Tu veux ou tu veux pas ? Duo de choc

Les sex symboles peuvent-ils se moquer d’eux-mêmes ? Réunis à l’écran, Bruel et Marceau répondent à leur manière.

CINE_PAP_TUVEUX
En le voyant à l’écran, on a du mal à reconnaître l’ancien chanteur à succès : Patrick Bruel a vieilli, il s’est épaissi, montre un début de double menton et quelques poils gris. On s’en fiche, il revient en grande forme et son rôle dans Tu veux ou tu veux pas ? nous rappelle qu’il est au moins aussi bon devant une caméra que sur scène.
Pourtant, la réalisatrice Tonie Marshall partait assez mal avec cette histoire d’ancien sexaddict devenu conseiller conjugal (Lambert, joué par Patrick Bruel) qui tombe sur Judith, une assistante nymphomane (incarnée par Sophie Marceau). Pour séduire Lambert, Judith sort le grand jeu : les moues, les clins d’oeil suggestifs, les pulls déboutonnés. Lambert, les nerfs en compote, se raccroche à ses réunions avec les sex addict anonymes. Comment résister aux avances d’une bombasse déchaînée ?

Il y en a eu tellement, ces dernières années, de comédies françaises un peu poussives, fabriquées à la va-vite avec des acteurs en vogue collés en haut de l’affiche pour appâter le spectateur qu’on craignait une nouvelle débâcle. C’est mal connaître le talent des deux sex-symboles : la petite fiancée des Français et le beau gosse qui faisait hurler les midinettes semblent faits l’un pour l’autre. Étonnant, d’ailleurs, qu’aucun réalisateur ne les ait réunis avant. Le scénario joue sur une histoire de sexe, mais les acteurs, eux, sont clairement dans l’auto-dérision. Sophie Marceau joue à merveille les femmes fatales un peu allumées. Elle accumule les clichés de la femme ultra-sexy, en jouant, pour une fois, de son physique.
Côté mâle, Bruel est l’homme de la situation. Il surjouait un peu dans Le Prénom. Cette fois, il colle tellement bien au personnage d’ex- Dom Juan repenti qu’on y croit réellement. Sophie Marceau a souligné l ’aide apportée par la costumière du film et on la comprend dès les premières scènes. Judith est moulée dans des twin-sets et des jupes crayons, mais pas de cuir ou de résille. Ses tenues aux couleurs acidulées égaient le film et donnent à son personnage un air femme-enfant. La bande annonce et sa chanson un peu rétro confirment cette légèreté.

Malgré un sujet prêtant à l’humour gras, Tonie Marshall évite la vulgarité. Elle réussit un joli mix de comédie de boulevard et comédie romantique à l’américaine, grandement aidée par ses acteurs. On est un peu déçus quand la lumière se rallume. On serait bien restés encore quelques instants en compagnie de ce couple pétillant. La plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu’elle a, dit l’adage, mais dans le cas de Sophie Marceau, c’est déjà beaucoup.

Élisabeth Segard
NOTE : **
Durée : 1 h 28. Comédie de Tonie Marshall (France). Avec Sophie Marceau, Patrick Bruel, André Wilms, Sylvie Vartan…
NOTATION :
 **** CULTEissime 
*** TOPissime
** PASMALissime 
* BOFissime
X NULissime

Théâtre. On a vu : Yvonne, princesse de Bourgogne

Jacques Vincey, le nouveau directeur du CDRT, signe une pièce exigeante qui magnifie le texte de Gombrowicz.

Yvonne, princesse de Bourgogne (photo Pierre Grosbois)
Yvonne, princesse de Bourgogne (photo Pierre Grosbois)

Ambiance tropicale. Le roi court sur un tapis, le prince s’exerce au ping-pong. La reine répète quelques pas de tango avec le chambellan. Royaume des apparences, les polos et les leggings sont de rigueur. Ambiance nouveau riche californien. Une douce musique d’ascenseur berce la petite bande de sportifs royaux. Le public sert de cour, la famille souveraine la salue. Rires enregistrés de circonstances, courbettes, main en l’air. Le Prince Philippe, laissé seul avec son acolyte Cyrille, cherche une distraction. Ambiance moqueuse. Son ami lui propose quelques courtisanes.

Soudain, Yvonne. La jeune femme lui tape dans l’oeil. Dégoûtante, dégoulinante, elle le rebute mais l’attire : pourquoi doit-on forcément sortir avec de jolies femmes quand on est prince ? Yvonne est muette. Philippe plonge dans le désarroi et décide de l’épouser. Ambiance catastrophe. Le palais est sens dessus-dessous. La future mariée, amorphe, devient l’objet central des moqueries et des critiques.

Dans les mains de Jacques Vincey, le texte de Witold Gombrowicz résonne plus que jamais avec le présent. Universelle, Yvonne Princesse de Bourgogne a ce pouvoir de traverser les âges et les époques. Elle devient alors satire de nos vies modernes où les apparences normales sont tout d’un coup bousculées par un élément absurde. La scénographie, magistrale, souligne sans insister cette façon de raccrocher au réel. Yvonne se transforme en miroir des défauts de l’âme des autres. La normalité disparaît pour laisser place au monstrueux, thème cher à Jacques Vincey. Le metteur en scène déjoue les pièges, évite les sous-entendus lourdauds, affine le texte. Il se méfie de la grandiloquence évidente pour mieux tendre un fil avec ses acteurs et se concentre sur la déconstruction de cette famille. Pour amener au chaos final, la musique trouve une place centrale et nourrit avec force la nervosité qui gagne peu à peu le plateau.
Quant aux acteurs, tous justes, sans exception (c’est assez rare pour le souligner), ils jouent cette montée en puissance de la folie, sans tomber, eux aussi, dans la surenchère. Comme si d’un seul coup, le spectateur ne s’était pas aperçu du dérèglement progressif. Comme s’il était happé sans le vouloir dans ce tourbillon de l’anormalité.

>>EN BREF
AU THÉÂTRE OLYMPIA
Oui, parce que c’est officiel, on dit le théâtre Olympia maintenant. Yvonne, Princesse de bourgogne se joue jusqu’au samedi 11 octobre (il n’y a pas de représentation le dimanche 5 octobre). Tarifs (hors abonnement) de 15 à 22 €. Pour les horaires et pour réserver : cdrtours.fr ou au 02 47 64 50 50.

FICHE TECHNIQUE
Durée : 2 h 15. Une mise en scène de Jacques Vincey. Dramaturgie de Vanasay Khamphommala.
Avec Marie Rémond (Yvonne), Hélène Alexandridis (La Reine Marguerite), Alain Fromager (Le Roi Ignace), Thomas Gonzalez (Le Prince Philippe), Jacques Verzier (Le Chambellan), Miglé Bereikaité (dame 1), Clément Bertonneau (Cyrille), Nelly Pulicani (Isabelle), Delphine Meilland (dame 2), Blaise Pettebone (innocent).

D’une Expo l’Autre… puis au Temps Machine

Chaque semaine, Doc Pilot nous emmène avec lui dans ses pérégrinations culturelles à Tours.

weekend affair
…Médiathèque de la Riche… Les artistes de l’ Artothèque se confrontent au sommet sur le thème « Mythologies Contemporaines », l’occasion de repousser les limites de leur style, d’innover, de provoquer : la palme à Jean-Claude Lardrot pour ses Beatles féminisés et ses femens en poupées, à Chantal Colombier pour ce diptyque en appel au culte des héros de papier et de S.F, à Béatrice Suspène pour son Minotaure de carton en sentinelle face à l’entrée de l’exposition, la belle photo de Jacques Moury Beauchamp en grand volume sur le mur extérieur de la Médiathèque, un clin d’œil au « pacte avec le diable » du père du blues Robert Johnson, la pleine lune, la croisée de deux chemin, le bleu profond…
A La Boite Noire, Fred le Chapelier joue par l’encre et la ligne claire à donner vie à des personnages à l’humanité sublimée dans l’iconoclastique expression du quotidien ; j’aime ce « Des étoiles dans les yeux » pour cette frange en douce prison des yeux… Il s’y trouve aussi un travail commun avec Beatrice Myself… A la Galerie Olivier Rousseau rue de la Scellerie, Sandrine Paumelle offre des paysages retravaillés sous une palette post-réaliste, des plans et des circonstances où le 19e se plonge dans le 21e. Face au concept on touche à la nostalgie maladive de paysages oubliés dans une enfance sublimée ; l’arrêt sur image provoque notre arrêt dans la vie, la méditation engendrée se révélant chaleur et médecine…
En Arcades Institute l’expo commune d’artistes vietnamiens frôle la caverne d’Ali Baba, l’arrière boutique d’un brocanteur des Puces, les œuvres à profusion et de tous styles proposés, une démarche privée et didactique dont s’extrait à mon appréciation les peintures de Truong Dinh Hao, un art brut rural et rugueux, une signature sans pareil pour parler d’un temps révolu… Au Château de Tours les peintures de Fatema Binet Ouakka occupent un étage pour une expo inégale, le meilleur coudoyant le moyen voire le gênant avec des œuvres avec lumières intégrées. Néanmoins Tombe inconnue et Les survivants forcent à l’interrogation sur les émotions ayant conduit à de tels sujets…
Bonne nouvelle dans le quartier Bretonneau/Grand Marché avec la création de l’identification « Le Quartier des Arts » ; des artistes il s’en trouve à toutes les portes, une pépinière de talents ; le touriste a besoin d’être pris par la main pour oser s’éloigner de Plumereau : en voici l’occasion… Chapelle Sainte Anne, Primum Movens, une expo collective de 19 artistes de rouge et de verre mêlés, le rouge pour la danseuse de Tango, son histoire en quelques minutes filmées, sa force dans le geste, le son, la narration dans les regards et les circonstances.. le rouge pour cet automnale effeuillage à l’accumulation envahissante du plancher de verre de l’endroit ; le verre disais-je, au sous – sol pilé par le rêve de Catherine Martin, une chapelle revisitée en terre inconnue spatiale et dangereuse, une inhospitalité tentatrice par les brillances attiré pour y perdre une main, un pied, la raison peut être… au spectacle de Benoit Pradier incarnant le Beau Bizarre et l’étrange dans la noirceur d’un tunnel sans fin…
Le Ride of me de PJ Harvey à fond dans l’habitacle, foncer vers le Temps Machine pour ne pas rater le début du concert de Rod Anton and The Ligerians, concert de sortie du nouveau disque ( hé oui on fait encore des disques) devant un public nombreux et conquis ; de bonnes vibrations, de la convivialité, un bon sens d’en la fusion des styles et une relecture des racines propre à séduire toute les générations… Il m’y manque pourtant ce grain de folie pour m’embarquer dans l’oubli de l’instant … Le sang a coulé, la tête est tombée ; mon compte facebook suite à une prise de position sur le sujet devient la tribune de la leçon donnée : la sérénité n’est plus de mise… Face au drame je plonge dans le hard rock des seventies, ma médecine : Black Sabbath, ACDC, Deep purple, Led Zeppelin… et la lecture du nouveau Parallèles : rencontre de Laurent Geneix avec l’adjointe à la culture Christine Beuzelin ( au contraire d’avec la précédente couleur, il semblerait que l’on joue cartes sur table même si ça fait mal : un paradoxe politique appliqué à la culture locale)... un portrait de Sylvie Attuci l’artiste-scientifique omniprésente en cet automne, une couverture clin d’œil aux « sans dents » avec un dentier en star de l’image…
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=OGoQ9VTaL6o[/youtube]
Retour au Temps Machine pour une soirée dites « électro pop » très dans le style avec Weekend Affair, duo de comiques troupiers des années 10 au style 80’s relifté dans son époque, nostalgique et à la limite de la caricature mais sans l’aspect putassier d’aucuns en tentative du genre : on se marre, un peu, on aimerait leur donner plus pour les voir nous renvoyer à leur tour une émotion hors de leur doux cynisme. Leur titre « boxing » agrémenté d’un jeu de scène désopilant est à tomber… Judas Warsky, l’ex Turzi, travaille lui aussi dans le néo 80’s mais dans la strate romantico-dramatique du sujet ; c’est bien emballé mais c’est pas ma came, affaire de goût et de style ; je reconnais la force de son titre « Bruxelles, capitale de l’Europe » et deux trois passages instrumentaux intenses et captivants… De l’intense nous l’aurons avec NLF3, les ex-Prohibition balançant un concept très « rock in opposition » d’entrée en filiation directe avec This Heat, Henrycow voire Magma, une prog’ répétitive technique et obsédante support à des lignes mélodiques capables de toucher le cœur et l’âme. Ces musiciens aguerris relisent leurs instruments d’une manière unique, réinventent l’académisme et le jeu pour user d’une palette inédite alcoolisée d’énergie régénératrice : il y a du mouvement perpétuel dans cette affaire, une parfaite utilisation des forces pour tenir sur le fil sans ne jamais tomber.

Chroniques culture #35

Passer du groupe de folie Royal Blood aux zombies de Walking Dead, avec une dose de BD et de Sims 4… Les chroniques culture de tmv, c’est parti !

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LE CD

ROYAL BLOOD
C’est la nouvelle bombe rock anglaise. À les écouter, difficile de rendre compte qu’ils sont deux à former Royal Blood. Son bien lourd, lignes de basses cradingues, batterie atomique ce groupe de Brighton est taillé pour le succès. Si certaines mélodies sont parfois trop calibrées pour le format radio, leur énergie possède cette urgence de toute bonne formation rock. Proche des Arctic Monkeys, Royal Blood voyage entre hard rock à l’ancienne et rock british pur jus. Tubesque. B.R.
[youtube width= »250″ height= »250″]http://www.youtube.com/watch?v=-_3mNCaJgNM[[/youtube]

LE DVD
THE WALKING DEAD – SAISON 4
Quoi de mieux, avant la reprise de la série zombiesque le 12 octobre, de se refaire la saison 4 ? Le coffret tout beau, tout chaud (et purulent) est sorti de terre, avec 700 minutes au compteur. Si quelques épisodes manquent de pêche, le reste dégouline de surprises, stress et rebondissements. On retient aussi la présence de making of et d’entretiens avec les acteurs en guise de bonus. Ou la version collector avec un buste de zombie, si vous avez 109 €… Sortie le 30 septembre. A. G.

LE JEU
LES SIMS 4
Créée en 1999 par Will Wright, la plus célèbre des simulations de vie est de retour sur PC (et uniquement PC malheureusement). Attendue comme le messie, cette version 4 des Sims a des atouts pour séduire, à commencer par des graphismes plus sympas et des outils de construction modernisés. Revers de la médaille, le jeu accumule les défauts. Comme la petite taille du terrain de jeu ou des temps de chargement à rallonge. Maxis, + 12 ans, PC, 50 €.
L. Soon

LA BD
GHETTO BROTHERS
Le trait charbonneux de Claudia Ahlering déroule l’histoire des bandes du Bronx et des célèbres Ghetto Brothers. Entre violence et pauvreté, drogue et chômage, et émergence des mouvements contestataires, cette belle fresque est aussi une ode à la paix, un hommage à toute la communauté portoricaine de New York. C’est aussi une belle radiographie de la culture hip-hop avec la naissance de la Zulu Nation, DJ Kool Herc et l’immense Africa Bambaataa.
Hervé Bourit

 

Stop shampoing : cheveux tout arrêter

La mode du no-poo, vous connaissez ? On vous parle de cette nouvelle manie d’arrêter les joies du… shampoing.

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Depuis quelques mois, la rumeur enfle. Le shampoing serait le mal. Partie des États-Unis, la vogue du no-poo, c’est-à-dire « sans shampoing », envahit les blogs et les pages des magazines.
Comment ça marche ? D’abord, vous espacez les shampoings jusqu’à un par semaine grand maximum. Puis après quelques semaines, vous jetez les shampoings. Vous vous lavez les cheveux avec un mélange d’eau et de bicarbonate de soude, ou de vinaigre de pomme et de l’eau. Si vous craquez et que vos frites vous démangent, vous avez le droit de vous faire un shampoing sec avec de l’amidon ou de l’argile.

Vous l’avez compris, le no-poo a pour but de permettre au cuir chevelu et aux cheveux de retrouver un équilibre. La suppression de tout soin artificiel doit entraîner une meilleure régulation du sébum, dégommer les pellicules et les chutes de cheveux. Coiffeuse et ancienne formatrice chez L’Oréal, Laure Delumeau est partagée sur les résultats obtenus par la méthode. « Cette semaine, j’ai eu deux clients testant le no-poo, un homme et une femme. » Et alors ? Avaient-ils la chevelure de Barbie ? « J’ai conseillé au monsieur de se racheter illico du shampoing : ses cheveux étaient dans un état épouvantable. Ceux de la jeune femme, en revanche, étaient magnifiques. »

Conclusion : le no-poo est un traitement comme un autre, il peut convenir à certaines chevelures et pas d’autres. Pour tmv et ses adorables lecteurs, j’étais prête à rester douze semaines le cheveu gras. Mais j’ai eu pitié de mes collègues de bureau. Si vous voulez tenter l’expérience, la blogueuse Ophélie explique les étapes du no-poo de A à Z sur son site antigonexii.com

Stelda

Une minute sur le web #27

Du trottoir pour smartphones à l’artiste de la semaine, on vous parle de ce qui a buzzé cette semaine.

BUZZ_PHOTO
Insa, c’est un graffeur assez connu dans le milieu. Son truc ? C’est de faire des graff’ animés en gif mais à partir de peintures réelles. Plus d’infos sur insaland.com

LE CHIFFRE
2,5
C’est, en milliards, le montant du rachat du jeu en ligne Minecraft par Microsoft. Cette acquisition a ému une partie des joueurs qui défendaient avec vigueur l’indépendance de ce jeu, un des plus populaires du web, avec 54 millions d’exemplaires vendus.
BUZZ_MINECRAFT

CONCOURS PHOTO
WIKI
Wikipedia lance, de nouveau, Wiki loves monuments. D’après l’encyclopédie en ligne, c’est le plus grand concours photo au monde. En deux semaines, plus de 90 000 clichés de monuments ont été proposés dans des dizaines de pays différents. Vous aussi, participez sur wikilovesmonuments.fr

LE TUMBLR
STARS DE LA PEINTURE
Ça fait quoi quand vos stars se retrouvent dans un tableau ancien ? Allez jeter un coup d’oeil au tumblr de la graphiste Bénédicte Lacroix. Elle s’amuse comme une folle à les photoshoper dans des toiles de maîtres. >> bainay.tumblr.com

INSOLITE
SMARTWALK
C’est une première dans le monde. Dans la ville de Chongqing, un trottoir est réservé à ceux qui utilisent leur mobile. Cette initiative fait écho à celle lancée, pendant quelques jours, par la revue National Geographic à Washington (USA) pour voir si ça changeait quelque chose de séparer un trottoir en deux.
BUZZ_CHINE

LE DOCU
BIOPIC
C’est rare les productions purement financées par le web et accessibles gratuitement. Internet’s own boy retrace la vie d’Aaron Swartz, un jeune américain, génie du web décédé l’année dernière. Ce documentaire, en anglais, met en perspective la vie de ce jeune prodige et la liberté sur internet. Pour le voir en VO : archive.org

LE JEU
MON OEIL
Terrance, c’est un oeil qui se balade sans vraiment de but apparent dans un monde un peu étrange fait de pyramides et d’électronique. La BO est assez foldingue et le principe du jeu simplissime : avancer coûte que coûte. Pas d’ennemis mais des pièges. Bizarrement addictif… Terrance, the flying eyeball sur kogregate.com
BUZZ_JEU

Delicious Donuts : Mmmh, des donuts !

