TOP 4 : les documentaires rock

Depuis mercredi, Netflix diffuse Rolling Thunder Revue, documentaire signé Scorsese qui retrace la célèbre
tournée de Bob Dylan. L’occasion de se replonger dans quatre autres docus musicaux et rock à (re)voir.

LEMMY

Un rockumentaire à la gloire du chanteur/bassiste de Motörhead passionnant qui sent le whisky et la clope. Une bio qui montre à quel point Lemmy, outre la légende, était un doigt d’honneur à lui tout seul. Rock’n’roll.

GIMME SHELTER

Gimme Shelter retrace la tournée américaine des Rolling Stones en 1969. Et fait la lumière sur le tragique concert d’Altamont, « sécurisé » par les Hells Angels qui finiront par poignarder un spectateur. La fin de l’ère hippie.

SPINAL TAP

On triche un peu, car Spinal Tap est un documentaire parodique. Mais son incidence sur le monde du rock est telle qu’il est impossible de louper cette comédie fantasque de Rob Reiner sur un groupe de heavy metal. Culte !

SOME KIND OF MONSTER

Un docu aussi froid que les relations de ses protagonistes… Ici, la caméra suit Metallica, alors en gestation de St Anger et en pleine crise existentielle. Noyé sous les problèmes internes et sauvé par un psy. Touchant.

Leaving Neverland : que penser du documentaire sur Michael Jackson ?

Le docu choc et pas chic Leaving Neverland a fait un carton aux Etats-Unis. Cette semaine, il est diffusé sur M6. Nous l’avons vu : voici notre verdict.

PAUSE_CINE

« Il m’a aidé avec ma carrière, il a aidé ma créativité à se développer. Mais il a aussi abusé de moi sexuellement. J’avais 7 ans. »

Cela fait à peine 1 min 48 que Leaving Neverland a commencé que la phrase, tranchante comme une guillotine, tombe. Le docu-choc sur Michael Jackson, controversé et dézingué par les fans, a fait causer. Le film, qui a fait un carton à la télé américaine, donne la parole à Wade Robson (36 ans) et James Samechuck (40 ans).
Face caméra, ils décrivent la relation qui les a liés à Michael Jackson lorsqu’ils étaient enfants et l’accusent d’agressions sexuelles et de viols.

Greffées à d’intéressants témoignages, des images d’archives aèrent un ensemble indigeste de base (4 h au compteur, séparées en deux parties). Provenant des familles de Robson et Samechuck, ces vidéos privées et photos donnent à voir l’envers du décor.

Dans un déluge d’infos, parfois sordides (sexe anal et compagnie), Michael Jackson y apparaît alors comme un dieu manipulateur, calculateur, l’anti-thèse du bienveillant Peter Pan. Les témoignages sont troublants et mettent en lumière l’affection glauque entre la star et les enfants…
Mais aussi l’aveuglement de leurs mères profitant de la générosité du chanteur, tout le monde vivant à ses frais sans pour autant s’inquiéter de voir des enfants dormir dans son lit.

Mais Leaving Neverland pose problème : Comment est-il possible de ne pas faire intervenir de témoignages contradictoires ? Pourquoi donner la parole uniquement à Safechuck et Robson et à ceux qui les croient ? Pourquoi pas aux avocats ou à la police ? Et quid des experts ou psychiatres ?

En prenant ce parti-pris, Dan Reed prête le flanc aux critiques, montrant Leaving Neverland comme un documentaire à charge, au doux parfum de scandale. Dans tous les cas, il ne laissera personne indifférent.

> Durée : 4 h. Diffusion le 21 mars sur M6, 21 h, en 2 parties.
> NOTE : 2,5/5

Dans les bois : un docu pas comme les autres

Mindaugas Survila présente son documentaire Dans les bois, une immersion dans les forêts lituaniennes ancestrales.

PAUSE_CINE

« Je sais que certaines personnes n’aiment pas les documentaires sur la nature, mais j’espère qu’ils aimeront ce film et même qu’ils tomberont littéralement amoureux de ces forêts lituaniennes. »

Difficile de donner tort au réalisateur, Mindaugas Survila, qui vient d’offrir, avec son « Dans les bois », un petit bijou de beauté et de sensibilité.

Immersion dans les forêts lituaniennes ancestrales, Dans les bois capte, durant soixante-trois minutes, les animaux des bois avec beaucoup de poésie.
Loin des standards habituels (oubliez tout de suite les Disney Nature et consorts), sorte de docu « arty », le film de Survila est au final un objet plutôt atypique. Sans voix off, il se contente d’emporter le spectateur grâce à un travail exceptionnel sur le son, où les bruits des forêts sont amplifiés.

