Compagnie 2si2la : clown un jour, clown toujours

La Compagnie 2si2la joue son dernier spectacle Just like a woman, parallèlement à ses stages de clown pour adultes.

Clémentine Serpereau, de la compagnie 2si2la.

Son fil rouge, c’est le clown. Ce personnage haut en couleurs, joyeux ou triste, né sous les chapiteaux de cirque, a porté, formé et inspiré Clémentine Serpereau. Après deux années au Samovar, l’école de clown de Bagnolet, l’actrice a co-créé la Compagnie 2si2la aujourd’hui basée à Saint-Pierre-des- Corps. C’était en 2008.

Depuis, le clown de théâtre, émancipé de l’univers circassien, s’est installé dans son jeu d’actrice et ses créations teintées de musique et de danse. « Il est toujours un peu présent dans mes spectacles », analyse l’artiste de 38 ans. « On a tous un clown en soi, plus ou moins assumé, comme une personnalité que l’on interroge, ajoute-t-elle. Le mien a les mêmes caractéristiques depuis 10 ans, même s’il évolue, grandit ; il est très féminin, a un côté bon élève, ne supporte pas la triche, les injustices. Mais c’est aussi une parfaite victime, ce qui n’est pas du tout mon cas dans la vie ! »

« On a tous un clown en soi, plus ou moins assumé »

Chaque année, Clémentine Serpereau organise des stages de découverte du clown pour adultes, amateurs et professionnels. « Grâce à des jeux, ils trouvent rapidement les traits caractéristiques de leur clown, certains trichent, d’autres dénoncent », sourit-elle.

Just Like a woman, le quatrième spectacle de 2si2la, est l’adaptation d’un texte de Jalie Barcilon, elle-même clown, auteure et metteuse en scène. Le thème de ce duo comédienne/ guitariste ? La maternité et une question : « Qu’est-ce qu’être une femme d’une trentaine d’années aujourd’hui, avec ou sans enfants ? », résume Clémentine Serpereau. Qui jouera des éléments de réponses avec le musicien et compositeur Messaoud Bouzid, dans une mise en scène de Delphine Poudou et Nathalie Pellé.

Flore Mabilleau


> Just Like a woman, à 20 h 30 le 7 décembre au Patronage Laïque La Riche Lamartine à Tours. Tarifs : de 8 à 12 €.

> Stages clown les 18 et 19 janvier et les 8 et 9 février 2020. Tarifs : de 60 à 80 €.

Coups de feu sur Broadway… près de Tours !

La Musical Company, créée à Tours en 2011, joue sa dernière création, la comédie musicale Coups de feu sur Broadway, jeudi 14 novembre, à Montlouis.

L’esprit de Broadway soufflerait- il en Indre-et-Loire ? Loin de l’effervescence de Manhattan, une troupe d’artistes bénévoles, a créé, à Tours, la Musical Company. Leur credo : la comédie musicale à l’américaine.

« On joue, on chante, on danse sur scène, résume Thomas Lourenço, le président de l’association aux 27 printemps. La musique fait partie intégrante de l’histoire, est intégrée dans les scènes : les couplets chantés racontent autant que des répliques ».

« On joue, on danse, on chante sur scène »

La troupe, composée actuellement de dix comédiens, chanteurs, danseurs et de trois musiciens, a vu le jour en 2011 sous l’impulsion de Thomas Thuillier, alors étudiant à la fac de droit. Aujourd’hui, la Musical Company n’est plus une association étudiante, mais reste toujours un « projet de copains » qui, en plus de leurs activités professionnelles, passent des heures à créer, répéter, construire les décors, etc.

Après avoir joué Chicago ou encore Grease, la troupe s’est lancée dans son septième projet, l’adaptation de Coups de feu sur Broadway. Le pitch de cette histoire tirée d’un film de Woody Allen ? En 1929, à New York, un jeune metteur en scène voit son rêve se réaliser : sa pièce va enfin être produite à Broadway. Mais le producteur est un parrain de la mafia locale, qui exige que sa copine, sans talent, obtienne le rôle principal…

« Nous avons réalisé un gros travail de réécriture et d’adaptation des standards de jazz des années 20, qui sont le cœur du spectacle », décrit Thomas Lourenço. La couleur musicale — de cette reconstitution burlesque des années 20, mêlant comédie satirique et film de gangsters ? « Très très swing ! »

Flore Mabilleau


> Le 14 novembre, à 20 h 30, à l’Espace Ligéria (9 rue de la Croix Blanche, à Montlouis-sur- Loire). Tarifs : de 7,30 à 14,30 €.

 

Spectacle : manipuler les serpents de Serge

Une digression poétique et savante sur nos amis les reptiles, dans un des lieux les plus atypiques de la culture en Touraine, ça vous dit ?

Les reptiles vous fichent la trouille ? Eh bien vous avez tort, et Serge Rigolet va vous expliquer pourquoi. Tout jeune, il côtoie les serpents qui grouillent sur les coteaux de Saint-Avertin. « On habitait chez eux ». C’est assez logiquement qu’il est devenu chasseur de nuisibles, mais aussi guérisseur. Dans son nouveau spectacle qu’il peaufine depuis trois ans, il mêle mythologie, récit et musique et nous dévoile une autre facette des serpents.

« Dans l’histoire et les religions, le serpent a longtemps été une divinité positive. Les serpents étaient des symboles de santé et de fécondité. À l’inverse de ce que disent nos peurs instinctives, j’associe le serpent au pouvoir de guérison. »

Manipuler les serpents

D’ailleurs, Serge a même chassé des serpents pour l’Institut Pasteur. Son spectacle est aussi une réflexion intime car la manipulation des serpents lui a permis de grandir. « D’un seul coup, j’ai commencé à comprendre que j’avais du pouvoir parce que ça faisait peur. Manipuler les serpents s’apparentait aux rites de passage à l’adolescence. ».

Toujours peur ? Alors c’est le lieu du spectacle qui devrait vous rassurer. Au bout d’un petit chemin de campagne tortueux, ce havre de paix fondé par Serge et animé par une douzaine de bénévoles, reçoit chaque année une quarantaine de spectacles, autant de résidences d’artistes et touche environ 4 000 spectateurs.

Catherine Raynaud, l’autre figure historique de Vaugarni, toujours à l’affût de nouveaux talents à programmer, assiste à plus de 150 spectacles par an « sans jamais se lasser ». Des chiffres qui ne disent pas la chaleur et l’humanité qui font de ce lieu un cocon pour spectateurs et artistes.

Claire Breton


> POUR QUI SONT CES SERPENTS QUI SIFFLENT SUR VOS TÊTES ?

> Samedi 9 novembre, à 20 h 30. Dimanche 10 et lundi 11 novembre, à 16 h 30. Grange théâtre de Vaugarni, à Pont-de-Ruan. Tarifs : de 10 à 13 €.

« Pour un Christophe Maé, c’est au moins 40 personnes qui suivent la tournée »

Dans le cadre de notre numéro spécial saison culturelle 2019-2020, tmv a interrogé Julien Lavergne, à la tête d’AZ Prod, sur le fonctionnement de la structure et son rôle au sein de la culture tourangelle.

AZ Prod multiplie les spectacles au cours de l’année.

Comment se passe la venue des grosses têtes d’affiche dans une ville comme Tours ?
Dans ce type de cas, c’est-à-dire 20 % de nos dates, nous sommes prestataires pour le compte du producteur national et on s’occupe des relations avec la salle, de la billetterie, de la promo, de la presse… Ensuite, on reçoit la fiche technique et, suivant l’artiste, il faut fournir diverses prestations. Ça va des serviettes à porter dans les loges au restaurant à gérer après le spectacle, en passant par le son, la lumière… Pour un Christophe Maé, c’est au moins 40 personnes qui suivent la tournée. Mais nous, on fournit du personnel local pour aider à monter et démonter, entre 30 et 40 personnes, en général. Un spectacle de variété, ça arrive le matin, ça monte, ça répète l’après-midi, il y a le show le soir et tout est démonté dans la foulée et ça repart le soir même. Quand on a huit semi-remorques et 60 techniciens sur la route, tout doit être optimisé en terme de coût.

Et pour les 80 % restant de vos spectacles ?
On est soit co-producteurs soit producteurs en direct. Le principe, c’est que l’on prend en charge l’aspect logistique et que l’on laisse l’artistique à nos partenaires. Mais quand on est co-producteur d’un spectacle, cela signifie que l’on assume une partie du risque. Donc, on ne prend que les spectacles auxquels on croit.

Avez-vous une action sur les artistes en développement, sur la scène locale ?
Nous avons très peu de lien avec la scène locale. C’est la mission des SMAC et des structures associatives ou liées à des collectivités qui ont des subventions pour cela. Nous, on arrive plutôt après, quand le groupe a été signé par un producteur ou un tourneur. On commence aux jauges de 400 places..

Un gros spectacle, à Tours, c’est combien de spectateurs ?
Le plus gros spectacle en intérieur qui ait eu lieu à Tours, c’est celui que nous avons fait avec les Insus. 15 000 personnes au Grand Hall. Mais c’est quelque chose de vraiment exceptionnel ici. En dehors des passages de Johnny, d’un Stromae, d’un Indochine et un Noah à la grande époque, en quinze ans, on a rarement dépassé les 10 000. En revanche, on peut le noter : Tours est une ville très rock. Les Lenny Kravitz, Deep Purple et autres fonctionnent très bien ici.


> Julien Lavergne est à la tête de la société AZ Prod qu’il a fondée en 2009. La structure basée à Tours organise environ 180 spectacles par an, dans tout le Centre-Ouest de la France.
> Mais, depuis plusieurs années, AZ Prod est également producteur du spectacle du Cadre Noir de Saumur, co-producteur de la tournée Les années 80 et de tournée Age tendre qui va partir sur la route en janvier.
> AZ Prod produit aussi le nouveau spectacle équestre de Mario Luraschi.

 

Luc Langevin : illusion et téléportation

Luc Langevin, maître québécois de l’illusion, débarque à Tours le 2 mai prochain pour son nouveau spectacle. Tmv a parlé magie, sciences et téléportation avec lui. Rencontre.

(Photo crédit Maxime Hébert)

Plus jeune, vous étiez intéressé par les sciences physiques. Et vous avez une formation en biophotonique (utilisation de la lumière pour modifier des objets biologiques – NDLR). Est-ce que cela a eu une influence sur votre travail ? 
Absolument et de plusieurs façons. Attention, ça va être long ! (rires) J’ai attrapé cette passion pour la science à 12 ans. Et tout jeune déjà, je souhaitais être illusionniste. Mes parents n’étaient pas forcément d’accord et voulaient que je fasse des études plus sérieuses. J’avais de bonnes notes en maths, j’aime comprendre et j’aime la science. J’étais donc frustré par certains tours de magie, car je cherchais à les comprendre. À 17 ans, j’ai commencé à mélanger phénomènes scientifiques et tours basés sur la magie.
À 21 ans, je parlais science en même temps : j’abordais le sujet de la gravité pour être plus crédible et que mes tours soient moins infantilisant. Je ne voulais pas jouer le truc du « poudre de perlimpinpin » et compagnie. Puis à 24 ans, mon producteur télé à Montréal m’a lancé dans une aventure où je réalisais des tours dans la rue. Et j’ai insisté sur ma signature scientifique. D’ailleurs, mon surnom dans l’émission Diversion (sur TF1 avec Arthur – NDLR) est Le Scientifique. Je ne suis pas contre la magie pour enfants hein… Mais le côté lapin qui sort du chapeau, ce n’est pas moi. D’où l’appellation « illusionniste ».

Transition toute trouvée à ma question : vous vous présentez comme créateur d’illusion. Le terme magicien vous dérange ? 
Non, ça ne me gêne pas. Mais dans l’imaginaire collectif, il a encore une connotation un peu ringarde. Dans un de mes premiers numéros diffusés, je sortais d’une télévision. Je suis un créateur d’illusion.

En France, on vous a découvert aux côtés de Gus et Viktor Vincent dans les émissions d’Arthur. Comment s’est faite la rencontre ? 
En 2016. Cela faisait 3, 4 ans que j’essayais de percer en France. J’ai démarché pas mal de télés avec mon producteur, mais pas grand monde ne voulait de magie à cette époque. On a donc produit notre propre contenu sur YouTube. L’une des vidéos, où je réalisais un tour avec Rayane Bensetti, est devenue virale et compte plus de 3,6 millions de vues. Arthur est tombé dessus ; il voulait dépoussiérer l’image de la magie, la rendre plus moderne. Il a pris le risque.

Vous possédez énormément de numéros. Où trouver tant d’inspiration ? 
Le plus dur est de se renouveler. J’ai tourné pendant 10 ans au Canada. Avec le succès, j’étais devenu une machine à créer des numéros : j’en ai fait plus de 400 à la télé. Après, j’ai commencé à davantage les travailler, y mettre plus d’histoire. J’en suis à 500 désormais. Mais j’ai également acheté des tours à des magiciens – ça se fait souvent – que j’ai modifiés à ma sauce et avec ma signature.

L’illusion, c’est aussi et surtout de la diversion. Un illusionniste doit-il être beau parleur ?
Alors ça, c’est une question intéressante ! (rires) Il y a différentes façons de détourner l’attention. Être beau parleur peut aider, oui… (sourire) Il faut du charisme, de l’aisance, capter le regard. Mais aussi de la rapidité. L’humour également peut être une bonne façon de détourner l’attention. Après – je m’égare de la question là – je dois dire que l’humour est une question culturelle. On réagit différemment entre le Québec et la France.

Les Français sont plus fermés ? 
Non, ils cherchent beaucoup à comprendre. Un peu comme savoir comment sont faits les effets spéciaux au cinéma ! Les Français sont sensibles à la poésie d’un numéro, au sous-texte, à la symbolique. Je travaille beaucoup dessus.

(Photo crédit Maxime Hébert)

Vous préférez le close-up et sa magie de proximité ? Ou les gros numéros hollywoodiens sur scène ? 
J’aime les deux. Le close-up ne coûte pas cher ! (rires) J’aime l’échange avec les personnes que ça implique. Mais la scène, j’adore aussi… La réaction de 1 000 personnes, c’est fou. En revanche, le défi est différent. Pour le close-up, il faut être très précis et à l’écoute.

Le prestidigitateur Michel Cailloux était votre idole…
J’ai eu l’immense honneur de le rencontrer. C’était quelques jours avant son décès… (en 2012 – NDLR). J’ai encore des frissons rien que d’en parler. J’ai reçu un appel d’un numéro que je ne connaissais pas. En décrochant, j’ai immédiatement reconnu sa voix. Il m’a félicité pour mes spectacles et je lui ai dit que je lui devais quasiment tout. C’est lui qui a fait usage de la poudre de perlimpinpin ! Il a eu une grosse influence sur moi. On a beaucoup parlé, notamment sur les textes ; c’était un auteur.

Et enfin, la question promo ! Le 2 mai, vous serez à Tours pour votre spectacle « Maintenant, demain ». À quoi s’attendre ? 
(rires) C’est un spectacle loin d’être conventionnel ! Là, si vous n’avez jamais vu de magie, vous serez conquis. On est bluffés, on rit, il y a de la poésie, des histoires, un propos conducteur : ce sont douze illusions à travers un fil conducteur, où je raconte qu’à 30 ans, j’avais déjà réalisé tous mes rêves d’enfant… mais on ne connaît jamais l’avenir. C’est un moment pour toute la famille, je fais même monter un enfant sur scène. Et il y a bien sûr le numéro final, dont tout le monde parle, où quelqu’un du public se retrouve téléporté ! Je dis même aux gens qu’ils peuvent filmer eux-mêmes une fois dans la boîte. Au final, ils ne savent quand même pas comment a pu se faire la téléportation.


