Théâtre Olympia : le retour de Marivaux

Avec L’Île des Esclaves, Jacques Vincey, directeur du Théâtre Olympia, met de nouveau en scène un texte de Marivaux.

(Photo crédit Marie Pétry)

D’un côté, le désir et l’infidélité dans La Dispute ; de l’autre, l’asservissement et la domination dans L’Île des esclaves. Deux textes de Marivaux (1688-1763) que Jacques Vincey a décidé de mettre en scène à trois années d’intervalle.

« Ces deux textes courts, en un acte, sont des prétextes à traiter une question philosophique par le biais de la fiction, déroule le metteur en scène. À chaque fois, Marivaux installe les personnages dans une utopie : avec La Dispute, dans un lieu hors du monde où les gens ont grandi sans contact les uns avec les autres et qui pose la question de l’inné et de l’acquis ; avec L’Île des esclaves, dans un endroit où les esclaves ont pris le pouvoir et où l’on assiste à un inversement des rôles. »

Lancement de saison

Dans cette dernière création qui lance la saison 2019-2020 du Théâtre Olympia (mais qui a tourné en version foraine dans des établissements de février à juin), quatre naufragés, deux maîtres et deux esclaves débarquent sur une île étrange où les dominants deviennent serviteurs et où les asservis se transforment en patrons.
Sauf que le personnage d’Arlequin, devenu maître, refuse in fine la reproduction de ce système millénaire.

« Cette attitude interroge le fonctionnement de notre monde et amorce un nouveau récit, ouvrant la voie à d’autres possibles, à de nouveaux rapports entre les uns et les autres », analyse Jacques Vincey. Un texte porté par les cinq comédiens du Jeune Théâtre en Région Centre-Val de Loire (JTRC), qui, dans un épilogue ou un prologue de la pièce, vont s’exprimer à la première personne sur ces rapports de domination…


> L’Île aux esclaves, à partir du 25 septembre au Théâtre Olympia. 

Texte : Flore Mabilleau

La Réunification des deux Corées : coproduction internationale au CDNT

Avec une troupe d’acteurs singapouriens, Jacques Vincey reprend La réunification des deux Corées, un des succès de Joël Pommerat. Une coproduction internationale pour le CDNT, à voir dès le 19 novembre

(Photo Crispi Photography)
(Photo Crispi Photography)

La Réunification des deux Corées »… Le titre pourrait en tromper plus d’un. « Mais ça n’a rien à voir avec quelconque actualité politique », prévient d’emblée le metteur en scène Jacques Vincey.

Pas de géopolitique, donc. Mais d’amour. Ou plutôt « d’amour sous toutes ses déclinaisons avec également et notamment ses questions de solitude, de séparation ». Le besoin de l’autre et la réunification sont l’axe principal de cette pièce qui arrivera sur les planches du Théâtre Olympia du 19 au 24 novembre.
« C’est la métaphore de cette difficulté ontologique à se réunir dans l’amour », explicite Jacques Vincey au téléphone. Il vient tout juste de débarquer en France. L’homme revient de Singapour, où il a créé cette pièce.

« Tout est parti d’une sollicitation de l’Institut français de Singapour. J’ai répondu à la proposition d’Ong Keng Sen, de la compagnie Theatre- Works, de mettre en scène La Réunification des deux Corées, une pièce de Joël Pommerat, un auteur qu’il fallait leur faire découvrir. » C’est donc la première fois que le CDNT est coproducteur d’un spectacle créé à l’international. « Une étape importante, notamment pour notre rayonnement », rappelle Jacques Vincey. Et l’occasion de proposer un véritable spectacle, une pièce au texte fort.

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(Photo Crispi Photography)

Intemporelle et universelle, en regard des thèmes abordés. La Réunification des deux Corées se compose de vingt courtes saynètes, « une succession de petites histoires » qui explorent les territoires de l’Amour avec un grand A et des relations.
« Quels sont ces liens qui nous poussent à aimer, haïr, aider, trahir, protéger, fuir, lutter, tromper ou mentir ? », questionne le synopsis de la pièce.

