Les journalistes ? Tous pourris !

Oui, on sait : les journalistes, tous pareils, tous pourris, tous corrompus, à la botte du système, menteurs, partisans et peu crédibles. À l’occasion des Assises du journalisme cette semaine, Tmv a repris certaines critiques adressées aux médias pour tenter d’y répondre le plus honnêtement possible. Niche fiscale, traitement de l’info, salaires, on vous dit tout.

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Pourquoi les journalistes ne payent pas d’impôts avec leur niche fiscale ?

Ce n’est pas tout à fait ça. En revanche, les journalistes qui peuvent prouver que la majorité de leurs revenus provient du journalisme bénéficient d’un abattement forfaitaire de 7 650 €, carte de presse ou non. En gros, si le revenu imposable communiqué par l’employeur est 37 650 €, on ne mentionne que 30 000 € sur sa déclaration.

Cet abattement fiscal était justifié lors de sa mise en place en 1934, puisqu’il était censé financer les frais professionnels importants de cette profession. Mais la situation a changé et l’argument des frais est difficile à concevoir désormais. Dur dur, donc, de justifier cette « niche fiscale » aujourd’hui. De nos jours, cet avantage fiscal coûte entre 40 et 70 millions d’euros par an aux caisses de l’État.

Fin 2018, les députés ont décidé de le plafonner : cet abattement a été interdit pour les journalistes qui touchent plus de 6 000 € nets par mois (autant dire les privilégiés et ceux-dont-on-ne-doit-prononcer-le-nom comme dans Harry Potter).

journalisme.Il y a un vrai manque de diversité dans les rédactions !

Malheureusement, c’est vrai. Dans la plupart des médias, la diversité sociale et ethnique est faible. Les rédactions sont un univers très « blanc ». La seule étude statistique sur la diversité ethnique et sociale des journalistes remonte à 2009. Et ce fut un échec : seules 40 entreprises sur 117 ont répondu.
Ce manque de diversité avait été pointé du doigt par la journaliste et écrivaine Rokhaya Diallo. Elle soulignait aussi la proportion trop importante de journalistes « issus de classes moyennes et supérieures ». Les étudiant(e)s en journalisme issus de classes sociales modestes sont moins nombreux. On peut donc effectivement dire que les médias ne sont pas vraiment le reflet de la société française.

De toute façon, nous sommes informés par des milliardaires, puisque les médias sont détenus par les riches patrons…

C’est un fait : excepté quelques rares indépendants (le Canard enchaîné), les médias, dans leur immense majorité, appartiennent à des actionnaires privés (grands groupes, milliardaires, industriels…) ou à l’État (pour France Télévisions, Radio France, etc.). Comme le disait Le Monde, « si certains [industriels] assurent investir dans les médias par pur désintéressement, la plupart le font pour gagner de l’influence. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils contrôlent le contenu publié ».
Guillaume Erner, dans Charlie Hebdo, écrivait : « Quant aux oligarques qui la renflouent, ils soutiennent la presse comme la corde soutient le pendu. Parce qu’une entreprise lambda peut redevenir rentable ; un titre de presse est condamné, pour sa part, à se maintenir à flot tant bien que mal. Voilà pourquoi le sort de nombreux confrères dépend désormais du bon plaisir de Drahi, Bolloré et consorts. »

Les journalistes sont heureusement souvent protégés par une charte d’indépendance. Mais cela n’évite pas les dérapages. On se souvient de l’intervention de Vincent Bolloré, du groupe Canal, qui avait empêché un documentaire d’investigation sur le Crédit mutuel en 2015. L’autre risque important est celui que les journalistes s’auto- censurent sur certains sujets sensibles, dans un contexte où la presse est économiquement fragile.

Pour précision, quant à nous, tmv appartient au groupe La Nouvelle République du Centre Ouest.

Berk, les journalistes sont tous de gauche…

En 2012, une consultation émanant de l’Institut Harris est demandée par la revue Médias, alors dirigée par Robert Ménard (désormais maire de Béziers). Résultat : 74 % des journalistes voteraient à gauche. Sauf que… seuls 105 journalistes professionnels ont répondu (et qui plus est sur Twitter). Depuis, quasiment pas de statistiques pour cette question aussi ancienne que la profession.
Certains vous diront que tous les journalistes sont de gauche ; les autres penseront qu’ils sont tous vendus au grand capital. Le journaliste est de droite pour les gens de gauche ; il est de gauche pour les gens de droite.

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Je parie que vous gagnez 10 000 € par mois.

On aimerait bien ! Mais… non. La réalité est moins reluisante. Beaucoup ont tendance à croire cela, puisque les présentateurs-stars de JT, eux il est vrai, ont des salaires très élevés. Aujourd’hui, Jean-Pierre Pernaut encaisserait environ 50 000 € par mois (d’après Le Dauphiné).
Le service public paye moins : 15 000 € par mois pour Laurent Delahousse. Dans les années 2000, Patrick Poivre d’Arvor touchait 71 000 € par mois.

Mais en vrai, le revenu médian brut mensuel d’un journaliste en 2016 était de 3 549 € (sur du net, cela fait environ 2 760 €) s’il était en CDI. En CDD, cela tombe à 1 896 €. Mais il y a également près de 20 % de journalistes pigistes. Et qui dit pige, dit salaire au lance-pierre, au compte-gouttes et irrégulier puisque votre paie dépend de la régularité des commandes.

Avec cela, il faut également faire la différence entre salaires à la télé, en radio ou encore en presse écrite (et encore différencier presse quotidienne nationale – 2 162 € brut en sortie d’école – et presse quotidienne régionale – 1 832 € – etc.) Journalistes sur le terrain, directeurs de rédaction, présentateurs, JRI (journaliste reporter d’images), salariés parisiens et en province… Tous sont payés différemment.

Le journalisme est un métier de plus en plus précaire, certains étant même obligés d’avoir d’autres activités à côté pour pouvoir vivre. En 2013, une étude auprès de 3 400 journalistes et présentée aux Assises du journalisme a par ailleurs montré que 12 % gagnaient moins que le Smic.

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Les médias sont gavés de subventions !

Oui, l’État soutient les journaux par des aides à la presse (les gratuits en sont exclus). Des subventions instaurées en 1796 qui devaient, à la base, garantir un pluralisme médiatique. Aujourd’hui, elles font surtout (sur)vivre une presse écrite moribonde. Les journaux Aujourd’hui en France et Libération sont les deux titres qui ont le plus été aidés en 2017.

