Ces événements qui ont marqué les années ’80

[Numéro spécial années ’80] Sport, politique, société… Petite sélection de quelques événements qui ont marqué l’actualité de la décennie 80…

L’ÈRE COLUCHE

Dans les années ‘80, Coluche est partout, sur tous les fronts. À l’affiche de films, raflant aussi un césar, l’humoriste s’illustre surtout en se présentant à la présidentielle de 1981 (avant de retirer sa candidature suite aux menaces) et en créant les Restos du coeur en 1985, malheureusement toujours d’actualité en 2019. Il meurt en 1986 dans un accident de la route.

MORT DE JOHN LENNON

8 décembre 1980. 22 h 52. John Lennon rentre de studio avec son épouse Yoko Ono. Mark David Chapman, un fan obsédé des Beatles, tire 4 balles sur le musicien. L’assassin purge aujourd’hui une peine de prison et demande régulièrement une remise en liberté. Toutes ont été refusées.

TCHERNOBYL

C’est le plus grave accident nucléaire jamais répertorié. Le 26 avril 1986, à 1 h 24, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire Lénine explose. L’incident est classé au niveau 7, le plus haut qui soit. Devenue ville fantôme, Tchernobyl est paradoxalement devenue une attraction touristique… En 2017, 50 000 personnes s’y sont rendues.

LE SACRE YANNICK NOAH

Cela faisait 37 ans qu’un Français n’avait pas remporté par Roland-Garros. En 1983, Yannick Noah, 23 ans, affronte Mats Wilander devant 17 000 personnes. Et en sort vainqueur… devenant ainsi le chouchou national.

MARIAGE ROYAL

750 millions, c’est le nombre de téléspectateurs qui ont assisté devant leur téléviseur à la diffusion du mariage de la famille royale entre Diana Spencer et le prince Charles, le 29 juillet 1981.

PEINE DE MORT : LE DISCOURS DE BADINTER

Le discours est resté dans les mémoires. L’homme aussi. Le 17 septembre 1981, Robert Badinter, Garde des Sceaux, présente le projet de loi pour l’abolition de la peine de mort en France. Le lendemain, elle est votée à l’Assemblée nationale.

SIDA : LA PANDÉMIE

En janvier 1983, les chercheurs français Françoise Barré-Sinoussi et Jean- Claude Chermann, sous la direction de Luc Montagnier, isolent un nouveau virus de l’immunodéficience humaine (VIH), responsable du sida.

GUERRES ET TRAGÉDIES

Car il n’y a pas une décennie sans conflits, les 80’s ont aussi connu leur lot. De 1980 à 1988, guerre Iran-Irak ; guerre des Malouines en 1982 ; attentats en Ulster ; ou encore fin de la guerre du Liban… En 1984, l’Ethiopie se meurt en raison de la famine (400 000 victimes).
Quant à la République populaire de Chine, elle devient tristement célèbre pour sa vague de répressions place Tian’anmen en ‘89. Dans un mois, on commémorera les 30 ans de ce massacre. La Chine a donc décidé de bloquer l’accès à Wikipédia…

MITTERRAND ÉLU

Il est le premier socialiste à occuper le siège présidentiel sous la Ve République. En 1981, François Mitterrand devient le chef de l’État. En ‘86, c’est la première cohabitation. Il nomme Jacques Chirac Premier ministre. Deux ans plus tard, Mitterrand sera réélu face à… Jacques Chirac. Vous connaissez la suite…

LIBÉREZ LES ONDES !

Le début des années 80 est synonyme de libération radiophonique et télévisuelle. Des chaînes TV privées apparaissent (coucou TF1) et en face, c’est l’explosion des radios libres (au hasard, Baudecroux qui fonde « Nouvelle Radio des Jeunes », soit… NRJ !). Les radios pirates sont légalisées et vont transformer le paysage.

ET LE MUR TOMBA

Les photos sont dans toutes les têtes: le 9 novembre 1989, c’est la chute du mur de Berlin, celui-là même qui avait été érigé une nuit d’août 1961. Un symbole de la Guerre Froide s’écroule.

Photo NR archives Patrick Lavaud

Les Français et l’information

Télé, presse écrite, internet, radio, et maintenant réseaux sociaux, nous sommes entourés de médias. Mais comment s’informe-t-on en France, aujourd’hui ? Revue de détails avec quelques chiffres-clés.

CaptureLa télévision, grâce aux JT et ses chaînes d’info, reste la première source d’information pour 50 % des Français.

9 %

La part des Français qui prennent les réseaux sociaux comme première source d’information. C’est deux fois plus qu’en 2015. Mais paradoxalement, les trois quarts des répondants disent ne pas avoir confiance dans les infos qui y circulent.

