Future ligne du tramway : le tracé déraille

Emmanuel Denis ne veut plus d’une future ligne de tramway qui passerait par le boulevard Béranger. Pas franchement du goût de Wilfried Schwartz, maire de La Riche. Alors que fait-on ?

La photo ? La maquette du tramway de Tours dans une poubelle. La légende de ce post Facebook signé Wilfried Schwartz ? « Performance : un projet mené à Tours par la volonté d’un seul homme. #tramalapoubelle » Outch. Le maire de La Riche, également président du Syndicat des mobilités de Touraine, n’est pas franchement ravi de la récente annonce d’Emmanuel Denis : le maire tourangeau s’est en effet publiquement opposé au passage du tramway par le boulevard Béranger. Un coup de théâtre (et de tonnerre).

La semaine dernière, sur les ondes de France Bleu Touraine, l’élu écologiste a annoncé vouloir revoir le tracé de la deuxième ligne de tram. Selon lui, le trajet initial par le fameux boulevard est à abandonner, suite aux résultats de la troisième et dernière étude racinaire. Les platanes du mail central subiraient bien trop de dégâts.

« On avait acté ce tracé par le boulevard Béranger en décembre 2018 sans avoir toutes ces informations extrêmement importantes », a justifié Emmanuel Denis à nos confrères. Avec ces nouvelles données, « il faut qu’on puisse en redébattre et reprendre une décision collective. »

L’avis d’un comité d’experts attendu mi-mars

Alors, quel plan B ? Que faire ? Et, surtout, le futur tramway passera-t-il par La Riche ? Quelques jours avant son post Facebook, Wilfried Schwartz assurait, dans les colonnes de la Nouvelle République, qu’il n’y avait « aucune certitude de risques pour les arbres ». Enchaînant : « On ne découvre pas les racines ! On ne balaie pas un tel projet, très sérieux, pour lequel 50 millions d’euros ont déjà été engagés depuis 2017. »

En attendant, Wilfried Schwartz, également vice-président de la Métropole, persiste et signe, et affirme que le projet du tram par Béranger est compatible et que les risques seraient « limités ». Le Syndicat des mobilités qu’il préside a sollicité un comité d’experts qui étudiera les hypothèses d’un tracé des voies côté nord du boulevard ou alors de part et d’autre du mail central. Les conclusions sont attendues le 15 mars.

Un débat (chaud chaud) au Conseil métropolitain, instance décisionnaire, est à prévoir lors de la prochaine séance le 28 février. Le feuilleton n’est pas terminé. Loin de là.

Aurélien Germain / Photo : NR – Julien Pruvost

 

1 000 arbres et arbustes plantés : le plan « Nature en ville » a débuté

C’est la première étape du plan « Nature en ville » voulu par la municipalité : mercredi, des Tourangeaux volontaires ont planté arbres et arbustes à travers la Ville. D’autres actions sont à suivre.

Le plan « Nature en ville » a commencé hier, mercredi, avec des plantations citoyennes (photo NR)

Top départ ! Mercredi 17 février, de nombreux habitants étaient répartis sur dix endroits de Tours pour planter, aux côtés d’agents du service parcs et jardins, 330 arbres et 660 arbustes. Ces 1 000 plantations citoyennes s’inscrivent dans le plan « Nature en ville » souhaité par la municipalité et le maire Emmanuel Denis.

Ce plan fixe cinq mesures écolos qui doivent être normalement appliquées jusqu’à la fin du mandat. Objectif affiché ? « Co-construire ensemble la ville de demain », a souligné le maire.

D’autres actions à venir

Arbres toujours – qu’Emmanuel Denis décrit comme « des climatiseurs naturels » – la plantation devrait continuer, puisque la municipalité promet pas moins de 30 000 arbres durant le mandat.

Mais outre ces milliers d’arbres et arbustes plantés, d’autres actions devraient suivre dans les prochains mois. A commencer par la végétalisation de la ville, notamment dans le secteur du Vieux-Tours et de divers lieux comme la cour du Conservatoire, de certaines écoles, de la place Choiseul.

Autres axes du plan ? La création de vergers participatifs en centre-ville, ainsi que des jardins gourmands qui doivent être installés un peu partout dans les quartiers.

La Ville promet là encore une transition écologique des pratiques, puisqu’elle souhaite une meilleure gestion de la ressource en eau au niveau du service parcs et jardins.

Enfin, une grande Fête de la biodiversité doit aussi être organisée les 3 et 4 juillet prochains.

A.G.

Tours : un jardin au nom de l’éléphant Fritz et un inventaire de la biodiversité

Pour défendre la cause du bien-être animal, la Ville va rebaptiser un jardin en l’honneur de l’éléphant – et symbole de Tours – Fritz. Et lancer un inventaire de la biodiversité.

