Darkness on the edge of town : histoire d’une amitié toxique

C’est certain : le film irlandais Darkness on the edge of town, projeté à Mauvais genre, nous a tapés dans l’oeil. Patrick Ryan, son réalisateur, et Emma Eliza Regan, l’actrice principale, étant exceptionnellement présents pendant le festival de cinéma tourangeau, tmv les a coincés entre deux bières pour un brin de causette.  

Darkness on the Edge of Town
Darkness on the Edge of Town : Emma Eliza Regan campe le personnage de Cleo.

Le festival Mauvais Genre a encore eu le nez creux en programmant Darkness on the edge of town… Le genre de film dur, brutal, mais hypnotique. L’histoire de Cleo, une jeune fille passionnée de tir à la carabine, qui apprend la mort de sa sœur. Décidée à la venger, elle va perdre pied, accompagnée de sa meilleure amie, tout aussi résolue qu’elle.
Pitch simple, mais thriller éprouvant. Des relents de western urbain, une violence sèche, une beauté visuelle. Une direction d’acteurs remarquable et un ensemble ultra-bien ficelé. Au-delà d’un bête « revenge-movie », c’est aussi – et surtout – une plongée dans une spirale infernale, une amitié perverse. « Je dirais même une amitié toxique », précise Emma Eliza Regan. « L’amitié féminine, ce n’est pas tout le temps des câlins et des sourires. Il y a parfois autre chose.»

Emma Eliza Regan et Patrick Ryan présentent leur film à Mauvais Genre (photo tmv).
Emma Eliza Regan et Patrick Ryan présentent leur film à Mauvais Genre (photo tmv).

Emma, c’est l’actrice qui joue la fameuse Cleo. Un joli brin de femme, une petite brunette à la beauté magnétique. Excellente et fabuleuse dans son  rôle. Des yeux clairs qui vous fixent de la même façon, aussi bien en interview que dans le film. Née en 1989, la jeune Irlandaise (qui a joué avec Pete-clope au bec-Doherty dans The Second Coming), crève l’écran dans Darkness… Après avoir flashé sur le script et le traitement du réalisateur Patrick Ryan, elle s’embarque dans l’aventure : « Patrick avait une vision du film très claire, très concise », justifie-t-elle.
A ses côtés, le réalisateur sourit. Veste en cuir brun assortie à ses chaussures, large sourire qui barre son visage. A 26 ans, il est co-fondateur du studio Lagoon Pictures. Réfute l’adjectif « réaliste » concernant son long-métrage. Quand on lui demande si c’est un film psychologique, le terme le branche. Il acquiesce d’une voix grave. En accouchant de ce premier bébé, Patrick Ryan balance sa façon de faire : brutale, froide, sans fioritures. Un peu à la Takeshi Kitano, réalisateur japonais dont il est fan et avoue la grande influence sur son travail.

Budget plus que dérisoire (18 000 €), tournage sans pause et scènes shootées à North Kerry, bourgade du sud de l’Irlande. Là même où Patrick Ryan a grandi (« Tout le monde nous a aidés là-bas. Ils étaient très accueillants »). Surnom de cette région ? La Black valley (vallée noire, NDLR). « Car c’est la dernière région du pays à avoir eu l’électricité », explique Emma Eliza Regan. La noirceur mentale et psychologique, elle, se retrouve bien durant les 87 minutes de Darkness… C’est sombre, parfois malsain. Comme si tuer était d’ailleurs devenu une banalité aux yeux des deux amies. Deux amies nourries par une multitude de contrastes : l’une est brune, l’autre blonde ; l’une est calme et froide, l’autre explosive et volcanique ; l’une est la spécialiste de la carabine, l’autre joue du couteau…  Deux plantes vénéneuses.

Emma Willis joue Robin, la meilleure amie de Cleo.
Emma Willis joue Robin, la meilleure amie de Cleo.

Dans la vraie vie, Emma Eliza Regan et sa collègue (excellente actrice qu’est Emma Willis) ne se connaissaient pas. Elles se sont rencontrées sept mois avant le film. « On a essayé de construire une relation, une histoire ensemble, d’être proches. Pendant le tournage, on a même vécu toutes les deux. Ce qui renforce notre intimité. On pouvait se sentir, se lire », raconte Emma Eliza Regan.
On lui fait remarquer que, même sans aucune expression sur son visage d’ange, elle est terrifiante. Vraiment terrifiante. Emma se marre. « Merci beaucoup », lance-t-elle, avec un sourire. Ses yeux, eux, continuent de vous fixer.

Aurélien Germain

>>>Darkness on the edge of town, de Patrick Ryan (Irlande). Avec : Emma Eliza Regan, Emma Willis, Brian Gleesong…

NB : Le film a obtenu la mention spéciale du jury jeune.

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Mauvais Genre : carnet de bord (jour 3)

Allez, ça continue ! Troisième jour de festival pour Mauvais Genre. Au programme, un drame coréen, une pépite irlandaise, et une « chose » très étonnante.

