La Dreamhack : OK, mais c’est quoi ?

Parce qu’il n’est pas forcément facile d’y voir clair ou de tout comprendre quand on est néophyte, tmv vous explique en quelques mots ce qu’est vraiment la DreamHack, ce rendez-vous incontournable qui se tiendra à Tours cette semaine.

(Photo Julien Pruvost)

C’EST QUOI ?

La DreamHack, c’est un rendez- vous pour tout fan de jeux vidéo qui soit. En fait, il s’agit d’un immense événement e-sport. Le e-sport ? Oui, le « sport électronique » : en gros, vous remplacez le ballon de foot par un jeu prévu à cet effet, comme Fortnite ou Counter Strike.
C’est une pratique où des joueurs s’affrontent sur un support électronique, essentiellement le jeu vidéo. À la DreamHack, donc, on peut assister à une sorte de compétition géante, des tournois où des cyber-athlètes se tirent la bourre sur des jeux de plate-forme, de combats, d’aventures, etc. Les Jeux Olympiques du gaming, quoi !

LE WOODSTOCK DU NUMÉRIQUE

À la DreamHack, les organisateurs aiment à rappeler qu’il s’agit d’un endroit où « la passion et le fun que procurent l’eSport jouent un rôle central ». Ce qui fait qu’au fil du temps, cet événement est devenu plus qu’un simple rendez- vous.
Fondée en 1994 dans la cafet’ d’une école suédoise, la DreamHack détient aujourd’hui le record Guinness Book du plus grand festival numérique au monde. À l’international, il y a déjà plusieurs dates prévues, comme à Montréal, Valence, Dallas ou encore Rotterdam. La France compte une étape de cette tournée qu’on appelle DreamHack World Tour : c’est de nouveau à Tours.

DEUX ZONES

À la Dreamhack de Tours, deux zones seront séparées. La « LAN Party » accueillera plus de 1 500 participants pour le plein de compétitions. Dans le Grand Hall, la « DH Open », c’est l’endroit où jouera le gratin des meilleurs joueurs professionnels. Ainsi que la « Dream Expo », où se situeront stands, tests de jeux vidéo en avant-première, partenaires, finales, etc.

JOUEURS… ET VISITEURS !

Le public lambda a tendance à croire que l’événement est réservé aux joueurs pros. Loin de là. Les visiteurs peuvent assister à certaines parties en live, défier la gameuse Kayane (!), tester des jeux vidéo en avant-première, jouer à certains titres lors de sessions, découvrir des stands de constructeurs et éditeurs vidéo, et – nouveauté cette année – participer à un concours de cosplay qualitatif pour la Coupe de France.
Les pass 1 jour (15 €) ou 3 jours (39€) sont disponibles sur dreamhack.com/tours

C’EST NOUVEAU CETTE ANNÉE !

SILVERGEEK : IL N’Y A PAS D’ÂGE
Pour la première fois, la DreamHack accueille le tournoi Silvergeek dédié aux seniors, en partenariat avec la Fondation Macif. Des personnes âgées (parfois de plus de 90 ans) s’affronteront dans le Grand Hall comme leurs petits derniers, pas sur League of Legends quand même, mais sur Wii Sports Bowling.
Comme quoi, il n’y a pas d’âge.

COSPLAY : HAUT EN COULEURS
En parallèle du concours Cosplay Caisse d’Épargne-Loire Centre, qualificatif pour la coupe de France de Cosplay, organisé par Sohei, l’association de la région Centre Cos’Castle sera aussi présente sur le stand, samedi et dimanche pour des animations hautes en couleurs. Le cosplay consiste à incarner des personnages issus de la culture populaire comme les dessins animés, les séries, les films, les bandes dessinées et les jeux vidéo.

> DreamHack : du 17 au 19 mai, au Parc expo de Tours. 
> Retrouvez le programme en détail, les invités et les horaires dans notre numéro spécial, n°334

Tours ‘N Man : le triathlon XXL en chiffres

Un triathlon XXL va avoir lieu à Tours, dimanche 10 juin. À cette occasion, tmv revient, en quelques chiffres, sur la course mythique de l’Ironman.

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L’IRONMAN, C’EST QUOI ?

C’est 226 km au total soit…

>3,8 km de nage : ce serait comme faire 76 longueurs dans une piscine olympique. Une promenade de santé pour ces athlètes.

>180 km de vélo : ce qui représente un petit Tours-Chartres à vélo. Par autoroute certes… Sinon vous pouvez faire 7 fois l’aller-retour Tours-Montlouis. Probablement moins dangereux.

>42,2 km (oui, bon, 42,195) : si faire un marathon vous semble déjà insurmontable, imaginez après avoir nagé et pédalé pendant plusieurs heures.

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Tours organise sa première édition du Tours’NMan, un triathlon XXL. Mêmes épreuves, et même distance qu’un Ironman, le label en moins.

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c’est l’âge d’Amaury Lafourcade, triathlète tourangeau. En 2017, il a bouclé son premier Ironman en Italie en 9 h 50’ et 53” s’assurant la première place de sa catégorie 18-24 ans. Une victoire qui lui permet de participer aux championnats deu monde 2018 à Hawaï.

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en kilomètres, c’est, à vol d’oiseau, un peu plus que la distance entre Paris et Los Angeles. En 2015, Ludovic Chorgnon, habitant du Loir-et-Cher, a réalisé l’équivalent de 41 Ironman en 41 jours : 156 km de nage, 7 400 km à vélo et 1 730 km de course à pied. Un record français. Qui dit mieux ?

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1978

le premier Ironman de l’histoire a lieu, en 1978, à Honolulu. Tout est parti d’une bataille d’ego entre amis, un an auparavant. Nageur ? Cycliste ? Coureur ? Qui est le meilleur ? Autant juger sur pièces. John Collins, commandant de l’US Navy, avait participé, 3 ans auparavant, au premier triathlon américain (800 m/8 km/8 km). Avec sa femme Judy, ils décident de combiner les trois courses les plus dures d’Hawaï. Les épreuves que l’on connaît aujourd’hui. « Celui qui finira premier, nous l’appellerons l’Ironman.»

