Les journalistes ? Tous pourris !

Oui, on sait : les journalistes, tous pareils, tous pourris, tous corrompus, à la botte du système, menteurs, partisans et peu crédibles. À l’occasion des Assises du journalisme cette semaine, Tmv a repris certaines critiques adressées aux médias pour tenter d’y répondre le plus honnêtement possible. Niche fiscale, traitement de l’info, salaires, on vous dit tout.

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Pourquoi les journalistes ne payent pas d’impôts avec leur niche fiscale ?

Ce n’est pas tout à fait ça. En revanche, les journalistes qui peuvent prouver que la majorité de leurs revenus provient du journalisme bénéficient d’un abattement forfaitaire de 7 650 €, carte de presse ou non. En gros, si le revenu imposable communiqué par l’employeur est 37 650 €, on ne mentionne que 30 000 € sur sa déclaration.

Cet abattement fiscal était justifié lors de sa mise en place en 1934, puisqu’il était censé financer les frais professionnels importants de cette profession. Mais la situation a changé et l’argument des frais est difficile à concevoir désormais. Dur dur, donc, de justifier cette « niche fiscale » aujourd’hui. De nos jours, cet avantage fiscal coûte entre 40 et 70 millions d’euros par an aux caisses de l’État.

Fin 2018, les députés ont décidé de le plafonner : cet abattement a été interdit pour les journalistes qui touchent plus de 6 000 € nets par mois (autant dire les privilégiés et ceux-dont-on-ne-doit-prononcer-le-nom comme dans Harry Potter).

journalisme.Il y a un vrai manque de diversité dans les rédactions !

Malheureusement, c’est vrai. Dans la plupart des médias, la diversité sociale et ethnique est faible. Les rédactions sont un univers très « blanc ». La seule étude statistique sur la diversité ethnique et sociale des journalistes remonte à 2009. Et ce fut un échec : seules 40 entreprises sur 117 ont répondu.
Ce manque de diversité avait été pointé du doigt par la journaliste et écrivaine Rokhaya Diallo. Elle soulignait aussi la proportion trop importante de journalistes « issus de classes moyennes et supérieures ». Les étudiant(e)s en journalisme issus de classes sociales modestes sont moins nombreux. On peut donc effectivement dire que les médias ne sont pas vraiment le reflet de la société française.

De toute façon, nous sommes informés par des milliardaires, puisque les médias sont détenus par les riches patrons…

C’est un fait : excepté quelques rares indépendants (le Canard enchaîné), les médias, dans leur immense majorité, appartiennent à des actionnaires privés (grands groupes, milliardaires, industriels…) ou à l’État (pour France Télévisions, Radio France, etc.). Comme le disait Le Monde, « si certains [industriels] assurent investir dans les médias par pur désintéressement, la plupart le font pour gagner de l’influence. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils contrôlent le contenu publié ».
Guillaume Erner, dans Charlie Hebdo, écrivait : « Quant aux oligarques qui la renflouent, ils soutiennent la presse comme la corde soutient le pendu. Parce qu’une entreprise lambda peut redevenir rentable ; un titre de presse est condamné, pour sa part, à se maintenir à flot tant bien que mal. Voilà pourquoi le sort de nombreux confrères dépend désormais du bon plaisir de Drahi, Bolloré et consorts. »

Les journalistes sont heureusement souvent protégés par une charte d’indépendance. Mais cela n’évite pas les dérapages. On se souvient de l’intervention de Vincent Bolloré, du groupe Canal, qui avait empêché un documentaire d’investigation sur le Crédit mutuel en 2015. L’autre risque important est celui que les journalistes s’auto- censurent sur certains sujets sensibles, dans un contexte où la presse est économiquement fragile.

Pour précision, quant à nous, tmv appartient au groupe La Nouvelle République du Centre Ouest.

Berk, les journalistes sont tous de gauche…

En 2012, une consultation émanant de l’Institut Harris est demandée par la revue Médias, alors dirigée par Robert Ménard (désormais maire de Béziers). Résultat : 74 % des journalistes voteraient à gauche. Sauf que… seuls 105 journalistes professionnels ont répondu (et qui plus est sur Twitter). Depuis, quasiment pas de statistiques pour cette question aussi ancienne que la profession.
Certains vous diront que tous les journalistes sont de gauche ; les autres penseront qu’ils sont tous vendus au grand capital. Le journaliste est de droite pour les gens de gauche ; il est de gauche pour les gens de droite.