Un établissement où déguster des donuts succulents, à Tours en plus ! Il n’en fallait pas plus pour tmv… On s’est transformé en Homer Simpson. D’oh !

Du donut 100 % made in Tours, la classe à l’américaine. (Photos tmv)
Du donut 100 % made in Tours, la classe à l’américaine. (Photos tmv)

Ouh pinaise, qu’est-ce que j’avais envie de donuts, ce matin-là ! Bart et Lisa étaient à l’école, Marge s’occupait du ménage à la maison. Du coup, je me suis dit : « Mmh, Homer, tu ferais bien de passer rue Lavoisier, avant de te rendre à la centrale nucléaire. Il paraît qu’une boutique de donuts a ouvert le 10 juillet. » L’idée de rêve ! De toute façon, j’étais une nouvelle fois en retard au boulot. Alors autant affronter la colère de mon boss, M. Burns, le ventre plein.

Ouh pinaise (oui, je me répète, et alors ?), que je me suis dit en rentrant chez Delicious Donuts. Il y a un grand autocollant de ma trombine, bouche grande ouverte, comme si je croquais la vitrine. « Unique en France », écrit juste au-dessus. D’oh ! Il n’y a rien de tel à Springfield. Bref, à l’intérieur, même topo : un tableau de toute ma pitite famille accroché au mur, une barquette de donuts sur les genoux. De jolis sièges noirs et blancs, très confortables, avec des petites tables et des lampes mignonnes toute rose.
En tant que fan de donuts, Daniela et Stéphane Rousseau m’ont vraiment bien accueilli. Super heureux de présenter « leur machine exclusive » : « C’est un ami ingénieur qui l’a créée. Grâce à ça, on fait quelque chose entre le donut et le churros. C’est moins lourd, plus léger et croustillant. Et ça se mange avec une fourchette, car les Français n’aiment pas manger avec les doigts », qu’ils m’ont dit.

Ouh pinaise (vous l’aurez jusqu’au bout), que j’étais content quand j’ai appris que tout était préparé sur place, du fait maison. Niveau goût, je n’ai jamais connu aussi délicieux. Du plus que parfait. Alors je me suis dit que je reviendrai. D’autant que Daniela et Stéphane, franchiseurs, envisagent de décliner le concept ailleurs dans la région ou en France. Quant à moi, je suis arrivé en retard au travail. Je n’avais pris que six donuts, mais j’avais le ventre plein ! Qu’on me jette la première bière…
Homer

AU MENU
>UN PLAT
Oula, quel plaisir gustatif cette petite barquette de donuts recouverts d’un petit (gros) nappage chocolat au lait et chocolat blanc ! Du fait maison, et en plus, c’est croustillant et bien chaud. En un mot comme en cent, c’est délicieux. L’établissement porte bien son nom…
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L’ADDITION
La boîte de six donuts revient à 2,50 € et comptez 4 € pour celle de douze. Autant dire que ce n’est pas cher du tout pour votre porte-monnaie. Côté boisson, les prix vont de 1,50 € à 3 €. Vous pouvez aussi prendre un panini (3 €) ou le menu panini, grande boîte de donuts et boisson 50 cl pour 8,50 €.

EN PRATIQUE
Delicious Donuts, 27, rue Lavoisier, en face du Château de Tours. Du lundi au vendredi, 12 h – 20 h ; samedi et dimanche de 12 h à 21 h. Tél. 09 52 69 35 82. Sur Facebook : deliciousdonuts37 ou sur Twitter : @DonutsDelicious

(Petit bonus inutile ? Oui ?)
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=1kB67bTCz6M[/youtube]

Art contemporain : portrait de Jean-Baptiste Caron

L’Eternal gallery invite, jusqu’au 9 novembre, les oeuvres de ce jeune artiste contemporain. Rencontre.

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Grande silhouette longiligne, Jean-Baptiste Caron manipule avec précaution des poids normalement utilisés pour la pêche. Il les place à l’extrémité d’un fil ensuite relié à un ventilateur. Au bout de quelques minutes, l’artiste se lève, appuie sur un bouton, la soufflerie se met en marche. Le système de fils jaunes reliés entre eux entraîne les deux fenêtres de la pièce. Une brise s’engouffre.
« C’est la Fabrique des courants d’air, répond laconiquement Jean-Baptiste Caron. C’est la première fois que j’utilise de vraies fenêtres. J’ai déjà réalisé cette installation, mais en intérieur. »

L’Eternal Gallery l’accueille dans un des octrois, rive droite, afin qu’il installe ses oeuvres. Né en 1983, Jean-Baptiste Caron fait encore partie des jeunes artistes en devenir. Si ses oeuvres sont régulièrement présentées dans la galerie parisienne 22,48 m2 ou avec d’autres plasticiens, c’est la première fois qu’un lieu lui propose une exposition personnelle.
Une fois qu’il est sûr que son système de ventilateurs fonctionne, Jean-Baptiste Caron descend les marches. Il se place devant la grande estrade grise où sont posés ses autres travaux. « C’est encore en cours de montage, mais j’ai ramené plusieurs oeuvres. » Au centre, une grande sphère de béton. « Si vous vous approchez, vous pouvez remarquer qu’il y a une peluche noire qui lévite. Elle provient de mon nombril. » Jean-Baptiste Caron approche sa main de l’amas de poussière mais sa main passe à travers. Prestidigitation ? Le grand bonhomme économise ses mots. Il préfère laisser parler la magie de ses oeuvres.

Entre poésie du minuscule et rêveries imaginaires, ses sculptures versent dans un minimalisme réjouissant. Loin du spectaculaire, elles offrent malgré tout une part d’illusion. Chacune cache un mécanisme en fait complexe. Sous leur apparente sobriété, ses sculptures sont la somme d’heures de travail, de recherches, faites de hasard et d’accidents. « Je m’attache souvent à des détails, raconte Jean-Baptiste Caron, les yeux fixes, pénétrants. J’aime observer la poussière dans une pièce, voir des particules sur un radiateur. » Il s’interrompt. Un cliquetis provenant des ventilateurs au premier étage se fait entendre. Silence.
Benoît Renaudin

>>EN BREF
LA FORME DÉFAITE
C’est le titre choisi par Jean-Baptiste Caron et Eternal Gallery pour coller à l’esprit des oeuvres présentées. Ce lieu d’exposition est ouvert le samedi et le dimanche de 15 h à 18 h. En semaine, vous pouvez prendre rendez- vous pour venir visiter l’expo. Eternal Gallery, place Choiseul. Plus d’infos sur eternalnetwork.fr ou au 09 73 63 17 05.

UNE OEUVRE
S’il fallait choisir une seule oeuvre de Jean-Baptiste Caron, ce serait Alea jacta est (le sort en est jeté en bon latin). L’artiste a pris un pavé parisien et l’a moulé pour le reproduire en grès. Mais à chaque fois, le moule réduit la forme originale, les détails s’accentuent. Pendant plusieurs mois, il a reproduit onze fois ce pavé qui rapetissait à chaque cuisson. À la fin, la dernière sculpture est aussi grande qu’un dé à jouer. Hasard ?

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INSPIRATION
Jean-Baptiste Caron est fasciné par le travail du plasticien Philippe Ramette. Suspendu dans les airs, assis sur une chaise dans le vide, en train de traverser un miroir, cet artiste se met en scène dans des positions impossibles. Il ne retouche jamais ses clichés.

"Les métiers sont vivants" – Entretien avec Charles Gadéa

Charles Gadéa est professeur à l’Université de Nanterre. Il enseigne la sociologie des professions et il a co-écrit l’ouvrage Sociologie des groupes professionnels : Acquis récents et nouveaux défis.

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Les métiers anciens reviennent-ils au goût du jour ?
Ce qu’on appelle le déterminisme technique n’est pas essentiel. Il y a aussi tout le sens autour, l’amour du geste, de la nature, qui entraîne un regain d’intérêt pour les métiers anciens. Le maréchal-ferrant en est un bon exemple. Le retour de l’écrivain- public est lié à des motivations différentes : indépendance, forme de pourvoyance (métier exercé pour s’occuper des autres). En France, la crise marque durablement la société et la misère ramène des métiers disparus : voyez les porteurs d’eau sur le Champ de Mars. La crise anoblira peut-être les métiers de la réparation comme les cordonniers, ou du recyclage comme les ferrailleurs, le chiffonniers.
 
Si l’on exclut les besoins liés aux évolutions techniques, un métier peut-il mourir ?
C’est souvent dû à la pression d’une autre profession. Les métiers sont vivants, ils pratiquent une sorte de sélection naturelle et il arrive que certains en dévorent d’autres. Prenez les herboristes : ils s’étaient structurés entre les deux guerres et avaient donné un caractère scientifique à leur profession. Ils offraient des médicaments à moindre coûts. En 1941, les pharmaciens ont obtenu le monopole et l’interdiction de formation et d’installation de nouveaux herboristes. Ils ont donc disparu en France, mais perdurent en Allemagne, aux Pays-Bas, où ils font partie des professions de santé parfaitement officielles. Parallèlement, d’autres métiers apparaissent. Ils se créent face à l’opportunité d’un marché : les acheteurs immobiliers, les voitures de petite remise. D’autres naissent grâce à une volonté politique. Ce fut le cas des médiateurs sociaux. L’enjeu est ensuite de rendre la profession viable. Le management crée beaucoup de nouveaux métiers, comme le conseiller financier à La Poste. Ils ne sont ni gérant de portefeuilles ni guichetier. Mais des activités apparaissent avec un nouveau nom, alors qu’elles sont un avatar de professions existantes.
Ces nouveaux métiers possèdent-ils une vraie identité ?
Pendant un temps, l’identité est plaquée artificiellement mais il y a aussi, autour de ça, des dynamiques, des recrutements extérieurs, l’apport de chacun. Les professionnels constituent leur syndicat, mettent en place des formations et l’identité commune se forge petit à petit. Il y a des domaines très effervescents, dans lesquels les identités n’ont pas le temps de se créer : la communication, le numérique… Le community manager a encore peu de dimension collective et déjà, le web master, lui, a presque disparu.
Propos recueillis par E. S.

Horoscope, du 24 au 30 septembre

Oh oui, les astres sont alignés, les planètes, ou les étoiles, on ne sait plus trop. Notre astrologue était relativement de bonne humeur, ouf.

BÉLIER
Amour
Vous vous mariâtes et eûtes beaucoup d’enfants.
Gloire
Dans les génériques de Disney.
Beauté
Beaucoup d’enfants, on a dit. Hum. Oui. Non.
TAUREAU
Amour
En avant toute !
Gloire
Évitez les corridas.
Beauté
Utilisez une brosse en poils de sanglier.
GÉMEAUX
Amour
À deux, c’est mieux. Bonne chasse.
Gloire
On ne peut pas courir deux lièvres à la fois. Vous cherchez déjà l’amour, n’en demandez pas trop.
Beauté
Vous exagérez. Mais pensez à vous faire des couettes (parce que deux, c’est mieux).
CANCER
Amour
Ce sera la semaine de votre vie. On ne vous en dit pas plus mais vous allez aimer.
Gloire
Le karaoké, le karaoké, le karaoké, voilà la voie.
Beauté
On vous dira ça quand on vous verra sur la piste.
LION
Amour
Un pas en avant, deux pas en arrière.
Gloire
Un pas sur le côté.
Beauté
Un pas de l’autre côté.
VIERGE
Amour
Rien.
Gloire
Rien.
Beauté
Toujours rien.
BALANCE
Amour
On voit… de la glace à la vanille et à la fraise avec beaucoup de chantilly.
Gloire
Tout commence dans la tomate. Avec un peu d’huile d’olive et de parmesan.
Beauté
Vous commencez à ressentir les bénéfices du régime crétois. Indiscutablement.
SCORPION
Amour
C’était prévu, sur une piste d’aéroport à Roissy. Dommage.
Gloire
Une minute et dix-huit secondes sur BFM-TV, c’est déjà ça. Même si le stagiaire s’est trompé sur votre nom en bas de l’écran.
Beauté
… On vous rappelle, on passe dans un tunnel.
SAGITTAIRE
Amour
Que vous dire ? Avez-vous pensé à prendre rendez- vous chez l’esthéticienne ?
Gloire
Vous êtes au sommet. Au firmament. Au zénith. Attention aux rhumes.
Beauté
Ça viendra avec l’amour. Ou le contraire. Cette histoire de poule et d’oeuf, c’est compliqué.
CAPRICORNE
Amour
Qu’en termes galants ces choses-là sont dites.
Gloire
C’est n’estimer rien que d’estimer tout le monde.
Beauté
Un amant dont l’ardeur est extrême aime jusqu’aux défauts des personnes qu’il aime.
VERSEAU
Amour
Hihi, on vous l’avait bien dit (cf semaine précédente).
Gloire
Voir semaine 41.
Beauté
Anticipez la semaine prochaine.
POISSON
Amour
Un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout, tout dépend de la taille de la marguerite.
Gloire
C’est l’histoire d’une grenouille qui croise un boeuf.
Beauté
Qui fait l’ange fait la grenouille.

Ceci est un blob fish.
Ceci est un blob fish.

La nouvelle vie des vieux métiers

Barbier, cireur de chaussures, caviste, kiosquier…
Ces métiers à l’ancienne reviennent sur le devant de la scène. Vague de fond ou effet de mode ?

Le coupe-chou, outil emblèmatique des barbiers
Le coupe-chou, outil emblématique des barbiers

« C’était footballeur ou coiffeur. J’ai vu mes limites en foot, alors j’ai choisi la coiffure « . Anthony a gardé une mèche travaillée, des cheveux coupés ras sur les côtés. Du garçon barbier, il a pris les gestes minutieux. « C’est mon patron qui m’a fait découvrir le métier. Avant, je ne savais pas qu’on pouvait être coiffeur pour hommes. » Depuis 18 mois, il est coiffeur-barbier chez Authentic Men. Dans ce petit salon réservé aux hommes, place Châteauneuf, il manie le coupe-chou et fait mousser le savon à barbe.
À la Chambre de métiers et de l’artisanat d’Indre-et-Loire, Claude Le Calvé accompagne les repreneurs d’entreprises. Il constate depuis quatre ou cinq ans la résurgence des métiers traditionnels, un peu plus longtemps sur certains secteurs, comme la boulangerie. Le pain, le vrai, fait de farine sans additifs ni conservateurs, fait un retour tonitruant. Le fournil du Centre de formation des apprentis tourne non-stop. Les apprentis sont plus âgés, certains ont quitté l’université pour un métier artisanal. Et lorsqu’ils ouvrent boutique, la clientèle est là. Dans ce succès des métiers traditionnels, Claude Le Calvé voit deux courants : un effet de mode, pour certains métiers vintage comme le barbier, et une vague de fond pour ceux répondant à une recherche de sécurité, comme la boulangerie à l’ancienne.
L’engouement submerge certaines professions . « Les émissions télévisées ont attiré beaucoup de jeunes vers la pâtisserie mais il n’y a pas de place pour tout le monde. Vous achetez des gâteaux tous les jours, vous ? Du pain, oui, des bavarois, non. » Chez les Compagnons du devoir, Jean-Michel Brosset parle même de « bulle pâtissière ».
Un spécialiste qui met en confiance
Le fondateur d’Authentic Men, Jacques Harnois, rappelle que les barbiers n’avaient disparu qu’en France. « Il y a un vrai besoin, assure-t- il. Les coupes sont plus rondes pour les femmes, plus tranchées pour les hommes. Le volume se travaille autrement. Et jusqu’aux années 1970, il y avait deux formations. » Il vient d’acquérir un deuxième salon rue Charles- Gilles et forme les jeunes coiffeurs qui veulent pratiquer cette facette oubliée du métier. Il rêve aussi d’embaucher un cireur de chaussures pour bichonner ses clients de la tête aux pieds.
Anthony, son employé, ne retournerait travailler pour rien au monde dans un salon mixte. Ses clients non plus, même si certains viennent uniquement pour une coupe de cheveux « Mais chez un barbier, ça n’a rien à voir, précise un client de 22 ans. Ici, on est entre hommes. Les fauteuils sont larges, il y a la place pour étendre les jambes, la musique est bonne… » Un peu plus âgé, Valentin porte la barbe depuis ses 18 ans, mais il a tenu à se démarquer de la mode actuelle. Il apprécie la particularité du salon : « Les femmes ont les esthéticiennes, nous, on a le barbier. » Au-delà des modes capillaires , le barbier s’affirme comme un spécialiste en qui les hommes ont confiance.
Stéphane Bondou conçoit des stratégies de communication pour les entreprises. Vingt ans d’expérience le confortent dans son constat : le professionnel et le client se rejoignent dans un besoin commun de retrouver du sens, de recréer des liens. « On vit dans une économie très oppressante, menée par les holdings, les lobbys, les multinationales. Beaucoup de gens en ont soupé. Ceux qui le peuvent sont prêts à payer un peu plus cher leur baguette pour connaître son histoire, la voir sortir du four à bois. Il s’agit de retrouver une sécurité affective et physique. »
Une boutique sans porte
Créer du lien social, c’est devenu le deuxième métier de Catherine Serin. Elle ne s’en doutait pas en ouvrant, fin mai, son kiosque au bout de la place des Halles. « Je peux vous dire que je me suis remis aux langues étrangères ! Tous les touristes me demandent leur chemin. Là, c’est la rentrée et les étudiants qui arrivent à Tours me demandent où est la fac, la mutuelle étudiante. Je suis une annexe du syndicat d’initiative », plaisante-t- elle. Cette ancienne commerçante savoure sa nouvelle vie. « Avoir une boutique ouverte, sans porte, a un côté magique. Les gens sont plus à l’aise, ils s’approchent, ils regardent. » Sur le bord de son comptoir, un bac plein d’élastiques multicolores attire les enfants. Les revues de mots fléchés épinglées en dessous se balancent joyeusement. Catherine Serin attend avec impatience l’agrandissement de son kiosque : « J’aurai plus de place pour trier les revues. Le weekend, avec tous les suppléments, j’ai à peine la place de bouger. »
Place des Halles, l'allure rétro du kiosque a beaucoup de succès
Place des Halles, l’allure rétro du kiosque a beaucoup de succès

Sa consoeur, installée place Jean- Jaurès, Sophie Fondimare, a choisi le métier de kiosquier pour les mêmes raisons. Malgré les horaires à rallonge (ouverture à 7 h, fermeture à 18 h 30), elle a répondu immédiatement à l’appel d’offre de Médiakiosk : la société qui gère 365 kiosques en France voulait en implanter deux à Tours. « Voir du monde, être indépendante, travailler dehors, ça n’a pas de prix. » Elle a abandonné sans regret son travail dans une maison de retraite. Les réflexions enthousiastes des passants, glanées autour des kiosques renvoient un écho encourageant.
Réinventer le métier et sa vie
Ces métiers et services à l’ancienne doivent donc avant tout répondre à un marché et parfois, se réinventer pour s’y adapter. « Le caviste à l’ancienne, qui vous remplit de piquette un jerrican en plastique, c’est fini », confirme Thierry Lamotte. Le propriétaire de la cave Domaines & Récoltants a ouvert sa cave en 2010. Sa clientèle est plutôt jeune, majoritairement féminine. «Elle vient chercher un conseil et un service : la sélection, qu’elle ne trouve pas en grande surface. » De fait, depuis une dizaine d’années, les ventes des vins fléchissent en supermarchés, au profit des caves. À elle seule, la ville de Tours compte une vingtaine de cavistes indépendants. « Bien sûr, tous ne tiennent pas. Il y a des ouvertures, des fermetures, explique Benoît Perrier, responsable de la licence professionnelle Commercialisation des vins à l’IUT de Tours. Mais nous formons 40 jeunes chaque année et ceux qui cherchent du travail en trouvent. » Plus d’un tiers travaillera dans une cave.
Un temps asphyxiée par les supermarchés, la profession a ressuscité au début des années 1990. La Fédération nationale des cavistes indépendants naît en 1994, un diplôme officiel est créé en 1998. Les anciens négoces de vins et charbon, aux tonneaux poussiéreux, ont cédé la place à des boutiques claires, bien rangées. Elles ne sont plus tenues par des charbonniers mais par de jeunes diplômés ou des passionnés. Comme Thierry Lamotte qui travaillait dans la publicité avant de choisir le vin et qui accueille à son tour des stagiaires : « Pour beaucoup d’entre eux, monter sa cave est un rêve. »
 

ALLER PLUS LOIN
Visiter le Musée du compagnonnage
Le Compagnonnage est inscrit par l’Unesco au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Le musée du Compagnonnage, aménagé dans l’ancienne abbaye Saint-Julien de Tours est unique et présente des collections régulièrement renouvelées. On y admire les chefs-d’oeuvres collectifs du 19e siècle, les chefs-d’oeuvres exécutés en vue de la réception, mais aussi les attributs des Compagnons (cannes, gourdes, couleurs), leurs outils et leurs traditions depuis leurs origines jusqu’à nos jours. Un parcours adapté est prévu pour les enfants.
Musée du compagnonnage, 8, rue Nationale à Tours – Informations au 02 47 21 62 20.