> Luc Langevin, le 2 mai à 20 h, au Palais des congrès Vinci de Tours. À partir de 35 €.

L’école de musique de Saint-Avertin et le Tours soundpainting orchestra réunis

Les musiciens de l’école municipale de musique de Saint-Avertin préparent un projet hors norme : improviser un concert avec le Tours soundpainting orchestra. Une création d’un soir à découvrir le 30 mars.

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Les musiciens jouent aussi avec leur corps

Une trentaine de personnes déambulent sur la scène du Nouvel Atrium à Saint-Avertin. Elles marchent lentement, occupent tout l’espace, accélèrent le pas, ralentissent, s’observent, se disent bonjour du regard… Tout à coup, une personne s’arrête. Tout le groupe l’imite. Puis elles avancent à nouveau, s’arrêtent, ferment les yeux, pointent le doigt vers un projecteur ou un siège, et repartent…

Le groupe suit les consignes de leur guide Angélique Cormier : « Je vais là où je regarde et je regarde là où je vais », indique-t-elle. Pourquoi cette curieuse déambulation ? « Pour se familiariser avec la scène et se rencontrer. »
On dirait un cours de théâtre, mais en réalité, c’est la première répétition des élèves de l’école municipale de musique de Saint-Avertin sur scène, en prévision de leur prochain spectacle : un concert improvisé avec le Tours soundpainting orchestra, ensemble dirigé par Angélique Cormier. Un sacré challenge pour les musiciens des classes de cordes et de flûtes traversières, de l’atelier de musiques actuelles et de l’orchestre à cordes.

Avec le soundpainting, les élèves apprennent à utiliser toutes les possibilités de leur instrument.
Avec le soundpainting, les élèves apprennent à utiliser toutes les possibilités de leur instrument.

Chaque année, l’école mène un projet original pour « favoriser la rencontre avec des professionnels, apporter de l’éclectisme aux élèves et les placer dans des situations artistiques variées », précise la directrice Céline Halbout. Théâtre, bal Renaissance… et cette année : soundpainting. L’ idée vient de l’équipe pédagogique, certains enseignants comme Erick Pigeard (percussions) connaissant déjà cette pratique.

Inventé par le new-yorkais Walter Thompson dans les années 70, c’est un langage des signes universel qui permet de composer en temps réel des pièces de musique, danse, théâtre… grâce à un dialogue entre le soundpainter – sorte de chef d’orchestre qui fait les signes – et les artistes improvisateurs. Dans le rôle du soundpainter : Angélique Cormier, la fondatrice du Tours soundpainting orchestra (TSO), qui a découvert ce langage en 2005 en Touraine.

Angélique Cormier dirige l’ensemble à l’aide de signes, le langage universel du soundpainting.
Angélique Cormier dirige l’ensemble à l’aide de signes, le langage
universel du soundpainting.

« Ce fut une révélation, un coup de foudre », se souvient-elle. La jeune femme traversa l’Atlantique pour se former auprès du maître new-yorkais puis créa le TSO fin 2005. L’ensemble professionnel monte des spectacles, en région Centre-Val de Loire comme à l’international, et des projets pédagogiques.

À l’école de Saint-Avertin, l’expérience a démarré dès la rentrée, en septembre dernier. Les élèves ont travaillé et appris par coeur des extraits musicaux sélectionnés par leurs enseignants, devenus un matériau d’improvisation identifié par un signe de leur invention. Lors des précédentes répétitions, ils ont appris plusieurs dizaines de signes de soundpainting. « Les signes parlent d’eux-mêmes, ils sont assez logiques », apprécie le flûtiste Grégoire, 15 ans.

PARTIR D’UNE PAGE BLANCHE

Ce samedi-là, après leur déambulation, les élèves retrouvent chaises et instruments pour la suite de la répétition. Pas question, en revanche, de se cacher derrière un pupitre : ici, point de partition. « Lâcher le support écrit n’est pas facile pour eux, mais ensuite ils se sentent plus libres », remarque la professeure de violoncelle Lucile Louis. Les musiciens jouent avec leur instrument, leur voix, leur corps…

Travailler sur le corps permet de se sentir moins nu sans pupitre.
Travailler sur le corps permet de se sentir moins nu sans
pupitre.

Seule limite à leur créativité : l’imagination… Et peut-être la peur d’improviser ? « Wrong is strong est la première chose qu’Angélique nous a dite, rapporte la violoncelliste Sophie. Il n’y a pas d’erreur. La fausse-note fait partie du spectacle. » Le mot d’ordre d’Angélique Cormier : se déconditionner. « Le soir du spectacle, je partirai d’une page blanche. » Mais alors, comment se préparer ?
Reportage_TSO5« Lors du concert, les élèves devront être présents et acteurs de A à Z. La présence, essentielle, donne vie à la musique. » Rien de tel, donc, que des jeux d’écoute : reproduire une phrase improvisée par un soliste, y ajouter une variante ou une réponse. L’entraînement porte ses fruits : « Bravo, vous captez bien les notes. Promenez vos oreilles, tendez des fils d’écoute entre vous », les encourage la fondatrice du TSO.

Après un travail sur les signes, histoire de réviser leur langage, le groupe improvise des pièces de quelques minutes sous la houlette du soundpainter. L’occasion pour les musiciens de mettre en pratique ce qu’ils ont appris. Que pensent-ils de l’expérience ? « C’est bizarre mais génial », résume Grégoire. « Au début, tu flippes, tu te dis “ c’est quoi ça ? ”, puis “ ouah, il se passe un truc ! ” », ajoute la violoniste Noémie.
Ce truc, la clarinettiste Christine l’appelle « la tension créatrice » : « Elle naît de notre hyper-concentration et crée une liberté. C’est unique, incroyable ! » Démonstration sur scène le 30 mars.

Photos et reportage : Nathalie Picard

> Concert le samedi 30 mars à 20 h 30 au Nouvel Atrium.
> Entrée 6€ – gratuit pour les moins de 12 ans et les élèves de l’école municipale de musique de Saint-Avertin. Billetterie en mairie.

L’Espace Malraux fête ses 30 ans !

#EPJTMV Depuis cinq ans, Marie Hindy est la programmatrice de l’espace Malraux. Elle donne le ton à la saison culturelle de la salle.

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Création, diffusion et médiation sont les trois piliers de l’espace Malraux. Comment cela se matérialise ?
Nous programmons des premières, autrement appelé les créations. Cette saison, nous en avons deux dont une qui est montée ici. Je n’ai pas vu ces spectacles avant de les programmer : c’est un engagement pour nous. Nous accueillons aussi des artistes en résidence. Ils peuvent utiliser le plateau ou des salles pour travailler leurs spectacles et les présenter au public. Quant à la médiation, ce sont toutes les actions qui donnent envie aux gens de venir alors qu’ils n’en avaient pas l’idée : des rencontres avec les artistes ou des ateliers de danse par exemple.

Est-ce que votre programmation suit une ligne directrice ?
Je dirais plus un cadre qu’une ligne. L’espace Malraux s’inscrit dans son environnement : c’est la plus grande salle de théâtre publique du département. Elle a été conçue pour des concerts de musique classique, et est particulièrement adaptée aux concerts symphonique et acoustique. C’est un auditorium très ouvert avec un grand plateau très profond. Ces aspects techniques orientent la programmation. Cette salle n’est pas faite pour les spectacles avec beaucoup d’intimité. Par contre, elle est très bien pour le nouveau cirque ou les ballets. Ces paramètres m’obligent à programmer des spectacles très investis sur le plateau et qui remplissent la salle de 1 000 places. En dessous de 400 personnes, la salle semble vide et c’est désagréable pour tout le monde. Nous avons une programmation populaire, mais artistiquement exigeante.

Quelle est la politique de l’espace Malraux ?
La culture est un bien d’intérêt général. Comme dans l’Éducation nationale, on ne rentabilise pas un lycée. Mais la culture a un coût. Notre objectif est de perdre le moins d’argent possible. On est en plein dans la question “à quoi sert le service public ?”. Le rôle de l’Etat est de proposer une forme d’émancipation, une forme d’ouverture sur le monde et donc un accès à la culture pour tous.

Suivez-vous d’autres critères plus subjectifs ?
Il faut trouver un équilibre entre le théâtre, la danse, la musique, le cirque. Je suis assez sensible à la poésie. J’aime beaucoup les grands auteurs contemporains vivants parce que je pense que leurs spectacles parlent de la société dans laquelle on vit. L’histoire et l’affinité qu’on peut avoir avec un artiste ou une compagnie influencent aussi forcément.

Comment diversifiez-vous les publics ?
Les spectacles populaires amènent un public différent. Le public de la culture a du mal à se renouveler. Malgré tout ce que l’on essaie de faire, le combat est toujours en cours. Cette diversité de spectacles permet un mélange et une circulation des publics. D’autant plus que les spectateurs de la danse ne sont pas les mêmes que ceux du théâtre.

Propos recueillis par Mathilde Warda

[#EPJTMV / Cet article fait partie du numéro 321 de tmv, entièrement réalisé par les étudiant(e)s de 2e année en journalisme de Tours]

Claire Diterzi, sur un arbre perchée

C’est drôle, c’est foisonnant, c’est libre et hors norme. L’arbre en poche, le spectacle de Claire Diterzi au Grand Théâtre les 14 et 15 décembre, est une ode musicale et théâtrale à l’émancipation. Pour les enfants, pour leurs parents et les parents de leurs parents ! Décryptage avec Claire Diterzi.

(Photo crédit Christophe Manquillet)
Claire Diterzi (Photo crédit Christophe Manquillet)

BARON PERCHÉ

Le baron perché, d’Italo Calvino, raconte les aventures du jeune baron Côme du Rondeau, petit noble italien, qui décide un jour de se réfugier dans un arbre et de n’en plus descendre parce qu’il refuse de manger des escargots. Un livre essentiel, sur la désobéissance et l’émancipation. « La fille de Calvino a refusé de me donner les droits d’adaptation du livre. Mais, pour moi, c’était comme une question de vie ou de mort d’adapter ce texte, alors, j’ai cherché toutes les solutions possibles. J’ai pressé ce roman comme un citron et j’en ai extrait tout le jus. Ensuite, j’ai discuté avec des amis metteurs en scène, philosophes, dramaturges pour en sortir le spectacle L’arbre en poche. »

SORCIÈRE !

« Dans le spectacle, je suis la sorcière. La sorcière, c’est une figure féminine qui incarne la liberté, la jalousie, mais aussi une figure qui dérange. Et je trouvais ça intéressant de la réhabiliter et de dire, oui, je suis une femme et au-delà de la femme, une artiste qui dérange. Le fait de vieillir pour une femme est aussi un tabou dans la société actuelle, qui est très jeuniste. Et encore plus dans le domaine de la musique et de la chanson. Et moi, je vieillis, j’ai plein d’emmerdes, pleins de trucs qui déconnent. Et ça, c’est un vrai tabou. C’est un spectacle féministe de ce point de vue. » « Dans ce roman, la question centrale, c’est l’émancipation. Et pour moi, c’est devenu LES émancipations. »

FUCK LES ESCARGOTS ! DITERZI_BARON

C’est pour échapper à un plat à base d’escargots que le jeune baron se réfugie dans son arbre dans le roman de Calvino. Quels sont nos escargots à nous ?
« Le spectacle sert justement à ce poser cette question et c’est le propre du théâtre, de la création. Et pour tous les âges, il y a des réponses possibles. C’est pour cela que c’est un spectacle qui se voit en famille car l’émancipation, cela marche à tous les âges. En ce qui me concerne, ce spectacle, a changé beaucoup de choses dans ma vie, très profondes et très intimes au niveau personnel et au niveau professionnel. »

PERCUSSIONS

Sur scène, il y a six percussionnistes qui jouent sur des appeaux, des verres, des bouteilles accordées au dièse près, des percussions corporelles, des crécerelles… Attention, il n’y a rien de ce que l’on voit d’habitude dans les orchestres. Que des choses qui tiennent sur une table.
« Tout ça vient d’une rencontre que j’ai faite quand j’étais à la Villa Médicis avec un compositeur qui s’appelle Francesco Filidéi. Il y avait, donc, six percussionnistes derrière une table, assis en rang d’oignon, en costume-cravate, les cheveux blancs et le nez sur la partoche…. Et j’ai été estomaquée. C’était organique. C’était la nature. Je voulais ce morceau dans mon spectacle mais, bien sûr, avec des interprètes que j’aurais choisis. Alors j’ai cherché et j’ai trouvé des percussionnistes de folie qui seront là sur scène au Grand Théâtre. Ils ont appris la partition par cœur, ce qui était une gageure et, du coup, on est vraiment dans le spectacle, pas dans la performance. »

LA MACHINE

« Au début de la création, pour la scénographie, je voyais un grand trampoline et mon chanteur avait un doublure acrobate qui dansait sur le trampoline et le chanteur revenait de l’autre côté. J’ai travaillé avec les gens de La Machine, à Nantes pendant des mois et des mois. Je voyais les artistes dans l’espace. Mais le contre-ténor qui est dans le spectacle est noir et je n’ai pas pu trouver d’acrobate noir assez fort en trampoline pour le doubler. Et finalement, j’ai dû renoncer à cette scénographie. »
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JE GARDE LE CHIEN

« C’est le nom de ma compagnie. C’est important pour moi de choisir la façon dont je veux être administrée et produite. À l’époque de Tableau de chasse, j’étais au catalogue de Naïve, qui me vendait comme ils vendaient Coeur de Pirate ou Olivia Ruiz et en s’en mettant plein les poches au passage. Mais moi, je ne me sentais aucune affinité avec tout ça et j’ai décidé de tourner le dos à ce mode de production. J’ai monté ma compagnie en forme de société par actions simplifiée. C’était ma façon à moi de dire “ Fuck les escargots ”. Je revendique l’idée d’une chanson contemporaine, comme il y a du théâtre contemporain ou de la danse contemporaine. Surtout qu’aujourd’hui, il n’y a plus de place, ni de lieu, ni de label pour la chanson alternative. »

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PLATON

« Dans l’allégorie de la caverne, tu as six types qui sont enchaînés dans une cave. Et les types, bien sûr, c’est nous. C’est nous devant nos écrans qui sont partout. Et il y en a un qui s’échappe, qui monte et qui rencontre la lumière. Il est subjugué et il se dit que c’est beau la vie, le ciel, la nature. Alors, Il redescend dans la cave et veut convaincre ses cinq camarades de remonter avec lui. Et il passe pour un con, personne ne le suit. C’est ça le Baron perché et c’est ça ce spectacle. C’est l’émancipation collective en même temps que l’émancipation individuelle. »

ANAGRAMME

L’arbre en poche, c’est un anagramme. C’est l’anagramme de « Le baron perché ». Pas mal, non ?

L’ARBRE EN POCHE
>>Opéra-conte de Claire Diterzi, à l’Opéra de Tours. 14 et 15 décembre, à 20 h. À partir de 6 ans. 8 à 25 €.

La citoyenneté sur les planches

La compagnie de théâtre l’Échappée Belle a travaillé sur la citoyenneté afin de proposer un spectacle documentaire, Les clefs du paradigme. Tmv a assisté aux répétitions.

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Non loin du bourg de Mettray, dans un lieu qui ressemble, à première vue, à un parc, l’allée de marronniers montre le chemin de l’église. Un village dans un village. Les bâtiments qui entourent le parc portent les stigmates des années écoulées. Sur la porte d’une des habitations de la propriété privée une affiche, discrète, est posée : « Compagnie l’échappée belle ».