2019

Nice accueillera les championnats du monde de l’Ironman 70,3. Une première en France. Épreuve de 131 km (1,9 km de nage ; 90 km à vélo ; 21,1 km de course)

DÉPART LE 10 JUIN, PARC DES EXPOSITIONS DE TOURS
7 h : départs XXL et relais
8 h 30 : départs L et relais 12 h 35 : arrivée estimée des premiers du L
15 h 05 : arrivée estimée des premiers du XXL
17 h 30-18 h 30 : podiums du L, du XXL et relais
Plus d’infos sur toursnman.com ou sur la page Facebook 

A l’école du Parkour et du freerun

Course, saut et escalade : le parkour est l’art du déplacement en utilisant le mobilier urbain. Une école a ouvert à Saint-Pierredes- Corps et forme les yamakasi de demain.

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Le Parkour ? « C’est se déplacer de la manière la plus efficace et rapide possible d’un point A à un point B », dit Charles Brunet, ici en photo. (Photo instagram.com/haiscorentin)

Le soleil tombe doucement. Saint-Pierre-des- Corps grelotte avec quatre petits degrés en cette fin février. La fraîcheur enveloppe les ateliers de la Morinerie. Dans ce hangar, un couloir où s’alignent des locaux d’artistes. La douce quiétude est troublée par le roulement d’un skateboard qui se dirige vers le fond. Sur sa planche, Martin, jeune ado blond aux petites lunettes, aussi relax qu’un surfeur californien. Passé une porte où est collée une affiche West Coast Academy, il se dirige vers de grands échafaudages.
Dix secondes plus tard, il s’y balance, s’accroche, grimpe avec une aisance et une souplesse déconcertantes, sous l’oeil bienveillant de son mentor, Charles Brunet.

Ce trentenaire tourangeau de l’asso Gravité Zéro/Parkour37, membre de la team West Coast Academy, est un « traceur » pro qui a ouvert, en octobre 2017, une école de parkour, la première de la région. Un sport pour les adeptes de la liberté du corps et du déplacement. De quoi ravir Martin : « Ici, c’est un peu ma deuxième maison », se marre-t-il. « C’est toujours encadré, donc je peux me surpasser. »

L’école compte plus de 200 licenciés, âgés de 9 à 30 ans. (Photo Julien Pruvost)
L’école compte plus de 200 licenciés, âgés de 9 à 30 ans. (Photo Julien Pruvost)

Le cours va commencer. La voix de Charles résonne dans la salle de 400 m². Le cadran à LED au mur affiche 17 h 29 et 58 secondes. « J’avais bien dit que c’était 17 h 30 pétantes », sourit-il. Cet endroit est un rêve devenu réalité. Créé avec trois fois rien : « Après avoir galéré à trouver un lieu, un ami m’a conseillé les ateliers de la Morinerie. Le local n’était pas cher. »
Pour le matériel ? De la récup’ pour les palettes, une structure achetée à Amiens pour les échafaudages et « un grand merci à l’asso de gym de Saint-Pierre qui nous a donné certains tapis et matelas. » Soit un lieu d’entraînement idéal avant d’affronter la rue et son mobilier urbain.

NINJA WARRIOR ET ACROBATIES

Charles Brunet, prof et pro du parkour, pratique depuis 15 ans. Sa chaîne YouTube compte 67 000 abonnés. (Photo instagram.com/haiscorentin)
Charles Brunet, prof et pro du parkour, pratique depuis 15 ans.
Sa chaîne YouTube compte 67 000 abonnés. (Photo instagram.com/haiscorentin)

Tandis que Charles retrace l’histoire, Léonard, en stage ici, est en charge de l’échauffement. Poignets, coudes, genoux, chevilles, cou et nuque : tout y passe. Et c’est parti ! Par petits groupes, les jeunes élèves sautent par-dessus des blocs, s’accrochent à des hauteurs inimaginables, enchaînent roulades, « sauts de chats » et saltos. « Ouais, c’est un peu Ninja Warrior », sourit Charles, avant de charrier un apprenti qui enchaîne les pirouettes au-dessus d’un gros cube en mousse : « Si tu touches l’obstacle, c’est cinq pompes ! »
L’ambiance est bon enfant, la fraîcheur du hangar est oubliée. On s’entraîne dur. Corentin, par exemple, avec ses saltos arrières hallucinants. Il a 17 ans et pratique depuis 7 mois. Comme le prouvent ses figures, sa préférence va au freerun. « C’est une variante qui implique des acrobaties en plus. Le freerun embellit le déplacement en parkour », nuance cet ancien fan de BMX et de trottinette freestyle. Le sourire aux lèvres, engoncé dans son maillot bleu, Corentin triture sa petite barbe et s’amuse de ses débuts, lorsque, tout petit, il « grimpait déjà aux arbres ». Maintenant, c’est sur les murs en ville.
« En fait, je m’adapte aux autres dans la rue. Si quelqu’un n’avance pas devant moi, je me dis tout de suite : tiens, et si je le dépassais plutôt en m’accrochant à ce rebord de fenêtre ? Le parkour me fait découvrir la ville différemment, c’est un deuxième point de vue. Tout se joue au mental… et je n’ai pas peur du béton ! ».

L’heure tourne et c’est déjà bientôt la fin du cours. Subejan, 13 ans, le bonnet enfoncé sur la tête laissant choir ses longs cheveux, continue les figures sans s’arrêter. Trois ans de pratique, mais capable de surmonter n’importe quel obstacle et visiblement à l’aise aussi bien en parkour qu’en freerun.

Seul équipement nécessaire pour pratiquer le parkour ? De bonnes chaussures ! (Photo Julien Pruvost)
Seul équipement nécessaire pour pratiquer le parkour ?
De bonnes chaussures ! (Photo Julien Pruvost)

Les autres élèves s’enflamment, c’est le moment du « floor is lava » [le sol est de la lave, NDLR]. Exercice fendard : interdiction de toucher le sol avec ses pieds. Les bras sont mis à rude épreuve, on saute de bloc en bloc, les chevilles arrêtent les corps, les muscles amortissent les chutes, les pieds ne doivent pas se placer trop haut. « Ça peut être dangereux », souffle Charles. Sous leurs airs de casse-cou, les traceurs sont prudents et font preuve d’une grande maîtrise. Charles est comme un grand frère. Il chapeaute et conseille.

Les étirements indispensables. Ici, avec Subejan, 13 ans. (Photo Aurélien Germain)
Les étirements indispensables. Ici, avec Subejan, 13 ans. (Photo Aurélien Germain)

« Ici, on donne nos expériences et on découvre sa voie. La technique est là, ils travaillent maintenant leur autonomie et leur créativité. » Plus qu’un sport urbain, le parkour est une philosophie. L’association le rappelle d’ailleurs sur sa page internet : « Notre état d’esprit est l’entraide, le partage et la persévérance. » Trois valeurs respectées au pied de la lettre à l’école du parkour.