Get on up : docteur James et mister Brown

Un biopic sur la vie de James Brown, sur l’homme (pas si funky !) derrière la légende. Électrisant !

James Brown Get on Up
Un James Brown en costume rouge, qui sort de l’ombre, serein. Puis changement de plan brutal : « Monsieur Dynamite » explose. Complètement camé, mégalo, furieux, tirant des coups de feu dans le plafond. Le film s’ouvre ainsi, sur un épisode tardif de la vie de James Brown. Un chanteur certes talentueux, mais autoritaire, parfois violent, parano. Ne parlant de lui qu’à la troisième personne.

En cela, ce biopic, loin de n’être réservé qu’aux fans, a décidé de jouer sur deux partitions : oui, le caractère de Mr Brown frôlait l’insupportable ; mais il était aussi un génie (Mick Jagger des Rol-ling Stones, ultime fan du chanteur, a coproduit le film…). Parti de rien, les pieds dans la terre, pour arriver au firmament, la tête dans les étoiles. Un gosse paumé, déchiré entre sa mère battue et son père violent. Tellement perdu qu’il finira quelque temps derrière les barreaux… La prison, symbole paradoxal de sa libération, puisqu’il y découvrira le gospel.

Get On Up est une réussite. Déjà parce qu’il s’écarte des sentiers balisés du biopic simpliste, loin de suivre le bête schéma chronologique. Ici, le montage est syncopé, compliqué, mais appliqué. L’espace-temps est malmené, secoué par des flashbacks, des allers-retours entre l’enfance et l’âge adulte de la Sex machine. Des cassures de rythmes qui renforcent ce contraste entre sa vie misérable en forêt et son apogée sur les planches, sur fond de « I feel good ».
Get On Up ose aussi une forme rare au cinéma, en laissant James Brown s’adresser parfois directement au spectateur. Original, mais déroutant. Surprenant, aussi, ce parti pris d’occulter le rapport de James Brown aux femmes, au sexe et à la drogue. Trop survolé. À peine quelques clins d’oeil. Tout juste peut-on le voir rouler rapidement un joint ou avoir quelques secondes de grâce entre les jambes d’une fille peu farouche. Exit ses arrestations pour possession de drogue ou autres violences conjugales…

Le reste ne souffre d’aucun reproche. Le réalisateur Tate Taylor dépeint le parrain de la soul comme il était : despote exécrable, hautain et prétentieux. Un double personnage, complexe, admirablement joué par Chadwick Boseman, largement « oscarisable » pour ce rôle ! L’acteur y est hallucinant de mimétisme. Colossal dans ses gestes et bluffant dans sa voix (mais reste à voir ce que donnera la version française…). Une véritable performance magnifiant des séquences de concerts, techniquement sans faille, nourries de tubes funk et soul. Un bonheur tant auditif que visuel, point d’orgue du film, contrastant avec l’arrogance d’un monstre de la musique, le Docteur James et Mister Brown.
Aurélien Germain
NOTE : ***
Durée : 2 h 18. Biopic, de Tate Taylor (USA). Avec Chadwick Boseman, Dan Aykroyd, Viola Davis…

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TOUJOURS EN SALLE
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PRIDE ***
Véritable bombe comique à l’anglaise, ce film de Matthew Warchus plonge dans les luttes sociales des années 1980, en pleine période Thatcher. Quand un groupe de Londoniens, défenseurs des droits homos, se mettent à soutenir des mineurs du Pays de Galles, ça donne un film engagé mais qui ne perd pas ce ton pincesans- rire so british. Entre un scénario bien ficelé et des bonnes grosses blagues, cette petite pépite n’est pas sans rappeler Good Morning England ou l’excellent Full Monty. B. R. (retrouvez notre critique complète ICI)

HIPPOCRATE **
Visage de caoutchouc, silhouette longiligne, Vincent Lacoste est un parfait Benjamin, interne dans un hôpital parisien. Entre blagues de potaches et risques juridiques, il s’interroge sur sa vocation au contact d’Abdel, médecin algérien confirmé faisant fonction d’interne en France. Thomas Lilti (médecin lui-même) a confié à Reda Kateb ce rôle. Déjà remarquable dans Un Prophète, il l’interprète tout en violence rentrée et en générosité. Mi-doc et mi-comédie, cette plongée à l’hosto est juste et prenante. A. A.

SEX TAPE **
Jay et Annie s’aiment comme aux premiers jours, époque bénie où ils passaient leur temps à copuler gaiement. Sauf qu’avec le temps, le désir s’est érodé. Le couple décide, pour raviver la flamme, de se filmer pendant leurs ébats. Mais la vidéo va atterrir dans les mains de tout leur entourage. Comédie grivoise (trop ?), vulgaire, Sex Tape est une débauche de blagounettes, sous un vernis trash. On sourit, tout en mettant le holà sur ce film olé olé. Sympathique, sans être tordant. A. G. (retrouvez notre critique complète ICI)
NOTATION :
 **** CULTEissime 
*** TOPissime
** PASMALissime 
* BOFissime
X NULissime

Activités périscolaires : le malaise des animateurs

Les animateurs des Temps d’activités périscolaires (TAP) ont lancé une pétition dans toutes les écoles élémentaires de Tours. Elle est présentée aux élus cette semaine. Angélique Ouvrard, membre de la Coordination des animateurs, explique leur démarche.

À Tours, 80 % des éléves sont inscrits aux TAP. (Photo CC Alain Bachellier)
À Tours, 80 % des éléves sont inscrits aux TAP. (Photo CC Alain Bachellier)


Pourquoi faire signer cette pétition aux parents ?

Nous pensons que les dysfonctionnements actuels pèsent d’abord sur les enfants, les parents sont les premiers concernés et nous sommes très inquiets pour la sécurité des enfants. Par exemple, les animateurs n’ont pas les fiches sanitaires des enfants et donc aucun moyen de savoir si un enfant est asthmatique, épileptique ou souffre d’allergies, nous n’avons pas non plus de pharmacie pour soigner les égratignures.

Quelles sont vos autres revendications ?
Nous demandons un meilleur taux d’encadrement et des formations. À Molière, une animatrice s’est retrouvée seule avec 70 enfants. Certains animateurs ont une compétence technique (musique, sport, théâtre) mais n’ont jamais encadré des petits et ça ne s’improvise pas. À l’école Kléber, j’ai 16 à 17 enfants dans mon groupe. C’est trop pour réaliser les activités, surtout avec les restrictions imposées sur l’utilisation des locaux. À Paul-Louis Courrier, un animateur a fait son activité dans le couloir des toilettes.

La municipalité a souhaité limiter l’accès aux salles de classe pour ne pas surcharger le personnel qui s’occupe de l’entretien…
Nous comprenons les inquiétudes du personnel communal et celles des enseignants qui souhaitent que les TAP soient bien distincts du temps d’apprentissage. Malheureusement, les locaux de certaines écoles sont trop exigus et il n’y a pas d’autres solutions que d’utiliser les salles de classe. Nous pratiquons certaines activités dans la cour, sous les préaux… Ce ne sera pas tenable cet hiver. Il y a un moment où il faut penser à l’intérêt des enfants, ils sont prioritaires.

Carmen Souza, le sacre à Jazz en Touraine

Chaque semaine, notre chroniqueur Doc Pilot nous en fait voir, de belles sorties culturelles.

carmen souza 6 pour tmv
Vaison la Romaine en août, plein après-midi… au milieu des ruines d’une villa romaine, des sons, une balance en cours, puis la voix magique s’élève alors que je m’éloigne du site pour rejoindre Orange, sans savoir que ce jour là, je rate ma première occasion de voir Carmen Souza en scène… La chance repasse l’air de rien pour la retrouver au festival Jazz en Touraine, le hasard d’un planning élastique m’accordant au dernier moment d’ assister à son concert…  Du hasard disais-je, mais non voyons le hasard n’existe pas, tout est affaire de circonstances… A Montlouis, au festival initié par Jean Jacques Filleul, nous sommes gâtés… Cette artiste trentenaire est « haut de gamme », assez unique dans sa capacité à mâtiner des origines cap-verdiennes dans un creuset multiethnique et habilement axé vers le show, une prestation scénique à faire battre des mains, à faire la larme poindre au coin de l’œil, à faire les pieds glisser en rythme sous ce siège que l’on aimerait voir disparaître pour onduler du corps, à faire les yeux s’agrandir et les oreilles se réjouir face aux pirouettes instrumentales de ses amis musiciens  dont l’étonnant bassiste Theo Pas’cal. Cette musique n’a pas son équivalent sur la scène mondiale, en partie dans sa capacité à créer une world music du 21e siècle, mais aussi dans sa liberté d’écriture,  au niveau des textes et des arrangements musicaux…
Opéra Multisteel
New world music aussi avec ce nouveau disque de Opera Multisteel, fratrie d’artistes au concept installé depuis plus de trente ans pour nourrir un style, un chef d’œuvre, fidèle à un univers unique décliné dans diverses approches sans dévier de l’objet, à la manière de carrière à la Magma ou à la Philippe Laurent. New worldmusic disais-je, le groupe ayant glissé dans ces « Apparences de l’invisible » : une palette sonore acoustique et traditionnelle habilement mêlée à l’électronique. Je pense que les membres du « culte » seront réjouis par « L’air du Verseau » tant il propose tous les codes du groupe en un futur standard de son répertoire, ma préférence allant à « Mirage Fatidique », véritable trip gothique forçant à l’élévation.
Cette musique et ces textes sont chrétiens et occidentaux ; à l’heure où renaissent des croisades, la juste bande-son de son époque, maçonnée de feeling et de foi telle une nouvelle église dissidente et éclairée. Une église où l’on danse et où l’on pousse le son…
Ciel canaille à la Guinguette
Belle déception climatique ce vendredi soir où nous pensions tous aller faire la fête à la Guinguette pour la soirée Temps machine, ciel bien canaille et soleil mêlés toute la journée se remplissant de nuages puis de pluie vers 18h : Tant pis… Pour tenter de ne pas maudire les dieux, l’écoute intégrale du Aftermath des Stones, l’époque avec Brian Jones : j’en sors encore plus énervé, car la pluie n’arrête pas de tomber !!
Adepte de Meetic
Superbe la pochette du dernier quatre titres de Fred Chauvin, une mise en scène photographique du génial  Philippe Lucchese ( à qui l’on doit la relecture historique de l’étoile bleue exposée il y a quelques mois au péristyle), amusant scénario dans l’écriture de ces titres savoureux d’humour et de réalisme, belle et juste description de cet âge où l’on se sépare et où l’on revit une deuxième vie, où l’on sait aussi le corps plus fragile mais la conscience plus aigu d’un laisser-aller nécessaire. Les adeptes de Meetic et de On-Va-Sortir s’y reconnaîtront. Pour bâtir cette chanson française de qualité à la sauce jazz manouche, Fred Chauvin s’est entouré de la crème locale dans le style, les musiciens de La Canne à Swing, le violoniste Laurent Zeller et l’éternel complice Stéphane Caraty.
Clair-obscur
Superbe la couverture du nouveau Louis, une photo de Nivek telle un clair-obscur habité de spiritualité. Louis est exigeant : c’est sa marque, son style, sa démarche ; à l’intérieur Boogers, Séverine Deslions, Les Ateliers Auguste… Savonnieres, belle initiative avec la nouvelle édition de « Une expo d’enfer au paradis », la rue du paradis accueillant dans des lieux privés et d’exception, une belle brochette d’artistes travaillant dans diverses pratiques, tel que Topaz le graffeur qui monte, en partie grâce à son style très particulier, mais aussi les photographes Jean Luneau et Nikita, le peintre Laurent Bouro (en pleine évolution) et les sculpteurs Papadom et Azeline Tolmbaye travaillant chacun à leur manière dans un animalier surréaliste….
Beautiful
B.B King sur ARTE, beau à pleurer une pareille histoire : black is beautiful… Au vide-grenier je trouve le 33t, slayed de Slade et j’en suis tout heureux : est ce bien raisonnable à  mon âge ? Gudbuy t’Jane !!! cockney music, les précurseurs du pubrock et du punk, la bande-son des prolos pour la fiesta alcoolisée du samedi soir du début des seventies… M’éton’ pas kon y r’vienn’ (ça c’est du cockney tourangeau !)…  Encore la pluie en cet fin de dimanche après-midi comme vendredi et samedi, et pas de concert à l’air libre pour Les Noces Gitanes au Château de Saint-Avertin, mais un repli vers la salle dans une ambiance surchauffée par la foule présente ; j’aime ce groupe sans pour autant crier au génie, c’est une formation solide, avec des musiciens confirmés, et surtout un chanteur trompettiste talentueux et charismatique, clef de voûte de l’ensemble. On sent l’assemblage optimum pour aboutir  à un bon cru pour enflammer les scènes des grands festivals et donner du plaisir au public. Et nous le plaisir, on aime ça !!

Chroniques culture #34

Chaque semaine on vous régale avec un sélection de dvd, de bd…


LE CD
BLUES PILLS
Blues Pills, c’est l’archétype du groupe en or dans la mode du revival rock : une musique tantôt énergique, tantôt planante, qui sent bon les 70s. Ce premier album est un bijou gorgé de feeling et de groove. Au milieu des tubes (Devil Man, Gypsy…) surnage la voix soul de la Suédoise Elin Larsson, qui rappelle Janis Joplin, voire Adele. Pour le reste, écoutez et planez sur les riffs époustouflants du jeune guitariste prodige Dorian Sorriaux, 18 ans au compteur. Et maintenant, bavez.
LE LIVRE
MERCI POUR CE MOMENT
Loin d’être le brûlot vengeur comme il a été décrit sur la base de quelques feuilles, l’ouvrage de Valérie Trierweiler est surtout le journal intime d’une femme blessée. Sonnée par son statut de « cocue de la République ». Si une partie du livre torpille effectivement le président (« lâche », « menteur », « méchant »…), le reste trace en filigrane les connivences entre monde politique et journalistes. Au final, une petite biographie simpliste et survendue, mais qui paradoxalement se dévore.
A. G.
LE JEU VIDÉO
DESTINY
Attention, monument. Si vous êtes fan de jeu de tir à la première personne et de science-fiction, ne cherchez plus : Destiny est vraiment le titre qu’il vous faut. Créé par le légendaire studio Bungie (Marathon, Halo), distribué par Activision, ce blockbuster frôle la perfection avec son ambiance incomparable, sa réalisation graphique époustouflante, sa prise en main optimale… Sur ce, je vous laisse : j’ai une partie à finir !
L. Soon
+ 16 ans, PS3, PS4, Xbox 360, Xbox One, 70 €.

LA BD
PLUS FORT QUE LA HAINE
Chaque album de René Follet est un pur régal, tant sa maîtrise du dessin et du noir et blanc est exceptionnelle. Sur un scénario de Pascal Bresson, il nous livre, avec cette histoire d’un jeune boxeur noir dans l’Amérique ségrégationniste du début du XXe siècle, un récit fort et maîtrisé de bout en bout. Une belle occasion pour se rendre compte de son importance dans l’histoire du 9e art et de lui rendre un bel hommage, grâce aux éditions Glénat.
H. Bourit

Café Marcel, la face hipster de Plumereau

Et si on vous disait qu’il y avait une bonne adresse maintenant pour manger Place Plum’ ? Là, tout de suite, ça vous intéresse !

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Bruits familiers d’une place bondée, Plum’ fait le plein avec le beau temps. De l’extérieur, presque rien ne pourrait différencier le Café Marcel des autres restaurants, pourtant, il faut observer d’un peu plus prêt. Remarquer les petites nappes rouges en papier à motif vichy sur la terrasse, pousser la porte : on y découvre une déco qui pourrait facilement ressembler à celle d’un boui-boui de Brooklyn. L’ardoise, elle, étale sa sélection de burgers maison, ses cocktails un peu différents. Esprit hipster, quand la place Plumereau a plutôt la réputation d’une gastronomie sans surprise, le Café Marcel détonne, casse les codes et les conventions (c’est ça d’être hipster, non ?).
Demain, vous n’irez plus manger au centre de Tours comme avant. La commande vite prise, on se retrouve avec un plat entièrement maison. Le boeuf est frais, travaillé sur place, les frites sont coupées à la main… Rien à dire, tout est de qualité. En guise de boisson, la limonade vintage à la purée de fraise nous fait de l’oeil. Le service est vraiment rapide. Là, on reste dans les standards de la place centrale et les tables qui n’en finissent pas de se remplir lorsque le soleil est au rendez-vous. Outre la déco, l’originalité se niche dans le concept : à toute heure de la journée, le Café Marcel a réponse à tout. Petit-déj’, goûter, apéro, brunch du dimanche… Et en rencontrant le patron, Charles Fourcaulx, on se dit aussi que l’exigence est là. Il parle de chacun des plats et des cocktails avec passion et intelligence, tout est réfléchi. Également patron du Baron, rue des Orfèvres, il a voulu ouvrir un restaurant de sa génération. Comprendre trentenaire pas prise de tête, ouvert sur le monde, qui a du goût. « Un étudiant qui vient brancher son ordi un aprèsmidi, un papa qui vient prendre un goûter avec sa petite fille, ici, on accepte tout le monde. »

#Génération[s] : rencontre avec le dessinateur Manu XYZ

C’est lui qui signera, jusqu’à la fin de saison, la BD #Génération[s] dans tmv. Portrait.

ManuXYZ
ManuXYZ (Photo tmv)

Toujours le bon mot, la petite phrase qui fait mouche. Il est comme ça, Manu XYZ. Beaucoup dans le délire, les digressions. Il manie le crayon comme il manie les mots : avec humour. Avec précision, aussi. Ce Parisien, né en juin 1969 (« Bouh, qu’il est vieux », lance-t-il d’entrée de jeu), a atterri à Saint-Avertin en mars 2014 à cause d’un… ballon d’eau chaude. Si, si. « Je faisais la vaisselle dans ma cuisine. Pardon, dans mon cloaque. Le ballon de 100 litres s’est décroché et j’ai failli être écrasé. » Un proprio rétif à effectuer les travaux, des loyers indécents, un besoin de sérénité et son apprentie venant de Véretz qui lui vante les mérites de la Touraine, où se trouve l’atelier Pop. Il n’en fallait pas plus.

