Concerts à tout va avec les Cousto Corp

L’association tourangelle Cousto Corp organise des concerts toute l’année en ville.

Les Cousto Corp Sarah Lajus et Clément Prieur (Photo tmv)

Marinière et bonnet rouge : deux conditions vestimentaires essentielles pour se voir offrir un verre par les Cousto Corp. Quand ? Lors de l’anniversaire de leurs deux printemps, qu’ils ne fêteront pas en fanfare, mais avec la pop psychédélique de Lulu Van Trapp et Las Aves au Temps Machine.

L’association, organisatrice de concerts à Tours – une cinquantaine en deux ans – est gérée par un jeune trio assoiffé de musique et de lives : Sarah Lajus, Garance Malval et Clément Prieur.

« Au début, nous avons monté l’association pour rendre service à des musiciens de Clermont-Ferrand qui cherchaient une date à Tours, se souvient Clément, actuellement barman au Camden et membre du label Another Record. Après la soirée, on y a pris goût, donc on a continué ! ».

Leur credo : l’indie pop, rock ou encore la pop alternative. Le trio de bénévoles fait jouer les artistes au Pale, au Canadian, à la Grande Ourse, etc. « Sur une soirée, on essaie toujours d’avoir un groupe de la scène locale », détaille Sarah, assistante dans une association médico-sociale le jour. Les musiciens sont rémunérés grâce à la participation des bars et aux spectateurs, libres de donner « de 20 centimes à 10 euros, en général », résume Clément.

Les Cousto Corp, ce sont aussi des soirées décalées trustant les bars de la vieille ville : des karaokés de la mort ou rien ne sert de chanter juste ou encore des « mix participatifs » où les pires tubes retrouvent comme par magie un public…

Texte : Flore Mabilleau


> Le 4 octobre à 19 h 45, au Temps Machine, à Joué-lès-Tours. Tarifs : 8-13 €.

 

Jeu Temps Machine : votre place pour Catastrophe

Catastrophe sera en concert au Temps Machine. Gagnez votre place !

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Sept personnes, sept personnalités, sept musiciens : avec Catastrophe, c’est la preuve par 7 sur scène. Ce « kaléidoscope de genres musicaux » – comme le dit justement Le Temps Machine dans sa présentation – se retrouve sur les planches jocondiennes, le temps d’une soirée qui s’annonce mémorable.

Le concert aura lieu le 27 avril, au Temps Machine donc (vous avez suivi, c’est bien). Et tmv vous fait gagner votre petite place pour y aller.

Pour jouer, rien de plus simple : il suffit de nous envoyer un mail à redac@tmvtours.fr (avec pour objet : Jeu TM) et vos noms/ prénoms.

Un tirage au sort sera effectué le 23 avril. Bonne chance !

« Allotropiques est un festival mutant ! »

Jusqu’au 4 février, la deuxième édition du festival Allotropiques se tient dans des lieux inattendus de l’agglo. Des concerts à la Piscine du lac, à la bibliothèque ou encore au Point Haut sont au programme. Marie-Line Calvo, programmatrice enthousiaste du Temps Machine et de Terres du Son, nous en dit plus.

Capdeeture

Quel bilan tirez-vous de la première édition d’Allotropiques, un festival organisé par le Temps Machine ?
Tout s’est fait plutôt rapidement, mais nous sommes satisfaits de la fréquentation. Il y a eu plus de mille personnes sur les deux jours, entre les concerts et les ateliers. Le public a lui aussi été content et surpris de tous ces lieux investis, comme à Mame par exemple. Mais c’était assez difficile pour les spectateurs, puisque plusieurs artistes jouaient en simultané. Cette année, c’est différent, la programmation est plus étalée.

CaptrrureAllotropiques investit des lieux atypiques et inattendus. Pourquoi ?
C’est un festival porté par le Temps Machine qui souhaite s’étendre dans l’agglo et s’implanter. Donc jouer dans différents lieux – un peu partout et pas que sur Tours – est intéressant. D’année en année, nous souhaitons avoir plus de partenaires. C’est un festival mutant qui prend plusieurs formes. Ainsi, les festivaliers connaissent une expérience unique. Allotropiques est un autre terrain de jeu, ce ne sera jamais de la routine. On surprend le public !

C’est un festival encore en rodage ?
Oui, mais on veut vraiment s’implanter. L’important est que les gens viennent, s’éclatent et vivent une expérience.

A-t-il été difficile d’obtenir certains lieux ?
Je pense par exemple à l’Hôtel Goüin ou la Piscine du lac… Bizarrement, cela a été très rapide avec la piscine. Ils étaient enchantés ! Ils sont séduits par l’idée de croiser différents publics. Certains nageront et verront un concert ! Un concert en maillot en fait… (rires) Cela a été assez « sport » à boucler, mais quel soulagement et quel bonheur d’avoir pu investir le maximum d’espaces.

Cela ne risque pas d’être trop difficile pour l’acoustique et les résonances à la piscine ?
Non, ça ira, car on est davantage sur un ensemble machine/ synthé. Il n’y aura donc pas de problème pour l’acoustique.

Et l’Hôtel Goüin, alors ? Un lieu délicat à avoir ?
Eh bien, pas du tout ! Pierre-Alexandre, l’un des responsables, est hyper ouvert. Le but d’Allotropiques, c’est aussi le côté fun et le fait de se faire plaisir. La programmation à l’Hôtel Goüin sort des cerveaux rigolos de l’équipe du Temps Machine ! Il y aura par exemple un piano cocktail là-bas. Deux Boules Vanille jouera au deuxième étage et le troisième étage accueillera une silent party avec deux DJs. Il y aura même une tiny disco : une micro-discothèque où l’on pourra être à trois maximum ! (rires) C’est un état d’esprit qu’on aimerait beaucoup développer pour la suite.

Comment décririez-vous la programmation ?
Il y a pas mal de coups de cœur. J’avais envie de proposer cela sur le festival, tout en ayant beaucoup demandé l’avis de l’équipe du Temps Machine au préalable. Le mois de février est compliqué, puisque les groupes et artistes effectuent moins de tournées.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=vDb4RakK1DU[/youtube]

Comme l’an dernier, on a l’impression qu’Allotropiques est un pari osé : pas de grosse tête d’affiche, mais plutôt jouer sur la découverte…
Hmm, non. C’est subjectif, ça… Il y a par exemple Polo & Pan en formation un peu plus importante (le groupe s’est rajouté pour la soirée au Temps Machine le 2 février – NDLR). Bon, il est vrai que le but est tout de même de faire découvrir des artistes qu’on a aimés et qui nous ressemblent. C’est ce qu’on écoute au quotidien.

Personnellement, quels sont vos coups de cœur ?
Chassol ! C’est un pianiste érudit, un super musicien, impressionnant. Il peut accompagner des images, il s’agit d’une sorte de ciné concert, c’est une fusion incroyable. C’est un peu mon chouchou… Enfin, il n’y a que des chouchous ! (rires) Je pense également à Deux Boules Vanille, Cabaret Contemporain… Chloé, idem : elle est une figure du monde électronique et cofondatrice d’un label. Pour son dernier album, elle a pris des musiciens complètement atypiques en collaborant notamment avec Ben Shemie de Suuns. À Allotropiques, ce sera un live inédit, avec une scénographie dingue et d’immenses accordéons en papier, sur lesquels seront projetées des images. Le fil rouge de tout ça, en fait, c’est la performance.

Vous êtes relativement nouvelle sur Tours (*)… Comment percevez-vous la vie culturelle ici ?
Tours est une ville hyper dynamique. Ce qui m’étonne un peu plus, c’est le problème de la mobilité : tout se passe majoritairement dans l’hyper-centre. Franchement, on dit même « Tours NORD », alors imaginez pour Joué-lès-Tours, c’est le bout du monde ! (rires) Plus sérieusement, je trouve que la vie associative et culturelle tourangelle est assez hallucinante, c’est vraiment chouette.

Pour en revenir à Allotropiques, combien de personnes espérez-vous durant le festival ?  
(du tac au tac) 3 000 ! Non, je rigole ! (rires) Il faut être raisonnable. On aimerait faire au moins la moitié de la jauge pour les grosses soirées. Je reste persuadée qu’il faudra du temps pour s’implanter. On espère attiser la curiosité. Allotropiques est un bon outil de communication pour faire découvrir la musique que l’on défend et qu’on aime.

Et quel public est visé ?
Sur la programmation, on vise un public qui vient faire la fête, veut être émerveillé et découvrir des choses. Il y aura aussi des spectacles enfant, tout public et pour toute la famille. Je pense notamment à la journée de clôture au Prieuré Saint-Cosme et son petit bonus : une dégustation d’huîtres ! L’idéal serait que tout le monde se mélange à Allotropiques et se prenne une claque musicale à un moment ou un autre.

Propos recueillis par Aurélien Germain

(*) Originaire de Perpignan, puis après avoir passé quatre ans à Paris, Marie-Line Calvo est arrivée début septembre au sein de l’ASSO qui gère le Temps Machine. Elle a pris le relais d’Hugues Barbotin pour la programmation.

>> Infos sur le site officiel
>> Possibilité d’acheter un pass complet, valable toute la durée du festival pour toutes les soirées et concerts payants au prix de 28 € (sauf pour le spectacle jeune public Poucette).

Piers Faccini en quatre mots

De passage à Joué-lès-Tours pour son dixième album, le chanteur et compositeur continue sa route en zigzags. Quatre balises pour comprendre son itinéraire.

(Photo Olivier Metzger)
(Photo Olivier Metzger)

MYSTIQUE

— Les bio officielles l’estampillent auteur, compositeur, peintre et photographe mais elles oublient l’essentiel : Piers Faccini est un philosophe, un contemplatif, un mystique, et c’est lui qui nous le dit.
« J’écris pour essayer de comprendre ce qui me pousse à écrire ». Mystique, il l’était déjà dans les années 90, quand il peignait nuit et jour dans sa chambre sous les toits à Tours (il y a vécu quelques mois) et il poursuit cette quête d’albums en albums, depuis quinze ans.

DISCRET

— Ultra discret sur sa vie privée, presque introverti, il enchaîne pourtant douze mois de tournée après chaque album.
« Chanter en salle, c’est abolir les barrières, être dans le réel avec les spectateurs. » Au Temps machine, il partage la scène avec Malik Ziad et le batteur Simon Prattico. « On travaille ensemble depuis 2008. On a une grande complicité et c’est essentiel. Jouer à plusieurs, c’est comme tisser une amitié, il faut être en confiance sinon ça ne fonctionne pas. »

VAGABOND

— Né d’un père italien et d’une mère anglaise, installé dans les Cévennes après avoir vécu à Londres, Piers Faccini redessine un monde à part, oscille entre les racines et les nuages.
I dreamed in Island mélange le chaud et le froid, sons glacés et accents arabisants. Un voyage onirique entre l’Orient et l’Occident. On entend au fil des chansons, deux dialectes du Sud de l’Italie, du français, de l’anglais et de l’arabe. « Changer de langue permet de changer de couleur. C’est un aspect très important de cet album et de la tournée. »

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=ju_I86lx8EI[/youtube]

INCLASSABLE

— On le classe dans la folk ou dans la musique du monde, mais chez Piers Faccini, la musique est un voyage par les chemins de traverse.
Normal, pour le chanteur : « Faire des albums, c’est un regard sur soi, un regard sur le monde, et ce regard change, le monde change. Faire un album, c’est pas juste compiler les meilleures chansons. On peut vite tourner en rond au troisième album et tomber dans la facilité. Bien sûr, on garde toujours un fil rouge avec une voix, un son, mais il faut oser explorer des géographies différentes. Quand je discute avec les gens, aucun de mes albums ne fait l’unanimité : certains préfèrent Leave no trace, d’autres I Dreamed An Island et ça, ça me plaît. Ça veut dire que chacun dégage sa propre émotion, suffisamment forte pour toucher. »

>PIERS FACCINI SERA EN CONCERT LE 10 FÉVRIER, À 20 H, AU TEMPS MACHINE À JOUÉ-LÈS-TOURS

Quand le Temps Machine débarque au Grand Théâtre

Le Temps Machine s’exporte au Grand Théâtre. Et fait venir deux pointures du genre…

MISE A JOUR 9/06 !!! Communiqué / report

Nous sommes au regret de vous informer que le concert prévu ce dimanche de Ballaké Sissoko et Vincent Segal sur la scène du Grand Théâtre est reporté. Hospitalisé et opéré en urgence la semaine dernière, Ballaké Sissoko ne pourra finalement pas se produire ce dimanche. Nous espérions que son état s’améliore rapidement et lui permette de maintenir ce concert. La date du report est fixée au Samedi 22 Octobre 2016. Les billets restent valables pour cette date.

Pour les spectateurs souhaitant effectuer un remboursement, merci de vous rapprocher du Temps Machine : 02 47 48 90 60 – contact@letempsmachine.com

L’équipe du Temps Machine

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« L’idée est venue d’une volonté d’ouverture du Temps Machine et, qui plus est, de collaborer avec des acteurs locaux. » Vincent Maïda, responsable comm’ de la salle, jubile : le 12 juin, le Temps Machine ira au Grand Théâtre de Tours pour le concert de Ballake Sissoko et Vincent Segal. « Il fallait un grand confort d’écoute pour cette musique. Ce lieu était donc parfait : c’est magnifique, les conditions sont optimales et on y est assis », ajoute Vincent Maïda.

La venue du duo de musiciens, qui avait d’ailleurs remporté en 2010 un prix aux Victoires du Jazz, a été possible « parce que le directeur intérimaire du Grand Théâtre a un peu la même vision que nous ». Une nouvelle collaboration amenée à faire des petits ? Du côté du Temps Machine, on est 100 % pour ! « On espère refaire ce genre d’initiatives. Proposer des concerts hors les murs, c’est une première pour nous. Il faut que ça continue. »

> Le 12 juin à 19 h, Ballake Sissoko & Vincent Segal, au Grand Théâtre. De 17 à 24 €.

Le Temps Machine souffle ses cinq bougies

La scène de musiques actuelles (Smac) le Temps Machine à Joué-lès-Tours célèbre (déjà) ses cinq ans et organise une petite fête le 30 avril pour l’occasion.

Hugues Barbotin, directeur de l’Asso et Sébastien Chevrier, directeur et directeur artistique du TM. Tous deux posey dans leur canapey.
Hugues Barbotin, directeur de l’Asso et Sébastien Chevrier, directeur et directeur artistique du TM. Tous deux posey dans leur canapey. (photo tmv)

Cinq ans. Le bébé a bien grandi. Il a appris à marcher, même s’il lui est arrivé de trébucher. Il trébuchera sûrement encore, car, comme dit le proverbe, « c’est comme ça qu’on apprend ». Les étapes de construction, d’installation et de mise en place sont terminées. Mais pour son prochain lustre, la salle devra s’attaquer à sa phase de développement, d’expansion…bref, grandir encore un peu. Pour affronter les nouveaux obstacles, Le Temps Machine a été remis entre les mains de l’ASSO. Quelle voie l’équipe veut-elle suivre pour relever ce nouveau défi ? Hugues Barbotin et Sébastien Chevrier, membres de la direction, nous répondent en trois questions.

