C’est les vacances !

ET UNE SAISON DE PLUS, UNE ! Voici donc venu le temps de notre petite pause estivale. Une fois de plus, nombreuses ont été les (belles) rencontres, les surprises et les bons moments.

Une fois de plus, vous avez été au rendez-vous, le mercredi, à prendre votre tmv sous le bras et piocher à droite à gauche, un horoscope, un reportage, une interview ou une critique ciné. Mais Tmv va maintenant enfiler son maillot et ses tongs (sans les chaussettes, pitié) pour quelques semaines de repos, avant de revenir à la rentrée. B

ien sûr, nous n’allons pas vous laisser comme ça, seul(e)s et fébriles, la main tremblante : pour ce numéro estival, voilà donc sept mini-tmv à grignoter tout au long des vacances jusqu’à notre retour, avec un paquet de bonnes idées et de sorties à faire si vous restez à Tours ou dans les alentours… et bien entendu, un horoscope plein de soleil en fin de journal. Bref, à consommer sans modération.

D’ici là, bel été à toutes et à tous et excellentes vacances ! Revenez en pleine forme.
Rendez-vous le 28 août !

La rédac’

 

DES LIGNES

DES LIGNES, c’est bien un truc d’humain ça, de tracer des lignes partout comme ça. Des lignes droites, gravées dans le sol et qui séparent deux pays pour toujours. Des lignes si puissantes qu’un président américain, juste en les franchissant d’un pas, croit entrer dans l’histoire. Des lignes tracées par les guerres et les traités, blanches pour la photo mais, le plus souvent, rouge du sang des hommes.

Ce n’est rien, une ligne, qu’un trait de peinture posé par terre, sur le goudron des frontières ou sur la pelouse d’un stade de foot. Et pourtant, ça change tout.
Si le ballon franchit la ligne blanche, c’est l’explosion. Des larmes pour les unes, le grand bonheur pour les autres. Si le pied n’est pas posé sur la ligne, plus rien ne va, il faut retirer le penalty.

Et vous savez quoi ? Des lignes, on en a même dans la tête. Les idées des hommes, noires ou vertes, bleues ou rouges, finissent toujours par suivre une ligne. Et même à tmv on a la nôtre, éditoriale, qui guide nos choix et nos journées.

Oui, mais voilà, si on efface les lignes, on ne peut plus jouer au ballon. Et puis, effacer l’histoire, quelle folie ! Alors, comme les enfants, jouons des lignes. Comme les artistes, dansons dessus et le monde, je vous assure, en sera plus léger.

Matthieu Pays

Baba au rhum

IMAGINEZ. Vous entrez chez votre pâtissier préféré, les papilles déjà émoustillées par la promesse des saveurs fruitées, sucrées, chocolatées qui vont s’offrir à vous.
Déjà, vous salivez à l’idée de ce dessert que vous allez rapporter pour votre déjeuner dominical en famille. Vous entrez chez votre pâtissier préféré et, en un mot comme en cent, c’est un peu la fête…

Et là, dans tous ses présentoirs réfrigérés, vous voyez quoi, alignés comme une armée de clones de l’armée impériale ? Une impressionnante collection de Paris-Brest. Que des Paris-Brest. Des Paris-Brest partout. À la place des éclairs, des opéras, des fraisiers, des Balzac, même : des Paris-Brest. Vous vous étonnez.

Vous questionnez. « Oui, mais les gens, ce qu’ils veulent, c’est des Paris-Brest », qu’il vous dit, votre pâtissier préféré. Dépités, vu que vous n’avez pas envie de renoncer à votre dessert du dimanche, vous grognez un peu et puis, vous achetez un gros Paris-Brest bien crémeux. C’est pas que vous n’aimez pas les Paris- Brest, mais bon, vous auriez bien aimé avoir le choix, rêver un peu, quoi…
Maintenant, arrêtez d’imaginer et remplacez le mot « pâtissier » par le mot « média » et « Paris-Brest » par « canicule ». Et bon appétit, bien sûr !

