique qui a pu la voir en avant-première. En résumé ? Un « raté industriel » selon Télérama, avec un Gérard Depardieu « qui a l’air de s’ennuyer » (AFP), bref « une bouse » (Le Monde) et « une série d’une banalité totale » (Écran Large).

PAUSE_ECRANS_SERIE

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
LES CLASSIQUES DES MONSTRES
Universal nous fait un petit plaisir bien monstrueux, en ressortant quelques unes de ses pépites estampillées « creature feature ». L’occasion de (re)découvrir ces films délicieux, classiques parmi les classiques, mais parmi les moins connus des Universal Studios. Ainsi, le fan d’horreur épouvante oldschool pourra se délecter de She Wolf of London, Le Monstre de Londres ou encore La Revanche de la créature et La Créature est parmi nous. Le must ? Ces bijoux du fantastique à l’ancienne ont droit à une réédition technique exemplaire et, surtout, son lot de bonus, notamment des présentations signées Jean-Pierre Dionnet, cofondateur de Métal Hurlant et cinéphile averti.
A.G.

Capture

Hope festival : le rêve d’un danseur

L’association Dance Hope s’est lancé le défi d’organiser un festival de hip hop à Tours. Pour sa première édition, tous les acteurs sont mobilisés.

Baruc Mikiele, Tiara Logoué et Djalud Bandeke qui sont à l’initiative du Hope Festival.
Baruc Mikiele, Tiara Logoué et Djalud Bandeke qui sont à l’initiative du Hope Festival.

La page Facebook de l’événement Hope festival affiche quasiment 300 personnes intéressées et plus de 130 participants. Ce qui n’était qu’un petit événement avec 150 places prévues est en train de devenir un rassemblement auquel de nombreux amateurs de hip hop aimeraient être conviés. « Nous sommes en train de voir si nous pouvons utiliser d’autres salles du Centre social », anticipe Andry .R, « l’ancien » de 43 ans qui aide l’association Dance Hope à porter l’événement (et qui mixera pendant la journée). C’est son petit protégé, Baruc Mikiele qui en est à l’initiative. À seulement 21 ans, il a eu l’idée d’organiser un festival de hip hop complet, avec à la fois des battles de danse (break et all style) mais aussi de rap. « Pour bien faire il aurait fallu avoir du graff, peut-être l’année prochaine », se projette-t-il. Il voit loin et il a raison.

CaptureDepuis deux ans, le hip hop lui a permis de créer ses propres opportunités. Il a fondé son association en 2014 et donne aujourd’hui des cours de danse à une cinquantaine d’élèves dans les salles de centres sociaux. « Moi, le gamin qui a grandi au Sanitas, on me confie les clefs des centres », s’étonne-t-il encore parfois, avec fierté. Ce qui émane le plus de lui et des deux autres jeunes qui l’ont aidé à organiser l’événement c’est de la reconnaissance. « On a eu la chance d’être accompagnés et d’arriver jusque là. Aujourd’hui nous voulons donner leur chance à d’autres », explique Djalud, 22 ans, en charge de l’organisation logistique.
Tiana, en études dans la mode et en charge des backstages pour l’événement, renchérit : « On veut que les danseurs aient l’occasion de se faire un nom. » Elle explique aussi que leur projet doit permettre de casser les stéréotypes, comme l’idée que les « noirs danseraient mieux que les blancs, qu’il y aurait moins de femmes, etc ». Loisir, passion, le hip hop est devenu pour eux une affaire plus sérieuse. Grâce à leur professionnalisme, Baruc et Andry ont voyagé en France et dans le monde (Maroc, Japon, Thaïlande, Miami).

