La Clef : l’impro comme terrain de jeu

Pour fêter ses vingt ans, la compagnie La Clef organise ce weekend un festival d’improvisation à Chambray-lès-Tours. Rencontre avec sa responsable artistique, Valérie Lesage.

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Il y a 20 ans naissait la compagnie La Clef. C’était en 1998… …
grâce à la Coupe du monde de football ! Nous étions quelques comédiens issus de la ligue d’improvisation française à Paris, missionnés par une structure de Seine- Saint-Denis pour animer un grand espace au pied du Stade de France. Nous avons créé un monde où tout était rond, comme le ballon, et monté un spectacle pour des collégiens. Il fallait créer une structure pour mener ce projet, et c’est ainsi qu’est née la compagnie La Clef. Je suis arrivée sur Tours en 2001, et la compagnie s’est progressivement installée en Touraine, où elle est active depuis 2006.

Pourquoi « La Clef » ?
C comme compagnie, E comme événement et F comme formation. Quant au L, nous n’avons jamais trouvé de mot qui nous corresponde. Vous pourriez lancer un jeu concours auprès de vos lecteurs ?

Le premier spectacle tourangeau de la compagnie ?
C’est le catch-impro. Nous nous sommes approprié la dramaturgie du catch : les commentateurs, les agents de sécurité… Dès le hall d’entrée, le spectacle commence : le public, reçu par le service de sécurité et les agents d’accueil, est invité à écrire les thèmes de son choix sur des papiers. En parallèle, les commentateurs chauffent la salle, et un DJ fait monter la température. Lorsque les deux duos d’improvisateurs entrent en scène, on pioche au hasard un thème dans l’urne. Le décompte commence immédiatement : 5 – 4 – 3… Et l’improvisation démarre, sans préparation ni réflexion. Je joue souvent le rôle d’arbitre : il est là pour se faire huer, récupérer les énergies négatives du public afin que les comédiens jouent plus confortablement. C’est une réussite : nous entamons la 12e saison du spectacle. Au sein de la compagnie, il y a les spectacles, mais aussi les stages, les ateliers, les formations, les événements en entreprise…

L’impro, c’est pour tout le monde ?
Oui, aucun pré-requis n’est nécessaire. En 25 ans d’enseignement, je n’ai jamais rencontré quelqu’un incapable d’improviser. Par contre, certains ne s’autorisent pas à le faire. Pourtant, on s’amuse beaucoup : en état d’improvisation, tout devient prétexte au jeu, on retombe tous en enfance. On développe aussi plein de qualités humaines : l’écoute, le respect de la parole de chacun, l’acceptation de l’autre… Alors venez découvrir l’impro. Le seul risque que vous prenez, c’est de vous amuser et de trouver du plaisir !

Propos recueillis par Nathalie Picard

LA CLEF EN CHIFFRES :
> 150 adhérents > 6 ateliers hebdomadaires : 5 pour adultes et 1 pour ados
> Un noyau dur de 6 comédiens professionnels réguliers
> 50 salariés engagés temporairement sur une année

La citoyenneté sur les planches

La compagnie de théâtre l’Échappée Belle a travaillé sur la citoyenneté afin de proposer un spectacle documentaire, Les clefs du paradigme. Tmv a assisté aux répétitions.

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Non loin du bourg de Mettray, dans un lieu qui ressemble, à première vue, à un parc, l’allée de marronniers montre le chemin de l’église. Un village dans un village. Les bâtiments qui entourent le parc portent les stigmates des années écoulées. Sur la porte d’une des habitations de la propriété privée une affiche, discrète, est posée : « Compagnie l’échappée belle ».

Depuis trois ans, la troupe a posé ses valises ici, à l’Institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP). Il était peut-être écrit quelque part qu’une troupe de théâtre finirait par élire domicile en ces murs. En 1926, l’endroit accueillait le futur dramaturge Jean Genet, alors âgé de 15 ans. Accueillir n’est probablement pas le bon terme puisqu’à cette époque, et ce depuis 1839, il s’agissait d’une colonie agricole pénitentiaire. Mais les temps ont changé.

Aujourd’hui, la compagnie l’Échappée belle met en place des ateliers-théâtres au sein de l’établissement. C’est une manière pour ces adolescents qui souffrent de troubles du comportement de trouver une autre voie d’expression. « Nous connaissons l’évolution des uns et des autres. Depuis trois ans, nous voyons la transformation. Même les enseignants et les éducateurs nous le disent », assure Didier Marin, comédien. Depuis octobre, les acteurs travaillent autour de la problématique du harcèlement et de la discrimination. Ce dernier est aussi un des thèmes abordés dans leur spectacle documentaire sur la citoyenneté.