Vendredi 3 avril : drame, amitié brutale et trip en Enfer

Exit le CGR. Désormais, le restant du festival Mauvais Genre se fera au Petit Faucheux. Fidèle au poste, la salle située à quelques pas des Halles accueille dès 17 h les spectateurs qui n’ont pas encore eu assez après la Nuit interdite (compte-rendu ici).

Mauvais Genre
Park Suk-Young (à gauche). Photo tmv

>On fera l’impasse sur un problème technique (on commence à s’habituer, et de toute façon, personne ne râle. Bon bougre, le festivalier !) pour se mettre dans le vif du sujet avec Wild Flowers. Un drame sud-coréen (en compétition), signé Park Suk-Young, sorte de chronique sur le quotidien de trois adolescentes errant dans les rues de Séoul. Le réalisateur montre ainsi une jeunesse désœuvrée, pointe du doigt les problèmes de son pays (la prostitution), dessine une violence clinique, qui met parfois mal à l’aise (cette scène d’un muet que l’on baffe… dur !). Si le début du film est prenant, il perd complètement pied dans un deuxième acte peu habile et qui patine. La caméra, énergique, tremblante, n’aide pas à la lisibilité et à garder l’attention. En revanche, Park Suk-Young a le mérite de proposer un cinéma différent, original, loin des habituels films coréens ultra-léchés. Par ailleurs, l’homme avait fait le déplacement à Tours pour présenter son film (une première française).

Mauvais Genre
Emma Eliza Regan et Patrick Ryan (Photo tmv)

>C’est bien beau de se goinfrer de film, il faut aussi remplir sa panse (et je ne dis pas par là qu’on est gros, hein). Les différents jurys, l’équipe du festival, ainsi que certains réalisateurs et acteurs se retrouvent dans une arrière-salle du Petit Faucheux. On mange, on boit, on déconne, ça parle cinéma : Nicolas Martin, de France Culture, compare le film de la veille, Backcountry (mais si, l’ours tueur, suivez un peu), à « une purge ». Simon Riaux, d’Ecran large, est enfin arrivé et a la patate (d’ailleurs, il en mange à la pelle. Allez, on balance).
Les bénévoles, qui préparent les plats et servent les verres, sont d’une gentillesse sans pareille. Merci à elles. Mais bon, assez causé bouffe, retournons poser nos jolies fesses sur les sièges rouges.

>Ce coup-ci, c’est Darkness on the edge of town (en compétition), de l’Irlandais Patrick Ryan qui est d’ailleurs venu avec l’actrice principale, la magnifique Emma Eliza Regan. Présentation du film et projecteur en route : et là, c’est la claque. Une véritable baffe. Mise en scène sublime, actrices phénoménales (Emma Eliza Regan est terrifiante, Emma Willis subjugue…), beauté visuelle…
L’histoire de Cleo, une passionnée de tir à la carabine, voulant venger la mort de sa sœur. A ses côtés, sa meilleure amie. A travers un pitch simpliste, Patrick Ryan accouche d’un thriller époustouflant, lorgnant vers le western urbain, d’une noirceur et d’une violence froide et sèche incroyable. Au-delà du « revenge movie », c’est aussi une plongée dans la spirale infernale d’une amitié perverse.
Croisé après la séance, le réalisateur Patrick Ryan se marre quand je lui demande si le titre de son film a un rapport avec la chanson du même nom de Bruce Springsteen. « Non, non, même pas ! Pourtant j’ai essayé d’obtenir les droits pour sa chanson sur le film mais… il était un peu cher pour moi (rires). » Effectivement, l’homme nous raconte avoir dû travailler avec « un budget d’à peine 18 000 €. Soit… vraiment pas beaucoup ! » Chapeau.

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=I2k1lxI5ElM#t=18[/youtube]

>On finit avec Hellmouth (hors compét’). Douze heures après le visionnage, je ne sais toujours pas si j’ai adoré ou détesté. Pelloche signée John Geddes (Canada), Hellmouth est une pépite visuelle : emballée, dès le début, dans un style proche de Sin City, sublimé par un noir et blanc de toute beauté… Puis qui part ensuite en vrille. Une sorte de trip sous LSD complètement fou, blindé de références (de Tim Burton aux légendes sur le Diable) : on suit Charlie Baker, fossoyeur, atteint d’un mal incurable, qui effectuera une sorte de voyage à travers les entrailles de l’Enfer. En scène, Stephen McHattie et son visage creusé (vous l’avez vu dans 300 ou Watchmen), jouant un personnage tout aussi perdu que le spectateur. Enfin, moi, pour le coup.
Déroutant. Je… Euh, bah je sais pas. Ouais, ça ne vous arrange pas, je le concède.

 

 

Hell's Kitchen, sauce new-yorkaise

On choisit ce qu’il y a dans son sandwich et on le déguste comme si on était dans la Big Apple.

