Basket : Un café avec les recrues de l’UTBM

Huit joueurs sont arrivés à l’intersaison à l’UTBM. La sauce a pris et les Tourangeaux enchaînent les succès. Et, avant le match de vendredi contre Challans (dont tmv est le parrain), nous vous en présentons quatre d’entre eux, côté coulisses.

ALDO CURTI (32 ans) « Un quartier sympa à Saint-Cyr »

« Je vis dans une maison à Saint- Cyr auparavant occupée par un joueur américain, alors mes voisins doivent se douter que je suis également basketteur. Ou peut-être pas. Je suis plutôt discret. Le quartier est sympa. Dans la vie, j’écoute beaucoup de musique, y compris de la musique classique. Mais quand je m’échauffe avant un match, j’ai des playlists bien précises avec plutôt des musiques anglo- saxonnes. Sur le parquet, nous devons gagner la confiance de notre public et le meilleur arrivera. »

 VINCENT POURCHOT (27 ans) « Avec vue sur le lac de Tours »

« Bien sûr, avec mes 2,22 m, je ne passe pas inaperçu. Et quand nous sommes allés au cinéma CGR des Deux-Lions avec des coéquipiers, on a dû se faire remarquer. Je vis en face du lac de Tours et le coin me plaît beaucoup. Mais en fait, je suis quelqu’un assez famille-famille ; assez tranquille. J’aime regarder les séries comme Game of Thrones ou Breaking Bad. Côté basket, le club a de l’ambition et notre public est près de nous. Nous avons un réel potentiel pour jouer le haut du tableau. »

MARIUS CHAMBRE (21 ans) « Tours, c’est le petit Paris »

« Je suis arrivé le 15 août à Tours et j’ai un appartement dans le quartier des Prébendes. Je m’y plais. Quand j’étais à Orléans, en centre de formation, on m’avait parlé de Tours comme d’un ‘’petit Paris’’. Ça tombe bien car j’ai grandi en région parisienne où vit ma famille. J’aime le mélange de ville commerçante et puis aussi historique. Dans la vie, je m’intéresse à l’actualité, à l’écologie. Mon père travaille à TF1 et ma mère est professeure d’histoire-géo. Ils m’ont inculqué un esprit critique. Sinon, je regarde beaucoup de séries. J’ai adoré ‘’Years and Years’’. »

GÉRALD GUERRIER (25 ans) « Je prends des cours de danse dominicaine »

« Je vis à Tours-Nord, pas loin de notre salle. J’apprécie l’esprit qui règne dans le club et dans l’équipe. Personne ne tire la couverture à lui. Dans la vie, même si je suis fan de beaucoup de sports, j’aime aussi me changer les idées avec d’autres gens et d’autres activités. J’adore danser et une fois par semaine, je prends des cours collectifs de bachata. C’est une danse dominicaine. Cela m’aide à me vider la tête. Je n’ai pas dit que j’étais basketteur à l’UTBM. Pas sûr que les autres danseurs le sachent. J’ai une taille standard, alors… »


> Match de l’UTBM contre Challans, ce vendredi 11 octobre, à 20 h. 

 

Basket : retrouvez notre supplément spécial UTBM

Dix pages spéciales UTBM sont à découvrir dans le numéro 338 de tmv !

Et pourquoi donc un supplément rien que sur l’UTBM, je vous prie ? Outre le fait que tmv est drôlement fier et content de figurer au nombre des 193 partenaires du club. D’abord et avant tout, parce qu’on a passé une superbe saison à le suivre en N1.

Alors oui, évidemment, ce premier exercice à ce niveau ne s’est pas conclu par une deuxième montée consécutive (quel supplément on vous aurait sorti sinon !) Alors oui, bien sûr, on aurait aimé pouvoir vibrer à Monconseil pour un match de 1/2 finale de play-off mais la rencontre un peu compliquée face à Rueil nous en a privés. Et oui, c’est vrai, il y a eu quelques petits ratés dans le moteur certains soirs à Monconseil ou ailleurs.

Mais nous, ce que nous retenons, c’est le chemin. Pour son entrée en N1, l’UTBM a fait mieux que marquer les esprits. L’équipe, surtout dans une fin de saison tonitruante où elle a enchaîné les succès, a montré qu’il fallait compter avec elle, non seulement qu’elle avait sa place à ce niveau, mais qu’elle était aussi taillée pour grimper encore d’un étage. Elle a pris date. Cette saison, c’est une pierre à l’édifice, une marche solide pour s’appuyer et continuer à construire.

