Cinémas Studio : « On devra beaucoup plus se battre »

Pierre-Alexandre Moreau ne jouera pas les Cassandre. Le président des cinémas Studio préfère se montrer actif face à l’arrivée, le 3 octobre, d’un nouveau multiplexe à Tours-Nord, même si les craintes sont réelles.

Pierre-Alexandre Moreau, président des Studio (photo tmv)
Pierre-Alexandre Moreau, président des Studio (photo tmv)

Un dandy déboule en vélo dans la cour du cinéma. Arborant une chemise bleu turquoise sous un trench mi-saison et les cheveux au vent, il s’agit bien du président des Studio. A ce poste depuis déjà trois ans, le Tourangeau de 27 ans ne tremble pas face à l’arrivée du cinéma de la famille Davoine à Tours-Nord. Source d’inquiétude depuis 2012, l’ouverture de CinéLoire (9 salles, 1 820 sièges) se concrétise mercredi 3 octobre.

Comment se passe cette rentrée pour vous ?
J’évite le discours de Cassandre même si le risque reste assez majeur et l’équilibre assez fragile. Tous les jours on me dit que le public des Studio est fidèle et qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter. C’est vrai que nous avons 20 000 abonnés et que les Tourangeaux ont une réelle appropriation des Studio. Mais le souci ce n’est pas la fidélité, c’est la gestion des copies de films Art et Essai.

Qu’est-ce qui se complique avec l’ouverture du cinéma du groupe Ciné Alpes à Tours ?
Pour 500 films Art et Essai, on va avoir à notre disposition les 50 premiers et seulement la moitié va nous rapporter de l’argent. Ce sont les plus porteurs comme La La Land de Damien Chazelle, les films de Xavier Dolan… Avec les cinémas CGR, il y a un équilibre, ils ne font pas trop de films de ce genre. Le souci avec l’arrivée d’un nouvel opérateur, dont la pression financière et sur les distributeurs est plus forte, c’est qu’on pourrait avoir plus de difficulté à disposer des copies de ces films porteurs. D’autant plus que la famille Davoine à la tête de Ciné Alpes (Ndlr : quatrième circuit de cinémas de France, 160 salles) est en pleine guerre contre le réseau CGR et nous allons nous retrouver entre les deux. Et si, sur les 50 films porteurs, on en perd 10, ça va être compliqué pour nous financièrement.

Quelles ont été vos démarches face à cette concurrence ?
Nous sommes allés voir la « médiatrice du cinéma », Laurence Franceschini, qui est d’accord avec ce qu’on proposait sur l’équilibre de la répartition des copies de films Art et Essai entre les cinémas. Après, si demain, la famille Davoine est respectueuse de l’équilibre actuel et ne met pas de pression sur les copies de films, nous ne sommes pas contre un cinéma à Tours-Nord. On avait tenté une médiation il y a quelques années, mais elle n’avait pas été concluante.

Avez-vous déjà remarqué des changements ?
On sent que les négociations avec les plus gros distributeurs sont déjà plus tendues. On pressent qu’on devra beaucoup plus se battre pour avoir les films les plus porteurs en Art et Essai.

Quels sont d’ailleurs les films attendus cette année aux Studio ?
BlacKkKlansman de Spike Lee a déjà bien fonctionné à la rentrée, on attend aussi cette semaine The Brother’s Sister (Les Frères Sisters) de Jacques Audiard. First Man : le Premier Homme sur la Lune de Damien Chazelle, réalisateur de La La Land, est prévu pour octobre et on attend prochainement les films de Xavier Dolan, Ma vie avec Jon F. Donovan et Matt et Max.

Qu’avez-vous mis en place pour répondre à cette concurrence ?
On est d’autant plus actif. Après avoir rénové le hall en 2015 et la salle 1, nous avons aussi effectué pas mal de changement en interne. Pour rajeunir et fidéliser nos clients, nous avons aussi offert l’abonnement aux étudiants détenteurs du Pass Étudiant Culturel qui bénéficient ensuite des entrées à 4 €. Il est désormais possible d’acheter son abonnement en ligne à l’année et à la rentrée, nous proposerons le E-billet, c’est-à-dire la possibilité d’acheter de chez soi ou sur son smartphone, son ticket.

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Vous misez aussi sur une nouvelle communication ?
Avec une programmation diverse et de qualité, l’architecture et le confort, la communication est l’un des trois piliers de notre travail. C’est désormais l’agence Efil, de Tours, qui s’en charge pour les affiches. Les Carnets seront repris à partir de janvier. Cette agence prend la suite de notre graphiste Francis Bordet qui a été à l’origine du logo des Studio. Un nouveau site internet finalisera ce « lissage » au printemps prochain.

Alors que les cinémas privés s’équipent d’écrans géants (Imax, Ice…), les Studio vont-ils investir dans de nouvelles technologies ?
On veut être à la pointe de la technologie sans être gadget. Ces salles qui permettent une expérience immersive plus grande ne sont pas accessibles aux films Art et Essai. Il y a en réalité très peu de films adaptés en post-production à ces technologies. Ces salles permettent aux cinémas de faire payer les places plus chères, jusqu’à 15 € ! Nous, on reste le cinéma le moins cher de France, en prix moyen et on a augmenté de 0,10 € nos tarifs en septembre. On se différencie dans le rapport à l’humain, au spectateur, qu’on ne considère pas comme un consommateur, mais quelqu’un à qui on offre une ouverture sur le monde. Pour la 3D, on avait l’impression que ce serait le futur et finalement on a de moins en moins de films concernés, donc on n’investira pas plus dans des lunettes, ce ne sont pas dans nos valeurs. On réfléchit toutefois à la création d’une huitième salle dans une partie du jardin, mais là, c’est plus lointain, il faut trouver le financement.

Le rapport humain ça passe aussi par la présence de réalisateurs et d’acteurs en salle…
Oui, on accueille tous les mois au moins un réalisateur et on va d’autant plus continuer aujourd’hui, même si, comme pour les copies de films, c’est plus difficile avec les grands distributeurs que les plus petits. Les gens ont besoin de vivre une expérience collective, d’échanger leurs idées, notamment à la cafétéria, et c’est une des réussites des Studio.

> Retrouvez la programmation sur le site des Studio. 

Bocorico : resto dans des bocaux

Se faire livrer des petits plats dans des bocaux : on a testé Bocorico à la rédac’ !