> En savoir plus : facebook.com/Parkour37000 ou pk37.weebly.com pour les cours et stages

> Vidéos : youtube.com/user/gravitezer0

Reportage : Aurélien Germain

L’équilibre parfait pour un traceur ? Souplesse et puissance. (Photo Aurélien Germain)
L’équilibre parfait pour un traceur ? Souplesse et puissance. (Photo Aurélien Germain)

Community manager : « Des gens frais avec des idées jeunes »

Antoine Gayral est un jeune community manager de 22 ans basé à Tours. Son âge ne l’empêche pas d’avoir un CV bien rempli. Il a notamment géré la communication de l’événement TEDx à Tours. Sa jeunesse est une force. Il maîtrise les codes de Facebook, Twitter et Instagram sur le bout des doigts. Aujourd’hui, il s’épanouit avec la Social Media Family, une agence de communication tourangelle.

Image29COMMUNITY MANAGER

« Il faut gérer l’image des entreprises et des personnes, créer du contenu et les valoriser tout en étant créatif. Il existe une façon de communiquer sur les réseaux sociaux, avec des codes, que tout le monde n’a pas forcément. »

SOCIAL MEDIA FAMILY

« C’était l’idée d’Antoine Périgne, social media manager. C’est un collectif de spécialistes des réseaux sociaux qui a de l’avenir. Nous sommes trois [avec Antoine Périgne et Alix Beauchamps, NDLR] à y travailler et de manière complémentaire car Antoine Périgne a choisi des profils différents. Je m’oriente plus vers des projets d’entrepreneuriat par exemple. »

UN MODÈLE ?

« Le community manager de la marque Innocent fait du bon travail, celui de la SNCF ne s’en sort pas mal non plus, il faut voir la gestion des crises sur Twitter. D’ailleurs ce sont des équipes, et non une seule personne, qui sont en charge des réseaux sociaux dans les grandes structures. »

QUALITÉS

« Il faut sans cesse avoir de nouvelles idées et pouvoir s’adapter à toutes les demandes. Il faut aussi avoir des compétences en graphisme et aimer le travail d’équipe. »

SA JEUNESSE

« Pour convaincre les potentiels clients, il ne faut pas attendre d’être plus âgé. Les clients cherchent des gens frais avec des idées jeunes. C’est un marché ouvert, il y a du community management pour toutes les personnes. C’est en essayant qu’on apprend. »

INCONVÉNIENTS

« Les horaires. C’est le vrai point noir pour les community managers indépendants. »

RÉSEAUX SOCIAUX

« Je préfère incontestablement Facebook et Twitter. Je connais les codes d’Instagram mais je l’utilise beaucoup moins. Il y a aussi Pinterest, qui est un outil intéressant de travail pour son côté graphique. LinkedIn me permet de faire du marketing relationnel et d’y montrer mes compétences. »

DÉCROCHER DES RÉSEAUX

« Je fais du sport et de la musique pour cela. La semaine, les journées sont intenses mais le week-end j’essaye de m’écarter de mon téléphone et de prendre un peu de recul. »

Par Taliane Elobo, étudiante à l’EPJT.

Vous avez dit « permaculture » ?

Sur la plaine de la Gloriette, des Tourangeaux découvrent la permaculture avec Kiwi-Nature. L’occasion de mieux saisir ce concept en vogue.

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« On leur coupe la tête alors qu’elles nous rendent service ! » Défenseur des plantes sauvages, le paysagiste et botaniste Davy Cosson s’insurge contre le sort réservé aux « mauvaises herbes ». Consoude, pissenlit, plantain lancéolé… L’homme ne tarit pas d’éloges sur ces végétaux aux mille vertus.

Face à lui, 8 personnes venues découvrir, sous un grand soleil d’automne, les plantes sauvages de la plaine de la Gloriette. Pas besoin de s’aventurer dans les méandres du potager. Elles sont là, juste à l’entrée, au pied d’une barrière en bois. Premier atout : « Ce sont des plantes bio-indicatrices. Elles nous renseignent sur l’état du sol », commence Davy Cosson. La consoude, par exemple : avec ses grandes feuilles poilues et rugueuses se terminant en pointe, elle indique un sol compact et humide. Mais ce n’est pas tout : transformée en purin, source de phosphore, elle revitaliserait les plantes. Et ses touches jaunes, juste à côté ? Ce sont des pissenlits, bien sûr. Ils indiquent un sol pauvre en potassium.

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Et comme la nature est bien faite, leurs longues racines vont chercher ce nutriment en profondeur. « C’est comme en médecine, poursuit le botaniste. Plutôt que d’éradiquer le symptôme en arrachant les plantes, on ferait mieux de travailler sur les causes de la maladie ! Le pissenlit, en nourrissant le sol, est à la fois le symptôme et le remède. Ça n’a donc aucun intérêt de l’enlever. » Si on laisse la plante en place, elle disparaîtra toute seule une fois le sol suffisamment enrichi, assure le spécialiste. Après une matinée théorique, cette promenade digestive à la découverte des plantes sauvages a lieu dans le cadre d’un stage d’initiation à la permaculture, organisé par la société Kiwi-Nature.

La permaculture ? « C’est la conception et l’entretien d’écosystèmes humains et durables s’inspirant de la nature. Une philosophie de vie, qui amène vers plus d’autonomie et d’écologie », définit Davy Cosson, formateur et fondateur de Kiwi-Nature. La permaculture est un concept né dans les années 1970 à l’initiative de deux australiens : Bill Mollison et David Holmgren. Elle s’inspire du fonctionnement des écosystèmes naturels et repose sur trois principes essentiels : prendre soin de la terre, respecter l’Homme et partager équitablement les ressources. Appliquée au jardinage, elle consiste, par exemple, à améliorer le sol pour que la plante se développe dans des conditions optimales. « Adapter le sol aux plantes, et non l’inverse », précise le botaniste. Bien sûr, tous les herbicides, insecticides et autres produits chimiques en « -icides » sont remisés au placard. Une autre manière de jardiner, donc. Adieu le Roundup qui permettait de désherber son jardin en dix minutes. En même temps, vu ses effets probablement cancérogènes, notre santé s’en portera sûrement mieux. On oublie aussi les engrais de synthèse, auxquels on préférera la matière organique (fumier, compost…).