« Aujourd’hui on peut vivre du hip hop c’est vrai. Mais, comme tous les arts, c’est instable et cela demande énormément de travail », insiste Baruc. Lui-même n’a pas validé ses deux ans d’études postbac et le regrette souvent : « Il ne faut rien lâcher, il faut aller le plus loin dans ses études pour toujours avoir le choix. » Malgré tout, il a trouvé un emploi qu’il occupe en plus de ses cours, pour assurer ses arrières. Tous les matins, le jeune homme se lève à 5 h et part travailler chez un grand distributeur alimentaire, rentre à 13 h 30 et s’entraîne tout l’après-midi ou donne des cours selon les jours de la semaine. « Il faut se ménager, récupérer du sommeil pendant le week-end car si on en abuse notre corps nous arrête très vite », reconnaît-il. Comme dans tout sport, interdiction de manger n’importe quoi ou de relâcher la pression. Baruc s’attache à découvrir toutes les autres danses, classiques, moderne jazz, africaines, pour s’approprier leurs techniques. « Je demande toujours à mes élèves d’avoir beaucoup de vocabulaire. Quand j’en vois qui dansent depuis 6 ans avec certains profs et qui n’ont pas les bases ça me choque », s’agace-t-il.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=wosqE5urX4c[/youtube]

D’ailleurs des formations sont en cours pour répondre à la forte demande. Faire semblant de découvrir que le hip hop existe à Tours serait une hérésie : il y est bien présent depuis les années 1990 et une dizaine d’associations y sont consacrées. Mais depuis quelques années, la culture hip hop s’est structurée, institutionnalisée. Image7
Les mentalités ont changé tout comme « les postures des intervenants de culture urbaine », note Marie- Lise Aubry, coordinatrice jeunesse pour la ville. Andry le reconnaît également, chacun a appris les codes, comme remplir un cahier des charges par exemple. Cela a permis notamment au hip hop d’être inscrit dans le programme Réussite éducative de la ville, qui offre à des jeunes de quartiers prioritaires l’accès à des activités extrascolaires. « Cette année la caisse des écoles de la ville de Tours a même étendu l’atelier aux maternelles », informe Marie-Lise Aubry. Le but ? « L’éveil corporel. Les enfants travaillent leur équilibre, leurs appuis et ils observent ce que font les autres », explique Andry.

De nouveaux projets et de nouveaux acteurs accélèrent encore le mouvement. « Baruc a fait en un an ce à quoi je n’ai pas accédé pendant 20 ans. C’est la génération 2.0, tout va plus vite », plaisante Andry, plein de fierté. Il fallait oser, frapper aux bonnes portes, faire ses preuves. Beaucoup de critères qui ont demandé du temps. De quoi se réjouir même si Baruc aime rester prudent. « Pour le moment nous sommes très demandés, il faudra voir si ça dure. »

> Plus d’infos sur la page Facebook de l’asso ICI !

Captuére

Culture, tendances & web #21

On a écumé le monde du web, des séries, mais aussi de la culture pour vous dégoter quelques jolies trouvailles à écouter, voir, lire, histoire de vous régaler.

Image7LA BD
Ô VOUS FRÈRES HUMAINS
Avec cette adaptation du magnifique roman d’Albert Cohen, LUZ vient de franchir un pas de géant. Ceux qui ne l’imaginaient qu’en caricaturiste vont tomber de leur chaise à la lecture de l’incroyable travail qu’il a fourni pour cette oeuvre humaniste sur la perte de l’innocence. À travers les yeux d’un enfant juif de 10 ans qui rencontre la haine, la haine des autres, l’auteur tourangeau livre un travail de mise en perspective éblouissant avec un talent de graphiste insoupçonné. Ses mises en perspective incroyables confèrent à ce livre une puissance fantastique. On utilise ici rarement le mot chef d’oeuvre mais à la lecture de cet ouvrage on s’y autorisera. Et plutôt deux fois qu’une !
Hervé Bourit

LES CDs

MODERAT – III Image5
Dans le monde (de moins en moins intimiste) de l’electro, les noms de Modeselektor et d’Apparat sont synonymes de qualité. Alors, quand il s’allient, les trois Berlinois laissent présager saveurs, délices et subtilités. Le dernier EP, III, est un bébé dont ils ont accouché dans la douleur, entre souci de se renouveler, de sortir l’EP rapidement et de répondre à l’attente (pressante) du public. Les artistes ont relevé le défi avec brio, performant peut-être le meilleur des trois albums composés ensemble. À écouter en boucle, en CD ou vinyle.
J. M.

