Apollo 11 : documentaire fabuleux et immersif

On revit les premiers pas de l’Homme sur la Lune avec le documentaire Apollo 11, une réussite de bout en bout. Attention, il ne sera diffusé en salles que du 4 au 8 septembre !

Un documentaire, sans voix off. Un documentaire, mais surtout une virée aux côtés des astronautes de la mission Apollo 11 et du centre de contrôle. Pour un voyage sublime vers la Lune et les premiers pas de l’Homme.

Disons-le de suite, ce docu signé Todd Douglas Miller est à couper le souffle. Il fera office, et pour longtemps, de témoignage incontournable.

Apollo 11 se distingue notamment des autres films par sa réalisation à partir d’images 70 mm inédites. Miller les a restaurées et leur offre une seconde vie. Et le résultat est prodigieux.
Les couleurs riches, les contrastes saisissants et d’une profondeur inouïe permettent aux détails de se révéler.

Spectaculaire de À à Z (la séquence de l’alunissage est si forte que notre cœur palpite comme devant le plus stressant des thrillers !), boosté par un travail sonore admirable, il laisse aussi les discussions internes à la NASA servir de narration. Le tout est enrobé d’une partition musicale splendide.
Une construction tellement réussie qu’elle offre une alchimie folle à la relation image/son.

Avec le choc esthétique provoqué et cette expérience viscérale, Apollo 11 est un documentaire qui vous envoie en orbite. Fabuleux.

Aurélien Germain


> Documentaire (USA) de Todd Douglas Miller. Durée : 1 h 33.
> Attention, au cinéma du 4 au 8 septembre uniquement !

Loi accessibilité : « Un mépris de l’handicapé »

Le 30 avril, ce sera la Journée mondiale des mobilités et de l ’accessibilité. Un événement qui sonne étrangement en France après le recul de la loi sur l’accessibilité. Interview de Gérard Chabert, représentant départemental pour l’Association des paralysés de France.

Au 1er janvier 2015, seuls 10 % des établissements recevant du publics avaient appliqué la loi de 2005. (Photo tmv)
Au 1er janvier 2015, seuls 10 % des établissements recevant du publics
avaient appliqué la loi de 2005. (Photo tmv)

 

Expliquez-nous ce recul ?
Il y a une série d’arrêtés, d’abord celui du 5 novembre 2014 sur les transports et l’habitat, puis ensuite celui de décembre 2014 sur les établissements recevant du public. A été mis en place ce que l’on appelle des Ad’AP. C’est une abréviation pour dire Agendas d’accessibilité. En gros, ils fixent les obligations pour les établissements recevant du public afin qu’ils aménagent leurs locaux pour accueillir des personnes handicapées confortablement.

Qu’en est-il de la loi de 2005 ?
Elle est repoussée, même s’il y avait 10 ans pour l’appliquer. Seulement 10 % des établissements recevant du public, en France, ont réalisé les travaux obligatoires.

Ce recul du gouvernement, comment opère-t-il ?
Tous les établissements recevant du public, transports ou logements, devront remplir un document en septembre prochain afin de fixer leur agenda pour la réalisation des travaux qu’ils auront entre 3 et 9 ans pour réaliser, en fonction de leur cas.

En majorité, qui n’a pas respecté la loi de 2005 ?
Ce sont les cabinets médicaux, les commerçants, les professions libérales. Il y a une certain pression des milieux économiques sur les élus et un mépris de l’handicapé. C’est vrai que d’un point de vue strictement commercial, ce n’est pas à notre avantage. On ne nous considère pas comme des personnes à part entière. C’est inacceptable. Le 5 mai prochain aura lieu la dernière discussion au Sénat, la loi sera ensuite dans les mains du gouvernement. On craint, dans le milieu associatif, un recul par rapport à celle de 2005. Si c’est le cas, une partie d’entre nous risque de se radicaliser. Assez ! Je crois que c’est le mot juste.

"Des pédagogies qui développent l'autonomie de l'enfant"

Enseignant-chercheur au département des Sciences de l’Éducation et de la Formation à l’Université de Tours, Samuel Renier analyse l’histoire et les évolutions des pédagogies alternatives.