Avant la BD, il a enquillé « tous les boulots qui venaient » : nettoyage, sécurité incendie, secouriste bénévole, dans les BTP, formateur, community manager… « Puis un accident m’a tourné vers le dessin de presse, notamment dans des revues informatiques. » Idéal pour lui qui possède une culture politique et économique béton… et retrouve ainsi son amour de jeunesse, le dessin. Il gribouillait déjà gamin. Et passait ses journées à la bibliothèque municipale, avec ses copains, où il mâchouillait son chewing-gum – « on était des rebelles ! » – et découvre même un jour une BD néerlandaise « avec une femme toute nue ». Il n’affinera son crayon qu’au lycée. Un mot qui le fait sourire. « Je n’ai pas le bac. Même les examens d’urine, je les rate ! »

Dans #Génération[s], que vous retrouverez chaque semaine dans tmv, il dépeint le quotidien de parents et de leurs deux ados. Acné sur la trogne façon calculette, slim taille basse et appareil dentaire. « C’est de la caricature, hein ! Je rassure les lecteurs – et détracteurs – c’est de l’exagération. » Un strip né de l’observation de quadras et de leur marmaille : « Ils ont une amnésie collective. Eux aussi ont été jeunes et ont fait des bêtises. Il y a une incompréhension intergénérationnelle. » Comprenez : tout le monde en prendra pour son grade dans la BD. Et Manu XYZ en rigole : lui-même n’a pas d’enfants ! « C’est de l’humour. C’est le miroir de chacun, un guide pour tous. Et qu’est-ce que c’est amusant à faire ! »

EN BREF
LE MÉTIER
« La réalité, c’est qu’il est très difficile de gagner sa vie en étant dessinateur de BD. Je ne conseillerais pas de vouloir en faire son métier pour des raisons bassement économiques : il faut payer un loyer et avoir un ventre pas trop vide. » ManuXYZ regrette aussi « un manque de culture graphique » dans une France trop conservatrice « dans son approche de tout » et qui refuse « de se remettre en cause, alors qu’il y a de super talents ».

SES DESSINATEURS FAVORIS
Manu XYZ, passionné de romans graphiques, adore « Tardi, Hugo Pratt (Corto Maltese, c’est lui !), Will Eisner, ou encore certains comics à la Transmetropolitan ». Lui qui voit en la classique BD Belge « une madeleine de Proust », déteste, par contre, Tintin.

DO YOU SPEAK JEUNE ?
« Je parle bien le ‘’djeuns’’, parce que j’ai été community manager pour une appli d’Orange. Je voyais un flux d’émissions TV, comme celles sur NRJ12. Hum… Et en tant que formateur, j’ai eu beaucoup de jeunes. Ça m’a fait bizarre d’en voir certains écrire “ froder ’’… »

OÙ LE RETROUVER ?
Partout ! Notre dessinateur a envahi le monde. Au moins. Vous pouvez donc suivre les aventures de notre famille déjantée via Twitter sur @GenerationsLaBD, ou sur facebook.com/GenerationS.LaBD, et même sur generations-labd.blogspot.fr Partout, on vous dit…

LE SECRET
Vous avez dû remarquer les QR (mais si, ces sortes de « codes barre »), glissés subrepticement dans la BD. Oui ? Essayez donc de les lire avec votre smartphone. On vous laisse la surprise…

10 et 20 km : quel carburant ?

Attention à ne pas rater la phase alimentation…
Le point avec Lucile Michel, diététicienne-nutritionniste du Sport à Tours.


On garde la traditionnelle « Pasta party » la veille au soir de la compétition ?
Bien sûr. Un repas avec des glucides complexes. Le plus important sera de privilégier une digestion facile, pour ne pas nuire à la qualité du sommeil, élément essentiel pour aborder l’épreuve du lendemain. Pour ce faire, il s’agit d’éviter principalement les corps gras dont la digestion est toujours plus lente. Mais éviter ne veut pas dire supprimer ! (Conserver les huiles d’assaisonnement : olive, noix, colza). Il ne faut pas trop manger non plus. Pour la boisson, uniquement de l’eau ou d’autres boissons ? L’eau plate est indiquée avant, pendant et après l’effort ; l’eau pétillante est mal tolérée avant et pendant l’effort, elle peut provoquer une gêne gastrique, en revanche elle peut être bénéfique après l’effort (en récupération) grâce à sa teneur en bicarbonate, cela compensera les pertes en sel. Au-delà de 1 h 30 d’effort, l’ingestion de boissons de l’effort aux apports glucidiques se justifie (boissons sucrées).
Et pour le petit déj’ avant la course ?
Le repas pré-compétitif influence peu les réserves en énergie (glycogène). En effet, ces réserves énergétiques ne se constituent pas sur ce dernier repas mais sur les repas de la veille et les jours précédents. Ce repas agit comme un relais énergétique pour éviter, tout simplement d’avoir faim et de préserver les stocks de glycogènes de l’effort qui va suivre. Si la compétition se déroule en matinée, le petit-déjeuner devra être à la fois calorique, mais surtout facile à digérer car il correspondra au dernier repas avant la compétition.
Pendant la course, de nombreux coureurs utilisent des gels. C’est véritablement efficace ?
Pour être efficace, il faut les prendre avec de l’eau de façon à améliorer leur assimilation. Attention, car la composition de ces produits est très variable d’une marque à l’autre et il est souhaitable de les tester. Mais cela peut aussi être des glucides simples que l’on trouve lors des ravitaillements, des fruits secs, des pâtes de fruit par exemple, qui sont rapidement assimilés, même pendant l’effort. Et il faut les prendre dès les premiers ravitaillements (ils permettent de préserver les réserves d’énergie et d’éviter leur épuisement précoce), pas quand il est trop tard et en complément d’une bonne hydratation !
 
Propos recueillis par David Jehanno

Touraine numérique : connecter les acteurs

La communauté d’agglomération Tour(s)plus a réuni ce mardi, pour la première fois, tous les acteurs de l’économie numérique tourangelle. Objectif en vue ? Créer des liens et décrocher le label French Tech.

Tour(s)plus et la CCI de Tours s'unissent pour développer la filière numérique
Tour(s)plus et la CCI de Tours s’unissent pour développer la filière numérique

L’agglo vise le label French Tech, un sésame qui offrirait une vitrine aux entreprises tourangelles et l’accès à des subventions d’État supplémentaires. Laure Huguenin, directrice de l’Observatoire de l’économie et des territoires de Touraine (OE2T) a présenté une analyse chiffrée du secteur numérique à Tours.
Quelles activités avez-vous étudiées pour cette étude commandée par la CCI et Tour(s) plus ?
Il s’agissait de connaître l’ensemble de la filière : fabricants, conception de site, e-commerce, vente de matériel, création de contenus, ingénierie, développement d’application… Nous avons répertorié toutes les entreprises de service et de production, les laboratoires de recherche, la pépinière d’entreprises ou le Fun Lab.
Vous suivez le développement de l’activité numérique depuis 2009. Quelle évolution constatez- vous ?
Au 1er janvier 2014, le département comptait plus de 500 entreprises, essentiellement des TPE et employait 6 500 personnes. Alors que le chômage augmente dans l’agglomération tourangelle, le numérique a gagné 142 emplois cette année. Ce bilan positif est une exception : la Région Centre, comme l’ensemble du territoire, a subi une perte d’emplois de 9 % dans ce secteur (– 2 % sur toute la France).
Cette étude balaye certaines idées reçues…
Le poids social de la production (par exemple ST Microelectronics) reste très important, elle représente 4 % des établissements mais génère à elle seule un tiers des emplois. La crise a aussi touché le numérique. Autre point intéressant : les créateurs d’entreprises du secteur numérique ne sont pas plus jeunes que ceux des autres secteurs.
 

Horoscope du 17 au 23 septembre

Mais pourquoi est-il si méchant ?

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BÉLIER
Amour
Indomptable, insatiable,
inassouvissable. Un(e) vrai(e)
diable.
Gloire
Quelle est la différence entre
un corbeau ? Les deux pattes
sont aussi longues, surtout la
gauche.
Beauté
Même pas.
TAUREAU
Amour
Mouais.
Gloire
Bof.
Beauté
Arf.
GÉMEAUX
Amour
Vous plaisez à votre voisin(e).
Gloire
La robe de chambre vous va
si bien.
Beauté
Essayez sans rien.
CANCER
Amour
De toute façon, même quand
ça débute bien, vous faites
tout foirer. Z’êtes pénibles,
vous autres.
Gloire
Pas touche au PEL ou la banque
vous assomme à coups
de pelle. Touche pas au
Livret A ou elle vous transformera
en cervelas.
Beauté
Ces poses suggestives sont
indécentes. Cessez !
LION
Amour
Le gros lot… Disons plusieurs
quintaux.
Gloire
Toutes les portes s’ouvrent à
vous. Mieux qu’un serrurier.
Beauté
C’te ganache de vainqueur.
VIERGE
Amour
Vous ne le/la méritez pas.
Gloire
Il/elle s’en rend compte.
Beauté
Le célibat vous aidera… Ou
pas.
BALANCE
Amour
Le contrebasson joue une
octave moins haut que le
basson. Et toc.
Gloire
« Je commençais à rire
moi-même de mes frayeurs,
et je m’apprêtais à t’écrire
tranquillement, quand j’ai
entendu sous ma fenêtre le
son d’un hautbois. »
George Sand.
Beauté
Doucement sur le picolo.
SCORPION
Amour
Une belle rencontre à Skopje.
Gloire
Vous êtes balaise en Macédoine.
Beauté
Vous ne valez rien en
taboulé.
SAGITTAIRE
Amour
Coup de foudre en funiculaire.
Gloire
Ascension en téléphérique.
Beauté
Morne plaine. Et peine perdue.
CAPRICORNE
Amour
On s’en fout. On s’en contrefout.
Gloire
Triomphe, fortune, immortalité.
Euh, on en fait peut-être
un peu trop.
Beauté
Bon, on passe. Vous êtes
beaucoup trop susceptible
en ce moment.
VERSEAU
Amour
Graaaouuuu.
Gloire
Dépensez tout. Surtout ce
qui n’est pas à vous.
Beauté
C’est indécent. Choquant.
Éhonté. Inconvenant. Ça en
devient obscène.
POISSON
Amour
La famille s’agrandit bientôt.
On aurait pu vous le dire
avant, mais comme vous
n’anticipez rien…
Gloire
On ne dit rien pour vous
éviter un contrôle fiscal. Mais
on dirait que ça mieux pour
vous. Vous nous offrez une
tournée ?
Beauté
« Sous la crasse, la beauté
s’y cache. » Ce proverbe
vous est offert par l’Union
professionnelle du savon de
toilette.

Journées du patrimoine : l'antre de Max Ernst

Visite guidée de l’ancienne maison de l’artiste surréaliste Max Ernst, en compagnie de son propriétaire actuel, avant son ouverture exceptionnelle pour les Journées du Patrimoine.

Pour les Journées du Patrimoine, Dominique Marchès ouvre les portes de l'atelier de Max Ernst
Pour les Journées du Patrimoine, Dominique Marchès ouvre les portes de l’atelier de Max Ernst

Huismes, à quelques kilomètres de Chinon. Le soleil est écrasant ; le silence, étourdissant. Au milieu de ces 1 600 habitants, dans ce village arrosé par l’Indre, seule la voix de Dominique Marchès vient rompre la tranquillité. Voix paisible qui enveloppe les murs d’une maison dont il paraît fier… Parce que c’est ici, de 1955 à fin 1968, qu’a vécu l’un des plus grands artistes surréalistes, Max Ernst. Alors pour le commissaire d’expo et photographe Dominique Marchès (modeste, il ne se décrit pas comme un « artiste »), avoir racheté cette maison en 2006 est une sorte « d’hommage et de contribution ». Une sorte de rêve de gosse féru d’art, aussi… Lui qui, à 15 ans, était parti tout près de là, à Saché, en mobylette pour découvrir l’atelier du grand peintre et sculpteur Calder. « Ça a déterminé ma vocation… » « L’art m’a fait vivre plus richement, au niveau intellectuel », indique Dominique Marchès.
Cette richesse, il veut la transmettre. Quand il raconte la vie de l’artiste allemand, ses yeux se perdent partout. Dominique enquille les anecdotes sur le co-fondateur des mouvements Dada et surréaliste. Il est heureux de pouvoir ouvrir ses portes, lors des Journées du Patrimoine. Tout comme il le fait habituellement les week-ends. « Cela me permet de transmettre le visible, comme le jardin, la maison… et l’invisible, avec la mémoire de l’absent. Ce qui m’a intéressé en Max Ernst, c’est sa vie d’homme qui représente 60 ans du XXe siècle. Avec lui, on est face à un auteur qui a vécu pleinement cette période, ses horreurs, ses grandeurs. » Une fois entré dans cette ancienne grange, on se prend à rêver. Imaginer. C’était l’atelier de peinture de Max Ernst. Il avait commencé à travailler dans la longère située en face, « mais elle était exposée plein sud. Il y avait trop de lumière ». Impossible pour appréhender correctement les couleurs. « Alors il s’est installé dans la grange, avec la lumière du nord, plus diffuse. » Au mur, de gigantesques fresques sont posées. Un hommage de l’artiste Richard Fauget qui a reproduit la fameuse technique de frottage, inventée par Max Ernst (frotter avec un crayon les reliefs d’une surface sur laquelle on a posé une feuille de papier, NDLR). Contre une table, une très grande photo de la fontaine à Amboise, réalisée fin 1968 par l’artiste.
Dans cet atelier, le vieil évier est encore là. Il a vu passer les pinceaux de Max Ernst. Juste à côté, une petite arrière-salle, pleine de contrastes : un immense écran plat, qui diffuse un film sur l’artiste, trône au milieu de petits bancs d’époque, d’un châssis de tableau et de grandes étagères. L’odeur du vieux bois remonte aux narines. Les réminiscences du travail d’Ernst flottent dans l’air. Il a passé des heures ici. Lui qui avait acquis cette ancienne ferme, fin 1954, grâce aux 45 000 lires gagnées pour son prix à la Biennale de Venise. Lui qui revenait d’un exil aux États-Unis après la guerre. Lui qui avait passé du temps, isolé dans un désert en Arizona, alors que tous les artistes anti-nazis étaient revenus en Europe. « Peu importe le lieu, il n’était pas matérialiste. En venant à Huismes, il a trouvé un lieu paisible. » Nos pas filent vers une petite entrée à côté. Le mot « artiste » est inscrit sur un petit encadré, fixé à la porte. Une photo en noir et blanc du couple Max Ernst – Dorothea Tanning, de 1955, attire l’oeil sur ce mur blanc. Couple heureux. Couple d’artistes. « Regardez, c’est ici qu’il y avait la chambre du jardinier. Il n’habitait pas loin, mais pouvait dormir ici », raconte Dominique Marchès. Désormais, c’est une petite librairie. Où des ouvrages d’art s’alignent sur les étagères. Le dadaïsme et le surréalisme ont la part belle. Le Manifeste du surréalisme d’André Breton repose sous une cloche et l’oeil aguerri remarquera même une bouteille de vin estampillée Max Ernst !
L’art en lumière
En grimpant l’escalier, on arrive dans l’ancien atelier de collages de l’artiste. L’étage s’étire sur la longueur. Sous des tables en verre dorment des ouvrages rares, une collection parfois jaunie par le temps. Des documents inestimables pour l’amoureux de l’oeuvre de Max Ernst l’avant-gardiste. Il y a même une invitation à une inauguration, signée Jacques Duhamel, ministre des Affaires culturelles, datée de 1971. « Je pense que je possède la plus grosse documentation sur Ernst en France », dit sans détour Dominique Marchès. Petit sourire en coin. Puis il se perd de nouveau dans le silence en se plongeant dans la lecture d’un ouvrage. Il veut retrouver une petite info. Si, si, il y tient. Les minutes passent. « Ah, voilà ! Regardez la fenêtre en face de vous. C’est Max Ernst qui l’a faite, en oculus, une sorte de rond. Elle est souvent présente dans ses oeuvres. C’est un symbole, une forme comme un astre. » La luminosité exceptionnelle qui en émane inonde effectivement toute l’immense pièce. Mais dans le fond, à l’abri de la lumière, repose paisiblement la partie bibliothèque. Catalogues ultra rares et livres uniques font leur sieste. Certains dans du plastique, vu leur vieil âge. Dominique Marchès ne semble pas s’en lasser et contemple. Encore et encore.
Le jardin de la France
La visite touche à sa fin dans le jardin. Immense. Tranquille. Tout simplement beau. Des sculptures du XIXe siècle qu’Ernst a récupérées décorent les murs. Il y a au fond, derrière le noisetier, une serre. « Dorothea, sa femme, adorait les fleurs », dévoile Dominique Marchès. Il est agréable de tout observer, de s’approcher de ces immenses arbres, rêvasser… « Pour les Journées du Patrimoine, les gens pourront bien évidemment venir dans ce jardin de près d’un hectare. En général, ils adorent ça. C’est idéal pour se reposer un peu. » Pareil jardin fait penser au titre d’une de ses oeuvres les plus connues, Le Jardin de la France. Un dernier détour se fait par la maison de Dominique Marchès. Ancienne demeure de Max Ernst aussi. De vieilles photos montrent qu’en près de soixante ans, ça n’a pas tellement changé. La grande cheminée est toujours là. Tout comme l’escalier, les grosses poutres ou encore la table à manger… L’esprit du « Pin perdu », comme le couple d’artistes l’appelait à l’époque, n’a pas disparu. « Par contre, cette partie-là ne sera pas visible pour les Journées du Patrimoine. C’est vraiment… c’est ma maison, c’est chez moi », souffle Dominique Marchès. « Je l’avais déjà ouverte, mais j’avais même retrouvé des personnes dans ma chambre. Et ça fait bizarre. »
ALLER PLUS LOIN
Un ouvrage
Pour les curieux et adeptes de l’art de Max Ernst, impossible de passer à côté du livre Max Ernst, le Jardin de la France. Un joli pavé de plus de 200 pages qui a accompagné une expo au musée des beaux-arts de Tours. Bourré d’analyses, de somptueuses photos
et riche d’une documentation très intéressante. Ce catalogue est d’ailleurs disponible
à la maison de Max Ernst, présentée dans notre
 
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Pride, blagues à l'anglaise

Une comédie anglaise pur jus qui fait rire, pleurer et passer un bon moment. Loin des standards américains.