Depuis trois ans, la troupe a posé ses valises ici, à l’Institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP). Il était peut-être écrit quelque part qu’une troupe de théâtre finirait par élire domicile en ces murs. En 1926, l’endroit accueillait le futur dramaturge Jean Genet, alors âgé de 15 ans. Accueillir n’est probablement pas le bon terme puisqu’à cette époque, et ce depuis 1839, il s’agissait d’une colonie agricole pénitentiaire. Mais les temps ont changé.

Aujourd’hui, la compagnie l’Échappée belle met en place des ateliers-théâtres au sein de l’établissement. C’est une manière pour ces adolescents qui souffrent de troubles du comportement de trouver une autre voie d’expression. « Nous connaissons l’évolution des uns et des autres. Depuis trois ans, nous voyons la transformation. Même les enseignants et les éducateurs nous le disent », assure Didier Marin, comédien. Depuis octobre, les acteurs travaillent autour de la problématique du harcèlement et de la discrimination. Ce dernier est aussi un des thèmes abordés dans leur spectacle documentaire sur la citoyenneté.

La citoyenneté ? Vaste programme. Qu’est-ce-que c’est ? Que représente-t-elle ? On la trouve partout, autour de nous. Pour réaliser ce spectacle, les comédiens ont dû comprendre ce qu’elle, dans notre société, représentait. Un travail de préparation de plus d’un an.

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Les quatre comédiens ont apporté leurs trouvailles, leurs idées. Sur certains points, ils se sont rapidement entendus. Parler de la devise « liberté, égalité, fraternité » leur semblait inévitable, tout comme parler du drapeau tricolore. Le texte n’est pas écrit noir sur blanc. Les fiches de répétitions sont une succession de mots clés. Seuls quelques poèmes sont intégralement écrits. Les clefs du paradigme, ils ne l’ont pas réellement conçu comme une pièce de théâtre. Diverses situations, diverses scènes complémentaires, viennent illustrer la thématique. Au fur et à mesure d’improvisations, la ligne directrice devient de plus en plus palpable. Des mots font naître des improvisations qui, elles-mêmes, font naître une écriture. Le spectacle s’est créé autour de témoignage, de rencontres, d’interviews.

Philippe Ouzounian, comédien et directeur artistique de la compagnie l’Échappée belle, est allé à la rencontre d’un migrant afghan et d’un migrant saoudien. Il voulait connaître leurs histoires et raconter leurs parcours. « Nous abordons la question de l’accueil des migrants de façon frontale », constate Didier Marin. Un sujet qui leur tient à cœur. Souvent, une des premières sources d’inspiration est notre propre histoire. Pour eux, cela a été le cas. Philippe Ouzounian est petit-fils d’immigré arménien, Didier Marin, fils d’immigré espagnol. Leur histoire, il la raconteront aussi sur scène. Pour l’instant, seuls les murs de leur salle de répétition sont témoins de ces récits.

Simplicité, humour

C’est en empruntant un escalier qu’on accède à leur lieu d’expression. Les marches en fer donnent un côté industriel à la pièce. À l’étage, des traces sont visibles sur le sol. Ce sont les marques d’anciens murets qui séparaient les box de l’ancien dortoir. Au fond, la pièce est délimitée par des murs peints en noir. « Les jeunes de l’ITEP ont restauré le lieu. Ils ont refait l’isolation, la peinture. Ils ont installé l’électricité… », détaille Philippe Ouzounian.

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Pour ce nouveau spectacle, pas de fioriture dans le décor mais de la simplicité. Ils ont conçu la mise en scène de ce nouveau spectacle avec les moyens du bord. « Un décor léché provoquerait un décalage avec la spontanéité de la pièce », note-t-il. Des journaux viennent symboliser la liberté de la presse, les marinières viennent rappeler les couleurs du drapeau… Au même étage, le tableau vert de l’ancienne salle de classe a été conservé.

Mais il ne faut pas s’y méprendre. Ce n’est pas une leçon sur la citoyenneté que propose la compagnie de l’Échappée belle. Les quatre comédiens ne tiendront en aucun cas le rôle de professeurs. Leur but, à travers ce spectacle documentaire, n’est pas d’apporter des réponses aux spectateurs. Ils veulent qu’ils se questionnent sur la citoyenneté. Le tout avec humour et légèreté. Car oui, nous pouvons rire de sujets aussi sérieux que le droit de vote, la discrimination à l’embauche ou encore l’égalité entre les femmes et les hommes.

Lundi 18 juin, 14 h et 18 h, Gymnase Rabière 1, Joué-lès-Tours. Gratuit. Ouvert à tous.

Bateau ivre : c’est reparti !

Les travaux vont démarrer au Bateau Ivre. La salle dévoilera bientôt son nouveau visage.

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Carole Lebrun, présidente de la SCIC Ohé, et Franck Mouget, membre fondateur du collectif, ont donné le premier tour de clé pour ouvrir la salle du Bateau Ivre, à Tours. La semaine dernière, la société coopérative d’intérêt collectif a officiellement signé, chez le notaire, le rachat du lieu à la Semivit (ancien propriétaire) pour 270 000 €.
Les travaux, eux, sont estimés à 400 000 €.

Et ils devraient complètement transformer l’endroit. C’est l’architecte Stéphane Martin, qui a par exemple réalisé la Pléiade à La Riche, qui s’occupera de donner un nouveau visage au Bateau Ivre. Sont notamment prévus une réfection du sol, une accessibilité totale aux personnes à mobilité réduite, de nouveaux sièges, une scène modulable…

Décrit par Franck Mouget comme « un lieu de rencontre », le Bateau Ivre nouvelle version possédera une jauge de 600 places et accueillera un café culturel.
Samedi 20 janvier, à 15 h, la salle sera exceptionnellement ouverte pour une vente aux enchères d’oeuvres d’art. Idéal pour se mettre à flots.

Théâtre : vivez « L’Expérience » !

La compagnie tourangelle Les 3 soeurs présente sa nouvelle création : L’Expérience. Un spectacle conçu sur-mesure pour l’espace culturel La Parenthèse à Ballan-Miré.

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C’est promis, l’avis du public sera pris en compte.

Godot est là. Venu du futur pour annoncer un message d’importance capitale : l’humanité est en danger. Ces trois émissaires – Lycos, Electra et Atari – réussiront-ils à conjurer le sort ? Leur mission : accueillir un homme augmenté, sur lequel repose désormais l’avenir de l’humanité. Sera-t-il à la hauteur ? « S’il échoue, l’humanité est perdue », annonce Electra. Suspense…

Sur l’histoire, vous n’en saurez pas plus. C’est que les deux créatrices du spectacle, Elsa Adroguer et Sonia Fernandez Velasco, de la compagnie tourangelle Les 3 sœurs, tiennent à garder le mystère. Tout juste distillent-elles quelques informations : « Le public sera aux manettes et son avis comptera, un peu comme dans les livres dont vous êtes le héros. » Avec en prime, une « expérience sensorielle », proposée dans le cadre d’un parcours théâtral multimédia. « C’est un concept singulier à découvrir le jour-J », résument les deux comédiennes. La grande première sera le samedi 2 décembre. Au programme : l’épisode 1 d’une nouvelle forme théâtrale.

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Les émissaires de Godot accueillent l’homme augmenté.

Pour le créer, la compagnie a bénéficié de quatre jours de résidence à La Parenthèse à Ballan-Miré. Ouvert depuis un an, cet espace culturel communautaire comprend une salle de spectacle de 300 places ainsi qu’une médiathèque dotée d’un bel équipement multimédia, avec un espace dédié aux jeux vidéos. « Nous disposons d’ordinateurs reliés à la fibre, de tablettes, de 8 postes de jeux avec 16 consoles dernière génération… », liste Sandrine Janvier, chargée de mission à la culture à la ville de Ballan-Miré.

Cet espace, la compagnie Les 3 sœurs l’a pleinement investi. « Nous ne souhaitions pas créer un spectacle, puis le vendre à divers programmateurs. La marque de fabrique de notre compagnie, c’est le sur-mesure, précise Elsa Adroger. Nous inscrivons notre création dans la dynamique du lieu. » À La Parenthèse, « c’est l’envie de promouvoir ce nouvel espace et de rassembler ses différents publics. ».
Le challenge relevé par la compagnie ? Réunir les fans de jeux vidéos, les amateurs de théâtre, les lecteurs… Autre spécificité : le projet s’est construit avec l’équipe de La Parenthèse : informaticien, jeunes en service civique, chargés de mission, régisseur… « Notre concept intègre le lieu et les personnes, poursuivent les comédiennes. Nous avons proposé aux agents de s’investir dans le spectacle. La création s’enrichit ainsi de leurs compétences. »

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Quand les codes de la science-fiction rencontrent ceux du théâtre de boulevard

L’équipe s’est mobilisée au-delà d’un accueil classique de résidence d’artistes : dans la préparation du spectacle, le développement d’outils spécifiques, le soir de la représentation… « C’est un partenariat étroit. Nous sommes quasiment dans l’esprit d’une coproduction, ajoute Sandrine Janvier. Par ailleurs, j’apprécie particulièrement la transversalité du projet. » Une transversalité qui se retrouve dans l’écriture. « Nous avons mélangé les codes de la science-fiction et du théâtre de boulevard. Nous avons travaillé sur l’image. Ça donne un objet hybride, un peu à notre sauce », décrit Sonia Fernandez Velasco.
Un objet non identifié ? En tout cas, cette forme originale est l’occasion de relier l’expression artistique et l’utilisation des nouvelles technologies. Mais ce n’est pas tout. Elle présente un autre objectif : servir le fond. Car le spectacle traite des émotions et de l’empathie, cette capacité à se mettre à la place de l’autre, à percevoir ce qu’il ressent. « Comment les émotions des uns et des autres interagissent ? C’est un sujet qui nous tient à cœur. Il nous pose question au quotidien », remarque Elsa Adroguer.

Un projet du troisième type, donc, que ses créatrices aimeraient décliner, sur d’autres thèmes à La Parenthèse ou dans d’autres lieux. L’histoire ne fait que commencer.

Par Nathalie Picard

En savoir plus :

L’Expérience – Épisode 1.
Parcours théâtral multimédia. Piloté, écrit et mis en scène par Elsa Adroguer et Sonia Fernandez Velasco (compagnie Les 3 soeurs) avec Elsa Adroguer, Sonia Fernandez Velasco, Julien Pillot, Mikaël Teyssié et la participation des agents de la Parenthèse. Soutien logistique et humain de La Charpente et de la compagnie Oculus.
> Samedi 2 décembre à 20 h 30, à La Parenthèse, 14 boulevard Léo Lagrange à Ballan-Miré. Durée : 1 h 40. Tout public (à partir de 6-7 ans). Tarifs : 6 €/4 €/3 €.
> Renseignements : service culturel au 02 47 68 99 90. service.culturel@mairieballan-mire.fr ou sur la billetterie en ligne.

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L’homme augmenté sera-t-il à la hauteur ?

Années Joué : les artistes s’emparent de la ville

Les années Joué, le festival des arts de la rue, fête cette année ses 20 ans. Pour célébrer cet anniversaire, une quarantaine de compagnies de France, de Navarre et d’Europe déboulent à Joué-les-Tours pour une centaine de représentations en 3 jours. Tmv vous livre ses 10 coups de cœur.

LE PLUS DRÔLE
« Le Petit Chapelion Rouge » de la Compagnie Switch. Ici, l’histoire du plus célèbre conte de Perrault est revisité par Jackline, façon clownesque et décalée. Jackline a préparé sa bande son et comme elle est super forte, elle va interpréter tous les personnages de l’histoire : le Petit Chapelion Rouge, Chat Grand-mère et bien sûr le Loup. C’est drôle et pour toute la famille.
Le 3 juin à 16 h 45 et le 4 à 15 h 15 à l’Espace Famille.

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LE PLUS ENFLAMMÉ
« Péplum » de la Salamandre. Des feux follets investissent l’espace de la nuit et créent une chorégraphie hypnotisante. Péplum est un ballet pyrotechnique et musical qui veut raconter l’Humanité par le prisme du feu.
Le 3 juin à minuit au gymnase.

LE PLUS COCASSE
« Mèche Courte » de la compagnie Le vent du Riatt. Avez-vous déjà assisté à une conférence pyrotechnique ? Jean- Pascal, chercheur en pyrotechnie, vous en propose une ! Assisté de Monsieur Bogdaniev, spécialiste en photographie quantique, le maladroit tente, tant bien que mal, de mener son projet à terme. C’est drôle, surprenant, voire effrayant, et aussi beau.
Les 2 et 3 juin à 21 h 45 au Parking Fleming.

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LE PLUS DÉGUISÉ
« Attention je vais éternuer » de Pic la poule. Danse, théâtre, humour, transformisme, tout se mélange dans ce spectacle facétieux adapté à tous les publics! Deux personnes répètent une chorégraphie à proximité d’une cabine d’essayage mobile. Et forcément, ils essaient tous les déguisements. A tel point qu’une femme en ressort avec la tête de Chewbacca (oui, l’ami poilu de Han Solo dans Star Wars).
Le 2 juin à 19 h, le 3 à 18 h et le 4 à 16 h 45 au Parking Collège.

LE PLUS IMPRESSIONNANT
« …Sodade… » du Cirque rouages. On a l’impression de vivre un rêve éveillé guidé par la voix envoûtante d’une chanteuse et les notes pincées d’une contrebasse. Dans ce songe, quatre acrobates, funambules ou trapézistes évoluent, en hauteur, sur un cable tendu entre deux immenses roues. Que racontent-ils ? Les soirs de tempête, un homme exilé se rapproche du bord de mer pour réveiller de lointains souvenirs.
Le 2 et 3 juin à 22 h 45 à l’Espace Portique.
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LE PLUS ACROBATIQUE
« Leurre H » par la compagnie Escale. Des acrobates, évoluent sur terre et en hauteur, notamment sur un trapèze ballant et une « roue de la mort ». Jetés dans le présent, ils se posent des questions sur leur avenir, dans un impressionnant spectacle mêlant cirque et théâtre.
Le 2 juin à 20 h au Gymnase.

LE PLUS RYTHMÉ
« Danbor Talka, le Choc des Tambours » par Les Commandos Percu et Deabru Beltzak, en collaboration avec les associations locales Pass moi l’Cirk, Gravité Zéro et les danseurs de la MJC. Au premier coup d’oeil, on a l’impression d’être plongé dans une ambiance Mad Max avec tous ces percussionnistes à tête de mort qui frappent leurs tambours comme des furies. Et pourtant, ce spectacle rythmé évoque le choc des cultures, la nécessité de se parler, et de partager, dans un final illuminé.
Le 3 juin à 23 h 45 place Nelson-Mandela.
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LE PLUS TENDRE
« Assieds-toi comme il faut ! » par les Fouxfeuxrieux. En équilibre sur sa chaise, Jeannot, son nez rouge et son accordéon, raconte son histoire de fils, son histoire de père, avec poésie et tendresse. Tout public.
Le 3 et 4 juin à 16 h à l’Espace Famille.

LE PLUS ENGAGÉ
« Papers ! » de Xarxa Teatre. Le pitch : un groupe d’émigrants arrive dans un nouveau pays. Mais leurs espoirs sont très rapidement douchés par les règles et les rôles que la société leur assigne. Une tragicomédie sans mots qui veut interpeller le spectateur sur les conflits que le pouvoir et l’argent génèrent.
Le 2 juin à 23 h 45 Place Nelson-Mandela.