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On pourrait se croire dans une scène de Gangs of New York, version XXIe siècle. Murs en pierre, tables et chaises hautes. Un lieu où pourrait se réunir la mafia irlandaise. Normal, le Hell’s Kitchen désigne aussi un ancien quartier populaire de NewYork où les immigrés s’entassaient il y a plusieurs décennies, rentraient dans un pub pour manger leur sandwich et siffler leurs pintes. « Le nom est un hommage », confirme Mickaël, le cogérant de l’établissement ouvert il y a un mois. Il est aussi manager au Pale, situé quelques mètres plus loin, rue Colbert.
Il estime que les Tourangeaux « aiment le concept ». Celui de constituer son propre sandwich. On choisit le pain : complet, ciabatta, bagel, wrap. Qui détermine le prix du casse-croûte (entre 4,50 et 5,50 euros). « Et surtout, il y a des produits locaux. Une partie du pain vient du boulanger du coin par exemple », continue Mickaël.
Ambiance rock’n’roll
Ensuite, le client a le droit à un fromage (cheddar, philadelphia…), une viande (on peut même prendre du pastrami, typique des USA) et un choix de crudités à volonté ! Le nombre de sauces, étalées sur un présentoir à 2,50 mètres de haut, impressionne.
On déguste le tout dans une ambiance rock’and’roll. « On a une télé qui passe des vieux concerts de Pink Floyd ou de Led Zeppelin », annonce fièrement Mickaël. Ou plus au calme. Les douceurs du début d’automne autorisent à manger dans la petite cour intérieure, à l’abri de l’agitation, rue Colbert. Le passage à la caisse n’est pas douloureux. Neuf euros pour sandwich (pain Ciabatta) + boisson + dessert. De quoi donner envie de retourner dans l’enfer.
Chloé Vernon
71 « street » Colbert. Tél : 09 83 62 65 94. Du lundi au samedi de 11 h 30 à 14 h 30/19 h-23 h. Dimanche : 15 h-22 h.


UN SANDWICH
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Classique de la Big Apple : le « BLT ». Bacon, salade, tomates et mayo plein les doigts.
UN DESSERT
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Le cheesecake tellement bon qu’on l’a croqué avant de le prendre en photo.
UNE BOISSON
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Dr. Pepper, un des plus vieux sodas au monde, difficilement trouvable en France.

Escapade à Dublin, la ville en vert

Une escapade à Dublin, c’est une parenthèse festive et joyeuse en Europe. Il fait froid ici, il fait froid là-bas, mais au moins, on s’amuse !

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 1. Pour les sportifs : Croke park
C’est LE stade mythique d’Irlande, temple du rugby et du foot gaélique. Il y a une super visite à faire : le guide vous emmène dans les vestiaires, l’entrée des sportifs et même dans les couloirs pour accéder à la pelouse, comme les vrais sportifs. En regardant dans le programme, vous pouvez assister à des matchs de foot gaélique. Il y en a assez souvent et c’est pas cher du tout (environ 15 euros), et on peut se placer où on veut dans le stade, même avec les clubs de supporters.
 2. L’incontournable Temple bar

CAROLE LEGOFF : Pétillante étudiante, cette Bretonne est partie suivre une année Erasmus à Dublin l'an dernier. Après avoir écumé la ville, elle nous en livre le meilleur : testé et approuvé.
NOTRE GUIDE : CAROLE LEGOFF
Pétillante étudiante, cette Bretonne est partie suivre une année Erasmus à
Dublin l’an dernier. Après avoir écumé la ville, elle nous en livre le meilleur : testé et approuvé.

Le quartier où foisonnent fêtards, musiciens et bars. On s’y balade dans les rues pavées, en
écoutant de la musique. Pour ceux qui voyagent en solo, il y a le « pub crawl ». Le principe : tu t’inscris sur internet puis tu fais la tournée des bars avec un guide et un petit groupe de personnes. L’occasion de découvrir l’histoire du quartier, tout en faisant des connaissances autour d’une pinte. Départ depuis le 10, Wellington Quay.
 3. Balade dans le coeur de ville
Pour une belle promenade, je conseille de parcourir la ville en commençant par le Trinity College (sorte de Harvard à Dublin). Les bâtiments sont beaux, et on y expose le livre de Kells, un très vieil évangéliaire enluminé. Ensuite, on peut remonter sur Grafton street, les Champs-Élysées dublinois. Pour terminer, on peut aller se poser à St Stephen’s Green, un parc très sympa.
 4. O’Connel street
C’est LA rue principale de Dublin : assez longue et très fréquentée. Au milieu vous trouverez le Spire, un grand pic en métal de 20m de haut. Ça n’est pas super beau, mais ça fait un point de rendez-vous génial. Sur cette avenue, ne loupez pas la Poste. C’est un vrai monument historique car c’est là qu’à été proclamée l’indépendance de la république d’Irlande en 1916.
 


 
NE MANQUEZ PAS
 
LE GUINNESS STOREHOUSE
C’est le temple de la Guinness, la célèbre bière irlandaise. On peut visiter et à la fin, on finit sur le toit panoramique du bâtiment, une Guinness à la main. Un vrai plaisir ! On vous apprend également à sortir votre propre bière à la pression, dans les règles de l’art. Seul bémol, c’est un peu cher (14,85 € l’entrée). Market Street South, St James’s Gate.
OÙ BOIRE UN VERRE ?
Le Celt : niveau ambiance, c’est le top. C’est plein de gens qui chantent, s’amusent, jouent de la musique, discutent. 81-82 Talbot Street.