Les chiffres, en centaines de millions d’euros, paraissent effectivement énormes et renforcent ce sentiment de manipulation des médias par les gouvernements. D’autant que les journaux semblent plutôt discrets au sujet de ces aides.
En mai 2018, dans un article intitulé « Comment aider vraiment la presse ? », les Échos écrivaient : « Plutôt que de distribuer de coûteuses aides aux journaux, l’État ferait mieux d’autoriser les lecteurs à déduire leurs abonnements aux médias de leurs revenus imposables. » Pas faux.

→RETROUVEZ LA  SUITE DE NOTRE DOSSIER ET D’AUTRES RÉPONSES AUX CRITIQUES ET REPROCHES DANS LE NUMÉRO 326 DE TMV. A TÉLÉCHARGER JUSTE ICI !

Quand les médias débarquent sur Snapchat

L’une des applications préférées des ados est également utilisée par des médias traditionnels. Entretien avec Noémie Pennacino, rédactrice en chef du site et du Snapchat de Society.

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Depuis quand le magazine Society publie-t-il des contenus sur Snapchat ?
On n’a pas de compte Snapchat privé mais nous publions dans Snapchat Discover qui est une plateforme où les médias, et depuis quelque temps les influenceurs, font paraître leurs stories. Les gens peuvent ainsi voir nos contenus dans la partie “Découvrir” de leur application. Nous faisons ça depuis juillet 2017, c’est Snapchat qui est venu nous chercher. On ne choisit pas d’y aller. Ils nous ont dit pour nous convaincre que de grands journaux, comme The New York Times, s’y trouvaient. Et que les gens, quand ça les intéresse, pouvaient finalement lire des articles longs également sur leur téléphone.

Pourquoi avoir dit oui ?
C’est pour toucher un public que nous n’atteignons pas forcément avec le magazine papier. Notre cœur de cible pour Society sont les 25-45 ans alors que Snapchat intéresse les 13-24 ans. Dans notre stratégie, on essaie de pousser aux 13-30 ans, même si ce n’est pas évident de parler à un adolescent et à un trentenaire de la même façon.

Publiez-vous souvent sur ce réseau social ?
Non, seulement une fois par semaine, chaque dimanche à 6 h du matin. C’est en général une story de 10 snaps.

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Y a-t-il une armée de geeks pour s’en occuper dans vos locaux ?
Il n’y a pas de rédaction dédiée au web à Society, chacun fait un peu de tout. Pour Snapchat, nous sommes deux, avec Michaël Simsolo qui est aussi rédacteur en chef du site, avec parfois la contribution de pigistes du magazine. Nous avons quand même recruté une motion designer quand nous avons commencé : elle s’occupe des animations graphiques des « tops snaps » et des infographies des articles que l’on peut lire en dessous, quand on « swipe » vers le haut. Les textes, les vidéos, les tests de personnalité ou les quiz que l’on ajoute, c’est aussi nous qui les faisons. On peut mettre trois à cinq jours pour terminer une story.

Dans vos dernières stories, on peut lire un sujet sur les soirées en appart, la PMA, le Burkina Faso… Comment choisissez-vous vos sujets ?
Sur le fond, c’est un peu au feeling, mais comme c’est une publication qui était au départ visible une semaine seulement après sa publication, on ne faisait pas trop d’actualité. Depuis six mois environ, ces stories ne sont plus éphémères puisque Snapchat permet de les archiver. Donc il faut qu’on trouve des sujets que les gens pourront lire plusieurs mois après. On peut savoir quelles stories sont les plus vues et partagées, mais en dehors des articles qui fonctionnent grâce à l’interactivité des quiz ou des votes, il n’y a pas vraiment de logique pour que ça décolle ou non. Donc on essaye de se détacher des statistiques.

Quels sont les retours depuis un an et demi ?
L’audience est très forte, plus que sur notre site ou pour le magazine. On ne peut donner de chiffres car Snapchat nous l’interdit, on ne peut donc pas se comparer aux autres médias. Mais les retours sont bons. Les stagiaires de 3e qu’on reçoit nous disent aussi qu’ils consultent nos stories. On sait que les très jeunes ne vont pas lire d’articles sur les sites et préfèrent se rendre sur les réseaux sociaux pour s’informer et éventuellement cliquer sur un lien.

C’est une sorte de conquête d’un nouveau lectorat pour Society ?

Le magazine Society a été fondé en 2015.
Le magazine Society a été fondé en 2015.

En étant présent sur Snapchat, on ne va pas chercher à conquérir de nouveaux lecteurs pour le magazine, mais on se dit que ce qu’on propose peut quand même les intéresser. On utilise parfois des sujets déjà publiés qu’on réédite, qu’on va rendre plus explicatifs ou pédagogiques, tout en gardant notre ton. On fait aussi beaucoup de sujets uniquement pour Snapchat. Ces mini-sites sont différents de ce que nous faisons sur le plan technique. Après, au niveau éditorial, nous avons déjà des formats variés dans le magazine.

Parlons argent, ça rapporte ?
Les revenus viennent uniquement de la publicité, glissée tous les trois snaps dans nos stories. C’est à 95 % Snapchat qui s’occupe de vendre ces espaces publicitaires et nous découvrons les contenus à la publication.

Vous allez donc continuer avec ce petit fantôme ?
Oui, ça fonctionne bien. Bon, ils ont perdu pas mal de médias quand ils ont choisi d’inclure les influenceurs (ndlr : Nabilla, Jeremstar, Cristiano Ronaldo, Vitaa… ) car tout était mélangé mais depuis, les lecteurs peuvent s’abonner à des comptes et suivre plus facilement les médias qu’ils apprécient dans l’interface de Discover. Sur les autres réseaux sociaux, nous ne sommes pas les meilleurs, faute de temps et à regret, mais le fait d’avoir recruté une motion designer nous pousse à développer des stories sur Instagram aussi.

>> Retrouvez également le magazine Society sur Facebook.

Propos recueillis par Pauline Phouthonnesy

Un bouquin, des pépètes et un cacatoès !

On n’est pas objectif, mais on assume ! Le roman d’Elisabeth, Les Pépètes du cacatoès (City Éditions) on l’aimait déjà avant d’en avoir lu la première ligne, parce que Elisabeth, c’est notre copine-qu’onbosse-avec et qu’on l’aime aussi. Sa première interview de romancière est pour nous (et elle décoiffe !).