Pourquoi un supplément ? Parce, depuis le début, on aime le projet. Rebâtir une équipe de basket de haut niveau à Tours, pour nous, c’est oui. Et surtout comme ça. Avec ce professionnalisme et cette détermination. L’UTBM, était déjà un grand club, même quand elle évoluait en N2, dans ses structures, dans son fonctionnement, dans son attitude. Tellement portée vers son objectif, la Pro B, le haut niveau, qu’elle se comportait déjà comme si elle y était.

Pourquoi un supplément ? Parce que cet esprit, cette conviction, c’est ce qui renverse les montagnes. Qu’il s’agisse de basket, d’un autre sport ou de tout autre chose. Et nous, on aime bien quand Tours voit les choses en grand.

> Le supplément 10 pages UTBM est à retrouver dans le numéro 338 de tmv. A TÉLÉCHARGER JUSTE ICI

 

UTBM : retour vers le futur

Tmv sera, ce samedi, le parrain du match de l’UTBM contre Gravenchon, à 20 h, à la halle Monconseil. Pour vous faire comprendre l’importance du basket à Tours (et donc d’être là samedi avec nous !), nous avons pris notre DeLorean pour un voyage dans le temps à couper le souffle. Allez, Doc, en voiture !

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6 mars 1976

Le Palais des sports est plein à craquer. 4 000 personnes au moins, coude à coude, débout dans les travées et le souffle coupé. Sur le parquet, cinq types en débardeur blanc avec un mammouth imprimé dessus et ce sigle ASPO Tours. Un mec immense s’avance vers la raquette. Un autre gars lui tape sur l’épaule en passant. L’arbitre fait le signe « deux » avec ses doigts. Deux lancers francs. « Dewitt ! Dewitt ! », la foule gronde, prête à exploser. Mais lui n’entend rien. Il pose le ballon sur les cinq phalanges de sa main droite. Soudain, un silence étouffant. Comme un trou noir. D’où je suis, j’entends le bout des doigts frotter le cuir du ballon quand il s’élance.
Divine trajectoire. Pureté de la ligne. Grâce de la courbe. On entend juste une sorte de « scrotch ». La balle vient caresser le filet. Elle ne touche même le cercle. Une fraction de silence encore. Le temps du « pop » du ballon qui rebondit sur le sol et c’est l’explosion. Un cri qui perce tout. Une seule voix et des milliers de gosiers. Le type qui passait s’approche du tireur qui reste comme pétrifié. L’autre l’agrippe par l’épaule. Il le prend dans ses bras et tous les autres mecs en blanc viennent leur sauter dessus.
Un spectateur pleure en me regardant : « On est champions de France, mec ! Champions ! »

22 mars 1980

Même Palais des sports, mais pas de mammouths sur les maillots, cette fois. Juste une curieuse mention : « Biscottes Auga ASPO Tours ». Mais je reconnais le gars des lancers, celui que la foule appelait Dewitt. Toujours aussi grand. Il y a de l’électricité dans l’air. Les gars en face, ils viennent du Mans et ils sont champions de France en titre. Mais aujourd’hui, sur le parquet tourangeau, ils n’en mènent pas large.
Ça percute, ça glisse, ça s’infiltre et les points s’enchaînent. +15 pour les biscottes. Puis ça fond : +2. Et ça se recreuse. Puis un gars surgit de nulle part, dribble et marque : 92-66. Un spectateur pleure en me regardant. « Oui, je sais, je lui dis : On est champions de France ! »

1995

Toujours le Palais des sports. Les gens sont debout et ils crient : « Défense ! Défense ! ». C’est une finale de championnat de France. De Pro B. Je repère le grand type des lancers dans les tribunes. Il se ronge les ongles. Un gars à côté de moi attaque carrément la deuxième phalange : « Tu te rends compte, mec. Ils ont gagné deux fois chez eux. Ils mènent. Il reste moins d’une minute. Si on perd, c’est fini… » Et là, le même « scrotch » que l’autre fois. Un panier qui vient d’on ne sait où et les gars en bleu et blanc passent devant. Et le buzzer buzze.
Et le gars à côté de moi fait un bond jusqu’au plafond : « Deux fois, mec ! Ils l’ont fait deux fois ! ». Deux matchs partout. Il y aura une belle à Besançon, mais je n’ai pas envie de régler mon commutateur temporel pour y aller. Si c’est pour se prendre 4 fautes en un quart d’heure, merci bien.