Les faits

La municipalité, emmenée par le maire Emmanuel Denis, souhaite renommer un jardin en hommage à l’éléphant Fritz, pour en faire un lieu-symbole du bien-être animal et contre la maltraitance.
L’endroit en question ? Le jardin Nicolas-Frumeaud, près de la place Saint-Eloi. C’est dans ces environs que le pachyderme était devenu incontrôlable en 1902, lors du passage du cirque Barnum et Bailey. Les autorités l’avaient abattu, avant que sa dépouille finisse empaillée et désormais exposée dans une ancienne écurie des Beaux-arts.

Un inventaire de la biodiversité tourangelle sera également lancé durant deux ans dans les jardins et espaces verts. Il sera accompagné par la Région Centre et réalisé par la Ligue de protection des oiseaux (LPO 37) et la Sepant.

Le contexte

On se souvient, en novembre 2019, qu’à l’initiative du groupe d’opposition mené par Emmanuel Denis, la Ville de Tours avait adopté un vœu d’interdiction des cirques avec animaux sauvages. Soucieuse du bien-être animal, la municipalité souhaite donc un symbole fort, à l’heure des récents débats et polémiques sur la présence d’animaux dans les cirques. Pour cela, prendre un animal emblématique de l’histoire de Tours lui semblait important et tout trouvé.

Les enjeux

Le jardin de l’ex-place Nicolas-Frumeaud sera rebaptisé « L’éléphant Fritz » et non « Fritz l’éléphant ». Cela, pour mettre en avant sa condition animale, s’est justifiée Betsabée Haas, déléguée à la biodiversité et à la nature en Ville.

Quant à l’inventaire de la biodiversité tourangelle, il doit permettre aux Tourangeaux de mieux connaître la richesse de leur patrimoine naturel. À nos confrères de France Bleu Touraine, Betsabée Haas déclarait ainsi : « Le jardin des Prébendes est le jardin urbain qui est le plus riche de variété d’oiseaux en France. On n’y croit pas, mais c’est un patrimoine extraordinaire que les Tourangeaux ne connaissent pas assez. »

A.G.

Il était une forêt : fable écolo touffue

Il était une forêt, un documentaire dans lequel un botaniste nous raconte les forêts tropicales. Un film patrimonial poétique, militant et surprenant.

CINE CHOIX 1
Faire d’un arbre le héros d’un film, le pari était osé. Mais c’était compter sans le grand talent du réalisateur de La Marche de l’empereur, loin d’être un manchot dans le domaine du documentaire. Dans Il était une forêt, Luc Jacquet embarque le spectateur dans les forêts tropicales, où il imprime sur pellicule l’épanouissement des arbres géants, leurs liens avec les plantes, les animaux, les insectes…
Il était une forêt est une réussite de bout en bout, alors que le pari technique était quasi impossible : comment être intéressant en filmant une forêt — immobile — alors que le cinéma est l’art du mouvement ? Comment réaliser pareil documentaire sur les arbres — verticaux — alors que l’image cinématographique est par définition horizontale ? Pour tout cela, le réalisateur s’est mis au service de Francis Hallé, botaniste spécialisé dans l’étude des forêts tropicales.
Jamais moralisateur
En immersion dans cet univers très vert, les deux écolos ont souhaité le faire partager au public, les forêts étant vouées à la disparition si l’Homme continue ses ravages. Car loin de n’être qu’un simple documentaire, Il était une forêt est aussi un film militant. Il suffit de voir cette triste scène d’arbres décapités, où le commentaire souligne à quel point l’être humain peut détruire en quelques minutes ce que la nature a mis des siècles à construire.
Mais jamais moralisateur, le discours se distille habilement dans certains plans, laissant au spectateur un message écolo, loin d’être pompeux. Le seul petit regret concerne une utilisation parfois abusive des images de synthèse, brisant un peu la beauté visuelle de l’ensemble, même si on comprend bien que ce procédé était obligatoire pour retracer sept siècles de croissance des arbres, des racines à la cime.
Son impressionnant
Pour le reste, filmé au Pérou ou encore au Gabon, le documentaire présente des images époustouflantes, magiques (cette séquence sous la pluie, splendide). Certains gros plans sont stupéfiants. Le tout, magnifié par un impressionnant travail sur le son (craquement des troncs, animaux qui mâchouillent des feuilles…), une jolie musique et narrration par la voix de Michel Papineschi, voix française de Robin Williams.
Avec des vues aériennes ou des plongées dans les tréfonds de la forêt, Luc Jacquet filme avec soin et une parfaite maîtrise cette vie invisible, sauvage, touchante, du microscopique au macroscopique. Ici, les arbres sont géants, il y a des « méchants » (parasites, insectes destructeurs) et des gentils (les fourmis), et des animaux somptueux (grenouille bleue et papillons multicolores), faisant d’Il était une forêt un véritable conte, comme son nom l’indique. Une très belle surprise.
Note : 3 étoiles (TOPissime)
Fiche technique – Il était une forêt. Documentaire de Luc Jacquet. France. Durée : 1 h 18. Scénario : Luc Jacquet, d’après une idée originale de Francis Hallé. Distributeur : The Walt Disney Company.