Interview / Spécial copinage (bah ouais)

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(Photo Crédit : Gin Pineau)

C’est quoi cette histoire de cacatoès, pourquoi pas un boa constrictor ou un gibbon à mains blanches ?
J’avais peur d’effrayer les enfants. Je me suis dit qu’un cacatoès, c’était plus consensuel. En même temps, un cacatoès, ça fait beaucoup de bruit et ça peut être drôle si plein d’enfants en réclament à leurs parents, du coup.

Donne-moi trois bonnes raisons de ne pas lire ton roman.
Déjà, c’est écrit par une journaliste (une journaliste de tmv, en plus !) et les gens détestent les journalistes. Deuxième raison, c’est écrit par une provinciale et on sait bien que tout ce qui vient de province est quand même assez insignifiant. J’habiterais Saint-Germain-des-Prés ça vaudrait peut-être le coup, là, franchement, c’est gâché. Et troisième raison, c’est écrit par une femme et, par définition, une femme ça n’a pas de cerveau. Et puis, dernière raison : c’est une comédie et la comédie, ça n’intéresse vraiment personne.

Et si, malgré tout, on avait quand même envie de le lire, qu’aurais-tu envie de nous dire avant ?
Ben… Merci, déjà. Vous ferez plaisir à mes enfants. Et aussi, que si Instagram et l’art contemporain vous intriguent, si vous aimez les plats locaux et de saison et les histoires qui finissent bien, vous avez fait le bon choix.

Comment aimerais-tu que les lecteurs le lisent, ton roman ?
Puisque c’est un livre improbable, j’aimerais qu’ils le lisent dans les endroits les plus improbables de la planète. Par exemple, la tête en bas, perché dans un arbre. Mais bon, ils le lisent comme ils veulent, en même temps, je ne serai pas là pour les surveiller, ils peuvent le lire dans leur canapé.

As-tu, sérieusement, envisagé l’hypothèse d’un succès ?
Non. Je me suis juste dit que j’allais écrire toutes les nuits pendant trois mois, que j’allais faire suer une vingtaine d’éditeurs et j’étais à peu près sûre que ça ne marcherait pas. En fait, l’objectif, c’était juste de boire un coup avec des copains et écrire un livre, c’est quand même une bonne raison pour boire un coup. Et si jamais ça marche (car on n’est jamais à l’abri d’un succès…), eh bien ça me fera une occasion de reboire un coup.

Si ce roman était adapté en film, tu verrais qui dans les rôles principaux ? Les-pepetes-du-cacatoes
Je verrais bien Michael Douglas dans le rôle du grand-père, ça pourrait être assez drôle. Et Catherine Deneuve dans le rôle de Mathilde, la fille. Et puis Jean-Hugues Anglade, il est de la région, ça me rendrait super fière de l’avoir dans le film.

C’est un livre drôle, puisque c’est une comédie et réconfortant puisque c’est écrit dessus. L’as-tu écrit dans un but thérapeutique ?
Absolument. Je suis d’ailleurs en attente de l’accord pour le remboursement du livre par la Sécu. C’est un livre qui n’est pas toxique, qui n’a pas d’effet secondaires, qui a une empreinte carbone raisonnable car imprimé en France par un imprimeur labellisé Imprim’ vert et qui est très bon pour la santé. Donc, si je n’obtiens pas l’accord, je vous encourage à lancer une pétition sur change.org, adressée à Agnès Buzyn pour exiger son remboursement.

Pour finir et sans langue de bois, doit-on croire ce que l’on commence à voir circuler sur les réseaux sociaux ? Seras-tu candidate à la mairie de Tours en 2020 ?
Je ne souhaite pas communiquer sur ce sujet pour le moment. Disons que j’entends des choses, j’écoute ce qu’on me dit. Il y a un désir d’autre chose, je le perçois bien. Mais il est vraiment trop tôt pour en dire plus.

(N’oubliez pas… Le second degré n’est pas qu’une température !)

Propos recueillis par Matthieu Pays / Photo : Gin Pineau

>> Les Pépètes du cacatoès, d’Elisabeth Segard. City Editions / 256 p. Disponible à La Boîte aux livres, à la Fnac, Cultura et autres librairies. Bref, partout !
>> Le résumé du livre : 
Le jour où Adalbert de Sainte-Sévère meurt brutalement, ses trois héritiers découvrent avec effarement son testament. Leur grand-père lègue sa fortune à son superbe cacatoès aux plumes roses. À moins que les petits-enfants relèvent son dernier défi : monter leur propre entreprise et ainsi prouver qu’ils ne sont pas juste des adultes trop gâtés ! Seulement, Victorien, Mathilde et Arthur sont passionnés par beaucoup de choses… mais pas franchement par le travail. Entre boîtes de nuit, soirées poker, et shopping, leur vie s’écoule paresseusement.
Comment récupérer l’héritage sans renoncer à leur mode de vie ? C’est le début d’une drôle d’épopée, au cours de laquelle l’esprit de famille (et un cacatoès…) s’avéreront bien utile. Et qui sait, au bout de l’aventure, peut-être gagneront-ils quelque chose de bien plus précieux qu’un héritage…

Tmv part en vacances : retrouvez notre numéro spécial été

Et voilà : dernier numéro de la saison pour tmv ! Avant notre retour fin août, téléchargez notre édition spéciale pour les vacances.

ET VOILÀ, C’EST DÉJÀ LA FIN DE LA SAISON !

40 numéros, qui nous ont accompagnés tout au long de l’année scolaire et nous ont fait passer d’un automne pluvieux à un été de plomb. Avec, entre les deux, une brassée de belles rencontres et, nous l’espérons, beaucoup de plaisir et d’émotions partagées. tmv va maintenant enfiler ses tongs et se mettre en mode farniente pour sept semaines. TMV_37_2018-07-11_P01-1-1-001

Pour nous, évidemment, c’est plutôt une bonne nouvelle, on ne va pas se mentir. Mais pour vous, pauvres lecteurs fidèles, qui attendez fébrilement chaque semaine votre petit concentré de bonne humeur citadine, bien emballé dans son papier rose oui, pour vous, c’est la catastrophe, c’est l’orage, déjà, qui s’abat sur l’été. Alors, n’écoutant que notre cœur, nous avons décidé de vous offrir pour ce dernier numéro estival, non pas un tmv, mais sept mini-tmv, à consommer semaine après semaine, pour tenir le coup jusqu’à notre retour, le 29 août.