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À quel courant appartiennent ces pédagogies dites alternatives ?
Le terme est vaste et fourre-tout. Freinet, Montessori et Steiner appartiennent au courant de l’Éducation nouvelle. Le terme « alternatif » peut aussi se prêter au courant traditionaliste, fondé sur la rigueur, ou au courant libertaire. Mais ce n’est pas le propos ici.
Qu’apportent ces pédagogies à l’enfant ?
Il est difficile d’apporter une réponse globale. Mais ces écoles ont tendance à développer l’autonomie de l’enfant, peut-être plus fortement qu’ailleurs.
Comment les écoles Freinet, Montessori et Steiner ont évolué depuis un siècle ?
On a pu noter un développement très fort, à partir des années 30 et jusque dans les années 70. Puis une baisse dans les années 80-90. Mais c’est un champ en constante reconfiguration. L’éducation a pour objet ce qui est mouvant, ce qui évolue. On apprend, on se transforme. De nouvelles pratiques pédagogiques se développent. Par exemple, à Langouet (en Bretagne), une école centrée sur l’écologie et le développement durable s’est ouverte.
Les personnes extérieures à ces classes sont surprises du calme des élèves…
L’une des grandes forces de ces pédagogies nouvelles, c’est que la discipline n’est pas imposée de l’extérieur. L’enfant fait, de son propre chef, un effort pour se discipliner et répondre à son intérêt. Il en est plus facilement capable.
Les enfants qui viennent de ces pédagogies alternatives et qui intègrent au cours de leur vie un circuit plus classique, comment se comportent- ils ?
Généralement, les élèves obtiennent de bons résultats. Toutefois, cela ne veut pas dire que ces écoles sont meilleures que les autres.
Ces écoles ne sont-elles pas réservées à des parents militants et initiés ?
Elles sont assez peu répandues. Il y a donc la nécessité d’un engagement des parents, souvent lié à une réflexion éducative. Cela peut aussi venir d’un état de fait, quand l’enfant ne se retrouve pas dans le système classique. Enfin, il ne faut pas négliger l’effet de proximité et le bouche à oreilles !
Ont-elles influencé l’éducation dite classique ?
Les frontières sont poreuses. Certaines de ces pédagogies sont menées au sein d’établissements sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale. D’autres sont même reconnues en tant qu’écoles expérimentales, en lien avec la recherche en Sciences de l’éducation. Historiquement, le courant de l’Éducation nouvelle a eu un impact fort notamment sur la pratique en classe. Si aujourd’hui, il existe des Travaux personnels encadrés (TPE) ou des travaux pratiques en sciences, c’est aussi grâce à ce mouvement. Plus globalement, la place accordée à l’enfant a évolué grâce à l’Éducation nouvelle.
Pourraient-elles un jour, devenir la norme ?
Elles n’ont pas vocation à être généralisées à grande échelle. Tout d’abord parce qu’elles devraient se soumettre à un impératif d’évaluation et d’uniformisation, ce qui ne cadre pas avec leurs fondements. En outre, ces pratiques sont intéressantes par leur singularité. C’est ce qui fait leur force.
Propos recueillis par Guillaume Vénétitay

Baccalauréat : guide de survie enfants-parents

Encore un mois à tenir avant les premières épreuves du Bac. Tmv vous dévoile le kit de survie pour ne pas s’écharper en famille.

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AGENDA BAC SEMAINE 1
Élèves
Pratiquez la zen-attitude. Le Bac, c’est dans à peine un mois. Vous êtes donc dans ce que l’on appelle « la dernière ligne droite ». Habituez-vous à ce terme car vos parents vont l’employer sans cesse. Mamie aussi. Les profs aussi. Les journalistes aussi. Bref, tout le monde. Alors blindez-vous pour ne pas tout envoyer promener dès que cette petite phrase s’introduira dans votre tympan, à raison de soixantesept fois par jour.
> Faites le bilan de vos révisions. C’est qui le patron, hein ? Prenez deux feuilles et faites-y une sorte d’état des lieux de ce que vous avez révisé et ce qui vous reste. Bon, autant vous dire qu’à ce stade, la première est censée être plus remplie que la seconde. Sinon, pleurez. Si vous avez été plutôt studieux ces dernières semaines, vous allez être rassurés de voir que vous avez bien travaillé et que « la dernière ligne droite » (pas crier, tout doux…) se passera très bien. Et ô miracle, vos parents seront rassurés, eux aussi.
Matériel utile : du papier, des boules quiès.
Parents
Gérez votre stress. Lisez le paragraphe ci-dessus : votre enfant (fantastique, parfait et studieux, cela va s’en dire) peut vous présenter sa liste bilan. Cela vous rassurera et vous montrera qu’il est vraiment en mode révisions. Vous êtes stressé(e)s, on le sait. L’avenir de votre enfant se joue maintenant et vous êtes au bord du malaise, mais par pitié, ne transférez pas votre stress sur lui ! Cela évitera : 1) de l’énerver, 2) de lui donner envie de vous jeter par la fenêtre 3) de tout rater, parce que papa et maman ont dit que si je n’avais pas le Bac, ma vie serait fichue.
Matériel utile : une boule anti-stress.
AGENDA BAC 2
Élèves
Faites un plan pour les instants détente. Oui, pas la peine de devenir un ermite (qui finira de toute façon psychopathe) pendant vos révisions. Se détendre est permis et même conseillé. Faitesvous un petit memento de vos sorties : pour cette semaine 2, une petite soirée entre ami(e)s ou ciné et un après-midi en terrasse pour décompresser. Évitez la soirée beuverie, dont vous mettrez quatre jours à récupérer…
Matériel utile : votre porte-monnaie (pour les sorties) et des habits propres (stop au pyjama de révisions !).