Les Smac ont notamment comme mission de renforcer les relations avec les populations et les territoires. Quelle place le Temps Machine prévoit d’accorder à la scène locale ?
Sébastien Chevrier. La répartition actuelle des groupes se divise à peu près à 30 % de groupes locaux, 50 % de nationaux et 20 % de groupes internationaux. Pour les cinq ans à venir, cela devrait rester identique. Mais nous n’avons pas qu’une mission de diffusion. Le but est aussi d’accompagner les groupes locaux, en amont, car pour diffuser il faut avant tout créer. Par exemple, le personnel qui travaille ici est à disposition des artistes qui ont des projets sérieux pour répondre à toutes leurs interrogations sur les phases de développement des projets.
Hugues Barbotin. Beaucoup d’entre eux viennent aussi répéter ici ou s’enregistrer dans nos studios, qui sont moins chers que la moyenne (environ 3,50 € de l’heure) puisque nous avons une mission de service public. Le taux de remplissage est de 85 %. Certains artistes sont ensuite programmés au Club ou dans la grande salle, mais ce n’est pas une obligation.

La grande équipe du Temps Machine.
La grande équipe du Temps Machine.

Le Temps machine n’a pas toujours été un lieu très ouvert sur la programmation, quelle est /sera votre politique ?
Sébastien Chevrier. Cette question m’est posée très souvent (rires) et je le comprends. Mais juger ce qui a été fait avant – et qui a été l’étape la plus dure – n’est pas mon rôle : je suis ici pour imaginer le futur. Notre politique envisage plus d’ouverture et de curiosité, tout en restant réalistes : pour des raisons d’espace et de temps nous ne pouvons pas accueillir tout le monde. Il s’agit de trouver un équilibre : on peut avoir un lieu populaire et fréquenté tout en restant exigent. Nous défendons l’excellence pour le plus grand nombre.
Hugues Barbotin. Tous les styles de musique sont les bienvenus. Nous soutenons les artistes émergents, qu’ils soient en voie de professionnalisation ou pas. Il y a aussi des résidences d’artistes, environ trois fois par an, pour une durée de cinq à quinze jours. Ce ne sont pas que des artistes locaux.

Les subventions accordées au lieu ont baissé lors de la nouvelle délégation de service public. Quel sera votre nouveau modèle économique ?
Hugues Barbotin. Il faut le repenser complètement, puisque Tour(s)Plus a ôté du budget 60 000€, ce qui était prévu dans l’accord initial. La problématique est la suivante : le cahier des charges que nous devons remplir est toujours très conséquent (le lieu propose beaucoup d’activités), alors comment financer tout ça autrement ? Comme de nombreuses structures culturelles, nous avons commencé à travailler sur des partenariats privés et aussi sur une exploitation privée du lieu, par exemple en louant des espaces de temps en temps. Un poste est attribué à toutes les démarches concernant ces nouvelles formes de financement.
Sébastien Chevrier. Nous rationalisons l’effort public tout en sensibilisant les acteurs économiques locaux à l’importance de leur participation. Ils ne sont pas forcément sensibles à ce genre de musiques, mais il est primordial que chacun participe à la vitalité du territoire. Si des entreprises privées veulent bénéficier de nos espaces, cela y contribuera.

Propos recueillis par Julia Mariton

Next Week : l’actu à suivre

Toute l’actu à suivre de la semaine du 27 au 30 avril, c’est par là !

JEUDI

LOI TRAVAIL. La mobilisation contre le projet de loi travail continue. Au début du mois, sept organisations ont appelé à une nouvelle journée d’action qui devrait avoir lieu ce 28 avril, afin de réclamer le retrait du texte. À Tours aussi, un appel à manifester a été lancé à cette date, à 14 h 30, place de la Liberté. Deux jours avant, le 26 avril, un débat public doit se tenir à 20 h au foyer des cheminots, rue Blaise- Pascal.

SAMEDI

Image3JOUÉ-LÈS-TOURS. Samedi 30 avril, le Temps Machine fêtera ses 5 ans ! De 11 h 55 à 2 h 55 du matin, ce sera la fête, avec un tas d’événements gratuits sur lesquels on reviendra dans notre prochaine édition. En attendant, sachez qu’il y aura de quoi s’occuper, entre les concerts, les expos, mais aussi des performances et des installations récréatives. Cinq temps, cinq actes pour cinq bougies à souffler. Happy birthday en avance !
> Résas sur letempsmachine.com

TOURS. Fête toujours, au Bar Bidule qui ouvrira ses portes le 30 avril à l’asso Free’Sons pour la journée de l’asso Bidulbuk. Au programme, animations enfants et tout public dès 15 h (jeux, initiation au cirque, maquillage, etc.), puis une soirée concerts dès 19 h, avec Swans on the groove, Laherse et Haka Chic.
> Maison du bar Bidule, quai Paul-Bert. Entrée : prix libre. Contact : assobidulbuk@live.fr

LUNDI

SOCIÉTÉ. Le 2 mai entrera en vigueur la réforme du Code de la route. De nouvelles questions – présentées comme plus difficiles – et des séquences vidéos que redoutent les futurs candidats pour l’épreuve du jour J, les poussant à s’inscrire en masse avant la nouvelle épreuve. Un examen qui, désormais, fera aussi la part belle à de nouveaux thèmes, comme l’éco-conduite, les nouvelles technologies et la circulation inter-files des motards.

MARDI

TÉLÉVISION. Ce mardi 3 mai, place à la finale de La Nouvelle Star sur D8. L’émission n’aura duré que 12 épisodes et 5 prime en direct, soit 3 de moins que les années précédentes. On saura alors qui succédera à Emji, lauréate de l’édition 2015. Début du show à 21 h (soit, dans le langage télévisuel de D8, 21 h 20, vu qu’Hanouna squattera l’antenne juste avant).

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VIH : la prévention autrement avec PlaySafe

Retenez ce nom : PlaySafe. C’est celui d’un projet étudiant qui veut sensibiliser les étudiants au VIH par le buzz et la surprise !

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Léa, Bastien, Tom, Clara. Quatre étudiants de l’IUT de Tours. Des idées plein la tête et un nom à retenir : PlaySafe. C’est leur projet, leur bébé. Qu’ils chouchoutent, puisque PlaySafe veut sensibiliser les étudiant( e)s tourangeaux sur le virus du sida.
Leur credo ? Prévenir autrement. Oubliez les discours un chouïa moralisateurs ou complètement anxiogènes. Les quatre amis vont plutôt organiser « trois opérations “buzz” qui ne laisseront pas indifférents » qui auront lieu aux facs des Tanneurs et des 2-Lions, mais aussi à l’IUT de Tours-Nord. Des actions de prévention originales qui restent pour l’instant assez secrètes (et nous, on adore ça, curieux qu’on est !).

Pour parfaire le tout, ils organiseront aussi un concert étudiant le 17 mars au Temps Machine, au profit de l’association AIDES. Au menu ? Last Train, We are match et Thylacine. Bref, prévention et gros son.

 > Vous pouvez les aider grâce au financement participatif. Faites péter leurs compteurs sur fr.ulule.com/playsafe

Le 17 décembre, Le Temps Machine sera Hungry

#EPJTMV Worakls, N’to et Joachim Pastor du label Hungry Music investiront la grande salle du Temps Machine juste avant les fêtes de Noël, pour bien finir l’année.

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De gauche à droite : Joachim Pastor, Worakls et N’to.

C’est LA grosse soirée tourangelle de cette fin d’année. Le 17 décembre, la salle du Temps Machine recevra les trois artistes du label Hungry Music – Worakls, N’to et Joachim Pastor – pour un live qui vous fera voyager jusqu’au petit matin. Créateurs d’une techno minimale teintée de mélodies, mais aussi imprégnée d’influences de musiques du monde pour Joachim Pastor, de classique pour Worakls et de percussions pour N’to, les trois lurons produisent une musique avec leurs « univers propres, mais une esthétique sonore commune » peut-on lire sur le site de leur label.

La date du Temps Machine sera l’une des dernières de leur tournée française débutée début 2015 et au cours de laquelle ils auront rempli les salles à chaque étape. Celle-ci se clôturera le 15 janvier à l’Olympia pour une date spéciale qu’ils ont déjà présentée lors du festival We are Together aux docks de Marseille. Pour ce live de clôture, Worakls sera accompagné de sa bande de musiciens – violoniste, violoncelliste, guitariste – et N’to de son percussionniste qui devrait être à ses côtés pour la date du Temps Machine. La soirée s’annonce incontournable pour les amateurs de musique électronique de la région et le directeur du Temps Machine, Sébastien Chevrier, le sait.

« Effectivement, le 17 décembre, ce sera “the place to be”, confie-t-il. Hungry Music c’est la crème de la crème et leur concept marche très fort en France. » Des soirées où ils mêlent sets en solo et live à trois sur leurs titres les plus connus. Et forcément, les programmer n’est pas facile… « On a travaillé en collaboration avec la salle de la Sirène à La Rochelle – où ils se produiront le lendemain – et avons fait une offre commune. Sans cela on n’aurait jamais pu les avoir au Temps Machine. » La fréquentation devrait être au rendez-vous avec une population majoritairement estudiantine. Environ un cinquième des préventes ont déjà été vendues, « et sur les derniers jours ça va aller très vite », précise Sébastien Chevrier. Une scénographie particulière va aussi être installé dans la grande salle et la manifestation locale des Îlots électroniques se joint à l’événement pour l’habillage club. Avant les cadors, le jeune artiste EFIX assurera la première partie. « Une soirée comme celle-là, on en proposera qu’une ou deux tous les ans, prévient Sébastien Chevrier. Le 17 décembre, c’est une opportunité à saisir ! »

Antoine Boddaert

En attendant le 17 décembre, on vous laisse avec cette berceuse…

Soirée Aloha ! au Temps Machine : on y va ?

Le 13 mai, c’est grosse soirée au Temps Machine. La soirée Aloha ! sera dédiée à la scène régionale. Voilà 6 bonnes raisons d’y aller.

Sybernetyks
Sybernetyks jouera à la soirée.

1. Pour supporter la scène régionale
Oui, c’est un peu le principe de la soirée. « Qu’on vienne pour un groupe ou pour les quatre, ça reste de la découverte », confirme Pauline Planté, du Temps Machine. « On voulait montrer une esthétique différente. Il y a donc quatre groupes, totalement différents. » Un véritable coup de projecteur sur la scène musicale de la région qui regorge de talents.

2. Parce que le concept est chouette
Cette soirée, c’est un peu la cousine des TACKTs et c’est parti d’un brainstorming entre plusieurs structures du coin qui font bouger les choses et « accompagnent les groupes », comme le rappelle Pauline Planté. Soit un partenariat entre Tous en scène, Jazz à Tours, Asso Terres du son et la Fraca-Ma. Le Temps Machine, lui, fait l’accueil, la communication et offre les moindres recoins de sa salle (eh oui, il n’y aura pas que des concerts ! Lisez donc notre colonne « en bref »). « Tout l’espace sera occupé. C’est aussi une manière de découvrir le Temps Machine d’une autre manière. »

3. Car c’est le 13 mai
Et que le lendemain, c’est férié. Donc pas d’excuses, non mais oh.

4. Pour découvrir the « next big thing »
Une soirée idéale pour dégoter la future grosse machine scénique. Quatre groupes joueront toute la soirée. À l’affiche, Minou, un duo pop tout doux et plein de poésie, venu tout droit de Blois. Ainsi que les Tourangeaux Roller 79, pop rock mâtinée de new-wave, et Sybernetyks (notre photo) qui balance du gros rock mélodique, lorgnant vers Linkin Park et Nickelback. Enfin, Doclap, à cheval entre Tours et Nantes, un trio qui pioche dans le trip-hop bourré d’ambiances.

5. Parce que NON, ce ne sera pas élitiste
Cette critique vise parfois le Temps Machine. Mais là… impossible. Chacun des quatre groupes à été découvert et mis en valeur par les structures pré-citées et leurs dispositifs d’accompagnement. Par exemple, Roller 79 est estampillé « Coup d’coeur » de l’asso Terres du Son. Eh ouais, rien que ça.

6. Tmv vous fait gagner des places
Alors, elle est pas belle, la vie ?

>> QUOI D’AUTRE ? Non seulement, vous pouvez vous décrasser les oreilles avec quatre groupes bien sympas, mais il y aura aussi plein de choses pour illuminer votre soirée.

> Pour faire honneur à la scène locale (et pour trouver votre bonheur niveau musique), des tables de distro seront en place pour trouver des CDS des labels… (MLP, Another records, Guys Rock, Goat cheese…).
> Sans oublier une borne Electrophone pour écouter plein de groupes et artistes 100 % région Centre.
> Conseil : reluquez donc la tripotée de jolies photos « Artistes en scène », signées Carmen Morand (photo).
> Parce que la santé, c’est aussi important : possibilité de découvrir l’expo interactive d’Emmetrop, sur les risques auditifs.

Cecile Ravel, XL Art, Mochélan & La Souterraine au Temps Machine

Didier Pilot, c’est un dingue de culture et chaque semaine il nous ramène le meilleur.

CHEVALREX
CHEVALREX

Cécile Ravel : Summerland à La Chapelle Sainte-Anne  
Drôle d’Eté sous la fixité inquiétante des “ veilleurs ”, l’humain en intrus dans la nature, l’évidence en sa peau claire  dans le vert des fougères d’être la cible et la proie, son audace à vouloir sous un masque d’animalité penser leurrer la nature sauvage et s’en faire une alliée. Accueillis par les “ bornes ”, mâles ou femelles, nous entrons dans cet au-delà de l’évolution, ce purgatoire de la raison sous la dictature des sensations. Jamais l’animal ne tend à devenir humain, ne  le désire, mais toujours en son observation s’impose son état de premier-­né à la vie, de propriétaire de la forêt, et de  l’état d’éternel locataire de l’homme en son sein. Reste la mutation au-delà de la mue, la possibilité d’une renaissance  sujette aux pires évolutions, bien au-delà de celles engendrées par l’atome. Il est inquiétant le pays dévoilé par Cécile Ravel, mais il est juste ; il dépasse les techniques de l’artiste pour interroger un vide, celui créé par cette impression de ne plus être de ce monde, de ne l’avoir jamais été, d’être apparu en générations spontanées à la surface de la Terre,  initiées par le “ dreamtime ” orgueilleux de nos animaux totems dans l’île de la doctoresse Ravel.

