J’ai testé pour vous… le sightjogging ou jogging culturel !

#EPJTMV Le sightjogging est la contraction de sight qui signifie « contempler » et jogging. Il s’agit de tourisme sportif alliant découverte d’un lieu et de son histoire avec le plaisir de la course à pied. S’il est déjà présent dans de nombreuses villes européennes et mondiales, son développement en France est plus timide. À Tours, une offre de sightjogging vient tout juste de voir le jour. 

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Le groupe s’est arrêté place Châteauneuf pour quelques commentaires sur la Tour Charlemagne.

Day Running et l’office de Tourisme Tours Val de Loire proposent les « Great Runners ». Ils sont une quinzaine de coureurs Tourangeaux confirmés a avoir été sélectionnés par l’entreprise de coaching fondée par Yosi Goasdoué (champion de France de Semi-Marathon et membre de l’équipe de France), Day Running. Ils se feront votre guide sur chacun des quatre parcours proposés, allant de 5,8 à 7,2 kilomètres. J’ai pour ma part choisi le Tours By Night de 6 kilomètres organisé une fois par mois. Le parcours permet de découvrir le cœur de la ville de Tours et ses lieux emblématiques de nuit. Il emprunte notamment le parcours lumière de la ville lancé le 17 novembre dernier.

Le départ est donné à 19 heures au Backstage, rue Bernard Palissy. Lampe frontale ou pectorale obligatoire. Ce soir là, nous sommes six à découvrir le parcours. Dès notre arrivée, un tour de cou aux couleurs de Great Running Tours nous est offert. Pour cette première sortie de nuit, Grégory sera notre accompagnateur. Yosi supervise. 

Découverte du patrimoine entre deux foulées

Nous nous lançons timidement et nous engouffrons dans le parking Vinci Gare. Là, c’est le moment où l’on se sent un peu comme Michael Jackson dans le clip de Bad. « Quelqu’un sait qui a réalisé la gare de Tours ? » demande notre guide. Elle s’impose à nous après que nous ayons gravi une à une les marches du parking souterrain. C’est Victor Laloux, célèbre architecte tourangeaux du XIXe siècle est à l’origine du monument. Nous suivons ensuite la rue de Bordeaux jusqu’à nous retrouver face à l’Hôtel de Ville, lui aussi réalisé par Victor Laloux. Une passante est intriguée par la flamme de notre Great Runner. Gregory lui présente alors le concept. « Amusez-vous bien », nous lance-t-elle alors que nous reprenons notre course.

Nous traversons la moitié de la rue Nationale avant de rejoindre la Basilique Saint-Martin puis la Tour Charlemagne. J’apprend que l’on peut monter au sommet de la tour pour contempler un panorama de la ville de Tours et même y prendre un verre. Yosi nous assure qu’il s’agit de l’offre la plus demandée à l’Office de tourisme. « Cela révèle quelque chose de l’esprit tourangeau ! ». Nous arrivons ensuite sur la Place du Grand Marché ou Place du Monstre pour les intimes, puis nous nous perdons un peu dans les jolies petites rues du Vieux Tours avant de rejoindre l’incontournable place Plumereau. Nous longeons quelques temps les bords de Loire en passant sous le mythique pont Wilson. Nous (re)découvrons des endroits comme le jardin De Beaune-Semblançay et profitons des nombreuses et délicieuses odeurs de cuisine de la rue Colbert jusqu’à notre dernière étape, la Cathédrale Saint-Gatien.

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La cathédrale Saint-Gatien a été construire sur quatre siècles.

Pour ceux qui n’oseraient pas se lancer, pas d’inquiétude, l’allure est vraiment tranquille. D’ailleurs il est parfois frustrant de piétiner. Nous avons parcouru les 6 kilomètres en tout juste une heure. 20 heures donc, retour au Backstage pour quelques étirements. À la fin de la sortie, chaque coureur a le droit à un petit sac avec, à l’intérieur, une carte présentant des parcours, un cookie diététique et une bouteille d’eau. 

Finalement, rien à voir avec un banal circuit touristique. Ici, l’ambiance est détendue et conviviale. Chaque sortie vous coûtera 15€. Un prix qui me semble juste mais le sera encore plus lorsque les commentaires seront approfondis. Mais les Great Runner sont sur le coup alors préparez vos baskets ! 

Réservation obligatoire, à faire à l’Office de Tourisme de Tours ou directement sur le site greatrunningtours.fr

Chloé Lifante 

Photos : Benjamin Baixeras

[#EPJTMV / Cet article fait partie du numéro 321 de tmv, entièrement réalisé par les étudiant(e)s de 2e année en journalisme de Tours]

Save the date : Mon été en vidéo

Vous connaissez « Mon été en vidéo » ? On vous en dit un peu plus. Et surtout, restez connecté(e)s… !