19 juin 2014

Changement de décor, je me retrouve dans des bureaux. Il y a là des gens en costard et une poignée de journalistes. Un monsieur, l’air jovial et portant col ouvert sa chemise blanche, s’avance vers le micro. Il dit que tout n’a pas été facile et que tout ne se fera pas en un jour, mais que grâce à l’union entre les deux clubs de basket tourangeau (le TBC et le PLLL), une équipe capable de retrouver une place dans l’élite est née. C’est l’acte de naissance de l’UTBM. Le premier objectif, c’est la Nationale 1.
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3 mai 2017

Le dernier ballon de la saison vient de rebondir sur le parquet de La Rochelle. Ce sont les bleu et blanc qui se sont imposés, 58-64. Sur leur maillot, pas de biscotte, ni de mammouth, mais le logo de Tours Metropole. Un grand type tape dans la main d’un autre grand type. En treize rencontres depuis janvier, c’est la douzième fois qu’ils gagnent. Mais on lit de la déception dans leurs yeux. Ca ne suffira pas à accrocher une place pour les play-off. L’UTBM termine 3e de sa poule après une saison compliquée. Encore un effort, encore une marche à franchir… Ce sera pour la saison prochaine.

(Photo Julien Pruvost)
(Photo Julien Pruvost)

7 avril 2018

Pour voyager dans le temps avec nous, c’est simple : le tram, arrêt Monconseil.
C’est pas cher (tarif unique : 5 € et gratuit pour les moins de 12 ans). Et, pour vous situer, l’UTBM est actuellement troisième de sa poule, à égalité de points avec Angers et à deux points seulement du leader, Vitré. Il reste quatre matches. Il faut les gagner. L’émotion, c’est maintenant !

Basket : tous derrière l’UTBM !

Tmv est le parrain du match UTBM / Cherbourg, samedi 4 mars à 20 h. Les Tourangeaux sont en grand retour de forme actuellement et le match s’annonce explosif.

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Les règles

1. Le temps tu maîtriseras
Une équipe en attaque dispose de 24 secondes pour tirer. Le ballon doit toucher le cercle pour ouvrir une nouvelle période de 24 secondes. De même, elle doit avoir franchi la moitié du terrain en moins de 8 secondes. Une règle qui évite de « jouer à la baballe » comme parfois dans certains sports et qui donne du rythme au match.

2. En dribble tu avanceras
Pour se déplacer, il faut dribbler. On ne peut faire que deux pas sans dribbler (et seulement si on était en mouvement avant) et, même si les basketteurs sont de grands gaillards avec de longues guibolles, deux pas, ça ne les emmène pas très loin. Quand un joueur a arrêté son dribble, il ne peut le reprendre : il doit passer la balle.

3. Ton adversaire point tu ne toucheras
On n’a pas le droit (en principe) de toucher le joueur adverse. En défense, si on le fait, on écope d’une faute défensive. Au bout de cinq fautes, le joueur doit quitter le terrain (mais il peut être remplacé). Dans les autres phases de jeu, un contact entraîne une faute collective. Au bout de cinq fautes collectives dans un quart-temps, toute faute supplémentaire entraîne deux lancers- francs de pénalité.

4. Le lancer-franc tu comprendras
Une faute commise lors d’une tentative de shoot entraîne des lancers- francs pour l’équipe qui attaque. Un lancer si le panier a été marqué malgré la faute, deux si le panier a été manqué et trois s’il s’agissait d’un tir à trois points et qu’il a été manqué.

5. Dans la raquette, tu feras fissa
Un joueur dont l’équipe est en possession du ballon ne peut s’immobiliser plus de 3 secondes dans la raquette. La raquette est la zone restrictive, signalée par une couleur plus sombre, située entre la ligne des lancers-francs et le panier.

6. Les points tu compteras
Un match est décomposé en quatre quart-temps de 10 minutes chacun, avec une mi-temps de 15 minutes entre entre le 2e et le 3e. Ce sont des minutes effectives : on arrête le chrono à chaque arrêt de jeu. Un panier tiré de l’intérieur de la ligne des 3 points rapporte deux points et trois points au-delà de cette ligne. Le lancer-franc rapporte un point.