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Gay’s word : une petite librairie au centre de Londres où un groupe de gays, lesbiennes et trans rigole après une gay pride particulièrement calme. Ambiance 1984 sur fond de révolte sociale et discours thatchériens. « Les flics étaient plutôt mous, aujourd’hui ? » Tout le monde s’esclaffe. Silence. « Ils sont trop occupés à tabasser les ouvriers des mines. » C’est Mark, le protagoniste qui balance la phrase, laconique. Aider les mineurs en pleine grève, pourquoi pas ? Étendre la lutte sociale à toutes les victimes de la politique entamée par la dame de fer, l’idée germe, prend forme, retombe vite face à l’homophobie régnante dans les milieux ouvriers. L’argent s’accumule mais personne n’accepte l’aide des « perverts. » La petite troupe, persuadée de l’utilité de la cause, arrive finalement à convaincre le représentant d’une bourgade minière au Pays de Galles. Commence alors leur relation avec les habitants d’un village défavorisé.
Engagé, Pride dégomme les clichés comme un fox terrier foufou dans un jeu de quille. Les blagues fusent à chaque scène. Ça boit de la bière, ça se bagarre, ça s’insulte. Les petites piques pince sans rire côtoient les grosses blagues cochonnes. L’humour anglais dans toute sa splendeur. Difficile de rester de marbre, de ne pas essuyer une petite larme entre deux rires enjoués quand une mamie galloise balance d’un seul coup : « Est-ce que c’est vrai que les lesbiennes sont végétariennes ? » Pride joue sur plusieurs niveaux. Car derrière ce carnaval de blagounettes foldingues, le film s’attaque à un morceau du patrimoine culturel britannique moderne : la lutte des classes. Que ce soit pour la reconnaissance des droits homosexuels ou de la condition de vie des ouvriers, Pride prône un monde sans frontière. C’est de l’inconnu que naissent l’incompréhension et les tensions entre groupes sociaux. Sorte de petit laboratoire sociologique, le village minier symbolise l’utopie d’une société complexe, bourrée de clichés, de tensions où l’harmonie prend seulement forme lorsqu’une lutte commune émerge contre l’inégalité. En terme de rythme, on pense tout de suite à Full Monthy qui décrivait la survie de la classe moyenne anglaise dans les années 1990. La ribambelle de bons acteurs anglais (Bill Nighy, Imelda Staunton, Andrew Scott, Dominic West) prouve à quel point cette comédie sociale a mobilisé le monde du cinéma british. Murs délabrés, pubs défraîchis, vallées lugubres à perte de vue : on retrouve aussi les décors déprimants des films de Ken Loach. Ces lieux où seules une bonne blague, une chanson, une pinte de bière et la convivialité peuvent vous faire survivre. Peu importe ce que vous êtes.

Le son de la rentrée : Kommando Shamanik

Chaque semaine, notre chroniqueur Doc Pilot vous parle de ses pépites culturelles locales.

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Dur le retour du Sud en Touraine, le retour des couleurs violentes au pastel, des chaleurs envahissantes à la fraîcheur ligérienne ; passage à la Guinguette de Saint Avertin pour sa “ dernière ” histoire de se goinfrer de crêpes de la Smalla en guise de médecine. En bande-son Oak Ink, du Jazz intime et classieux dans une formule étrange (drums, harpe, basse), mélange antinature et ciselé pour un trip décalé…
Arrivé trop tôt au Hurricanes Bar pour voir The Roots Addicts, pas le temps d’attendre, l’envie de retrouver “ Le Vieux ”, les glaces à l’angle de place Plum puis le cocktail “ Narbey ” chez… Narbey, mais vite car à minuit l’envie d’écouter en direct la première du retour de Alain Maneval sur France Inter. Son invité, Henri Padovani, le premier guitariste de Police, homme libre ou perdant de l’Histoire ? Je suis heureux du retour de Maneval ; j’ai toujours apprécié ce mec ; ce samedi et ce dimanche il balance de l’incontournable de la fin des seventies et du début des 80’s, la belle époque si féconde, et toutes ses anecdotes à donner du sens à tous les titres…
Au courrier, le dernier album de 49 Swimming Pools et encore une fois la satisfaction canaille de se laisser séduire par un travail orienté vers le beau et l’unique, bâti à l’anglaise, dernière strate d’un triptyque aux accents növo-victoriens emprunt de classe et de romantisme absolu ; pas étonnant que les dames soient folles de ce concept. Trois fois de suite je l’écoute sans m’en lasser ; dommage je ne pourrai pas aller les voir jouer Chez Nello, oui vous avez bien lu Chez Nello : je vous le disais, ils sont étranges et vicieusement aristocrates…. Pour me nettoyer de toute cette beauté je glisse dans la flaque de bière et de sueur mêlées du Slade Alive… Autre album pour la bande-son de cette rentrée : celui de Kommando Shamanik, ethno techno rock, concept totalement dédié au souvenir des indiens d’amérique du nord, au drame du génocide et à l’ultime préservation d’une culture et d’une philosophie, le tout décliné en mantras survitaminés propres à déclencher la transe shamanique, la rencontre avec l’esprit, la danse et l’aliénation du temps aux espaces caoutchouteux dénués de référence. Ce disque est magique dans tous les sens du terme, il est didactique aussi un peu à la manière d’un guide spirituel appuyé sur la tradition mais dispensé avec la technologie musicale du 21e siècle…
Ouverture d’une nouvelle galerie rue Roger Salengro, NoWhite Cube, migration d’un espace initié à Savonnières vers le quartier des Prébendes sur deux étages avec des volumes honorables propres à offrir le recul nécessaire pour apprécier les œuvres ; diverses pratiques et supports à sensation où chacun peut trouver sa préférence, la mienne allant aux baigneuses de Juliette Gassie et aux portraits de famille de Frederic Dumain, mais aussi à la virtualité réaliste de Bertrand Robert et ses personnages d’hypernormalité impudique, à l’autre réalité de Sandrine Gayet, ma curiosité titillée par le travail de Roland Orépük même s’il ne me touche guère au cœur…
Festival Jazz en Touraine à Montlouis sur Loire ou le rendez-vous incontournable de la rentrée avec, en ouverture à Ligéria, le pianiste cubain Roberto Fonseca pour un concert intime à la Keith Jarrett, de longues pièces en solo dans des constructions évolutives mélangeant divers styles et influences. Au final un concert magistral pour un public à l’écoute, ponctués d’instants de joies osant une décontraction conceptuelle basée sur l’idée de nous retrouver « chez Roberto », dans son intimité. Sans lourdeur excessive l’artiste théâtralise sa prestation, la terminant par une suite pianiste haut de gamme avec une reprise de « La Javanaise » en épilogue. Le thème magique de Gainsbourg est repris par l’audience et c’est beau….
La rentrée c’est aussi la présentation de la saison à venir par les structures culturelles ; Marie Hindy programme l’Espace Malraux et c’est bien, car la dame est passionnée, pragmatique, humble et au service de l’optimisation du lieu et des moyens ; du bonheur du public aussi… Mes coups de cœur de ce programme : La Meute et son cirque alternatif et décalé, Ez3kiel bien sûr et la présentation de son nouvel album, « La face cachée de La Lune » ou l’interprétation du chef d’œuvre du Pink Floyd joué en direct. … J’ai vu la tournée Dark side of the Moon en 1973, je suis donc impatient de cette relecture de 2015…
Autre présentation, celle de Saint Avertin au Domaine Allias à Vouvray ( ben oué cette coterie rusée sait recevoir) : des envies et de la gourmandise dans cette programmation : Louis Chedid, Catherine Ringer, Manu l’ex chanteuse de Dolly (là, je bois du petit lait et je ne veux pas rester sage )… Jack le Chien est roi pour « Art. La Bonne Franquette », un weekend dans l’atelier de Brice Auconie pour réunir une vingtaine d’artistes sur le thème de la représentation du héros (Jack !!) : Dominique Spiessert (plus Spiess space ke Jack), Francine Gentilleti (le chien farceur), Alain Bouro (excellent), Clotilde Barcat (un chien de troupeau), François Pagé (Brice et son chien dans quelques années)… Avec le héros modèle qui court de la cave au jardin : joyeux concept entre Boule & Bill et Tintin & Milou….
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=VrI5DMS3Aa4[/youtube]
A La Belle Rouge soirée Kommando Shamanik, le Powwow Electrik 1… Medecine Groove trio en première partie, du métal en hommage aux hommes rouges avec un dernier morceau envoûtant et un bassiste de force et de technique armé… Puis le Kommandoh Chamanik l’un des groupes majeurs de la nouvelle scène tourangelle, concept autant musical que visuel, venu nous jouer son nouvel album (nous en parlions plus haut), collection de mantras à transes propres à rendre fou le public. Je suis impatient de les voir dans les grands festivals, la réaction devrait être magique sous la messe de ses trois acteurs : un guitariste mêlant la hargne électrique à la peinture cosmique, un homme aux machines (un sorcier devrait-je dire), le shaman Z, colonne vertébrale de l’affaire, et un infatigable joueur de didgeridoo, souffle tribal de l’ensemble : La Terre, le Feu, l’Air… Ils ont un son, un style, un combat, un pouvoir de séduction tel que le public suit et en redemande…
Au retour Maneval sur les ondes désormais la bande-son de la nuit pour ceux qui roulent entre une heure et minuit… Malheur à moi !! En ouvrant la télé au retour et tombant sur Alain Ruquier et ses deux roquets prétentieux, stériles et puants ; heureusement sur une autre chaîne, Amy Winehouse en live… Alors moi aussi j’y pars en live en passant des indiens à l’indienne…. Trop d’adrénaline pour vraiment dormir, le jour arrive dans le « Rocks » de Aerosmith… Retour à Montlouis dans l’ap’ pour le concert de Nina Van Horn, du blues rock bien seventies empreint de soul et de rythm and blues ; Masahiro Todani, le guitariste soliste, est un virtuose habité, le talent boosté par un look scénique de prince de l’électricité… Au soir je tombe à pieds joints dans l’excellent dernier disque de Christiane Grimal, avant de me finir avec « Itaipu » de Philip Glass, acheté sur la brocante Eric Geffroy… enfin l’album de Kommandoh Chamanik pour tomber en phase avec l’été indien.

Une minute sur le web #26

Du lol, du moins lol et des bd sur les hipsters : oui, on vous offre ce qui se fait de mieux sur le web.

Le Tumblr  
Hoooo, c’est tout mignon ces photos de Lego® qui rappellent des films ou des séries connues. Zombieland, The Office, Harry Potter, Twin Peaks… L’auteur de ces scènes reste inconnu, malgré la production quasi quotidienne.
Plus sur
lego-stories.tumblr.com
BUZZ_TUMBLR

La Photo
Rion Sabean, un jeune artiste américain, s’est beaucoup amusé en mettant des hommes dans la position des pin-ups… Plus sur rionsabean. com/men-ups
BUZZ_PHOTO
 
Oh, les boules !
Après l’Ice bucket challenge (verser un seau d’eau glacée sur sa tête), place au #FeelingNuts. Lancée par l’asso Check one two, l’opération consiste à se photographier en train de s’agripper l’entre-jambes, pour faire parler du cancer des testicules et de son dépistage. De nombreuses célébrités partagent déjà leurs photos…
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Bd Hipster
Certes, cette page Facebook est en anglais… Mais ces petites histoires courtes sur les stéréotypes des « branchés » de nos années 2000 sont tellement tordantes que ça vaut le coup de passer par la langue de Shakespeare. Plus sur hipsterthanever.tumblr. com
BUZZ_HIPSTER
Le jeu gore
Hé, ça faisait longtemps que l’on ne vous avait pas proposé un petit jeu de zombie de derrière les fagots ! Dans Infectonator, vous jouez un savant fou qui gagne de l’argent en infectant le monde entier avec ses zombies. Addiction et humour noir garantis ! À télécharger sur iTunes et Google play
Le chiffre
52 %
C’est la part d’appli mobiles utilisées par les consommateurs américains contre les pages web consultées sur un ordinateur aux États-Unis, en juin dernier. Surprise ? C’est l’appli de Facebook qui arrive en tête des plus consultées. (source ComScore)

Chroniques culture #33

Chaque semaine on vous régale avec un sélection de dvd, de bd…


LE CD
MELT – LIES
Formés en 2012, les Tourangeaux de Melt balancent enfin leur EP Lies (téléchargeable gratuitement oui, oui). Et on ne va pas se mentir, ici, ça sent le gros rock, les guitares qui suintent, avec de la rythmique qui fait taper du pied (ouch, ce Media Machine qui fait mal !). Dotés d’un son chaud, ces quatre titres costauds se démarquent par la voix surpuissante de Guillaume qui abat un travail phénoménal. Prometteur !
À découvrir et écouter juste ICI !
LE JEU
METRO REDUX
Vous aimez les ambiances de fin du monde et les mutants ? Alors n’hésitez pas. Replongez dans l’univers post-apocalyptique moscovite avec Metro Redux. Destiné aux plus de 18 ans, ce FPS à la sauce survival-horror regroupe les versions remasterisées et enrichies des précédents opus de la saga Metro sur PC et consoles nouvelle génération. C’est gore et violent, bourrin à souhait, mais qu’est-ce que ça défoule !
L. Soon
Metro Redux, + 18 ans, PC, PS4 et Xbox 360, 40 €.
LE DVD
LE VENT SE LÈVE
Si vous n’avez pas eu l’occasion d’aller voir en salle le dernier chef-d’oeuvre de Miyazaki, investissez. Cette quête du ciel menée par Jiro, un ingénieur aéronautique, va vous prendre aux tripes. Petit, grand, peu importe votre âge : universel, Le Vent se lève parle d’amour, de rêves et raconte sans détour l’histoire d’un Japon en quête de légitimité au début du XXe siècle. Ça vous donnera même envie de revoir Princesse Mononoke, Chihiro, Porco Rosso…
LA BD
VERTIGES DE QUITO
Entre guide touristique, carnet de voyage et album de famille, les aventures de Didier Tronchet en Équateur et en Bolivie sont un pur régal. Avec la visite d’un ambassadeur au fin fond de la jungle, d’une partie de foot avec les indiens Sarayku ou d’une simple description géopolitique de sa rue à Quito, l’auteur de Raymond Calbuth et de Jean-Claude Tergal, démontre un sens inné de l’observation. Tout ça, sans se départir de son humour légendaire : une des plus belles surprises de cette rentrée BD.
H. Bourit

Le temps à volon'thé

Entre salon de thé et bonne petite adresse pour le midi : Liber’thé va vous plaire.

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Avez-vous déjà mangé une salade de légumes coupés en bâtonnets ? C’est l’originalité de la maison. Chez Liber’thé, d’autres choses sont surprenantes, à commencer par son atmosphère. Ici, les étudiants croisent les petites dames du quartier. Comme à la maison, installé dans un canapé club ou en terrasse, on peut se connecter à Internet ou lire les magazines proposés par le salon de thé. « On voulait prendre le temps, explique la gérante, Pauline Dupas. Pouvoir rencontrer nos clients, faire des gâteaux maison, choisir nos produits… Mon conjoint a toujours travaillé dans la restauration, hors de question pour nous de vivre au rythme des coups de feu. »
Un restaurant sans coups de feu, c’est possible ? Oui, les deux tourtereaux le prouvent. Le service n’est pas mou pour autant. Simplement, Pauline Dupas et Vichet Svay travaillent en douceur. Lui est en cuisine, elle en salle et parfois, c’est le contraire. « Vichet est plus doué que moi pour les plats mijotés, avoue la jeune femme. Ces jours-là, je prends le service. » Ce midi, c’est Monsieur qui est aux fourneaux pour préparer le sauté de veau. Sur les étagères, les thés s’alignent dans de gros pots en métal rouge : thé vert, thé noir, thé rouge, il est proposé à la théière, ou froid, dans un grand verre. Il est 14 heures, la cloche à pâtisseries est déjà presque vide. Mon voisin de table a dévoré les dernières miettes de son crumble pommes-pêches. En cuisine, Vichet Svay dore une crème brûlée à la lavande. Demain, elle sera peut-être parfumée au thé ou à la fleur d’oranger. Ça donne envie de revenir bruncher dimanche. Avec une boisson chaude, un jus de fruit, une viennoiserie, deux oeufs, trois tranches de bacon, une assiette de fromages et une salade verte, la formule anglaise devrait nous rassasier jusqu’à l’heure de l’apéro.

Cosméto'maison : j'ai testé pour vous !

De la cuisine à la salle de bain, il n’y a qu’un pas : je l’ai sauté en fabriquant mes cosmétiques.

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Les meringues n’ont pas de secrets pour moi. Les cosmétiques, ça ne devrait pas être plus compliqué ? Je me lance donc, pleine d’assurance, dans la confection de mes produits de beauté. Un expert me déconseille de commencer par du maquillage : « Les pigments demandent une mesure très minutieuse. Pour les rouges et les baumes, attention lors du démoulage, ils peuvent se briser. » Prudemment, j’opte pour la fabrication d’un shampoing. J’imagine qu’il s’agit simplement de mélanger 2 ou 3 trucs. Une fois le kit déballé, je me réjouis d’avoir choisi un coffret pour les débutants. Fiche de recette, ingrédients, ustensiles, conseils d’hygiène, tout y est. Je désinfecte casseroles, fouets, entonnoirs, pipette et commence le mélange. Surprise : le shampoing réclame six composants et il faut les chauffer. Soulagement : les instructions sont très claires. Une odeur de savon chaud envahit la cuisine. « Maman, ça sent bizarre ! » Trente minutes après, l’ajout du dernier ingrédient, 2 ml de fleur de tiaré, nous emmène dans les îles. J’y prends goût et résiste à l’envie d’améliorer la recette à ma sauce. Comme en pâtisserie, la cosmétique fait appel à la physique et à la chimie : la fabrication d’un produit, même facile, exige de la rigueur. Rajouter des protéines de soie là où l’on ne vous en demande pas ou doubler la quantité d’essence de rose peut déséquilibrer la composition (et provoquer une réaction lors de l’utilisation ou diminuer sa durée de conservation). Grisée par le succès (250 ml de shampoing fleurant le sable chaud), j’enchaîne avec la création d’un masque. Et côté prix, c’est une opération gagnante : ce coffret à 25 € m’a permis de fabriquer quatre produits capillaires.

Tobassi, jazz savoureux

Le groupe de musique tourangeau au nom camerounais mitonne un jazz plein d’entrain. Ils seront de passage à Montlouis.

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Quand on les rencontre au pub Le Pale, on hésite à leur demander leurs cartes d’identité. Difficile de croire que la moitié des membres du groupe vient juste d’obtenir son bac. À 18 ans, leur amour, c’est le swing, les rythmes de Richard Bona, Electro Deluxe, Roy Hargrove. Et la liste est loin d’être exhaustive. Jonathan Achille, Louis Chevé-Melzer, Pierre Thomas- Fredon, William Brocherioux et Yohan Fourrier jouaient ensemble au lycée Paul-Louis Courrier. Avec Giovanni Thevenin, ils forment Tobassi en février 2014. Pour Pierre Thomas-Fredon, « Le jazz est une musique si ouverte qu’on peut tout y incorporer. Ici, chacun apporte le son qu’il aime, on compose et on arrange ensemble ». Influences métal, gospel ou classique, le groupe fait infuser les genres avec une facilité étonnante. Tobassi remporte un tremplin en mai puis les organisateurs d u festival Jazz en Touraine leur proposent une scène.
Le succès les a surpris mais il n’y a pas de hasard : Tobassi joue une musique que chacun peut s’approprier. Les notes fondent dans l’oreille et le tempo pétille comme des bulles : un jazz qui se boit comme du Vouvray, (presque) sans fin. La voix de Giovanni Thevenin y est pour beaucoup. « Je ne suis pas un vrai chanteur de jazz, se défend-il. Je viens du gospel. » Les puristes y trouveront peut-être à redire, mais cet été, lors de son premier concert à la guinguette, Tobassi a conquis les Tourangeaux. Les six musiciens sont tombés dans le jazz quand ils étaient petits. S’ils admettent que cette formation particulière est leur « bébé », chacun poursuit des projets personnels. « Même si cela complique l’organisation des répétions, on tient tous à garder une vie indépendante, elle nourrit notre inspiration. Sans ça, on tournerait en rond, on s’enfermerait », explique William Brocherioux. Pas encore d’album et seulement deux morceaux disponibles en ligne : il faut se déplacer pour les écouter. C’est tant mieux : Tobassi est un groupe qui respire avec le public et que l’on peine à imaginer confiné dans un studio.
Le groupe Tobassi sera en concert mercredi 17 septembre, à 19 h 30, sur la scène du Village gourmand de Jazz en Touraine, à Montlouis. Entrée libre.

kids de Tours : envie de faire de la BD ?