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C’est mon été, c’est une série de vidéos diffusées sur la page Facebook de tmv.
Dans chaque vidéo, un professionnel du tourisme en Indre-et-Loire ou un peu plus loin, dispose d’une minute pour présenter son site ou son événement.

Ces vidéos seront diffusées dans les jours qui précédent la sortie de notre dernier numéro de la saison et qui est un numéro spécial été pour aider nos lecteurs à profiter au mieux des beaux jours (psst, pour info, il paraîtra le 11 juillet).

En septembre dernier, tmv avait organisé une opération du même type pour permettre aux acteurs de la culture tourangelle de présenter leur saison (Si vous voulez revoir ce que ça donnait, c’est là …)

La folie greeters : voir sa ville autrement

Découvrir une ville gratuitement aux côtés d’un habitant bénévole séduit de plus en plus de touristes. À l’arrivée, ils repartent avec bons plans et bonnes adresses.

Jardin des Beaux-Arts, cathédrale, château, vieux-Tours… Tout y passe. (Photo tmv)

« Tourangeau de cœur depuis maintenant 20 ans, la ville m’a adopté et je souhaite vous la faire découvrir lors d’une balade tout en convivialité et simplicité. » C’est cette annonce de Patrick qui a séduit Toshio et Shoko, sur un site de rencontres bien particulier. Sur tours-greeters. fr, ces retraités japonais l’ont choisi pour une découverte gratuite de la ville. Le rendez-vous est pris, Patrick va les « greeter ». Ce concept de tourisme participatif venu tout droit des États-Unis est en vogue. À Tours, il a vu le jour en 2012, à l’initiative de l’office de tourisme. Patrick Chabault était alors l’un des premiers greeters. « J’ai découvert ce principe grâce à une annonce postée sur Facebook par l’office de tourisme, ça m’a tout de suite tenté ! » Aujourd’hui, il est l’un des 40 ambassadeurs tourangeaux.
Avec Toshio et Shoko, c’est la première fois que Patrick greete des étrangers. Point de départ : l’office de tourisme. Sac sur le dos, lunettes de soleil sur le nez, le quadragénaire arbore fièrement son badge de greeter. « Alors, que vous voulez-vous voir de la ville ? » questionne-t-il, avec un sourire aux lèvres qui ne le quittera pas de la matinée. « On s’adapte aux demandes des personnes et les circuits varient aussi selon les centres d’intérêts et les connaissances des greeters. Aucune balade n’est identique », nous explique le guide amateur, à qui le couple a donné carte blanche. Au programme, ce sera donc un circuit vers les lieux emblématiques de la ville.

Premier virage au jardin des beaux arts, où les attend le célèbre Fritz. Un éléphant empaillé devenu mascotte tourangelle : « Le cirque Bailey en a fait don à la ville de Tours. La bête de 7 tonnes a été tuée car l’éléphant devenait fou et avait déjà causé la mort d’une personne », narre Patrick, sous le regard un brin inquiet de Shoko. Une pause photo s’impose. Puis, le greeter et ses deux compagnons de route prennent le chemin de la cathédrale Saint-Gatien. Outre les quelques explications historiques de Patrick, le lieu offre surtout la possibilité d’échanger avec le couple. Sur les croyances, la religion. « Être greeter permet de partager. Les balades sont avant tout des rencontres », explique Patrick, qui n’est pas prêt d’oublier celle avec Toshio.
Tour à tour, ces deux-là se livrent leur passé. L’un travaillait dans une usine d’ustensiles de cuisine à Tokyo avant de prendre sa retraite, il y a sept ans. L’autre était téléconseiller à Tours avant de perdre son emploi, il y a trois ans. Au chômage, Patrick trouve alors dans son activité de greeter un bon moyen de passer le temps et de faire découvrir « son petit Paris », pour lequel il est passionné. « C’est une ville géniale ! », ne cesse-t-il de répéter pendant les deux heures de balade avec Toshio et Shoko.