Exit, donc, les discours moralisateurs et images culpabilisantes que l’on a récemment vus dans de nombreux documentaires. Exit, également, les surenchères techniques et technologiques. Ici, Dans les bois joue la carte du contemplatif.

Tout en évitant aussi les longueurs (il dure à peine une heure…), il est le documentaire idéal pour les enfants comme pour les adultes. Il faut d’ailleurs voir la tonne de récompenses obtenues par l’oeuvre à l’étranger, du Prix du meilleur son au Prix du jury du film de nature.

Ajoutez à cela à une bien belle BA derrière le tout (l’argent récolté par la distribution du film servira à acheter des forêts et les sauvegarder), on obtient là un documentaire immanquable. De quoi, une nouvelle fois, nous prouver à quel point la nature est d’une fragile beauté.

> Documentaire, de Mindaugas Survila (Lituanie/Estonie). Durée : 1 h 03.
> NOTE : 4/5

Un nouveau jour sur Terre : docu chic et magnifique

Proposé par le département Histoire naturelle de la BBC, le documentaire Un Nouveau jour sur Terre est à voir de toute urgence. Visuellement splendide, il montre toute la beauté de la planète et des espèces qui la composent.

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Il y a les documentaires au discours alarmiste. Il y a ceux qui, à l’instar de la série DisneyNature, s’adressent à tout public tout en sensibilisant à la protection des espaces naturels (Blue, dernier en date). Et puis il y a ceux qui font le pari de la contemplation.
Un Nouveau jour sur Terre est de ceux-là : il s’agit ici de montrer, durant une heure et demie, à quel point notre planète est aussi sublime que précieuse.

Proposé par le département Histoire naturelle de la BBC, le docu de Peter Webber et Richard Dale sort 10 ans après le déjà magnifique Un Jour sur Terre (2007). Cette « suite » repousse les limites des frontières (on part même pour la Chine) et de la technique.

Visuellement époustouflant, Un Nouveau jour sur Terre est à couper le souffle : images d’une netteté et d’une résolution fabuleuses, prises de vue extraordinaires (certains ralentis sont proprement hallucinants), tout concorde à en faire un objet graphique tellement fortque le spectateur a le sentiment de vivre les situations au plus près.

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Très cinématique dans son approche (par exemple, la séquence nocturne, digne d’un cinéma fantastique/horreur), le docu offre un spectacle grandiose, magnifié par des ralentis bluffants et nourri par un travail sonore remarquable tant dans les orchestrations que dans les bruitages.

Sans digressions, ni misérabilisme, aucunement moralisateur, Un Nouveau jour sur Terre parvient pourtant à nous faire réfléchir, nous interroger… Et nous ouvrir les yeux pour comprendre. Car devant tant de beauté et de splendeur, il est impossible de ne pas penser aux dangers qui pèsent sur la planète, sur tous ceux qui la composent.

> Documentaire, de Peter Webber et Richard Dale (GB/Chine). Durée : 1 h 34. Commentaire en français : Lambert Wilson.
> NOTE : 4/5

La citoyenneté sur les planches

La compagnie de théâtre l’Échappée Belle a travaillé sur la citoyenneté afin de proposer un spectacle documentaire, Les clefs du paradigme. Tmv a assisté aux répétitions.

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Non loin du bourg de Mettray, dans un lieu qui ressemble, à première vue, à un parc, l’allée de marronniers montre le chemin de l’église. Un village dans un village. Les bâtiments qui entourent le parc portent les stigmates des années écoulées. Sur la porte d’une des habitations de la propriété privée une affiche, discrète, est posée : « Compagnie l’échappée belle ».

Depuis trois ans, la troupe a posé ses valises ici, à l’Institut thérapeutique éducatif et pédagogique (ITEP). Il était peut-être écrit quelque part qu’une troupe de théâtre finirait par élire domicile en ces murs. En 1926, l’endroit accueillait le futur dramaturge Jean Genet, alors âgé de 15 ans. Accueillir n’est probablement pas le bon terme puisqu’à cette époque, et ce depuis 1839, il s’agissait d’une colonie agricole pénitentiaire. Mais les temps ont changé.

Aujourd’hui, la compagnie l’Échappée belle met en place des ateliers-théâtres au sein de l’établissement. C’est une manière pour ces adolescents qui souffrent de troubles du comportement de trouver une autre voie d’expression. « Nous connaissons l’évolution des uns et des autres. Depuis trois ans, nous voyons la transformation. Même les enseignants et les éducateurs nous le disent », assure Didier Marin, comédien. Depuis octobre, les acteurs travaillent autour de la problématique du harcèlement et de la discrimination. Ce dernier est aussi un des thèmes abordés dans leur spectacle documentaire sur la citoyenneté.