Et si votre enfant était un génie de la BD ? Vous pouvez l’envoyer aux ateliers du festival à Tours de bulles pour le découvrir…

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Poupette a 8 ans, (presque) toutes ses dents et elle s’est obstinée à dessiner de mini bandes dessinées tout l’été. Elle veut absolument aller au festival À Tours de bulles. Aurélie Lecloux, auteur et coloriste, n’est pas surprise : « Certains enfants imaginent d’abord les images, d’autres les textes mais dès le CP, les enfants peuvent créer des bandes dessinées. »

Les goûts des petites têtes blondes restent classiques : Spirou, Tom et Jerry, Titeuf, Chi le chat se disputent le podium des icônes. Le phénomène manga frappera un peu plus tard, à l’adolescence. Chaque année, les ateliers de création de bandes dessinées animés par les huit membres d’Atelier Pop, le collectif de BD tourangeau font le plein de Franquin en herbe. « Bien sûr, c’est une initiation, explique Aurélie Lecloux. En deux heures, on leur explique d’abord le processus de création, puis on leur laisse les crayons. » Les enfants (mais aussi beaucoup de parents !) tombent des nues en découvrant les multiples étapes de la fabrication d’une BD.
Aux petits d’imaginer leur histoire, dessiner un strip de deux cases ou une chute, pour repartir avec l’ossature d’une bande dessinée à continuer à la maison. « La BD, c’est de 7 à 77 ans », confirme Julie, l’une des organisatrices. C’est la présentation de planches réalisées en milieu scolaire qui ouvre le festival ce mercredi.

À Tours de bulles, du 10 au 14 septembre à Tours. Programme des ateliers enfants sur atoursdebulles.fr

Horoscope du 10 au 16 septembre 2014

L’horoscope de la semaine… Vous l’avez bien cherché en même temps !

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GROSSE BISE AUX VIERGES
Vous êtes délicat(e), attentionné( e), prêt(e) à vendre votre mère s’il fallait réduire la pauvreté dans le monde ou liquider votre Livret A pour stopper le virus Ebola. Vous êtes la Beyoncé des causes perdues, la Miley Cyrus des pauvres gens. Ça ne sert à rien, mais vous ne pouvez pas vous en empêcher. Cette semaine, c’est la vôtre. Kiffez votre vibe*.
Amour Vous allez pécho sans arrêt cette semaine.
Gloire Un indice, jouez au Quinté +
Beauté Oui, vous êtes mmaaaaggniiifiiqueeee !
BÉLIER
Amour Mystérieux (se)…
Gloire Et si demain c’était aujourd’hui ? (regardez une Histoire sans fin, vous comprendrez).
Beauté Mince, vous faites comment pour porter ce poom-poom short sans qu’il craque (c’est valable pour les mecs aussi, désolé).
TAUREAU
Amour Vous faites comment ?
Gloire Ok, ça passe.
Beauté On vous avait dit d’arrêter le Babybel, maintenant c’est fichu…
GÉMEAUX**
Amour Genialny.
Gloire Awesome.
Beauté Wunderbar.
CANCER
Amour Ça craque vite.
Gloire Et si c’était vrai ?
Beauté Arrêtez de vous prendre pour un caramel.
LION
Amour Graaouuu
Gloire Yohoooo !
Beauté Heeee….
BALANCE (Spécial jingles radio inchangés depuis 1998)
Amour Chééérrriiieeeee FFFMMMMMM !
Gloire Fun Radio, Fun Radio, FUN RADIO… Le son DAANNNCEEFLOOR !
Beauté NnoooosssttaaaalllGGGGIIIIIEEEEEE !
SCORPION
Amour Désolé de vous décevoir mais les coups de foudre… ÇA N’EXISTE PAS ! Ok ?
Gloire Mouais, si gagner un grille pain au loto de Saint-Jacut-les-Pins ça compte, alors d’accord.
Beauté C’est dur la rentrée, hein ?
SAGITTAIRE
Amour Badaboum.
Gloire Un sou est un sou ? Rapace…
Beauté Sans rire, vous avez une patate sur la joue.
CAPRICORNE
Amour On bloque.
Gloire Vraiment rien.
Beauté Nan, rien du tout.
VERSEAU (Les constats astrologiques sont dans le désordre, à vous de bien les replacer)
Amour Gnnnaaa, chaud patate !
Gloire Ce n’est pas tous les jours la fête.
Beauté Au bal masqué ho hé ho hé.
POISSON
Amour Arrêtez le cassoulet du mercredi soir, vous verrez, ça ira déjà mieux.
Gloire Tapez trois fois dans vos mains, sautez en l’air, criez « mazette » et allongez-vous à plat ventre. Si vous faites tout ça dans l’ordre, vous allez devenir riche.
Beauté On vous a bien eu, hein ?
* profitez-en parce que vous allez prendre cher la semaine prochaine.
** si vous ne comprenez rien, on ne peut plus rien pour vous, vous êtes un(e) mauvais(e) Européen( ne).

Avec l'art-thérapie : "On travaille sur le ressenti personnel"

Christel Letessier-Debrune est diplômée de l’Afratapem (École d’art-thérapie de Tours). Elle exerce son activité en libéral depuis 2011 et suit particulièrement les enfants.

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Vous intervenez uniquement sur ordonnance. L’art-thérapie est bien connue du corps médical ?
La prescription thérapeutique se fait en fonction de la sensibilité de l’enfant. Le corps médical voit par quelle technique il est possible de travailler : ce sera l’art-thérapie, l’équi-thérapie… Les psychiatres, les médecins généralistes, les hospitaliers nous connaissent bien puisque l’Afratapem travaille avec la faculté de médecine. Des enfants me sont aussi envoyés par l’orthophoniste ou le psychologue. Quand un patient vient spontanément, on le renvoie vers son médecin, c’est une règle déontologique.
Les enfants savent-ils pourquoi ils viennent vous voir ?
Les explications sont adaptées à leur âge mais leur adhésion est essentielle. Lorsqu’ils viennent pour des séances individuelles, ils savent que c’est pour une difficulté particulière. La démarche émane parfois de l’enfant lui-même qui cherche à s’exprimer, c’est le cas pour des séances en groupe qui fonctionnent avec une autre dynamique. Certains enfants sont réticents lors de la première rencontre et c’est tout à fait normal. C’est généralement dû à une saturation.
C’est-à-dire une multiplication des rendez-vous thérapeutiques ?
Oui. Ils sont suivis par trois, quatre spécialistes. Les enfants ne peuvent pas être sur tous les fronts, ils sont épuisés. Là aussi, la prescription de l’art-thérapie sur ordonnance médicale est un garde-fou : le médecin connaît le parcours médical de l’enfant, il évitera d’empiler les traitements. J’ai reçu un petit garçon qui avait de l’asthme, des problèmes de langage, de vue. Il était suivi par un spécialiste, un orthoptiste, une orthophoniste… et sa maman me l’amenait pour une rééducation de l’écriture. J’étais en face d’un petit garçon très très triste. J’ai dit à la maman que ce n’était pas possible, il fallait d’abord terminer la rééducation orthoptiste pour lui éviter de passer toutes ses soirées chez des thérapeutes. Ensuite, je lui ai demandé ce qu’il aimait, ce qu’il savait faire. Il a retrouvé de l’espoir, ça l’a aidé à progresser chez l’orthophoniste. On travaille le ressenti corporel, les émotions, l’affirmation de soi, la confiance en soi. L’objectif est lié “à la saveur existentielle”, le goût de vivre. Il ne s’agit pas de motricité, même si on l’utilise.
L’art-thérapie semble particulièrement adaptée aux jeunes souffrant d’anorexie, de boulimie…
Tout à fait. À la demande de médecins hospitaliers spécialisés, qui sont trop limités dans leurs ressources, nous constituons en ce moment un réseau pour travailler sur les troubles du comportement alimentaire.

Art-thérapie : le soin, tout un art

Rencontre avec des art-thérapeutes tourangeaux pour parler de ce métier, de plus en plus visible dans les institutions médicales.

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J’ai envie de coller des bulles, là, tout autour et puis de les éclater ! » Isabelle*, 10 ans, sérieuse, cherche un nouveau moyen de continuer la peinture qu’elle a entamée avant l’été. Elle est assise devant sa toile qui représente un chapiteau de cirque, très coloré. De ses petits doigts, elle essaye de faire exploser les alvéoles d’un papier bulle résistant. Elle ne s’éparpille pas pour autant et reste concentrée sur l’avancement de son œuvre. À ses côtés, Audroné Berthier écoute, intervient très peu, propose de manipuler elle-même les ciseaux. L’art-thérapeute, bienveillante, dirige avec douceur la séance hebdomadaire. Tous les vendredis, elle rencontre Isabelle dans son atelier à l’Institut d’éducation motrice (IEM) Charlemagne, à Ballan-Miré. La pièce, pas très grande, est baignée d’une douce lumière qui rentre par une grande fenêtre. Les œuvres de ses patients remplissent l’atelier bordé de grandes étagères. Sur celle-ci, des dizaines de boîtes, de rouleaux de papier, de peinture, de capuchons, de petits objets… « Quand vous rentrez, vous pourriez penser que c’est le bazar, rigole Audroné Berthier. Le but, c’est que tout le matériel soit visible, ça permet de donner des idées aux patients, que ce ne soit pas imposé. » La séance continue. Isabelle plonge consciencieusement un pinceau dans un petit pot de colle blanche et l’applique par petite touche sur son tableau. Elle prend ensuite les bulles soigneusement découpées par Audroné Berthier et les presse délicatement contre la toile déjà peinte. L’art-thérapeute s’extasie devant la multitude de points en plastique : « On dirait de la pluie ! » Isabelle agite les bras en souriant.
Smiley et handicap
Au bout d’une heure de discussion et d’art plastique, Audroné Berthier annonce la fin de la séance. « Alors, Isabelle, tu trouves que c’est joli ce que tu as réalisé cet après-midi ? » Elle tend alors un morceau de bois avec des smileys plus ou moins heureux dessus. Isabelle saisit celui avec un petit sourire avant de sortir de l’atelier. Audroné Berthier est heureuse de la séance. Elle s’occupe d’une vingtaine de patients à l’IEM Charlemagne. Handicapés moteurs, certains trouvent dans l’art-thérapie une espace de liberté bénéfique. « Mais contrairement à ce qu’on peut lire parfois, l’art-thérapie ne guérit pas comme un médicament peut le faire, explique-t-elle. Si c’était le cas, Van Gogh aurait encore ses deux oreilles ! Mais je pense que l’art-thérapie permet de débloquer certaines choses. Contrairement à un kiné ou un ergologue, nous travaillons sur la partie saine du corps, ce qui marche bien. »
Audroné Berthier travaille main dans la main avec l’équipe médicale. « Chaque patient est unique. L’art-thérapeute s’adapte à eux. Dans quelques minutes, je vais recevoir Baptiste*. C’est un garçon qui ne s’exprime presque pas avec la parole. Nous avons essayé de trouver quelque chose qui lui plaisait, mais finalement, l’art plastique ne semblait pas lui convenir. Au bout de quelques séances, c’est la musique qui lui a plu. » Le garçon rentre à son tour dans l’atelier d’art-thérapie. Audroné Berthier lui propose d’écouter un CD et sort d’un placard une boîte remplie de maracas, de tambours et de petites percussions. Baptiste saisit un petit flacon rempli de graines et se met à battre en rythme alors qu’un morceau de blues sort des enceintes. Pendant une heure, le jeune homme ne parle pas beaucoup mais s’exprime avec ses percussions et son plaisir de jouer de la musique. Audroné Berthier a découvert l’art-thérapie au bout d’un long parcours professionnel. Le travail avec les personnes handicapées, elle l’a commencé dans son pays d’origine, en Lituanie. Bénévole dans une association handisport, elle est passée par la case Beaux-arts et le sport professionnel. Parcours atypique, quand elle s’installe en France, elle rentre en tant qu’éducatrice à l’Institut Charlemagne en 1999. Un jour, alors qu’elle s’occupe d’un atelier d’art créatif, une psychologue lui lance : « Mais tu fais de l’art-thérapie en fait ! » Audroné Berthier connaît vaguement le terme. Elle se renseigne. Elle tombe sur l’Afratapem, l’école de Tours. Elle est diplômée en 2005.
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Cas d’école
Direction la Tranchée où se trouve la formation d’art-thérapie de Tours. C’est un cas unique en Europe. Créée en 1976, elle forme chaque année des professionnels agréés par l’État. L’Afratapem a exporté son modèle dans plusieurs villes en France mais aussi en Corée, en Croatie, au Portugal, au Brésil… « L’art-thérapie est un terme très à la mode en ce moment, commence Richard Forestier, un des fondateurs de l’école et responsable du diplôme universitaire. Notre problème aujourd’hui, c’est que n’importe qui peut porter le titre d’art-thérapeute. Il suffit de faire quelques semaines de formation dans une école peu scrupuleuse et non reconnue. » Remonté, Richard Forestier insiste sur le sérieux des professionnels qui sortent de l’Afratapem : « Il faut faire attention avec l’art. C’est un domaine qui peut être néfaste pour certaines personnes. Une séance d’art-thérapie est forcément prescrite par un médecin au sein d’une équipe pluridisciplinaire. » Pour cette sommité de l’art-thérapie, il ne faut pas non plus confondre la pratique traditionnelle, liée à la psychologie, et celle moderne apprise à l’Afratapem. « Elle s’adresse à des patients sensibles aux arts, explique Richard Forestier. Elle exploite le potentiel artistique dans un but thérapeutique. » Musique, art plastique, calligraphie… L’art-thérapie possède ses spécialités et demande aux professionnels d’être compétents dans leur domaine artistique.
Les origines
Pour Richard Forestier, les prémices de la discipline sont nées dans les écoles de musique en Touraine. Au début des années 1970, plusieurs communes ont commencé à proposer l’apprentissage d’un instrument à tout le monde, pas seulement dans le but de former des musiciens aguerris, mais aussi pour ceux qui voulaient se faire plaisir. Cette pratique a ensuite franchi l’entrée des écoles. En 1975, des pédopsychiatres, à Tours, ont commencé à faire rentrer l’art dans leur service. La création de l’Afratapem était la suite logique. « L’art-thérapeute ne donne jamais son avis sur l’œuvre de son patient. C’est lui qui évalue sa pratique. Je me rappelle d’un vieux monsieur en maison de repos qui prenait beaucoup de plaisir à reproduire des cartes postales. Autour de lui, tout le monde s’est mis à lui rapporter des cartes postales de retour de vacances. Il se retrouvait à chaque fois avec une pile à recopier. On ne peut pas dire qu’il y avait une once de créativité dans ce qu’il faisait. Seulement, il n’était jamais aussi heureux que quand il se penchait sur ses dessins. Il diffusait en plus son bonheur. »
* Les prénoms ont été changés.
 
ALLER + LOIN
La bible, pour l’école de Tours, c’est le livre de Richard Forestier. Mis à niveau régulièrement, c’est une référence qui évolue en même que la profession et les recherches universitaires.
Tout savoir sur l’art-thérapie, ed. Favre, 7e édition.
 
 
 

Sex tape : la débandade

Rigolo mais un poil trop vulgaire ; divertissant sans être exaltant… On a connu plus excitant.

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Sujet sexy, petit côté geek, une bande-annonce bien fichue et titre plus qu’explicite… Cela aura-t-il suffi à Sex Tape, dernier bébé de Jake Kasdan, pour éviter la débandade ? Véritable four aux États- Unis, la comédie du réalisateur de Bad Teacher a été assassinée par les critiques outre-Atlantique. Budget de 40 millions de dollars loin d’être à l’équilibre, mauvais scores au box-office… Côté sexy, on repassera. Pourtant, tout n’est pas à jeter dans cette comédie. Loin de là, même.

Dans Sex Tape, Jay et Annie sont amoureux comme aux premiers jours. Premiers jours durant lesquels ils passaient leur temps à faire l’amour : partout, toujours, avec passion. Sauf qu’après dix ans de mariage (et la venue de deux enfants, argh !), le désir s’est érodé. La première scène est parlante : un mélange entre Bridget Jones et une comédie des frères Farrelly, avec Annie (jouée par Cameron Diaz), blogueuse modèle des mamans américaines, qui se remémore les parties de jambes en l’air endiablées. « Eh, on devrait faire l’amour jeudi ! La dernière fois, c’était quand on a acheté des serviettes. » La phrase est lancée. Le couple décide, un soir où les enfants sont absents, de pimenter un peu sa vie sexuelle. Raviver la flamme en filmant leurs ébats.

L’idée fonctionne, jusqu’à ce que la vidéo soit enregistrée par mégarde sur un serveur et envoyée sur toutes les tablettes numériques offertes à leur entourage. Du patron jusqu’au facteur ! S’enchaîne alors une course-poursuite burlesque pour récupérer les fameux IPad, nourrie par une succession de vannes plus ou moins grossières, mais qui prêtent constamment à sourire. Déjà parce que les dialogues sont construits à la manière d’un Jason Sudeikis : incisifs, débités avec concision, bon mot sur bon mot filant comme des missiles. Sans temps mort. Aussi, parce que le casting fait le job avec précision. Étonnamment, on retient d’ailleurs moins le jeu des acteurs principaux (Cameron Diaz et Jason Segel d’How I Met Your Mother) que la performance des seconds couteaux. Notamment l’excellent Rob Lowe, dans son rôle de patron BCBG le jour et cocaïnomane mégalo adepte de thrash metal la nuit (LA séquence du film) ! Dans cette débauche de blagounettes, la vulgarité fait son trou. Trop, peut-être. Tout comme Apple qui y fait son placement de produit de l’année… On pense aussi rapidement à ce triste écho avec l’actualité et ces photos nues de stars, piratées et dévoilées récemment… Enfin, Sex Tape est aussi une analyse, certes pas franchement finaude, sur le couple, sa routine, le sexe, l’amour et le désir. Et dans tout ça, on rit un peu, on sourit beaucoup. C’est déjà ça.

>> Comédie américaine de Jake Kasdan. Durée : 1 h 35. Avec Cameron Diaz, Jason Segel, Rob Corddry…

Associations : "faire plus avec moins"

À l’Assemblée nationale, la commission d’enquête chargée d’étudier les difficultés du monde associatif a repris ses travaux. Le point avec Nicolas Aubry, responsable de la Maison des associations culturelles de Tours.

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L’emploi associatif , c’est 10 % du secteur privé et la commission d’enquête veut anticiper les risques sociaux d’une baisse des crédits publics…
Oui, le tissu associatif touche tous les secteurs. Les Studio regroupent 25 000 adhérents et embauchent une vingtaine de salariés. Les associations de service à la personne, comme l’ADMR (Aide à domicile en milieu rural), en emploient des centaines. Et pensez au TVB, au TFC…
En Indre-et-Loire, le secteur associatif compte 15 000 salariés. Une coupe dans le budget de la ville de Tours aurait quelle incidence sur ces emplois ?
Nous connaîtrons la position de la nouvelle municipalité en décembre. Uniquement sur le secteur culturel, la ville soutient 120 associations. Les aides vont de 200 € pour une manifestation de quartier à 900 000 € pour le CCNT et sont stables depuis 3 ans mais la crise amplifie l’action associative. Concrètement, les associations apprennent déjà à faire plus avec moins. Mais les établissements employeurs sont principalement financés par l’Etat et la Région et là, oui, les crédits sont de plus en plus difficile à obtenir.
Le mécénat compenserait-il une diminution des subventions ?
C’est une piste pour les associations à fort rayonnement : l’Opéra, les Beaux-arts, le TVB… Pour les associations moins prestigieuses, le financement participatif, qui fait appel aux particuliers, est mieux adapté. Elles mutualisent aussi leurs moyens, en partageant les frais d’un chargé de mission ou d’un local. En revanche, les financements européens sont sous-utilisés car les dossiers sont très complexes à monter. Il serait utile de simplifier ces procédures.