Des bonnes idées de sorties, des jeux, des bouquins à lire cet été, des films et même des shoppings pour se remonter le moral, nous n’avons mis que des bons morceaux dans ces sept rations de survie. Du concentré de tmv à consommer pur ou dilué et sans aucune modération.

Alors, bel été à tous, profitez bien et rendez-vous le 29 août !

Pour télécharger le numéro en version pdf, c’est JUSTE ICI ! 

Deep Purple à Tours : conversation avec la voix du rock

Un matin comme un autre ? Pas vraiment. Ce mardi-là, tmv a décroché son téléphone pour passer un petit coup de fil à un certain… Ian Gillan, mythique chanteur de Deep Purple ! Le groupe se produira à l’American Tours festival le 14 juillet. Allô Ian ?

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Ian Gillan, à gauche, la voix du rock. (Photo Shutterstock)

Vous connaissez le stress ? Le fameux frisson qui parcourt votre dos et la goutte de sueur qui perle à votre front pendant que vous balancez quelques jurons, car tout ne va pas comme vous voulez ?

C’est ce qui arrive ce matin-là, dans nos locaux. Il est 9 h 30. Nous sommes censés causer à Ian Gillan, l’homme au micro de Deep Purple depuis 1969. De passage au Portugal, le chanteur nous attend à l’autre bout du téléphone. Mais des soucis techniques nous empêchent de le joindre à l’heure. Argh.
Impossible de faire attendre le Londonien. Après plusieurs essais infructueux, il faut se décider à tenter via notre téléphone portable qui fait des siennes avec sa batterie. Re-argh.

Ça y est. Ian Gillan décroche le combiné. Sa voix est rocailleuse, mais douce. Le débit est parfois lent, parfois plus rapide.
Son timbre change lorsqu’il s’exclame « interesting question ! ». Il choisit ses mots, varie ses intonations. L’homme parle comme il chante. Les trois minutes de retard à notre interview n’ont visiblement pas dérangé le gentleman. « Ce n’est pas grave du tout, rassurez-vous. Comment allez-vous ? », demande-t-il de son joli accent british.
Lui se porte comme un charme. Le dernier album de Deep Purple, InFinite (sorti en 2017), a séduit le public. Succès dans les charts, chroniques dithyrambiques, et milliers d’exemplaires vendus. « C’est une période vraiment excitante », confirme Ian Gillan. D’ailleurs, le groupe, toujours aussi populaire après 50 ans (!) d’existence, enchaîne les dates.
ATF-visuel-2018-1024Deep Purple fera également une escale à Tours, le 14 juillet lors de l’American Tours Festival. Le public tourangeau peut déjà s’attendre à une tripotée de classiques : « Les gens veulent forcément entendre des hits comme Highway Star ou Smoke on the water. Lors de la dernière tournée, nous avons proposé du nouveau matériel. Mais il faut toujours des “ classiques ” comme vous dites. Il y aura aussi deux ou trois titres très récents. Oh et de toute façon, il y aura toujours des mécontents quoiqu’on fasse ! », répond Ian Gillan, en se marrant.

SMOKE ON THE WATER

À 72 ans, le Britannique continue de prendre son pied sur scène. Même quand on lui parle du tube interplanétaire Smoke on the water et son riff le plus célèbre de l’histoire du rock. On pense que la chanson, jouée depuis 1972, doit le lasser. Marre de chanter ce refrain historique, Ian ? « Eh bien non, même pas ! (rires) J’adore sa structure. Elle est relativement classique dans sa construction, mais c’est devenu iconique, symbolique. Ça fait toujours quelque chose quand je vois des gens la chanter, que ce soient des gamins ou des quinquagénaires. »
Le musicien y va alors de son anecdote : « Vous savez, un jour, Pavarotti m’a avoué qu’il était jaloux de moi ! Il m’a dit : “ Ian, toi tu peux chanter Smoke on the water cinq ou six fois et ce sera différent à chaque fois. Moi je n’ai pas le droit, ce serait inimaginable. ” »

(Photo Avis De Miranda / Shutterstock.com)
(Photo Avis De Miranda / Shutterstock.com)

Ian Gillan n’est donc pas un de ces vieux rockeurs usés par la routine ou le devoir d’enquiller le triptyque route/scène/hôtel depuis des décennies. Pour tenir le coup, le chanteur n’a pas forcément de régime particulier. « Mais c’est sûr que je fais moins la fête qu’avant ! », plaisante-t-il. « Je ne fume pas et je ne bois pas. Enfin, pas à l’extrême, hein ! Je prends parfois un petit verre de vin. »
De quoi continuer à enchaîner les concerts à un rythme soutenu. Même si, Ian Gillan l’avoue, « nous allons essayer à l’avenir de sélectionner davantage les concerts et les festivals dans lesquels nous nous produirons ».

À propos de shows, la question nous démange. Qui dit concert de nos jours dit plaie des portables. La foule est désormais branchée à son smartphone, photographiant et filmant le moment plutôt que de pleinement le vivre et profiter (mode réac’ nostalgique ON).
Vivre le concert à travers son écran ? « C’est bizarre », répond le chanteur du tac au tac. « Franchement, c’est une perte de temps. Totalement futile… Les gens parfois ne réalisent pas la chance qu’ils ont de vivre pareil instant. Bon, je ne critique pas, ça fait partie du truc, maintenant… Je n’aime pas être négatif, car c’est quelque chose qui appartient à la nouvelle génération. »

A l’ancienne, dans le bon sens du terme, mais pas coincé dans le passé. D’ailleurs, quand on lui demande ce qu’il écoute comme musique en ce moment, Ian Gillan s’enthousiasme. « Hmm, intéressant, comme question ! Quand je suis avec des amis, je les laisse choisir ! (rires) Personnellement, j’aime le blues et le flamenco. Très peu de musique contemporaine en fait. Je ne suis pas franchement dans le coup ! » Le temps passe. Les minutes défilent à une vitesse affolante.