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Culture en lasagnes

La fin de l’après-midi arrive, c’est le moment de passer à l’action ! L’objectif : mettre en pratique les acquis de la journée en créant une butte en lasagnes. Vous imaginez déjà des plaques de lasagnes géantes sur lesquelles pousseraient des légumes nourris à la sauce tomate ? Changez les ingrédients, et vous y serez. La culture en lasagnes consiste à empiler des couches de matériaux riches en carbone et en azote : fumier, paille, argile, compost, branche… Moins appétissants, mais plus propices à la création d’un riche support de culture.

Jardinière avertie, Véronique, l’une des stagiaires, a hâte de tester la technique : « La permaculture m’intéresse. Passionnée de jardinage depuis 30 ans, j’ai d’abord pratiqué en jardin ouvrier, puis chez moi à Thilouze. Si c’était à refaire j’en ferai mon métier ». Nicolas, lui, a franchi le pas : ancien courtier en œuvre d’art sur Paris, il se reconvertit dans le maraîchage bio sur 3 hectares à Langeais. Mais il n’y a pas que des pros : dépourvus de jardin, les autres stagiaires, comme Quentin et Cynthia, sont venus poussés par la curiosité.

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Direction la cabane à outils. Chacun se munit d’une bêche, d’une binette ou d’une brouette, puis le groupe part à la recherche de matériaux disponibles sur la plaine de la Gloriette. De retour, les voilà qui empilent une couche de branches, une autre de fumier, des feuilles mortes, de la paille… En deux temps trois mouvements, la butte en lasagnes est faite. Il ne reste plus qu’à arroser, puis attendre le printemps pour planter.

En savoir plus : Prochain stage de permaculture théorique et pratique organisé à Tours les 9 et 10 décembre 2017.
> Infos sur kiwi-nature.com

N.P.

TEDx Tours : « On veut sélectionner le meilleur »

Ce 24 mai, c’est la 3e édition du TEDx Tours. Leurs conférences font un carton, mais le concept reste méconnu. Pour comprendre, rencontre avec Fabien Boutard, qui a lancé l’événement en Touraine, et Guillaume Gras, ancien intervenant.

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Commençons par les présentations !
Fabien Boutard : J’ai 34 ans et je suis créateur d’une start-up (sur la qualité de vie et de bien-être en entreprise, NDLR). Un jour, j’ai posté un tweet : « Qui serait intéressé pour un TEDx à Tours ? » J’avais découvert l’existence de ce programme via un ami qui m’avait envoyé une vidéo. Il y a des conférences TED partout dans le monde, même à Kaboul et au pied du mur Mexique/États-Unis ! Alors pourquoi pas à Tours ? Ici, on a des hôpitaux, des chercheurs, des gens pointus, etc. mais rien pour diffuser leurs idées. Une communauté de 30 personnes s’est réunie. Beaucoup de monde voulait y participer. Il a juste fallu faire une demande de licence – gratuite – aux Américains et voilà. Nous sommes tous bénévoles et indépendants, même s’il y a quelques règles à respecter, afin de ne pas se faire manger par les entreprises ou les collectivités.
Guillaume Gras : Je suis médecin au CHU de Tours, spécialisé dans les maladies infectieuses, comme le VIH, et la médecine tropicale. Je ne connaissais pas TEDx, mais on m’a contacté pour être speaker (intervenant, NDLR) lors de la première édition. C’est une stagiaire de mon service qui leur avait parlé de moi ! J’y ai participé et ça a été une machine de valorisation incroyable.

Le concept des conférences TED reste assez flou. Pouvez-vous expliquer leur objectif ? 27505749466_58a36b24b0_z
F.B : Il s’agit de partager des idées qui changent le monde. On sélectionne des idées innovantes, originales, puissantes. Tous les thèmes sont abordés : numérique, digital, gastronomie, santé, etc. Les seuls interdits sont la religion et la politique. La conférence est filmée et diffusée gratuitement sur internet. Mais dans la salle, en vrai, le public se « prend une claque » face à des intervenants que l’on appelle speakers, qui interviennent pendant 12 à 15 minutes. La première année à Tours, ces derniers étaient 100 % Tourangeaux. Là, pour notre 3e édition, c’est moitié-moitié : local et national. Cela permet aussi ne pas rester en vase clos et amener des idées en Touraine. Par exemple, on est allés piocher dans d’autres régions pour parler du thème de l’intelligence artificielle. On recherche le top du top dans une conférence TED.
G.G : Les speakers ne sont pas payés ! Tout le monde est bénévole à TEDx.

Guillaume, justement, votre expérience comme speaker a été assez dingue…
G.G : Oui ! Avant le jour J, les speakers ont droit à un coaching pour mettre au point leurs interventions et pouvoir être accessibles au grand public ! Il faut connaître son discours par cœur, car il n’y a pas de fiche sur scène. Au départ, j’appréhendais. Mais je dois dire qu’ensuite, il s’est passé un moment magique. En tant que médecin, je ne devais pas être trop technique ou trop scientifique. Depuis, il ne se passe pas une semaine sans qu’on m’en parle ! Si c’était à refaire, je le referais. Le jour de ma conférence, j’ai eu l’impression d’être Johnny Hallyday ! (rires)

Quel est le public ?
F.B : Il faut qu’il soit le plus large possible. Il y a beaucoup d’étudiants. Mais en général, ça va de 14 à 70 ans.
G.G : Ce n’est pas un public « costard-cravate » ou je ne sais quoi ! Ce qui m’a marqué, c’est l’enthousiasme général. Ça nous porte et cela montre une ouverture d’esprit. C’est un événement accessible à tous, même si le prix peut être un frein pour certains.
F.B : TEDx est quelque chose de cher à organiser. Lors de la première édition tourangelle, les places étaient à 45 €. Maintenant, nous avons baissé à 25 €.

18899821298_eec8fd33db_zJe suppose que vous avez des sponsors ?
F.B : Oui, l’agglo et la région, entre autres par exemple, nous aident. Mais nous sommes indépendants !