Matthieu Pays

Bac nouvelle génération

PARCE QUE LES SUJETS DU BAC DE PHILO 2019 AVAIENT UN GOÛT D’ACTUALITÉ… Et qu’une aide supplémentaire est toujours la bienvenue.

Sujet 1 : « Le travail divise-t-il les hommes ? » (Vous vous aiderez, dans votre réflexion, de la réforme des retraites étudiée par le gouvernement)

Sujet 2 : « La morale est-elle la meilleure des politiques ? » (Illustrez votre propos avec l’affaire Balkany)

Sujet 3 : « Les lois peuvent-elles faire notre bonheur ? » (Soulignez votre analyse avec les dernières déclarations d’Emmanuel Macron se montrant sceptique quant à la loi Asile et Immigration)

Sujet 4 : « Est-il possible d’échapper au temps ? » (Ne soufflez pas la réponse au bachelier de 77 ans, le plus âgé de 2019)

Sujet 5 : « Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ? » (Document ci-joint : Violences policières, l’utilisation du LBD a connu une hausse de 203 % en France.)

Sujet 6 : « Seul ce qui peut s’échanger a-t-il de la valeur ? » (Conseil : ne parlez pas des deux policiers mis en examen pour trafic de drogue)

Commentaire de texte : « Récemment, la classe politique s’est insurgée des propos polémiques de la chanson « Doux pays » du rappeur Nick Conrad, mais pas de la tenue d’un concert néo-nazi en Bretagne pour célébrer l’anniversaire d’Hitler. Expliquez pourquoi. »

Aurélien Germain

COMME UN ARBRE DANS LA VILLE

PRENEZ UN BÉBÉ CHÊNE, UNE JEUNE POUSSE PROMETTEUSE QUE QUELQU’UN, dans une exploitation forestière du nord de la France, choisit entre des milliers d’autres pour lui donner un destin exceptionnel. Il sera l’arbre que la présidence de la République lui a commandé pour être offert au président américain à l’occasion d’un voyage présidentiel outre-Atlantique.

Le symbole du chêne, tout ça, on ne vous fait pas un dessin. Et voilà la jeune pousse choyée, mise en pot et à la place de choix dans l’avion présidentiel. On la bichonne pour qu’elle soit la plus belle, la plus saine, la plus vivace de sa génération.

Et vient le jour de gloire, deux présidents, pelle à la main qui font mine de lui creuser son trou. En fait, pour de vrai, il est prêt depuis longtemps le trou, mais c’est pour la photo.
Et la photo, elle fait le tour du monde, le petit chêne s’imprime sur les journaux du monde entier. Puis, les feux de la rampe s’éteignent, les grosses voitures officielles repartent. On laisse l’arbuste tout seul dans son coin. Mais pas longtemps.

Un peu plus tard, on vient le déplanter et le remettre dans un autre pot, à la va-vite, sans terre et sans eau. Puis, on le met en quarantaine, au Guantanamo des organismes vivants, des fois qu’il ait fait rentrer sur le précieux sol américain quelque saleté venue d’Europe. Et on l’oublie. Le chêne de l’amitié, planté en grandes pompes, sous les sourires et les flashs, en avril 2018, meurt dans un entrepôt comme une mauvaise herbe. Symbole, vous avez dit symbole…

Matthieu Pays

JOUR DE FOIRE

ALEXANDRE PARCOURT DE SON REGARD PERÇANT LES ALLÉES DE LA FOIRE DU TRÔNE. Il marche d’un pas faussement nonchalant entre les vendeurs de pommes d’amour et les stands de barbe-à-papa.

À la ceinture, un talkie dernier cri et, sous sa veste en cachemire, dans son holster en cuir de Cordoue, un Magnum 357 factice qu’il espère ne pas avoir à sortir aujourd’hui. Depuis qu’on lui a confisqué le sien, Alexandre n’est plus le même. Il est comme perdu. Lui, qui a tant fait pour son pays, comment ont-ils pu lui faire ça ?