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Je parie que vous gagnez 10 000 € par mois.

On aimerait bien ! Mais… non. La réalité est moins reluisante. Beaucoup ont tendance à croire cela, puisque les présentateurs-stars de JT, eux il est vrai, ont des salaires très élevés. Aujourd’hui, Jean-Pierre Pernaut encaisserait environ 50 000 € par mois (d’après Le Dauphiné).
Le service public paye moins : 15 000 € par mois pour Laurent Delahousse. Dans les années 2000, Patrick Poivre d’Arvor touchait 71 000 € par mois.

Mais en vrai, le revenu médian brut mensuel d’un journaliste en 2016 était de 3 549 € (sur du net, cela fait environ 2 760 €) s’il était en CDI. En CDD, cela tombe à 1 896 €. Mais il y a également près de 20 % de journalistes pigistes. Et qui dit pige, dit salaire au lance-pierre, au compte-gouttes et irrégulier puisque votre paie dépend de la régularité des commandes.

Avec cela, il faut également faire la différence entre salaires à la télé, en radio ou encore en presse écrite (et encore différencier presse quotidienne nationale – 2 162 € brut en sortie d’école – et presse quotidienne régionale – 1 832 € – etc.) Journalistes sur le terrain, directeurs de rédaction, présentateurs, JRI (journaliste reporter d’images), salariés parisiens et en province… Tous sont payés différemment.

Le journalisme est un métier de plus en plus précaire, certains étant même obligés d’avoir d’autres activités à côté pour pouvoir vivre. En 2013, une étude auprès de 3 400 journalistes et présentée aux Assises du journalisme a par ailleurs montré que 12 % gagnaient moins que le Smic.

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Les médias sont gavés de subventions !

Oui, l’État soutient les journaux par des aides à la presse (les gratuits en sont exclus). Des subventions instaurées en 1796 qui devaient, à la base, garantir un pluralisme médiatique. Aujourd’hui, elles font surtout (sur)vivre une presse écrite moribonde. Les journaux Aujourd’hui en France et Libération sont les deux titres qui ont le plus été aidés en 2017.

Les chiffres, en centaines de millions d’euros, paraissent effectivement énormes et renforcent ce sentiment de manipulation des médias par les gouvernements. D’autant que les journaux semblent plutôt discrets au sujet de ces aides.
En mai 2018, dans un article intitulé « Comment aider vraiment la presse ? », les Échos écrivaient : « Plutôt que de distribuer de coûteuses aides aux journaux, l’État ferait mieux d’autoriser les lecteurs à déduire leurs abonnements aux médias de leurs revenus imposables. » Pas faux.

→RETROUVEZ LA  SUITE DE NOTRE DOSSIER ET D’AUTRES RÉPONSES AUX CRITIQUES ET REPROCHES DANS LE NUMÉRO 326 DE TMV. A TÉLÉCHARGER JUSTE ICI !

TOP 4 : Poelvoorde balance

Actuellement en couverture de So Film, l’acteur Benoît Poelvoorde est revenu, pour le magazine, sur sa carrière et a taclé quelques célébrités. Revue de presse…

CATHERINE BARMA

De la productrice d’On ne demande qu’à en rire, Benoît Poelvoorde dit qu’elle est « une femme austère qui doit avoir, allez, 2 700 ans. Catherine Barma, c’est l’Egypte ». Avant de préciser : « Je dis ça sans être méchant. » Ah ouf.

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SHARON STONE

« Elle ne me faisait aucun effet. C’était juste une blonde américaine pas intéressante. La Sharon Stone, rien à foutre », philosophe Poelvoorde. « Si je l’ai croisée, je ne l’ai pas reconnue. » L’inverse est peut-être vrai aussi…

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THIERRY ARDISSON

Benoît Poelvoorde indique que l’animateur en noir « n’est pas une ordure. Par contre, il est cynique, et c’est peut-être pire ». Réponse de l’intéressé ? « Il faut vraiment qu’il arrête de picoler. » Un partout, balle au centre.

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LAURENT RUQUIER

Le comédien belge est un tantinet plus gentil avec Laurent Ruquier. Abordant le thème du rire, il dit de l’animateur de France 2 qu’il est « un homme qui rit à ses propres vannes et avant de les dire ». Oui, bon là… pas faux.
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Best of 1er avril dans les médias

N’oubliez pas, vendredi, c’est le 1er avril. À cette occasion, voilà notre top 4 des canulars réalisés dans les médias, émissions télé ou encore à la radio.