Jouée en anglais

La Réunification des deux Corées sera jouée en anglais et surtitrée en français. Mais Jacques Vincey tient à rassurer : « La langue anglaise n’est pas une question ni un problème. Déjà parce que les gens la parlent de plus en plus et ensuite car le texte de Pommerat est simple. »

Il n’empêche : cela a dû être compliqué pour le metteur en scène de travailler avec une troupe singapourienne. Ne serait-ce que pour communiquer… « Oui, ça n’a pas été simple !, acquiesce Jacques Vincey dans un petit rire. Mais j’aime faire des choses que je ne connais pas. La barrière linguistique et culturelle est une difficulté. Mais la difficulté est un enjeu. Il fallait s’appuyer sur nos différences. »
Ces neuf comédiens du TheatreWorks de Singapour sont Malais, Indiens ou encore Chinois : une mosaïque de culture(s) infusée dans une pièce française. Et, là encore, à l’instar du thème de la pièce, des femmes et des hommes… réunis.

> La Réunification des deux Corées, de Joël Pommerat, mis en scène par Jacques Vincey. Du 19 au 24 novembre au Théâtre Olympia à Tours. De 9 à 26 €. Horaires et résas : cdntours.fr
> Puis du 28/11 au 1/12 à la MC93 de Bobigny. Tournée française prévue d’octobre 2019 à février 2020.

Tours : les 10 qui vont faire l’actu culturelle en 2016

Musique, monde du spectacle, du web ou encore cinéma… Cette année, ça va bouger côté culture, au sens large du terme. La rédaction a choisi de mettre en valeur dix Tourangeaux qui, chacun à leur niveau, font bouger Tours dans ce domaine. Ils ne sont, bien sûr, pas les seuls, mais notre petit doigt nous dit que 2016 ne se fera pas sans eux !

1. LVOE
Ne cherchez pas d’erreur, ça s’écrit vraiment comme ça. Le truc à LVOE, c’est le « psychbeatrock », comme ils l’écrivent sur leur page Facebook. Et LVOE, c’est un peu LE groupe à surveiller cette année. Naviguant entre Tours, Paris et la Lune (c’est eux qui le disent, chut !), ces zikos balancent un groove sexy et surtout des tubes en puissance.
Leur premier EP, Misspelling of love, sorti l’été dernier, vous envoie valser du côté des British des 90’s. Et ça fait un bien fou. Tant qu’à faire, réservez votre 11 février : LVOE sera en concert avec Odezenne au Temps Machine. #Bisou.
> facebook.com/LVOEMUSIC ou soundcloud.com/lvoelvoe

2. OLIVIER PAIN
Olivier Pain passe de la photo portrait à celle de mariage, en passant par le reportage humanitaire avec une facilité déconcertante. Surtout, ses clichés sont sincères et humains. La preuve avec sa série sur le camp de réfugiés de Calais, pour le compte de GSF (Gynécologie sans frontières). Un reportage que le Tourangeau continuera fin janvier et en février. Ce qui devrait permettre d’organiser des expos et lever des fonds pour permettre à GSF de continuer à travailler là-bas. Humain, qu’on vous disait.
> olivier-photographie.com

(photo olivier-photographie.com)

3. GARY CONSTANT
Il est comme ça, Gary : capable de dézinguer le dernier Tarantino (pas taper !), comme de se farcir un film de sushis cannibales et de flasher sur une comédie d’espionnage 100% deutsch et délirante. Il revient cette année pour les 10 ans de son bébé, l’excellent festival de ciné qu’il a créé et qu’il préside : Mauvais Genre. Du 24 à 28 mars, il va donc dynamiter le cinéma gnan-gnan et amener une dose de fraîcheur à Tours. Comédie, drame, science-fiction, thriller, bis, avant-premières, Nuit interdite, concerts, expos (les grands maîtres de la BD franco- belge à l’honneur !)… De quoi voir la culture diffƒéremment (et se marrer un bon coup).
> festivalmauvaisgenre.com et sur Facebook