À chaque fois, les places partent comme des petits pains. Les TED sont complets en quelques heures, sans même annoncer la programmation. Comment expliquer cet engouement ?
F.B : Bon, il y a un peu l’effet de mode. C’est la formation n°1 de conférence dans le monde. Et nous avons une sacré communauté sur les réseaux sociaux. Mais les gens nous font confiance, on fait du gros boulot derrière tout ça. C’est un moment exceptionnel. Les deux premières éditions tourangelles comptaient 100 places. Cette année, pour la 3e, on investit le Grand Théâtre et on fait 700 places ! Quant à la programmation secrète, cela incite le public à une ouverture d’esprit, qu’il ne vienne pas que pour une seule « star »… G.G : Les gens ont envie de sortir, d’apprendre. À la fin des conférences, on rencontre le public, on parle, c’est génial et positif.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=XfcY_c0ABAU&index=7&list=PL4nAMv6BvxIOxqhsxkNAdMZy6MN6XVA5x&t=612s[/youtube]

Vous verriez TEDx comme une « grande famille » ?
F.B & G.G : Carrément ! (sourires). Humainement, c’est quelque chose à vivre. Mais ce n’est pas de l’entre-soi.

D’après le credo de TEDx, vos conférences doivent diffuser des « ideas worth spreading », des idées qui valent la peine d’être diffusées. Mais comment on décide de ça ?
F.B : On est entre 10 et 30 à décider. On vient tous de milieux différents. Il est aussi possible de s’inspirer de ce qu’il se passe dans d’autres TEDx.

Tout ça paraît quand même très positif… Trop ?
F.B : Les Inrocks avaient fait un article sur TEDx Paris, en disant que c’était le monde des Bisounours, même si c’était sympa. Effectivement, c’est ce qui peut en ressortir. Je ne trouve pas que ce soit le cas à TEDx Tours. On n’est pas des Bisounours, on veut juste sélectionner le meilleur.
G.G : De toute façon, on a tous besoin de positif. Il faut de l’espoir. Il y a plein de gens motivés qui ont des envies et des rêves.

Propos recueillis par Aurélien Germain
Photos : flickr/tedxtours

EN SAVOIR PLUS
>tedxtours.com ; facebook.com/TEDxTours ; ou sur YouTube pour les vidéos 
> La conférence du 24 mai est déjà complète. Mais retransmission en direct à Mame ! 

Bâtonnier, qui es-tu ?

Le 1er janvier, Maître Catherine Gazzeri-Rivet a pris officiellement la tête des avocats tourangeaux et sera bâtonnier de l’Ordre jusqu’en décembre 2018. Mais derrière ce joli terme un peu désuet, quel est le rôle du bâtonnier ?

(Photo http://www.barreaudetours.fr)
Maître Catherine Gazzeri-Rivet a pris officiellement la tête des avocats tourangeaux (Photo barreaudetours.fr)

D’OÙ VIENT CE NOM ?

Le nom de bâtonnier est une survivance de l’histoire de la corporation. Un corps d’avocats a été reconnu officiellement par le Roi en 1274 et à l’époque, le bastonnier désignait le prieur de la confrérie qui rassemblait avocats et procureurs. Il portait la bannière (le bâton, donc) lors des processions. Depuis, la bannière a disparu mais le nom est resté.

QUI LE CHOISIT ?

Le bâtonnier est un avocat élu par ses pairs, c’est-à-dire l’ensemble des avocats inscrits au barreau de Tours. Ils sont actuellement 283 inscrits (ils sont par exemple 500 à Nice, et… 27 000 à Paris !). Le vote a lieu à bulletins secrets et sur deux tours.

C’EST UN JOB À VIE ?

Le bâtonnier est choisi pour deux ans. Et comme les avocats sont malins et font les choses bien, ils anticipent : dès le mois de juin de la deuxième année, ils élisent le Dauphin qui succédera au bâtonnier en place. Il peut être élu à plusieurs reprises. C’est le cas de maître Gazzeri-Rivet, qui a déjà exercé cette fonction de 2001 à 2002. Parallèlement à ses fonctions, le bâtonnier poursuit son activité d’avocat mais il reçoit généralement une indemnité pour sa charge.

> SES MISSIONS ESSENTIELLES

CONSEIL, CONCILIATION ET ARBITRAGE
-En cas de conflits, il joue un rôle de conciliateur et d’arbitre entre les avocats et leurs clients. Si votre avocat néglige votre dossier ou vous envoie une facture que vous jugez délirante, c’est au bâtonnier qu’il faut écrire.
-Il arbitre les différends entre les avocats et les magistrats et entre les avocats salariés ou collaborateurs et leurs employeurs
-Il a un rôle disciplinaire : il instruit les réclamations, il a le pouvoir d’enquêter et la possibilité de classer l’affaire ou de saisir le conseil de discipline.

REPRÉSENTATION
-Il préside le Conseil de l’Ordre.
-Il est le représentant de l’ensemble des avocats du barreau auprès des autorités judiciaires ou administratives et plus généralement, des autorités officielles.
-Il assure la représentation de l’Ordre en justice.

GESTION DE L’ORDRE
-Il assure la gestion de l’Ordre et des services communs aux avocats.
-Il est garant de la déontologie, s’assure que les avocats suivent leur formation continue (elle est obligatoire).
-Il désigne les avocats commis d’office.

La vie en yoga

C’est sûr, on ne s’y met pas pour maigrir : avec 330 calories grillées en 1 h 30, le yoga n’est pas là pour faire péter les capitons. Mais il a d’autres atouts. Enquête sur une discipline au final assez méconnue.

A la rédaction, avouons-le, on est plus bière, paillettes, Abba et rock’n’roll que pagne en mousseline de coton et patchouli. Le yoga ? Il nous apparaissait comme une nouvelle lubie Instagram, noyée dans des effluves d’huile essentielle et un déferlement de contorsionnistes en bikini. Et puis, difficile de s’y retrouver entre les termes techniques en sanskrit et les 200 écoles de yoga traditionnel, sans parler des variantes qui fleurissent depuis dix ans : yoga parents-enfants, yoga senior, yoga dynamique, yoga Bikram (pratiqué dans une salle surchauffée à 40 °C), yoga du rire, yoga chinois, yoga en piscine ou dans un hamac (le fly yoga)… autant de fantaisies dans lesquelles on se noie et qui transforment une discipline en phénomène de foire. Le yoga est devenu un marché. Dans les magasins de sport, le rayon tapis et pantalon en jersey progresse de 10 % chaque année. Les tour-opérateurs proposent des croisières aux Caraïbes labellisées yoga, et des gurus sans vergogne comme Bikram Choudhury veulent même déposer des série d’exercices de yoga.