LE PLUS CHANSON FRANÇAISE
« Sur Un Air d’Autoroute » de la Compagnie pas par hasard. En pleine tournée musicale, Nadine et Natacha, deux choristes de disco mobile, sont abandonnées par leur patron sur un parking d’autoroute. L’occasion pour les deux femmes de réaliser enfin leur rêve secret : devenir de véritables stars ! Un duo burlesque et musical tout public.
Le 2 juin à 19 h, le 3 à 14 h et le 4 à 14 h Parking Fleming.
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Didier Girauldon : « Le théâtre est un engagement citoyen »

Hyperactif, Didier Girauldon l’est à 100 % : à 36 ans (37 le 17 mars !), le Tourangeau est metteur en scène et directeur artistique de la compagnie Jabberwock depuis 2011, mais avec ses nombreuses casquettes, multiplie les projets et les emmène partout dans le monde. Entretien avec un amoureux du théâtre.

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(Photo Claire Dietrich)

Vous avez fait votre formation à Tours, mais êtes ensuite parti au Royal Holloway à Londres. Pourquoi ?
J’étais étudiant en anglais à la fac de Tours qui proposait par ailleurs du théâtre en anglais. Il y avait un échange Erasmus avec le Royal Holloway, mais qui ne fonctionnait pas vraiment. L’université anglaise jugeait les étudiants français pas assez « intéressants ». J’ai proposé au Conservatoire de refaire une demande. J’avais le niveau suffisant dans cette langue. Puis l’échange avec eux a réouvert. Là-bas, il y avait quatre théâtres, 200 élèves, une offre incroyable de cours. C’était un passage obligé ! Ça a changé plein de choses pour moi. J’ai pu faire de nombreuses rencontres et y travailler.

Comment en êtes-vous venu à créer la compagnie tourangelle Jabberwock ?
De 2001 à 2011, j’ai codirigé le collectif Les Gueuribands. C’était une troupe iconoclaste. Mais il y avait plusieurs porteurs de projets différents. Les propositions théâtrales aidant, nous avons tous et toutes construit notre propre bateau ! Avec la compagnie Jabberwock, je me suis recentré sur mes envies. J’ai pu rassembler les choses sur lesquelles je travaillais. Je me suis lancé dans l’aventure et au même moment, j’ai pris la direction du théâtre universitaire. Vous savez, la recherche théâtrale n’a de sens que si elle est partagée. Avec Anaïs Andos (chargée de médiation culturelle à la compagnie, NDLR), on essaye de travailler avec des artistes français et étrangers et, à chaque fois, qu’ils s’investissent à Tours et dans la Région.

(Photo Sylvia Galmot)
(Photo Sylvia Galmot)

Vous avez voyagé un peu partout. Scandinavie, États-Unis, Canada… Y a-t-il des lieux particulièrement marquants ?
Oui ! L’Angleterre en premier lieu. Lorsque je suis sorti du Conservatoire, je me posais beaucoup de questions, j’avais des idées reçues sur le métier. Londres est une ville multiculturelle. J’aurais pu y rester ! Ils ont une approche physique et chorégraphique du théâtre. Il y a aussi eu la Scandinavie de 2004 à 2007. Avant, il y avait eu Mario Gonzalez… Un jour, par hasard, j’ai assisté à l’un de ses spectacles. C’était… waouw ! On est pris à partie, bousculés… Je suis devenu son assistant par la suite, d’ailleurs. Ah et je pourrais aussi citer l’Italie. Je suis parti travailler sur une comédie musicale à Florence, alors que je ne parlais pas du tout italien (rires) ! Ils ont une approche plus légère et divertissante. Sinon, citons aussi Tours bien sûr, avec l’expérience du théâtre universitaire, les États-Unis…

Vous avez aussi un lien très fort avec l’auteur québecois Marc-Antoine Cyr, non ?
C’est un coup de foudre amical et artistique. Une vraie aventure. Tout ça est très collaboratif, c’est un aspect important pour moi. Preuve en est avec ma collaboration avec Constance Larrieu, pour la recherche théâtrale La Fonction de l’orgasme. (représentation à Tours le 8 mars/ lire ci-dessous)

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=axUZzmPXdzg[/youtube]

Vous êtes metteur en scène, interprète, enseignant, multipliez les projets, etc. Vous diriez que vous êtes plutôt boulimique de travail ou hyperactif ?
Hmm… Il faut distinguer les deux. Là, j’apprends à rétrograder. J’ai toujours beaucoup travaillé et pu choisir. Je suis chanceux. Au début, je devais faire médecine… et aussi journalisme, tenez ! Mais le théâtre est arrivé. Pendant dix ans, je me suis fixé la règle de ne rien refuser. Je voulais tout tester. Maintenant, je soutiens l’effort, tout en gardant un niveau d’exigence. Je suis hyperactif, mais pas boulimique. Enfin, je ne suis plus boulimique !

En regardant votre CV, j’ai l’impression que le local est très important pour vous. Vous semblez hyper attaché à Tours.
Je suis effectivement très attaché à cette ville. J’y ai vécu pendant 27 ans. Maintenant, j’habite à Paris, mais reviens à Tours toutes les semaines pour la compagnie notamment. Actuellement, mon logement de fonction est à Paris, mais mon coeur est à Tours (rires) ! Et puis c’est important que je soie ici pour la compagnie, mais aussi quand j’enseigne au Conservatoire.

Vous êtes jeune, mais avez enquillé les projets. Qu’est-ce qu’il vous reste à faire, à découvrir ?
Tout ! Développer un projet prend du temps vous savez. Mais en 2016, j’ai participé à trois créations qui n’étaient pas prévues au programme. Il faut savoir saisir les opportunités. Je souhaiterais continuer à développer les collaborations, les découvertes, les tournées à l’étranger. Je postule aussi pour des résidences et aimerais me plonger dans le monde de l’opéra.

Est-ce qu’on peut dire que le metteur en scène est un peu l’homme de l’ombre, l’homme dans l’ombre ?
(hésitation) Bonne question… Oui et non. C’est sûr qu’un metteur en scène n’est pas comme un interprète qui est au centre de l’intérêt. La fonction peut être plus solitaire. Personnellement, je veux développer la compagnie Jabberwock dans la région, pérenniser l’équipe : donc je ne suis pas dans l’ombre, car on se bat vraiment pour défendre nos projets. Le théâtre est un engagement citoyen, de partage et d’éducation populaire.

> La Fonction de l’orgasme : recherche théâtrale mise en scène par Constance Larrieu et Didier Girauldon. Représentation à Tours le mercredi 8 mars, à 20 h 30, salle Thélème. Durée : 1 h 15.
> Tarifs : 12 € (plein), 9 € (UTL), 6 € (réduit), 4 € (PCE). Réservations : ticketfac.univ-tours.fr

[mise à jour : le spectacle de ce 8 mars est COMPLET]

Tours : les 10 qui vont faire l’actu culturelle en 2016

Musique, monde du spectacle, du web ou encore cinéma… Cette année, ça va bouger côté culture, au sens large du terme. La rédaction a choisi de mettre en valeur dix Tourangeaux qui, chacun à leur niveau, font bouger Tours dans ce domaine. Ils ne sont, bien sûr, pas les seuls, mais notre petit doigt nous dit que 2016 ne se fera pas sans eux !

1. LVOE
Ne cherchez pas d’erreur, ça s’écrit vraiment comme ça. Le truc à LVOE, c’est le « psychbeatrock », comme ils l’écrivent sur leur page Facebook. Et LVOE, c’est un peu LE groupe à surveiller cette année. Naviguant entre Tours, Paris et la Lune (c’est eux qui le disent, chut !), ces zikos balancent un groove sexy et surtout des tubes en puissance.
Leur premier EP, Misspelling of love, sorti l’été dernier, vous envoie valser du côté des British des 90’s. Et ça fait un bien fou. Tant qu’à faire, réservez votre 11 février : LVOE sera en concert avec Odezenne au Temps Machine. #Bisou.
> facebook.com/LVOEMUSIC ou soundcloud.com/lvoelvoe

2. OLIVIER PAIN
Olivier Pain passe de la photo portrait à celle de mariage, en passant par le reportage humanitaire avec une facilité déconcertante. Surtout, ses clichés sont sincères et humains. La preuve avec sa série sur le camp de réfugiés de Calais, pour le compte de GSF (Gynécologie sans frontières). Un reportage que le Tourangeau continuera fin janvier et en février. Ce qui devrait permettre d’organiser des expos et lever des fonds pour permettre à GSF de continuer à travailler là-bas. Humain, qu’on vous disait.
> olivier-photographie.com

(photo olivier-photographie.com)

3. GARY CONSTANT
Il est comme ça, Gary : capable de dézinguer le dernier Tarantino (pas taper !), comme de se farcir un film de sushis cannibales et de flasher sur une comédie d’espionnage 100% deutsch et délirante. Il revient cette année pour les 10 ans de son bébé, l’excellent festival de ciné qu’il a créé et qu’il préside : Mauvais Genre. Du 24 à 28 mars, il va donc dynamiter le cinéma gnan-gnan et amener une dose de fraîcheur à Tours. Comédie, drame, science-fiction, thriller, bis, avant-premières, Nuit interdite, concerts, expos (les grands maîtres de la BD franco- belge à l’honneur !)… De quoi voir la culture diffƒéremment (et se marrer un bon coup).
> festivalmauvaisgenre.com et sur Facebook

4. CHACHADELILLA
Son vrai nom est Charlotte de Lilla. Chachadelilla pour les intimes (graou). Plus de 3 500 abonnés au compteur pour sa chaîne YouTube, où elle réalise des doublures voix truculentes de jeux vidéos, films et dessins animés. Et en plus, mademoiselle chante à merveille !
Cette Tourangelle de 25 ans à la voix magnifique enquille les succès (227 000 vues pour son doublage de la chanson de la Reine des neiges) et parsème le tout de bonne humeur. Ses talents de graphiste (elle est multi-fonctions) l’ont aussi emmenée sur Mythomen (mytho.mn) : un projet fou de long-métrage d’animation, avec des super-héros, réalisé par Sébastien Périer et 100 % made in France. Bref, si Hollywood repère notre Chacha un jour pour doubler Le Roi Lion 12, tmv a choisi d’être son agent. Si, si.
> chachadelilla.com et @ChachaDeLilla sur Twitter

5. JACQUES VINCEY
Impossible de passer à côté de cette figure de la culture. Le directeur du théâtre Olympia cherche, avec toute son équipe, à s’ouvrir, rendre curieux ceux et celles qui n’iraient pas forcément poser leurs petites fesses au théâtre. En plus de ça, il se pourrait fortement que le CDRT obtienne, à la rentrée 2016-2017, le label centre dramatique national. Une vraie reconnaissance. Et une fierté pour Tours.
> cdrtours.fr

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6. PEPIANG TOUFDY
Infatigable, ce Pepiang. Directeur artistique de l’asso Prod’Cité, il court partout, toujours occupé et fait bouger le monde de la culture tourangelle depuis des années. 2016 sera encore très riche pour lui : une nouvelle édition du festival des cultures urbaines Imag’IN, WantedTV l’émission sur TVTours et surtout la sortie de son Daymane Tours (dont on vous avait parlé dans le N°183), court-métrage tourné en ville. « Et aussi un autre film en cours d’écriture ! », précise mister Toufdy. Rien n’arrête Pepiang on vous dit…
> prod-cite.fr

(photo tmv)

7. LIVE UNLIMITED
« On voulait faire quelque chose pour les gens qui souhaitent bouger, s’ouvrir sur les territoires et assister à plein de concerts. Diversité de salles, mais aussi de style musical ! », résume Alban Gautron, de Live Unlimited. Avec Diego Movilla et Grégoire Rist, il a trouvé THE concept : le pass concerts illimités dans la région Centre.
La start-up tourangelle propose de payer un abonnement sans engagement de 25 € par mois pour se faire un tas de concerts, tranquilou, dans diffƒérentes salles partenaires (Le Temps Machine, Le Chato’Do, Espace Malraux, Le Petit Faucheux, L’Astrolabe…). Bref, 800 spectacles sur un an au programme.
D’ailleurs, il se pourrait que tmv vous fasse gagner certains de ces sésames d’ici peu. Genre ICI !
> Live-Unlimited sur Facebook

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8. MARIE-CLAUDE CARAËS
Directrice des Beaux-arts de Tours depuis 2014, elle a dû faire face au déménagement de l’ancienne école, rue Nationale, devenue le futur CCCOD (Centre de création contemporaine Olivier-Debré). À elle, donc, de repenser l’école (et les nouveaux locaux, tant qu’à faire) : pour 2016, elle souhaite mettre l’accent sur l’art contemporain et ouvrir des ateliers publics au plus grand nombre. Bref, l’Art pour tous. L’étape finale étant «d’accueillir dans les étages que l’école n’occupe pas, des start-up et des gens créatifs », comme elle l’a indiqué au magazine de l’agglo.

9. CONNECTESPORT
Les Tourangeaux un peu (beaucoup) geeks vont adorer. Connectesport, un site internet, promeut l’e-Sport à travers des revues de presse, mais aussi des tests et des dossiers sur le jeu-vidéo (avec, en bonus, une web TV toujours à fond dans le gaming et qui recherche d’ailleurs des joueurs intéressés). « La motivation de Connectesport est de devenir un point de référence journalistique dans le domaine du sport électronique de la région », souligne la tête pensante Steven Kukulski. Avec son associé Benjamin Lattron (de publicitemoi), ils souhaitent « acquérir un studio pour nos animateurs de stream ».
> connectesport.com

10. DOROTHY SHOES
L’inclassable artiste tourangelle, qui a fait des études d’art-thérapie, continue de surprendre. En 2015, les grilles de la préfecture avaient été décorées de ses photos, fruit de sa rencontre avec une dizaine de personnes en situation de handicap vivant en Touraine. Celle qui a intégré le studio Hans Lucas expérimente beaucoup.
Jusqu’au 31 mars, sa sublime expo ColèresS Planquées (anagramme de sclérose en plaques, dont Dorothy est atteinte) sera placardée à l’hôpital Salpêtrière de Paris. « J’ai demandé à des femmes de mon entourage de bien vouloir interpréter mes représentations personnelles de cette pathologie lourde, ainsi que chacune de mes peurs liées à ses facteurs dégénérescents », indique la Tourangelle.
> facebook.com/DorothyShoes

> > Et encore, on aurait pu citer : Poncho Prod’, K.Mie Illustratrice, Eric Maravélias et son festival Anonym’us, les All Geek Studio et tant d’autres…

Festival zik pour petits

Les petits Tourangeaux ont eux aussi leur festival de musique. La 4 e édition du festival Bric à Notes se tient ce samedi, au Domaine de la Source, à Semblançay.

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Créé il y a maintenant 4 ans par l’association Bric à Notes, cet événement musical et culturel unique dans la région se veut avant tout un rendez-vous dédié aux familles du nord Touraine et de l’agglo tourangelle. « Il y avait une réelle attente de la part de ce public », explique Amandine Lopes, la présidente de l’association. L’objectif du festival : éveiller la curiosité musicale des 0-12 ans. Treize spectacles sont programmés pour cette nouvelle édition.