Chroniques culture #32

BD, CD live, docu sur les Stones et DVD décapant : les chroniques culture de la rentrée sont là !

LE DVD
LA CRÈME DE LA CRÈME
Alors que les lois du marché semblent même s’appliquer aux relations garçons-filles, trois étudiants d’une école de commerce vont transformer leur campus… en lieu d’expérimentation. Conte générationnel décapant et presque subversif (le proxénétisme est abordé frontalement), le film de Kim Chapiron est d’une justesse rare et emmené par des acteurs parfaits (la sublime Alice Isaaz). On regrettera l’absence de bonus, à part ce maigre making-of de 25 minutes.

À LA TV
CROSSFIRE HURRICANE
Attention, à déguster sans modération. Emballé par Brett Morgen, Crossfire Hurricane retrace l’histoire du groupe mythique, les Rolling Stones. Interviews, parfois inédites, clips, images d’archives et enregistrements live nourrissent ces 110 minutes de sex, drugs & rock ‘n’ roll. Ce docu revient aussi sur le manager de l’époque, Andrew Oldham, qui souhaitait faire des Stones des mauvais garçons, en opposition aux gentils Beatles.
Samedi 6, sur Arte, à 22 h 20.

LE CD
STATUS QUO THE FRANTIC 4’S...
Les dinosaures du rock (et c’est un compliment dans notre bouche !) ont encore le culot, que dis-je l’outrecuidance, de balancer un nouvel album live. Avec LE line-up classique et historique du groupe, tant qu’à faire. Et en écoutant ce concert à Dublin, c’est qu’ils en ont encore sous le coude : gros son qui tache, mix parfait et set-list aux allures de best of (Caroline, Bye Bye Johnny, Big Fat Mama…). Dix-neuf titres sur un double CD et aussi disponible en vinyle.

LA BD
PATXI BABEL T1 LA VAGUE
Le soleil, la plage, le surf : l’histoire commence comme une carte postale en direct du Pays basque. Sauf que la vie de Patxi bascule lors d’une rencontre dans une fête indépendantiste. La découverte de l’amour et d’un secret familial font tomber le jeune Patxi dans un monde où l’insouciance cède la place à une réalité adulte. Boisserie au scénario et Abolin au dessin ont trouvé le ton juste pour cette nouvelle série très prometteuse.

Le Chien jaune : une table bien dressée

Rue Bernard Palissy, la cuisine du Chien jaune retrouve le haut du pavé.

Le Chien jaune
A deux pas de la gare, la cuisine du Chien jaune a retrouvé sa superbe

 
La salle a gardé ses glaces Art Déco, son sol en pierre multicolore et son bar en zinc tarabiscoté. Les serveurs sont toujours habillés en garçons de café. On pourrait croire qu’il n’y a rien de nouveau au Chien Jaune. Le vieux bistrot ouvert en 1930 a pourtant changé.
Dès midi, quelques habitués sont déjà installés en terrasse. L’ardoise propose deux formules déjeuner, chacune intégrant entrée, plat et dessert pour 15,90 euros ou 19,90 euros. J’opte pour la formule à 15,90 euros mais le dessert, une mousse de fromage blanc, me tente peu. Le chef de salle me propose gentiment de le remplacer par le croquant d’abricots.
Adieu andouillettes et profiteroles géantes, les plats de grand-mère ont disparu de la carte. Elle s’est resserrée : quatre entrées, plats et desserts. Je louche un peu sur l’assiette de mon voisin : des gambas sautées et leur écrasé de pommes… La brouillade d’oeufs à la provençale a un goût de soleil, les plats sont joliment présentés. Légèrement rosée, l’araignée de porc au jus d’estragon est fondante à la perfection. Les portions sont assez copieuses pour nous rassasier, assez légères pour qu’on les savoure jusqu’au dessert.
L’ambiance est calme, même en terrasse. Ici, la clientèle du déjeuner peut manger en moins d’une heure. Les serveurs sont prévenants et discrets. Situé à deux pas de la gare, Le Chien Jaune a tout pour plaire. On sent que Xavier Aubrun souhaite satisfaire ses clients. Le chef cuisinier, qui tenait l’Auberge du XIIe siècle à Saché avait déjà repris avec succès L’Odéon. Il est en train d’offrir une deuxième vie au Chien Jaune. Les Tourangeaux retrouveront avec bonheur le chemin de ce bistrot.

LE DESSERT DU JOUR : le croquant à l’abricot. Le nom nous mettait l’eau à la bouche et on remercie le chef de salle de nous avoir permis de goûter le croquant d’abricots. La chantilly à la pistache l’accompagne à la perfection. On a presque léché l’assiette pour finir le caramel aux amandes qui apporte juste ce qu’il faut de sucré aux abricots.
L’ADDITION Pour 15,90 euros, la formule déjeuner comprend une entrée, un plat et un dessert. Le soir, menus de 23 euros à 29,90 euros. Le menu enfant, à 13 euros, décline l’un des plats du jour. Le café est à 3 euros.
EN PRATIQUE Le Chien Jaune, 74, rue Bernard- Palissy (à côté de l’office de tourisme et en face du Vinci).
Le restaurant est ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 14 h 30 et de 19 h à 21 h 45, le samedi de 19 h à 21 h 45. Réservations au 02 47 05 10 17.

Le temps des secrets

Secrets d’État, message secret, société secrète, secret de polichinelle… C’est la nouvelle exposition au château du Rivau.

 

Des installations temporaires et permanentes animent le château du Rivau crédit photo Steven Fremont
Des installations temporaires et permanentes animent le château du Rivau (crédit photo Steven Fremont)

 
Des intrus se cachent parmi les trophées de chasse accrochés aux murs de pierre. Une gargouille, née en l’an 2000, vous espionne. Bienvenue au château du Rivau, dans un monde à cheval entre les contes de fées et l’art moderne. « Les enfants aussi peuvent apprécier l’art contemporain, explique Jérôme, l’un des quatre médiateurs culturels. Depuis 1999, les propriétaires invitent chaque année des artistes. Cela intrigue les enfants et c’est aussi une manière de faire vivre le château dans le présent. »
L’exposition Le secret s’est installée au Rivau jusqu’au 2 novembre. Une vingtaine de plasticiens jouent sur les mots et avec l’architecture du château. Les matériaux et les créations sont variés : photographie, vidéo, sculpture en métal tressé. Tous mettent en scène leur vision du secret. Les oeuvres, ultra modernes, s’intègrent avec beaucoup de drôlerie et de beauté dans les salles du XIIIe siècle. La visite se prolonge dans le parc inspiré des légendes du Moyen Âge. Du potager de Gargantua au labyrinthe d’Alice au pays des merveilles, les 14 jardins cultivent la poésie. Au milieu d’une pelouse, on croise des jambes de géant, Lilian Bourgeat a posé ici un immense arrosoir, Pierre Ardouvin a installé plus loin un manège coloré. Et si les enfants résistent à l’envie de manger le bonbon au miel offert à l’entrée, une surprise les attend à la sortie.
Visite dès 3 ans. Les audio pen permettent de visiter le château en groupe et sans casque, ce qui facilite les visites en famille.
Château du Rivau, au Coudray, 37120 Lémeré. Infos : chateaudurivau.com

Festival MFest : Metal hurlant !

Chevelus de tout poil, unissez-vous. À l’occasion du Festival metal, le MFest, entretien avec Quentin Rusterholtz, chargé de prod.

Le Mfest se réinstalle à Rouziers cette année (Photo MFest)
Le Mfest se réinstalle à Rouziers cette année (Photo MFest)


Il y a quand même quelques concerts de metal, ici à Tours, mais aucun gros festival… Vous étiez les pionniers ?

Pionniers, je ne sais pas. Il y a eu pas mal d’initiatives, mais pas régulières. Il y a eu un creux pendant un temps. Le Black Hawk organisait des concerts avec des groupes cool, mais c’était la seule option. C’est difficile de louer des salles pour du metal : question bénéfices, etc. Le MFest, c’est un peu la seule initiative. On est contents ! Ceux qui ont voulu se lancer dans l’aventure du festival avaient la gnaque, le matos logistique et avaient une mentalité d’artisan. Sans tout ça, il aurait été dur de faire les premières éditions…

Comment est née l’idée du MFest ?
L’ancien président de l’association avait un groupe (les Caverneux). Voyant le manque de structures et étant plus dans l’action que le blabla, il a voulu se lancer. Ce n’est pas du hasard, c’est un festival créé par passion.

Niveau affiche, la différence entre la première édition et cette quatrième fournée est étonnante. Vous avez déjà de gros groupes ! 

Aborted
Aborted

C’est vrai ! Les gens seraient surpris de savoir la solidarité qu’il y a dans le monde du metal. Aussi, prenons le cachet de Napalm Death (la tête d’affiche, NDLR) : il n’est pas si élevé alors qu’ils tournent depuis 30 ans. On est contents, car on a progressé. Mais on aimerait aller encore plus vite. On souhaite juste que ce soit solide. Comme nous sommes indépendants, il y a peu de subvention, environ 1/5e du budget. Si cette année, ça fonctionne bien, on se fera coproduire pour la prochaine.

Comment est le public du MFest ?
Rigolard, détendu, attentif et attentionné, provocateur, éclectique. Il y a aussi des familles, des ados, des connaisseurs… Ils sont supporters et soutiennent le local.

Si tu devais donner envie au profane qui n’y connaît rien au metal de  venir au MFest, comment t’y prendrais-tu sans lui mettre un couteau sous la gorge ?
Oh, je lui dirais qu’il en aura pour son argent et que c’est intense à vivre, scéniquement aussi. C’est une expérience. L’affiche est variée, car « metal » ne veut rien dire, il y a un paquet de styles différents à y inclure. Il pourra profiter aussi d’une ambiance bon enfant. Et enfin, il pourra voir de la technicité musicale et essayer d’outrepasser la voix, qui est un problème pour beaucoup.

L’affiche est étonnante, car on passe du bourrin, comme Aborted, au très rare et particulier Regarde les hommes tomber. Vous souhaitez rester éclectiques ?  
C’est une volonté, mais c’est aussi suivant l’ordre des choses. En plus, on fait ça à la fin des vacances, avec des groupes qui n’ont pas fait tous les festivals… Smash Hit Combo, par exemple, va embêter un sacré paquet de metalleux, car c’est du metal avec du chant rappé. Mais ça joue bien ! On n’a pas le budget pour une grosse affiche. Et si on reste enfermés dans un style particulier, on se tire une balle dans le pied.  Cette année, on a Phazm qui vient de se reformer, ils ne sont nulle part. Trepalium aussi, nous sommes les premiers à les avoir après leur nouvel album. Otargos revient d’Angleterre etc.

Quels seraient les groupes rêvés, à obtenir un jour ?
On a failli avoir Decapitated. Personnellement, j’adorerais avoir Textures, Katatonia – mais ils sont trop chers – Entombed, Havok, Obscura, Psycroptic…

A l’époque, vous aviez tourné un faux reportage absurde et délirant sur votre festival…
Oui, c’était après un reportage sur M6 (un documentaire mensonger et subjectif qui avait révolté la communauté metal). Poncho Prod, dont je fais partie, voulait parodier leur truc, avec un ton racoleur etc. On s’est dit : allons nous jouer des clichés. C’était la couverture vidéo du fest ! Elle compte 35 000 vues, ça a buzzé sur plein de sites. C’est là qu’on voit que le metal est sous-représenté alors qu’il y a un public énorme. (Il peut être visionné ICI)

Cette année, le Hellfest a été médiatisé comme jamais et a ramené 152 000 personnes sur trois jours (lire nos articles ICI). Penses-tu que ce festival puisse bénéficier à des initiatives plus locales ?
Pour moi, les effets secondaires sont positifs. A notre niveau tourangeau, on ne voit pas encore la différence. Le pouvoir de diffusion du Hellfest ne rejaillit pas sur nous. Le public qui vient est déjà conquis, mais leur succès peut rejaillir par contre sur les médias. Et c’est une bonne chose.

Mais au fait, pour le MFest, pourquoi Rouziers et pas Tours ?
Parce qu’on nous a accueillis là ! Et on aime que tout le monde soit gagnant. Là-bas, ils nous ont fait la salle moins cher, nous ont offert un soutien psychologique durant l’organisation et un très bon accueil. Tours, on n’aurait pas pu, déjà parce qu’il n’y a pas de salle au centre. A Rouziers, on peut aussi installer le camping, le market (un marché metal, NDLR) et on n’embête personne !

Propos recueillis par Aurélien Germain
EN BREF
C’EST QUAND ?
Le MFest se déroulera les 5 et 6 septembre, à l’Espace Les Quatre vents de Rouziers-de- Touraine. Début des concerts à 18 h le vendredi et 14 h 30 le samedi. Pass 2 jours à 25 € en prévente, ou 30 € sur place (possibilité de ticket une journée). Infos sur festival-mfest.com

L’ASSO
C’est l’association MFest qui organise le festival. Celle-ci est née des cendres d’Xtreme Arts et met en place des concerts depuis cinq ans, notamment à La Belle Rouge (Joué-lès-Tours) : « Ils sont vraiment un soutien pour nous. D’ailleurs, ils ferment leur salle les deux jours du MFest et viennent au festival ! »

QUATRIÈME ÉDITION
L’an dernier, « on a fait 508 entrées. Il en aurait fallu 540. Ce n’est pas une gamelle, mais on a eu des surcoûts. Cette année, l’idéal serait de faire venir 600 personnes ».

À VOIR ABSOLUMENT
> Phazm, parce qu’ils se reforment et mélangent habilement death metal et rock ‘n’ roll (histoire de secouer sa chevelure ondoyante et sa bière).
> Aborted, parce que la brutalité musicale des Belges va vous faire péter vos plombages (histoire de reprendre contact avec votre dentiste).
> Regarde les hommes tomber, parce qu’ils sont rares sur scène (histoire de frimer aux prochains concerts).
> Napalm Death, parce que le groupe anglais, ultra engagé, est culte et a posé les bases du grindcore bien énervé (histoire de prendre une douche de transpiration si vous êtes au premier rang).
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=6Q6BYV9k9c4[/youtube]

Une minute sur le web #25

Le buzz de la rentrée, c’est un artiste de street incroyable, une maquilleuse hors-pair, de la cocaïne dans un soutien-gorge et un super héros haut comme trois pommes…

BUZZ_PRINCIPAL
Il s’appelle Pejac, se revendique (à raison !) artiste de rue et appose ses oeuvres en noir et blanc partout où il passe. Simple, sublime et poétique. À découvrir sur instagram.com/pejac_art

LA VIDÉO
SUPER (MINI) HÉROS
Ce gamin peut frimer… Il se retrouve dans des vidéos tournées par son papa, pro des effets spéciaux ! Du coup, le bout de chou se retrouve avec un sabre laser, une voiture turbo, des super pouvoirs ou encore attaqué par des boules de feu. Renversant.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=PHjvySrshVI[/youtube]

LE CHIFFRE
1,7
C’est le poids, en kilo, de cocaïne qu’une Vénézuélienne avait caché… dans ses implants mammaires. Elle a été arrêtée à la douane de l’aéroport de Madrid, par des policiers intrigués par son comportement.

LE TUMBLR
TA TÊTE AU RÉVEIL
La folie selfie continue ! Désormais, la mode est à l’autoportrait au saut du lit. Inspiré de la chanson de Beyoncé, Flawless (sans défauts), un tumblr compile les selfies de filles anonymes qui se prennent en photo, mine chiffonnée par l’oreiller, sans maquillage et naturelles à 100 %.
ICI >> iwokeuplikethisflawless.tumblr.com
BUZZ_TUMBLR

FAIL
ZARA POLÉMIQUE
Le bad buzz de la semaine vient de Zara. L’enseigne de prêt-àporter a mis en vente un pyjama pour enfants, rayé et muni d’une étoile jaune où était écrit Sheriff. Scandale sur Twitter qui y a vu un « style » douteux, faisant penser aux déportés juifs. Après la fronde, Zara a décidé de retirer l’habit de la vente, se confondant en excuses.
BUZZ_ZARA
APPLI
SNAPCHAT BIS
Instagram (filiale de Facebook) a annoncé la création de Bolt, nouvelle appli copiée-collée de Snapchat. Là aussi, il s’agit de s’échanger des photos qui s’autodétruisent, avec une interface minimaliste. D’abord lancée en Nouvelle-Zélande et à Singapour, l’appli devrait débarquer sur Android et iOS chez nous d’ici peu.

FUN
MAQUILLE TA BOUCHE
Laura Jenkinson, une artiste londonienne, a eu une idée : maquiller des personnages de dessin animé sur sa… bouche. Oui, comme ça, hop. Popeye, Shrek, Pumba, ou Bugs Bunny, tout y passe. C’est réaliste et complètement bluffant ! Reste bouche bée sur laurajenkinsonmua.blogspot.co.uk
BUZZ_BOUCHE

Novel food : faut-il tout gober ?

Le quinoa et le tofu ont amorcé la naissance de la novel food en 1997 et depuis, les «super aliments» deviennent de plus en plus exotiques.
S’ils possèdent des qualités nutritives, faut-il croire aux miracles ?

Les baies de goji sont l'aliment miracle so 2014
Les baies de goji sont l’aliment miracle so 2014

Une poignée de baies de goji par jour, par exemple, vous rendrait beau, riche et intelligent : un site précise sans rire qu’elles « font rajeunir ». Oui, elles sont
riches en antioxydant mais après avoir été séchées, importées du Tibet et entreposées des semaines dans des conditions inconnues, leurs capacités
diététiques sont fort diminuées. Mieux vaut se rabattre sur les baies d’aronia dont le goût rappelle le cassis : elles poussent en Europe du Nord. Plus écolo !
Le chou kale est paré de toutes les vertus. Il est très riche en fer, minéraux, vitamine C, fibres… Mais c’est le cas de tous les choux : vous pouvez manger des
brocolis ou du chou pommé.
En revanche, le seitan remplacera avantageusement les insectes caramélisés (dont la vogue ne vous a pas échappé). Ce bloc marron est fabriqué à partir de protéines de blé ou d’épeautre. Son goût de poulet plaira aux enfants et offre un substitut aux viandes ou aux oeufs. Il est pauvre en graisse mais attention, riche en gluten.
Le lait de jument est excellent mais à 200 € la cure d’un mois, réservez-le aux bébés intolérants au lait de vache.
On vous laisse tenter l’eau de coco. Si vous dépassez son goût saumâtre. Pour une cure d’antioxydants, pensez au jus de grenade (3 fois plus riche que le thé vert). Et les vrais avant-gardistes mangeront du nopal ou figuier de barbarie. Bourré de qualités nutritives, coupe-faim, son goût acide est délicieux.
Pour l’instant, la rédac s’en tient aux cramberries enrobées de chocolat noir.
 
Stelda

Horoscope du 3 au 9 septembre

C’est la rentrée pour tout le monde, même pour notre astrologue qui a passé tout l’été aux Bahamas à boire de la vodka, draguer et se réveiller dans le lit aux côtés de… Non, bon bref. Du coup, le retour au bureau (oui, les astrologues bossent dans des bureaux, on casse le mythe) est difficile et les astres sont perturbés. Pas de chance pour vous.