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Toute l’équipe de tmv a donné de sa personne en commandant des bocaux appétissants. Et elle n’a pas été déçue. Le concept de livraison au bureau a été inventé par Guillaume Fouqueray, chef du bistro Gus situé à Tours-Nord. Il a lancé Bocorico pour répondre à une demande de ses clients : « Ils avaient moins de temps pour faire le trajet jusqu’au restaurant et manger ».
Alors, c’est le restaurant qui s’est déplacé là où ils travaillent, et ce, depuis le 16 octobre.

Les privilégiés restent les salariés qui se trouvent dans la zone 1 de livraison (des quais Paul-Bert à Chanceaux-sur-Choisille). Ils peuvent commander avant 11 h et sont livrés entre 12 h et 14 h. Pour les autres (jusqu’aux Deux-Lions), il faudra s’y prendre, comme nous, la veille avant 16 h. Cela demande un peu d’organisation pour huit, et de la vigilance, surtout quand on a le clic facile…

Le jour-J, la livreuse dépose les plats au bureau vers 11 h 30. Qui a pris quoi ? Les plats tournent sur la table pour retrouver leur propriétaire. Se déroule ensuite une valse de bocaux vers le micro-onde. 2’ 30’’, c’est chaud ! « Hum, c’est bien assaisonné », « C’est bien présenté », « C’est comme au restaurant et les parts sont généreuses », « Un peu cher… », les compliments fusent pour la soupe aux carottes, le sauté de veau au cumin, les légumes au curry, le cabillaud et sa purée maison ou encore l’amarena chocolat et l’amandine poire.
Le menu « retour du marché » permet aussi au chef de proposer un plat qui n’est pas à la carte et adapté aux demandes des clients. Bons, beaux, frais et… écologiques, les bocaux sont récupérés 48 h après. Et pour un service traiteur, leur ligne reste ouverte.

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> Bocorico, livraison en entreprise. Trois plats 17 €, deux plats 12 €, plat à la carte 8 €. Zone 1, livraison gratuite dès 20 € et zone 2 à partir de 50 €.
> Réservation en ligne sur bocorico.fr et au 06 50 27 68 26.

Solary : Quand les gamers débarquent

Ils répondent au nom de Solary et animent une des plus grosses web-tv de France dans le domaine du gaming. Cette équipe de gamers a élu domicile au nord de Tours depuis fin octobre. En toute discrétion.

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Solary, c’est plusieurs ordinateurs, quelques caméras et des joueurs passionnés.

Ils sont terrés dans un hangar à deux étages qui ne paie pas de mine, vu de l’extérieur. Une fois à l’intérieur, les odeurs de peinture rappellent que l’endroit est encore en travaux. Depuis moins de trois mois, Solary s’est installé au nord de Tours. Les huit parisiens, âgés de 19 à 25 ans, jouent au jeux vidéos en ligne , principalement à League of Legends (LoL), à longueur de journée.

C’est ce drôle de métier qui leur permet de gagner leur vie. En deux semaines à peine, les geeks ont rendu leur lieu de travail habitable. Avec l’aide d’amis et de famille, ils ont donné quelques coups de peinture, posé du parquet et installé le matériel indispensable à leur activité. Plusieurs ordinateurs, quelques caméras, un grand canapé gris clair, une télévision encadrée d’une guirlande lumineuse de toutes les couleurs, une table de billard, une table de ping-pong, des figurines de leur jeu favori et des armes-jouets aux munitions en mousse. On ne voit pas des bureaux comme celui-ci tous les jours.

Solary a commencé à retransmettre en direct les parties de LoL de ses joueurs le 27 octobre via la plateforme spécialisée Twitch, bien connue des joueurs de jeux vidéo. Le succès a été immédiat. « Nous ne pensions pas que ça marcherait aussi bien. Au cours du premier mois, nous avons réalisé le deuxième meilleure score parmi les chaînes françaises de Twitch », se souvient un des joueurs, Sakor Ros dit Le Roi Bisou. Solary totalise aujourd’hui près de dix millions de vues.
Ce n’est pas si étonnant à vrai dire. Avant de se lancer dans cette aventure, les Parisiens étaient déjà des stars parmi les streamers — les joueurs de jeux vidéo qui diffusent leurs parties en les commentant. Ils jouaient pour l’équipe Eclypsia depuis 2013, un nom qui ne dit pas grand-chose aux non-initiés mais qui fait figure de référence dans le milieu. Pour Le Roi Bisou, c’était surtout un patron bien enquiquinant : « Il fallait faire ses heures, Eclypsia c’était l’usine. »

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Sakor Ros, dit Le Roi Bisou, est un des joueurs de Solary.

Désormais, les huit démissionnaires sont indépendants et s’amusent bien plus qu’avant. En ce début d’après-midi, il n’y a qu’un seul joueur dans « l’arène », une pièce sombre, ouverte sur la partie salon, où sont regroupés six ordinateurs. Jbzz, un casque avec micro vissé sur la tête, commente ses actions en direct en parlant plutôt fort.
Par moments, lorsqu’il se retrouve en difficulté dans le jeu, les jurons fusent. Dans le salon, un autre membre de Solary s’impatiente : « Dépêche-toi de perdre que je puisse jouer ! » L’équipe de streamers ne pourrait pas coexister sans une certaine rigueur : « Nous avons mis en place un planning pour que, à tour de rôles, tout le monde puisse jouer. Le soir, on fait des parties à plusieurs », précise Le Roi Bisou.

De 9 h à 2 h du matin, ils streament en permanence. La plupart du temps, ils jouent à LoL, jeu phare des compétitions d’eSport. Mais ils s’autorisent également à jouer à Mario Kart, Golf it ! ou Fortnite. Solary voit plus loin que le simple divertissement. « Nous voulons allier le stream et la compétition de haut-niveau », explique le coach Sam, qui a rejoint l’aventure récemment. Depuis le lancement de la chaîne, la famille s’est agrandie. Ils sont désormais dix, répartis en deux équipes : Solary, axé sur la compétition, et Luna, avec moins d’ambition professionnelle. Un choix de vocabulaire en forme de clin d’oeil, un peu ironique, à leur ancien employeur, Eclypsia.

League of Legends est un jeu d’équipe en ligne.
League of Legends est un jeu d’équipe en ligne.