Cette frénésie autour du yoga ne lui fait pas forcément du bien et risque de le réduire à des acrobaties. Ce serait comme réduire l’art de la pâtisserie au cupcake. Yoga signifie « lien », c’est un chemin d’évolution personnelle qui compte huit étapes et les célèbres postures ne sont que l’une d’entre elles. « La première étape, celle du travail sur soi, est la plus difficile », rappelle Sylvain Castagnos. Professeur de yoga, il est presque né en position du lotus : sa mère pratiquait, sa grand-mère aussi. Dans les années 70, ces adeptes passaient pour des OVNIS. En 2015, ils sont plus d’un million en France.
Le Ashtanga Yoga, celui des postures, est le plus pratiqué en Occident mais il existe d’autres formes : le Karma-Yoga, ou yoga de l’action désintéressée, pratiqué dans la vie courante, le Bhakti-Yoga, centré sur la dévotion, le Jñâna- Yoga, ou yoga de la connaissance non discursive.

Comment une discipline aussi vieille que les Pharaons, née sur les rives du Gange, a-t-elle fait son trou sur les bords de Loire ? Au début des années 90, la discipline a profité du culte du corps bien fait, athlétique, fin, et de la quête générale de bien-être. C’est aussi une méthode employée pour s’obliger à débrancher, à oublier la montre ou le smartphone, confirment les enseignants. « De plus en plus de médecins pratiquent le yoga pour se détendre et le conseillent à leurs patients contre le stress, souligne Pascal Ferret, professeur depuis 10 ans. Mais il faut se rappeler que le stress n’est pas une maladie, c’est un symptôme. » Lui a commencé à pratiquer le yoga pendant ses études, jusqu’à se reconvertir comme professeur de yoga. « Le yoga n ’ e s t pas une baguette magique mais je vois des évolutions chez mes élèves. Au fil des mois, des gens qui arrêtent de bégayer, dont la démarche devient plus sûre… » Le yoga aide donc à rééquilibrer physique et psychique. On est bien loin des cabrioles glamour survendues par les starlettes sur Internet.

À Tours, La Maison du yoga propose 24 cours chaque semaine. Ce mercredi soir, 8 élèves débutants enchaînent pendant 1 h 30 les salutations au soleil et la position du chien. Un autre de nos préjugés tombe : on pensait la pratique majoritairement féminine, mais ce soir, le groupe comprend 50 % d’hommes. L’un d’entre eux vient de s’inscrire « parce qu’il a les genoux en compote, ne peut plus faire de sport, même plus de piscine.» C’est son premier cours. Il compte sur le yoga pour garder un peu de forme physique. Comme Christelle, qui pratique depuis un an en complément de la course à pied.
« Les élèves viennent d’abord pour rester en forme, faire un sport doux. Mais au fond, je suis persuadé que tous ont un besoin de réflexion spirituelle », souligne un enseignant. « J’aborde très peu l’aspect religieux en cours car dans nos pays laïcs et matérialistes, la méfiance est vive à l’égard de tout ce qui est teinté de spiritualité », analyse Pascal Ferret. Le yoga tire justement sa force de cette globalité, en faisant travailler le corps, l’esprit et l’âme. Les asanas, ces positions si spectaculaires, ne sont qu’une porte d’entrée vers un mode de vie bien éloigné de notre culture moderne : « Elle s’appuie sur la compétition et le gaspillage, ce qui est préjudiciable non seulement pour les autres créatures mais aussi pour la planète, écrit le spécialiste David Frawley. C’est le contraire de Ahimsa, la non-violence, principe essentiel du yoga. »

Ce principe de non-violence pousse des adeptes du yoga à changer petit à petit de régime alimentaire jusqu’à devenir végétariens. « C’est normal, on devient plus attentif aux autres règnes, animal ou végétal », confirme Pascal Ferret. Malgré les apparences, le yoga n’est pas une discipline solitaire, rappelle Sylvain Castagnos. « Il y a plus d’énergie en groupe, on pratique mieux et plus longtemps. En faisant des exercices seuls, un débutant risque de se faire mal, de tirer trop fort. » Pour vraiment profiter de ses cours, il faut être à l’aise avec le prof et trouver l’horaire qui convient, parce que si vous courrez comme un damné pour être à l’heure, vous perdrez pas mal de zenitude en chemin. Et surtout, comme l’explique joliment Pascal Ferret, « chacun doit trouver la forme de yoga qui correspond à sa forme d’âme ».

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La COP21 en 7 chiffres

Fin novembre, la COP21 réunira États, ONG, scientifiques, militants, lobbyistes… Au total, 40 000 personnes attendues et des marches pacifiques organisées dans le monde entier, notamment les 28 et 29 novembre. Explications chiffrées de ce qui nous attend.

Cop21

21

La 21e COnférence des Parties (d’où son nom COP21 !) se déroulera du 30 novembre au 11 décembre prochain à Paris. Il s’agit d’une conférence mondiale sur le climat, organisée chaque année pour mettre à jour la Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, signée par les pays membres de l’ONU en 1992 au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro (Brésil). La première Conférence des Parties s’est tenue en 1995 à Berlin.

195

Le nombre de pays engagés. Ils devront s’entendre sur un accord global les engageant à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) pour enrayer le réchauffement climatique, d’un part et instaurer une solidarité envers les populations les plus vulnérables d’autre part. Car les conséquences des changements climatiques, dus à 95 % aux activités humaines, se font déjà ressentir partout dans le monde.

100

En milliards de dollars, la somme que les pays riches s’étaient engagés à réunir par an et dès 2020 pour aider les pays en développement. Lors de la COP21, ils devront montrer comment sera réellement mobilisé cet argent. C’est un point clé de cette rencontre. Les pays en développement, dont la Chine et l’Inde, jouent le jeu et se sont fixés, pour la plupart, des objectifs de réduction de GES ambitieux. Mais il est clair que leurs efforts et donc leur accord dépendront de la mise en place de cette aide financière, encore un peu floue…

2°C

La limite de la hausse des températures d’ici la fin du siècle. C’est l’objectif. Et aussi le seuil au-delà duquel, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), les conséquences seraient irréversibles. Entre 1980 et 2012, la température moyenne mondiale a déjà augmenté de 0,85°C.