L’heure est bientôt venue de raccrocher et de se défaire de la voix qui incarne le Pourpre profond. C’est le moment de le brancher sur la jeunesse une dernière fois. « Vous êtes l’un des chanteurs les plus influents du rock. Quels conseils donneriez-vous aux “ kids ” qui souhaitent se lancer dans une carrière de chanteur ? », demande-t-on. Ian Gillan se galvanise. « Aaah…. Utilisez votre voix, apprenez et surtout… copiez, imitez, encore et encore. Copiez chaque chanson que vous aimez et entraînez-vous dessus. Ça vous donnera l’énergie, la compréhension de la musique, la chimie. Ensuite vous pourrez vous lancer dans vos compositions et trouver votre style. C’est comme cela que ça vient. Et n’ayez pas peur du résultat. Au départ, vous n’imaginez pas à quel point mes chansons étaient atroces ! », lance-t-il dans un dernier rire. Il est temps d’aller s’échauffer au micro, non ?

Texte : Aurélien Germain
Photo : Shutterstock.com

> American Tours Festival, du 13 au 15 juillet au Parc Expo. Avec Lenny Kravitz, Imelda May, Gord Bamford, Deep Purple…
> Tarifs : Pass 3 jours à 59 €. Pass 1 jour de 35 à 45 €. 

Tmv part en vacances : retrouvez notre spécial été

Ça y’est, c’est l’heure des vacances pour tmv ! Avant notre retour le 31 août, vous pouvez profiter de notre numéro spécial été.

Et hop ! Voilà le dernier numéro de la saison. Si les plus chanceux(ses) quitteront la région pour aller se dorer la pilule aux Seychelles (bah quoi, on peut rêver), les autres qui resteront à Tours et dans le coin ne seront pas seul(e)s : tmv a concocté pour vous un numéro spécial, avec une centaine de bonnes raisons de rester en Touraine et aux alentours (à retrouver aussi en téléchargement ICI). Comme ça, en cas d’ennui cet été, vous aurez ce petit tmv sous le coude, avec des idées de sorties à la pelle. Nous, en attendant, on prend un repos bien mérité après cette saison qui aura vu naître la nouvelle formule de tmv.

D’ici la fin des congés, on fera quelques passages-éclair sur les réseaux sociaux (mais pas trop non plus, parce qu’il faut savoir déconnecter un peu tout de même !). Histoire de faire un coucou et des bisous. Car vous êtes de plus en plus nombreux, année après année. Et ça, ça nous file un sourire monumental.

Merci à vous et bel été ! On se revoit le 31 août pour de nouvelles aventures.

La rédaction

UNE

Tmv a 5 ans ! Joyeux anniversaiiireuh

P… 5 ans, comme dirait l’autre ! On a toujours toutes nos dents et on continue de vous proposer, chaque mercredi, votre dose d’info. On continue ?

Vous savez ce qui a changé entre le 11 mars 2011, date de sortie du premier tmv et aujourd’hui ? OK, oui, la maquette du journal, son format, son papier, tout ça, tout ça… Mais encore ? Ce qui a vraiment changé, c’est qu’aujourd’hui vous êtes là. Vous tous qui nous lisez. Au début, il y a cinq ans, tmv c’était une petite chose qu’on vous mettait dans les mains. Maintenant, tmv, c’est un journal. On le sent, ça. Tous les jours, on le sent. Quand on vous parle, vous nous répondez, par mail, par courrier, sur Facebook ou Twitter. Vous êtes d’accord, ou pas du tout. Vous êtes contents, ou pas trop. Vous avez envie qu’on parle de ça, ou de ça. Ça vit, ça vibre autour de ces quelques pages hebdomadaires que nous vous livrons.

Et surtout, ce qui nous fait plaisir, c’est que la bienveillance et l’amitié que nous mettons dans notre hebdo, on a l’impression que vous nous la rendez, au centuple. On est de bons amis, maintenant. On a vécu des choses ensemble. Des trucs bien et des coups durs. On a accompagné l’arrivée du tram, on a vu éclore plein de talents, on a écrit des bêtises et on a bien rigolé. Mais on a aussi pleuré Charlie, tous ensemble. Et les morts du Bataclan. C’est ça qui a changé. Et maintenant, je vais vous dire, entre nous, c’est à la vie à la mort. Chiche !

Notre cadeau, c’est vous.

Pour retrouver notre numéro spécial anniversaire, vous n’avez qu’à cliquer ICI pour télécharger sa version en PDF.

Hellfest : quand l’Enfer est un paradis  [+photos]

Comme l’an dernier, tmv a fait son petit tour au Hellfest, l’un des plus grands festivals de France et LE passage obligé pour tout bon métalleux qui se respecte. Reportage et photos du samedi 20 juin, entre avalanche de décibels, hectolitres de bière, gros barbus, maxi riffs, gens en string ou déguisés et bonne humeur.  

L'entrée du Hellfest a été repensée. (Photo tmv)
L’entrée du Hellfest a été repensée. (Photo tmv)


Reportage

Samedi 20 juin. Le soleil inonde Clisson, petit village près de Nantes. L’air est déjà chaud, mais pas autant que les milliers de métalleux qui se baladent dans les rues. La plupart ont un pack de 6 (ou 12 ou 24 ou 666) sous le bras, histoire de s’hydrater avant une journée brûlante dans l’Enfer du Hellfest. On laisse la voiture sur un petit parking de la gare : « Euh, excusez-moi, mais c’est gratuit pour stationner ? » Une Clissonnaise, la soixantaine, se marre : « Oh bah oui, tout est gratuit ici, ne vous inquiétez pas ! Bon festival ! » Sac à dos + casquette + tee-shirt Necrophagist (un groupe plein de romantisme et d’amour), et c’est parti. Comme l’an dernier, tmv vous fait (re)découvrir le Hellfest.

« A POIIIIIL ! »

C’est marrant, il n’est même pas 11 h et pourtant, sur le site, une fille est étalée par terre, en mode flaque. Elle dort paisiblement au milieu du chemin. Ses potes sont super sympas : ils lui ont dessiné une grosse barbe au feutre noir. C’est ça, l’amitié. Le temps de faire deux, trois photos, c’est parti pour le concert des BUTCHER BABIES. Les chanteuses font l’effet d’une bombe : leurs poitrines généreuses déclenchent quelques réactions de mâle en quête d’amour (« à poiiiiiil », hurle mon voisin). N’empêche que leur gros rock qui tabasse laisse des traces : c’est ultra-simple, mais bien fichu. Efficace et idéal pour se mettre en jambes. D’habitude, les demoiselles font dans la provoc’ en dévoilant leurs seins entre deux riffs de guitare ; ce coup-ci (et n’en déplaise à mon voisin), elles resteront dans le soft. Noël Mammaire likes this.
D’ailleurs, il est toujours aussi agréable de voir la place de plus en plus importante qu’occupent les femmes dans le metal et au Hellfest (jetez un oeil au reportage de nos confrères de France 3 ICI).