D CHIFR É D LETR

Animateurs doutant de l’orthographe de mots simples, « En directe » écrit à l’écran, Laurent Romejko arrivant débraillé et à la bourre, faire 999 avec que des 1, panne d’électricité… Le 1er avril 2008, Des Chiffres et des lettres se lâche.

[dailymotion]https://www.dailymotion.com/video/x4xcea_des-chiffres-et-des-lettres-01-avri_fun[/dailymotion]

SÉISME AU JT

Le 1er avril 2010, David Pujadas présente un sujet annonçant une drôle de nouvelle : le rythme des saisons a été modifié en raison des séismes. La chaleur de l’été arriverait en septembre-octobre et décalerait donc… la rentrée scolaire !

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=-SKysbx5F7s[/youtube]

EIFFEL QATAR

Journal de 8 h, 1er avril 2014 : France Inter balance une pépite. En raison des coûts budgétaires, la maire de Paris Anne Hidalgo a décidé de vendre la tour Eiffel au Qatar. Pour son canular, la radio a même réalisé un micro-trottoir.

LÉNINE À DISNEY

Coquinous, ces Irlandais : le 1er avril 1995, le quotidien The Irish Times annonce que la firme Disney a racheté le corps embaumé de Lénine pour en faire une attraction au parc Eurodisney et ramener un paquet de touristes russes.

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BONUS :

Retrouvez notre poisson d’avril très très nul de 2014 ICI !

Portrait chinois : Emilie Tardif de TSUP !

La présentatrice de Tout sur un plateau (TSUP pour les intimes, graou) balance l’actu à la sauce positive-attitude du lundi au vendredi sur TV Tours avec une nouvelle formule et un nouveau plateau, cette saison. On voulait voir si Émilie Tardif avait autant la patate dans la vraie vie. On n’a pas été déçus !

Emilie Tardif (Photo tmv)
Emilie Tardif (Photo tmv)

SI TU ÉTAIS… UNE CHANSON ?

You Could be Mine, de Guns N’ Roses. Je la connais par coeur, comme pas mal de truc de hard rock un peu ringos aujourd’hui mais que j’aime toujours d’amour.

SI TU ÉTAIS UNE INSULTE ?

« Va te faire cuire le cul ». Qui se transforme en « andouille » si ma fille est dans les parages.

SI TU ÉTAIS UN PLAT ?

Les Patagos à la crème et à l’ail de l’ile d’Yeu. Le meilleur plat du monde dans le meilleur endroit du monde. Je vous laisse googliser « patagos », cela va de soi.

SI TU ÉTAIS UN OBJET DU QUOTIDIEN ?

Un gros bol. Pour mettre plein de Ricoré au lait dedans. (si si c’est très bon je vous assure).

SI TU ÉTAIS UNE MALADIE ?

L’alcoolisme festif, cette plaie.

SI TU ÉTAIS DE LA BONNE MALBOUFFE ?

Une salade McDo, le truc le plus absurde du paysage culinaire contemporain ? Sinon n’importe quoi à base de fromage fondu, mon vice.

SI TU ÉTAIS UN PERSONNAGE HISTORIQUE ?

Voltaire. Parce qu’il a dit un truc dont j’ai fait ma devise : « il est poli d’être gai » (ou alors c’est Bernard Menez ? Je ne me souviens plus).

SI TU ÉTAIS UNE DES 7 MERVEILLES DU MONDE ?

Ma mère, mon héroïne. Si tu as déjà croisé la route de Fifine, toi-même, tu sais.

SI TU ÉTAIS UN ANIMAL ?

Choupette, le chat de Lagerfeld, qui a 50K followers sur Twitter, sa ligne de vernis à ongles bleu, et a gagné 3 millions d’euros en posant assise sur des grosses voitures. Oui je pourrais être ce chat.

SI TU ÉTAIS UNE OEUVRE D’ART ?

Le Concert champêtre du Titien. Pas qu’il soit exceptionnellement beau, mais il me fait de la peine. Il est accroché à côté de la Joconde au Louvre donc tout le monde s’en cogne. Moi je t’ai vu Concert Champêtre ! Et te voilà dans le tmv ! Gloire !

SI TU ÉTAIS UNE ANIMATRICE TÉLÉ GÉNIALE ?