« Être greeter permet de partager. Les balades sont avant tout des rencontres. »

(Photo tmv)

En vacances en France pour deux semaines, le couple découvre le concept des greeters en même temps qu’il découvre la ville, son église Saint-Julien et son château. Patrick leur fait voir les coins de Tours qu’il affectionne. Il les balade ainsi des bords de Loire à la rue Colbert. Toujours soucieux du bien-être des touristes. « Ça vous plaît ? Madame, on ne marche pas trop vite ? » En guise de réponse, Shoko fait non de la tête, sourit et rattrape les deux hommes déjà emmanchés sous le passage du Coeur Navré. « C’était le passage emprunté par les condamnés à mort, au Moyen Âge, pour se rendre place du Foire le Roi où avaient lieu les exécutions. » Madame n’a pas compris, Toshio se charge alors de traduire l’explication de Patrick en japonais. Si elle effraie un peu la Japonaise, cette dernière retrouve de la sérénité à la Fontaine des Amoureux. Là encore, Patrick n’est pas là pour en conter l’histoire, qu’il ne connaît pas spécifiquement. « C’est ce qui différencie les greeters des guides-conférenciers professionnels, le greeter adopte plutôt une posture d’ami qui partage ses bons plans, ses bonnes adresses, explique Frédérique Noël, responsable des greeters à l’office de tourisme. Par respect pour la profession, nous parlons d’ailleurs de balades ou découvertes plutôt que de visites. »
Pourtant, le circuit emprunté par Patrick a – a priori – tout l’air d’une visite traditionnelle. Preuve en est, la prochaine halte se fait devant la basilique Saint-Martin. Où Patrick se livre à un petit commentaire : « Mon frère habitait l’appartement juste en face, il avait une vue imprenable sur cette basilique depuis sa baignoire ! » Finalement, cette balade se déroule vraiment hors des sentiers battus. Les anecdotes se multiplient, faisant sourire Toshio et Shoko. Devant The Shamrock notamment, « le bar où j’ai bu ma première bière lorsque je suis arrivé à Tours ! » À l’époque, Patrick était étudiant en licence d’administration économique et sociale (AES). Aujourd’hui, à 41 ans, il aimerait reprendre le chemin de l’école, pour passer une formation en tourisme : « Une vocation est née. »

Pour devenir greeter, aucun diplôme n’est exigé. Il suffit d’être passionné par sa ville. C’est ainsi que Margot, 22 ans, a intégré la course en septembre dernier. Étudiante en histoire de l’art, elle propose des circuits axés sur l’analyse de l’architecture urbaine et les activités culturelles. « Je greete une fois par mois environ, c’est une réelle pause dans mes études. Je fais des rencontres exceptionnelles que je n’aurais pas pu faire autrement. Je me souviens notamment d’un greet, avec une femme handicapée moteur. Il fallait penser le circuit pour qu’elle puisse se déplacer sans problème avec son fauteuil roulant. » Une autre fois, sa balade s’est prolongée autour d’un café et a duré quatre heures, le double de ce qui était initialement prévu.
Toshio et Shoko, eux, avant de repartir s’installent avec leur greeter sur une terrasse de l’emblématique place Plum’. Histoire de poursuivre leur échange autour d’un mets français. L’occasion pour Patrick, de leur raconter une dernière anecdote : « Il y a quelques mois, j’ai greeté un couple et ils ont tellement apprécié Tours que peu de temps après, ils s’y sont installés ! » Toshio regarde Shoko d’un oeil amusé. Pas sûr que ces deux là soient prêts à quitter Tokyo…

GREETER ?
Ce terme vient du verbe anglais « to greet » qui signifie accueillir. Les greeters sont des passionnés de leur ville qui la font découvrir bénévolement aux touristes. Les balades constituent avant tout un moment d’échanges entre le greeter et un groupe de six personnes maximum.

ORIGINE
En 1992, Lynn Brooks, une New-Yorkaise, lance ce concept de tourisme participatif avec Big Apple Greeters. Son objectif ? Casser l’image négative de sa ville, jugée trop grande et dangereuse, en partageant bénévolement avec les touristes ses bonnes adresses et bons plans.

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C’est le nombre de destinations dans le monde où les greeters proposent leurs services. Présentes dans les cinq continents, les organisations de greeters sont fédérées dans un réseau international GGN. La France est le pays qui a le plus adopté ce concept avec 43 villes d’accueil.

>>>ALLER PLUS LOIN
Être greeté Vous souhaitez tenter l’expérience ? Vous trouvez les informations et les contacts nécessaires sur le site tours-greeters.fr ou auprès de l’office de tourisme. Pour un greet hors de Tours, toutes les organisations sont recensées sur globalgreeternetwork.info.

Être greeter L’office de tourisme de Tours Val de Loire recherche des habitants bénévoles de tous âges pour devenir greeter. Si vous souhaitez partager et faire découvrir votre ville, vous pouvez remplir le formulaire sur tours-greeters.fr

Retrouvez l’interview d’une guide-conférencière de Tours qui réagit sur le statut des greeters.

Expo au château de Tours : une Maier vue

L’expo sur le travail de Vivian Maier, organisée par le Jeu de Paume, vue par Gaëlle Benoit-Caslot photographe tourangelle. Street photo Vintage.