DE L’AMBITION ET DES MOYENS

C’est l’heure de travailler. Accompagnés de leur coach, les compétiteurs se sont installés sur le grand canapé, juste en face de la télévision. Ils analysent des streams de joueurs coréens, les meilleurs au monde. « C’est le pays de l’eSport, les compétitions passent même à la télévision ! », rappelle Le Roi Bisou. En mars prochain, la bande de potes se rendra en Corée du Sud pendant deux semaines.
Ce séjour leur permettra de s’imprégner du jeu asiatique mais aussi de faire découvrir à leur communauté les concerts de K-pop, les barbecues typiques ou encore les temples. « Ceux qui nous suivent sont souvent jeunes, ils n’ont pas de quoi se payer le voyage », poursuit Le Roi Bisou.

Ekko est un personnage du jeu League of Legends.
Ekko est un personnage du jeu League of Legends.

Pourtant, ce sont bien les fans qui financent leur balade. Le 7 janvier, Solary lançait une campagne d’appel aux dons sur Internet. En une heure, l’objectif de 15 000 euros était atteint ; quelques jours plus tard, le compteur atteignait 50 000 euros. Une somme qui s’ajoute aux 38 000 euros donnés par leurs sponsors, Acer en tête. De quoi s’amuser et se préparer pour le tournoi de jeux vidéo Dreamhack qui reviendra à Tours au mois de mai. Et même assez d’argent pour continuer les travaux du local de Tours-Nord.

>> Retrouvez l’équipe Solary sur solary.fr, Twitch et YouTube.
>> Ainsi que l’interview de leur coach juste ICI ! <<

Textes : Louise Baliguet & Photos : Lorenza Pensa, étudiantes à l’EPJT.

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Laser Game : le bon plan pour les enfants

En manque d’idées pour fêter l’anniversaire de votre enfant ? Pourquoi pas une partie de laser game, un jeu de tir qui a la cote.

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« Interdit aux extra-terrestres ». L’affiche donne le ton dès la porte d’entrée. À l’intérieur, un immense brouhaha émerge d’une nuée d’enfants, tous plus excités les uns que les autres. C’est qu’ils s’apprêtent à jouer au laser game, ce jeu de tir basé sur la technologie laser.
« C’est l’un de nos plus gros weekend de l’année. Rien qu’aujourd’hui, nous accueillons dix anniversaires d’enfants nés en juin, juillet et août », affirme Manuel Cau, le gérant du Laser Maxx de Tours-Nord. Ambiance Star wars : à l’annonce du début de la partie « Anakin », 35 jeunes se ruent vers l’entrée du tunnel.

Parmi les pseudos des joueurs, il y a Furious, Luc, Rockette, Ronaldo, Napoléon, Louis XIV et Bisounours. Tous écoutent avec attention le briefing, diffusé par trois écrans dans un décor futuriste. Le principe : tirer sur l’équipe adverse et éviter de se faire toucher, pour avoir un maximum de points. Personne n’est éliminé.
Vient le moment d’enfiler son harnais et de prendre son pistolet en main. La tension monte… Puis les portes s’ouvrent sur un labyrinthe installé dans un vaste hangar de 700 m² sur deux niveaux. Un univers inspiré du film Le Cinquième élément. « J’investis tous les six mois dans un nouvel élément de décor. Ça permet aux gens qui reviennent régulièrement de voir de la nouveauté », précise Manuel Cau.

Vingt minutes plus tard, Loïc et ses amis ressortent enchantés. À chacun sa stratégie : Loïc s’est mis « derrière ses copains », Dylan a préféré une bonne planque au premier niveau, avec vue sur ses adversaires. Quant à Kevin, il faisait « semblant d’être avec les autres ». À côté du laser game, accessible à partir de 7 ans, il y a une autre activité, « Mission : zone 4 », pour les ados et adultes à partir de 13 ans. Au programme, énigmes et épreuves physiques. Un Fort-Boyard sans le père Fouras.

Nathalie Picard

Le Coin de table : la bonne surprise à Tours Nord

Tmv est allé faire un tour au Nord de la ville pour y découvrir Le Coin de Table et sa cuisine inspirée.

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On n’y va pas par hasard Au coin de table. Situé depuis huit ans dans la zone commerciale Arthur-Rimbaud, près de la Petite Arche, l’extérieur du bâtiment peut faire penser aux chaînes de restaurants voisines. Ne vous laissez pas tromper par les apparences, ça n’a rien à voir. En pleine semaine, vers 13 h, la salle est complète.
Rendez-vous d’affaires, déjeuner entre amis ou entre collègues, réserver est le plus sage des conseils pour être sûr de déguster un tartare de boeuf haché préparé par leurs soins.

Dès l’entrée, on apprécie l’accueil du personnel et les immenses plantes vertes qui mettent en valeur la hauteur sous-plafond. La déco industrielle, en bois et béton, se marie avec les murs couverts de bouteilles. En effet, la carte des vins – une petite bible de 200 références – attire autant que celle des plats. Seule, l’entrée coûte 9,50 €, alors mieux vaut prendre un menu à 22 € pour deux plats et 26 € pour trois.

Cuisine locale et de saison, on peut trouver du poisson, du veau, une entrecôte, du brie aux truffes et mascarpones ou encore une salade thaï. Ce restaurant est d’ailleurs certifié Maître restaurateur par l’État depuis un an, ce qui authentifie le fait-maison et l’utilisation de produits bruts issus de circuit-courts. La Bretonne que je suis s’est laissée tenter par l’oeuf mollet et son velouté d’oignons roses de Roscoff et des crépinettes de pintade aux champignons japonais shiitakes – du Maine-et-Loire – avec ses pommes grenailles. C’est bon et les assiettes sont bien présentées. Les plats arrivent assez rapidement, je ne perds pas de temps, il faut déjà retourner travailler…  RESTO_AUCOINDELATABLE (1)

> Le Coin de la table, 15 rue Arthur-Rimbaud, Tours Nord. Entrée + plat ou plat + dessert à 21,90 € et menu complet à 25,90 €.
> Ouvert du lundi au vendredi, de 12 h à 13 h 45 et du mardi au vendredi, de 19 h 30 à 22 h. Réservation conseillée au 02 47 51 68 29.

A Tours, des écoliers font leur propre JT !

À l’école Jules-Verne de Tours-Nord, des élèves réalisent journaux télévisés et flashs spéciaux de A à Z. Tmv est allé les rencontrer un jour de tournage.

Manel et Issam, les deux présentateurs du JT, sont prêts pour le tournage.
Manel et Issam, les deux présentateurs du JT, sont prêts pour le tournage.