Robin Scherbatsky, la journaliste de la série How I met Your Mother, toujours à fond même si elle a 17 téléspectateurs. Je suis un peu la Robin Scherbatsky du Val-de-Loire (mais avec vachement plus de téléspectateurs, of course).

 

Toi aussi tu as envie d’aller faire un tour sur le Facebook de Tout sur un plateau maintenant ? Allez, clique ICI !

Hellfest : quand l’Enfer est un paradis  [+photos]

Comme l’an dernier, tmv a fait son petit tour au Hellfest, l’un des plus grands festivals de France et LE passage obligé pour tout bon métalleux qui se respecte. Reportage et photos du samedi 20 juin, entre avalanche de décibels, hectolitres de bière, gros barbus, maxi riffs, gens en string ou déguisés et bonne humeur.  

L'entrée du Hellfest a été repensée. (Photo tmv)
L’entrée du Hellfest a été repensée. (Photo tmv)


Reportage

Samedi 20 juin. Le soleil inonde Clisson, petit village près de Nantes. L’air est déjà chaud, mais pas autant que les milliers de métalleux qui se baladent dans les rues. La plupart ont un pack de 6 (ou 12 ou 24 ou 666) sous le bras, histoire de s’hydrater avant une journée brûlante dans l’Enfer du Hellfest. On laisse la voiture sur un petit parking de la gare : « Euh, excusez-moi, mais c’est gratuit pour stationner ? » Une Clissonnaise, la soixantaine, se marre : « Oh bah oui, tout est gratuit ici, ne vous inquiétez pas ! Bon festival ! » Sac à dos + casquette + tee-shirt Necrophagist (un groupe plein de romantisme et d’amour), et c’est parti. Comme l’an dernier, tmv vous fait (re)découvrir le Hellfest.

« A POIIIIIL ! »

C’est marrant, il n’est même pas 11 h et pourtant, sur le site, une fille est étalée par terre, en mode flaque. Elle dort paisiblement au milieu du chemin. Ses potes sont super sympas : ils lui ont dessiné une grosse barbe au feutre noir. C’est ça, l’amitié. Le temps de faire deux, trois photos, c’est parti pour le concert des BUTCHER BABIES. Les chanteuses font l’effet d’une bombe : leurs poitrines généreuses déclenchent quelques réactions de mâle en quête d’amour (« à poiiiiiil », hurle mon voisin). N’empêche que leur gros rock qui tabasse laisse des traces : c’est ultra-simple, mais bien fichu. Efficace et idéal pour se mettre en jambes. D’habitude, les demoiselles font dans la provoc’ en dévoilant leurs seins entre deux riffs de guitare ; ce coup-ci (et n’en déplaise à mon voisin), elles resteront dans le soft. Noël Mammaire likes this.
D’ailleurs, il est toujours aussi agréable de voir la place de plus en plus importante qu’occupent les femmes dans le metal et au Hellfest (jetez un oeil au reportage de nos confrères de France 3 ICI).

Prostitute Disfigurement : une ode à la poésie.
Prostitute Disfigurement : une ode à la poésie.

Pour rester dans la poésie, direction la scène Altar pour causer amour avec PROSTITUTE DISFIGUREMENT (on vous laisse traduire). Pour les connaisseurs, c’est du gros death de bourrin, limite grind. Pour les amateurs, imaginez un rouleau compresseur qui vous passe dessus.  En sortant de là, on a déjà la patate. Pour cette dixième édition, le Hellfest a vu les choses en grand. Les scènes Temple, Altar et Valley sont carrément plus grandes que les années précédentes. Du luxe, vu qu’habituellement, elles rameutaient tellement de monde qu’on était davantage comme des sardines (Patrick Sébastien, si tu nous lis), tous collés les uns aux autres pleins de sueur (c’est ça, la fraternité).
Serrés, on l’est aussi devant les Mainstage. Les scènes principales ont été totalement relookées : une immense façade avec un poulpe encadre un des écrans géants, tout est dans un style old-school. Non seulement c’est magnifique, mais ça permet aussi de se faire une petite dose de vintage avec THE ANSWER. Groupe de hard rock d’Irlande du Nord (ça s’entend), ils sont influencés par Led Zep et AC/DC (ça s’entend aussi). Grosse ambiance, gros son, gros solos. Mince, je viens de perdre 10 litres de sueur. Vite, bière.  Eh oui, la bière permet de tenir, de vivre. De survivre même. Kronenbourg, fidèle au Hellfest depuis des années, y balance environ 900 000 bières. Il y a quelque temps, Christine Boutin, pas vraiment amie-amie du festival, avait écrit au PDG de la célèbre marque de bière pour lui demander expressément de boycotter le Hellfest. On ne comprend toujours pas pourquoi c’est resté lettre morte…