7 %

Le rétrécissement de la surface maximale des terres gelées pendant la saison hiver/printemps dans l’hémisphère Nord depuis 1900. Sur tous les continents, le processus est enclenché : les glaciers de montagne fondent, la couverture neigeuse diminue, la banquise arctique également.

19 CM

L’élévation du niveau de la mer entre 1901 et 2010. Si le réchauffement se poursuit au rythme actuel, l’augmentation pourrait atteindre 1 mètre d’ici 2100. Pourtant, 400 millions de personnes habitent aujourd’hui à moins d’un mètre au-dessus du niveau marin (Bengladesh, îles, New York, Miami, Shanghai, etc.).

40 à 70 %

La réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre, l’objectif fixé par le GIEC d’ici à 2050. Pour le moment, à cinq semaines de la conférence de Paris, les contributions annoncées des 195 pays ne semblent pas suffisantes et mèneraient la planète vers un réchauffement de 3°C. L’impact ? Diminution accrue de la biodiversité, déplacement de population, difficulté voire disparition de certaines activités agricoles, touristiques (le domaine skiable français est clairement menacé), etc. En France, les épisodes de canicules ou de fortes pluies deviendraient plus fréquents entraînant entre autres des conséquences sanitaires graves.

>> Chaque semaine, retrouvez les initiatives locales pour la COP21 à Tours et ses environs !

Jeanne Beutter

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La folie greeters : voir sa ville autrement

Découvrir une ville gratuitement aux côtés d’un habitant bénévole séduit de plus en plus de touristes. À l’arrivée, ils repartent avec bons plans et bonnes adresses.

Jardin des Beaux-Arts, cathédrale, château, vieux-Tours… Tout y passe. (Photo tmv)

« Tourangeau de cœur depuis maintenant 20 ans, la ville m’a adopté et je souhaite vous la faire découvrir lors d’une balade tout en convivialité et simplicité. » C’est cette annonce de Patrick qui a séduit Toshio et Shoko, sur un site de rencontres bien particulier. Sur tours-greeters. fr, ces retraités japonais l’ont choisi pour une découverte gratuite de la ville. Le rendez-vous est pris, Patrick va les « greeter ». Ce concept de tourisme participatif venu tout droit des États-Unis est en vogue. À Tours, il a vu le jour en 2012, à l’initiative de l’office de tourisme. Patrick Chabault était alors l’un des premiers greeters. « J’ai découvert ce principe grâce à une annonce postée sur Facebook par l’office de tourisme, ça m’a tout de suite tenté ! » Aujourd’hui, il est l’un des 40 ambassadeurs tourangeaux.
Avec Toshio et Shoko, c’est la première fois que Patrick greete des étrangers. Point de départ : l’office de tourisme. Sac sur le dos, lunettes de soleil sur le nez, le quadragénaire arbore fièrement son badge de greeter. « Alors, que vous voulez-vous voir de la ville ? » questionne-t-il, avec un sourire aux lèvres qui ne le quittera pas de la matinée. « On s’adapte aux demandes des personnes et les circuits varient aussi selon les centres d’intérêts et les connaissances des greeters. Aucune balade n’est identique », nous explique le guide amateur, à qui le couple a donné carte blanche. Au programme, ce sera donc un circuit vers les lieux emblématiques de la ville.

Premier virage au jardin des beaux arts, où les attend le célèbre Fritz. Un éléphant empaillé devenu mascotte tourangelle : « Le cirque Bailey en a fait don à la ville de Tours. La bête de 7 tonnes a été tuée car l’éléphant devenait fou et avait déjà causé la mort d’une personne », narre Patrick, sous le regard un brin inquiet de Shoko. Une pause photo s’impose. Puis, le greeter et ses deux compagnons de route prennent le chemin de la cathédrale Saint-Gatien. Outre les quelques explications historiques de Patrick, le lieu offre surtout la possibilité d’échanger avec le couple. Sur les croyances, la religion. « Être greeter permet de partager. Les balades sont avant tout des rencontres », explique Patrick, qui n’est pas prêt d’oublier celle avec Toshio.
Tour à tour, ces deux-là se livrent leur passé. L’un travaillait dans une usine d’ustensiles de cuisine à Tokyo avant de prendre sa retraite, il y a sept ans. L’autre était téléconseiller à Tours avant de perdre son emploi, il y a trois ans. Au chômage, Patrick trouve alors dans son activité de greeter un bon moyen de passer le temps et de faire découvrir « son petit Paris », pour lequel il est passionné. « C’est une ville géniale ! », ne cesse-t-il de répéter pendant les deux heures de balade avec Toshio et Shoko.

« Être greeter permet de partager. Les balades sont avant tout des rencontres. »

(Photo tmv)

En vacances en France pour deux semaines, le couple découvre le concept des greeters en même temps qu’il découvre la ville, son église Saint-Julien et son château. Patrick leur fait voir les coins de Tours qu’il affectionne. Il les balade ainsi des bords de Loire à la rue Colbert. Toujours soucieux du bien-être des touristes. « Ça vous plaît ? Madame, on ne marche pas trop vite ? » En guise de réponse, Shoko fait non de la tête, sourit et rattrape les deux hommes déjà emmanchés sous le passage du Coeur Navré. « C’était le passage emprunté par les condamnés à mort, au Moyen Âge, pour se rendre place du Foire le Roi où avaient lieu les exécutions. » Madame n’a pas compris, Toshio se charge alors de traduire l’explication de Patrick en japonais. Si elle effraie un peu la Japonaise, cette dernière retrouve de la sérénité à la Fontaine des Amoureux. Là encore, Patrick n’est pas là pour en conter l’histoire, qu’il ne connaît pas spécifiquement. « C’est ce qui différencie les greeters des guides-conférenciers professionnels, le greeter adopte plutôt une posture d’ami qui partage ses bons plans, ses bonnes adresses, explique Frédérique Noël, responsable des greeters à l’office de tourisme. Par respect pour la profession, nous parlons d’ailleurs de balades ou découvertes plutôt que de visites. »
Pourtant, le circuit emprunté par Patrick a – a priori – tout l’air d’une visite traditionnelle. Preuve en est, la prochaine halte se fait devant la basilique Saint-Martin. Où Patrick se livre à un petit commentaire : « Mon frère habitait l’appartement juste en face, il avait une vue imprenable sur cette basilique depuis sa baignoire ! » Finalement, cette balade se déroule vraiment hors des sentiers battus. Les anecdotes se multiplient, faisant sourire Toshio et Shoko. Devant The Shamrock notamment, « le bar où j’ai bu ma première bière lorsque je suis arrivé à Tours ! » À l’époque, Patrick était étudiant en licence d’administration économique et sociale (AES). Aujourd’hui, à 41 ans, il aimerait reprendre le chemin de l’école, pour passer une formation en tourisme : « Une vocation est née. »

