Chroniques culture #62

Le premier album d’A Void, le nouvel EP de Charly DKN ou encore l’immanquable Netflix à rattraper et la dose de BD et DVD, c’est à retrouver ici.

PAUSE_ECRANS_DVDLE DVD
LES INDESTRUCTIBLES 2
Il n’y avait que Brad Bird pour réussir à offrir une suite digne de ce nom à ce classique de l’animation. Toujours aux manettes, donc, le réalisateur signe avec Les Indestructibles 2 un spectacle familial réussi, un grand-huit riche en émotions et en rires. Visuellement, c’est toujours un bijou (quelle technicité dans les plans et le découpage !) et dans le fond, c’est toujours aussi inventif. On (re)découvre donc ce film survitaminé en version Blu-ray : déjà, pour les suppléments enrichis d’une leçon d’animation avec le cinéaste et de deux courts-métrages bonus. Ensuite pour retrouver avec plaisir bébé Jack-Jack, personnage immanquable et simplement hilarant des Indestructibles 2.
A.G.

LE CD PAUSE_ECRANS_CD
A VOID – AWKWARD AND DEVASTATED
Il y a de cela deux ans, le jeune groupe A Void nous avait tapé dans l’oeil lors de la sortie de leur EP Roses as insides. Le combo parisien — également connu pour avoir enflammé les planches anglaises — dévoile ici son premier album, Awkward and devastated. Suintant toujours l’esprit grunge, A Void a toutefois affiné son propos. Insufflant un feeling garage plus présent, un sentiment d’urgence tout en étant capable de ralentir le rythme et se faire plus mélodique (« A Rose »), le groupe offre une cohérence aux douze titres qui structurent ce disque bien écrit et rappelant parfois un Sonic Youth à voix féminine.
La voix, justement, de Camille Alexander est toujours capable d’envolées éraillées (« Éclatée » ou « Hurricane »). En face, la frappe de Marie Niemiec à la batterie épouse parfaitement la basse d’Aaron Hartmann et se répondent pour dérouler une section rythmique travaillée et bien mise en avant dans le mix. Jeune, sincère et à l’énergie contagieuse sur scène, A Void a clairement du potentiel.
A.G.

PAUSE_ECRANS_EPLE EP
CHARLY DKN – SENSES
Son premier album Symbiose était un véritable voyage. Ce nouvel EP, Senses, est en revanche est une vraie plongée. Une plongée dans le corps humain, Charly DKN explorant ici la thématique des sens du corps humain. Évidemment, le Tourangeau oeuvre toujours dans sa musique électronique qu’il chérit tant, la techno. Et sur Senses, Charly DKN réussit à proposer un ensemble qui fonctionne suivant les pulsations des émotions (c’est d’autant plus audible avec une écoute au casque sur un titre comme « Fragrance » par exemple).
Plus envoûtant que ses œuvres précédentes (« Nectar » fait même le pari d’incorporer des voix) et toujours pertinent dans son propos, Charly DKN réussit de nouveau son coup avec Senses. L’an dernier, l’artiste nous confiait vouloir « hypnotiser le public » : la mission est réussie.
A.G.

LES BD PAUSE_ECRANS_BD
MYSTÈRES & BULLES (DE GOMME)
Dire que l’on adoré la nouvelle série Renaissance (Dargaud) d’Emem au dessin et de Fred Duval au scénario, serait un euphémisme. Avec ce Tome 1 « Les Déracinés », ils se lancent le défi d’une nouvelle série de SF qui devrait en séduire plus d’un, grâce à sa richesse et son inventivité. Jung, lui, nous plonge avec « Babybox » (Noctambule/soleil) dans un conte sur une quête identitaire dans une Corée du sud aux contours oniriques et au graphisme époustouflant.
Magie et merveilleux, ce aussi sont les caractéristiques de « La Boîte à musique » (Dupuis), la très belle série de Carbonne et de Gué qui proposent déjà le volume 2 de cette histoire mêlant fantastique et poésie avec maestria. On finira par le tome 13 et dernier de la série « XIII MYSTERY » où Jean Van Hamme crée l’événement en reprenant le scénario avec la complicité de Olivier Grenson au dessin autour du personnage culte Judith Warner. Le résultat est un petit chef d’oeuvre et on se dit que le mystère de la série devrait encore perdurer encore longtemps !
Hervé Bourit