DU LIBAN A CLISSON

Après la pause, on se nettoie les esgourdes avec THE WOUNDED KINGS. C’est doom (comprenez trèèès lent), ça vous écrase doucement mais sûrement. On regrettera le peu de variation dans la voix, mais les Anglais savent y faire : le public les acclame, ravi.  Tandis qu’ACE FREHLEY connu pour sa place au sein de Kiss, décoche son hard rock old-school, nos yeux vagabondent sur l’immense espace du Hellfest. Parfois moqué et appelé « le Disneyland du métalleux », force est de constater que les décors sont de nouveau sublimes cette année. Et qu’il n’existe aucun équivalent en France (le Hellfest peut d’ailleurs se targuer d’avoir été élu meilleur festival en France, devant les Vieilles Charrues).
Sur l’herbe (qui, ô miracle, est toujours là), d’immenses os qui servent de bancs. Des crânes, une main géante faisant le signe du metal, un skatepark (!), une grande roue (!!), une cathédrale décorée façon Hellfest pour l’entrée du festival (!!!)… Tout est pensé, stylisé à l’extrême : comme en 2014, il y a une ville dans le Hellfest. Un coin calqué sur le Camden de Londres, où on rivalise à coup de tatouages, de karaoké-bourré ou encore de fringues, véritable paradis pour refaire sa garde-robe (ça tombe bien, il me manquait un slip Cannibal Corpse). Dans ce véritable petit monde, les allées vomissent des hordes de métalleux. Tout le monde a le sourire, la pêche, la banane ou n’importe quel fruit. On discute avec un Libanais, un Canadien et même un Brésilien. Ils ont fait le déplacement exprès, quitte à tuer toutes leurs économies. « But hey man, it’s Hellfest ! », qu’il nous lance. Pas faux.

Sans titr2eAprès avoir regardé quelques minutes les excellents ONSLAUGHT (dix fois plus brutal que sur album), place à AIRBOURNE. On vous explique la bête : le groupe australien est une copie plus jeune et encore plus énergique d’AC/DC. Véritable bulldozer scénique, leur réputation n’est plus à faire. Et ça se voit… le site est noir de monde, impossible de s’approcher, la masse est grouillante. Mini-crise lorsque le son pète… Argh, instant gênant où Joel O’Keefe, le chanteur survolté (en général, il escalade les échafaudages des scènes et tape un solo à 10 m de hauteur), martyrise sa guitare et son micro et s’éclate une bière sur le crâne… sans s’apercevoir que le son a sauté. Rock’n’roll !
Pas de problème côté sono, en revanche, pour AHAB. Musique pachydermique, broyant vos os, vos cervicales : la rythmique est une chape de plomb, s’abattant et plongeant la fosse dans les ténèbres, dans une transe hallucinante. Passant d’une voix gutturale, du fin fond des entrailles de l’Enfer, à des envolées douces et planantes, Daniel Drost nous fait partir dans un voyage terrible, magnifique, terrifiant, mais beau. Le public sort de là, sonné. Wow…  Retour sous le soleil avec SLASH. Balançant quelques missiles pas forcément explosifs de son dernier album, le guitariste haut-de-forme n’est jamais aussi plaisant que quand il retourne dans le passé… en jouant ses tubes accouchés lors de la période Guns ‘n’ Roses. Autant vous dire qu’un Sweet child o’mine ou Paradise City ont le don de filer une sacrée chair de poule.

CARESSE-MOI LA BARBE

ZZ Top : la barbe leur va si bien.
ZZ Top : la barbe leur va si bien.