Image6MOODYMANN – DJ-KICKS
Après avoir confié les rênes de son 50e opus à l’excellent producteur allemand DJ Koze, le célèbre label berlinois K7! a continué sa moisson de talents Outre-Atlantique en donnant au célèbre DJ et producteur de la ville mythique de Détroit (berceau de la techno) Moodymann le soin de réaliser le premier DJ-Kicks de l’année 2016. Mêlant dans une ambiance intimiste des genres aussi différents que la soul de Cody Chestnutt, l’electro déstructurée de Flying Lotus, la deep house de Haze ou encore des ambiances hip-hop, jazz ou P-Funk, ce mix impeccable saura ravir aussi bien ceux qui aiment l’éclectisme musical que les amateurs plus pointus de musique électronique.
J-P. Kempf

THE WALKING DEAD
UN CASTING ET DARYL QUI RÂLE
Avis aux intéressé(e)s : la série The Walking Dead recherche des figurants zombies pour la prochaine saison. Vous devez être extrêmement mince, « avoir de grands yeux, un long cou mince et un petit nez » ! Quant à Norman Reedus (Daryl), il a poussé un petit coup de gueule pour défendre les showrunners, après le mécontentement des fans lors du dernier épisode : « C’est surprenant de constater à quel point les gens veulent voir du sang. Le but de ce final n’était pas de savoir qui meurt, notre série n’est pas Survivor Island ! »

Image11

INTERNET
AU SERVICE DE SA MAJESTÉ
5 300 € par mois. C’est le salaire que touchera le community manager de la Reine d’Angleterre. Le poste est à pourvoir, car la Maison royale ne veut pas être trop en retard sur la technologie et souhaite parfaire sa com’ sur Facebook et Twitter. Le grand élu, qui touchera donc 50 000 livres par an, devra notamment s’adresser aux 2,4 millions d’internautes abonnés au compte de la Reine.

JOEYSTARR VS GILLES VERDEZ
UN AMÉRICAIN HARCELÉ
Dommage collatéral pour cet Américain qui a eu le malheur, sur Twitter, d’avoir un nom ressemblant à celui de JoeyStarr. Après l’affaire de la gifle entre le rappeur et Gilles Verdez, de TPMP, le compte @joestarr187 a donc été enseveli sous des insultes en français. L’homme n’y a pas compris grand-chose et a tweeté « Apparemment, un Français nommé Joe Starr a fait quelque chose de mal et maintenant la twittosphère française me déteste ». Il a donc décidé de répondre à ses détracteurs dans un français approximatif, avec des perles comme : « J’aime rapper, bérets et gifler les femmes journalistes » ou « je suis JoeyStarr et mon film préféré est la fraternité du loup ». En attendant, certains twittos n’ont toujours pas compris et continuent d’insulter le faux JoeyStarr… Magique.

Image10LE DVD
SECTION ZÉRO
Le petit bébé tout nouveau tout chaud lancé sur Canal+ et signé Olivier Marchal voit déjà sa version DVD/Blu-ray débarquer. Cette série d’anticipation aux huit épisodes se pose en 2024, où le monde est aux mains de puissantes multinationales contre lesquelles s’opposent la Section Zéro et ses résistants. Brutalité et univers plein de crasse sont au programme, aidés par un casting regroupant Ola Rapace ou encore l’excellent Francis Renaud. Le seul regret ? Une édition un peu maigre, puisque Section Zéro propose zéro suppléments.
A.G.

Capture

Culture, tendances & web #20

Du lourd, cette semaine, avec les groupes Revivor et Johnson Concorde qui ont sorti de vraies perles… Le reste ? De la BD, de l’autobiographie un peu débilos et une extension web trop chouette.

