Chroniques culture : de Rob Zombie à Cabadzi, en passant par la séance lecture

Cette semaine, on glisse les albums de Rob Zombie et de Cabadzi dans sa chaîne hi-fi, puis on part bouquiner dans le Grand Nord avec Olivier Truc, avant de finir par une grosse dose de BD.

LES CD

ROB ZOMBIE – THE LUNAR INJECTION…

Il était annoncé depuis plus de cinq ans… L’attente a enfin pris fin, monsieur Rob Zombie venant de publier son septième album solo, « The Lunar Injection kool aid eclipse conspiracy ». Derrière ce titre à rallonge se cache un disque compact de seulement 32 minutes, sur lequel s’enchaînent les petites pépites rock’n’roll, les interludes bizarroïdes, les gros riffs et les samples à tout va. Un véritable fourre-tout sans trop de surprise qui n’empêche pas de prouver que le musicien de 56 ans et sa bande s’éclatent encore… et nous avec !

« Catchy » à souhait (le bondissant « Shadow of cemetery man ») et fun (« 18th century cannibals » et sa country virant au metal), mélodique et bourré d’énergie, ce nouvel album prouve, dans un ouf de soulagement, que Rob Zombie en a encore sous le pied.
Aurélien Germain

CABADZI – BURRHUS

Cinquième album déjà pour Cabadzi, duo de hip hop-chanson- spoken world aussi inclassable qu’iconoclaste, qui tout au long de ces 16 titres, joue avec les ambiances comme personne. Entre rap, trap abstract, ou à travers quelques notes de piano, Olivier et Victorien envoient des phrasés qui scotchent littéralement ou entraînent dans un monde sombre qui moque les maux avec des mots, le tout avec une justesse et une humanité qui font mouche.
H. B.

> Burrhus, paru sur Difymusic

LES BD DE LA SEMAINE

Lupano au scénario et le Tourangeau Relom au dessin ? Il n’en fallait pas plus pour qu’on se torde de rire à la lecture de « Maharadchat » (Éd. Delcourt). Cette farce contemporaine et féroce sur fond de pâté pour chat et d’écologie est une totale réussite. Restons dans le registre de l’humour avec le tome 2 de « Champignac, le patient A » (Dupuis), où le duo Beka – Etien fait encore des merveilles. Ils séduiront bien au delà des amateurs du personnage iconique des aventures de Spirou, plongés dans une aventure trépidante au sein de l’Allemagne nazie.

Encore un peu d’histoire avec « Niala » (Glénat), plongée dans la jungle avec ce personnage féminin qui met à rude épreuve tous les clichés coloniaux et tarzanesques avec une petite touche sexy et beaucoup de second degré. On finira avec « Les Oiseaux » (Futuropolis), bel ouvrage de Troubs naviguant entre écologie et philosophie, avec un art singulier de la contemplation qui fait du bien en ces temps un peu troublés.
H.B.

ROMANCE

Ne pas se laisser berner par le titre ! Car ici, point de romance à l’horizon (il suffit de zieuter la couverture…), mais une tripotée de gags grivois et souvent situés en-dessous de la ceinture. Dans « Romance » (éditions Delcourt), Elric utilise un humour où le raffinement n’existe pas et craque le vernis du romantisme via le concept du détournement. Le décalage entre l’esthétique vintage, les personnages aseptisés et tout mignonnets, et leurs propos graveleux fait sourire et fonctionne bien. À ne pas mettre entre toutes les mains. Surtout les plus chastes…
A. G.

LE LIVRE

OLIVIER TRUC – LES CHIENS DE PASVIK

La Police des rennes repart pour une quatrième enquête ! Dans ce polar au parfum unique, Olivier Truc sait mieux que personne nous plonger dans ce Grand Nord arctique, où mafieux russes, petits trafiquants norvégiens et éleveurs samis finlandais jouent à cache-cache avec une brigade des douanes sous tension. « Les chiens de Pasvik » (éditions Métailié) est un roman brillant comme une aurore boréale et glaçant comme ce froid polaire qui s’infiltre doucement page après page.
H.B.

Chroniques culture : Wardruna, Sébastien Guérive, le plein de BD et de romans

LE CD
WARDRUNA – KVITRAVN

« Kvitravn » signifie « corbeau blanc ». Le corbeau, symbole d’importance chez les peuples nordiques et vikings, un messager, un lien entre les mondes. C’est cet animal que les Norvégiens de Wardruna ont décidé de mettre en avant dans cet album qui s’apparente à une ode à la Nature et qui, disons-le de suite, est d’une beauté extraordinaire.

 

Il y a, ici, ces instruments anciens qui bercent des paroles portées par les légendes, des chœurs confinant au sublime et qui nous emmènent à travers les fjords et les forêts du nord. La sonorité organique de l’album parvient aussi à mettre en avant ces touches chamaniques qui offrent, parfois, une expérience quasi-méditative. Ce disque, plus accessible que le reste de la discographie du groupe, est pur, tout simplement. En ces temps de pandémie, retournez à la Nature. Envolez-vous avec Wardruna. Écoutez Kvitravn.
Aurélien Germain

LA SELECTION BD

Le Spirou de Christian Durieux, « Pacific Palace » (éditions Dupuis), est un véritable bijou, un huis-clos où le polar se dispute à une romance avec intrigues politiques à la clé. Il y a bien longtemps que l’on n’avait pas vu notre groom préféré aussi attachant.
Dans « Ma voisine est indonésienne » (Delcourt), Emmanuel Lemaire nous livre le portrait attachant de ce grand pays méconnu à travers un portrait fantasque et plein d’humour.
On restera dans un pays voisin avec le magnifique « Esprits et créatures du Japon » (Soleil), où Benjamin Lacombe fait des merveilles avec ses illustrations !
Et puis le voyage, cela peut être aussi celui de « Photo de Famille » (Bamboo), où Armelle et Sti nous emmènent dans une tribu recomposée extrêmement drôle.
Finissons dans un tout autre registre, avec l’œuvre de Frans Mensink, « Drônes de filles » (Tabou), qui se révèle être l’un des auteurs… érotiques les plus doués de sa génération !
Hervé Bourit