Extrait de l'expo Vivian Maier au Château de Tours
Extrait de l’expo Vivian Maier au Château de Tours

Elle ne manque aucun détail et prend un sacré plaisir à déambuler dans les salles du Château de Tours. Normal, Gaëlle Benoit-Caslot apprécie la photographie de rue, comme celle de Diane Arbus ou, ici de Vivian Maier. Sur l’exposition de cette dernière, elle la définit en trois mots.
« Contraste ». Avant tout, les photos de l’Américaine sont une affaire de contraste, de contraire. D’abord, dans certains looks. « On a un portrait d’une fille par exemple. Elle est sale, et en même temps porte une grosse montre », décrit Gaëlle. Vivian Maier aime jouer avec les lignes de fuite, les perspectives, les tailles. Comme avec un garçon à côté d’une boîte en carton plus grande que lui. « Elle travaille sur les profondeurs de champ, la démesure » sur certains clichés. Idem sur des extraits de films tournés avec une Super-8, où un homme tire une charrette en pleine ville.
« Humain ». Le style de photographie de Maier implique forcément un bon nombre de visages. Au cours de la visite, des gamins, des sans-domicile fixe, des personnes âgées, riches ou moins riches se succèdent sur les murs. « Elle capte des expressions naturelles, des moments de vie qui se lisent sur les visages. Le noir et blanc leur apporte plus d’intensité ». Une salle où sont exposés des portraits en grand format en est le reflet. « Elle montre aussi qu’il n’y a pas besoin d’être à la mode, ou d’avoir une plastique formatée pour être beau », analyse Gaëlle. Elle justifie la qualité et diversité des oeuvres par un atout : « Elle était libre et n’était pas contrainte par une commande et ne se focalisait pas sur une typologie de personne ». L’humain, chez Vivian Maier, c’est aussi des clichés de précaires, comme les sans-abri. « Il faut avoir de l’empathie pour réaliser ce genre de photos. »
« Instant T ». Gaëlle note que le travail est « spontané, frais », grâce à des photos prises dans l’instantané. Elle aime l’ancrage au sein d’une époque, les années 50. « Elle montre le quotidien. On aime ce retour en arrière. La photo avec tous les hommes lisant le journal dans le train et un chapeau sur la tête, on ne voit plus cela aujourd’hui », explique Gaëlle. La photographe conclut en louant le travail de scénographie de l’exposition, permettant de saisir l’essence des clichés de Maier.
+ Notre Guide : Gaëlle Benoit-Caslot, 40 ans, s’est installée à Tours, à son compte, après avoir passé plusieurs années à Paris au sein d’une agence. Elle est intéressée par les photos sur les personnes en situation de précarité. son site : gaellebcphotographe.fr
++ L’expo : Jusqu’au 1er juin 2014 au Château de Tours. Horaires : du mardi au vendredi, de 14 h à 18 h. Samedi et dimanche, de 14 h 15 à 18 h. Entrée libre. Plus d’infos par ici.
 

Reportage : Les naturistes lèvent le voile

Au fin fond d’un bois vit un camping peuplé d’irréductibles naturistes. Leur credo ? Être nus, en harmonie avec la nature. TMV est parti à leur rencontre… en restant habillé.