Parents
Laissez votre enfant vivre. Il est (ou sera bientôt) majeur, vacciné et a toutes ses dents (enfin, il vaut mieux pour lui). S’il s’octroie une heure de pause, c’est pour son bien : cela lui permet de se vider un peu le crâne et d’éviter le « burn-out ». En plus, enfants comme parents bénéficient, du coup, d’un moment de répit, alors que l’envie de s’étriper était proche.
Matériel utile : une visseuse-dévisseuse pour libérer votre enfant de sa chambre barricadée.
AGENDA BAC 3
Élèves
Changez d’air. La date fatidique approche. Vous le sentez, car vous connaissez par coeur chaque centimètre carré de votre bureau, vous avez même compté le nombre de trombones dans leur boîte pendant les révisions des fonctions logarithmes. Bref, c’est l’ennui morteeel. Le souci, c’est que vous ne pouvez survivre plus longtemps dans cet environnement que vous ne connaissez que trop bien. Solution de survie ? Fuyez ! C’est le moment pour partir réviser à la bibliothèque (« beuh, la honte », dites-vous d’une voix pâteuse d’adolescent ? Pas du tout, au moins, c’est concentration maximale), dans un parc au calme ou même dans votre jardin.
Matériel utile : une cagoule (si vous avez honte de traîner à la bibliothèque), vos cahiers (oui, sinon, vous n’êtes pas crédible).
Bac_Cool

Parents
Conseillez-le judicieusement. « Ah, le Bac, c’était plus dur avant, ça valait au moins quelque chose… Moi, j’avais de très bonnes notes… » On le sait chers parents : tout était mieux avant (école, musique, les jeunes, les Francs, la vie). Mais à une semaine du 17 juin, pour la première épreuve, votre enfant n’a pas besoin de le savoir. Proposez-lui plutôt de réviser à plusieurs. Si votre progéniture a un souci en maths ou en économie, vous ne pourrez pas l’aider, soyons honnêtes. Mais un de ses camarades, si. Soyez malin, choisissez vous-mêmes ses ami(e)s à faire venir à la maison pour un aprèsmidi révisions. Une grosse tête en maths, une fille (oui, les filles, c’est toujours sage et ça remettra de l’ordre en cas de dispersion des troupes), mais surtout pas sa meilleure amie ou le garçon qui a eu 72 h de colle depuis janvier.
Matériel utile : une photo de classe pour repérer les grosses têtes, une carte de bleue pour le Mc Do du soir (histoire de passer pour un parent génial).
AGENDA BAC 4
Élèves
On serait tenté de vous conseiller d’éviter vos parents mais un lycéen, ça doit manger. Et qui cuisine à la maison ? Bon, alors. Sinon, abstenez-vous au maximum de les croiser. Tout simplement, parce que sous vos airs rebelles, vous êtes terrorisé(e) à l’idée de vous imaginer devant cette jolie feuille blanche le 17 juin (rire diabolique), mais… eux-aussi. Un parent, c’est aimant et ça ne veut que votre bien (si, si, on vous jure), mais ça le montre à sa façon. Vous risquez donc d’être bombardé(e) de questions sur vos cours, peu importe la matière, à n’importe quelle heure, en mode très stressé et effrayant. Fermez les écoutilles !
Matériel utile : des oeillères de cheval (mais vous risquez d’avoir l’air bête), un bon disque que vous adorez à écouter le matin (pour avoir la pêche).
Parents
 Taisez-vous. Vous voulez survivre ? Ne mitraillez pas votre marmaille avec des questions sur les maths, la littérature ou la philo. Au contraire, faites comme si de rien n’était. « Quoi, le Bac ? Ah, c’est dans quelques jours ? » Cela lui évitera une dose de stress en plus. On sait, ça risque d’être très dur, car pour ces sept derniers jours, votre ado sera détestable et mal luné (mais comprenez-le). Respirez un bon coup, zen !
Faites ressortir le (la) diététicien(ne) qui est en vous. Mine de rien, l’alimentation est vitale pendant ces sept derniers jours. Alors stop aux repas trop lourds (ça ralentit la digestion et vous risquez de retrouver votre ado en forme de loque inhumaine avachie sur son cahier) et faites le plein de vitamines. Les gélules « spécial examen » sont un pur gadget et videront juste votre portemonnaie à défaut de remplir la cervelle de vos têtes blondes.
Matériel utile : du poisson, de la viande, du fromage et une séance de yoga.
AGENDA BAC JOUR J
C’est le jour J. Parents, jetez un coup d’oeil au sac de votre enfant : un ado, le jour du Bac, c’est bête et ça peut oublier son stylo. Interdiction de réviser dans la voiture, à 7 h 30 du matin : c’est le meilleur moyen pour tout oublier. Chers bacheliers, sur le chemin, glissez votre CD préféré dans l’autoradio pour vous détendre. Chers parents, ça sera peut-être dur de passer de Serge Lama à NTM ou Metallica… Mais vous êtes au bout de « la dernière ligne droite » (toujours pas crier). Et tout le monde a survécu sans s’étriper, non ?
Aurélien Germain