Sans bonne sécu, il n’y a pas de bon candidat, il n’y a pas de bon président. Il le sait bien, Manu. Il a cette dette envers lui et il le sait. Marcel, c’est un forain qui en a, lui au moins, c’est sûr. Ils se sont tapé dans la main, ils ont fait ça à l’ancienne.
Il sait qu’on ne peut pas doubler un gars comme Alexandre, Marcel. Alors y’a la confiance. Au bout de l’allée, la grande roue attire les badeaux et les gamins surexcités. Ça grésille dans le talkie. « Alex, Alex ! Ici central. Tu peux checker à la billetterie entrée sud. On nous a signalé un vol de doudou. »

Alexandre accélère le pas. Juste quand il passe devant le grand chamboultout, la tête d’un petit Laurent Wauquiez en chiffon est dégommée par un gamin en costume bleu. Ça ne le fait même pas sourire, Alexandre.

Matthieu Pays

A voté !

JE LES AI VUS À DEUX SUR UN VÉLO, LUI DEVANT, ELLE ACCROCHÉE À LUI, BALANÇANT SES JAMBES EN AVANT COMME SUR UNE BALANÇOIRE. Ils roulaient en zigzaguant un peu et en riant beaucoup, chahutés par les pavés de la rue Colbert. Ils venaient de se casser le nez à l’école primaire Anatole-France où, ils en étaient sûrs, se tenait leur bureau de vote.

Ils faisaient le tour du quartier, à la recherche d’une mystérieuse rue des Jocobins dont ils ignoraient jusqu’à l’existence. Smartphone en main, ils n’avaient pas tardé à revenir sur leurs pas, découvrant que la rue en question se trouvait à deux pas de leur point de départ.

« C’est au gymnase Anatole-France, en fait… » Ils avaient laissé sans l’attacher le vélo à l’entrée du bureau. Lui s’était rendu compte en entrant qu’il avait oublié sa carte d’identité chez lui. Il avait voulu renoncer et elle avait dit, non, vas-y cours, tu as le temps. Il était revenu un peu plus tard, essoufflé mais ravi. Il restait dix minutes avant la fermeture du bureau, on était large. Ils s’étaient demandé comment faire, quels bulletins prendre ?

Les prendre tous ? « Pas écolo, tous ces papiers. » Ils avaient bien ri en entrant chacun dans leur isoloir. Ils s’étaient approchés de leur bureau, un peu intimidés. « Il faut aller où ? », « C’est écrit là, sur ta carte, regarde ! ». Et puis, ils avaient accompli pour la première fois le petit rituel républicain : l’identité, l’enveloppe, la signature. Et le monsieur, avec un petit regard complice avait dit : « A voté ».

Et cela, pour eux, voulait dire : « Est devenu adulte », « Peut faire entendre sa voix ». Rien de moins.

Matthieu Pays

Nom de Zeus !

— « MARTY, NOM DE ZEUS ! LE MONDE DE 2019 EST DEVENU UN ENFER ! Si nous ne faisons rien, les réseaux sociaux vont dévorer les cerveaux de vos enfants, les hommes vont assécher la planète et le Tours FC va finir en troisième division de district. Et toi, Marty… »
— « Quoi Doc, qu’est-ce qui m’arrive dans le monde de 2019 ? »
— « Il vaut mieux ne pas le savoir, cela pourrait avoir des conséquences
intergalactiques catastrophiques et conduire à l’implosion de la galaxie. Mais c’est que ce n’est pas beau à voir. Monte dans la machine, nous partons immédiatement !
— « Mais Doc, nous partons où ? »
— « La vraie question est : nous partons quand ? Dans les années 80, Marty, c’est là que tout à commencé. Le premier Mac Classic, le Club Dorothée, les plats lyophilisés, la Golf GTI, Dallas à la télé, le tournant de la rigueur ! Il faut créer un nouvel espace-temps, une réalité alternative, dans laquelle tout cela n’arrive pas. Alors, les algorithmes ne prendront pas le pouvoir et la planète pourra respirer ! »
— « Et pour le Tours FC, doc ? »
— « 1983, Marty, dernier match de la saison à la Vallée du Cher. Il faut absolument empêcher Delio Onnis de quitter le club. Tout part de là ! En voiture, nom de Zeus ! »