Je t’aime, moi non plus
4 % des Français seulement placent les journaux papier comme première source d’information. L’un des taux les plus faibles… au monde.

130 000

Le nombre d’abonnés à Mediapart. Il affiche ainsi un bénéfice net record de 1,9 million d’euros, pour 2016, contre 716 000 € l’année précédente. 

Dans une récente enquête, 67 % des sondés ont exprimé une défiance envers les journalistes français. Ils estiment qu’ils ne sont pas indépendants des pressions des partis politiques et du pouvoir en place (Institut Kantar pour La Croix).

Facebook surpuissant Capture
45 % des clics vers les grands sites d’actu sont effectués à l’origine sur les réseaux sociaux, Facebook en tête.

300 000

Le nombre d’abonnés qu’a gagné le New York Times en 3 mois. Un bond de 19 % par rapport à septembre 2016, de quoi faire rêver certains médias français. Le journal américain a osé se tourner résolument vers le numérique et ses supports dématérialisés.

Qui fait quoi ?
>Cadres et diplômés plébiscitent Internet, sites et applications mobiles issus de la presse écrite.
>Les 18-24 ans et les employés favoriseraient, eux, les réseaux sociaux.

NEWS_INFOGRAPHIE_AFP« Est-ce qu’on capte bien ce qu’il se passe ? Est-ce qu’on sait entendre et se faire entendre ? »

(Michèle Léridon, directrice de l’information de l’AFP, dans les colonnes du Monde.)

Fracture générationnelle
Ils sont 38 % des 18-24 ans à s’informer d’abord sur leur smartphone, contre 1 % des plus de 65 ans.

SMARTPHONE
Oubliez l’ordinateur ! Les smartphones sont devenus le premier support des news pour les internautes français.

> En France, la radio reste le premier média avec lequel les gens entrent en contact avec l’info dès le matin.
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€ To pay or not to pay ? € 
Seuls 10 % des Français sont d’accord pour payer pour l’info sur Internet. Et ils sont 30 % à utiliser des logiciels bloqueurs de pub.

Presse jeunesse
Plus de 9,6 millions de jeunes (entre 1 et 19 ans) ont lu un numéro de presse jeunesse. Les titres les plus « lus » sont Popi (pour les 1-6 ans) ; J’aime Lire (pour les 7-12 ans) et Jeux Vidéo Magazine (pour les 13-19 ans).
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(Sources : Médiamétrie, CB News, La Croix, cabinet Parse.ly)

Culture, tendances & web #28

On vous a dégoté deux chouettes albums pour cette série des chroniques culture. Sans oublier de la BD, le DVD de Steve Jobs ou encore Microsoft qui se lance dans la marijuana…

LE DVD
STEVE JOBS
D’abord distribué en exclusivité temporaire sur l’Itunes store (sans rire ?), le film de Danny Boyle, Steve Jobs, est désormais disponible en DVD Blu-ray dans une édition tristement maigrichonne. Les fanatiques du papa d’Apple se contenteront donc du long-métrage seul. À savoir un biopic malin construit en trois actes (tous basés sur les fameuses « key notes » de Jobs), dépeignant parfaitement Steve Jobs comme il était : génie visionnaire mais cruel et au coeur de glace. Dans le rôle principal, un fantastique et terrifiant Michael Fassbender, permettant ainsi au film d’exister sans tomber dans la bête hagiographie.
A.G.

LES CDS
WEAVES – WEAVES PAUSE_ECRANS_CD1
Premier disque pour les Canadiens de Weaves et leur indie rock qui n’hésite pas à lorgner du côté de la noise ou de la pop. Ensoleillé et sautillant, cet album éponyme est une bouffée d’air frais : l’énergie débordante et la voix survitaminée de Jasmyn Burke permettent d’accrocher l’auditeur sans le lâcher. Un résultat magnifié par le mixage confié à Alex Newport (At the Drive in) et le mastering à John Greenham (Death Grips). En revanche, si certains chansons sont clairement des tubes en puissance (Coo Coo au hasard), d’autres ont tendance à tellement jouer la carte de l’étrangeté et des rythmes en désordre, qu’elles en perdent vite de l’intérêt.
A.G.