4. CHACHADELILLA
Son vrai nom est Charlotte de Lilla. Chachadelilla pour les intimes (graou). Plus de 3 500 abonnés au compteur pour sa chaîne YouTube, où elle réalise des doublures voix truculentes de jeux vidéos, films et dessins animés. Et en plus, mademoiselle chante à merveille !
Cette Tourangelle de 25 ans à la voix magnifique enquille les succès (227 000 vues pour son doublage de la chanson de la Reine des neiges) et parsème le tout de bonne humeur. Ses talents de graphiste (elle est multi-fonctions) l’ont aussi emmenée sur Mythomen (mytho.mn) : un projet fou de long-métrage d’animation, avec des super-héros, réalisé par Sébastien Périer et 100 % made in France. Bref, si Hollywood repère notre Chacha un jour pour doubler Le Roi Lion 12, tmv a choisi d’être son agent. Si, si.
> chachadelilla.com et @ChachaDeLilla sur Twitter

5. JACQUES VINCEY
Impossible de passer à côté de cette figure de la culture. Le directeur du théâtre Olympia cherche, avec toute son équipe, à s’ouvrir, rendre curieux ceux et celles qui n’iraient pas forcément poser leurs petites fesses au théâtre. En plus de ça, il se pourrait fortement que le CDRT obtienne, à la rentrée 2016-2017, le label centre dramatique national. Une vraie reconnaissance. Et une fierté pour Tours.
> cdrtours.fr

(photo tmv)

6. PEPIANG TOUFDY
Infatigable, ce Pepiang. Directeur artistique de l’asso Prod’Cité, il court partout, toujours occupé et fait bouger le monde de la culture tourangelle depuis des années. 2016 sera encore très riche pour lui : une nouvelle édition du festival des cultures urbaines Imag’IN, WantedTV l’émission sur TVTours et surtout la sortie de son Daymane Tours (dont on vous avait parlé dans le N°183), court-métrage tourné en ville. « Et aussi un autre film en cours d’écriture ! », précise mister Toufdy. Rien n’arrête Pepiang on vous dit…
> prod-cite.fr

(photo tmv)

7. LIVE UNLIMITED
« On voulait faire quelque chose pour les gens qui souhaitent bouger, s’ouvrir sur les territoires et assister à plein de concerts. Diversité de salles, mais aussi de style musical ! », résume Alban Gautron, de Live Unlimited. Avec Diego Movilla et Grégoire Rist, il a trouvé THE concept : le pass concerts illimités dans la région Centre.
La start-up tourangelle propose de payer un abonnement sans engagement de 25 € par mois pour se faire un tas de concerts, tranquilou, dans diffƒérentes salles partenaires (Le Temps Machine, Le Chato’Do, Espace Malraux, Le Petit Faucheux, L’Astrolabe…). Bref, 800 spectacles sur un an au programme.
D’ailleurs, il se pourrait que tmv vous fasse gagner certains de ces sésames d’ici peu. Genre ICI !
> Live-Unlimited sur Facebook

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8. MARIE-CLAUDE CARAËS
Directrice des Beaux-arts de Tours depuis 2014, elle a dû faire face au déménagement de l’ancienne école, rue Nationale, devenue le futur CCCOD (Centre de création contemporaine Olivier-Debré). À elle, donc, de repenser l’école (et les nouveaux locaux, tant qu’à faire) : pour 2016, elle souhaite mettre l’accent sur l’art contemporain et ouvrir des ateliers publics au plus grand nombre. Bref, l’Art pour tous. L’étape finale étant «d’accueillir dans les étages que l’école n’occupe pas, des start-up et des gens créatifs », comme elle l’a indiqué au magazine de l’agglo.

9. CONNECTESPORT
Les Tourangeaux un peu (beaucoup) geeks vont adorer. Connectesport, un site internet, promeut l’e-Sport à travers des revues de presse, mais aussi des tests et des dossiers sur le jeu-vidéo (avec, en bonus, une web TV toujours à fond dans le gaming et qui recherche d’ailleurs des joueurs intéressés). « La motivation de Connectesport est de devenir un point de référence journalistique dans le domaine du sport électronique de la région », souligne la tête pensante Steven Kukulski. Avec son associé Benjamin Lattron (de publicitemoi), ils souhaitent « acquérir un studio pour nos animateurs de stream ».
> connectesport.com