Pendant qu’on frôle l’émeute à BODY COUNT (le groupe de rap un peu rock, ou rock un peu rap qui a le « New York unité spéciale » Ice-T comme leader), en raison d’un ratio 100000 personnes pour 2 mètres carrés, KILLING JOKE ratatine la scène principale. Les pionniers de la vague post-punk/new wave enchaînent les hymnes dévastateurs. Une claque. À croire que les vétérans ont la cote, c’est une foule immense qui se presse devant ZZ TOP. Les célèbres barbus, annoncés à l’aide d’une cloche et d’un « here comes ZZ Top from Texas », se voient submergés par le public qui chante comme un seul homme un Gimme all your lovin’ d’anthologie {Instant savoir pour briller en société : le batteur du groupe est le seul à ne pas être barbu. Pourtant, son nom de famille est « Beard », soit « barbe » en anglais. Bisous}
La transition est étrange mais jouissive, avec ORANGE GOBLIN. Les Anglais, véritables stars du festival devant leur mur d’amplis Marshall et Orange, sont d’une sincérité désarmante. Sous la tente, on sue à grosses gouttes en s’explosant les cervicales sur leur gros stoner dégoulinant de riffs délicieux. Le géant Ben Ward et ses 2 mètres attire tous les regards, ne cesse d’enquiller les bières et d’en cracher en l’air (petite douche gratos, qui s’en plaindrait ?). Un véritable passage dans la machine à laver, programme essorage ultra-rapide-dans-ta-face. (pour info, une petite vidéo du groupe cette année ICI)

METAL ET BISOUNOURS

Lectrice, lecteur, ne nous leurrons pas : le métalleux est un Bisounours. C’est moi qui vous le dis. Pourtant, je suis moi-même un adepte de Satan et des sacrifices de chauve-souris les soirs de pleine lune en buvant du sang de vierge (quoi ? Les clichés ont la peau dure malheureusement dans le metal). Bref, le métalleux n’est qu’une gentille petite bête pleine de poils, hyper respectueuse (il n’y a jamais d’incidents au festival ou même à Clisson), qui rote très fort mais adore verser sa petite larmichette.
C’est ce qui est arrivé à 23 h… Quand le Hellfest, pour fêter ses 10 ans, a fait péter un feu d’artifice tout simplement magique. Durant un quart d’heure. Avec un final interminable et incroyable (zieute donc la vidéo ci-dessous, si tu l’oses). Et que dire quand 50 000 métalleux lèvent leurs bières devant ce feu d’artifices grandiose et chantent en choeur, d’une seule et même voix, le « Bohemian Rhapsody » de Queen que le festival a décidé de faire cracher volume 666 ? Nous, on a failli verser une larme. C’était une larme de bière, mais même.
[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x2uui6z_video-l-interminable-bouquet-final-du-feu-d-artifice-du-hellfest-clisson_news?start=1[/dailymotion]

CaptureInstant émotion, toujours, quand SCORPIONS envoie un Wings of change de toute beauté. Certains pleurent, d’autres se prennent dans les bras. Orgie de câlins aussi, durant un Stiiiill looooviiiin’ youuuu repris par toute la foule, tandis que d’autres feux d’artifices illuminent le ciel. On ne misait pas un kopek sur les Teutons, mais la bande à Klaus Meine nous a piqués sévère.
Pour finir un samedi en Enfer, quoi de mieux que rencontrer l’auto-proclamé Antéchrist ? Sieur MARILYN MANSON clôt la journée, grosse guitare en avant, façon mur du son. Le m’sieur a beau être un chouïa désintéressé (les pauses entre les morceaux s’éternisent), voire peut-être un peu imbibé, il reste magnétique, charismatique au possible.  Tandis que les notes résonnent encore, nos jambes poilues ne tiennent plus toutes seules. La nuit est tombée.

Une fois de plus, le Hellfest a tenu ses promesses et apporté une bouffée d’air frais et de la bonne humeur comme personne. Une fois de plus, le Hellfest était en fait le Paradis.

NOTRE GALERIE PHOTOS

>>Retrouvez le diaporama photos des groupes du samedi, par Eric Pollet (La Nouvelle République)

>>Pour plus de photos, un tour sur le Facebook officiel du Hellfest.

>>Remerciements à Ben Barbaud, Roger, aux 3 000 bénévoles du Hellfest, mais aussi à TOUS les Clissonnais(es) !

En juin, double dose de festivals avec tmv !

Vous le savez, à tmv, on adooore la musique. Et les festivals, encore plus. Pour ce mois de juin, restez connectés : votre hebdo couvrira les festivals Aucard de Tours et le Hellfest.

Allez, double dose de plaisir, rien que pour vos beaux yeux (et vos oreilles !). Comme l’été approche, tmv a décidé de quitter quelques instants ses bureaux avenue Grammont… L’occasion de poser notre carnet de notes dans deux festivals qui vont beaucoup faire l’actu.