XL Art à l’ Espace Nobuyoshi
Ils sont venus, ils sont tous là, les adeptes des grands formats, les créateurs sans limite, les malins et les excessifs, les séducteurs et les rêveurs. La Mulonnière offre une collection de styles propre à réjouir toutes les familles et les goûts. De Philippe Lucchese à Fabrice Métais on se laisse à toucher le drame de la Méduse réactivé ; un cochon rose de  plastiques récupérés pousse au rire, à l’envie de toucher ; passer du père au fils en la peinture des Pagé reste un  parcours didactique dans la raison d’être artiste. Jean-Pierre Loizeau soumet son audace sentimentale au filtre rouge, diluée dans une pollution issue d’un choc circulatoire ; Claudine Dumaille dans la méditation d’un monde vidé de  l’humain habille un mur d’interrogations. Zano offre du mouvement de couleur sur l’écran noir de possibles nuits blanches, une partition à lire ou à écrire. L’oiseau de Juliette Gassie n’en finit plus d’étirer sa silhouette imposante, sa longue définition du style et de la grâce : cette artiste excelle dans les grands formats à l’instar des visages de Laurent Bouro, le peintre qui injecte de plus en plus de sang dans son minéral, transfuse la pierre pour toucher l’âme. Manchu  en live balance des rêves à nos faces, opte pour l’incarnation de mondes possibles mais difficilement imaginables où l’humain semble désuet face aux extensions de la technique… Au fond de la serre ma préférence : Lena Nikcevic pour  un paysage apaisé, un univers de méditation, un arrêt sur le temps, l’image, l’envie ; l’impression d’être arrivé au bout  du monde, au bout de la quête, au bout de la vie… Dans les jardins tant de sculptures sous la pluie battante…

Soirée La Souterraine au Temps Machine
Un ex-Holden à la guitare, une chanteuse au phrasé flottant… Midget ! ou la sensation d’une fragilité assumée tel un corps limité par divers traumatisme, une âme écorchée aux blessures à peine avouées, pour finir dans des ambiances à  la Velvet du premier album, la possible absence des substances sublimée par l’envie du Beau (le Beau Bizarre ?)…  Remi Parson pourrait se la jouer tant il dégage le pied à peine posé à la scène, mais ses historiettes d’une humanité universelle amènent à le suivre sans forcer, à tomber dans la légèreté et dans la joie, à danser avec lui sous les bombes,  à danser sans oublier la tombe. Les fins abruptes de ses chansons marquent d’une signature à l’arrache les vignettes néoeighties de ce concept faussement ludique… Seul en scène ChevalRex dépasse l’incarnation du chanteur pour s’évader dans celle de l’acteur ; ici la musique n’est qu’un prétexte à balancer du sens, du texte, de la vie, de l’audace ;  on pense bien sur au Dominique A des débuts, mais l’on pourrait dépasser le snobisme inhérent à la fonction de la chronique, à la classification qualitative, pour avancer d’autres références, de Mano solo à Higelin, de Charlelie à Iggy. Peu importe la forme nous parlons du sens et du fond ; à l’instar du belge Mochelan, on sent être en présence d’un artiste haut de gamme, d’un humain en mal d’expression et de communion, d’un type dont l’immense aura serait capable de s’imposer dans tous les styles de musiques, de la pop au jazz, de l’électro au métal, tant il reste unique et  incarne la clé de voûte de son concept.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=oJRh3qtx_EM[/youtube]

CD MOCHELAN ZOKU Image à la pluie  
Bon, j’ai mis du temps à chroniquer ce CD car mon fils Alix (membre de Padawin) est aux drums et dans certaines compositions de l’album de cet artiste belge à la fois chanteur et acteur, et de plus en plus important sur ces terres. Mais je n’arrête pas d’écouter ce disque, de plonger dans la force des textes, d’entrer en communion avec l’expression de l’artiste, à onduler tout seul dans mon salon à l’écoute de recettes imparables telle « Image à la Pluie », « La période  de la meringue », « J’veux bien »… Auréolé de divers prix, ce concept commence à envahir l’espace après avoir envahi nos têtes et nous savons déjà que nous sommes au début et non pas à la fin du truc ; nous sentons que Mochélan va devenir de plus en plus important, de plus en plus nécessaire, de plus en plus vital… Car il participe à son époque, il en est le chantre, la force, le procureur et l’avocat… et l’organisateur de la Grande Teuf. Ce disque m’alcoolise et  m’instruit, comme de lire un Bukowski un verre de bourbon à la main. Nous sommes dans des tranches de vie, dans de  la littérature balancée sur des notes, les chansons comme des mini­-nouvelles avec leurs dramaturgies et leurs chutes,  leur douce morale aussi au travers de leur révolte. La version physique de l’album bénéficie d’un packaging  particulièrement travaillé avec en bonus la captation live du spectacle « Nés Poumon Noir », le versant acteur de  l’artiste.

Sébastien Chevrier, le nouveau directeur du Temps Machine

Sébastien Chevrier a été choisi pour diriger le Temps Machine. Rencontre avec le nouveau directeur.

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« L’élitisme, oui. Mais l’élitisme pour tous. C’est une phrase de Jean Vilar, je crois. » Sébastien Chevrier vous fixe dans les yeux. Quand il parle de son nouveau poste de directeur du Temps Machine, son visage se fait sérieux. À 35 ans, il dirigera la salle et s’occupera de sa programmation à la place de Frédéric Landier qui tire sa révérence quatre ans après la création du lieu de la salle.

« J’ai très vite constaté que j’arrivais dans un lieu sain, explique Sébastien Chevrier. Tout existe déjà. Mon objectif est d’améliorer le nombre d’entrées, de renforcer l’image du lieu et la communication. » Il ne veut surtout pas rentrer dans les polémiques, les critiques. « Je suis neutre, je n’ai aucun passé à Tours. » Malgré tout, le créateur du festival Nouvelle(s) scène(s) à Niort est face à un challenge. Travaux Publics, qui gère le Temps Machine, voit son mandat de délégation de service public se terminer en décembre prochain et postulera pour être renouvelée. Sébastien Chevrier, recruté par l’association, a donc jusqu’à la fin de l’année pour convaincre.

« Je n’ai pas le temps de douter. Souvent, quand on arrive dans un nouveau lieu, il faut observer pendant plusieurs mois avant de taper du poing sur la table. Là, je vais devoir m’imposer dès le début. » Sébastien Chevrier a à son actif une belle réussite : Nouvelle(s) Scène(s) à Niort. Programmation exigeante, mélange de jeunes groupes et de têtes d’affiche abordables, depuis 2009, ce festival est devenu un des événements du printemps pour les amoureux de découvertes musicales. « Je défends la qualité d’un groupe, peu importe qu’il soit sur un gros label ou indépendant. Pour moi, le Temps Machine doit être populaire, sans être populiste, s’intéresser au plus grand nombre, sans démagogie, sans mièvreries. » Sur le papier, Sébastien Chevrier mélange expériences dans le privé, il s’est notamment occupé d’un espace culturel Leclerc à Niort, et responsabilités dans le public, il a dirigé un théâtre à Fontenay-le-Comte, dont il est originaire. Un C.V. plutôt idéal pour reprendre les rênes d’une salle qui cristallise les passions depuis des années.

RIP Daevid Allen… Il nous reste Jeff Ballard, Grisbi et Johnson Concorde

Notre chroniqueur blogueur Doc Pilot rend hommage à Daevid Allen… Mais n’en oublie pas de se nettoyer les oreilles, à coup de concerts bien sympas.

À 77 ans Daevid Allen, le fondateur des groupes Gong & Soft Machine, repart vers les étoiles… Un piano sous la lune, souvenir d’un album géant sorti en 1971, Camembert électrique …. et là-haut dans l’immensité éthérée, le pool vibratoire, pas mal de mecs dans la flying teapot : Pip Pyle, Alan Jack, Michael Karoli, et maintenant Daevid…. et bien sûr beaucoup de nous… 

On s’est quand même bien marré grâce à des mecs comme Daevid qui ne passaient pas à la radio , et tant mieux… Cette musique a bien hérissé mes parents, et tant mieux… Nos profs de musique détestaient cette musique, et tant mieux… Les culs-bénis détestaient cette musique et toutes les religions la détesteraient encore, et tant mieux… mais les concerts de Gong étaient toujours pleins… C’est un peu de cette étrange lumière des seventies qui s’efface avec le départ de l’artiste, de cette lumière qui nous fait tant défaut alors que l’ombre s’installe, liée à sa philosophie malsaine, l’obscurantisme..

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=ycBYm_1MUo8[/youtube]

Johnson Concorde au Temps Machine

Opéra rock au Temps Machine, tir de barrage étoilé dans le temple local de l’électricité pour le fantasme glamour d’un rock tubesque, mélange de Kiss et de Gary Glitter, aussi potache qu’un Slade, aussi technique qu’un Sparks, l’accord dans la forme entre la comedia del arte et la déclinaison décadente du rock n roll, tel que la firent et la débutèrent des Little Richard ou des Sweet, le tout glissé dans l’emballage de cuir noir d’un couple de Suzi Quatro dans la caricature. La bande-son d’un film italien sur le rock londonien du début des seventies, une pop spaghetti sexy, drôle, bâtie avec intelligence.

Derrière les acteurs du « drame », de l’image en appui, un rocky turone show initié au nord de Tours. Un bémol dans cette soirée pour les habitués du lieu : un fouillis dans la définition du son et un volume assez sage face aux concerts que nous venons régulièrement y voir.

Jeff Ballard au Petit Faucheux

Batteur légendaire ayant joué avec Chick Corea, Brad Mehldau, Pat Metheny, Jeff amène un quartet sans leadership évident, sans starisation optimale. Mélange équitable entre les artistes pour donner une musique aux racines évidentes, mais au rendu assez flottant pour un répertoire divers et inégal, avec des instants de grâce, des illuminations, des malaises aussi voire un peu d’ennui sur des climats trop étirés pour ne pas générer l’attente.

Lionel Loueke (Photo Doc Pilot)
Lionel Loueke (Photo Doc Pilot)

Pourtant, la recette semble porteuse dans le mélange de l’électronique (le point faible à mon oreille) aux instruments traditionnels, de la voix à la musique, de mélodies simples à des structures rythmiques proches de la musique contemporaine. Malgré toute la brillance des instrumentistes, je reste sur ma faim, pure attitude subjective, car le public adore. Reste le guitariste magique Lionel Loueke, un personnage et une histoire, un destin : chapeau bas. Reste aussi l’homme des claviers Kevin Hays, à la carrière historique : là, devant nous, pour nous, chez nous. Trop classe, Le Petit Faucheux, trop classe.

Moonjellies & Grisbi en Arcades Institute

Avant-dernière étape des Arcades Hivernales, de sucre et de miel avec deux formations maîtresses en l’art de bâtir des mélodies imparables, des harmonies de voix propres à vous faire planer, à vous propulser direct dans les hauteurs… The Moonjellies d’abord, dans la tradition des Byrds, de Crosby, Stills, Nash & Young, et cette impression de retrouver direct l’esprit et le son de la fin des sixties en Californie, avec une lente glissade vers le psychédélisme sur les deux derniers morceaux du set. Un feeling à la Jefferson Airplane, à la Grateful Dead… Avec un morceau de Neil Young en rappel, histoire de bien marquer le style, les racines…

On pense à Jonathan Wilson ; ils sont dans la même ligne. Grisbi, en deuxième partie, deux desserts pour cette fin d’après-midi, après deux ans d’absence le retour à la formule en quartet, la perfection dans l’exécution, toute en nuances, en écoute, le charme dans la voix de Natacha, l’impression encore une fois de s’élever à leur suite, d’être embarqué dans la lumière, avec en rappel une relecture incroyable d’un titre de Young Marble Giants. Ces deux formations sont des formations-sœurs, avec en commun la recherche du beau et du bonheur induit. Chapeau bas au sonorisateur, atout incontournable pour l’expression des artistes.

Vendredi de Pleine Lune au Temps Machine… et Superflux de sons

Doc Pilot a fait le plein de culture pour cette rentrée des classes. Dans son cartable : un paquet de concerts et d’expos !

√ Carte blanche à Pepiang Toufdy en Arcades Institute

Fin d’après-midi de musique et d’images pour cette étape des Arcades Hivernales si particulière et si représentative des talents multiples de l’artiste invité. Pour la partie musicale, Pepiang s’est entouré de Jungle Book et de sa percussionniste, mais aussi du guitariste et du bassiste de Fucking Butterfly, pour balancer une fusion world totalement dédiée au partage et à l’évasion, la musique d’un film où l’on pousserait les espaces vers des horizons inédits et impalpables…
Pour les images ensuite, projection de film  Fatou, sorti en DVD, un long-métrage pour une réalisation et une direction d’acteur optimales, au service d’un thème difficile, celui de l’esclavage moderne initié à l’intérieur même des familles : terrible exploitation de l’homme par l’homme, triste constat d’une misère sociale et existentielle, installée dans l’ombre et le non-dit. Belle happy end, où l’amour roi saura délivrer l’héroïne et à sa vie donner du sens. Pepiang Toufdy est un artiste incontournable et nécessaire, aussi important en son époque qu’un Malraux ou un Kessel. Il est en phase avec son époque, il la porte et l’image, il est un veilleur et un esthète : chapeau bas.

√ Soirée Dirty Guy rocks au Temps Machine : Swingin’ Utters, ToyGuitar, Saints & Sinners
Pleine lune, nuit froide, contrôle de police au rond-point, en route vers la chaleur de l’enfer du rock. Le club du Temps Machine bondé par de vieux et de jeunes petits agités venus pour vivre un vendredi électrique ouvert avec joie, passion et énergie communicative par les locaux Saints & Sinners, du punk folk à la Pogues mâtiné de culture alternative, des racines de bar à bière irlandais diluées dans les fonds de cale de Paimpol…

ToyGuitar (Photo Doc pilot)
ToyGuitar (Photo Doc pilot)

Puis les Californiens et la furie en scène et en salle, ToyGuitar ou le punk rock au service d’hymnes séducteurs à mort balancés par des tatoués suants et surexcités, du cent à l’heure direct au plancher. Sans temps mort. L’attrait visuel d’une sorte de Cochise psychédélique au chant et à la Strat, d’une jolie blonde à la batterie, métronome de charme ultra rapide…

On retrouve deux des musiciens dans la tête d’affiche de la soirée, Swingin’Utters, une histoire née au milieu des 80’s et toujours aussi fascinante, péchue, balancée avec une technique haut de gamme et avec chez le chanteur une folie identifiée, à faire peur, à rendre heureux, à enfin se sentir revivre loin des daubes variétoches que l’on nous refile pour du rock. Bien sûr, ceux qui restent cultés devant leurs écrans, ne peuvent imaginer que cela puisse encore exister de s’en foutre plein la tronche d’électricité dans des glissades de bière aspergé… Demandez à Carmen, la photographe maison baptisée à la mousse…
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=axBoXu_BuyY[/youtube]

√ Emel Mathlouti , Bruissement d’Elles
Une artiste à la dimension internationale pour ouvrir le festival Bruissement d’Elles. Mais aussi une artiste engagée pour la cause des femmes et de la liberté et ainsi raccord avec la programmation de Alain Werner au Centre Culturel de St Pierre. Voix exceptionnelle, musique inspirée mélangeant tradition et modernité, un peu comme si Natacha Atlas se mélangeait à Björk pour défendre des idées, une mission, une identité. La dame et ses trois musiciens tournent dans le monde entier ; la chanteuse tunisienne a le vent en poupe.
Reste pour moi un bémol, sa gestuelle un peu forcée, un peu artificielle, laborieuse, à l’opposé par exemple de celles des dames de Lo Jo … Un des musiciens nous annonce avant le rappel que la chanteuse est malade (grippe ?) et donc très courageuse. L’aspect de mise en scène écrite vient peut-être de ça. Il m’en reste un agréable moment de flottement dans les airs sur des musiques d’électro orientale (ça ne veut rien dire et s’applique à tout)… apaisante, planante, cette musique… fascinante, cette voix.

Fraizeuhmagik expose « Mémoire cutanée » au Centre Culturel de St-Pierre-des-Corps
… De belles photos en deux images d’un même humain, l’une au quotidien, habillée, l’autre dénudée pour dévoiler des tatouages. Chaque duo d’images légendé par le propos du modèle sur la présence graphique sur la peau fixée.
D’abord, et c’est important, c’est du bel ouvrage, c’est un concept et du travail pour un casting multipliant les morphologies, privilégiant le naturel, la nature, l’évidence de l’imperfection physique omniprésente et universelle, véritable grain à l’humanité, à l’humain. Puis le tatouage en identification d’un parcours, d’une idée, d’un besoin, d’un souvenir, et ainsi la possibilité de transcender le capital génétique pour se refaire, s’engendrer et dans cette collection «  s’exposer ».
Rien de vulgaire, dans la peau, le nu ; beaucoup de « beauté » à l’état brut !!

