Cancer : Tours innove grâce aux ultrasons

Du 18 au 21 septembre, le centre des congrès de Tours a accueilli la conférence internationale sur les ultrasons. L’occasion de mettre en valeur une avancée sur le traitement du cancer.

(Photo CHRU Tours)
(Photo CHRU Tours)

C’est une première mondiale ! Des chercheurs et des médecins de Tours vont bientôt tester une thérapie innovante auprès de patients atteints d’un cancer colorectal : combiner le traitement habituel à des ultrasons et des microbulles de gaz. Rencontre avec les deux coordinateurs de l’essai : Ayache Bouakaz, directeur de recherche Inserm et directeur de l’équipe Imagerie et ultrasons (unité mixte de recherche Imagerie et cerveau, Inserm – université François-Rabelais) et le professeur Thierry Lecomte, chef du service d’hépato-gastroentérologie et de cancérologie digestive au CHRU de Tours.

Vous vous apprêtez à lancer un essai clinique original. Qu’allez-vous proposer aux 15 patients qui vont être recrutés ?
Thierry Lecomte (TL) : Nous nous adressons à des patients atteints d’un cancer colo-rectal, qui ont également des métastases au niveau du foie. Ils recevront leur traitement habituel : une chimiothérapie associée à un biomédicament. Mais en plus, nous allons leur injecter des microbulles de gaz et envoyer de manière ciblée des ultrasons (onde sonore imperceptible par l’oreille humaine, NDLR) sur les métastases du foie. Nous les suivrons pendant six mois pour comparer l’évolution de ces métastases par rapport à celles qui sont traitées uniquement selon le protocole classique.

En quoi l’administration d’ultrasons et de microbulles peut-elle améliorer la thérapie ?
Ayache Bouakaz (AB) : Les microbulles de gaz sont déjà utilisées de manière routinière pour améliorer la qualité des échographies (une technologie à base d’ultrasons, NDLR). En les observant au microscope, nous avons remarqué qu’elles se dilatent et se compriment sous l’effet des ultrasons. Lorsqu’elles sont à côté d’une cellule, ce mouvement crée une sorte de massage cellulaire. Conséquence, la membrane de la cellule devient plus perméable. Lorsqu’on cible la tumeur avec les ultrasons, ce phénomène permet aux médicaments de mieux pénétrer dans les cellules cancéreuses.

Cette thérapie n’est-elle pas trop contraignante pour le patient ?
TL : Non, la seule contrainte est de venir une fois de plus à l’hôpital chaque quinzaine, le troisième jour de la chimiothérapie, pour recevoir les ultrasons et les microbulles. Si l’on arrive à augmenter l’efficacité de la chimiothérapie, le patient y trouvera un intérêt direct sans augmenter le risque d’effets secondaires associés, comme les nausées, les vomissements, les diarrhées ou la chute des cheveux.

Ayache Bouakaz, vous présidez le comité d’organisation du congrès international sur les ultrasons qui se tient en ce moment à Tours [interview réalisée la semaine dernière, NDLR ], au Vinci. Est-ce une reconnaissance de vos travaux ?
AB :
Le congrès est organisé chaque année sur un continent différent et le choix de la ville de Tours ne s’est pas fait au hasard. C’est un peu comme pour les jeux Olympiques : nous avons déposé un solide dossier de candidature. L’équipe de recherche Imagerie et ultrasons bénéficie d’une expertise reconnue au niveau international depuis trente ans. Cet héritage nous a été transmis par des pionniers de la recherche sur les ultrasons et l’imagerie médicale, comme le professeur Léandre Pourcelot. Aujourd’hui, grâce à la proximité entre le CHRU, l’Université François-Rabelais et le Centre d’investigation clinique et d’innovation technologique, ces recherches fondamentales sont mises en oeuvre pour le patient.

Propos recueillis par Nathalie Picard

Médiation animale : une thérapie qui a du chien

Aurélie Rougereau s’est lancée depuis janvier dans la médiation animale (ou zoothérapie). Elle utilise ses deux chiens, Jinko et Litchi, pour tisser du lien entre les personnes.