Cette année, on a donc décidé de couvrir, du mieux que l’on peut, deux festoches : d’abord, Aucard de Tours (du 9 au 13 juin) et ensuite, le Hellfest (du 19 au 21 juin).

Aucard de Tours : Ni dieu ni maître !

aucardToute la semaine, la rédaction de tmv sera sur la plaine de la Gloriette. Vous pourrez donc retrouver sur notre site des interviews des groupes et artistes programmés, mais aussi des reportages ambiances et concerts. On va essayer de vous faire le plein de photos et de choses intéressantes. Il se pourrait même que certaines interviews soient filmées.
Tous les jours, vous pourrez grignoter un petit quelque chose concernant cette 30e édition d’Aucard. Idéal pour ceux et celles qui veulent revivre la journée ou les malchanceux/ses qui n’auront pas eu l’occasion de traîner leurs bottes sous les chapiteaux. On a hâte !

Hellfest : highway to Hell

Comme l’an dernier, un de nos journalistes va se délocaliser à Clisson, près de Nantes, pour suivre et vivre la grand-messe du Metal. Cette dixième édition, complète depuis belle lurette, fait la part belle aux grosses têtes d’affiche (Motörhead, Alice Cooper, ZZ Top, KoRn…), mais aussi à plus de 150 groupes qui vont briser quelques nuques lors de séances de headbanging bien sévères.

L'arbre Hellfest (Photo Aurélien Germain)
L’arbre Hellfest (Photo Aurélien Germain)

De retour de l’Enfer, tmv vous fera (re)vivre ce moment intense, avec photos et reportages, aussi bien côté ambiance, que côté concerts. De quoi nourrir les curieux qui n’y ont jamais posé les pieds (rassurez-vous, les métalleux sont doux comme des agneaux et ne mangent pas de bébé les soirs de pleine lune) ou les connaisseurs qui savent que ce festival est non seulement le plus classe d’Europe, mais a aussi été élu meilleur festival de l’année, devant les Vieilles Charrues !

Télégaucho, un peu gauche

Plongée dans l’histoire des télés libres et révolutionnaires des années 90, une comédie (trop) acide…

Vous en avez marre des émissions aseptisées destinées au grand public ? Dans les années 90, le réalisateur Michel Leclerc vous aurait conseillé de vous tourner vers les chaînes de télévisions libres, « désintéressées » par l’argent. Avec Télé Gaucho, il nous fait découvrir cette époque et plus particulièrement le milieu qu’il a côtoyé alors qu’il faisait partie de Télé Bocal, entre 1995 et 2000.

C’est un peu de lui qu’on retrouve dans Victor, le personnage central. Le jeune héros débarque à Paris pour y suivre un stage auprès de Patricia Gabriel, icône du petit écran. Mais ce passionné de cinéma va plutôt rejoindre les rangs de Télé Gaucho, une petite équipe qui, avec ses reportages, veut faire la révolution dans la capitale. Il va d’ailleurs se faire sa place grâce à des petits spots télé extrêmement drôles, comme « ces objets qui nous font chier ». Grâce à ce non-conformisme et ses programmes détonants, Télé Gaucho commence à connaître le succès ! Mais l’appel de l’argent, les envies de grande diffusion sonnent le glas de leur belle entente…

Après le succès du Nom des Gens en 2010, Michel Leclerc retrouve le grand écran avec une histoire un peu plus personnel. À la manière de Good Morning England, film sur les radios libres, la comédie est un prétexte pour parler de ce morceau d’histoire des médias. Mais malheureusement, le scénario est un peu trop linéaire pour qu’on s’implique véritablement. Contrairement à la comédie anglaise, aucune tension n’est présente.

Pourtant, plusieurs séquences, filmées à la caméra DV, donnent du rythme à l’histoire. Le spectateur, plongé dans l’action, s’immerge dans cette télé libre de gauche. Les acteurs sont également plutôt justes : le jeune Félix Moati (Victor) trouve sa place entre deux acteurs césarisés, Éric Elmosnino et Sara Forestier. Cette dernière confirme d’ailleurs son énorme potentiel avec une belle prestation de fofolle un peu allumée. Seule Maïwenn est complètement à côté dans son rôle de gauchiste encore plus révolutionnaire que le Che lui-même… Finalement cette comédie ne fait rire jaune, le documentaire aurait été peut-être plus approprié.