La citoyenneté ? Vaste programme. Qu’est-ce-que c’est ? Que représente-t-elle ? On la trouve partout, autour de nous. Pour réaliser ce spectacle, les comédiens ont dû comprendre ce qu’elle, dans notre société, représentait. Un travail de préparation de plus d’un an.

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Les quatre comédiens ont apporté leurs trouvailles, leurs idées. Sur certains points, ils se sont rapidement entendus. Parler de la devise « liberté, égalité, fraternité » leur semblait inévitable, tout comme parler du drapeau tricolore. Le texte n’est pas écrit noir sur blanc. Les fiches de répétitions sont une succession de mots clés. Seuls quelques poèmes sont intégralement écrits. Les clefs du paradigme, ils ne l’ont pas réellement conçu comme une pièce de théâtre. Diverses situations, diverses scènes complémentaires, viennent illustrer la thématique. Au fur et à mesure d’improvisations, la ligne directrice devient de plus en plus palpable. Des mots font naître des improvisations qui, elles-mêmes, font naître une écriture. Le spectacle s’est créé autour de témoignage, de rencontres, d’interviews.

Philippe Ouzounian, comédien et directeur artistique de la compagnie l’Échappée belle, est allé à la rencontre d’un migrant afghan et d’un migrant saoudien. Il voulait connaître leurs histoires et raconter leurs parcours. « Nous abordons la question de l’accueil des migrants de façon frontale », constate Didier Marin. Un sujet qui leur tient à cœur. Souvent, une des premières sources d’inspiration est notre propre histoire. Pour eux, cela a été le cas. Philippe Ouzounian est petit-fils d’immigré arménien, Didier Marin, fils d’immigré espagnol. Leur histoire, il la raconteront aussi sur scène. Pour l’instant, seuls les murs de leur salle de répétition sont témoins de ces récits.

Simplicité, humour

C’est en empruntant un escalier qu’on accède à leur lieu d’expression. Les marches en fer donnent un côté industriel à la pièce. À l’étage, des traces sont visibles sur le sol. Ce sont les marques d’anciens murets qui séparaient les box de l’ancien dortoir. Au fond, la pièce est délimitée par des murs peints en noir. « Les jeunes de l’ITEP ont restauré le lieu. Ils ont refait l’isolation, la peinture. Ils ont installé l’électricité… », détaille Philippe Ouzounian.

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Pour ce nouveau spectacle, pas de fioriture dans le décor mais de la simplicité. Ils ont conçu la mise en scène de ce nouveau spectacle avec les moyens du bord. « Un décor léché provoquerait un décalage avec la spontanéité de la pièce », note-t-il. Des journaux viennent symboliser la liberté de la presse, les marinières viennent rappeler les couleurs du drapeau… Au même étage, le tableau vert de l’ancienne salle de classe a été conservé.

Mais il ne faut pas s’y méprendre. Ce n’est pas une leçon sur la citoyenneté que propose la compagnie de l’Échappée belle. Les quatre comédiens ne tiendront en aucun cas le rôle de professeurs. Leur but, à travers ce spectacle documentaire, n’est pas d’apporter des réponses aux spectateurs. Ils veulent qu’ils se questionnent sur la citoyenneté. Le tout avec humour et légèreté. Car oui, nous pouvons rire de sujets aussi sérieux que le droit de vote, la discrimination à l’embauche ou encore l’égalité entre les femmes et les hommes.

Lundi 18 juin, 14 h et 18 h, Gymnase Rabière 1, Joué-lès-Tours. Gratuit. Ouvert à tous.

Blue : plongée avec les dauphins

Chouette, voilà un nouveau documentaire signé DisneyNature. Avec Blue, Keith Scholey et Alastair Fothergill offrent une plongée dans différentes régions subaquatiques du globe, aux côtés des dauphins.

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Depuis une dizaine d’années, la branche DisneyNature oeuvre dans le documentaire et propose des objets aussi ludiques que militants. Au fil du temps, on a ainsi pu voir l’enfantin Grizzly, le travail titanesque d’Au Royaume des singes, ou encore le magnifique Il était une forêt.
Objectif ? Proposer de sublimes images pour amener le spectateur – notamment les plus jeunes – vers une réflexion sur l’environnement.

C’est de nouveau le cas ici avec un documentaire signé Keith Scholey et Alastair Fothergill. Naïvement titrée Blue dans sa version française du nom de son « personnage » principal (Dolphins est le titre original…), cette plongée dans les océans veut de nouveau sensibiliser à la protection de nos espaces naturels, cette fois à travers la figure du dauphin. Habile, quand on sait le capital sympathie de la bête.

On y suit donc l’animal à travers un périple qui nous fait découvrir diverses régions subaquatiques du globe, mais aussi de nombreuses espèces connues (la baleine à bosse) ou méconnues (l’amusant squille multicolore).