FICTION (enfin espérons…)

14 MAI 2039. C’est de son hydro-plateforme amarrée quelque part en mer de Béring et dont la position est un des secrets les mieux gardés du monde, que Mark Zuckerberg a fait ce matin, jour de son 55e anniversaire, une déclaration universelle via les réseaux mondiaux qu’il contrôle.

« C’est avec fierté et un grand bonheur que je proclame aujourd’hui et unilatéralement, la naissance FaceWorld en tant qu’État indépendant », a déclaré le patron, entre autres, de Facebook, Instagram et Whats’App. Cette déclaration vient confirmer une situation de fait, puisque FaceWorld contrôle plus de 90 % de l’activité mondiale sur les réseaux sociaux et que ses revenus échappent très largement à toutes les règles fiscales des pays où l’entreprise est déployée.

Son chiffre d’affaires global, de 6 200 milliards de dollars, place le groupe en troisième position des pays les plus riches du monde. Dans sa déclaration, le dirigeant autoproclamé indique qu’il ne revendique aucune place dans les instances internationales existantes, précisant qu’il ne reconnaît pas leur légitimité et ne soumettra à aucune de leurs injonctions. FaceWorld ne dispose que d’une armée symbolique, mais le nouvel État contrôle de fait l’intégralité de la circulation des informations dans le monde.

Mark Zuckerberg est donc assis sur un puits de pétrole qui ne semble pas prêt de se tarir.

Matthieu Pays

MERCI FRED

L’AUTRE SOIR, IL Y AVAIT FRED VARGAS À LA GRANDE LIBRAIRIE et ce n’est pas très souvent qu’elle vient à la télévision, Fred Vargas. Ce soir-là, elle n’était pas là pour présenter son dernier Adamsberg. Elle en a vendu cinq millions en dix ans, merci, elle n’a pas besoin de ça. Non, elle était venue pour un essai qu’elle a écrit en urgence absolue, à la suite de l’échec de la Cop 24, en décembre dernier et qui s’intitule L’Humanité en péril. Parce qu’elle est chercheuse, en fait, Fred Vargas. Des années au CNRS, spécialité archéozoologie.

Et, sur le plateau, elle a fait tout ce qu’il ne faut jamais faire à la télé. Elle a monopolisé la parole, elle n’a pas répondu aux questions, elle s’est embrouillée, elle s’est prise au sérieux et, crime absolu à l’ère cathodique, elle n’a pas été très rigolote. C’était pénible à suivre, brouillon, agaçant, même parfois. Mais sincère. Sans formatage. Et c’est pour ça qu’on l’a écoutée. Pour ça, justement, que le message est passé. Enfin. Elle n’était pas venue participer à une émission de télévision.

Elle était venue lancer un cri d’alarme. Sans éléments de langage, mais avec son bagage de femme, d’artiste et de scientifique. L’abbé Pierre, en 1954, en quelques mots de fureur, avait fait changer le regard des Français sur la pauvreté, sur le mal-logement. Fred Vargas, en quelques minutes à la télé, a fait pareil avec l’urgence climatique. Merci Fred.

RECONSTRUCTIONS

À L’IDENTIQUE OU MISE AU GOÛT DU JOUR ?

En bois ou en béton ? Les projets de reconstruction de Notre-Dame s’empilent et la fine fleur de nos architectes rivalise de talent et d’inventivité pour répondre à l’appel de grandeur lancé l’autre jour par notre Président. Tmv, vous le savez, n’hésite jamais à s’engager et à entrer dans le débat et si nous pouvons apporter notre pierre à l’édifice, à notre modeste niveau, il est de notre devoir national de le faire. Voici l’idée : au lieu de choisir entre toutes ces propositions qui sont chacune un des reflets du génie français, si on les adoptait toutes ?