La citoyenneté ? Vaste programme. Qu’est-ce-que c’est ? Que représente-t-elle ? On la trouve partout, autour de nous. Pour réaliser ce spectacle, les comédiens ont dû comprendre ce qu’elle, dans notre société, représentait. Un travail de préparation de plus d’un an.

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Les quatre comédiens ont apporté leurs trouvailles, leurs idées. Sur certains points, ils se sont rapidement entendus. Parler de la devise « liberté, égalité, fraternité » leur semblait inévitable, tout comme parler du drapeau tricolore. Le texte n’est pas écrit noir sur blanc. Les fiches de répétitions sont une succession de mots clés. Seuls quelques poèmes sont intégralement écrits. Les clefs du paradigme, ils ne l’ont pas réellement conçu comme une pièce de théâtre. Diverses situations, diverses scènes complémentaires, viennent illustrer la thématique. Au fur et à mesure d’improvisations, la ligne directrice devient de plus en plus palpable. Des mots font naître des improvisations qui, elles-mêmes, font naître une écriture. Le spectacle s’est créé autour de témoignage, de rencontres, d’interviews.

Philippe Ouzounian, comédien et directeur artistique de la compagnie l’Échappée belle, est allé à la rencontre d’un migrant afghan et d’un migrant saoudien. Il voulait connaître leurs histoires et raconter leurs parcours. « Nous abordons la question de l’accueil des migrants de façon frontale », constate Didier Marin. Un sujet qui leur tient à cœur. Souvent, une des premières sources d’inspiration est notre propre histoire. Pour eux, cela a été le cas. Philippe Ouzounian est petit-fils d’immigré arménien, Didier Marin, fils d’immigré espagnol. Leur histoire, il la raconteront aussi sur scène. Pour l’instant, seuls les murs de leur salle de répétition sont témoins de ces récits.

Simplicité, humour

C’est en empruntant un escalier qu’on accède à leur lieu d’expression. Les marches en fer donnent un côté industriel à la pièce. À l’étage, des traces sont visibles sur le sol. Ce sont les marques d’anciens murets qui séparaient les box de l’ancien dortoir. Au fond, la pièce est délimitée par des murs peints en noir. « Les jeunes de l’ITEP ont restauré le lieu. Ils ont refait l’isolation, la peinture. Ils ont installé l’électricité… », détaille Philippe Ouzounian.

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Pour ce nouveau spectacle, pas de fioriture dans le décor mais de la simplicité. Ils ont conçu la mise en scène de ce nouveau spectacle avec les moyens du bord. « Un décor léché provoquerait un décalage avec la spontanéité de la pièce », note-t-il. Des journaux viennent symboliser la liberté de la presse, les marinières viennent rappeler les couleurs du drapeau… Au même étage, le tableau vert de l’ancienne salle de classe a été conservé.

Mais il ne faut pas s’y méprendre. Ce n’est pas une leçon sur la citoyenneté que propose la compagnie de l’Échappée belle. Les quatre comédiens ne tiendront en aucun cas le rôle de professeurs. Leur but, à travers ce spectacle documentaire, n’est pas d’apporter des réponses aux spectateurs. Ils veulent qu’ils se questionnent sur la citoyenneté. Le tout avec humour et légèreté. Car oui, nous pouvons rire de sujets aussi sérieux que le droit de vote, la discrimination à l’embauche ou encore l’égalité entre les femmes et les hommes.

Lundi 18 juin, 14 h et 18 h, Gymnase Rabière 1, Joué-lès-Tours. Gratuit. Ouvert à tous.

Théâtre : vivez « L’Expérience » !

La compagnie tourangelle Les 3 soeurs présente sa nouvelle création : L’Expérience. Un spectacle conçu sur-mesure pour l’espace culturel La Parenthèse à Ballan-Miré.

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C’est promis, l’avis du public sera pris en compte.

Godot est là. Venu du futur pour annoncer un message d’importance capitale : l’humanité est en danger. Ces trois émissaires – Lycos, Electra et Atari – réussiront-ils à conjurer le sort ? Leur mission : accueillir un homme augmenté, sur lequel repose désormais l’avenir de l’humanité. Sera-t-il à la hauteur ? « S’il échoue, l’humanité est perdue », annonce Electra. Suspense…

Sur l’histoire, vous n’en saurez pas plus. C’est que les deux créatrices du spectacle, Elsa Adroguer et Sonia Fernandez Velasco, de la compagnie tourangelle Les 3 sœurs, tiennent à garder le mystère. Tout juste distillent-elles quelques informations : « Le public sera aux manettes et son avis comptera, un peu comme dans les livres dont vous êtes le héros. » Avec en prime, une « expérience sensorielle », proposée dans le cadre d’un parcours théâtral multimédia. « C’est un concept singulier à découvrir le jour-J », résument les deux comédiennes. La grande première sera le samedi 2 décembre. Au programme : l’épisode 1 d’une nouvelle forme théâtrale.