Image16LES CDs
REVIVOR – SMOKING GUN SESSIONS
Partagé entre Tours et Londres, les Revivor viennent de balancer, mine de rien, l’une des pépites estampillées soul moderne de l’année. Avec ce premier EP, Revivor sert une musique chaude et langoureuse, au groove hypnotique : nourrie par une basse planante, la voix de Renn emmène ces quatre morceaux dans une ambiance sensuelle. On n’est pas loin des intonations à la Adam Levine (Maroon 5) en moins sirupeux et agrémenté de références à la Portishead ou Ray Charles. Hyper pro et produit avec brio, ce petit bijou bourré de feeling vintage est une sublime découverte.
A.G.

JOHNSON CONCORDE – ANTALANOCRYPTOVICIOUSImage10
L’inventeur autoproclamé du « rockshow » is back ! Avec son nom tellement simple à écrire, Antalanocryptovicious, ce 3e album de la troupe rock baroque enquille les pépites. En témoigne, par exemple, l’énorme tube &1&2&3, entêtant au possible entre ses R roulés et ses envolées d’orgue à la Deep Purple. Dans une débauche d’énergie, les Tourangeaux de Johnson Concorde savent aussi lever le pied, notamment avec un Oh Daddy bluesy délicieux. Un disque qui transpire la folie, fait copuler la brit-pop avec des structures à la Queen, dans une orgie déjantée. Décidément, Johnson Concorde est un groupe supersonique, kamikaze, osé, mais qui fait un bien fou.
A.G.

Image8LA BD
SAUDADE
Déjà repéré dans Tcho !, Spirou ou le Psychopat, Fortu nous livre avec Saudade son premier album adulte. À travers ces histoires courtes, qui parfois s’entremêlent, il nous donne à voir des instants d’humanité qui parlent au coeur. Avec tendresse, émotion ou humour il nous emmène dans l’intimité de ses personnages avec une maîtrise rare, soulignée par un choix particulièrement bienvenu du noir et blanc. Le résultat, c’est bien cette saudade, cette mélancolie pleine de nostalgie, qui vous étreint à chaque page et vous envoûte littéralement. Sensible, poignant et tellement vrai.
Hervé Bourit

LE DVDImage11
OUPS ! J’AI RATÉ L’ARCHE
Cette version Blu-ray est à l’image de ce petit film d’animation : sans prétention. L’éditeur n’a visiblement pas trouvé bon d’agrémenter son contenu avec quelques suppléments. Ici, c’est zéro bonus. Il faudra donc se contenter du film seul, production européenne néanmoins sympathique et ultra-colorée, dans laquelle deux animaux tombent d’une arche censée les sauver du déluge. Malgré son manque d’audace (tant dans l’humour que dans l’émotion), le film de Toby Genkel réussit à embarquer le spectateur dans une agréable aventure, au goût de fable mignonnette sur l’union et les différences.
A.G.

A LA TV
BYE BYE SUPERKIDS
Le nouveau bébé de M6 n’avait que quelques semaines : mais la chaîne a finalement décidé de déprogrammer Superkids, son « talent show » du mercredi. Crash total côté audiences, Superkids est donc annulé pour être remplacé par des rediffusions de Recherche Appartement ou maison et Maison à vendre. Le groupe M6 a décidé de diffuser les trois derniers épisodes de Superkids – déjà tournés – sur W9.

Image7AUTOBIOGRAPHIE
NABILLA ZOLA : LES PERLES
Attention, attention, Nabilla vient de publier Trop Vite, son autobiographie. Sympas comme nous sommes, nous vous avons choisi quelques passages philosophiques : « Un homme ne reste pas six heures le nez dans tes cheveux si tu ne lui fais aucun effet, LOL. » / « Le monde s’ouvrait devant moi, j’avais peur de ne pas être à la hauteur. Comment assurer ? Il me fallait des seins plus gros. Je suis passée du bonnet B au bonnet D. » / « Au lit, je veux un homme avec un grand H ! » / « Pauvre mec. Et [ton cas], tu veux qu’on en parle ? [à propos de Matthieu Delormeau, NDLR]. Faire HEC pour finir avec des nouilles dans le slip à 40 ans. » Enfin, lors de son passage en prison, sachez que la starlette a réussi à récupérer une pince à épiler, car elle préfère « mourir que d’être moche ». Ne nous remerciez pas.