√ Super flux en La Chapelle Sainte Anne
Dans le cadre du Festival Superflux, réunion de « Regards Sonores », de l’art contemporain à voir et à entendre, des espaces d’intimité esthétique, de surprenantes rencontres entre la technologie et le rêve, l’audace. Il me reste le Jardin d’ Eden de Pascal Le Gall, le culte d’un espace d’incertitude spirituelle balancé dans le son alternatif d’un dieu païen… Il me reste la robotique esthétique de Erwin Pilot, le leader de Padawin, une installation posée dans les airs et le clair-obscur des hauteurs de la Chapelle, de l’ingénierie et de la robotique en matière première à l’artistique… Me reste le bleu de Soizic Lebrat, l’accord entre l’image inspiratrice de l’impro, et l’impro filmée de la violoncelliste, image instantanée devenue matière première à la construction d’une œuvre globale et fascinante…
Me reste la vision audacieuse de Pascal Guion, provocatrice dans son expression de la punition par le culte ; à générer l’envie de se damner pour en savoir plus… Me reste ma rencontre avec Hugues Vincent, un artiste que j’aime tant, un maître, un esthète sublimant toujours la technique pour coudoyer le génie… Une expo à voir et revoir.

√ Univers de Femmes à La Boîte Noire
Deux univers, deux matières, deux possibilités, deux îles… De rouge et d’acier pour Charly, une expression qui m’évoque douleur et combat, force et détermination, répétition implacable d’un motif accusateur (bien sûr, tout cela est purement subjectif ; chacun y trouvera son compte et son axe)…
Caroline Bartal me séduit en l’instant avec ces « peintures » psychédéliques dans le format du 33t, comme un clin d’œil au fantasmes des douces années californiennes, des images d’un paradis perdu où l’amour est roi, ou le rêve est la seule raison d’exister, dans un monde androgyne, où les différences sont gommées sous la sensuelle caresse du mélange, de l’humain au végétal, de l’animal au minéral..
Face à ses œuvres j’entends de la musique, celle de l’Airplane, celle de Hendrix, de Tangerine Dream, de Joni Mitchell et je sens que je pourrais passer des heures à leur contemplation, y revenir régulièrement pour toujours y découvrir de nouveaux horizons, oser tomber tel Alice dans cet univers ouvert et sans fond, parsemé de possibles et d’impossibles…

√ Tobassi & Midjo en Arcades Institute
En Arcades Institute, étape de roi pour les Hivernales pour une rencontre avec la génération montante, tellement brillante, tellement joyeuse et décomplexée… Une bande de mecs bâtis pour balancer de la joie en la technique, du bonheur dans l’harmonie, du talent.

D’abord Midjo, un concept empreint d’influences diverses avec des racines évidentes dans la musique noire américaine de la fin des sixties, un parfum californien de l’ Airplane à Electric Flag, une voix blanche colorée de noir à la manière d’un Jamiroquai, d’un Tower of Power, une grande fiesta pour foutre le feu dans la musicalité, une adhésion totale du public à la musique de ce gang…
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=XC-rH7LZ4E8[/youtube]

Tobassi (Photo tmv)
Tobassi (Photo tmv)

Puis Tobassi, le sextet fascinant et emblématique de la nouvelle scène tourangelle, une sorte de soul jazz planant, d’acid jazz surréaliste, matière au jeu extraverti des artistes, une virtuosité au service de la beauté, de l’émotion, de la capacité à installer des univers, des espaces d’élévation, et la présence d’un saxophoniste à la dextérité exceptionnel, Louis Chevet. Au chant, Giovanni donne de l’image et de l’incarnation au voyage, du jeu. Il est la clé de voûte d’un des meilleurs groupes apparus sur la scène tourangelle depuis un an… Et cette date peut être la plus brillante de toutes les Hivernales.

De Christiane Grimal à Big Yaz Explosion en passant par Pneu !

Il est comme ça, doc pilot. Il enquille les concerts comme personne. Et en profite pour vous faire part de ses découvertes.

Grimal
Christian Grimal (photo doc pilot)


>Christiane Grimal & Tijerina Projekt à l’ H
ôtel de ville de Tours

Passage éclair de la chanteuse américaine (et un peu Tourangelle, tant nous l’avons adoptée en terres ligériennes) pour un concert de gala dans la salle de réception de l’Hôtel de ville. Concert privé offert aux participants d’un congrès de pédiatres neurologues lors de la soirée Travel Cortex, contexte un peu difficile à devoir jouer les pianistes de bar pour une audience en pleine dégustation d’un dîner. Pourtant, la qualité indéniable et la force artistique et émotionnelle de la chanteuse arrivent à vaincre les estomacs pour ravir les cœurs.
Les quatre musiciens de Tijerina Projekt dépassent le simple accompagnement de leur chanteuse et présentent une cohésion telle que nous sommes face à un Groupe, un Style, un Concept.
L’étonnante dextérité des instrumentistes fait leurs solos magiques et inspirés, une respiration nécessaire pour se maintenir à flots malgré les coups à la sensibilité appliqués avec constance et rigueur par leur chanteuse aussi troublante qu’une Billie Holiday, aussi dramatique qu’une Karen Dalton, investie corps et âme dans le moindre de ses mots, le plus infime de ses gestes, expression globale d’un répertoire original totalement investi dans la recherche de l’unique et du beau.
Christiane Grimal propose des courts métrages, des bribes d’existence, une galerie de personnages haut en couleur, des paysages et des voyages, la force de l’Est, sa migration vers l’Ouest, le mélange des ses racines juives et cubaines, de la beauté et du rythme.
De la danse et de la méditation sur la Condition Humaine, l’Amour, la Joie, le Drame. Je suis grand fan de la Dame.

>>PNEU au Temps Machine

Arrivé vers 23 h, je tombe à pieds joints dans une flaque de fiesta étalée aux sols, aux murs et aux plafonds du Temps Machine. Une bubble-party pour granenfants, une joyeuse déglingue dans ce Cocktail Pueblo régressif, l’impression de voir la génération des trentenaires de retour aux goûtés d’anniversaire de l’école primaire. On me dit que j’ai raté une belle prestation, celle dElectric Electric… Dans le club, passent de vieux clips de la fin des sixties, Henri Salvador dans ses pitreries (mais là c’est un appel à l’enfance des quinquas)…

Je prends un Mars histoire d’être dans le ton et dans la forme : soirée sucrée… Puis dans la grande salle, Pneu comme à l’habitude posé au sol au milieu de son public ou comment redéfinir la scène au-delà de la différence et l’adoration, en propulser les codes vers la fusion, l’égalité et la communion des énergies. Pneu est unique et novateur dans sa capacité à faire du bien avec du bruit, à user de technique pour peindre un univers au premier abord déstabilisant puis terriblement attractif, une drogue dure en appel au corps, à écouter pendant des heures, un trip.
On peut parler ici de « musique contemporaine classique » tant l’écriture est technique, construite, à sa façon académique, dosée, bornée, finalement à l’opposé de la techno de ses grands frères dont elle sublime l’énergie communicative au travers de performances instrumentales. Elle pioche aussi dans la crème des seventies (peut-être sans le savoir), Zappa, Beafheart, King Crimson… et ainsi touche trois générations sans compromis et sans forcer. Jeudi, je fus particulièrement réceptif à leur concert, peut-être tout simplement nourri de l’écoute répétée de leur dernier disque, avec cette impression d’assister à un Don et à un Acte.
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=f85TvIwHQnI[/youtube]

>>>Big Yaz Explosion en Arcades Institute

Quatrième étape des Arcades hivernales et la fiesta annoncée avec le passage de la bande de Nacer Yazid, hommage haut de gamme à la période Stax et Motown de la fin des sixties dans l’exécution fidèle et passionnée de classiques de Otis Redding, Aretha Franklin et Wilson Pickett par le bigband de rythm and blues le plus talentueux du Centre Ouest.
De nombreuses formations s’amusent à proposer un tracklisting issu de cette période pour justifier la mise en son d’un dancefloor nostalgique. Avec Big Yaz il n’en est rien, nous sommes dans une recréation permanente des grands classiques, un investissement total dans l’élévation vers les cimes du jeu et du plaisir, un
e interprétation toujours plus globale et tonique, soucieuse d’évacuer les possibles comparaisons avec les interprétations originales par l’énergie investie dans la mission.

En fait, tout est affaire d’esprit. De message aussi : les musiciens, excellents, ont depuis longtemps évacué toutes les barrières techniques, se donnant ainsi la possibilité d’investir leurs rôles de porteurs du message, un vaudou sonore pour réveiller les ombres des dieux morts. A la croisée des chemin, ils font un deal avec le Diable et nous filent du feu, des larmes et de la sueur pour nourrir La Légende. Frappé d’épilepsie réflexe, le public chute dans la danse, se damne pour un rythme, un son, un riff de cuivre martelé dans le souffle, une forge de Vulcain d’émotion dans la gueule de chien fou du chanteur. C’est le Paradis en Enfer.

De Pantagruel à Ecoute-Voir en passant par Le Kyma

On ne sait pas comment il fait, mais Doc pilot est une encyclopédie de la culture. Et ça tombe bien, nouvel épisode de ses chroniques et découvertes pour tmv.

Pantagruel au Théâtre Olympia

Grande claque visuelle avec le Pantagruel, mis en scène par Benjamin Lazar : l’impression de tomber dans un trip psychédélique, une geste sous acide de la venue sur Terre du fils de Gargantua et de son parcours initiatique, sorte de Tour de France d’un compagnonnage de la folie et de la démesure, une glissade dans l’iréel par un texte étonnant de modernité dans son écriture, si facile à capter dans ses images explosives, servi par une interprétation excessive (pour notre plus grand plaisir) , époustouflante, délirante, du génial Olivier Martin-Salvan.
L’accompagnement musical sur des instruments d’époque apporte une touche d’identification temporelle à cette confrérie des fous sous ergot de seigle.

Désir Désirs à La Chapelle Sainte Anne

Je vous conseille d’aller voir la nouvelle expo collective en La Chapelle Sainte Anne, promenade onirique dans le talent et l’inédit, poussée de tous les artistes dans des secteurs inexplorés de leurs pratiques. Jean Pierre Loizeau en pleine recréation de son art, des extensions de ses personnages sous la découpe des corps et des âmes, Nikita et sa galerie de genre, interrogation sur l’identité et l’image, la sensation intime ne pas avoir le corps en phase avec l’esprit voire la possibilité d’évoluer dans la transformation ; extraordinaires portraits de Martine Bligny, ou comment oser le classique en sa perfection technique vers un clair-obscur intime et apaisant, les chaussons de danse de Alexandra Riss, une collection inquiétante… Un arrêt dans le temps, l’espace, le raisonnable, l’évident.

Le Kyma au Temps Machine

Soirée assez folle pour le dernier tour de piste de Le Kyma dans un Temps Machine relooké en un souk alternatif propre à dérouter le visiteur vers une soirée identifiée. Puis le concert, tel une messe païenne, de la joie et de la peine, de l’humanité en sons et en mots, un clin d’œil générationnel à la scène rap ligérienne avec la présence brillante de Ali’n et Nivek sur un titre, la naissance alors d’un super-groupe session dans l’esprit et dans le style. J’ai toujours du mal avec les concerts d’adieu.
Je reste dans le doute face à l’arrêt d’une démarche créative et sociale, m’imagine mal la fin d’une aventure artistique sans la contrainte d’un événement tragique. La talent est là, le public a répondu présent, la joie d’œuvrer et partager semble toujours d’actualité : nous restons tous dans l’attente de la prochaine étape : Le Kyma, le Retour !!

Le Kympa (doc pilot vidéo)
Le Kympa (doc pilot vidéo)

Festival Ecoute-Voir au Petit Faucheux

Grand bravo à Francis Plisson pour avoir programmé dans son festival François Chaignaud et Jérôme Marin dans « Sous l’Ombrelle », grande éclate visuelle et sonore déroulée sur la trame de chansons un peu désuètes des années 30 et des années 20, une légèreté surréaliste transposée dans deux personnages hors des normes et hors du temps. Deux représentations issues des fantasmes les plus fous habilement exprimés par la grâce d’un capital technique et artistique haut de gamme.
Pendant une grosse heure, les artistes nous transportent loin de la réalité, nous apportent bonheur, bien être, chute libre dans la rire et l’émotion : rarement pris autant de plaisir depuis longtemps à perdre pied loin des chapelles.

Matchbox en Arcades Institute

Troisième étape des Arcades Hivernales avec le country blues tonique de Matchbox, une plongée vers les racines, servie par des musiciens totalement investis dans le blues et ses codes, respectueux du cheminement créatif des pionniers pour en tirer une exaltation complice avec le public… Ou comment tenir dans la joie une historique contemplation d’une histoire du XXe siècle dans cet art populaire né dans les champs de coton de l’Amérique du Nord.
Matchbox est peut être la meilleure formation hexagonale pour porter témoignage de cette culture aujourd’hui bien diluée sur ses terres de naissance ; ainsi l’on s’instruit sans le savoir dans la joie et le plaisir, et au travers de ce parcours ludique et didactique l’on rend hommage aux pères fondateurs du blues du Delta.
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=7eR9cINmQbk[/youtube]

2015 à peine commencée, déjà des sorties

Chaque semaine, Doc Pilot nous régale d’un compte rendu de ses sorties culturelles.

Le batteur des Roots Addict à l'Arcades Institute
Le batteur des Roots Addict à l’Arcades Institute

PNEU CD Destination Qualité
D’abord la pochette, grande claque visuelle à t’emporter direct dans un psychédélisme sans violence, un collage subtil  et séduisant, un truc à te donner l’envie d’écouter la bande son de ce joyeux foutoir de couleurs et d’images, et puis les titres des morceaux (Pyramide Banane Chocolat, Catadiope Ambidextre) des associations graphiques dans les mots,  l’impression d’un langage codé, l’expression initiée d’un gang de lycéens, de Boris Vian électriques. Alors vient la  musique, folle mais vicieusement construite, bruitiste mais subtilement musicale, un brouillage de pistes pour tuer les possibles références : un son. Ce troisième album du duo Pneu me le fait bien, me rend heureux à son écoute, de  l’énergie positive, de la performance sans la course à la timbale, de la force et de la joie mais aussi “ une musique  contemporaine ”, un couple de créatifs sans frontière à l’expression de leur fécondité débordante. Ça s’écoute en entier et ça se réécoute, c’est hors des modes donc ça va pouvoir s’écouter longtemps ; allez je m’avance un peu sur ce coup  là, mais ça sent le futur collectors ; d’ailleurs un disque pareil sera vite épuisé car on voudra tous l’avoir sous sa forme  physique.

ROPOPOROSE CD Elephant Love
Groupe OVNI, groupe unique, groupe atypique par le jeune âge du frère et de la sœur, par leur capacité à balancer à deux ce que bien d’autres ont du mal à proposer à dix… Le duo Ropoporose est talentueux, génétiquement brillant, d’une maturité précoce et d’une originalité d’écriture à se poser la question du pourquoi et du comment. Car ici nous ne sommes pas en présence de jeunes musiciens savants exposant leurs leçons bien apprises, mais face à un groupe de  rock, tout simplement, face à deux artistes, deux créateurs, deux bâtisseurs d’un univers capable d’embarquer tout un chacun au delà des chapelles et des strates générationnelles. Leur musique n’a pas d’âge, elle est universelle, elle est  pop et même si cet album se barre un peu dans tous les sens, la qualité reste de mise, son écoute un plaisir et la sensation d’être au début d’un truc qui pourrait aller plus loin, beaucoup plus loin, évidente. Il s’y mélange la ligne claire et le pastel gras, l’aquarelle et la peinture au couteau, l’art brut à des subtilités impressionnistes. La force de la fratrie laisse supposer un futur fécond ; la rencontre d’un grand producteur pourrait optimiser toutes les qualités de cette aventure. Les gens de Vendôme devraient joindre Brian Eno ; pour le vieux magicien ce serait une belle dernière valse d’ainsi épauler ceux qui feront “ demain ”.