UNE
Deux tasses de thé posées sur la table. L’accent british entre deux tranches de rire. Heureux et tranquilles comme pas possible. Janet et Ron, 69 et 74 ans, venus de l’Essex, se dorent la pilule devant leur caravane. En plein soleil. Le grand gaillard, lunettes de playboy sur le pif et cheveux blancs bien dressés comme Clint Eastwood, relève la tête. Il regarde une femme nue passer à vélo sur le chemin. Il n’est même pas étonné et retourne à son « sudo-cul ».
Normal. Ron, est lui, aussi à poil. En vacances au Club du soleil de Touraine. Un camping dédié au naturisme. « Cela fait une quinzaine d’années qu’on le pratique. La première fois, c’était dans le Var. On a tenté, car les gens avaient l’air tellement heureux », explique-t-il avec bonhomie, jambes croisées, bien enfoncé dans sa chaise.
Une vingtaine d’emplacements sont occupés en cette fraîche fin de mois de juin. Huit hectares au calme, dans un petit bois à proximité de Cléré-les-Pins (Indre-et-Loire). Chemin escarpé et étroit, indications minimales : l’endroit est àl’abri des regards indiscrets. Et pour cause, des rumeurs et des quolibets, les naturistes en ont entendus.
« La Cap d’Agde, ce n’est pas du naturisme »
« Ici, c’est notre paradis », démine d’entrée Alain Asselinne. Le vice-président de l’association éponyme qui gère le camping est habillé. Trop froid et « pas envie de tomber malade ». Il a l’air d’un vacancier classique, avec son t-shirt et son bas de jogging trop large. « Ici, ce n’est pas le Cap d’Agde », affirme-t-il, déterminé. La célèbre plage héraultaise est pointée du doigt. Honnie par ceux qui se considèrent comme des puristes. « Ce n’est pas du naturisme. C’est juste pour naturisme1faire vendre », poursuit-il, agacé. Il a en tête des reportages télé bidonnés, l’image erronée donnée par des pratiques libertines. « Le naturisme, c’est vivre nu en harmonie avec la nature. Le nudiste, c’est celui qui aime qu’on le voit nu », répète-t- il en bon prophète.
Le prêche est relayé par les vacanciers. À l’abri du soleil, aux abords de la piscine, Raymond et Patricia, Anglais eux aussi, abondent. « On n’est pas du genre à dire aux gens de nous regarder. La différence avec l’exhibitionnisme est là. Les exhib’, ils friment ! », explique la seconde, entièrement nue, avec seulement une serviette sur l’épaule. Du coup, certains « étroits d’esprit ont de mauvaises idées sur nous et croient que c’est sale », confirme Ron.
« On ne regarde pas en bas »
À la vue des parties intimes, aucun regard déplacé venant des autres membres. Le voyeurisme, Alain Asseline le laisse aux autres. « On ne regarde pas en bas », glisse-t-il. La question habituelle à propos de l’érection, il la balaye d’un revers de la main : « Non et encore non. Ça ne se produit jamais. Il n’y a pas de problème d’excitation ! » Sa femme, Michèle, est postée près du barbecue. Elle, qui « a perdu ses complexes » grâce au naturisme, admet « regarder les beaux mecs, comme tout le monde ». Sans plus.
À une centaine de mètres, les jeux pour enfants restent vides et silencieux. Les gamins ne sont pas là. « Pas la période », répond Armand, un autre membre de l’association bien couvert et qui se dit lui-même « frileux ». Mais surtout, est-ce bien raisonnable d’exposer des gosses à des adultes nus ? « Demandez aux enfants, ils trouvent cela naturel. Au nom de quoi peut-on dire ce qui est digne et indigne de voir ? » s’exaspère Alain Asselinne. En vieux briscard, Ron tente une naturisme2boutade : « Après tout, on nait tout nu, non ? », rigole-t-il. À l’adolescence, beaucoup s’autorisent un pagne et ne veulent plus se montrer sans rien en public. L’âge ingrat. Certains reviennent au naturisme un jour, d’autres deviennent des « textiles » (NDLR : le surnom donné aux individus habillés) à jamais.
Toujours est-il qu’il y a un sacré déficit de jeunes. Le mouvement reste grandement porté par des soixante-huitards, à l’image d’Armand, qui a commencé à pratiquer cette fameuse année. « On essaye de remédier à ce vieillissement », concède Alain Asselinne. Le rapport avec la nature semble avoir changé et passe au second plan, derrière le bien-être individuel. Le mouvement apporte « la liberté », « la satisfaction de ne pas avoir du sable dans le maillot de bain », répondent-ils en choeur. Peu évoquent une symbiose avec l’environnement. « L’important, c’est d’être respectueux de soi-même et des autres », conclut le vice-président. Et si l’essentiel était finalement là ?
Aurélien Germain et Guillaume Vénétitay
EN LIEN : naturisme, ce qu’il faut savoir !

Manchester : ville tout foot !

Un stade et une équipe mythiques mais aussi une industrie et une histoire. Découverte d’une ville méconnue.