Stéphane Pillu, le programmateur, consacre une bonne partie de son temps à dénicher des spectacles qui plairont aux petits et grands. « Je fonctionne aux coups de cœur. Les ingrédients d’un bon spectacle jeune public ? Une grande interactivité entre l’artiste, l’enfant et ses parents ! » Cette année, tous les styles de musique vont se côtoyer : du jazz au reggae en passant par les musiques du monde, le rap ou des contes chantés…

« Ce festival plaît, car les parents savent qu’ils vont passer une journée de détente, entre amis, sans crainte. Ici, le cadre clos est sécurisant, plus d’une centaine de bénévoles très impliqués sont à pied d’œuvre. Par ailleurs, deux espaces ludiques ont été aménagés pour occuper les petits entre les représentations : l’espace Maya pour les 0-3 ans et l’espace Yanis pour les 4-12 ans. Tout est fait pour faciliter la vie des parents, comme un coin pour allaiter en toute tranquillité ou un bracelet qui vous permettra d’entrer et sortir comme bon vous semble », précise Amandine Lopes.

Samedi 13 juin, de 10 h à 18 h, sur le site du Domaine de la Source, à Semblançay. Restauration sur place.
Plus d’infos sur bricanotes.fr

Baptiste Lecaplain : "J'ai une relation amour/haine avec les poils"

#EPJTMV. Vendredi 12 décembre prochain, il sera à Montlouis-sur-Loire pour l’un des derniers spectacles de sa tournée. Baptiste Lecaplain a répondu à notre interview décalée.

EPJTMV
Photo : Olivier Wavre/Flickr

On a réalisé un dossier sur les Tourangeaux plus célèbres à l’international qu’à Tours (à retrouver dans notre édition de mercredi 10 décembre !). Et vous, vous connaissez un Tourangeau ?
Je sais qu’il y a une très bonne équipe de volley à Tours ! Avec notamment, le seul rasta blanc que je connaisse, un très bon joueur [il parle de Loïc de Kergret, ndlr]. Sinon, j’avoue que je ne connais pas beaucoup de Tourangeaux… Ah si, Olivier Giroud, non ? Quoiqu’il a joué à Tours mais non, il ne doit pas venir de Tours. [Effectivement. Il est né à Chambéry, ndlr.]
Vous êtes plus connu à Paris que dans la Manche ?
L’avantage de la Manche c’est qu’il n’y a pas beaucoup de gens connus. Du coup, forcément, je suis assez connu là-bas. À Paris, la principale star de Basse-Normandie, c’est quand même Michel Drucker ! Moi je dois être en 5e ou 6e position derrière.
Un tour du monde sans bouger de chez soi, ça fait rêver, non ? Si vous pouviez vous téléporter, vous iriez où ?
J’adorerais me téléporter ! Aller en Australie, ça me fait rêver… J’ai l’impression que tout le monde y est parti sauf moi. Mais je crois qu’il y a 23 h d’avion pour y aller, il faut avoir une sacrée réserve de bons films. C’est typiquement le pays où j’aimerais me rendre via téléportation. New York, aussi, ça me fait rêver. Surtout depuis que j’ai fait un film dessus ! C’est une ville de fous. Ça, c’est plus un voyage que j’aimerais faire régulièrement, quotidiennement.
Plutôt pole-dance ou rugby ?
[Rires] Le pole-dance, c’est pas un truc de stripteaseur ça ? Le rugby c’est cool mais c’est vraiment des gars qui font que de prendre des coups, j’ai du mal à suivre. J’ai du mal à voir l’intérêt aussi ! Du coup, je dirais pole-dance mais c’est vraiment bizarre, quand même… Je préfèrerai danser chez Paul.
Mon sport c’est plutôt l’endurance, je cours tous les jours. Et j’ai fait 13 ans de basket.
C’est quoi le dernier concert auquel vous ayez assisté ?
Dimanche 30 novembre, pour Un cadeau pour la vie, l’asso que je parraine avec Kyan Khojandi, on a fait venir Ben Mazue, un chanteur super, et le mythique groupe Elephanz. Deux gros coups de cœur !
Vous aimeriez vivre à la Into the wild, seul dans les bois ?
Jamais de la vie ! J’aime bien avoir mon tél, appeler mes parents à tout moment, recevoir les alertes des résultats du foot… Ce film est ouf : une personne sur trois qui l’a vu dit toujours « je vais faire pareil, vivre seul, dans les bois, en communion avec la nature », mais j’aimerais bien voir le pourcentage des personnes qui osent lâcher leurs smartphones et se couper de tout.
La tendance de l’hiver, c’est la fourrure. Mais vous, vous êtes plutôt pro ou anti-poils ?
J’ai une relation amour/haine avec les poils. J’ai signé une pétition contre l’élevage à fourrure en France. D’un autre côté, je suis pour la démocratisation de Body ’Minute. Mais bon, généralement les mecs n’aiment pas les poils mais font rarement des efforts là-dessus.
Comment faites-vous pour être aussi beau ?
Déjà je ne bois pas, je ne fume pas et je fais du sport. Mes petits secrets beauté persos ! Après, j’aime bien mettre une petite crème hydratante, en ce moment je suis dans les produits australiens écolos et bio de la marque Aesop. Surtout la gamme à la graine de persil ! J’adore dire ça, ça fait un peu bobo.
À quel âge vous avez-arrêté de croire au Père Noël ? 
J’ai su qu’il n’existait pas à 8-9 ans, dans la cour d’école. C’était pas cool mais je l’ai raconté à mon pote juste après. Sur le coup c’est un peu traumatisant. Mais j’ai une sœur qui a quatre ans de moins que moi, je trouvais ça cool dans les années suivantes de lui mentir et de partager le secret avec mes parents. J’espère que ma fille va bien vivre le truc. Peut-être que j’engagerai un comédien pour qu’il se déguise en Père Noël !
Vous êtes Gémeaux. C’est un bon signe astro ?
Je ne sais pas, on me dit souvent que les gémeaux ont des dédoublements de la personnalité, que ce sont des gens difficiles à cerner. Hitler et Pinochet devaient être gémeaux, elle vient d’où sinon cette espèce de malédiction ? Les horoscopes, c’est cool quand ça ne se prend pas au sérieux. [ndlr : ça tombe bien, à TMV, l’horoscope c’est du douzième degré !]
Un petit mot pour mettre fin à cet entretien ?
La phrase de fin de mon spectacle. « Merci encore pour cette soirée si courte… C’était super ! »
Recueilli par Marie Courvasier
Si vous n’avez pas eu le temps de prendre vos places pour le spectacle, vous pouvez toujours retrouver Baptiste sur son site.

Demain, on s’tient la main pour le Bateau Ivre

#EPJTMV. Pourquoi réouvrir le Bateau Ivre ? « Parce que c’est une salle mythique à Tours, les acteurs culturels et les artistes en ont besoin. »

EPJTMVLa diversité culturelle, c’est super important : voilà le discours de Franck Mouget, président de l’association Ohé du Bateau, qui milite pour la réouverture du Bateau. Le but : une salle où l’art et la culture pourraient s’exprimer librement et où les gens pourraient partager un bon moment. Et à des prix abordables (entre 5 et 12 euros).
Pour l’association Ohé du Bateau, les finances ne doivent pas guider l’envie de réouvrir ce lieu. L’utilité sociale doit primer, l’intérêt général pour la ville et son rayonnement. C’est quoi l’important ? « Ce que cela crée comme liens d’humanité. » D’où la chaîne humaine organisée ce samedi 6 décembre par le collectif. L’objectif est de montrer que chacun peut participer à la réouverture, chacun est essentiel à ce que ce soit un lieu de culture et d’art dans sa plus grande diversité. La chaîne, c’est symbolique. Le collectif veut provoquer la volonté du politique. « La municipalité est assez molle sur la question », estime Claude Bourdin, secrétaire adjoint de l’association et candidat aux dernières élections municipales. « Ils sont intéressés par le projet, mais ils ne savent pas par quel bout le prendre », ajoute Franck Mouget. Selon lui, « le bout le plus simple c’est le bout citoyen. Il y a des gens qui veulent faire des choses, pourquoi ne pas les accompagner ». En avril, Christine Beuzelin, adjointe à la culture, déclarait à La Nouvelle République : « Il faut que la culture aille plus vers les gens.» Et c’est exactement ce que veulent les défenseurs du Bateau, ça tombe bien, non ?
EPJTMV« Quand on veut on peut » est la devise qui anime l’ensemble des Tourangeaux derrière le projet de réouverture du Bateau Ivre. « On a envie de prouver qu’on existe, qu’on peut créer du lien. L’argent, il y en a marre de le mettre au centre des activités humaines. C’est la culture qui doit l’être. » La très forte volonté citoyenne, qui existe depuis quatre ans maintenant, n’a qu’une envie : ne plus être dans la démonstration, mais dans l’action. « On veut être dans le lieu et montrer de quoi les citoyens qui défendent la diversité culturelle sont capables, témoigne le président de l’association. Au Bateau Ivre, on veut qu’il y ait de l’humanité, des échanges, du partage, parce que ça manque à Tours. »
Ce samedi 6 décembre, en se tenant la main, les membres du collectif et les citoyens tourangeaux auront à cœur de montrer qu’ils veulent relier le projet de réouverture du Bateau à la mairie. Ce sera ça, d’ailleurs, le trajet de leur chaîne humaine : du 146 rue Edouard-Vaillant à la place Jean-Jaurès et l’Hôtel de Ville. Midi pile au Bateau, et puis, vu le froid, quitte à sortir, autant marcher dans la joie et se tenir la main. « Venez nombreux, on ne sera jamais assez pour défendre ce genre de projet. »
Déroulé des évènements 
Ce samedi 6 décembre. Départ à 12 h du Bateau Ivre, passer par la gare vers 13 h, et arriver à la mairie à 14 h. Tous les 100 mètres environ, des « agitateurs » vous réchaufferont !
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=QOz7sE83TNc[/youtube]
Sébastien Guerche (article + photos)

Interview Éric Antoine : "Faire passer un bon moment"

Le grand magicien Éric Antoine sera en spectacle à Tours, le 2 décembre. Tmv l’a interviewé : aux côtés d’Eric Frot, il revient sur son rôle de parrain au sein de l’asso Magie à l’hôpital, mais parle aussi magie, scène et de son nouveau show…

Eric Antoine
Eric Antoine, parrain de Magie à l’hôpital, et en spectacle à Tours le 2 décembre.


♠♠♠ A PROPOS DE MAGIE A L’HÔPITAL♠♠♠ 

Vous êtes le parrain de Magie à l’hôpital. Mais comment tout ça a commencé ?
É. Antoine : Éric Frot, qui est aussi magicien, est venu me chercher. Il m’a un jour proposé de passer dans un hôpital et on a rapidement parlé de son association. Pour moi, ce qui était primordial, c’était le niveau de la performance. Il fallait que ce soit pro, pas de jeunes amateurs qui ne sont là que pour s’entraîner à la magie. J’ai vu que là, c’était du sérieux, avec un niveau d’exigence très important et des actions qui me parlaient. D’autant que j’avais déjà été parrain de Rire pour guérir, une association qui intervient dans les hôpitaux, dans les Yvelines.
É. Frot : Il apporte un soutien médiatique, un soutien moral aussi. Il rencontre les enfants. Officiellement, il est parrain depuis mars 2013. Il l’avait même annoncé à Tours, au Vinci, lors d’un spectacle.

Concrètement, quel est votre rôle ?
É. Antoine : Il y a trois volets. Un soutien médiatique et des membres de l’association, une présence dans les hôpitaux et un accueil dans mes spectacles. Je sors du cadre, et même si c’est difficile, il faut oser.

Ça doit être vraiment difficile dans les hôpitaux, au contact d’enfants malades…
É. Antoine : Ça dépend des expériences. Je ne suis pas seul à Tours, ça ne repose pas que sur mes épaules et ça aide. J’ai travaillé en pédiatrie, en gériatrie… Je me souviens d’une maman malade à qui il ne restait qu’un mois à vivre, et de ses enfants qui, eux, n’avaient plus que quelques années… (Il s’interrompt)
É. Frot : On a des cas compliqués. Récemment, on a eu un enfant de 14 ans qui a déjà subi 40 opérations. J’ai vu des enfants en fin de vie et leur maman qui me disait « venez chez moi, il veut un dernier tour de magie ». On leur fait aussi passer un bon moment, c’est du divertissement. Alors oui, on a des moments difficiles… Notre association travaille dans tous les services, on va là où l’hôpital nous demande. Mais Éric fait ça avec un grand coeur.
É. Antoine : Quand les gens sont heureux, c’est comme sur scène, on est bien.
É. Frot : Les enfants à l’hôpital, on les considère comme normaux ! C’est un spectacle comme un autre. Et comme sur scène, Éric Antoine les bouscule un peu, il reste à fond. Une fois, une chef pédiatre a dit que c’était l’un des meilleurs magiciens, qui avait su prendre les enfants.
É. Antoine : En plus, les enfants malades sont plus mûrs, vont plus vite intellectuellement. Y en a des bien malins ! (rires)

Les enfants n’ont pas trop peur avec vos 2,07 m ?
É. Antoine : Des fois, je fais un peu flipper, ouais ! Mais je fais attention. Sur scène, je suis toujours très énergique. Dans une chambre d’hôpital, je calme le jeu… Mais je finis fou !

♠♠♠ A PROPOS DE LA MAGIE, DE LA SCÈNE ET DE SON SPECTACLE A TOURS ♠♠♠ 

Eric AntoineDans vos spectacles, vous vous marrez beaucoup. On ne voit même pas le visage de votre assistant Bernard (en réalité, votre compagne), puisqu’il a une combinaison toute noire. D’habitude,  la magie est sérieuse, avec des assistantes super sexy… Les show traditionnels vous ennuient, non ?
É. Antoine : Oui ! (rires) Ça m’ennuie profondément. Il y a toujours deux assistantes qui dansent autour d’une boîte, avec une mise en pli et compagnie. Et encore, c’est pour les magiciens qui ont des sous. Parfois, c’est la belle mère et la sœur qui jouent le rôle pour le magicien. Ce côté tradi m’ennuie. Mais d’un autre côté, ça a aspiré à ce que je fais. Je me nourris de cette créativité pour la détourner. Là, dans le nouveau spectacle, il y a de nombreuses illusions jamais faites ! Avant, c’était un close-up. Maintenant, Bernard est visible. Ma femme Calista jouera mon assistante Linsay et montrera que ce sont bien les assistantes qui font tout le boulot.

Et hop, un salaire de plus !
Oui, carrément ! (rires) On a aussi quatre semi-remorques etc. C’est un show qu’on a créé pour les Zenith. Là, à Tours, c’est une sorte de vraie avant-première de l’Olympia (qu’il fera jusqu’au 31 décembre).

Quand je vous ai vu en spectacle, ma mère – qui était tout devant – a pris cher ! Le mieux, c’est de se mettre tout au fond de la salle, c’est ça ?
(rires) Cette année, c’est bon. Je ne fais monter que trois personnes sur scène ! Deux adultes et un enfant que je ferai voler d’ailleurs. Je fais des prédictions Facebook, où le public sera amené à se connecter sur leurs smartphones pendant le show. Bon, je vanne quand même le premier rang, hein !

Il y a toujours ce mélange magie/humour ? Vous pensez changer un jour ?
Oui, oui, la magie prend juste un côté un peu plus spectaculaire. Mais pour moi, il n’y a pas de magie sans humour. Je reste quand même couillon en même temps. Pour le moment, je ne me vois pas changer, car j’ai encore beaucoup de choses à dire. Je ne m’ennuie pas un seul instant. Le mélange humour et magie, c’est très technique, c’est très dur mentalement : ça me grille les neurones. Dissocier les deux… C’est tellement stimulant intellectuellement, physiquement. Je ne sens pas de fin à ça.

C’est malin, vous venez de répondre à la dernière question que je voulais vous poser…
(rires) C’est parce que tes questions sont excellentes ! Elles préparent le futur. Ce sont des questions magiques.