10. DOROTHY SHOES
L’inclassable artiste tourangelle, qui a fait des études d’art-thérapie, continue de surprendre. En 2015, les grilles de la préfecture avaient été décorées de ses photos, fruit de sa rencontre avec une dizaine de personnes en situation de handicap vivant en Touraine. Celle qui a intégré le studio Hans Lucas expérimente beaucoup.
Jusqu’au 31 mars, sa sublime expo ColèresS Planquées (anagramme de sclérose en plaques, dont Dorothy est atteinte) sera placardée à l’hôpital Salpêtrière de Paris. « J’ai demandé à des femmes de mon entourage de bien vouloir interpréter mes représentations personnelles de cette pathologie lourde, ainsi que chacune de mes peurs liées à ses facteurs dégénérescents », indique la Tourangelle.
> facebook.com/DorothyShoes

> > Et encore, on aurait pu citer : Poncho Prod’, K.Mie Illustratrice, Eric Maravélias et son festival Anonym’us, les All Geek Studio et tant d’autres…

Théâtre. On a vu : Yvonne, princesse de Bourgogne

Jacques Vincey, le nouveau directeur du CDRT, signe une pièce exigeante qui magnifie le texte de Gombrowicz.

Yvonne, princesse de Bourgogne (photo Pierre Grosbois)
Yvonne, princesse de Bourgogne (photo Pierre Grosbois)

Ambiance tropicale. Le roi court sur un tapis, le prince s’exerce au ping-pong. La reine répète quelques pas de tango avec le chambellan. Royaume des apparences, les polos et les leggings sont de rigueur. Ambiance nouveau riche californien. Une douce musique d’ascenseur berce la petite bande de sportifs royaux. Le public sert de cour, la famille souveraine la salue. Rires enregistrés de circonstances, courbettes, main en l’air. Le Prince Philippe, laissé seul avec son acolyte Cyrille, cherche une distraction. Ambiance moqueuse. Son ami lui propose quelques courtisanes.

Soudain, Yvonne. La jeune femme lui tape dans l’oeil. Dégoûtante, dégoulinante, elle le rebute mais l’attire : pourquoi doit-on forcément sortir avec de jolies femmes quand on est prince ? Yvonne est muette. Philippe plonge dans le désarroi et décide de l’épouser. Ambiance catastrophe. Le palais est sens dessus-dessous. La future mariée, amorphe, devient l’objet central des moqueries et des critiques.

Dans les mains de Jacques Vincey, le texte de Witold Gombrowicz résonne plus que jamais avec le présent. Universelle, Yvonne Princesse de Bourgogne a ce pouvoir de traverser les âges et les époques. Elle devient alors satire de nos vies modernes où les apparences normales sont tout d’un coup bousculées par un élément absurde. La scénographie, magistrale, souligne sans insister cette façon de raccrocher au réel. Yvonne se transforme en miroir des défauts de l’âme des autres. La normalité disparaît pour laisser place au monstrueux, thème cher à Jacques Vincey. Le metteur en scène déjoue les pièges, évite les sous-entendus lourdauds, affine le texte. Il se méfie de la grandiloquence évidente pour mieux tendre un fil avec ses acteurs et se concentre sur la déconstruction de cette famille. Pour amener au chaos final, la musique trouve une place centrale et nourrit avec force la nervosité qui gagne peu à peu le plateau.
Quant aux acteurs, tous justes, sans exception (c’est assez rare pour le souligner), ils jouent cette montée en puissance de la folie, sans tomber, eux aussi, dans la surenchère. Comme si d’un seul coup, le spectateur ne s’était pas aperçu du dérèglement progressif. Comme s’il était happé sans le vouloir dans ce tourbillon de l’anormalité.

>>EN BREF
AU THÉÂTRE OLYMPIA
Oui, parce que c’est officiel, on dit le théâtre Olympia maintenant. Yvonne, Princesse de bourgogne se joue jusqu’au samedi 11 octobre (il n’y a pas de représentation le dimanche 5 octobre). Tarifs (hors abonnement) de 15 à 22 €. Pour les horaires et pour réserver : cdrtours.fr ou au 02 47 64 50 50.

FICHE TECHNIQUE
Durée : 2 h 15. Une mise en scène de Jacques Vincey. Dramaturgie de Vanasay Khamphommala.
Avec Marie Rémond (Yvonne), Hélène Alexandridis (La Reine Marguerite), Alain Fromager (Le Roi Ignace), Thomas Gonzalez (Le Prince Philippe), Jacques Verzier (Le Chambellan), Miglé Bereikaité (dame 1), Clément Bertonneau (Cyrille), Nelly Pulicani (Isabelle), Delphine Meilland (dame 2), Blaise Pettebone (innocent).

