TVB : la soirée de rêve !

Vendredi, le TVB a décroché son 8e titre de champion de France face à Chaumont. C’était aussi le dernier match pour Hubert Henno. Une soirée historique, donc. Vous l’avez ratée ? Pas grave, on rembobine et on y retourne.

(Photo Julien Pruvost)

Une heure avant le coup d’envoi, c’est déjà bouillant. Seules les deux tribunes de placement libre sont bien pleines (« premiers arrivés, premiers servis ! », comme le dit une supporter juste derrière moi), mais ça gronde quand même dans les gradins.

Et quand les Intenables, dans la tribune opposée, tentent un petit « Allez, TVB ! » histoire de se mettre en train, c’est une voix profonde et puissante qui répond, un écho multiplié par 100 : « Alleeeez TVB ! ».

Sur le parquet, des types grands comme des allumettes russes s’échauffent et font des trucs incroyables avec leur corps.
« Tu savais qu’on pouvait envoyer son pied au-dessus de sa tête comme ça, toi ? ». « J’sais pas. Jamais essayé. »

Après, ils se mettent à jouer au ballon, mais au pied. Dans les gradins, ça balance : « C’est eux qu’on aurait prendre au TFC, on s’rait peut-être un peu moins dans la mouise ! »
Les minutes s’égrainent, la pression monte. Les journalistes commencent à arriver sur les pupitres réservés, les photographes claquent leurs premières images. Ils s’échauffent un peu, eux-aussi.

Quelques minutes avant le coup d’envoi, ce sont les partenaires qui s’installent dans les tribunes latérales, en provenance du pot d’accueil offert par le club. Puis monsieur le maire, costard sombre et cravate rouge, qui prend sa place.
Tout le monde est là, la télé a ouvert les vannes : le show peut commencer.

La star Hubert Henno

Les applaudissements sont nourris pour accueillir l’équipe de Chaumont. D’un geste de la main, les joueurs saluent la trentaine de supporters qui ont fait le déplacement de la Marne, tout de rouge vêtus.
Mais quand le premier joueur tourangeau revient sur le terrain, c’est un tonnerre, c’est un rugissement, c’est une explosion. On se dit que plus, ce n’est pas possible, mais le deuxième joueur qui arrive, c’est Hubert Henno, figure mythique du club, seul rescapé de l’équipe championne d’Europe en 2006 et qui joue, ce soir, son ultime match, à Tours.

(Photo Julien Pruvost)

Et là, en plus du bruit, c’est un cri scandé qui descend des tribunes : « Hubert ! Hubert ! Hubert ! ». Émouvant. Vient ensuite une Marseillaise intense, qui se termine a cappella. Puis le jeu. Très vite, le TVB fait comprendre à tout le monde qu’il n’y aura pas de suspense, ce soir. La domination est totale.
Sur chaque service qui claque dans le camp de Chaumont une explosion de joie, sur chaque smash, un hurlement, sur chaque block, un soupir admiratif. Les points défilent. Monsieur le maire tombe la veste. La sueur coule, les voix se perdent. Les challenges vidéo n’y changent rien. Pour conclure les sets, la salle entière est debout, tapant en rythme, comme un seul cœur, jusqu’au point final.

La balle de match se joue en réception. C’est, peut-être, le dernier point d’Hubert. Le chant rien que pour lui, reprend. Il touche la balle. Clameur. Le point est perdu mais le match est déjà gagné. 10 points d’avance, tout le monde le sait depuis un moment.

Ensuite, il y a la coupe qui passe de mains en mains, Hubert qui valse dans l’air puis qui enlace monsieur le maire, définitivement passé au tee-shirt blanc et bleu. Il y a le champagne dont on s’arrose, les mines dépitées des joueurs en noir et les sourires lumineux des supporters qui croisent ceux des joueurs.

Merci TVB !

Rémi Bizouard : « Le FMX est une épreuve contre soi »

Rémi Bizouard a commencé le Freestyle motocross (FMX) à 17 ans. Âgé de 30 ans et triple champion du monde dans sa discipline, il est devenu un nom incontournable du FMX. Vous ne savez pas encore ce que c’est ? On va vous expliquer.