L’éducation canine des deux compagnons d’Aurélie prendra encore quelques mois, surtout que deux en même temps ce n’est pas toujours facile à gérer.
L’éducation canine des deux compagnons d’Aurélie prendra encore quelques mois, surtout que deux en même temps ce n’est pas toujours facile à gérer.

La zone est protégée par un code d’accès qu’Aurélie connaît par cœur, car sa grand-mère habite ici. Derrière le sas et ses doubles portes soigneusement fermées, un hall moderne quoique impersonnel offre aux visiteurs le choix entre des salons aux fauteuils plus ou moins récents et des couloirs desservant les chambres. Dans l’air se disputent une odeur de naphtaline et de produits d’entretiens pour hôpitaux. Les chaises roulantes et les déambulateurs ne laissent guère de doutes : cette résidence est une maison de retraite. Les patients qui y séjournent sont atteints, à des stades encore peu avancés, de la maladie d’Alzheimer et de ses différentes déclinaisons.

Au fond du dédale, une salle commune équipée d’une kitchenette les accueille pour l’après-midi. Mais aujourd’hui c’est une activité un peu différente qui leur est proposée. Aurélie, 24 ans, les rejoint avec ses deux chiens pour une séance de médiation animale. Son énergie et celle de ses compagnons détonnent forcément avec ce décor un peu terne. Et c’est le but. Malgré les bons soins d’une équipe enjouée, s’occuper et se sociabiliser n’a plus rien d’un chemin évident pour ces patients. « La dame en jaune que vous voyez là-bas n’a pas d’enfants et reçoit de moins en moins de visites car ses amis sont âgés aussi. Elle est souvent déprimée. Mais quand Aurélie vient avec ses chiens regardez comme elle rit », observe une assistante de soin (ASG) de 36 ans.
Avant de pouvoir amener ses animaux, il a fallu qu’Aurélie explique un peu son activité et en justifie les bienfaits pour les patients. « Au Canada, la zoothérapie est beaucoup plus développée. Mais en France non seulement nous avons beaucoup de normes sanitaires mais en plus nous sommes souvent dubitatifs sur les méthodes non purement médicales », constate-t-elle. La médiation animale, à quoi ça sert ? « Les animaux permettent de créer un lien, une interaction entre le patient et le thérapeute. Ils sont un prétexte, un médiateur sur lequel le patient se focalise, oubliant parfois ses troubles médicaux », explique Aurélie.

La médiation animale requiert la participation des patients.
La médiation animale requiert la participation des patients.

Cela permet de travailler sur la communication, le développement psychologique, cognitif, social et même moteur. « Je me souviens d’une dame âgée qui ne pouvait jamais se pencher en avant, c’était infernal pour l’habiller le matin. Un jour, elle a vu un chien passer et elle s’est penchée instinctivement pour le caresser », s’amuse une assistante de soin de la maison de retraite.

La zoothérapie (ou médiation animale) est née aux États-Unis. Elle remonte aux années 1960 et est attribué au psychiatre américain Boris Levinson qui, oubliant que son chien était resté dans son cabinet médical, reçut un enfant autiste pour une séance. Alors que le petit garçon restait d’habitude dans un mutisme total, il se mit à jouer avec le chien, puis à parler, notamment pour demander quand il pourrait revoir son nouvel ami. Le praticien a fait de cet accident méthodologique une voie de recherche, sur laquelle il a écrit de nombreux ouvrages. Effectivement, pendant la séance d’Aurélie, le résultat est immédiat. Elle met son petit chien Jinko sur la table, sous quelques effarements mais surtout de grandes exclamations. Le Jack Russel fait le tour de l’assemblée, recevant caresses et compliments à gogos sur son pelage soyeux. La star à quatre pattes distribue même des léchouilles à la volée aux plus audacieux. Clown d’un jour, il enchaîne ensuite les cabrioles à travers un cerceau. Aurélie questionne l’assemblée : « De quelle couleur est-il, combien en comptez-vous ? ».

Même si les effets cliniques de la zoothérapie sont controversés, l’interaction permet d’apporter du bien-être aux patients.
Même si les effets cliniques de la zoothérapie sont controversés, l’interaction permet d’apporter du bien être aux patients.