Nous voilà, chers téléspectateurs, pour le JT de JV9 ! » C’est ainsi que Manel et Issam lancent le 9e journal télévisé de l’école élémentaire Jules-Verne, à Tours-Nord. Face à eux, Adem est planté derrière la caméra. Quant à Ayoube, en bon rédacteur en chef, il supervise le tout. Les quatre élèves de CM1- CM2 ont installé leur plateau télévisé dans la salle de classe de Pierre Deseuf, enseignant en CM2 dans l’établissement. Rien de spécial à préparer pour les décors, la classe est déjà bien pourvue. Sur les murs s’étalent du papier argenté et des affiches multicolores qui présentent les Aliens, les romans d’anticipation ou le genre post-apocalyptique. Il y a même un vaisseau Star wars accroché au plafond. « On travaille sur les auteurs de science-fiction pour enfants, précise l’enseignant. On est en train d’écrire un livre de SF dont vous êtes le héros. » Finalement, à tmv, on aurait bien envie de retourner en CM2 ! Pour filmer, pas besoin non plus de grands moyens matériels et financiers : une petite caméra numérique et un pied suffisent. Ce qu’il faut surtout : du temps. Et l’investissement de Pierre Deseuf dépasse largement le cadre scolaire.

Tout a commencé il y a trois ans. Alors que l’école s’était auparavant dotée d’une caméra pour un voyage en Angleterre, des élèves de CE2 ont souhaité l’utiliser pour filmer une séance à la patinoire. Ils décident de monter un journal télévisé et sa diffusion, dans toute l’école, rencontre beaucoup de succès. La première édition fait des émules. « Au début, nous programmions des reportages uniquement dans l’enceinte de l’école. Puis nous avons commencé à sortir. Comme cette fois où nous sommes allés aux Remparts de Tours, un samedi de 9 h à minuit. Nous avons assisté à l’entraînement et au match, visité les vestiaires, interviewé le président du club… Une sacrée journée ! », se remémore le professeur.

Ayoube, le rédacteur en chef, regarde avec attention les images tournées par Adem.
Ayoube, le rédacteur en chef, regarde avec attention les images tournées par Adem.

Ce jeudi-là, les élèves ne disposent que d’une heure pour tourner leur JT. Tous les reportages sont prêts. L’objectif ? Enregistrer la présentation du journal et les lancements de chaque séquence filmée. Les deux présentateurs répètent rapidement leur texte, inscrit sur une feuille de papier. Ici, il faut se débrouiller sans prompteur. Puis, c’est parti pour la première prise, en mouvement, à l’entrée de l’école. Pas facile de stabiliser manuellement la caméra en marche arrière ! Ayoube garde l’oeil sur chaque prise. Son avis sur la première ? « La caméra bouge trop. Il faut la refaire. » La deuxième fois, c’est le cadrage qui semble mauvais. Au bout de quatre tentatives, Pierre Deseuf intervient : il est temps de passer à la suite. « Ayoube est très attentif au résultat final, remarque-t-il. Nos objectifs ne sont pas les mêmes. Pour moi, peu importe si le journal est raté. Ce qui compte, ce sont leurs progrès en diction, en français, en concentration… »
Car l’intérêt pédagogique de ce projet est indéniable. Avant chaque reportage, les élèves rédigent une fiche de préparation. Ils travaillent ainsi l’expression écrite, la manière de poser des questions ou l’organisation dans le temps. Après le tournage, ils se chargent de visionner les vidéos, sélectionner les séquences, les monter puis écrire et enregistrer les commentaires. De multiples tâches qui leur permettent de développer des compétences scolaires. Aussi, le comité de rédaction se réunit chaque semaine sous la direction d’Ayoube.

D’ailleurs, comment appréhende-t-il sa fonction ? « Je donne des rôles aux gens, je suis le chef ! » Ce qu’il aime aussi : écrire et organiser le calendrier. « Plusieurs élèves en difficulté accèdent à ce projet, ajoute Pierre Deseuf. Un ancien présentateur, par exemple, avait de grosses difficultés d’élocution. Il passait des heures à s’entraîner. » En effet, les apprentis journalistes sont très motivés. Avec l’expérience, ils prennent confiance et commencent même à se lâcher sur la présentation. Bientôt Le petit journal bis ? « C’est bien, mais c’est plus compliqué à filmer », note leur enseignant. « Mais c’est plus génial ! », répond Manel du tac au tac. Hyper à l’aise face à la caméra, la jeune fille est aussi pleine d’enthousiasme : « Depuis que je regardais le JT de l’école, j’avais trop envie d’y participer. J’ai eu une grande chance qu’Ayoube me choisisse pour la présentation. »

Pas facile de filmer en mouvement.
Pas facile de filmer en mouvement.

L’équipe redouble d’inventivité pour lancer ses sujets. En témoignent leurs différentes mises en scène : munis d’un sabre laser et d’un pistolet, ils se prennent pour des chevaliers Jedi. Puis, pour annoncer un reportage sur des correspondants anglais, ils boivent le thé dans une tasse à l’effigie de la reine d’Angleterre : « Hum, delicious ! ». Avec l’accent, bien sûr. Cette envie de bien faire, cet investissement, Pierre Deseuf y est particulièrement attentif. Pour autant, ce n’est pas tous les jours facile. Comme cette fois où Ayoube a piqué une grosse colère à cause d’un reportage commandé qui n’avait pas été réalisé. Aussi, les enfants s’investissent personnellement et s’exposent au regard des autres. Ce projet, ils le mènent avec une grande autonomie. Ils apprennent en faisant. Et en se trompant. « C’est aussi par la pratique qu’ils appréhendent les dessous du journalisme, ajoute le professeur. Comment sélectionner les images ? Que choisit-on de montrer aux gens ? » Parfois, lorsqu’ils décident de montrer un événement qui se passe mal, leurs camarades ne sont pas contents… Pour l’instant, ce n’est pas le souci d’Issam, le second présentateur, qui a hâte que le prochain JT soit diffusé : « On va passer devant toute l’école, on va être célèbre ! C’est mon rêve ! », s’exclame-t-il. Les parents peuvent également visionner le journal sur une page privée Facebook.

Il a fallu répéter plusieurs fois la séquence Star wars.
Il a fallu répéter plusieurs fois la séquence Star wars.

Parfois, les enfants ont même le privilège de réaliser un reportage secret. « Seuls ceux qui travaillent sur le sujet sont au courant. Il doivent garder le secret jusqu’à la diffusion. Il se sentent investis d’un rôle, et ça les met en confiance », estime Pierre Deseuf. Par exemple, lorsque deux classes ont déménagé récemment au rez-de-chaussée, des élèves ont enquêté sur les raisons de ce changement. Lorsque le flash spécial a été diffusé dans toute l’école, c’était un vrai scoop. Chaque fin d’année, les enfants réalisent même une fiction. La cerise sur le gâteau.

