Chroniques culture : Nota Bene en BD, musique baroque en CD et le plein d’EP

Ô joie ! Le youtubeur tourangeau Nota Bene sort une nouvelle bande-dessinée, cette fois en s’intéressant à la mythologie nordique. On fait aussi le plein de BD polars, tout en voyageant en Italie avec l’Ensemble Parchemins côté musique.

LA BD
NOTA BENE – LA MYTHOLOGIE NORDIQUE

Et de trois tomes pour la série BD de Nota Bene ! Et c’est peu dire qu’on l’attendait de pied ferme, celui-ci. Le T3 (éditions Soleil) aborde effectivement la mythologie nordique – sujet ô combien cher à nos yeux. Ici, le youtubeur tourangeau se sert des bases telles que l’Edda poétique pour livrer une synthèse d’une mythologie aussi complexe que passionnante. Abordant les mythes fondateurs et croquant les dieux principaux (Ases comme Vanes) avec brio, Benjamin Brillaud prouve une nouvelle fois qu’il est un fin conteur. Servie par le dessin de Christian Paty, cette BD est aussi divertissante (certaines références pop culture et traits d’humour) que riche en informations. À mettre entre toutes les mains. Surtout pour le/la Viking qui sommeille en vous, évidemment.
Aurélien Germain

LE LIVRE
LE PETIT COIFFEUR

La rubrique culture du magazine Le Point disait de lui qu’il était « une marque fiable sur les planches » : lui, c’est Jean-Philippe Daguerre. Et force est de constater que l’auteur est effectivement une jolie plume dans le domaine. Avec Le Petit Coiffeur (éditions Albin Michel), il évoque l’histoire de la Tondue de Chartres. Du moins, il la revisite. L’exercice n’est pas facile – lui-même avoue qu’il « marche sur des oeufs » – mais l’écriture et la rythmique des mots en font une pièce bien huilée et pertinente, à découvrir d’ailleurs sur la scène du Théâtre Rive Gauche en octobre.
A.G.

LE CD
ENSEMBLE PARCHEMINS – RÉCRÉATION ITALIENNE

Les Tourangeaux Matéo Crémades et Nathalie Ferron emmènent l’auditeur par la main dans l’Europe des XVIe et XVIIe siècles. À travers cette « Récréation italienne », on découvre ainsi tarentelles du Sud de l’Italie et chansons (Obizzi ou encore Monteverdi). De quoi remonter dans le temps au son d’une guitare baroque jouée de main de maître, des mélodies expressives et des voix qui se chevauchent.
A.G.

LES EP
PR2B ET LOMBRE

Avec son 1er EP, « Des rêves », la Berruyère PR2B livre en 6 titres un univers foisonnant pop aux textes ciselés et aux mélodies percutantes. Très poétique, son écriture ne s’éloigne jamais du réel avec une acuité bluffante.
Le Rodézien Lombre, lui, sort un 1er EP « La lumière du noir », où son spoken word racé, nappé d’incandescentes touches d’électro, fait mouche à chaque coup. Ces deux-là sont bien partis pour mettre un peu de folie, de corps et de cœur en cette rentrée musicale pas comme les autres.
H.B.

LES BD DE LA SEMAINE
Passion polars

C’est fou comme le polar convient aux temps troublés que nous vivons, à l’image d’un Nestor Burma qui, dans « Les Rats de Montsouris » (Casterman) de Ravard, Malet et Moynot, livre un bel embrouillamini de chantage et de cambriolage.
Autre détective qu’on adore : Léo Loden. Avec « Sète à huîtres » (Soleil) et la complicité de Nicoloff et Carrère, il nous emmène dans le monde pas toujours reluisant de l’ostréiculture.
Autre enquête bien ficelée également, celle de Tarrin et Neidhardt qui envoient notre cher Spirou « Chez les Soviets » (Dupuis). Le résultat plus que réussi est truffé de clins d’œil !
On terminera avec le superbe récit de Baru, « Bella Ciao » (Futuropolis), où l’auteur se replonge dans la mémoire de ses ancêtres italiens dans un récit poignant et d’actualité : superbe, élégant et fort.
H.B.