Pendant ce temps, Litchi, le teckel, a élu domicile entre les bras de la doyenne, Thérésa. Quand on lui demande quel âge elle a, elle se souvient être née en 1915. Mécaniquement on calcule 101 ans et on recalcule inconsciemment une deuxième fois pour être sûr d’avoir bien compris. « Si on m’avait dit que je vivrais aussi vieille », plaisante-t-elle tout sourire. Au bout d’une demi-heure elle répète pour la troisième fois : « à qui sont-ils ces petits chiens ? Oh ! il y en a deux. » Une autre dame s’est assise à côté d’elle, elle est descendue exprès pour cette activité : elle a elle-même eu des chiens par le passé et c’est une joie immense de pouvoir en retrouver. Aurélie lui propose de brosser Jinko ce à quoi elle répond sans se faire prier. Forcément, on est curieux : cette activité fonctionne-t-elle mieux que les autres ? Pourquoi ? « Je crois que c’est parce que c’est vivant et donc interactif », note une assistante de soins. Boris Levinson résumait le concept ainsi : « L’animal ne se nourrit pas d’attentes idéalisées envers les humains, il les accepte pour ce qu’ils sont et non pas pour ce qu’ils devraient être ».

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Litchi, jeune Teckel d’un an et médiateur.

Formée dans le social et passionnée par les animaux, Aurélie a vu dans la zoothérapie un moyen de façonner un emploi à son image. Elle a découvert cette pratique auprès d’une de ses collègues lors d’un stage dans une structure médicale. « Elle m’a montré ce qu’on pouvait faire avec différents animaux, car si j’ai choisi deux chiens, on peut le faire aussi avec des hamsters, des lapins, des chevaux, des chats et bien d’autres. »Son rêve serait de pouvoir créer un jour une ferme pédagogique pour travailler avec plus d’animaux. Mais pour l’instant la jeune femme en est encore loin. Après avoir suivi une formation à l’Institut de zoothérapie Agatéa à Colmar, elle s’est lancée à son compte depuis janvier. Comme beaucoup de créateurs d’entreprises de son âge, elle a choisi le statut d’auto-entrepreneur, un bon moyen de commencer à développer sérieusement son activité à moindre frais.
Mais pour l’instant les contrats en médiation animale ne pleuvent pas. « C’est une activité encore peu répandue, notamment à Tours », justifie-t-elle. Sa structure se met progressivement en place grâce à la création de sa page facebook MAJE (médiation animale joie et espoir) et des séances de découvertes qu’elle offre aux maisons de retraite, hôpitaux et même à domicile. En attendant le développement de son activité, elle cumule les petits boulots d’aide à domicile. Dans la maison de retraite où elle a fait sa dernière séance de découverte, le personnel est confiant : « Les activités d’Aurélie sont très bénéfiques, nous en avons déjà discuté plusieurs fois tous ensemble. Notre directrice lui proposera peut-être un contrat, pourquoi pas une fois par mois ».

Reportage et photos : Julia Mariton

AURÉLIE ROUGEREAU
> ar.maje@orange.fr
> Et sur Facebook : MAJE médiation animale joie et espoir.

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Avec l'art-thérapie : "On travaille sur le ressenti personnel"

Christel Letessier-Debrune est diplômée de l’Afratapem (École d’art-thérapie de Tours). Elle exerce son activité en libéral depuis 2011 et suit particulièrement les enfants.