Prostitute Disfigurement : une ode à la poésie.
Prostitute Disfigurement : une ode à la poésie.

Pour rester dans la poésie, direction la scène Altar pour causer amour avec PROSTITUTE DISFIGUREMENT (on vous laisse traduire). Pour les connaisseurs, c’est du gros death de bourrin, limite grind. Pour les amateurs, imaginez un rouleau compresseur qui vous passe dessus.  En sortant de là, on a déjà la patate. Pour cette dixième édition, le Hellfest a vu les choses en grand. Les scènes Temple, Altar et Valley sont carrément plus grandes que les années précédentes. Du luxe, vu qu’habituellement, elles rameutaient tellement de monde qu’on était davantage comme des sardines (Patrick Sébastien, si tu nous lis), tous collés les uns aux autres pleins de sueur (c’est ça, la fraternité).
Serrés, on l’est aussi devant les Mainstage. Les scènes principales ont été totalement relookées : une immense façade avec un poulpe encadre un des écrans géants, tout est dans un style old-school. Non seulement c’est magnifique, mais ça permet aussi de se faire une petite dose de vintage avec THE ANSWER. Groupe de hard rock d’Irlande du Nord (ça s’entend), ils sont influencés par Led Zep et AC/DC (ça s’entend aussi). Grosse ambiance, gros son, gros solos. Mince, je viens de perdre 10 litres de sueur. Vite, bière.  Eh oui, la bière permet de tenir, de vivre. De survivre même. Kronenbourg, fidèle au Hellfest depuis des années, y balance environ 900 000 bières. Il y a quelque temps, Christine Boutin, pas vraiment amie-amie du festival, avait écrit au PDG de la célèbre marque de bière pour lui demander expressément de boycotter le Hellfest. On ne comprend toujours pas pourquoi c’est resté lettre morte…

DU LIBAN A CLISSON

Après la pause, on se nettoie les esgourdes avec THE WOUNDED KINGS. C’est doom (comprenez trèèès lent), ça vous écrase doucement mais sûrement. On regrettera le peu de variation dans la voix, mais les Anglais savent y faire : le public les acclame, ravi.  Tandis qu’ACE FREHLEY connu pour sa place au sein de Kiss, décoche son hard rock old-school, nos yeux vagabondent sur l’immense espace du Hellfest. Parfois moqué et appelé « le Disneyland du métalleux », force est de constater que les décors sont de nouveau sublimes cette année. Et qu’il n’existe aucun équivalent en France (le Hellfest peut d’ailleurs se targuer d’avoir été élu meilleur festival en France, devant les Vieilles Charrues).
Sur l’herbe (qui, ô miracle, est toujours là), d’immenses os qui servent de bancs. Des crânes, une main géante faisant le signe du metal, un skatepark (!), une grande roue (!!), une cathédrale décorée façon Hellfest pour l’entrée du festival (!!!)… Tout est pensé, stylisé à l’extrême : comme en 2014, il y a une ville dans le Hellfest. Un coin calqué sur le Camden de Londres, où on rivalise à coup de tatouages, de karaoké-bourré ou encore de fringues, véritable paradis pour refaire sa garde-robe (ça tombe bien, il me manquait un slip Cannibal Corpse). Dans ce véritable petit monde, les allées vomissent des hordes de métalleux. Tout le monde a le sourire, la pêche, la banane ou n’importe quel fruit. On discute avec un Libanais, un Canadien et même un Brésilien. Ils ont fait le déplacement exprès, quitte à tuer toutes leurs économies. « But hey man, it’s Hellfest ! », qu’il nous lance. Pas faux.

Sans titr2eAprès avoir regardé quelques minutes les excellents ONSLAUGHT (dix fois plus brutal que sur album), place à AIRBOURNE. On vous explique la bête : le groupe australien est une copie plus jeune et encore plus énergique d’AC/DC. Véritable bulldozer scénique, leur réputation n’est plus à faire. Et ça se voit… le site est noir de monde, impossible de s’approcher, la masse est grouillante. Mini-crise lorsque le son pète… Argh, instant gênant où Joel O’Keefe, le chanteur survolté (en général, il escalade les échafaudages des scènes et tape un solo à 10 m de hauteur), martyrise sa guitare et son micro et s’éclate une bière sur le crâne… sans s’apercevoir que le son a sauté. Rock’n’roll !
Pas de problème côté sono, en revanche, pour AHAB. Musique pachydermique, broyant vos os, vos cervicales : la rythmique est une chape de plomb, s’abattant et plongeant la fosse dans les ténèbres, dans une transe hallucinante. Passant d’une voix gutturale, du fin fond des entrailles de l’Enfer, à des envolées douces et planantes, Daniel Drost nous fait partir dans un voyage terrible, magnifique, terrifiant, mais beau. Le public sort de là, sonné. Wow…  Retour sous le soleil avec SLASH. Balançant quelques missiles pas forcément explosifs de son dernier album, le guitariste haut-de-forme n’est jamais aussi plaisant que quand il retourne dans le passé… en jouant ses tubes accouchés lors de la période Guns ‘n’ Roses. Autant vous dire qu’un Sweet child o’mine ou Paradise City ont le don de filer une sacrée chair de poule.

CARESSE-MOI LA BARBE

ZZ Top : la barbe leur va si bien.
ZZ Top : la barbe leur va si bien.