Roots Addict en Arcades Institute  
2e acte des Arcades Hivernales avec The Roots Addict, du reggae à la mode seventies comme on l’aime et sans arrangement suspect, simple lecture festive d’un style avec respect et fidélité aux codes, pour nous entraîner dans une  grosse fête de la fin de ce dimanche après midi si particulier débuté dans la Grande Marche contre la Bêtise. C’est un groupe, une bande d’amis, une association de personnalités brillantes et justes pour balancer une ambiance de bien-être  et de coolitude, grande glissade dans la danse et l’oubli, un décalage du temps vers une douce extase cosmique, un trip  fédérateur et multi­générationnel hautement chargé et addictif.

Soirée Wolfpack au Temps Machine  
Ouverture avec Les Princes du Rock, groupe tourangeau en relecture d’un rock psyché de la fin des sixties dans la  ligne du Floyd de Barret voire de Steppenwolf ou des Byrds, un bel ouvrage extrêmement léché dans les harmonies  vocales et les ambiances cosmiques ; le groupe américain Harsh Toke nous a vraiment baladé au-delà de l’espace et du temps, le type de sensations vécues à l’écoute de Hawkwind mais ici au travers de mantras de hard-­rock  psychédélique, mélange de Grateful dead et de Black Sabbath, de Spirit… A sa suite, Comet Control, le groupe vedette  de la soirée, m’inspire de l’ennui à l’écoute de sa musique néonirvanesque. C’est parfait, au cordeau, séducteur dans ses formats de chansons bâties pour plaire… moi ça me ramène au sol, alors je fuis.

Maxime Vignon au Serpent Volant  
Ce bar a le charme désuet et hors du temps des premiers films de Caro et Jeunet, l’impression de rentrer  dans la réserve d’un 20e siècle oublié, une image d’Epinal des rades du vieux Tours, des îles où rencontrer « des gens vrais »… Aux murs, les créations de Maxime Vignon ; je l’avoue ce n’est pas vraiment ma came car je ne comprends pas où il veut en venir. Difficile de s’y attacher par la technique assez basique, et impossible pour moi de  plonger dans cette collection d’impressions et d’émotions exprimées sans concession et visiblement sans désir de plaire. Je pense sentir des problématiques personnelles affichées face au monde et ainsi nous sommes assurément face à une démarche artistique voire une expression générationnelle, un instant de vie, des couleurs chaudes, des paillettes : un art brut ethno glam.

« Exquises Esquisses » à La Boîte Noire  
Grand plaisir à déguster avec attention cette exposition, réunion d’artistes haut de gamme chacun en leur styles, les foules surréalistes de Eric Demelis, le fameux Jean­-Pierre Conin et ses visions de purgatoire dans les nuages, coterie de « gentils » assemblés pour revivre, les portraits d’une perfection absolue de Remi Planche, les duos de douceur et  de paix de Jean-Pierre Loizeau, les afterpunks post­atomiques de Franck Charlet, les animaux terribles issus de  mutations psychédéliques de Sebastien Thomazo, les scénarios bizarres et graphiquement identifiés de Dominique Spiessert, les jets à plat des tableaux en relief à venir du regretté Didier Becet… Une exposition donnant la part belle à la technique et à l’inventivité, une remise des pendules à l’heure et la force dans le trait ; l’évidence que tout est dit et terminé lors de la naissance du projet, le reste n’étant qu’affaire de pratique.

Tmv : les 10 articles les plus lus en 2014

Vous êtes de plus en plus nombreux à vous connecter à tmvmag.fr/tours Et rien que pour cela, on vous fait des bisous. Peu importe si ces articles ont été peu ou beaucoup « recommandés sur Facebook », ce sont eux qui ont été les plus lus sur notre site : voilà le top 10.

Pour les (re)lire, vous n’avez qu’à cliquer sur le titre !

Tutorial Halloween : le zombie, c’est la vie !

Un exemple de zombie walk (Photo Patrick Lavaud)
Un exemple de zombie walk (Photo Patrick Lavaud)

Un jour (ou une nuit de pleine lune, ça fait plus glauque), Clément Nobileau a le déclic : ce jeune Tourangeau, créateur de Tours de geek, constate qu’il n’y a aucune zombie walk à Tours, ces fameuses marches de morts-vivants. Ni une, ni deux, on l’a attrapé sur une terrasse pour qu’il nous raconte tout de son projet. Il se prête au jeu de l’article tmv et vous balance les 5 étapes pour faire de vous LE zombie. Être déguisé au top, quoi. Après coup, on apprendra que la zombie walk tourangelle a été un succès.

Cannabis et coffee-shops : et si on ouvrait le débat ?

En janvier, l’ouverture de coffee-shops dans le Colorado et la légalisation du cannabis en Uruguay fait grand bruit. Tmv s’interroge alors sur l’éventualité d’une telle « révolution » en France. On a donc organisé un débat avec Dominique Broc, initiateur et porte-parole des Cannabis social club, et le Dr Costentin, professeur de pharmacologie CNRS et faculté de médecine de Rouen. L’un est franchement pour, l’autre… carrément contre !

À l’hôpital, docteur clown, rire médecin

Tmv fait un tour à l’hôpital Clocheville, à Tours. Et y rencontre Buzz et Molotov, deux clowns qui égaient le quotidien d’enfants malades. Difficile et poignant, le reportage emmène dans un univers peu connu des gens. Entre compliments bizarres (« tu sens l’endive au jambon ») et danses farfelues (un Waka waka), tout ça pour faire sourire quelques enfants qui n’ont pas un quotidien facile.

(Photo Cédric Neige)
(Photo Cédric Neige)

Funktrauma : portrait funky

Au mois d’avril, on rencontre les deux loustics de Funktrauma avant leur release party. Depuis, leur funk jubilatoire tourne souvent à la rédac’ (et sur vos platines, avouez !)

 

Freshy farmer : le food truck malin

Ils sont trois, Chris, Élo et Jeff. Trois jeunes gens qui préparent des burgers stupéfiants et délicieux. Au départ, ils n’étaient que sur le parvis de la fac. Maintenant, leur food truck navigue partout sur Tours et les clients sont toujours de plus en plus nombreux.

Élus de Tour(s) plus au Temps machine : dérapage ?

La polémique du mois d’octobre. Durant le concert intimiste de Glenn Branca, un raffut dans la salle du Temps machine. Certains témoins aperçoivent des vestes en cuir faire la chenille, rire très fort et autres amabilités. Il s’agit d’élus de la communauté… Certains nient, d’autres non, et le Temps machine est très en colère.

Tmv organise une conférence sur le BD journalisme

On avait un peu peur avant d’organiser notre conférence. Au final, et grâce à vous, l’article qui l’annonçait a permis de faire venir plein de monde. C’était dans le cadre des Salons de Choiseul et ça a été un succès. Les invités, eux aussi, ont adoré. Alors encore merci.

Spécial #EPJTMV
makingof

On a testé pour vous : la pole dance

Ah bah bravo, on ne vous félicite pas, bande de coquin(e)s ! Bon, allez, si. D’autant que cet article, pondu par deux de nos étudiants à l’EPJT, est agrémenté d’une vidéo pas piquée des vers. En gros, un garçon et une fille ont testé la pole dance. Et OUI, c’est très difficile. Lisez donc pour en avoir la preuve.

Une habitation dans les bois considérée comme hors la loi

L’équipe web de l’EPJT (encore !) dégotte un sujet qui fera causer : Nathalie Doumas, une dame qui a construit son habitation à la lisière d’un bois. Problème : la commune souhaite voir sa maison disparaître. Lecteurs, lectrices et internautes partagent l’article, se révoltent du sort de cette femme et appellent à faire quelque chose…

Un tour du monde en une semaine, sans quitter la Touraine

On a laissé les clés de tmv aux étudiants de 2e année de journalisme de l’EPJT. Et ils ont fait du  boulot ! Notamment avec un tour du monde en rapport avec la Touraine. L’étape qui a le mieux marché ? Les États-Unis. Un reportage sur l’équipe de foot US, les Pionniers, fonctionne du tonnerre. Et lance un même un débat plutôt musclé dans nos commentaires…

Un monde möö-möö avec Moodoïd !

Sortez vos télescopes ! L’ovni Moodoïd débarque, armé de sa pop psyché et colorée.

(Photo Fiona Torre)
Moodoïd débarque en concert au Temps Machine.

Une sorte de matière molle et “ modelable ”. Un souvenir, une émotion qu’on pourrait déformer avec les doigts. » Ces mots, choisis par Pablo Padovani pour décrire Moodoïd, projet dont il est à l’origine, peuvent paraître obscurs. Ils reflètent pourtant bien la vision artistique du jeune compositeur. Tout droit sorti de l’imaginaire fertile de ce dernier, le Monde Möö (le nom du premier album de Moodoïd paru il y a quelques mois) est « un monde paresseux où l’on vit presque toujours allongé. On y trouve des paysages, des clubs pour danser, beaucoup de nourriture et pas mal de luxure… c’est une sorte de jardin d’Eden pop avec du rose et du bleu. »

Pablo Padovani n’est toutefois pas seul lorsqu’il ouvre les portes de cet univers fantastique. En studio, il évoque sa « famille musicale ». « J’aime à imaginer le studio dans lequel je travaille comme une sorte d’auberge espagnole dans laquelle se croisent tous les gens avec qui j’ai déjà fait de la musique. » Sur scène, c’est un autre genre de famille, une armada de chromosomes XX, puisque le jeune homme est accompagné par quatre musiciennes. « Je trouve ça assez atypique d’être noyé dans les femmes sur scène, sourit-il. J’ai mis environ un an et demi pour toutes les trouver, grâce au bouche-à-oreille, à des sites de rencontres pour musiciens, à des soirées communes dans des appartements… Elles ont toutes une vraie personnalité. On fait plein de découvertes ensemble et ça me plait vraiment de partager ces aventures avec elles. »

C’est donc avec sa garde rapprochée que Pablo Padovani apparaît le soir des concerts de Moodoïd, sous une apparence qui peut surprendre, mais qui reste en adéquation avec l’univers du groupe. « La scène doit être un lieu d’exagération et de poésie selon moi. Les costumes sont là pour ça. Et puis ça nous donne une identité singulière. Ce qui change en fonction des soirées, c’est plutôt notre manière de jouer. Parfois ça sera plutôt rock, direct, parfois beaucoup plus doux… “Mood” signifie humeur en anglais. Je suppose que notre musique se transforme en fonction de nos humeurs. » À vous d’être « in the mood » for Moodoïd.

Bastien Lion

EN BREF
>L’ÉVÉNEMENT
Moodoïd sera sur la scène du Temps Machine ce samedi 8 novembre avec, en première partie Aquaserge (voir ci-dessous). Le concert débutera vers 20 h 30. Tarifs de 8 à 15 €. Plus d’infos sur letempsmachine.com

>INFLUENCES
Ancien étudiant en cinéma, Pablo Padovani, également réalisateur des clips de Moodoïd, n’hésite pas à mettre en avant l’apport du septième art (mais pas que) quand vient l’heure d’évoquer les inspirations. « J’aime les artistes avec des univers très atypiques comme Roy Andersson, un réalisateur suédois absolument génial, Wes Anderson… Parfois, j’en viens presque à concevoir la musique sous un angle cinématographique. Et sinon, je suis très rock progressif, avec des groupes comme Soft Machine, Robert Wyatt, Gong… Et je suis surtout un très grand fan de Frank Zappa. »

>AQUASERGE
Également à l’affiche vendredi soir, en compagnie, donc, de Moodoïd, les musiciens d’Aquaserge sont aussi des proches de Pablo Padovani. « J’ai grandi avec ces gens, ils m’ont beaucoup appris. Je suis un peu le petit frère. Ce sont des musiciens hors pair. Je l’avoue : je suis fan ! » La pop psyché, ça crée des liens !
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=amoy1kcJnV4[/youtube]

Agglo de Tours : quelles politiques culturelles ?

Nous avons rencontré des programmateurs, des artistes, des politiques pour qu’ils nous parlent de leur vision de la culture.

Politique culturelle
Cet été, le Temps Machine organisait avec l’association Vivre ensemble un atelier Human beatbox pour des enfants des Rives du Cher. (Photo Temps Machine)

Dans la petite salle du Temps Machine, à Joué-lès-Tours, Frédéric Landier fait le compte des personnes qui profitent de la salle de musiques actuelles. Il est programmateur : « Le Temps Machine ne se résume pas aux 10 000 personnes qui viennent assister aux concerts chaque année. » Olivier Claveau, le directeur technique, ajoute : « Depuis le début, nous avons eu 765 musiciens qui se sont inscrits pour bénéficier des locaux de répétitions, chacun représentant un groupe de musique de plusieurs personnes. »
Claire Heymans et Lucie Beignet, elles, s’occupent de l’action culturelle : « En 2013, 2 000 personnes sont venues visiter la salle. Plusieurs centaines ont bénéficié d’ateliers et de concerts en dehors du Temps Machine. » « Une de nos missions, c’est de rendre compte de la richesse locale, explique Frédéric Landier. Est-ce que le Temps Machine a contribué à redonner une fierté d’appartenir à la scène tourangelle ? Sûrement en partie. »
Publics, subventions, coût
À quelques kilomètres de la salle de musiques actuelles, Marie Hindy est depuis quelques mois programmatrice de l’Espace Malraux : « C’est une cuisine compliquée, la programmation. Je viens du social avant d’être rentrée dans le monde de la culture : peu importe leur envergure, j’attache une grande importance au discours de l’artiste. » Pour Marie Hindy, la culture est stratégique dans une ville comme Joué-lès-Tours : « Le développement du spectacle vivant est une réponse intéressante au manque de patrimoine historique. »
Qu’en est-il des subventions ? « Je vais vous faire un petit calcul simple : en 2015, nous allons recevoir la nouvelle pièce de Jacques Weber. Le spectacle coûte 20 000 euros. Il faut compter deux jours pour installer les décors, recevoir les artistes, préparer la technique : ce sont 6 000 euros en plus. Ajoutez 5 000 euros de fonctionnement et la note totale affiche 30 000 euros. Si on divisait par le nombre de spectateurs, nous avons 1 000 places, les billets coûteraient 300 euros. S’il n’y avait pas de subventions, on reviendrait à une culture réservée aux élites. »
Alors, culture pour tous ? Chaque art a bien sûr ses adeptes, ses connaisseurs. Un fan de rock ne va pas forcément aller à un concert de dub step. Quoi que : Thomas Lebrun, le directeur du Centre Chorégraphique National de Tours a une autre idée du public. « Tout le monde en fait un pataquès de la danse contemporaine, s’amuse le chorégraphe. Pour moi, elle n’est pas si hermétique. Elle peut être populaire. C’est possible d’être un artiste innovant dans sa danse et proche du public. Chaque spectateur a son propre regard. Prenez la soirée What You Want que nous avions organisée à la Guinguette de Tours. Certains voyaient de la danse contemporaine pour la première fois. D’autres ont apprécié le niveau technique d’improvisation. »
Politique culturelle
Les soirées What you want du Centre Chorégraphique National de Tours permettent selon Thomas Lebrun, d’intéresser un autre public à la danse contemporaine. (Photo CCNT/Frédéric Iovino)