Propos recueillis par Aurélien Germain
>>> SPECTACLE : Magic Delirium, mardi 2 décembre, à 20 h, au Vinci de Tours. De 39 à 47 €. Réservations sur az-prod.com
[youtube]http://youtu.be/fxekv9KethQ[/youtube]

Interview : cet hyperactif d'Arnaud Ducret

Avant sa venue à l’Escale, on a posé quelques questions à l’humoriste trublion hyperactif. Rien que ça !

Arnaud Ducret (Photos Pascalito)
Arnaud Ducret (Photos Pascalito)


Question bête pour commencer : pourquoi « j’me rends » comme titre de spectacle ?

Oh, pour que les journalistes aient une question à poser ! (rires) Non, c’était pour dire « j’me rends dans votre ville » et « je me donne à vous ». C’est un spectacle dynamique, avec beaucoup de personnages.

Justement, vous passez du prof de karaté, à l’allumeuse, en passant par l’alcoolo. Il faut être un peu schizophrène pour faire ça, non ?
(Rires) Schizo, non, mais j’aime faire des situations avec mon visage, que les gens puissent imaginer un décor. Je suis hyperactif, ça c’est sûr. Comme quand j’étais gosse ! Mais les gens aiment ça. C’est un combat de boxe, ce spectacle : je leur mets des coups pendant 1 h 30.

J’ai lu qu’une femme avait accouché pendant le spectacle. C’est une blague ?
Non ! Son mari l’avait invitée au spectacle et elle a tellement ri que, quand elle est sortie, elle a perdu les eaux dans les toilettes du théâtre. Elle est d’ailleurs venue récemment à Avignon me montrer son fils…

Qu’elle a appelé Arnaud ?
Non, même pas ! (rires)

Vous faites un prof de karaté dans le show, mais avez aussi joué un prof de sport dans le film Les Profs. Vous arrivez très bien les caricaturer…
Ouais ! J’ai beaucoup fréquenté les salles de sport. Et ça me fait tellement marrer les gens qui marchent jambes écartées, avec des dorsaux sur les bras… Mais j’aime le sport, j’aime le combat, c’est la base du comédien.

Vous êtes vraiment hyperactif… Ça mange quoi au petit déjeuner, un Arnaud Ducret ?
(Rires) Je ne sais pas, vous savez, Jamel aussi est un hyperactif. Moi, ça m’a beaucoup servi. Gamin, j’étais comme un labrador à qui on lance un caillou. J’ai beaucoup d’énergie et ça, c’est positif. Je mange beaucoup de protéines…

Vous touchez à tout : danse, humour, chant… À quoi faut-il s’attendre pour le spectacle ?  
À tout ça, justement. Je fais aussi du mime, du beatbox, de l’humour, je chante… Tout est mélangé. On paye pour me voir, donc je dois tout donner. J’essaie de faire plaisir.

Ça se voit sur les réseaux sociaux où vous êtes très présent…
Oui, j’essaye au maximum d’être proche de mon public. Je l’aime et le respecte. Je suis toujours ému de voir une file d’attente pour me voir sur scène. C’est ce que j’ai toujours voulu faire. Déjà enfant, je disais à ma mère, au ciné, « un jour, il y aura mon nom ».

Il y a quelques années, vous avez été évincé de Caméra Café 2. Maintenant, avec toute votre réussite, c’est une revanche ?
Revanche, non. Mais M6 a viré Caméra Café beaucoup trop rapidement. Elle n’a laissé aucune chance au programme. J’ai été déçu, 400 épisodes flingués en trois semaines… Mais bon, j’ai pu rencontrer Bruno Solo et désormais, Parents mode d’emploi cartonne.

Justement, vous n’aviez pas trop peur de  vous relancer dans une aventure télé avec Parents, mode d’emploi ?  
Un peu, mais c’est un programme court, c’est différent. Tout l’écrin de cette petite série me donnait envie, ça a sa propre identité. Je suis très fier de ce programme et c’est parti pour durer, vu le succès.

CULT1_BV_SPECTACLEParaît-il que les humoristes sont ennuyeux dans la vraie vie…
Euh, je ne sais pas ! Moi, je suis pareil sur scène et dans la vraie vie. J’aime faire rire et je suis positif. Je n’aime pas les conflits ; la vie est belle !

Au fait, comment a-t-on pensé à vous pour le doublage dans La Grande aventure Lego ?
Grâce à mon talent ! (rires) Non… Je suis fier de ce film, vraiment content. On a pensé à moi, car on m’avait vu au cinéma, à la télé, mais aussi dans l’émission Vendredi, tout est permis (avec Arthur, NDLR). J’aime beaucoup le doublage, j’espère que je serai dans la suite…

Allez, pour finir, instant promo : vous avez le droit de donner envie de venir à votre spectacle !
Je ne revendique pas d’actu, ni de politique dans mon spectacle. C’est comme le film du dimanche soir. On est là pour se marrer, tout simplement. Je vous emmène pendant 1 h 30 dans des histoires farfelues. Vous sortez avec la banane, revigorés.

Propos recueillis par Aurélien Germain

>>LE SPECTACLE
Mercredi 8 octobre, à 20 h 30, à l’Escale de Saint-Cyr-sur-Loire, « J’me rends », d’Arnaud Ducret.
Tarifs : de 24 à 27 €.
>>BONUS
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=6Dx9en6L05I[/youtube]

Oh ! La Belle Rouge !

Zoom sur cette salle encore trop méconnue, mais pourtant haut lieu de la culture. Désormais indispensable dans le paysage !

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Une caravane vieillotte dort tranquillement à l’entrée. L’affichette collée dessus, où est écrit « Souriez, vous êtes arrivés », fait vraiment… sourire. C’est dans ce véhicule que se fait la vente des tickets, lors des concerts à La Belle Rouge. Et rien que cela, résume parfaitement ce lieu, sa philosophie. Être original et se faire plaisir. « On se sent chez soi, quoi », lance, avec un sourire, Charlotte Ameslon. La gérante de la salle, toujours accueillante, raconte la genèse du projet avec plaisir, installée dans sa chaise posée dans la petite cour. À côté, un petit potager. Plus loin, des ronces et au fond, un champ avec des vaches (le nom de la salle et le label rouge des animaux… Compris maintenant ?)
« On était cinq à lancer La Belle. On cherchait une salle pour une grosse soirée, mais c’était galère. Il n’y avait pas grand-chose. Ça nous a lancés. On est tombés par hasard sur quelque chose, sur le site du Bon coin ! On a flashé sur ce lieu… », raconte Charlotte. Tout s’enchaîne, va vite, remise des clés, lifting et peinture barbouillée sur cet ancien magasin de pêche. Bouche-à-oreille, demandes de concert… « On a enfin pu offrir quelque chose à des gens qui ne trouvaient pas grand-chose, comme les metalleux ou les passionnés d’electro. »
Désormais, on fait les yeux doux à La Belle. Parce que loin de n’être qu’une salle de concert, c’est un lieu culturel d’envergure. « On est là pour toutes les cultures, on ne se focalise pas que sur un style », explique la gérante. Ici, la musique côtoie les expos ; le punk peut rencontrer l’amateur de reggae ; on peut tomber sur une friperie ou sur une répète… « Ce n’est pas guindé », indique Jean-Phi, qui gère le son. Ce qui surprend ici aussi, c’est ce côté old school, vintage. Une salle de deux étages, perdue au fond d’une impasse au milieu des vaches, mais archi pro tout de même. Les 250 m2 de La Belle Rouge ont vu défiler Pierpoljack, le tremplin metal du Mfest, ou encore Sir Samuel du Saïan Supa Crew. Avec toujours un mot d’ordre : pas cher, voire gratuit. De quoi donner encore plus le sourire. De toute façon, impossible de résister à La Belle.
√ EN BREF
ANNIVERSAIRE
La Belle Rouge souffle ses deux bougies le 21 juin. Quoi de mieux pour fêter ça… qu’une grosse fiesta ? On peut déjà vous dire qu’il y aura les rappeurs de Center Coast en concert, avec un groupe de metal, de reggae, un mix electro, une boum pour les enfants (dès 16 h), ou encore une tombola, une friperie, des costumes… Le tout, gratuit !
GUINGUETTE
La salle fait aussi sa Guinguette cet été ! En gros, des animations du jeudi au dimanche, avec des scènes ouvertes, de la musique, des brunchs, des balades à vélo, des instants « beach » et « bienêtre » etc. Ce sera aussi l’occasion de découvrir les aliments bio de la Ruche qui dit oui. Vous aurez même sûrement la possibilité de pratiquer… la pétanque-electro ! La classe, on vous dit.
AUX AMATEURS…
Lieu de diffusion culturelle à part entière, La Belle Rouge vous accompagne dans vos projets. « On aide pour la communication, le son, on donne des conseils… » Une équipe est là pour organiser votre projet, à condition que celui-ci soit suffisamment costaud !
BÉNÉVOLES
L’association, si elle compte deux salariés, fonctionne aussi grâce à sept, huit bénévoles qui « fournissent un travail exceptionnel », rappelle Charlotte Ameslon. « Petite équipe, mais efficace ! »
PRATIQUE La Belle Rouge, 18 impasse du Placier, à Joué-lès-Tours. Arrêt Pont Volant pour le tram. Contact : 02 47 67 33 98, labellerouge37@ gmail.com, sur Facebook ou la-belle-rouge.com

Chambray en mai: 5 raisons d'y aller

Chambray en mai se déroulera cette année le 7 et 8 juin à l’Hippodrome de Chambray. On va essayer de vous convaincre.

Chambray festival
1. Pour découvrir le site de l’hippodrome.
Vous y êtes déjà allés à l’hippodrome de Chambray, vous ? Non ? Eh bien, vous avez tort. Eh oui, car l’hippodrome est un de ces lieux à la fois verts et ouverts, qui sont parfaits pour des balades en famille. Bon, là, il risque d’y avoir un peu de monde dans le quartier, mais après avoir fait votre petit tour au village associatif ou sous le chapiteau des Morallès, offrez-vous une petite promenade dans les environs. Foi de tmv : ça vaut le coup !
2. Pour voir « Andiamo »
Le spectacle Andiamo du cirque Morallès sillonne les routes de France, de Navarre et d’ailleurs, depuis un bon moment. Ils en sont à quelque chose comme 450 représentations. Partout, ce subtil mélange cirque / théâtre a été salué comme un spectacle totalement atypique. C’est à la fois drôle, baroque, absurde et farfelu. Or, la troupe en est à ses dernières représentations d’Andiamo. Après Chambray, il ne restera plus qu’une seule date et pas dans la région. Alors, on court !
3. Pour se mettre à l’heure brésilienne
On a un scoop pour vous : à partir du 12 juin, on va beaucoup, mais vraiment beaucoup, parler du Brésil. Alors, autant y aller franchement. À Chambray en mai, on aura le son avec Les feux du Brésil, une école de samba reggae qui va nous faire gigoter. Mais on aura aussi le goût, puisque l’association Les délices du Brésil proposera quelques spécialités de là-bas. Pour les anti-foot (ça va être dur pour vous ce mois-ci…), il y a aussi Zamac et ses spécialités réunionnaises.
4. Pour danser au son des années 80
« Et tu danses, danses, danses, ce refrain qui te plaît et tu frappes, frappes, frappes, c’est ta façon d’aimer… » Si ces vers troublants de créativité ne vous disent rien, passez directement à la raison 5. Si, au contraire, l’envie de vous déhancher vous a pris subitement, c’est que vous êtes prêt pour la soirée discothèque au son des années 80. « Ils m’entraînent, au bout de la nuit… »
5. Pour prendre un peu l’air
Hop, dimanche matin, vous passez vous inscrire et vous voilà partis pour 7, 12 ou 17 kilomètres à pied (en marchant, Chloé, en marchant. Le marathon, c’est en septembre).
Pour connaître tout le programme du festival, c’est par ici.
++ ATTENTION
Tout est gratuit à Chambray en mai. Mais, petit piège, pour le cirque Morallès et les Yeux noirs, il faut prendre un billet (gratuit, on vous dit !) car le nombre de places est limité. À retirer de 14 h 30 à 15 h 30, sur le site de l’hippodrome.

Anne-Laure Rouxel : danseuse nature

La chorégraphe et danseuse présente Ouli, son dernier spectacle au CCN de Tours. Portrait.

(Photo Arnaud Ville)
(Photo Arnaud Ville)

Anne-Laure Rouxel peut perdre son regard dans le lointain. Le reste du temps, elle vous regarde avec insistance, scrute la moindre réaction. Cette chorégraphe présente bientôt à Tours Ouli, sa dernière création pour le jeune public. Elle met en mouvement l’universel, la perception des sens.
Danseuse, elle virevolte comme un oiseau, accroche ses pieds dans la terre comme un volcan. Dans Ouli, elle fait un duo avec la musicienne Julie Bonnie. Une copine d’enfance avec qui elle buvait des coups à 17 ans. Les deux amis créent ensemble pour la première fois en 20 ans. « J’avais envie de la découvrir un peu plus, de savoir comment elle était avant de monter sur scène », explique Anne- Laure Rouxel. La chorégraphe prône l’intime dans ses spectacles, la contagion émotionnelle.

Anne-Laure Rouxel est aussi, à sa façon, une chercheuse. « Je prends au moins deux ans pour créer une pièce. » Au début des années 2000, elle s’est plongée dans les neutrinos, ces particules « qui traversent tout. » La danseuse s’est nourrie de documents scientifiques, d’articles de fond, a rencontré des chercheurs. Est sortie la chorégraphie de 66 milliards/ cm2/ seconde où elle danse le microscopique et l’immense. « J’écris très peu mes mouvements, quand je crée ou répète une pièce, je danse jusqu’à ce que mon corps s’en rappelle. Je développe ma mémoire corporelle. »
Il y a quelques années, Anne- Laure Rouxel s’est rendue pour la première fois sur Hawaii. Voyage bouleversant. « Quand je suis revenue, je pleurais en décrivant à mon mari les forêts primaires, les volcans, les plantes que j’avais vus. » Depuis 20 ans, elle pratique avec ferveur la danse hawaïenne. Connectée à la nature. Peut-être une réminiscence de son enfance, quand elle dansait, pas très loin de la ferme de son père, dans la forêt, dans l’herbe, des bottes aux pieds. « On a perdu ce rapport au vivant, je retrouve cette part de cerveau archaïque chez les enfants. » Ses dernières recherches chorégraphiques l’ont menée vers les neurones miroirs. « Ce sont des capteurs situés dans le cerveau qui permettraient de percevoir d’autres choses que ce que nous intellectualisons. Un reste de notre cerveau primitif. »
√ ÉVÉNEMENT
ŌULI
Anne-Laure Rouxel présente sa dernière pièce au CCNT cette semaine. Une seule séance publique est prévue, les autres sont réservées aux scolaires. Le 21 mai à 18 h. Tarifs de 6 à 12 €. Plus d’infos sur ccntours.com
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Catch impro : théâtre coup de poing !

Improviser sur un ring, avec un public qui choisit lui-même les thèmes : c’est le show proposé par La Clef.

(Photo Aude Segunier)
(Photo Aude Segunier)

« Vas y, le thème est : mon mari ronfle. Improvise. Qu’est-ce que tu ferais ? », demande Valérie Lesage, responsable artistique de la compagnie La Clef. Trou noir total. Le black-out, l’hésitation. Pas si évident de se lancer dans une improvisation, comme ça, en quelques secondes. C’est pourtant ce que vont faire les duos de comédiens pour un catch impro, les 4 et 5 avril à Tours.