UTBM, UNE HISTOIRE, UNE AMBITION

Bon d’accord, ça ne date pas d’hier mais Tours fut, dans les années 70 et 80, une ville référence en terme de basket. À l’égal de l’Asvel ou de Pau-Orthez aujourd’hui. Le club s’appelait l’ASPO et il compte deux titres de champion de France (1976 et 1980). Il fut même vice-champion d’Europe en 1976. Et c’est bien avec ce glorieux passé que l’UTBM entend renouer.
C’est pour cela que les deux clubs de la ville, le PLLL Tours-Basket, qui évoluait en Nationale 2 et Touraine Basket Club (Nationale 3) se sont unis en 2014 pour se donner les moyens de remonter, étape après étape, vers l’élite nationale. Et vous savez quoi ? On sera avec eux sur ce chemin !

LE CHAMPIONNAT, COMMENT CA MARCHE ?

L’UTBM évolue en Nationale 2. Au-dessus, il y a la Nationale 1, qui est l’objectif premier du club. Encore au-dessus, il y a la Pro B, puis, le graal, l’élite, l’eldorado : la Pro A. Le championnat de Nationale 2 est composé de quatre poules régionales comptant chacune 14 équipes. À l’issue d’un championnat en aller-retour, les deux premiers de chaque poule disputent des quarts de finales. Les quatre équipes qualifiées accèdent à la N1 et se retrouvent pour les demies et la finale qui détermine le champion de France de N2.

La victoire rapporte deux points. La défaite rapporte un points et le forfait 0. C’est le ratio entre les paniers marqués et les paniers encaissés qui départage les équipes en égalité de points.

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LES ENJEUX DU MATCH TOURS – CHERBOURG

Après un début de saison difficile, les Tourangeaux sont vraiment entrés dans la course du championnat. Pour preuve, ils ont remporté les quatre matchs retour déjà disputés. Depuis samedi dernier et leur courte mais brillante victoire à Pornic, ils ont remis la main sur la 5e place, devant leur prochain adversaire, Cherbourg. La rencontre entre ces deux prétendants, samedi, est donc essentielle pour rester dans la bonne dynamique et poursuivre la remontée vers le quatuor de tête.

(au fait, sachez-le : Un terrain de basket fait 28 m de long et 15 m de large. Le panier est situé à 3,05 m du sol)

> Samedi 5 mars. Billet en vente sur place dans le hall d’entrée de la Halle Monconseil. L’ouverture se fait à partir de 19 h. Tarif unique : 5 €. Gratuit : enfants de moins de 12 ans

Comte de Bouderbala : du parquet aux planches

« Le slam, c’est le cousin du rap… Bon sauf que le slam est allé à l’école ! » Ça, c’est signé Sami Ameziane, alias le Comte de Bouderbala. Pour les adeptes de l’humour brûlant comme l’acide, l’humoriste sera de passage à Tours samedi 1er février. Chaud devant !

Basket et Grand Corps Malade…
Sami Ameziane (son vrai nom) est à la base basketteur. D’abord recruté par le PSG Racing, ce natif de Saint-Denis progressera très vite et finira par côtoyer les meilleurs, jusqu’à être international algérien. Sauf qu’une blessure à l’épaule lui fait abandonner ses rêves et l’éloignera du ballon orange. C’est Fabien Marsaud qui l’orientera vers le stand-up et la carrière comique. Fabien qui ? Oh, juste celui que l’on surnomme Grand Corps Malade...

Un humoriste en haillons
« Bouderbala », en arabe, signifie « haillon, guenille ». L’humoriste choisit donc le Comte de Bouderbala comme nom de scène, « un comte de ghetto », comme il expliquera dans une interview au JDD.
« Les States »
Le Comte de Bouderbala a beau avoir participé quelques fois au Jamel Comedy Club, il a aussi fait ses preuves à New York. Écumant les clubs, il finit par s’imposer et foule les planches de Comedy Cellar, une salle qui a vu défiler Robin Williams ou encore Jerry Seinfeld. Son « amour » (ou pas) du pays de l’Oncle Sam se retrouve dans un sketch énorme : « Les States VS La France ».
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=7JqKW0R0yVk[/youtube]
Attention humour corrosif !
Ce qui est sûr avec le Comte de Bouderbala, c’est qu’on aime son humour ou … pas du tout ! A vous de vous faire une idée avec deux de ses sketches le plus « cultes » (et piquants), Les rappeurs et Les Roumains.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=VDdsvB5RBEc[/youtube]
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=_blEj5DxUh8[/youtube]
Samedi 1er février, au centre Vinci de TOURS, à 20 h 30. Tarif : à partir de 35 €.
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Sport et haut-niveau tuent la jeunesse ?

Enquête sur la jeunesse tourangelle qui pratique un sport de haut-niveau.