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1 – Old Trafford
Sir Alex Ferguson est parti, mais le club et le stade restent. Marchez sur les traces de King Éric Cantona en visitant Old Trafford et aussi le musée qui retrace les 130 ans d’histoire des Red Devils. On s’attarde sur la tragédie de Munich, en 1958, quand huit joueurs de l’équipe avaient trouvé la mort dans un accident d’avion. Les supporters de Manchester City l’auront mauvaise mais c’est un fait : United reste le club le plus populaire.
2 – Midland Hotel
Une architecture typique de l’Empire britannique, 110 ans d’histoire et 400 chambres disponibles. Mais il y a d’autres secrets derrière. L’endroit a abrité la rencontre entre Charles Rolls et Fréderick Royce, qui a donné plus tard la célèbre marque de voiture. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les nazis avaient décidé d’épargner le Midland Hotel pour son architecture et souhaitaient en faire un de leur QG en cas de conquête de la Grande-Bretagne. Un immense bunker proche de l’hôtel rappelle cette période.
3 – Balade le long du canal
On peut partir d’Old Trafford et remonter le Manchester Ship Canal pour finir au centre-ville. La promenade est agréable. L’histoire du canal évoque la rivalité avec les voisins de Liverpool. Il a été construit pour éviter les taxes imposées par le port de la ville rivale. Les Mancuniens ont alors créé leur accès direct à la mer, inauguré en 1894, après sept ans de travaux et 15 millions de livres sterling. Il devient alors le plus long canal navigable du monde (58 km).
4 – Le MOSI
Derrière l’acronyme se cache le Musée des Sciences et de l’Industrie de la ville. En arrivant devant, on a l’impression de se retrouver devant une vieille usine. Normal, il est dédié à l’histoire industrielle du nord-ouest de l’Angleterre, qui a marqué la région et ses habitants. On peut notamment découvrir l’histoire de la première ligne ferroviaire commerciale du monde, reliant Manchester à Liverpool, et observer une locomotive d’époque.
5 – Manchester Art Gallery
Une grosse dose de culture. La galerie est réputée pour abriter des oeuvres de Pierre Adolphe Valette, un impressionniste français, qui a passé de longues années à Manchester. On admire aussi les tableaux de son poulain, le Mancunien Laurence Lowry. De nombreuses expositions temporaires viennent enrichir la visite, totalement gratuite, de cet édifice, bâti en 1824.
Notre guide
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Cyrille Rollet, 37 ans, professeur à l’Alliance française de Manchester. Fan de United, il a été guide pour le club. Il est aussi traducteur en freelance.
Où manger ?
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The Molly House, un pub comme on les aime. Pas trop cher, des assiettes remplies, une bonne musique dans les oreilles. Un burger maison avec une pinte pour un peu plus de 10 pounds, on en salive d’avance.  26 Richmond Street.
Où boire un coup ?
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Siroter un cocktail avec une vue magnifique sur toute la ville et même jusqu’à Liverpool. Le bar Cloud 23 se trouve dans la tour Beetham qui abrite également l’hôtel Hilton. Vu le nom du bar, on vous laisse deviner à quel étage il se trouve. Cloud 23, Hilton Hotel, Beetham Tower, 303 Deansgate.

Echangez votre maison !

Préparez vos vacances à moindre prix avec Adresse-a-echanger.fr, un nouveau site créé par deux Tourangelles.

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La froideur des chambres d’hôtel tombe aux oubliettes. Deux Tourangelles ont lancé, le 8 avril, le site « adresse-a-echanger.fr ». Le principe : échanger son appartement ou sa maison. Pour un weekend ou des longues vacances. Dans la lignée du couchsurfing, le site propose « une autre façon de voyager », selon Marjorie Ravier, cocréatrice du site.
Le concept n’est pourtant pas nouveau. Créé par des universitaires américains, il remonte aux années 50. Mais adresse-a-echanger est uniquement axé sur la France et l’Outre-mer. « L’idée, c’est de découvrir des régions de France que nous laissons habituellement de côté. Nous ciblons aussi les courts séjours », poursuit Manon Vonderscher, autre tête pensante du projet. Pour participer, l’utilisateur doit payer un abonnement de 59 € par an. « Aussi cher qu’une nuit d’hôtel, c’est donc vite amorti », glisse Marjorie.
Ensuite, finies les histoires de sous. Il peut alors choisir parmi les offres et rentrer en contact avec les autres membres pour caler l’échange. En plus de l’avantage financier, la convivialité est au rendez-vous. « Il est possible de laisser les bons plans et des informations utiles à la personne qui vient », confirme Edwige, une jeune Tourangelle qui a échangé avec une utilisatrice originaire de Lannion.
Et que les stressés se rassurent. Selon les fondatrices, il n’y aurait jamais eu de vols ou d’arnaques avec ce type de plateforme. « Les gens ne sont pas dans cet état d’esprit », abonde Manon. Au cas où, chaque participant est couvert par son assurance habitation, puisque c’est le statut juridique d’invité qui est octroyé. Les locataires peuvent donc participer. Et si vous ne voulez pas que quelqu’un mette les pieds sur votre table basse, un contrat d’échange est disponible pour le préciser.
Seul inconvénient pour le moment : le choix restreint de destinations. Marjorie acquiesce et nuance, dans un sourire : « Mais le site permet d’avoir d’autres idées de vacances auxquelles vous n’aviez pas songé ! Cette année, par exemple, je vais partir à Orléans, je n’y pensais pas avant d’avoir lu une proposition ! ».
www.adresse-a-echanger.fr

Malte : Pour tous les goûts

Le plus petit État de l’UE regorge de lieux touristiques variés. La légende dit aussi qu’il y a un brin de soleil tous les jours.