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Les émissaires de Godot accueillent l’homme augmenté.

Pour le créer, la compagnie a bénéficié de quatre jours de résidence à La Parenthèse à Ballan-Miré. Ouvert depuis un an, cet espace culturel communautaire comprend une salle de spectacle de 300 places ainsi qu’une médiathèque dotée d’un bel équipement multimédia, avec un espace dédié aux jeux vidéos. « Nous disposons d’ordinateurs reliés à la fibre, de tablettes, de 8 postes de jeux avec 16 consoles dernière génération… », liste Sandrine Janvier, chargée de mission à la culture à la ville de Ballan-Miré.

Cet espace, la compagnie Les 3 sœurs l’a pleinement investi. « Nous ne souhaitions pas créer un spectacle, puis le vendre à divers programmateurs. La marque de fabrique de notre compagnie, c’est le sur-mesure, précise Elsa Adroger. Nous inscrivons notre création dans la dynamique du lieu. » À La Parenthèse, « c’est l’envie de promouvoir ce nouvel espace et de rassembler ses différents publics. ».
Le challenge relevé par la compagnie ? Réunir les fans de jeux vidéos, les amateurs de théâtre, les lecteurs… Autre spécificité : le projet s’est construit avec l’équipe de La Parenthèse : informaticien, jeunes en service civique, chargés de mission, régisseur… « Notre concept intègre le lieu et les personnes, poursuivent les comédiennes. Nous avons proposé aux agents de s’investir dans le spectacle. La création s’enrichit ainsi de leurs compétences. »

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Quand les codes de la science-fiction rencontrent ceux du théâtre de boulevard

L’équipe s’est mobilisée au-delà d’un accueil classique de résidence d’artistes : dans la préparation du spectacle, le développement d’outils spécifiques, le soir de la représentation… « C’est un partenariat étroit. Nous sommes quasiment dans l’esprit d’une coproduction, ajoute Sandrine Janvier. Par ailleurs, j’apprécie particulièrement la transversalité du projet. » Une transversalité qui se retrouve dans l’écriture. « Nous avons mélangé les codes de la science-fiction et du théâtre de boulevard. Nous avons travaillé sur l’image. Ça donne un objet hybride, un peu à notre sauce », décrit Sonia Fernandez Velasco.
Un objet non identifié ? En tout cas, cette forme originale est l’occasion de relier l’expression artistique et l’utilisation des nouvelles technologies. Mais ce n’est pas tout. Elle présente un autre objectif : servir le fond. Car le spectacle traite des émotions et de l’empathie, cette capacité à se mettre à la place de l’autre, à percevoir ce qu’il ressent. « Comment les émotions des uns et des autres interagissent ? C’est un sujet qui nous tient à cœur. Il nous pose question au quotidien », remarque Elsa Adroguer.

Un projet du troisième type, donc, que ses créatrices aimeraient décliner, sur d’autres thèmes à La Parenthèse ou dans d’autres lieux. L’histoire ne fait que commencer.

Par Nathalie Picard

En savoir plus :

L’Expérience – Épisode 1.
Parcours théâtral multimédia. Piloté, écrit et mis en scène par Elsa Adroguer et Sonia Fernandez Velasco (compagnie Les 3 soeurs) avec Elsa Adroguer, Sonia Fernandez Velasco, Julien Pillot, Mikaël Teyssié et la participation des agents de la Parenthèse. Soutien logistique et humain de La Charpente et de la compagnie Oculus.
> Samedi 2 décembre à 20 h 30, à La Parenthèse, 14 boulevard Léo Lagrange à Ballan-Miré. Durée : 1 h 40. Tout public (à partir de 6-7 ans). Tarifs : 6 €/4 €/3 €.
> Renseignements : service culturel au 02 47 68 99 90. service.culturel@mairieballan-mire.fr ou sur la billetterie en ligne.

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L’homme augmenté sera-t-il à la hauteur ?

Stars des planches et des bruitages

Ils montent sur les planches et créent les bruitages de leur spectacle. Ce sont les jeunes stagiaires de l’atelier Théâtre et sons de Courteline.

Tiens, et si on arrivait à imiter le son des gargouillis d’un loup ? C’est la mission de William, 8 ans, armé de son casque et de son micro. Tel un sourcier cherchant de l’eau, il part en quête de bruits.
Comme chaque semaine, le garçon participe à l’atelier Théâtre et sons de l’association Courteline. A trois enjambées, deux camarades répètent le texte de leur pièce, tandis qu’une autre teste un piano à pouces ou un mini-synthétiseur tenant dans la paume d’une main. « Le principe, c’est que le théâtre et les sons sont mis au service de la création », résume Magali Manceau, coordinatrice culture et loisirs de l’association Courteline.