Les jeunes du centre de formation du TFC s'entraînent au moins trois heures tous les jours.

 

Au bout de la piste de saut, il y a la queue. Margot*, 11 ans, hésite à s’élancer. Marc Chirilcenco, l’un des entraîneurs du club de gymnastique d’Avoine, a placé des barres en métal pour l’obliger à allonger ses foulées. Lucie, 13 ans, tente de rassurer sa copine. « Calme-toi, ne stresse pas. Tu vas y arriver. Moi, j’adore ! » Gymnaste depuis ses quatre ans, Lucie a vaincu ce type de peur depuis bien longtemps. Elle consulte régulièrement un relaxologue pour mieux gérer son stress en compétition.

Aujourd’hui, Lucie fait partie des gymnastes françaises en devenir. « Je m’entraîne pour les JO, mais si je vais déjà aux champion-nats d’Europe ou du monde, je serais satisfaite. » Pour y arriver, elle s’entraîne 28 heures par semaine. Au collège d’Avoine, comme tous les jeunes sportifs de haut niveau, elle a des horaires aménagés. Elle finit les cours chaque jour à 15 heures pour ensuite filer au gymnase et enchaîner avec ses cinq heures d’entraînement. Sans compter les compétitions le week-end.

« Faut-il sacrifier à ce point son enfance et son adolescence ? J’ai parfois l’impression qu’ils ressemblent à des oies que l’on gave. » Le constat de Laurence Dejardin est dur. Entraîneuse au Tennis Club de Tours, elle côtoie régulièrement des jeunes à fort potentiel. « Au tennis, les gamins de 10 ou 11 ans doivent s’entraîner entre 5 et 6 heures par jour, continue-t-elle. Ils sont souvent repérés au niveau fédéral à cet âge-là. Les sponsors les gâtent. Les parents, eux, les poussent à fond. Au point, parfois, de donner l’impression de vivre par procuration. »

Prendre de la hauteur

Heureusement, ce n’est pas le cas de tous les jeunes sportifs de haut niveau. Certains arrivent quand même à prendre un minimum de recul. Bernard Blaquart est directeur du nouveau centre de formation du Tours Football club. Il entraîne aussi les U19, une équipe composée d’adolescents de 17 et 18 ans. « Vous voyez ces trois-là, ils sont en terminale S, explique-t-il au bord du terrain. Ils se tirent la bourre au football comme en cours. C’est à celui qui décrochera la mention très bien ! Je les encourage tous à avoir une bonne formation au cas où ça ne marche pas. » Il faut dire que la compétition est élevée. Surtout en football. Chaque année, le TFC intègre dix prétendants à son centre de formation. Pendant cinq ans, un joueur peut se faire congédier à n’importe quel moment. à la fin, seuls un ou deux accéderont aux bancs de l’équipe professionnelle.

Et ceux qui n'y arrivent pas au niveau pro ? Ils continuent quand même.

Mais alors, et ceux qui n’ont pas le niveau ? Réponse avec Emmanuel Caquet, entraîneur au Pôle espoir de Basket de Tours : « La plupart continuent à vivre leur passion dans un petit club à côté de leurs études. Même s’ils n’atteindront jamais la Pro A, ils arrivent à gagner 1 000 ou 1 500 € dans une équipe de Nationale. Le problème, pour ceux-là, c’est qu’ils arrêtent souvent d’aller en cours et se retrouvent à 25 ans sans formation ni travail. » Joey Coulon, 17 ans, a été brutalement stoppé dans son ascension au centre de formation du TFC qu’il a été obligé de quitter (voir ci-contre). Blessé au genou, il a été arrêté pendant un an. Il se rappelle les pa-rents qui, dès 10 ans, veulent que leurs enfants soient repérés. Plus le niveau augmente et « plus, les barrières de l’amitié tombent ». Malgré tout, Joey Coulon, va tenter, cet été, les sélections pour intégrer l’équipe des Chamois niortais. Depuis tout petit il baigne dans cette ambiance compétitive où il faut avoir « la rage » pour y arriver. « Jusqu’à mes 20 ans, je vais tout tenter pour rentrer dans un grand club, explique-t-il des étoiles dans les yeux. Pour y arriver, il faut aimer la concurrence, se dépasser, courir jusqu’à l’évanouissement. Moi, j’adore ça. » * Son prénom a été changé.

 

Lire l’interview de Peter Ziedler, l’entraîneur de l’équipe pro du Tours Football Club.