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Vous intervenez uniquement sur ordonnance. L’art-thérapie est bien connue du corps médical ?
La prescription thérapeutique se fait en fonction de la sensibilité de l’enfant. Le corps médical voit par quelle technique il est possible de travailler : ce sera l’art-thérapie, l’équi-thérapie… Les psychiatres, les médecins généralistes, les hospitaliers nous connaissent bien puisque l’Afratapem travaille avec la faculté de médecine. Des enfants me sont aussi envoyés par l’orthophoniste ou le psychologue. Quand un patient vient spontanément, on le renvoie vers son médecin, c’est une règle déontologique.
Les enfants savent-ils pourquoi ils viennent vous voir ?
Les explications sont adaptées à leur âge mais leur adhésion est essentielle. Lorsqu’ils viennent pour des séances individuelles, ils savent que c’est pour une difficulté particulière. La démarche émane parfois de l’enfant lui-même qui cherche à s’exprimer, c’est le cas pour des séances en groupe qui fonctionnent avec une autre dynamique. Certains enfants sont réticents lors de la première rencontre et c’est tout à fait normal. C’est généralement dû à une saturation.
C’est-à-dire une multiplication des rendez-vous thérapeutiques ?
Oui. Ils sont suivis par trois, quatre spécialistes. Les enfants ne peuvent pas être sur tous les fronts, ils sont épuisés. Là aussi, la prescription de l’art-thérapie sur ordonnance médicale est un garde-fou : le médecin connaît le parcours médical de l’enfant, il évitera d’empiler les traitements. J’ai reçu un petit garçon qui avait de l’asthme, des problèmes de langage, de vue. Il était suivi par un spécialiste, un orthoptiste, une orthophoniste… et sa maman me l’amenait pour une rééducation de l’écriture. J’étais en face d’un petit garçon très très triste. J’ai dit à la maman que ce n’était pas possible, il fallait d’abord terminer la rééducation orthoptiste pour lui éviter de passer toutes ses soirées chez des thérapeutes. Ensuite, je lui ai demandé ce qu’il aimait, ce qu’il savait faire. Il a retrouvé de l’espoir, ça l’a aidé à progresser chez l’orthophoniste. On travaille le ressenti corporel, les émotions, l’affirmation de soi, la confiance en soi. L’objectif est lié “à la saveur existentielle”, le goût de vivre. Il ne s’agit pas de motricité, même si on l’utilise.
L’art-thérapie semble particulièrement adaptée aux jeunes souffrant d’anorexie, de boulimie…
Tout à fait. À la demande de médecins hospitaliers spécialisés, qui sont trop limités dans leurs ressources, nous constituons en ce moment un réseau pour travailler sur les troubles du comportement alimentaire.

Autisme : « Rien n'a changé… »

Mardi 2 avril, la Fédération Autisme Centre organise une journée de formation gratuite, ouverte à tous, au Vinci. À quelques jours de cette manifestation, tmv a voulu savoir si la perception de cette maladie avançait enfin.

En France, l'autisme touche un enfant sur 150. C'est une maladie complexe et multifactorielle, à forte composante génétique.
En France, l’autisme touche un enfant sur 150. C’est une maladie
complexe et multifactorielle, à forte composante génétique.

 
Mardi 2 avril, la Fédération Autisme Centre organise une journée de formation gratuite, ouverte à tous, au Vinci (lire cidessous). À quelques jours de cette manifestation, tmv a voulu savoir si la perception de cette maladie avançait enfin.
Entretien avec Josette Cousin, directrice des Maisonnées, maisons d’accueil en Touraine pour adultes autistes.
 
L’autisme était « Grande cause nationale 2012 ». Un an après, est-ce que les choses ont changé ?
Ça a bougé sur le plan médiatique, avec beaucoup d’émissions, certes. Mais sur les moyens supplémentaires, rien de neuf. Rien qu’en Indre-et-Loire, pourtant à la pointe côté recherche, un accueil de jour avec six places devait ouvrir. Le coût est faible, et pourtant, on nous a dit que cela ne se ferait pas avant janvier 2014. Six places, ce n’est pas beaucoup, mais cela aurait pu servir à six jeunes. On espère vraiment que ça se fera. Il faudrait des ouvertures tous les ans. Plus les personnes autistes sont prises en charge jeunes, moins les troubles seront importants plus tard.
 
Que faut-il faire alors ?
Il faut que l’État et le conseil général réagissent malgré les problèmes financiers. Il faut que les gens fassent des dons aux associations pour financer les aménagements, les locaux, etc. C’est impératif que l’on nous donne des moyens. Je suis allée à Stockholm, il y a cinq centres ressources autisme. Dans la région Centre, il n’y en a qu’un… L’État doit arrêter de multiplier les mille-feuilles administratifs. Il faut aussi que les médecins traitants fassent des diagnostics. C’est impératif. Un enfant sur 150 naît avec un trouble du développement lié à l’autisme !
 
Qu’espérez-vous de la journée du 2 avril ?
On veut faire parler de l’autisme, mais pas pour se donner bonne conscience. En Indre-et-Loire, il y a eu des progrès, mais les besoins sont importants. Il ne faut pas mollir, on sait où sont les personnes autistes. Et elles peuvent vivre jusqu’à 80 ans, comme nous. Cela a un coût. Alors, il ne faut pas tout arrêter.
 