Deux artistes du Théâtre des trois clous, une compagnie de spectacle vivant, animent cet atelier en binôme. Pas besoin d’être instrumentiste pour s’y épanouir. « L’objectif, c’est de faire de la musique sans notion de solfège, détaille l’artiste sonore Olivier Bosseron. On apprend à ouvrir ses oreilles, à décrypter les atmosphères, les sons qui nous entourent : rythmes de la nature, rythmes cardiaques, etc. » Ces découvertes sont mises au service d’un spectacle créé collectivement. Les bruitages enregistrés par les jeunes stagiaires seront intégrés à la pièce que ces derniers joueront début juin. Le thème : l’émancipation d’un loup qui veut sortir des rôles auxquels il est habituellement cantonné… Tout un programme sonore !

Flore Mabilleau

Rencontre : les enfants à l’école du cirque

Le cirque est une activité idéale pour développer motricité et imaginaire. La preuve avec la compagnie C’koi ce cirk.

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Passé l’imposant projecteur qui trône à l’entrée du Rexy, les trois rangées de strapontins et le grand écran de la pièce principale rappellent la vocation historique de ce lieu : un ancien cinéma de quartier, à Saint-Pierre-des-Corps. Pourtant, pas de doute : trapèze suspendu dans les airs, quilles multicolores, boule d’équilibre…
C’est bien dans une école de cirque que l’on se trouve. Celle de la compagnie C’koi ce cirk, qui a pris ses quartiers ici il y a un an. À peine arrivés, nous voici envahis d’une horde de petits chats : une douzaine d’enfants, qui avancent à quatre pattes, s’étirent et lancent des « miaou » à tout-va. Car l’échauffement n’est pas seulement corporel, mais créatif aussi.

Rapidement, six ateliers sont installés dans la salle : tissu aérien, trapèze, fil de funambule, bidon d’équilibre… « Le cirque développe la motricité. Il ouvre les portes de la créativité. Aussi, on insiste beaucoup sur l’entraide, pour fédérer le groupe », souligne Sylvain Mouza, animateur diplômé des arts du cirque. Élodie, gymnaste et danseuse, apporte sa touche artistique : « Quand l’enfant maîtrise un élément, je l’incite à danser avec, jouer un personnage… Pour aller au-delà de la prouesse technique », précise-t-elle.
Les enfants, eux, s’en donnent à coeur joie. Un grand sourire aux lèvres, Azélie se tient fièrement debout sur une grande balle jaune. Mahault, huit ans et demi, répond du tac au tac lorsqu’on lui demande ce qu’elle préfère : « Les animateurs et le spectacle de fin d’année ! »

 

 

Nathalie Picard

Sourds : "éclater les barrières"

Pascaline Denis dirige la compagnie 100 voix. Elle organise les 28 et 29 novembre prochains Tours en signes , un événement bilingue langue des signes – français.

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Pascaline Denis est également comédienne. Elle jouera sa dernière pièce Signes et sons pendant Tours en Signes

Quel est l’enjeu culturel concernant les sourds et les malentendants ?
Depuis la loi 2005 sur l’égalité des chances, la culture doit être accessible à tous. On pense facilement aux handicaps physiques mais pour une personne malentendante, aller dans une salle de spectacle qui n’est pas équipée pour la recevoir est tout aussi problématique.
Comment améliorer l’accès au spectacle vivant ?
Toutes les nouvelles salles sont normalement équipées de boucles magnétiques. Cela permet de pouvoir régler son appareil auditif sur une fréquence précise et d’avoir un son concentré. Une personne mal entendante ne peut pas aller voir un concert, par exemple, sans ce genre de système. Au théâtre, elle perd 50 % de ce qui se dit. Au bout d’un moment, elle n’y va plus. Il existe aujourd’hui des boucles magnétiques individuelles, mais elles restent chères.
Quel est l’intérêt d’un événement comme Tours en signes ?
La culture permet de faire éclater les barrières. Les sourds et les malentendants ont tendance à se regrouper en communauté. Un mouvement tout à fait logique quand on sait que la langue des signes a été interdite jusqu’en 1991 en France. Tours en signes est fait pour tout le monde, sourds, malentendants mais aux autres aussi. C’est un événement qui fait découvrir la langue des signes à travers des spectacles, des livres, des initiations.
Pour retrouver le programme de Tours en Signes qui aura lieu au Centre de vie du Sanitas : cie100voix.fr
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