Visuellement époustouflant, Blue est d’une maîtrise technique sans faille. Les jeux de lumière et de couleur sont tout simplement sublimes. Les documentaristes mènent alors la danse et embarquent le spectateur (enfants et adultes, ouf) dans des mouvements constants (le ballet des dauphins), pour finalement esquisser un message clair.
« Si vous voulez avoir des dauphins dans le futur, il est nécessaire d’avoir des récifs coralliens », disait récemment Keith Scholey. Un écho à Blue, dans lequel on s’aperçoit que tout fonctionne finalement comme une petite ville, avec un écosystème et des espèces subsistant grâce aux coraux. Aujourd’hui, 20 % des récifs coralliens sont détruits en raison du changement climatique…

> Documentaire de Keith Scholey et Alastair Fothergill (USA). Durée : 1 h 18.
> NOTE : 4/5

Voir la bande-annonce :

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=KCf-0hfyucc[/youtube]

Chroniques culture #52

Faites votre choix entre une sélection de BDs, le DVD de Capitaine Superslip et un documentaire aussi passionnant que marquant signé Netflix : Voyeur.

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CAPITAINE SUPERSLIP
En octobre dernier, cette adaptation de la BD américaine à succès avait étonné. Estampillée Dreamworks, cette production d’animation n’hésitait pas à assumer son côté cartoonesque aussi bien dans l’approche que le design. La recette prenait, notamment grâce à une touche absurde et une rafale de vannes bébêtes. Avec sa sortie en Bluray, occasion est donnée de découvrir la face (ou la fesse, ouarf) cachée de ce superhéros en slip, via des suppléments déjantés à l’esprit comics, mais aussi des scènes inédites et une séquence sur le monde de Dreamworks. À l’époque, on pensait le film détendu du slip. Avec cette deuxième lecture, c’est toujours le cas. Ouf !
A.G.

SUR NETFLIX
VOYEUR
Une fois de plus, la plateforme Netflix a accouché d’un petit bijou. Réalisé par Myles Kane et Josh Koury, « Voyeur » retrace l’histoire du tristement célèbre Gerald Foos, propriétaire d’un motel qui avait semé le trouble aux États-Unis, celui-ci ayant espionné durant des dizaines d’années les clients de son établissement, caché dans le grenier.
Le fait-divers avait poussé Gay Talese, légende du journalisme, à rédiger un livre sur le sujet. Le documentaire, aussi glaçant que passionnant, est une extraordinaire plongée dans un vice… partagé. Foos, pervers fanfaron à la psychologie trouble, face à Talese, écrivain investigateur qui n’a pas hésité à venir « tester » l’installation de l’homme, assistant par exemple à une scène de sexe. L’ambiguïté entre un auteur et son sujet est alors doublement mise en valeur. Redoutable, efficace, perturbant, Voyeur est électrisant. À la fin, le spectateur aura gommé tout manichéisme. En se demandant qui est le plus voyeur des deux ? L’hôtelier ou le journaliste ? Et surtout… qui vampirise qui ?
A.G.
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LES BDs
>LES AUTRES PAUSE_ECRANS_BD1
Connue par sa populaire série L’Ostie d’chat, la Québecoise Iris Boudreau propose ici Les Autres (éd. Delcourt), récit du quotidien de quatre jeunes ados loin d’être sportifs ou populaires. Non, Jeremy, Frank, Charlie et Jacque-o sont juste « normaux ». Et ça, Iris le dépeint avec justesse, sans forcer le trait ou tailler au marteau-piqueur leurs personnalités et l’âge difficile de l’adolescence. Néanmoins, Les Autres a beau être un album à tendance humoristique, on sourit un peu mais on peine à rire franchement des situations esquissées au long des pages. Le dessin, simple, sert en revanche habilement un texte qu’on aurait toutefois aimé un peu plus désopilant.
A.G.

PAUSE_ECRANS_BD 2>SÉLECTION HORS CHAMPS
Le 9e Art n’en finit pas de nous surprendre ! Prenez un grand critique et scénariste comme Benoît Peeters : lui, gastronome averti ? Qui l’eut crû ! Fan de cuisine au point de se livrer, avec la superbe mise en scène d’Aurore Aurita, avec Comme un chef (éd. Casterman) à une autobiographie culinaire savoureuse. Il s’y révèle touchant et maniaque ; le voir s’escrimer à refaire l’escalope de saumon à l’oseille de Paul Bocuse est un pur régal ! Quant à Jeanne Puchol, on est heureux de retrouver son trait si particulier pour une histoire d’amitié trahie à la naissance des radios libres : Interférences (éd. Dargaud), réalisé sur une scénario de Laurent Galandon, est une belle chronique de ces années de cache-cache avec le pouvoir giscardien pour la libération des ondes. On finit avec Cinq branches de coton noir (éd. Dupuis) de Sente et Cuzor et leur histoire de guerre racontée avec une grâce et un talent incroyables.
Hervé Bourit

Les Hommes du feu : au plus près des pompiers

Être au plus près des pompiers et dans le feu de l’action, c’est ce que propose cette fiction plus vraie que nature : Les Hommes du feu.