Populaire ?
Au coeur de Tours, une petite salle offre un autre modèle de structure culturelle. Arcades Institute existe depuis 2010, ce lieu a été créé par la fratrie Jauzenque. Cécile et ses frères ont eu envie de se faire plaisir. Passés par le ministère de la Culture de Renaud Donnedieu de Vabres, Cécile et Dominique Jauzenque ont voulu faire d’Arcades Institute un endroit de décloisonnement des arts. Ils se sont entourés de plusieurs programmateurs, en musiques actuelles, anciennes, jazz, peinture, photographie…
« Nous avons ouvert un lieu de création exigeant, explique Cécile Jauzenque. Nous sommes très flexibles. Pendant trois ans, nous avons fonctionné sans subvention. Aujourd’hui, nous en recevons certaines du conseil général et de la ville de Tours mais pour des projets bien précis. Nous voulons être autonomes, nous nous finançons avec la billetterie, grâce à la location des lieux pour des événements privés et au mécénat d’entreprise. Mais le coeur d’Arcades Institute, c’est la culture. Le grand risque, pour un lieu comme le nôtre, c’est de privilégier ce qui rapporte au détriment de la qualité. Nous sommes plutôt partis du principe que la culture était créatrice de richesse et qu’une création pouvait attirer du monde tout en étant très pro. Il faut redonner du sens à la culture populaire qui vient avant tout du mot peuple. »
Dans son bureau près des Halles, Julien Lavergne porte un autre regard sur la culture. Il dirige AZ Prod, une société privée de production de spectacles. « La culture et le business ne sont pas incompatibles pour moi. Et puis, nous attirons des personnes de tout le département qui vont venir manger au restaurant, passer par Ikea avant d’aller à un concert au Vinci. » Julien Lavergne fonctionne avant tout en logique de marché : « Je ne suis pas du tout opposé à ce qui se fait dans les salles subventionnées puisqu’elles programment des artistes qui ne seraient pas rentables pour moi. En revanche, quand une structure associative touche des aides publiques et programme un groupe très connu, c’est pour moi de la concurrence déloyale. Je suis incapable de m’aligner sur leurs tarifs. »
Côté villes
En se plaçant au niveau de l’agglomération, chaque ville possède sa propre politique culturelle. Pourquoi subventionner des compagnies ou payer des spectacles quand la Région ou la Drac le fait déjà ? Gérard Paumier, le  maire de Saint-Avertin avance une première réponse, consensuelle : « C’est ce qui fait partie du vivre ensemble. » En 10 ans, la ville s’est imposée dans le paysage tourangeau notamment grâce à sa politique culturelle. « Une des premières décisions que j’ai prises en arrivant à la tête de Saint-Avertin a été de ne plus déléguer la culture, mais d’avoir un service culturel fort. Aujourd’hui, nous avons le Nouvel Atrium qui cartonne, une guinguette, une médiathèque à la pointe, une galerie d’exposition… » Même si, en termes d’habitants, Saint-Avertin n’est pas la plus grande ville de l’agglomération tourangelle, sa politique culturelle lui a permis de trouver une visibilité et une influence importante.
Pour Christine Beuzelin, l’adjointe à la culture et à la communication de la ville de Tours, la culture permettrait de faire rayonner Tours au-delà de ses frontières. « Nous pâtissons de la proximité avec les châteaux de la Loire. Nous avons, par exemple, plusieurs ensembles de musiques anciennes qui sont connus à l’international mais qui n’ont pas beaucoup de visibilité à Tours. Nous devons les faire connaître en local et les accompagner pour ensuite faire rayonner la ville. » Pour Christine Beuzelin, la place de l’agglomération dans la culture devrait être plus importante. « Je sais que Tour(s)plus ne gère que les équipements, mais pourquoi ne pas monter une grande commission qui permettrait de se mettre d’accord sur les grands dossiers culturels ? L’agglomération finance des lieux comme le Temps Machine et le Point Haut à Saint-Pierre-des- Corps, mais ensuite, ce sont les villes qui prennent le relais. C’est parfois lourd à gérer. »
>> POUR ALLER PLUS LOIN : l’interview de Xavier Greffe

Sexe, danse et rock !

Doc pilot, notre chroniqueur, ne s’arrête jamais : c’est parti pour une salve culturelle ! Miam.

Du Sexe, le Ying & le Yang
Totalement d’accord avec Michel Onfray : le [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=z4eDdjIiIaI[/youtube] censé promouvoir l’expo Sade à Orsay n’a rien à voir avec le sujet. Il pourrait illustrer un événement consacré à Casanova, mais pas à Sade et à sa sexualité morbide basée sur la souffrance de l’autre, et l’assouvissement des fantasmes les plus criminels sans l’assentiment de l’objet de ces désirs. Sade est à l’image de l’Ancien Régime : oppresseur, léonin et profiteur ; Casanova est le chantre de l’amour libre, révolutionnaire : deux options pour un même sujet, les ying & yang de la sexualité….

 Pas encore pu écouter le dernier et troisième album de Pneu, Destination Qualité. Mais vu sa pochette, un collage psychédélique à regarder pendant des heures, à s’y noyer : bravo JB.

 Au Musée des Beaux Arts, exposition Edouard Debat-Ponsan, une peinture académique, aérienne, d’une perfection habitée, sans lien évident avec la peinture de son petit-fils Olivier Debré… J’ai fui le vernissage, d’ailleurs en ce moment je fuis tous les vernissages et vais voir les expos hors de cet amoncellement d’êtres humains braillards et gloutons, véritable obstacle à la dégustation des œuvres… Est-ce le retour de la fraîcheur, une envie d’ombre et de noirceur, ce grand plaisir à la lecture du Ragoût du Septuagénaire de Bukowski en écoutant Marble Index de Nico ?

Lied Ballet de Thomas Lebrun à l’Opéra de Tours
Lied Ballet se place tellement haut dans cette capacité d’allier le geste au drame, la performance physique à la condition humaine, la beauté à l’universalité, que j’ai vu des larmes aux yeux de spectateurs de cette œuvre en l’écriture chorégraphique d’exception. Elle vient confirmer le talent de l’artiste Thomas Lebrun dont nous ne doutions ni du génie, ni de la capacité à se renouveler par nature et volonté. Tel un cycle d’incarnations, l’artiste nous amène en trois actes, d’un purgatoire des corps et du temps vers une possible contemplation de la vie sur des lieder de Berg, Mahler et Schönberg pour enfin assumer l’individu au travers du groupe. Lui donner les armes pour s’affirmer dans son identité et ses envies face au monde et aux autres… face à la normalité aussi. Ma lecture de l’œuvre est bien sûre totalement subjective et je présume que chacun y trouvera son chemin, ses peines et ses joies… L’indifférence au spectacle offert est impossible, et l’admiration du travail des danseurs et musiciens, évidente.

The Healthy Boy & Zëro au Temps Machine
Au Temps Machine, la chance d’enfin voir à la scène Benjamin Nerot dit The Healthy Boy, chanteur nantais atypique à la voix grave dans un registre à la Bruno Green ou à la Bertrand Belin, au look Front Populaire faussement désuet et donc tendance, habité d’une étrangeté aristocratique si absente actuellement de tous les chanteurs balancés sur les ondes par les majors. Dans un univers alliant la douceur à la furie et servi avec retenue ZËropar ses Badass Motherfuckers, il embarque sans effort, inspire la joie même si l’on sent toute cette affaire bâtie sur du drame. Un ex Unkown Pleasure venu pour la première fois au Temps Machine  m’a dit : j’ai pensé à Nick Cave à son écoute. Y a pire comme référence.

Grand plaisir avec Zëro en deuxième partie : un trip artistique furieux et inventif, frustrant aussi par la brièveté des morceaux souvent arrêtés au moment où l’on désirerait en entendre encore et encore. Le répertoire passe de l’expérimental répétitif à la King Crimson (!!) au rock brutal fugazien, sans pour autant dévier du style, d’un style dû en partie au  jeu brillant des multi-instrumentistes. J’avoue un faible pour le jeu du batteur, encore une fois très dans la ligne de la musique dites progressive dure. L’alliance entre la puissance et la technique, enfant de Bill Bruford et Terry Bozzio au service du shoot et du speed.

Johnson Concorde à Gentiana
Grosse fiesta à Gentiana pour la sortie du nouvel album de Johnson Concorde, show multimédia interactif avec image projetée en fond de scène, hommage indirect au quartier Tours Nord où fut tourné le clip du groupe. C’est une surenchère visuelle, une Comedia del arte appliquée à l’univers rock voire heavy metal, une accumulation de gimmicks et situations désopilantes relayées par les rires du public dans un rythme accéléré, à la manière d’un film muet sonorisé par des chansons tubesques exécutées au cordeau. Après trois rappels, un unplugged final tous assis autour du feu du rideau rouge : la grande classe.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=1qhDGEf3hGE[/youtube]

Temps machine : retour sur la polémique

Quelle place pour la culture à Tours et son agglo, après la polémique au Temps machine ?

Polémique au Temps machine.
Photo de la soirée au Temps Machine extraite de la page officielle de Frédéric Augis, maire de Joué-lès-Tours. (Photo capture Facebook)

C’est la polémique du week-end. Philippe Briand (UMP), Frédéric Augis (UMP), Wilfried Schwartz (PS) et Cédric de Oliveira (UMP), respectivement maire de Saint-Cyr (et président de Tour(s)plus, de Joué-lès- Tours, de La Riche et de Fondettes, auraient mimé, rigolé et fait la chenille pendant le concert de Glenn Branca au Temps Machine.
D’après nos informations, ces quatre maires étaient au Temps Machine pour visiter cette salle que l’agglomération subventionne à hauteur de 400 000 euros chaque année. Une visite officielle et improvisée, l’équipe du Temps Machine ayant été prévenue au dernier moment.

Si Philippe Briand n’a pas souhaité s’exprimer dans tmv, en revanche, il parlait en octobre dernier du Temps Machine dans la presse locale : « Soit on est capable de faire quelque chose de populaire au Temps Machine, soit on reste sur ce schéma trop restreint, avec un marché de niche. » Culture populaire, l’expression est lâchée. De son côté, c’était la première fois que le maire socialiste de La Riche, Wilfried Schwartz, venait dans la salle : « Non, je n’ai pas la même vision de la culture que Philippe Briand. Je tiens à préciser que j’étais invité par le président de l’agglomération à cette soirée. Je ne remets pas en cause la programmation de cette salle. Je me demande notamment s’il ne faut pas l’ouvrir à un public plus large. »
Ce serait donc la fréquentation du lieu qui serait remise en cause par ces élus tant dans leurs discours officiel que leur attitude au Temps Machine ce week-end. Tout comme l’opéra de Tours ou le théâtre Olympia offrent une programmation exigeante, l’association Travaux Public programme des artistes à la pointe. La fréquentation d’un lieu culturel est-il le seul indicateur pour juger de sa valeur ? Cette polémique a au moins le mérite de poser le débat dans un espace public.
Pour aller plus loin :
>> Réaction et interview de Wilfried Schwartz
>> Pourquoi cette polémique : retour sur la soirée

Wilfried Schwartz : « J’étais favorable à Radio Béton »

Le maire PS de La Riche revient sur la soirée de vendredi soir au Temps Machine. Il est le seul des quatre élus à répondre favorablement à notre demande d’interview.

Wilfried Schwartz
Wilfried Schwartz

Racontez-nous votre version de cette soirée au Temps Machine ?
Je ne souhaite pas vraiment revenir sur ce qui s’est passé, j’ai déjà expliqué ma version à la Nouvelle République. Mais pensez-vous que nous sommes du genre à faire la chenille ?
Vous niez donc ce qui a été écrit ?
Non, je ne nie pas forcément tout.
Quelle était la raison de votre présence vendredi dernier au concert de Glenn Branca ?
J’ai répondu favorablement à une invitation lancée aux maires de Tour(s)plus pour aller visiter le Temps Machine.
Qui a lancé l’invitation ?
C’est le président de l’agglomération (Philippe Briand, NDLR). Je trouvais ça intéressant d’y aller. J’étais curieux de ce qui se faisait.
Êtes-vous critique envers la programmation du Temps Machine ?
Je me rappelle quand il a fallu choisir les mandataires. À l’époque, j’étais favorable à Radio Béton, beaucoup moins pour l’association Travaux Publics qui a finalement été choisie. J’avais des a priori sur leur gestion. J’ai pensé que c’était plus intelligent de voir moi-même. Je trouve ça bien que les élus se déplacent et vérifient le choix du délégataire.
Au moment du choix de Travaux publics, vous n’étiez pas encore élu…
Oui, c’était un point de vue personnel.
Et votre constat ?
Je pense que nous pouvons ouvrir plus ce lieu vers des publics des quartiers notamment. Je ne remets pas en cause la programmation. Les élus n’ont pas à mettre la main dessus. A la Riche, nous avons la Pléiade, c’est une professionnelle qui s’en occupe. Je me permets de suggérer et de donner les grandes lignes.
Vous avez déclaré que ne compreniez pas la polémique, pourquoi ?
Je me suis senti piégé.
Par qui ?
Pas par l’équipe de Philippe Briand mais par des personnes malveillantes. Je ne souhaite pas casser le Temps Machine mais voir ce que l’équipe propose, me faire une idée. Je crois que la salle doit être ouverte à un public plus large.
C’était la première fois que vous veniez au Temps Machine depuis son ouverture en 2011 ?
Oui.
Partagez-vous la vision d’une culture populaire que défend Philippe Briand ?
Non, je n’ai pas la même vision. Il n’y a qu’à regarder ce qui se fait à la Pléiade. Je suis pour des spectacles de qualité, adapté à tous les publics, accessibles. Je ne me sens pas proche d’une culture des plumes et des maillots de bain, même si je tolère toute autre culture. On m’a critiqué sur les réseaux sociaux d’être allé au Temps Machine avec des élus de droite. Je n’ai pas à m’excuser d’être le seul élu socialiste avec Christian Gatard dans Tour(s)plus.
 
 

Migrants et Glenn Branca  : l’excellence et la classe !

Notre chroniqueur Doc Pilot est partout. Partout ! Pas de don d’ubiquité, non. Mais là, il avait franchement envie de voir Glenn Branca, Johnson Concorde ou encore un tas d’expos et de concerts.

Ombre et Lumière
La Boîte Noire accueille Laurent Bouro pour l’exposition « Au Cœur de la matière », un artiste en pleine évolution, impressionnant dans sa gestion d’un clair-obscur habité. Sa galerie d’hommes de l’ombre est lumière, son couple de l’ombre une fusion d’âme-sœurs, ses arbres de l’ombre un verger psychédélique… L’étrangeté voire le malaise se rencontrent dans l’expo de Pierre Texier à la Galerie Ozarts, la mise en scène d’un fantôme du début du XXe, la photo d’un aïeul ignoré, Max, retrouvée dans un grenier, l’écriture d’un passé, en appropriation de cette image : une silhouette entre Aristide Bruant et Jean Moulin, la sensation du tragique et de l’héroïsme, de la nuit et du brouillard…
Au CCC, j’adhère d’instinct au travail de Mounir Fatmi dans son « Walking on the light », facilement séduit par la diversité des œuvres exposées, la capacité d’y capter une lecture immédiate en résonance avec l’intime… As a black man me passe du blanc au noir, d’une vie l’autre, Le Paradoxe à la calligraphie métallique a l’aspect tranchant de la lame. Je conforte mon anti-cléricalisme universel dans sa Divine Illusion… reste Sans Histoire et tout est dit.