LES ROMANS
LËD, DE CARYL FÉREY

Direction le Nord extrême, au-delà du cercle polaire, en Sibérie, pour ce nouveau roman noir mené une fois de plus de main de maître par Caryl Férey. Dans un univers dantesque, où règnent le froid et la nuit, Caryl Férey nous prouve sa maîtrise sans faille, pour nous prendre par la main et nous entraîner au fond de l’abîme. « Lëd » est un nouveau petit chef d’oeuvre qui, après vous avoir glacé les os, vous réchauffera le coeur… Ou l’inverse !
H.B.
> Paru aux éditions Les Arènes, 528 pages.

GNOMON, DE NICK HARKAWAY

La collection Albin Michel Imaginaire s’enrichit en ce début d’année, avec la sortie du très attendu tome 1 de « Gnomon », signé Nick Harkaway. Dans ce roman tentaculaire (parfois même un peu trop) et un poil complexe, l’auteur accouche d’un récit dystopique sur une Angleterre repliée sur elle-même, où la population est plus que surveillée et suivie numériquement.

Surveillance globale au programme donc (tiens, pas si imaginaire…), avec politique, science-fiction et intelligence artificielle se liant entre elles. Et, Harkaway étant le fils de John Le Carré, autant dire que l’écriture ne souffre d’aucun manquement ; « Gnomon » se lit et se déguste.
A.G.

LE SINGLE
OMEGA II – SÉBASTIEN GUÉRIVE

Auditrice, auditeur, prends donc ton casque ! Car c’est bien grâce à lui que l’écoute de la ballade offerte par Sébastien Guérive n’en sera que plus forte et plus profonde. Ce single Omega II – en plus d’être doté d’un magnifique clip – est un véritable voyage sonore. Qui prend aux tripes et possède une force visuelle assez folle.
Le Nantais offre alors une expérience musicale minimaliste mais pleine d’ambiance, rapprochant ainsi sa musique de la forme d’une B.O de film. De quoi patienter avec la sortie du nouvel album, Omega Point, prévu le 19 mars !
A.G.

STREAMING
DISNEY+ SE DÉVOILE

C’est bientôt le top départ pour la branche « adultes » de la plateforme Disney+. Baptisée Star, elle permettra, à partir du 23 février, de regarder un tas de séries comme Scrubs, 24 heures chrono, Lost, Buffy ou encore Alias.
Sont également prévus plus de 230 films : Logan, Alien, Die Hard, Titanic, Deadpool, Good Morning Vietnam, La Mouche, L’Odyssée de Pi, The Door, The X-Files : le film… Une diversification bienvenue, certes, mais qui s’accompagnera d’une hausse de l’abonnement, passant à 8,99 € par mois.
A.G

Chroniques culture #57

Du nouveau Spirou au DVD de Night Call, en passant par Resident Evil et Royal Thunder côté disque : nos chroniques culture.


LE DVD

NIGHTCALL
Branché sur les fréquences radio de la police, Lou parcourt Los Angeles pour filmer accidents et meurtres. Il revend les images choc à prix d’or aux télés, prêt à tout pour son scoop. Une nouvelle fois, Jake Gyllenhaal, tétanisant et cynique, est magistral. Dans cette allégorie sur la course à l’info, l’amoralité étouffe le spectateur. C’est brillant et tristement féroce. L’amateur de suppléments se rabattra sur le commentaire audio du réalisateur Dan Gilroy. Le reste des bonus ne valant pas très cher…

A.G.

LE CD
ROYAL THUNDER – CROOKED DOORS
Venus d’Atlanta, États-Unis, les Royal Thunder proposent un rock progressif, entre rythmiques lourdes et plus atmosphériques. La voix solide et groovy à souhait de Miny Parsonz (prestation bluffante de la chanteuse, lorgnant vers le hard-rock) enveloppe cette musique trempée dans les 70s, la transporte loin, la fait voler (« The Line », ou encore « Time machine »). Habiles montées en crescendo, mélodies lumineuses et planantes… La Géorgie a accouché d’un grand groupe.
A.G.

LA BD
LE SPIROU DE… LA GROSSE TÊTE
Depuis plus de 75 ans, le petit groom en uniforme rouge des éditions Dupuis est un des exemples de longévité inégalé du 9e Art. Avec cette variation autour d’un des albums mythiques de la série, le volubile duo Makyo/Toldac au scénario, et l’épatant Téhem au dessin, ce Spirou new look est une totale réussite. Tous les personnages mythiques de la série sont au rendez-vous, tout comme les gags et les péripéties. Le troisième âge n’est pas encore pour Spirou, désormais intemporel, voire immortel !
Hervé Bourit

LE JEU VIDEO
RESIDENT EVIL – REVELATIONS 2
Des couloirs sombres, des mutants comme s’il en pleuvait, une musique stressante… Bienvenue dans l’univers de Resident Evil : Revelations 2. Signé Capcom, le nouvel opus de cette légendaire saga vous propose d’incarner deux tandems perdus sur une île mystérieuse peuplée de créatures sanguinaires. Mélange d’action, d’exploration et d’énigmes, Revelations 2 est à savourer en solo ou en multi.
> + 18 ans, PC, PS3, PS4, Xbox 360, Xbox One, de 40 à 45 €.
L.Soon