Pendant qu’on frôle l’émeute à BODY COUNT (le groupe de rap un peu rock, ou rock un peu rap qui a le « New York unité spéciale » Ice-T comme leader), en raison d’un ratio 100000 personnes pour 2 mètres carrés, KILLING JOKE ratatine la scène principale. Les pionniers de la vague post-punk/new wave enchaînent les hymnes dévastateurs. Une claque. À croire que les vétérans ont la cote, c’est une foule immense qui se presse devant ZZ TOP. Les célèbres barbus, annoncés à l’aide d’une cloche et d’un « here comes ZZ Top from Texas », se voient submergés par le public qui chante comme un seul homme un Gimme all your lovin’ d’anthologie {Instant savoir pour briller en société : le batteur du groupe est le seul à ne pas être barbu. Pourtant, son nom de famille est « Beard », soit « barbe » en anglais. Bisous}
La transition est étrange mais jouissive, avec ORANGE GOBLIN. Les Anglais, véritables stars du festival devant leur mur d’amplis Marshall et Orange, sont d’une sincérité désarmante. Sous la tente, on sue à grosses gouttes en s’explosant les cervicales sur leur gros stoner dégoulinant de riffs délicieux. Le géant Ben Ward et ses 2 mètres attire tous les regards, ne cesse d’enquiller les bières et d’en cracher en l’air (petite douche gratos, qui s’en plaindrait ?). Un véritable passage dans la machine à laver, programme essorage ultra-rapide-dans-ta-face. (pour info, une petite vidéo du groupe cette année ICI)

METAL ET BISOUNOURS

Lectrice, lecteur, ne nous leurrons pas : le métalleux est un Bisounours. C’est moi qui vous le dis. Pourtant, je suis moi-même un adepte de Satan et des sacrifices de chauve-souris les soirs de pleine lune en buvant du sang de vierge (quoi ? Les clichés ont la peau dure malheureusement dans le metal). Bref, le métalleux n’est qu’une gentille petite bête pleine de poils, hyper respectueuse (il n’y a jamais d’incidents au festival ou même à Clisson), qui rote très fort mais adore verser sa petite larmichette.
C’est ce qui est arrivé à 23 h… Quand le Hellfest, pour fêter ses 10 ans, a fait péter un feu d’artifice tout simplement magique. Durant un quart d’heure. Avec un final interminable et incroyable (zieute donc la vidéo ci-dessous, si tu l’oses). Et que dire quand 50 000 métalleux lèvent leurs bières devant ce feu d’artifices grandiose et chantent en choeur, d’une seule et même voix, le « Bohemian Rhapsody » de Queen que le festival a décidé de faire cracher volume 666 ? Nous, on a failli verser une larme. C’était une larme de bière, mais même.
[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x2uui6z_video-l-interminable-bouquet-final-du-feu-d-artifice-du-hellfest-clisson_news?start=1[/dailymotion]

CaptureInstant émotion, toujours, quand SCORPIONS envoie un Wings of change de toute beauté. Certains pleurent, d’autres se prennent dans les bras. Orgie de câlins aussi, durant un Stiiiill looooviiiin’ youuuu repris par toute la foule, tandis que d’autres feux d’artifices illuminent le ciel. On ne misait pas un kopek sur les Teutons, mais la bande à Klaus Meine nous a piqués sévère.
Pour finir un samedi en Enfer, quoi de mieux que rencontrer l’auto-proclamé Antéchrist ? Sieur MARILYN MANSON clôt la journée, grosse guitare en avant, façon mur du son. Le m’sieur a beau être un chouïa désintéressé (les pauses entre les morceaux s’éternisent), voire peut-être un peu imbibé, il reste magnétique, charismatique au possible.  Tandis que les notes résonnent encore, nos jambes poilues ne tiennent plus toutes seules. La nuit est tombée.

Une fois de plus, le Hellfest a tenu ses promesses et apporté une bouffée d’air frais et de la bonne humeur comme personne. Une fois de plus, le Hellfest était en fait le Paradis.

NOTRE GALERIE PHOTOS

>>Retrouvez le diaporama photos des groupes du samedi, par Eric Pollet (La Nouvelle République)

>>Pour plus de photos, un tour sur le Facebook officiel du Hellfest.

>>Remerciements à Ben Barbaud, Roger, aux 3 000 bénévoles du Hellfest, mais aussi à TOUS les Clissonnais(es) !

En juin, double dose de festivals avec tmv !

Vous le savez, à tmv, on adooore la musique. Et les festivals, encore plus. Pour ce mois de juin, restez connectés : votre hebdo couvrira les festivals Aucard de Tours et le Hellfest.

Allez, double dose de plaisir, rien que pour vos beaux yeux (et vos oreilles !). Comme l’été approche, tmv a décidé de quitter quelques instants ses bureaux avenue Grammont… L’occasion de poser notre carnet de notes dans deux festivals qui vont beaucoup faire l’actu.

Cette année, on a donc décidé de couvrir, du mieux que l’on peut, deux festoches : d’abord, Aucard de Tours (du 9 au 13 juin) et ensuite, le Hellfest (du 19 au 21 juin).

Aucard de Tours : Ni dieu ni maître !

aucardToute la semaine, la rédaction de tmv sera sur la plaine de la Gloriette. Vous pourrez donc retrouver sur notre site des interviews des groupes et artistes programmés, mais aussi des reportages ambiances et concerts. On va essayer de vous faire le plein de photos et de choses intéressantes. Il se pourrait même que certaines interviews soient filmées.
Tous les jours, vous pourrez grignoter un petit quelque chose concernant cette 30e édition d’Aucard. Idéal pour ceux et celles qui veulent revivre la journée ou les malchanceux/ses qui n’auront pas eu l’occasion de traîner leurs bottes sous les chapiteaux. On a hâte !

Hellfest : highway to Hell

Comme l’an dernier, un de nos journalistes va se délocaliser à Clisson, près de Nantes, pour suivre et vivre la grand-messe du Metal. Cette dixième édition, complète depuis belle lurette, fait la part belle aux grosses têtes d’affiche (Motörhead, Alice Cooper, ZZ Top, KoRn…), mais aussi à plus de 150 groupes qui vont briser quelques nuques lors de séances de headbanging bien sévères.

L'arbre Hellfest (Photo Aurélien Germain)
L’arbre Hellfest (Photo Aurélien Germain)

De retour de l’Enfer, tmv vous fera (re)vivre ce moment intense, avec photos et reportages, aussi bien côté ambiance, que côté concerts. De quoi nourrir les curieux qui n’y ont jamais posé les pieds (rassurez-vous, les métalleux sont doux comme des agneaux et ne mangent pas de bébé les soirs de pleine lune) ou les connaisseurs qui savent que ce festival est non seulement le plus classe d’Europe, mais a aussi été élu meilleur festival de l’année, devant les Vieilles Charrues !