Pour devenir greeter, aucun diplôme n’est exigé. Il suffit d’être passionné par sa ville. C’est ainsi que Margot, 22 ans, a intégré la course en septembre dernier. Étudiante en histoire de l’art, elle propose des circuits axés sur l’analyse de l’architecture urbaine et les activités culturelles. « Je greete une fois par mois environ, c’est une réelle pause dans mes études. Je fais des rencontres exceptionnelles que je n’aurais pas pu faire autrement. Je me souviens notamment d’un greet, avec une femme handicapée moteur. Il fallait penser le circuit pour qu’elle puisse se déplacer sans problème avec son fauteuil roulant. » Une autre fois, sa balade s’est prolongée autour d’un café et a duré quatre heures, le double de ce qui était initialement prévu.
Toshio et Shoko, eux, avant de repartir s’installent avec leur greeter sur une terrasse de l’emblématique place Plum’. Histoire de poursuivre leur échange autour d’un mets français. L’occasion pour Patrick, de leur raconter une dernière anecdote : « Il y a quelques mois, j’ai greeté un couple et ils ont tellement apprécié Tours que peu de temps après, ils s’y sont installés ! » Toshio regarde Shoko d’un oeil amusé. Pas sûr que ces deux là soient prêts à quitter Tokyo…

GREETER ?
Ce terme vient du verbe anglais « to greet » qui signifie accueillir. Les greeters sont des passionnés de leur ville qui la font découvrir bénévolement aux touristes. Les balades constituent avant tout un moment d’échanges entre le greeter et un groupe de six personnes maximum.

ORIGINE
En 1992, Lynn Brooks, une New-Yorkaise, lance ce concept de tourisme participatif avec Big Apple Greeters. Son objectif ? Casser l’image négative de sa ville, jugée trop grande et dangereuse, en partageant bénévolement avec les touristes ses bonnes adresses et bons plans.

100
C’est le nombre de destinations dans le monde où les greeters proposent leurs services. Présentes dans les cinq continents, les organisations de greeters sont fédérées dans un réseau international GGN. La France est le pays qui a le plus adopté ce concept avec 43 villes d’accueil.

>>>ALLER PLUS LOIN
Être greeté Vous souhaitez tenter l’expérience ? Vous trouvez les informations et les contacts nécessaires sur le site tours-greeters.fr ou auprès de l’office de tourisme. Pour un greet hors de Tours, toutes les organisations sont recensées sur globalgreeternetwork.info.

Être greeter L’office de tourisme de Tours Val de Loire recherche des habitants bénévoles de tous âges pour devenir greeter. Si vous souhaitez partager et faire découvrir votre ville, vous pouvez remplir le formulaire sur tours-greeters.fr

Retrouvez l’interview d’une guide-conférencière de Tours qui réagit sur le statut des greeters.

La slackline sur un fil

Deux poteaux, une sangle, de la patience : c’est tout ce qu’il faut pour jouer les funambules des villes.

slackline
(Photo CC Arne List)

Il suffit d’une sangle en polyester de 7 à 15 mètres de long, d’une attache, de deux longes et deux points d’ancrage solides : réverbères, arbres, poteaux… La slackline séduira ceux qui aiment le plein air et se fixer des défis personnels et surtout, elle permet de s’amuser tout en travaillant la souplesse et l’équilibre. Au rayon des sports qui vident la tête, la cote de la slackline est en hausse.
La slackline, ou pratique de la corde lâche, nous vient de Californie. Les adeptes débutent avec une sangle élastique d’une dizaine de mètres et plus ou moins large tendue à 30 ou 40 centimètres du sol. Il faut ensuite parcourir toute la longueur de la sangle souple. La slackline, c’est donc beaucoup de funambulisme (mais sans le balancier), un peu du sens de l’escalade et toute la créativité du surf : elle fait travailler la concentration tout en laissant la porte ouverte à une grande fantaisie.

C’est aussi une aide pour reprendre confiance en soi, puisque chaque progrès est visible et assez impressionnant. Une fois l’équilibre acquis, la pratique est très libre. Au début, on imagine bien qu’il s’agit surtout de rester debout et de poser un pied devant l’autre. La sangle permet également d’être un support à toutes les figures imaginables : vous pouvez parcourir toute la longueur à cloche-pied si ça vous chante, en exécutant des sauts arrière ou en faisant des claquettes (mais ça demande un peu d’entraînement). Avec son matériel très léger, la slackline peut se pratiquer à peu près partout. Une corde, deux arbres et voilà une alternative amusante à la natation ou la course à pied et une bonne façon de se détendre la veille d’un examen.

Stelda

Google : les lunettes du futur

Si jamais elles voient le jour (sans mauvais jeu de mots…), tout le monde en portera. Les lunettes Google en trois leçons.

Les lunettes Google
Les lunettes Google

Mais qu’est-ce que c’est ?!
Après des mois de rumeurs, les lunettes interactives de Google devraient être commercialisées avant la fin de l’année. Équipées d’un petit écran et d’une caméra, elles permettront de voir la vie en réalité augmentée. Guidage GPS en surimpression, affichage d’informations concernant un monument lorsqu’on le regarde. Tout se passe par commande vocale. Il faudra quand même débourser 1 120€ pour se les offrir.
Révolution audio
C’est certainement l’innovation la plus bluffante des lunettes Google. Pas besoin d’oreillettes ni de hautparleurs pour écouter de la musique, le son devrait être transmis directement par les os du crâne. Les branches des lunettes posées sur le nez émettent des vibrations qui sont captées par l’oreille interne. On imagine aussi les applications pour les malentendants.
Adieu vie privée ?
Alors qu’il est facile de savoir quand quelqu’un nous prend en photo avec un Smartphone, ce sera impossible avec les Google glasses. Finis les rendez-vous discrets avec son amant. Grâce à la reconnaissance faciale, il sera peut-être aussi possible de connaître tout d’une personne d’un seul coup d’oeil. On peut également gager que la publicité saura optimiser cette invention grâce à ce que vous aimez regarder. Bye bye vie privée…