Propos recueillis par Aurélien Germain
 


Journée au Vinci : le programme
 
« Autisme : itinéraires de vie », c’est le nom de la manifestation du 2 avril. La journée débutera à 9 h pour se terminer à 17 h 15, au centre des congrès Vinci. Le programme est chargé. Dès 9 h, la présentation du plan autisme par la ministre de la Santé (message vidéo) et le Pr. Barthélemy. À 9 h 45, un débat : où en est la recherche ? En fin de matinée, dès 10 h 30, placée à Autis’sports et des témoignages, notamment, de Stéfany Bonnot-Briey, autiste Asperger. Un repas sera organisé sur place et, à 14 h, les établissements de la Fédération Autisme Centre présenteront les activités d’adultes avec autisme. En fin de journée, une table ronde sera organisée. Une occasion unique, pour qui le veut, d’apprendre à porter un regard différent sur les autistes et leurs familles. Inscriptions et informations sur www.cra-centre.org

Interview de Dominique Perrotin, doyen de la fac de médecine

Le doyen nous parle des 50 ans de la far de médecine de Tours

Que représentent les 50 ans de la fac de médecine pour vous ?

C’est avant tout un prétexte, un moyen de montrer que nous avons toujours été un moteur dans la vie universitaire à Tours. La faculté de médecine, c’est le premier bâtiment universitaire dans notre ville. C’est aussi un établissement avec une vraie réputation au niveau national.

 

Quel regard portez-vous sur son histoire ?

La faculté de médecine, qui est née en 1962, s’est construite sur un terreau favorable. Prenez par exemple les trois maîtres Bretonneau, Velpeau et Trousseau, ou encore la famille Debré. C’est le professeur Robert Debré, un des grands noms tourangeaux, qui est à l’origine de l’ordonnance de 1958. Sans elle, il n’y aurait peut-être pas de lien aussi étroit entre l’hôpital et la recherche universitaire. Elle est fondamentale sur les notions d’enseignement d’excellence du soin et de l’enseignement de la médecine.

 

Quel est l’héritage du passé ?

Nous avons toujours fait partie des facultés les plus en pointe en matière de pédagogie médicale. C’est une de nos forces. C’est un des héritages que j’essaye de perpétuer encore aujourd’hui. En 1962, beaucoup de professeurs de la faculté d’Alger sont venus à Tours, accompagnés d’enseignants de Paris. L’évolution a été très rapide vu que nous bénéficions de tous ces talents.

 

Aujourd’hui, quelles sont les différences avec les débuts de la faculté ?

Nous avons des liens de plus en plus étroits avec le milieu hospitalier. C’est vrai qu’à Tours, toutes les spécialités sont bien représentées. À la faculté, aujourd’hui, nous introduisons de plus en plus la notion de professionnalisation. Bien sûr, je n’oublie pas le volet recherche. 50 ans après notre naissance, nous sommes, par exemple, en train de nous interroger sur l’entrée des formations paramédicales au sein de la faculté de médecine. Elles, ne sont que professionnelles, et veulent réintroduire plus d’enseignement.

 

Un anniversaire, c’est aussi l’occasion de se tourner vers l’avenir. Quelles évolutions la faculté doit-elle mener ?

C’est impossible d’oublier le passé quand nous réfléchissons au futur et avoir en tête que nous sommes ici pour former de très bons médecins. Il faut aussi prendre en compte la compétition nationale et internationale entre les formations. C’est pour cela que nous devons faire des choix stratégiques. Nous sommes d’abord obligés de privilégier les axes d’excellence et de se regrouper. Je suis en train d’entamer une révolution : réunir les six grandes facultés de médecine du Grand Ouest afin de créer des collaborations. Il faut imaginer une grande interrégion médicale et universitaire : c’est un moyen formidable pour pouvoir se moderniser, mutualiser et enfin être reconnu à l’étranger. Nous avons un déficit d’image à l’international. Et puis, un autre moyen de faire bouger les facultés de médecine, c’est de s’associer de plus en plus avec l’Europe. Il est là l’avenir.