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1 – La Vallette
Capitale et plus grande ville du pays, elle tient son nom de son fondateur français, Jean Parisot de La Vallette. Elle est chargée de culture et d’histoire. On le voit à travers plusieurs musées ou églises, comme la cocathédrale Saint-Jean. Un passage par le port semble indispensable, tant la vue est magnifique sur les trois cités, des anciennes fortifications. Pour ceux qui n’auraient pas le sens de l’orientation, pas d’inquiétude : la ville est quadrillée, à l’américaine.
2 – Mdina
Si vous cherchez un coin romantique, l’ancienne capitale est faite pour vous ! Située sur une colline, la ville compte 300 habitants, vous serez donc tranquille. Elle offre des points de vue sur toute l’île et son architecture médiévale la rend unique. Prenez le temps de vous poser au Fontanella Tea Garden pour un goûter en fin d’après-midi. Puis, échappez-vous en amoureux à bord d’un « Karrozin », le carrosse maltais, tiré par un cheval.
3 – Marsaxlokk
Le plus grand port de pêche maltais, célèbre pour son marché aux poissons le dimanche matin. Parfait pour déjeuner et goûter les fraîches trouvailles des pêcheurs. N’hésitez pas à aller les voir et à les questionner, ils se feront une joie de vous expliquer leur métier ! Vous pourrez prendre en photo leurs dghajsas, les bateaux traditionnels.
4 – Sliema et saint-Julian
Les deux villes pour sortir et faire la fête toute la nuit. Elles se jouxtent et sont facilement accessibles par ferry depuis La Vallette. Les bars, restaurants et discothèques foisonnent sur des rues entières, notamment dans le quartier de Paceville, à Saint-Giljan. Avec un peu de chance, vous pourrez vous incruster dans une soirée sur un bateau. Pour décuver le lendemain matin, marchez tout le long de la promenade qui longe la côte à Sliema.
5 – Les îles de Gozo et Comino
Un trésor caché. Située au nordouest de Malte, Gozo est une île très rurale, remplie de petits villages calmes. Vous pourrez dormir dans des anciennes fermes, après avoir vadrouillé toute la journée à vélo. Foncez voir l’Azure window, un superbe pont de pierre, et aussi la citadelle, qui date de 1 500 avant notre ère. Avant de revenir sur l’île principale, passez faire une randonnée et un petit plongeon sur l’île de Comino. Quatre habitants, pas de routes ou de voitures. Mais quelques hôtels pour les touristes…
6 – Le Mediterraneo Marine Park
Les familles apprécient les deux parcs animaliers. Il y a le Mediterraneo Marine Park, à Bahar-ic- Caghac, pour emmener les enfants voir des dauphins, des otaries, serpents, lézards ou des tortues de mer. Et il y a le zoo de Monte Kristo à Siggiewi, au sud-ouest de l’île.


Où manger ?
ESCAPADE_BOIRE_MALTE (crédit DR)
Au restautant Ta’Marija, à Mosta. Appréciez une cuisine maltaise traditionnelle, avec le fameux ragoût de lapin ou le boeuf aux olives. Certains soirs, vous pourrez même danser entre deux plats. Pour digérer, allez admirez juste à côté l’église de la ville. Constitution Street, Mosta.
Où boire un verre ?
Le City of London est l’un des plus vieux bars de Malte. Ouvert en 1914, son architecture à l’anglaise séduit les touristes. 193 Main Street, Saint-Julian.
Deux conseils
Si vous êtes à Malte pour une courte durée, oubliez les bus et réservez une voiture avant votre arrivée. Sinon, vous allez
perdre du temps. Et prenez votre crème solaire, car le soleil peut taper fort en été.
Notre guide 
ESCAPADE_MALTE_GUIDE
 
Luke Sammut
Jeune Maltais, diplômé en tourisme. Il adore voyager régulièrement au sein de son pays dont il découvre constamment de nouvelles facettes.
 

Levée d'immunité pour Jean Germain ?

La justice tourangelle cherche à entendre le sénateur-maire de Tours dans l’affaire des mariages chinois.