A LIRE
LE REPAS DES HYÈNES

Une fable, autant qu’un conte initiatique. « Le Repas des hyènes », récit en bande-dessinée signé Aurélien Ducoudray et Mélanie Allag, est une véritable plongée au coeur de l’Afrique ancestrale. Les deux auteurs retracent la vie de Kubé et Kana, deux jumeaux lancés dans un voyage étrange et paradoxal, où se réveille l’esprit maléfique d’un Yéban. La douceur de l’enfance côtoie la cruauté de la vie, dans un ouvrage qui a le mérite de présenter un ensemble graphique audacieux et pertinent.
A.G.

Consonance : au chœur du baroque

Le chanteur et chef d’orchestre de l’ensemble Consonance, François Bazola, fait revivre la musique baroque à notre époque. Une musique ancienne, loin d’être oubliée.

(Photo Rémi Angéli)
(Photo Rémi Angéli)

Consonance, « accord agréable à l’oreille ». Pour le Tourangeau François Bazola, responsable de l’ensemble baroque éponyme, ce mot évoque aussi le fait de « faire vibrer les sons ensemble. »

Et en terme d’harmonie, il sait de quoi il parle, car en plus de tenir la baguette, François Bazola est aussi un chanteur reconnu. Après des études au conservatoire de Tours et un prix d’interprétation vocale baroque à Paris, dans la classe de William Christie, il a choisi de partager son temps entre le chant et la direction de l’ensemble Consonance, qu’il a créé en 2011. « Il est composé de professionnels instrumentistes et solistes. Nous pouvons nous produire à quatre comme à 25, selon le répertoire choisi », décrit le musicien.

En parallèle, le chef d’orchestre est aussi devenu chef de chœur en 2016, en créant l’ensemble régional Omnes Voces, constitué de 45 chanteurs amateurs triés sur le volet. La marque de fabrique de l’ensemble Consonance est ainsi basée sur sa volonté de faire découvrir de nouvelles musiques à divers publics et de mélanger les genres : « connecter les professionnels aux amateurs, faire entrer cette musique dans les collèges et les lycées ou collaborer avec une compagnie de danse hip hop comme X-Press », énumère ce spécialiste de la musique baroque.

On remonte en 1750

D’ailleurs, comment la reconnaître ? « Les musiques baroques ont été inventées entre 1600 et 1750 environ, avant la musique classique, explique-t-il. Il en existe plusieurs car elles sont différentes de l’Italie à l’Allemagne et chez Bach, Purcell ou encore Rameau. Elles se caractérisent par une grande liberté, beaucoup d’inventivité et mettent les sentiments de l’homme au coeur de la création. »

Les polyphonies travaillées de Bach sont ainsi loin d’être oubliées d’après le chef d’orchestre : « beaucoup de jeunes musiciens étudient les instruments et le chant de ces musiques anciennes dans les conservatoires. Il y a un vivier de talents exceptionnel dans la région, il faut les mettre en avant ! »
Parmi les instruments d’époque qu’utilise l’ensemble Consonance, il y a les violons baroques, les violes d’amour, le luth, l’orgue, le hautbois d’amour, le traverso ou encore le basson et le contrebasson baroque…

Un univers à (re) découvrir à l’église Saint-Julien samedi 30 mars à Tours, lors de “ La Passion selon Saint-Jean de Bach ” interprétée par l’ensemble Consonance et le choeur Omnes Voces. « Même si l’on ne comprend pas l’allemand et que l’on n’est pas croyant, on ne peut qu’être touché par la profondeur de la musique et l’environnement dans lequel il sera joué. »

>> Samedi 30 mars, à 20 h, église Saint-Julien de Tours, 20 rue Nationale Tarifs : de 15 € à 25 € (gratuit – 12 ans)
>> Réservations sur le site www.ensembleconsonance.com