Chroniques culture : en musique avec Ghost, Dropkick Murphys et Distractions

On commence pied au plancher avec les reprises à la sauce Ghost, avant d’adoucir le rythme avec l’album acoustique des Dropkick Murphys et le lyrisme de Distractions.

GHOST – PHANTOMIME

On savait le groupe Ghost féru de reprises. Peu de surprise ici, donc, à voir débouler un petit EP des Suédois, offrant cinq « covers » aussi diverses et variées que possible. Le groupe de Tobias Forge étant habitué à mélanger habituellement hard rock, heavy et influences pop dans ses propres compositions, il agit donc exactement de même ici. Et ce, peu importe la chanson de base.

Et ça marche ! Il suffit d’écouter le « We Don’t need another hero » de Tina Turner, passé à la moulinette rock, Ghost réussissant on ne sait comment à s’approprier ce hit. Une réussite qui se retrouve tout au long du mini-album : « Jesus He knows me » (de Genesis) est repris avec un bon coup de pied aux fesses, et devrait se transformer en monstre live si Ghost ose la rejouer sur scène. Le « Hanging Aroung » des Stranglers s’adapte parfaitement (bon courage pour vous enlever le refrain de la tête !), tandis que « See No Evil » (Television) est un peu plus faiblard.

Enfin, les métalleux de tout poil se rueront sur la reprise du morceau épique culte d’Iron Maiden, « Phantom of the Opera » : un défi – plus que difficile – pourtant réussi haut la main. Résultat ? Un EP de reprises diablement bien fichu… Dur dur de ne pas taper du pied à son écoute.

Aurélien Germain


DROPKICK MURPHYS – OKEMAH RISING

Voilà donc la suite de « This Machine still kills fascists » des Dropkick Murphys ! Oubliez un instant le punk celtique habituel, le groupe poursuivant ici sa lancée d’un album hommage aux paroles de Woody Guthrie… le tout, intégralement en acoustique ! Pourtant, l’effet festif reste toujours de mise, les Dropkick réussissant à nous plonger dans une ambiance de pub enfumé, où les litrons de binouse coulent.

Mais le deuxième visage de ce disque, c’est aussi cet esprit contestataire qui imprègne la dizaine de titres. Revendicatif à souhait, il se pose comme étendard de la lutte sociale. Un véritable drapeau pour la défense de la classe ouvrière.
A.G


DISTRACTIONS – PACIFIQUE

De feu Fauve, on avait tiré des cendres Magenta, mais voilà que Distractions rallume la flamme, emmené par Quentin Postel. Entouré de ses complices Camille et Charles, il met en musique les poèmes lyriques de son frère Martin et revendique des influences qui vont de Aragon à Bon Iver en passant par Phoenix et Quincy Jones.

On y entend donc des textes grandioses, des gospels futuristes, bastonnés sur des rythmes enflammés et sublimé par le travail en studio du nouveau sorcier qu’est Victor Le Masne (Juliette Armanet, Gaspard Augé ou Kavinsky). Un cocktail, où les voyages, l’exotisme, le Japon, les synthés des années 80 se mélangent. Vivement la scène !
Hervé Bourit