ON ZE OUEB
L’EXTENSION COOL
Fans d’Instagram et de belles découvertes, on vous conseille Take Four. Une extension Chrome qui s’installe rapidement et permet, à chaque onglet ouvert sur le web, d’avoir quatre photos d’un compte Instagram à suivre. Leur point commun ? Proposer un contenu intéressant et varié, que le compte soit connu ou non. Et si l’auteur vous plaît, vous pouvez le suivre en un clic.

Capture

Tours : la musique forme la jeunesse !

Au Centre de formation des musiciens intervenants (CFMI), de futurs artistes et pédagogues apprennent à transmettre leur passion de la musique aux enfants. Tout un art.

En cours de chant, il faut donner de la voix... et des émotions
En cours de chant, il faut donner de la voix… et des émotions

Ne cherchez pas. Ici, vous ne trouverez ni de sombres amphithéâtres, ni les interminables cours magistraux qui vont souvent avec. Pourtant, nous sommes bien à l’université François-Rabelais. Mais dans cet espace un peu à part, la plus vaste salle de cours est un auditorium. Des balafons multicolores — sorte de xylophone en bois d’origine africaine — sont disposés en demi-cercle, face à de larges baies vitrées offrant une belle vue sur les champs attenants. Un environnement propice à l’inspiration. Bienvenue au Centre de formation des musiciens intervenants (CFMI), un département universitaire qui occupe de charmants locaux sur les hauteurs de Fondettes. Sa mission : former des personnes, à la fois musiciennes et pédagogues, qui interviennent auprès des enfants pour les sensibiliser à la musique. Deux années de formation professionnelle, basées sur différentes pratiques musicales et sur une réflexion pédagogique, permettent d’obtenir un précieux sésame : le diplôme universitaire de musicien intervenant.

Répéter un rythme compliqué, toujours et encore
Répéter un rythme compliqué, toujours et encore

Ce jeudi-là, Richard Vincent, enseignant en percussion, donne un cours de rythme aux élèves de deuxième année. Chaque étudiant répète le rythme proposé par leur professeur sur un balafon. La mission de Richard Vincent ? « Je suis là pour développer le potentiel rythmique des élèves. Ils doivent être capables, avec les enfants, de chanter en s’accompagnant de rythmes. Cette indépendance de la voix et des mains est plus facile à acquérir que celle d’une main par rapport à l’autre. Nous travaillons cette difficulté ensemble. » Qui peut le plus, peut le moins. Son tuyau ? « Répéter toujours la même mélodie permet de se donner des repères. »
Mine de rien, ce n’est pas facile. Réussir à superposer des rythmes différents, travailler l’indépendance des deux mains… Certains s’arrachent même les cheveux. Comme Josefa Tvetey, 25 ans, qui a intégré le CFMI après un master de musicologie : « Le rythme, c’est compliqué pour moi. J’ai du mal à dissocier les deux hémisphères cérébraux. Il faut persévérer, pratiquer en permanence », insiste la jeune femme qui travaille d’arrache-pied. Pour s’entraîner entre les cours, quelques studios attenants à l’auditorium, avec synthétiseurs, ordinateurs et percussions, sont à la disposition des étudiants. Chacun peut venir y travailler son instrument.