Glenn Branca au Temps Machine
Passée la folklorique présence de Philippe Briand et de divers élus (venus on se demande quoi faire au concert d’un compositeur de musique contemporaine dont ils ignoraient l’existence, et dont ils ont l’évidente incapacité de juger de l’importance), il nous reste une prestation de fou de « son orchestre de chambre ». Une montée en puissance des œuvres interprétées pour, au final, nous coller aux murs (du son). La musique de Glenn Branca appartient à l’histoire du XXe siècle. Le voir la diriger est un privilège, un événement impossible à revivre, la sensation de croiser Stravinsky à la création du « Sacre », Satie testant ses gymnopédies sur le piano droit d’un bar de Montparnasse, Moondog à l’interprétation chuintée de ses œuvres aux Trans de Rennes. Il est désormais acté de voir Branca identifié comme compositeur emblématique de la fin du siècle dernier, mais aussi pour l’un des chantres de la guitare électrique, de la saturation utilisée pour repousser les limites de la musique symphonique ; à sa manière Branca rejoint Hendrix.
Je fus physiquement satisfait quand Glenn fit pousser les volumes à ses guitaristes, une sorte de plaisir sensuel, un véhicule pour se dépasser, pousser l’oreille vers ses limites, s’en aller voyager aux portes de la perception… Les politiques avaient depuis longtemps fui les lieux : normal, « le 10 minutes douche comprise » n’est pas la philosophie de dégustation de ce style de concept.

Bernard Santacruz Quartet « Migrants » au Petit Faucheux
Parti aux fleurs Mark Bell, le producteur du chef d’œuvre Homogenic de Bjork ; l’occasion de réécouter Medulla avant de partir au Petit Faucheux. Sous les belles encres de Marie Liberos, je croise deux Kosmik Vortex (le guitariste & la chanteuse lyrique), ce groupe très étonnant apparu depuis peu sur les terres tourangelles. Non, ce soir, nous ne sommes pas tous au concert de Stromae, nous ne sommes pas des 12 000 personnes venues au Grand Hall, nous sommes d’une coterie de privilégiés venus goûter au spectacle des virtuoses. En première partie, Lucky Dog présente son nouvel album, une sorte de quartet ying & yang, avec le duo de cuivre trompette/saxo appuyé sur le duo contrebasse/drums. J’avoue être assez fan du contrebassiste Yoni Zelnik déjà croisé sur d’autres expériences.
En deuxième partie, avec le Bernard Santacruz Quartet « Migrants », place à l’excellence : je n’exagère pas, nous sommes face à la réunion de quatre virtuoses assez uniques dans leurs styles. Leurs pratiques et leurs capacités à communier au sommet sans jamais entrer en concurrence. On peut parler de « super-groupe », de jazzstars à la manière des popstars, d’aristocratie du style sans réelle concurrence. Bernard Santacruz à la contrebasse dépasse l’instrument, le dégage de son omniprésence rythmique pour le faire flotter dans les airs ; une démarche aérienne totalement adaptée au jeu extraverti de Bernard Jean au vibraphone, habité, inventif, unique et physique. Simon Goubert aux drums reste lui aussi unique et impressionnant : c’est un peintre à la fois bucheron et horloger, pas vraiment recommandé aux cœurs fragiles. Géraldine Laurent au saxo m’a beaucoup impressionné par son endurance, cette faculté à pousser l’avalanche de notes sans jamais l’arrêter, un souffle continu et mélodique jamais lassant et toujours inventif. Une force aussi, de celle d’un Connonball Adderley, d’un Steve Coleman. On sort assez chamboulé de « Migrants ». On se pince, on échange, on est bien… très bien.

Simon Goubert (Photo doc pilot)
Simon Goubert (Photo doc pilot)

Johnson Concorde Red Phoenix
Il pleut des albums sur l’avenue Johnson Concorde, celle où l’on vient rouler au  pas au volant de sa Rolls, une silver gost de 1910… eh oui, il y a du Melody Nelson dans ce Red Phoenix rock et baroque. Il y a du concept éclairé monté au ciment étoilé d’Alice Cooper ou de T.Rex voire de ACDC ou des Mothers of Invention, melting pot surréaliste à la scène comme en studio, une collection de hits potentiels au parfum seventies.
Sans respect pour les modes, les coteries, les tribus ou les patries, la clé de voûte pour bâtir un concept identifiable, pour peut-être à son tour se placer en tête de file d’un revival et en inventeur d’un style. Johnson Concorde est « une attraction », « un cirque », une jonction parfaite entre la musique et la comédie : il est donc rock et ce nouvel album, la version sans l’image d’une des meilleures folies osées sur les terres ligériennes.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=1qhDGEf3hGE[/youtube]

Élus de Tour(s)plus au Temps Machine : Dérapage ?

J’ai vu la délégation d’élus de Tour(s)plus au concert du Temps Machine, vendredi soir. Que veut dire le comportement de Philippe Briand, Frédéric Augis, Wilfried Schwartz et Cédric de Oliveira ?

Philippe Briand, Frédéric Augis, Wilfried Schwartz et Cédric de Oliveira
Soirée entre élus au Temps Machine et au delà des clivages : Philippe Briand (UMP), Frédéric Augis (UMP), Wilfried Schwartz (PS) et Cédric de Oliveira (UMP). >> Extrait de la page Facebook publique de Frédéric Augis.

Il est environ 21 h 15 ce vendredi 17 octobre. Glenn Branca monte sur scène avec ses musiciens. Dos au public, comme n’importe quel chef d’orchestre, il fait face à cinq guitaristes et un batteur. Il prend le temps d’expliquer ce qu’il va jouer, discute avec le public.
La grande salle du Temps Machine est plongée dans la pénombre, il y a une bonne centaine de personnes attentives aux paroles du compositeur. Au fond, à droite, des rires se font entendre et gênent d’autres spectateurs. Quelqu’un fait chut. Le premier morceau commence. C’est de la musique contemporaine, très avant-gardiste. Pour un public d’initiés. Glenn Branca annonce un deuxième morceaux, demande un peu moins de lumière sur scène. Son orchestre se remet à jouer.
Glenn Branca au Temps Machine vendredi 17 octobre.
Glenn Branca au Temps Machine vendredi 17 octobre.

Soudain, un petit groupe sort de la salle. Je reconnais tout de suite Frédéric Augis, le maire de Joué-les-Tours et Philippe Briand, le maire de Saint-Cyr. Le premier porte une veste noir, le deuxième un cuir. La dernière fois que j’ai vu le maire Saint-Cyr, c’était à la télévision aux côtés de Sarkozy au moment sa venue en Touraine. La veste en cuir, ça fait un autre effet que le costume deux-pièces d’élu ! Dans un deuxième temps, je reconnais Wilfried Schwartz, le jeune maire PS de La Riche et Cédric de Oliveira, celui UMP de Fondettes. Tous les quatre rigolent. Comme quoi, un concert peut briser les clivages politiques le temps d’une soirée !
Bon, ça c’est que j’ai vu. Seulement, j’étais placé au fond mais pas exactement au même endroit. Je suis donc allé demander à d’autres personnes du public, proches d’eux, ce qu’ils avaient observé. Les élus de Tour(s)plus auraient mimé pendant les deux premiers morceaux les guitaristes qui étaient sur scène. Au bout de quelques minutes, toujours en train de rire, ces mêmes élus se sont mis à faire la chenille. Une danse plus propice dans une salle de mariage à deux heures du matin que devant un artiste. Est-ce que cette attitude aurait été la même devant la 5e symphonie de Beethoven au Grand Théâtre de Tours ?
Les élus sont finalement sortis du Temps machine au bout de quelques chansons, sans s’arrêter de rigoler.
>> Lisez l’édition papier du 22 octobre dans tmv, nous reviendrons sur cette scène qui s’est déroulée au Temps Machine vendredi dernier.
 

Tour(s)plus / L'agglo bascule aussi

Quid de l’agglo et des dossiers qui vont suivre, après ces municipales ?

Première historique : Tour(s)plus va être dirigée par la droite tourangelle. Depuis sa création en 1999, la communauté d’agglomération n’avait connu que la gouvernance de Jean Germain et des municipalités de gauche majoritaires. Mais la double défaite du maire sortant de Tours et de Philippe Le Breton à Joué-lès-Tours va, mathématiquement, faire basculer Tour(s)plus dans le giron de la droite.
Le changement de municipalité à Ballan-Miré et Fondettes ne fait qu’asseoir cette suprématie déjà esquissée au premier tour des élections par Saint-Cyr et Saint-Avertin.
C’est la première fois en France que les électeurs votaient en même temps pour les conseillers municipaux et communautaires. À Tours, sur les 47 membres communautaires, 32 seraient de droite, laquelle contrôle désormais 11 communes des 19 qui composent Tour(s)plus. Depuis plusieurs années, l’agglomération tourangelle prend de l’importance dans les grands aménagements de l’aire urbaine. Elle gère notamment le réseau de bus et surtout, le tram. Active dans la culture, elle s’occupe de nombreuses salles, notamment Le Temps Machine.
L’arrivée de la droite à sa tête pourrait remettre en cause les futurs grands projets initiés par la présidence de Jean Germain.
Dès maintenant, se pose une première question : qui va prendre la tête de l’agglomération ? Si traditionnellement, c’est le maire de Tours qui devrait diriger Tour(s) plus, ce n’est pas une règle écrite dans le marbre. Serge Babary n’a d’ailleurs pas parlé de l’avenir de l’agglomération lors de sa victoire à Tours. Le nom de Philippe Briand, le président de l’UMP d’Indre-et-Loire, circule depuis le début de la semaine. Le maire de Saint-Cyr, en plus d’avoir été réélu haut la main au premier tour (75 %), est député de la 5e circonscription d’Indre-et-Loire depuis 1997. Proche de Sarkozy, Philippe Briand fait office de leader de l’UMP tourangelle.
B.R.

Philippe Briand, pressenti pour prendre la tête de l’agglomération tourangelle.
Philippe Briand, pressenti pour prendre la tête de l’agglomération
tourangelle.

 

Biga*Ranx en concert au Temps Machine

L’enfant prodige du reggae – Tourangeau de surcroît – revient jouer à domicile pour un concert à Joué-les-Tours le 6 mars. L’occasion de revenir sur le parcours de cet artiste…

CULTURE_BIGARANX
À force d’être surnommé « le Bob Marley blanc », il est devenu incontournable dans le milieu. The next big thing, comme on dit. Comprenez LE chanteur à suivre. Et pourtant, Biga*Ranx n’a que 26 ans. Déjà couronné de succès, il avale les kilomètres pour enflammer les scènes. Distiller son reggae si particulier et « faire vibrer les gens », comme il dit.

Tombé dans la marmite de la musique, à cause d’un frère DJ, une mère passionnée par la musique classique et une sœur fan de reggae. Gabriel Piotrowski – son vrai nom – est né à Tours, en 1988. Biberonné à UB40 et Bob Marley, il va parfois voir ailleurs, dans le rap et le hip-hop US. « Ce sont deux styles cousins ; les premiers rappeurs étant Jamaïcains ! », indique-t-il, toujours d’une voix posée.  La Jamaïque, d’ailleurs, est son Eden.
Un rêve qui devient réalité lorsqu’il s’envole, à 18 ans, « pour un pèlerinage à la Mecque du reggae ». Avec juste un sac à dos. « Spirituellement, j’ai trouvé des choses. J’ai appris et positivé. »

En 2008, il se surnomme Biga (Gabi, en verlan) et rajoute Ranx, une appellation fréquente dans le monde du reggae. « C’est mon mentor Joseph Cotton qui m’a appelé comme ça ! » Une sorte de consécration. Surtout après avoir posté leur freestyle sur Internet, réalisé du premier coup, sans montage.
Trois ans plus tard, son premier album « On Time » est élu meilleur album ragga/dancehall en France, par le site reggae. fr « Ça m’a surpris et conforté », continue-t-il à dire, toujours humble. Concerts remplis, succès dans les bacs et France Ô qui va même jusqu’à lui consacrer un grand format en 2012 : un reportage lui permettant de revoir son amour d’enfance : la Jamaïque.
Il enquille avec un passage au Petit Journal de Canal + pour parler de son deuxième album « Good Morning Midnight », au groove terrible et qui, de nouveau, récolte les honneurs. Une de ses amies d’enfance le décrit comme « un électron libre hypersocial et gentil. Il a toujours été humble ». Ce boulimique de travail, avec son large sourire toujours collé en plein visage, touche-à-tout, continue de communiquer avec les 71 000 fans de sa page Facebook. Humble jusqu’au bout.
Aurélien Germain

EN CONCERT
Biga*Ranx jouera au Temps Machine de Joué-les-Tours, ce jeudi 6 mars à 20 h 30. Premières parties assurées par Set & Match et Atili Bandalero. De 14 à 25 €. Un DVD live de Biga*Ranx offert à chaque place achetée.
À REGARDER
Forcément, la fameuse vidéo « Brigante Life freestyle » sur YouTube. Mise en ligne le 25 juillet 2011, elle comptabilise pour l’instant 1,4 million de vues. Plus de deux minutes pour écouter le « flow » du jeune Biga. « J’appartiens à la génération des réseaux sociaux, ça a été un coup de pouce dans ma carrière. »
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=iblgr_rdDgw[/youtube]
Http://www.bigaranx.com

Ecoute/Voir, Touche et Sent

Chaque semaine, Doc Pilot partage ses découvertes culturelles du week-end.

Juliette Rillard
Juliette Rillard

Belle surprise, un inédit de Michael Jackson enregistré en 1998, relecture du Horse with no name de America en A place with no name… Merci Les Nocturnes pour tracer la route vers Le Petit Faucheux pour cette nouvelle édition du Festival Ecoute/voir programmée par Francis Plisson de Marouchka : hypnotique Julie Coutant sur la clarinette basse de Fabrice Barré ; furieux Blast avec Hélène Rocheteau et JB le batteur de Pneu : ils m’ont boosté le rythme cardiaque tant fut intense l’accord du geste et du son.
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Semaine psychédélique en passant à Ozart où la couleur, le flash et l’onirique sont la matière brute à un déferlement de rêves éveillés. J’y trouve Louis XIV avec une superbe photo pleine page de Pierre Mottron : en pleine attaque de Paris, il joue au Bus Palladium (remember qui est in qui est out). Angle Mort en l’Octroi, l’envie sur ce noir bureau minéral de signer un pacte avec le démon, puis sur le lit de charbon de brûler dans les flammes. Mince, un groupe de Tours me file 2 de leurs albums mais je n’aime pas leur style et j’en suis bien triste : ma subjectivité intègre ne peut ignorer le travail donné. Le dernier album du Boss (high hopes) dans le lecteur, en route vers le Temps Machine : la guitare de Tom Morello (ex Rage Againts The Machine) bonifie les chansons de Bruce Springsteen. A l’arrivée sous la BubbleClock, prêt pour la messe électronique ; oui je passe du coq à l’âne et j’en tire bien du plaisir. Le parisien Moresounds offre une suite subélectronique et savante dans son mélange de références assumées passées à la moulinette d’une créativité mutine. Il efface ainsi de mon souvenir la prestation de Kantyze et le marathon final de Killawat. En Arcades Institute, Juliette Rillard pose sa carte blanche en Deux Moiselles de B sur le tapis de jeu de l’an 1000. Elle me touche au cœur, je le sens ; je suis à deux doigts d’y perdre mon âme.
[nrm_embed]<iframe frameborder= »0″ width= »480″ height= »270″ src= »http://www.dailymotion.com/embed/video/x8l2oy » allowfullscreen></iframe><br /><a href= »http://www.dailymotion.com/video/x8l2oy_juliette-rillard_creation » target= »_blank »>JULIETTE RILLARD</a> <i>par <a href= »http://www.dailymotion.com/xraypop » target= »_blank »>xraypop</a></i>[/nrm_embed]

On vous dit tout sur Super Flux

Ce nouveau festival de musique expérimentale débarque en décembre à Tours.