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Pompier. Le métier rêvé de nombreux enfants. Un exemple de la société. C’est un sujet qui mérite d’être traité : Les Hommes du feu, de Pierre Jolivet, montre justement le quotidien de pompiers de l’Aude, en Occitanie.

Dès les premières minutes du film, le spectateur est plongé au cœur de leurs interventions. Il est alors rapidement pris dans le feu de l’action. L’histoire se déroule en période de fortes chaleurs, les feux sont ravageurs : on y voit des images fascinantes, marquantes, incroyables de pompiers qui domptent les flammes. Mais aussi celles d’interventions parfois dures à surmonter moralement (accident de la route, suicide…).

Au-delà de leurs actions sur le terrain, des séquences mettent en relief leur sensibilité et leurs rapports familiaux, parfois difficiles à gérer. À la frontière du documentaire, le film rapproche de ces personnages, plus que passionnés, différents les uns et des autres, parfois quand même un peu cliché dans leur représentation (le pompier ténébreux, la femme, le misogyne, le gay…). Mais on l’oublie presque.
Au fur et à mesure, on comprend leur quotidien, on partage leur stress, et on sourit devant l’entraide, les moments de partage et de bonne ambiance à la caserne. Il faut le dire, les Hommes du feu est très drôle.

Pour autant, le long-métrage sait aussi montrer les tensions au sein du groupe. Ici, avec l’arrivée d’une femme à la caserne, Bénédicte (jouée par Emilie Duquenne), les relations sont parfois tendues. De quoi permettre une vision globale du quotidien, parfois mouvementé, des pompiers. Ils n’ont pas un « métier normal » et ne sont jamais dans « la routine » comme le dit fièrement Bénédicte.

Seul petit regret, une fin trop abrupte et une histoire centrale qui manque de force. En tout cas, le pari est tout de même réussi pour Pierre Jolivet : au-delà d’être des héros, ces pompiers sont des humains.

Philippine David

> Drame, de Pierre Jolivet (France). Durée : 1 h 33. Avec Roschdy Zem, Emilie Dequenne, Michaël Abiteboul, Guillaume Labbé…
> NOTE : 3/5

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=3o465FtbhfM[/youtube]

La Jeune fille et son aigle : voyage en terres mongoles

Le documentaire La Jeune fille et son aigle, signé Otto Bell, sort ce mercredi dans nos salles.

PAUSE_CINE

Dresseur d’aigles, c’est une tradition ancestrale en Mongolie. C’est, par ailleurs, un héritage masculin. Pourtant, c’est aussi le rêve de la jeune Aisholpan. Du haut de ses 13 ans, elle nourrit cette passion et va essayer de devenir, elle aussi, chasseur d’aigle.

Voilà ce que raconte La Jeune fille et son aigle (The Eagle huntress en VO), joli « documentaire » signé Otto Bell. Sa caméra suit, durant près d’une heure trente, Aisholpan et son père qui l’accompagne dans sa volonté de briser des traditions encore fortes. Le spectateur découvre un art, une culture et surtout un peuple.
Au-delà de ça, La Jeune fille et son aigle se savoure comme une plongée dans les terres mongoles. Les images, sublimes, présentent un panorama spectaculaire d’un pays méconnu. Les plans dévoilent des paysages parfaitement mis en lumière. Enrobant ses séquences avec une musique soignée et d’une parfaite justesse, Otto Bell offre un ensemble visuellement abouti et réussi.

Plus qu’un documentaire et q’un portrait de femme, il s’agit aussi d’un film d’apprentissage, durant lequel on suit la progression d’Aisholpan, touchante au possible. Naturel et simplement beau, le récit nous transporte dans une histoire qui, au final, montre aussi l’amour d’un père pour sa fille et son désir de la pousser à accomplir son destin.

On regrettera toutefois le côté hybride du « documentaire » (d’où l’utilisation de guillemets). Tellement construit et composite, le docu perd parfois en authenticité quand il semble un peu trop manipulé. Certains critiques n’ont d’ailleurs pas hésité à le qualifier de « trop beau pour être vrai ». Ce qui n’empêche pas La Jeune fille et son aigle de nous faire voyager. Et rêver.