PAUSE_ECRANS_CD2A VOID – ROSES AS INSIDES
Soyons clair : A Void fait partie de ces (très) jeunes groupes qui ont l’art de séduire, petite torgnole musicale balançant la sauce les potards à fond, sans souci du qu’en dira-t-on. Combo parisien dont la moyenne d’âge se situe autour des 20 ans, A Void transpire l’énergie punk, le je m’en-foutisme grunge, influencé par Nirvana et Sonic Youth. Capable d’alterner les tempos rapides et lents, enquillant voix mélodieuses et cassées (Camille, la chanteuse, offre une chouette performance), offrant un gros son (on aurait d’ailleurs aimé des guitares plus baveuses et sales pour ce genre de musique), A Void présente un premier EP qui donne encore plus envie d’assister à leurs concerts réputés déjantés.
A.G.
> Dispo sur facebook.com/avoidinyou

LE LIVRE PAUSE_ECRANS_LIVRE
COUREURS DE BLUES
Avant de vous lancer dans le marathon de Tours, faites d’abord un détour par ce sympathique Coureurs de blues. Roman signé du Tourangeau Jacques Teyssandier, l’ouvrage relate — à travers la passion de la course à pied — la relation entre une jeune dépressive et un sexagénaire désabusé : amour ou amitié ? Les frontières sont parfois floues. Coureur de blues, dans un style fluide (le livre pourrait se lire d’une traite) sans être linéaire, met tour à tour en valeur la Touraine, les 10 & 20 km de Tours, ainsi que son fameux marathon. Une agréable lecture pour se mettre en jambes avant septembre.
A.G.

PAUSE_ECRANS_BDLA BD
L’INVERSION DE LA COURBE DES SENTIMENTS
Avec près d’une cinquantaine d’album à son actif, Jean-Philippe Peyraud est un auteur talentueux qui compte malgré sa discrétion. Avec cette superbe bédénovella, on tient là un de ses ouvrages qui font date dans la carrière d’un auteur. Il faut dire que ce roman graphique, qui passe du comique au drame, est un véritable tourbillon et un superbe condensé des sentiments amoureux. Dans cette valse sans fin, servie par un graphisme sans faille, cette chronique douce-amère sait rendre comme jamais la vie, celle de tous les jours mais aussi celle dont on rêve au plus profond de soi. Jamais mièvre, jamais gratuit, ce conte moderne à l’écriture subtile est définitivement notre livre de l’été.
Hervé Bourit

TECHNOLOGIE
MICROSOFT ET LE CANNABIS
Récemment légalisée dans certains États, la vente (juteuse) de marijuana aux États-Unis semble intéresser Microsoft. La firme a annoncé s’être alliée à Kind Financial, une start-up californienne, pour bénéficier d’une technologie pouvant suivre précisément les ventes de graines de cannabis aux autorités locales (ce qui empêche par exemple de les écouler au marché noir). Cette plate-forme de Kind Financial était déjà utilisée par les autorités locales et les agences de régulation pour la réglementation et la surveillance des ventes de cannabis.

RADIO
DES AUDIENCES TRUQUÉES ?
Un scandale inédit ? Cinq groupes (Skyrock, NRJ Group, NextRadioTV, Les Indés Radio et Lagardère Active) ont accusé Fun Radio de « pratiques déloyales et frauduleuses » et d’avoir manipulé ses audiences. Récemment, l’animateur- clé de Fun Radio Bruno Guillon a parlé de « manipulation incroyable et absurde ». La station a décidé de porter plainte pour diffamation.

Best of 1er avril dans les médias

N’oubliez pas, vendredi, c’est le 1er avril. À cette occasion, voilà notre top 4 des canulars réalisés dans les médias, émissions télé ou encore à la radio.

D CHIFR É D LETR

Animateurs doutant de l’orthographe de mots simples, « En directe » écrit à l’écran, Laurent Romejko arrivant débraillé et à la bourre, faire 999 avec que des 1, panne d’électricité… Le 1er avril 2008, Des Chiffres et des lettres se lâche.

[dailymotion]https://www.dailymotion.com/video/x4xcea_des-chiffres-et-des-lettres-01-avri_fun[/dailymotion]

SÉISME AU JT

Le 1er avril 2010, David Pujadas présente un sujet annonçant une drôle de nouvelle : le rythme des saisons a été modifié en raison des séismes. La chaleur de l’été arriverait en septembre-octobre et décalerait donc… la rentrée scolaire !

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=-SKysbx5F7s[/youtube]

EIFFEL QATAR

Journal de 8 h, 1er avril 2014 : France Inter balance une pépite. En raison des coûts budgétaires, la maire de Paris Anne Hidalgo a décidé de vendre la tour Eiffel au Qatar. Pour son canular, la radio a même réalisé un micro-trottoir.

LÉNINE À DISNEY

Coquinous, ces Irlandais : le 1er avril 1995, le quotidien The Irish Times annonce que la firme Disney a racheté le corps embaumé de Lénine pour en faire une attraction au parc Eurodisney et ramener un paquet de touristes russes.