Reportage et photos : Nathalie Picard

Gus restaurant : petit plaisir à Tours Nord

Et si on faisait un petit tour du côté de Tours Nord ? Histoire de découvrir le Gus Restaurant.

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Ce n’est  pas la première fois qu’on vous l’écrit : certains restos valent  le coup de s’exiler à Tours-Nord. Cette semaine nous nous sommes carrément aventurés au nord de Tours. Dans une zone indus’ (on est des  guedins). Vous nous direz : mais quel restaurateur est assez fou pour  s’installer là-bas ? Eh beh, c’est qu’il y a des entreprises à côté !
Le Gus restaurant fait partie de ces bons petits bistrots qui proposent  à la fois la base (tartare frites maison, bavette, etc.) et des plus. On a  goûté le dos de cabillaud avec son écrasé de pommes de terre, l’échine  de porc (plat du jour) et le burger au chèvre : des délices.

En cuisine, on  s’applique à choisir des produits du coin et surtout de saison. Du coup,  les entrées comme les plats sont régulièrement renouvelés. Pareil pour  les burgers, qui changent tous les lundis. Le patron-cuisinier le précise  tout de même : ce n’est pas un restaurant à burgers. Pour la carte des  vins, rien à redire, le personnel connaît ses produits (issus pour une partie de l’agriculture raisonnée) et saura vous conseiller.

Le Gus c’est de la qualité et aussi de la sympathie. Accueil chaleureux,  personnel aux petits soins : même si ces critères semblent parfois la  moindre des choses il faut avouer qu’ils ne sont pas répandus pour  autant. En été, la terrasse peut accueillir jusqu’à 15 personnes alors pensez à réserver. Depuis quelque temps le restaurant prépare aussi des  plats à emporter et les livre, dans des bocaux consignés, histoire de ne  pas jeter. Bistrot + en zone industrielle : on valide.

> 48 avenue Gustave-Eiffel. Ouvert du lundi au vendredi tous les midis (11 h 45-14h30), et les lundis, jeudis et vendredis soir (19 h 30-21 h 30). Résas :  02 47 74 64 92.

> Formule midi entrée + plat du jour  ou plat du jour + dessert : 13,90 €. Formule  midi et soir à la carte : entrée + plat ou plat +dessert : 17,90€. Formule complète  entrée + plat + dessert : 20,90 €.

Un nouveau Gadawi Park à Tours

Un nouveau Gadawi Park va ouvrir à Tours Nord. Avis aux aventurier(e)s !

« Qui c’est qui ouvre un second parc aventure à Tours ?? C’est GAetan, DAvid et WIlliaaaaammmm !!! » Le message posté sur la page Gadawi Park a récolté une tonne de likes et de partages. C’est donc officiel : face au succès du parc de Joué-lès-Tours, la société Gadawi vient de se lancer dans l’ouverture de nouveaux parcours à Tours-Nord.

Depuis ce week-end, petits et grands peuvent donc tenter l’expérience au Parc des grandes brosses.  Contrairement au lac des Bretonnières, où les parcours sont créés dans du résineux, Tours Nord offrira des parcours sur des chênes parfois centenaires. « Les deux parcs sont complémentaires », précise l’équipe. Ce nouveau Gadawi Park propose sept parcours, avec chacun douze jeux, adaptés aussi bien aux enfants dès 3 ans qu’aux adultes un poil plus casse-cou. Le parc a aussi mis le paquet sur les tyroliennes, dont une à sensation de… 250 mètres !

> Gadawi Park à Tours Nord : Parc des Grandes Brosses, allée Roger-Lecotte. Contact : 07 83 28 26 10 ou sur Facebook, ainsi que gadawinord@gmail.com
> Tarifs: de 8 à 23 €.

Autisme : témoignages à l’Aba

Une personne sur 150 est atteinte d’autisme ou de troubles associés en France, ce qui représente un total d’environ 450 000 personnes. 3 enfants autistes sur 4 sont des garçons. Présentation de la méthode Aba par la directrice clinique nationale de l’association Agir et vivre l’autisme et témoignage d’un moniteur éducateur dans l’établissement Aba de Tours.

ABA, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Ana Bibay, directrice clinique d’Agir et vivre l’autisme, explique la prise en charge Aba (Applied behavior analysis) ou analyse appliquée du comportement, dans les établissements du réseau national : « On observe et mesure les comportements de l’enfant pour déterminer sur lesquels on va travailler. »
L’objectif ? Augmenter les comportements appropriés, réduire les inappropriés et en enseigner de nouveaux. Par des techniques de renforcement, les éducateurs amènent l’enfant à développer des comportements souhaités : « Si un enfant crie pour obtenir un ballon, on lui propose une autre manière de le demander : comme répéter le mot « ballon », montrer une image ou faire un signe, selon ses capacités. S’il se remet à crier, on le guide pour remplacer le cri par le comportement approprié, ce qui lui permettra d’obtenir le ballon. » Si chaque enfant dispose d’un programme personnalisé, le travail est forcément axé sur les symptômes de l’autisme, comme le déficit de langage, le développement des centres d’intérêt ou la réduction des comportements répétitifs. « Nos établissements n’ont pas vocation à remplacer l’école, précise Ana Bibay. Nous nous efforçons de développer les comportements d’imitation et d’insérer l’enfant dans un milieu le plus ordinaire possible, afin qu’il progresse en prenant exemple sur ses pairs. »

MARC JACOB,
MONITEUR ÉDUCATEUR À L’ÉTABLISSEMENT ABA DE TOURS

« Dans notre travail, nous recherchons constamment la motivation des enfants. Je ne vois pas quel intérêt nous aurions à laisser seul dans son coin un petit, qui aurait alors des comportements stéréotypés (par exemple, secouer ses bras sans interruption). Nous les stimulons beaucoup, mais il s’agit d’une stimulation plaisante. Nous portons attention à leurs demandes. D’ailleurs, vu de l’extérieur, on pourrait croire qu’ils passent leur temps à jouer. C’est vrai que les enfants n’ont pas forcément l’impression de travailler. Et quand je vois les progrès qu’ils font, je suis convaincu par cette approche. »

Témoignages recueillis par Nathalie Picard

Reportage : L’enfant autiste au cœur de l’attention

À Tours-Nord, un nouvel établissement expérimental accompagne de jeunes autistes. Parti à la rencontre de leurs éducateurs, tmv est revenu impressionné par leur dynamisme.