> Documentaire / aventure (Mongolie/GB). Durée : 1 h 27. De Otto Bell. Avec Aisholpan Nurgaiv…
> Note : 3/5 

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=DISVSe36bxg[/youtube]

Swagger, le docu trop swag

Attention, pépite. C’est ce mercredi que sort sur nos écrans Swagger, le documentaire (hyper) malin d’Olivier Babinet.

swagger

« Les architectes, ceux qui vivent dans les grandes villes, eh ben ils savent pas la vie de banlieue, comment qu’c’est, etc. Ils font des grands bâtiments. Après, tellement il est grand, eh ben, les gens ils veulent pas vivre dedans. » C’est la petite Naïla qui dit ça. Son regard est un peu perdu. Elle est jeune, toute jeune. Mais sa réflexion est surprenante. De toute façon, tout est surprenant dans Swagger.

Swagger est le documentaire réalisé par Olivier Babinet. Un voyage en banlieue, justement. Une virée dans la tête de onze enfants et ados des cités, d’un collège d’Aulnay-sous-Bois. Pendant près d’une heure et demie, leur regard singulier sur la vie, l’amour, la société, etc., fait l’effet d’un uppercut. Des réflexions si simples et pures qu’elles en y puisent toute leur puissance.
De ces entretiens menés par le cinéaste, les réponses sont toujours drôles ou lucides. Spontanées, surtout. Les fringues et le charisme ? Hyper important pour Régis qui précise par contre que « François Hollande, quand il marche… c’est pas trop ça ». L’amour ? « C’est quand tu penses que t’as trouvé quelqu’un qui te manquait. »

Au-delà de ces témoignages, le cinéaste s’amuse parfois à injecter une dose de fiction dans son documentaire, en mettant en scène des souvenirs par exemple (la séquence comédie musicale). Son utilité peut être discutée, vu l’intensité du récit. Même si cela n’enlève rien à la force du film et ajoute du pep’s à l’ensemble, certes. Swagger n’est jamais condescendant. Pas même de morale ronflante. Il est en revanche terriblement intelligent et touchant. Olivier Babinet disait qu’il voulait avant tout filmer ces jeunes « comme des héros de cinéma » et « enregistrer leur parole » ? C’est fait. Très bien fait même.

 > Documentaire, d’Olivier Babinet (France). Durée : 1 h 24.
> NOTE : 4/5

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=bVORfxr6zvM[/youtube]

Where to invade next : Moore l’envahisseur

Michael Moore revient ! Celui qui bouscule (et embête) l’Amérique a décidé, dans son nouveau docu, de glaner toutes les bonnes idées d’autres pays pour les ramener aux Etats-Unis.

Michael s'en-va-t'en-guerre
Michael s’en-va-t’en-guerre

Michael Moore aime définitivement taper sur les États-Unis. Outre-Atlantique, le documentariste bouscule. Dérange. Bowling for Columbine, Fahrenheit 9/11, Sicko… Chaque torpille de Michael Moore est un engagement, une petite bombe qui trouve toute sa force dans son humour, son côté (triste) farce.

C’est de nouveau le cas – peut-être plus que jamais d’ailleursŸ– avec ce Where to invade next. Un « docu-divertissement » dans lequel l’auteur américain joue l’envahisseur dans divers pays européens et en Tunisie, afin d’en importer les meilleures pratiques et idées sociales, histoire d’en inspirer les États-Unis.
Ainsi donc, 2 heures durant, Moore organise des rencontres avec des salariés, des patrons, des politiques. Entre ces discussions, la voix-o¤ du cinéaste et des images chocs (en témoigne cette séquence de violences policières posée sur la chanson We are the world). Where to invade next est un pamphlet qui dégomme les travers de l’Amérique sans jamais y poser sa caméra. Uniquement en récupérant ces fameuses bonnes idées venues d’ailleurs : congés payés en Italie, cantines françaises, prisons norvégiennes idylliques, enseignement en Finlande, etc. Dans cet ensemble délicieusement cocasse, Michael Moore brille. Grâce à un humour incisif, le docu amuse autant qu’il apprend et dénonce.

Dommage, toutefois, que le manichéisme de Moore soit si grossier. Sans aucune nuance, manipulateur, le réalisateur enfonce les portes ouvertes. Naïve et simplissime, la démonstration tourne autour de clichés et de raccourcis, et occulte tous les côtés moins glorieux (les pays visités ressemblent à de véritables utopies !). Et pourtant, ça fonctionne. Car Moore manie son montage comme personne. Parvenant à happer le spectateur, tout en dressant, en toile de fond, un portrait glaçant de l’Amérique. Et c’est irrésistible.

Documentaire de Michael Moore (USA). Durée : 2 h.
NOTE : 3,5/5

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=jEHSevRzUgo[/youtube]

Au Royaume des singes : le nouveau Disney Nature

Et de dix docu’ animaliers pour Disney Nature ! La firme revient avec le très intéressant Au Royaume des singes.