PAUSE_ECRANS_TOP4

BONUS :

Retrouvez notre poisson d’avril très très nul de 2014 ICI !

Sur 97.4 FM, la jeunesse sur les ondes

C’est le moment d’allumer votre poste : la Raj, radio animation jeunesse, émet jusqu’au 19 décembre. La parole est aux jeunes du val de l’Indre. Reportage au collège de Cormery.

« Hello, bienvenue sur la Raj, la radio animation jeunesse, sur le 97.4 FM. Aujourd’hui, on va parler de sexe », lance Abdelhakim, un micro orange à la main. Très à l’aise, le collégien n’en est pas à sa première émission, et ça s’entend. Avec trois copains, Clément, Justine et Nicolas, il profite de la pause déjeuner pour enregistrer une émission de radio. Le studio ? C’est la caravane de la Raj. Postée dans un coin de la cour du collège Alcuin de Cormery, elle ne passe pas inaperçue. Et surtout, elle ne désemplit pas.
L’initiative originale lancée l’année dernière par la communauté de communes du Val de l’Indre (CCVI) est un vrai succès. « Au service jeunesse, ça faisait plusieurs années qu’on montait ponctuellement des animations radio. Là, on a décidé de lancer une vraie radio, avec un nom, un site Internet, des lieux d’enregistrement et des périodes d’émission sur les ondes. Pour désacraliser un peu la radio. Montrer que ce n’est pas cher et accessible à tous », raconte Benoît Bourbon, animateur jeunesse à la CCVI. D’où l’idée de se doter d’un outil itinérant pour se poser sur la place du village, dans la cour d’un collège, et venir à la rencontre du public : des jeunes, bien sûr, mais aussi des habitants, des associations ou des élus locaux.
« Il nous fallait un lieu fun. La caravane, on l’a pensée et aménagée avec les jeunes », poursuit l’animateur. Sur la carrosserie, des graffitis multicolores sont partiellement recouverts d’une énorme inscription : « Info jeunesse exprime-toi ». Les quatre collégiens présents ce midi-là l’ont prise au mot ! Même quand il s’agit de parler de sexualité. À l’intérieur, ils sont bien installés, assis sur la banquette à fleurs orange des années 70. Dans cet espace exigu, le studio d’enregistrement est forcément sommaire : un ordinateur portable, une petite table de mixage et cinq micros suffisent.

Image2Première étape : préparer l’émission. Abdelhakim est volontaire pour prendre le rôle d’animateur. Ce grand brun aux lunettes noires raconte qu’il a déjà fait plein d’émissions, des directs même. Pas plus tard que la semaine dernière, il animait « Around the music », un direct sur l’histoire des courants musicaux. Pour les trois autres copains, cette émission est une première. Comme la dynamique Justine, bientôt 14 ans, qui n’a pas la langue dans sa poche : « Tu t’appelles Cauet, alors ? », dit-elle à Abdelhakim pour rigoler, en référence à l’animateur vedette de NRJ. « Non, ça sera plutôt Difool », répond l’intéressé du tac au tac. Le ton est donné.

Un peu de sérieux, quand même : « Vous avez choisi de parler de la sexualité chez les jeunes. Vous devez donc préparer différentes questions. L’animateur est là pour présenter l’émission et son contexte. Pensez aussi à l’intermède musical, qui coupera l’émission en deux parties. Pour vous lancer, ça peut être bien de vous appuyer sur ce que vous avez vu en cours d’éducation à la sexualité », conseille Benoît Bourbon. Car la Raj, c’est aussi un outil à vocation pédagogique. Les objectifs : valoriser les jeunes en leur permettant de s’exprimer à l’oral et d’être acteur de leur territoire, mais aussi créer un espace de débat public. « Sortir de l’écrit permet à ceux qui ont des difficultés de s’exprimer plus facilement. On propose ici un espace d’apprentissage, des mises en situation concrètes », estime l’animateur jeunesse. Ici, la parole est libérée. Si certains ont parfois du mal à énoncer des termes, Benoît les encourage : « On peut se dire les choses, utiliser les vrais mots, comme pénis ou vagin, plutôt que de parler d’appareil reproducteur. »