(Photo gentiment donnée par Rémi Bizouard himself)
(Photo gentiment donnée par Rémi Bizouard himself)

C’est quoi la différence entre le motocross (MX) et le FMX ?
Le motocross, c’est une piste où il faut faire plusieurs tours contre des concurrents. Tandis que pour le FMX, il faut réaliser des sauts et c’est principalement une épreuve contre soi-même.

Trois fois champion du monde… Mais combien de prix as-tu remporté au total ?
Je ne sais pas ! Ça fait longtemps que je fais ça maintenant et j’en ai gagné pas mal. Sur les cinq championnats où j’ai concouru, j’en ai remporté trois et pour les deux autres j’ai été vice-champion.

Rentrer une figure, ça prend combien de temps ?
Ça varie mais c’est vraiment long : de plusieurs mois à plusieurs années. Par exemple le Volt, c’est-à-dire faire un tour sur soi-même alors que la moto reste fixe, j’ai mis un an avant de le maîtriser sur la terre et non juste dans le bac à mousse d’entraînement. Désormais, ça fait deux ans que je l’exécute et c’est toujours aussi complexe.

Quelle hauteur font les sauts ?
Elle change en fonction des types de rampes, ça varie d’un saut de 12 à 35 mètres !

Quel est ton trick (figure, NDLR) de prédilection ?
Le Tsunami flip, en avant et en backflip, en arrière. C’est une des figures que je réalise le mieux.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=aBOPTaa0iVU[/youtube]

Et quelle est la figure de tes pires cauchemars ?
Ah non, je ne la fais pas dans ce cas ! Après, il y a des figures très difficiles : par exemple, la 360 (rotation en arrière). C’est une figure que j’ai réussi à poser sur la terre, mais que j’ai perdu… et depuis, je n’arrive plus la refaire.

Est-ce qu’il t’arrive de créer tes propres figures ?
Ça ne m’est pas arrivé encore, mais j’y travaille. Je n’en dirai pas plus tant que je n’y parviendrai pas.

Où est-ce que tu t’entraînes ? Et à quelle fréquence ?
Surtout en France et en Espagne, sauf événement. En moyenne, c’est quatre jours par semaine et deux à trois heures maximum par jour. Davantage, c’est trop dur mentalement.

Que fais-tu avant une compétition ?
Je refais une dizaine de fois toutes les figures que j’ai à réaliser. Celles que je maîtrise le moins, je les travaille encore plus. Je n’y vais pas à l’arrache du tout, je suis préparé !

Est-ce que ça t’arrive d’avoir peur ?
Oui ça arrive de craindre la chute, parce qu’il y a des figures où on n’est vraiment pas à l’aise, mais il faut qu’on les rentre quand même pour marquer des points. C’est aussi ça qui rend le truc plaisant : atterrir impeccable alors qu’on attendait tout le contraire.

Tu te souviens de ta pire gamelle ?
Oh la la, il y en a beaucoup trop ! Ça fait partie du métier. Il y a même une fois où j’ai pris un mur… Allez voir sur mon Instagram, il y en a plein.

Quel est le modèle de ta moto ? Tu la changes souvent ?
C’est une Kawazaki 450 KXF. Tous les ans, je change de moto : dans l’année, elle encaisse plus de cent heures de pratique, mais on l’use finalement moins en FMX qu’en motocross. C’est surtout une question de sécurité.

La recette pour être un bon rider ?
Faut être un bosseur, s’entraîner. Surtout que le niveau monte de jour en jour.

D’ailleurs, tu seras présent au show du Nitro circus à Tours…
Je serai là sur toute la tournée en juillet. C’est un événement familial, où il y aura moins de pression que sur une compét’. On dort dans un bus donc on se connaît tous !

Y a-t-il un championnat du monde à venir ?
Oui, le 15 septembre à Jerez en Espagne. Et j’espère bien l’emporter !

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