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La série des documentaires animaliers estampillés Disney Nature s’enrichit avec ce Monkey Kingdom, Au Royaume des singes en français. Une nouvelle fois, ce sont les excellents Mark Linfield et Alastair Fothergill à la manoeuvre : les réalisateurs du précédent Chimpanzés nous emmènent cette fois-ci dans les profondeurs de la jungle d’Asie du Sud, pour découvrir une tribu de macaques à toques.

Une fois de plus, ce docu animalier (le dixième pour la firme aux grandes oreilles) vise juste : à l’instar des passionnants Grizzly ou encore Félins, Au Royaume des singes parvient brillamment à être à la fois informatif, drôle et émouvant. Dans des paysages à couper le souffle, joliment shootés, le film montre à quel point il existe une véritable société simiesque, se focalisant sur la hiérarchie sociale et montrant avec finesse la lutte des classes opérant chez eux. Un microcosme complexe et fascinant.
Et même en prenant le parti de s’intéresser surtout à la guenon Maya, sorte d’héroïne de ce documentaire, les réalisateurs réussissent tout de même à multiplier histoires et points de vue : élevage des petits singes, recherche de nourriture, bagarres de territoire, ou encore menaces, qu’elles soient animales ou… humaines.

Si la narration très juvénile et naïve, ainsi que la sur-scénarisation du documentaire, pourront en rebuter certains (le film vise clairement le jeune public), ce joli effort, au travail titanesque (un tournage de 3 ans !), vaut le détour. Une bouffée d’air frais dans le cinéma du moment, un joli moment d’émotion. Un voyage épousant par ailleurs la cause animale, sans être ronflant ou moralisateur.

Aurélien Germain

Documentaire, de Mark Linfield et Alastair Fothergill (USA). Durée : 1 h 21.
NOTE : 3/5

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=1sn80MxRmec[/youtube]

Grizzly : grrr, le docu trop mignon !

Le dernier documentaire estampillé Disney. Décors époustouflants, intéressant et joli comme tout.

Grizzly film
Décidément, la firme aux grandes oreilles transforme tout ce qu’elle touche en or. Preuve en est avec Disney- Nature, label de production créé en 2008 qui monte, avec ses documentaires animaliers à l’esprit Disney : tout y est parfait et mignon, sublimé par de jolies images. Pour réaliser ce Grizzly, la maison a de nouveau pensé à Alastair Fothergill, le Britannique étant désormais la référence en matière de docu animalier (les succès Chimpanzés, Un Jour sur terre et Félins, c’est lui).

Grizzly, c’est l’histoire de Sky, maman ourse, et de ses petits Scout et Amber : une année de la vie de ces grizzlys en Alaska et leurs interactions avec la faune voisine. La voix-off l’annonce dès les premières minutes : « Voici la périlleuse histoire de leur première année » ; la moitié des oursons ne survivant pas au-delà de cet âge.
Discrètes, comme si elles étaient positionnées en dehors, les caméras captent à merveille le parcours de cette famille. Celles-ci ont d’ailleurs été placées près du sol, afin de filmer les animaux au plus proche de leur taille réelle. Le spectateur, lui, est comme couché dans l’herbe. Il observe. Assiste, émerveillé, à des scènes de vie dans de somptueux paysages. Tout a été filmé dans le froid de l’Alaska. Des montagnes immaculées du départ, aux transparentes rivières de la fin. Le tout, magnifié par un travail sonore remarquable et précis, entre grognements des ours, vaguelettes, pierres renversées et bruits de terre…

Les plans sont tout aussi bluffant (l’avalanche, la remontée des saumons…), mais parfois brisés par des nappes musicales pseudo- épiques, grandiloquentes et pompeuses (on reste dans du Disney !). Ce côté typique made in Disney, on le retrouve aussi dans la narration. La voix-off exagérée construit de faux suspense (les méchants loups contre les gentils oursons), rapidement déboulonnés par les adultes. Mais les enfants, eux, n’en auront cure. D’autant que sous son côté 100 %-trop-chou et sa couche édulcorée, le documentaire distille de nombreuses informations. Il instruit beaucoup et arrive à transposer ces grizzlys à l’échelle humaine. Notamment avec cette séquence stupéfiante des oursons au bord du lac, pataugeant comme de simples touristes béats à la plage.
Et dans tout cela se dégage un sentiment de quiétude, de bienêtre. Presque paradoxal quand on sait à quel point le grizzly peut être féroce. Mais à en voir ces gueules adorables d’ourson tout au long, façon grosses peluches, on comprend aussi pourquoi il reste le symbole de l’animal rassurant pour les enfants.