Silence dans la petite caravane, c’est le moment de commencer l’enregistrement. Après le lancement de l’émission, Abdelhakim, Benoît et Rémy Dougé, animateur jeunesse également, posent tour à tour des questions : qu’avez-vous appris au collège en cours d’éducation à la sexualité ? Avez-vous abordé la question des sentiments ? Qu’est-ce qui fait qu’à un moment, on se sent prêt ? Pourquoi a-t-on des rapports sexuels ? Comment imaginez-vous votre première fois ? Chacun, tour à tour, prend le micro pour donner son point de vue. À cette dernière question, Abdelhakim répond que pour lui, ce sera après le mariage : « Quand je serai bien avec ma femme. Pour des raisons religieuses, et aussi parce que je n’ai pas envie de jeter une fille comme une chaussette ! » Clément et Nicolas, eux, espèrent bien que ce sera avant 18 ans. Majeurs et puceaux, très peu pour eux… Quant à Justine, pour l’instant, elle a du mal à imaginer cette première fois. Des visions différentes, qui amènent les quatre jeunes à débattre entre eux.

C’est l’heure de la pause musicale, l’occasion pour Benoît de leur donner un petit conseil : « Pensez à vous observer, à vous écouter et à vous passer le micro, pour mieux répartir la parole. » Quelques minutes après, c’est reparti pour une dernière série de questions : quels sont les moyens de contraception ? Quels sont les maladies sexuellement transmissibles ? Comment peut-on les éviter ? Le Sida est sur toutes les lèvres. « Et vous en connaissez d’autres, des MST ? », interroge Benoît. « La rage, ça en fait partie, non ? », demande Abdelhakim. « Ah, non, la Raj, c’est la radio animation jeunesse ! » Grands éclats de rire.
L’enregistrement touche à sa fin. En animateur quasi professionnel, Abdelhakim clôture l’émission. Le retour de Justine sur sa grande première : « Moi, j’étais à l’aise, j’ai vraiment kiffé ! » Dernier conseil de Benoît avant que les quatre collégiens ne filent déjeuner : « Continuez d’apprendre sur la sexualité. Vous avez quelques bribes d’information, mais ce n’est qu’un début. Réfléchissez aux sentiments. Ne restez pas seuls avec vos peurs, parlez-en à des personnes de confiance autour de vous. » L’objectif des animateurs jeunesse est bien de créer des espaces où les ados se sentent en confiance, où ils peuvent se lâcher et parler de tout, même de sujets délicats. En tout cas, à la Raj, c’est mission accomplie.

Textes et photos : Nathalie Picard

EN SAVOIR PLUS :

>>sur Internet (diffusion permanente, boîte à outils, podcasts des émissions, radio collège) : radio.la-raj.fr

>>sur les ondes jusqu’au 19 décembre : 97.4 FM

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La Maison de la Radio, déjà entendu

Il voulait percer les mystères de la Maison de la radio : Nicolas Philibert nous perd dans le couloir des stars…

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Quel élitisme ! Traiter les coulisses de la Maison de la radio en ne présentant que les voix stars de France Inter et de France Culture, c’est tellement… Décevant. Nicolas Philibert, réalisateur d’Être et avoir semble s’être attaqué à trop gros pour lui… L’idée de base est alléchante : montrer en images ce qui n’est que son. Les questions soulevées méritent entièrement d’être posées : comment diable fait-on pour tuer le silence à chaque seconde sur ces antennes ? Et, surtout, qui se cache derrière notre poste de radio ? Qui ? Apparemment, seulement les GRANDS présentateurs. Voilà de quoi faire bouillir plus d’une petite main : les reporters qui travaillent chaque week-end et toutes les vacances, tard le soir, tôt le matin, appelés à la dernière minute, payés en retard, remplacés sans remerciements, CDD précaires, employés de l’ombre qui font aussi rouler la machine.
Inaudibles déjà à l’antenne, ils sont invisibles dans le documentaire, qui semble se présenter pourtant comme un hommage sincère au noble média radiophonique. Ce n’est pas faute d’avoir laissé trainer deux secondes la caméra chez les cuistots ou les coursiers qui font, aussi, vivre la ruche. Mais Nicolas Philibert montre seulement sa radio, celle qu’il écoute, celle de la surface, celle qui est déjà connue. La radio qu’il admire aussi, et on ne va pas le nier, certaines images valent le coup : voir le live d’un orchestre capturé dans les micros puis défiler sur les écrans des techniciens…
Mais beaucoup de longueurs et de répétitions dans ce discours pour, finalement, peu de pédagogie. Et pourquoi ce parti pris « people bobo ? » Il y avait tant à dire, tellement mieux à faire.
La maison de la radio a une âme, c’est une fourmilière où se croisent un tas de monde, de cultures, de voix. Des milliers de personnes la traversent chaque jour. Elle est un coeur battant de l’information quotidienne française. Le film, inexact et frustrant, n’aura réussi à en montrer qu’une infime partie sans nous étonner vraiment.