Droit Sans format
Droit Sans format

En fait, vous connaissez déjà. Oui, parce que Super Flux, c’est le nouveau nom de Total Meeting qui aurait dû fêter ses 10 ans. Sauf que 1) Super Flux ça sonne mieux et que 2 ) ce n’est pas exactement la même chose.
Oui mais c’est quoi ?! Depuis deux ans, le Temps Machine et le Petit Faucheux se parlent, discutent musique et projets. Super Flux, c’est la réunion de ces deux belles salles sur une programmation commune.
Pourquoi faut y aller ? Parce que les groupes qui passent à Super Flux, ça va être compliqué de les voir autre part. Expérimental, impro, jazz, électro, rock psyché : ce genre de musique ne court pas les rues, et encore moins les salles de concert.
Non, ce n’est pas abscons. Rassurez- vous, ces musiques « surprenantes » ne sont pas barbantes mais dansantes. Ça reste des concerts de musiques amplifiées. Souvent classés confidentiels, ces groupes produisent pourtant de la musique accessible au plus grand nombre. C’est juste que c’est super pointu.
Il n’y a pas que de la musique d’ailleurs. Le festival n’est pas réservé aux musiciens. Les artistes Pierre Bastien et Eddie Ladoire proposent chacun une exposition avec des installations musicales hors du commun. Le premier joue avec du papier calque pour créer des sons et le deuxième s’est servi d’un vieux piano comme caisse de résonance.
L’exposition de Pierre Bastien a lieu à l’Atelier 9 (rue Jules-Charpentier), jusqu’au 21 décembre, et celle d’Eddie Ladoire à la chapelle Sainte-Anne, du 13 au 22 décembre.
Ouais, mais je n’y connais rien à ces trucs-là. Ce n’est pas grave, pas besoin de connaître Felix Kubin, Amnésie, Yann Hart- Lemonnier, Martin Siewert ou encore Martin Brandlmayr pour apprécier leur son. Au contraire, le but, avec Super Flux, c’est de découvrir des musiques que vous n’écouteriez jamais et de « faire tomber les barrières, de dédramatiser », comme dit Vincent Launay, le directeur du Temps Machine.
 
++ pratique Si vous êtes convaincus, il existe un pass sur les six jours que durent le festival pour la modique somme de 32 €. Sinon, comptez entre 6 et 15 € la place. Super Flux, du 11 au 15 décembre. Toutes les infos sur super-flux.com

Jour de répét' avec Boys in Lillies

Avant leur concert au Temps Machine, tmv est allé voir comment se préparait le groupe tourangeau qui monte.

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Ils ont le calme absolu pour répéter. Sur les hauteurs de Rochecorbon, dans une baraque nichée au milieu d’une impasse où personne ne s’aventure. Au milieu du salon, les quatre membres du groupe Boys in Lilies alignent quelques clopes. Ils se rongent les ongles, un brin soucieux. Ce n’est pas la pression d’un concert au Temps Machine qui occupe leur esprit pour l’instant.
« Mon synthétiseur est tombé en rade », explique Laure. « Ça fait partie de la vie d’un groupe », analyse avec recul Nastasia. La bande établit des plans B pour son concert deux jours plus tard. Mais en attendant, il faut répéter, avant les échéances des prochains jours.
Répétition dans 10m²
Auteur d’un EP très réussi avant l’été, Boys in Lilies a été récompensé par des belles salles. « On va être dans la SMAC (Salle de musique actuelle) de Tours », dit Kévin, une once de fierté dans la voix. Sur une grande scène, ils pourront poser leur univers onirique au sein du Temps Machine et prévoient un cocon qui les enveloppe.
L’espace dont ils disposeront tranche avec celui du jour : un étage d’une dizaine de mètres carrés où s’enchevêtrent des dizaines de fils ou câbles reliés à des micros, table de scratch, amplis… Un beau barnum. Au fil des chansons où se mêlent douces voix et le punch des basses, les quatre membres s’encouragent, se révèlent exigeants. « Les répétitions permettent de réviser les structures, les techniques. On ne peut pas mettre autant d’énergie que lors d’une journée de filage, mais on se doit de faire comme si on était en concert », note Nastasia, impatiente d’être sur scène, galvanisée par la présence du public.
Le souvenir du Plessis
Les quatre membres profitent de ces moments de préparation ensemble. « On ne se voit pas si souvent en dehors », continue la jeune femme. Ils prennent le temps de papoter, rigoler. Se tapent un bon petit déjeuner ensemble le matin d’une journée de répétition.
Quant au stress, chacun le vit à sa manière. Laure va être angoissée pendant une semaine, Anastasia le jour même. Ils se souviennent de leur concert au Plessis, en septembre. « On a blagué, fait une sorte de boum, bu un bouchon de rhum pour chauffer la voix, fait du beatbox… », énumère Kévin, en rigolant. Rebelote au Temps Machine ?
LE CONCERT
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Les quatre larrons de Boy in Lilies (Nastasia, Kévin, Laure et Marylou) seront en concert au Temps Machine, vendredi 15 novembre, à 20 h 30. Tarifs : de 4 à 7 euros.
SUR SCÈNE
Une musique planante, ça donne quoi sur scène ? « Ceux qui viennent voir le live sont agréablementt surpris. Ça bouge ! », affirme Kévin, citant les basses teintées d’electro. Par ailleurs, le groupe livrera au Temps Machine des versions différentes de celles présentes dans l’EP. On en a écouté un bout, et ça vaut le détour !
LA GENÈSE
Nastasia et Laure se rencontrent à une soirée, chez une amie commune, il y a deux ans. Elles s’entendent vite et passent une annonce. Marylou se lance dans le projet, ainsi que deux autres filles. « Après l’été, elles avaient d’autres projets. Et puis, Laure a fait connaissance de Kévin au Sherlock (maintenant le Campus, NDLR) », sourit Nastasia.
L’EP
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Intitulé Hatching, l’EP du groupe comporte cinq titres. Envoûtant grâce aux échos des voix et prenant grâce aux beats et à la patte electro. Disponible depuis le 21 juin. À écouter sur boysinlilies.bandcamp.com

Le microspop de Mister Doc #3

Chaque semaine, Doc Pilot partage ses découvertes culturelles du week-end. Episode 3 : Peintures et Blue Golden Gate pour des sixties revisitées.

Vous avez dit Orval Carlos Sibelius ??
Vous avez dit Orval Carlos Sibelius ??

Au Temps Machine y’a des soirées au Klub pleines de bonheur : Binidu ( 2 Pneu + 1 Fordamage) propose un nouveau concept et un nouvel album en lecture furieuse car JB est aux drums ( ce mec est inhumain ; surhumain c’est trop faible). Orval Carlos Sibelius ose un subtil retour identifié sur la fin des sixties style Love, Byrds ou Beach Boys voire de l’Airplane dans les morceaux les plus denses ; y’a des Grisbi et des Moonjellies dans la salle : tu m’étonnes… De retour à Tours le Pont de Fil a des airs de Blue Golden Gate. Zazü ouvre une nouvelle galerie à St Pierre, Omaa Akiing, avec l’expo « Soyons Reliés », 8 artistes dont Sylvie Attucci, Bernadette Leclerc dans « sa dark side of » et Laurelle Bessé dont le travail me scotche ( du carton à l’aspect minéral). A l’Annexe de St Avertin, Francois Pagé présente « Mémoire Vive » : le bon peintre devient un grand peintre ; je craque sur les « Colin-maillard » et « Lucille un soir ». Au CCC dans le monde de peinture de Stéphane Calais se produit Machaud, un quartet de saxos où jazz, classique et contemporain se mixent en un son global répercuté sur le béton du lieu : c’est beau, ample et global. A Blois au Chato’dO, Bertrand Belin présente son nouvel album et confirme son statut de plus grand songwriter de sa génération. Épaulé par deux virtuoses, l’excellent guitariste/chanteur n’a de cesse de nous « chavirer » tant par ses mots que par ses mélodies ; La Loire est trop belle dans « l’Hypernuit » ligérienne.
Bonus :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=tFw5j5Lva6I[/youtube]

Bajram Bili, portrait d'un grand calme

Ce talentueux musicien tourangeau offre une musique électro mélancolique et poétique. Il joue ce vendredi 27 septembre au Temps Machine.

Mais qui se cache derrière Bajram Bili ? Vous le saurez en lisant la suite !
Mais qui se cache derrière Bajram Bili ? Vous le saurez en lisant la suite !

Regard de biais, il s’arrête parfois de parler, comme s’il était confus. C’est une évidence : il déteste les interviews. Plus à l’aise pour bricoler ses machines et jouer du piano, pour la communication, il se force un peu. « À la limite, on parlerait de cuisine ensemble, je serais plus détendu », finit-il par lâcher au bout d’un moment. De son enfance entre Beaugency et Meung-sur- Loire, de son apprentissage du piano, de la relation musicale fusionnelle avec sa mère, il donne quelques indices, sans trop se livrer. Il parle de sa timidité à plusieurs reprises. Il, c’est Adrien Gachet, l’homme derrière Bajram Bili. Avec ce pseudonyme tout droit sorti d’une chanson de Captain Beefheart, il produit une musique electro envoûtante, charmeuse, rêveuse, exigeante.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=GhLll2p6Ccc[/youtube]
En concert, il préfère que les projecteurs soient derrière, son visage importe peu. Si Adrien Gachet joue dans l’ombre, c’est pour mieux mettre sa musique en avant. « Bizarrement, je ne suis pas stressé sur scène. J’ai toujours été détendu. En revanche, je ne prends du plaisir en live que depuis peu de temps. Le déclic a eu lieu au Temps Machine, en 2011. Je me suis tout d’un coup senti très bien, le public était réceptif. » 2011, c’est l’année de son premier EP, You’re a ghost in a tipi. Dans le milieu electro, ses premières compositions ont un certain retentissement.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=OvEEMzuc9lg[/youtube]
À 29 ans, il se consacre entièrement à la musique. S’il n’en vit pas encore, les prochaines dates de concerts à l’automne présagent d’un futur succès. Adrien Gachet ne s’emballe pas. Il continue à composer ses morceaux mélancoliques, teintés d’envolées rock et de percussions millimétrées. Bajram Bili vient tout juste de sortir un deuxième EP. On y retrouve encore ses influences majeures, en particulier Bords of Canada, son groupe fétiche. Mais difficile de coller une étiquette sur la musique de Bajram Bili tant Adrien Gachet les collectionne par centaines. Il adore ça. Boulimique de musique, il découvre toujours de nouveaux groupes, absorbe, compose. L’avenir ? Adrien Gachet, plus sûr de lui : « J’apprends à chaque disque, à chaque tournée. J’essaye d’être plus sincère dans ma musique. »
++ Allez le voir en concert au Temps Machine, c’est ce vendredi 27 septembre.
 +++ écoutez donc son nouvel EP

Gagnez des places pour Thurston Moore de Sonic Youth !

Il fait partie des mythiques Sonic Youth… Thurston Moore est au Temps Machine et TMV vous y invite…

Sortez vos guitares les gars : il paraît que c’est l’accessoire de drague ultime. En attendant, on vous offre des places pour le Guitar Poetry Tour qui s’arrête au Temps Machine. Au menu, Andy Moor et Anne James Chaton pour un duo guitare/voix expérimental et Thurston Moore des cultissimes… Sonic Youth ! Et c’est vendredi 31 mai ! Vous nous aimez ? Oui, on sait.
 
Pour gagner une place, c’est ici :
https://tmv.tmvtours.fr/2-places-musique-a-gagner-avec-le-temps-machinethurston2-e1342898576469

Musique : venu d'ailleurs

Flow nerveux, accent du sud, gueule marquante. Némir détonne dans le milieu du rap français. Il débarque en concert à Tours.

SORTIR_NEMIR
Pour nos lecteurs qui ne vous connaissent pas, comment pouvez-vous décrire votre rap ?
C’est un rap du quotidien, qui ne se prend pas la tête. J’essaye de trouver un compromis. Avec de la légèreté dans le déplacement, en évitant que le texte soit trop pesant. Mais cela peut s’exprimer différemment selon les phases de ma vie et je ne me pose aucune barrière. En clair, je me considère comme un couteausuisse du rap, un mec multifonctions. Vous faites même certains choeurs dans vos morceaux.
Ce côté touche-à-tout, est-ce qu’il est dû à votre passé de musicien ?
C’est vrai que j’étais dans une chorale au collège. J’ai aussi joué de la batterie, participé à une batucada. J’ai une grande sensibilité pour les percussions. Sur le plan rythmique, avoir joué avec des musiciens me sert aujourd’hui. Et puis, j’adore mélanger les univers, m’approprier différentes influences. J’aime tout ce qui est hybride, comme The Roots par exemple.
Le titre de votre EP, Ailleurs, c’est un clin d’oeil au sud dont vous êtes originaire ?
Ouais, c’est clair ! Je montre que je viens de Perpignan. Mais qu’il y a également des inspirations qui viennent de partout. Ailleurs, c’est aussi un message d’ouverture. Ailleurs représente l’autre.
Coup de coeur du jury au Printemps de Bourges, des clips aux millions de vues sur internet… Les succès s’enchaînent. Comment le vivez-vous ?
Au départ, on a l’impression que le travail est reconnu. Il y a une satisfaction car cela montre que les gens comprennent ce que je fais. Mais après, il y a un retournement. J’ai une pression supplémentaire sur mes épaules. Il faut toujours jongler entre les deux sentiments. C’est particulier.
Pour certains, le rap français, c’était mieux avant. Pour d’autres, on est à une époque novatrice. Comment voyezvous le milieu ?
Ce qui est cool, aujourd’hui, c’est qu’il y a de la diversité. A une période, vers 2002-2004, le rap qui était mis en valeur ne parlait plus aux gens. Maintenant, c’est assez représentatif des attentes en France. Grâce aux productions indépendantes et à la diversité des médias, il y en a pour tous les goûts : le rap soleil, le rap slam, le rap électro…
Propos recueillis par Guillaume Vénétitay


EN CONCERT
Le Temps Machine accueille Némir le jeudi 23 mai 2013, à 20 h 30. Il ne sera pas seul à venir rapper avec un accent du sud : les excellents Montpelliérains de Set&Match devraient aussi mettre le feu. Comix Delbiagio, bien connu à Tours, complète le plateau. À partir de 10 euros.
SES DISQUES
Némir prépare son premier album pour 2014. En septembre, il sortira le troisième volume de sa trilogie Next Level. Le grand public l’a découvert avec son EP, Ailleurs, sorti l’an dernier.
UNE RENCONTRE
« Si je devais en retenir une ces derniers temps, ce serait Féfé (NDLR : ancien membre du Saïan Supa Crew). On s’est vus il y a trois semaines. On a parlé en toute simplicité, même si on ne se connaissait pas. C’est un mec qui m’a inspiré au niveau du flow. On a discuté de rap, de placements rythmiques, de techniques, de structures des rimes, de groupes de différents styles. J’ai adoré. »