NOTE : **
Documentaire (USA). Durée : 1 h 18. D’Alastair Fothergill et Keith Scholey.
[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=_NsBS9AdZQs[/youtube]

NOTATION :
 **** CULTEissime 
*** TOPissime
** PASMALissime 
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La Maison de la Radio, déjà entendu

Il voulait percer les mystères de la Maison de la radio : Nicolas Philibert nous perd dans le couloir des stars…

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Quel élitisme ! Traiter les coulisses de la Maison de la radio en ne présentant que les voix stars de France Inter et de France Culture, c’est tellement… Décevant. Nicolas Philibert, réalisateur d’Être et avoir semble s’être attaqué à trop gros pour lui… L’idée de base est alléchante : montrer en images ce qui n’est que son. Les questions soulevées méritent entièrement d’être posées : comment diable fait-on pour tuer le silence à chaque seconde sur ces antennes ? Et, surtout, qui se cache derrière notre poste de radio ? Qui ? Apparemment, seulement les GRANDS présentateurs. Voilà de quoi faire bouillir plus d’une petite main : les reporters qui travaillent chaque week-end et toutes les vacances, tard le soir, tôt le matin, appelés à la dernière minute, payés en retard, remplacés sans remerciements, CDD précaires, employés de l’ombre qui font aussi rouler la machine.
Inaudibles déjà à l’antenne, ils sont invisibles dans le documentaire, qui semble se présenter pourtant comme un hommage sincère au noble média radiophonique. Ce n’est pas faute d’avoir laissé trainer deux secondes la caméra chez les cuistots ou les coursiers qui font, aussi, vivre la ruche. Mais Nicolas Philibert montre seulement sa radio, celle qu’il écoute, celle de la surface, celle qui est déjà connue. La radio qu’il admire aussi, et on ne va pas le nier, certaines images valent le coup : voir le live d’un orchestre capturé dans les micros puis défiler sur les écrans des techniciens…
Mais beaucoup de longueurs et de répétitions dans ce discours pour, finalement, peu de pédagogie. Et pourquoi ce parti pris « people bobo ? » Il y avait tant à dire, tellement mieux à faire.
La maison de la radio a une âme, c’est une fourmilière où se croisent un tas de monde, de cultures, de voix. Des milliers de personnes la traversent chaque jour. Elle est un coeur battant de l’information quotidienne française. Le film, inexact et frustrant, n’aura réussi à en montrer qu’une infime partie sans nous étonner vraiment.

Filmer les Invisibles

Portraits d’homosexuels et de lesbiennes âgés : ce documentaire réussi sort en pleine débat sur le mariage pour tous.

 

Portraits d’homosexuels et de lesbiennes âgés : ce documentaire réussi sort en pleine débat sur le mariage pour tous.

Aller voir un documentaire au cinéma, cela ne va pas forcément de soi. Par essence, c’est un genre qui semble plutôt destiné au petit écran. Le grand, lui, préfère largement la fiction. Plus divertissant, moins prise de tête. Avec des pop-corn, James Bond c’est plus sympa. A l’inverse de ces clichés, le documentaire a toute sa place dans les salles sombres. Quand il est bien fait, bien adapté au format long. Mais surtout, ce genre offre un rare plaisir pour le spectateur quand il possède les qualités d’Invisibles.

Nominé au festival de Cannes cette année, ce film n’a pas eu la faveur du jury et des unes de la presse. Pourtant, ces portraits de seniors « pas comme les autres » sont uniques. Uniques car peu de documents parlent de cette problématique : parti du constat que l’homosexualité est quasiment toujours abordée par le témoignage de jeunes trentenaires, Sebastien Lifshitz a eu l’idée d’interviewer des personnes plus âgées. Humour, tristesse, colère, il montre tout. Ses témoins se livrent sans complexe, même s’il est facile de deviner que des heures et des heures d’interviews ont été nécessaire pour arriver à ce résultat.

Sans jamais s’apitoyer sur leur sort, les témoins restent pudiques sur leurs blessures. Sebastien Lifshitz porte sur eux un regard attendri, sans jamais tomber dans le prosélytisme. Il essaye de comprendre ce que ces hommes et ces femmes ont vécu. Sans commentaire, il laisse la parole à ses personnages. Les plans de coupe, ceux entre les témoignages, sont souvent drôles, parfois amusants jamais larmoyants. Comment ne pas rire, sans moqueries, quand Pierrot, le doyen de ces protagonistes, lance un cri strident pour appeler ses chèvres et les traite de tous les noms.

Coïncidence de l’agenda et des débats de société, les Invisibles sort au moment du projet de loi sur le mariage pour tous promis par François Hollande pendant la campagne présidentielle. Le film ne jette pas d’huile sur le feu. Il donne seulement la parole à des Français que les médias ont oubliés.