À quelques mètres de l’auditorium, dans le bâtiment principal du CFMI, le cours d’écriture se tient dans une salle aux murs rouges. L’enseignant, Dominique Billaud, et ses deux étudiants, Lucas et Jonathan, sont en grande discussion autour d’une partition posée sur le pupitre d’un piano à demi-queue. Ici, les jeunes apprennent à composer une chanson : ils écrivent le texte et inventent la musique pour un ensemble d’instruments. L’objectif ? Mettre le tout en scène pour en faire un vrai spectacle. Toujours dans la perspective de leur futur métier. Histoire de le vivre au moins une fois avant d’en monter avec les enfants.
« Dans le métier de musicien intervenant, la création et l’inventivité sont essentielles », souligne Dominique Billaud. Les deux étudiants apportent leurs idées. « J’aimerais créer sur le thème du voyage. Les idées fourmillent, je les ai posées sur un carnet. Mais musicalement, ça ne se dégage pas encore. J’imagine quelque chose de massif, avec un chœur et des instruments », annonce Lucas. L’enseignant, lui, est là pour les accompagner : « Ils restent libres de leur choix, et surtout, il n’y a pas de jugement de valeur. » Dans cette formation, l’attention portée à chaque personne semble essentielle. Logique, si l’on considère que la relation humaine est au coeur de la musique.

Un moment de plaisir en cours de guitare
Un moment de plaisir en cours de guitare

Une impression confirmée lors du cours de chant, qui se déroule dans une petite salle au dernier étage du bâtiment, au fond d’un couloir. « Ici, on abat les masques, lance Muriel Marschal. C’est un sas de décompression, un endroit où les étudiants se permettent de craquer. » L’enseignante donne toute son énergie dans un objectif : « donner aux élèves le goût d’eux-mêmes et de leur voix, leur permettre de se sentir beau et confiant, éradiquer tous leurs doutes. » En somme, apprendre à s’aimer. Vaste programme. D’autant que travailler sur sa voix a quelque chose de troublant : « Des métamorphoses s’opèrent. C’est très intime », avoue Lucie.
La jeune femme se lance, debout face à son pupitre, dans une interprétation de « mon légionnaire ». Muriel Marschal l’accompagne au piano : « C’est magnifique ! C’est hyper beau », s’enthousiasme-t-elle. Ici, enseignants et étudiants partagent une même passion : la musique.

C’est maintenant l’heure du cours de guitare. Cet instrument populaire est le précieux allié du musicien intervenant. Pratique et facile à transporter, il s’avère idéal pour accompagner les enfants. En plus, la guitare s’adapte à tous les styles, du country au rock. Maëva, Marie et Jean-Félix s’entraînent sur l’air de Helplessly Hoping, une belle chanson à plusieurs voix accompagnées de deux guitares. « Regardez-vous bien, vous devez suivre comme une ombre la voix de Marie, la chanteuse principale », leur conseille Émilie Sansous, l’enseignante. Dissociation des deux mains, souplesse, dextérité… « Les étudiants doivent maîtriser suffisamment l’instrument afin de pouvoir gérer les erreurs des enfants qu’ils accompagnent », poursuit le professeur.

À l’école, le groupe des cloches s’en donne à coeur joie
À l’école, le groupe des cloches s’en donne à coeur joie

Et travailler avec des enfants, justement, ça s’apprend ! C’est une partie importante de la formation : les étudiants animent chaque semaine des ateliers musicaux dans des écoles. Comme chaque vendredi, Marie Menou, élève en deuxième année, se rend à l’école élémentaire Jules- Verne à Tours-Nord. Avec la classe de CM2 de Pierre Deseuf, elle monte un projet de création musicale autour de Casse-noisette. Non, il ne s’agit pas de leur apprendre à jouer de la flûte à bec… L’idée ? « Amener les enfants à créer eux-mêmes leur morceau. »
Avec leur enseignant, ils ont écrit des virelangues que la musicienne réutilise : « À partir d’un texte écrit rigolo, c’est plus facile de poser des rythmes. » Et ça marche : « Pirlipat a un papa qui fait du rap… en mangeant ! », chantent les enfants en tapant avec lames, grelots, cloches et bâtons. Ryad, 11 ans, aime cet atelier car « on peut chanter et s’exprimer ! ». Au mois de mai, ils présenteront leur création sur une vraie scène, comme des grands.

Textes et photos : Nathalie Picard

 

>> RETROUVEZ LES PORTRAITS DE MUSICIENS INTERVENANT(E)S JUSTE ICI ! <<

NextWeek : l’actu à suivre la semaine prochaine

En France et à Tours, petit résumé de l’actu à ne pas louper la semaine prochaine, du 13 au 17 avril.