BÉLIER
Amour
La fooooolie, rencontre de diiiiingue, magiiiique. Non, on déconne.
Gloire
« Besser ein Spatz in der Hand als eine Taube auf dem Dach » Proverbe allemand signifiant « il vaut mieux un oiseau dans la main, qu’un pigeon sur le toit ». Méditez là-dessus, tiens.
Beauté
Paraît-il que les rides donnent du charme…
TAUREAU
Amour
Votre collègue à votre droite, là. Mmmh, graou ! Smiley clin d’oeil kikoo smoutch.
Gloire
Trop tard.
Beauté
Dans votre vie, vous passez trois ans aux toilettes. Et ça, ça vous la coupe.
GÉMEAUX
Amour
Retournez voir votre ex.
Gloire
Quel est le point commun entre Julien Courbet, Julien Lepers et Julien Clerc ? Eh bien aucun des trois ne s’appelle en réalité Julien. Allez-y, vérifiez.
Beauté
Poil aux pattes et face de patate.
CANCER
Amour
Ouais, ben là, ça ne sent vraiment pas bon. Et je ne dis pas ça parce que c’est le signe astrologique de mon ex !
Gloire
Cata.
Beauté
Caca.
LION
Amour
Big brother is watching you.
Gloire
Impôts, boulot, dodo et gros lolos.
Beauté
La perruque, c’est l’avenir.
VIERGE
Amour
Vous allez sortir avec un(e) oologiste. Et comme vous ne savez pas ce que c’est, vous allez vous précipiter sur Wikipedia.
Gloire
À vous les gros sous (vu que vous allez sortir avec un(e) oologiste !)
Beauté
Franchement, comment ne pas avoir la classe quand on sort avec un(e) oologiste ?!)
BALANCE (spécial rap de Booba)
Amour
« Jolie gueule, joli boule ; toi et wam ça serait cool ».
Gloire
« J’voudrais qu’on parle de moi aux nymphomanes, pas aux infos. »
Beauté
« C’est pas que j’aime pas me mélanger, mais disons simplement que les aigles ne volent pas avec les pigeons. »
SCORPION
Amour
Quand on sait que les dinosaures relâchaient chaque année 520 millions de tonnes de méthane sous forme de flatulences, on se demande de quoi vous vous plaignez au lit…
Gloire
C’est l’heure de se bouger !
Beauté
Vous êtes d’une beauté absolument scandaleuse.
SAGITTAIRE
Amour
Rentrée malheureuse.
Gloire
Rentrée pluvieuse.
Beauté
Rentrée hideuse.
CAPRICORNE
Amour
C’est pas la taille qui compte.
Gloire
Une bonne nouvelle arrivera un certain jour, à une certaine heure, à un certain endroit. On vous jure !
Beauté
L’acné, ça a toujours son charme au final.
VERSEAU
Amour
Droit dans le mur.
Gloire
Invitez votre astrologue tmv au resto…
Beauté
Style d’enfer (mais ce n’est pas un compliment).
POISSON
Amour
Quand on y pense, c’est bizarre un poisson.
Gloire
Ça fait « mbop mbop » en nageant.
Beauté
Et puis c’est un peu bête, au final, un poisson.
79s5ud

Interview rentrée : "Une période pour se réhabituer"

François Testu est professeur émérite de psychologie à l’Université de Tours. Il vient de fonder l’Observatoire du Temps de vie des enfants et des jeunes à Paris.

DOSS_PAP2_TESTUQue représente la rentrée dans notre société actuelle ?
C’est un repère temporel. Elle arrive après les vacances qui représentent une cassure dans notre vie qui tourne autour du travail. La rentrée est une période pour se réhabituer. Elle correspond en général avec la reprise scolaire. Notre année est dirigée par le temps à l’école de nos enfants. C’est impossible de travailler en continu. Il faut respecter les pauses. Quand j’entends des parents parler de préparation avant la rentrée pour de jeunes enfants, je me dis qu’il faut aussi se laisser du temps pour en profiter, ne pas gâcher la fin de ses vacances. Pour les adultes, c’est pareil.

Finalement, avec la reprise du travail, c’est la question du rythme de vie qui apparaît. Quel constat portez-vous sur l’emploi du temps au travail actuellement ?
Le travail est inscrit dans notre patrimoine génétique. Mais il faut aussi concilier notre emploi du temps professionnel avec notre rythme biologique. Par exemple, au Japon, certaines firmes prévoient un temps de sieste pour leurs employés. Il y a bien sûr une logique de rentabilité, mais cette initiative a le mérite d’exister et de correspondre au temps de pauses utiles. Comme pour les enfants, il y a une logique : certaines périodes de la journée sont favorables pour agir. D’autres, par exemple, après la pause de midi, peuvent être utilisées à des tâches moins sollicitantes. En France, nous sommes encore loin de ce système. Prenez le travail de nuit. C’est une aberration biologique : un moment où notre vigilance est quasiment nulle et notre productivité très faible. Certes, un hôpital ne peut pas s’arrêter de fonctionner. En revanche, vous pouvez éviter de faire tourner une usine la nuit.

Vous remettez en cause la « culture » du temps dans notre société ?
J’ai du mal à suivre le raisonnement sur la flexibilité du temps de travail. Sur le niveau strictement scientifique, c’est un mauvais emploi du temps qui crée une désynchronisation de notre vie. Le train-train, c’est plus agréable et plus sain que de savoir au dernier moment quel jour vous travaillez.

En chronopsychologie et chronobiologie, il reste encore peu d’études sur le rythme de vie des adultes, comment l’expliquez- vous ?
Dans notre domaine, il existe trois étapes : celle des enfants, celle des ados et viennent ensuite les adultes. S’il y a eu quelques travaux sur le rythme des étudiants, les ados et les adultes sont les grands absents des recherches. Pour la simple raison que c’est très compliqué, variable en fonction des profils, des métiers… On vient à peine de mettre en avant celle des enfants avec les rythmes scolaires. Il y a encore du chemin à parcourir.

Ambiances de rentrée tourangelle

Quatre lieux, quatre façons de vivre la rentrée : tmv a flâné du Nouvel Olympia à la Caf, en passant par un restaurant et une librairie…

DOSS_PAP1_OUVERTURE
Rentrée, plat, dessert

>Premiers jours au Martin Bleu
Odeurs de prunes et de vanille, Thierry retire du four ses petits pots de crème au lait de brebis. À quelques mètres du cuisinier du nouveau Martin Bleu, avenue Grammont, son collègue Franck sort du frigo une belle brochette de poissons de Loire qu’il se met à découper en filet. C’est la spécialité du restaurant tenu, d’une main de gastronome, par Florent Martin. Le patron rigole de sa silhouette de rugbyman, sert un café, répond à un coup de fil. Le matin est déjà bien entamé avant le premier service du midi. Ambiance studieuse au Martin Bleu, tout le monde se concentre, l’heure du service approche.
Florent Martin grimpe sur une chaise devant le mur pour inscrire le menu du jour. De ses anciens locaux, le chef tourangeau n’a changé que la déco, plus contemporaine, ambiance bistrot chic. Dans l’assiette, c’est le même topo : poisson d’eau douce frais, produits de qualité, de la région, cuisinés avec passion. Stéphane, le serveur, arrive un peu plus tard. Il commence par s’occuper de la cave, sort ensuite l’aspirateur. Il n’y a pas un grain de poussière sur le sol. Les surfaces sont déjà immaculées.
Après la pause estivale, les visages ne sont pas encore tirés, les gestes toujours automatiques. Le mois d’août a été calme. Les choses sérieuses commencent en septembre. Depuis quelques jours seulement, le restaurant affiche complet. Il va falloir reprendre les horaires effrénés de la restauration, les deux services de la journée. Éprouvante vie d’un restaurant : il faut pouvoir se lever tôt et se coucher tard toute la semaine. Florent Martin n’a pas trop de mal à reprendre le rythme de la rentrée : « Je dis toujours qu’il faut être né dedans, sinon tu ne peux pas tenir. »

En coulisse
>La rentrée du Nouvel Olympia
Faux calme dans le hall d’entrée du Nouvel Olympia. Les habitués de la cafétéria ne sont peut-être pas revenus de vacances, mais le théâtre est déjà en ébullition. Abonnements, préparatifs de la nouvelle saison, création artistique… Dans la salle de répétition, nichée en haut du Nouvel Olympia, une dizaine de chanteurs lancent des « ooo » et des « aaa », gesticulent, moulinent leurs bras dans les airs, soufflent fort.
Devant eux, le nouveau dramaturge du Centre dramatique, Vanasay Khamphommala, orchestre cet échauffement à coup de notes de piano avant de les réunir en choeur. Depuis la rentrée, à midi, les employés du théâtre et les acteurs suivent ces répétitions de chant pour la nouvelle création du directeur du Nouvel Olympia. Jacques Vincey souhaite les incorporer à la pièce Yvonne, Princesse de Bourgogne qui se jouera fin septembre. Dans la salle de répétition, les chanteurs ont laissé place aux comédiens d’Yvonne, Princesse de Bourgogne. Commencer, recommencer, essayer, comprendre… les acteurs vivent ce texte de Witold Gombrowicz depuis plus de 10 jours. Plongé dans ses pensées, à chaque fin de scène, Jacques Vincey se lève de sa chaise. Il esquisse quelques pas devant des acteurs attentifs. Il lance finalement une petite phrase pour les faire réagir, les aider à avancer dans leur interprétation, ne les bouscule pas trop. La précision de la pièce se fait dans la recherche de l’intonation juste, de l’intention du jeu. La scène recommence. Les paroles filent. Il reste quatre semaines avant la première représentation de la saison.

Tourner la page des vacances
>Dernière ligne droite à La boîte à livres de l’étranger
Elle traîne des pieds. Souffle à chaque fois que sa mère la rabroue. « Tu aurais pu y penser plus tôt quand même ! » Oui, sauf que cette jeune ado a quelque peu « oublié » qu’il fallait avoir acheté et lu un livre en anglais pour la rentrée (après tout, ce n’est que dans quelques jours…). Alors elle souffle de nouveau. Trop dur la vie. Elle lève les yeux au ciel quand elle voit le nombre de pages. Cent-dix. Berk ! Et tout dans la langue de Shakespeare, sans images. Re-berk !
DOSS_PAP1_LIVRECeci dit, impossible de ne pas trouver son bonheur ici, à la librairie La Boîte à livres de l’étranger, rue du Commerce. Surtout à quelques jours de la rentrée. Les gros cartons continuent d’arriver. « Posez tout ici. » Le livreur, casquette vissée sur le crâne, mâchouille son gros chewing-gum et déverse de nouveaux livres en anglais et en espagnol. Une des dernières salves. Ce qui n’empêche pas une cliente – une prof – de râler quand elle apprend que l’ouvrage qu’elle a commandé n’arrivera que dans quatre jours. « Mais c’est beaucoup trop long ! Comment je vais faire, moi ? », lance-t-elle, agacée.
Au final, dans cette agitation de la rentrée, ce sont plus les clients que les libraires qui transpirent le stress. De loin, on observe ça, en souriant. Tout comme ce jeune homme devant un livre de Stephen Clarke. Ses yeux pétillent en lisant les quatrièmes de couverture. D’après les vendeuses, les oeuvres de cet écrivain britannique s’arrachent. Il se moque allégrement des particularités françaises (« être en grève est le deuxième sport national après la pétanque », écrit-il) et étonnamment, il est davantage prisé par… les Français.

Plein régime
>La CAF enchaîne les rendez-vous
« Les étudiants, ce ne sont pas des lève-tôt », sourit une conseillère. Bonne fille, la Caisse d’allocations familiales a prévu une file spéciale pour les accueillir chaque après-midi. Il est 9 h 15, l’espace d’attente est encore silencieux. Les canapés aux formes design n’incitent pas à la paresse. Les familles commencent à arriver. Des couples à poussettes zigzaguent savamment sur la rampe d’accès. Il y a les jeunes pères qui ont sacrifié leur dernier jour de vacances pour écluser la paperasse familiale avant la rentrée, les mamans, accompagnées contraintes et forcées, de leurs trois enfants.
Un blondinet qui n’a pas remarqué la télé, joue avec le portable de sa mère, une petite fille croque un BN. C’est aussi l’heure de la pause casse-croûte pour une quinquagénaire venue avec son mari et son fils : elle sort un sablé croustillant. On comprend pourquoi la chaîne Gulli est branchée en fond visuel. Le son est coupé mais les cris des enfants offrent un doublage de qualité. Dans les box d’accueil, les rendez- vous s’enchaînent toutes les 10 minutes. Une dame qui vient de prendre son ticket dodeline de la tête : « J’avais rendez-vous à 11 h, ils vont me prendre en retard. » Le gong l’appelle à 10 h 57, la dame se lève, tout étonnée.
11 h : trois bureaux sont ouverts, les techniciens travaillent à plein régime. Le public est reçu seulement sur rendez-vous. « Prendre rendez-vous ! Oh la la », souffle un homme d’une quarantaine d’années. Un peu emprunté, il s’est assis devant l’un des ordinateurs en libre-service. Ceux qui viennent au débotté patientent devant le guichet d’accueil. Pendant que les conseillers orientent les uns et les autres le plus rapidement possible, l’agent de sécurité garde un oeil sur tout le monde. On se demande si les étudiants seront aussi turbulents que les bambins…

Et retrouvez l’interview de François Testu, sur les rythmes à la rentrée ICI

Maintenant ou jamais : surprenant !

Un film de rentrée qui n’a pas l’air comme ça… Avec la talentueuse Leïla Bekhti.

CINE_PAP_JAMAIS
Juliette, heureuse, visite sa future maison aux côtés de Charles, son mari, et de ses deux enfants. Image d’Épinal de la petite famille de la classe moyenne parisienne, rêves de propriétaires : mais le tableau idyllique explose un soir. Chant rles perd son travail de conseiller bancaire. Le prêt de la maison fait se craqueler le couple, désormais endetté. Le fantôme du déclassement hante alors leur appartement parisien défraîchi. Il les grignote un peu plus chaque jour. Juliette, malheureuse, se fait voler son sac en pleine balade dépressive. Concours de circonstance : elle voit dans cette nouvelle mésaventure une échappatoire. Au lieu d’appréhender son voleur à la tire, elle lui propose un pacte criminel : voler la banque qui a licencié son mari. Une mission dangereuse qui représente, pour elle, un tremplin possible vers ce bonheur disparu.

Entre thriller dramatique et chronique d’un monde en crise, Maintenant ou jamais décrit avec précision la chute inexorable d’une famille française. Film d’une époque complexe, le film verse volontairement dans le sensationnalisme pour mieux appuyer le véritable enjeu de cette histoire ordinaire : suivre Madame Tout-le-monde dans sa chute. Mais sans commenter. Images particulièrement lentes pour ce type de production tournée vers l’action, le film offre une photographie des recoins de Paris. Cages d’escalier, entrée d’appartement, métro aérien… Un cadre urbain un peu crasseux qui ne fait que souligner l’intrigue sociale, la déperdition.
Maintenant ou jamais se défie d’expliquer le comportant criminel de l’héroïne. Le non-dit. C’est la force du film de Serge Frydman : filmer les gestes approximatifs, les temps morts, gros plans de visages clos, pensifs. Le réalisateur n’a pas peur du silence à l’écran. Il l’assume même. Il ne vide pas l’action mais la remplit de vides.

Dans ces espaces débarrassés du superflu, sans sous-titres grossiers, Maintenant ou jamais prend de l’ampleur, devient oeuvre de cinéma. Cette façon de laisser la caméra tourner provoque ce que beaucoup de réalisateurs français recherchent. Les acteurs, en confiance, développent leur personnage dans les moments d’attente et évitent de tomber dans les clichés lourdauds. En tête, la performance de Leïla Bekhti. Insoumise, meneuse, indécise : son personnage s’échappe des clichés souvent réservés aux femmes dans le 7e art. Encore une preuve du talent de Serge Frydman pour bien choisir.
Benoît Renaudin

Drame français de Serge Frydman. Durée : 1 h 35. Avec Leïla Bekhti, Nicolas Duvauchelle, Arthur Dupont.
NOTE : ***

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TOUJOURS EN SALLE
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LES GARDIENS DE LA GALAXIE ***
Un aventurier de l’espace traqué par des chasseurs de primes, qui s’allie avec un raton-laveur, un arbre qui parle, une montagne de muscles bête comme ses pieds et une alien verte… Le nouveau film de James Gunn avait de quoi faire peur sur le papier. Sur l’écran, c’est une déflagration d’effets visuels, de space-opera rythmé et foldingue. Le tout dopé aux références 80’s et à un humour décomplexé délicieusement jouissif. Le blockbuster surprise de l’été ! A.G.

NOS PIRES VOISINS ***
Attention, cerveau débranché pendant 1 h 37 ! Dernière comédie US potache, Nos Pires voisins, c’est le quotidien du petit couple tout mignon avec son bébé, perturbé du jour au lendemain par l’arrivée d’une confrérie d’étudiants complètement cinglés et portés sur la fête (et la bouteille, du coup). Le trio Seth Rogen, Rose Byrne et Zac Efron fait des merveilles dans cette sorte de Projet X, version trash. Humour 100 % régressif et politiquement incorrect, bête, mais franchement drôle. A.G.

LA PLANÈTE DES SINGES ***
Dix ans ont passé. La paix entre les hommes et les singes est plus que fragile. À tel point que les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre sans merci… Esthétiquement bluffant, ce nouveau volet est un bijou visuel qui vaut avant tout pour la performance exceptionnelle, en motion capture, d’Andy Serkis. Véritable réflexion sur la nature humaine, avec un sous-texte sociopolitique, le film est captivant, épique, mais un tantinet trop long et parfois légèrement trop manichéen. A.G.

NOTATION :
 **** CULTEissime 
*** TOPissime
** PASMALissime 
* BOFissime
X NULissime

Rentrée scolaire : l'étape des TAP

Les nouveaux rythmes scolaires concernent plus de 9 000 écoliers tourangeaux, cette année… Mise au point sur les Temps d’activité périscolaire (TAP).

Les rythmes scolaires concernent 9 200 écoliers tourangeaux.
Les rythmes scolaires concernent 9 200 écoliers tourangeaux.

La nouvelle organisation de la semaine de cinq jours est arrivée dans les 59 écoles primaires de Tours, le 2 septembre. Les Temps d’activité périscolaires (TAP) sont répartis sur deux après-midi par semaine : le lundi et le jeudi ou le mardi et le vendredi, en alternance selon les écoles. L’enseignement se termine à 15 h puis des intervenants socio-éducatifs animeront des ateliers jusqu’à 16 h 30. Pour limiter l’utilisation des salles de classe, les activités se dérouleront dans des salles de motricité, des gymnases, voire les bibliothèques municipales.

Barbara Darnet-Malaquin, l’adjointe de Tours en charge de l’éducation, assure que les horaires ont été réfléchis. « Trois heures d’activités exigeaient une logistique trop coûteuse, c’était ingérable à Tours. Un TAP à partir de 15 h 45 respecterait la sieste des plus jeunes mais les animateurs n’auraient pas le temps de réaliser les activités. » Elle précise que septembre sera une période d’ajustement : « Nous ferons un point avec les directeurs d’établissements, le personnel municipal, les référents TAP et les parents en novembre, à la fin de la première période. »
Lundi matin, veille de la rentrée, les activités proposées n’étaient pas encore affichées dans certaines écoles. Sport, dessin ou musique, pour les familles, ce rythme reste inadapté aux enfants. « On est obligé d’interrompre la sieste des petits », explique Stéphanie de la Coordination des parents. Pour le Syndicat des professeurs des écoles, il était essentiel de raccourcir la pause méridienne : « Deux heures, c’est trop long. Les enfants s’énervent, il y a beaucoup d’incidents. » Surtout, ces questions autour des TAP renvoient l’enseignement au deuxième plan, alors que « c’est le coeur de l’école. »