Catch impro, kézako ? C’est une séance d’improvisation, mais transposée sur un ring, avec les codes du catch. « Rien n’est prévu à l’avance. À l’entrée, le public écrit un thème sur une carte. Ensuite, le spectacle commence : il y a une présentation haute en couleurs, avec un DJ qui envoie du son. Un arbitre rentre, il y a des commentateurs, un faux service d’ordre, des bunnies (jeunes femmes qui défilent avec des panneaux entre les rounds, NDLR)… Là, j’énonce le thème et ça improvise direct, après un décompte de 5 secondes », explique Valérie Lesage.
En fait, une sorte de show à l’américaine. « Le public va voter en criant des trucs. Un bazar monstre ! », rigole-t-elle. Si la compagnie travaille régulièrement avec des pros, le catch impro de ce week-end verra s’affronter des amateurs. « Des gens qui ont un autre métier dans la vie », mais qui sont vraiment doués à en voir les vidéos (lire ci-contre). Par duos, ils devront donc improviser sur des thèmes parfois plus qu’incongrus, à la merci du public. « Des fois, on a même eu des thèmes comme : demain, les ratons-laveurs auront le pouvoir ! »

Alors pour être au top, il faut bien sûr avoir quelques qualités… « Il faut absolument savoir écouter, accepter ce que dit l’autre et savoir surenchérir. Bien évidemment, il faut être prêt à tout et lâcher prise », énonce Valérie Lesage. A contrario, le défaut ultime est de « cabotiner ». Comprendre, quelqu’un qui se préoccupe plus de l’effet public que celui des partenaires. Un travail de longue haleine finalement. Car paradoxalement, « il faut beaucoup bosser » pour savoir improviser. Deux ans d’atelier minimum. « On a tous de l’imagination. Mais on n’accepte pas tous de la faire sortir. Improviser ne s’improvise pas… »
Aurélien Germain

Vendredi 4 avril, mini-tournoi et qualifications ; samedi 5 avril, finale. À 20 h 30, à l’Espace Jacques-Villeret de Tours. Tarifs : Pass 2 jours de 10 à 15 € ; un soir : 11 € sur place, 9 € en résa ou 6 € en réduit. Résas : 02 47 41 14 71 ou contact@laclef37.fr
EN BREF
√ LE CONCEPT
Le catch impro, spectacle interactif, est né à Strasbourg et existe en Touraine depuis 2007. « On n’a pas inventé le concept, mais on s’en est emparé », indique Valérie Lesage. Le public participe et a totale liberté pour les thèmes. Unique restriction : « On censure le graveleux ou encore l’actu politique brûlante… »
MATCH OU CATCH
Catch d’impro et match d’impro sont différents ! Le premier se joue sur un ring, avec les codes du catch ; le second, né au Canada, se réalise sur une patinoire.
LA CLEF
C’est de nouveau la compagnie La Clef aux commandes de cette soirée. Créée en 1997 par des improvisateurs professionnels, dont Séverine Denis et Valérie Lesage, elle propose des interventions basées sur les techniques de l’improvisation et des modules de formation. Ses locaux, occupés par Valérie Lesage et Eric Coatleven, chargé de diffusion, se trouvent au 106, rue de la Fuye. Site : compagnielaclef.fr
LA VIDÉO
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=LwL_kl9K9mU[/youtube]

Olivier de Benoist : faux macho, vraie interview

Pour sa venue à Tours, le 28 mars, tmv a passé un petit coup de fil à l’humoriste ODB. Fumant !

ODB (Photo William LET)
ODB (Photo William LET)


Vous vous appelez en vrai Baron de Benoist de Gentissart… Je peux vous tutoyer quand même, baron ?

(Rires) Par téléphone, oui, ça passe !

Tu as défendu les hommes pendant trois ans dans ton spectacle. Dans le nouveau, Fournisseur d’excès, tu défends les femmes : c’est parce que ton épouse et ta belle-mère te faisaient la tête ? 
C’est venu après avoir crée ce personnage pittoresque dans mes anciens sketches, ce misogyne sans le savoir : bref, un con ! C’est un personnage qu’on aimait bien, mais je voulais d’autres aventures. Maintenant, le spectacle est plus long, car il y a beaucoup plus de boulot pour défendre les femmes ! J’enfile la robe : du coup, je suis le seul avocat après Maître Vergès à défendre une cause perdue…

Beaucoup te collent l’étiquette de macho. Ce n’est pas un peu embêtant et réducteur, à force ? 
En fait non, car les gens qui me connaissent ajoutent toujours un mot, comme « macho rigolo » et ils savent comprendre les blagues et le second degré. Le vrai humour macho me gave, me fatigue. Ça ne m’amuse pas.

Dans un sketch, tu dis : « le mariage est un cercueil dont les enfants sont les clous. » Tu dois être quelqu’un de très romantique, non ?
(Rires) Je ne suis pas très romantique, oui ! Mais la formule est jolie. C’est d’ailleurs la caractéristique de mon humour : les formules qu’on peut reprendre après. Ça me fait marrer. C’est comme quand je me transforme en femme et que je dis « Tiens, j’ai un peu de temps, je vais faire la gueule ! » Il y a plusieurs types d’humoristes : de situation, visuels, le stand-up… Moi, c’est à texte.

D’ailleurs, aux repas de famille, tu es le rigolo de service ou super sérieux ? 
Tu sais, les humoristes sont chiants dans la vraie vie. Au quotidien, je suis normal. On n’a pas besoin de faire rire en permanence quand on fait ça comme métier.

Tu sais qu’une fois, je me suis disputé avec ma copine à cause de tes sketches. Qu’as-tu à dire pour ta défense ? 
(Rires) Sérieux ? Lequel ?

Celui sur les rapports hommes/femmes…
Tu vois, c’est drôle. C’est un sketch qui est beaucoup vu et qui reprend plein de préjugés. Ça fait beaucoup rire les couples. C’est du foutage de gueule énorme. On pourrait faire le même pour les hommes. Quand ils sortent du spectacle, ça fait du bien aux couples, ça leur fait un bol d’air. Mais c’est bon, dans le nouveau spectacle, je m’égratigne moi-même et les hommes !

Bon, question sérieuse :tu es catholique. Peut-on rire de la Religion ou pas ? 
Euh… Oui, oui ! Mais je ne fais pas de blagues sur les cathos dans mon spectacle. J’en ferais si je pouvais en faire sur les trois religions de la même manière.

A la base, tu es juriste. Tes parents ont dû être heureux quand tu as fait ton coming-out humoristique…
Ouais, mais en fait, ce n’est pas comme dans les films. C’est venu progressivement. J’ai fait cinq ans de Droit et des castings, de la magie… J’ai six frères et dans une famille nombreuse, on ne traite que les urgences ! Il y a 50 ans, ça aurait sûrement été plus complexe. Le seul truc, c’est que dans mon milieu, dès qu’on n’a plus d’actu, on te dit « Ah, ça ne marche plus ? »

Comment es-tu dans la vie de tous les jours ? 
Normal. Trop normal pour ce milieu d’ailleurs.

Et quand même stressé en montant sur scène ?
Tu rigoles ? Évidemment ! Sur scène, on doit toujours tout prouver, même après 15 ans de scène. Pas possible de ne pas avoir le trac !

Tu as dit une fois que Gad Elmaleh était ton humoriste français préféré. Tu le trouves toujours aussi drôle depuis sa pub LCL ?
(Rires) Pourquoi il a fait ça, je me demande… Enfin, je reste persuadé qu’il est drôle. Il a vrai talent, c’est un humoriste complet.

Au fait, comment écris-tu tes spectacles ?
Je l’écris à quatre mains avec Vincent Leroy. On se pose à 10 h du matin, dans un bar et on échange. Ensuite, j’appelle des copains, etc. pour le répéter. Je teste tous les effets que je fais. Car le public a toujours raison dans l’humour.

Tu t’es quand même pris de gros bides parfois ?
Oooh oui ! Quand le rire ne vient pas, c’est l’horreur. Un ange passe…

Merci pour l’interview. Je te laisse convaincre les gens d’aller voir ton nouveau show…
On m’a fait deux compliments sur Fournisseur d’excès : il est plus drôle que l’autre et trop court, alors qu’il fait 1 h 35 ! Je suis ravi du résultat. Une autre qualité, c’est aussi sa diversité des formes d’humour. Merci !

Propos recueillis
par Aurélien Germain

« Fournisseur d’excès », d’Olivier de Benoist. Vendredi 28 mars, à 20 h 30, au Vinci. Tarif : 42 €.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=V0ydhbfVZGE[/youtube]

Une nouvelle vie pour le café Colette

Un collectif de Tourangeaux a décidé de faire vivre autrement le café Colette, à Paul-Bert.

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La nuit tombe sur le pont de fil. Quelques passants se dirigent dans le noir vers les quais Paul-Bert. Le café Colette se remplit peu à peu, ses lumières illuminent le bout du pont. À l’intérieur, les murs sont recouverts d’affiches annonçant des concerts, des expos, un appel à lutter à Notre- Dame-des-Landes.

Près du bar, Céline et Adrien discutent. Ils font partie du collectif qui souhaite continuer à faire vivre ce lieu. « Les gérants ont décidé d’arrêter le bar, explique Céline. C’est une figure du quartier, un lieu hétéroclite où les habitués se mélangent aux habitants du quartier, à des associations. C’est un café qui a une histoire depuis presque cent ans. »
Un lieu qui pourrait vivre différemment : le collectif des Colettes n’est pas né d’hier. Depuis deux ans, une vingtaine de personnes se sont regroupées pour organiser des concerts, des expos, des spectacles. Petit à petit, ils ont fédéré plusieurs associations avec pour point de rencontre, ce café.
« Ce n’est pas l’idée de sauver l’entreprise mais de proposer autre chose dans Tours, une coopérative où des associations pourraient se croiser, proposer, partager, continue Céline. Un café qui garderait son âme de bistrot de quartier », ajoute Adrien.

Une utopie ? Pas vraiment, les membres du collectif parlent avec pragmatisme de leur projet. « Nous nous sommes vite rendu compte qu’à Tours, il y a des bars, des salles de concert, de spectacle, mais aucun lieu transversal qui mélangeait les initiatives, les expérimentations, les publics. Tout est segmenté », lance Adrien. Ils apprennent en faisant, croisent leurs connaissances, s’entraident, montent des dossiers.
« On nous fait croire que la culture, c’est compliqué, réservé aux experts. Nous prouvons qu’ensemble, c’est possible », s’enthousiasme Adrien. Dans quelques mois, leur société coopérative devrait reprendre la suite du café. Adrien : « Musique, folie, politique, art contemporain, buveurs de café, tout se croise ici. »
Benoît Renaudin

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EN PRATIQUE
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DONS
Le collectif est toujours à la recherche de sous pour faire vivre le projet. Chèques, espèces, bitcoins : ils prennent tout. Il suffit de faire ses dons au bar directement ou par voie postale au 57 quai Paul-Bert, à Tours. Plus d’infos sur cafecomptoircolette.blogspot.fr

HISTOIRE
L’histoire du café Colette, c’est surtout celle de Saint-Symphorien, une commune avalée par Tours en 1964. Elle s’est transformée en Paul-Bert, un quartier, un peu à l’écart, de l’autre côté de la Loire. Le café Colette a connu les guerres du XXe siècle, la séparation quand les ponts sont tombés au début de la Seconde Guerre mondiale.

PROGRAMMATION
Curieux ? Allez découvrir ce bistrot en allant écouter et voir le Tours Soundpainting Orchestra, il passe le jeudi 23 janvier chez Colette, vers 20 h 30. Sinon, en journée, vous pouvez aller y faire un tour avec vos enfants : le bar Bidule s’installe le mercredi (de 8 h 30 à 18 h) et le dimanche (de 10 h à 16 h) avec plein de jeux, du chocolat chaud, des plats maison, une zone de gratuité. Tout le programme sur leur facebook !
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Dieudonné : ennemi comique numéro 1 ?

Interview de Piem. Le dessinateur de 90 ans est passé par la célèbre émission satirique Le Petit rapporteur, l’enragé humaniste du crayon vit près de Tours… et ne goûte pas franchement à la polémique Dieudonné, dont il ne prononcera jamais le nom durant l’interview.

(Photo H. Le Guellec)
(Photo H. Le Guellec)

Le spectacle de Dieudonné vient d’être interdit à Tours, est-ce que…
Piem : (coupant la question) La connerie humaine n’a pas de limites ! Dieudonné, c’est de l’humour provoc’ pour vous ? Ce n’est pas du tout ça. Il ne faut pas en rajouter. L’humour est quelque chose de fragile et là, ce qu’il fait, c’est juste carrément minable.
Qu’est-ce que cela vous inspire, ces interdictions, notamment concernant le spectacle de Tours ?
Un spectacle ? Ah, je croyais que c’était un meeting ! Il faut remettre les choses à leur place, voyons… J’ai vécu les années 39-45. Là, ce n’est même pas de la provocation, c’est de la m… ! De quel droit des Tourangeaux font la queue pour aller voir ça ?
Certains ont pu comparer Dieudonné et Pierre Desproges (l’humoriste a aussi participé à l’émission satirique Le Petit rapporteur, NDLR). Est-ce que cela vous heurte ?
Non, ça ne veut rien dire ça ! Ce n’est pas vrai du tout. Desproges, c’était un provocateur, il était drôle. Il n’était pas raciste. Là, c’est lâche et minable. À ce titre, ce n’est même pas du courage d’ailleurs.
Vous avez l’air vraiment remonté…
Je suis remonté et surtout épouvanté…
Est-ce qu’on ne joue pas le jeu de Dieudonné au final, à faire de lui un martyr comme il le dit. Peut-être en parle-t-on trop ?
Absolument. On est en train de rendre service à cet homme. Et c’est Marine Le Pen qui va en profiter… Le Français est lâche. Ah la la, qu’est-ce qu’on peut rire avec ça, c’est drôle d’avoir un enfant qui brûle dans une chambre à gaz, hein … ?
+ Pour en savoir plus sur l’interdiction à Tours, c’est par ici

Dieudonné : spectacle à Tours interdit

Dieudonné devait se produire ce vendredi soir au Vinci. Son spectacle a été interdit. Tmv suit en direct ce qu’il se passe devant le Vinci.

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Photo prise peu avant 20 h (photo tmv)

[article mis à jour à 20 h 40]
20 h 40 : Les fans de Dieudonné campent toujours devant le centre Vinci. Vers 20 h 15, de nombreux chants ont eu lieu, à coup de « Dieudonné président », « Sioniste raciste assassin » ou encore « La Licra rentre chez toi ! ». De nombreuses personnes présentes ont entonné la Marseillaise. Mais la foule reste très calme.
La circulation est difficile aux abords du centre Vinci.
19 h 07 : Denis Schwok, le président de Tours Événement, a confié aux journalistes présents que Dieudonné ne se rendrait pas au Vinci.
Quelques huées à l’annonce de l’annulation.
19 h 04 : Dieudonné pourrait proposer un autre spectacle pour ce soir, au maire Jean Germain.
18 h 37 : Le Conseil d’Etat confirme l’interdiction du spectacle ce soir à Tours.
18 h 26 : Le site officiel du Conseil d’État est « down » : il est donc inaccessible, comme hier, suite à un trop grand nombre de connexions.
18 h 20 : L’audience est finie. Lecture de l’arrêt dans une trentaine de minutes.
18 h 10 : D’après certains twittos, une dizaine de cars de CRS est arrivée devant le Vinci.
18 h : L’audience publique au Conseil d’État a commencé à 17 h 30, comme prévu.  D’après Libération, l’un des trois avocats de Dieudonné a déclaré dans sa plaidoirie : « Le spectacle se joue depuis six mois six fois par semaine et il n’a jamais posé de problèmes relatifs à l’ordre public. Il n’y a eu que du bruit médiatique. C’est donc une dérive grave de porter atteinte à une liberté fondamentale  »
17 h 28 : Une vidéo circule sur les réseaux sociaux et YouTube : lors de son interview, le maire Jean Germain a été « victime » d’une « quenelle ».
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=o6XS4tglx2c#t=24[/youtube]
14 h 55 : Sur son Facebook officiel, Dieudonné précise que « ses avocats saisissent à leur tour le conseil d’état ! Cette fois le jury du conseil sera différent ! Réponse pour que Dieudonné joue à Tours ce soir : vers 18h !! Merci encore pour votre soutien », avant de dire « les médias vous mentent », en se défendant d’un quelconque salut nazi hier, à Nantes.
Me Damiens-Serf
Me Damiens-Serf

14 h 50 : Devant le Vinci l’Avocat Me Damiens-Serf est interrompu par des ados fans de Dieudonné.
Derrière la porte vitrée.