Concrètement : on refait la charpente et on installe un système de clips pour la flèche. Comme ça, on peut alterner. Et les possibilités sont infinies : Baccara, pour son anniversaire, peut nous faire une belle flèche en cristal. Patrick Roger nous en fait une version en chocolat pour Noël. En forme de fusée pour célébrer un nouveau lanceur Ariane…

Infini, on vous dit. Après, pourquoi pas, on met aussi la rosace et les vitraux dans le thème avec des verres amovibles. Et, chaque fois que les touristes viendraient à Paris, Notre-Dame serait, comme dit le poète ni tout à fait la même ni tout à fait une autre. Magique !

Matthieu Pays

La leçon des pierres

IL Y A QUOI, DEUX MOIS, QUELQUES SEMAINES, j’y suis passé devant la vieille dame de Paris. Avec des amis, nous avions flâné sur les quais de la Seine et nous avions soudainement décidé de nous offrir une glace sur l’île Saint-Louis.

Nous sommes restés quelques minutes sur le parvis de Notre-Dame, levant la tête pour guetter les grimaces des gargouilles, slalomant entre les files de touristes et les vendeurs à la sauvette. Et je me souviens avoir eu envie d’entrer. Mais le long serpent polyglotte qui s’étirait devant la façade majestueuse m’avait découragé et, une fois de plus, j’avais reporté à ma visite à plus tard. Je ne reverrai plus comme je l’ai connue la nef de la cathédrale Notre-Dame.

En une nuit, le moment est passé et ce que je croyais pouvoir remettre à demain s’est soudainement évaporé. Et, curieusement, au matin de cette nuit d’incendie, ce n’est pas aux pierres que j’ai pensé. C’est aux gens.
À ceux que l’on imagine tellement à portée de main, à portée de cœur que l’on ne prend plus la peine de les visiter. À ceux que l’on aime, bien sûr, mais que l’on ne fait finalement que croiser. À ceux que l’on reverra, un jour. Chacun tirera de la catastrophe de Notre-Dame l’enseignement ou la morale qu’il voudra. Moi, j’en retiens une leçon de vie : il ne faut jamais remettre une visite à demain.

Matthieu Pays

LA LEÇON DES PIERRES

IL Y A QUOI, DEUX MOIS, QUELQUES SEMAINES, j’y suis passé devant la vieille dame de Paris. Avec des amis, nous avions flâné sur les quais de la Seine et nous avions soudainement décidé de nous offrir une glace sur l’île Saint-Louis. Nous sommes restés quelques minutes sur le parvis de Notre-Dame, levant la tête pour guetter les grimaces des gargouilles, slalomant entre les files de touristes et les vendeurs à la sauvette. Et je me souviens avoir eu envie d’entrer. Mais le long serpent polyglotte qui s’étirait devant la façade majestueuse m’avait découragé et, une fois de plus, j’avais reporté à ma visite à plus tard. Je ne reverrai plus comme je l’ai connue la nef de la cathédrale Notre-Dame. En une nuit, le moment est passé et ce que je croyais pouvoir remettre à demain s’est soudainement évaporé. Et, curieusement, au matin de cette nuit d’incendie, ce n’est pas aux pierres que j’ai pensé. C’est aux gens. À ceux que l’on imagine tellement à portée de main, à portée de cœur que l’on ne prend plus la peine de les visiter. À ceux que l’on aime, bien sûr, mais que l’on ne fait finalement que croiser. À ceux que l’on reverra, un jour. Chacun tirera de la catastrophe de Notre-Dame l’enseignement ou la morale qu’il voudra. Moi, j’en retiens une leçon de vie : il ne faut jamais remettre une visite à demain. Matthieu Pays