Chroniques culture #26

CD, DVD, BD ou encore jeu vidéo… Chaque semaine, tmv vous propose ses chroniques culture.

LE DVD
LES BRASIERS DE LA COLÈRE
Drame sombre, à l’image de la ville qu’il filme, le dernier film de Scott Cooper retrace le quotidien de deux frères (un sorti de prison, l’autre revenu d’Irak) dans une Amérique rurale minée par le chômage. Un peu trop classique, Les Brasiers de la colère est tout de même tiré par le haut par ses excellents acteurs (Bale et Harrelson, magnétiques). Côté bonus, ce Blu-ray n’offre pas grand-chose, mis à part l’interview du réalisateur et les techniques de scènes de combat.
Sortie le 15 mai
CHRONIQUE_CDLE CD
LUMINOUS – THE HORRORS
Changement brutal de direction. The Horrors ressemble à un groupe d’enfants affamés dans un magasin de bonbons : ils veulent tout goûter. Du bruitisme primaire, au shoegaze, le groupe british fait un nouveau virage 180°. Luminous, c’est l’album new wave par excellence, à base de synthés analogiques, d’envolées de voix spectrales et de batteries interstellaires. Leur nouvel album est un trésor rempli de mélodies planantes, entêtantes. Une petite merveille.
LA BD
CET ÉTÉ LÀ
Due à deux jeunes canadiennes d’origine japonaise, les soeurs Tamaki, Cet été là, est une superbe chronique de ce passage délicat entre l’enfance et l’adolescence. Au bord d’une plage, Rose et sa copine Wendy échangent sur leurs rêves, leur famille, les garçons et les rares petits incidents du village. En petites touches subtiles soulignées par un graphisme superbe, l’histoire nous envahit peu à peu et nous emporte littéralement. Hervé Bourit
LE JEU VIDÉO
KIRBY TRIPLE DELUXE
Cinq nouveaux pouvoirs, plus de 250 objets à récupérer, des combats multijoueurs acharnés : la boule de guimauve revient plus en forme que jamais dans Kirby Triple Deluxe. Dopé à l’action, ce jeu de plateformes coloré est redoutable d’efficacité. Incroyablement addictif, il scotchera à leur console portable débutants et joueurs expérimentés. Pas de doute, le printemps sera rose bonbon sur la planète jeu vidéo !
L. Soon
Nintendo, + 7 ans, 2DS, 3DS, 40 €.

Les Brasiers de la colère : radical

Un drame teinté de thriller sombre et violent. Son casting de luxe fait oublier un script peu ambitieux.

CINE2
Woody Harrelson et Christian Bale (Photo DR)

Sinistre, froid et sombre, le dernier film de Scott Cooper l’est assurément. D’une projection des Brasiers de la colère (Out of furnace en version originale, de nouveau mal traduit), on sort avec un nœud dans la gorge.
Le scénario est simple, pessimiste et construit une atmosphère où la misère et la colère ont tout rongé : le film est un zoom sur deux frères, où l’un, vulnérable, sort tout juste de prison (Russell), tandis que l’autre (Rodney) – ancien soldat en Irak revenu au pays – tente de s’en sortir avec des combats de boxe ultra-violents. Quand ce dernier se retrouve endetté jusqu’au cou, il va suivre un caïd local et disparaître. Russell va tout faire pour le retrouver, par amour pour son frère. Prêt à tout.

Certes, Les Brasiers de la colère ne pourra pas se vanter de posséder le script le plus original de tous les temps. On aligne quelques banalités, on tire de grosses ficelles…
Peu ambitieux, prévisible et jouant sur l’aspect déjà-vu vengeance/liens fraternels, le film a la bonne idée de dessiner en filigrane les traumatismes de la guerre (la scène où Casey Affleck raconte ce qu’il a vu sur le terrain est explosive) et met en lumière la crise qui a frappé la zone de la « Rust Belt », cette « ceinture de la rouille » nord-américaine, où les tristes usines s’alignent au milieu des friches industrielles.
Pour cela, Cooper a d’ailleurs choisi de tourner à Braddock, ville grise et morose de Pennsylvanie, qui renforce la photographie froide et couleur rouille.

Cela dit, même si le film réserve peu de surprises, la direction d’acteurs sauve tout. Un casting en or avec un Woody Harrelson tout bonnement grandiose en sociopathe toxico de l’Amérique profonde ; Casey Affleck étonnant en bombe à retardement ou encore Christian Bale magnétique et poignant.
Très ou trop masculin (il n’y a qu’une seule femme dans le film), parfois taxé de misogyne par certaines critiques, ce casting réussit cependant à accentuer cette plongée au cœur d’une Amérique rurale, paumée.

Au milieu des scènes choc, le spectateur sera peut-être perdu par la mise en scène difficile et lente, où le choix d’utiliser ellipses et flashbacks, et de juxtaposer certaines séquences peut déstabiliser. Mais là encore, la force des acteurs rattrape le tout. Dans toute l’inégalité de ce drame austère jusqu’au boutiste, la séquence finale – forte, quoiqu’un peu grossière – fait office de décharge émotionnelle brillante. Un film qui, malgré les clichés inhérents au genre, reste tout de même radical.
NOTE : **

Aurélien Germain
Drame/Thriller, de Scott Cooper. Américain. Durée : 1 h 56. Avec Christian Bale, Casey Affleck, Woody Harrelson, Willem Dafoe…
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LES FILMS DÉJÀ EN SALLE
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LA VIE RÊVÉE DE WALTER MITTY ***
Mitty, un homme banal au possible, ne s’échappe du quotidien qu’avec des rêves extravagants. Face à son futur licenciement, il est contraint de s’embarquer dans un périple complètement fou. Ben Stiller, surprenant, signe un film à contrepied de ses habituelles comédies. Poignant, émouvant, drôle et mélancolique, Walter Mitty est une ode au voyage et à la rêverie. Un gros coup de pied aux fesses du Hollywood paresseux des dernières années. Tout simplement beau ! A. G.
JAMAIS LE PREMIER SOIR **
Julie, la trentaine (jouée par Alexandra Lamy), enchaîne les déceptions sentimentales. Elle se réfugie dans les livres de développement personnel sous le regard moqueur de ses deux copines, Rose (Julie Ferrier) et Louise (Mélanie Doutey). Mélissa Drigeard aborde ici des thèmes vus et revus : la rupture, la trentaine, les copines… sans sortir des sentiers battus mais en faisant souvent rire. Mention spéciale à Mélanie Doutey, jolie, drôle et charismatique. C. P.
LES SORCIÈRES DE ZUGARRAMURDI **
Deux braqueurs accompagnés du jeune fils de l’un d’eux doivent s’enfuir de Madrid pour échapper à la justice. Sauf que, pour passer la frontière française, ils traversent Zagarramurdi, un village réputé hanté par des sorcières… Alex de la Iglesia se fait plaisir, après le très drôle Crime Farpait et le propret Crime à Oxford, il signe une comédie dans la pure tradition des séries B, à base de gore, de féminisme castrateur et d’effets spéciaux pourris. Jouissif. B. R.
 
NOTATION :
 **** CULTEissime 
*** TOPissime
** PASMALissime 
* BOFissime
X NULissime