A (RE)DÉCOUVRIR SUR NETFLIX
THE HAUNTING OF HILL HOUSE
De mémoire de sériephile, on n’avait pas connu pareil plaisir depuis bien longtemps… Production originale Netflix, The Haunting of Hill House est une libre adaptation du roman La Maison hantée (Shirley Jackson) dont avait d’ailleurs découlé le film La Maison du diable (Robert Wise, 1963). Ici, dans cette histoire d’une famille endeuillée et traumatisée par leur ancienne demeure hantée, le réalisateur Mike Flanagan construit son récit à coup de flashback et les met en parallèle avec le quotidien qu’endurent aujourd’hui les protagonistes.
Totale réussite de A à Z, The Haunting of Hill House maquille son fonds horrifique et d’épouvante derrière un drame psychologique et familial. Tour à tour flippant, angoissant, émouvant, mélancolique, ce petit bijou rafraîchit le genre codifié de la maison hantée. Les thèmes de la mort et des traumas sont traités à la perfection et prouvent que les fantômes ne sont pas forcément ceux que l’on cache sous un lit. Stephen King s’est dit grand fan de la série. Il n’y a pas mieux comme gage de qualité.
A.G.

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Charly DKN : la techno du Tourangeau

L’an dernier, il a retourné la scène des Îlots électroniques. Aujourd’hui, il revient avec un nouvel album sous le bras : rencontre avec Charly DKN, le Tourangeau pro de la techno.

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Charly DKN sort tout juste d’un enregistrement live à TV Tours. Chemise foncée, petite barbe, cheveux noirs comme le jais. Il a le sourire. Dans quelques jours, son nouvel album, Symbiose, sortira après trois ans de gestation. Le musicien tourangeau de 26 ans prend un plaisir monstrueux à parler musique, création, vidéo et surtout, techno. C’est son dada, son style de prédilection. Mais attention, « la techno, ce n’est pas qu’un “boum boum’’. Ça va plus loin que ça, on est dans quelque chose d’évolutif », prévient Charly DKN. « Ce sont les machines qui parlent. »

Lui qui a commencé à 15 ans s’est rapidement spécia-lisé dans la musique électronique. Il n’accepte pas vraiment le terme de musicien. « Mais je compose », préfère dire celui qui est aussi producteur et directeur artistique du label Arpège Records. Et surtout, il « s’éclate sur scène ». L’interaction avec le public, la folie. Son show, l’an dernier, aux Îlots électroniques à Tours, en est la preuve.
« La scène, ça booste comme jamais. Il y a du stress, certes, mais surtout de l’adrénaline. Et je vois les gens danser, c’est génial. » En concert, il adore regarder, observer. Se base sur quelques visages. « Je fixe trois, quatre personnes dans le public pour voir leurs émotions. » La tornade musicale fait le reste. Il suffit de se souvenir de sa prestation lors de la Marche des fiertés à Tours : tous les chars s’étaient arrêtés. En pleine place Jean-Jaurès, il a fait vibrer 5 000 personnes. « Un orgasme musical », sourit-il. Image1

Dans ses compositions, Charly DKN dit s’inspirer « des sonorités de la vie ». En fait, il fait sa propre bande-son. « Par exemple, j’étais au ski… Il y avait un robinet qui faisait un bruit bizarre. Je l’ai enregistré et je le réutiliserai dans ma musique. Idem, à Amsterdam, j’avais pris le son d’une sonnette de vélo. Ensuite, je retravaille tout ça. »
Perfectionniste avoué, Charly DKN indique qu’il n’y a pas de barrières créatives dans sa musique. Son disque Symbiose ne s’interdit rien et se veut être un véritable voyage, un concept. Il suffit de voir ses vidéos YouTube pour s’en convaincre. « Je me suis mis à écrire des réflexions que je voulais soulever au sein de l’album, raconte- t-il. Dès que j’ai composé, ça m’a inspiré des sonorités. »

Désormais, Charly DKN n’a qu’une seule envie : exprimer son univers sur scène. « Je souhaite faire une sorte de cours de philosophie musicale, je veux hypnotiser le public. » Ses prochains concerts pourraient d’ailleurs introduire du visuel pour une pleine expérience. Et prouver une fois encore que, non, la techno ne se résume pas qu’à un simple “boum boum”.

NEWS_DKN_ALBUM> Album Symbiose, le 24 mars.
Infos sur charlydkn.com et facebook.com/CHARLYDKN
> En concert au Red Club de Tours, le 14 avril.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=KlluwF9QqWQ[/youtube]