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Les communiqués en provenance du bureau du Sénat seront scrutés avec attention du côté de Tours, mercredi 29 mai. À l’ordre du jour figure une demande de levée d’immunité parlementaire. Selon toutes vraisemblances, il pourrait s’agir de celle du sénateur-maire de Tours, Jean Germain.
La demande en a été faite il y a déjà plusieurs mois, selon le procureur de Tours, Philippe Varin. La justice tourangelle cherche à l’entendre dans l’affaire des mariages chinois, révélée en août 2011 par le Canard Enchaîné. Depuis fin janvier, quatre personnes ont été mises en examen dans le cadre d’une information judiciaire.
Ancienne collaboratrice de Jean Germain, Lise Han est poursuivie pour escroquerie, prise illégale d’intérêt et recel de fonds publics. Tout en étant employée municipale chargée des relations avec la Chine à partir de 2008, elle avait développé l’organisation de mariages collectifs chinois. Problème : elle était à la tête de Lotus Bleu, la société qui s’occupait de ces festivités. Elle avait ensuite placé son conjoint comme gérant de l’entreprise. Le montant de l’argent public versé à la société de service est évalué à 800 000 euros. L’ancien et le nouveau mari de la femme de 50 ans ont également été mis en examen, comme le directeur de l’office intercommunal de tourisme, Jean-François Lemarchand.
Lise Han affirme qu’elle ne connaissait pas les règles d’attribution des marchés publics et qu’elle se contentait d’appliquer les consignes données par le maire, Jean Germain. Dans un communiqué diffusé vendredi dernier, le maire de Tours réaffirme qu’il « se tient à la disposition des juges » et rappelle « sa totale intégrité ». L’élu risque une mise en examen qui ne serait pas du tout une bonne nouvelle pour lui, à moins d’un an des municipales.
EDIT / MISE A JOUR 13 h 00 : Le bureau du Sénat a refusé ce mercredi matin de lever l’immunité parlementaire du sénateur-maire socialiste de Tours, Jean Germain dans l’affaire dite des « mariages chinois ».

Mariages chinois : mais keskispasse ?

Derrière son nom déconcertant l’affaire des « mariages chinois » cache un scandale public qui pourrait embarrasser la politique locale.

Lise Han a été mise en examen fin janvier, mais de nouveaux noms se sont ajoutés à la liste depuis. (Photo Patrice Deschamps)

Si vous n’étiez pas là au début de l’affaire :
Lise Han, ex-chargée de mission à la mairie de Tours, a été mise en examen fin janvier pour escroquerie et tentative d’escroquerie. Les faits remontent à 2009 et 2010, Lise Han avait alors une double casquette. Elle était à la fois employée par la mairie de Tours en tant que chargée des relations avec l’Asie, mais aussi actionnaire principale de la société de prestation « Time Lotus Bleu ». À l’époque, il s’agissait de répondre à une commande de la municipalité : recevoir les amoureux venus d’Asie à la mairie pour leur faire visiter la région. La société de Lise Han avait été choisie sur appel d’offres pour conseiller et assister la mairie pour ces événements touristiques et a donc engrangé plusieurs centaines de milliers d’euros. Ce mélange des genres qui ressemble à s’y méprendre à un conflit d’intérêts, avait suscité pas mal d’émotions depuis 2010. La justice tente aujourd’hui de faire la lumière dans cette affaire…
Et il y a du nouveau :
L’instruction se poursuit et l’onde de choc se répand dans l’affaire dite des « mariages chinois » qui défraie la chronique depuis la mise en examen, le 25 janvier, du personnage principal, Lise Han, ex-conseillère du maire de Tours, Jean Germain.
Le 6 février, c’était au tour de Jean- François Lemarchand, le directeur de l’office intercommunal de tourisme de Tour(s)plus d’être mis en examen ce qui, rappelons-le, ne préjuge en rien de sa culpabilité. La justice lui reproche d’avoir engagé Lise Han pour un travail fictif et, du coup, de s’être rendu coupable de détournement de fonds publics. Jean-François Lemarchand a été placé sous contrôle judiciaire. Devant les enquêteurs, il aurait affirmé « avoir engagé Lise Han après avoir cédé à des pressions de ses supérieurs. »
Si l’on suit son regard, naturellement, la question du rôle d’autres personnalités et, en particulier, du maire, Jean Germain, va vite se poser. Ce dernier, invité lundi de nos confrères de La Nouvelle République, a choisi pour le moment de rester silencieux sur ce dossier. Selon des sources proches de l’enquête, une confrontation entre Lise Han et Jean Germain pourrait intervenir prochainement, mais elle ne préjuge en rien de la suite judiciaire de cette affaire pour le premier magistrat de la ville.
Le directeur de l’office de tourisme de l’agglomération de Tours a été mis en examen dans l’affaire des mariages chinois. (Photo Hugues Le Guellec)

Les regards pourraient également se porter dans les jours et les semaines qui viennent sur Frédéric Thomas, actuel président du conseil général d’Indre-et-Loire, qui était adjoint aux finances de Tours à l’époque des faits. D’un point de vue plus politique, cette affaire qui commence à prendre beaucoup d’ampleur, pourrait bien rallumer les braises encore chaudes de batailles récentes au sein de la majorité municipale et départementale.
Claude Roiron, qui s’était vue écartée de la présidence du conseil général en mars 2011 lance : « Je n’ai jamais apprécié ce déferlement de chinoiseries. C’était fantaisiste et un tantinet ridicule, et très éloigné des compétences municipales d’une ville… La mise en examen de Jean-François Lemarchand n’est pas la dernière. Il y en aura d’autres, mais une mise en examen ne vaut pas culpabilité.»