Gaëlle Fernandes, éducatrice, amuse les enfants.

Avec ses murs grisés par le temps et ses fenêtres obstruées par des volets roulants, l’ancien collège Paul-Valéry paraît bien triste. Pourtant, depuis le mois de mai, le site connaît une nouvelle vie : « Établissement Aba de Tours », peut-on lire sur la pancarte bricolée à l’entrée. Installé au rez-dechaussée, un établissement médico-éducatif accueille de jeunes autistes. Aba, c’est l’acronyme d’Applied behavior analysis, une approche basée sur l’analyse du comportement. Derrière la haie de thuyas, des fenêtres laissent percevoir quelques têtes d’enfants : l’un d’eux est en train de sauter, une jeune femme à ses côtés. C’est dans la salle de motricité que s’amuse le petit. À l’intérieur, des tapis bleus recouvrent le plancher, et la piscine à balles fait des heureux. Gaëlle Fernandes, l’une des éducatrices, agite un large tissu multicolore, pour le plus grand plaisir de Jules*, qui en redemande. Un joyeux bazar à vocation éducative, explique Johan Toulouse, psychologue Aba de l’établissement : « Jules a bien travaillé, c’est grâce à cela qu’il peut profiter de ce moment de récréation et de détente. C’est un temps de renforcement, une notion essentielle dans notre approche. »
Le renforcement ? « C’est l’inverse de la punition », répond le spécialiste. En somme, une récompense, même si Johan Toulouse n’aime pas utiliser ce mot. « Les punitions restent exceptionnelles. Le renforcement représente 99 % de notre pratique. Suite à un bon comportement, obtenir un moment de plaisir va donner envie à l’enfant de se tenir de la même manière. » À force de répétitions, les jeunes autistes, qui ont du mal à communiquer, finissent par comprendre, par exemple, que crier ou taper n’est pas une solution.

Des étagères pleines de jeux à demander.

Comme Jules, huit autres enfants de trois à sept ans et demi fréquentent les lieux. Un dixième étant sur le point d’arriver, la structure affichera complet. C’est un père d’enfants autistes qui a porté le projet d’ouverture dès 2008 avec Agir et vivre l’autisme, une association qui développe un réseau national d’établissements de ce type. De longues années ont été nécessaires pour obtenir les financements publics. La structure expérimentale, sous la tutelle de l’agence régionale de santé (ARS), se distingue par son taux d’encadrement élevé – un intervenant pour chaque enfant – ainsi que sa prise en charge spécifique (Aba).
Deux critères déterminent l’admissibilité d’un enfant : la notification d’orientation de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) ainsi qu’un diagnostic d’autisme établi. « Nous bénéficions d’un agrément pour dix enfants de deux à douze ans, mais en réalité nous ciblons les plus jeunes, car plus la prise en charge est précoce, meilleurs seront les résultats », explique Félix Tran, le chef de service qui gère l’établissement tourangeau.

Pascaline Lair, éducatrice, montre une image à un enfant.

Lorsqu’un enfant arrive ici, Marc Jacob, moniteur-éducateur, détermine précisément ses difficultés à l’aide d’évaluations. « Ça nous permet de mettre en place un accompagnement individualisé, car chaque enfant est différent », estime par ailleurs le psychologue. Sur la base du curriculum établi à partir des évaluations, l’équipe éducative rédige ensuite des programmes détaillés. Un enfant peut en suivre quatre à douze en une année. Globalement, il s’agit de développer l’autonomie et la capacité à communiquer, apprendre et imiter. À chaque programme son objectif spécifique, comme uriner aux toilettes ou formuler une demande.
Pas facile, pour ces enfants, d’apprendre à demander. L’agencement de « la savane », la salle d’enseignement en environnement naturel (pour les spécialistes), a été pensé pour les y aider. Sur de hautes étagères grises reposent des bacs en plastique soigneusement étiquetés : pâte à modeler, legos, voitures, dînette… Tous ces jouets bien rangés, les enfants peuvent les voir mais pas y accéder. Pour en obtenir un, il faut le demander correctement.

Dans cet espace de jeu, installé à une petite table, Tom* tient consciencieusement son feutre bleu. Concentré sur sa feuille, il s’applique : « Ils ont l’air heureux, papa et maman », l’encourage son éducatrice, tout en regardant son dessin. Ici, toute la journée, on entend un concert d’encouragements et de compliments. Toujours dans l’idée de renforcer les bons comportements. Dans la pièce d’à-côté, c’est un « bravo, ouhaou ! » qui retentit. Pascaline Lair, éducatrice, s’enthousiasme des efforts d’Emma*, la brunette assise face à elle. Ici, c’est la salle d’enseignement à table. Les espaces de travail, de petits bureaux, sont délimités par des cloisons amovibles.
Première étape : apprendre aux enfants à coopérer. Face à une demande simple, comme « lève les bras », leur collaboration va leur permettre d’obtenir un moment de jeu. L’idée, c’est de leur donner envie de venir travailler au bureau. Les apprentissages plus poussés viennent dans un second temps. « Avion », « fromage », « clé », Emma doit répéter les mots énoncés par Pascaline Lair, reproduire ses gestes ou encore sélectionner des images. À chaque bonne réponse, elle gagne un jeton. Dix jetons accumulés, et elle obtient un temps de jeu. Satisfaite, la fillette s’amuse avec une petite maison rose. « Je ne vais pas tarder à la reprendre », prévient l’éducatrice, qui s’exécute quelques minutes après, pour se lancer dans une nouvelle série d’exercices. Très cadrés, ces temps de travail durent quinze minutes par heure maximum. En parallèle, Pascaline Lair remplit une feuille de cotation, qui lui permet de mesurer précisément le comportement de l’enfant. Pour éviter toute subjectivité dans son suivi.

Au fond de la pièce, un garçon est assis à une table, face à un tableau blanc accroché au mur. Un peu comme dans une classe ordinaire. L’éducatrice, elle, se tient debout, comme le ferait une maîtresse. À sa demande, Léo* se dirige vers le tableau afin d’y inscrire une série de chiffres. Pour l’instant, il est le seul à aller à l’école, dans le cadre d’un temps partagé. « Pour les enfants comme Léo, nous travaillons sur des compétences spécifiques. Par exemple, suivre une consigne de groupe », souligne le psychologue Aba. Pour que la transition s’effectue en douceur, Léo se rend à l’école avec son éducatrice. Permettre à leur petit de rejoindre un jour l’école ordinaire, comme les autres enfants, tel est certainement le plus grand souhait des parents.