#JeSuisCharlie / 7 janvier 2015

#JeSuisCharlie. Un rassemblement hommage. C’est tout…

Ce mercredi 7 janvier 2015, entre 18 h et 19 h, nous étions entre 2 500 et 3 000 personnes réunies à Tours. Avec une seule phrase en tête : Je Suis Charlie.

#JeSuisCharlie #CharlieHebdo

La rédaction de tmv.

Rassemblement à Tours Charlie Hebdo
Rassemblement à Tours, en hommage à Charlie Hebdo (photo tmv)

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Exclu tmv : une créature d'origine marine dans la Loire

Découverte exceptionnelle ce matin, dans la Loire, à quelques mètres du pont Wilson.

La photo montre bien la présence d'un animal étrange.
La photo montre bien la présence d’un animal étrange.

La découverte de ce mardi a de quoi laisser bouche bée. Aux environs de 7 h 30, ce matin, un pêcheur a aperçu une forme étrange qui zigzaguait dans les eaux de la Loire.
« J’ai d’abord pensé à un gros poisson, mais ses déplacements étaient trop étranges. Je n’avais jamais vu ça. C’est là que j’ai vu un corps spongieux, plein d’écailles noirâtres, et terrifiant émerger », raconte André Pascalin, 64 ans.
L’alerte est donnée rapidement et le pêcheur a le temps de prendre en photo « la chose », comme il la surnomme.
Dépêchée sur place, la gendarmerie a effectué les premières constatations d’usage. Incrédules, ils ont alors immédiatement appelé la brigade cynophile et des enquêteurs du Centre d’études parapsychologiques et des phénomènes inexpliqués (CEPPI).
« Il s’agit vraisemblablement d’une espèce unique au monde », a déclaré le directeur du CEPPI. « Tout porte à croire que nous avons affaire à… une sorte… d’animal qui ressemblerait au monstre Loch Ness », a-t-il déclaré en comité restreint, légèrement balbutiant.
Tmv était sur les lieux et a pu voir le monstre marin de la Loire. D’après nos estimations, il mesurerait environ 17 mètres de long.
Apparemment très farouche, il plonge régulièrement et ne fait surface que pour – semble-t-il – prendre sa respiration.
Le périmètre est bouclé. Pêche et baignade sont bien évidemment interdites jusqu’à nouvel ordre.
« Les contrevenants s’exposent à une amende de 5 000 € et une peine d’emprisonnement », a rappelé la gendarmerie.
Manuel Valls, nouveau premier Ministre, devrait arriver sur les lieux en début d’après-midi.
 

Alexandra : Un parcours de santé

À 37 ans, cette jeune maman a préféré prendre deux années sabbatiques plutôt que de continuer à s’esquinter la santé.

Alexandra Bielkin a décidé de se lancer dans une nouvelle activité (dans la santé) : « Je n’en dis pas plus, mais 2014, c’est vraiment mon année ! » (Photo tmv)
Alexandra Bielkin a décidé de se lancer dans une nouvelle activité (dans la santé) : « Je n’en dis pas plus, mais 2014, c’est vraiment mon année ! »
(Photo tmv)

Mince, mes lentilles ! » Alexandra Bielkin se précipite dans sa cuisine éteindre le feu et sauver ce qui reste dans la casserole. « Je crois que c’est loupé », rigole la trentenaire. Elle parle avec un débit sacrément élevé, ne s’arrête presque pas pour respirer.
Assise dans son salon, Alexandra Bielkin explique avec passion son métier qu’elle n’exerce plus en ce moment. « J’avais un cabinet de podologie à Montoire, dans le Loir-et-Cher. Pendant 10 ans, j’ai développé ma pratique. À la fin, j’habitais à Tours. Pendant un an, je parcourais 80 kilomètres par jour. Ma clientèle est devenue de plus en plus importante. Je faisais de gros horaires. Mon cabinet est devenu très rentable. Et puis j’ai craqué. » Burn-out.
Elle se trouve à ce moment-là en Inde, lors de son voyage annuel en novembre. « Quand je suis revenue, impossible de reprendre. J’ai revendu le cabinet. »
Alexandra Bielkin parle de santé avec passion. Animée, elle explique sa démarche : « Alternative, parallèle… Tous ces termes sont connotés. Non, je proposais une autre démarche. J’ai très vite arrêté de faire les soins pour me concentrer sur la posturologie. » Depuis deux ans, elle ne travaille plus. Sa fille Ava est au centre de sa vie. « J’ai vécu ma maternité avec beaucoup de plaisir. Contrairement à certaines femmes qui ont des enfants plus jeunes, je ne l’ai pas subie. »
Depuis la naissance d’Ava, c’est une habituée du café-poussette de la rue Colbert, Sa Majesté des couches. « Je crois que je suis officiellement devenue la meilleure cliente ! » Devenir mère au foyer, ça ne lui fait pas vraiment peur. « J’en rigole, parce que je suis bien plus. Ce soir, j’ai une soirée entre filles, je trouve ça excellent. »
Cette ancienne bosseuse de l’extrême avoue quand même que les femmes ont toujours un prix à payer quand il s’agit de carrière et de maternité. « Ce n’est pas un hasard si je suis tombée enceinte pendant cette première année sabbatique. » Alexandra Bielkin prend cette période de pause comme un moyen de diriger sa vie dans le sens qu’elle a maintenant choisi. Travailler sur elle-même. « J’ai trop écouté ce qu’il fallait faire. À 20 ans, je me suis orientée vers la podologie en me disant pourquoi pas ? C’est fini, je choisis mon propre chemin désormais. »
Elle a des projets, ne veut pas trop en parler pour le moment. La jeune maman a quand même l’idée de rester dans le domaine de la santé. « Je me suis confrontée pendant des années aux failles de notre système de santé. J’ai essayé de remettre le patient au centre du parcours de soin, de lui faire comprendre que prendre des médicaments n’était pas forcément une solution, surtout sans savoir pourquoi. »
Une diode du baby phone, posé sur la table, se met à clignoter. Ava a fini sa sieste. Alexandra Bielkin l’installe sur ses genoux. Avec ses cheveux blonds et son regard rieur, le bébé aux grands yeux bleus et au sourire d’ange regarde la tasse de thé posée devant elle avec beaucoup de curiosité. « Je suis très étonnée, elle est déjà super indépendante. J’ai beaucoup profité des premiers moments avec elle, j’ai vraiment envie qu’elle soit bien dans sa peau plus tard, qu’elle grandisse avec bonheur. »
Benoît Renaudin
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