14 h 47 : L’humoriste/polémiste n’est toujours pas là. Sur place, on doute qu’il viendra. L’avocat du spectateur (condamné à payer 500 €, NDLR), un huissier, deux avocats de Dieudonné étaient là et sont rentrés pour avoir une discussion dans le centre Vinci. Ils se trouvent derrière une porte en verre.
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Discussion derrière porte vitrée = silence radio (pour le moment!) (Photo tmv)

14 h 33 : Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, souhaite que tous les spectacles de Dieudonné soient interdits.
A Tours, les portes du Vinci restent fermées.
Sur Twitter, on apprend que Dieudonné souhaite faire un spectacle « best of » et non celui de la tournée Le Mur.
14 h 01 : Dieudonné avait annoncé qu’il arriverait sur Tours à 14 h 30. Certains journalistes font déjà le pied de grue devant la salle.
Devant le Vinci (Photo tmv)
Devant le Vinci (Photo tmv)

13 h 58 : LE POINT // La Ville va recevoir 1 500 € de dommages et intérêts. 1 000 € de la société de production de Dieudonné et 500 € d’un spectateur qui s’estimait « lésé » après avoir payé 86 € ses deux places pour un spectacle ensuite annulé.
Une audience en référé devant le Conseil d’Etat aura lieu à 17 h 30.
13 h 30 : Le tribunal d’Orléans a annoncé l’interdiction du spectacle de Dieudonné, ce vendredi soir à Tours. Les 2 000 places du Vinci avaient trouvé acquéreurs.
Sur BFM TV, le maire Jean Germain (PS) s’est dit « satisfait » de cette décision.
Dieudonne-indesirable-a-Tours_reference
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Intermittents : mode d'emploi

Rapporteur de la commission parlementaire sur le travail salarié dans les métiers artistiques, le député de Tours, Jean- Patrick Gille, préconise de conserver le statut de l’intermittence. Mais, en le contenant et en luttant contre les abus…

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Pourquoi ce rapport et pourquoi maintenant ?
Il y aura à la fin de cette année une renégociation du régime général de l’assurance chômage et donc, forcément aussi, de ses annexes 8 et 10 qui tracent les contours du système de l’intermittence. Tout le monde a en mémoire ce qui s’était passé en 2002 et 2003, lorsque l’on avait voulu changer les règles de ce système. Le but de ce rapport était d’arriver à établir un constat, en amont des négociations, que tout le monde pourrait partager. Ce qui est le cas, je crois.
Ce qui est sûr, c’est que dans le déficit de l’Unédic, le régime de l’intermittence est pour beaucoup. Un milliard par an, selon la cour des comptes, qui ne désarme pas sur le sujet…
Oui, d’un point de vue strictement et purement comptable, on arrive effectivement à un milliard de déficit : 250 millions de cotisations contre un peu plus de 1,2 milliard de dépenses. Mais, imaginons que l’on décide de supprimer le système de l’intermittence, au motif qu’il ne fonctionne pas et qu’il coûte trop cher. On décide donc de passer tous les bénéficiaires de ce régime sur le régime général. Et là, on constate que l’on n’arrive pas à zéro non plus. Car les salariés du régime général ont des droits eux-aussi. Nous avons fait le calcul et le différentiel est de l’ordre de 320 millions d’euros. C’est ce surcoût qu’il faut prendre en compte.
Cela vous semble être un chiffre acceptable ?
Moi, je considère que cela n’est pas injustifié au regard du poids économique du secteur. Avec 300 000 emplois concernés et 2 points de PIB, la culture se place au même niveau que l’industrie automobile, par exemple. Il ne faut pas oublier que l’intermittence, c’est l’outil de l’exception culturelle française et et de la diversité. L’explosion des festivals, qui sont des événements éclatés, est un vrai indicateur de ce que peut permettre l’intermittence en France. Donc, je défends le système, sous réserve de le conforter et de le contenir.
Que faire de ces « permittents » qui sont, en fait, des intermittents permanents ?
Le rapport propose de mettre un peu d’ordre avec trois propositions assez simples. La première : qu’une personne qui effectue un temps plein dans une structure, donc 151 heures par mois de façon régulière, ne puisse plus cumuler avec les indemnisations. Ensuite, que l’employeur soit obligé de proposer un CDI à une personne qui effectue plus de 600 heures en CDDU. Et enfin, qu’au delà de 900 heures annuelles récurrentes, on requalifie automatiquement le contrat en CDI.
Vous faites aussi des propositions concernant le cumul entre les revenus d’activité et d’indemnisation.
Oui. Le rapport propose de plafonner ce cumul et il semble y avoir un consensus là-dessus. Car un artiste de bon niveau, qui touche, par exemple, des cachets de l’ordre de 1 000 euros par jour peut avoir quatre ou cinq cachets en début de mois et ensuite, toucher 4 000 euros d’indemnisation pour le reste du mois. Est-ce que c’est bien normal ? Je crois qu’il faut plafonner cela à hauteur de 4 188 €. Cette mesure rapporterait aujourd’hui 32 millions d’euros, donc 10 % du surcoût du système. D’autre part, nous proposons de déplafonner les cotisation et de faire en sorte que les personnes cotisent sur l’ensemble des ses revenus et non plus sur les 12 000 premiers euros.
Il n’est pas question de toucher aux fameuses 507 heures pour l’obtention du statut d’intermittent ?
La question était de savoir si on devait allonger la période de référence et revenir aux 12 mois au lieu des 10 ou 10,5 mois actuels. Le problème, c’est que si on assouplit dans ce sens l’obtention du statut sans toucher aux 507 heures, on va assister à une augmentation du nombre de bénéficiaires et toute ma démonstration précédente en sera fragilisée. Donc, je n’ai pas voulu faire de préconisations en ce sens. Car je savais que si je le faisais, on aurait retenu que cela.
Et que faire contre le travail dissimulé, qui fragilise le système ?
Il y a une collusion d’intérêts entre l’employeur et l’employé. “ Je te paye bien les 15 premiers jours du mois. Le reste du mois, tu n’es pas sensé venir, mais tu viens quand même…” Tout le monde est gagnant. Il faut rappeler que ce sont des pratiques illégales. Les services de l’état ont tous les moyens pour vérifier tout ça. Il est temps de penser à se mettre en règle car ceux qui pratiquent le travail dissimulé finiront forcément par se faire prendre. Ceux qui font ce gendre de choses sont financièrement gagnants, mais ils volent tout le monde autour d’eux et aussi euxmêmes, à terme.
Propos recueillis par Matthieu Pays

Intermittents : ils ont la parole

Trois artistes et un administrateur de théâtre partagent leur expérience et leur sentiment sur l’intermittence aujourd’hui.

« Se rendre compte de la charge de travail » 
Patrick Harivel, 60 ans, comédien
INTERMITTENT_BV_HARIVEL« Quand on parle de 507 heures d’activité sur 10 mois et demi pour pouvoir toucher des allocations chômage, cela paraît peu. Nos cachets isolés sont comptabilisés comme 12 h de travail par l’Assedic et sont censés couvrir large : de la préparation à la représentation. Pourtant, en réalité, quand on compte l’apprentissage ou la révision d’un texte, la condition physique à entretenir, le trajet aller-retour, on dépasse largement ce volume horaire ! Tout le monde ne se rend pas compte de la charge de travail que l’on a. Et je constate que la situation est de plus en plus précaire. On m’a déjà proposé des projets artistiques où les répétitions n’étaient pas payées. J’ai refusé par principe. Et puis, on est toujours à la recherche de contrats ! C’est un gros travail que de les trouver. En passant des castings, des auditions. Et encore, auparavant, ces déplacements étaient payés… Forcément, cela met de la pression, mais on le sait dès le départ. On doit utiliser ces périodes de creux pour se nourrir artistiquement et être prêt dès que le travail se présente. »
« On n’a pas les moyens de prendre un permanent »
David Limandat, 34 ans, administrateur du théâtre Barroco, à Saint-Pierre-des-Corps
INTERMITTENT_BV_LIMANDAT« On bosse avec une trentaine d’intermittents du spectacle. Sur le plan artistique, leurs parcours varient. Avec les expériences glanées ailleurs, ils sont plus ouverts et apportent de nouvelles idées. Ces périodes courtes collent avec le fonctionnement d’un théâtre. Il y a aussi un avantage fiscal à avoir des intermittents puisque l’on bénéficie d’un abattement de 30 % sur les charges. Mais plus largement, sur le plan financier, on ne peut pas prendre de permanent. Notre structure tourne autour d’une centaine de représentations par an. Faire passer des artistes ou des techniciens en CDI, c’est une proposition qui s’adresse plus au monde de la télévision ou à des grosses compagnies. Et cela est logique à partir du moment où il y a une forte récurrence de contrats. Sauf qu’entre des théâtres nationaux et nous, c’est le jour et la nuit ! D’autant plus que la baisse des budgets dans la culture pèse, de manière directe ou indirecte sur les intermittents. Par exemple, on aimerait les payer plus mais il y a un cercle vicieux. Si on le fait, cela veut dire que l’on augmente le prix des spectacles. Moins de monde va venir les voir. Et s’il y a moins de monde, forcément il y a moins de cachets pour payer les artistes… »
« Je vois l’intermittence comme une chance »
Elsa Beyer, 37 ans, chanteuse
INTERMITTENT_BV_BEYER« Je suis sortie plusieurs fois de l’intermittence car je n’ai pas toujours pu renouveler mon dossier. C’est assez fluctuant. Je suis à nouveau dedans depuis environ trois ans. Je donne parfois des cours de chant. C’est un autre travail qui est vraiment différent, mais j’aime bien faire les deux, cela dépend aussi de l’optique dans laquelle je suis. En tout cas, je considère l’intermittence comme un état précieux. Il me permet de vivre de ce que j’aime : la musique. Bien sûr, il y a une précarité, on manque de stabilité, mais je le vois comme une chance. Ce serait une catastrophe si ce régime disparaissait. Maintenant, tout s’est resserré, on a plus l’impression de devoir courir puisque l’on est passé de 12 mois à 10 mois et demi. Quand on arrive à la fin de la période de référence, on a une appréhension. On se demande si Pôle Emploi a bien reçu tous nos documents. Je trouve que leurs agents répondent plutôt bien à nos questions. Sur ce point, c’est mieux qu’avant. Mais je déplore que tout soit désormais basé à Nanterre. Avant, on avait un référent à Tours, à un échelon local et c’était plus simple. »
« C’est un métier ? Tu ne fais rien à côté ? »
Laurent Priou, 54 ans, comédien
INTERMITTENT_BV_PRIOU« Il y a des choses fausses qui circulent et qui me font bondir. On dit que notre régime a contribué à aggraver le déficit de l’Unedic et qu’il coûte beaucoup d’argent. Mais c’est faux ! Il peut paraître injuste car d’autres corps de métiers, comme les plasticiens, pourraient revendiquer un tel système. Mais, il faut absolument le défendre car il nous permet de faire notre métier correctement. À un moment, il y a eu des dérives, c’est vrai. Parce que certains cherchaient l’intermittence avant d’avoir un métier. À une époque, on avait parlé d’une carte professionnelle d’intermittent, mais c’était très dangereux. Quels critères auraient défini son attribution ? Il faut surtout changer l’esprit des gens. Le grand public ne me parle pas souvent du système de l’intermittence. Mais j’ai l’impression quand même qu’il y a une grande méconnaissance. Je n’entends pas de fortes critiques, mais on me dit parfois : “ Ah bon, comédien, c’est un métier ? Tu ne fais rien à côté ? ” C’est aussi un paradoxe de l’intermittence : on est reconnu en tant que professionnel lorsque l’on est demandeur d’emploi. »
Recueillis par Guillaume Vénétitay

Spectacle. On a selectionné le meilleur du Fiel

À l’occasion de leur venue à Tours, ce mercredi, tmv vous propose le « best ouf »des sketchs des deux gugusses toulousains.

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Premier chanteur nucléaire
 
Le sketch : Éric Carrière y joue Jean-Paul André, un chanteur abruti au possible, engoncé dans son K-way© jaune fluo, « toujours content » et né près d’une centrale nucléaire. Jouant sur le comique de répétition, ce sketch, très visuel, est l’un des meilleurs du duo.
Les répliques cultes : « J’ai chanté à Tchernobyl, ils m’ont applaudi très fort. Ils ont tous quatre mains ! », « Mon frère est punk, il a une crête sur la tête. Parce que mon père, il a couché avec une poule. »
 Voir ici
 
Les coiffeuses
 
Le sketch : un classique, où les Chevaliers du Fiel campent deux femmes maniérées dans un salon de coiffure parlant de tout et de rien. Notamment avec une conversation délicieuse sur leur libido.
Les répliques cultes :« Mon mari me regarde droit dans les seins, m’offre des fleurs. Je me dis que je suis bonne pour écarter les jambes. », « Ah bon ? Parce que vous n’avez pas de vase ? ». Ou encore « Les hommes, c’est comme la neige, on sait jamais combien de centimètres on va avoir et combien de temps ça va tenir. »
 
Antoine Charpentier raconte l’Europe
 
Le sketch : corrosif à souhait, il met en scène le duo dans un discours sans pitié, ironique et millième degré sur l’Europe. Une diatribe anti-européenne caricaturale et hilarante.
Les répliques cultes : « Les Néerlandais, ce sont des Belges qui parlent allemand »et «Michalak, comme disent les Turcs ! », «C’est pas plutôt Inch’Allah ? », « Je sais pas, je connais pas encore tous les joueurs. »
 
Les chasseurs
 
Le sketch : chasse passion et accident… Une douzaine de minutes avec deux gros benêts de la chasse, dont un habillé… en cycliste, car sa femme n’a pas lavé ses vêtements. Les deux comiques chasseurs se lancent dans un instant philosophie vraiment drôle, avec un ton mordant et moqueur.
Les répliques cultes : « Non, ça va pas au boulot, ils veulent nous mettre aux 35 heures. », « Bah, tu devrais être content, non ? », « Tu déconnes ou quoi ? Nous à l’EDF, ça fait bien longtemps qu’on en est plus qu’à 28 ! ». Ou encore «Toi, tu en bois combien des Ricard quand y a rien à fêter ? », « Je sais pas… 15, 20… »
 
 


LE SPECTACLE
Ce mercredi 10 avril, le spectacle « Le best ouf des Chevaliersdu Fiel » fera escale à Tours. Le slogan de l’affiche ? « Quoi de plus sérieux que la déconne ? ». Ça promet !
Au Centre de congrès Vinci, à 20 h 30. Tarif : 43 €.