MERCREDI

IMPÔTS. Coucou, revoilà le Trésor public ! Impots. gouv. fr, le site des impôts, permettra de faire sa déclaration de revenus en ligne pour l’année 2015 dès le mercredi 13 avril 2016. Les dates pour ces télédéclarations varient en fonction des départements de résidence : pour les départements 01 à 19, mardi 24 mai à minuit ; les départements 20 à 49, mardi 31 mai à minuit et les départements 40 à 974/975 et non-résidents le mardi 7 juin à minuit. À savoir que la déclaration en ligne est obligatoire pour les contribuables bénéficiant d’un accès internet et dont le revenu fiscal de référence est supérieur à 40 000 €.

JEUDI

POLITIQUE. Il faut sauver le soldat Hollande : le président de la République sera l’invité d’une émission spéciale sur France 2, le 14 avril, à partir de 20 h 15. Dans ce débat animé par Léa Salamé, David Pujadas et Karim Rissouli, François Hollande répondra à un échange direct avec une poignée de citoyens français, réunis au Musée de l’Homme. « Ils feront part de leurs préoccupations quotidiennes et échangeront sur les grandes questions d’actualité nationale et internationale », a précisé la chaîne.

SAMEDI

CULTURE. À l’occasion du Disquaire Day, le Temps Machine organise une grosse journée d’animations le 16 avril. De 14 h 30 à 20 h auront lieu rencontres, expos, ateliers ou encore platines ouvertes et initiation au scratch. Et en plus, c’est gratuit ! > Programme sur letempsmachine.com

TOURS. Le 16 avril sonnera la fin de l’expo intitulée La déportation homosexuelle, à la bibliothèque centrale. Proposée depuis fin mars, elle est organisée par le Centre LGBT de Tours, en partenariat avec la Ville. Elle rend hommage aux déportés homosexuels en France et en Europe.

MANIF. Les motards sont appelés à se mobiliser, les 16 et 17 avril, contre le projet de contrôle technique moto. Des manifestations seront organisées partout en France. > Liste complète sur motomag.com

DIMANCHE

TÉLÉ. Les Français, la nouvelle série de France 2, sera diffusée dès le 17 avril, à 22 h 50. Proposée et écrite par Laurent Delahousse, cette série documentaire proposera dix histoires pour dix héros anonymes aux origines différentes. « Pas de commentaire, pas de jugement, mais un regard », informe le programme.

Rahan s’expose à Blois

Ce sont les vacances ! On a le temps, alors bondissez dans le train pour Blois (c’est pas loin !) et filez à l’expo Rahan.

Toi aussi fais une folie : va en liane à Blois.

Oui, vous avez bien lu. Rahan aka Cheveux de feu, fils des âges farouches, fils de Crao, c’est bien lui. Jusqu’au 30 avril, il est à l’honneur dans la jeune Maison de la BD de Blois. L’expo est petite mais extrêmement bien agencée. Elle présente les planches originales d’André Chéret, le dessinateur. Dans une vidéo, Jean- François Lecureux, qui a succédé à son père Roger Lecureux en tant que scénariste, revient sur les grands moments de la série phare de Pif Gadget et notamment sur la mort de Rahan. Annoncée en 1977, à la Une du numéro 443 du magazine, la disparition du grand blond aux yeux bleus fait un tollé. Un million d’exemplaires vendus, juste avant sa résurrection dans le numéro 444 !

Au fond de l’expo, une grotte-salle de lecture permet de se replonger dans les dix intégrales des aventures du héros. Les plus jeunes, eux, peuvent s’entraîner à dessiner les animaux de la Préhistoire. Dans le couloir d’à côté, une seconde expo temporaire, intitulée Un autre monde de bulles, présente le travail d’une quarantaine d’artistes qui ont planché sur une maladie de peau méconnue appelée l’épidermolyse bulleuse. Une initiative de l’association Debra (Dystrophic Epidermolysis Bullosa Research Association).