* Les prénoms ont été changés.

Reportage et photos de Nathalie Picard

> Retrouvez les témoignages du moniteur éducateur et de la directrice de l’établissement ICI 

Redonner le jeu et se remettre à travailler.

Le Bistrot d’autrefois : la bonne adresse au Nord

Il n’y a pas que la place Plum’ dans la vie ! Tmv est allé fouiner du côté de Tours Nord et a testé le Bistrot d’autrefois.

Le nom annonce la couleur : de vieilles bouteilles de vin sont accrochées aux murs, des boîtes métalliques rouillées affichent le nom d’anciennes marques prestigieuses et les tabourets sortent tout droit de bistrots traditionnels. La cuisine française est au rendez-vous. En entrée, le velouté de céleri est un délice, avec une décoration sobre mais soignée. En plat, le filet mignon de porc à la sauce moutarde fait partie de ces plats simples mais qui ne sont pas toujours les plus faciles à réussir, surtout quand ils concurrencent ceux de nos grands-mères. La cuisson est idéale, la sauce ni fade ni trop forte (et avec toutes ces bonnes choses, on remercie le patron de nous ravitailler régulièrement en pain).
La cuisine est affaire de détails et celle du Bistrot d’autrefois n’en manque pas : on pourrait par exemple regretter que le filet mignon soit servi avec des spaghettis (qu’on peut aisément faire à la maison), mais ils sont méticuleusement préparés. Le dessert ? Mon dieu ! Une tarte aux pommes aérienne, avec un petit goût d’amandes. Encore !

Forcément, on cherche à savoir qui se cache derrière les fourneaux. Un grand chef retraité ? Un passionné timide ? Eh bien non. C’est une jeune apprentie de 22 ans, dont les mains sont autant remplies de farine que d’or. Le choix peut surprendre. « Avant j’avais un associé, une serveuse et un cuisinier », raconte Laurent, le patron.

Ce n’est pas la crise qui a eu raison de cet entrepreneur, mais les trois années de travaux du tram : « J’ai perdu tous mes habitués. » Les clients du quartier sautent désormais dans le tram pour aller au coeur de la ville. Le conseil de faire route en sens inverse s’impose : ce n’est pas un restaurant gastro, mais pour un menu à 15 €, la découverte vaut le coup. Le petit plus ? Un jardin caché dans l’arrière-cour.

Julia Mariton

60 avenue André-Maginot. Ouvert du lundi au samedi le midi, et le soir uniquement pour des réservations de groupes.
Contact : 02 47 54 57 54 ou un petit tour sur leur FACEBOOK.
Menu unique à l’ardoise (deux choix à chaque fois) avec entrée + plat + dessert pour 15 €.

Enfants : Un anniv’ 100 % foot

Tmv a déniché un lieu original pour fêter son anniversaire : le Five. Un hangar aménagé pour le football indoor.

Il est un peu plus de 14 h ce samedi après-midi de septembre au Five. Gabriel et Edouard, deux copains tourangeaux, soufflent leur huitième bougie. Ils ont invité pour l’occasion une dizaine de camarades de classe. Equipés d’une tenue de sport, les petits joueurs sont impatients de pouvoir s’adonner à leur passion favorite durant deux heures. Premier coup de sifflet de l’arbitre (le papa d’Edouard se prend au jeu), la partie commence sur l’un des six terrains sur gazon synthétique mis à disposition par l’établissement. On se croirait chez les pros : Les petits joueurs s’invectivent, se tâclent et crient aux erreurs de l’arbitrage.

« Il faut qu’il y ait au moins un adulte qui encadre, pour éviter tout dérapage », indique Emma, l’une des mamans présentes. « L’objectif est que les enfants passent un bon moment, continue Frédéric, le papa de Gabriel. Cela doit rester un échange sportif , il n’y a pas de perdant ni de gagnant ! » C’est la mi-temps, les jeunes footballeurs reprennent leur souffle. Karl, 7 ans et demi, fan de Benzema, en profite pour suivre le championnat de ligue 1 retransmis sur grand écran. « Ils vont bien dormir ce soir », lance Julie, une autre maman qui assiste à la rencontre depuis le bord du terrain.
La fin du jeu approche… « Le petit plus ? », demande la directrice des lieux, Sandy Levittas, ancienne grande joueuse de football. « Nous proposons une retransmission vidéo du match ! »

Anne-Cécile Cadio

Infos et réservation Formule Anniversaire (comptez un bon mois à l’avance) : le Five, 15 avenue du Danemark à Tours Nord au 02 47 51 62 40.

Plus d’infos sur lefive.fr

On a testé : pilote d'avion !

Un simulateur de vol vient d’ouvrir ses portes à Tours Nord. Un de nos journalistes s’est transformé en commandant de bord.

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Alignement en bout de piste, préparation au décollage ! » Bergame, Italie. Après une petite escale, je m’apprête à repartir à bord de mon Airbus A320. Evann, mon copilote, vérifie que nous sommes parés. Décollage. Main droite sur la manette des gaz, gauche sur le manche, je lance l’avion à pleine vitesse.

L’avion ? Pas exactement. Je suis en réalité à bord du simulateur Aviasim, installé depuis peu au coeur de la zone industrielle de Tours Nord. Et même si je suis pleinement conscient que toute l’expérience à laquelle je suis en train de participer est virtuelle, je me sens dans la peau d’un vrai pilote. C’est impressionnant de réalisme. Le simulateur reproduit à 99% les conditions de vol réelles.
La sueur commence à perler le long de mes tempes, tout mauvais geste peut entraîner le crash. À mes côtés, Evann, pilote professionnel fraîchement diplômé, me prodigue tous les conseils nécessaires au bon déroulement du vol. Installé confortablement dans le siège de commandant de bord, je suis entouré de boutons et de cadrans. Devant moi, un ingénieux système d’affichage panoramique me plonge en totale immersion.