Jacques Vincey, Acte I, scène 1

C’est le nouveau directeur du théâtre régional de Tours, le Nouvel Olympia. Portrait.

Ce metteur en scène de 53 ans a remplacé Gilles Bouillon à la tête du Nouvel Olympia le 1er janvier.
Ce metteur en scène de 53 ans a remplacé Gilles Bouillon à la tête du Nouvel Olympia le 1er janvier.

Il scrute, jauge derrière ses lunettes. Jacques Vincey fait une pause avant de répondre à chaque question. Ses mots sortent, lentement, ses longs doigts dressent dans l’air des lignes invisibles. À Tours depuis une semaine, il vient tout juste d’investir son bureau de directeur du Nouvel Olympia. Il reçoit dans la cafétéria du théâtre, en public. Jacques Vincey fait attention. « Je ne viens pas comme Zorro. » Il préfère se voir dans un rôle fédérateur que comme le pourfendeur de la politique du théâtre déjà mise en place.
Nommé le 1er janvier à la succession de Gilles Bouillon, le metteur en scène ne jubile pas. Il vient juste d’arriver, est en train de prendre la mesure de ce rôle qu’il a pensé depuis plusieurs années. Ce n’était pas la première fois qu’il postulait à la direction d’un théâtre. Il imagine le Centre dramatique régional de Tours comme un camp de base, comme il en existe en montagne. Un cœur qui bat et qui irrigue les différents vaisseaux, le reste de la région. Ses mains ondulent : « J’aimerais que le CDRT rayonne dans d’autres lieux, que des créations soient jouées en dehors de ce théâtre. »
Construire, toujours plus haut, « je veux encore élargir le public du théâtre, toucher celui qui n’ose pas franchir la porte d’un théâtre sans pour autant me couper de l’existant. » Pas de révolution théâtrale mais un enrichissement de l’existant, de l’exigence, de la précision, de l’ouverture. Jacques Vincey est souvent présenté comme un metteur en scène attaché au texte et au jeu. Ses mains s’agitent, il n’aime pas trop être enfermé dans cette case. Le metteur en scène a toujours peur du bavardage dans ses pièces. « Quand je crée, j’aiguise les questions que soulève le texte. J’aime aussi la surprise, l’inattendu. C’est ça, le théâtre, l’excitation que l’on ressent en voyant se dérouler une pièce, différente à chaque représentation. »
Le milieu du théâtre le scrute en ce moment, attend sa future création, sa programmation, son style, ses envies. Il ne souhaite pas tout livrer, pas maintenant. « La peur ? Elle paralyse. Avec mon expérience d’acteur et de metteur en scène, j’ai appris que pour lutter contre elle, il faut agir. »
 

+ Parcours
Parisien d’origine, il a passé son adolescence à Annecy. Le théâtre ? « J’ai le souvenir d’un prof de français qui m’a d’abord fait aimer la poésie et la littérature. » Après des études au conservatoire de Grenoble, il se lance dans une carrière d’acteur à Paris. Sobel, Cantarela, Pelly, Chéreau, il joue pour les plus grands.

 + Mise en scène
En 1995, il décide de créer sa compagnie Les Sirènes. « Devenir metteur en scène, pour moi, c’était faire le même métier mais en changeant d’angle de vue. » En 18 ans, il a monté du classique (La Vie est un rêve, de Caldéron), du tragique (Les Bonnes, de Jean Genet) ou encore des pièces pour les plus jeunes (L’Ombre, d’après le conte d’Andersen). Il a déjà l’idée du texte pour sa première création au Nouvel Olympia, la saison prochaine : Yvonne, princesse de Bourgogne de Witold Gombrowicz

 + Quoi de neuf ?
On attend toujours qu’un nouveau directeur apporte de nouvelles idées. S’il garde la troupe de jeunes comédiens mise en place par Gilles Bouillon, Jacques Vincey va accueillir deux artistes associés sur quatre ans : Alexis Armengol et Caroline Guila Nguyen.