Et vous savez quoi ? L’entrée de la Maison de la BD est gratuite. L’équipe est super accueillante. Alors n’hésitez plus. Partez pour Blois et profitez-en pour découvrir la ville, son château, ses jolies ruelles, son petit village de pêcheur… Heu non, pardon, on s’égare.

Jeanne Beutter

Culture, tendances et web #18

Toutes les chroniques culture, tendances et web de la semaine. Avec, aujourd’hui, l’album de Radio Elvis, le prix d’un épisode de GOT ou encore le DVD de Babysitting 2.

PAUSE_ECRANS_BDLA BD 
L’ART DU CANARD
Lors du dernier festival d’Angoulême, on avait été bluffés par cette superbe exposition où un collectif d’artistes, Interduck, réinterprétait l’Histoire de l’Art en y introduisant des canards partout et à toutes les sauces ! L’expo est maintenant devenue un livre luxueux, édité en trois langues, où l’on retrouve avec plaisir toutes ces toiles et ces dessins. Car loin de la démarche dadaïste et cette touche d’humour bien déjanté, c’est aussi une véritable oeuvre d’art qui se dévoile sous nos yeux. De la Préhistoire à Warhol en passant par la Joconde : tous les grands moments de l’art pictural, peinture mais aussi photographie et sculpture, sont passés au prisme canardesque. Un résultat bluffant tout au long de ces 512 pages.
Hervé Bourit

LE DVD PAUSE_ECRANS_DVD
BABYSITTING 2
Babysitting, c’est le genre de petit plaisir coupable : un produit pas franchement malin, mais terriblement fun et sans prise de tête. Pour ce second épisode, la bande à Lacheau avait ressorti la même formule utilisée lors de son premier succès. Gags en rafale, très très potaches et le tout, ultra-prévisible. Quoiqu’il en soit, malgré ce manque cruel d’originalité, on rigole tout de même. De quoi faire le job pour les fans qui pourront donc se ruer sur cette édition Blu-ray proposant aussi des scènes coupées, un module sur la tournée cinéma et le commentaire audio de l’équipe du film.
A.G.

PAUSE_ECRANS_CDLE CD
RADIO ELVIS – LES CONQUÊTES
Radio Elvis a définitivement toutes les armes en main pour conquérir la scène française. Avec ce premier album, le trio prouve à point il sait mêler musique et lettres. Les Conquêtes enthousiasme, propose un rock lettré de qualité, où souvent les textes surpassent les notes. Même si le jeune groupe a parfois du mal à se détacher de son influence « Noir desiresque », et plonge dans la mélodie un peu trop facile, il accouche là d’un album généreux, à classer aux côtés des grands comme Dominique A.
A.G.

SÉRIE TV PAUSE_ECRANS_SERIE
GOT COÛTE BONBON
Cette année, HBO a encore misé gros pour sa série fétiche, Game of thrones. La chaîne a en effet augmenté le budget de la saison 6, passant au-dessus des 10 millions de dollars par… épisode ! Une saison à 100 millions de dollars, donc (soit 88 millions d’euros pour tourner ces 10 épisodes), alors qu’à l’époque, la saison 1 n’avait coûté que la moitié. En comparaison, The Walking Dead dépense en moyenne 3 millions de dollars par épisode.

RÉSEAUX SOCIAUX
NINTENDO A SON APPLI
Au Japon, elle a connu un million de téléchargements en 3 jours. Voilà que Miitomo débarque maintenant en Europe. Une appli signée Nintendo qui mélange réseau social à la Facebook et jeu vidéo. Celle-ci se base sur des interactions entre des avatars (votre « Mii » est personnalisable) et se veut résolument simple d’utilisation et fun.
> Dispo sur iOS et Android. Gratuit.
PAUSE_ECRANS_NINTENDO

1,25

C’est, en millions, le nombre de spectateurs français qu’a attiré Batman VS Superman… la première semaine ! Aux États- Unis, où le film cartonne tout autant, des fans mécontents de la réalisation de Zack Snyder ont lancé des pétitions pour le virer du prochain gros projet, Justice League !