Après plusieurs manoeuvres, Evann m’invite à regagner la piste de Bergame pour atterrir. Je m’aligne, sors le train d’atterrissage et entame la descente. Tout ça sans connaissance particulière de l’aviation. C’est d’ailleurs là que réside la grande force d’Aviasim. Faire découvrir le fonctionnement d’un avion de manière ludique. 500 m de la piste. Un bruit d’alarme retentit dans le cockpit. Mon moteur droit est en train de lâcher. Je n’ai pourtant touché à rien ! Je me retourne et vois Thomas Gasser, fondateur d’Aviasim, en train de pianoter sur l’ordinateur de contrôle, le sourire aux lèvres.
Toute panne peut être simulée à tout moment pour tester la réactivité du pilote. 100 m de la piste. Mon appareil se déporte à droite, l’atterrissage s’annonce musclé. Tant pis pour la piste, je dois poser l’avion dans l’herbe. Les roues à peine au sol, j’inverse les gaz, enclenche les freins, l’avion dérape et finit par regagner la piste pour un arrêt complet. « Félicitations, me lance Evann. Bon, en conditions réelles, vous auriez crashé l’avion. Mais c’est un bon début ! ». Je pense aux 150 passagers assis derrière moi. La prochaine fois, promis, j’atterrirai correctement !

√ EN BREF
LE PUBLIC
Aviasim s’adresse à la fois aux particuliers désireux de découvrir le fonctionnement d’un avion de ligne, mais aussi aux professionnels souhaitant perfectionner leur connaissance de l’Airbus A320. Abordant l’aviation de manière ludique et prônant l’entente entre pilote et co-pilote, le simulateur séduira aussi les comités d’entreprise désireux de renforcer l’esprit d’équipe au sein de leur société.

L’ÉQUIPE
Image1La gérante Emmanuelle Mary est épaulée par deux jeunes pilotes professionnels pour assurer le fonctionnement du simulateur et accompagner les clients pendant le vol. Lors de notre test, Thomas Gasser, fondateur d’Aviasim (à droite sur la photo), était présent et n’a d’ailleurs pas hésité à paramétrer le simulateur pour perturber notre vol et tester notre réactivité !

PRATIQUE
Les locaux d’Aviasim se situent au 7 allée Colette-Duval à Tours Nord et sont ouverts au public et aux entreprises sur réservation. Plusieurs packs incluant du temps de vol et un briefing sont disponibles, les tarifs allant de 99 à 249 €. L’équipe propose également un stage antistress pour les personnes effrayées par les trajets en avion. Plus d’infos sur aviasim.fr et au 09 81 19 39 99.

Salons historiques façon Choiseul

Le lycée Choiseul, au nord de la ville organise la 2e édition des rencontres historiques. Le thème ? Les femmes.

Les Salons de Choiseul
Sylvie Mercadal est professeur documentaliste, Stéphane Genêt, lui, enseigne l’histoire-géo. Ils sont tous les deux à l’initiative de ce bel événement.
Comment tout a commencé ?
S.M. : c’est parti d’une discussion de couloir, nous avions tous les deux le même constat sur le lycée.
Quel constat ?
S.G. : l’établissement avait un problème d’image à l’extérieur. Ni positif, ni négatif, nous étions juste un peu perdus dans le nord de la ville. Pourtant, nous sommes le deuxième plus gros lycée du département et le plus au nord, au bout de l’empire romain (rires) !
S.M. : nous sommes fiers de cet établissement et voulons le montrer, attirer le maximum d’élèves motivés.
S.G. : il y avait une forme de Choiseul pride.
Vous avez alors eu l’idée de ces rencontres historiques…
S.M. : je faisais régulièrement venir des intervenants dans le CDI, il existait une base, mais rien de cette ampleur.
S.G. : Nous ne savions pas que c’était impossible, mais nous l’avons fait ! Je sortais de ma thèse et j’avais beaucoup de contacts qui pouvaient intervenir en histoire. Nous sommes partis sur 10 conférences au début pour finalement en organiser 28 en 2012.
Et cette année ?
S.M. : nous avons mis en place 40 conférences au sein du lycée avec une cinquantaine d’intervenants. À qui s’adressent ces conférences ?
S.G. : d’abord aux lycéens de Choiseul et des autres établissements. Mais c’est un événement ouvert à tout le monde. Il suffit de s’inscrire avant les conférences. Certaines personnes ne vont pas forcément à Blois pour les Rendez-vous de l’Histoire, maintenant, l’histoire vient à eux, à Tours.
Quels ont été les retours des lycéens pour la première édition ?
S.M. : nous avons eu beaucoup de réactions positives, enthousiastes. Les élèves que je vois prendre les plaquettes de présentation des conférences, font comme s’ils étaient au restaurant. Comme un menu, ils cochent ce qui leur donne envie, avec beaucoup de gourmandise.
S.G. : certains invitent leur famille, un peu pour montrer à quel point l’endroit où ils travaillent est sympa.

Pour aller voir le programme et s’inscrire vite, vite, vite

Bistrot du nord

Une bonne adresse que les Tourangeaux du nord ont su garder sécrète. Avec le tram, tout le monde va pouvoir tester !

La table de sandrine
Le calme de l’avenue André-Maginot, au nord de la Loire, laisse parfois la place au bruit du tram sur les rails. La nouvelle artère semble être passée au tamis, affichant ses belles pierres blanches sur les façades et laissant apparaître quelques pépites. La Table de Sandrine fait partie de ces petits trésors découverts au hasard. Depuis maintenant deux ans, cette adresse vit sa vie de bistrot de quartier, rendant heureux les habitués des lieux. À l’intérieur, rien ne la distingue des autres adresses modestes du centre-ville, déco sobre de brasserie familiale, la salle est presque pleine. Au mur, le principe qui rend ce restaurant vraiment intéressant : des ardoises avec quelques plats. Chaque jour, la carte change. Deux entrées, deux plats, deux desserts et basta.  Ah si, pour les amoureux de viandes, vous pourrez toujours choisir un bon morceau de boeuf, cuit ou cru.
Service bistrot, Sandrine la bien nommée sait y faire. Sourire et efficacité. Il faut pouvoir être bien accueilli tout en mangeant rapidement entre deux rendez-vous. Quand les plats arrivent, l’intuition est vite vérifiée : pas de chiqué mais des aliments sains, bien travaillés. La salade est bien assaisonnée, l’agneau est correctement grillé, la ratatouille garde encore le soleil de l’été. Que demander de plus pour 13 euros les trois plats ? Quelques minutes après l’addition, on apprend que les légumes viennent du potager du chef, Thierry, le mari de Sandrine. Ils ont vraiment tout compris.

Chloé Vernon

8 avenue André-Maginot,
résa au 02 47 41 00 40
Arrêt de tram tranchée